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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 00:09

Même si c'était bon pour le slow de drague de bal de campagne du dimanche Hervé Vilard a tant bassiné ma génération avec son Capri c’est fini que je ne puis m’empêcher de vous proposer d’écouter et de visualiser les 4 mn de l’une de ses œuvres méconnues : « Le Vin Corse » cosignée par T.Cutugno - Lulac - R. Ferri - D. Barbelivien - H. Vilard. Vous pouvez télécharger sur votre téléphone portable cette œuvre impérissable.


Pour vous reposer de ces 4 mn d’intense bidonnade je vous offre le « tango Corse » interprété par Fernandel avec ce quatrain culte :


Un jour des musiciens du nord

On joué trop vite et trop fort

Un vrai tango de salarié !

On ne les a jamais retrouvés !


L’œuvre des 5 tâcherons.


Le vent m'emporte dans la région de Corte / Et les guitares racontent / Que l'Empereur avait choisi l'honneur / Pour effacer la honte /Je suis sous ta fenêtre, ivre mort / La musique de la fête tourne encore / Le vent m'emporte dans la région de Corte /Et mon amour est mort

 

Le vin de Corse m'avait donné la force / De t'avoir dit je t'aime / Le vin de Corse me réchauffe le corps / Et tu n'es plus la même / Les bateaux se baladent dans l'eau bleue / De la mer Ajaccienne et dans mes yeux / Le vin de Corse a des reflets soleil / Couleur des jours heureux

 

Dans la lumière / Y a des amoureux tout autour de moi /  Moi j'ai fait le tour de la terre / La terre, c'est rien sans toi / Encore un verre / Ce soir je te dirai pourquoi je bois / Pache Salute et Salute Pache

 

Le vin de Corse m'avait donné la force / De t'avoir dit je t'aime / Le vin de Corse me saoule comme un gosse / Et tu n'es plus la même / Sous une pluie d'étoiles / J'ai envie de jouer avec le feu cette comédie / Mais toutes ces femmes / Qui te ressemblent un peu m'entraînent dans la nuit

 

Je suis sous ta fenêtre ivre mort / La musique de la fête tourne encore / Le vin de Corse m'avait donné la force / Et notre amour est mort

 

Le vin de Corse m'avait donné la force / De t'avoir dit je t'aime / Le vin de Corse me saoule comme un gosse / Et tu n'es plus la même / Je suis sous ta fenêtre ivre mort / La musique de la fête tourne encore / Le vent m'emporte dans la région de Corte / Et notre amour est mort

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 00:09

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Les adeptes des réseaux sociaux adorent s’enflammer comme de l’étoupe. Dénoncer, combattre, mettre au piquet les affreux, sales et méchants. Dans le lot le bouc-émissaire idéal est souvent le fonctionnaire au front bas, planqué dans son bureau poussiéreux, abrité derrière ses piles de circulaires, grincheux, inefficace, obtus, intraitable, qui passe son temps à pourrir la vie de ses concitoyens. Les pires bien sûr sont ceux qui contrôlent et verbalisent.


De tous les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture des corps de contrôle les moins connus sont ceux de la Protection des Végétaux.

 

Pourquoi diable protéger les végétaux me direz-vous ?


«  Le ministère en charge de l’agriculture conduit de nombreuses actions pour la prévention et la gestion des risques sanitaires et phytosanitaires inhérents à la production végétale.


Les services de la protection des végétaux ont ainsi trois principaux objectifs : la veille sanitaire et phytosanitaire ; le contrôle des conditions de production des végétaux ; la promotion de pratiques agricoles plus respectueuses de la santé et de l’environnement. La Direction générale de l’alimentation élabore la politique de protection des végétaux et de contrôle de la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et en surveille l’utilisation. Elle coordonne le contrôle et la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM), élabore les plans de surveillance et de contrôle des résidus de produits phytosanitaires dans les denrées végétales et les milieux et veille à leur mise en œuvre. »


Si ça vous dit allez voir ICI link 


La semaine dernière il y eu donc l’affaire Emmanuel Giboulot link  


Mon but ici n’est ni de prendre la défense du service de la protection des végétaux, ni de m’instaurer en médiateur ou en arbitre dans la mêlée médiatique mais tout simplement de vous informer sur ce qu’est la flavescence dorée et sur les moyens alternatifs qui peuvent être utilisés dans la lutte contre la maladie en vous donnant la possibilité de lire :


1-      une thèse sur la flavescence en bio « mémoire Pyrèthre naturel et stratégie de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée en viticulture biologique ». mémoire de fin d’étude de Tiphaine Ripoche link


2-     les dernières découvertes génétiques de l'INRA sur la flavescence dorée de la vigne link 


Retenez 2 points importants :


-          Il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie, le seul moyen de limiter sa propagation est donc de lutter contre son vecteur.


-          Les plans de lutte obligatoire contre le vecteur, basés sur l'utilisation d'insecticides de synthèse, sont polluants, coûteux, et peuvent générer à terme le développement de résistances et des effets indésirables sur l’environnement. (INRA).

 

Grand merci à mon ami Olivier un vigneron comme je les aime  qui prend le temps d'éclairer ma lanterne. La citation du titre est de Picasso.


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EXTRAITS


1-      INTRODUCTION du Mémoire de Tiphaine Ripoche


La flavescence dorée est une maladie phytoplasmique qui ravage les vignobles français depuis les années 50 et qui est aujourd’hui présente dans la majorité du vignoble européen. C’est une maladie épidémique qui se propage rapidement grâce à son vecteur, la cicadelle de la flavescence dorée (Scaphoideus titanus) et par le matériel de multiplication contaminé. Il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie, le seul moyen de limiter sa propagation est donc de lutter contre son vecteur. En 1994, une lutte insecticide obligatoire est instaurée contre la cicadelle de la flavescence dans les vignes de production situées dans un périmètre établis en fonction de la présence de la maladie : le Périmètre de Lutte Obligatoire. Celui-ci ne cesse de s’étendre chaque année. Aujourd’hui, en Aquitaine, 90% du vignoble est situé dans le PLO (Chiffres SRAL Aquitaine)


Cependant, la mise en place de programmes de lutte contre la cicadelle vectrice ne semble pas éviter la dissémination de la maladie dans les vignobles aquitains : de nouveaux foyers sont découverts chaque année. Par exemple, en Gironde, 47 nouvelles communes contaminées ont été découvertes en 2011 (Données SRAL Aquitaine)


La lutte obligatoire est accompagnée d’une surveillance active des populations présentes dans les vignobles, par piégeage de cicadelles adultes. Or, certains techniciens effectuant les relevés de ces pièges affirment observer un taux de piégeage plus important dans des parcelles menées en viticulture biologique (ou à proximité de celles-ci) que dans celles menées en culture conventionnelle. Ces observations ne sont pas généralisables ni chiffrées mais elles sont suffisantes pour interpeller sur la stratégie de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée dans les vignobles biologiques. Un seul insecticide biologique est actuellement homologué contre la cicadelle de la flavescence dorée : le Pyrévert qui est à base de pyrèthre naturel. Les diverses structures professionnelles, dont le travail est en lien avec la lutte contre la flavescence dorée et/ou la viticulture biologique, se sont réunies avec la firme Samabiol qui commercialise le Pyrévert ; il a été décidé de mettre en œuvre une étude permettant de faire le point sur la situation et d’identifier les éventuels problèmes lié à l’utilisation du Pyrévert.


 

Cette étude, fondée sur une approche « de terrain », repose sur le suivi de 50 parcelles de vignes biologiques d’Aquitaine traitées au Pyrévert. L’objectif est d’obtenir un aperçu global de la situation dans les vignobles biologiques aquitains afin d’estimer si les observations ponctuelles mentionnées précédemment sont généralisables à l’ensemble du vignoble biologique. Les résultats obtenus devraient nous en apprendre plus sur l’action et le comportement du Pyrévert utilisé dans des conditions réelles. Cela nous permettrait de définir une utilisation optimale du produit et d’élaborer, pour la viticulture biologique, une stratégie de lutte adaptée et efficace contre la cicadelle de la flavescence dorée.


La démarche adoptée pour répondre à cette problématique comprend dans un premier temps un suivi des populations de cicadelles présentes sur des parcelles traitées afin de mesurer l’efficacité de la lutte. Ensuite on cherchera à expliquer ces résultats en identifiant quels paramètres influencent le plus l’efficacité du traitement En particulier, est étudiée l’influence du nombre de traitements ainsi que les positionnements et les conditions dans lesquelles sont faits ceux-ci. Seront aussi pris en compte les facteurs environnementaux et les pratiques culturales propres à chaque parcelle. Cela permettra ainsi d’établir les conditions optimales d’utilisation du pyrèthre naturel et d’adapter la stratégie de lutte en conséquence. En parallèle, cette étude permet aussi de faire le point sur les pratiques adoptées par les viticulteurs en ce qui concerne les traitements au Pyrévert.


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2-      L’origine de la flavescence dorée vu par l’INRA


Les études génomiques ont permis de montrer que les souches de phytoplasmes responsables de la flavescence dorée sont d'origine européenne et qu'elles pré-existaient dans des plantes sauvages telles que l'aulne et la clématite, avant d'être introduites dans la vigne. L'insecte vecteur Scaphoideus titanus est d'origine américaine. Il aurait été introduit en France lors de l'importation de porte-greffes américains pour lutter contre le mildiou et le phylloxera, au début du 20e siècle. Scaphoideus titanus aurait largement contribué à l'expansion rapide de la flavescence dorée en France et en Europe.


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La flavescence dorée préexistait chez des plantes sauvages en Europe


A partir du séquençage du génome du phytoplasme de la flavescence dorée, des marqueurs génétiques ont été isolés. Ils ont permis d'étudier la diversité moléculaire des phytoplasmes de la flavescence dorée afin de mieux comprendre l’origine de cette maladie, d’identifier de nouveaux réservoirs et de suivre la propagation des différentes souches au vignoble. Ces études ont montré l’origine européenne du phytoplasme de la flavescence dorée, avec comme réservoir hôte originel des plantes sauvages, dont l'aulne et la clématite. En effet, les souches des trois groupes génétiques de phytoplasmes responsables de la flavescence dorée (FD 1, 2 et 3) sont identiques ou proches de certains isolats présents dans l'aulne. Ces phytoplasmes auraient pu être transmis accidentellement à la vigne par une autre cicadelle Oncopsis alni, comme l'a démontré une équipe allemande. Des phytoplasmes identiques à des souches de type FD3 ont aussi été identifiés dans des clématites blanches à proximité de parcelles de vignes mais également dans des zones non viticoles en Italie et dans les Balkans. Des études italiennes ont noté la présence d’insectes fréquentant les clématites en sous-bois et la présence de Scaphoideus titanus de manière sporadique sur cette plante. Un fulgore Dictyophara europaea a aussi été observé dans ces écosystèmes, or on sait qu’il peut être porteur de phytoplasmes identiques à la souche FD 3 et capable de l’inoculer à la vigne. Il y a donc plusieurs hypothèses pour expliquer le passage du phytoplasme des plantes sauvages vers la vigne.


Quoiqu'il en soit, la maladie a été caractérisée pour la première fois en 1949 sur la vigne en Armagnac. Cette année-là, la flavescence dorée ne concernait que très peu de ceps regroupés dans une zone géographique restreinte. Le vecteur majeur S. titanus aurait ensuite accéléré la transmission de la flavescence dorée de vigne en vigne.


Toutefois, la faible diversité génétique, la rapidité de propagation au vignoble ainsi que l’absence de différences de virulence entre souches suggèrent que les souches prédominantes aujourd’hui ont été propagées par le transport de plants de vignes contaminés, relayé ensuite par la transmission naturelle par l’insecte vecteur.


Le vecteur majeur S. titanus est arrivé en Europe au début du 20e siècle


D’après les données historiques, la cicadelle S. titanus a été accidentellement introduite d'Amérique du Nord en Europe au début du siècle dernier. Dans sa zone d’origine, peu d'individus sont observés sur les vignes cultivées, la plupart des captures sont réalisées dans le compartiment sauvage, principalement sur des espèces sauvages de Vitis. En Europe, la cicadelle a été observée pour la première fois en 1958 dans un vignoble du sud-ouest de la France et s'est répandue rapidement dans une grande partie du vignoble français, puis a colonisé l’Italie, la Suisse, le Sud et une grande partie du Centre de l'Europe.


La caractérisation génétique des populations de S. titanus américaines et européennes  a pu montrer que les populations européennes proviennent d’une seule introduction depuis les États-Unis (un haplotype majoritaire en Europe) et que la région viticole de la côte Est des États-Unis est l’origine la plus probable des populations européennes.


L’introduction de la cicadelle pourrait être liée aux intenses importations de bois de vigne depuis les États-Unis destinées à lutter contre la crise du mildiou et la crise phylloxérique en Europe, et qui, dans leur grande majorité ont été effectuées avant 1930. Pendant cette période, un grand nombre d’œufs de S. titanus ont probablement été introduits à plusieurs occasions et en provenance de la même région du Nord des États-Unis. La reconnaissance des voies de colonisation en Europe seront des éléments indispensables pour évaluer ‎l'impact des méthodes de lutte sur la dissémination des populations introduites.‎


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3-      Les Moyens de lutte alternatifs et durables


 

Les plans de lutte obligatoire contre le vecteur, basés sur l'utilisation d'insecticides de synthèse, sont polluants, coûteux, et peuvent générer à terme le développement de résistances et des effets indésirables sur l’environnement. Les recherches actuelles ont pour objectif de mettre en place des stratégies de lutte permettant une diminution des intrants.


Brouiller l’écoute


L'accouplement chez les cicadelles met en jeu une communication utilisant des signaux vibratoires transmis par la vigne. Les mâles émettent des vibrations perçues par les femelles qui leurs répondent si elles sont disponibles pour s'accoupler. La nature de ces vibrations (intensité, longueur d'onde, fréquence) renseigne le mâle sur la localisation de la femelle et sur sa disponibilité. Une technique de lutte possible contre la cicadelle consiste à émettre des vibrations créées artificiellement afin de perturber la communication entre les deux sexes. Le but étant que le mâle ne puisse plus localiser de femelles et qu'il n'y ait donc plus, ou peu, d'accouplements. Les premiers essais menés en Italie ont été concluants en laboratoire et au vignoble.


Application des stratégies de type "push-pull"


Ces stratégies actuellement à l’étude consistent à manipuler le comportement des insectes via l'utilisation simultanée de stimuli attractifs et répulsifs : la culture est rendue répulsive par utilisation par exemple du kaolin, tandis que des produits attractifs (par exemple des extraits végétaux de différentes espèces américaines de Vitis) permettent d'attirer les ravageurs dans une zone où ils seront détruits. La concentration des insectes dans une zone précise permet de mieux contrôler leurs populations avec de plus faibles quantités d'insecticides ou grâce à l'utilisation ciblée de méthodes alternatives. Cette technique de push-pull a déjà donné des résultats prometteurs en Israël, contre des vecteurs de phytoplasmes de la vigne tels que Hyalesthes obsoletus.


Recherches de vignes moins sensibles


Les chercheurs de l'Inra ont initié un programme de recherche de résistances naturelles au phytoplasme et au vecteur au sein du genre Vitis. Ces travaux de phénotypage sont menés par observation des symptômes et quantification de la multiplication des phytoplasmes après inoculation par le vecteur en serre de haut confinement. L'objectif à court terme est d'identifier des assemblages porte-greffe/greffon plus résistants à la maladie, puis, à plus long terme, de caractériser les bases génétiques de la résistance.

 

Dernière minute le BIVB communique : FLAVESCENCE DOREE : UN PREMIER BILAN RASSURANT, MAIS LA VIGILANCE RESTE DE MISE

 

Confronté à la Flavescence Dorée, comme presque tous les vignobles français, la Bourgogne s’est « largement mobilisée pour réagir. Le dispositif régional de lutte, mis en place en 2013 se devait d’être très énergique pour répondre à l’urgence. Dans ce cadre, plus de 3 000 professionnels, accompagnés par les organismes référents, ont réalisé une prospection « pied à pied », afin d’endiguer l’extension de cette maladie. Il s’agissait de repérer au plus tôt les pieds malades, pour les arracher.


A l’heure du bilan intermédiaire (bilan définitif mi-décembre), ce dispositif est une réussite.


Pour le moment, seuls quelques nouveaux cas ont été constatés (dont Meursault, Mercurey, Viré et la Chapelle de Guinchay). Ces contaminations restent donc limitées, au regard du caractère très épidémique de la maladie, et maîtrisées.


 

La vigilance et la mobilisation restent primordiales pour 2014.


 

Pour mémoire, cette maladie est transmise par la piqûre d’un insecte mobile (cicadelle de la Flavescence Dorée). Une fois un pied contaminé, il n’existe aucun traitement. Il doit être arraché. Si une parcelle est touchée à plus de 20 %, elle doit être détruite. Les principaux moyens de lutte sont le traitement à l’eau chaude des plants, l’arrachage des pieds malades et la régulation des populations de l’insecte vecteur.


 

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 10:00

 

 

Comme on me fait le coup au moins une fois par semaine, les filles surtout, je me permets en ce début du dernier mois de l’année de me glisser dans la peau de John Malkovich.link 


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Malgré mon ego aussi gros qu’une montgolfière je pense ne ressembler que de très loin au grand John. Cependant, je partage avec lui deux amours : la mode et le Luberon.  


« Son amour de la mode, tout comme sa passion des livres, aide John Malkovich à défendre un certain art de vivre, qui fait de lui l'un des américains les plus européens de son époque. Son éclectisme est aussi savoureux que son sens de la mise en scène. L'acteur se glisse dans la peau de John Malkovich couturier avec un naturel qui désarçonne. » Laurence Benaïm le Monde du 14 mars 2003.

 

Répondant à cette journaliste il déclarait, entre autre, « Bien m'habiller, c'est une manière de bien contrôler la situation. » ou « Faire des vêtements, c'est peut-être une façon de s'en guérir ». Plus fort encore, lorsqu'il rapporte cette anecdote personnelle « Je me souviens encore du jour où ma grand-mère m'a offert le même imperméable que mon frère. Une expérience atroce : je devenais son jumeau. En fait, la mode m'a permis de refuser toute forme de soumission. Depuis cette date, personne ne m'a jamais acheté de vêtements. Lorsqu'un jour une petite amie m'a dit : «Merveilleux, maintenant je pourrai te faire ta valise», j'ai rompu immédiatement. Ma garde-robe, c'est ma propriété privée. Je suis tellement maniaque qu'il m'arrive même de repasser mes chemises... »


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Ludovic Carème © 

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« Pour le Luberon, Malkovich y a vécu pendant des années, je crois qu'il l'a quitté récemment, mais peu importe, ce qui compte pour moi - j'entends déjà les railleries sur ce haut-lieu des néo-bourgeois parisiens - c'est qu'il a été séduit par ce petit coin de paradis. Je l'ai découvert par Michel H, grâce lui soit rendue. J'y suis retourné régulièrement grâce à Jean-Louis. Je ne me lasse jamais de la beauté des paysages. J'aime y marcher, y réfléchir et y écrire. J'y ai été heureux. Pour en revenir à John j'aime beaucoup ce qu'il répond lorsque la journaliste lui pose la question s'il se sent encore américain depuis qu'il a choisi de vivre en France : « Pour moi, être américain, c'est être international avant tout... Etre américain, ce n'est pas être pour ou contre Bush, c'est défendre une certaine capacité à savoir s'adapter à toutes les circonstances de sa vie. » Alors, dit comme ça, je me sens américain, un tout petit peu dans la peau de John Malkovich »

 

Alors parigot et gotes têtes de linottes si vous souhaitez vous saper à la technobohemian by John Malkovich je vous joins le carton d'invitation.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 00:09

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Chers lecteurs j'ai allégé pour vous la présentation graphique de mon blog. Si vous êtes nostalgique de l'ancien portail vous pouvez aller le consulter sur www.berthomeau.com. Bonne lecture.

 

 

« Un mot venu  d’Allemagne, qui eut plus de vitalité, fut trinquer de trinken, boire, qui signifiai boire à la santé en choquant les verres. Etait-ce pour chasser le diable qui risquait de s’y trouver ? » nous explique Renée Elkaïm-Bollinger dans son article « Toasts, santés et grand boire boire » paru dans les Cahiers de la Gastronomie ».

 

De la philotésie des Grecs, la cérémonie du boire à la santé des uns des autres, à la trinquerie de Rabelais jusqu’à nos jours, la gestuelle et les paroles qui vont avec sont devenues un rite, surtout du peuple. « Le dictionnaire Larousse du XIXe siècle, avance que le mot et la chose n’ont pas été adopté par les hautes classes : pourtant il semble que madame de Sévigné y ait fait allusion, et plus tard Marivaux, dans le Jeu de l’Amour et du Hasard : « Je n’ai jamais refusé de trinquer avec personne »  note Renée Elkaïm-Bollinger.

 

Petit florilège littéraire :

 

En examinant plus attentivement la séduisante virago, il me sembla vaguement que je la reconnaissais pour l'avoir vue trinquant avec quelques drôles de ma connaissance (Baudelaire, Poèmes prose, 1867, p. 104)

 

J'ai été fâché de ne pas trinquer ensemble avant mon départ, d'autant plus que je t'avais donné la veille une assez pitoyable idée de moi, en ne buvant pas et en ne mangeant pas (Flaubert, Correspondance., 1841, p. 86).

 

Il aurait pas fallu qu'il en parle de politique, surtout quand il avait bu un peu, et ça lui arrivait. Il était même noté pour trinquer, c'était son faible (Céline, Voyage au bout de la Nuit, 1932, p. 574).


 

Nous levons donc toujours nos verres, nous les choquons, avec celui ou celle ou ceux avec lesquels nous nous  apprêtons à boire en formulant un vœu, un souhait, un engagement : la santé, l’amour, la réussite d’une entreprise, à un problème résolu… que sais-je la liste n’est pas limitative.  


Existe-t-il une plus belle preuve de la sociabilité du vin ?


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Certains esprits chagrins vont me rétorquer que les verres n’en sont pas forcément emplis, que d’autres breuvages spiritueux ou fermentés y prennent place. Que la trinquerie est aussi une affaire de poivrots choquant les chopes ou leurs apéros au bord des bars. J’en conviens et je suis même prêt à faire mien le vieil adage « Lorsque les parents boivent les enfants trinquent » mais n’est-ce pas le propre de l’homme que se laisser emporter parfois par ses excès. Pour autant, la convivialité est de notre côté et que les méfaits de l’abstinence ne sont pas comptabilisés par nos statisticiens. Sauf que notre boulimie médicamenteuse est sans aucun doute le symptôme de dérèglements profonds de notre vivre ensemble.


Nos amis les Anglais qui ne font jamais rien comme le commun se sont « piqués, écrit Voltaire, en 1770, de renouveler plusieurs coutumes de l’Antiquité, boivent à l’honneur des dames : c’est ce qu’ils appellent toaster, et c’est parmi eux un grand sujet de dispute si une femme est toastable ou non, si elle est digne ou non qu’on la toste. »


Renée Elkaïm-Bollinger s’interroge sur « quels sont les critères de cette tostabilité féminine » ? et « quelles étaient les proportions de femmes tostables dans un dîner » ?


Toaster les douelles d’une barrique tous les grands amateurs savent ce que c’est, du moins je l’espère pour eux car ça se retrouve dans leurs verres. Bien évidemment dans les assemblées de mâles, qui sont plutôt la règle dans le monde du vin, porter des toasts fait partie intégrante du cérémonial.


Rappelons-nous le fameux « A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent. Par Saint Georges, Vive la cavalerie ! 

Toast de la cavalerie, cité par J. Chirac, sorti de Saumur.

 

Renée Elkaïm-Bollinger nous éclaire « Le mot toster, griller, rôtir, vient de France et désignera en Angleterre une rôtie, puis reviendra en Europe, indispensable aux banquets politiques. Le maître de maison, à la fin du repas, mettait une croute de pain rôtie, au fond de la coupe, versait la boisson par-dessus, et faisait circuler la coupe, jusqu’à ce que le dernier buveur, savoure son croûton imbibé d’alcool. »


Lire les 2 chroniques ci-dessous qui montrent l’importance du toast dans les relations humaines :


« Kempei ! » cul sec de petits verres de shiao shin JP Raffarin éméché chantait avec ses petits camarades l’Internationale dans un mini-bus le ramenant à Tatsin en Chine »link


« Les 53°du Moutai au service de la diplomatie chinoise de Mao… à nos jours »link 


Renée Elkaïm-Bollinger conclut son article en soulignant que « les pratiques actuelles des apéritifs ne datent que de deux siècles à peine »


Elle cite l’étude sociologique : nouveau regard sur les Français et l’apéritif conduite par Jean-Pierre Poulain link et note que sont « apparues de nouvelles formes de convivialité, dans lesquelles l’aliment tint une place significative. Les femmes préparent et mettent en scène ce moment par le biais de la nourriture et des accessoires la contenant. Amuse-gueules, tapas, mezzés, kémias, tout est sur la table, à l’avance. Plus de va-et-vient cuisine/salon pour découper et surveiller les cuissons. Tout le monde peut parler et trinquer. »

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 00:09

 

 

Même les plus ignorants des petits loups et des petites louves ont vaguement entendu causer d’un certain Dreyfus qui a provoqué une affaire au tout début du très lointain XXe siècle. C’était un capitaine qui se prénommait Alfred. Le mien, lui, c’est Louis et c’est à sa manière un capitaine d’industrie. J’y reviendrai. Bien sûr, les footeux se souviennent de Robert-Louis qui a englouti une fortune dans le tonneau des Danaïdes de l’OM sans récolter le moindre trophée. Sa veuve Margarita Louis-Dreyfus tient toujours, avec plus de parcimonie, les cordons de la bourse du club emblématique de la cité phocéenne.


Mais pourquoi diable m’étendre sur la saga de cette « grande société familiale, pratiquement inconnue en France, son pays d’origine. » dixit le Lloyd’s List en 1994 ?


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Pour plein de bonnes raisons :


-          La première : Philippe Chalmin dans Cyclope note le «  Retour à ses racines: Louis Dreyfus développe un terminal céréalier à Odessa où l'opérateur était présent avant 1914 ! »


-          La seconde : le journal le Monde s’intéresse aux « Très secrets rois des matières premières link  et note que « la Suisse héberge plus de 400 sociétés de trading »link


-          La troisième c’est que lors de mon compagnonnage avec Michel Rocard j’ai pu croiser, par l’entremise de Jean Pinchon salarié de LD et président de l’INAO, Gérard-Louis Dreyfus, qui vouait à mon boss une admiration sans bornes.


Si vous avez le temps ouvrez les liens pour mieux comprendre ce que sont ces fameux traders en matières premières « cette profession peu connue du grand public alors qu'elle joue un rôle-clé dans l'approvisionnement des consommateurs, direction Genève, le centre européen physique du négoce des matières premières. »


« Genève est la plaque tournante du négoce international des matières premières. D’après l’Association genevoise du négoce et de l’affrètement (GTSA), une organisation professionnelle fondée en 2006, l’arc lémanique Genève-Lausanne comprend plus de 400 sociétés de trading. Les quelque 150 autres firmes de ce secteur domiciliées en Suisse sont installées aux environs de Zurich et au Tessin.


Quatre catégories de traders opèrent sur les bords du lac Léman et dans le canton de Vaux. Il y a d’abord les groupes présents sur plusieurs créneaux du marché, à l’instar de Glencore ou de Trafigura.


Viennent ensuite les compagnies expertes d’une matière première comme l’énergie (Vitol, Mercuria, Gunvor). On recense aussi les entreprises spécialisées géographiquement (dans le brut russe ou kazakh) ou sur des lignes de produits biens spécifiques comme les matières agricoles (Louis Dreyfus, Cargill, Bunge). Celles-ci ont élu domicile dans la partie francophone du pays.


S’ajoutent enfin à ces trois groupes celui des opérations de trading physique des multinationales des hydrocarbures (en particulier Shell, BP et Total), des groupes agroalimentaires ou miniers. »


Revenons au groupe Louis-Dreyfus.


C’est un groupe sous contrôle exclusivement familial (la famille Dreyfus est devenue Louis-Dreyfus par décret en Conseil d'État) et il n’est donc pas exposé comme les groupes du CAC 40 à la curiosité des grands médias. Et pourtant c’est un grand groupe français internationalisé qui en 2006 a réalisé un CA de 26 Mds d’€, employant 40 000 personnes dans 53 pays. (voir son site link où les chiffres sont rares)  La famille Louis-Dreyfus était la 5e fortune de France en 2009.


Lire « Louis Dreyfus, le géant français qui revendique 9% des échanges mondiaux de produits agricoles »link


Louis Dreyfus Commodities a dégagé en 2012 un bénéfice net record de 1,1 milliard de $ pour un chiffre d'affaires de 57 milliards de $.


« Louis Dreyfus Commodities, qui affirme réaliser à lui seul 9% des échanges mondiaux de matières premières agricoles, a dégagé en 2012 le « meilleur résultat de tous les temps », avec un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars, selon son rapport annuel consultable sur internet.


LDC, filiale du groupe familial français Louis-Dreyfus, a vu ses résultats progresser l'an dernier de 25% « malgré un contexte difficile ». Le groupe « a fait montre d'une résistance remarquable », s'est félicité le PDG Serge Schoen en introduction du rapport. Il a dégagé une marge brute de 2,3 milliards de dollars sur un chiffre d'affaires de 57,1 milliards et commercialisé 700 millions de tonnes de céréales, huiles, sucres etc...  soit 7% de plus que l'année précédente.


Selon sa présidente Margarita Louis-Dreyfus, « sur les huit dernières années, la taille du groupe a été multipliée par quatre et ses bénéfices par dix. »


Lire aussi et surtout « Portrait. Le nouveau visage du groupe Louis-Dreyfus » de Dominique Nora du Nouvelobs en 2011link


«N°3 mondial du négoce et de la transformation de matières premières agricoles, derrière les américains Cargill et Archer Daniels Midland. Louis Dreyfus est une multinationale aussi puissante que mystérieuse : son siège est à Amsterdam, le centre de son trading en Suisse, l’état-major essentiellement français… et ses actifs dispersés aux quatre coins de la planète. Mais sa nouvelle gouvernance, mise en place cet été, peine à convaincre l’establishment français des affaires, dont elle ne fait pas partie. »


[…]Au printemps 2007, pour éviter la dispersion de l’actionnariat par le biais des héritages, Robert prend le contrôle de Louis Dreyfus : il vend la branche maritime à son cousin Philippe et endette le groupe pour monter lui-même à 51% (puis 61%) du capital. Sachant sa mort prochaine, Robert place alors cette participation majoritaire à l’abri pour 99 ans, dans la Fondation de droit néerlandais Akira, dont sa femme Margarita est désignée « protectrice ».

 

Et maintenant ? Margarita saura-t-elle s’entendre avec les sœurs et cousins de Robert, qui détiennent 39% du capital et peuvent la forcer à racheter leurs titres ? Au vu de ses bénéfices, le groupe ne semble pas contraint de lever d’urgence de l’argent en Bourse. Mais garder à l’Europe ce géant de l’industrie agricole nécessite une stratégie offensive, face aux leaders américains et aux nouveaux concurrents asiatiques.


L’objectif de Serge Schoen ? « En 2004, on était quatrième mondial ; aujourd’hui on est troisième. Dans 5 ans, on aura doublé de taille et on sera passé deuxième, toujours sous le drapeau Louis-Dreyfus. » C’est le plan de route fixé par Margarita, qui en mémoire de son mari et au nom de ses fils, parle désormais du groupe Louis Dreyfus comme de son « destin ».


Le maintien du contrôle familial a donc été une constante depuis la création, en 1851, de la maison Louis Dreyfus&Cie par Léopold (1833-1915). Autres caractéristiques remarquables de cette maison : son destin international affirmé dès le milieu du XIXe siècle et son « constant souci de s’adapter aux évolutions internationales du commerce des grains aux transports maritimes, de la pose des câbles sous-marins aux télécommunications, du jus d’orange au bioéthanol… en passant par un célèbre club de football. »


Le capital est toujours resté entre les mains d’actionnaires familiaux « commandite en nom simple puis en nom collectif jusqu’en 1974, date à laquelle elle est devenue une SA, la société Louis-Dreyfus n’avait alors que deux actionnaires disposant chacun de 50% du capital, deux frères, Pierre et Jean. »


En 2007, les 7 héritiers ont restructuré le capital et Robert-Louis est devenu l’actionnaire majoritaire avec 55,60% du capital (voir l’article de Dominique Nora)


Léopold le fondateur : « juif alsacien, fils d’un marchand de bestiaux, établit au milieu du XIXe un commerce de blé à Bale ; il achète bientôt du blé en Europe centrale et en Russie, puis étend dès les années 1870 ses affaires à la quasi-totalité des pays européens. »


Il installe le siège de la maison à Paris en 1875.


Après s’être constitué une flotte de navires à vapeur battant pavillon russe pour acheminer son blé, en 1903 il se fait armateur sous pavillon français sous le vocable « LD »


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Pierre la 3e génération fils de Louis le fils aîné de Léopold (17 mai 1908 et mort le 15 janvier 2011) rallie de Gaulle à Londres où son engagement lui vaut d’être fait Compagnon de la Libération. J’ai le souvenir qu’il faisait l’objet au siège parisien de l’avenue de la Grande-Armée d’un immense respect et d’une quasi-vénération.link 


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Gérard-Louis la 4e génération, fils aîné de Pierre, né en 1932 d’une mère américaine. « Ce jeune avocat d’affaires crée un véritable empire aux Amériques, de l’Argentine au Canada, convertit la compagnie de négoce en une puissante société de transformation de matières premières agricoles, mais aussi de métaux non ferreux, ou encore de produits énergétiques. À la faveur de la dérégulation de ce secteur le groupe se lance ainsi dans le raffinage du pétrole et le transport du gaz naturel, le négoce de l’électricité LD Highbridge Energy.

 

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Robert-Louis, le fils prodigue de Jean le frère de Pierre. (14 juin 1946 -4 juillet 2009)  « L'arrivée de ce dernier au sein du groupe, en mai 2000, a fait sensation, tant le retour dans le giron familial de ce businessman de haut vol semblait peu probable. Il faut dire que tout semble opposer Robert Louis-Dreyfus aux autres membres du clan. Son style, très décontracté, son accoutrement, qui lui fait préférer les jeans et les baskets aux costumes de ville, et jusqu'à sa carrière. Car sa première expérience dans le groupe n'a pas été vraiment heureuse. En 1973, après l'Ecole des cadres de Paris et un MBA décroché à Harvard, la famille l'a envoyé dans le Sud brésilien superviser les productions de soja du groupe. Huit ans plus tard, d'ennui, il claque la porte et entame une carrière personnelle météorique, digne de celle de Léopold et d'Auguste réunis. Dans la famille, on a décidément le sens des affaires ! Numéro un d'IMS, une société américaine d'études de marché qu'il propulse parmi les premières de sa spécialité, empochant au passage près de 300 millions de francs de stock-options, sauveur de la très réputée agence de publicité Saatchi & Saatchi, sauveur encore, et surtout, d'Adidas, la célèbre marque aux trois bandes, qu'il reprend en 1993 des mains d'un Bernard Tapie aux abois » Les Echos


«J'étais chargé de la diversification avec un ingénieur agronome, Jean Pinchon, qui m'a tout appris.» dira un jour Robert-Louis…


NB. Cette chronique s’est appuyé sur la rubrique de Marie-Françoise Berneron-Couvenhes dans  le dictionnaire historique des patrons français chez Flammarion. Ses propos font l’objet des guillemets.  

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 00:09

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Ce matin je vous livre un cas d'école, sans y apporter de commentaires, qui peut se résumer ainsi : de la cave des Vignerons de Saumur à Robert & Marcel.


Pour bien le comprendre il vous faudra ouvrir les 2 liens situés dans le corps de mon billet journalier :


-          Celui du communiqué de presse


-          Celui de la Newsletter SOWINE #4 – à propos de Robert & Marcel


Si je m’intéresse à cette opération de communication c’est tout d’abord parce que j’ai bien connu Robert Neau un des piliers de Coopération Vinicole Française, il était l’un des rares non languedocien faisant parti du petit cercle entourant l’emblématique président de la CNCV l’audois de Trèbes Antoine Verdale. Toute une époque, qui paraît aujourd’hui bien lointaine, où le vin de table tenait encore le haut du pavé viti-vinicole.


Rassurez-vous, ce n’est pas pour vous raconter ma vie que je m’intéresse au lancement de Robert & Marcel – même si la coopérative des vignerons de Saumur occupe à peu près  le même espace-temps que ma vie, elle est née en 1957 – mais parce que je trouve qu’il est symptomatique de notre époque.


Je n’en dirai pas plus car je souhaite vous laisser le soin de vous forger votre propre opinion, la mienne importe peu.


Donc tout est parti de l’information qui est tombée dans ma boîte cette semaine :


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« Robert & Marcel, c'est une histoire qui commence en 1957, lorsqu'une quarantaine d'hommes et de femmes s'unissent sous une même bannière afin de défendre leurs vins et leurs valeurs. Pendant plus de cinquante ans, les coopérateurs façonnent les fondamentaux qui sont aujourd'hui au cœur de la marque : union des hommes et des femmes dans la diversité, amélioration de la qualité des vins grâce à l'innovation, protection de l'environnement, élaboration de vins porteurs de valeurs et d'identité, ancrage territorial fort au cœur du Val de Loire. En 2013, la cave fait peau neuve et donne naissance à Robert & Marcel, baptisée ainsi en hommage à Robert et Marcel Neau, personnages emblématiques de la cave. Signe de la volonté des vignerons de remettre de la simplicité et de l'accessibilité au cœur du produit vin, la marque se veut également le reflet de la personnalité et du travail des hommes qui la portent. » 

 

La suite du Communiqué de presse ICI link

 

Lorsque Robert Neau s’en est allé en septembre 2010 Saumur-kiosque écrivait :


« Longtemps, ceux qui l'ont croisé se souviendront de sa verve emphatique et de son charisme.


C'est un monument qui quitte le monde viticole. Personnage de premier plan, il fait partie de ceux qui ont influé sur le sort des « Appellation d'Origine du Val de Loire » et sur le développement économique du vignoble. Cet homme entreprenant et chaleureux s'en en allé tranquillement dans la nuit du 31 aout au 1er septembre, après quelques mois d'attente. Jusqu'au dernier moment, la vivacité de son esprit a continué de séduire ses proches. Figure emblématique, il fait partie de ceux qui ont œuvré pour bâtir ce qui peut être considéré comme les piliers du vignoble local, par, notamment, la participation à la création de l'Appellation Saumur Champigny en 1957 et à celle de la Cave des Vignerons de Saumur à partir de 1956. Il restera président de cette cave coopérative pendant 20 ans. Elle est  une des plus importantes et reconnues de France. Celle-ci représente aujourd'hui plus du tiers des volumes de vins produits en Saumurois. Il aura été aussi pendant de nombreuses années président du Syndicat Viticole des Côtes de Saumur, Président de la Fédération Viticole de l'Anjou Saumur et Trésorier de la Confédération des Caves Coopératives de France. »


J'ai reçu par la suite la Newsletter SOWINE #4 – à propos de Robert & Marcel


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« Robert & Marcel est une marque novatrice, différenciante, inscrite dans son temps, porteuse de valeurs et de sens, une marque qui ne laisse pas indifférent, qui rapproche et interpelle, une bouffée d’oxygène dans un marché aux codes très traditionnels et saturé par une offre peu lisible. Un  parti pris d’audace et de convivialité, à l’instar des vignerons qui l’incarnent, en témoigne notre film de lancement. Longue vie à Robert & Marcel, vignerons united depuis 1957 ! »

 

Lire la suite ICI link


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Vidéo de marque Robert & Marcel from Robert & Marcel on Vimeo.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 00:09

Le destin de certains mots, somme toute banaux, est étrange. Ils se retrouvent disqualifiés dans des expressions populaires et font l’objet d’un injuste opprobre. Tel  est le cas de la lie, la lie du vin tout particulièrement même si ce dépôt formé par précipitation dans une boisson, spécialement un liquide fermenté ne concerne pas que le vin.


Dans ma jeunesse, au Bourg-Pailler, le Muscadet sur lie constituait pourtant le fin du fin que l’on réservait aux mariages et banquets. Certes mon père avec son alambic ambulant distillait les lies et que c’était des boues rouges lie-de-vin mais de nos jours nos jeunes amis naturistes me semblent tout à fait aptes à boire leur calice jusqu’à la lie.


La lie n’a jamais été bien traitée dès son origine. Son nom vient du latin médiéval lias, (pluriel) liæ « lie, sédiment, résidu », du gaulois lĭga, lega « sédiment, dépôt, limon » (cf. gallois llai, breton lec’hi « lie, mucilage », vieux breton leh « dépôt, vase »). Il est donc compréhensible que nos palais délicats n’apprécie guère de se frotter à du résidu ou de la vase.


J’imagine une dégustation naturiste, du type Mimi, Fifi & Glouglou, où une discussion acharnée se ferait autour du goût de vase. Je plaisante bien sûr.


Mais le pire de l’infamie pour la malheureuse lie est bien de qualifier certains de nos concitoyens d’être  « la lie de la société » ou pire encore de leur balancer « Vous êtes la lie de l’humanité ! » Je trouve ça fort injuste, même si ces expressions sont de nos jours un peu désuètes, car il y a vraiment plus dégueulasse que la lie de vin.


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Bref, j’ai décidé ce matin de réhabiliter la lie de vin en revenant vers la lie du Muscadet de mon enfance. En effet, au mois de mai de cette année une nouvelle gamme de produits beauté a été lancée par un industriel breton. Le principe actif est extrait de la lie du muscadet, trouvé par les Chais de la Cour, au Pallet.


Tout a commencé, à la suite d’une intuition de Fabienne Richard vigneronne au Chais de la Cour au Pallet link« C’était il y a six ans dès qu’on plongeait les mains dans la lie, elles devenaient très douces. Je me suis dit qu’il y aurait peut-être quelque chose d’intéressant ». Alors elle fait des recherches et découvre qu’au temps des Romains, le raisin était déjà appliqué pour le bien-être  mais le projet prend forme lorsqu’elle rencontre Vincent Bourgeteau, biologiste chez Ephyla. Celui-ci analyse la lie du muscadet, riche en matières organiques. La méthode de vinfication utilisée dans le muscadet fait mûrir les polypeptides. Des protéines à partir desquelles le chercheur isole « un actif à fort pouvoir antioxydant, intéressant pour la cosmétique ».


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« Après plusieurs essais et 25 000 euros d’investissement, la molécule est brevetée. Le couple s’associe avec deux personnes. Et crée Oh lie, société qui vend l’actif. Reste à trouver un industriel. Dominique Delarche, ancien propriétaire du laboratoire Centifolia, croit dans l’aventure. Le chef d’entreprise de Vannes investit 300 000 euros dans la société Experelle link, chargée de commercialiser les produits cosmétiques à base de la lie du muscadet. La gamme comprend déjà 25 produits ; des soins du corps et du visage, des compléments alimentaires anti-âge. La société projette de lancer une dizaine de nouveaux produits dans les six mois à venir. La société veut toucher tous les marchés de la beauté.


« Comparées aux autres cosmétiques, les formules sont trois fois plus riches en actifs. Et plus de 99 % des ingrédients sont d’origine naturelle », explique Dominique Delarche. Comme l’eau, extrait de végétaux de Bretagne. L’actif anti-âge, issu de la lie du muscadet, est le produit commun à toute la gamme qui utilise « une émulsion à froid inédite et révolutionnaire », vante l’industriel.


« C’est vraiment un produit unique au monde à la performance active très importante », ajoute le Breton.


la BZH attitude : Belle, Zen et Heureuse

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 00:09

Je maraude souvent dans les bosquets de livres tel un chercheur de champignons. Je me penche sur les jaquettes, les caresse, les soulève, les soupèse, m’imprègne. Quand je dépose un livre dans mon panier  je le fais avec soin, avec amour, comme si j’accueillais un nouveau-né. Parfois j’hésite, je me dis t’as déjà une famille nombreuse à la maison où vas-tu bien le loger ? Pourtant je repars toujours avec une moisson ; il m’est impossible de sortir d’une librairie les mains vides. « aux innocents les mains pleines » disait mémé Marie.


Découvrir physiquement est une forme de jouissance intense et trop souvent les esprits chagrins, les bouffeurs de télé ou autres constipés s’en privent pour le plus grand malheur de nos sociétés connectées. Bouger, aller vers, sentir, ressentir, toucher c’est le premier contact avec la réalité. Les images, le virtuel, nous mènent à la désincarnation des sentiments. En Amour, celui que l’on affuble d’un grand A c’est le choc de la rencontre qui déclenche tout : coup de foudre, tomber amoureux le vocabulaire est physique.


Ces dernières années les librairies, pour faire face à l’hydre du Net, ont accueillis de nouveaux enfants dans leurs rayonnages et sur leurs tables présentoir. « MOOK, REVUE, MAGAZINE, BONI (Bel Ouvrage non Identifié), bookazine, magalivre, ovni, cookzine (si, si on nous l’a vraiment fait)… Pas facile pour certains de mettre une étiquette sur 180°C à la sortie de notre premier numéro » écrit Sébastien Cauchon rédacteur en chef de ce nouvelle parution de bouche.


Les Français adorent coller des étiquettes, en boire aussi, classifier, noter, mettre tout dans des petits casiers en fonction de leurs goûts et affinités. Découvrir c’est aller vers l’inconnu et non mettre ses pas dans les pas de ceux qui pensent à votre place.


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Ceci écrit, en revenant à mon approche physique des livres ou assimilés tels, lorsque j’ai découvert 180°C sur son présentoir je dois avouer que sa jaquette, belle en soi, ornée d’un chou rouge coupé en deux, ne me parlait guère. L’esthétisme d’une jaquette fait souvent plaisir à ceux qui la conçoivent mais ce bon goût n’interpelle pas forcément au premier coup d’œil le chaland. En plus 180°C ne flèche pas naturellement vers un magazine du bien mangé. J’avoue humblement qu’au premier abord que le 180° m’a fait croire qu’il s’agissait d’un magazine pour grands voyageurs. Sans ma curiosité je serais passé outre.


J’ai acheté 19,90€ (prix de marchand de chaussures)


Vous allez me dire que je suis fort critique, regretterais-je mon achat ?


La réponse est absolument NON pour 2 raisons :


-          La première c’est que le contenu est de qualité tant de par l’écriture, le ton, le choix des sujets, la mise en page et l’iconographie… c’est de haute qualité et c’est une rareté qu’il faut savoir saluer ;


-          La seconde c’est que ce N°2 (je n’ai pas vu  donc pas acheté le N°1) accueille sur ses lignes notre vieux compagnon de route du vin Michel Smith.


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Découverte et qualité


Pour illustrer ce constat j’ai choisi « Tarbouriech La vie en rose » page 90


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« Pour apprécier l’immensité de l’étang de Thau, il faut gravir le Mont Saint-Clair à Sète. De là, vue imprenable sur le plus grand étang du Languedoc où s’alignent des centaines de tables sous lesquelles les huîtres de Bouzigues grossissent sans jamais connaître les marées. Sauf qu’un homme, Florent Tarbouriech, en a décidé autrement. »


« La Rolls de l’huître


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Vendue plus chère qu’une Gillardeau, la Spéciale Tarbouriech® a aujourd’hui conquis les plus belles maisons et séduit les plus grands chefs comme Eric Coisel chez Prunier, Guy Savoy, Pierre Gagnaire, Michel Rostang ou encore Eric Briffard au George V »


« Côté dégustation, c’est incomparable. Finement iodée, incroyablement charnue, la Spéciale Tarbouriech® occupe tout l’espace de la coquille, plus de chair, plus de densité, plus de croquant, plus de fondant et des arômes de noisette et de champignon particulièrement délicats. »


Lire le tout dans 180°C.www.180c.fr


Merci pour la découverte mais un petit reproche vous auriez pu dans un petit encadré demander au régional vineux de l’étape, le dénommé Michel Smith, de nous prodiguer ses bons conseils pour choisir un Picpoul de Pinet qui va avec la Spéciale Tarbouriech®


Sans transition comme disait les speakers à la télé revenons à Michel Smith qui nous pond tout au cul de 180°C une chronique « Raisin et sentiments » consacrée à Peter Fisher du château Revelette en Provence www.revelette.fr sur lequel votre humble Taulier électronique avait chroniqué en novembre 2012 link en faisant la preuve de son ignorance crasse.


Avec le vieux routier des vignes et des chais qu’est Michel Smith vous n’avez pas ce genre de risques.


Le décor magistralement planté


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« Silencieux, la chevelure toute ébouriffée par le vent d’hiver, Peter Fischer fixe sa terre rouge parsemée de petits éclats de calcaire blanc tout juste recouverts d’un léger duvet d’herbe tendre qui ferait le bonheur des agneaux de Sisteron. Par moments, les yeux du vigneron observent une petite troupe d’hommes recroquevillés sur des ceps rabougris par l’âge. Ils se déplacent à la vitesse d’une échappée de petits gris champions de cross-country dans la rangée que lui-même vient de quitter et dans laquelle il a passé un bon moment pour vérifier que la taille du grenache noir se faisait dans les règles de l’art, ses règles à lui, celles d’un vigneron rusé mais exigeant, un gars à qui on ne la fait pas, un type qui tient à sa future récolte comme à la prunelle de ses yeux, mais qui sait aussi imprimer à son vignoble le sens de la mesure. La terre s’amourache à chacun de ses pas tandis que Sissi, la cairn terrier aux poils grisonnants, inspecte le moindre bosquet de chênes verts un peu comme si elle voulait  au passage déterrer quelques truffes pour en faire cadeau à son maître. D’autres arbres impriment leurs taches de rousseurs dans un ciel sombre et nuageux qui voile la vue sur la face nord de la sainte Victoire que Cézanne ne peint plus depuis belle lurette mais qui réserve son versant ensoleillé aux touristes du monde entier, à quelques enjambées d’Aix, la capitale, et de son cours Mirabeau… »


Un Provençal d’Outre-Rhin


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« Tel serait Peter Fischer : tantôt Jeronimo, tantôt provençal, philosophe et poète. Un instant personnage paysan sur son tracteur sorti tout droit  d’un roman de Giono, on peut le retrouver le soir même avec ses amis arpentant le Vieux Port à la recherche d’une bonne adresse. Un jour routier cigarette au bec filant au volant de sa grosse bagnole tout terrain vers la Catalogne pour retrouver les vignes de son Trio Infernal qu’il partage dans le Priorat avec deux de ses potes de Rhône Vignoble, une association de vignerons avec laquelle il bourlingue dans le monde entier pour prêcher la bonne parole des vins, il est aussi capable de faire un brin de causette sur la qualité des rabasses (truffes) avec les chasseurs du pays… »


Mais Michel n’est pas qu’une belle plume c’est aussi un grand descendeur de quilles et il nous gratifie d’une dégustation des 3 styles de vins du château Revelette.


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Merci Michel, chauffe Michel tu peux dépasser sans problème les 180° avec un bon coup de carignan frisant les 15°

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 00:09

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Pendant un temps les végétaliens s’interrogeaient« Tous les vins ne sont-ils pas végétaliens ? »


« J'examine mon verre de vin blanc en l'inclinant à la lumière, à la recherche de particules dans le liquide jaune pâle. « Tous les vins ne sont-ils pas végétaliens ? » L'idée semble grotesque, bien sûr qu'ils sont tous végétaliens ! La fabrication du vin est naturelle par essence : produit du raisin, fermentation naturelle, tonneaux en chêne. Rien qui ne puisse vous indiquer que des animaux auraient été utilisés pendant l'élaboration de la cuvée.


Malgré tout quelques établissements affichent leur vin comme « convenant aux végétaliens » ce qui soulève la question suivante : « un sombre secret dont les végétaliens devraient être avertis se cache-t-il derrière ces étiquettes ? ».


Une question aussi importante demande une recherche approfondie et « débouchonnante ».


Pourquoi certains vins sont-ils végétaliens et d'autres pas ? Tout est dans le collage. »


Ce que les végétaliens avaient du mal à digérer


« C’est le fait que la majorité des agents de collage utilisés aujourd'hui sont des dérivés de produits animaux. Ces agents peuvent contenir entre autre de la colle de poisson (provenant de la vessie d'esturgeon), de la gélatine (tirée des os et des tendons bouillis de vaches ou cochons), du blanc d'œuf (ou albumine) et de la caséine (une protéine de lait). On pouvait même trouver du sang de taureau « sangre de toro » à l'époque mais il n'est plus utilisé dans les sociétés Européennes ou Américaines car le merlot Vache Folle se vendrait mal »link

 

Mais le vent tournait.


Selon un article de Libération.fr de février 2013, les vignerons seront bientôt contraints de mentionner sur leurs étiquettes la présence de tout ingrédient susceptible de déclencher des allergies, œufs et lait en première ligne. L’occasion pour eux de commencer à réfléchir sérieusement à du vin végétarien, et même végétalien.


« Bientôt on pourra lire sur les bouteilles de vin «Produit de l’œuf», «Œuf», «Protéine du lait», «Lait», ou voir un pictogramme figurant un œuf ou une brique de lait (avec le terme «allergène» dans les dix langues de l’Union). C’est un nouveau règlement européen, effectif à partir de 2013, donc du millésime 2012. Tous les vignerons de France et d’Europe  utilisant albumine, caséine ou tout ingrédient susceptible de cause des allergies  sont priés d’apposer cette mention. 


Une directive européenne va faire apparaître prochainement en rayon des étiquettes d’un nouveau genre pour un produit emblématique de la gastronomie française : le vin. Il est désormais obligatoire pour les vins étiquetés après le 30 juin 2012 de faire mention de la présence d’allergènes dans les bouteilles.


Allergène le vin ?


 Plus souvent qu’on ne le pense car il contient en effet dans plus de la moitié des cas des protéines animales pouvant être classées comme telles. Ces dernières entrent dans le processus d’élaboration du vin lors de l’étape dite du collage. Elle vise à précipiter les particules en suspension dans le précieux breuvage afin d’améliorer son aspect en le rendant moins trouble. Blancs d’œuf, caséine (protéine du lait), gélatines (extraits de peaux de porc ou d’os d’autres animaux), sous-produits de déchets de poissons (peau et cartilage) sont donc aujourd’hui encore régulièrement utilisés. On notera qu’avant la crise de la vache folle, le collage pouvait s’effectuer également avec du sang de bœuf… »link 


Les mentions suivantes, accompagnées ou non d’un pictogramme, devront donc le cas échéant être portées sur les étiquettes du millésime 2012 : « lait », « produits du lait », « caséine du lait », « protéine du lait », « œuf », « protéine de l’œuf », « produit de l’œuf », « lysozyme de l’œuf » ou « albumine de l’œuf ».


Selon une source verte Zegreenweb


« Une perspective qui incite nombre de vignerons à se tourner vers des alternatives minérales ou végétales afin de proposer aux consommateurs du vin 100% végétal. Ces dernières se sont développées pour répondre à la demande des consommateurs qui par choix alimentaires (végétariens - pas de viande - ou végétaliens - pas de produits d’origine animale -) ou par conviction religieuses ne sont pas en mesure de consommer le vin tel qu’il est produit aujourd’hui. L’idée est de remplacer le collage « traditionnel » par des méthodes employant des protéines végétales ou une filtration mécanique à travers des matières naturellement poreuses. Un retour à un produit totalement naturel donc, pour le plus grand plaisir des consommateurs européens ! »


Je laisse le soin au père Pousson de dire tout le bien qu’il pense du vin végétalien.


Amen !

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 10:00

J’ai longuement hésité.


Sur cet espace de liberté, chacun sait d’où je viens, ce que j’ai fait dans la vie, ce que je suis, mais je ne me risque jamais sur le terrain de la stricte politique, celui de l’affrontement partisan. Bien sûr je m’intéresse à la vie de la cité, je suis partie prenante aux débats, j’y  prends ma part sans faire preuve de prosélytisme, du moins je l’espère. Mais au-delà  des choix politiques, économiques, philosophiques ou religieux, il y a un noyau dur de notre vie ensemble, le respect de valeurs essentielles, sur lequel j’estime qu’il est impossible de transiger. Depuis des mois je me sens mal à l’aise face à la libération de certaines paroles de plus en plus nauséabondes.


J’ai honte.


Que faire ?


Que dois-je faire ?


Si je me suis décidé à publier l’interview de Robert Badinter aux Inrocks c’est que cet homme est courageux. Je l’ai vu plaider en 1981, à la tribune de l’Assemblée Nationale, avec passion et justesse, l’abolition de la peine de mort. Faut-il rappeler que l’opinion publique était alors majoritairement contre. Et pourtant, même si le débat a été vif, je l’ai suivi dans son intégralité, il y eut des orateurs éloquents parmi les abolitionnistes : Raymond Forni (PS), Guy Ducoloné (PC), Philippe Seguin (RPR), parmi d’autres. L’abolition a été votée par la totalité des députés de gauche, par un tiers des députés de l’UDF et un quart du RPR, dont Jacques Chirac. La loi a été votée par le Sénat, très hostile au gouvernement de la gauche, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale.link


Pour moi ses réponses sont parole de sage et elles disent, bien mieux que je ne saurais le faire, ce qui agite le corps social de notre pays. Elles devraient servir à alimenter une réelle réflexion, à sortir des pures invectives, des affrontements stériles, à débattre réellement sur notre capacité à nous en sortir ensemble. C’est mon souhait le plus ardent.


Enfant de la paix retrouvée je redoute pour mes enfants, et nous tous, l’état de guerre intérieure larvée que nous vivons. Plus qu’une recherche de responsabilités, celle des autres bien sûr, de la désignation de bouc-émissaires, l’important est d’exercer pleinement notre responsabilité individuelle au lieu de nous abriter trop facilement sous le paravent du collectif.


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« La peur ronge notre société », disiez-vous récemment. A quoi tient cette peur selon vous ? Peut-on la conjurer ?

 

Robert Badinter - Il y a une angoisse permanente chez nos concitoyens ; cette peur, constante, s’explique par la présence de 4,8 millions de chômeurs, à temps complet ou partiel. Dans beaucoup de foyers, on redoute de perdre son emploi, de n’en plus retrouver, on s’inquiète pour l’avenir des enfants, pour le sort du conjoint. Si vous regardez l’histoire de la République depuis 1977, toutes les élections nationales ont été perdues par le parti au pouvoir, le chômage ne cessant de progresser. J’appelle cela la loi de l’insomnie : vous êtes fiévreux, vous ne dormez pas, vous passez la nuit à vous retourner, du côté gauche puis du côté droit, toujours en vain. Le corps social français est atteint de la maladie du chômage. Vous avez donc l’inquiétude, et pire encore, une mélancolie profonde. « Cela ira encore plus mal demain qu’aujourd’hui. » C’est le sentiment de fond de la société française.

 

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