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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 00:09

La fête du travail, des bouquets de muguet à tous les coins de rue, des défilés séparés pour nos maigres syndicats de travailleurs, et moi et moi je suis à Bruxelles chez Cantillon pour la «Quintessence brassicole» link


 Cantillon_i040.jpg

 

Afin de ne pas vous infliger une page blanche j’ai passé le manche à l’excellent PAX qui avoue humblement qu’il à « TOUT FAUX »


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Elle avait tout faux cette vénérable bouteille.


Tout faux le flacon vidé jusqu’à l’épaule


Tout faux le dépôt collé au creux de cette épaule


Tout faux la capsule congé boursoufflée et moisie


Tout faux le bouchon rétréci et auréolé de la couleur du vin coulant


Tout faux le bouchon s’émiettant sous la pression du tire-bouchon et qu’il fallut pousser dans la bouteille pour délivrer le breuvage


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Bref une bouteille qui n’aurait pas retenu l’attention d’un expert de salle de vente spécialisée plus d’un bref coup d’œil, le haussement d’épaule n’étant évité que par l’extrême courtoisie généralement affiché dans ces lieux autant pour flatter le chaland fortuné que pour intimider et tenir à distance le curieux désargenté.


Qu’aurait pu lire le probablement dédaigneux personnage dont le millésime 1954 affiché n’aurait même pas piqué, un instant, la curiosité ?

 

                                                 GRAND VIN

                                                CLOS BEARD

                                               SAINT- EMILION

                          APPELATION SAINT-EMILION CONTROLEE

 

Et en bas de l’étiquette, en dessous d’une belle gravure tirée en offset représentant « un groupe de vendangeurs dans la propriété du propriétaire »

                                       PIERRE BORIE Propriétaire


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Descendu dans la cave en ce jour d’élection, pour choisir les bulles à déguster lors de la «  soirée » (Comme dit l’adage  - à moins que ce ne soit le soldat inconnu – Il y a toujours une raison pour boire du champagne : fêter un succès ou se consoler d’une mésaventure !) je m’étais laissé à rêvasser contemplant toutes ses bouteilles que vraisemblablement je ne pourrais plus toutes boires : mais qu’importe, il y a des amis pour aider, comme dit Ophélie NEIMAN dans « Le vin c’est pas sorcier».


 

Tous ceux qui ont une cave un peu riche passent ou passeront par-là : on garde les bouteilles d’exception pour « les grandes occasions » puis, on se rend compte que « les grandes occasions » se font rares. Les enfants fêtent leurs anniversaires entre potes à l’âge ou leurs millésimes deviennent intéressants à boire ; on méconnait ses amis et on sert autre chose à table… Alors, avec l’âge, toute les occasions deviennent grandes et il suffit d’adapter le choix du vin à l’ami et à l’occasion pour, enfin, ne plus se contenter « d’avoir une cave » mais en profiter.


Et c’est comme cela que je suis tombé sur cette bouteille oubliée, avec quelques autres, abandonnées dans un coin. Elles me viennent de mon père qui m’a laissé quelque trésors « en caisse bois » mon cher ! et quelques pièces dépareillées  comme ce clos BEARD.


Débouchée avec le mal qu’on imagine, le vin servi au travers d’un chinois pour éliminer toutes les miettes de liège la surprise fut d’abord étonnante, un nez des plus agréables, franc, net, ni trop puissant ni trop fermé ni évanoui et qui se développait sereinement dans le verre INAO.


En bouche, la surprise continuait. Vite une deuxième gorgée pour s’assurer, comme cela arrive, qu’une fois ouvert le vin de cet âge ne s’évanouisse dans le verre.


Toujours la surprise : un vin rond, une belle attaque en bouche, une ampleur généreuse et une longueur satisfaisante sans compter avec une rétro-olfaction à la hauteur.


En reposant mon verre le seul commentaire me venant à l’esprit : «Encore jeune ! »


Je reprenais là un commentaire mémorable de Paul BRUNET un de mes «professeurs en œnologie ».


Paul BRUNET, enseignant à l’Ecole Hôtelière fut, deux fois, le premier «Premier Sommelier de France». La première fois (le concours concernait le meilleurs Maitre d’hôtel Sommelier de France). Il arriva premier devant Jean Paul JEUNET le chef, étoilé depuis, du restaurant éponyme  à ARBOIS. Edgar FAURE personnalité en place, grand collectionneur de mandats de l’époque et ardent défenseur de la Franche-Comté n’admit pas ce classement de telle sorte que les deux lauréats se retrouvèrent exæquo. Pour sa part Paul BRUNET « revint en deuxième semaine » et devint seul lauréat du concours du meilleur Sommelier de France l’année suivante.


Notre promotion d’œnologues amateurs forma, par la suite, un groupe d’amis curieux des vins. Des voyages furent organisés auquel participait notre maître qui nous faisait profiter de son carnet d’adresses.


C’est ainsi, qu’à l’occasion des « 3 Glorieuses » nous nous retrouvâmes dans les caves de DOUDET NAUDIN à Savigny-lès-Beaune.  Cette maison avait et garde la réputation d’être spécialisée en vieux millésimes entre autre, par les hasards de l’histoire.


Lors de la seconde guerre mondiale le propriétaire mura une grande partie de ses caves pour mettre ses bouteilles à l’abri de l’envahisseur. En 1945 estimant que « les ayant déjà vu deux fois » rien ne pressait pour ouvrir la caverne d’Ali Baba. Dix ans plus tard, vraisemblablement rassuré, il se décida, en présence de « l’administration des contributions indirectes », huissiers, gendarmes, notables et amis proches, sans oublier la presse à exhumer quelques  cinquante-cinq mille bouteilles devenus rares et précieux flacons.

 

En fin d’une déjà belle dégustation une bouteille nous fut proposée « à l’aveugle ». Sous notre puérile pression Paul BRUNET dû faire preuve de ses talents. Avec juste assez de résistance pour préserver sa modestie il se « jeta à l’eau »  et énonça après avoir sacrifié, avant chaque mot, au rituel « verre/nez/bouche » :


                - « CHAMBOLLE MUSIGNY »

                - …

                - « LES AMOUREUSES ».

                - …

                - « 1933 !»

 

Verres en main, pas d’applaudissements possibles mais de retentissants bravos et hourras  fusèrent sous les voutes de la cave.


Le calme revenu le Meilleur Sommelier de France dut commenter le vin dévoilé. En un bref, et éloquent « Encore jeune ! » il résuma parfaitement tout ce qu’il y avait à en dire.


Tout faux ma bouteille de Saint-Emilion 1954 ? Pas si sûr, après dégustation. Comme il est souvent recommandé d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain, il est déconseillé de jeter le vin avec le flacon.


La leçon de cette anecdote ? «La suite au prochain numéro » comme il est dit à propos des feuilletons et s’il plait à notre Taulier.


patrick axelroud


Strasbourg le 25 avril 2014

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 00:09

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« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l'avenir de l'homme, au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme. »


Louis Aragon - 1897-1982 - Commentaire au Fou d'Elsa - 1963


 

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« Il y a peu l’éclectique Taulier évoquait  le plaisir d’un Jean Pierre MARIELLE fasciné par le spectacle qui s’offre à la vue d’un observateur assis en terrasse de café.


Aussitôt Monsieur MOIJE de revendiquer un pareil plaisir et Monsieur PLUS de surenchérir en s’attribuant la qualité de RETROVOYEUR tout en annonçant au Taulier une éventuelle chronique. Comme je n’ai pas perdu mon permis ni beaucoup de point : la voici.


 

Durée du trajet de Lutzelhouse à Strasbourg pour me rendre à l’agence : ½ de voiture ; tout dépend de l’horaire.


En effet c’est plus souvent ¾ d’heure/1h.


Et me voilà, roulant au pas, comptant le nombre de fois que la voiture de coté m’a dépassé


Et combien de fois je l’ai rattrapé.


Mais pour éviter les carambolages, l’œil surtout fixé sur le rétroviseur (pour la voiture qui me précède  je garde toujours, même au pas, la distance recommandée  - perdre mon bonus pour un froissage de tôle, pas pour moi)


 

Ce rétroviseur, faite l’expérience, devient un écran ou la conductrice de la voiture qui vous suit, s’invite dans votre véhicule.


 

Que le spectacle commence ! Allez Mesdames : toutes en scène !


 

Attention, on ne va pas ironiser à l’aide de lieux communs et recenser les diverses manières de traiter son nez. Non, ces précieuses conductrices nous font trop rêver.


 

Il y a celle qui longuement se coiffe ou se recoiffe.


Celle qui, tout aussi longuement, joue avec ses cheveux.


Celle qui, pratique, fume fenêtre ouverte (on ne va pas enfumer la voiture et remplir un cendrier qu’il faudra vider !)


Celle qui téléphone.


Celle qui téléphone et qui fume. « Pendant ce temps qui tient le volant ? » interrogeait une affiche de la prévention routière allemande.


Celle qui dodeline de la tête avec ou sans écouteurs vissés aux oreilles.


Celle qui finit son maquillage.


Celle qui mange : l’impasse sur un petit déjeuner à rattraper ?


Celle qui porte un chapeau. Ah non, aucune femme ne porte plus de chapeau de nos jours.


Elles sortent « en cheveux » comme disait ma grand-mère. A leurs défenses, les habitacles des voitures modernes sont trop bas et il ne viendrait à l’esprit d’aucun « créatif » de prendre comme argument de vente la hauteur d’un habitacle permettant le port du chapeau !


Il y a encore celle qui marmonne, chantonne ? Allez savoir : peut-être utilise-t-elle un «  kit mains libre » ?


Celle qui affiche une étrange mais sympathique coiffure. Ah non ! C’est l’appui tête sombre qui dépasse de part et d’autre.


Celle qui tripatouille le siège passager vide : un dossier à consulter ?


Celle qui bavarde avec les enfants sur le siège arrière et ne peut s’empêcher de tourner la tête à chaque réplique.


Celle qui parle avec son passager de droite, avec le même tic.


Celles qui font l’un ou l’autre mais sans jamais quitter la route des yeux comme si un torticolis avait bloqué leurs cervicales.


Celle qui disparaît régulièrement derrière le tableau de bord apparemment occupée sur le plancher du véhicule.


Celle qui, quel que soit son âge affiche un comportement de collégienne jusqu'à ce que l’on remarque, au détour d’un  changement de file, un grand A rouge à l’arrière de sa voiture.


Celle qui affiche une tête curieuse comme si elle avait repéré votre manège. Il n’en est rien : un regard vers la voiture qui vous précède vous confirme qu’on ne peut savoir ce que le conducteur fait de son rétroviseur.

 

 

Celle dont le véhicule ne semble pas correspondre à son allure.


Celle qui, comme un mec, vous sert de près et vous fait des appels de phares insistants alors que tout est bloqué devant, sur de km.


Celle qui, désinvolte, tient son volant d’une main décontractée.


Celle qui le tient, comme appris à l’auto-école, « une main à 11h L’autre à 13h »

Celle qui porte de larges lunettes de soleil : non ce n’est pas une star égarée.


Celle qui a tiré le rideau, pardon, qui a baissé son pare soleil vous privant, certes, de spectacle, mais enflamme encore plus votre imagination : un agent secret ? un détective privé ?


Celle qui vous fait un large sourire quand vous la remerciez d’un geste de la main de vous avoir permis de changer de file …et de quitter  l’autoroute et ce spectacle jusqu’au lendemain


 

Strasbourg le 23 mars 2014

 

patrick axelroud

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:09

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J’ai hésité, l’article qui suit est publié par LE PROGRÈS AGRICOLE ET VITICOLE et est, bien sûr, protégé par un copyright mais sans vouloir minorer cette Revue de l’Académie de la Vigne et du Vin qui s’appuie sur de nombreux experts en sciences et techniques de la Vigne et du Vin, et sur son Comité de Lecture, pour publier des articles en Viticulture et dans ses domaines partagés avec l’Œnologie et la Socio/Economie, je pense que son lectorat sur le Net reste encore confidentiel.


« Le PAV est un outil de vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées, qui occupe une place originale entre d'un côté des publications scientifiques concernant seulement les spécialistes " pointus " de certains domaines, et de l'autre côté des publications techniques ou d'actualités où la caution de l'expertise est peu garantie. »


Donc si je vous le propose c’est :


1)      Pour participer à la « vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées »


2)      Vous faire connaître cette publication voir ICI les conditions d’abonnements link 


3)      Parce que cet article m’a été transmis par un vigneron ami :

 

J'ai quelques hésitations à envoyer la pièce jointe que je viens de lire dans le PAV. Si le Progrès Agricole et Viticole  existe encore. Et en plus un article de Caudwell.


Pour la petite histoire Antoine Caudwell est le spécialiste mondial de la Flavescence dorée. Dans les années 80, nos professeurs nous expliquaient qu'il avait participé à la mise au point du test Elisa pour son application aux plantes. Donc les recherches de viroses c'est aussi un peu son travail.


Simplement, le Phytoplasme qui nous concerne porte son nom: Phytoplasma caudwellii.


Ce n'est pas un avis que l'on peut écarter d'un simple revers de manche. Et cela en dit long sur l'état "scientifique" accordé à notre métier.


Bien évidemment, si l’on me demande de retirer cet article je le ferai avec regret dans la mesure où la diffusion me semble, pour un sujet aussi brulant, plus importante que la protection du droit d’auteur.

 

Qui est Antoine Caudwell ? Lire ICI link


antoine-caudwell-ancien-chercheur-de-l-inra-photo-m-p.jpg

 

Extrait :


« Une cicadelle. Cela ressemble à de petites cigales. Ce sont des hémiptères qui sont peut-être dans la classification entre les pucerons et les punaises et qui sont très mobiles. Une nouvelle cicadelle d’origine américaine, Scaphoideus littoralis Ball 1 était apparue dans cette région et pouvait expliquer la propagation de l’épidémie. La cicadelle était probablement arrivée avec les bois importés d’Amérique et la maladie serait arrivée par la même voie plus tard. Je pense que la cicadelle était déjà assez répandue dans le sud de la France au moment où les bois malades ont dû être importés par de petits hybrideurs, sous forme de bois en incubation, qui ne montraient pas encore de symptômes. Par la suite, on a montré en effet que non seulement la cicadelle était américaine mais que très probablement, la maladie était aussi d’origine américaine, de la région des Grands Lacs.


La flavescence dorée présentait un phénomène rare en virologie, qui a fait l’objet de ma thèse. C’était une résistance acquise par le végétal à la suite de l’infection. Un végétal infecté montrait d’abord des symptômes très graves dans la première année. Puis l’année suivante, il était très affaibli mais ne montrait plus aucun symptôme. C’était un véritable rétablissement. Ces végétaux rétablis étaient susceptibles d’être ré-inoculés, mais les symptômes restaient alors localisés sur deux ou trois rameaux autour du point d’inoculation. J’ai étudié ce problème et expliqué que ce phénomène de localisation des symptômes était le même que le phénomène du rétablissement. Malheureusement pour l’étudier, il fallait de nombreuses années et ce n’était pas un système modélisable. Il n’a donc pas pu être pris plus tard comme sujet d’étude pour des thèses de trois ans. Ces phénomènes de rétablissement ont néanmoins apporté une méthode de lutte. Il suffisait, dès lors, de rompre le cycle du vecteur pour empêcher ses inoculations et ré-inoculations et les vignes sont “revenues à la santé”. Malheureusement, certains cépages d’autres régions ne se rétablissaient pas, ou seulement de façon irrégulière. »


Flavescence dorée : Est-il bien utile d'arracher à grand frais les ceps atteints de Flavescence dorée ? Antoine CAUDWELL

 

Lutte contre l'épidémie de Flavescence dorée: Faut-il recourir à l'arrachage des ceps atteints? Peut-on ignorer les capacités de rétablissement de la vigne? Est-il impossible de lutter contre la cicadelle vectrice avec des insecticides biodégradables?


La rareté de certains vignobles ne prime-t-elle pas? Le cas de la Bourgogne est analysé par le spécialiste Antoine CAUDWELL. Il y a matière à discussion.

 

 

Lorsque j'ai pris ma retraite en 1993 de Directeur de la station INRA de recherche sur les mycoplasmes et les Arbovirus (de Dijon), je suis parti en confiance.


La lutte contre la Flavescence dorée (FD) avait été menée avec succès en Armagnac, puis en Corse et dans le midi de la France.


Elle avait été basée sur la connaissance de l'évolution de la maladie sur les ceps malades, sur la découverte de la cicadelle vectrice et sur le cycle de celle-ci.

 

Après les symptômes très graves de la crise de première année, les ceps malades se rétablissaient spontanément et définitivement. S'il y avait réinoculation, une rechute moins grave se produisait mais elle restait localisée autour du point d'inoculation. La cicadelle Scaphoideus titanus (ou littoralis), originaire d'Amérique du Nord n'a par bonheur, qu'une génération par an et pouvait être combattue en détruisant les larves au fur et à mesure de leurs éclosions. Elle pouvait aussi être combattue, à moindre frais, par des traitements ovicides de fin d'hiver.


 

Au long des épidémies en Armagnac, en Corse, dans le midi et en Italie


Ainsi, comme prévu dès 1961la lutte contre la cicadelle empêchant les inoculations et les réinoculations de la FD, les vignobles sont revenus à la santé par suite du rétablissement spontané des vignes malades.


 

On recommandait cependant d'arracher les vignes sauvages des haies et les vignobles abandonnés qui représentaient des sources d'inoculum et des réservoirs de cicadelles.


Un groupe de travail national Flavescence dorée s'est constitué en 1986 autour de l'Institut Technique de la Vigne et du Vin et de notre laboratoire INRA. Il regroupait en outre les services de la protection des végétaux, l'ENTAV, certaines chambres d'agriculture concernées et l'ONlVlNS. Il s'attachait à propager l'information, à surveiller le bon déroulement des traitements, les évolutions de l'épidémie dans les différentes régions et à appliquer les nouveautés selon les besoins.

 

Nous pouvons citer:


  • La méthode de taille à appliquer aux ceps malades après la crise.
  • Les traitements ovicides d'hiver en Corse, puis dans les autres régions.
  • Les traitements des bois à l'eau chaude pour les porte-greffes sans symptôme ou à symptômes faibles.

 

La FD s'étant introduite et propagée en Italie du Nord, nos collègues italiens ont organisé en 1987, autour de notre laboratoire, un « Convegno sulla Flavescenza dorata della vite».


Les rapports français à ce congrès R. PLANAS (Chambre d'agriculture de l'Aude), de A. BAGARD (Directeur du CIVAM de la région Corse), de D. DOUBALS (Professeur de viticulture à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier) et de A. CAUDWELL et collaborateurs de notre laboratoire INRA de Dijon, ont montré à nos collègues italiens la parfaite unité de vue sur la pratique des traitements et la confiance réciproque qui régnait entre nous.


Le 16ème meeting de l'ICVG à Dijon en 2009 et ses enseignements


Au temps de ma vie active, je faisais partie du Comité directeur de l'ICVG, « International Council for the study of Virus and virus-Iike Diseases of the Grapevine» - et après ma retraite, on m'a désigné comme « Honorary member » de ce comité.


Ainsi, lorsqu'est arrivé le temps du 16 ème Meeting à Dijon, on est venu me chercher et on m'a demandé d'être «chairman» pour la session «Phytoplasma diseases». Les mycoplasmes des plantes étaient désormais appelés phytoplasmes. L'agent de la FD était donc un phytoplasme.


La première surprise a été de constater que si l'on additionnait les lectures et les posters, il y avait presque autant de communications sur les phytoplasmes que sur l'ensemble des autres virus de la vigne. En effet, depuis la fondation de l'ICVG en 1962, il s'était passé plusieurs décennies où notre laboratoire avait été le seul à traiter de ce type de maladie.


Tout aussi intéressant a été le fait que le rétablissement spontané des vignes malades de la FD, toujours aussi surprenant, est devenu une évidence pour plusieurs universités italiennes. Je dois citer ici une publication de l'Université de Turin:


« Les plantes rétablies ne représentent pas une source d'inoculum pour le vecteur et elles n'ont donc aucun impact sur la propagation de la FD »


Cela est venu confirmer à 50 ans de distance nos publications de 1961 et de 1964 sur ce sujet.


La préoccupation essentielle était cependant l'utilisation des nouvelles techniques moléculaires pour situer les parentés des divers phytoplasmes reconnus dans le monde: objectif bien utile que les techniques précédentes n'avaient pas pu aborder. J'ai appris ainsi que l'on avait donné mon nom au phytoplasme de la FD : Phytoplasma caudwellii.


Comment en est-on venu à rendre obligatoire l'arrachage de vignobles atteints de FD ?


L'intérêt d'un congrès est aussi de permettre la rencontre d'anciens collègnes. Les chercheurs italiens m'ont dit combien ils étaient furieux d'avoir fait arracher inutilement et à grands frais les vignes malades de la FD. Je leur ai répondu que cela ne s'était jamais fait en France. Mais rentré chez moi, j'ai voulu vérifier. En fait l'arrachage des vignes FD était devenu obligatoire en France à la suite d'un arrêté ministériel de 1994. Aucune recherche n'étant venue justifier cet arrêté, je me suis renseigné sur ce qui a pu le motiver.


J'ai eu connaissance d'une réunion du Conseil de direction de l'ONIVINS qui s'est tenue à Paris dans le cadre de la crise de la viticulture et de la prime d'arrachage. A cette réunion, des membres élus de l'Ouest audois à la chambre d'agriculture de l'Audeont demandé que l'on rende obligatoire l'arrachage des vignes malades de la FD et des parcelles très malades, de façon à enrayer les contaminations en provenance de ces parcelles. Le Conseil de direction de l'ONIVINS a été sensible à cette demande et a confié à la direction parisienne de la protection des végétaux, maître d'œuvre en la matière, le soin de rédiger un projet d'arrêté qui serait présenté à la signature du ministre de l'agriculture. Ce qui fut dit fut fait et cela a donné l'arrêté ministériel de 1994.


On s'étonne que ce qui aurait dû donner lieu à un arrêté préfectoral annuel de l'Aude soit ainsi devenu un arrêté ministériel.


Quoiqu'il en soit cet arrêté ministériel a eu des conséquences incalculables et extrêmement graves:

 

A partir de 1994, toutes les publications, qu'elles émanent de la protection des végétaux, du groupe de travail


  • «Flavescence dorée », de ce qui restait de notre laboratoire INRA ou des journalistes, ont ignoré le rétablissement spontané des vignes malades et se sont référées exclusivement à l'obligation d'arrachage des ceps malades et des par elles très atteintes. Il faut dire cependant que l'arrêté ministériel ne liait d'aucune façon le rétablissement spontané des vignes malades de la FD. Mais il a été compris aussitôt comme une négation du rétablissement. On ignore l'origine de cette déviance surprenante. Etait-illogique en effet d'arracher des vignes FD parce que l'on ne croyait pas au rétablissement, tandis qu'on y croyait pour les vignes qui n'entraient pas dans le cadre de l'obligation d'arrachage? On a donc assisté à un changement total de paradigme dans l'élaboration des méthodes de lutte, rendant celles-là beaucoup plus laborieuses et onéreuses pour le viticulteur, et entraînant souvent sa ruine.

 

  • Une plaquette du groupe de travail Flavescence dorée de 1993 bien documentée a été remplacée par une autre en 1999, éditée en de très nombreux exemplaires. Les données antérieures y ont été «truquées » en fonction de la négation du rétablissement sans xpérimentation préalable. Ainsi en page 8, le schéma du cycle de la FD que j'avais publié en 1968 (Vitis 7, p.145), puis à nouveau dans le BTI (n0316 de 1977) et encore en 1989 dans la Revue Suisse de Viticulture (Vo121 (3» (figure 2) a été modifié en supprimant le établissement des ceps malades. C'est à souligner car c'est le seul cas connu où un résultat scientifique a été modifié par un arrêté ministériel. En page 10, sous le titre «Evolution de la maladie », on ne trouve pas un mot sur le rétablissement spontané des ceps malades. En dernière page, parmi les « bonnes pratiques », se détache en grands caractères: « arrachage de tout cep contaminé ». On se demande si toutes les personnes présentées comme coauteurs de cette plaquette de 1999 auraient eu au moins la possibilité d'en faire la lecture. 

 

  • L'édition elle-même en a reçu le contrecoup. Deux volumes d'une édition spécialisée traitant du problème ont donné comme référence presque unique: «Groupe national de travail sur la Flavescence dorée, 1999 », c'est-à-dire en clair la plaquette de 1999, elle-même dépourvue de toute référence bibliographique.
  • Enfin, la France ayant le triste privilège d'être le modèle pour ce qui concerne la FD, les obligations d'arrachage ont été étendues à toute l'Europe, à l'Italie en particulier (6).

 

La Bourgogne pourra-t-elle  supporter.les « obligations» d'arrachage?


La Flavescence dorée est entrée en Bourgogne par la Saône-et-Loire. On a compté Il hectares arrachés l'année dernière à Plottes dans ce département « pour arrêter l'épidémie». Arrivera-t-on à 22 hectares cette année, pour quel avenir?


Il est inquiétant de constater que l'épidémie de FD en Bourgogne sera la première en France à se trouver soumise à l'obligation d'arrachage. Mais la Bourgogne n'est pas l'Ouest audois :

 

  • Par quoi va-t-on remplacer les hectares arrachés? La Bourgogne n'a pas comme l'Aude des terroirs disponibles.

 

  • Va-t-on remplacer sur place les ceps « rétablis» et donc partiellement résistants et susceptibles de redonner une récolte après une ou deux années par de jeunes plants que l'on sait extrêmement sensibles et qui demandent 4 ans pour redonner une récolte s'il ne sont pas entre temps à nouveau contaminés?

 

  • Le vignoble bourguignon compte de très nombreux petits vignerons qui vont devoir abandonner leur terre si on les oblige à arracher une partie ou la totalité de leur vignoble. Qui s'en soucie?

 

La Bourgogne aurait besoin de mesures préventives telles que les traitements ovicides d'hiver. Mais ceux-ci n'ont pas été actualisés à la suite de l'interdiction des esters phosphoriques.

 

Conclusions


En un temps où s'étale la détresse paysanne, où les ministres de l'agriculture soulignent qu'il faut gagner en productivité, que le coût du travail est trop élevé, on fait arracher inutilement les vignes et parcelles malades en oubliant la chance de leur rétablissement spontané.


Entre temps, au nom de dogmes parfois contradictoires:


  • On a supprimé le Service de la Protection des Végétaux et sa précieuse implantation au Nord de Beaune pour le fondre au sein d'un « Service de l'alimentation».

 

  • Du coup, les avertissements agricoles ont été supprimés pour le plus grand profit des firmes phytosanitaires.

 

  • Le laboratoire INRA de Dijon, seul en France à travailler la FD et le Bois noir a été fermé contre l'avis de tous les organismes concernés de France, de l'étranger et le mien: aucun tuilages des connaissances, abandon des acquis, des sondes ADN, des anticorps monoclonaux, des élevages de cicadelles. J'ai eu l'occasion de m'en expliquer au cours d'une interview qui m'a été demandée en 1996, 3 ans après ma retraite.

 

C'est ainsi que même la mémoire a disparu.


Il reste pourtant du travail à faire. Qui s'occupera d'actualiser les traitements ovicides, en remplaçant l'oléoparathion désormais interdit par des insecticides qui ne nécessiteraient peut-être pas une longue rémanence. La chose pourrait intéresser nos amis « bios » ou « biodynamistes » qui pourraient peut-être trouver un « oléo pyrèthre» qui leur éviterait d'être accusés de laisser l'épidémie de FD envahir leurs terres.


Nous avons en son temps étudié le comportement de la FD chez deux ou trois porte-greffes (8). Mais pourquoi n'a-t-on pas étudié en ce sens les autres porte-greffes? On s'est contenté de généraliser... oralement !


Etc...

 

Faut-il vraiment arracher ? Journal de la Saône-et-Loire link

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 10:00

Deville-4548.jpeg

 

Mais qui donc a racheté la vénérable maison Cruse, sise quai des Chartrons, à Bordeaux, lorsqu’elle fut emportée, dans les années 70, au milieu d’un vignoble bordelais sur le point de sombrer ? En effet, ce n’était pas la joie en ce temps-là, assommé par la crise, une consommation sous l'éteignoir, deux mauvais millésimes, un effondrement des cours de 80% et, pour couronner le tout, le scandale Cruse: la vente de vins venus d'ailleurs sous l'appellation bordeaux.

 

La Société des Vins de France de Paul Crémieux elle-même tombée dans l’escarcelle du groupe Pernod-Ricard lors des ennuis judiciaires de son fondateur en Allemagne.

 

Et qui c’est qui a travaillé à la Société des Vins de France en 1986 ?

 

Votre Taulier bien-aimé qui ainsi a vendu beaucoup de grands crus classés via sa filiale Cruse.

 

Pourquoi donc évoquer ce souvenir ?

 

Deux raisons :

 

-        Rappeler à certains que Bordeaux ne se réduit pas à la bulle des GCC, et que la crise fait partie du paysage de ce grand vignoble ;


-        Ce qui suit : bonne lecture et merci à Pax…


 

 DSC01646--1--copie-1.jpg

 

 

Lorsque le Taulier m’a fait l’honneur et le plaisir de publier mon commentaire le 16 février dernier il pronostiquait, le lendemain, que je ne tarderai pas à repiquer au truc. Perspicace il avait, à la fréquence et au nombre de mes commentaires, deviné le graphomane doublé d’une mouche du coche qui sommeillait en moi.

 

Alors, allons-y.

 

Comment en suis je venu à fréquenter avec assiduité cet Espace de liberté « Vin&Cie » (évoquer une assiduité est certainement en dessous de la réalité ; un observateur attentif parlerait sans risque de trop se tromper, d’addiction, comme on dit aujourd’hui.) ? Je n’en ai plus la moindre idée et ma vieille amie Elsa HEIMMER n’y est pour rien.

 

Ado rêveur et solitaire, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la littérature je choisissais mes livres de poche en fonction de la couverture. C’est ainsi que j’ai découvert, et lu, tout Félicien MARCEAU parce que les couvertures de Bergère Légère et de Capri petite île m’enchantaient et me laissaient songeur. Le « contenu » se révélant à la hauteur du « contenant » je devins fan de l’auteur et suivait son actualité. Dès qu’il parlait de quelque chose ou de quelqu’un je filais voir de quoi il retournait. Quand son actualité recoupait la mienne je me trouvais conforté dans mes choix et bien sur « le roi n’était pas mon cousin ».

 

C’est ainsi, de fil en aiguille, qu’on acquiert un bagage qui participe à la création de votre univers.

 

Pour l’instant, pas de souvenir, permettant de remonter au début de ma fréquentation du blog du Taulier. Cela reviendra sans doute et ce sera peut être l’objet d’une prochaine chronique qui sait ? Pour le moment laissons le temps au temps et puis souvenons nous que Marcel a mit plusieurs tomes pour retrouver le sien. (hi,hi,hi) Alors, patience, patience.

 

En revanche, je sais très bien comment j’en suis venu au monde du vin. Mais laissons la parole à Pépé qui va raconter ses campagnes.

 

Dans les années 60 c’est le théâtre qui était à la mode et qui faisait de vous quelqu’un si vous pouviez vous pâmer en évoquant le TNP ou le Festival d’Avignon. Puis la société évoluant vers le matérialisme et le consumérisme c’est la photo, du moins le matériel qui faisait de vous quelqu’un à qui on ne la fait pas. On traversa également une période caméscope ; ces deux phénomènes créant autant d’occasion pour cultiver sa misanthropie et choyer sa solitude afin d’échapper aux soirées diapositives ou films de vacances des uns et des autres. N’étant jamais à une goujaterie près, je me suis régalé. N’oublions pas le phénomène Hifi est ses platines, amplis, tuner et autres enceintes qui permettait de parler de puissance, de basse sans jamais écouté le moindre disque.

 

Gourmant par nature j’ai été moins insensible à la naissance de la « Nouvelle cuisine » de Gros et Nigaud que  le côté star et gourou  discréditait à mes yeux. Avec quelques copains on émargeait les livres d’or des restaurants décevants en signant ainsi rajoutant le qualificatif «escrocs en gros» (Depuis le potache est revenu à de meilleurs sentiments et a pris grand plaisir à lire les ouvrages de Christian Millau, qu’ils concernent la littérature, l’histoire ou la gastronomie : « Dieu est il gascon ? »

 

Avec la bouffe s’est également développé la soif et les délires sur le vin. Mon bagage familial se limitait aux bordeaux de la vénérable Maison CRUSE, aux vins d’Alsace du Domaine GEISBERG, de mémoire, propriété des Papeteries de KAYSESBERG et du Vouvray pétillant de Marc BREDIF ainsi que du champagne POL ROGER. Au passage rappelons la déconfiture de CRUSE, ce chartron historique, qui sombra dans un scandale de fraude montrant par la que la viande de cheval dans des lasagnes au bœuf n’avait vraiment rien de neuf ce qui en bon ado révolté je ne me privais pas de moquer les certitudes de mon père.

 

Soif de découverte, je testais d’autres breuvages toujours en fonction de choix ou l’on chercherait en vain une raison logique voir cohérente. C’est ainsi que je tâtais du chablis dont le « kimméridgien » du sol m’intriguait autant qu’il me laissait entrevoir un monde ignoré, ou encore le fabuleux vin jaune et le mystère de sa capricieuse élaboration.

 

Je m’instruisais aussi. Mon premier ouvrage fût, en poche, le passionnant « Guide du Vin » de Raymond DUMAY que je recommandais autour de moi en précisant que cela ce lisait comme un roman policier.

 

Avec mon petit bagage je ne me retrouvais pas dans les écrits et discours sur et autour du vin.

 

J’ai voulu en avoir le cœur net et savoir si ce sabir auquel je ne comprenais rien correspondait vraiment à quelque chose qui méritait d’être approfondi. Je me suis mis en marche.

 

Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…

 

Patrick Axelroud

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 00:09

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« Faire salon… », expression un peu désuète se référant au temps où les salons nommés aussi « sociétés » étaient l’une des principales composantes de la sociabilité mondaine du XVIIIe siècle dont le XIXe siècle cultiva la nostalgie.


Le divertissement lettré, la recherche du bon mot, la maîtrise de soi et du savoir-vivre mondain étaient au cœur de cette sociabilité aristocratique. Chacun se devait de s’y faire valoir et reconnaître tout en respectant les autres invités. Lorsque les conversations s’échauffaient, l’hôtesse intervenait pour mettre fin aux débats et changer de conversation.


Certes les salonnières et les salonnards du « pinard » de notre époque post-modernes n’ont pas le prestige de leurs illustres prédécesseurs Jean le Rond d'Alembert, Louis Turgot, Denis Diderot, François Quesnay, Jean Philippe Rameau, Jean-Jacques Rousseau, l’abbé Raynal, Marivaux, René Antoine Réaumur…mais pour certains il est capital d’en être, de montrer au commun des mortels que l’on représente encore la crème du marigot.


La gestuelle, le rituel, la déambulation, le cercle des idolâtres, les clans, les tribus, dans les allées des salons de dégustation, officiels ou estampillés off, les grands critiques du vin ou présumés tels, côtoient la piétaille des sans-grades pour se livrer à une forme moderne de représentation.


Pour ma part, depuis toujours je me suis défini dans beaucoup de chroniques comme étant un « dégustateur-imposteur » lorsque je me croyais obligé d’arpenter les travées de ces salons. Je m’y ennuyais. Je déteste rester planter debout, je suis un buveur assis. J’exècre la bousculade, les ramenards postés devant les crachoirs, donner mon opinion sur le sauvignon. Bref, en début d’année j’ai pris une sage décision : l’abstention.


Mais, comme je suis soucieux, en vieux Taulier roué, des intérêts de ma crèmerie j’ai décidé d’externaliser cette fonction de dégustation en lançant un appel à contribution.


Bonne pioche, le sieur Denis Boireau avec sa chronique « LA TRIBU DES CHEVEUX SALES ou « une segmentation naturelle du marché du vin »link a fait péter les compteurs.


Qu’il est doux de ne rien faire…


Il revient en deuxième semaine comme  disait pour le Schmilblick.


Merci Denis, et sache que je ne suis fâché avec personne mais il est des gens que je ne fréquente et ils savent pourquoi… Quant au titre que tu me décernes en conclusion je lui préfèrerais celui d’homme adulé des femmes… mais pas de toutes... Désolé…


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A Renaissance il y avait foule, contrairement au SDVL

 

Le Taulier nous a fait part de son peu d’appétence pour  ces évènements, mais en proposant à ceux qui le voudrait d’en parler sur son blog. Puis quelques vieux routiers du monde du vin avaient ajouté leurs commentaires blasés. Faut pas charlier, ne pousson pas : moi je les trouve géniaux ces salons ! Donc j’ai pris Berthe au mot pour vous pondre cette petite revue des stars de la dégustation que vous pouvez croiser dans ces salons.


Commençons par le salon par lequel tout a commencé : le Salon des Vins de Loire, ou SDVL pour faire plus pro. Je confirme que ça semble en perte de vitesse : on ne se bousculait pas dans les allées. Mais du coup les contacts étaient faciles avec les vignerons. Ceux que j’ai revus après m’ont confirmé que ce fut un bon salon malgré l’ambiance un peu vide.  Et ça fourmillait de stars de la dégustation !


En finissant ma revue des vins de Bruno Cormerais (incontournable !), je croise David Cobbold  très studieux à la table d’à côté. Je lui balance une vanne sur les stars de la dégustation en plein travail, il me répond par une vanne sur les stars du rugby. Comment a-t-il deviné en moi l’ancien joueur ? Ça doit être son British Flair. Si comme moi vous aimez à la fois le vin, les motos et le rugby, vous devez suivre le blog de ce parfait gentleman link

 

David participe au Blog des Cinq link ‎ dont presque tous les membres ont gravité au SDVL et alentours. Soit en plus de David : Hervé Lalau, journaliste humoristique que les Belges nous ont volé, Marc Vanhellemont, journaliste-poète  réellement Belge, et Jim Budd, bourgeonnant sujet de sa Gracieuse Majesté qui aime tant le vignoble français qu’il a décidé d’y vivre. Il manquait malheureusement de la bande des cinq mon préféré : Michel Smith, un ex-bistrologue pas tout à fait retiré de la presse vineuse, qui était resté dans le Roussillon parmi ses chers  carignans.


Aussi croisé un Gaillard du guide à moitié éponyme, en train de tenir le crachoir à Henry Marionnet, mais sans déguster. Au vu de ce qu’ils sélectionnent je pense effectivement que le tandem du guide ne doit pas boire de vin.


Toujours au SDVL, j’ai croisé le meilleur dégustateur du monde : Michel Bettane. J’ne rigole pas ! Si vous êtes un néophyte du vin, vous avez au moins entendu parler de Robert Parker, le critique Américain devenu star internationale. Eh bien en France, on a mieux avec Michel Bettane. Lui et son compère Thierry Desseauve ont redressé la vénérable Revue du Vin de France pour se faire les dents, avant de voler de leurs propres ailes de guides en blog, de sélections en salon (le Grand Tasting). Comme j’allais le saluer, je comprends que Michel se rend, de sa démarche impériale, auréolé de son immense prestige, aux pissotières…je l’ai laissé aller son chemin.


Pas vu cette année Pierre Guigui, auteur du Gault-Millau des vins, et organisateur bénévole du plus important et plus anciens concours de vins bios : le Concours Amphore


Si on parle de vins bios, il faut vous parler des deux plus importants salons offs : le salon Renaissance qui regroupe surtout des biodynamistes haut de gamme, et La Dive Bouteille où on trouve la fine fleur du vin nature.


A Renaissance, je goutais les cidres d’Eric Bordelet lorsqu’arriva Olivier Poussier. J’ai immédiatement laissé la place à ce dégustateur surdoué, qui gagna le concours de meilleur sommelier du monde il y a quelques années. Ce que j’admire chez Olivier Poussier c’est son enthousiasme et sa vision sans limite du monde du vin. Pour preuve, son intérêt ici pour …des cidres ! Il aime avec autant de compétence et de passion les icones du vin comme les plus oubliées des appellations.


J’ai aussi eu le plaisir de discuter avec Nicolas Joly, le pape de la biodynamie dans la viticulture. J’entends d’ici les dents de Léon qui grincent : notre matérialiste n’aime pas les ‘explications ‘ trop ésotériques de la biody.  Moi je m’en fiche bien de leur ésotérie, la vérité est dans mon verre, et là y a pas photo, c’est chez les bios et biodys que j’ai trouvé la grosse majorité des vins qui me plaisent ces 10 dernières années.


A La Dive, j’ai droit à la bise de Sylvie Augereau à l’entrée. Maintenant ce sont les dents du Taulier que j’entends grincer, mais je ne sais toujours pas pourquoi ils sont fâchés ces deux-là. Sylvie est la grande prêtresse des vins nature. En plus d’organiser La Dive et d’un petit guide, elle collabore à la RVF, avec sans doute l’espoir de faire évoluer cette revue extrêmement conservatrice.


Bon, vous l’avez compris, tout le star-system du vin était là. Ne manquait pour éclairer ce scintillement que l’astre le plus lumineux de notre ciel vineux, la star des stars : notre Taulier Jacques Berthomeau.

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 00:09

En ce moment j’adore les slogans et, « Tous à poil ! »*, me paraît en être un qui colle bien au vin nu cher à Alice Feiring la Woody Allen du vin nature link 


En ce moment je suis aussi très feignasse, je me prélasse et le dimanche je fais la grasse matinée en passant le manche à un invité.


Aujourd’hui, j’ai débauché – je n’ai pas écrit un débauché – un tout jeune retraité de 70 balais, architecte et expert de son état, toujours en activité, qui se définit comme « un Amoureux du beau sexe bien sûr, mais surtout de l'humour. Tenant le rôle du clown blanc que les autres prennent pour un gugusse, c'est dire la qualité de l'acteur. Amoureux de la littérature, de la peinture de la bonne chère, du vin et par-dessus tout de l'amitié sans quoi, tout le reste, serait vain»


Sa devise : Soyons sérieux ! Ne nous prenons pas au sérieux.


Messin d'origine, nul n’est parfait (je note cela car Guillaume Nicolas-Brion le ouistiti français des vins nus qui puent est aussi originaire de cette contrée), il habite Strasbourg depuis 68 ans mais comme le montre ce qui suit il s’aventure aussi en des terres plus chaudes et ensoleillées.


Il demeure présentement dans la vallée de la Bruche, qui me semble très nature.


Il signe « pax », normal puisqu’il s’agit de Patrick Axelroud.


Bref, notre grand amoureux va vous narrer par le menu ses premières extases avec le vin nu.


* Pour le « Tous à poil » original je rends à Jean-François Copé, surnommé « le gourdin » par mon vieux boss Rocard, ce qui lui appartient…


 

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Ceci a été rédigé en tant que commentaire à la chronique du 15 février 2014 de notre cher Taulier. Trop long pour cet usage j’ai eu la prétention de lui proposer en tant que chronique pour répondre à son appel au peuple consécutif à son petit accès temporaire de flemme.


Mes premières expériences de vins « nature » à COLLIOURE. Pouah ! On se retient de cracher, on fait changer la bouteille : tous les défauts que je redoute dans une bouteille !


Conclusion : encore un gadget pour ceux qui savent, pour faire vendre, pour les accros au progrès, les inconditionnels de la croissance «goutte que goutte»


Puis lecture du « Petit LAPAQUE des vins de copains » (chez Acte Sud) pris très au sérieux.


Près de chez moi, à BANYULS, est recommandé la cuvée " el niño " du domaine du CASOT des MAILLOLES. Téléphone, répondeur, retéléphone, re-répondeur, messages, pas de rappel : rien !


Déplacements sur place aux heures ouvrables indiquées : rien ni personne.


Mon caviste de COLLIOURE « Vins d’auteurs » jeune alsacien émigré, à qui je demande s’il peut m’en procurer me parle de vins de garages, vins pour bobos, du moins ce serait leur réputation dans cette région pourtant habituées aux petits vignerons prodiges.


Me voilà perplexe jusqu'à la lecture de « Chez Marcel Lapierre » du même Sébastien LAPAQUE (chez Stock, en poche) Je me procure 2 bouteilles de Morgon (une pour la famille, une pour les amis) Et là, révélation ! Une impression de renouveau : est-ce encore du vin ? Les mots qui viennent immédiatement à l’esprit (à la bouche ?) : Dépouillé – sans être ni pauvre ni maigre, Aérien, Allégé (sans être wassrich – mouillé – comme on dit par cheu nous.) Net comme une épure, rien à rajouter, rien à retrancher, Evident comme s’imposant de lui-même. Aucun éléments connus auxquels se référer. Bref une révélation et une émotion jamais ressentie depuis longtemps au fil de mes diverses dégustations annuelles ou l’on a toujours l’impression d’être en terrain connu ce qui est loin d’être désagréable mais plus très excitant non plus.


Soudain une réminiscence de découverte du pinot noir de RIETSCH à MITTELBERGHEIM qui est également un vin naturel que j’avais beaucoup apprécié : Tilt ! Je fais le lien et me voilà conquis mais surtout assoiffé de connaissances.


J’arrive à me procurer deux bouteilles (oui, oui, deux) de la cuvée « el niño ». Rien à voir avec les premières dégustations de vins « natures » ni les préventions de mon ami caviste.


Tout à fait honorable, séduisant et agréable dans cette nouvelle galaxie ou je m’avance très critique (on ne m’appelle pas Grincheux pour rien et tient à mériter ce qualificatif que je revendique – ceux qui ne craignent pas la critique amicale et constructive ou le commentaire sincère et bienveillant dans la forme, me comprendrons ; ils sont plus nombreux qu’on le croit)


Suivent « deux » bouteilles d’AOC Arbois Pupillin du Domaine Pierre OVERNOY : même régal, même émotion, même plaisir : sentiment de se retrouver, sensation de bien-être, impression d’être arrivé quelque part (peut être idiot à écrire mais on sait tous que souvent les mots sont impuissants à traduire ce que l’on ressent ou vit – celui qui, amoureux fou a été mené à déclarer sa flamme saura ce que je veux dire) Si les mots peuvent paraître ici excessifs j’en suis conscient et reste lucide. Ce n’est ni la nuit mystique de Blaise PASCAL ni les transes de Sainte Thérèse D’AVILA – hihihi.


Où en sommes-nous quelques 18 mois après les faits narrés ci-dessus ?


Les prix flambent. Mêmes pour les plus aisés il est de plus en plus difficile de se procurer des quilles (OVERNOY, PACALET etc. etc.)


« Il en va de ce phénomène comme de toute chose mon bon Monsieur ! » comme vous avez raison Mam’MICHU.


Signé PAX…


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Merci Patrick et je laisse à Pierre Overnoy, homme authentique, le dernier mot «Un goût est comme une vague. Il faut en saisir le premier nez et en observer l’évolution. Ne recherchez pas la longueur du vin, mais sa joliesse

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 10:00

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Mes lecteurs ont du talent je n’en ai jamais douté, alors lorsque j’ai reçu un petit mot de Denis Boireau :


Bonjour Jacques,

Suite à ton appel pour des chroniques à publier sur ton blog, voici un petit mot qui j’espère t’amusera.

Bien entendu je te laisse décider si c’est publiable… ; n’hésites pas à modifier si nécessaire.

Amicalement

Denis


Je lui ai de suite répondu : EXCELLENT et je n’ai pas changé un mot du petit mot.


Excellent son titre : LA TRIBU DES CHEVEUX SALES ou « une segmentation naturelle du marché du vin » link


Excellent son texte, plein d’humour, d’empathie pour la tribu, avec une belle saillie, même que les premiers lecteurs ont cru que j’en étais l’auteur, c’est dire. Bonjour l’ego Berthomeau.


Excellente la chute :


« Qui sommes-nous  donc pour critiquer ?

 Longue vie à la tribu des cheveux sales et à leurs vins ! »


Du boulot comme je l’aime. Restait à programmer la chronique du père Denis.


Quel jour ?


Mon tarin de vieux routier de la blogosphère, humant la bonne affaire, m’a incité à la mettre en ligne hier dimanche.


Le dimanche, surtout avec ce temps, beaucoup d’entre vous baguenaudent sur la Toile et se la joue un chouïa sur Face de Bouc.


Bon plan, ce fut la ruée vers l’Ouest, le triomphe de la tribu des cheveux sales, aucun scalp, la caravane est passée sans encombre dans le canyon de la mort où officient les zélateurs des vins nus qui manifestement ont plus d'humour que leurs détracteurs.

 

Résultats : plus d'un millier de lecteurs et 130 j'aime sur Face de Bouc...


Cette chronique n’était qu’un petit Warm Up du père Denis, en effet lorsque notre amateur modeste, comme les cépages qu’il aime tant, aura à nouveau du temps à consacrer à l’écriture, il reviendra vous régaler sur mon espace  de liberté.


La morale de cette histoire c’est que l’avenir appartient aux  audacieux et que je ne vois pas au nom de quoi certains d’entre vous ne chausseraient pas les bottes du père Denis.


À vos claviers chers lecteurs, lancez-vous dans l’aventure de l’écriture, libérez-vous de vos inhibitions, passez à l’acte pour le plus grand bien de l’extension du domaine du vin.


À bientôt donc sur mes lignes, les vôtres bien sûr car vous le savez tous moins j’en fais mieux je me porte…


Oh Denis doo-be-do

I'm in love with you, Denis doo-be-do

I'm in love with you, Denis doo-be-do

I'm in love with you

Denis Denis, oh with your eyes so blue

Denis Denis, I've got a crush on you

Denis Denis, I'm so in love with you


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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:09

Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est étrange de se dénommer Boireau et de n’avoir aucun appétit pour celle-ci. Denis est un amoureux du vin depuis un peu plus d’1/2 siècle, belle fidélité ne trouvez-vous pas ! C’est un fidèle lecteur qui anime un club œnophile au 40 rue du Coteau 91360 à Epinay sur Orge : le Cercle des Amateurs de Vins. Ces messieurs, je ne sais s’il y a des dames, font bien sûr des dégustations, mais aussi des achats groupés, et des visites de vignobles. Denis Boireau fait donc partie de ceux qui participent à l’extension du domaine du vin ce qui lui donne le droit, bien plus que certains critiques patentés, d’exprimer son point de vue sur mon espace de liberté.


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La Dive Bouteille 2014 dans les kitchissimes caves Ackermann

 

Vous le savez tous, notre Taulier a pondu il y a une grosse douzaine d’années un rapport ministériel sur le vin ou il prônait, entre autre, une offre segmentée selon les types de marchés.


Un exemple amusant m’est apparu le week-end dernier alors que je prospectais au salon La Dive Bouteille – salon qui regroupe environ 200 vignerons bios, plus ou moins dans la mouvance des vins natures. On y trouve 90% d’excellents vins où même les plus intransigeants de nos œnologues ne pourraient pas trouver ce qu’ils nomment comiquement «des défauts».


Mais il reste un petit nombre d’irréductibles qui produisent des vins oxydés, goût moisi-terreux, et autres joyeusetés rédhibitoires à mon goût, mais qu’ils ont l’air d’aimer beaucoup. Et le plus drôle c’est qu’il y a une clientèle pour ça ! Dans ma petite tête je les surnomme « la tribu des cheveux sales ».


J’étais avec un ami à qui je faisais découvrir ce salon et nous venions de faire toute une série de trucs grandioses, finissant par les Cairanne de Marcel Richaud. Rendu là, je lui explique que du producteur de type bio – baba cool – post-soixante-huitard, il en reste. Mais comme il est jeune il ne voit pas bien de quoi je parle, en tout cas pour les vins à goût de bouse de vache.


Je l’amène donc devant la dégustation d’un très bel exemple que je préfère ne pas citer. Il y a là trois rastas, deux babas, et deux bobos (tous cheveux sales). Mon ami tend son verre, goûte, fait une drôle de tête, puis se dirige précipitamment vers le crachoir. Comme c’est un gars qui n’a peur de rien, il tend son verre pour le deuxième vin. Drôle de tête à nouveau pour l’odeur, il le goûte quand même, mais ce coup-ci le recrache illico dans son verre sans même chercher à rejoindre le crachoir le plus proche. Son commentaire : « il se lave la bite dans ses cuves ? » Sans être aussi cinglant que ce commentaire, il faut bien admettre qu’il y avait un biotope assez riche dans ce breuvage.


Mais pour conclure je voudrais clamer haut et fort : Laissez-les vivre !


Il y a un marché de niche pour des vins qui puent, les gens qui se sont formés à ce goût aiment ça, ils dépensent 3 ou 4 fois le prix moyen de vente à la bouteille (qui rappelons-le est inférieur à 3 euros), et ça fait vivre quelques vignerons qui nagent dans la conviction que le vin nature doit être oxydé-pourri.


Qui sommes-nous  donc pour critiquer ?

 

Longue vie à la tribu des cheveux sales et à leurs vins !

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 00:09

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Comme je suis un fieffé coquin je n'ai pu résister au plaisir de vous offrir en apéritif ce dimanche matin une flute de vin de pays de la Marne plus communément connu sous l'appellation champagne pour que vous puissiez vous adonner à vos deux plaisirs favoris : boire et lire où, là, il n'est pas nécessaire de choisir link

 

Mon appel à vos plumes a été entendu, j’en suis bien aise. Mon espoir c’est que ce ne sera pas qu’un feu de paille, comptez sur moi pour souffler sur les braises.


Aujourd’hui c’est Jean-Pierre link qui s’y colle avec une nouvelle : « Voilà ce petit texte sans prétention, toute ressemblance etc., etc...


Ce fait divers sera-t-il classé ? ajoute-t-il malicieusement.

 

Je précise que la référence champenoise est de mon cru, Jean-Pierre réfugié en Normandie ne m'a bien sûr rien demandé.



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« Téléphone maison... ! »                                                      

                                               

«  À l’instar de nombreux  parisiens, leur grand fils étudiant à Londres,  et après mûre réflexion, ils optèrent pour une vie provinciale, la bruyante capitale n’ayant plus les attraits d’antan.


 

Jamais Antoine, ingénieur à haute responsabilité dans le Golfe, ne laisse  filtrer le moindre détail sur ses activités, pas même à Lucy. Chaque mois un taxi le dépose devant l’église pour quatre ou cinq jours de repos, rarement plus.


 

Lucy rencontrée lors d’un colloque à Londres partage sa vie depuis bientôt 25 ans. Attachée de presse elle parle maintenant un joli français gardant juste une pointe d’accent pour le fun, du grand fleuve, admirant  les lumières du soir. On peut les croiser faisant du VTT sur les petites routes au milieu des vignes ou, main dans la main, sur la digue admirant  les belles lumières du soir.


 

Grande, le cheveu court, de jolis yeux pers derrière de fines lunettes cerclées, Lucy est un modèle de discrétion : la « cinquantaine épanouie » comme disent les magazines.


 

À l’automne dernier le notaire leur  fit découvrir ce presbytère en vente  depuis des  mois ; les travaux de restauration rebutaient les acquéreurs potentiels, mais eux, sans barguigner, signèrent  tant le charme de cette bâtisse en pierre  couverte d’une treille les conquit.


 

La Cambe St Martin : village de charme qui compte à peine 500 résidents en hiver mais le double à la belle saison. Classé «  site touristique d’exception », panneaux « gîtes et chambres d’hôtes » y fleurissent comme jonquilles en avril.


 

Ce jardin de curé, clos de hauts murs préserve l’intimité, seule sa grille rouillée surmontée d’une croix permet  un coup  d’œil furtif sur trois rosiers, un lilas  et quelques iris ; orties et ronces y prolifèrent et « la Josiane » en voisine empressée, a vite signalé les compétences de son grand fils, chômeur – mais pas fainéant – pour remettre en état la pelouse et l’animer de quelques fleurs.


 

« Pendant ce temps-là y fera pas de conneries avec sa bande !... »


 

À l’occasion elle-même ne rechignerait pas à faire les vitres, passer l’aspirateur voire au besoin nourrir Castor, le vieux siamois sans queue.


 

L’aménagement de ce cocon perdura, la toiture en ardoise ayant été plus onéreuse que prévu à cause d’une charpente  vétuste, bref  volets roulants et caméra de sécurité furent remis à plus tard tout comme le renouvellement de la vieille Austin.



L’église du XIIe domine le bourg, attirant les touristes, en bas au  coin de la rue le boucher et sur la place aux cinq tilleuls étêtés l’agence immobilière et le boulanger qui, aux beaux jours dispose trois tables en plastique sur le trottoir. Le bar-tabac a fermé l’an passé.


 

..................................Ce matin-là très tôt, retentissent  les sirènes, les rares passants s’interpellent : pompiers  puis gendarmes débarquent la minute suivante .Couteau en main, le boucher surgit  pendant que sa femme se jette sur  le téléphone pour alerter Fred le localier. *


 

Josiane, immédiatement interrogée dans le jardin par deux gendarmes déclare :


 

« ...qu’elle n’a rien entendu de particulier mais que, réveillée par les grognements de Kroko, son teckel, elle a bien, depuis la lucarne des toilettes  aperçu de la lumière dans le salon ...


...vers 4h du matin, oui, il faisait encore nuit...


 

...Oui, parfois toute la nuit quand elle travaille sur son ordinateur...


 

....Non les volets ne sont jamais fermés ...à cause de la vigne...


 

...Je passe l’aspirateur, range la cuisine, et le salon et parfois m’occupe du chat quand elle s’absente...


 

...Non, c’est en anglais et je ne comprends pas ... »

 

 

Dissimulé par une couverture de survie le corps est embarqué dans l’ambulance rouge, direction Saumur.


 

Survient Fred, sans casque, il gare sa moto Guzzi et rejoint les gendarmes, surpris de se voir tancer par la blonde gendarmette (sans doute une stagiaire...)


 

Trois jours plus tard, Lucy réapparait.


 

Regard caché par des  lunettes noires, un bandage  dépassant de sa manche de veste en lin, elle sonne  à la barrière de la voisine et attend, n’osant affronter les crocs de Kroko :


 

« Hello! Josiane ... je viens pour vous remercier et aussi je vous dire au revoir ou plutôt adieu ! Oui adieu et bientôt la maison sera mise en vente. Grâce à votre fils je suis encore vivante  et ...naturellement je ne porterai pas de plainte contre lui ! »



« Ô Madame Lucy, quelle triste histoire, je vous fais toutes mes excuses ! Mais entrez donc ! »


 

Lucy : « Bien sûr à cet âge on fait des bêtises ... Au fond, je ne lui en veux pas, même s’il s’est introduit chez moi de cette vilaine manière : et puis, entre nous, ce n’était pas du très bon whisky ...»


 

Elle poursuit : « Vous savez Josiane, apprendre que son mari vous quitte par SMS sans autre explication alors que nous avions tant de projets ... nous pensions vivre ici paisiblement ... c’est tellement....... stupide, voilà pourquoi j’ai voulu en finir ! »


 

Josiane tout en servant le café :« Mais, c’est vrai au fond : vous avez eu de la chance dans votre malheur, tiens, moi, mon homme y  m’a plaqué quand le gamin était tout petit mais bon, entre le boucher et le boulanger, j'ai pas à me plaindre , y sont gentils et ...discrets ! »


 

Le moment venu de prendre congé, Lucy traverse la  petite rue mal pavée, pousse la grille, et là, sur le seuil patiné  remarque  quelques éclats de verre qui scintillent, lui revient alors  ce geste fou, quand de colère elle projeta  l’objet nomade dans la porte vitrée  puis ... commit l’irréparable ...


                         De la boîte aux lettres dépasse un pli à entête « Gendarmerie Nationale- Urgent »

 

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*(correspondant de presse).

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