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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 06:00

Dans les années 1950, des jeunes Albanais sont partis étudier en Union soviétique ou dans un autre pays du bloc de l'Est et sont revenus au pays accompagnés d'une épouse russe, polonaise, hongroise ou bulgare.

 

L'Albanie et l'URSS étaient alors alliées et Enver Hoxha vouait une admiration sans bornes à Joseph Staline.

 

Dans la nuit du 24 au 25 février 1956, à Moscou, les délégués du XXe Congrès du Parti Communiste d'URSS s'apprêtent à quitter la salle après dix jours de débats sans anicroche ni surprise. Les journalistes et les délégués étrangers sont déjà sortis...

 

Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du parti, demande alors aux délégués de se rasseoir et pendant quatre heures, il va leur lire un rapport secret dont il leur sera expressément demandé de ne divulguer aucun extrait écrit à l'extérieur.

 

Devant les délégués abasourdis, le secrétaire général accuse son prédécesseur Staline de crimes ignobles, hélas bien réels. Notamment de la mise en accusation et de l'exécution de nombreux dirigeants communistes lors des grands procès de Moscou, vingt ans plus tôt. Il condamne également le culte de la personnalité qui a entouré le « petit père des peuples » et met en cause ses qualités de stratège pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Mais il reconnaît à Staline un « rôle positif » dans la collectivisation des terres et l'industrialisation, même si ces opérations se sont soldées par la déportation et le massacre de plusieurs millions de Soviétiques dans les années 1931-1936 !

 

Malgré toutes les précautions prises par les Soviétiques, le New York Times publie des extraits du rapport secret dès le 16 mars. Le texte a été bienveillamment fourni au quotidien de New York par la CIA (Central Intelligence Agency), qui l'a elle-même obtenu d'un leader communiste polonais juif, irrité par des allusions antisémites de Khrouchtchev, par l'intermédiaire du Mossad (les services secrets israéliens).

 

Le rapport est publié in extenso quelques semaines plus tard. Il consacre la prise de pouvoir par Nikita Khrouchtchev et clôt son entreprise de « déstalinisation », trois ans après la mort du Vojd (« Guide » en russe, surnom de Staline).

 

C'est la rupture entre le dictateur albanais et l'URSS « révisionniste » et ses satellites est-européens.

 

« L'Albanie bascule dans la paranoïa de l'espionnage qui touche tragiquement les familles mixtes », dit à l'AFP Ismaïl Kadaré, qui signe là son premier scénario.

 

« Les personnages auxquels je m'intéresse sont des victimes oubliées ou peu connues parmi les victimes du communisme, des étrangères, retenues en Albanie et persécutées sauvagement par le régime ».

 

Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

Résultat de recherche d'images pour "En Albanie, l'amour au temps d'Enver Hoxha"

 

Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Juste après le divorce entre Moscou et Tirana, ces femmes avaient eu le choix de rentrer dans leur pays ou de rester auprès de leur mari, se condamnant alors à l'enfermement dans une Albanie hermétiquement close. A l'inverse, des étudiants albanais ont dû abandonner l'URSS en laissant derrière eux leur bien-aimée.

 

Résultat de recherche d'images pour "En Albanie, l'amour au temps d'Enver Hoxha"

 

« Tant de destins individuels brisés par l'Histoire », constate l'auteur du "Grand Hiver", né comme Enver Hoxha à Gjirokastra, ville du sud de l'Albanie aujourd'hui classée au patrimoine de l'Unesco.

 

 « Deux fois plus cruel »

 

L'un de ces destins est celui d'Irina Sallaku, 88 ans aujourd'hui. Elle avait épousé un Albanais rencontré pendant ses études d'ingénieur à Leningrad. En 1955, le couple mit au monde deux jumelles avant de partir vivre à Tirana.

 

« Les étrangères qui avaient fait un acte de résistance de cœur en choisissant de vivre en Albanie ont été nombreuses à avoir un destin tragique », raconte-t-elle à l'AFP, les yeux remplis de larmes. Elle se réjouit qu'un film permette de « comprendre l'ampleur du crime ».

 

Son mari accusé de « sabotage » fut exécuté en 1977. Elle fut envoyée avec leurs deux filles dans un camp de travail dont elles ne sortirent qu'en 1988.

 

« Tout Etat est cruel mais l'Etat communiste l'était deux fois plus », constate Iouri Arabov.

 

Il n'existe pas d'estimations du nombre de couples mixtes persécutés. Au total, 5.577 hommes et 450 femmes ont été exécutés par le régime communiste (1944-1991), selon l'Institut des études sur les crimes communistes. Des dizaines de milliers d'opposants ont été condamnés aux travaux forcés ou à la prison.

 

Le film, provisoirement intitulé "Gjirokastra", est "un drame historique qui rend hommage à toutes les victimes innocentes des régimes totalitaires", souligne Iouri Arabov.

 

C'est une fiction mais Loreta Mokini, la coproductrice albanaise, explique avoir par souci de véracité consulté les archives du ministère de l'Intérieur et parlé à d'anciens condamnés.

 

L'amour en vrai

 

Le film raconte l'histoire d'une étudiante russe, Katia, qui rencontre à Moscou son futur mari, Arjan, archéologue albanais avec qui elle refait sa vie en Albanie.

 

Après le divorce entre Tirana et Moscou, Arjan est arrêté pour "sabotage" puis exécuté. Katia finit emprisonnée dans la citadelle de Gjirokastra, forteresse du XIIe siècle utilisée comme geôle par les communistes comme les nazis avant eux.

 

Si le plus clair du tournage s'est déroulé à Gjirokastra, des scènes ont également été filmées dans la maison d'Enver Hoxha à Tirana.

 

Deux acteurs albanais jouent le dictateur mort en 1985 et son épouse Nexhmije, 99 ans aujourd'hui.

 

 Résultat de recherche d'images pour "enver hodja et sa femme"

 

Toujours dans l'ombre l'un de l'autre, ils se parlent à voix basse en français, la langue préférée du dictateur. Celui-ci avait imposé sa psychose paranoïaque au petit pays de trois millions d'habitants, où il fallait être en permanence prêt au combat face aux menaces venues de toutes parts - URSS, Etats-Unis ou Yougoslavie titiste.

 

Le montage commencera fin janvier. Mais déjà, dans les coulisses du tournage qui vient de s'achever, les collaborateurs ont vu naître un nouvel amour, entre Polina Grishina, l'actrice russe qui interprète Katia et Besmir Bitraku, l'acteur albanais qui joue son époux.

 

« C'est sûr: l'amour est aveugle, il ne tire pas de leçons de l'Histoire », sourit Loreta Mokini.

 

AFP, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 06h45

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 06:00

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À la fin de l’envoi, je touche.

 

C’est enlevé, j’adore !

 

Que nous sommes loin des besogneux, des qui appellent de leurs vœux des cahiers des charges, des fers aux pieds, souhaitent des geôliers, des barbelés, s’enfermer dans leur pré-carré, exclure les rétifs, attribuer le label…

 

J’exagère !

 

Si peu, le vieux que je suis a vu défiler au fil des années ce type d’engeance toujours prompte à enfourcher la tendance, la confisquer, s’ériger en défenseurs de la veuve et de l’orphelin qui ne leur demandent rien.

 

Celles et ceux qui font le vin sont cernés par tous ses gens qui veulent leur bien en vivant sur la bête…

 

Règne l’entre-soi.

 

Ce n’est pas ma philosophie, j’aime le débat pas les séminaires de procureur, d’instructeur à charge…

 

Notre italien éruptif, est libertaire et anarchiste, grand bien lui fasse. Ce n’est pas ma famille mais je ne suis pas sectaire, mon enseigne est un Espace de Liberté.

 

Aucune description de photo disponible.

 

Je préfère les sulfites aux règles dans les vins naturels

 

J'écris cet article en français pour rendre hommage à un peuple qui m'accueille toujours avec grâce et respect, mais surtout parce que c'est l'un des rares peuples qui s'indigne encore et qui est le phare du monde du vin naturel.

  

Tout le monde sait que je n'aime pas les sulfites et que j'ai toujours considéré le vin naturel qui, après divers processus de compétence et de connaissance, est également sans sulfites ajoutés. Mais, il y a un mais. J'ai toujours considéré le mouvement des vins naturels français et après mondial, comme un mouvement libertaire et anarchiste. 

 

Une révolution de la pensée et une manière d'être différente: libre sans harceler sans règles. Parce que la liberté ne les admet pas ! 

 

Un mouvement de sensibilisation, également un guide spirituel pour de nombreuses jeunes générations qui ont considéré les vignerons naturels comme des exemples à suivre. 

 

Il est vrai que cette dichotomie existe entre l'entreprise et le mouvement culturel, niant que ce serait stupide ; d'une part le vigneron / entrepreneur doit penser à son entreprise et joindre les deux bouts, d'autre part il doit suivre une éthique et une pensée libre et sévère afin d'exprimer un monde meilleur dans lequel vivre.

 

Les règles sont les antithèses de ce monde, un frein et un poids énorme qui feraient disparaître le sens libertaire et au-delà des frontières du vin naturel.

 

Alors?

 

20 mg ou 30 sulfites ajoutés ?

 

Pouah qui s'en soucie !

 

Chacun agit sur la base de ses propres idées, mais surtout sur la base de son courage et de sa propre technique, tant de gens qui doivent savoir le savent! Mais limiter un monde dans une concoction diabolique de règles stupides, a moins de sens, me fait penser à la tristesse du cru de Bordeaux ou du premier cru et grand cru de Bourgogne, qui ont besoin de définitions, d'un stupide catalogage uniquement à des fins economici…

 

Pouah

 

N'emprisonnez pas la liberté et le génie, vous ne pouvez pas arrêter le vent avec vos mains.

 

Franchement, c'est agréable de voir autant de jeunes qui abordent le monde de l'agriculture viticole, cela signifie beaucoup, c'est la vraie victoire du vin naturel et il n'a pas eu besoin de règles, mais de sensibilité et d'idées

 

Gianluigi Carlino (DIA BOLIK) ICI 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 06:00
Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

J’ai croisé de Kervasdoué au temps où, chez Pierre Mauroy, premier Ministre de Tonton première formule, il occupait le poste au cabinet, dirigé par Robert Lion, de chargé de mission pour l’agriculture. Ses relations avec Edith Cresson, la toute nouvelle ministre de l’Agriculture, et son cabinet composé d’une bande d’étatistes forcenés, relevaient de la guerre larvée. Il fut exfiltré et nommé au Ministère de la Santé comme directeur des hôpitaux, ce qui ne manqua pas de surprendre les hauts représentants des paysans.

 

C’est un IGREF,  titulaire d’un MBA et d’un doctorat en socio-économie de l'université Cornell aux États-Unis. L’homme est impérieux, tranchant, bardé de certitudes, délivrant ses sourates d’ingénieur, à l’époque où je le croisais, tirant sur sa pipe, j’avais le sentiment qu’il était totalement hors-sol.

 

Sa fiche Wikipédia oublie cet épisode de son parcours professionnel, tout comme la période d’avant 1981 où il fut très proche de Pierre Méhaignerie au Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture. Il n’est plus que le directeur des hôpitaux au ministère de la Santé, de 1981 à 1986. Il a quitté la fonction publique à la fin des années 80.

 

Jean de Kervasdoué (nom usuel de Jean de Kerguiziau de Kervasdoué) est un professeur d'économie français né le 28 décembre 1944 à Lannion. Il est titulaire de la chaire d'économie et de gestion des services de santé du conservatoire national des arts et métiers (CNAM)] et membre de l'Académie des technologies

 

Économiste spécialiste des hôpitaux, il est très critique du système de santé français, dénonçant le peu d'attention accordée au malade et la trop grande intervention de l'État. Il plaide par exemple pour une plus grande autonomie des hôpitaux et dénonce les acteurs des hôpitaux, qui, selon lui, « confondent service du public et service public, voire défense du statut public ». Il dénonce la centralisation excessive du système de santé et prêche pour l'autonomie complète des établissements hospitaliers.

 

Il est très critique envers les média et le manque de professionnalisme de certains journalistes et est opposé à l’inscription, sous sa forme actuelle, du principe de précaution dans la Constitution du 4 octobre 1958, écrivant ainsi : « La faille la plus profonde de ce principe de précaution, son péché originel est un péché d'orgueil. Il laisse croire que l'on pourrait se prémunir de tout car l'on pourrait toujours déceler la cause d'une catastrophe potentielle »

 

Comme je suis un fouineur j’ai retrouvé enfoui au CNAM son CV ICI

 

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ETUDES

 

1971-1972 Université « Cornell » Doctorat en Socio-Economie (Ph.D.)

 

1969-1970 Université « Cornell » Master in Business Administration (MBA)

 

1967-1969 Ecole Nationale du Génie Ingénieur du Corps du GREF

 

1964-1966 Institut National Agronomique Ingénieur Agronome (Paris)

 

1966-1967 Service Militaire Détachement du Corps du GREF au  Ministère de la Coopération. Affectation à l’Union Nigérienne de Crédit  et de Coopération, responsable de cet  organisme pour les provinces de TAHOUA  et AGADES

 

EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

 

1980/1981 Directeur du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1979/1980 Directeur adjoint du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1975/1979 Responsable des Etudes Economiques à  l’Assistance Publique de Paris

 

1973/1980 Chargé de Recherche à l’Ecole polytechnique, puis Maître de Recherche (directeur de recherche de deuxième classe) à partir de  1980.

 

Bien sûr, il chronique au POINT, voiture-balai des penseurs soi-disant iconoclastes, des convenus, des sachants assommants, des hors-sol suffisants.

 

Pour autant le sieur Jean de Kerguiziau de Kervasdoué ne profère pas que des insanités, je partage beaucoup de ses vues sur les hôpitaux, mais, à sa manière, sous le vernis de l’ingénieur, c’est un rageux. Notre vieux pays s’installe ainsi dans l’affrontement, les postures extrêmes, l’excommunication de l’autre camp, tout ce qu’un vieux rocardien comme moi exècre.

 

Nos penseurs sont hors-sol, loin du cambouis du terrain, ils pontifient, se mettent en valeur, ne cherchent pas à convaincre, contribue à fragmenter notre société déjà bien éparpillée. Nous avons un stock de sociologues et d’autres logues qui fait son miel des Gilets Jaunes, du glyphosate, des OGM, de l’agribashing… tels les missionnaires de mon enfance vendéenne ils prêchent du haut de leur chaire… par bonheur, eu égard au discrédit de la presse, les paroissiens se font rares.

 

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Mais, comme je sais trier le bon grain de l’ivraie, que je n’adore aucun dieu biodynamique ou cultive des croyances vertes, que je suis un bon vivant qui mange bon, boit bien, et autres plaisirs, je vous invite à le faire dans sa dernière chronique dans la rubrique Débats :

 

Kervasdoué – Révolution dans la cuisine publié le 20/01/2020

 

Il n'existe pas de produit miracle ou très mauvais pour la santé. L'alimentation reste donc un merveilleux terreau pour les charlatans de tout poil. Par Jean de Kervasdoué

 

La cuisine est un des ciments de la société française. Si, autour de la machine à café, la conversation se porte sur le gigot de sept heures ou la tarte Tatin, chacun évoquera avec passion les grandes lignes de sa recette, et cela, quel que soit le milieu social. Des concours de cuisine sont projetés sur les chaînes de télévision aux heures de grande écoute. La pâtisserie se vend comme des produits de luxe et les grands chefs sont plus que jamais des stars médiatiques. L'excellence française est, dans ce domaine, mondialement reconnue.

 

La continuité des habitudes alimentaires n'est toutefois qu'apparente, car cuisiner prend du temps et devient une occupation de week-end. On ne déjeune plus en semaine à la maison, l'épouse ne prépare plus de « gamelle », d'autres habitudes se sont prises à la cantine ou au restaurant d'entreprise. Le soir, le prêt-à-manger fait la fortune des fabricants de surgelés et des livreurs à domicile. En quelques années, l'offre des marchés forains s'est enrichie de plats cuisinés. Alors que la choucroute et le poulet rôti-pommes de terre ne datent pas d'hier, les marchands de paella ou de potée auvergnate remplacent aujourd'hui les étals traditionnels. Quant aux supermarchés, outre les conserves et les plats surgelés, on y trouve des fruits prédécoupés, des salades, des entrées froides, des gâteaux… si bien qu'il suffit de sortir ces mets de leur emballage avant de passer à table.

 

Les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie

 

À Paris, 25 % des habitants ne préparent plus jamais de repas et, en toute logique, des appartements sans cuisine se vendent. Quant aux plus aisés, s'ils aménagent des cuisines luxueuses, ils ne se servent quotidiennement que du congélateur et du four à micro-ondes. Le rythme des repas change. On mange à toute heure, et si les fast-foods servaient déjà en permanence, c'est aussi le cas des restaurants traditionnels des quartiers touristiques.

 

La diversité de l'offre se manifeste aussi par le choix du type de cuisine : chinoise, japonaise, italienne, grecque, turc, marocaine, basque, bretonne, corse, lyonnaise, alsacienne… sans parler des plats végétariens, voire végans, avec ou sans gluten ! Ces choix multiples bouleversent l'industrie agroalimentaire et l'organisation de sa chaîne de distribution. Il n'y a plus deux ou trois types de consommateurs, mais des dizaines et quelques tendances fortes : les boucheries ferment, les poissonneries se font rares et les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie en demandant le taux d'antioxydant d'un fruit, ou le pourcentage d'oméga-3 d'une huile végétale. Les applications du téléphone portable (Yuka, Kwalito, Open Food Facts, Foodvisor…) se multiplient et précisent le contenu nutritionnel de ce qui a été acheté, il suffit alors de scanner le code-barres de l'étiquette ; quant à « Fruits et légumes de saison », ce site Internet rappelle qu'il y a des saisons et que les fruits et les légumes ne viennent pas à maturité tout au long de l'année en culture de plein champ ! Alim'confiance permet de consulter le circuit de distribution des aliments et se base sur les informations fournies notamment par l'Inspection des fraudes. Enfin, il ne faut pas oublier Nutri-Score qui, par un code couleur allant du A (vert) au E (rouge), indique, nous dit-on, « la qualité nutritionnelle d'un aliment ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on tente d'informer les Français qui ont aussi en tête les messages du ministère de la Santé rappelant qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour, éviter de grignoter, de manger trop gras, trop salé, trop sucré et faire de l'exercice physique.

 

La suite ICI

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "photo du Rex de la Mothe-Achard" Le REX le cinéma de mon enfance peint par Henri-Pierre Troussicot

À la Mothe-Achard y’avait un ciné, le REX, qui passait aussi bien des nanars que des films dignes de la cinémathèque. Les jeunes y venaient pour peloter les filles dans les rangs du fond ou sur le balcon.

 

20 décembre 2005

Une bouteille à la mer

 

L'autre soir à la veillée sur le plateau des Claparèdes j'ai revu sur Arte, en VF, Vingt mille lieues sous les mers avec James Mason en capitaine Nemo et Kirk Douglas en harponneur mauvaise tête qui pour se sortir du Nautilus, appeler à l'aide, ne trouve d'autre solution que de jeter des bouteilles à la mer; et bien sûr il réussit...

 

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C'est du cinémascope, comme au REX de la Mothe-Achard où j'ai vu ce film pour la première fois.

 

À l’école d’agriculture de la Mothe-Achard, ND de la forêt, nous avions droit tous les mois à notre dose de Cinéma et Culture, un « 4 pages » sur le film, du sérieux, du lourd, un socle pour acquérir une excellente culture cinématographique.

 

Quand j’ai quitté mes culottes courtes, j’allais voir des films plus osés, au Modern sur le remblai des Sables-d’Olonne.

 

12 novembre 2006

Le clone de Giovanni Drogo

 

Tout près de la frontière, aux confins de mon univers connu, j'attendais le jour où la vraie vie commencerait. J'étais le clone de Giovanni Drogo, ce jeune ambitieux pour qui « tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient... »

 

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Aux yeux du clan des femmes je croissais, en âge et en sagesse, dans l'étroit périmètre de notre bocage cernée de hautes haies, alors que je ne poussais vraiment que dans l'obscurité du Rex et du Modern. Perfusé par les yeux verts et le nombril de Debra Paget dans le Tigre du Bengale et par les bas de soie glissant sur les cuisses diaphanes de Catherine Deneuve dans Belle de Jour, je me lignifiais en silence. Jour après jour j'accumulais la chlorophylle des belles étendues sur le papier glacé des magazines de mode de ma mère. Je thésaurisais de la beauté pour gagner les centimètres qui me placeraient au-dessus du commun. C'était le bonheur de jours passés à regarder filer les heures, hors des limites du réel, avec pour seule ligne d'horizon la belle destinée qu'allait m'offrir la vie, au plus haut, à l'étage des seigneurs. Quand parfois le doute m'effleurait - allais-je pouvoir m'extraire de ce monde contraint ? - je me parais des oripeaux d'Edmond Dantès, le trahi, le paria surgi de nulle part accomplissant son implacable vengeance ; les yeux topaze d'Yvonne Furneau m'irisaient...

 

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Et puis, à 17 ans, Nantes m’ouvraient les bras

 

« Mes premières années d'Université furent insouciantes et légères. Loin de mes terres originelles, libéré de ses entraves, je papillonnais. Mes amours duraient le temps que durent les fleurs coupées. Moisson facile, il me suffisait de promener ma grande carcasse dans l'amphi 2 de la Fac de Droit pour cueillir, sur ce vaste parterre, les plus belles pousses de l'opulente bourgeoisie nantaise. Le premier rang, celui des beaux genoux pour ce vieux satyre de doyen Bouzat, celui du gros bouquin de droit pénal, exhalait les effluves lourds de parfums mythiques. Pure économie de cueillette, pour le seul plaisir de les sortir, de m'afficher à leur bras, de jouer le chevalier servant attentionné au bar Cintra de la place Graslin, de petit déjeuner au Molière, de les sentir s'abandonner sous mes effleurements dans le noir du Katorza. »

 

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Oui le Katorza !

 

« C’est une institution de l’art et essai à Nantes, qui rejoint en 2020 le corps d’élite des cinémas centenaires. Le Katorza (du nom de son fondateur, Salomon K’torza, juif tunisien arrivé en France en 1877). Contemporain du cinématographe des frères Lumière, il fut d’abord cinéma ambulant à la foire de Nantes, où il s’installa en 1898. En se sédentarisant en 1920, il élit domicile au 3, rue Corneille pour ne plus en bouger. « Il est rare qu’un cinéma témoigne d’une telle continuité sur un siècle, tant en ce qui concerne le nom que le lieu et l’identité », explique Caroline Grimault, directrice de la salle depuis sept ans.

 

Salomon Kétorza vint la première fois à Nantes en 1898

Salomon Kétorza vint la première fois à Nantes en 1898 | COLLECTION : STÉPHANE PAJOT

 

La Katorza et son hall, dans les années 1930.

 

Scandée par les convulsions des époques qu’il a traversées et des films qu’il a vus naître, l’histoire du Katorza pourrait en effet tenir dans un roman russe. Après avoir été sauvé des mains des nazis et reconstruit après les bombardements qui ravagèrent la ville en 1943, le cinéma a dû renaître de ses cendres. Au moment de sa réouverture, en 1951, il est le seul détenteur de la technologie CinémaScope hors de Paris, donc le premier écran de province à proposer des films américains à grand spectacle comme les péplums et les westerns.

 

C’est dans Télérama ICI (c’est pour les abonnés si vous voulez l’intégralité il suffit de me le demander)

 

Image associée

Buster Keaton ❤️ au fronton du Katorza

 

Aujourd’hui, les coupures de presse et photos noir et blanc retracent sur ses murs les épisodes de sa mythologie, à la croisée de celle du septième art. Sur l’un des clichés Annie Noailles, directrice historique de 1931 à 1959, une passionnée avait marqué l’opinion en faisant circuler à Nantes, en pleine grève des transports, un tram aux couleurs d’Un tramway nommé Désir, d’Elia Kazan pour promouvoir sa sortie au Katorza.

 

Sur une autre photo s’étale en grand la figure d’Anouk Aimée, l’inoubliable Lola de Jacques Demy dont le souvenir hante encore les rues de Nantes.

 

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Jean-Serge Pineau, qui en fut le directeur à la suite d’Annie Noailles, alors que de nombreuses salles de quartier faisaient faillite dans les années 60, foudroyées par la concurrence de la télévision, celui-ci a su organiser les moyens de la résistance. Il fit notamment de son mono écran l’un des premiers complexes multisalles de l’Ouest.

 

Cet ardent défenseur de l’expression artistique offrit également au cinéma ses moments les plus sulfureux. « C’est vrai que je faisais un peu ce que je voulais… » se souvient-il avec amusement, les yeux brillants derrière ses lunettes rondes. J’étais le seul à Nantes à passer La Religieuse, de Rivette. Et quand on a programmé Je vous salue Marie, de Godard, en 1983, il y avait des prêtres en soutane agenouillés devant le cinéma qui récitaient des rosaires. Ça a duré des jours ! »

 

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Malgré la cote d’amour du cinéma auprès des Nantais, le Katorza a failli déposer les armes, au plus fort de la lutte entre les salles indépendantes et les multiplexes. En 1993, le Gaumont, situé à 200 mètres, passe de six à douze salles, et recentre son offre sur les films d’auteur et la version originale. Deux ans plus tard a lieu l’inauguration des multiplexes Pathé et UGC en périphérie, tandis que l’Apollo, le rival historique, inflige le coup de grâce en abaissant ses tarifs à 10 francs (l’équivalent de 1,50 euro). Face à l’effondrement des entrées, Jean-Serge Pineau cède le Katorza au groupe Soredic-Cinéville, spécialiste de l’exploitation privée.

 

Bref, le Katorza  est toujours là, bon pied, bon œil à 100 ans, j’en suis heureux moi le nantais de cœur :

 

« Immature et cultivé, sur la route de l'ENA, j'observais avec un sentiment mêlé d'étonnement et d'intérêt, les premiers plissements, sous l'impact d'une poignée de trublions, du vieil habit universitaire, trop étroit, empesé par les mandarins, si poussiéreux qu'on avait le sentiment d'être confiné, enfermé dans un monde mort. Né dans l'eau bénite j'exécrais les chapelles et, comme le petit monde des enragés vivait en vase clos, avec des codes ésotériques, rabâchant la vulgate marxiste, pire encore, pour moi, les rares filles présentes dans leurs cercles cultivaient le dépenaillement et les cheveux gras, alors je me tenais à l'écart.

 

Dans le camp des officiels, les bourrins du PC et les fachos de la Corpo se foutaient sur la gueule, bourraient les urnes et nous inondaient de tracts lourdingues. Mes belles plantes, à de rares exceptions - les filles d'avocats et de pontes du CHU compagnons de route des rouges - m'attiraient en des salons où, même un socialiste - objet difficilement identifiable en ces temps par la faute de Guy Mollet - prenait des allures de buveur de sang des filles et des compagnes, de bouffeur de curé sournois capable de piquer l'argenterie. Dans ces lieux cossus j'affichais le détachement d'un dandy, courtois avec le petit personnel, caustique et arrogant en présence de monsieur le Procureur de la République. Les mères frissonnaient. Les pères haussaient le sourcil. Les filles en redemandaient. On me tolérait. Sous l'ennui apparent de la France vu par Viansson-Ponté la tempête se levait. » 

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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 06:00

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2 femmes, 2 hommes, Michel Guerrin, Rémi Barroux, Laure Gasparotto et Ophélie Neiman, ils se sont mis à 4 pour recueillis les propos de Thomas Duroux, Claire Naudin, Ludovic David, Patrick Guiraud.

 

J’en connais 3 sur 4, Claire bien sûr dont j’apprécie les vins nature aux noms de fleurs, Thomas l’homme de Palmer, Ludovic David du Château Marquis de Terme dont je ne bois pas les vins tout en appréciant les hommes.

 

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Reste Patrick Guiraud, le gardien du temple bio, président de Sudvinbio, qui a repris les vignes familiales en IGP pays-d’oc et sable-de-camargue. Il fournit notamment AdVini et Gérard Bertrand, en plus de produire ses marques, Domaine de Valescure et Domaine de Bousquet.

 

Vieux militant d’une agriculture propre, donc des vignes propres je ne suis pas très porté sur les certifications qui coûtent cher, et qui sont de plus en plus la porte d’entrée des prédateurs de la GD.

 

J’en reste au vieux principe oublié des pères de l’AOC « j’écris ce que je fais, je fais ce que j'écris… ».

 

C’est le fil rouge de mes choix, je n’ai pas besoin de logos pour me rassurer et mettre en avant la sécurité alimentaire de la certification bio ne me convainc pas.

 

Buveur de vins nu qui puent, je développe une grande allergie pour la nouvelle certification « vin bio »

 

Enfin, la ligne éditoriale du Monde en matière de vin me laisse sceptique, trop dégustative, on y sent trop l’ombre des annonceurs.

 

Abonné je suis aussi.

 

Donc je lis : Quand la vigne bio fait débat

 

Nous avons réuni quatre vignerons pour décortiquer leur rapport à l’agriculture biologique. Deux sont à la tête de domaines certifiés en bio, les deux autres non. Ils livrent leurs points de vue, leurs difficultés et confrontent leurs approches à l’occasion d’un déjeuner dans un restaurant parisien.

 

Les échanges furent vifs… disent-ils.

 

Ça ne saute pas aux yeux mais sans doute suis-je trop friand de vrai débat. Le prêche du sieur Guiraud ne me convainc pas.

 

Reste un souci : le copyright, la lecture est réservée aux abonnés.

 

Que faire ?

 

Passer outre !

 

Si on me poursuit je demanderai à Me Morain d’assurer ma défense.

 

Thomas Duroux, Claire Naudin, Ludovic David, Patrick Guiraud, au restaurant Fleur de Pavé, à Paris, le lundi 13 janvier.

 EDOUARD CAUPEIL POUR LE MONDE

 

Les vignerons Thomas Duroux, du Château Palmer, dans le Bordelais, et Patrick Guiraud, du Domaine de Valescure, en Camargue, dirigent des propriétés certifiées bio. Claire Naudin, du Domaine Naudin-Ferrand, en Bourgogne, et Ludovic David, du Château Marquis de Terme, en Gironde, n’ont pas fait ce choix. Tous les quatre mènent leur réflexion et leur propre démarche sur le sujet. Nous les avons réunis au restaurant Fleur de Pavé, tenu par le chef Sylvain Sendra, dans le 2e arrondissement de Paris. Les échanges furent vifs…

 

Comment vous positionnez-vous par rapport au bio dans vos domaines ?

 

Claire Naudin : Le bio est une évidence pour moi depuis que j’ai pris la tête du Domaine Naudin-Ferrand, en 1993. Le bio, j’y suis et je n’y suis pas, je n’ai pas de label. Etre certifié en bio, ce qui entraîne des pratiques coûteuses et l’impossibilité de faire un seul traitement sans perdre sa certification, n’est pas évident au niveau financier. Tout dépend de mes parcelles.

 

Sur mon grand cru échezeaux, je ne vois aucun argument qui justifie de mettre de la chimie – c’est viable économiquement. En revanche, sur les appellations régionales, la problématique est différente. Si on va trop vite, si on enlève tout produit, et que la vigne est mise à rude épreuve à cause de la météo et de maladies, on peut y laisser sa boîte ! J’ai donc opté pour une transition douce, afin que les équipes s’y préparent et que le domaine puisse l’encaisser économiquement.

 

Ludovic David : Marquis de Terme n’est pas certifié bio, mais je m’y intéresse depuis une quinzaine d’années, dans une approche technique et environnementale. Nous avons mis en place depuis huit ans des parcelles en bio, et on est monté jusqu’à 70 % de nos vignes en 2018. On a mené plusieurs essais comparatifs des parcelles. Notre conclusion ? Nous avons décidé d’arrêter.

 

On a fait des mesures statistiques entre les parcelles et on a été surpris de constater de meilleurs résultats sur la toxicité dans le non-bio que dans le bio. C’est vrai notamment pour le bilan carbone – en bio, il faut plus passer le tracteur. Notre philosophie est donc de capter seulement certains outils intéressants du bio. Mais le but est le même que celui de mes confrères : essayer d’avoir la vigne la plus propre et la plus viable possible.

 

Thomas Duroux : Quand j’ai été engagé à Château Palmer, en 2004, ma mission se résumait à chercher, par tous les moyens, à valoriser le terroir de cette propriété. Après les vendanges de 2008, avec la directrice technique, nous avons mieux voulu comprendre ce que la biodynamie voulait dire, car la démarche peut sembler lointaine, voire ésotérique.

 

Avec l’accord de nos actionnaires, nous avons alors démarré un processus d’essai et nous avons acquis assez vite des convictions sur l’approche du terroir qu’elle permettait. Plutôt que de nous focaliser sur la vigne, d’en être de purs techniciens pour passer en bio, nous sommes allés plus loin. Nous avons pris en compte l’ensemble de la propriété – la fameuse vision holistique de la biodynamie. On a des brebis et un élevage bovin au service de la viticulture. On a aussi des arbres fruitiers. L’idée est de travailler la diversité afin de reproduire l’équilibre de la nature. Aujourd’hui, Palmer est certifié en bio et en biodynamie.

 

Quels sont les obstacles au bio ?

 

Claire Naudin : Le climat, d’abord. Comme beaucoup de domaines en Bourgogne, nous avons encaissé la grêle en 2012, 2013 et 2014, la sécheresse en 2015, le gel en 2016. Ce fut à peu près normal en 2017 et 2018, mais nous avons replongé en 2019 avec une demi-récolte. Pendant toutes ces années, nous avons été en mode survie. Alors, le passage au bio… Car le bio coûte aussi plus cher. Il faut financer un tracteur, embaucher du personnel, le former…

 

Ludovic David : Nous sommes à Bordeaux, c’est-à-dire dans un climat océanique pluvieux et peu venteux, et la mise en place des techniques bio y est plus difficile qu’en Provence ou dans le Languedoc. On l’a vu en 2018, avec de sévères attaques de mildiou…

 

Thomas Duroux : C’est vrai et, à Palmer, où nous sommes toujours dans une phase d’apprentissage, nous connaissons des succès et des échecs. Mais nous avons la conviction absolue que la biodynamie nous permet, et nous permettra, d’aller beaucoup plus loin, quels que soient les obstacles.

 

90 000 hectares de vignes sont en bio en France, soit 11 % à peine des surfaces viticoles. Vous sentez-vous culpabilisés par l’opinion, qui peut penser que le mouvement n’est pas assez rapide et trouver que la vigne pollue ?

 

Claire Naudin : Oui, assez fortement, et la pression vient aussi de nos salariés, qui sont davantage informés et ne veulent plus être exposés à la chimie.

 

Ludovic David : La pression est forte sur toute l’agriculture, qui subit un véritable « agribashing », et nous en souffrons aussi.

 

Patrick Guiraud : Les critiques oublient déjà que l’ensemble de la viticulture a énormément évolué en quinze ans, et dans le bon sens, concernant l’environnement. Ensuite, le bio ne s’instaure pas du jour au lendemain. Ça coûte cher, il faut de la technique. Mais le mouvement progresse, grâce à des viticulteurs plus jeunes. Ils sont mieux formés, et leur démarche est volontaire. Ils pourront répondre demain à cette demande sociétale. La volonté est là.

 

La part de marché du bio dans le vin est aujourd’hui de 4,5 %. Le salon Millésime bio table sur 8 % d’ici à 2023. Et il faut tenir compte de ce que pourront nous apporter la recherche et le développement. Enfin, il y a d’autres voies que le bio, d’autres méthodes : la certification HVE 3 [haute valeur environnementale niveau 3], par exemple, centrée sur l’environnemental, est plus poussée qu’en bio, mais cette certification ne garantit pas la sécurité alimentaire.

 

Thomas Duroux : Il y a une pression sociale et médiatique sur l’usage des pesticides, et un consommateur préoccupé par le processus de fabrication. Le produit final ne suffit plus. Un beau sac en cuir fait à partir d’un veau massacré n’est plus accepté. Pour les grands crus, c’est la même chose : du glyphosate dans une cuvée d’échezeaux, ça ne marche plus.

 

Cela dit, les chiffres n’intègrent pas les essais que font Ludovic David et Claire Naudin. La plupart des vignerons se posent des questions et cherchent. Chacun à son rythme et à sa façon. Chacun a sa réalité. A Palmer, nous avons pu aller vite. D’autres ne peuvent pas. Certains prennent d’autres voies.

 

Ludovic David : Sauf que le consommateur ne sait pas ce qu’est un label HVE3. Il ne connaît que le bio. Sans ce logo référent, on ne parle pas de nos efforts. Le consommateur voit le bio comme « la » solution, sans savoir vraiment ce que couvre le label. Il ne sait pas, par exemple, que le bio utilise du cuivre, qui est un pesticide, en grosse quantité. Alors je suis dans une situation ambiguë. Je vois l’attente sociale, je vois l’importance d’un label de référence, mais je trouve qu’il ne va pas assez loin, donc je n’en suis pas. Ou alors il faudrait plusieurs logos qui rassurent.

 

« Le bio va dans le bon sens. Le consommateur l’a bien compris, qui le plébiscite », Patrice Guiraud

 

Patrick Guiraud : Je ne suis pas d’accord. Les consommateurs ne sont pas des bedeaux. Ils se sont renseignés et font des choix. Il y a une définition européenne du bio, vérifiable par tous. 6 000 exploitants ont fait ce choix contraignant. Le bio a une certification claire. Elle vaut ce qu’elle vaut, elle n’est pas parfaite, mais c’est une assurance. Elle garantit une traçabilité du produit, la sécurité alimentaire, le respect de l’environnement, la gestion des ressources en eau. Et il y a des contrôles.

 

Le bio génère aussi de l’emploi. Donc le bio va dans le bon sens. Le consommateur l’a bien compris, qui le plébiscite. Les études montrent qu’il est prêt à payer un vin bio 40 % plus cher qu’un vin conventionnel, donc traité. Alors, oui, il y a des contraintes, on peut perdre une récolte ou deux en cinq ans, il faut en tenir compte quand on se lance dans le bio.

 

Ludovic David : Vous reconnaissez que le logo bio est aussi un outil commercial et marketing pour vendre le vin plus cher et accéder à des marchés.

 

Patrick Guiraud : Si c’est le cas, c’est que nous répondons à une demande. Les consommateurs n’achètent pas un logo, mais une certification. Il y a trente ans, j’étais déjà bio et personne ne parlait de moi. Aujourd’hui, il y a une demande.

 

Thomas Duroux : Le bio n’est peut-être pas la solution à tout, mais je n’en vois pas de meilleure. Ça va dans le sens de l’environnement, de l’attente des consommateurs et de l’expression d’un beau terroir.

 

Ludovic David : La question de fond est que nous devons rassurer le consommateur en mettant en place une pédagogie qui soit un peu moins simpliste qu’aujourd’hui.

 

Thomas Duroux : Je crains que la pédagogie sur la viticulture soit une bataille perdue.

 

Ludovic David : Comment fait-on, alors ?

 

Thomas Duroux : Il faut avancer, progresser pour garantir un meilleur environnement, prendre le temps pour trouver des solutions. On a besoin de l’aide de l’Etat, de la recherche, de l’enseignement.

 

Claire Naudin : Je vous donne cet exemple. En 2016, à la suite d’un gel, je me suis retrouvée avec une parcelle sans aucun traitement et qui n’a donné qu’un tout petit rendement, soit 5 hectolitres par hectare. Cela pour rappeler que les traitements sont là pour permettre une augmentation des rendements. Si demain on veut zéro traitement, alors il faut imaginer un autre modèle culturel et économique.

 

Et si j’allais au-delà du bio et de la biodynamie, en faisant zéro traitement, sans soufre ni cuivre ? J’aurais alors de très faibles rendements. Intellectuellement et techniquement, ce n’est pas aberrant. Mais cela induit une bouteille qui dépasse les 100 euros pour que je puisse m’en sortir. Pour le consommateur, cela implique qu’il boive ma bouteille de bourgogne non plus une fois par mois, mais une fois par an. C’est un changement fondamental pour moi et pour le consommateur. C’est un modèle radical, il y en a sûrement d’autres…

 

Thomas Duroux : Ce qui est sûr, c’est que nous sortons du productivisme. Pas en descendant à 5 hl/ha. Cette année, à Palmer, on en a fait 45 hl/ha, et cela donne de très jolis vins. On peut faire des rendements corrects en biodynamie. Parfois non. Tout dépend des millésimes. Mais ce qu’on ne pourra plus faire, c’est de dire que les vins sont toujours bons avec de gros rendements. Alors oui, on change de modèle.

 

Comment la filière viticole juge-t-elle les initiatives de vignerons qui vont vers le bio et la biodynamie ?

 

Claire Naudin : Nous butons sur un problème de formation, et même un problème culturel. J’emploie des jeunes qui vinifient chez moi tout en suivant en parallèle un BTS dans un lycée agricole. Eh bien, ils sont sanctionnés par leur école s’ils ne « cassent » pas ma démarche, parce que je vinifie sans soufre ! Les enseignants poussent leurs étudiants à critiquer le bio.

 

C’est très bourguignon comme attitude… Et dramatique face à l’enjeu sociétal. Mais je suis optimiste parce que les mentalités commencent à changer. Les enseignants traditionnels partent progressivement à la retraite. A la faculté d’œnologie de Dijon, ce sont les étudiants qui ont fait bouger l’ancienne garde. Mais on a quand même quinze ans de retard…

 

Ludovic David : Je sens à Bordeaux un climat plus ouvert. A Margaux, nous sommes très nombreux à travailler sur le bio, avec même des synergies entre nous.

 

Claire Naudin : Il y a eu aussi une évolution sur le grand cru échezeaux. Il y a quinze ans, seule ma vigne était en herbe, j’étais la cochonne du coin. Et aujourd’hui, c’est drôle, cela s’est inversé, et il n’y a plus que la vigne de mon voisin qui est désherbée. Par contre, je suis déçue parce que sa fille est arrivée, et elle est pire que le père. Et on a des jeunes dans la côte de Nuits qui revendiquent la chimie. Mais si ces jeunes étaient passés entre de bonnes mains, s’ils avaient eu les enseignants adaptés, ils n’en seraient pas là.

 

Thomas Duroux : Certains m’ont regardé de travers quand Palmer est passé en biodynamie, mais c’était marginal. De mon côté, j’ai sans doute été trop enthousiaste, trop dogmatique aussi, je me suis piégé moi-même, et j’ai pu employer des mots qui ont pu blesser certains de mes voisins vignerons. J’ai eu le tort, à un moment, d’en faire un combat idéologique.

 

Même si nos choix ont fait progresser l’ensemble du Bordelais, l’opposition frontale est vaine. L’objectif commun est de trouver les moyens, demain, de renouer avec une viticulture d’avant le mildiou, l’oïdium et le phylloxéra. Dans ce pays, pendant 2 000 ans, on a produit de la vigne sans aucun traitement. Il n’y a pas de raison qu’on ne puisse le refaire un jour.

 

Il y a plusieurs vérités et visions. Qui doivent converger vers un objectif ultime, sortir de la fertilisation minérale, sortir des pesticides, des herbicides, des fongicides… Je me bats désormais pour emmener tout le monde dans le même wagon de la protection de l’environnement. Il faut prendre conscience d’une chose fondamentale : je ne connais pas un viticulteur dans ce pays qui prend du plaisir à traiter sa vigne.

 

Supprimer le glyphosate induit un travail plus intense de la terre. Est-ce facile à faire accepter par vos équipes ?

 

Claire Naudin : Oui, il faut piocher la terre. Je croise pas mal de stagiaires qui ont la quarantaine et qui sont « habités » par un appel de la nature. Je les emmène alors piocher deux heures dans mon échezeaux, en leur disant que c’est une chance de piocher mon grand cru ! Au bout de deux heures, ils n’en peuvent plus, ils ont les mains en sang et mal au dos. Moi, je fais ça neuf heures par jour, six jours par semaine, pendant trois semaines. Discuter le glyphosate, c’est aussi ça…

 

Thomas Duroux : A Palmer, on ne pioche plus ! On a de l’herbe. Et 250 brebis. C’est une autre solution, sans avoir inventé l’eau chaude.

 

Comprenez-vous que certains vignerons arrêtent le bio parce qu’ils n’y arrivent pas au niveau économique ?

 

Patrick Guiraud : Non, je n’arrive pas à le comprendre. Moi, je préférerais arrêter mon métier. Je ne reviendrai pas en arrière.

 

Claire Naudin : Pourtant, beaucoup de vignerons seraient moins effrayés par le bio si on leur disait que, pour sauver une récolte, de façon ponctuelle, ils étaient autorisés à un traitement chimique. J’ai fait accepter le bio à mon équipe en lui disant que, en cas de gros problème climatique, je ferais marche arrière afin de ne pas couler la boîte. C’est pour conserver cette possibilité que je n’ai pas choisi la certification. Avec le bio, un tas de personnes vous tombent dessus : le banquier, le notaire, le comptable, la famille… Il faut pouvoir résister.

 

Patrick Guiraud : Peut-être, mais le consommateur a besoin d’une certification. Il veut des certitudes. On l’a tant trompé avec l’agroalimentaire… On ne peut pas revenir là-dessus.

 

Thomas Duroux : Claire Naudin et Patrick Guiraud ont tous deux raison. On ne peut couler la boîte ni tromper le consommateur. Mais être certifié ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire marche arrière. On peut le faire, puis revenir à une démarche bio une fois les difficultés passées.

 

Patrick Guiraud : Éthiquement, je ne le ferai jamais. Et pourtant, des mauvaises années, j’en ai eu.

 

Les deux principaux arguments contre le bio sont l’autorisation du cuivre dans la vigne et un bilan carbone médiocre à cause du passage intensifié de tracteurs. Qu’en pensez-vous ?

 

Thomas Duroux : Ces arguments sont poussés par les firmes phytosanitaires. Le cuivre était un gros problème il y a cinquante ans, quand les vignerons mettaient des doses de 15 ou 20 kg par an et par hectare. Mais, aujourd’hui, les doses sont bien plus légères. A Palmer, nous mesurons une baisse du niveau de cuivre dans le sol grâce à l’activité de microfaune et microflore. Quant au bilan carbone, les sols, quand ils ne sont plus désherbés et travaillés, ont une capacité de fixation du CO2 supérieure aux autres sols. Donc le bilan carbone d’un hectare en bio est meilleur qu’ailleurs, même si on passe davantage le tracteur.

 

Ludovic David : Le bio implique en effet plus de passages de tracteurs, donc plus de gasoil, et donc plus de production de CO2. Mais la difficulté est de le mesurer. Il y a une différence entre les émissions et le bilan. La terre est vivante, chaque parcelle est différente dans sa capacité à absorber, c’est l’effet terroir.

 

Patrick Guiraud : Et puis on optimise les passages de tracteurs avec les prévisions météo. Et l’on voit apparaître des tracteurs électriques.

 

L’intégralité du vignoble français pourrait-elle un jour devenir bio ?

Patrick Guiraud : Non. Toutes les régions ne pourront pas y accéder à cause du climat et du morcellement des parcelles.

 

Un vin bio est-il meilleur dans le verre ?

 

Patrick Guiraud : Oui, pour la sécurité alimentaire. Pour le goût, tout dépend du viticulteur. Il y a de bons vins des deux côtés, qui sont primés lors de concours.

 

Thomas Duroux : On peut faire des vins bio très mauvais au goût. Le bio est nécessaire, mais pas suffisant.

 

Palmer et Marquis de Terme sont voisins à Margaux. Pourquoi le premier est-il en biodynamie et l’autre non ?

 

Thomas Duroux : J’ai eu la chance, quand j’ai proposé aux propriétaires de Château Palmer, en 2013, de passer l’intégralité de la propriété en biodynamie, qu’ils acceptent et suivent notre démarche. Sans leur soutien, nous n’en serions pas là.

 

Ludovic David : C’est vrai que nous n’avons pas les mêmes réponses, mais nos idées sont proches sur la biodiversité et la dynamique environnementale. Marquis de Terme n’est pas certifié bio, mais 80 % des vignes étaient gérées en bio. Nous avons supprimé le glyphosate.

 

Pourquoi je ne suis pas certifié bio ou biodynamie ? Parce que nous avons du retard dans cette réflexion par rapport à Palmer. Il faut aussi prendre en compte beaucoup de facteurs : qualité du produit, rendements, prix des bouteilles, image de marque, communication, marché…

 

J’ai récupéré une propriété qui produisait au-dessous de 30 hectolitres par hectare, ce qui posait des problèmes en matière d’assemblage et d’élevage. Mais nous n’excluons pas d’aller plus loin, en rappelant que le bio est un cahier des charges, alors que la biodynamie est une philosophie.

 

Michel Guerrin , Rémi Barroux , Laure Gasparotto et Ophélie Neiman

 

Pour les images c’est ICI 

FLEUR DE PAVÉ (PARIS), LE RETOUR ATTENDU DE SYLVAIN SENDRA ICI 

12 JUILLET 2019

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:00

Que voulez-vous j’ai bien connu l’ancienne PAC avec ses montagnes de beurre et de poudre de lait nous l’avons réformée en instituant les quotas laitiers.

 

Les OCM, les organisations communes de marché entraient dans le langage courant, celle du vin concernait le gros rouge qui tache, avec son cortège de distillation pour éponger les excédents. Là encore, dans la foulée par les accords de Dublin nous l’avons remis sur pied.

 

Et qu’on ne vienne pas me dire que ces réformes se sont faites dans la joie et la douceur, il nous a fallu résister aux tirs de barrage de la FNSEA pour le lait avec un François Guillaume odieux, lui-même producteur de lait, vent debout contre les quotas laitiers (ses successeurs seront vent debout lorsque sous Sarkozy la France vota pour leur abandon). Et du côté du picrate des mèches lentes des Comités d’Action Viticole et des élus de la vieille gauche rance du Midi avec à sa tête le démagogue en perfecto, santiags et Ray-Ban, Jean Huillet.

 

Il ne s’agit pas d’accrocher des médailles sur le revers de Michel Rocard mais de conter l’Histoire.

 

Et puis, il eut le GATT, la grande bataille avec les étasuniens et les membres du groupe de Cairns, les aides à l’agriculture, surtout aux grandes cultures devaient être découplées. Ce qui fut fait dans la douleur des gros tracteurs cernant Paris.  Puis il y eut l’OMC…

 

Bref, la PAC à l’ancienne est passée du soutien aux produits, de la préférence communautaire, à la grande bataille planétaire, que nous avons d’ailleurs définitivement perdu.

 

Et puis il y a eut, suite à la désintégration du bloc de l’Est, à des élargissements plus politiques qu’économiques : les vannes des aides se sont ouvertes et déversées sur des agricultures mal en point.

 

Une enquête au long cours du New York Times, publiée entre novembre et décembre 2019, est à l’origine d’une critique radicale du système européen de soutien et d’aides à l’agriculture – la « politique agricole commune » (PAC).

 

Conduite dans neuf pays par plusieurs journalistes, l’enquête est à l’origine de révélations explosives, démontrant qu’une large partie de ces aides ou subventions destinées aux agriculteurs était détournées au profit d’oligarques des pays de l’Est.

 

L’enquête a également montré qu’une véritable mafia agricole prospérait dans ces pays, grâce à un système de corruption, y compris au plus haut niveau de l’État. Cet argent de la PAC, indispensable à la survie de milliers d’agriculteurs européens, est ainsi capté par une poignée d’acteurs et ne sert ni au soutien ni au développement ou à la transition de l’agriculture européenne.

 

Les dérives pointées par cette enquête ont été bien identifiées par certains économistes qui s’intéressent aux dynamiques de « capture réglementaire ».

 

À quoi sert la PAC ?

 

La PAC (politique agricole commune) constitue l’un des piliers historiques de la politique européenne. Il s’agit d’un système d’orientation, de régulation et de soutien aux agricultures et aux agriculteurs des pays membres de l’UE.

 

Officiellement entrée en vigueur en 1962, la PAC repose sur deux piliers. Le premier est relatif au soutien aux prix et aux marchés agricoles (le pilier historique de la PAC) ; le second se focalise sur le développement rural.

 

Dotée d’un budget annuel de plus de 60 milliards d’euros, la PAC a historiquement représenté le premier poste budgétaire (aux alentours de 40 % du budget européen). Elle est, encore et surtout, connue du grand public pour ce qu’elle n’est plus : un système de régulation des volumes et, indirectement, des prix des denrées agricoles et alimentaires. Car depuis les années 1990, les différents secteurs ont été dérégulés, laissant l’agriculture européenne en prise directe avec les marchés agricoles mondiaux, où les prix sont fixés par le libre jeu de l’offre et de la demande.

 

Dans cette compétition mondiale inégale (certains États soutenant ou subventionnant plus ou moins fortement leur agriculture, sans parler des coûts du travail et de production), la PAC agit de moins en moins comme un amortisseur ou un paravent, comme ce fut le cas par le passé. Elle doit désormais poursuivre différents objectifs, parfois contradictoires : assurer l’orientation des productions agricoles, maintenir un relatif niveau de suffisance alimentaire, tout en tenant compte des évolutions environnementales nécessaires – on parle de « verdissement » de la PAC.

 

Lire ICI 

Il était une fois dans l'Est

Arpad Soltesz 

 

« Une partie de cette histoire s’est vraiment produite, mais d’une autre manière. Les personnages sont fictifs.

 

Si vous vous êtes tout de même reconnu dans l’un d’eux, soyez raisonnable et ne l’avouez pas.

 

Les gens n’ont pas à savoir quel salopard vous êtes. »

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 06:00

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Encore un titre à la mords-moi le nœud me direz-vous, la réponse est oui « Se dit d'une chose mal conçue, peu crédible ou stupide. »

 

« Cette expression dérive de à la mords-moi le jonc datant du début du XXe. Le jonc était le mot argotique pour or : on mordait les pièces d'or pour contrôler leur authenticité. Mais le jonc est également un mot familier pour pénis tout comme nœud au XIXe. L'expression à la mords-moi le nœud est rapidement préférée à partir des années 1950. »

 

De plus, en ces temps post-Matzneff c’est très politiquement incorrect.

 

Attention, je ne fais que m’interroger à propos du devenir de la RVF, en dépit de mon blacklistage lié à la vieille histoire de l’ex-DG du groupe Marie Claire pris les doigts dans la confiture, je ne souhaite en rien la disparition de la vieille dame permanentée.

 

J’avoue que je trouve les éditos de Saverot de plus en plus pathétiques mais, n’étant ni abonné, ni acheteur occasionnel de la RVF, ni lecteur sur la Toile, je comprends parfaitement que l’on ne m’ait pas appelé au chevet de la vieille dame permanentée pour diagnostiquer le mal dont elle souffre.

 

Alors pourquoi ce titre à la con ?

 

Tout bêtement parce que Vitisphère m’a mis sous le nez, gratuitement, le lundi 13 janvier 2020 un papier signé par Alexandre Abellan.

 

Le titre est accrocheur : Relance et turbulences à la Revue du Vin de France

 

Le texte est étrange.

 

Y aurait-il une ou des « gorges profondes » à la RVF ?

 

Les poussés dehors, les démissionnaires n’ont pas de noms…

 

Inquiétude des équipes qui ont sous le nez « le désossement de la revue Cuisine et Vins de France », ça fait froid dans le dos.

 

Le nouveau rédac-chef, doublement nommé, bien évidemment se veut rassurant, j’apprécie tout particulièrement son « Il peut y avoir de la peur chez des critiques cinquantenaires n’ayant pas eu la reconnaissance qu’elles attendaient » (le féminin ?)

 

Le sieur Saverot, donne le même son de clocher, il revendique « 50 000 exemplaires vendus, 18 000 abonnés papier ainsi que 3 000 abonnés numérique »

 

Comme la RVF n’est pas affiliée à l’OJD je trouve le chiffre de vente gonflé comme les statistiques de manifestants de la CGT.

 

Deux sujets d’importance sont ensuite abordés :

 

Conserver la confiance

Indépendance

 

J’avoue ne pas être convaincu par ce que j’ai lu en réponse.

 

Les causes, qui touchent toute la presse magazine papier en France sont profondes et jusqu’à maintenant aucun des remèdes n’a stoppé la chute du lectorat.

 

C’est grave et inquiétant mais c’est aussi dû à la faiblesse des contenus, cercle vicieux les bons contenus exigent du temps et de l’argent, les reprises des dépêches AFP, les infos people, les grands prix de la RVF, tout le monde s’en fout et n’a aucune envie de payer pour ça.

 

Je ne suis pas sûr que la nouvelle relance ne soit pas du genre de celle d’un batteur de baseball qui rate la dernière balle.

 

Attente pitch

 

L’avenir de la RVF est entre les mains des financiers du groupe Marie-Claire, leur empathie pour le vin me semble inversement proportionnelle à leur intérêt pour les sommets des GCC.

 

Le dernier mot à Gerbelle, pourquoi toujours cet anonymat ?

 

« Le commerce prend le pas sur l’expertise parce que les médias du vin vivent sous perfusion des publicités. Il faut un nouveau modèle à l’ère du web » tranche un ancien critique de la RVF. »

 

Deux grandeurs sont dites inversement proportionnelles si leurs mesures évoluent dans des sens contraires.

 

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Vénérable titre fondé en 1927 et racheté en 2004 par le groupe Marie Claire, la Revue du Vin de France (RVF) arrive clairement au bout d’un cycle. En témoigne la succession de départs qui ont émaillé l’année 2019, jusque dans ses derniers jours. En un an, la RVF a poussé trois de ses collaborateurs vers la sortie : un administrateur de bases de données, un commercial et un rédacteur en chef adjoint (qui doit être remplacé). En ajoutant deux démissions du service événementiel, une démission du service commercial et le départ soudain d’un membre de son comité de dégustation (après avoir été écarté du Guide Vert), la RVF a perdu sept collaborateurs en un an (pour une promotion*).

 

A court terme, « il y a de l’inquiétude dans les équipes. Nous ne sommes pas rassurés par un groupe qui laisse plutôt voir un accompagnement fin de vie » confie un collaborateur de la RVF. Qui cite, non sans effroi, l’exemple du « désossement de la revue Cuisine et Vins de France, dont l’équipe a été réduite à peau de chagrin et dont les contenus sont réalisés par une agence ». Une perception alarmiste sur l’avenir de la revue qui n’est pas partagée par tous

 

A commencer par son tout nouveau rédacteur en chef, Jérôme Baudouin. Soulignant une augmentation des revenus publicitaires en 2019, le journaliste souligne qu’« il ne faut pas tout mélanger. Il y a eu des départs pour travailler ailleurs et il y a toujours du turn-over au comité de dégustation. Il peut y avoir de la peur chez des critiques cinquantenaires n’ayant pas eu la reconnaissance qu’elles attendaient, mais il est normal d’évoluer. Quand on est un journal, on ne reste pas sur les mêmes choses pendant trente ans ! »

 

Revendiquant 50 000 exemplaires vendus, 18 000 abonnés papier ainsi que 3 000 abonnés numérique, le directeur de la rédaction de la RVF, Denis Saverot, donne le même son de cloche. « On est obligé de s’adapter, aujourd’hui il est très difficile de gagner sa vie en vendant des prescriptions et avis sur le vin » pose le journaliste. Celui-ci souligne l’ampleur des évolutions d’usage numérique qui touche l’activité de la RVF : applications d’agrégation comme Vivino, sites de vente en ligne proposant toujours plus de contenus...  « On a tenté une première diversification avec les évènements, mais les salons se multiplient : c’est une bataille terrible et très concurrentielle. Nous avons renoncé aux évènements à destination du grand public pour se concentrer sur des masterclasses pour professionnels (acheteurs, sommeliers, cavistes…) » ajoute Denis Saverot.

 

La suite ICI 

Pour une charte éthique des journalistes des vins et spiritueux

 

Pour l’instant je suis le seul contributeur, à savoir Fabien Humbert journaliste pigiste notamment pour La Revue du vin de France ( https://www.larvf.com/ ICI 

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "l’oscypek"

2019 : 16 500 km, à pied, en voiture, en bus, en train et en bateau. Tout le reste n’est que littérature.

 

Avec Antoine Blondin, le reste était « litres et ratures »

 

« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l’Europe !", "l’Europe !", "l’Europe !", mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. » de Gaulle, deuxième entretien radiodiffusé et télévisé avec M. Michel Droit, 14 décembre 1965.

 

Et maintenant cette foutue Europe, baptisée Union Européenne, tellement élargie qu’elle a bien du mal à avancer, vient barboter dans notre patrimoine gaulois en reconnaissant l’oscypek comme un Chroniona Nazwa Pochodzenia

 

Ne me dites pas que c’est du charabia, je vous rappelle Maria Leszczyńska madame Louis XV, elle est inhumé à la basilique Saint-Denis, tandis que son cœur repose auprès de ses parents, en l'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy.

 

C’est du polonais.

 

La Pologne est membre de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004 avec neuf autres pays européens

 

Elle a fait partie de la fournée Chypre · Estonie · Hongrie · Lettonie · Lituanie · Malte · République tchèque · Slovaquie · Slovénie

 

1989 : la Pologne est le premier pays du bloc de l’Est à se détacher de Moscou (pour adhérer à l’OTAN dix ans plus tard). En décembre 1990, Lech Wałęsa, prix Nobel de la paix en 1983 et figure historique de Solidarność, est élu président de la République.

 

Bref, revenons à notre oscypek Chroniona Nazwa Pochodzenia

 

Explication de texte

 

 « En vertu de cet accord, la Pologne et la Slovaquie reconnaissent que les appellations Oscypek et Slovenský oštiepok se réfèrent à des fromages qui sont maintenant produits de manière très différente, malgré le fait qu'ils partagent la même histoire et la même tradition.

 

Selon la Pologne et la Slovaquie, les principales différences entre les deux fromages (concernant la matière première utilisée, le mode de production et les propriétés physiques, chimiques et organoleptiques) ne devraient pas prêter à confusion chez les consommateurs. La Pologne et la Slovaquie conviennent que les désignations Oscypek et Slovenský oštiepok sont légitimes et la Pologne souligne que l'enregistrement de la désignation Oscypeken tant qu'appellation d'origine protégée ne porterait pas atteinte au droit des producteurs slovaques d'utiliser l'appellation oštiepok soit seul, soit en conjonction avec d'autres termes.

Signé Mariann Fischer Boel

 

J‘ai bien connu Mariann Fischer Boel

 

Profession : commissaire !

 

6 octobre 2010 Der Spiegel Hambourg Hans-Jürgen Schlamp

 

Qui a dit que les commissaires européens et les hauts fonctionnaires bruxellois occupaient des postes ennuyeux dans une ville terne ? Pourtant, assure le Spiegel, Bruxelles, c’est Byzance.

 

« Hast du einen Opa, schick ihn nach Europa » –

 

« Si tu as un papy, envoie-le à l’Europe ! », dit-on pour se moquer des perdants de la politique qui se retrouvent sur des voies de garage à Bruxelles, où ils terminent leur carrière dans l’oubli. Personne ne s’intéresse à eux. Les micros et les caméras s’éteignent lorsqu’ils se présentent au pupitre, pauvres souris grises oubliées dans un Bruxelles terne et humide.

 

Et pourtant, en réalité, c’est tout le contraire. Seuls les princes vivent peut-être mieux que les commissaires européens. Car ces derniers peuvent – s’ils le veulent – exercer une  influence plus forte que n’importe quel ministre. Financièrement, ils se portent certainement mieux que la plupart de leurs camarades de parti, qui les ont chassés de la mangeoire nationale pour les envoyer sur les terres européennes. A Bruxelles, les maigres salaires des collègues nationaux les font bien rigoler.

 

Chauffeur, secrétaires personnels et revenus coquets

 

Pour tout dire, le poste de commissaire européen est un boulot de rêve : train de vie luxueux avec chauffeur, secrétaires personnels, porte-paroles et de nombreux autres collaborateurs. Sans oublier de coquets revenus. Et quand leur mandat européen s’achève, c’est encore mieux : c’est là qu’arrivent les généreuses indemnités transitoires et les pensions paradisiaques. Les appels à la rigueur qui résonnent sur tout le continent et les projets de relèvement de l’âge de la retraite à 70 ans ne valent pas pour Bruxelles. Ici, il y a de l’argent à foison. Les caisses débordent littéralement. Alors pourquoi ne pas se servir ?

 

Dans les bureaux du bloc de béton baptisé Berlaymont, sur le rond-point Schuman, en plein centre de l’eurocratie bruxelloise, chacun se sert généreusement. Le moindre interprète débutant commence avec 4 190 euros par mois. Pour les hauts fonctionnaires, on monte facilement à 16 000 euros par mois. A cela s’ajoutent les primes d’expatriation, de ménage, pour l'éducation et la garde des enfants. Ces derniers vont dans des écoles européennes privées, financées tous les ans par les contribuables européens à hauteur d’environ 100 millions d’euros.

 

Pour les grands responsables politiques, le salaire est naturellement un peu plus élevé : un commissaire européen reçoit 19 910 euros comme salaire de base. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, empoche 304 000 euros chaque année. La plupart des hauts responsables européens reçoivent en plus une indemnité de résidence. La nouvelle haute représentante de l’Union aux Affaires étrangères, l’Anglaise Catherine Ashton, reçoit environ 323 000 euros par an. Et à cela s’ajoutent encore des compléments pour son budget privé et ses frais de représentation. Résultat : cette lady travailliste dépasse de loin ses collègues Angela Merkel ou Hillary Clinton. De plus elle rentre souvent à Londres, le jeudi, voir ses enfants.

 

Fromages pour fromages revenons au nôtre : 

 

Depuis le 2 février 2007 l’oscypek est un Chroniona Nazwa Pochodzenia une AOP

 

L’oscypek est un fromage qui a une drôle de tronche, le plus souvent il a une forme de broche ornée de motifs rustiques.

 

Chapelle à Jaszczurowka dans les montagnes à Zakopane. Photo de Robert Parma.

Chapelle à Jaszczurowka dans les montagnes à Zakopane. Photo de Robert Parma.

 

Ce fromage du Podhale (les Carpates), région montagneuse dont la capitale est Zakopane est fait avec du lait de brebis mais Androuet nous dit « qu’il est fait de lait de brebis auquel est ajouté du lait de vache. Les montagnards disent qu'il faut un minimum de 40% de lait de vache pour sa fabrication, ou un mélange plus ou moins égal entre le lait de vache et celui de brebis »

 

Image associée

 

On utilise des moules de bois spéciaux et, une fois formé on le trempe toute une journée dans la saumure, pour en extraire l’eau en excès. C’est un processus complexe puisqu’à la fin le fromage est fumé au bois de pin, dans les « bacówki» (burons de bois des montagnards).

 

Jadis, l’oscypek était utilisé comme monnaie d’échange entre bergers sur les pâturages d’altitude. Il est de goût un peu salé et croque sous la dent, rappelant ainsi le Haloumi de Chypre, mais en incontestablement plus parfumé. Son goût rappelle celui du provolone piquante d'Italie.

 

Le blog de Jérôme à Cracovie

On peut manger l’oscypek tout simplement, nature, mais dans certaines régions de Pologne on le sert légèrement poêlé avec de la confiture. Du fait de son séjour dans la saumure, il est assuré d’une longue conservation. De consistance légèrement élastique, il se mange chaud, cuit au barbecue, et on en trouve dans les rues des grandes villes, par exemple lors du marché de Pâques à Cracovie où il peut être servi avec de la confiture de canneberges, mêlant étrangement le sucré et le salé. Il se trouve aussi sous vide dans les supermarchés.

 

Procédé de fabrication

 

La tradition de l'oscypek commence dès la traite des brebis. Le lait est récolté dans une grande cuve de bois (gieleta). Puis, il est filtré par une toile en laine dans un chaudron (puciera) afin de le débarrasser de toutes sortes d'impuretés et d'herbe. Le lait est ensuite caillé et rincé à plusieurs reprises à l'eau bouillante.

 

Ensuite, chaque fabricants donne une forme au fromage et le décore. Les décorations sont faites grâce à un moule en bois appelé oscypiorka, qui se décline généralement sous 3 formes:

  • le fuseau (600800 g),
  • le cylindre (400 g)
  • les noix (30 g).

 

Puis, le fromage est immergé pendant une journée dans un tonneau rempli de sel. Ce bain a avant tout pour but de supprimer l'excès d'eau qui se trouve dans le fromage ainsi que de tuer les bactéries. Pour finir, il est entreposé dans une cabane pour être fumé pendant environ deux semaines. Autrefois, l'oscypek était fumé dans une bacówka, la cabane traditionnelle des bergers, et fumé au bois de pin ou de sapin.

 

La plus ancienne référence à une production de ce fromage date du XVe siècle, dans les montagnes Tatras, et plus précisément d'un document du village Ochotnica datant de 1416. La plus ancienne recette trouvée date de 1748 et provient de la région de Zywiec.

 

Voilà le travail il ne nous reste plus qu’à attendre la prochaine virée de notre gourmet pour nous en rapporter…

 

Krokoszówka Górska, le vin nature

 

Des milliers de jeunes polonais émigrent chaque année pour aller chercher du travail en Angleterre ou en Allemagne. Le travail de la terre se meurt. Tel est le constat sans appel que nous dresse Marek Górscy. À contre-courant d’une époque où le costume et la cravate sont plus à la mode que les bottes et le sécateur, Marek décide de quitter la bureautique pour devenir vigneron en 2005.

 

« Aujourd’hui je ne regarde plus mon ordinateur au travail, je me lève et je contemple la nature ».

 

L’homme prend son temps et renoue avec ses racines. Ni collage, ni filtration, ni sulfite. Marek veut faire des vins "propres". Avec un hectare de vigne et une production de 6.500 bouteilles, il réussit tout juste à dégager un revenu. Qu’importe. Cette liberté n’a pas de prix.

 

La Pologne, un pays où le vin a un goût de victoire ICI 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 06:00

Tartine-de-pourri, qu’est-ce donc ?

 

Comme le sieur Dupont est mobilisé par son combat contre les prohibitionnistes masqués de Dry January j’ai demandé à Dubeu pi Débeu – Dupont et Dupond en arpitan bressan – d’enquêter sur le bresse pourri ou pourri bressan.

 

Tintin en arpitan bressan ICI 

 

 

Le bresse pourri ou pourri bressan est une préparation fromagère de la famille des « fromages forts » qui existent dans toutes les provinces. La recette est toujours la même : il s’agit de conserver les vieux morceaux de fromage qu’on ne peut plus consommer tels quels, les invendus ou encore ceux qui ont un défaut, en les faisant refermenter avec du caillé frais, de l’alcool et des aromates.

 

Par kelly bone 

 

Mais ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît d’où l’intervention de Dubeu pi Débeu.

 

Je vous livre leurs conclusions :

 

Tels qu’ils sont actuellement commercialisés, le fromage fort et le pourri sont deux préparations fromagères bien distinctes.

 

Les producteurs et les commerçants (crémiers et fromagers) insistent sur la différence qui paraît alors évidente. Les techniques de fabrication sont décrites comme bien différentes, ainsi que le résultat obtenu.

 

Le fromage fort, dont la recette comporte de multiples variantes, a l’aspect d’une crème épaisse, légèrement granuleuse, de couleur blanc cassé. Son odeur est un peu forte (certains commerçants conseillent aux clients novices d’entourer la barquette de fromage dans un film plastique et de l’enfermer dans une boîte hermétique). Ce produit est fabriqué par la plupart des crémiers de la région et certaines coopératives laitières.

 

Le pourri, formé de morceaux de caillé moins liés que dans le fromage fort, a une texture plus sèche et un aspect moins homogène. Sa couleur est elle aussi irrégulière ; elle varie du blanc cassé au jaune paille sur les morceaux les plus maturés, devenus légèrement gluants. Son goût bien différent est plutôt comparé par certains vendeurs à la cancoillotte.

 

Pourtant l’identification et la distinction entre ces deux productions fromagères ne sont pas toujours aussi évidentes. Le fromage fort est souvent indifféremment appelé pourri. A Saint-Etienne-du-Bois, nombre de personnes, surtout parmi les plus âgées mais pas uniquement, emploient spontanément le terme de pourri pour désigner ce que les commerçants appellent fromage fort : « ‘c’est la même chose. Fromage fort ou fromage pourri, c’est tout la même chose ’» expliquent-elles. Certaines ont le souvenir que leurs parents utilisaient l’un ou l’autre mais constatent un basculement en terme d’occurrence respective : « ‘ça se disait les deux. Ça se disait encore bien le fromage pourri. Mieux que maintenant. Alors que maintenant ça ne s’emploie plus trop le fromage pourri ’».

 

Les documents écrits confirment l’assimilation de ces deux termes : « ‘on l’accompagnait de tartines ou rôties de fromage fort (Note de l’auteur : fromage fermenté obtenu avec du fromage blanc, sec. Appelé encore fromage pourri.)’ »

 

La description qu’en fait Tortillet correspond à celle qui a été donnée pour le fromage fort : « ‘le fromage fort ou pourri est un mélange de fromage sec de vache et de fromage de gruyère que l’on râpe et qu’on fait fermenter en y ajoutant un levain. On y ajoute généralement un peu de vin blanc’ ». Quant à l’ouvrage C’était hier, plus récent, il relate le même rapprochement : « ‘le fromage frais de l’été était remplacé par du fromage fort (fromage pourri). Ce terme irrévérencieux s’applique à du fromage de chèvre sec râpé auquel on ajoutait du bouillon de poireau et du vin blanc sec. L’ensemble subissait une légère fermentation’ ». Quant aux fabrications, à Saint-Etienne-du-Bois, l’une ou l’autre était autrefois élaborée, en fonction des familles.

 

D’ailleurs la frontière entre les deux types de préparation fromagère, lorsqu’elles étaient de fabrication domestique, n’était probablement pas si nette.

 

Lorsque les particuliers élaboraient leur fromage fort uniquement avec des productions familiales, à savoir du fromage de chèvre ou du fromage de vache, sans l’apport de fromages du commerce (comté, bleu, etc.), le résultat était sans doute assez proche du pourri. Comme par ailleurs les recettes devaient diverger d’une maisonnée à une autre, il ne devait pas y avoir plus de différence entre le fromage fort et le pourri qu’entre les différents fromages forts propres à chaque famille.

 

En fait, il s’agit d’une catégorie alimentaire qui autorise une grande liberté dans la fabrication et qui permet de multiples variantes. Ce que retiennent les consommateurs, c’est le fait qu’il s’agisse d’un produit mis à maturer, à refermenter, d’où l’emploi du terme de pourri qui souligne, comme le signale Claude Lévi-Strauss dans son Triangle culinaire, une élaboration naturelle : « ‘c’est un fromage qu’on laisse pourrir, s’abîmer’ » ; « ‘on disait du fromage pourri parce qu’on le laissait fermenter. Donc, ça faisait un fromage pourri, ben c’était du fromage fort ’»; « ‘on le laissait fermenter quelques jours avant de le manger. On le laissait faire, disons. C’est pour ça qu’on y appelait le pourri !’ ».

 

Tous les Bressans insistent sur le temps nécessaire à sa transformation, c’est-à-dire sur l’action de la nature sur un produit de la culture. Mais ils soulignent également le fait que le temps n’arrivait jamais à bout de cet aliment ; celui-ci était intarissable puisque le pot de grès était indéfiniment rechargé : « ‘ils rajoutaient quand on faisait les poires, le marc, à l’automne, et puis après à mesure que le pot diminuait, on râpait des fromages de chèvre, on en remettait dedans. On remettait du bouillon de poireau, on le changeait un peu disons, on finissait jamais la préparation du début ’». En effet, la maîtresse de maison « ‘en faisait toujours, avant qu’il soit fini, il fallait toujours qu’il y ait un levain. Mais il fallait quelques jours pour qu’il se fasse quoi’ ». En raison de ce levain, on a véritablement affaire à l’image d’une production vivante dont la caractéristique principale est la fermentation.

 

Dans la région Rhône-Alpes, le fromage fort faisait l’objet d’un même arrangement. L’inventaire du patrimoine culinaire de la France reprend Le Littré de la Grand’Côte (1895), dans lequel il est cité « ‘une famille à Fleurieu-sur-Saône, où le fromage fort est conservé depuis 1744 ’». En somme, le fromage fort et le pourri représentaient une même catégorie classificatoire et ne correspondaient pas à deux productions clairement identifiables. Ils étaient assimilés à un aliment aux frontières complexes, mouvantes, instables. Il semble que ce soit leur commercialisation qui ait imposé une classification plus précise, instaurant une distinction claire entre fromage fort et fromage pourri (ou vieux).

 

Autrefois, en hiver, le fromage fort ou le pourri était présent sur toutes les tables bressanes et sa consommation était quasiment quotidienne en cette période. Elle a depuis considérablement diminué. En effet, non seulement ces préparations fromagères ne sont plus du tout consommées dans certaines familles, mais dans les autres, bien que restant très appréciées, elles ne représentent plus qu’une nourriture occasionnelle. Ces aliments, nourrissants et qui plus est se tartinent impérativement sur du pain, sont souvent évités pour des raisons diététiques : « ‘on en mange qu’une fois dans l’hiver, parce que ça fait manger beaucoup de pain. Ça fait grossir quoi !’ ».

 

D’après les forains, qui se rendent sur les divers marchés de la région, le fromage fort a plus de succès en Bresse burgienne, entre autres sur le marché de Bourg-en-Bresse, alors que le pourri est surtout apprécié dans le nord du département et plus encore en Bresse louhannaise, où il est d’ailleurs plus connu. A Bourg-en-Bresse, ce dernier est peu consommé.

 

Mais si la consommation de fromage fort en guise de fromage, à la fin du repas, s’est raréfiée, les occasions d’en manger se sont modifiées et diversifiées, entraînant une revitalisation de cet aliment. Autrefois, obtenu par la réutilisation des restes domestiques, il n’était pas digne d’être partagé avec des personnes extérieures à la famille et relevait exclusivement de l’alimentation domestique et intime. Il correspondait à un aliment peu coûteux qui nourrissait les membres de la famille. Depuis quelque temps, de nouvelles pratiques s’instaurent, faisant pénétrer cette denrée dans la catégorie des aliments publics. Actuellement, certains Bressans offrent à leurs invités du fromage fort sous la forme de tartines apéritives. Celles-ci sont servies grillées, avant le repas ce qui permet de proposer « un apéritif un peu copieux ». Notons que de toute évidence, la pratique même de l’apéritif est elle aussi relativement récente.

 

D’autres hôtes, plus innovants encore, organisent des « soirées fromage fort » : « ‘pendant l’hiver, avec les voisins, on fait une soirée. Au lieu de faire une soirée raclette, c’est une soirée fromage fort ’». Les tartines de fromage fort sont alors servies en guise de plat principal, éventuellement accompagnées d’une charcuterie et/ou d’une salade verte. Autrefois réservé à l’intimité, associée à un fromage de pauvreté, le fromage fort devient synonyme de convivialité et accède à l’espace public.

 

Si ce mode de consommation n’est pas pratiqué par l’ensemble de la population, il tend à se diffuser au sein de toutes les générations. Ce Stéphanois, septuagénaire, veuf, vante ici les avantages de ce plat : « ‘quand je reçois des amis, quand je reçois la famille, on mange le fromage fort, le soir. C’est aussi sympa, voyez-vous que de manger de la raclette ou autre chose. Et c’est très digeste. L’autre jour, j’en ai mangé, ben, ça passe comme une lettre à la boîte. Ça passe mieux qu’une, allons, qu’une fondue de gruyère. C’est plus digeste. Après on met une petite tranche de jambon, une salade et ça y est. Ça fait un repas. Et puis c’est facile à faire. Moi, quand je reçois, je fais ça’ ». Consommé selon un mode inspiré de la raclette, du Mont-d’Or et de la fondue, le fromage fort, servi ainsi, jouit de l’engouement actuel pour les fromages fondus. En effet, les repas constitués d’un tel plat accompagné éventuellement de charcuterie, de salade et/ou de pommes de terre sont particulièrement appréciés par les commensaux et répondent à des critères contemporains de consommation.

 

Ils sont perçus comme facilement et rapidement préparés (les savoir-faire, limités, sont accessibles à tous ; les charcuteries elles-mêmes ne nécessitent pas d’opération culinaire ; la salade, très peu, voire aucune si elle est achetée déjà lavée) et conviviaux dans la mesure où les hôtes ne sont pas seuls à gérer le déroulement du repas mais que les invités participent plus ou moins à la préparation (chacun dispose son fromage, pique son pain, pèle ses pommes de terre, se sert à volonté, etc.). Grâce à ce nouveau mode de consommation, le fromage fort est remis à l’honneur. Il s’inscrit dans une pratique moderne de consommation et n’est pas associé à un produit du passé. Contrairement à la commensalité autour de gaudes ou de dinno, nulle commémoration du produit n’est lisible au travers de ces « soirées fromage fort ». D’ailleurs, l’annonce du « fromage fort » aux côtés du « véritable ramequin du Bugey » et du « fromage à raclette » sur un chevalet devant une épicerie de Bourg-en-Bresse laisse entendre que ces trois produits relèvent de la même catégorie d’aliments : ceux que l’on partage entre amis, pour une soirée simple et chaleureuse !

 

Enfin, le fromage fort est présent à l’occasion de nombreuses manifestations collectives. Il est vendu, en tartines grillées, par les buvettes des associations lors des fêtes publiques et proposé lors des regroupements associatifs et sportifs (lors des concours de belote par exemple) : « ‘mon mari fait partie d’une association de basket. Quand ils font leur loto, ils servent dans l’après-midi des tartines de fromage fort. Des grosses tartines, là, avec du bon pain de campagne... On aime bien’ ».

 

Ces consommations, hors du repas proprement dit, modifient considérablement le statut du fromage fort. Aliment nourrissant, servi en fin de repas pour remplir les estomacs à moindre coût, il devient un extra, un supplément au repas, qui est obtenu, lors des fêtes, par l’achat. Son image se voit fortement revalorisée. Il faut par ailleurs noter que s’il était autrefois fabriqué dans les fermes, rares sont les personnes qui en font encore. Obtenu dans les commerces, il est donc devenu une production essentiellement artisanale, élaborée, non pour écouler des restes, mais pour son résultat. Acheté autour des sept euros le kg, il n’a plus, non plus, le même statut que la préparation fromagère qui était obtenue « gratuitement » par la réutilisation des restes domestiques.

 

Des productions aux frontières complexes : le fromage fort et le pourri sur le site theses.univ-lyon2.

jean yves peron les voisins orange

LES VOISINS ORANGE

Jean Yves Péron

Vin de France - Blanc de Macération - 2016

Quand un "grand" de la macération savoyarde s'amuse avec le Gewurztraminer, cela donne un flacon de génie ... Gros coup de coeur sur cette macération de 5 mois. Les amateurs-trices ne s'y tromperont pas, c'est GRAND !!

Petit Bout de Chou

 

Peut-on manger du pourri bressan enceinte ?

ICI

 

Logotipo del Maitre Fromager Androuet

 

FROMAGE FORT DU PETIT BUGEY - AU MÂCONNAIS

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Râpez les vieux fromages grossièrement épluchés. Broyez ou passez à la moulinette les fromages mi-secs. Passez au tamis le gruyère râpé. Rassemblez le tout dans une terrine. Versez le bouillon de poireaux tiède, le beurre fondu, le vin blanc et le petit verre d'eau-de-vie de marc. Assaisonnez. Malaxez le tout avec soin pour obtenir un mélange homogène. Reversez le tout dans un pot à salaison muni d'un couvercle. Bouchez hermétiquement. Rangez un mois au moins dans la partie de la cave la moins fraîche. Si, au bout de ce temps, la saveur est trop violente, ajustez en ajoutant un peu de fromage blanc pressé.

 

Excellent en tartines ou en rôties au four, nappées ou non de beurre.


(Recette communiquée par Marcel Chevallier, professeur d'enseignement technique à Chambéry.)

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 06:00

 

  1. 名詞. 男性
  2.  名詞. 葡萄酒、ワイン。

 

Le 22 janvier 2009

3 verres pour réveiller le passé, les japonais sont fous des grands Bourgognes et de JY Bizot

 

Le Tome 5 des Gouttes de Dieu est arrivé.

 

Je vous en offre un petit aperçu sous la forme d'une histoire  dont le pitch est le suivant : son nom est Kaori Mizusawa et cela fait bientôt 8 ans qu’elle s’est réveillée sur un lit d’hôpital avec pour seul souvenir celui d’une bouteille de vin. Souvenir qu’elle a exprimé sous la forme d’un tableau dans lequel le héros Shizuku reconnaît la quête de son père décédé : « la description du premier apôtre » alors il déclare à la jeune femme « vous allez me trouver égoïste. Mais je dois absolument connaître ce vin prisonnier de vos souvenirs… » Le mari s’interpose, sa femme a retrouvé la sérénité, elle n’a nul besoin de se souvenir du passé. Shizuku insiste et madame Mizusawa passe outre aux réticences de son mari.

 

Déclaration de Shizuku : « mais ce tableau qu’elle aime… C’est sans doute un vin qu’elle aimait dans un passé heureux… De toute façon, heureux ou pas… Pour un humain, le passé est la terre où l’on s’enracine, et permet de vivre au présent. Même bénie du « ciel » et « aimée » des hommes… Une vie, si elle ne s’enracine pas dans « la terre » ne sera jamais fructueuse. C’est comme un vin fabuleux qui ne peut naître qu’une fois… Que le ciel, la terre et les hommes sont tous rassemblés. »

 

La suite ICI

 

Salvador Dali se disait fou du chocolat Lanvin, les japonais sont fous du vin, français bien sûr, bourguignons toujours ! JY Bizot bien sûr !

 

 

Et puis  le 4 janvier 2020 dans Le Monde Philippe Mesmer écrit :

 

Le Japon, étoile montante des vins du nouveau monde

Les Japonais consomment 2,94 litres de vin par personne et par an, contre 0,3 litre dans les années 1980. La production locale a atteint 15,8 millions de litres en 2017, soit 4,8 % du marché.

 

Un vignoble à Kai (Yamanashi ), au Japon, en mars 2013.

Un vignoble à Kai (Yamanashi ), au Japon, en mars 2013. TOSHIFUMI KITAMURA / AFP

 

Bio et terroir.

 

Ces concepts gagnent la modeste, mais de plus en plus populaire, viticulture japonaise, désormais considérée comme une actrice sérieuse de l’univers des vins du nouveau monde.

 

[…]

 

La production viticole japonaise n’est pas nouvelle. Artisans passés par les universités françaises d’œnologie ou grands groupes comme Mercian la développent depuis les années 1960 dans les départements de Nagano, Yamagata ou Yamanashi, célèbre pour son raisin « Koshu ».

 

Aujourd’hui, les Japonais consomment 2,94 litres par personne et par an, contre 0,3 litre dans les années 1980. La production locale a atteint 15,8 millions de litres en 2017, 4,8 % d’un marché toujours dominé par les importations chiliennes, américaines ou françaises.

 

La nouveauté est l’accent mis sur la valeur et non plus sur les volumes, avec un réel soutien des autorités. Pour obtenir l’appellation « vin japonais », il fallait utiliser 5 % de raisin produit localement. Depuis 2018, il faut en utiliser 100 %

 

Le vin apparaît sur l'archipel il y a près de 150 ans sous l'ère Meiji

 

En 1870, c’est la période où le Japon sort de son isolement et s'ouvre à l'Occident. Selon certains connaisseurs, le tout premier chai du pays voit le jour à Katsunuma, dans la préfecture de Yamanashi, non loin du Fuji-san.

 

C'est là que va pousser le fameux Kôshû, ce cépage qui permet de produire un vin blanc 100% japonais. Il a pour la première fois été cultivé il y a mille ans dans le Caucase, en Asie Mineure, avant de voyager jusqu'en Chine à la faveur de la Route de la Soie. C'est de Chine qu'il a été importé au Japon, pour ses vertus médicinales.

 

« 2018 fut l’occasion de commémorer le 150e anniversaire de la restauration de Meiji. Une ère qui débute en 1868 et qui marque l’ouverture du Japon vers l’extérieur. Mais pas que ! Le prince Mutsuhito, futur Empereur Meiji, arrive au pouvoir la même année. Entre ouverture et modernité, le Japon s’engage alors dans une nouvelle ère, porté par un jeune Empereur connu pour son amour de la culture occidentale… et surtout du vin français !

 

Grand Cru de Bourgogne au Parc Yoyogi

Tonneaux de saké à l'entrée du parc

 

C’est cette passion qui explique la présence de l’offrande so frenchy des tonneaux de grands crus de Bourgogne que l’on peut voir au parc Yoyogi, à l’entrée du sanctuaire Meiji-Jingu à Tokyo. Ces tonneaux de vins légués par de généreux donateurs à l’occasion des 150 ans des relations franco-japonaises commémorées en 2008 font face aux tonneaux de saké traditionnellement offerts dans les sanctuaires shintoïstes. »

 

Le Canon Primeur NV Le Grande Colline Ardèche , mousseux , naturel , 750ML Muscat de Hambourg

 

Le Canon Primeur NV Le Grande Colline Ardèche , mousseux , naturel ,  Muscat de Hambourg

« Je fais du vin que j’aime » Hirotake OOKA, vigneron

 

« Détenteur du domaine La Grande Colline au cœur du pays ardéchois, le japonais Hirotake OOKA, chantre du vin bio depuis plus de 10 ans avait choisi de venir faire du vin en France pour des raisons évidentes : «  J’ai hésité au départ entre la Californie et Bordeaux ne parlant pas le français, mais je me suis dit que les américains ont appris à faire du vin avec des français. Voilà pourquoi j’ai fini par choisir la France ». Ce vigneron qui a appris aux cotés de Thierry Allemand, vinifie des vins nature avec passion et détermination.

 

Il a néanmoins choisi de retourner au Japon il y a de cela un an où il a créé un domaine à Okayama, dans la région de Chugoku connue pour son raisin muscat. Il y produit du vin blanc sec, du pétillant naturel et du vin rouge sur les parcelles qu’il a acquises en 2017 et en 2018. Du vin également bio, s’il vous plaît !

 

Le Japon, le pays des vins biologiques

 

Au 27e rang mondial des producteurs de vin avec une proportion de 65% de blanc et 35% de vin rouge, le cépage emblématique du Japon est le Koshu, historiquement importé de Chine, qu’on retrouve dans la préfecture de Yamanashi, célèbre pour sa production viticole. Il est le cépage japonais le plus connu des amateurs de vin à travers le monde. Traditionnellement consommé comme raisin de table, il donne un vin blanc sec, plutôt fruité,  avec des arômes de pamplemousse, de pomme et de citron. Il ne va pas sans rappeler le sauvignon blanc du type vin du sud-ouest. Il donne des vins qui se boivent plutôt jeune (2 – 3 ans). L’un des domaines les plus emblématiques au cœur de la région de Koshu est la maison Grace Wine créée en 1923 et actuellement dirigée par Ayana MISAWA. Elle exporte ses très jolis vins blancs dans plus de 20 pays, incluant la France.

 

Pour Hirotake OOKA : « il y a beaucoup de vignerons japonais qui travaillent très bien malgré les conditions climatiques qui sont bien moins favorables qu’en France ». Il est vrai qu’en dehors du climat peu favorable, le Japon s’illustre dans la production de vins bio dont les consommateurs sont très friands.  Un constat qui enthousiasme Hirotake OOKA : « Je souhaite qu’il y ait davantage de cépages locaux plus résistants à la maladie pour généraliser la production de vin bio. ».

 

LE BLANC DU MONT FUJI

 

LE KÔSHÛ, UN VIN EXQUIS

 

Vigne au Japon

Vin Koshu

 

Ce cépage s'épanouit dans cette zone montagneuse et le Fuji-san veille au grain. Il profite d'un bon ensoleillement tout au long de l'année. La vendange commence généralement au mois d'octobre voire début novembre.

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air, nature et eau

 

Le vin blanc produit, aux arômes d'agrumes avec une pointe d'acidité, est délicat et très subtil en bouche. Il se marie très bien avec la cuisine japonaise comme les sushi, les tempura, le shabushabu ou encore les yakitori.

 

« Les vins japonais sont peu connus en France  et c’est en partie parce qu’il n’y pas de cahier des charges, pas de discours établi ou de législation rigoureuse en la matière. La majorité des moûts de raisins arrivent d’Amérique du sud et 80 % de la production est faite à partir de ces raisins d’importation. Il est donc important de bien distinguer les “vrais vins japonais’’  des “vins fermentés  au Japon’’ au moment de faire votre choix. »

 

Romain Simon chef sommelier du restaurant étoilé La Table de l’hôtel Clarance  à Lille ICI  

 

Kanpai !

 

Vignoble au coeur du Japon

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