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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 00:09

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Nos fromages, les vrais, sont « les plus touchés par l’hygiénisme et la pasteurisation à outrance. Comme si le lait blanc et pur, symbole de la maternité mais aussi de la féminité, le lait qui nourrit l’innocent nouveau-né, devait plus que tout autre aliment rester d’une pureté irréprochable » écrit Marie-Claire Frédéric dans Ni cru Ni cuit.


Et pourtant, la pasteurisation, l’hygiénisme des grands groupes laitiers, Lactalis ou Triballat, ne constitue pas une ligne de défense absolue, bien au contraire.


27/06/2014 100 tonnes de reblochon ont été retirées de la vente. Les fromages, fabriqués par les Fromageries Pochat et fils, ont été vendus sous différentes marques entre mi-mars et le mois de juin.


11 juillet 2014 la laiterie H. Triballat a annoncé ce vendredi avoir procédé au retrait de lots de fromages de Chavignol commercialisés dans toute la France, après avoir constaté la contamination de l'un d'eux par la bactérie Escherichia coli (E. coli).


Le lait cru, les fromages qui puent : sus à l’ennemi !


Et oui «  Nos munster, maroilles et camembert ont des odeurs animales qui ravissent les amateurs mais dérangent les narines sensibles. Ces odeurs ressemblent à des odeurs corporelles. On dit vulgairement que ça sent « les pieds », « les chaussettes sales », ou « la petite fille négligée ». C’est d’ailleurs bien observé car ce sont les mêmes micro-organismes qui transforment la sueur du corps humain en composés odorants et créent le parfum du pont-l’évêque ou  de l’époisses. L’odeur animale et musquée, qu’elle soit corporelle ou fromagère, est bannie dans notre société contemporaine, combattue par tout un attirail de parfums, lotions, savonnettes et gels douches de plus en plus efficaces pour éradiquer les bactéries. » note sans concession Marie-Claire Frédéric


Et pourtant il suffit de parcourir la liste des sujets de thèse déposés à Nanterre pour s’en convaincre. Je me souviens de cours à l’université de Vincennes, vers 1969-70, où étudiantes et étudiants se humaient doctement et dans la réciproque les aisselles, sur la recommandation de professeurs inventifs. « Pour les jeunes pousses Paris VIII Vincennes (Bruno Tessarech Vincennes éditions Nil) qui « a eu Mai 68 pour maman, Edgar Faure pour papa et Charles de Gaulle pour parrain » et qui accueillait au fin fond du bois de Vincennes, dans un bordel innommable Deleuze, Lyotard, Chatelet, Rebérioux, Lapassade... » et qui se parfumait à la chaussette et au slip mal lavé, à la clope et autres fumettes, au foutre et à l’encens des Peace and love, produisait du sens.


Lire ma chronique « Les odeurs et leur géographie : j’adore les fromages qui puent bien plus que les parfums qui fouettent » link


« Le plaisir qu’on peut avoir en mangeant un aliment élaboré par des microbes est forcément trouble. L’aliment fermenté malodorant est de l’ordre du corps, de sn plaisir et de sa bestialité supposée, comme l’est le manque d’hygiène. »


« Chassé du lit, l’ordre moral revient dans l’assiette » déplore Pierre Boisard Le camembert, Mythe Français Odile Jacob 2007


Notre bon vieux calendos, parlons-en !


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Acte 1 : « À l’origine, la croûte du camembert était d’une nuance bleu-gris-vert, marquée de taches brun-rouge.


Acte 2 : Vers les années 1900, lorsque le calendos arriva sur les marchés parisiens, les clients préféraient les plus blancs (encore un sale coup des bobos parisiens comme dirait le p’tit notaire marmiton d’occasion).


Explication de gravure : « La cause du phénomène coloré était une fatalité, due à l’affinage naturel du fromage. Le lait était préalablement maturé vingt-quatre à quarante-huit heures à ciel ouvert, dans un local frais, afin qu’il s’acidifie sous l’effet des bactéries sauvages. »


Acte 3 : « selon la variété de moisissures qui dominaient, la croûte du fromage prenait une couleur différente et le maître fromager montrait son habileté en obtenant la flore la plus blanche possible. »


Tout l’art de la main, « les fromagers savaient par expérience que le rouge empêchait le bleu de survenir »


Empirisme insupportable pour les scientifiques !


Acte 4 : Les élèves de Pasteur entrent en action,  ils ont étudié le phénomène sur le brie et camembert et découvert que « des champignons microscopiques étaient responsables de la couleur de la croûte, et que ces moisissures spontanées provenaient de l’environnement : l’air, les locaux, les claies. »


Sus à l’ignorance et aux superstitions !


Acte 5 : C’est l’éradication la moisissure impure, d’origine trop terrienne, trop campagnarde, donc coupable, pour la remplacer par une autre moisissure, Penicillium candidum, cultivé in vitro par l’Institut Pasteur.


Acte 6 : badigeonnage généralisé des surfaces avec de l’antiseptique et dépôt de la culture pure de moisissure.


Réticences et conséquences « la nouvelle moisissure accélérait l’affinage des fromages et les emmitouflait d’une croûte épaisse de spores blanches d’aspect plâtreux. »


Acte 7 : le camembert d’aujourd’hui n’est plus ensemencé spontanément comme autrefois, on pulvérise le caillé avec le Penicillium candidum et bien sûr le lait n’est plus maturé.


Morale de l’histoire : notre camembert n’est plus fermenté avec le Penicillium camerbenti , il a été « blanchi » par l’Institut Pasteur.


Peut-on faire marche arrière, le concubinage entre la science et l’industrie alimentaire ne date pas d’aujourd’hui Pasteur s’est toujours intéressé aux retombées industrielles de ses découvertes : s’il a étudié la bière et le vin, c’était pour le compte des brasseurs du Nord et de vignerons d’Arbois… »


À partir des années 20 « la collaboration entre l’Institut Pasteur et l’institut national d’agronomie s’intensifie… »


Merci au livre indispensable de Marie-Claire Frédéric  Ni cru Ni cuit Histoire et civilisation de l’aliment fermenté chez Alma éditeur, toutes les citations en sont tirées…


ni cru ni cuit

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 09:57

Qu’est-ce donc « la méridienne attitude » ?

 

En Anjou, dans l’Anjou cher à l’ami Patrick Baudouin de la Chaudefonds sur Layon, c’est « le repos de midi, la sieste après le repas et avant la reprise du travail « à chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… […] il rêvait » Ernest Perochon , Nène

 

Dans le Vendômois c’est la mérienne et dans ma Vendée profonde : la mariennée sans doute parce que dans l’Aunis tout proche mérienner se dit « des brebis qui, à midi, se serrent toutes ensemble, la tête de l’une sous le ventre de l’autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil » (in les mots du passé de Marcel Lachiver).


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Matisse - Intérieur à Collioure, la sieste -

 

 

Dans son opus « L’art difficile de ne presque rien faire » chez Denoël, Denis Grozdanovitch, qui vit entre Paris et la Nièvre, écrit à propos de la sieste méridienne :


« Le moment préféré de mes journées d’été demeure celui où, après le repas de midi, je m’achemine tranquillement jusqu’à notre ponton au bord de la rivière, sous le grand marronnier où j’ai installé mon hamac. Je m’y installe alors confortablement, un gros livre de philosophie (de préférence bien abstrus) à la main, et la lecture distraite d’une dizaine de ligne suffit amplement, en général, à me faire glisser dans ce que j’appellerais un sommeil de surface – très différent en cela de la profonde et souvent angoissante plongée nocturne – au cours duquel ma conscience, engourdie par une sorte d’agréable hypnose, continue d’enregistrer avec une sourde volupté le bruissement de la brise dans les feuillages, les dialogues entrecroisés et compliqués des oiseaux , le doux ronronnement du nid de guêpes dans l’aulne voisin et même le subtil friselis du courant le long des berges.


Je goûte alors – plaisir de la vraie vacance – au luxe suprême du demi-sommeil et de la demi-conscience qui sont les meilleures voies pour rejoindre ce fameux « cours des choses » si cher aux taoïstes de l’ancienne Chine, lesquels aimaient précisément à répéter que pour bien vivre il valait mieux ne vivre qu’à demi.


L’auteur donne ensuite la définition par le Littré du mot « dormition » qui est un terme ecclésiastique, mais comme il a trait au 15 août vous attendrez sauf à ce que notre « madone du Poitou » exilée à Paris en écologie lance la « dormitude »


Après la mariennée rien ne vaut le rosé  L’Anglore d’Eric Pfifferling.Vu par la belle Eva link


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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 09:42

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Sur les quais, film réalisé par Elia Kazan, est sorti en 1954, fut un véritable choc pour moi. Je l’ai vu dans le cadre de Cinéma&Culture à l’école d’agriculture. Le jeune Marlon Brando et la frêle Eva Marie-Saint qui jouera dans la Mort aux trousses d’Hitchcock, Rod Steiger… une Amérique violente…la question sociale : le film  est basé sur une série d'articles de Malcolm Johnson publiés dans le New York Sun à la suite d'une véritable rébellion ayant eu lieu dans les docks de New York quelques années plus tôt.


« Sur le port de New York, le syndicat des dockers (affilié à la puissante centrale AFL-CIO) est contrôlé par un gang mafieux dirigé par l'avocat Johnny Friendly et Charley Malloy qui n'est autre que le frère de Terry Malloy, ancien boxeur, lui-même docker et qui va participer au meurtre d'un employé qui refusait de se soumettre aux exigences du syndicat et qui voulait dénoncer leurs activités illégales.


Terry Malloy se retrouve alors face à un cas de conscience lorsque Edie Doyle, la sœur de l'homme assassiné lui demande de l'aider dans sa recherche des meurtriers... »


OK tout cela est bel et beau, même si nous ne sommes pas forcément doués en géo, Taulier tu ne nous feras pas avaler qu’Embres&Castelmaure soit un charmant port de pêche.


Soit !


Il n’empêche qu’il y a un quai, celui de la coopé… Vous savez la fameuse coopé qui…


Bon, passons… le feuilleton se continue ailleurs...


SUR LE QUAI MAILING

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 09:30

Clin d’œil c'est dans un immeuble du 5, rue de Solférino que le Rassemblement du Peuple Français (R.P.F.), le mouvement lancé par le général de Gaulle, installa son siège à partir de juillet 1947.


De Gaulle pourfendeur des pratiques politiques de la Quatrième par une phrase cruelle : « des petits partis qui cuisent leur petite soupe au petit coin de leur feu » (discours de Vincennes, 5 octobre 1947) et qui en sera son fossoyeur puisqu’il sera le dernier président du conseil de la IVème république


Ses héritiers ne sont des pauvres caricatures qui ont depuis longtemps soldé l’esprit même des institutions de la Ve République en adoptant les thèses du « Coup d’État permanent » cher à Mitterrand.


C’est dit et voici la suite promise de ma chronique « L’histoire du fils d’un métayer de Teillé : un certain Bernard Lambert paysan et rebelle… » link


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« Après la chute de la IVe République, en 1958, de Gaulle convoqua le corps électoral pour désigner une nouvelle assemblée nationale. 4 candidats se présentèrent dans l’arrondissement : un aristocrate, un radical-socialiste, un poujadiste (c’était une nouveauté dans la région), et le traditionnel cheminot  communiste qui se présentait pour le principe. Le candidat radical sortant, André Morice, semblait imbattable : il y avait plus de dix ans qu’il siégeait au Parlement, avait été récemment ministre de la Défense nationale*, et était généralement considéré comme candidat possible au poste de Premier Ministre. Riche entrepreneur de Nantes, il avait l’assurance des suffrages bourgeois, de par sa position sociale et son étiquette radicale. Mais il avait également assuré ses arrières vers la droite, et avait récemment prouvé sa largeur d’esprit en soutenant les cléricaux sur un projet de loi  scolaire. Personne en France ne semblait aussi assuré d’une réélection.


Morice ne fit qu’une erreur ; il s’opposa au groupe local des jeunes agriculteurs. Quelques jours avant le début de la campagne, il dénonça publiquement les organisateurs de l’abattoir coopératif, les accusant non seulement de tendre vers le rouge, mais aussi de malhonnêteté financière. Les jeunes casse-cou qui tenaient maintenant sous leur contrôle le syndicat régional des agriculteurs en furent indignés ; Morice, déclarèrent-ils, devait  recevoir une bonne leçon. Mais comment s’y prendre ? À la fin d’une réunion qui dura toute la nuit, ils décidèrent de présenter un candidat paysan et de faire de Bernard Lambert leur champion.

 

Lambert lui-même n’avait pas pris part à cette discussion ; il revenait à peine d’Algérie où il avait servi comme sergent après un séjour de deux ans, y faisant une guerre à laquelle il ne croyait pas et où sa conduite lui avait valu d’être décoré. Lorsqu’une délégation alla le trouver le lendemain, il fut surpris et essaya de décliner cette offre : « Je reviens juste de la guerre, j’ai des dettes, je suis trop jeune et d’ailleurs je n’y connais rien en politique ? » Ils le convainquirent d’y réfléchir une semaine, recueillirent une pétition signée d’un millier de jeunes paysans de la région et, en fin de compte, obtinrent son accord.


L’histoire de cette campagne semble tirée d’Horatio Alger. Tous ceux qui comptaient se rangeaient soi derrière Morice, soit derrière le candidat aristocrate ; les gens bien nés, les milieux d’affaires, le préfet et le sous-préfet (dont Morice pouvait favoriser les carrières), les marchands de bestiaux comme un seul homme, tous les membres importants du clergé. Derrière Lambert il n’y avait personne, hormis une horde de jeunes paysans et un nombre considérable de jeunes prêtres qui abandonnèrent pratiquement leurs fermes et leurs ouailles pendant un mois pour se consacrer à la culture politique de l’arrondissement. À la fin du premier tour de scrutin, il y eut ballotage ; Lambert et Morice étaient à égalité ; les autres candidats étaient largement distancés. Le candidat aristocratique se désista aussitôt en faveur de Morice ; pour la première fois, de mémoire locale, le Bleu et le Noir s’unissait en un seul bloc. La phalange des jeunes paysans, point découragée, se jeta dans une action sans relâche de jour et de nuit pendant une semaine – et le miracle se réalisa. Lorsqu’on dépouilla le scrutin de ballotage, on compta 19.636 voix pour Lambert contre 19.229 en faveur de Morice.


Le mode d’élection de Lambert ne fut pas moins orthodoxe que son comportement politique à l’assemblée Nationale. Pendant ses premières années de député, il viola pratiquement tous les tabous de la politique française. Il provoqua les nationalistes en réclamant une paix négociée en Algérie. Il vota pour l’abolition de l’ancien privilège des bouilleurs de cru – acte de courage comme on en ont accompli peu de députés ruraux au cours de l’histoire. Il affirma tout à fait clairement que son propre parti, la catholique MRP, devrait être liquidé le plus tôt possible, les catholiques ne devant pas s’isoler dans un parti confessionnel. Il proposa la création d’un organisme d’État qui achèterait régulièrement toutes les terres mises en vente, en vue de les louer à de petits paysans qui les cultiveraient en coopérative. Il soutint que le mythe de la propriété de la terre par les paysans a été la cause de leur ruine et que, depuis 1789, ils ont déjà acheté au moins trois fois tout le sol français… »


Un tel trublion ne pouvait survivre dans le marigot politique, d’autant plus qu’en 1962 il vota la censure contre le Premier Ministre de de Gaulle à propos de la révision constitutionnelle. Un font anti-Lambert se constitua : les gaullistes qui ne lui pardonnèrent pas son crime de lèse-majesté et tous les conservateurs et les radicaux. Morice ne se représentera pas. Lambert fut défait 15.306 voix contre 18.512 à son adversaire (plus de 2310 suffrages s’étant égarés sur le candidat communiste, le PCF étant le meilleur allié de de Gaulle).


Wright s’interroge « accident spectaculaire ou signe précurseur de forces nouvelles à l’œuvre dans la société française ? »


Après mai 68, Bernard Lambert publiera au Seuil « Les Paysans dans la lutte des classes » avec une préface de Michel Rocard alors patron du PSU.


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à la surprise générale lors d’une élection législative partielle en juin 1969 dans la 4e circonscription des Yvelines, Michel Rocard bat le Premier ministre sortant Maurice Couve de Murville

 

 

C’est le début d’une histoire dont je serai un  petit acteur…


Les paysans ont fait mentir Tocqueville qui remarquait que « les paysans sont les derniers à se lever, mais qu’ils sont aussi les derniers à s’asseoir. »


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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 09:30

Le 12 juillet j’ai bien mangé, j’ai bien bu et j’ai remercié celles et ceux qui m’ont posté un petit message pour mon vieillissement annuel.


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J’en ai profité pour siffler aux Papilles, le restaurant, quelques verres d’un des vins de Frédéric Palacios du Mas de mon Père : Un brin de folie.

 

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Tout ça pour vous rappeler que pour ceux qui ont grêlé  joindre le geste à la parole est un acte d’une grande simplicité.


Pour  alors au-delà de cet acte simple de buvabilité je vous propose de participer à ma bourriche de l’été  dont le premier lot  est « en primeur 2014 » livrable en mai 2015 de Frédéric Palacios du mas de mon père en carton de 6, 60 euros.


Pour commander voici les coordonnées de Frédéric Palacios

 

Le mas de mon père Arzens

04 68 76 23 07    

fmpalacios@orange.fr

 

Je rappelle que ma bourriche de l’été est ouverte à tous les vignerons grêlés qui souhaiteraient qu’on leur donne un petit coup de main, de main à la poche, pour passer ce cap  difficile.


Faites-moi signe et je vous rajoute sur mes lignes.


Bonne journée à tous.

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 00:09

Adolescent j’étais fascinée par les « planches à pain », bien plates, hautes sur pattes, ces compas qui arpentent le monde, androgynes aux cheveux courts, adeptes de la mini-jupe et des chaussures plates, sans fard, natures ! Mes copains me raillaient « il aime les maigres, les sacs d’os… » Je m’en foutais car mon amour était platonique, purement esthétique, un pied de nez à l’ancien monde que nous proclamerions être derrière nous en mai 68.


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Vanessa Redgrave dans Blow Up 1966

 

 

Mes amours de jeunesse, je les ai contées, romancés, « Chantal » link  et « Chantal m'avait dit « j'aime ta semence, elle a le goût du lait d'amande... » link


Digressions pour vous ferrer, vous amener jusqu’à la gardienne implacable du maigre, la tante Valentine. Le vendredi, à la maison, c’était poisson. Nous faisions maigre même si nous mangions rarement du maigre.


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Je vous embrouille à dessein car le Maigre ou Courbine est un poisson rare et cher. Sa chair est délicate et délicieuse. Le maigre (Argyrosomus regius), surnommé « grogneur » en raison des sons qu'il émet au moment du frai, est un poisson de mer, dont l'aire de répartition s'étend de la Norvège aux côtes congolaises, du détroit de Gibraltar aux rives septentrionales de la Mer noire. La population de l'Atlantique nord est indépendante, et se reproduit uniquement dans l'estuaire de la Gironde. Il est pêché principalement sur la façade atlantique de la Gironde au pertuis charentais*. Il ressemble beaucoup au bar, tant par sa forme que par ses qualités gustatives.


« À l'âge adulte, certains spécimens peuvent atteindre une taille de 2 m pour un poids de 60 kg. On trouve plus communément des individus de 50 cm à un mètre, pesant de 10 à 30 kg. Sa longévité ne dépasse pas la quinzaine d'années. Ses populations peuvent grandement fluctuer d'une année sur l'autre, en fonction de la température de l'eau, jusqu'à parfois laisser croire que l'espèce a disparu. En effet, pour favoriser sa reproduction, le maigre a besoin d'une eau à 20-21 °C.


Le maigre est un carnivore. À l'âge adulte, il se nourrit de seiches, de calmars, de poulpes mais ses faveurs vont aux sardines, soles, alosons, mulets et sprats.


Les pêcheurs de l'estuaire de la Gironde le capturent essentiellement en juin et juillet, en utilisant une technique très particulière : la pêche à l'écoute. Le pêcheur détecte les bancs en écoutant les grognements des poissons au fond de sa barque. Cela lui permet alors de poser son filet au plus juste. »


Moi je mange du maigre à une bonne table, chez Bruno Verjus à Table link

 

Le sieur Verjus un petit livre tout bleu « D’Yeu que c’est bon ! » aux éditions de l’Épure (en cours de réédition) link


À la page 56 il nous donne la recette du Maigre tranché aux agrumes.


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« Les agrumes, éloge de l’acide et du sucré, de l’amer et du salé, équilibrent subtilement ces saveurs en d’infinies combinaisons. Tout à la fois fraîcheur et plein soleil, ces agrumes me communiquent une vraie passion. Les voir, les toucher, les sentir égrène en moi joies et plaisirs… »


Pour la suite allez donc chez Bruno à Table il est intarissable sur les produits qu’il nous choisit…


Du côté du vin qui va avec le maigre j’ai sommé le sommelier de Ludo de nous resservir ce super blanc de l’Ardèche qu’il venait tout juste de toucher et dont j’ai oublié le nom…


Dernier détail, à la page 58 de l’opus de Bruno c’est le tour des Maquereaux de l’instant, comme quoi mon titre ne relevait pas de la pure provocation.


* « Le maigre passe l'essentiel de sa vie dans le Golfe de Gascogne qu'il remonte en longeant la façade atlantique.


En mars, il quitte les eaux côtières du pays basque, en bancs compacts, pour entamer sa migration de reproduction. Les maigres longent alors les fonds sablonneux des côtes landaises pour atteindre l'estuaire de la Gironde à partir du mois d'avril. Ils effectuent alors une remontée d'une trentaine de kilomètres qui les mène sur leurs zones de frai, entre Meschers-sur-Gironde et Mortagne-sur-Gironde. Ils y séjournent jusqu'en juillet. Un voyage qu'ils feront chaque année de leur vie. Fin juillet, marque la fin de la période de reproduction, quelques individus s'aventureront alors jusqu'en Seudre (Charente-Maritime) et dans les Pertuis charentais. »

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:00

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Ce matin nos voisins allemands sont heureux, ils ont la tête dans les étoiles : 4 sur le maillot de la mannschaft et sur France Inter la question est posée : à quoi se mesure le bonheur ?


Anthony Gooch, directeur des relations extérieures et de la communication de l'OCDE, et Alexandre Jost, président-fondateur de la Fabrique Spinoza, étaient les invités du 7/9 de France Inter pour y répondre.


Alors je me suis dit je vais ressortir le paradoxe d’Easterlin pour les gens de chiffres :


« Les riches se déclarent souvent plus heureux que les autres. Pourtant, l'augmentation du revenu ne s'accompagne pas toujours d'un accroissement proportionnel du bonheur…

L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue… devrait-on ajouter.

Quand on demande en effet aux habitants d'un pays s'ils sont heureux, les plus riches se déclarent généralement plus heureux que les moins riches.

Mais au cours du temps comme entre les pays, argent et bonheur ne progressent pas au même rythme.

C'est ce paradoxe qu'avait observé Richard Easterlin dans une étude qui date de 1974.

Il montrait notamment que le revenu réel (c'est-à-dire corrigé de l'inflation) par habitant avait progressé aux Etats-Unis de plus de 60 % entre 1946 et 1970 sans que la part des Américains s'estimant « très heureux » augmente dans la même proportion au cours de cette période. »


Alternatives économiques.

 

Pour les littéraires :

 

« Le bonheur est comme la vérole ; pris trop tôt, il peut gâter complètement la constitution » Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet 1853

 

Pour les cinéphiles :

 

« La seule façon d’être heureux c’est d’aimer souffrir »

Woody Allen


Pour les réalistes :


« Qui a dit que l’argent ne faisait pas le bonheur ne savait pas où faire ses courses »


Gertrude Stein


Pour les misogynes :


« Seule la femme mariée peut vous apporter le bonheur… à condition qu’elle soit mariée avec un autre. »


Tobosco Dulcinée du personnage fictif de Don Quichotte

 

L'argent fait-il le bonheur? link

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 00:09

 

« Des tripes & des lettres »pour commettre un tel opus il fallait réunir un triumvirat de choc : celui qui fait, celui qui écrit et celui qui croque, Camdeborde, Lapaque, Tolmer


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Les éditions de l’Épure l’ont fait.


Et moi, tel un pacha gâté, je l’ai reçu bien empaqueté dans le terrier haut perché des mains d’une fée dont l’œil pétille et brille à la seule évocation des modestes abats, ces couilles d’agneau, ces groins de cochon, ces yeux de veau… soudain ennoblis par la magie de la main qui frit.


Souvenir du cochon sacrifié dans l’aire, les soies grillées dans la paille, les deux quartiers fendus, les seaux de sang frais dont on fera le boudin et la fressure « Le sang a disparu des livres de cuisine : en Vendée la fressure résiste contre l’exsangue, alors parlons-en » link


Dans sa préface au petit opus Le Sang aux éditions de l’Epure, Francis Ricard, un toulousain, écrit « Mon arrière-grand-mère portait toujours un tablier sombre. Elle étouffait les pintades. Elle les pendait à une poignée de porte ou elles s’étranglaient dans un battement d’ailes. Elle étouffait les pigeons, un dans chacune de ses mains paysannes. Mais elle saignait les poulets et les lapins. Le sang coulait, généreux, puis finissait par goutter dans l’assiette en fer ; toujours la même. J’observais les bulles qui se formaient et l’irisation de ce liquide noirâtre. Je supposais qu’il était chaud mais j’ai toujours répugné à y tremper un doigt. »


J’écrivais :


Chez moi  c’est la mémé Marie qui tuait, on disait bien tuer, les volailles et les lapins. Elle le faisait simplement, normalement, car pour manger le poulet ou le lapin il fallait bien le tuer. J’ai donc vu couler leur sang dans une petite assiette en fer et je n’ai jamais trouvé cela sanguinaire. C’était la vie, le cycle normal de la prédation alimentaire. La mise à mort du cochon était une affaire d’hommes et beaucoup plus spectaculaire car l’animal braillait et se débattait lorsqu’on le conduisait au sacrifice. Mais là aussi aucune barbarie, aucune méchanceté, on se contentait de tuer le goret au petit matin. Pour les poulets comme pour le goret il y avait après le sacrifice les odeurs du grill et je n’ai jamais aimé ce parfum de crématoire. De nos jours tout cela est externalisé, dérobé à nos yeux, caché, occulté, confié à des professionnels, l’animal apparaît sous sa forme hygiénique sans aucune trace de sa mise à mort. Ainsi le vrai sang disparaît de notre quotidien pour laisser la place au sang humain virtuel qui éclabousse les jeux de nos enfants ou les écrans de télé et de cinéma. Tuer des animaux est un signe de notre barbarie alors que la mort donnée par les armes modernes ou même les plus sommaires fait partie d’une forme ultime du fait divers ou de la guerre lointaine. L’émotion est là, fugace, répétitive, brève. Comme nous n’assumons plus la réalité, il faut tout aseptiser afin que nous puissions supporter les images.


Alors vous comprendrez aisément que j’ai apprécié à sa juste valeur le pastiche de BHL par Lapaque tout comme l’excellent trait de Michel Tolmer  à propos de la sanguette de volaille.


Tous les ingrédients sont assemblés :


-         La barbarie à visage humain le best-seller de BHL

-         La chemise immaculée de BHL

-         Le sang qui coule, généreux, pour finir par goutter dans l’assiette en fer…


Comme je sais que Sabine ne me tirera pas les oreilles je vous propose en amuse-bouche, pour vous inciter à acquérir vite fait bien fait su le gaz de votre gazinière « Des tripes & des lettres », le pastiche de Sébastien Lapaque et l’illustration de Michel Tolmer.


« Retour en France avec un groupe de journalistes emmenés par le Ministre de l’Agriculture. Atmosphère étouffante, ambiance sinistre. Aux portes de la Xaintrie*, des hommes se délectant d’un plat douteux nommé sanguette. Une « spécialité » préparée avec du sang de poulets que l’on vient juste de tuer. Ce meurtre de volaille. Un passage à l’acte. »Un plat traditionnel », ai-je entendu. Traditionnel. L’exhalaison de cet adjectif puant dans la bouche de ces amoureux de la terre. Ce que ces enfants honteux de Maurice Barrès n’osaient pas dire devant moi : la cuisine, elle, ne ment pas. N’étant pas de la tribu des rustiques et n’ayant pas gardé les poules avec ces gens-là, j’ai mesuré le vent sauvage qui enveloppait leur table, une fois de plus, et comme souvent quand il s’agit du fameux terroir célébré par tous les prophètes de la décadence et tous les ennemis des Lumières. Du sang, de la volupté et de la mort. Rien de nouveau sous le soleil de l’idéologie française. Car enfin, les hommes que j’ai observés ce soir-là – il n’y avait parmi eux aucune femme, ce n’est pas l’effet du hasard – ne disaient pas seulement du pain, mais du bon pain et ce bon vin, bien de chez nous, bien français, que n’auront pas les coalisés américano-sionistes. Une façon de parler proprement insupportable. En les observant, je revoyais Barack Obama, dans son bureau de la Maison Blanche. Le Président évoquait pour moi la gastronomie française, ses aspects dévastateurs sur un peuple qui  se croit le plus instruit de la Terre. De la sanguette. Retenez ce nom. J’entrevois dès à présent l’heure sombre où il reviendra accompagné des relents fétides d’une sanglante cuisine. »


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Voilà mes chers lecteurs un opus indispensable aux bons vivants. Il est en vente chez les bons libraires ou ICI link


Pour accompagner ce mets goûteux link ma sommelière préférée, Claire, vous recommande : l’Analepse de Jean-Christophe  Comor.link


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J’adore !


* Analepse : figure de style dans laquelle on remonte le temps.

 

* La région est située au sud du Limousin, dans le département de la Corrèze, à la rencontre de l'Auvergne et du Quercy. 


On distingue deux régions en Xaintrie :


-         La Xaintrie Blanche au nord de la Maronne, plus agricole (canton de Saint-Privat)

-         La Xaintrie Noire au sud de la Maronne, plus pauvre et plus boisée (canton de Mercœur).

 

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 00:09

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Pour ne rien vous cacher, l’acculturation historique conjugué à un individualisme forcené, qui règne sur les réseaux sociaux me fatigue, m’exaspère. Réflexion de vieux con m’objectera-t-on, j’assume, persiste et signe.


Rassurez-vous je ne vais ni me lamenter, ni m’affliger, ni ferrailler, mais me contenter de témoigner par plume interposée.


L’une de mes faiblesses c’est que pour aimer j’ai besoin d’admirer.


Bernard Lambert fait partie de ceux qui ont compté dans ma « fabrication » link


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Ce qui suit est de la plume de Gordon Wright, qui fut chef du département d’histoire de l’Université de Stanford en Californie. Un très grand historien qui pendant de longues années s’est penché sur l’histoire de la France contemporaine et a écrit un livre majeur « La Révolution rurale en France » en 1964, traduit et publié aux éditions de l’Épi en 1967. Ouvrage indispensable que les ruralistes de comptoir feraient bien de lire avant d’aligner comme des saucisses leurs hautes pensées sur la grande mutation qui a touché la France agricole et rurale au cours du XXe siècle.


Wright écrit « Ma première incursion sérieuse dans la campagne française eut lieu en 1950-51, alors que l’on pouvait déceler les tout premiers débuts de la mutation fondamentale. En réalité « déceler » est probablement un mot trop positif ; on pouvait conjecturer les signes de changement, les deviner, plutôt que les voir ou les démontrer.


Ma seconde visite, en 1960, m’amena dans bon nombre des villages déjà visités dix ans auparavant… D’autres ont été choisis parce qu’ils semblaient susceptibles d’apporter des lumières sur un phénomène différent – la montée d’une nouvelle élite dans les campagnes.


Élite, le gros mot est lâché… l’intelligence du fils d’un métayer de Teillé… loin des petits marquis d’aujourd’hui, du type Nossiter, qui pensent à la place de la piétaille, profitent d’une belle cause pour ne cultiver que l’ego…


Le texte de Wright est long. Je vais le tronçonner en 2 épisodes. Pas sûr que ça fasse le buzz mais j’aurais au moins le sentiment du devoir accompli.


Teillé : tradition féodale et révolution paysanne


« Le village de Teillé se trouve dans les marges méridionales de la Bretagne, dans l’agréable région de pâtures voisine de Nantes. Le receveur des P.T.T, avec un rien de fierté, montre le chemin de la ferme de Bernard Lambert, un des plus jeunes députés du Parlement français.


C’est une région où la féodalité, bien qu’officiellement morte en 1789, a survécu en esprit et dans les mœurs jusqu’à nos jours. Une grande partie des terres était exploitée en métayage jusqu’en 1945 ; les propriétaires pouvaient venir faire un tour sans prévenir pour surveiller la moisson, regarder ce qui se préparait en cuisine, prendre dans la basse-cour un poulet pour l’emporter. Certains parmi les plus vieux paysans continuent à saluer en se courbant lors d’une telle visite et s’adressent au propriétaire en l’appelant « Monsieur notr’maître ». Bernard Lambert rapporte qu’en 1938 son père, un métayer, avait gagné une radio dans une tombola – la première qu’on eût vue à Teillé, qui l’admiration et l’enchantement de tout le village. Deux jours après, le propriétaire se présentait : « Lambert, vous me devez de l’argent ; pas de luxe chez vous tant que vous avez des dettes. Je vais prendre la radio et je la créditerai à votre compte. » « Un bon moyen de faires des communistes », fait sèchement remarquer le jeune Lambert.


Au point de vue politique, les anciens aristocrates ont conservé une forte emprise sur la région ; les noms à particules sont nombreux au Conseil Général, et on les retrouve souvent aussi au Parlement. Au début du siècle, la vieille élite fut concurrencée par les bourgeois radicaux-socialistes, qui trouvèrent assez d’appuis dans les villes et les cités pour faire élire quelques députés. Ni la démocratie-chrétienne, ni le marxisme ne parvinrent à percer dans la région. C’était là un exemple classique de la vieille tradition rurale : d’un côté les aristocrates, l’église et la paysannerie ; de l’autre la bourgeoisie anticléricale.


Lambert se révolta très jeune contre cet état de choses ; il s’y opposa dès l’âge de 12 ans. Jusqu’alors il avait accepté son état de fils de métayer et de fidèle catholique ; le curé, rapporte-t-il, en avait fait un bon royaliste et même, pour un temps, « un petit pétainiste. Puis, quelque chose vint lui ouvrir les yeux (comme il le dit maintenant) ; en 1942, il cessa d’un coup d’aller à la messe – d’un coup, et définitivement. Pourtant la rupture ne fut jamais totale de part et d’autre ; après la guerre, lorsqu’un nouveau curé fonda une section locale de la JAC, Lambert y fut accueilli comme membre malgré son refus de revenir au bercail. C’est là qu’il eut pour la première fois l’occasion de discuter de questions d’agronomie ; d’économie et de politique, dans une ambiance de liberté remarquable. Il lut voracement, découvrit qu’il possédait une réelle facilité d’élocution naturelle, fut entraîné (comme Michel Debatisse) à des responsabilités régionales, puis nationales, dans la JAC. Pendant ce temps, quelques jeunes voisins et lui entreprirent de travailler conjointement les petites fermes qu’ils tenaient en métayage et fondèrent un petit abattoir coopératif pour damer le pion au puissant monopole des marchands de bestiaux. Bientôt, ils remplacèrent leurs aînés qui avaient jusque-là dirigé le syndicat des agriculteurs, et le prirent totalement en main. Au bout d’un an, l’âge moyen  des dirigeants du syndicat régional passa de 65 à 30 ans. Leur coopérative d’abattage, harcelée par les chevillards furieux qui contrôlaient tous les débouchés sur le marché dans des villes comme Nantes, où elle organisa des ventes directes à  des groupements organisés de consommateurs et à des syndicats… »


à suivre…

 

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 10:52

 

Nous avons fêté mes 66 balais dès minuit au terrier de Ménilmontant où le noyau de mes amis avait organisé une surprise-partie. Mon vieux cœur a fondu comme un petit LU trempé dans autant de bonheur. Merci à ma petite bande d’apaches pour cette très belle et chaude soirée.


Au lever, des brassées de bon anniversaire sur face de Bouc et un beau score sur mon blog : 2137 visiteurs et 3396 pages lues…


Alors avec mon esprit folâtre je me suis souvenu du dernier livre lu : Enrico de Mouloudji, l’enfant de Belleville, publié en 1944 dans la collection blanche de Gallimard et qui a reçu le prix de la Pléiade.


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Il a été réédité par les soins de sa fille Annabelle  qui a imaginé aussi un CD pour les 20 ans de la mort du chanteur, dans lequel prend part, entre Chedid, Chamfort, et son frère.link


« Excellent écrivain, Mouloudji a raconté dans ses livres ses origines très modestes. Kabyle par son père, un maçon analphabète, Breton par sa mère qui, quand il a 12 ans, est internée chez les fous. Annabelle raconte : «Il ne nous en parlait jamais, nous étions convaincus qu’elle était morte. Et puis un jour de 1992, Grégory reçoit un appel de Bretagne : notre grand-mère venait de mourir, à 91 ans, après avoir passé cinquante-huit ans dans un hôpital psychiatrique.»


« L’humanité me dégoûte, pensai-je, mon père, ma mère, mes parents qui me battent, qui me font souffrir plus qu’ils ne pensent. Oh ! ces cours grises, cette vie, ces boucheries pour toutes denrées, cette danse macabre des ménagères hargneuses, toutes porteuses de germes maternels, qui traînent dans les marchés avec des sacs à main remplis de provisions pour leur fourmilière. Je sens la mastication familiale du midi de toutes les bouches humaines. Et pourtant, quand je vois un corps écrasé sur une charrette, je compatis niaisement avec la foule ; et même si ma mère était la dernière des putains et mon père le plus abruti des charretiers, je les aimerais toujours autant. Si quelqu’un disait quelque chose de mal sur ma mère, je le filerais par terre…»

 

Merci pour tout mes chers amis du bout de mes lignes, je vous aime...

 

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