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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 00:09

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Même JF. Copé a salué le discours du Président de la République à l’Elysée pour le lancement des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18. «Dieu sait s'il m'arrive de m'opposer très vigoureusement à la politique qu'il conduit mais je veux dire que ce moment était un moment important de rassemblement et je trouve que le président a trouvé les mots à travers l'évocation qu'il a faite de cette tragédie. Cette commémoration du centenaire de 14-18 est un moment de rassemblement dans l'expression du devoir de mémoire et aussi de la recherche de compréhension de ce qu'a été cette tragédie».


Nous rassembler. Vaste programme ! J’ai moi-même, tout à fait par hasard, écouté ce discours, pourtant je ne suis pas très porté vers les commémorations, et François Hollande a évoqué cette tragédie avec une grande justesse et surtout, quoi qu’en pensent certains historiens, avec des mots qui traduisaient bien ce que j’avais ressenti enfant dans ma famille. Mon pépé Louis revenu, le mari de la tante Valentine sœur de mémé Marie tombé dès les premiers jours, la longue liste du monument aux morts de la Mothe-Achard égrenée par le maire le 11 novembre « Mort pour la France ! ». Les blessés, les gazés, les estropiés, les gueules cassées… les drapeaux, les médailles… une aversion radicale pour le nationalisme guerrier. Plus jamais ça ! La der des ders ! La paix…


En 2008, l’ami Yves Legrand en une soirée du 4 novembre, douce et claire, avait assemblé une petite douzaine d’entre nous au Chemin des vignes à Issy-les-Moulineaux pour déguster de grands Bordeaux de 14-18.


Je vous propose de lire ou de relire la chronique mise en ligne le 11 novembre 2008.


Yves Legrand nous lisait d’entrée ce beau texte de Victor Hugo extrait de son discours inaugural du congrès de la paix de Paris le 21 août 1849.link


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« Un jour viendra où la guerre vous paraîtra aussi absurde et aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens.

 

Un jour viendra où, vous France, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous, toutes les nations du continent sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne.

 

Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de batailles que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées.

 

Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes»

 

En cette soirée du 4 novembre, douce et claire, nous sommes une petite douzaine au chemin des vignes, où par la grâce d’Yves Legrand il y a de la vigne au flanc du RER, à Issy-les-Moulineaux. Dans la cheminée les buches diffusent une chaleur vive. Au retour des caves qui s’épandent dans le ventre de la terre, anciennes carrières devenues champignonnières qui auraient pu devenir le siège de notre force stratégique, où nous avons savouré un Dom Pérignon 2000, Yves Legrand nous lit ce beau texte de Victor Hugo extrait de son discours inaugural du congrès de la paix de Paris le 21 août 1849. Le ton de la soirée est donné. Á la manière du vigneron qu’il est, Yves a soigneusement préparé le terrain en un cérémonial qui n’a rien de cérémonieux. Tout au fond, la sainte table où sont posés les précieux flacons. Sur la table toute une iconographie de nos poilus de grands-pères, ceux qui sont revenus comme les nôtres : Pierre Legrand et Louis Berthomeau, comme ceux qui se sont mélangés à cette terre de Champagne ou de la Somme éventrée, déchiquetée par le déluge de feu de cette Première Guerre Mondiale aussi atroce qu’inutile. Sur un tableau noir, d’une superbe écriture, l’ode au pinard de Marc Leclerc écrite en 1915.


 

Mais, rassurez-vous, nos nectars de ce soir sont au pinard ce que les Grands du Royaume de France étaient aux marauds de mon bocage vendéen. Entendez-moi bien, puisqu’il s’agit de Bordeaux, mon image n’a rien à voir avec la folie des grandeurs qui a saisi les GCC ces dernières années. Entre l’aristocratie, la vraie, celle qui tirait ses privilèges de l’épée, et les culs-terreux, le lien existait, le soulèvement de l’Ouest fut une guerre populaire. Bref, ce que je veux dire c’est que les grands vins qu’Yves Legrand nous a proposé, sont de vrais aristocrates, pas des gens de cour poudrés et courtisans. Au cours de cette soirée où Yves et son équipe, hors les vins et les mets, ont su mêler la Grande Histoire et l’histoire que l’on qualifie de petite, celle des gens, la conversation est libre, simple, sans affèterie. Nous ne nous connaissons pas mais nul besoin de rompre la glace, la grâce et la magie de ce qui est bien plus qu’une dégustation nous amène sur des chemins débouchant sur des carrefours. L’échange. Comment ne pas être sensible, tout en appréciant ces vieillards toujours verts, à cette « vie » des hommes dans les tranchées, taupes humaines qui écrivaient à leurs proches, prenaient des photos : Yves fait circuler des plaques saisissantes prises par son grand-père, dessinaient, survivaient. L’histoire qui suit, et la lettre qu’Yves nous a lu, sont des bijoux, de ces gens de peu, si vivants.


 

« Constant et Gabrielle M se sont mariés en 1904. Ils tiennent un petit commerce de vins et spiritueux à Petit-Noir, dans le Jura, quand la guerre éclate. De constitution fragile, Constant est d’abord épargné par le conseil de réforme avant d’être mobilisé en février 1915. Les époux ne cesseront de s’écrire ».

 

Lettre de Gabrielle – Petit-Noir, 7 septembre 1915.

 

« Ma petite totomette, vraie relique pour moi […] Alors ce petit lulu ne veut pas fonctionner du tout là-bas ? Tu me dis avoir usé d’expédients mais, pauvre chéri, tu n’as pas pu suivre exactement mes conseils, n’étant pas seul dans votre abri. C’est au cantonnement seul que la chose est faisable. Il faut que tu puisses te mettre à l’aise et que ton attouchement la fasse vibrer en la frottant toi-même de haut en bas et cela à toute vitesse. La chaleur jointe à mon souvenir complètera l’excitation et les veuveux de lulette chatouilleront le petit lulu encore davantage. Encore une fois, il faut que tu sois seul, bien déboutonné et par l’esprit et le cœur à mes côtés. Il me semble que tu réussiras à jouir, étant privé de femme […] Je suis désolé de te voir souffrir ainsi et, vraiment, c’est intolérable pour toi. Il vaudrait encore mieux, je crois, que tu puisses rencontrer une femme proprette et saine qui te fera passer tes moments de passion sans que tu y attaches le moindre amour. Oui, mon chéri, tes sentiments respectueux à mon égard me sont excessivement sensibles, je sais que tu appartiens à moi seule, mais vois-tu, si tu peux moins souffrir en ayant des rapports de sexe différent, j’en ferai le sacrifice car je ne puis te sentir malheureux. Moi, je puis attendre ton retour car mon tempérament est plus calme et l’approche d’un homme quelconque me répugne. »

 

Le MENU


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Pour les vins, en dehors du Château Canon 75, 1er Cru classé du Médoc, clin d’œil d’Yves, à ce canon sans recul fleuron d’une artillerie française beaucoup moins puissante que celle d’en face, dans l’ordre, et avec un service absolument impeccable, nous avons bu – j’écris à dessein bu, car tous ces très vieux vins étaient consommables – dans l’ordre : un Château Loubens 1918, Ste Croix du Mont, un Château Ducru Beaucaillou 1916, 2iéme cru de St Julien, un Château Gruaud-Larose 1916, 2ième cru classé St Julien, un Château Latour 1918, 1er cru classé Pauillac, Château Haut-Bailly 1918, Pessac Léognan et enfin un château Rayne Vigneau 1914 1er cru classé de Sauternes. Enfin, avec le café un Pinet Castillon Fine Cognac 1914 et un Maury de la Préceptorie de2008, un nouveau-né qui deviendra vieux. Autour de la table, et mon voisin de droite tout particulièrement, quelques vrais dégustateurs, gestuelle, vocabulaire : oxydation, réduction, appréciation pertinente, moi j’avoue que je me contentais d’apprécier ces jeunes vieux de plus de 90 printemps. Et pourtant, en cette période 14-18 les hommes et les chevaux étaient partis au front, tout manquait car l’effort de guerre drainait l’essentiel des ressources du pays, ce sont donc des vins fait avec ceux qui restaient, les femmes tout particulièrement. Sans vouloir en remettre une couche sur notre frénésie du court terme je veux quand même écrire que ces vins debout s’ils l’étaient restés c’est parce que ceux qui les ont fait les inscrivaient dans une transmission de génération, ce qui la meilleure définition de ce que nous qualifions aujourd’hui de durable. Lorsqu’Yves à fait le tour de table c’est ce que j’ai dit, mes préférences n’ayant que peux d’intérêt dans cette communion païenne.


 

Si le vin est pour vous, comme pour moi, ce supplément d’âme, ce compagnon indispensable de la convivialité, l’expression la plus haute de l’art de vivre à la française, alors un jour offrez-vous l’une des rares « dégustations exceptionnelles » d’Yves Legrand www.chemindesvignes.fr/ vous ne serez pas déçus. Pour ma part, ému et reconnaissant d’avoir été l’invité d’Yves à ce moment rare pour, m’a-t-il dit « tout ce que je fais sur cet espace de liberté pour le vin ». Croyez-moi, ça fait chaud au cœur et ça donne du cœur à l’ouvrage…

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 00:09

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J’ai vécu pendant quelques années à la Roche-sur-Yon où j’enseignais au lycée agricole des Établières tout en terminant mes études de Droit. Le fleuron industriel du chef-lieu c’était son usine Brandt qui fabriquait alors des lave-linge, des machines à laver disait-on sous la marque Vedette. Depuis j’ai toujours été fidèle à cette marque toujours fabriquée à la Roche-sur-Yon. Ça peut paraître un peu con mais je ne vois pas d’autres moyens pour garantir l’emploi.


Dans la grande vague actuelle de déroute industrielle la nouvelle attendue est tombée « Fagor-Brandt, filiale française du groupe espagnol Fagor, a annoncé mercredi 6 novembre être en cessation. Le fabricant d'électroménager va "déposer une cessation de paiements avec placement de l'entreprise sous protection judiciaire", a déclaré Thierry Léonard, son directeur général. link »


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Brandt qui s’était ?


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Edgar William Brandt était un ferronnier d'art et industriel de l'armement, français d'origine alsacienne, né à Paris le 24 décembre 1880 et mort à Collonge-Bellerive le 8 mai 1960.


« En 1921, il s'installe à l'angle de la rue Erlanger et du boulevard Murat, toujours dans le 16e arrondissement. Construit par « son collaborateur et ami » l'architecte Henri Favier, l'immeuble abrite son habitation et ses bureaux. Il existe toujours, mais il a été modifié et il s'intègre aujourd'hui dans un ensemble plus vaste, siège de la société Thomson-CSF, « héritière » de la société Hotchkiss-Brandt. Au sein de ses établissements de fabrication d'armements légers, Brandt fonde en 1924 la marque d'appareils électroménagers Brandt. »link


Qui a tué Vedette, Brandt et les autres géants du blanc link


Fagor-Brandt, le drame de l’économie-sandwich link

 

Et la « Mère Denis » dans tout ça ?

 

Les petites louves et les petits loups qui ignorent presque tout de Jeanne Marie Le Calvé « la Mère Denis »  sixième enfant d'une famille de paysans bretons, née le 9 novembre 1893 à Neulliac, Morbihan.  Mariée à dix-sept ans avec Yves Marie Denis, elle quitte la Bretagne pour la Normandie où  pendant vingt-sept ans elle sera garde-barrière sur la ligne Carentan-Carteret. Après son divorce, de 1944 à 1963, elle sera lavandière au lavoir de la Gerfleur  village du Tôt à Barneville-sur-Mer.


Et pourtant en 1982, « la Mère Denis » est connue par plus de 80 % des Français, et la marque Vedette est en deuxième position sur le marché.


Sa notoriété elle la doit son voisin et ami, Pierre Baton, publicitaire, qui propose à Bernard Miliotis PDG et fondateur de la marque Vedette qu’elle devienne La Mère Denis alors qu’elle est âgée de 79 ans. La campagne est à contre-courant mais son rire et son accent, ses « C'est ben vrai ça ! » et « Ça c'est vrai ça ! » lui valent une notoriété internationale.


En 1976 elle participe à l'émission Apostrophes et elle est désignée par Paris Match comme personnalité la plus marquante de l‘année


En 1983 un sociologue Matt Le Bihan publie « De l'utilisation de la classe ouvrière dans la publicité » préfacé par Jacques Séguéla. Le Bihan y dénonçait les abus des multinationales. La marque Vedette s’engagea à verser une rente viagère à la Mère Denis, qui la mit à l’abri du besoin: et elle put ainsi terminer sa vie dans une maison de retraite proche de Pont-l'Évêque (Calvados). La « Mère Denis » nous a quitté le 17 janvier 1989 à 12 h 45, au 9 de la rue de Brossard à Pont-l'Évêque, à l'âge de 95 ans, faisant la une des journaux télévisés. Elle repose au cimetière de Saint-Hymer dans le Calvados.


Brandt c’est fini, ou presque, la marque Vedette ne sera peut-être pas enterrée mais elle sera apposée sur des produits fabriqués ailleurs. Ils sont même capables de ressusciter « la mère Denis » pour nous leurrer. Au lieu de pleurer sur les décombres allez donc vérifier la marque de votre machine à laver ça vous évitera de verser des larmes de crocodile et de dire que c’est la faute à…


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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 00:09

Je viens de recevoir par le courrier un joli livre signé par Samuel Cogliati « Champagne le rêve fragile » chez possibilia www.possibiliaeditore.eu . Je l’ai feuilleté mais n’ai pas eu encore le temps de le lire car l’afflux de livres est tel que je ne puis leur consacrer le temps qu’il faut pour ensuite chroniquer. Tout viendra en son temps, il faut savoir être patient.


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Comme vous le savez je ne suis pas un dégustateur patenté et je n’éprouve aucun attrait pour l’exercice de la dégustation mais je m’intéresse de près à cet outil essentiel pour un critique de vin.


Mon attention feuilleteuse a donc été attirée par la dernière partie du livre, les chapitres 4 et 5 qui abordent cette question et appliquent la méthode à 200 cuvées élaborées à l’échelle artisanale par 46 domaines.


Dans l’introduction l’auteur et JM Gatteron (LeRouge&leBlanc) précisent qu’ils ne sont « pas enclins aux guides « purs et dures », qu’ils n’aiment pas les classements car ils n’y croient guère. Leur approche du vin disent-ils est « culturelle et vivante ». En revanche pour eux « la dégustation dévoile jour après jour des surprises, ainsi que des erreurs, à condition de l’appréhender sans a priori, l’esprit libre et ouvert. » Ils concluent qu’ils ont « appris et expérimenté qu’une dégustation à l’aveugle bouscule les idées reçues et les hiérarchies. » pas de notes et des commentaires de dégustation qui correspondent davantage à des réflexions qu’à des jugements à part entière dont l’utilité leur paraît discutable.


Don’t acte mais page 168 je me suis penché sur les critères de dégustation de nos deux auteurs.

« … nous avons choisi d’indiquer 4 critères, notés de 1 à 4, qui permettent d’illustrer d’une manière générale le caractère et la qualité des vins d’un domaine. »


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Comme je suis un peu taquin un petit zeste de note ne nuit jamais pour fixer les esprits. Mais ce n’est pas cette légère entorse qui a attiré mon attention mais le dernier critère : la complétude.


Mais qu’est-ce donc que la complétude ?


C’est un état, le caractère de ce qui est complet, achevé, parfait.


Dans le cas contraire, on parle d'incomplétude, surtout dans le contexte de la logique mathématique. L’incomplétude s'emploie aussi en psychiatrie


« Dans le rapport de possession, le terme fort c'est la chose possédée, je ne suis rien en dehors d'elle qu'un néant qui possède, rien d'autre que pure et simple possession, un incomplet, un insuffisant, dont la suffisance et la complétude sont dans cet objet là-bas. Sartre, L'Être et le Néant, 1943, p. 681.

 

Notion redoutable que la complétude même si les deux auteurs en donnent une définition moins radicale. La complétude peut-elle est être imparfaite et souffrir de se voir graduer sur une échelle de 1 à 4 ? Si l’on s’en tient à l’acception originelle la réponse est évidemment non mais puisque nous sommes en des œuvres humaines il est clair que nul n’est parfait, en Champagne ou ailleurs, mais que tous les vignerons-artisans tendent vers la perfection qui, comme chacun le sait n’est pas de ce monde, ni d’un autre d’ailleurs…


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Les champagnes de l’ami Pascal Agrapart link sont au sommet de la complétude, ça ne m’étonne pas je suis addict, quant à ceux du toujours jeune Francis Boulard link leur complétude est proche, ami Francis s’il n’en tenait qu’à moi tu l’aurais atteinte mais chi va molo va sano…


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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 18:24
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:00

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Dans enchérissez, il y a chérissez et que chérissons nous plus que nos enfants, que les petits enfants ?


Récemment je suis allé voir le superbe film Alabama Monroe de Felix Van Groeningen le réalisateur d’un de mes films culte « La merditude des choses » (2009). Au centre de ce film Maybelle  la fille de Didier le musicien fondu de bluegrass et d'Elise sa panthère blonde tatouée de partout. Regardez-là bien sur cette photo ci-dessous puis, imaginez-vous là, sans cheveux, avec des perfusions sur un lit d’hôpital et regardez ses beaux yeux d’enfants. Imaginez-vous ses parents, leur désarroi, leur espoir, leur détresse. Ce film est beau, ce film est dur, ce film est d’une humanité douloureuse.


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La réalité de ce qui n’arrive pas qu’aux autres c’est la maladie d’un jeune enfant cancers, leucémies, et certaines maladies génétiques. Elle vous tombe dessus, vous tétanise, pourtant votre enfant va devoir affronter le milieu hospitalier, des traitements brutaux, une rupture avec sa vie d’avant. Affronter non seulement la maladie mais aussi la vie avec une succession de souffrances, de rémissions, avec parfois la guérison. Que d’espoir et d’abattement pour les parents


Une fois dans ma vie je fus confronté à « votre fille a sans doute une leucémie ». C’était à l’hôpital Saint-Louis dans le service du Professeur Jean Bernard. Elle était toute petite. Les ponctions, l’attente et des soirées entières à lui conter des histoires pour qu’elle accepte de s’endormir. La faire encore rêver. Dans les couloirs tous ces gamins aux cranes luisants, tels des déportés, joyeux, vivants, des enfants. Par bonheur les analyses infirmèrent le diagnostic et la chute vertigineuse des plaquettes était due à une autre cause Soulagement après 15 jours d’angoisse certes mais ces regards d’enfants je les ai toujours bien gravés dans ma mémoire.


Cette longue introduction pour vous dire que, lors de la Conférence de Presse de présentation de la 153ème Vente des Hospices de BEAUNE du 17 novembre 2013, une phrase m’a touché au cœur « l’Association Petits Princes réalise les rêves d’enfants et adolescents malades »


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Comme vous le savez sans doute, au milieu de la vente, la Pièce du Président, que je m’obstine à dénommer tonneau de charité – mes origines sans doute – qui sera cette année un tonneau de 456 litres de Meursault- Genevrières Premier Cru – Cuvée Philippe Le Bon, est mise aux enchères au bénéfice de 2 associations : les Papillons Blancs parrainés par Laurent Gerra et l’Association Petits Princes soutenue par la Présidente Clotilde Courau princesse de Savoie.


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J’ignorais jusqu’à ce jour l’existence de l’Association Petits Princeslink, créée en 1987, qui réalise les rêves d’enfants et adolescents malades, atteints de cancers, leucémies, et certaines maladies génétiques.


Existe-t-il une plus belle raison sociale que celle dont l’ambition est de permettre à un enfant, en vivant ses passions et en réalisant ses rêves, de trouver une énergie supplémentaire pour se battre contre la maladie ?


Depuis 1987, 4700 rêves pour 2100 enfants malades.


Chaque jour 1 rêve d’enfant est réalisé.


« Tout commence en 1987. Marie Bayle, infirmière libérale, et Dominique Bayle, professeur de culture physique, cherchent un moyen pour soulager les souffrances des enfants malades. En prenant conscience de la force de leur imaginaire, elles acquièrent la conviction que réaliser les rêves des enfants malades peut non seulement leur apporter un peu de bonheur mais aussi leur donner de nouvelles forces pour lutter contre la maladie.


Qui pourrait mieux symboliser cette lutte qui fait de l’imaginaire une arme contre la maladie et la souffrance que Le Petit Prince ? Tous ceux qui se nourrissent de rêves pour donner un sens à leur vie si éprouvée, sont, à leur façon, des « petits princes ». Le nom de l’association est tout trouvé : ce sera L’Association Petits Princes !


Frédéric d’Agay, petit-neveu d’Antoine de Saint-Exupéry, soutient le projet de Marie et Dominique Bayle. En décembre 1987, l’association voit le jour. Depuis, plus de 4 700 rêves ont été réalisés : des voyages lointains, des rencontres extraordinaires, des exploits surprenants. Tel enfant malade vole en montgolfière, tel autre fait le clown ou joue sur la scène d’un théâtre (notamment Estelle dans une adaptation d’après Le Petit Prince, l’œuvre de Saint-Exupéry), un autre fait du cheval, un autre encore monte au bord du Queen Mary, un nième passe un moment en compagnie d’une célébrité… »


Ainsi, pour un même enfant, plusieurs rêves réalisés : les bénévoles de l’Association Petits Princes organisent plusieurs rêves pour un même enfant autour de ses passions, en fonction de ses traitements et hospitalisations.


La maladie bouleverse tout l’univers familial, les parents et la fratrie, vivent dans la majorité des cas, les rêves aux côtés de l’enfant. Tous les rêves sont préparés et réalisés avec l’accord des équipes soignantes, en fonction des traitements et hospitalisations de l’enfant. Chaque année plus de 150 services hospitaliers collaborent avec l’Association Petits Princes dans la France entière.


Rencontrer son chanteur préféré, devenir soigneur d'un jour, cuisiner avec un grand chef, faire un vol en hélicoptère, caresser les dauphins, diriger un orchestre (voir ICI la vidéo du rêve de Nicolas link...) Autant de rêves qui permettent aux enfants de s'évader de l’univers médical.


Vous pouvez donner en confiance : l’Association Petits Princes reconnue d’utilité publique, est membre du Comité de la Charte, label de transparence financière. J’ai fait partie de ce comité c’est vraiment du sérieux.


Lire « Ces fées qui font tourner l'association Petits Princes »link


La raison sociale de mon petit « espace de liberté » dédié au vin et au bien vivre « un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes... » nous prédestine tout naturellement à être des porteurs de rêves. Moi j’ai toujours rêvé d’être allumeur de réverbères car « Ce que j'aime dans la vie, c'est dormir… »


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« La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même :

 

« Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère, ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli. »


Lorsqu'il aborda la planète il salua respectueusement l'allumeur :


- Bonjour. Pourquoi viens-tu d'éteindre ton réverbère ?


- C'est la consigne, répondit l'allumeur. Bonjour.


- Qu'est-ce que la consigne ?


- C'est d'éteindre mon réverbère. Bonsoir. Et il le ralluma.


- Mais pourquoi viens-tu de le rallumer ?


- C'est la consigne, répondit l'allumeur.


- Je ne comprends pas, dit le petit prince.


- Il n'y a rien à comprendre, dit l'allumeur. La consigne c'est la consigne. Bonjour.


Et il éteignit son réverbère.


Puis il s'épongea le front avec un mouchoir à carreaux rouges.


- Je fais là un métier terrible. C'était raisonnable autrefois. J'éteignais le matin et j'allumais le soir. J'avais le reste du jour pour me reposer, et le reste de la nuit pour dormir...


- Et, depuis cette époque, la consigne a changé?


- La consigne n'a pas changé, dit l'allumeur. C'est bien là le drame ! La planète d'année en année a tourné de plus en plus vite, et la consigne n'a pas changé


- Alors ? dit le petit prince.


- Alors maintenant qu'elle fait un tour par minute, je n'ai plus une seconde de repos. J'allume et j'éteins une fois par minute !


- Ça c'est drôle ! Les jours chez toi durent une minute !


- Ce n'est pas drôle du tout, dit l'allumeur. Ça fait déjà un mois que nous parlons ensemble.


- Un mois ?


Oui. Trente minutes. Trente jours ! Bonsoir.


Et il ralluma son réverbère.


Le petit prince le regarda et aima cet allumeur qui était tellement fidèle à la consigne. Il se souvint des couchers de soleil que lui-même allait autrefois chercher, en tirant sa chaise. Il voulut aider son ami :


- Tu sais... je connais un moyen de te reposer quand tu voudras...


- Je veux toujours, dit l'allumeur.


Car on peut être, à la fois, fidèle et paresseux.


le petit prince poursuivit :


- Ta planète est tellement petite que tu en fais le tour en trois enjambées. Tu n'as qu'à marcher assez lentement pour rester toujours au soleil. Quand tu voudras te reposer tu marcheras... et le jour durera aussi longtemps que tu voudras.


- ça ne m'avance pas à grand-chose, dit l'allumeur. Ce que j'aime dans la vie, c'est dormir.


- Ce n'est pas de chance, dit le petit prince.


- Ce n'est pas de chance, dit l'allumeur. Bonjour.


Et il éteignit son réverbère.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 00:09

Imaginez-vous en ce petit matin de la Toussaint longer dans votre petite auto les rives embrumées du laissant deviner une campagne à l’herbe grasse et opulente. Vous vous rendez l’âme légère et le cœur enjoué à Polesine Parmense, à 46 km au nord-ouest de Parme, en écoutant à plein tuyau Ernani de Giuseppe Verdi (Allegri! Beviam ! vidéo). Le soleil levant déchire la gaze fine et sous vos yeux se dresse l’ancien château du 15e s. du marquis de Pallavicino.


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Mais me direz-vous qu’irions-nous donc faire de si bon matin à Polesine Parmense ?


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Tout simplement quérir du Culatello di Zibello chez Massimo et Luciano Spigaroli dont les ancêtres étaient les métayers du marquis  et fournissaient Giuseppe Verdi. Maintenant, après avoir sauvé le Culatello di Zibello, qui paraissait voué à disparaître, étant jugé trop rare et coûteux, ils sont propriétaires du château, qu’ils ont transformé en 2000 en ferme, hôtel de luxe et restaurant gastronomique…


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Mais qu’est-ce donc que le Culatello di Zibello ?


C’est le cœur de la cuisse de cochons adultes sélectionnés et élevés avec des méthodes traditionnelles. Massimo et Luciano ont fait renaître la race autochtone de porcs noirs, oubliés dans les années 1970 au profit d’animaux plus productifs. C’est la partie la plus tendre et délicate retranchée de la cuisse, privée de l’os, est soigneusement arrondie, en forme de poire, couverte de sel et massée énergétiquement pour que le sel s’incorpore, ensuite elle est placée au repos. Elle ne pèse que 4 ou 5 kg avant d’être introduite dans la vessie du cochon mouillée de vin blanc et ficelée de façon à lui conférer sa « forme de poire » traditionnelle. Ainsi la viande respire. (visionner absolument la très belle video avec Massimo en fin de chronique)


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Contrairement au jambon de Parme qui s’affine dans un air sec le Culatello di Zibello est  affiné au minimum 10 mois dans des caves humides où se développent des moisissures liées au climat des rives du Pô qui l’enrichiront de parfums uniques. Les Culatello des frères Spigaroli y passeront deux hivers de 18 à 42 mois. À la fin de l’affinage le Culatello devra peser de 3 à 5 Kg. Les grands chefs s’y fournissent mais le « prince Charles, quant à lui, a demandé aux frères Spigaroli de lui fabriquer des Culatello à partir des jambons de ses propres porcs, élevés en Angleterre, et qu’il expédie ici pour être transformés… » Nos voisins anglais font tout pour se faire remarquer.


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Je suis sûr que tout ça vous a donné faim !


Si ça vous dit le plus simple c’est d’allonger de fines tranches de Culatello di Zibello sur une belle tranche de pain de campagne légèrement tiédie et humectée d’un filet d’huile d’olive.


En mangeant vous pouvez avec moi remonter l’histoire du culatello.


On dit que, vous savez sous les on-dit se cachent les légendes, on raconte donc qu’en 1332, lors du banquet de mariage d'Andrea Conti Rossi et Jeanne d'Sanvitales des Culatelli furent offert en cadeau aux nouveaux mariés. De plus, Les Pallavicino, seigneurs de la partie basse de la région de Parme, chaque année envoyaient de nombreux exemplaires du célèbre culatello de Zibello à Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan comme « une chose rare et très exquise » La première mention explicite et officielle sur le Culatello remonte à 1735, dans un document de la ville de Parme. Le sculpteur Renato Brozzi a échangé des vues sur le culatello avec le célèbre poète Gabriele D'Annunzio. Quoi qu’il  en soit, le culatello plonge ses racines dans la mémoire historique de la culture paysanne parmesane nichée au cœur des fermes qui ont maintenu la tradition afin que nous puissions découvrir et apprécier un produit d’exception soit à peine 15 000 pièces par an, fournies par une quinzaine de producteurs.


Le Culatello de Zibello est produit sous la Dénomination d'Origine Protégée (DOP) qui délimitent les zones de production dans les communes de Polesine, Busseto, Zibello, Soragna, Roccabianca, San Secondo, Sissa et Colorno.


Ça vous donne sans doute encore plus faim mes histoires alors je vais vous donner une bonne façon de la calmer en vous callant l’estomac avec un bon risotto julienne de Culatello di Zibello porcino de Borgorato.


Le risotto vous savez comment le préparer avec du riz carnaroli cuit dans un bon bouillon de veau.


Pour la julienne qui est une technique de découpe, au départ des légumes, en fines lanières appliquée ici au culatello, il vous faut bien sûr le démailloté en enlevant le fil qui le saucissonne, puis retirer délicatement la vessie (si nécessaire, il est possible de la plonger dans l’eau pendant environ une heure. Ensuite nettoyer, rincer en brossant sous l’eau courante puis sécher dans un torchon. On procède ensuite à la découpe avec un couteau très tranchant de tranches très fines que l’on effilochera en julienne.


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Comme c’est la saison des champignons, et que je suis en ce moment très branché cèpe, je vous propose de vous rendre dans les bois qui couvrent le bas des pentes des Apennins en redescendant vers les communes d'Albareto, de Borgotaro et de Pontremoli pour y cueillir des porcino di Bortorago : « boletus edulis », « boletus aereus », « boletus aestivalis » et « boletus pinicola » Le Porcino de Borgotaro est un produit doté d'une IGP (Indication Géographique Protégée) depuis 1993. Il pousse dans les bois de taillis du Val Taro et est ramassé à la fin de l’été et à l’automne, séchés ou utilisés frais, il fait partie de tous les menus traditionnels des Appenins.


La touche extrême de votre risotto vous l’apporterez en y ajoutant deux ou trois châtaignes braisées et surtout en rappant dessus une part des chapeaux de champignons frais juste cueillis que ce soit ou non des porcini de Bogorato ou d’ailleurs.


Tout ça je suppose que ça vous donne soif ?


Je vous propose en accompagnement au choix :


1-      Ribolla Gialla 2005 Litre Domaine: Radikon IGP Venezia Giulia

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2-      Partout Poulsard 2012 de Raphaël Monnier Domaine: Ratapoil Arbois


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3-      Le Clou 2011 Henry-Frédéric Roch rouge Domaine: Domaine Prieuré Roch Ladoix


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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:09

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Eh bien, non c’est le titre du premier chapitre du nouvel opus Saint-Émilionnais très sérieux et bien documenté d’Éric Bernardin et Pierre Le Hong qui récidivent après leur « Crus classés du Médoc » préfacé par Hugh Johnson. En dépit de ma supplique d’alors « J’aurais aimé écrire la préface du livre d’Éric Bernardin et Pierre Le Hong « Crus Classés du Médoc » link  les auteurs ont choisi Pierre Arditi pour les « Crus classés de Saint-Émilion » Je les soupçonne fort d’avoir écarté le trublion que je suis de peur de se faire sonner les cloches. Reste que leur œuvre ne fait que commencer et je peux espérer leur confiance, eu égard à ma popularité liée aux sans chais, voir mon nom sur la couverture d’un prochain opus Pomerolais.


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Trêve de plaisanteries passons aux choses sérieuses.


Tout commence en 350 « le poète Ausone (310-395) dont la femme appartient à l’une des plus anciennes familles de Bordeaux possède (posséderait ?) une propriété et quelques arpents de vigne à Saint-Émilion : la villa Lucianus. 1650 ans plus tard, un grand débat agite toujours le village pour savoir si elle se situait à l’emplacement du Château Ausone ou en pied de côte sur les terres de la Gaffelière – où furent trouvés des vestiges d’une villa romaine. »


Et tout fini, jusqu’au prochain épisode, en 2012, non par une chanson à boire mais par un nouveau classement qui « s’inscrit sous le signe de la générosité : pour la première fois depuis 1954, deux domaines – Angélus et Pavie – accèdent au rang de Premier Cru classé A ; quatre autre – Canon La Gaffelière, Larcis-Ducasse, La Mondotte et Valandraud – à celui de Premier Grand Cru Classé ; et neuf deviennent Grand Cru Classé. »


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La notion de générosité sied bien au prix du foncier mais je ne vais pas ironiser, je l’ai sans doute trop fait, sur ce brillant exercice où la puissance publique s’est absolument fourvoyée. Même le goupillon de Mgr Ricard et l'attractivité des hôtesses d'accueil ne changeront en rien la géologie…


Les Crus Classés du Médoc ont été accueillis avec enthousiaste : l’ami Michel Dovaz, s’enflammait (attention à tes sourcils Michel)« une bible, un livre parfait. L'œnophile sort enrichi de cette lecture. » et le Jacques Dupont, saluait « un sacré boulot avec une mise en page exceptionnelle. » Le livre a remporté le Prix Montesquieu la même année, et est consacré Best in the world aux Cooking Book Awards.


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À peine remis de ce succès, et sans doute poussé par lui, les deux compères appliquent le même principe que dans le précédent : 20 châteaux, avec 8 à 12 pages par domaine, des cartes en 3 D de chaque vignoble, une histoire de l'appellation et une présentation exhaustive de son terroir. Pour cette dernière, ils ont fait appel au plus grand spécialiste en la matière : Kees van Leeuwen.


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« Comme dans le livre sur le Médoc, des dégustations par parcelles et par cépages ont été faites afin de faire comprendre au lecteur ce qu'apporte à l'assemblage tel ou tel type de sol : les hauts de pente apportent plus de puissance, alors que les bas de pente sont plus dans la finesse. Les vins les plus aériens proviennent certainement des parcelles du plateau calcaire ou le sol est quasiment réduit à néant.


Les auteurs ont pu constater que dans de nombreux cas, le terroir supplante le cépage. Ainsi un Merlot sur plateau calcaire a la finesse et la tension d'un Cabernet-Franc. Alors qu'un Cabernet-Franc sur molasse profonde à la rondeur et la douceur d'un Merlot. »


Ce qui précède, entre guillemets, n’est pas de moi qui serais bien incapable de distinguer une grive d’un merlot.


Pierre Le Hong a dessiné des coupes de bâtiments en 3D afin que le lecteur puisse s'y balader tout en restant tranquillement dans son salon.


Et bien sûr l’ami Jean-Luc Thunevin nous conte la saga de Valandraud.


Maintenant que je suis retraité il se pourrait que j’acquière un garage à Saint-Émilion ( visionner cette vidéo link pour voir les approches indignes du Taulier : pour y accéder taper le mot de passe Bordeaux avec un B majuscule bien sur) car des voix autorisées me disent que c’est un bon investissement avec toutes les possibilités que donnent les nouveaux critères de classement, mais bien évidemment, je continuerais de vivre dans mon 14e arrondissement de Paris car les nuits de Saint-Émilion ce n’est pas particulièrement folichon sauf à passer ses folles soirées à l’Envers du Décor.


Amen


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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 00:09

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Toujours se méfier des faux-amis « dans la langue italienne, le mot porcino (« cèpe ») vient du latin porcus, le cochon, une référence évidente à la voracité du porc et du sanglier, tous les deux grands amateurs de champignons et de truffes. »


« En Savoie, du côté piémontais, il n’est pas rare de voir un sanglier danser, les quatre pattes en l’air, après un repas de boletus suillus elegants »


Ce qui précède et ce qui suit est un mélange de textes puisés dans « Balançoire entre bois et cuisine »  de Carmelo Chiaramonte in « Petite philosophie du champignon » chez Balland link


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Premier principe : Faire la distinction entre « le pied et le chapeau. Le premier est un cycliste grégaire. Une colonne qui soutient la couronne, saveur éphémère et texture croquante. Le chapeau est pure résine fossile d’ambre er parfum d’émeraude qui surgit de tubes spongieux jaunes, verts ou marron : la première partie d’un sabbat aromatique où vivent, quelques semaines par an, les damnés du cercle des champignons. »


Palette des saveurs « le cèpe de Bordeaux « à trois saveurs : une lorsqu’il est à l’état de bourgeon, une autre lorsqu’il est à mi-croissance et une troisième lorsqu’il est très mûr », le cèpe bronzé a une « saveur qui rappelle la noix crue et le thym, le cèpe des pins boletus pinicola a une saveur « proche de l’amande et de celle, moins intéressante, de l’olive crue légèrement oxydée », le roi edulis « mûrit à partir de la fin août et sa saveur est parfaitement élégante, équilibrée entre les notes du parfum de feuilles séchées, propre à tous les boletus, auxquelles s’ajoutent une bonne senteur de ciboulette légère et un zeste de thym cru. »


Le « bouillon de terre » de Noris Cunaccia originaire du Trentin Haut-Adige dans lequel elle cuit quelques tasses de riz.


4 kg de terre ramassée à plus de 2000 mètres d’altitude.

La poussière brute doit être passée au tamis et bouillie à 100°C 7 fois de suite.

Clarifier le bouillon avec un filtre à café et un tissu de lin.

Étymologie de boletus : « motte de terre dans la langue de la Grèce antique. »


Référence littéraire dans Le Guépard de Tomasi di Lampedusa, le pâté en croute du prince est « une charlotte de pâte brisée, un cœur de macaroni, du jambon, un demi-glacé de veau, des cèpes et des truffes. » Je sens que l’ami Emmanuel Giraud va apprécier.


Recette familiale « dans de nombreux foyers français c’est l’omelette baveuse aux champignons, si on a de la chance, aux cèpes. En Italie, le cèpe est le plus souvent cuisiné en risotto avec du bouillon de veau et des légumes. »


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Boire : « La cave du vigneron-vétérinaire Beppe Rinaldi, à Barololink En hiver, chez lui, le plat par excellence est du thon à l’huile surfin accompagné de petits cèpes conservés dans une légère saumure : la mer et la montagne qui s’unissent tandis que le palais est irrigué par des vins romantiques comme le Barbera ou le Dolcetto. Même le mythique et ténébreux barolo delle Langhe, que Beppe laisse vieillir dans de grands tonneaux en bois de châtaignier, se marie à l’arôme éthéré et magique des champignons.


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Ferdinando Principiano (a sinistra) e Beppe “Citrico” Rinaldi se la ridono leggendo poesie … (foto ® NonSoloDiVino)

 

« En revanche si je suis en Alsace, voilà les vins blancs de maîtres-vignerons à l’instar de Bruno Schullerlink qui sert des cèpes sautés dans un peu de beurre, des herbes aromatiques et un verre  de muscat sec et fruité. »


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Les cèpes du Taulier :


J’ai suivi les « 2 lois du cèpe » énoncées par Carmelo Chiaramonte.


Plus particulièrement : je n’ai pas lavé les cèpes, je les ai essuyé et j’ai gratté la terre avec un couteau pointu.


J’ai saisi les pieds à l’huile dans un poêle.


J’ai fait ressuyer à feu doux dans une poêle à fon épais les chapeaux.


Enfin, j’ai fait revenir au beurre salé l’ensemble et j’ai parsemé de persil le plat.


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Quelques réflexions bien senties de Carmelo Chiaramonte que je partage


« Les cuisines professionnelles, elles, doivent, selon la loi, être des pièces blanches et immaculées (tout comme les toques), remplies d’acier, avec au milieu des cuisiniers qui mènent la danse syncopée et ordonnée »


La plupart de ces chefs ne vont jamais à la campagne (sans parler des bois !) et ils préfèrent le plus souvent, s’affairer à préparer des mets issus de filières alimentaires de grandes dimensions.


Il est rare qu’un chef pense à la campagne, aux potagers et aux clairières lorsqu’il cuisine. Et il est très loin de prendre quotidiennement en considération le fait que sans campagne, il n’y aurait ni nourriture ni cuisine; besoin vital et bonheur fugace. »


Ancien dicton de la péninsule italienne « Celui qui meurt par le champignon ne doit pas être regretté »

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:38

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L’Elysée communique  « Cette semaine, le chef cuisinier de la présidence de la République française, Bernard Vaussion, termine son service après 40 ans d’activités dans les cuisines de l’Elysée.

 

Véritable mémoire culinaire de la présidence, représentant de la grande tradition gastronomique française, il a accepté d’être suivi par notre caméra pendant sa dernière semaine de travail. Les premières images sont disponibles icilink

 

Rendez-vous jeudi 31 octobre sur www.elysee.fr pour retrouver ce documentaire exclusif dans son intégralité.

 

Bien cordialement,

 

R. Pigenel

 

Présidence de la République

 

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:48

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Lou Reed, né le 2 mars 1942 à New York, leader du groupe The Velvet Underground dans les années 1960-1970 est décédé dimanche annonce le magazine américain Rolling Stone. Il avait subi une greffe du foie au mois à Cleveland dans l'Ohio le mois dernier. « C'était très grave, il était en train de mourir », expliquait Laurie Anderson son épouse, décrivant l’intervention « lourde » qui s'était bien passée.

 

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