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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 00:09

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Dans le langage courant, avoir la banane signifie avoir la pêche, du côté de l’argot c’est plus phallique.


Dans le jargon politique on parle de république bananière.


La banane est aussi le nom donné à une coupe de cheveux que portaient les rockers.


Le goût de banane a eu son heure de gloire au temps triomphant du Bojolo nouveau.


La banane est surtout un fruit qui détient le titre envié du fruit le plus consommé au monde.


Il en existe 400 variétés dont seule une poignée parvient sur nos tables : celles qui voyagent et se conservent le mieux.


Originaire de l’Inde, très cultivée dans les régions tropicales, « le bananier n’est qu’une herbe géante. Son faux tronc, composé de feuilles imbriquées, peut atteindre dix mètres de hauteur et soutenir un régime de cinquante à trois cents fruits… »


Il dégénère après sa fructification. C’est pourquoi pour les bouddhistes le bananier est « le symbole de la vanité et de l’instabilité des choses. »


Et pourtant la banane est la manne du pauvre, très énergétique, riche en glucides, en potassium et en vitamines C et K. 


Mais hormis le fait que j’adore les bananes flambées au rhum en beignets pourquoi soudain chroniquer sur la banane ?


La faute en est à la coupe du monde de football !


Le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur, le Guatemala, le Honduras et le Mexique ont peuplé mes nuits au 78 rue de Varenne où le dossier de la banane ACP était une sacrée patate chaude !


amerique centrale

 

En fait, depuis les accords de Lomé en 1975, ce fut une partie de bras de fer entre l’Union Européenne et les USA


Trois régimes différents avaient cours.


-          Le premier concernait l'Allemagne qui importait ses fruits d'Amérique latine, sur la base d'un marché libre, sans aucune restriction. En vertu d'un protocole spécial au Traité de Rome, ce pays grand consommateur de banane appliquait un tarif nul sur les importations, à l'intérieur d'un quota annuel qui était suffisant pour satisfaire les besoins de son marché intérieur.


-          Le second régime consistait en un accès préférentiel basé sur la protection de la production locale en provenance de régions, par exemple d'anciennes colonies, rattachées ou liées politiquement à certains pays européens. Cette dérogation était accordée à la France, pour ses départements antillais (Guadeloupe, Martinique) et des pays africains associés comme la Côte d'Ivoire et le Cameroun ; au Portugal (au bénéfice de l'île de Madère) ; au Royaume-Uni (préférence pour la Caraïbe anglophone : îles Windward, Jamaïque) ; Espagne (îles Canaries) ; et Italie (accords avec la Somalie).


-          Le troisième régime était applicable aux pays de la Communauté importateurs de banane principalement d'Amérique latine et pour lesquels, il n'existait aucune restriction d'ordre quantitatif. Le tarif douanier commun appliqué était de 20%.


Avec l’entrée en vigueur du marché unique ce fut la guerre.


« Depuis l'entrée en vigueur de l'Organisation commune des marchés de la banane (OCMB), le 2 février 1993, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) et du marché unique, un différend politique et économique sérieux, en particulier commercial oppose, par gouvernement interposé, les producteurs et exportateurs de la zone dollar, et surtout les Etats-Unis d'Amérique à l'Union européenne. Ce qu'on a coutume d'appeler depuis, la Guerre de la banane est animée avant tout par les trois grandes transnationales étatsuniennes, Dole Fruit Corporated, Chiquita Brand International Corporated et Del Monte Fresh Produce. Elles dominent tout le marché américain, contrôlent plus de 40% des marchés européens et une bonne partie du marché japonais. Grâce à l'appui du gouvernement fédéral et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), elles sont parvenues, en une quinzaine d'années, à obliger l'Union européenne à changer son régime d'importation de banane, l'obligeant à remettre en cause le système préférentiel mis en place pour les anciennes colonies signataires des accords de Lomé en 1975. Leurs stratégies illustrent parfaitement le passage de l'internationalisation à la globalisation des marchés. La Guerre de la banane, en dopant les exportations de la banane dollar sur les marchés européens, pénalise aussi la production communautaire et oblige Bruxelles à revoir le volet banane de la politique agricole commune. La période 1993-2006 est très riche en rebondissements dans le différend opposant les exportateurs de banane dollar et l'Union européenne.


La guerre de la banane se termine le 15 décembre 2009 par un coup de théâtre. Au siège de l’OMC à Genève, l’Union européenne finit par céder aux pressions sud-américaines et conclut un accord avec les pays producteurs du continent. Elle s’engage à réduire ses tarifs d’importation progressivement à 114 €/t d’ici à 2017. En contrepartie, les Etats-Unis et quatre autres pays d’Amérique latine renoncent aux recours engagés contre l’Union européenne auprès de l’OMC.


« Cette libéralisation du marché n’est pas sans conséquence pour les pays de l’ACP. Leurs 900 000 tonnes de bananes exportées vers l’Union européenne se trouvent brutalement en concurrence de plain-pied avec les 4 millions de tonnes des multinationales, qui bénéficient d’économies d’échelle quant aux coûts de transports et de transactions. En 2008 déjà, les pays producteurs de bananes ACP s’étaient alarmés dans l’ « appel de Yaoundé », sur les conséquences néfastes de ce « libéralisme extravagant ». Un cri d’alerte relayé par un rapport de l’ICTSD (International Centre for Trade and Sustainable Development) (15) qui estime que les pays ACP vont perdre près de 15% de parts de marché et prédit la disparition de certains petits producteurs comme la Jamaïque ou le Surinam. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire voire le Ghana se trouveront eux aussi en difficulté. »


L’accord a plus profité trois grandes transnationales étatsuniennes qu’au Brésil, à la Colombie, au Costa Rica, à l'Equateur, au Guatemala, au Honduras, et au Mexique. D’ailleurs Carla Veldhuysen, coordonnateur régional de Fairtrade International pour la Colombie, le Venezuela et le Panama s’en inquiétait « Pour nos producteurs, la décision d’abaisser les droits de douane devrait leur donner l’occasion d’accroître leurs revenus. Cependant, la grande question est de savoir qui va vraiment profiter de cet accord. La différence de prix sera-t-elle retournée au producteur? ».


 Vous voyez je suis pile poil dans l’actualité 5 des pays cités jouaient la Coupe du Monde.


Du côté gastronomique sachez que « certaines bananes deviennent jaunes en en mûrissant, d’autres restent toujours vertes. Il en existe de petites et parfumées, pas plus grosses qu’un doigt, comme la banane figue ou la banane « œuf de poule » : fondantes et mielleuses, elles se dégustent nature.


D’autres, âpres et farineuses,  révèlent leurs qualités une fois rôties, mijotées ou cuites à la vapeur ; c’est le cas des longues bananes plantains à la peau épaisse et verte  et à la chair ferme. »


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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 00:09

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Fait gris sur Paris, dès je donne deux coups de pédale ça mouille alors que le manque de précipitations dans l’Yonne commence à avoir des conséquences sur les ressources en eau. La préfecture impose des restrictions de consommation. La grêle a de nouveau frappé, chacun y va de son petit couplet, mais rien ne se fait de concret. Chacun pour soi, comme si les remèdes individuels pouvaient être à la hauteur d’une recrudescence des accidents climatiques. Il est vrai que le mot collectif est aujourd’hui un gros mot…


Bref, pas facile d’être vraiment gai par les temps qui courent…


Alors je me force un peu ce matin en sortant de ma musette un petit quizz tiré du livre de Cleo Rocos : « L’art de l’ivresse » chez autrement.


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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 00:09

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Rien n’est pire sur un sujet sensible que d’entonner des couplets horrifiés, outrés, sans avoir pris la peine d’étudier et de mesurer la portée d’une mesure.


L’alcool au boulot ne se réduit pas aux pots dans les bureaux ! Certains chroniqueurs, journalistes, blogueurs réduisent la France à un pays de bureaucrates. C’est assez symptomatique de notre état d’esprit face à ceux qui travaillent encore de leurs mains au dehors : les agriculteurs, les travailleurs du bâtiment… et en usines.


Même si ça déplaît à certains : l’alcool, quel que soit sa provenance, est un facteur de risque très important.


Je parle en connaissance de cause.


Pendant 3 ans j’ai assumé les fonctions de « patron » du site de Gennevilliers pour le compte de la Société des Vins de France, 600 salariés dont les ouvriers et ouvrières des chaînes d’embouteillage et  de conditionnement, des caristes, et 125 chauffeurs-livreurs. Donc grosso-modo 70 % du personnel.


Des alcooliques il y en avait comme dans tout groupe humain avec dans le cas d’espèce un facteur aggravant : le produit a portée de mains.

 

Dans le domaine de la sécurité des travailleurs j’avais une obligation de résultat et je savais pertinemment qu’en cas d’accident je serais tenu pour responsable. Hormis la responsabilité juridique il y a aussi celle qui relève de sa conscience personnelle.


Je puis vous assurer que ce fut pour moi et mon encadrement un souci quotidien que de lutter contre les prises d’alcools en des points clandestins, au bar du local syndical (le petit jaune, nous étions filiale du groupe Pernod-Ricard), le vin à la cantine… J’ai dû, à la demande de son épouse, avec l’appui de la section CGT dont il était membre, licencier un technicien de l’entretien qui mettait sa vie et celle des autres en danger.


Aucun accident n’est survenu au cours de ces 3 années (nous travaillions en 2 postes, et celui de nuit était de tous les dangers) mais vous comprendrez mon irritation de lire la prose de certains qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine et qui poussent des cris d’orfraies sur un sujet aussi grave.


En effet, pour les fameux pots dans les bureaux le nouveau décret ne change rien car il indique que les entreprises françaises peuvent désormais « restreindre la consommation de boissons alcoolisées » dans les locaux de leurs établissements. »


Pouvoir n’est pas devoir !


Les chefs d’entreprise pourront, et beaucoup le feront pour entretenir une bonne ambiance au travail, autoriser l’organisation de pots.


C’était déjà le cas.


Comme le  décrypte Michel Ledoux, avocat au cabinet Ledoux et associés « Ce décret est une réponse au Conseil d’Etat qui, dans un arrêt de novembre 2012, avait interdit, en référence au Code du travail, les interdictions générales et absolues d’alcool au travail ».


En effet jusqu’ici, survivance de la gamelle des travailleurs manuels, « Aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’était autorisée sur le lieu de travail », se contentait en effet de préciser le Code du travail.


Quels en étaient les conséquences pour l’employeur ?


En matière de sécurité, celui-ci a une obligation de résultat. C’est-à-dire qu’il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés.


En tant qu’employeur, vous pouviez édicter des règles plus strictes que celles prévues par le Code du travail. Ainsi, vous pouviez encadrer, restreindre l’introduction et la consommation d'alcool, voire l'interdire totalement en le précisant dans le règlement intérieur (ou une note de service à défaut de règlement intérieur).


Mais comme le précisait une décision du Conseil d’Etat, ces restrictions aux libertés individuelles et collectives introduites dans le règlement intérieur devaient être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, proportionnées au but recherché.


Les restrictions ou l’interdiction générale et absolue d’alcool au travail devaient être notamment justifiées par des impératifs de sécurité, une situation de danger ou de risque.


Michel Ledoux   précise que « Cette évolution va dans le sens de l’histoire, estime maître Ledoux. Ce texte s’inscrit en outre dans le cadre de la jurisprudence de la Cour de cassation, qui impose à l’employeur une obligation de prévention de résultat de lutter, le plus en amont possibles, contre tous les risques professionnels. »


Avec ce nouveau décret les limitations et les interdictions devront être proportionnées au but recherché… notamment prévenir un risque d’accident, protéger la santé et la sécurité des travailleurs qui, par exemple, occupent des postes où la consommation d'alcool n'est pas sans risque (conducteur, travail en hauteur, manipulation de produits dangereux, etc.)


Je rappelle que la prise d'alcool dans un contexte professionnel est surtout constatée pour les professions les plus pénibles physiquement : bâtiment, agriculture, manutention et les professions en rapport avec le public…


Le Moniteur des TP écrit :


« Donner aux employeurs les moyens d’assumer l’obligation de sécurité de résultat pour protéger la santé et la sécurité des salariés. C’est l’objectif du décret du 1er juillet 2014, qui permet aux entreprises de limiter voire d’interdire, dans le règlement intérieur, la consommation d’alcool au travail. Une mesure qui devrait réjouir les DRH du BTP, dont certains se désolaient de ne pouvoir modifier leur règlement intérieur en ce sens.


Le secteur est d’ailleurs concerné en première ligne. D’après une étude de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) de 2012 sur les consommations de substances psychoactives en milieu professionnel, le BTP arrive en tête pour l’alcool. Ainsi, 32,7 % des actifs de la construction boivent six verres ou plus, lors d’une même occasion, au moins une fois par mois. »


Défendre une juste cause, et j’en suis depuis fort longtemps, n’autorise pas à proférer des contre-vérités ou à jouer les hypocrites. Dans le cas présent ceux qui crient que c’est une victoire des prohibitionnistes se trompent et pire ils leur donnent des armes pour nous traiter d’irresponsables.


Il aura toujours et encore des pots au boulot, à chacun de prendre ses responsabilités, qui peut s’en plaindre ?


Pas moi !

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 00:09

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Le Miroir à deux faces est un film français réalisé par André Cayatte, sorti en 1958 avec deux monstres sacrés du cinéma français : Michèle Morgan et Bourvil. « Tardivet, petit professeur besogneux, personnage mesquin, épouse par la voie des petites annonces Marie-Josée, dont le physique est disgracieux. Victime d'un accident de la route, Tardivet est soigné par le docteur Bosc, célèbre chirurgien esthétique. Bosc, ayant vu sa beauté cachée, opère Marie-José. La transformation est totale. Devant cette femme devenue trop belle et qu'il ne considère plus comme la sienne, Tardivet amer et haineux, tue le docteur Bosc au moment où Marie-José voulait refaire sa vie… »


Ce petit chapeau, dans la plus belle veine de la minute culturelle du Taulier, est là pour m’éviter de me faire accuser de basher Bordeaux, ses vins pas son maire qui lui se fait tancer par l’inénarrable Guaino.


En effet, que lis-je sous la plume de César Compadre grand visiteur de châteaux ? Publié le 02/07/2014


«Patient au bord de l'asphyxie cherche médecin urgentiste pour lui sauver la peau. » Voilà l'annonce qui pourrait se trouver au chevet du lit des primeurs, des malades bordelais obligés de rentrer à l'infirmerie. « Jamais une campagne n'a été aussi mauvaise. Mon business a fondu de 50 %. Si nous n'avons pas un beau millésime en 2014, faisant envie aux amateurs, je mets la clef sous la porte », assure un professionnel chevronné de la place bordelaise, plaisantant à peine sur son avenir.


En effet, les indicateurs sont passés ce printemps au rouge (la période d'achat s'écoule d'avril à juin). La mécanique est enrayée. L'offre des 200 vins de l'élite concernés par ce système de mise en marché qui n'existe qu'en Gironde (à cette échelle) n'a presque pas trouvé preneur. Choux blanc. »

 

La suite ICI link


Le même jour, sur le blog « Côtés quartiers » par Ixchel Delaporte journaliste à l’Humanité sous le titre Au pied des grands crus poussent les raisins de la misère je lis :


« La vigne, ça détruit. Ma mère s’est fait opérer plusieurs fois. Je connais, c’est très dur. Mais, je n’ai pas le choix, il va falloir que je dépose des CV dans les châteaux. Je calcule tout au centime près : essence, loyer et nourriture… Je me prive en permanence», lâche Emilie, fille de viticulteurs, native de Lesparre-Médoc. C’est dans cette petite ville située au cœur de la presqu’île du Médoc que commence le « couloir de la pauvreté ». Un territoire baptisé par l’Insee, la CAF et la MSA (Mutuelle de santé agricole) qui s’étend de la pointe du Médoc jusqu’à Agen, sur plusieurs départements bordant la Garonne et ses affluents. Ce couloir, qui alterne petites villes et zones rurales, a la particularité d’abriter une population faiblement qualifiée et peu rémunérée, soumise aux contrats saisonniers. Qu’il s’agisse de la vigne, soit près de 80 % de l’activité économique, ou du tertiaire, tous les voyants sont au rouge. Entre 2010 et 2013, le nombre de personnes percevant le RSA socle est passé de 90 000 à 98000. Résultat : plus d'un Aquitain sur huit vit sous le seuil de pauvreté, l’équivalent de moins de 950 euros disponibles par mois. Sur les 226 jeunes suivis par la mission locale à Lesparre et Gaillan-en Médoc, 41 % sont sans qualification et seuls 32 % possèdent le permis de conduire. « Ici on peut être sûr d’avoir du travail toute l’année avec la vigne, mais il faut le permis. Or, la plupart des jeunes n'ont pas les moyens de payer 1500 euros. La question de la mobilité est centrale dans une région où il n'y a qu'un train qui relie à Bordeaux et où les bus ne relient pas les villages entre eux », témoigne Vina Seedoyal, conseillère emploi. »

 

L’intégrale de la chronique ICI link


Compadre écrit « Avec la mise en marché du millésime 2013, l’élite du Bordelais vit la plus noire campagne primeur de son histoire. Un système malade de ses excès qu’il faudrait réformer »


Delaporte écrit « Le Médoc est une région enclavée. Certains jeunes n'ont jamais mis les pieds à Bordeaux. Et puis, il y a un côté seigneur ici... Qui aurait intérêt à ce que les ouvriers agricoles fassent plus d'études ? Sûrement pas les propriétaires des châteaux... ».


Le Miroir à 2 faces de Bordeaux ?


On va m’objecter : l’Humanité, ce sont les rouges le couteau entre les dents, la CGT, mais du côté de Sud-Ouest et du visiteur médical César Compadre qu’est-ce-donc ?


Comme le disait ce bon Mgr Marty, avec son accent rouergat : « je m’interroge ? »


Je reste dubitatif sur la santé et la pérennité du « modèle bordelais », si tant est qu’il en existât un, et j’aimerais que l’on me dise où est passé le plan Bordeaux.


Merci par avance.

 

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 00:09

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À l’heure où j’écris cette chronique, au petit matin du 4 juillet, je ne sais quel sera le destin de l’équipe de Belgique et de celle de France, mais ce que je sais c’est que l’odieux Schumacher, le gardien de but de la RFA, devrait boucler sa grande gueule, tout comme tous celles et ceux qui profitent d’une compétition pour jouer dans le bac à sable de Face de Bouc à plus chauvin-chauvine tu meurs ! 


Ceci écrit j’adore les moules de bouchot, les belges versus Arno et j’ai décidé de faire de la provoc culturelle à la Marcel Broodthears.


1-      La culture paléolithique : l’éclade !


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« Comment est-ce que tout ça a commencé ? Pourquoi les hommes ont-ils abandonné leur alimentation identique à celle des animaux, à base de produits bruts et crus. La cuisson des aliments, qui est attestée en même temps que les premiers vestiges de l’apprivoisement du feu il y a grosso modo 500 000 ans, est-elle venue en tant que premier acte culturel touchant à la nourriture, ou est-ce la fermentation ? »


Rien n’est certain, ce qui l’est c’est que l’éclade picto-charentaise elle est une méthode de cuisson à l’étouffée remontant à la nuit des temps.


« Le mot éclade est une francisation approximative du mot saintongeais éguiade que l'on aurait pu mieux traduire par aiguillade.


Les moules doivent être dressées verticalement (pointes vers le haut) et en spirale sur une planche de bois (au centre de laquelle on a parfois planté quelques clous). Il est aussi commode de poser les quatre premières moules horizontalement en croix, puis on intercale les autres verticalement en comblant les trous et en les serrant bien afin qu'elles ne s'ouvrent pas à la cuisson.


On recouvre ensuite d'une bonne épaisseur d'aiguilles de pin, auxquelles on met le feu, qu'on active à l'aide d'un carton (traditionnellement un calendrier des postes) pour également disperser les cendres à la fin de la cuisson. L'opération peut être renouvelée jusqu'à cuisson satisfaisante des moules (environ 10 minutes).


L'éclade est également parfois connue par les anciens localement sous le nom de « terrée » car à l'origine les moules étaient disposées sur la vase séchée (terre) des marais et recouvertes de tiges de fèves desséchées. Une variante intermédiaire existe dans l'île de Ré qui consiste à recouvrir au préalable la planche de glaise. »


2-      Les moules de Marcel Broodthears

 

J’ai découvert Marcel Broodthears lors de l’exposition au musée du jeu de Paume en  1992.


« Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie. Cela fait un moment déjà que je ne suis bon à rien. Je suis âgé de 40 ans. »


Je roulais vers mes 44 ans.


Il m’a ouvert les yeux, dégrossi « l’écrivain dit presque tout pour être compris. Dans la peinture, il s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle des spectateurs… » Eugène Delacroix dans son journal.

 

Un de sestableaux devint ma référence : La Malédiction de Magritte (Les nuages 1966)


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Et puis moi né dans un pays de moules, où la conchyliculture occupe les deux baies, celle du nord : Bouin qui fait face à Noirmoutier, et celle du sud : l'Aiguillon qui surplombe l'île de Ré, ses moules me fascinèrent. link


Je vous en offre un plateau, pour le vin lorsque vous voudrez bien vous remettre aux commentaires ça nous permettra d’étancher nos larges soifs !


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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 00:09

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« Pourquoi appelle-t-on les pois « petits » lorsqu'ils sont frais ? Pourquoi appelle-t-on les pois « cassés » quand ils sont secs ? Pourquoi appelle-t-on les pois « gourmands » quand on en mange la cosse ? »


Réponse de Guy Savoy


« Parce que le pois a ses secrets que le dictionnaire ne connaît pas. »


Avant le 1er octobre 1968, la publicité de marques était interdite à la télévision mais 3mn chaque jour étaient dévolues à des campagnes collectives pour des secteurs de l’économie française à encourager.


Ainsi, en 1966, des producteurs de petits pois se sont offert une page de réclame avec Pipiou, un oisillon  qui répétait à l’envie : « On a toujours besoin de petits pois chez soi ».


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Notre ex, fondu de télé, à son arrivée à l'Elysée, en mai 2007, s’en est souvenu puisqu’il compara les magistrats à «des petits pois» ayant «la même couleur, le même gabarit et la même absence de saveur».


Ça permet aujourd’hui à l’indestructible Jean-Pierre Elkabbach de s’interroger à propos de la énième séquence judiciaire de notre ex sur le retour : « Est-ce la revanche des petits pois » ?


Pauvre petits pois réduits à l’appertisé, la boîte de conserve des fonds de placard, celle que l’on ouvre en dernier recours pour accompagner tout et n’importe quoi.


Le plus drôle dans cette histoire de petits pois mis en boîtes (vous appréciez je l’espère toute la saveur de mon allusion) c’est que suite à la campagne « On a toujours besoin de petits pois chez soi » les ventes ont d’abord décollées puis chutées. En effet le spot ne disait pas de manger les petits pois et les Français encore traumatisés par les tickets de rationnement les ont conservés précieusement et n’en n’ont pas racheté…


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Il faut réhabiliter le petit pois qui vient directement du champ, frais !


L’industriel, normalisé, appertisé, venu des plaines du Nord, même s’il reste le roi du garde-manger, doit laisser la place à l’authentique, à l’originel, le savoureux, le raffiné, celui que l’on achète en cosses au marché.


Celui qu’on écosse !


J’écosse, tu écosses, il écosse, nous écossons, vous écossez…

 

Guy Savoy se fait poète « Ce qui me plaît, dans l'écossage c'est que, à peine commencé, l'esprit s'évade immédiatement et la tête est libre de penser, de rêver. »


« Écosser une livre de petits pois, c'est entreprendre un voyage intérieur d'un bon quart d'heure (mais si vous souhaitez voyager plus longtemps, vous pouvez ralentir la vitesse de l'écossage !) Et lorsque tous les petits grains vert tendre sont sortis des cosses, plongez vos mains dans ce gros tas, la sensation physique est délicieuse et, après avoir voyagé en terres lointaines, vous vous transportez dans le bac à sable. Le petit pois a plus d'un tour dans son sac ! »


Alors qu’attendez-vous ?


Vous les aimez comment les petits pois frais ?


-          En classique jardinière avec carottes, petits navets, pommes de terre nouvelles et feuille de laitue, cuit à la vapeur.


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-          Avec le risotto où vous pouvez utiliser les cosses pour faire le bouillon  afin de nourrir le riz.


-          Le navarin d’agneau


Et avec ça vous boirez quoi ?


Une cuvée du Président ?

 

* Pour une fois le Nicolas dont il est question ici n'est pas le cher bedeau de Norbert le Forestier...


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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 00:09

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« C’est dans les communautés émigrées ou colonisées, alors que l’identité est devenue précaire, qu’il devient important de préserver les racines culturelles et les traditions. La culture culinaire en fait partie… »


Affirmation de soi par la mise en avant de pratiques alimentaires qui se différencient le plus fortement des habitudes ou des goûts des colonisateurs, ou du pays d’émigration, Marie-Claire Frédéric dans Ni cru ni cuit histoire et civilisation de l’aliment fermenté chez Alma éditeur, apporte de l’eau à mon moulin : dans la mondialisation notre culture culinaire constitue bien plus qu’un simple élément de résistance à l’uniformisation, elle est une source très importante de création de valeur pour un pays comme le nôtre.


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Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs ce livre est une somme de 420 pages que je viens tout juste de commencer à lire.


Ce matin, c’est une histoire contée dans l’Introduction, qui fait partie de la mythologie du Far West américain, celle de ces « chercheurs d’or qui faisaient lever leur pâte à pain contre leur cœur... »


Étonnant, non, aux USA dans cette « jeune nation où l’aseptisation de la nourriture est érigée en norme au point d’interdire sur son sol des aliments fermentés étrangers, possèdent néanmoins dans leurs légendes fondatrices une référence à un produit fermenté. »


« Le « pain français au levain de San Francisco », San Francisco surdough French bread, fait partie du patrimoine culturel de la ville au point qu’un musée lui est consacré. La ville possède également un institut du pain, la seule école consacrée à la boulangerie artisanale sur tout le territoire américain où les boulangeries sont pour la plupart industrielle… »


L’auteur note avec humour qu’il faut relativiser le terme de boulangerie artisanale aux USA : les 3 plus anciennes de San Francisco emploient plus de 1000 personnes et cuisent 60 millions de pains.


D’où vient donc ce levain français ?


Version 1 : « Il serait issu d’un levain apporté de France par Isidore Boudin, boulanger de son état, venu en 1849 des confins de la Bourgogne et du Jura. Il faisait partie des forty niners venus chercher fortune au moment de la ruée vers l’or. Il trouva la fortune en boulangeant, mais sans avoir découvert un gramme d’or. Selon la version de la légende, son levain aurait acquis un goût particulier parce que le jeune boulanger avait dû la rafraîchir sans pouvoir cuire le pain durant les mois de la traversée. Toutes les cultures actuelles du levain de San Francisco seraient issues de cette première pâte-mère venant de France… »


L’auteur juge cette version peu probable mais pour elle l’histoire est symbolique « il fallait que cette première pâte-mère provienne de France »


Version 2 : Isidore Boudin aurait simplement transmis le savoir-faire français de la boulangerie et utilisé le levain local tel qu’il était déjà cultivé par les chercheurs d’or.


Ceux-ci « ne pouvaient pas (et ne voulaient pas) utiliser la nouvelle poudre à lever issue de la chimie pour faire le soda bread, rapide à préparer car sans temps de fermentation. Ce produit ne supportait pas l’humidité constante de leur vie en plein air auprès des rivières aurifères ou  dans les mines. »


Levure indigène vous avez-dit levure indigène !


« Ce levain, unique en son genre, réellement autochtone, à la saveur acidulée, s’est avéré composé de plusieurs sortes de bactéries lactiques, dont certaines qu’on ne trouve qu’en cet endroit du monde au climat brumeux particulier, et qu’on a baptisées Lactobacillus sanfranciscensis. La symbiose spéciale de ces bactéries associée à des levures indigènes, fait que la saveur acide du levain se retrouve dans la pâte finale. »


« Les prospecteurs, qui n’avaient pas le temps de chasser ou de pêcher, gardaient leur pâte à pain dans un sac de cuir attaché à leur cou ou à leur ceinture, et enfermé dans leur chemise tout au long  de la journée, afin qu’elle soit bien au chaud, protégée des températures polaires des contrées nordiques. Ils la faisaient cuire le soir au campement en ayant pris soin de garder une portion de la pâte pour ensemencer la fournée suivante… »


La boulangerie Boudin existe toujours à San Francisco, elle est située dans le district de Richmond au coin de 10e Avenue et du Geary Boulevard link


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« Elle a bâti jalousement sa réputation sur l’affirmation que son levain serait toujours issu de la seule et unique souche de celui de 1849, cultivé de manière continue… »


« Il aurait même été sauvé du grand tremblement de terre de 1906, par Louise Boudin, la veuve d’Isidore qui eut la présence d’esprit de le transporter dans un seau en bois juste  avant de s’échapper avec ses employés de la boulangerie en flammes… »


« Il fallait que le levain fût considéré comme une chose précieuse pour qu’on songe à le sauver avant tout autre bien en de telles circonstances… »


« La légende était née »

 

J’aime les légendes !

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 00:09

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Je n’en suis pas revenu.


J’ai relu  3 fois le message.


Les bras m’en sont tombés.


Cher Monsieur,


Nous nous sommes rencontrés il y a quelque temps à Paris, via ...


Je vous contacte pour vous proposer d'organiser un dîner ou une dégustation (nom de la société)… pour des particuliers fortunés.  


Si vous souhaitez organiser un tel événement exclusif, j'apporterai le matériel de service (verres, sceaux (sic)), les échantillons de dégustation, et commenterai les millésimes servis. Nous pourrons fixer ensemble une participation pour les bouteilles servies, et je souhaiterai proposer aux personnes présentes d'acheter les millésimes dégustés s'ils le souhaitent.


Depuis 8 ans chez (nom  de la société…), j'organise et anime des dégustations et dîners pour faire découvrir et vendre nos millésimes, pour une clientèle HNWI (particuliers disposant de plus d'un million de dollars de patrimoine financier disponible, sans prendre en compte leur patrimoine immobilier).

 

« Dans le jargon financier, on les appelle HNWI. HNWI, pour High Net Worth Individuals, que l'on pourrait traduire en français par "personnes de haute valeur", s'il ne s'agissait pas d'argent. Ont droit au label HNWI ceux qui se trouvent à la tête d'actifs équivalant à au moins 1 million de dollars US, sans compter leur résidence principale et les biens de consommation. En 2006, selon une récente étude conjointe de Cap Gemini et de Merrill Lynch, ce petit club regroupait 9,5 millions de personnes dans le monde. »

Les riches, les HNWI et les ultra HNWI, par Sylvie Kauffmann LE MONDE link | 01.10.2007


Sans commentaire !


Une suggestion tout de même à mon correspondant qu’il s’adresse plutôt au bedeau de Norbert le Forestier, nouvel intronisé dans le Jurade de Saint-Émilion, il adore les mondanités ! Avec le carnet d’adresse en or massif de son ami  Grand Jurat c’est tout à fait dans ses cordes.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 00:09

Qui, dans sa vie, n’a jamais servi les vêpres après le déjeuner, dans la touffeur de l’été, ne peut se targuer d’être un survivant  d’un temps englouti que beaucoup colorient en carte postale rose pâle.


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L’histoire de La Louve, portée à l’incandescence sous le soleil dur de la Sicile, contée par Giovanni Verga, me fait penser à ma Vendée, certes plus paisible, plus verte, où le péché de chair rodait sous les jupes des femmes. Les hommes, n’étant que les victimes des tentatrices.


Filles mère engrossées et abandonnées, bourgeoises à voilettes qui vont à la messe culbutées par leur palefrenier ou le journalier, incestes dans le secret des métairies…


« Elle ne faisait qu’une bouchée de leurs fils et de leurs maris, avec ses lèvres rouges, et rien qu’à les regarder de ses yeux de possédée, elle les traînait derrière ses jupes, eussent-ils été devant l’autel de Sainte Agrippine… »


La louve « elle était grande, maigre, mais avec des seins fermes et vigoureux de brune, - et cependant elle n’était plus jeune ; elle était pâle comme si elle avait toujours la malaria, et dans cette pâleur, deux grands yeux comme ça, et les lèvres fraîches qui vous mangeaient… »


Je ne vais pas vous conter l’histoire de la Louve qui « un jour… tomba amoureuse d’un beau garçon qui était revenu du service militaire, et qui fauchait le foin avec elle dans les prés du notaire ; mais vraiment ce qu’on appelle amoureuse, à sentir la chair qui vous brûle sous la futaine du corsage, à éprouver, en le fixant dans les yeux, la grande soif qu’on a aux heures chaudes de juin, en bas dans la plaine… »


« C’est toi que je veux ! Toi, qui est beau comme le soleil et doux comme le miel. Je te veux ! »


La Louve se rendait aux champs pour travailler avec les hommes, exactement comme un homme, sarclant, piochant, soignant les bêtes, taillant la vigne, que ce fût sous le vent grec ou sous la bise de janvier ou même en août avec le siroco, lorsque les mulets laissaient pendre leur tête, et que les hommes dormaient à plat ventre  derrière le mur, à  l’abri de la tramontane. Et, à l’heure entre les vêpres et nones, où la femme pure ne se promène pas, gna Pina* était la seule âme vivante que l’on voyait dans la campagne, sur les pierres brûlantes des chemins, parmi les chaumes calcinés, dans les champs immenses qui se perdaient dans la chaleur, au loin, très loin, vers l’Etna, brumeux, où le ciel s’appesantissait sur l’horizon… »


Je sens poindre chez vous une interrogation : pourquoi chroniquer sur cette Louve ?


Trois raisons :


-           La première  de très mauvaise foi : on y parle de la vigne ;


-          La seconde plus sérieuse : j’ai envie de vous donner envie de lire les nouvelles de Giovanni Varga.


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-          La dernière, essentielle pour moi, faire comprendre à certains que la dureté du temps n’est pas la caractéristique la plus marquante de notre monde occidental mondialisée…sauf pour les migrants… ceux que l’on accuse de venir profiter de l’abondance de nos assiettes…


* Prénom de la Louve

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 00:09

Il est de bon ton sur les réseaux sociaux de basher les fonctionnaires obtus qui appliquent  sans nuance la règlementation. Mais dans ce domaine les zinzins inventés par les professionnels, ici vignerons, n’ont rien à leur envier. Les technostructures type ODG et Organisme d’Inspection et de Contrôle, se complaisent à aller chercher des poux sur la tête chez ceux qui ne pensent pas comme eux.


Sans déflorer de secrets ma boîte mail recèle une foultitude de cas où les technocrates de la profession, appuyés par leurs chefs, font la démonstration que dans notre beau pays le droit à la différence n’est pas inscrit au fronton des maisons qui vivent sous perfusion de cotisations.


Charbonnier maître chez lui me rétorquera-t-on, les fameux cahiers des charges de l’appellation en sont les tables de la loi.

 

Circulez y’a rien à voir !


Moi je veux bien mais au bout du bout je compte aussi un brin en tant que consommateur. Sans me faire le porte-parole de qui que ce soit j’estime avoir le droit de mettre mon grain de sel là où il ne faut pas.


Attention à votre entre soi messieurs les vignerons, vos vignes nickel chrome qui ressemblent de plus en plus à des décors de cinéma des années 60 en technicolor, vos vins formatés qui sont tous cousins-germains, même si ça vous plaît participent à la dévaluation et à la dilution de vos fameux terroirs que vantent vos belles plaquettes oenotouristiques.

 

Le monde change mais à trop suivre le grand courant d’uniformisation on risque fort à terme de ne plus être très convaincant sur son authenticité. Le syndrome de la boîte de camembert avec vache normande incorporé pour un produit bien pasteurisé vous guette au bout du chemin de la mondialisation.


Valable même à Sancerre qui est une success story !


Morel

 

Comme l’écrit très justement l’intransigeant François Morel dans son papier  « Vous avez dit « différence » ? paru dans le dernier n° de LeRouge&leBlanc n°113  « L’intelligence » des choses, c’est au sens strict, dans le cas présent, se donner les moyens d’acquérir la capacité de relier le vin à tout ce qui participe à l’authentique produit de la vigne, d’un terroir et de l’homme… »


Dans l’un des 2 cas présentés, celui de Sébastien Riffault l’OIVC lui reproche un « entretien du sol insuffisant » et la présence « d’herbes » - « végétation concurrentielle » qui ne doit pas dépasser « la moitié de la hauteur de palissage » - trop hautes dans ses vignes, « manquement » qui n’est pas une négligence du vigneron mais le choix, pour lui, « d’un engrais vert qui permet l’apport naturel d’éléments fertilisants ». Le problème de la hauteur de l’herbe ne concerne en réalité que les vignes vendangées à la machine, mais la règlementation est applicable à tous, même à ceux qui vendangent manuellement !


Donc il faut supprimer l’herbe et payer le contrôle – car il est payant pour celui qui en est la cible – sous peine d’être refusé pour l’appellation. Mais payer revient à reconnaître « le manquement »… On est en droit de penser que le droit de désherber ne saurait être une obligation de  désherber, et qu’il y a tout le moins plusieurs façon de concevoir la viticulture. Dans le cas présent, on voit à l’œuvre une appropriation de l’AOC et de son contenu au nom d’une seule de ces conceptions, avec une tentative d’exclusion des autres. »

 

Je partage l’analyse de François Morel mais je suis beaucoup plus optimiste que lui : les lignes Maginot sont faites pour être contournées, c’est une vérité stratégique. Ils ont déjà perdus la bataille et l’avenir les verra battre en retraite piteusement.


En attendant, bien mieux que ce poseur de Nossiter, organisons la Résistance sans enfourcher les oppositions éculées, comme le note Morel, entre le genre « bio » et le « conventionnel ». Créer des espaces de liberté permettra de refonder nos appellations, les sauver de la dilution…


Dans le dernier numéro LeRouge&leBlanc n°113  mademoiselle Sonia Lopez Calleja fait son cinéma, y’en a presque que pour elle…


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