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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 00:09

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C’est une injonction du Taulier : vous n’avez pas le choix vous devez acheter immédiatement une grosse de cette BD les yeux fermés car c’est le geste qui sauve de la morosité. C’est un livre, un beau livre qui vous fait du bien au cœur et à l’âme.


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C’est chez Glénat 19,50€ Chroniques de la vigne Conversations avec mon grand-père de Fred Bernard.


J’exagère un brin car une grosse, pour les petites louves et les petits loups des villes qui sont un peu ignorants des choses de la campagne, c’est soit douze douzaine donc 144, soit douze fois douze douzaines donc 1728. Vieux restes de l’école élémentaire, ne vous êtes-vous jamais demandés pourquoi on achetait les œufs à la douzaine ?


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Je digresse mais vraiment cette BD est belle, très belle, un trait aérien, humain, plein de finesse et de sensualité, des couleurs pastels lumineuses et tendres. Les dessins sont cernés à la Chaissac en plus coloré et rieur bien sûr. Le texte est sensible, plein d’humour, de poésie, d’empathie pour les gens, du vivant qui laisse le passéisme au vestiaire. Voilà un livre, car c’est un livre, qui participe à l’extension du domaine bien plus que les textes verbeux qu’on nous assène d’ordinaire.


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Vous l’aurez compris j’aime sans modération, sans message sanitaire ni autre billevesées de ceux qui nous assommes, nous prive de notre capacité à choisir ce que sera notre vie.


Le grand-père de Fred me fait penser à cette anecdote que me racontait un restaurateur de mes amis à propos d’un vigneron bourguignon à qui il tentait d’acheter quelques bouteilles. J’en ai plus lui disait-il. Mon ami Jacques, vieux client, lui suggéra alors de remonter son prix fort modeste. Il reçut pour réponse « Moi monsieur j’fais du vin pas de l’argent ! »


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En plus des dessins et des bulles de Fred s’intercalent 7 pages du texte d’Edmondo de Amicis Les effets psychologiques du vin.


En bonus : Posté le lundi 09 septembre sur France Inter


Chroniques de la vigne, un parfum de vendanges par Anne Douhaire


« A partir de conversations avec son aïeul de 90 ans, et de ses souvenirs d’enfance au cœur du vignoble à Savigny-les-Beaune (Côte d’Or), il nous livre des anecdotes savoureuses, et sensuelles sur ce monde haut en couleurs. Comme celle sur la jeunesse du grand-père pendant la guerre dont les soirées se déroulaient dans les caves pour éviter le couvre-feu, ou encore ces retours de soirées arrosées raccompagnés par des gendarmes… passablement éméchés. Il construit ainsi un récit impressionniste et érudit.

On aime la générosité du regard de l’auteur sur ses aïeux, la beauté des dessins mi-aquarelle mi-stylo, la critique du snobisme autour du vin, les 40 000 bouteilles bues par le grand-père, et la précieuse recette contre la gueule de bois ! »


Si vous souhaitez :

1-     Écouter Fred Bernard

2-   Feuilleter les premières pages des Chroniques de la vigne

 

Allez ici link

 

La page Face de Bouc de Fred Bernard c'est ICI link

 

Bonne lecture et j’espère que vous me remercierez de vous avoir aussi bien conseillés…


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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 00:09

« Pas de quartier pour les vins de salopards ! » sur le blog des 5 du Vin Michel Smith défouraille et, c’est tout à son honneur, choisit de ne pas se commettre « avec des vins travaillés, vinifiés et commercialisés par les adeptes de la mouvance nationaliste bien de chez nous, celle de notre France la plus profondément abjecte. Je n’y peux rien, c’est dans mes gènes, c’est épidermique. Ne me demandez pas de l’expliquer (la honte d’avoir eu des membres de ma famille ouvertement pétainistes ? Le spectre du FN planant sur Perpignan ?), mais c’est comme ça. Qu’y puis-je ? »link


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« Michel, ta réaction à l’égard des propos de Reynaud et de Roux me conforte dans mon idée qu’il vaut mieux s’intéresser aux œuvres qu’à leurs auteurs. Constatation valable pour l’ensemble des activités humaines et pas seulement pour le vin. Rousseau abandonnait ses enfants, Voltaire possédait des parts dans une société de commerce d’esclaves, Heidegger et Karajan étaient membres du parti nazi, Elia Kazan a nourri le McCarthysme, etc. Turpitudes qui n’ôtent rien à l’œuvre en tant que telle mais dont la connaissance peut modifier le plaisir qu’on peut en tirer ». souligne Alain Leygnier.


Samedi matin Hervé Lalau exprime sa différence « Le billet de Michel, ce jeudi, nous a valu un gros afflux de lecteurs et de commentateurs. C’est donc qu’il a suscité une certaine adhésion, ou au moins de l’intérêt. A titre personnel, j’éprouve une certaine gêne, cependant. »link


Pour ceux qui ne le savent pas j’ai été avec Michel, Hervé, Jim et Marc l’un des fondateurs des 5 du Vin que j’ai dû quitter à la fois faute de temps mais aussi parce que n’étant pas journaliste-critique j’avais parfois du mal à m’insérer dans le milieu. C’est David Cobbold qui m’a succédé. Je les lis souvent mais me livre rarement à des commentaires.


Aujourd’hui c’est différent car je me sens très proche de ce qu’exprime Michel tout en comprenant parfaitement que l’œuvre doit être « jugée » en soi et non sous la focale des idées plus ou moins nauséabondes de l’auteur. C’est d’autant plus vrai pour un vin qui lui ne transmet que sa substance et non le jus de tête avarié de son vinificateur.


Cependant là où je rejoins absolument Michel c’est que beaucoup de critiques de vin entretiennent avec ceux que Michel qualifie de salopards des relations qui dépassent largement la dégustation. Il est des proximités, des agapes, des yeux fermés plus ou moins gênés et souvent de connivence qui me débectent. Faut pas fâcher! Oui, je suis d’accord il est des gens infréquentables et je suis de ceux qui ne les fréquenteront jamais. Leur serrer la main, leur souhaiter le bonjour, faire comme si de rien n’était avec eux constituerait pour moi un reniement.


Excessif me direz-vous ! Nous sommes en démocratie il faut discuter avec tout le monde. Que nenni ! Les idées font corps avec ceux qui les expriment il est important de les combattre. C'est mon cas avec les seules armes dont je dispose : mes mots. Il n’y a aucun compromis possible, et qu’on ne vienne pas me dire que ce faisant « je fais de la politique » en mêlant mes opinions à un débat purement esthétique. Non, je ne fais qu’être citoyen, homme de la cité, qui exprime ses choix et les assume.

 

Lequel d’entre vous peut affirmer qu’il ne s’est pas tu pendant un repas où des propos xénophobes ou orduriers étaient proférés par l’hôte vigneron ou non ? C’est cette compromission, plus ou moins assumée, que j’exècre car elle est, et a été porteuse, des pires comportements au cours de notre Histoire.


Et le vin ne change rien à l’affaire, bien au contraire. Ceci écrit, je ne viens ici donner de leçons à personne mais seulement exprimer ma proximité avec Michel. Sa chronique est salubre, salutaire, car elle rompt le doux ronron de certains. Moi je passe mon chemin. J’ignore, ce qui me vaut des inimitiés féroces de la part de certains de mes collègues blogueurs. Lorsque j’occupais des fonctions officielles, lors d’un dîner avec des gens biens comme il faut, l’hôte, issu d’une grande famille ayant donné son nom à un groupe dont le siège est à Cognac, parlant de Marcel Dassault ne le faisait que sous cette forme « Bloch dit Dassault » car pour ceux qui ne le saurait pas Marcel Dassault, est né Marcel Ferdinand Bloch.


Pas de quoi fouetter un chat me direz-vous ?

 

Si, intolérable car c’était l’expression d’un antisémitisme ordinaire.

 

Quitter une table, refuser de serrer la main, sont des actes citoyens.

 

D’accord pour parler de tous les vins mais, jamais au grand jamais laisser dans l’ombre les opinions ou les idées sales de ceux qui les font. C’est simple comme attitude, c’est alors un travail de journaliste : informer les lecteurs sur toutes les facettes du sujet. Ensuite, libre à chacun de privilégier l’un pour l’autre, de choisir un vin d’un vigneron qu’on apprécie ou qu’on exècre. Ça n’enlève rien à la valeur intrinsèque du vin mais c'est dit.

 

Lire en fin de chronique un texte de Maurice Nadeau sur LF Céline tiré de Maurice Nadeau... à la table des lettres. éditions la Maison d'à côté.


Pour finir : une exécration et un regret qui n’ont rien à voir avec le sujet précédent.


1° j’exècre les vélos électriques car c’est faire-semblant de pédaler et en plus les mecs ou les nanas se la pètent en me dépassant. En plus leurs bécanes sont lourdes et moches…

Mon vélo pédale tout seul link


même si je ne fume plus depuis un bail je regrette la quasi-disparition du Zippo avec lequel j’allumais mes Boyards maïs...


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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 00:09

Je suis ainsi fait, à peine avais-je découvert dans la sélection des livres d’Écrivins de Laure Gasparotto  dans le Monde qui figurait un opus signé Jay McInerney baptisé « Bacchus et moi » que je me suis dit pourquoi elle et pas moi.


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Ni une ni deux j’ai trempé ma plume dans la plume belle encre pour me porter candidat auprès des éditions La Martinière à l’achat de ce livre qui ne sera en librairie qu’à partir du 3 octobre.


Bonjour,

Je chronique sur le web depuis plus de 7ans www.berthomeau.com  Vin&Cie l'espace de liberté

Je souhaite lire le livre Bacchus et moi de Jay McInerney publié chez vous avant sa sortie en librairie annoncée pour le 3 octobre.

Bien évidemment je réglerai ce livre selon les modalités que vous m'indiquerez en réponse.

Merci par avance de votre réponse.

J'habite dans le 14e  Bd st Jacques je peux donc passer récupérer le livre.

Bien à vous

Jacques Berthomeau


Réponse en retour le soir même :


Bonsoir,

Merci de cette prise de contact !

Nous devons être livrés mardi 23.

Peut-être pouvez- vous passer chercher un livre à l’accueil où nous déposerons un paquet à votre nom, le mardi 24 ?

25 Boulevard Romain Rolland

75014 Paris

 Bien à vous

Isabelle Lacroze


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J’ai donc, le jour-dit, sur ma flèche d’argent fait un aller-retour rapide aux éditions La Martinière pour récupérer le livre de Jay McInerney. Merci à cette maison d'éditions de m'avoir gratifié d'un envoi d'auteur.

 

Vous allez me dire, pourquoi un tel empressement ?

 

Tout simplement parce « considéré à ses débuts comme un éphémère oiseau de nuit des années yuppies, le romancier Jay McInerney, 56 ans, s'est imposé, avec Trente ans et des poussières et La belle vie, chronique de New York pré et post-11 Septembre, comme l'un des plus fins observateurs de son époque. » Thomas Mahler dans le Point du 26 juin 2011.


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C’est un romancier de ma génération, né en 1955, dont Nathalie Crom écrivait dans Télérama lors de la publication en français de son roman la Belle Vie en 2001 Nathalie Crom « Les surdoués vieillissent aussi. Jay McInerney n’avait pas 30 ans lorsque parut, en 1984, à New York, Bright Lights, Big City, qui le propulsa d’emblée sur le devant de la scène éditoriale américaine – donc internationale –, sorte de nouveau Fitzgerald, aussi élégant et désenchanté que l’original, devenu durablement, par l’entremise de ce seul mince livre, l’incarnation littéraire des années 80 commençant. Cela en compagnie d’un de ses cadets, Bret Easton Ellis, apparu dans le paysage l’année suivante avec le très déjanté Less than zero, et à qui, depuis, on n’a cessé de comparer McInerney. Mais tout cela, c’était il y a plus de vingt ans désormais, et beaucoup d’eau a coulé depuis lors sous les ponts de New York la grande. C’est incroyable, mais c’est ainsi : le presque trentenaire Jay McInerney a aujourd’hui dépassé la cinquantaine. »


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Maintenant Jay McInerney file vers la soixantaine mais son intérêt pour le vin date de ses années d’étudiant « Quand il n’y avait personne dans le magasin de vins où il travaillait, il prenait un livre dans la petite bibliothèque consacrée à ce sujet et, chaque soir, il rapportait chez lui une bouteille différente pour la goûter. C’est ainsi qu’il s’est découvert une véritable passion pour le vin. »


« Bacchus et moi » réunit soixante-cinq de ses célèbres chroniques parues dans House and Garden et dans le Wall Street Journal.


Il est très rare, et en France nous n’avons pas l’équivalent, d’avoir un tel talent qui met sa finesse et sa drôlerie au service de sa passion du vin.


C’est un livre imposant, 420 pages, qui ne se prête qu’à une dégustation chronique par chronique et non à une lecture à marche forcée. Alors je l’ai feuilleté, lu des passages avant de faire le choix d’une des chroniques qui n’a rien d’arbitraire, le wine-geek fondateur, mais justifié par l’une des miennes du 24 avril de cette année « Jefferson reçu de Gaillac en 1787 3 barriques de Cahuzac de son ami le duc de La Rochefoucauld puis le Saint-Georges d’Orques entra à la Maison Blanche » link


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J’adore l’entame de la chronique qui compte 5 pages (131 à 135), elle est pleine d’un humour moqueur, je laisse à ceux d’entre vous qui achèteront le livre la surprise.


Un  seul extrait * « l’examen d’une vie aussi complexe et aussi riche que celle de Jefferson à travers de l’étroite lorgnette  de l’oenophilie soit un peu comparable à la contemplation d’une orgie au microscope électronique : on risque fort d’en rater les évènements marquants ou de les voir dans une perspective bizarre (pour exemple, le chapitre « La guerre d’indépendance américaine : forte inflation du marché du vin. »)

  • à propos de l’introduction du livre de John Hailman Thomas Jefferson on Wine

 

« En effet, la vie de Thomas Jefferson est riche et dense « En plus d’être architecte, archéologue, astronome, juriste, musicien, philosophe naturel, propriétaire d’esclaves, homme d’Etat, auteur de la Déclaration d’indépendance et troisième président des Etats-Unis d’Amérique, Thomas Jefferson fut le premier geek du vin. Nombre de Pères fondateurs de la Nation raffolaient de bons vins de Bordeaux et de Madère, mais aucun ne s’y intéressa avec un esprit aussi scientifique que Jefferson, dont l’ardeur œnophile était obsessionnelle. 


Aussi connaisseur que prosélyte, il planta des dizaines de cépages à Monticello, prophétisant qu’un jour l’Amérique rivaliserait avec la France et l’Italie pour la production vinicole»


En quelque sorte la préfiguration de Vincent Pousson.


« Aucune nation n’est ivre quand le vin y est bon marché, déclarait-il, et aucune n’est tempérante quand le prix du vin oblige à recourir aux liqueurs ardentes pour la consommation quotidienne. Le vin, en vérité, est le seul antidote à ce fléau qu’est le whisky »


Soumis à la méditation de nos amis de l’ANPAA...


Grand voyageur, fin observateur, il sut allier comme il l’écrivit à Lafayette « associer service public et gratification personnelle »


« Et quand, celui-ci (Jefferson) fut à son tour pensionnaire de la Maison Blanche, il y éleva considérablement le niveau de l’hospitalité et fit de folles dépenses en vins et en mets (ce qui contribua à sa faillite).


« Jefferson est généralement considéré comme un homme de bordeaux, car c’est le type de vin sur lequel il a le plus écrit et peut-être qui reflète le mieux son caractère. Le claret, comme l’appellent les anglais, est un vin apollinien, un breuvage d’intellectuels, d’hommes de patience et de raison. Austère dans la jeunesse, il est connu pour développer une grande complexité au fil  des ans. Bordeaux réserve peu de surprises. »


Le bourgogne, lui, fait appel aux émotions plus qu’à l’intellect. C’est un vin pour les fous, les amoureux et les poètes. Il est donc un peu surprenant d’apprendre que, durant son séjour à Paris, alors qu’il avait tous les grands crus de France à portée de main, il gardait dans sa cave plus de bourgognes que de bordeaux ; et il semble avoir fait preuve d’un goût impeccable en la matière : il avait un faible pour le volnay, resté un vin  de connaisseur jusqu’à nos jours ; et en blanc, il aimait le montrachet, sans doute encore le vin blanc le plus recherché du monde. Cependant, il choisissait parfois le moins onéreux meursault-goutte-d’or, un bourgogne blanc rustique issue d’une pente un peu moins exceptionnelle, à quelques pas des vignes de Montrachet. »


Bon François (pas le connétable de Bourgogne mais le Bourgogne live) j’attends ma bouteille de meursault-goutte-d’or !


Voilà, si je vous ai mis en appétit « Bacchus et moi » de Jay McInerney aux éditions de La Martinière c’est 23 € en librairie à partir du 3 octobre.


Pour info je vous livre ci-dessous la table des matières des chroniques.


Enfin, je vous signale la chronique « Ridge, mieux vaut tard que jamais » page 363


« Draper est à présent un doyen de la viticulture américaine sans avoir eu à  sacrifier son vaste répertoire d’intérêts intellectuels ; c’est un homme sophistiqué qui conserve un enthousiasme et une curiosité tout juvéniles, et il paraît s’intéresser davantage à la lecture de la New York Review of Books que du Wine Spectator »


Moi aussi !


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Lire ou relire ma chronique du 5 décembre 2011 « Un déjeuner avec Paul Draper au Macéo : le goût de l’intelligence. »link


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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 00:09

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Nous sommes un vieux pays, sans roi ni reine ni empereur, mais il n’empêche qu’à tout bout de champ (j’adore cette expression car elle me rappelle le temps de la décavaillonneuse avec mon pépé Louis link ) sont évoqués à propos de notre président républicain ses droits régaliens.


Alors il ne faut pas nous étonner qu’au royaume des effervescents le champagne est roi et les crémants ne sont que des vassaux ignorés de ce suzerain quelque peu hautain. Pouvoir absolu, sans partage fondé sur un solide fond d’Histoire qui remise les autres bulles au rang d’utilités.


Alors que le cava espagnol et le procecco italien s’internationalisent, taillant même dans certains pays des croupières au champagne, nos braves crémants barbotent encore gentiment dans notre marigot national.


Et pourtant clament les spécialistes nos crémants sont bons et pas chers !


Prenant à contre-pied l’opinion parfaitement justifiée de ces dégustateurs patentés  j’affirme que la faiblesse des crémants repose sur ces deux piliers : leur qualité et leur prix moins élevé.


Sur le premier pilier bien sûr je n’entends pas que la grande majorité des « champagne » ne sont pas de qualité mais j’affirme sans risque de me faire démentir que certains champagnes bas de gamme sont loin d’être au niveau qualitatif des crémants.


Pour le prix je n’ai nul besoin de faire un dessin.


Et pourtant, en dépit de l’appropriation exclusive sur l’étiquette du champagne de la mention «méthode champenoise» et l’apposition de «méthode traditionnelle» pour les crémants, la dite méthode pour ces AOC est la même pour tous, celle d’une prise de mousse par fermentation naturelle en bouteille.


Est-il plus couteux de produire un champagne BSA qu’un crémant ? Je ne sais, les grands experts doivent le savoir mais ça ne justifie en rien de telles différences de prix.


Alors, pourquoi donc ce dédain dont souffrent cruellement les crémants de la part des consommateurs non-avertis ?


La raison centrale se situe dans la notoriété du champagne entretenue depuis des décennies par la force des leurs grandes marques. Le CIVC ne finance aucune campagne de publicité générique mais défend becs et ongles au plan international son appellation. Le bon marketing commence toujours par la capacité à générer derrière chaque bouteille de l’argent à réinvestir dans la notoriété de la marque. Ainsi la marque Nicolas Feuillatte s’est créé ex-nihilo dans un groupe coopératif.


Le champagne est un donc un produit statutaire car il situe dans la hiérarchie sociale celui qui le sert et honore celui à qui il est offert.


Lorsque j’ai acheté ma Twingo, mon concessionnaire Renault m’a offert en cadeau un très mauvais champagne. Tout en le remerciant de cette attention je le lui ai fait remarquer gentiment. Il en fut très étonné car pour lui un champagne ne saurait être mauvais. Jamais il ne lui serait venu à l’idée d’offrir à ses clients un bon crémant.


J’ai connu cet effet « haut prix » lorsque je traitais le dossier Rivesaltes. En effet, celui-ci AOC bénéficiait d’une fiscalité légère (un privilège fiscal) et se retrouvait sur les rayons, moitié moins cher qu’une bouteille de Martini. La différence allant dans la poche de l’État. Il n’empêche que pour le consommateur le Martini vu son haut prix était considéré comme le produit haut de gamme alors que le Rivesaltes se trimballait une image de produit premier prix.


Il reste aussi dans l’inconscient des Français de ma génération, et ils sont encore nombreux et acheteurs, l’idée que tout ce qui n’est pas du champagne n’est que du vulgaire mousseux que l’on gagnait au stand de tir de la foire locale.


C’est regrettable et je le regrette.


Mais alors que faire pour combler ce fossé de notoriété ?


Pas simple car les Crémants sont issus de 7 régions d’appellation : Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Die, Jura, Limoux, Loire et, en dépit de l’existence d’une fédération des crémants, l’impact auprès des consommateurs de la promotion du crémant est extrêmement diffus. Le crémant ça ne leur parle guère à nos braves acheteurs. Peu de marques repères sauf dans deux appellations Limoux et Die mais une myriade d’excellents élaborateurs.link


Certains vont m’objecter que, tout comme l’ensemble des effervescents, le marché des crémants se développe en volume *. Je ne le conteste pas et ce n’est pas l’objet de ma réflexion qui porte exclusivement sur l’image des crémants, ou la non-image d’ailleurs, dans le grand public. La fourchette de prix donnée par la Fédération de 5 à 10 € conforte mon analyse. Les crémants ne se comportent pas comme de véritables challengers du champagne ils doivent se contenter de suivre les hauts et les bas de prix du seigneur champagne.


Bien évidemment il ne s’agit pas pour eux de singer le champagne, ceux qui s’y sont essayés comme à Limoux s’y sont cassés les dents, mais d’engager un travail de fond pour mieux pyramider leur offre, comme le disait un petit rapporteur mieux se positionner. Facile à dire mais plus difficile à mettre en œuvre bien sûr.


Ma seule préconisation pour accroître la notoriété des crémants est que dans les dégustations collectives une place plus importante soit faite à des vignerons qui sont justement des vecteurs de notoriété. En effet, les prescripteurs de notoriété : restaurants, critiques influents cherchent à se démarquer, à sortir du lot, et ce ne sont pas les déjà installés qui les intéressent. L’intérêt bien compris de ceux qui vendent les plus gros volumes via la GD est de mettre en avant ceux qui ne sont pas comme eux. Le fameux revenant-bon  des cotisations est une illusion d’optique en termes de communication, les champenois l’ont fort bien compris d’ailleurs : à côté des grandes marques ont éclos une myriade de vignerons emblématiques qui génèrent de la notoriété dans les nouvelles générations un peu allergiques aux grandes maisons.


Lors de la dernière dégustation organisée par la Fédération des Crémants j’ai renoncé à m’attaquer aux quelques 80 échantillons proposés car je ne voyais pas au juste ce que cela allait m’apporter et, surtout, ce que je pourrais restituer à cette assemblée où il y avait bien sûr de beaux crémants. C’est pour cette raison que je viens de commettre cette chronique, qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais plaire à tout le monde c’est prendre le risque de n’intéresser personne.


 

  • Comment va le marché des Crémants? 

 

Avec plus de 72 millions de cols vendus en 2012, le marché des Crémants se porte bien. Nous enregistrons chaque année des progressions comprises entre 5 % et 7 %. Cette hausse est encore plus importante pour les appellations qui élaborent des crémants rosés. On constate que le marché de l’export est particulièrement porteur et booste les ventes, représentant pour certaines appellations jusqu’à 50% des volumes. Si le crémant est devenu depuis quelques années une locomotive de l’économie de la filière viticole de nos régions, il devient aujourd’hui un véritable vecteur de développement et tout en conservant sa place de challenger des vins effervescents à appellations d’origine contrôlée (AOC). Il faut dire que la multiplicité de l’offre de nos crémants permet de répondre à tous les goûts et assure un accord avec tous les plats et tous les instants.


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Chiffres clés*


• Nombre d’AOC : 7 (alsace, bordeaux, bourgogne, die, Jura, limoux, loire).


• Superficie en production : 8 500 hectares.


• Nombre d’élaborateurs : 1 200, toutes régions et toutes catégories confondues.


• Production annuelle : environ 72 millions de bouteilles, toutes régions confondues.


• Ventes : environ 72 millions de cols. L’export varie en fonction des régions, mais représente en moyenne entre 20 % et 50 % des ventes.


• Prix moyen par bouteille : entre 5 € et 10 €.


• Marché des Crémants : un marché en hausse constante, avec des ventes qui progressent de 5 % à 7 % par an.


*Chiffres 2012

 

ALSACE Chiffres clés


• Superficie en production : environ 3 500 hectares.

• Aire de production : 119 communes.

• Nombre d’élaborateurs : 530.

• Rendement moyen : 75 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 270 062 hectolitres (en 2012).

• Ventes : 81 % sur le marché français et 19 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 33,4 millions par an (en 2012).

 

 

BORDEAUX  Chiffres clés


• Superficie en production : 287 hectares.

• Nombre de producteurs : 123 producteurs et 7 élaborateurs.

• Rendement moyen : 63,5 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 18 285 hectolitres (en 2012).

• Ventes : 93 % sur le marché français et 7 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : plus de 2 millions par an.

 

 

BOURGOGNE Chiffres clés


• Superficie en production : environ 2300 hectares.

• Aire de production : 385 communes.

• Nombre de producteurs : 1831 producteurs et 106 élaborateurs.

• Rendement moyen : 68 hectolitres par hectare.

• Production moyenne annuelle : 125 000 hectolitres.

• Ventes : 69 % sur le marché français et 31 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 18,7 millions (en 2012)

 

 

DIE Chiffres clés


• Superficie en production : 24 hectares.

• Aire de production : 31 communes.

• Nombre de producteurs : 13.

• Rendement moyen : 60 hectolitres par hectare.

• Production annuelle 2012 : 1 375 hectolitres.

• Nombre de cols vendus 2012 : 240 000.

 

 

JURA Chiffres clés


• Superficie en production : 325hectares.

• Aire de production : 104 communes.

• Nombre de producteurs : 140.

• Rendement moyen : 55 hectolitres par hectare (en 2012).

• Production annuelle : 16 113 hectolitres.

• Ventes : 90 % sur le marché français et 10 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 2,7 millions par an.

 

 

LIMOUX Chiffres clés


• Superficie en production : 846 hectares.

• Aire de production : 41 communes.

• Nombre de producteurs : 240 producteurs

et 20 metteurs en marché.

• Rendement moyen : 49 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 42 130 hectolitres.

• Ventes : 70 % sur le marché français et 30 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 5 millions par an.

 

 

LOIRE Chiffres clés

 


• Superficie en production : 1 500 hectares.

• Nombre de producteurs : 550 viticulteurs,

6 caves coopératives, 8 maisons de négoce

• Rendement moyen : 50 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 11,5 millions de cols (en 2012).

• Ventes : 50 % sur le marché français et 50 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 11,5 millions (en 2012).

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 00:09

À la veille du dernier week-end du foirail aux vins, les lions sont lâchés, c’est l’estocade, l’emballage final, le marquage à la culotte, du coup pour coup, le dent pour dent, la guerre totale, ça chauffe à blanc dans les temples de la conso.


Qu’apprends-je ?


Qu’Augustin Florent link  dit Carrefour se met à dégainer une promotion d’enfer, l’arme de destruction massive : un moulis château Maucaillou 2011 à 14,90 € dont 5 € reversés sur la carte de fidélité, soit 9,90 € l’unité sachant que l’offre est limitée à six unités par carte.link


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Tout ça pour contrer dans la dernière ligne droite le Pierre Chanau dit Auchan link qui, en loucedé, avait démarré sec son foirail aux vins avec un haut-médoc Sociando Mallet 2011 à 24,95 € dont 5 € crédités sur la carte de fidélité, soit 19,95 € la bouteille.link


Auchan-FAV-Sociando_large--1-.jpg

 

Vénère qu’y z’étaient les têtes d’œuf de chez Augustin Florent dit Carrefour de voir, chez eux, le même flacon de ce produit « star » des bonnes affaires, de l’acheter malin proposé à 25,90 € et à 24,40 € chez Intermarché ; seul bémol du côté des nordistes d’Auchan la quantité d’achat était limitée à 18 bouteilles par carte.


C’est beau comme un feu d’artifice même si ça sent tout de même par construction le fusil à un coup… Faire le buzz pourquoi pas, ça anime la cause du vin, même si c’est à bon compte puisque la remise est une petite cagnotte à dépenser dans l’enseigne, un cadeau intéressé quoi. Quand à en faire tout un fromage c’est aller un peu vite en besogne. De plus, il n’est pas absolument sûr que ça n’écorne pas un chouïa l’image de ces deux propriétés.


Mais pour les parigots têtes de veaux c’est la galère vu que y’a pas de Pierre Chanau dit Auchan dans Paris  intra-muros, il faut sauter le périphérique pour rejoindre des lieux improbables : Bagnolet, le Kremlin-Bicêtre ou Issy-les-Moulineaux. Du côté d’Augustin Florent dit Carrefour c’est pire car le navire-amiral d’Auteuil c’est le XVIe arrondissement de tous les dangers, reste vous me direz la floppée des Carrefour market un  peu partout mais pas sûr que ces ex-Champion recèlent les boutanches à prix cassés.


Moi ce que j’en dis, c’est juste pour causer vu que je ne suis encarté nulle part et que n’étant pas maquignon je ne fréquente pas les foirails aux vins pour être ensuite obligé d’aller acheter mes rouleaux hygiéniques au Kremlin ou du côté de la Porte d’Auteuil afin de récupérer la ristourne. Pas très élégant comme procédé, ça  a un petit côté vente forcé…

 

Les clichés et les infos de cette chronique sont puisés chez Rayon-Boissons, merci par avance ICI link et link

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 00:09

Samedi dernier à Vinocamp l’un des ateliers où je me suis greffé abordait le sujet des « liaisons dangereuses » entre blogueur et marques.

 

En effet chaque jour nous sommes sollicités pour relayer la belle ouvrage fabriquée par, pour faire court, des marques qu’elles soient des signatures ou de vraies marques commerciales.

 

Exemple : hier je reçois de l’agence en charge de la marque Krug (LVMH) ce qui suit :

 

Pour Krug, l’expérimentation est un besoin ancré dans les gènes de la Maison.

Elle fait partie de notre identité pour toujours nourrir notre esprit et nos sens.

Alors imaginez un instant…

 

 

L’effervescence subtile des bulles de Krug Grande Cuvée s’échappe de la bouteille. Une cascade de bulles résonne dans le verre. Le bruit devient son, le son devient musique. Il suffit de tendre l’oreille…

 

Écoutez…

 

Imaginez maintenant que l’on puisse amplifier cette mélodie et plonger au cœur de l’effervescence d’un verre de Champagne Krug.

C’est ce que nous avons voulu explorer car pour la Maison Krug, la musique est un langage universel que tout le monde peut partager ; elle a cette capacité à toucher la sensibilité de chacun et possède l’art de révéler une myriade de nouvelles dimensions aussi riches que celles contenues dans chaque gorgée de Krug Grande Cuvée.

 

« Krug Grande Cuvée est une symphonie, une composition où tous les instruments jouent ensemble, se complétant mutuellement dans une harmonie totale ».

Henri Krug, 1985 (5e  génération de la famille Krug).

 

La Maison Krug vous invite à la suivre dans ce voyage des sens qui transcende la dégustation traditionnelle pour découvrir ce qui se joue au cœur même de son flacon : Krug Sounds, une expérience autour des sons et de la musique, un nouveau rituel de dégustation pour une approche inattendue du Champagne.

 

« Krug Sounds » imaginé par Ionna Vautrin

 

« Le Coquillage Krug »

 

Pour concevoir cette expérience, la Maison Krug a invité la jeune et talentueuse designer Ionna Vautrin. Reconnue pour sa vision poétique et épurée du design, Ionna Vautrin partage avec la Maison ce même goût pour l’exploration et la découverte.

 

Inspirée par l’harmonieuse mélodie de Krug Grande Cuvée, Ionna Vautrin a imaginé un instrument qui permet d’amplifier le son des bulles du Champagne Krug. En réminiscence du premier coquillage porté à l’oreille et en hommage à la résonnance éternelle de l’océan, elle crée le « Coquillage Krug », une singulière petite sculpture sonore.

 

Le « Coquillage Krug » est une invitation à activer l’ouïe pour appréhender différemment la dégustation. En posant délicatement le « Coquillage Krug » sur le verre de Champagne et en le portant à l’oreille, l’expérience commence : les bulles résonnent, des sons inédits sont alors révélés. Ce geste simple incite à se concentrer sur le moment présent pour en saisir chaque seconde et mieux apprécier la diversité des sensations nées de la musique unique des bulles du Champagnes Krug.

 

« Le Cocon Krug »

 

Pour pousser encore plus loin l’aventure Krug Sounds et vivre de manière totalement empirique cette symphonie si particulière, Ionna Vautrin a imaginé une installation, une sorte de coquillage mobile à grande échelle.

 

«  Afin de déguster et d’écouter le son des bulles dans les meilleures conditions, j’ai conçu un espace favorisant le partage et l’intensité de cette expérience ».

Ionna Vautrin.

 

Cette installation se veut comme un « igloo réinterprété ». À l’intérieur, le silence se fait pour mieux apprécier Krug Grande Cuvée. Les fines bulles courent le long des murs de la capsule et donnent l’illusion d’être immergé à l’intérieur d’un verre.

 

On se laisse surprendre par la mise en scène.

 

À vous de vivre Krug Sounds…

 

Cette surprenante expérience, la Maison Krug a voulu vous la proposer et a conçu pour cela le coffret Krug Sounds. Dans ce coffret, tous les éléments s’associent pour une complète révélation des sens : un flacon de Krug Grande Cuvée, deux verres « Joseph » en cristal Riedel pour amplifier les facettes olfactives et gustatives de chaque cuvée et le Coquillage Krug, réalisé en porcelaine de Limoges par Bernardaud et numéroté individuellement à la main.

Quant au cocon, il est possible que vous le croisiez lors d’un de ses voyages… Qui sait ?

 

Voilà le travail : j’ai reproduit en copié-collé le texte qui m’a été transmis.

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement pour vous montrer l’inanité de ce genre de démarche auprès de moi. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi certaines agences continuent d’inonder ma boîte mail de ce genre de littérature accompagnée de visuels à reproduire.

Si au moins ils m’envoyaient le coffret je pourrais apprécier. Je plaisante bien sûr mais à peine : quitte à m’acheter encore faut-il le prix.

 

Ça c’est pour la forme.

 

Sur le fond je m’interroge qui peut bien être séduit par ce faux-luxe qui se veut s’associer à un soutien à la création artistique ? Je ne sais mais je fais confiance aux concepteurs pour l’avoir ciblé.

 

Mais hier, dans le cahier éco du Monde je découvre un article : « Face au luxe, les Européens commencent à déchanter »

 

« C'est la thèse développée par Rémy Oudghiri, directeur du département Tendances et prospectives de l'institut Ipsos, à la lumière d'une enquête effectuée auprès d'un échantillon de cinq mille personnes. Les conclusions de cet Observatoire des clientèles du luxe d'Ipsos, rendues publiques mardi 24 septembre, ont de quoi semer le doute chez les géants du secteur - LVMH, Kering, Richemont, Chanel ou Rolex. Le chercheur laisse entendre que le luxe européen a de fortes chances d'être un jour populaire partout dans le monde sauf en Europe - là où pourtant il est fabriqué », explique Nicole Vulser dans un article paru ce mardi dans le cahier éco du Monde.link

 

« Par rapport à la dernière enquête de 2007, réalisée aussi auprès de classes moyennes et supérieures, 'de plus en plus d'Européens constatent que l'univers du luxe leur est aujourd'hui devenu inaccessible »...

 

24 sept. 2013 -

L’édition 2013 du (WLT), en partenariat avec l'APL, avait comme thème central le rapport des Européens au luxe : en ont-ils toujours envie ? Et si oui, en ont-ils toujours les moyens ? Les grandes tendances issues de cet observatoire dédié, sont présentées ci-dessous par Rémy Oudghiri, Directeur du département Tendances & Prospective, Ipsos Public Affairs.link

 

Krug-Sounds-Coffret.jpg

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 00:09

Ce n’est pas sorcier Il se passe toujours quelque chose dans l’Aude, certains veulent changer l’Aude en vin, un autre exorciser le démon de Limoux – à ne pas confondre avec le démon de midi cher à Pousson – et voilà qu’en provenance de Tahiti on me dit « Moins de chimie mais du génie: à Gruissan, l'Inra invente les vins du futur, à base de nouveaux cépages résistants et d'une « œnologie de précision » qui fait appel à la technologie de pointe.link


Bon plan me dis-je !


Je cite Anne CHAON l’auteure de l’article de Tahiti infos du samedi 14 Septembre 2013  « L'œnologie du futur à l'Inra: des vins techniques mais nature »


« Sélectionner des cépages plus résistants aux maladies nous semble la seule solution pour diminuer l'usage de pesticide", explique entre les vignes Hernan Ojeda, responsable de l'unité expérimentale de Pech Rouge rattachée à l'Inra de Montpellier. Car la vigne est après la pomme la deuxième culture la plus traitée en France, 6 à 20 fois par an selon les régions. Peu de traces dans les vins, mais beaucoup dans les sols et l'eau. »


« On traite encore moins qu'en bio", relève le chercheur venu d'Argentine où, comme ailleurs dans le « Nouveau Monde » du vin, le Chili, l'Australie, on tourne sans pudeur le dos aux traditions pour s'adapter. »


La « non-taille », ou taille minimale des ceps fait partie de ces nouvelles procédures testées ici - mais « adoptée depuis plus de 30 ans en Australie » -: la vigne, contrainte de s'adapter seule à son environnement, produit ce qu'elle peut gérer: moins de feuilles, mais plus de grappes. « Même si les baies sont plus petites, la production peut augmenter de 20%", note-t-il. Plus lente à mûrir, elle compense aussi les effets du changement climatique en freinant d'elle-même la production de sucre - donc d'alcool. »


Y’a un bémol mais je vous laisse le soin de le chercher.


Simultanément la révolution « Nature » se poursuit dans les cuves où l'Inra a déjà mis au point des techniques inédites comme le foulage par éclatement (en cours de brevetage) et la « flash détente » (on chauffe le raisin à 90° avant de le plonger dans un cuve sous vide): « la phase de détente favorise la libération des composants recherchés, la couleur, les polyphénols, tout ce qui structure le vin et favorise son aptitude au vieillissement », résume Jean-Michel Salomon, directeur de recherches. Pour le vigneron, du temps gagné: « Cinq minutes d'éclatement et quelques heures de macération, contre une à trois semaines. On peut obtenir très rapidement des vins charpentés », poursuit-il. L'intérêt est évident pour les caves industrielles. La plupart des grandes caves françaises sont désormais équipées mais le "flash détente" essaime aussi en Argentine et au Chili »


J’adore les chercheurs de l’INRA mais je me suis toujours demandé comment était élaborée l’OFFRE de recherche dans notre beau pays, pour la vigne et le vin tout particulièrement. Le plus grand secteur de l’exportation agricole de ce pays ne me semble pas avoir été l’une des priorités de cette maison. Détrompez-moi Benoît !


Mes commentateurs attitrés vendangent sans enrichir ni s’enrichir d’ailleurs et ils n’ont guère le temps de baguenauder sur mes lignes mais une fois le moût devenu vin le débat devrait vraiment être ouvert pour que nos chercheurs veuillent bien se pencher un peu plus qu’ils ne le font sur des sujets qui intéressent le devenir de nos vignobles…

l'émission du lundi 16 septembre 2013 le zoom de la rédaction de France Inter

L'oenologie de pointe

link

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 00:09

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Vous ouvrez ICI ink c’est chic, sobre, de la belle ouvrage de graphiste, le seul hic une musique lancinante et chiante… du genre à vous fiche le bourdon.


Passons !


L’idée est née autour d’un verre en 2009, un défi de Stéphane Derenoncourt à Patrick Bouey le boss de la maison bordelaise éponyme « pouvoir adapter sa méthode parcellaire à des vins plus accessibles. »


Bon plan la première édition de la collection « Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt » voit le jour en 2011.


Mais qui c’est ce Stéphane Derenoncourt ?


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The Financial Times le décrit comme « Incontestablement la star montante des vinificateurs internationaux. » En tant que vinificateur, il est considéré à  l’égal d’un créateur très inspiré.. Comme un grand chef pour la gastronomie ou un couturier génial pour la mode, le vinificateur est le directeur artistique du vin. » (c'est écrit sur le site)


On l’appelle aussi « le magicien du vin » www.derenoncourtconsultants.com

 

Pourquoi je vous parle de ça ?


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Tout bêtement j’ai  croisé « Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt » dans mon Franprix. Le BORDEAUX tout court  2011 4,82€ allez consulter la fiche en cliquant sur la boussole à COLLECTION


photo297.JPG

 

LIRE :

1-      PHILOSOPHIE

2-      MÉTHODE

3-      VISIONNER LE FILM

 

Ceci est une chronique et non un publi-reportage.  


photo300.JPG

 

Le vin sera dégusté lors d’un repas avec mes copines, en face cachée bien sûr…

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 00:09

« Cet état de choses dura longtemps, longtemps ; mais les comètes ne brillent pas toujours du même éclat. Tout vieillit par le monde. On eût dit, peu à peu, que l’empressement des découpeurs s’affaiblissait ; ils semblaient hésiter parfois, quand on leur tendait le plat ; cette charge jadis tant enviée devenait moins sollicitée ; on la conservait moins longtemps ; on en paraissait moins fier. Mme Anserre prodiguait les sourires et les amabilités ; hélas ! on ne coupait plus volontiers. Les nouveaux venus semblaient s’y refuser. Les « anciens favoris » reparurent un à un comme des princes détrônés qu’on replace un instant au pouvoir. Puis, les élus devinrent rares, tout à fait rares. Pendant un mois, ô prodige, M.Anserre ouvrit le gâteau ; puis il eut l’air de s’en lasser ; et l’on vit un soir Mme Anserre, la belle Mme Anserre, découper elle-même.


Mais cela paraissait l’ennuyer beaucoup ; et le lendemain, elle insista si fort auprès d’un invité qu’il n’osa point refuser.


Le symbole était trop connu cependant ; on se regardait en dessous avec des mines effarées, anxieuses. Couper la brioche n’était rien, mais les privilèges auxquels cette faveur avait toujours donné droit épouvantaient maintenant ; aussi, dès que paraissait le plateau, les académiciens passaient pêle-mêle dans le salon de l’Agriculture comme pour se mettre à l’abri derrière l’époux qui souriait sans cesse. Et quand Mme Anserre, anxieuse, se montrait sur la porte avec la brioche d’une main et le couteau de l’autre, tous semblaient se ranger autour de son mari comme pour lui demander protection.


Des années encore passèrent. Personne ne découpait plus ; mais par suite d’une vieille habitude invétérée, celle qu’on appelait toujours galamment la « belle Madame Anserre » cherchait de l’œil, à chaque soirée, un dévoué qui prit le couteau, et chaque fois le même mouvement se produisait autour d’elle : une fuite générale, habile, pleine de manœuvres combinées et savantes, pour éviter l’offre qui lui venait des lèvres.

Or, voilà qu’un soir on présenta chez elle un tout jeune homme, un innocent et un ignorant. Il ne connaissait pas le mystère de la brioche ; ainsi lorsque parut le gâteau, lorsque chacun s’enfuit, lorsque Mme Anserre prit des mains du valet le plateau et la pâtisserie, il resta tranquillement près d’elle.

Elle crut peut-être qu’il savait ; elle sourit, et, d’une voix émue :


« Voulez-vous, cher monsieur, être assez aimable pour découper cette brioche ? »


Il s’empressa, ôta ses gants, ravi de l’honneur.


« Mais comment donc, madame, avec le plus grand plaisir. »


Au loin, dans les coins de la galerie, dans l’encadrement de la porte ouverte sur le salon des laboureurs, des têtes stupéfaites regardaient. Puis, lorsqu’on vit que le nouveau venu découpait sans hésitation, on se rapprocha vivement.


Un vieux poète plaisant frappa sur l’épaule du néophyte :


« Bravo ! jeune homme, lui dit-il à l’oreille. »


On le considérait curieusement. L’époux lui-même parut surpris. Quand au jeune homme, il s’étonnait de la considération qu’on semblait soudain lui montrer, il ne comprenait point surtout les gracieusetés marquées, la faveur évidente et l’espèce de reconnaissance muette que lui témoignait la maîtresse de maison.


Il paraît cependant qu’il finit par comprendre.


À quel moment, en quel lieu la révélation la révélation lui fut-elle faite ? On l’ignore ; mais quand il reparut à la soirée suivante, il avait l’air préoccupé, presque honteux, et regardait avec inquiétude autour de lui. L’heure du thé sonna. Le valet parut. Mme Anserre, souriante, saisit le plat, chercha des yeux son jeune ami ; mais il avait fui si vite qu’il n’était déjà plus là. Alors elle partit à sa recherche et le retrouva bientôt tout au fond du salon des « laboureurs ». Lui, le bras passé sous le bras du mari, le consultait avec angoisse sur les moyens employés pour la destruction du phylloxéra.


« Mon cher monsieur, lui dit-elle, voulez-vous être assez aimable pour me découper cette brioche ? »


Il rougit jusqu’aux oreilles, balbutia, perdant la tête. Alors M.Anserre eut pitié de lui et, de tournant vers sa femme :


« Ma chère amie, tu serais bien aimable de ne point nous déranger : nous causons agriculture. Fais-la donc couper par Baptiste, ta brioche. »


Et personne depuis ce jour ne coupa plus la brioche de Mme Anserre. »

 

 

 

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 00:09

 

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J’aime l’eau fraîche.


Au Bourg Pailler celle du vieux puits était potable mais très étroit et très profond, et il fallait puiser l’eau au seau. Certes ça peut paraître bucolique aux écolos mais c’était fort pénible car il fallait outre les besoins domestiques abreuver les animaux. Comme le service d’eau, c’est-à-dire l’adduction au service de distribution d’eau, ne viendra que bien plus tard mon père décida donc de creuser un nouveau puits dans le jardin. Il fit venir un sourcier avec sa baguette qui détermina le lieu où la source affleurait. Ensuite mon frère Alain et un puisatier se mirent à l’ouvrage à la pioche et la pelle pour creuser le puits d’une circonférence  de 4 à 5 mètres (je n’ai pas le compas dans l’œil mais le puits existe toujours j’irai vérifier lors d’un prochain passage à la Mothe-Achard). Lorsque la roche se révélait coriace le puisatier, avec une barre à mines, posait des explosifs et j’adorais vivre les préparatifs car j’avais le sentiment que nous étions des bandits de grand chemin. L’eau apparut vers 4 ou 5 mètres et c’est dans de la boue jaunasse qu’il fallut continuer de creuser. À la vue de cette soupe argileuse je me disais : «  mais comment va-t-elle devenir claire ? ». Bref, lorsque la bonne profondeur fut atteinte nos deux larrons posèrent deux rails sur lequel ont façonna un plancher au-dessus du niveau de l’eau afin d’y installer la pompe électrique qui nous alimenterait en eau.


L’eau fut analysée : pas terrible mais potable, elle n’avait pas la pureté de celle du vieux puits et pendant tout un moment nous ne bûmes que celle que les femmes allaient encore puiser à la main. Aujourd’hui le vieux puits est enfoui mais je garde le souvenir du petit édicule en pierres sèches, du treuil en bois, du bruit de la chaîne sur la poulie métallique et du seau en zinc remplie d’une belle eau fraîche qui serait conservé dans des pots en grès dans l’ombre du cellier. Chez moi l’infâme piquette du pépé Louis se buvait coupée d’eau. Pour tout dire l’eau n’avait pas mauvaise presse. Normal ce fut la première boisson de l’homme. Alors pourquoi ce discrédit, et pas seulement chez les buveurs de vin ou de boissons alcoolisées ? Boire, comme le souligne Didier Nourrisson dans son livre Crus et cuites Histoire du buveur « c’est d’abord consommer une boisson alcoolisée. Cependant, les dictionnaires du XIXe siècle ajoutent le « buveur d’eau » et le qualifient de « personne qui ne boit que de l’eau ou du vin fort trempé. »


« Sirop de grenouille », « château-la-pompe », « jus de parapluie », l’eau suscite défiance et, pire, moquerie. « L’eau est un liquide si dangereux, aurait dit Alfred Jarry, qu’une goutte versée dans un verre d’absinthe suffit à la troubler. » On plaint le buveur d’eau, on se moque de lui, suscite la méfiance « j’ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et leur grande réserve à table annonce assez souvent des mœurs feintes et des âmes troubles » déclare l’amant de la  Nouvelle Héloïse. « La promotion du vin encourage le discrédit de l’eau. Les deux boissons se font la guerre. Le réquisitoire le plus féroce est prononcé par Baudelaire dans son livre Du vin et du haschisch (1860) lire ICI link


Les défenseurs du vin, qui pèsent alors très lourd politiquement aussi bien à la production que le lobby des marchands de vins et des limonadiers (qui sont alors des vendeurs de piquette), jouent sur du velours car l’eau ne vaut rien « Nous buvons 90% de nos maladies » déclare Louis Pasteur et son « le vin est la plus saine des boissons » qui sera exploité, et l’est toujours, ne faisait que tirer les conséquences des conditions déplorables de l’alimentation en eau des populations.


Didier Nourrisson note « Deux évènements viennent pourtant au XIXe siècle tempérer ce rejet de l’eau de consommation. Ils sont tous deux provoqués par les nouveaux soucis hygiénistes de l’État : il s’agit d’abord de la mise en place d’un réseau d’eau potable ; ensuite du développement des eaux minérales. Ainsi la célèbre Compagnie Générale des Eaux à partir de laquelle JM Messier voulut bâtir son empire en exploitant son trésor de guerre, l’ancêtre de l’actuelle Véolia est fondée par décret impérial le 14 décembre 1853. L’eau minérale en bouteille va prendre son envol avec Adolphe Granier à Vergèze dans le Gard qui obtient la propriété de la source des Bouillons en 1863 et en 1898, un médecin  de Nîmes Louis Perrier, devient propriétaire de la source et commence à commercialiser son eau. Même processus avec Augustin Badoit qui « avait flairé le filon. En 1837, il rachète la source Fonfort à Saint-Galmier et se met à embouteiller de l’eau. »


Des empires industriels vont se bâtir sur l’eau du robinet et l’eau en bouteille, la Générale des eaux déjà citée, la Lyonnaise des Eaux… Danone avec son portefeuille de grandes marques françaises Évian, 1er exportateur mondial d'eaux minérales, Volvic, Badoit, La Salvetat et Nestlé avec 67 marques dont Vittel, Perrier, San-Pellegrino, Contrex et Quézac… Ironie de l’Histoire, Pierre Castel le leader du vin de table ajoutera pendant un temps à son empire, des eaux minérales Le groupe Castel, via son entité « eaux » baptisée Neptune, commercialisait Saint-Yorre, Vichy Célestins, Cristaline, Thonon, Courmayeur et la célèbre Chateldon. Avec un investissement initial limité (environ 122 millions d'euros), Castel a été propulsé n°3 du marché de l'eau en bouteille. Depuis, il a conforté sa position pour détenir aujourd'hui près de 22 % de part de marché. En clair, vendre de l’eau est bien plus profitable que de vendre du vin. C’est la revanche des hydropathes, les addicts de l’eau, et des hydrophiles que de voir toutes ces filles se balader avec leur bouteille d’eau dans leur sac !

 

 

LES FRANÇAIS SONT PARMI LES PLUS GRANDS CONSOMMATEURS D'EAU MINERALE NATURELLE  EN EUROPE ET DANS LE MONDE.
En consommant en moyenne plus de 142 litres d'eau minérale naturelle en 2006, les Français sont après les Italiens et juste derrière les Espagnols, parmi les premiers consommateurs d'eau minérale naturelle en Europe et dans le monde.
La consommation de bouteilles d'eau en 2011

 

5,5 milliards de litres en France vendus en 2011 , en hausse de 2,8%...

 

Pour la deuxième année de suite, les industriels des eaux minérales naturelles ont vu leur marché progresser de 2,8% en 2011 en France. Après plusieurs années de forte baisse, et un repli en volume de 6% en 2007 et 2008. Après +2% de 2010 le marché a cru de +6% en 2011 en France avec 5,5 milliards de litres dont 4,5 milliards de litres d’eau plate nature.

 

5,2 milliards de litres en bouteille ont été vendus en France en 2008, soit 1,6 milliard d'euros, selon des données du cabinet ACNielsen.

 

 

La France est aujourd’hui le troisième producteur européen derrière l’Allemagne et l’Italie : en 2004, en Europe, les Italiens devant les Américains avaient une consommation d'eau en bouteilles équivalente à 184 litres par an et par personne. Les Français, 145 litres.

 

Le Français sont donc des buveurs  d'eau...

 

Je plaisante à peine. Ce clivage violent qui a souvent au début du siècle transformé le buveur d’eau en militant anti-alcool  comme le note Didier Nourrisson « Son choix se porte sur le rejet des spiritueux ou celui de tous les alcools ; il devient abstinent ou tempérant, un peu comme dans le monde de l’alimentaire coexiste les végétariens et les végétaliens. » Ils serviront de bases aux « sociétés de tempérance » venues des USA, œuvre des médecins et des quakers. Mais « le modèle américain s’exporte bien, excepté en France. Au pays du vin, les pourfendeurs de l’alcool n’ont pas bonne presse  et agissent en ordre dispersé. »


C’est le traumatisme de la Commune en 1871 qui va tout déclencher « l’association antialcoolique est une entreprise de moralisation nés de la grande peur sociale. Les écrits qui dénoncent la férocité et la sauvagerie des Communards sont très nombreux. Ainsi le Dr Jolly, fondateur de la Société Française contre l’abus du tabac et membre de la Société Française de Tempérance écrivait dans le Bulletin de l’académie de Médecine le 25 juillet 1871 « sans la double ivresse alcoolique et nicotinique, sans l’exaltation toute fébrile, toute frénétique qui l’accompagne, aucun peuple du monde n’aurait pu commettre les cruels attentats, les horribles saturnales dont nous avons été témoins ; aussi pour les concevoir, il fallait tout le génie des enfers, il fallait pour les accomplir toutes les fureurs, toute la rage de l’ivresse. »


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Le monde médical, sensibilisé à la question sociale, va monter en première ligne. La Société Française de tempérance (SFT) ouvre sa première AG le 12 mai 1872. « Les premiers membres de la SFT ont pour noms Louis Pasteur, Claude Bernard, le baron Haussmann, Emile Littré ou Sir Richard Wallace (mécène anglais qui a fait ériger à Paris la cinquantaine de fontaine qui portent son nom afin de lutter contre l’alcoolisme en permettant aux pauvres d’accéder à l’eau potable NDLR). Aucun n’est sans doute buveur d’eau, mais tous entendent bien faire rendre gorge à l’alcool. »


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Cette chronique qui doit son origine et son contenu au livre de Didier Nourrisson a un double objectif : tout d’abord que ceux qui écrivent sur le vin en fasse leur livre de référence ce qui leur évitera d’écrire tout et n’importe quoi sur le sujet de la lutte contre l’alcoolisme ; ensuite pour que si nous, les gens du vin, souhaitons vraiment faire avancer notre juste cause face aux tenants d’un pur prohibitionnisme qui ne dit pas son nom, nous tenions compte de tous les aspects du dossier qui ne se résume pas au simple argument du vin partie intégrante de notre civilisation. Il l’est mais il n’est pas que cela puisqu’il est aussi une boisson alcoolisée de grande consommation et s’en tenir à jouer du violon avec les grands vins ou les vins d’auteur ne suffit pas à convaincre l’opinion publique très sensible aux arguments santé des blouses blanches…


51SDON3pH4L.

 

A bientôt sur mes lignes pour poursuivre ce regard historique…

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