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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 00:09

 

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Depuis  le toast réussi avec Nixon lors de sa visite à Pékin en 1972, les dirigeants chinois font couler le Moutai, eau-de-vie de sorgho titrant 53° (dit aussi Maotai petite ville de la province du Guizhou au sud de la Chine) dans le gosier de tous les chefs d’Etat et hauts dignitaires en visite en Chine. En effet, lorsque Deng Xiaoping, deux ans plus tard, se rend aux USA, Henry Kissinger lui confiera « Si nous buvons assez de Moutai nous pourrons résoudre tous nos problèmes. »


Si je vous parle du Moutai c’est que cette eau-de-vie très appréciée en Chine, produite et distribuée exclusivement par Kweichow Moutai, veut faire son entrée dans la cour des grands des spiritueux haut-de-gamme en s’attaquant au marché mondial avec des projets d’ouverture de boutiques aux USA et en Russie. À Paris, boulevard Masséna, à l’entrée du Chinatown du XIIIe une boutique a été ouverture au printemps 2012. « Kweichow se voit en symbole de l’essor économique de la Chine, du passage d’une économie fermée à une économie de marché. » Jusqu’ici, depuis 2004, grâce à un partenariat avec Camus la maison de Cognac, le Moutai a essaimé les duty-free d’aéroport de plus de 120 pays avec des résultats limités : « les meilleurs clients restent les businessmen chinois qui profitent d’escapades à l’étranger pour se fournir du produit à moindre coût. »


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J’ai goûté le Moutai classique, le « Flying Fairy », 53°, c’est hot pas vraiment dans  la ligne des alcools blancs stars du marché. De plus c’est haut de gamme pour le prix : 179€ pour 50cl. Selon  le quotidien  le 13 du mois « Le prix de la bouteille a doublé depuis 2010[…] La société d’Etat justifie la flambée des prix en invoquant la hausse du cours su sorgho, le manque de contrôle des distributeurs et surtout la pression constante de la demande. » Sans être un grand spécialiste des spiritueux, le modèle économique des vedettes du marché, tel Absolut, c’est tout le contraire : il y a plus de marketing et de promotion dans chaque bouteille que de matière première.


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Mais dans cette affaire ce qui passionne votre Taulier c’est la phase historique de la diplomatie du Moutai avec son versant américain : le couple Nixon-Kissinger et celui plus modeste avec Georges Pompidou qui sera lui, contrairement au général de Gaulle reçu par Mao Zedong

.

1-               le couple Nixon-Kissinger et Zhou Enlai


Après l'arrivée au pouvoir des communistes, en 1949, les États-Unis avait refusé de reconnaître la Chine populaire. Les relations entre les deux pays restaient tendues au début des années 70. Cependant, l'accueil fait à une équipe américaine de ping-pong en tournée et les visites secrètes en Chine du conseiller du président Nixon, Henry Kissinger, pavent la voie à un rapprochement. Le 21 février 1972, Nixon entreprend un voyage officiel en Chine au cours duquel il rencontre le premier ministre Zhou Enlai et l'ancien président Mao Zedong.

« Nixon n'a pas été reçu comme le représentant coupable d'un impérialisme vaincu par les contradictions du capitalisme. Il n'a pas été reçu comme un tacticien avec lequel on fait une expérience que l'on se réserve le pouvoir de désavouer aussitôt. Il a été reçu comme un chef d'État avec lequel on peut conclure la paix et on peut fonder la coexistence. Mao lui-même s'est engagé. Il n'est plus en mesure, comme certains sinologues s'aventuraient à le conjecturer, de désavouer Chou En-lai.»


Jean Daniel, «Les surprises de Nixon» Le Nouvel Observateur 28 février 1972

 

2-             Georges Pompidou et Zhou Enlai


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Début septembre 1973, en dépit de sa maladie, Georges Pompidou se rend en Chine, où ses déplacements sont réduits au minimum. « A Pékin, le premier ministre Chou En-lai l’accueille. « L’homme, écrit Jean-Bernard Raymond, était l’intelligence même avec beaucoup d’humour. Au lieu des exposés pesants des Russes de l’époque, sa conversation était rapide, au point que l’on oubliait la différence de langues, grâce peut-être à la qualité des interprètes, mais surtout à l’agilité intellectuelle du Premier Ministre chinois qui, au surplus, disait-on, comprenait le français. Il accompagna Georges Pompidou pendant tout son voyage. »

 

Le 12 septembre dans la Cité Interdite de Pékin les entretiens commencent dans  un climat, en effet, fort détendu :

 

« La Chine intéresse beaucoup les Français, confie Georges Pompidou.

-        Tout à l’heure, répond Chou En-lai, en vous attendant, des journalistes m’ont parlé de la mode française. D’après eux elle a beaucoup évolué depuis les années où j’étais en France, il y a cinquante ans. Maintenant je suis vieux. Je ne m’y intéresse plus beaucoup.

-        - Moi non plus.

-        Chaque peuple a le droit de choisir sa mode : c’est une question de souveraineté !

-        S’il n’y avait que ce problème, ce serait facile, ironise Georges Pompidou.

-        Mais il y a toujours des gens qui interviennent dans les affaires des autres, souligne Chou En-lai.

-        Même dans la mode ! Mais laissez-moi vous dire que vous êtes intervenu aussi dans la souveraineté française, car le costume que vous portez était aussi, il y a quelque temps, très à la mode à Paris.

-        Je peux vous dire que ce n’était pas à mon initiative, mais à celle de vos concitoyens. Si on m’avait consulté, j’aurais été contre. Quand j’étais jeune et que je suis entré au Parti communiste, en France, dans les années 20, je portais des habits occidentaux. » Georges Pompidou Eric Roussel.

 

3-             Conclusion sous forme de « Longue  Marche » et du Moutai devient boisson nationale


En 1935, les communistes chinois, en pleine débâcle, font halte dans le village de Maotai et les soldats vont trouver dans la puissante eau-de-vie « une alliée idéale pour panser leurs plaies et reprendre courage. « La Longue Marche a été un succès en grande partie grâce au Maotai » assurera Zou Enlai lors de la proclamation de la République populaire. Peu après, la distillerie devient propriété de l’Etat et la boisson fétiche accède au rang d’alcool national. »

Le 19 octobre 1935 s'achève la Longue Marche des communistes chinois et de leur chef Mao Zedong. Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, les communistes se réfugient au Chen-si (ou Shaanxi). Dans cette province montagneuse isolée du nord-ouest, ils échappent aux attaques du parti rival du Guomindang ou Kuomintang et de son chef, Tchang Kaï-chek. Mais de 130.000 au départ, un an plus tôt, ils ne sont plus que 30.000. La faim et la lutte contre les troupes du Kuomintang ont eu raison des autres.

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Lire « Le Maotai, alcool national et symbole de la corruption chinoise » link

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