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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:06
« Le Journalisme de promenade » le plaidoyer pro domo de Michel Bettane pour sa « petite entreprise »

Dans sa dernière livraison my bettane + desseauve le magazine du vin Michel Bettane face à l’attaque des ON, l’anonymat de combat, contre-attaque, et, sous un titre très Macron-Valls « Entrepreneur, ce gros mot », prononce un plaidoyer pro-domo en faveur de sa petite entreprise qui, selon lui, ne connaît pas la crise.

 

C’est son droit d’actionnaire, et n’attendez pas de moi ni une analyse pointilleuse, ni une critique en règle des propos de Michel Bettane même si je serais très à l’aise dans la mesure où je ne fais pas partie des ON et ne pratique pas l’anonymat : je signe, je nomme et n’hésite pas à cibler le cireur de pompes patenté qui bave sur le « journalisme d’investigation » qui déplaît tant à ses amis.

 

Si je vous soumets ce texte c’est qu’il est révélateur d’une forme de malaise latent de « la presse du vin », sous toutes ses  formes, face à la suspicion qu’elle inspire à certains, disons pour faire court, d’amateurs de vin, sans frontière de génération.

 

La presse, les médias en général, n’ont pas « bonne presse » auprès de l’opinion publique et le métier de journaliste est tout autant vilipendé par le « bon peuple » que les élus de ce même « bon peuple ». Le capital de confiance a fondu comme neige au soleil depuis le temps d’Albert Camus qui exerça le métier de journaliste à l’Alger républicain, au Soir républicain, à Combat et à L’Express et qui considérait les journalistes comme des «historiens au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme comme « le plus beau métier du monde » en justifiant son affirmation «parce qu'il vous force à vous juger vous-même »

 

Dans le vin, le journaliste est à la fois critique et se veut parfois aussi reporter mais comme je l’ai écrit hier le publi-reportage est souvent au bout du chemin avec plus ou moins de subtilité dans la présentation. Alors l’indépendance est un territoire extrêmement difficile à baliser pour les nouveaux journalistes « entrepreneurs ». Michel Bettane écrit « L’indépendance est certainement un concept sacré pour la presse, mais pas forcément dans le domaine que l’on croit. Elle n’a pas grand-chose à voir avec les pressions économiques dont on peut toujours se libérer par la démission. Elle commence et finit dans la sphère de l’éthique individuelle et certainement pas collective. L’indépendance véritable nait chez le journaliste d’une ascèse qui repose sur deux grandes bases :

 

  • La première est le savoir…
  • La seconde est peut être encore plus importante, c’est un travail sur soi…

 

Je m’arrête là et vous laisse le soin de penser ce que bon vous semble tout en soulignant que la critique du vin touche une infime proportion des consommateurs de vin et que ce débat à un petit goût de « cabine téléphonique » concept cher aux railleurs des radicaux cassoulets. Lorsque la presse généraliste s’empare du sujet ça donne ça 

 

La parole est à Michel Bettane :

 

« Décidément dans un pays fantasmé aussi pourri que le royaume du Danemark, bien entendu entretenu dans son immoralité par une presse tout aussi contaminée, il n’y a que les citoyens libres, quand ils assument avec fierté leur liberté d’expression sous un anonymat de combat, pour défendre les vraies valeurs de la République.

 

Les Lumières ?

 

Vous plaisantez.

 

Le Savoir Libérateur n’est plus de mode. Au contraire point trop n’en faut, l’authenticité de l’approximation, voire de l’erreur et du dogme sont bien plus respectables. L’enquête devient même suspecte chez les journalistes, de même que l’information de première main pour les experts.

 

Notre travail, chez Bettane et Desseauve, a récemment été qualifié de journalisme de promenade, formule désormais immortelle dont il était facile pour nous de nous moquer sans la même méchanceté, d’ailleurs. Mais voilà qu’on dénonce avec nostalgie dans les mêmes cercles la disparition du journalisme à l’ancienne (et on oublie toutes les suspicions passées). Les mêmes laissent entendre que les nouveaux journalistes « entrepreneurs » sont bien moins indépendants, prisonniers du conflit d’intérêt et d’annonceurs manipulateurs ou vaches à lait, au choix, à moins que les deux réunis ne soient la base du Grand Complot. Quelques esprits influençables peuvent évidemment mordre à la rhétorique de mots dont ils ne connaissent parfois pas la définition exacte, ce qui me conduit ici à rappeler quelques faits et les principes qui ont présidé au développement actuel de notre « petite entreprise ». Celle-ci, j’en profite pour rassurer nos détracteurs, ne connait pas la crise.

 

La suite ICI 

 

Pro Domo : se dit du plaidoyer d'une personne qui se fait l'avocat de sa propre cause, qui plaide pour soi-même.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Bizeul 28/02/2015 11:17

Bon, ce qu’il y a de bien avec vous, c’est qu’on atteint très vite le point Godwin.

Transformer un billet de fond en critique de mes vins, c’est du grand art.

Votre problème est le même que les journalistes aujourd’hui : ils pensent que leur goût est le seul estimable et que le reste du monde doit le suivre et y adhérer. Le tout sans rien dire. Vous pensez la même chose, apparemment, pensant que, parce que (est ce seulement vrai...) vous n’aimez pas Modeste, le reste du monde devrait trouver ce vin mauvais. Hors, les goûts sont multiples, les envies aussi, ne parlons pas des gastronomies, des moments de consommation, des cultures, des climats. Je me moque que Modeste soit « un grand vin » ni « meilleur ou moins bon » qu’un autre, il correspond simplement à une envie de certains de mes clients qui l’adorent, et de leurs femmes aussi, qui en boivent, ce qui n’ai pas le cas de tout ce que vous appelez un « grand vin ». Cela ne fini pas de m’étonner, n’étant pas porté vers ce type de vin personnellement. Pour autant, comme mes clients ont toujours raison et que je respecte leur goût, je ne vais pas pour vous plaire, arrêter d’en faire alors que c’est le plus rapide succès commercial du Clos des Fées. Sans articles, si ce n’est des moqueurs.

Le monde a changé, en bien, souvent, en mal, aussi, comme le montre votre critique cousue de fil blanc, qui n’est pas au bon endroit, pas au bon moment, vient d’un personnage qui ne devrait pas avoir le droit de parler tant il est toxique et qui pourtant, le prend.

Avant de quitter ce post, je vous rappelle encore une fois, alors que vous cherchez à noyer le poisson, que personne n’a jamais dit, ni sur LPV ni ici que B&D n’étaient légitimes ou estimables ou je ne sais quoi. On a juste dit que les temps changeaient, que cela pouvait être un sujet de discussion pour les amateurs et les critiqués que de se pencher sur la critique, et que la transparence était essentielle, quelque soient les choix fait par les supports et les hommes.

Sur ce, je vous laisse avec grand plaisir le dernier mot, ayant autre chose à faire.

Hannibal 02/03/2015 14:43

Désolé, Tropico (picolé ?), mais je n'ai pas le temps ni l'envie de jouer au chat et à la souris (je préfère les éléphants, comme dit Mr Berthomeau). Je te laisse t'amuser tout seul.
Au plaisir

JACQUES BERTHOMEAU 02/03/2015 14:01

Imaginez la scène vous êtes tranquillement chez vous et voilà 2 zèbres aux noms d'oiseaux s'installent et se parlent au-dessus de votre tête comme si vous n'étiez pas là...

Kant-Cétro Cétropico 02/03/2015 13:48

Effectivement Hannibaba, tu lui octroies le droit. Mais as-tu bu les vins qu'il présente? La vérité est dans le verre, le fond du goulot et non sur la forme. Mais je ne suis pas étonné que la plupart s'insurge d'un ton décalé, d'une forme au format si académique pour mieux occulter le fond des choses. Si on devait ôter d'Lpv ( qui représente une énorme base de données de récits de dégustations ) tous les Cr déconnectés de la réalité du vin que les anonymes ou pas dégustent, il ne resterait plus que 15% de Cr. Il est tellement difficile à tous ces gens de parler avec précision de leurs sensations et perceptions, il est si douloureux pour eux de lâcher prise leur petit égo ou statut si durement gagné qu'ils préfèrent railler une question, se vexer d'une réponse, moquer un critique ( qu'ils aimeraient tant être )...et le vin dans tout ca? Une vulgaire photo accompagné d'un 17/20 pour bien montrer à tous que JE bois du bon, MOI que je suis sérieux et pas TOI. Grand gamin va ;)

JACQUES BERTHOMEAU 02/03/2015 10:52

Tient voilà un cornac d'éléphants maintenant : j'aurai vraiment tout vu

Hannibal 02/03/2015 10:48

En l'occurrence, c'est plus Tropico que Kant. J'ai dit que je trouvais ces vidéos ridicules, ce que je pensais de ces parodies de dégustation racoleuses avec tabliers estampillés B&D et clin d'œil complice qui va bien, pas qu'il n'avait pas le droit de les faire ! On peut être fan de Top Chef ou Koh Lanta, j'ai le droit de dire ce que j'en pense.
Bonne journée à tous

Paganini 27/02/2015 09:53

Monsieur Perez qui nous jure que, dans son esprit, parler d'entrepreneur n'est pas une attaque ... On le croirait presque, mais il ne faut pas insulter l'intelligence du lecteur. Il est bien évident que son petit billet visait, comme à son habitude, à discréditer les critiques célèbres et la presse puisque, pour résumer, on doit comprendre que la RVF est vieillissante avec sa ligne facho-bobo ; alors que B&D ne sont que de vils commerçants, qui vont jusqu'à mettre le bouton ACHETER sur leur site, preuve qu'ils ne sont plus que prescripteurs, mais qu'ils doivent aussi vendre. Dès lors, on aura bien compris que comme à son habitude, Monsieur Perez a suivi un but non avoué, mais évident : dénigrer les autres pour laisser entendre que seul son forum (dont les avis seraient indépendants) serait fiable. Il oublie toutefois que les Bettane arrivent désormais à vendre, parce qu'ils ont fait preuve de leur compétence et de leur indépendance. C'est l'histoire de la poule et de l'œuf. Dans ces conditions, le jour ou leur crédibilité sera atteinte, gageons qu'ils ne vendront plus et que leur entreprise connaîtra la crise. Pour LPV le problème restera toujours que malgré la prétendue indépendance de ses membres, nul ne sait quelle crédibilité accorder à chacun de ses auteurs. N'en déplaise à Monsieur Perez qui se croit déjà au dessus de tous les médias, cela fait tout de même une différence énorme.
Quant à Hervé Bizeul dont on loue le courage, il ne faut pas oublier que sa stratégie commerciale est certainement la visibilité sur le Web et sur salons, plus que sa présence dans les guides : sinon il ne vendrait pas plus de vins que Mas Amiel, la Cendrillon, ou Modat, qui offrent, à mon humble avis, de bien meilleurs rapports Q/P.

JACQUES BERTHOMEAU 28/02/2015 10:54

Arturo, le vrai avait du talent lui !

Paganini 28/02/2015 10:49

Il faut rendre à César ce qui appartient à César et à JP ce qui appartient à JP car c'est lui qui a ouvert cette discussion intéressante sur LPV.

- Quelle est votre définition d'un troll ?

- Ma vison des chose : je l'ai dite. Un critique n'a de légitimité que grâce à sa compétence et son indépendance. Tant que Bettane restera dans les clous, il gagnera sa vie

- je ne relève pas pour la Petite Sibérie à 585 euros, c'est ce qu'on appelle un hameçon

- je pense que vous être suffisamment cultivé pour faire la différence entre Mouton Cadet 59 et MC 2012

- Pour la cuvée modeste, il me semble un peu facile de dire que les buveurs aiment et que les critiques n'aiment pas. Le coup du peuple contre les élites est un peu gros. Nous l'avons bu avant hier à l'aveugle, avec 2 non amateurs et 6 amateurs : tout le monde l'a trouvé aqueux et sans aucun intérêt, même pas de plaisir immédiat. Pour les vins de soif ou de copains, disons qu'on est à mille lieux du domaine des Tours, des pampres de Mas Laval, etc ... Avis subjectif partagé par 7 personnes.

- Je ne critique en aucun cas le vigneron commerçant. Pas plus que je critique le marketing ou autre. On vend comme on veut. Dès lors, je ne critiquerai pas le prescripteur qui monte sa petite entreprise pour gagner de l'argent, tant qu'il ne berne pas l'amateur

Bizeul Hervé 27/02/2015 16:02

Cher Monsieur Paganini,

Vous voilà bien fidèle à votre réputation : noyer le poisson, d'abord, puis changer de sujet. Monsieur Berthomeau parlait d'une intéressante mutation de la communication sur le vin. Vous semblez trouver tout cela normal et finalement, à part insulter et moquer, on ne sait toujours rien de votre avis ou mieux de vos arguments. Bien triste pour B&D qu'il n'y ait qu'un Troll pour les défendre. C'est ainsi.

Libre à vous de commencer un nouveau sujet, donc, qui ne va pas, je le crains, passionner les foules... :

- Hervé Bizeul a t'il une grand gueule ? (oui, nul doute et parfois, je m'en mort les doigts)

- Hervé Bizeul est il légitime pour vendre des vins chers ? Non, bien sûr, il n'est pas à Chambertin ou à Pomerol) Mais bon, le débat a commencé sur le premier millésime, 2001, sur Magnum Vinum, où l'on vendait déjà du vin... La leçon n'a pas été acquise, apparemment. Ah, au fait, 2001, parlons en, je viens de passer les quelques bouteilles de petite Sibérie qui me restent à 585 euros. Désolé de vous ennuyer, vraiment, mais je trouve toujours que le vin les vaut, la rareté faisant le reste. Vous me tentez une perche divine, je la saisie ;-)

- Hervé Bizeul fait il dans l'univers du luxe ? Je préfère l'artisanat d'art, j'y serai peut-être un jour... en attendant, je fait toujours goûter mon vin à qui passe chez moi, chacun fait son choix, après...) Penser que l'on peut mettre en marché 10 millésimes d'un vin si cher en simplement le "désirant", c'est vraiment insulter le consommateur...

- Mumm ou Monton Cadet font ils de grands vins ? Hélas, je ne suis pas critique, mais feuilleter les guides devraient vous le dire. J'ai encore des Mouton Cadet 59 mis en bouteilles à Bercy. Le résultat est stupéfiant.

- Hervé Bizeul est il un as du marketing ? Si faire du marketing c'est être agréable avec ses clients et tenter de leur faire partager une passion, oui, sans nul doute. Pour le reste, si vous avez un bon livre, j'ai sans doute beaucoup à apprendre.

- Paganini aime t'il les vins du Clos des Fées ? Oui, parfois, c'est noté. C'est déjà ça, merci pour vos achats.

- Modeste est il un vin subjectif ? Oui, 100 % oui et son succès m'étonne au moins autant que vous, illustration parfaite, je pense, d'un certain décalage entre les critiques, justement, et les simples buveurs. Mais veulent ils se poser la question ?

- Hervé BIzeul fait il du commerce ? Ni plus ni moins que tous les vignerons dont c'est le métier, il me semble, n'était pas un tycoon de l'industrie reconverti ni un pur esprit qui ne produirait que pour sa consommation personnelle. Je sens du mépris pour les vendeurs de vin, j'ignore pourquoi. Ne vendez vous pas vos consultation d'avocat ?)

Pardon d'avoir fait un peu comme Cyrano et vous avoir fait questions et réponses, mais je trouvais votre tentative un peu ridicule et, avant de partir pour un Salon à Arles (deux jours dans le froid d'un gymnase, à côté des salaisons de taureau de Camargues et les ravioles de Romans, vous repasserez pour le luxe...), j'ai un peu de temps ce soir...

Merci en tout cas de m'avoir donné un peu plus de visibilité, l'affreux manipulateur que je suis est enfin démasqué, grâce à vous, et vous pourrez désormais vous vanter d'avoir démasqué le Fantomas du vin ;-)

JACQUES BERTHOMEAU 27/02/2015 11:51

J'adore ce tout le monde me connaît : non pas moi ! et la nouvelle plate-forme ne met permet pas d'accéder au mail de l'envoyeur sans doute trop célèbre pour se munir d'un cache-sexe quand à virer les commentaires ce n'est pas une solution intelligente. Si pour moi l'anonymat est le lot des pleutres, des cagoulés, désolé de vous le dire crûment mais c'est la vérole du Net.

Paganini 27/02/2015 11:43

Un mot sur l'anonymat qui me semble bien relatif puisque tout le monde me connaît. Ayant vu cette possibilité sur le site, je l'ai saisie, tout en mettant mon adresse mail s'il faut me joindre. Si je ne respecte pas une règle non écrite, supprimez mes messages. Ceci étant, la règle du non-anonymat est stupide puisqu'elle pourrait pousser certains à usurper l'identité d'un autre. Cela m'est arrivé. L'anonymat n'est pas un problème, tant que la loi peut être appliquée, puisqu'en cas de diffamation, il est facile de retrouver un auteur.
Après ce préambule, je réponds à Monsieur Bizeul que je cherche rien si ce n'est à apporter un contrepoint. Je pense que votre message était courageux en apparence, mais que vous jouez aussi sur votre image de grande gueule qui plait au plus grand nombre. Je peux me tromper bien entendu. En tout cas si tel est le cas, c'est une façon de faire du commerce comme une autre et je n'y vois rien à redire, parce que contrairement à JP je suis un vrai libéral.
Quant à la comparaison avec d'autres domaines, c'est simplement pour montrer que votre grande exposition sur le Web fonctionne bien. Vous prétendez que le fait de bien vendre est un signe qui ne trompe pas. Dans ce cas je suppose que le cordon rouge de Mumm est un excellent champagne ou le Mouton Cadet un grand Bordeaux. Il faut quand même savoir que le vin suit aussi des phénomènes de mode et qu'à ce titre vous faites du marketing (là non plus ce n'est pas un gros mot, ni une insulte) avec une bouteille placée dans le domaine du luxe, d'autres avec des noms et étiquettes qui tranchent avec le commun. Au final, pour que les choses soient claire, je ne dis pas que vous vendez des mauvais produits. J'ai beaucoup apprécié certains de vos vins (le Clos des fées ou le VV surtout) et beaucoup moins d'autres, comme ce Modeste 2013 bu hier, dont je crois qu'il ne peut plaire que par son originalité, mais là encore c'est un avis subjectif, qui n'engage que moi.

Bizeul herve 26/02/2015 08:34

Cher Michel, pardon tout d'abord de ne pas "'te consulter" avant d'écrire ;-). Pardon aussi de garder ma libre parole envers vous et non, comme tant de vignerons, de me contenter de te/vous critiquer sous le manteau, par derrière, par dessous. Ou de ricaner. ou de vous cirer les pompes. La liberté de parole, quel bonheur, quand on y pense. Et quel bonheur d'avoir des amis tels qu'ils te disent ce qu'ils pensent. Je sais, il y a un prix à payer. Je le paierai.

Je ne vois pas vraiment d'arguments nouveau dans ta réponse, je pense que tu les avais de toute façon tous exposés dans ton "apologie de l'entrepreneur" que vous avez choisi de devenir, situation que personne ne critique, encore une fois, mais que certains trouvent juste normal d'assumer avec ses avantages ET ses inconvénients.

En ce qui concerne l'horrible prétention de la vilaine grenouille du Sud pouilleux que je suis à vouloir se faire aussi grosse qu'un bœuf (Bourguignon), tout à déjà été dit sur le sujet, je pense.

Je n'y vois pour ma part que de saines "expectations", de grandes espérances, celles que devraient avoir d'avantages de vignerons Français, celles qui consistent à vouloir sortir de leur condition et à tenter (sans toujours, sans doute, y réussir) à faire des grands vins de garde.

C'est gentil de me comparer à la DRC et à Ausone, bien en place dans mon panthéon personnel. Le plus dur, pour un "premier cru", ce sont, tu le sais, les 200 premières années, comme le dit Pierre Lurton. Mais bon, en même temps, ca, c'était avant. Avant Internet, avant le O2O, avant le smartphone... En quinze ans, parti de rien, dans un terroir que je trouve grand, oui, même si sans doute, je ne sais pas encore en jouer comme je le crois, j'ai quand même bien avancé, ne le devant, en fait, qu'à... mes clients. Mais cela était il vraiment différent avant ? Doit-on tout aux journalistes ? Je crains qu'il n'y qu'eux qui l'aient jamais cru.

Je sais, nous en en avons déjà longuement débattus, que tu penses qu'il "n'y a plus en France de grands terroirs à découvrir", que jamais un vin du Sud n'aura chez vous cinq BD (non mais !), qu'il y a des "grands crus de souche" et puis les autres, les laborieux, qui gonflent tout le monde en voulant eux aussi entrer dans l'univers des Grands Vins, là où l'on est en apesanteur sans comprendre une bonne fois pour toute que vous leur mettez un plafond de verre sur la tête.

Heureusement, à d'autres endroits du monde, le vrai et le virtuel, certains semblent penser autre chose, échangent leurs émotions et crées autour de nouveaux vignerons des communautés de passionnés qui partagent l'envie du vigneron de mettre du sens à ce qu'il fait et de créer du lien autour de lui. Je pense sincèrement que B&D a un rôle à jouer et une place à prendre. Ou pas.

Permet moi de te dire, en toute amitiés, comme beaucoup essaient de te le dire sur LPV et ailleurs, que le monde a changé avec Internet et que l'époque où le journaliste étaient sur l'estrade ou un piedestal ou une tribune ou une chaire, et ses lecteurs et ses clients (les vignerons) en face de lui, plus "bas", avec un filtre infranchissable entre les trois parties, cette époque là est révolue.

Bizeul herve 26/02/2015 09:24

Merci Jacques, c'était pour l'affichage des guillemets, qui apparemment, ne marche pas bien.

JACQUES BERTHOMEAU 26/02/2015 09:18

Je prie Hervé et mes lecteurs de m'excuser mais je n'ai aucun moyen d'intervention sur l'affichage des commentaires depuis le changement de plate-forme Overblog. Je leur ai signalé le dysfonctionnement mais à ce jour en dépit de leurs promesses rien n'a été fait. Vraiment désolé.

Bizeul 25/02/2015 14:57

Hello Jacques. Pro Domo est le bon terme, le contraire est assez rare.

Ce papier ne dit rien, en fait, alors que tu nous annonçait du "lourd"...

Il constate (avec fierté) que désormais, personne ne voit rien à redire à l'émergence de "groupes de communication" où des "journalistes" sont propriétaires de leurs sources de revenus et les font fructifier dans un système capitaliste et mondialisé. Ainsi va le monde. Les vignerons y participent, il me semblent...

Dans un autre temps, on s'en serait cependant sans doute un peu étonné. Mais les t shirt marqué "déontologie" se vendent mal. Certains le font, dans un autre lieu (la passion du vin, pour ne pas le nommer, ce que Michel évite de faire, insultant, et c'est maladroit, un forum tout entier – a qui il a pourtant donné la becquée dans sa jeunesse à la plupart des membres qui le badent), en se demandant (c'est quand même leur droit, ne lui en déplaise) si un journaliste qui écrit, organise des salons payants, possède sa propre régie publicitaire (et vend donc des publicités à ceux même qu'il est sensé critiquer), fait ensuite le panagérique pour Air France de ces mêmes vins (ou pire de vins qu'il n'a pas choisi) ou monnaye sa participation à d'autres évènement en vendant son "image" ne risque pas de voir sa légitimité, sa crédibilité, son lectorat un peu "écornés" et/ou le nombre de ses fans diminuer dans un monde où l'information est à un clic et où le consommateur "mature" est tout sauf un perdreau de l'année.

Cette constatation d'une étape que l'on franchi en ce moment est salutaire. Et vrai. Elle n'est pour autant pas critique et tout le monde se réjouis de la réussite de B&D. Pour autant, on ne peut pas vendre du beurre et... On a le modèle qu'on mérite, nous aussi, on a choisi un des modèles US, celui du Wine Spectator. Je ne suis pas certain que c'était le meilleur. En même temps, le Français n'a jamais accepté de payer de la connaissance ou de l'information. Alors...

Michel nous fait l'offusqué, dans un billet très écrit, en prétendant que certains remettraient en question son (leur) éthique, son honnêteté, sa capacité, sa culture ou je ne sais quoi dans un but secret et inavouable.

Personne n'a jamais dit cela, ni sur LPV ni ailleurs. J'en suis le parfait exemple étant de plus en plus mal "noté" chez eux alors que j'ai participé à bien de leurs aventures payantes ;-), non sans plaisir et parce que j'y trouvais mon intérêt autant que le leur; mais d'autres vignerons, bien sûr, pensent le contraire. C'est leur problème, ils sont trop naïfs.

Il reste à mon avis (celui d'un rare vigneron qui ose l'ouvrir alors que tout le monde tremble de dire tout haut certaines choses), tout à fait légitime de constater cette évolution, de voir que la poule aux œufs d'or est quand même pas très en forme, hors certaines régions qui trustent, comme c'est bizarre, 80 % des espaces rédactionnels (Bordeaux, Bourgogne, Champagne) des suppléments vins et que surtout et simplement, quelques journalistes "Don Quichotte" du vin vont peut être un peu manquer à la filière dans les années qui viennent. Tu sais, ceux qui étaient pauvres mais libres, qui rentrant d'un voyage de presse somptueux prenaient leur bus pour rentrer dans leur studio, mélancolique mais fiers. Je peux t'en parler, je l'ai fait.

Enfin, c'est pénible de donner un avis ici sur un thème ouvert sur LPV pendant que MB répond sur le blog de François Mauss et que Michel Smith débat avec Lalau sur les 5duvin tandis que sur FB, etc, etc. On s'en sort plus. Et c'est dommage. D'autant que les réactions sur le site de BD sont systématiquement censurées. Bref, le monde change et il est décidément bien difficile pour certains de le comprendre et encore plus, apparemment, de l'accepter.

JACQUES BERTHOMEAU 26/02/2015 19:44

La maison est ouverte tous les jours de la semaine...

Jérôme Pérez 26/02/2015 16:32

Chacun vient tirer la couverture à soi, c'est vraiment navrant.
Je tiens quand même à préciser certaines choses puisque mon propos est déformé et que je suis censuré sur le site de Bettane qui ne peut s'empêcher de publier un éditorial me fustigeant ces derniers temps, l'un après l'autre.
Dans mon petit billet, je n'ai fait que constater la disparition progressive des critiques journalistes remplacés par des critiques, indépendants, entrepreneurs (qui n'est pas un gros mot de mon point de vue) et la perte de la crédibilité comme de l'audience de la presse spécialisée, ce que Bettane lui-même reconnaît, empêtrée dans ses travers, concurrencée par le développement du web.
Jamais cette observation, ce constat, n'ont été des critiques de ma part : juste une sorte d'état des lieux dont l'amateur que je suis a suivi l'évolution.
Que ce critique entrepreneur gagne du fric, un peu, beaucoup, énormément n'est pour moi pas un problème dans la mesure où c'est la juste rétribution d'un labeur de qualité, reconnu à sa juste valeur.
Je ne vais pas refaire le coup de Walls, entreprise je vous aime, mais presque ...
J'ai comparé les différentes voies explorées par ces critiques pour gagner leur croûte et j'ai donné ma préférence à l'une plutôt qu'à l'autre. Et c'est vrai que quand je regarde le site de Bettane et Desseauve, je ne sais pas toujours si le commentaire que je lis est objectif ou si c'est un argument de vente, d'autant plus qu'il y a juste à côté un bouton cliquable - acheter ce vin - .
Rien de plus, mais rien de moins non plus.
Je comprends bien que LPV à ses débuts, considéré comme un épiphénomène ne gênait pas grand monde, mais une tribune comme celle-ci avec des centaines de milliers de visiteurs uniques chaque mois, devient vite gênante pour ceux qui croyaient être à l'abri de toute critique. Celle-ci n'est pas bien méchante et ne relève que du point de vue personnel.
Je vois bien quand même quel courage il faut à certains producteurs pour dire ce qu'ils pensent et ce qu'ils risquent. La réaction hautaine de Bettane face à Bizeul est de ce point de vue évocatrice des relations complexes entre la critique et la production.
Il ne fait pas bon s'opposer à ce monsieur : c'est dommage qu'il s'enferre dans cette attitude qui lui nuit un peu plus à chaque fois, fustigeant finalement son meilleur public, voire sa clientèle : les amateurs passionnés.

Je ne manquerai aucune occasion de donner mon point de vue sur ce petit monde du vin qui ne tourne pas si rond et si le format web ne suffit pas, j'en trouverai bien un autre. Ce ne sont pas les diatribes de combat de Michel Bettane, à la limite de l'insulte, qui m'en empêcheront, bien au contraire.

J Pérez

JACQUES BERTHOMEAU 26/02/2015 01:40

ce n'était que le dessert : le fer se bat quand il est chaud...

Bettane 25/02/2015 22:36

Dont acte et heureux d'avoir servi de plat du jour!

JACQUES BERTHOMEAU 25/02/2015 18:52

Je cite et je mets un lien (même 2) sur l'original donc je n'ai pas à vous consulter c'est la règle sur le Net et je ne contreviens en rien à la déontologie

Luc Charlier 25/02/2015 13:05

Taulier, je vais te surprendre en ne profitant pas de cette chronique pour y aller de mon ennième – oh insignifiant – petit coup de griffe envers MB. Non, j’entretiens (à toutes les acceptions du terme) une animosité et un désamour chronique envers lui (et réciproquement) qui remonte au temps de nos quelques voyages de presse en commun, début années ’90. J’en assume pleinement ma part de responsabilité et c’est principalement épidermique. Aucune de nos sensibilités et aucun point de vue politique ne nous réconcilie. Je suis son contraire parfait et cette fois l’attraction universelle ne fonctionne pas : aucun échange d’électron, libre ou pas. Mais il a parfaitement le droit de défendre son activité, surtout face à des anonymes. Non, c’est le début du commentaire de Peyronnet qui m’intéresse. Mon fils aîné passe sa vie à – 30 mètres de profondeur, près du Cap, à emmener des touristes aisés plonger au milieu des requins. C’est son gagne-pain (dangereux). Mais il est ... journaliste de formation au départ et parle (et écrit) 5 langues, dont 3 à la perfection. Nous avions souvent des divergences de vue sur le sujet évoqué. Pour lui, un journaliste DOIT être un généraliste, capable de recevoir une info, la digérer et la retransmettre honnêtement et de manière intelligible à son public-cible (lectorat, « spectatorat », auditoire). Il n’est pas utile, et serait même peut-être contre-productif qu’il fût un expert, un spécialiste. C’est ce qu’on leur apprend à « l’école » (Erasmus Hoge School dans son cas). Je ne partage absolument pas cette vue. La capacité de reproduire n’importe quel bourrage de crâne qu’on vous sert ne me paraît pas fort utile !
Pour le reste, j’adore les pruneaux fourrés à l’Armagnac qu’un confiseur vénérable situé dans le Vieux Tours vend à prix d’or, et les descentes de cave de mon adolescence, chez feu le Dr Jézégabel, ophtalmologue à Joué-lès-Tours, qui possédait des dizaines de mètres de niches creusées dans le tuffeau, remplies de centaines de vieux Vouvray moelleux. Mais je ne vois pas le rapport avec les putes de la République ! (Lol).

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