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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:09

Au temps héroïques de mon espace de liberté, à mes débuts de dégustateur-imposteur, le salon des vins de Montreuil, organisé par les bouffons bio, fut pour moi initiatique. Novice, un peu gauche, verre à la main, aborder les tables des exposants, tout aussi intimidés que moi, relevait de l’attaque à mains nues du Cervin par la face Nord. Que dire, que faire, je n’étais pas un acheteur potentiel mais rien qu’un petit blogueur inconnu. Alors j’ai choisi de me porter vers celles et ceux qui, j’ose l’écrire, dégageaient des ondes favorables. Oui je l’avoue j’ai d’abord aimé les vigneronnes et les vignerons avant d’apprécier leurs vins. C’est ainsi la vie, les rencontres sont à l’image de ceux qui les font, le courant passe ou non, la sympathie ne se commande pas, elle est là de suite, et, croyez-moi, les vins sont très souvent à l’image de ceux qui les font.


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Isabelle et Bruno Perraud je ne daterai pas au carbone 14 notre première rencontre à Montreuil car, avec le temps qui passe, votre Taulier à la mémoire qui flanche. Pour autant il ne perd pas les pédales, même s’il lui arrive d’être parfois déjanté, et il revient toujours à ses premières amours. En l’occurrence, dans le cas présent, c’est Isabelle qui a répondu avec enthousiasme à ma sollicitation de venir présenter le domaine des Côtes de Molière sur mon espace de liberté

 

Avant de lui laisser la plume je mets comme elle en exergue la belle citation de Goethe : « La matière n'est rien, ce qui compte, c'est le geste qui la faite » qui est sur le site du Domaine.


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C'est lorsqu’on commence à nous demander des conseils que nous nous rendons  compte que nous ne sommes plus tout à fait si jeunes et que cela fait quelques années que nous traînons nos galoches dans les vignes!


Pourtant, nous n’avons pas l'impression que ça fait si longtemps parce qu'on apprend tous les jours et que jamais on ne se trouve tout à fait au point.


Bref, Bruno s'est installé en 1987, il avait 22 ans...et moi je l'ai rejoint en 1989, j'en avais juste 20...


Il avait étudié la viticulture et l'œnologie dans la région puis à Bordeaux! Et moi j'étais à la fac où j'étudiais les lettres et les langues...


Nous avons agrandi, petit à petit, notre tout petit domaine d'1 hectare 1/2 et aujourd'hui nous travaillons aujourd'hui sur 8 hectares 1/2 de Gamay et de Chardonnay.


La culture bio est arrivé en 1999, brutalement, par évidence, par ras le bol et par peur de la chimie.


Depuis, nous travaillons et sommes certifiés en culture biologique. Je défends avec ferveur la certification car elle est, pour moi, un engagement sincère du vigneron.


À la cave, nous n'utilisons pas d'intrants, comme le soufre, le sucre, et toute autre chose (la liste pourrait être longue!).


Nous avons la volonté de faire les vins que nous aimons. Et sommes heureux quand les autres les apprécient aussi!

 

Les rendements sont petits sur le Domaine, peut-être parce que nous ne sommes pas encore assez malins pour produire beaucoup plus de raisins dans nos vignes escarpées de Vauxrenard. Mais nous restons persuadés que nos raisins peu nombreux sont responsables de la qualité de nos vins.

 

Nous aimons nos vignes pleine d'herbe, et pleine de vie, même si cela représente un gros travail.

 

Nous élaborons différentes cuvées en rouge: le Brut de Cuve en nouveau, le Poquelin, le Moulin à vent, l'Epreuve et le Côte de la Molière, et différentes cuvées en blanc: Mon Blanc des Molières mais aussi une mini micro cuvée folle de Sauvignon élevé en fût de bière inox.

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Nous ne sommes pas des originaux, juste des vignerons qui voulons aller au bout du bout...

 

Isabelle Perraud

Domaine des Côtes de la Molière

Vins Vivants certifiés Bio

69820 Vauxrenard

Tel/fax: 04 74 69 92 32

http://cotes-de-la-moliere.com   

http://cotedelamoliere.blogspot.fr

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Feuilly 27/07/2012 11:52


 "La matière n'est rien, ce qui compte, c'est le geste qui la faite". Peut-être faudrait-il rendre justice à Goethe en rétablissant la coquille dont on a
enlevé le "q" : "La matière n'est rien, ce qui compte, c'est le geste qui l'a faite". Litres et ratures en quelque sorte...

Isabelle 16/07/2012 13:55


Pour répondre à vos questions sur le mildiou et la qualité de la vendange, je peux vous dire qu'ici, à la Molière, nous avons forcément perdu des grappes à cause du mildiou. ceci ne nuira pas à
la qualité de la vendange. Quand les grappes sont attaqués, elles sèches et c'est fini pour elles... Quand aux feuillage, nous l'avons bien préservé jusque là en favorisant des passages fréquents
avec des doses faibles de cuivre et de soufre. Vauxrenard est assez bien ventilé, en altitude et peut être sommes nous moins exposés au mildiou féroce de certains autres coins. Mais nous sommes
vigilants et ne relâchons pas notre attention. Nous intervenons en préventif, donc avant les pluies...


On se rend compte aussi que des vignes en bio depuis plus de 13 ans se défendent beaucoup mieux que des vignes en bio depuis 3 ou 4 ans... Il faut laisser le temps au temps!


C'est dans les millésimes un peu compliqué qu'on remarque le talent des grands vignerons! Affaire à suivre donc !!! ;)

Jean Bourjade 16/07/2012 11:20


Bravo à ces vignerons courageux qui démontrent que le Beaujolais est une région d'artisants vignerons : petites exploitations, vendanges manuelles et peu de mécanisation, petits rendements
en bio mais aussi en viticulture "traditionnelle". C'est aussi une région d'accueil et sans doute la plus belle région viticole de France qui ressemble à la Toscane : collines
escarpées, petits villages en pierres dorées, ...

Marielle 16/07/2012 09:56


Mais quand le mildiou est déjà descendu sur grappes? En Touraine la météo calamiteuse a fait que vignes vigoureuses ou pas, 11 à 12 passages dans les vignes n'ont pas empêché les attaques de
mildiou. Alors quelle sera la qualité du vin dans ces conditinos?

Michel Smith 16/07/2012 08:51


On a vu des vins magnifiques se faire dans des millésimes dits catastrophiques grâce à un mois d'août et de septembre ensoleillés. On a même vu de grands vins se décider grâce à un bel été
indien. Donc pas de panique pour les bios dont les rendements sont de toute façon bien moindres que les conventionnels. Moins affaiblie par les médicaments, renforcée par la biodynamie, la vigne
bio bien menée offre plus de résistance face à l'adversité. En outre, plus soigneux, les traitements bios sont souvent mieux ciblés et plus efficaces que les autres.


Jacques, tu as raison de bien regarder le vigneron... Mais le vin reste un mystère : je connais des filles ou des gars sympas comme tout dont le vin ne me transporte pas !

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute liberté pour l'Extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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