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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 00:09

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Confidences sur l’assiette chez Guy Savoy avec un verre garni d’un séduisant Lynch Bages 1980 entre, si je puis m’exprimer ainsi, « une revue bourgeoise, repue et bien élevée sous tous les rapports… » dotée d’abonnés genres toubibs ou notaires, qui lisaient « des articles sur les restaurants étoilés, les grands crus et les belles voitures et un mec, « gastronome approximatif qui qualifie la Vendée, dont sa femme est originaire, de « contrée sous-développée sur le plan culinaire. Ce qui est la stricte vérité.


Traduit en chair et en os c’est Elisabeth de Meurville qui en 1984, alors qu’elle publiait, dans Cuisines et Vins de France, une série d’interviews de célébrités : Michel Polac, Jack Lang, Claude Brasseur, Bernard Pivot, grâce à l’entremise du dessinateur Claude Serre, organise un déjeuner en tête à tête avec Pierre Desproges.


« À l’heure du petit café, à peine notée la recette du « pâté de sardines à la desprogienne », la journaliste que j’étais, surnageant péniblement dans le machisme ambiant qui régnait alors sur la table et à la cave plus encore qu’ailleurs, ne pouvait laisser partir cet homme qui préférait les fourneaux à l’établi et parlait de sa gourmandise avec tant de plaisir et de simplicité. Je lui proposai donc d’écrire une chronique pour notre mensuel. »


-         Pas le temps, trop de boulot…


Déception ! Mais la nuit portant souvent conseil, la pugnace Elisabeth de Meurville revient le lendemain à la charge et mets un marché en mains au Desproges :


-         Si vous acceptez cette rubrique, je vous paye en liquide… rouge ou blanc !

 

« Éclat de rire : c’était gagné ! »


L’aventure à durée à peine 1 an ça donne « Encore des nouilles »


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À consommer sans modération avec les illustrations des gus d’Hara-Kiri ... Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski.


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Pierre Desproges ne mettait jamais d’eau dans son vin


« Comme il aimait le proclamer, «pour être gugusse, on n’en est pas moins bon vivant.» Et du goût, notre homme en avait, contrairement à d’autres : «le goût fait généralement défaut chez les masses populaires où l’on n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de topinambours.» Ah les cuistres (de grenouilles). 

«C’est très important de bien manger. Personnellement, je me suis toujours méfié des gens qui n’aimaient pas les plaisirs de la table, expliquait-il avant d’ajouter que le manque de curiosité gastronomique et de jovialité culinaire va très souvent de pair, et pas seulement de fesses, avec un caractère grincheux, pète-sec et hargneux. » link

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 00:09

Non, non, non je n’ai pas fumé la moquette, ni copié une raffarinade pour vanner Jean-Vincent Placé qui n’apprécie qu’à moitié  celle de Nicolas Cantelouplink bien au contraire je suis ce matin d’un sérieux inhabituel en abordant l’histoire de très anciens locataires de nos terres, les vers de terre, communément dénommés en Vendée : les achées (selon Marcel Lachiver appâts pour pêcheur à la ligne).


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Mon intérêt pour les achées est ancien : voir ma chronique du vendredi 20 février 2009 « Allez les vers ou la saga des « gueules noires » de nos beaux terroirs viticoles » * link


L’ami des lombriciens est l’autodidacte Marcel Bouché. « J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »


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Actes Sud vient de publier un superbe livre de Marcel B. Bouché « Des vers de terre et des hommes » Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l’énergie solaire.


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Dans sa préface, Patrick Lavelle, Pr à l’Université Pierre-et-Marie Curie (Paris-VI) pose la question essentielle : « Quelle est la vraie nature du ver de terre ? »


-         « Est-il ce héros, encensé par Aristote, Gilbert White et Darwin, qui a permis le développement de nos civilisations en construisant les sols fertiles sur lesquels elles s’appuient ?


-         Ou ce misérable animal auquel la Bible compare parfois l’homme lorsqu’il se vautre un peu trop dans ses turpitudes, et que les poètes décrivent amoureux benêt d’une étoile ?


-         Est-il cet acteur insignifiant de la vie de nos sols que les scientifiques modernes, qui ont pourtant entendu parler de Darwin, peuvent sans remords persister à ignorer dans leurs modèles de sol de « dernière génération » ? »


En quelques 300 pages « reprenant le fil admiratif des observations des glorieux anciens, Marcel Bouché s’est fait l’ami du ver de terre et nous raconte avec simplicité, précision et admiration les mille et une prouesses et inventions de cet animal, pas si misérable que cela. »


Sauve qui peut !


« Beaucoup d’autres anecdotes montrent une aptitude sophistiquée des lombriciens à échapper à des conditions climatiques critiques. Telle celle des vers de terre du Marais poitevin qui, pour se soustraire à l’ennoiement des sols lors des crues recouvrant ce marais, montent sur des arbres (des saules têtards) avec une multitude d’autres animaux, y compris leurs prédateurs (carabes, musaraignes et lézards). Telle celle des lombriciens de la vallée de l’Orénoque au Venezuela, qui se perchent également dans les arbres durant la crue du fleuve, puis se laissent tomber des arbres comme une pluie pour réincorporer le sol après l’inondation » (observation de Pierre  Aupetit et de Patrick Lavelle).


On comprend mieux l’expression en vogue à Matignon et chez Ségolène après le retrait de Cécile Duflot du gouvernement « Il pleut des Verts ! »

 

Je plaisante c’est dans ma nature mais je ne ponds pas des titres à la con* pour le seul plaisir de vous appâter. Marcel Bouché note en effet que « Les lombriciens, en creusant des galeries, évacuent une partie de leurs déjections sur le sol. À la manière des mineurs exploitants le charbon, leurs galeries nécessitent un exutoire : un terril »


Enfin, le ver de terre est aussi, à sa manière un gourmet « Les lombriciens ont, autant  que l’on sache, une perception du monde qui les entoure et une intelligence très sophistiquée de celui-ci. Darwin avait déjà noté que, avant d’enfouir leur nourriture, ces animaux choisissaient lors de la manducation (prise avec la bouche) les débris végétaux potentiellement ingérables (exclusions des débris trop gros pour être ingérés) et apparemment selon leur goût. Depuis, des essais de laboratoire ont confirmé ce choix gustatif. »

 

Un livre indispensable auquel je me réfèrerai au fur et à mesure de ma lecture...

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 00:09

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Mon titre se justifie par les efforts que j’ai dû déployer pour me procurer le roman de mon cher confrère vétérinaire le breton, nul n’est parfait, Loïc Gouello.

 

Après avoir écumé les librairies d’Ajaccio, où l’on m’expliquait gentiment ce que signifiaient les pozzines en langue corse  « Les pozzines sont des pelouses épaisses, qui ressemblent à s’y méprendre à de la mousse. Leur nom vient de « pozzi » qui signifie « puit » en Corse. Elles sont en fait traversées par des ruisseaux qui les gorgent d’eau, au point que des trous d’eau finissent par se former. Au final, on a l’illusion de voir des morceaux de pelouse flotter sur une étendue d’eau. Magnifique. Elles sont bien sûr protégées par le Parc Naturel de Corse. »link


Mon antériorité corse, Loïc est un jeunot, fait que les pozzines j’en ai vu du ciel en hélicoptère et du sol « Bastelica et ses pozzines, plateau d’Ese »link


Bref, bredouille j’ai tenté la FNAC par Internet : 20 jours pour la livraison. Alors, la mort dans l’âme j’ai réactivité mon compte Amazon et j’ai été livré le lendemain de ma commande.


Comme je suis mauvaise langue, j’adore chambrer mes collègues fonctionnaires en leur disant que s’ils sont bons pour la production mais que la vente n’est pas gravée dans leur ADN, ainsi le Georges Morin qui produit un excellent Cognac et qui dort dessus.


Loïc Gouello je l’aime bien car, tout vétérinaire qu’il est déborde du moule et avec lui il est agréable d’aborder des questions qui dépassent l’habituel ronron de l’institution.


La pincée de sel et la pommade étant passées venons-en au roman !


Ça part chaud bouillant à Campo del Oro (je suis rétro) le héros est attendu par « une superbe blonde, lunettes noires, talons hauts, un petit sac à  main rouge de chez Dior… » qui l’embarque  dans une Aston-Martin décapotable « crissement de pneus, vrombissement du huit cylindres… » suivie par une Audi A4 noire avec 2 affiliés à la MSA (note personnelle) bien rembourrés, ça plairait beaucoup à Norbert le Forestier grand adorateur de 0007.


Moi lorsque j’arrivais sur le tarmac de l’aéroport d’Ajaccio c’était les gars du GIGN qui m’attendaient et nous allions jusqu’à la Préfecture dans une bagnole pourrie des RG…


Ça comme brûlant et ça finit, disons juste avant le dénouement, très hot dans le refuge des pozzines de Bastelica « … et descendis doucement la main vers sa culotte échancrée. Mes doigts s’aventurèrent sous la soie, vers ce territoire magique. Elisa vibrait de tout son corps et gémissait de félicité. Quand mon majeur caressa son clitoris et ses grandes lèvres ruisselantes, elle hurla, se cabra, et m’embrassa avec encore plus de vigueur. »


Même si ça n’entre pas dans le plan-type des rapports du CGAER y’a pas photo, des missions en Corse comme celle-là je parie sans risque de perdre ma mise qu’il y aurait un paquet de candidats de tous les corps du Ministère pour se la faire. Ça se bousculerait à la porte du refuge des pozzines de Bastelica. Je trouve que ça manque à mon expérience corse mais on ne peut pas tout avoir.


Mais revenons à la trame  du roman de notre ami Gouëllo, fort de ses 8 années passées sur l’île de Beauté. C’est bien ficelé, y’a même chez Yann l’un des héros du Gouëllo que ne désavouerait pas Berthomeau. « Notre action peut-être au début française, mais pour être efficace doit ensuite contaminer l’Europe et le Monde. Premier exemple pour lancer le débat : est-il normal que les légumes en conserve, petit pois, haricots, cornichons traversent la planète sous forme congelée, soient l’objet de spéculations dans des bourses mondiales et vous soient servies sous des marques française à votre insu ? Exigeons la provenance des matières premières et ensuite chacun se déterminera. »


Comme vous le savez je  ne consomme que des cornichons bas-bourguignons 100% bio linkce discours me va droit au cœur.


Mais je m’égare. La Corse, celle pour laquelle les pinsuttu n’entravent que dalle ! Bien sûr y’a « Pasquale (qui) dû ralentir pour laisser trottiner une laie, toute de noire vêtue. J’aperçus ses marcassins dans les phares de notre Toyota… »


Note du taulier : en Corse 3 types de voitures les grosses allemandes dont la Porsche Cayenne en vedette, la guimbarde pourrie rafistolée qui roule à donf en vous collant au cul dans les virages et le pick-up Toyota pour chasseurs et autres activités nocturnes qui dotent la Corse des seuls panneaux de signalisation en braille existant  de par le vaste monde.


« Quelques « milliers » de virages plus loin, un bovin errant fantomatique surgit du maquis à droite de ma portière, obligeant Pasquale à faire une brusque embardée pour l’éviter en frôlant le vide. »


Portait-elle la boucle d’oreille règlementaire pour toucher la prime ? Je ne sais…


Ce que je sais c’est que notre Loïc a bien traduit la société de paradoxes qu’est la Corse « qui assume ses contrastes, ses contradictions, avec ses codes sociaux particuliers, fondés sur le respect de la tradition, des anciens, l’honneur du clan. Les individus s’effacent s’ils ne sont pas chefs. En effet, à l’instar des sociétés préhistoriques c’est le rapport de force qui régit les relations. Dans la vie de tous les jours, on utilise l’intimidation, la menace, voire l’usage de la force physique. »


« Cette « raison du plus fort » a des conséquences sur toute la société corse. (…) Elle entraîne une dynamique de « non-développement », de rejet du progrès économique ou social. Elle produit de l’immobilisme en interdisant toute méritocratie. Je m’explique : les clans se sont répartis les territoires économiques, tels les BTP, routes, commerces, paillottes… Dans une région géographique le clan maîtrise l’activité et interdit  toute concurrence. Pas d’innovation, pas d’apports extérieurs, pas de volonté de s’agrandir, de rivaliser avec le voisin. Pas d’emploi dans le secteur hors du clan. Le marché local captif insulaire essentiellement touristique ainsi  que les emplois publics sont suffisants pour faire tourner toute l’économie locale, à condition de ne pas accroître le nombre de bénéficiaires sur la gâteau. Pas question de voir évoluer la Corse comme la Sardaigne ! »


Quand j’y pense la Corse possède 4 clubs de foot pro pour 306 000 habitants, deux à Ajaccio l’ACA et le GFCA et deux à Bastia le SCB et le CAB.


Lorsqu’Elisa, qui est d’origine bretonne, se désole « je ne réussis pas à faire passer deux qualités indispensables pour moi, que mes parents m’ont laissées en héritage : la curiosité et le sens de la fête. » elle parle d’or.


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Je n’en dirai pas plus et surtout je ne parlerai pas « ni du mille feuilles au brocciu et légumes confits au basilic, ni de la selle d’agneau aux parfums du maquis et sa blanquette de févettes à la pancetta, ni de la fiadone au cédrat, ni du sorbet clémentine » servis à  la Villa Corse du boulevard de Grenelle et encore moins du « Saparale blanc servi en entrée et du comte de Peraldi rouge, cuvée du cardinal pour finir. » car ce sont là des vins de la Corse du Sud alors que mon cœur est au Nord du côté de Patrimonio chez mon ami Antoine Arena et de Murielle Giudicelli entre autres.


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Lu et apprécié, ça se lit d’un trait, la fin est un peu elliptique mais compréhensible, les femmes toujours les femmes… Notre ami Loïc aime manifestement « Les jambes des femmes qui sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et pour moi c’est un gage supplémentaire de l’estime et de la  sympathie que je lui porte.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 00:09

Qui ça ?


Ne me le demandez pas je ne cracherai pas ma Valda !


Vous le savez je suis un drôle de paroissien qui a dépassé la date de péremption et n’a pas travaillé dans une usine à buvard… Je concède de discrètes poignées d’amour ce qui ne m’autorise pas à m’extasier sur ses roberts.

 

Comme je n’ai pas le talent de Lucchini mais que je ne manque pas d’air je peux me targuer de ne pas être du bois dont on fait les flûtes mais de charrier dans les bégonias sans me pignoler à 4 mains préférant avoir le cœur à la cuisine.


Bref, avec ma bite et mon couteau j’adore m’exclamer peau de balle et balai de crin  et que le diable la patafiole !


Enfin comme je n’ai pas été baptisé à l’eau de morue je puis, toute honte bue, trouver belle la saillie des Marseillais avoir un cul comme la porte d’Aix et de me souvenir d’une expression de ma jeunesse avoir un polichinelle dans le tiroir.


Je pourrais continuer mais toutes ces expressions je les ai puisées dans un petit livre vert « Expressions qui tuent » Dominique Foufelle au Chêne offert par une belle bien gaulée qui ne s’habille pas comme un arbre de Noël…


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J’adore !


Pour le Polichinelle qui « est une marionnette bavarde. Venue de Naples, elle y portait le nom de Pulcinella, du latin pullicenus, qui a donné poussin. D’où l’analogie avec un petit être en formation. Cependant,  l’expression avoir un polichinelle dans le tiroir (ou sous le tablier) insinue que la grossesse a devancé le passage devant M. le maire, autrement dit, que les amoureux ont fait Pâques avant les Rameaux (les rameaux se célébrant le dimanche avant Pâques).


Pour le bois dont on fait les flûtes « On disait au XVIIe siècle il est du bois dont on fait les vielles pour désigner un homme complaisant, par allusion au bois tendre choisi pour la fabrication des instruments de musique. La modification en  du bois dont on fait les flûtes apparut dans les colonnes du journal satirique Charivari en 1833, sous la Monarchie de Juillet. La formule visait un député chantant avec application les louanges du roi Louis-Philippe, un certain André Dubois. Le jeu de mots saute aux yeux. Mais pourquoi les flûtes plutôt que les vielles ? Peut-être parce que jouer ou s tirer des flûtes signifiait « s’enfuir », réaction qui ne dénote pas un grand courage.


Quand à charrier dans les bégonias, j’ai toujours eu un faible pour les bégonias « introduits en France au XVIIe siècle grâce à l’intendant de la Marine de Rochefort Michel Bégon, ils connurent un succès immédiat comme fleurs de massifs. Avant de pousser mémé dans les orties, on la poussait dans les bégonias – autre métaphore pour exagérer. »


Enfin, pour la fine bouche avoir le cœur à la cuisine « autrement dit être gourmand des plaisirs de la chair. Car le cœur représente traditionnellement le siège des émotions. »


Pour les bois sans soif :


-         Avoir travaillé dans une usine à buvard « buvard nom qui appartient à la famille du verbe « boire ». Le papier buvard présente en effet la particularité d’absorber le liquide… »


-         baptisé à l’eau de morue « décrit un individu affligé d’une soif permanente, comme s’il avait été  plongé dans de l’eau salée lors de son baptême. »


Pour les autres expressions faites-vous offrir le petit livre par une belle belle bien gaulée qui ne s’habille pas comme un arbre de Noël… C’est très agréable croyez-moi ! Que du bonheur !


* Être bien gaulée : en dépit de sa référence grivoise « l’expression évoque une silhouette harmonieuse »

 

* S’habiller comme un arbre de Noël : s’habiller « de façon clinquante, voyante et surtout en désaccord avec les circonstances. » donc tout le contraire de la belle ici mentionnée.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 00:09

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Nos grands dégustateurs décernent pour certaines cuvées des coups de cœurs à tour larigot.


Ce matin je donne avec un grand et réel plaisir un grand coup de chapeau à Isabelle Perraud du domaine des Côtes de la Molière pour sa cuvée spéciale de beaujolais nouveau pour le jeune Téo.


Isabelle je la connais un peu et, sans jouer les petits arpenteurs, je puis vous assurer qu’elle a un très grand cœur. Ses emballements sont à la hauteur des causes qu’elle défend.


Celle d’aujourd’hui, Isabelle la conte bien mieux que moi ICI link


C’est simple comme un geste simple :


« Alors pour aider Téo et sa maman à mettre du beurre dans les épinards ou à réaliser un projet qui tient à cœur à Téo, on va faire une cuvée spéciale de beaujolais nouveau, limitée à 600 bouteilles.


C'est Téo qui est en train de confectionner l'étiquette.


Bruno a été mis à contribution pour nous faire une cuvée qui explose !


Cette cuvée sera issue d'une parcelle de Vauxrenard, aux Bourrons, à la Grand'Terre (nous la vendangerons autour du 23 septembre)


1 euro par bouteille sera reversé à Téo et Isabelle.


Cette cuvée sera en vente très bientôt sur le site.


Sur réservation.


Et j'espère sincèrement que mon projet sera un peu le vôtre.


A suivre de très près alors ! »


Merci à Bruno et à Isabelle de ce rayon de soleil glissé dans un monde de brutes.


Ça n’arrive pas qu’aux autres : ces enfants frappés dans leur chair restent des enfants, lisez donc ceci  ICI link


« C'est à l'étage, au neuvième. Par la porte bleue. Ils y entrent à leur rythme : le pas lent accroché au déambulatoire. Sur un fauteuil poussé par des mains familières et nerveuses. En sautillant. A reculons aussi. Ils ne viennent pas seuls. La perfusion est dans la chair, la nausée au bord des lèvres, la cicatrice gratte au thorax. Le regard de papa et maman fait peur à voir. La porte bleue est grande ouverte. C'est presque un détail. Ils n'ont pas perdu les clefs de la curiosité. »

 

Ce texte est beau, d'une beauté sans concession, loin de cette émotion frelatée qu'on nous sert trop souvent dans les étranges lucarnes devenues des miroirs où chacun se contemple à satiété ; parce que ces enfants, dans leur extrême malheur, n'ont pas perdu les clefs de la curiosité.

 

Et nous ?


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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 00:09

Cet été il fut des jours dans un Paris bien gris, sous un ciel qui changeait d’avis comme certains de chemises, il me prenait envie de remettre mes pas dans mes propres pas, revenir en des lieux où j’ai aimé flâner, prendre un café, bouquiner, faire quelques emplettes, repartir avec une petite chronique en tête, la coucher puis retourner à mes occupations.

 

Rappelez-vous, pour ceux qui ont la patience de me suivre chaque jour sur scs lignes, c’était un samedi du début de mars, j’écrivais : « le soleil persiste à occuper un ciel encore hivernal alors cap au Nord pour rallier Château Rouge. C’est direct ligne 4. J’arbore une superbe écharpe orange. Au débouché du métro c’est l’Afrique dans tous ses états : des couleurs, des odeurs, des marchands à la sauvette, du bruit, un entrelac de langues, les femmes occupent le haut du pavé. Je prends la rue Myrha en pensant qu’à la verticale de la rue Polonceau, la villa Poissonnière est une volute de mes souvenirs  bleu pétrole : Résidents de la République, une belle union Gaëtan Roussel&Alain Bashung, et l'amour un bouquet de violettes. » la suite est là link 


Je continuais « Et puis, tout en bas de la rue Myrha, surprise : un marchand de vins « la cave de Don Doudine » Bien sûr je pousse l’huis link. Pourquoi revenir chez ce caviste, même virtuellement, tout simplement pour apporter un peu d’eau au moulin de ma chronique récente De profundis pour la Cave de l’Insolite : comment vit un petit caviste à Paris ? link

 

En effet, ce qui m’avait frappé lorsque j’y étais allé c’était sa parfaite intégration dans son quartier. Il faisait parti du paysage et en ce lieu multiracial, multinational, où certains qui n’y ont jamais mis les pieds trouvent source à leurs phantasmes et à leurs peurs, son enracinement était patent. Le petit commerce de quartier, outre les produits qu’il vend, est aussi un lieu de passage, de conversation, d’échanges, de vie de quartier. Bien au-delà  de l’acte d’achat dit militant, que je respecte, cette imprégnation, cet enracinement permet au commerçant de s’assurer une réelle fidélité de la part de sa clientèle. Bien sûr ça ne suffit pas mais trop d’installations pour se faire plaisir, soutenue par une poignée de zélotes, sans se soucier que dans le quartier des collègues, sans doute moins en cours, correspondent mieux à la demande de la chalandise.


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Ainsi notre marchand de vin de la rue Myrha a concocté sa petite recette : la Salade de Don Doudine qui se déguste principalement à la chorale des 3 Tambours. Je vous l’offre ci-dessous. Bon appétit et, si vous voulez que le commerce de quartier ou de village vive c’est simple faite comme-moi allez-y régulièrement y dépenser un peu de votre bel argent.  

 

  « L’Atelier Musical des 3 Tambours, 15, rue Doudeauville, propose des activités autour de la musique (chorale, orchestre) et des cours individuels (guitare, trompette..), à partir de 6 ans :

• tous les soirs à partir de 16h30.

(tel : 01 46 07 04 03) »link


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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 09:00

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Ce matin je me suis levé de bonne heure car longtemps je me suis levé de bonne heure… je sais, la phrase la plus célèbre de toute la littérature française, la première phrase de la Recherche, la première phrase de Du côté de chez Swann, c’est « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » mais face aux ignares et au ramasseur de miettes de Norbert j’ai décidé de me payer leur fiole. C’est l’âge je sais mais pourquoi se priver d’un menu plaisir.


Donc levé tôt j’ai lu.


1-      J’ai commencé par la lettre de Paul Quilès car « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde »


Chaque jour, dans un paysage politique assez désolant, de nouveaux propos viennent nous désoler un peu plus. Je me contenterai de prendre quelques exemples dans l’actualité récente.  


   - Un ancien conseiller du Président se dit victime d’une « logique d’épuration ethnique » après avoir été chassé de l’Elysée, en raison de liens avec l'industrie pharmaceutique laissant entrevoir un possible conflit d'intérêts. C'est, dit-il « les Hutus contre les Tutsis » !


       - Une ancienne compagne du Président remercie « pour le moment » et, en guise de remerciement (indépendamment de son gain sur les ventes de 1,2 à 1,4 millions d’euros), déverse avec indécence un flot d’horreurs sur celui qui lui a accordé ce moment.


      - Un député, devenu ministre pendant quelques jours et révoqué pour malhonnêteté financière, tente d’excuser ses fautes en plaidant la « phobie administrative »


      - Un ancien socialiste compare le trader compulsif Kerviel au capitaine Dreyfus, en invoquant Jean Jaurès et en oubliant que Dreyfus, condamné à tort, a été la victime d’un complot antisémite, tandis que Kerviel a fauté!


« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus. Comme il avait raison !

 

 

2 -          Puis je suis passé à Michel Onfray : Valérie Trierweiler, jalouse et méchante


Comme tout philosophe qui se respecte, Michel Onfray a un avis sur tout et ne manque pas de le partager. Sur l'expression des sans-dents, qui aurait été utilisée par François Hollande pour qualifier les pauvres, il a ainsi déclaré : « On n’a pas l’impression que le discours vienne de quelqu’un en particulier, mais que c’est une vérité. Or, cela vient de quelqu’un qui se venge, qui est jaloux, qui est méchant. »


Pour l'intellectuel, cette expression ne serait qu'une « plaisanterie sortie de son contexte » et « une plaisanterie sortie de son contexte peut devenir une méchanceté ».


-          Enfin je suis allé sur le blog de Luc Charlier


« De toute façon, je refuse de pulvériser quoique ce soit si près de la vendange. Les « vrais » professionnels, qui ont des comptes à rendre à leurs actionnaires, me traiteront d'imbécile. Moi, quand je vois le nombre de cancers des voies digestives (pancréas et estomac surtout), et le nombre de maladies d'Alzheimer ou de Parkinson qui affligent mes collègues, je me dis que je n'ai pas le droit d'infliger cela à mon collaborateur sur son tracteur ou à mes clients. Chacun son éthique. »

 

La suite ICI link


-          Pour mémoire Biodynamie viticole : quel bon vin vous amène ?link 

 

2 Infos


-          Tirer les vers de terre L'émission "Continent Science" reçoit l'agronome et chercheur Marcel Bouché pour son ouvrage Des vers de terre et des hommes. Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l'énergie solaire (Actes Sud). France Culture, 14h. et lire link


- Le vin s’offre une exposition à la galerie Glénat link

  

 

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 00:09
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Non il ne s'agit pas d'une variante de la partie carrée avec un porteur de chandelle en sus mais d'un jeu de cartes italien qui se joue avec des cartes italiennes dont les couleurs sont : denier, coupe, épée, bâton. link qui sont les cartes de l'aluette chère aux vendéens.link
 
La bricola à cinq est aussi un succulent roman policier de Marco Malvadi que je suis en train de lire sur mon île d'exil.

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La scène est la suivante, l'un des joueurs, Aldo, qui est restaurateur au Boccaccio, parle des jeunes qui aiment frimer, montrer qu'ils ont du fric, il s'adresse à Massimo le narrateur, taulier du BarLume, un bar où se joue la partie de briscola à 5 et bien d'autres choses...

«La mode aujourd'hui consiste à faire semblant d'être connaisseur en vins. Si tu voyais tous ces morveux qui se pointent après le dîner, empoignent la liste des vins et te lancent «Je boirais bien un... » en confondant par exemple le nom du vignoble et celui du cépage, ou en réclamant un chianti de 1987 alors qu'il suffit de s'y connaître un peu pour savoir qu'un chianti de 1987 peut servir tout au plus de carburant... Et comme si ça ne suffisait pas, ils mangent le fromage avec du miel. J'en pisserais de rire.

- Tu devrais leur dire qu'ils piges que dalle et leur expliquer deux ou tois trucs pour qu'ils apprennet tout doucement, intervint Pilade avec son élégance habituelle.

- Pour qu'ils apprennent doucement à déguerpir, ouais ! Ces gosses ne veulent ni bien boire ni bien manger : juste montrer qu'ils s'y connaissent et qu'ils sont des petits malins. Ils n'ont qu'à faire ce qui leur plaît. Moi je vends de la nourriture pas des discours.»

(...)
Aldo alluma une cigarette et reprit :

«Personnellement, je déteste les restaurants où, quand vous commandez du vin qui détonne un peu avec les plats, ou que vous sortez un peu des règles de la gastronomie avec un grand G, on vous triate de plouc et on s'esclame : « Mais noooon ! ça gâcherait la selle de lapin désossée, servie avec le flan de haricots verts et de noix d cajou! Faites-moi confiance...», ou pire encore. Dans certains établissements, il n'y a pas de demi-mesures. Soit vous êtes un connaisseur, et dans ce cas le patron vous adore et vous déroule le tapis rouge comme à Hollywood, soit vous êtes un bouseux qui n'y connaît fichtrement rien, et alors on vous fait comprendre sans prendre de gants qu'un type de votre espèce ferait mieux de rester chez lui, au lieu de venir casser les pieds alors que d'autres attendent. Votre argent est le bienvenu, pas vous.»

Le silence accueillit ses propos.»
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 00:09

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Ma mémé Marie je vous en parle souvent

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Si j’ai acheté Mémé le dernier livre de Philippe Torreton c’est pour son titre.


Bonne pioche, c’est un portrait tendre et sincère de sa mémé, j’ai beaucoup aimé comme si j’y étais.


En effet, sa Normandie, celle de Triqueville tout près de Beuzeville et de Pont-Audemer, dans l’Eure a joué dans ma vie un rôle important. Lorsque je présidais l’Interprofession des AOC de la pomme et de la poire j’ai habité à Selles, tout près d’Épaignes, une petite maison basse au milieu d’un pré tout près de chez les Macaire éleveurs laitiers qui livraient chez Nestlé. C’est un morceau de mon histoire liée à celle de Jean Pinchon.


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Mais bien avant l’Eure (j’adore l’homonymie) avait joué un rôle déterminant dans mon choix scolaire. Mon père gérait les fermes du docteur Louineau qui exerçait à Évreux bastion communiste et, deux fois par an, accompagné de sa gouvernante mademoiselle Charbonneau, grande résistante, et parfois de sa superbe fille Marina, il nous rendait visite pour faire les comptes et visiter ses métayers. J’accompagnais mon père et le docteur dans la visite des borderies et, dans ma petite tête de gamin de 7 ans, la Normandie c’était, à côté de ma Vendée crottée, un eldorado. Ainsi, sans préavis, j’annonçais à mes parents qu’aller au lycée au Sables d’Olonne c’était exclu pour moi, j’irais à l’École d’agriculture à 500 mètres de la maison pour ensuite m’installer comme « gentleman-farmer » (sic) en Normandie. Dernier détail d’importance, en dépit de mon jeune âge, j’en pinçais pour Marina.


Comme à mon habitude je raconte ma vie alors que c’est de la « lieuse » dont je voulais vous parler ce matin.


« Mémé gardait tout, car tout pouvait resservir un jour,…la ficelle à botteler le foin – on appelait ça de la « lieuse » – une grosse ficelle jaune qui se vendait en rouleaux et se retrouvait pendue à un clou dans l’étable lorsque l’Opinel avait tranché l’affaire. Avec cette ficelle nous construisions nos cabanes dans les têtards, nos échelles de corde, nos arcs, nos épées de chevalier, elle servait aussi de ceinture pour retenir les bleus de travail de notre père que l’on enfilait pour aller à la guerre dans les talus. Parfois lorsque la pluie l’emportait, on la tressait, elle devenait alors bracelet-qui-gratte. Cette lieuse sentait le végétal, imbibée d’huile, elle devenait mèche, elle nous servait à tout, cette ficelle nous rapprochait des Indiens d’Amazonie. »


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Oui ça me parle « la lieuse » de Torreton car chez mon entrepreneur de battages de père après les moissonneuses-lieuses McCormick du plan Marshall j’ai vu après arriver les premières botteleuses Rivière&Casalis pour mettre le foin et la paille en bottes au cul de la batteuse Société Française Vierzon et enfin celles des moissonneuses-batteuses Claas.


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J’ai coutume d’écrire que j’ai vécu dans le fil à faufiler de ma couturière de mère mais il est aussi un sport périlleux que j’ai pratiqué sur les botteleuses de la moissonneuse-batteuse de mon père consistant à réenfiler dans le chat le fil de la lieuse lorsque celui-ci s’était rompu. Tout ça dans la poussière de la balle de blé, mon frère Alain a manqué un jour d’y laisser un doigt.


« Mémé » de Philippe Torreton L’Iconoclaste un livre qui m’a touché au cœur, à lire…


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Télécharger Mémé De Philippe Torreton Ebook Gratuit PDF EPUB MOBI link

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 00:09

Sur un forum, comme il en existait avant que Face de Bouc draine les chalands, un brave continental notait « Au cours d'un de mes séjours en Corse au début des années 60, j'ai vu, lors d'une excursion à Corte, une laiterie coopérative arborant le macaron caractéristique du Roquefort Société. Stupéfait qu'on puisse fabriquer du roquefort en Corse, j'ai interrogé notre guide local qui nous a affirmé que si, bien évidemment, on ne « fabriquait » pas de roquefort dans l'Île de Beauté, une partie des laits collectés pour la fabrication des fromages locaux était néanmoins utilisée pour préparer et ensemencer des « pains » de fromage qui étaient ensuite expédiés sur le continent pour affinage dans les caves appropriées afin de justifier de l'appellation de roquefort. »


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Oui il en fut ainsi, voir l’histoire plus loin. Mais aujourd’hui la Corse est dans une situation paradoxale.


« Elle a le lait de brebis le mieux payé des trois bassins traditionnels (entre 1200 et 1250 euros les mille litres). Pourtant, la production ne cesse de baisser, alors que le succès des fromages corses ne se dément pas. « Entre 2008 et 2012, nous avons perdu 1,6 million de litres », indique Antoine Ottavi, président de l’interprofession laitière ovine et caprine de Corse (ILOCC). La collecte s’élevait l’an dernier à 6,5 millions de litres. Cependant, 30 % de la production (quelque 3 millions de litres) sont transformés directement à la ferme. Pour satisfaire la demande des industriels, il manque de 1,5 à 2 millions de litres qui sont importés de Sardaigne et du bassin de Roquefort. « Nous craignons que la baisse de la collecte continue sur la même pente », dit Antoine Ottavi. En Corse, l’accès au foncier reste souvent précaire. Cela n’incite pas à réaliser des investissements productifs ni à l’amélioration de la productivité. L’accès aux financements est difficile. Le sous-équipement, notamment en bâtiments et équipements de traite, est important. Ce qui accroît la pénibilité du travail. De plus, la population des éleveurs est vieillissante : la moitié a plus de 50 ans. Plusieurs actions ont été lancées pour stopper cette hémorragie. Mais, la tâche est difficile.


Parmi la quinzaine d’entreprises, dont un seul groupe national (Société des Caves), neuf ont créé un GIE pour s’approvisionner à l’extérieur. « Ce sont des solutions à moyen terme, mais à long terme la situation est vraiment problématique, assure le président de l’ILOCC. Il est plus facile d’avoir une collecte propre que de s’approvisionner auprès des grands groupes ». Cette situation fragilise les petites laite- ries qui ne parviennent pas à atteindre une taille critique. Co-produit de la transformation fromagère, le brocciu (420 tonnes par an) est la seule AOP fromagère de l’île de Beauté. Le plateau des fromages corses est pourtant d’une grande richesse. L’un des enjeux de la filière est de parvenir à identifier ses produits avec des signes officiels de qualité. « Nous travaillons sur trois ou quatre projets d’AOP (sartinese, bastelicacciu, venachese, niolo), avec le lait produit en Corse, et sur un projet d’IGP sur les pâtes pressées pour du lait transformé en Corse mais avec la possibilité de s’approvisionner à l’extérieur, explique Antoine Ottavi. Il y a un consensus de la filière autour de ces projets ». La dégradation de la collecte est d’autant plus dommageable que le potentiel de marché des fromages corses est loin d’être exploité. Environ 70 % des fromages sont écoulés sur le marché local et le reste sur le continent (Rungis notamment) et à l’export. »


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égouttage du caillé, fromagerie de la socité des caves de Roquefort à l'Ile Rousse 1955

 

« La légende veut que l'origine de l'installation des industriels de Roquefort en Corse tienne à « la rencontre fortuite, aux eaux de Vichy, d'un négociant aveyronnais, d'un Corse et d'un fromage de Niolo, blanc et gras, qui ne pouvait échapper à son sort d'être mangé ». Plus que cette rencontre factuelle, l'intérêt que les industriels du roquefort vont porter à la Corse tient à deux facteurs : d'une part la nécessité d'étendre leur aire de collecte pour faire face à la demande croissante de fromage ­ une extension que facilite l'amélioration des transports maritimes ­, et d'autre part, le décalage des dates de lactation entre Corse et Rayon. En effet, en Corse les mises-bas ont lieu à l'automne pour les brebis, la traite a donc lieu de novembre à mai, alors que dans le Rayon elle est plus tardive, de février-mars à juillet.

 

Des grandes maisons de Roquefort, c'est Louis Rigal qui, le premier, a entrepris la fabrication de roqueforts blancs en Corse. Il était à la recherche de lait et ne pouvait plus surenchérir sur ses concurrents pour leur « voler » des producteurs dans le Rayon. Il se serait également aperçu à la lecture de sa correspondance commerciale que, de Paris et de la région du Nord, on lui demandait surtout des fromages frais « n'ayant pas acquis ce piquant, ce relevé qu'ils prennent d'habitude à l'affinage ». Or, le désir de cette clientèle n'était facile à satisfaire que durant les premiers mois de traite (de mars à août) ; c'est alors qu'il se serait avisé que « la Corse était un pays essentiellement adonné à la culture pastorale, que, grâce à l'influence du doux climat maritime, le pacage des bestiaux y était possible à un moment où les rigueurs hivernales obligent les fermiers de nos régions aveyronnaises à nourrir les troupeaux dans les bergeries ». La période de traite corse est d'autant plus intéressante qu'elle correspond au pic de consommation (septembre à mai). Non seulement elle permet d'offrir des roqueforts primeurs aux consommateurs, mais aussi de réduire les frais de stockage en chambre froide.

 

Dès 1894, Louis Rigal réalise des essais. Il éprouve un certain nombre de difficultés à discipliner les bergers, « toujours errants à travers le maquis ». Mais il finit, en 1899, par installer une fromagerie et par faire des bénéfices. En 1901, il est à la tête de six laiteries réparties en Balagne, Casinca et dans la plaine d'Aléria. Le succès aidant, il est imité par d'autres industriels : en 1901, la maison Maria Grimal et la Société des caves et des producteurs réunis de Roquefort créent également six laiteries. Ainsi dès 1905, près de 1 400 000 litres de lait sont collectés en Corse, soit environ 5 % de la production de pâtes de roquefort. Le nombre de laiteries progresse avec rapidité, surtout après la Première guerre mondiale, période pendant laquelle le lait tend à manquer sur le Rayon. »

 

« Il est clair que les industriels de Roquefort ne sont pas venus s'approprier des savoir-faire fromagers en Corse, mais chercher une matière première pour produire leur propre fromage et selon leur propre logique industrielle. D'ailleurs les laiteries de Roquefort sont dénommées « succursales » et le lait corse n'est collecté qu'en fonction des besoins de Roquefort : lorsque la campagne roquefortaine n'est pas commencée. Les maisons de négoce ne revendiquent pas non plus la provenance corse, même si les fromages blancs corses revêtent des qualités particulières et ont des destinations précises. »

 

La suite ICI link


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« À travers la chronique d'un siècle de relations entre les industriels aveyronnais du Roquefort et les producteurs corses, cet article se propose d'analyser les transmissions, les échanges ou les appropriations successives qui ont pu s'opérer entre les deux cultures laitières et fromagères. Cette chronique peut être analysée en trois temps. Celui de la rencontre à la fin du siècle dernier. Celui de l'hégémonie des industriels de Roquefort en Corse, période où la culture fromagère traditionnelle corse est bouleversée alors que celle de l'industrie du Roquefort est à son apogée. Celui, enfin, courant des années 1970 à nos jours, qui serait le temps du repli de la fabrication du roquefort et de la redécouverte du patrimoine régional corse, tant par les Corses que par les industriels de Roquefort. »

 

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