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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:09

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Et soudain, surgissant du diable vauvert, telle une bise tranchante venue de l’Est, 4 commentaires  du sieur Axelroud s’affichaient sur l’écran noir de mes nuits blanches.


Le joyeux luron de Strasbourg, hamster jovial, assoupi depuis bien des jours, portait l’estoc sur ma chronique à la noix à 7 h 04 précises selon mes services :


« Et le brou Taulier ? Et le brou, quand on se veut exhaustif on n'oublie pas le brou sinon ce n'est plus de chronique à la noix dont on parlera mais de chronique à la gomme ! »


Passing-shot de revers du rédacteur-en-chef « le dénommé PAX est condamné à écrire une chronique sur le Brou de Noix »


À 18 h 28 retour dans le cour :


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à l'austère devoir, pieusement fidèle.

 

En Brou illamini


L’impair tinance se paye et me voilà con damné.


Le Taulier, en bon responsable de la publication, m’inflige une punition . Méritée ou pas ce n’est pas la question, il faut s’exécuter.


Une chronique sur le Brou de noix !


Pour avoir, père siffleur, glosé sur l’exhaustivité de son premier papier dominical ! Quel regret que la liaison « interlope », pour une fois, ne fut pas Brou illé et que je ne fus pas dans le Brou illard malgré ma lecture des plus matinales pour un jour normalement consacré à la grasse matinée.


Allons-y pour le Brou de noix dont chacun peut, sur le oueb, et plus particulièrement en consultant WIKIPEDIA trouver tout ce qu’il faut savoir.


Qu’il est fait avec des noix vertes ou la bogue enferme la noix dont la coque dure n’est pas encore présence. Attention cela tache tout : vêtements, sols, meubles, mains et comme Lady Macbeth vous aurez beaucoup de mal à les retrouver propres.


Qu’il ne sert à rien de courir la Brou sse pour trouver la matière première.


Qu’il est inutile de vous munir d’une Brou ette pour la récolte : 750 g suffisent à faire une quantité utile sauf à encombrer cagibis placards, et caves : « au cas où !….on ne sait jamais !… et puisqu’on y est ! »


Le Brou grâce à cette fonction colorante est utilisée en ameublement, en teinture, en lavis, en cosmétique.


Attention, la préparation n’est pas la même que pour le vin de noix.


Pour celui-ci il faut cueillir les noix à la saint Jean d’été où leur maturité correspond la mieux à sa destination semble-t-il ; mais cela peut varier d’une région à l’autre. Ce ne sont pas les habitants de Brou en Eure-et-Loire ou près de Bourg en Bresse ni ceux de Brou age en Charente-Maritime qui me contrediront.


Pensée mélancolique en ce dimanche d’automne, pour ce lieux étonnant non dénué de charme ou le jeune Louis XIV appelé à d’autres alliances du rompre avec son amour de jeunesse Marie Mancini, nièce de Mazarin. Cette rupture inspira Racine.


« Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! »

— Bérénice, Acte IV, scène 5


Assez avec le vin de noix, ce n’est pas le propos. Nous nous saoulons déjà assez de mots pour aller au bout de la chronique imposée et ma foi, préférons un coup de Brouilly. On ne se refait pas.


Attention quand même : recourir à des bogues de châtaigne ne donnera pas plus de piquant à votre mixture ! Ce n’est pas par ironie ou taquinerie que le commentaire qui me vaut le présent pensum m’est venu à l’esprit mais des souvenirs d’enfance.


Chez les louveteaux, quand les sizaines se devaient d’aménager leur coin, où la touche finale était donnée par le coup de Brou de noix, produit bien meilleur marché que tout autre.


Souvent les souvenirs, comme les taches de ce colorant, persistent longtemps.


Nous comptons sur l’indulgence du Taulier, à présent coutumière à l’égard de mes écrits et des éventuels lecteurs pour ce papier quelque peu Brou illon.


Il est vrai que je tire à la ligne, comme tout bon feuilletoniste, mais après tout, Balzac, Eugène Sue…


Terminons cependant en beauté, mais si, mais si, en beauté, par une pire ouette car finalement tout cela n’est que Brou tille !


Strasbourg le 9 novembre 2014

 

pax

pax4

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 00:09

Dans un Paris au mois d’août venteux, pisseux, désagréable à souhait, passer du temps devant son écran, être cloué chez soi, favorise ma graphomanie. Et pourtant je suis bien aise lorsqu’une bonne âme me vient en aide, me libère de ma chronique journalière « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », je me permets de citer Flaubert en titre et demain j’irai déposer PAX sur Twitter.


Ici Paris libéré… le taulier est dans ses petits souliers… la saison 3 de Pax est arrivée…

 

Les années de voyages

 

«Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir, un prince dans un livre apprend mal son devoir»

(Pierre CORNEILLE, Cid, I, 3)


Il est bien connu que l’apprentissage, en France, est le parent pauvre de la formation de la jeunesse. Une fois encore regardons outre Rhin ou GOETHE, pour exposer ses théories, réflexions et propositions, écrit « Wilhelm MEISTER » en 2 tomes – « Les Années d’Apprentissage et les Années de Voyage ». Il met autant en évidence qu’il ne reprend cette notion de voyage qui apparaissait comme complément indispensable à toute éducation. Ainsi, en France, le Tour de France du Compagnonnage ou en Angleterre Le Grand Tour, certes réservé à la jeunesse aristocratique.


En route donc !


C’est avec la fine équipe formée autour de Paul BRUNET que nous prîmes goût aux périples.


Les 3 Glorieuses à Beaune avec des rencontres dont la moindre ne fut pas celle de Michel COUVREUR à Bouze-les-Beaunes. Fantasque belge, courtier en vin « ruiné » par la mise en bouteille au domaine, Il avait acquis ( ou fait creuser ?) des grottes taillées dans la roche, par peur de la guerre atomique, Il les faisait visiter avec fierté ainsi que les trésors qu’elles conservaient, avant de nous faire participer à un diner dégustation.


A cette occasion il nous racontait ses « campagnes et ses combats». Nous buvions autant, sinon plus ses paroles que les vins et ouiskis proposés. Michel COUVREUR était certes un original mais ce qu’il faisait et disait était frappé au coin du bon sens et apportait une authenticité non négligeable à ses idées. Il s’était mis à faire du Calvados et vous invitait à le boire frappé car disait-il « C’est un alcool de fruit » J’ai terminé ma dernière bouteille il y a peu la dégustant égoïstement car le produit n’était plus commercialisé.


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Les 3 Glorieuses étaient devenues, pour la clique, une tradition et nous nous y rendîmes plusieurs fois, avec ses rituels, tel le déjeuner dégustation « Chez Camille » à Arnet-le – Duc qui nous régalait entre autre, d’œufs en meurette d’anthologie et quand il n’en avait pas prévu dans le menu qu’il nous proposait, m’en glissait subrepticement une portion entre deux plats, pour dérider ma mine dépitée devant cette omission.


A l’occasion des 3 Glorieuses, à notre demande, « Lameloise » à Chagny nous composa un menu de près de 10 services avec accord plats et vins. Le nombre de couverts fut définit avec le maître d’hôtel en fonction du nombre de verres contenus dans une bouteille et qui devint l’unité pour ouvrir ou fermer la liste des réservations.


La visite chez Michel COUVREUR entrait dans ce rituel et une certaine complicité s’installa entre nous deux lorsqu’il décida de savoir quelle était la technique la plus adéquate pour élaborer le meilleur Armagnac : la simple ou la double chauffe. Selon son habitude, il descendit dans en Armagnac, vendangea et vinifia lui-même la folle blanche et avec la complicité du brûleur, élabora un Bas Armagnac issu d’une simple chauffe et un autre issu d’une double chauffe. Il en remonta 2 fillettes à Bouze-les Beaunes qu’il laissait vieillir.


Armagnac.jpgarmagnac2.jpg

 

Chaque année nous gouttions pour suivre l’évolution qui selon les périodes rendait l’une des techniques supérieure à l’autre sans qu’un vainqueur ne s’affirme vraiment. Le dimanche midi sur le retour, on terminait notre ballade en dégustant une pochouse au bord de la Saône à St Jean de Losne. Paul Brunet, en Champagne, nous fit également découvrir Paul BARA à Bouzy qui fut une belle surprise pour nous qui ne connaissions que les champagnes de grandes marques. Il devint le champagne préféré de mon père. J’ai regretté de ne pas le trouver dans « Champagne le rêve fragile » de Samuel COGLIATI chez POSSIBILA éditeur. Peut être parce que ce n’est plus l’artisan que j’ai connu, bien que COGLIATI évoque, avec raison, la maison DRAPPIER pourtant récoltant manipulant.


J’ai eu l’occasion de retourner en champagne avec une amicale d’œnologue qui organisait des voyages en y associant des œnophiles et qui a eu le tort de m’accepter comme membre. C’est ainsi que j’ai visité MOET et CHANDON dont les installations ressemblaient à l’univers d’un Docteur NO ou un plateau de tournage de James BOND. Mon mauvais esprit, mon incorrection politique chronique érigée en principe de vie me fit exclure, après quelques années quand même, démontrant mon erreur et illustrant ainsi l’adage de Groucho MARX déclarant qu’il ne ferait jamais partie d’un club capable accueillir un membre tel que lui. J’en ai retenu cependant que cet industriel provoquait systématiquement la fermentation malolactique (ce qui facilite l’identification à l’aveugle de ce champagne).


Hormis les sempiternelles visites de caves ou les cuves étaient plus cuves que dans la cave précédente, les levures plus levures, les voyages furent souvent passionnant grâce à des participants de grande valeurs tant humaine que professionnelle.


Je me souviens du vignoble d’Anjou ou je découvris des piquets de vignes en ardoise et le discours anthroposophique et quelque peu illuminé de Nicolas JOLY.


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Je me souviens aussi de la Savoie et du Jura que je connaissais déjà, compte tenu de sa proximité avec l’Alsace. Je me souviens encore du vignoble des Côtes du Rhône septentrional qui commençait à être à la mode. Quel étonnement : des vins « soyeux » entre les tanniques bordeaux et les gouleyants bourgognes ; des conditions de cultures acrobatiques sur des microparcelles escarpées interdisant toute mécanisation ou recours même au cheval par exemple.


Nous visitâmes cette incongruité de CHATEAU GRILLET ; AOC à lui tout seul. L’accueil fût comique car vraisemblablement en pleine période de succession .Nous dérangions manifestement notre hôtesse toute dans ses préoccupations de savoir à quelle sauce elle serait mangée. Elle nous laissa à nous-mêmes, n’octroyant l’accès à la cave qu’au compte-goutte (pour ne modifier ni hygrométrie ni température alors que le temps de septembre était sans influence notable sur ce plan. Derrière la porte de cette cave un rideau à lamelles de plastique fort comme dans les réserves climatisées des super- marchés !)Nous pûmes acheter du vin, en cassant, déjà, notre tirelire, à condition qu’une seule personne prenne les commandes et fasse un seul chèque ! Aujourd’hui cette curiosité et tombée dans l’escarcelle de LVMH. Ce bon M.ARNAULT s’empressant de relever les prix, réserve, à présent, ce vin aux buveurs d’étiquettes dont la qualité essentielle est d’être solvable.

 

Note du Taulier : mon cher Pax en juin 2011, c'est François Pinault, le grand ami de bernard Arnault, qui rachète le domaine via sa holding Artémis. Château-Grillet appartenait à la famille Canet, descendant de la famille Neyret-Gachet, depuis 1830.


Un voyage en Provence fut également heureux. Visite enrichissante de 2 maisons aux antipodes l’une de l’autre : le charmant vignoble AOC de BELLET et l’industriel Domaine OTT à la réputation incompréhensible mais figurant, en bonne place, à l’époque sur toute les cartes de vins des restaurant alsaciens !


Avec cette aimable association je découvris également de très intéressants vignobles européens.


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…


Patrick axelroud Strasbourg le15 août 2014

 

pax4

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 15:20

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Avant la révolution de la chimie, le développement des industries chimiques et l’arrivée massive de produits phytosanitaires, les propriétés des plantes étaient bien mieux connues et utilisées afin de limiter les dégâts de maladies et ravageurs sur les cultures ou simplement les requinquer. Ce savoir empirique extrêmement précieux, s’est éteint au fur et à mesure que ces «agriculteurs savants » disparaissaient. Aujourd’hui, les écrits sur cette utilisation des plantes font cruellement défaut et le retour à ces pratiques redémarre doucement avec extrêmement peu de références sur lesquelles s’appuyer.


Deux axes peuvent être pris, celui de la recherche du ou des principes actifs des plantes qui ont un effet sur la maladie ou le ravageur ciblé et celui de la recherche de préparation(s) à base de plan te(s) regroupant alors tout un ensemble de principes actifs , pouvant entrer en interaction les uns avec les autres.

 

C’est cette deuxième piste de recherche que nous avons donc adopté, faisant alors le pari de l’intérêt de cet ensemble de principes actifs en interaction, sans pouvoir explicitement expliquer pourquoi cela est efficace pour limiter les dégâts de tel ou tel ravageur. C’est effectivement la grande difficulté de travailler à partir du vivant, ici les plantes.

 

La suite ICI link

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 00:09

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Chez le Taulier, comme chez Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… » en chronique dans son garde-manger de fourmi besogneuse. Ainsi, ayant chanté tout l’été au grand désespoir des peine-à-jouir et des envieux, le Taulier s’en est allé puiser dans ses réserves pour alimenter le fil de ses chroniques estivales. « Garder une poire pour la soif  » dit-on :



« M. de Bargeton qui comptait ne plus rien avoir à dire, fut consterné du silence que gardèrent les deux rivaux en s'examinant ; mais, quand il se trouvait au bout de ses efforts, il avait une question qu'il se réservait comme une poire pour la soif, et il jugea nécessaire de la lâcher (…) »



Honoré de Balzac - Les illusions perdues



Bien évidemment j’anticipe les quolibets des mauvais plaisants en soulignant qu’il serait malséant de faire des allusions déplacées à l’auteur de cette chronique même si son humour est en acier inoxydable.



La poire de notre ami PAX je lui trouve un goût de Beurrée Hardy, qui est une poire d'automne sucrée, juteuse et parfumée mais ce pourrait être aussi une bon chrétien d’hiver, une poire du curé, une Doyenné du comice, une Louise Bonne d’Avranches ou une duchesse d’Angoulême. La poire est un fruit délicat, la poire est le fruit juteux et désaltérant, et ce, sans aucun danger pour la ligne.



De plus avec la poire on fait du poiré de Domfront, je n’oublie jamais mes 5 années passées à la tête de l’Interprofession des AOC de la poire et de la pomme…


logo poire domfront


 

Bref, je laisse le clavier à PAX.


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Les années d’apprentissage



Quand on est citadin, s’aventurer dans le monde du vin, pourquoi pas, mais comment ?



Il y a deux moyens d’apprendre. Celui de l’autodidacte sartrien qui procède à la lecture de tous les ouvrages de la bibliothèque, par ordre alphabétique. Vu la position du v et malgré mon grand âge j’en serais encore loin.

 


L’autre c’est l’école mais à l’âge où je me suis décidé je n’avais plus celui permettant la fréquentation des établissements de l’Education Nationale. Dès lors comment faire ? Je ne sais plus de quel bouche à oreille j’ai su qu’il se passait quelque chose d’intéressant à ANDLAU, belle commune viticole de par cheux nous pas trop éloignée de STRASBOURG.

 


Marc KREIDENWEISS qui n’était pas encore le brillant viticulteur qu’il est devenu mais qui, déjà, montrait qu’il savait où il allait, organisait Trois soirées dégustations : le B.A BA. La première sur la technique de dégustation elle-même, comme expérience sensorielle (inodore, salé, sucré, amer etc.) la deuxième soirée consacrée aux vins blancs et la dernière aux vins rouges.

 


Ce fut réussi et cette mise en bouche creusa mon appétit. Avec quelques participants à ces premières soirées nous passâmes à la vitesse supérieure .Ce fut à l’Ecole Hôtelière de STRASBOURG ou Paul BRUNET, premier « Meilleur Sommelier de France », enseignait le vin et la sommellerie avec beaucoup de succès ; ses élèves trouvant très vite un emploi une fois leur diplôme en poche.

Paul BRUNET avait créé, comme on dit aujourd’hui, « un module » destiné aux non professionnels et qu’il dispensait, en cours du soir sur une durée de 20 semaines à l’intention de ceux qui ne voulait pas boire idiot. Ce fut passionnant. L’enseignant savait se mettre à la portée de son auditoire, être didactique sans être ennuyeux, être passionné sans être exalté, être complet sans être pédant.


Il réussit si bien son coup (et son cours) que cette classe s’organisa et prit l’habitude de mettre très vite en pratique l’enseignement reçu. Un » club de vins » fut formé, appelé, avec l’esprit potache que nous gardions évitant de nous rendre au sérieux, Club des Vains.



Un « stammtisch » mensuel fut organisé ainsi que des voyages dans divers vignobles et des soirées accord mets et vins (chocolats, fromages etc.)

 


Cela ne suffit point à calmer ma soif de connaissance. Une inscription à une unité de valeur du CNAM proposée au lycée agricole de WINTZENHEIM, en plein vignoble haut-rhinois (2 heures aller-retour chaque semaine pendant toute l’année scolaire !) nous appris ce qu’est un réfractomètre et à le manier. Nous essayâmes de ne pas confondre SO2 libre, SO2 total, SO2 combiné. Les levures LSA et Saccharomyces cerevisiae n’eurent plus, à l’époque, de secret pour nous ni les macérations carbonique ou les fermentations malolactiques Idem pour les tailles : gobelet, Guillot simple ou double, en courgée etc. « Monsieur l’inspecteur je sais tout ça par cœur » comme au lycée Papillon.

 


Enfin, moi, pas tout à fait. Je n’ai eu mon U.V qu’avec l’indulgence du jury pour éviter d’organiser une session de rattrapage pour le seul cancre de la classe, définitivement brouillé avec les formules chimiques et les manipulations des TP à reproduire à l’examen (sans oublier la nature du grand sensible et sa phobie des examens – 4 tentatives avant d’avoir le bac dont 2 en candidat libre.)

 


Etudier est une chose, pratiquer en est une autre. Tous les élèves qui ont appris par cœur « The daffodils » de William WORDSWORTH en cours d’anglais au lycée ou « Erlkoenig » de GOETHE en allemand savent que sans pratique, tout se perd.

 


A l’époque, résidant strasbourgeois je m’approvisionnais chez Roger DAHLEN, gentil et efficace caviste à l’angle de la rue du Maréchal FOCH et de la rue du Général De CASTELNAU. En bon professionnel ce caviste organisait des soirées dégustation à thème, le soir à 20h dans une salle de classe du collège voisin de sa boutique. C’est ainsi que l’on a pu goûter des vins rares ou chers, pour nos bourses, comme Château GRILLET cette anomalie  des AOC ou ce qui nous apparaissait comme le top du top d’une appellation comme la Coulée de Serrant de Nicolas JOLY avec les informations et commentaires de cet avisé commerçant.

 


Si ce type de d’enseignement permet d’éviter les devoirs à la maison il n’exclut pas de recourir aux manuels scolaires. A mon premier ouvrage l’indispensable « Guide du Vin » de Raymond DUMAY (Livre de Poche 1985) succéda l’ »Encyclopédie des vins et alcools »d’Alexis LICHINE (Collection Bouquin 1980) Avec le premier j’ai longtemps, en rêve, vagabondé sur le kimméridgien de Chablis. Avec le second j’ai découvert le vin jaune et traquai ce qui était rare ou disons moins représentatif tel le pernand vergelesse blanc ou encore le Meursault rouge que je m’imaginais pouvoir accompagner tout un repas. Servi frais avec l’entrée, il se chambrerait tout doucement pour être à bonne température avec le plat principal, choisi bien sur pour s’accorder avec ce vin.

Les exceptions, les originalités étaient les petits cailloux blancs de mon chemin de petit poucet que je m’efforçais de tracer dans ce nouveau monde. J’étais persuadé que les idées générales, les grandes lignes me seraient données par osmose dans la fréquentation des gens du vin ; il suffirait d’ouvrir ses oreilles. Les pépites, les curiosités, par contre, il fallait les chercher et , par effet de contraste, apprendre ce en quoi elles consistaient m’en dirait pas mal non plus sur le reste.

 


Vinrent ensuite les atlas mondial ou non du vin de des vignobles (Hugh JOHNSON par exemple) ou encore les atlas géologiques des terroirs sans oublier les ampélographies.

 


J’ai beaucoup aimé les guides du couple PEPPERCORN (Guide des vins de Bordeaux – Flammarion 1987) et SUTCLIFFE (Guide des vins de Bourgognes - idem) Dans ce dernier on pouvait remarquer les commentaires de l’auteur, qui relatant qu’elle n’est plus en odeur de sainteté « temporairement interdite de séjour pour dénigrement systématique » au Domaine de la Romanée – Conti, alors qu’elle se portaient sur la seule légitimité d’un tel domaine à commercialiser, aux prix que l’on connaît, tous les millésimes indifféremment même les mauvaises années . Cela était formulé en 1986 et j’en partageais la pertinence, alors que semble-t-il cela commence seulement à entrer timidement dans les usages.


 

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Je dévorais tout ce qui me tombait sous la main, par exemple : « Les bons vins et les autres » SEUIL 1976 de Pierre Marie DOUTRELANT habillement polémique ou de simples mais réjouissants ouvrages comme « Millésimes et campagnes – Les carnets d’un acheteur de vins » (La maison NICOLAS) Pierre BOISSET Robert LAFFONT 1989 ou encore l’exceptionnel « Mes aventures sur les routes du vin »de Kermitt LYNCH PAYOT 2008

 


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite…. par la suite…

 


Patrick Axelroud Strasbourg le18 mai 2014


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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 00:09

Mai, mois de tous les dangers, 3 jours fériés plantés un jeudi, le 1er mai, le 8 mai et l’Ascension le 29 mai ce qui permet de jeter des grands ponts de 4 jours. C’est lourd ! Très lourd, comme moi qui insupporte de plus en plus quelques dévots qui n’aiment pas mon ego, filerais-je un mauvais coton ? Non, je fais le ménage. J’élimine. Je coupe les ponts. Pourquoi, à mon âge, m’embarrasserais-je de gens qui se plaignent de la « violence » de mes mots alors qu’eux tolèrent celle, bien plus redoutable, des maîtres du troupeau. Génuflexion. « Connivence quand tu les tiens tu ne les lâche pas… » Je ne leur dois rien, je ne leur demande rien si ce n’est qu’ils passent leur chemin : nul n’est tenu de s’infliger la lecture de mes chroniques. En mai, je fais ce qui me plaît, le restant de l’année aussi.


Comme c’est férié aujourd’hui je confie mon tablier à un homme de paix : PAX !  


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TOUT FAUX épisode II  ou  Méfions-nous des idées reçues!

 

               

« Il n’est de règles que générales mais seul le particulier existe …»  Aristote

 

 

Quelles leçons tirer de la découverte suivie de la dégustation en 2014 d’un CLOS BEARD Saint-Emilion AOC 1954 ? link

 

 

D’abord se garder des idées toutes faites et proférées par des gourous comme des dogmes hors desquels, point de salut.


 

C’est le moment de rappeler, j’ai l’âge de l’avoir vécu, le tournant pris par les vins de Bordeaux dans les années 1982/83. Avant cette date il était connu que ces vins qualifiés d’austères devaient vieillir de longues années avant d’être « buvables » (on ne parle plus ainsi aujourd’hui !) Ces années 80, celles du tournant économique de François MITTERRAND, ou la finance a commencé à prendre le dessus sur tout le reste, reléguant les valeurs travail et morale au rayon des vieilles lunes, il est apparu comme ni raisonnable ni efficace ou rentable d’avoir des stocks de vins alourdissant les bilans des viticulteurs et grevant leurs trésoreries. Aussi, contre tous les usages constants, loyaux et marchands, se mit on à produire des bordeaux pouvant être bus jeunes ! (Ce qui, naturellement les rendit inaptes à vieillir et nécessita, par la suite, toute les techniques et le savoir-faire des « faiseurs de vins » pour compenser les faiblesses du « produit ».


 

Mon 1954, pourtant petite année pour les Bordeaux rouges, vinifiés avant ce tournant historique, a démontré toute les qualités du savoir-faire des anciens. Soulignons également qu’il ne s’agit que d’un Saint-Emilion générique ce qui devrait permettre de contredire l’adage qui voudrait vous faire « acheter les petites années dans les grandes maisons et les grandes années chez les autre ! »


 

J’ai malheureusement vécu une autre expérience de même nature à la naissance de mon fils aîné en 1973. J’ai fait l’acquisition d’une caisse bois de 6 BRANE CANTENAC de ce millésime et me laissant baratiner par un vendeur : de 6 MARGAUX génériques toujours de 1973. Ces deux caisses, furent stockées côte à côte, dans la même cave, jusqu’au jour prévu pour commencer à les déguster. On attendit, pour se faire, « la communion du gamin ». soit 14/15 ans plus tard. Que croyez-vous qu’il se passa ? Le pauvre BRANE CANTENAC fit piètre figure : passé, lessivé, de l’eau colorée alors que ce brave MARGAUX générique s’en sorti avec les honneurs de la guerre.


 

Il y a aussi beaucoup à dire sur les conditions recommandées de stockage et de conservation du vin, de ce que doit être une cave idéale etc. etc. Le CLOS BEARD, si je dois reconstituer les résidences successives de mon père, a connu cinq caves différentes dont deux dans des immeubles d’après-guerre , une dans un immeuble du 19e siècle en bord de Seine et deux dans des immeubles contemporains, sans compter les longs séjours en appartement au moment de l’inventaire de la cave avant partage ou en attente de nouveaux lieux de remisage.


La cave de bord de Seine était régulièrement inondée tout au long des dix années où il y fut entreposé. A tout cela s’ajoute, les déménagements, qui considèrent le vin comme du mobilier, un point c’est tout !


 

Cela me rappelle l’expérience de MM GAULT et MILLAU, relatée dans leur magazine à l’époque ou ils tenaient le haut du pavé de la gastronomie et de l’œnologie française. Ils avaient chargé le coffre de leur voiture de plusieurs «  caisse bois » de bouteilles réputées bonnes de par leur origine. Elles ont ainsi été trimballées tout au long de leur pérégrination saisonnière à la recherche de bonnes adresses. C’est vous dire les chocs thermiques (parking en plein soleil de midi à l’occasion du déjeuner, fraicheur nocturne de l’étape du soir) et mécaniques, dus aux kilomètres abattus à l’occasion de trajets qui, c’est la loi du genre, vous mènent par monts et par vaux. Que croyez-vous qu’il advint ? Rien : quelques semaines de repos et après dégustation (contradictoire ?vraisemblablement, c’était quand même des pros.)


Les duettistes affirmèrent que, dans l’ensemble, les vins n’avaient pas souffert, le moins du monde, de ce traitement barbare.


 

Ce type de mésaventures, qui n’a rien d’exceptionnel, a le mérite de remettre à leurs justes places les propos et oukases de certains grands prêtres qu’on est tenté de croire par peur de mal faire et hors desquels il n’y aurait qu’hérésie et risque d’ être relégué au rang de rustres incultes si vous y contrevenez.


 

Enfin rappelons qu’il en va du vin, comme de la vie. C’est le moment d’évoquer la superbe réplique de Lino VENTURA dans « La Bonne Année » de Claude LELOUCH. Une idylle nait entre l’antiquaire  très bcbg (la ravissante Françoise FABIAN) et le malfrat (Lino VENTURA, qu’on ne présente plus) Il est invité chez elle pour un diner rassemblant sa ribambelle de copains bobos (dirait-on aujourd’hui). Conversation d’intellectuels autour de la table, devant un Lino muet. Question de l’un des «petits marquis » à Lino : quelle revue lisez-vous ? Réponse : aucune ! Mais alors comment faite vous pour choisir un film ?


Tombe alors, de la bouche de Lino regardant Françoise FABIAN droit dans les yeux, une des plus belle réplique du cinéma français : «  Comme pour les femmes, je prends des risques ! »


 

Strasbourg le 26 avril 2014


 

patrick axelroud

 

* les 2 illustrations sont de la main de PAX preuve s'il en est que votre Taulier n'est pas le seul à développer une forme  de mauvais esprit qui déplaît tant aux dévots.


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 10:00

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J’ai reçu dans ma messagerie un courrier d’un de mes plus anciens et fidèles lecteurs, Philippe Margot link, pionnier du développement des e-Books à la libre disposition des internautes œnophiles. Je vous livre pour vous permettre de consulter son dernier ouvrage. Merci à lui.


Cher Monsieur,


Retournant régulièrement sur votre blog dans lequel vous parlez très souvent des spécialistes autour du bois de chêne, vous me permettrez de vous présenter le dernier e-Book que je viens de publier :


« Chêne - Merrandier - Tonnelier - Copeaux & Cie. »


Lien : link

 

Ce gros volume est le fruit de mes visites dans les nombreux métiers du bois de chêne, pour mieux comprendre par la suite ses effets sur le mûrissement, l’affinage et bonification du vin en contact pendant son long élevage.


Plus de 300 pages et presque autant de photos permettent de mieux comprendre l’utilité de ces différents et passionnants métiers.


Nous analysons également si les techniques de remplacement de la tonnellerie par des moyens moins onéreux ont des chances de conduire à une substitution de qualité.


Et comme l’a très bien exprimé Jean-Pierre Giraud – Tonnellerie Taransaud : « Le plus beau compliment que l'on puisse faire à une barrique, c'est de ne pas en parler. »


Intéressant pour tous les étudiants en œnologie, comme les intervenants dans les métiers du chêne vinicole.


N.B. : Pour une lecture plus confortable, nous vous recommandons de cliquer la touche carrée "Plein écran" à disposition sur la fenêtre du livre ouvert, en haut à droite.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 00:09

La fête du travail, des bouquets de muguet à tous les coins de rue, des défilés séparés pour nos maigres syndicats de travailleurs, et moi et moi je suis à Bruxelles chez Cantillon pour la «Quintessence brassicole» link


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Afin de ne pas vous infliger une page blanche j’ai passé le manche à l’excellent PAX qui avoue humblement qu’il à « TOUT FAUX »


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Elle avait tout faux cette vénérable bouteille.


Tout faux le flacon vidé jusqu’à l’épaule


Tout faux le dépôt collé au creux de cette épaule


Tout faux la capsule congé boursoufflée et moisie


Tout faux le bouchon rétréci et auréolé de la couleur du vin coulant


Tout faux le bouchon s’émiettant sous la pression du tire-bouchon et qu’il fallut pousser dans la bouteille pour délivrer le breuvage


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Bref une bouteille qui n’aurait pas retenu l’attention d’un expert de salle de vente spécialisée plus d’un bref coup d’œil, le haussement d’épaule n’étant évité que par l’extrême courtoisie généralement affiché dans ces lieux autant pour flatter le chaland fortuné que pour intimider et tenir à distance le curieux désargenté.


Qu’aurait pu lire le probablement dédaigneux personnage dont le millésime 1954 affiché n’aurait même pas piqué, un instant, la curiosité ?

 

                                                 GRAND VIN

                                                CLOS BEARD

                                               SAINT- EMILION

                          APPELATION SAINT-EMILION CONTROLEE

 

Et en bas de l’étiquette, en dessous d’une belle gravure tirée en offset représentant « un groupe de vendangeurs dans la propriété du propriétaire »

                                       PIERRE BORIE Propriétaire


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Descendu dans la cave en ce jour d’élection, pour choisir les bulles à déguster lors de la «  soirée » (Comme dit l’adage  - à moins que ce ne soit le soldat inconnu – Il y a toujours une raison pour boire du champagne : fêter un succès ou se consoler d’une mésaventure !) je m’étais laissé à rêvasser contemplant toutes ses bouteilles que vraisemblablement je ne pourrais plus toutes boires : mais qu’importe, il y a des amis pour aider, comme dit Ophélie NEIMAN dans « Le vin c’est pas sorcier».


 

Tous ceux qui ont une cave un peu riche passent ou passeront par-là : on garde les bouteilles d’exception pour « les grandes occasions » puis, on se rend compte que « les grandes occasions » se font rares. Les enfants fêtent leurs anniversaires entre potes à l’âge ou leurs millésimes deviennent intéressants à boire ; on méconnait ses amis et on sert autre chose à table… Alors, avec l’âge, toute les occasions deviennent grandes et il suffit d’adapter le choix du vin à l’ami et à l’occasion pour, enfin, ne plus se contenter « d’avoir une cave » mais en profiter.


Et c’est comme cela que je suis tombé sur cette bouteille oubliée, avec quelques autres, abandonnées dans un coin. Elles me viennent de mon père qui m’a laissé quelque trésors « en caisse bois » mon cher ! et quelques pièces dépareillées  comme ce clos BEARD.


Débouchée avec le mal qu’on imagine, le vin servi au travers d’un chinois pour éliminer toutes les miettes de liège la surprise fut d’abord étonnante, un nez des plus agréables, franc, net, ni trop puissant ni trop fermé ni évanoui et qui se développait sereinement dans le verre INAO.


En bouche, la surprise continuait. Vite une deuxième gorgée pour s’assurer, comme cela arrive, qu’une fois ouvert le vin de cet âge ne s’évanouisse dans le verre.


Toujours la surprise : un vin rond, une belle attaque en bouche, une ampleur généreuse et une longueur satisfaisante sans compter avec une rétro-olfaction à la hauteur.


En reposant mon verre le seul commentaire me venant à l’esprit : «Encore jeune ! »


Je reprenais là un commentaire mémorable de Paul BRUNET un de mes «professeurs en œnologie ».


Paul BRUNET, enseignant à l’Ecole Hôtelière fut, deux fois, le premier «Premier Sommelier de France». La première fois (le concours concernait le meilleurs Maitre d’hôtel Sommelier de France). Il arriva premier devant Jean Paul JEUNET le chef, étoilé depuis, du restaurant éponyme  à ARBOIS. Edgar FAURE personnalité en place, grand collectionneur de mandats de l’époque et ardent défenseur de la Franche-Comté n’admit pas ce classement de telle sorte que les deux lauréats se retrouvèrent exæquo. Pour sa part Paul BRUNET « revint en deuxième semaine » et devint seul lauréat du concours du meilleur Sommelier de France l’année suivante.


Notre promotion d’œnologues amateurs forma, par la suite, un groupe d’amis curieux des vins. Des voyages furent organisés auquel participait notre maître qui nous faisait profiter de son carnet d’adresses.


C’est ainsi, qu’à l’occasion des « 3 Glorieuses » nous nous retrouvâmes dans les caves de DOUDET NAUDIN à Savigny-lès-Beaune.  Cette maison avait et garde la réputation d’être spécialisée en vieux millésimes entre autre, par les hasards de l’histoire.


Lors de la seconde guerre mondiale le propriétaire mura une grande partie de ses caves pour mettre ses bouteilles à l’abri de l’envahisseur. En 1945 estimant que « les ayant déjà vu deux fois » rien ne pressait pour ouvrir la caverne d’Ali Baba. Dix ans plus tard, vraisemblablement rassuré, il se décida, en présence de « l’administration des contributions indirectes », huissiers, gendarmes, notables et amis proches, sans oublier la presse à exhumer quelques  cinquante-cinq mille bouteilles devenus rares et précieux flacons.

 

En fin d’une déjà belle dégustation une bouteille nous fut proposée « à l’aveugle ». Sous notre puérile pression Paul BRUNET dû faire preuve de ses talents. Avec juste assez de résistance pour préserver sa modestie il se « jeta à l’eau »  et énonça après avoir sacrifié, avant chaque mot, au rituel « verre/nez/bouche » :


                - « CHAMBOLLE MUSIGNY »

                - …

                - « LES AMOUREUSES ».

                - …

                - « 1933 !»

 

Verres en main, pas d’applaudissements possibles mais de retentissants bravos et hourras  fusèrent sous les voutes de la cave.


Le calme revenu le Meilleur Sommelier de France dut commenter le vin dévoilé. En un bref, et éloquent « Encore jeune ! » il résuma parfaitement tout ce qu’il y avait à en dire.


Tout faux ma bouteille de Saint-Emilion 1954 ? Pas si sûr, après dégustation. Comme il est souvent recommandé d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain, il est déconseillé de jeter le vin avec le flacon.


La leçon de cette anecdote ? «La suite au prochain numéro » comme il est dit à propos des feuilletons et s’il plait à notre Taulier.


patrick axelroud


Strasbourg le 25 avril 2014

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 00:09

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« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l'avenir de l'homme, au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme. »


Louis Aragon - 1897-1982 - Commentaire au Fou d'Elsa - 1963


 

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« Il y a peu l’éclectique Taulier évoquait  le plaisir d’un Jean Pierre MARIELLE fasciné par le spectacle qui s’offre à la vue d’un observateur assis en terrasse de café.


Aussitôt Monsieur MOIJE de revendiquer un pareil plaisir et Monsieur PLUS de surenchérir en s’attribuant la qualité de RETROVOYEUR tout en annonçant au Taulier une éventuelle chronique. Comme je n’ai pas perdu mon permis ni beaucoup de point : la voici.


 

Durée du trajet de Lutzelhouse à Strasbourg pour me rendre à l’agence : ½ de voiture ; tout dépend de l’horaire.


En effet c’est plus souvent ¾ d’heure/1h.


Et me voilà, roulant au pas, comptant le nombre de fois que la voiture de coté m’a dépassé


Et combien de fois je l’ai rattrapé.


Mais pour éviter les carambolages, l’œil surtout fixé sur le rétroviseur (pour la voiture qui me précède  je garde toujours, même au pas, la distance recommandée  - perdre mon bonus pour un froissage de tôle, pas pour moi)


 

Ce rétroviseur, faite l’expérience, devient un écran ou la conductrice de la voiture qui vous suit, s’invite dans votre véhicule.


 

Que le spectacle commence ! Allez Mesdames : toutes en scène !


 

Attention, on ne va pas ironiser à l’aide de lieux communs et recenser les diverses manières de traiter son nez. Non, ces précieuses conductrices nous font trop rêver.


 

Il y a celle qui longuement se coiffe ou se recoiffe.


Celle qui, tout aussi longuement, joue avec ses cheveux.


Celle qui, pratique, fume fenêtre ouverte (on ne va pas enfumer la voiture et remplir un cendrier qu’il faudra vider !)


Celle qui téléphone.


Celle qui téléphone et qui fume. « Pendant ce temps qui tient le volant ? » interrogeait une affiche de la prévention routière allemande.


Celle qui dodeline de la tête avec ou sans écouteurs vissés aux oreilles.


Celle qui finit son maquillage.


Celle qui mange : l’impasse sur un petit déjeuner à rattraper ?


Celle qui porte un chapeau. Ah non, aucune femme ne porte plus de chapeau de nos jours.


Elles sortent « en cheveux » comme disait ma grand-mère. A leurs défenses, les habitacles des voitures modernes sont trop bas et il ne viendrait à l’esprit d’aucun « créatif » de prendre comme argument de vente la hauteur d’un habitacle permettant le port du chapeau !


Il y a encore celle qui marmonne, chantonne ? Allez savoir : peut-être utilise-t-elle un «  kit mains libre » ?


Celle qui affiche une étrange mais sympathique coiffure. Ah non ! C’est l’appui tête sombre qui dépasse de part et d’autre.


Celle qui tripatouille le siège passager vide : un dossier à consulter ?


Celle qui bavarde avec les enfants sur le siège arrière et ne peut s’empêcher de tourner la tête à chaque réplique.


Celle qui parle avec son passager de droite, avec le même tic.


Celles qui font l’un ou l’autre mais sans jamais quitter la route des yeux comme si un torticolis avait bloqué leurs cervicales.


Celle qui disparaît régulièrement derrière le tableau de bord apparemment occupée sur le plancher du véhicule.


Celle qui, quel que soit son âge affiche un comportement de collégienne jusqu'à ce que l’on remarque, au détour d’un  changement de file, un grand A rouge à l’arrière de sa voiture.


Celle qui affiche une tête curieuse comme si elle avait repéré votre manège. Il n’en est rien : un regard vers la voiture qui vous précède vous confirme qu’on ne peut savoir ce que le conducteur fait de son rétroviseur.

 

 

Celle dont le véhicule ne semble pas correspondre à son allure.


Celle qui, comme un mec, vous sert de près et vous fait des appels de phares insistants alors que tout est bloqué devant, sur de km.


Celle qui, désinvolte, tient son volant d’une main décontractée.


Celle qui le tient, comme appris à l’auto-école, « une main à 11h L’autre à 13h »

Celle qui porte de larges lunettes de soleil : non ce n’est pas une star égarée.


Celle qui a tiré le rideau, pardon, qui a baissé son pare soleil vous privant, certes, de spectacle, mais enflamme encore plus votre imagination : un agent secret ? un détective privé ?


Celle qui vous fait un large sourire quand vous la remerciez d’un geste de la main de vous avoir permis de changer de file …et de quitter  l’autoroute et ce spectacle jusqu’au lendemain


 

Strasbourg le 23 mars 2014

 

patrick axelroud

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:09

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J’ai hésité, l’article qui suit est publié par LE PROGRÈS AGRICOLE ET VITICOLE et est, bien sûr, protégé par un copyright mais sans vouloir minorer cette Revue de l’Académie de la Vigne et du Vin qui s’appuie sur de nombreux experts en sciences et techniques de la Vigne et du Vin, et sur son Comité de Lecture, pour publier des articles en Viticulture et dans ses domaines partagés avec l’Œnologie et la Socio/Economie, je pense que son lectorat sur le Net reste encore confidentiel.


« Le PAV est un outil de vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées, qui occupe une place originale entre d'un côté des publications scientifiques concernant seulement les spécialistes " pointus " de certains domaines, et de l'autre côté des publications techniques ou d'actualités où la caution de l'expertise est peu garantie. »


Donc si je vous le propose c’est :


1)      Pour participer à la « vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées »


2)      Vous faire connaître cette publication voir ICI les conditions d’abonnements link 


3)      Parce que cet article m’a été transmis par un vigneron ami :

 

J'ai quelques hésitations à envoyer la pièce jointe que je viens de lire dans le PAV. Si le Progrès Agricole et Viticole  existe encore. Et en plus un article de Caudwell.


Pour la petite histoire Antoine Caudwell est le spécialiste mondial de la Flavescence dorée. Dans les années 80, nos professeurs nous expliquaient qu'il avait participé à la mise au point du test Elisa pour son application aux plantes. Donc les recherches de viroses c'est aussi un peu son travail.


Simplement, le Phytoplasme qui nous concerne porte son nom: Phytoplasma caudwellii.


Ce n'est pas un avis que l'on peut écarter d'un simple revers de manche. Et cela en dit long sur l'état "scientifique" accordé à notre métier.


Bien évidemment, si l’on me demande de retirer cet article je le ferai avec regret dans la mesure où la diffusion me semble, pour un sujet aussi brulant, plus importante que la protection du droit d’auteur.

 

Qui est Antoine Caudwell ? Lire ICI link


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Extrait :


« Une cicadelle. Cela ressemble à de petites cigales. Ce sont des hémiptères qui sont peut-être dans la classification entre les pucerons et les punaises et qui sont très mobiles. Une nouvelle cicadelle d’origine américaine, Scaphoideus littoralis Ball 1 était apparue dans cette région et pouvait expliquer la propagation de l’épidémie. La cicadelle était probablement arrivée avec les bois importés d’Amérique et la maladie serait arrivée par la même voie plus tard. Je pense que la cicadelle était déjà assez répandue dans le sud de la France au moment où les bois malades ont dû être importés par de petits hybrideurs, sous forme de bois en incubation, qui ne montraient pas encore de symptômes. Par la suite, on a montré en effet que non seulement la cicadelle était américaine mais que très probablement, la maladie était aussi d’origine américaine, de la région des Grands Lacs.


La flavescence dorée présentait un phénomène rare en virologie, qui a fait l’objet de ma thèse. C’était une résistance acquise par le végétal à la suite de l’infection. Un végétal infecté montrait d’abord des symptômes très graves dans la première année. Puis l’année suivante, il était très affaibli mais ne montrait plus aucun symptôme. C’était un véritable rétablissement. Ces végétaux rétablis étaient susceptibles d’être ré-inoculés, mais les symptômes restaient alors localisés sur deux ou trois rameaux autour du point d’inoculation. J’ai étudié ce problème et expliqué que ce phénomène de localisation des symptômes était le même que le phénomène du rétablissement. Malheureusement pour l’étudier, il fallait de nombreuses années et ce n’était pas un système modélisable. Il n’a donc pas pu être pris plus tard comme sujet d’étude pour des thèses de trois ans. Ces phénomènes de rétablissement ont néanmoins apporté une méthode de lutte. Il suffisait, dès lors, de rompre le cycle du vecteur pour empêcher ses inoculations et ré-inoculations et les vignes sont “revenues à la santé”. Malheureusement, certains cépages d’autres régions ne se rétablissaient pas, ou seulement de façon irrégulière. »


Flavescence dorée : Est-il bien utile d'arracher à grand frais les ceps atteints de Flavescence dorée ? Antoine CAUDWELL

 

Lutte contre l'épidémie de Flavescence dorée: Faut-il recourir à l'arrachage des ceps atteints? Peut-on ignorer les capacités de rétablissement de la vigne? Est-il impossible de lutter contre la cicadelle vectrice avec des insecticides biodégradables?


La rareté de certains vignobles ne prime-t-elle pas? Le cas de la Bourgogne est analysé par le spécialiste Antoine CAUDWELL. Il y a matière à discussion.

 

 

Lorsque j'ai pris ma retraite en 1993 de Directeur de la station INRA de recherche sur les mycoplasmes et les Arbovirus (de Dijon), je suis parti en confiance.


La lutte contre la Flavescence dorée (FD) avait été menée avec succès en Armagnac, puis en Corse et dans le midi de la France.


Elle avait été basée sur la connaissance de l'évolution de la maladie sur les ceps malades, sur la découverte de la cicadelle vectrice et sur le cycle de celle-ci.

 

Après les symptômes très graves de la crise de première année, les ceps malades se rétablissaient spontanément et définitivement. S'il y avait réinoculation, une rechute moins grave se produisait mais elle restait localisée autour du point d'inoculation. La cicadelle Scaphoideus titanus (ou littoralis), originaire d'Amérique du Nord n'a par bonheur, qu'une génération par an et pouvait être combattue en détruisant les larves au fur et à mesure de leurs éclosions. Elle pouvait aussi être combattue, à moindre frais, par des traitements ovicides de fin d'hiver.


 

Au long des épidémies en Armagnac, en Corse, dans le midi et en Italie


Ainsi, comme prévu dès 1961la lutte contre la cicadelle empêchant les inoculations et les réinoculations de la FD, les vignobles sont revenus à la santé par suite du rétablissement spontané des vignes malades.


 

On recommandait cependant d'arracher les vignes sauvages des haies et les vignobles abandonnés qui représentaient des sources d'inoculum et des réservoirs de cicadelles.


Un groupe de travail national Flavescence dorée s'est constitué en 1986 autour de l'Institut Technique de la Vigne et du Vin et de notre laboratoire INRA. Il regroupait en outre les services de la protection des végétaux, l'ENTAV, certaines chambres d'agriculture concernées et l'ONlVlNS. Il s'attachait à propager l'information, à surveiller le bon déroulement des traitements, les évolutions de l'épidémie dans les différentes régions et à appliquer les nouveautés selon les besoins.

 

Nous pouvons citer:


  • La méthode de taille à appliquer aux ceps malades après la crise.
  • Les traitements ovicides d'hiver en Corse, puis dans les autres régions.
  • Les traitements des bois à l'eau chaude pour les porte-greffes sans symptôme ou à symptômes faibles.

 

La FD s'étant introduite et propagée en Italie du Nord, nos collègues italiens ont organisé en 1987, autour de notre laboratoire, un « Convegno sulla Flavescenza dorata della vite».


Les rapports français à ce congrès R. PLANAS (Chambre d'agriculture de l'Aude), de A. BAGARD (Directeur du CIVAM de la région Corse), de D. DOUBALS (Professeur de viticulture à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier) et de A. CAUDWELL et collaborateurs de notre laboratoire INRA de Dijon, ont montré à nos collègues italiens la parfaite unité de vue sur la pratique des traitements et la confiance réciproque qui régnait entre nous.


Le 16ème meeting de l'ICVG à Dijon en 2009 et ses enseignements


Au temps de ma vie active, je faisais partie du Comité directeur de l'ICVG, « International Council for the study of Virus and virus-Iike Diseases of the Grapevine» - et après ma retraite, on m'a désigné comme « Honorary member » de ce comité.


Ainsi, lorsqu'est arrivé le temps du 16 ème Meeting à Dijon, on est venu me chercher et on m'a demandé d'être «chairman» pour la session «Phytoplasma diseases». Les mycoplasmes des plantes étaient désormais appelés phytoplasmes. L'agent de la FD était donc un phytoplasme.


La première surprise a été de constater que si l'on additionnait les lectures et les posters, il y avait presque autant de communications sur les phytoplasmes que sur l'ensemble des autres virus de la vigne. En effet, depuis la fondation de l'ICVG en 1962, il s'était passé plusieurs décennies où notre laboratoire avait été le seul à traiter de ce type de maladie.


Tout aussi intéressant a été le fait que le rétablissement spontané des vignes malades de la FD, toujours aussi surprenant, est devenu une évidence pour plusieurs universités italiennes. Je dois citer ici une publication de l'Université de Turin:


« Les plantes rétablies ne représentent pas une source d'inoculum pour le vecteur et elles n'ont donc aucun impact sur la propagation de la FD »


Cela est venu confirmer à 50 ans de distance nos publications de 1961 et de 1964 sur ce sujet.


La préoccupation essentielle était cependant l'utilisation des nouvelles techniques moléculaires pour situer les parentés des divers phytoplasmes reconnus dans le monde: objectif bien utile que les techniques précédentes n'avaient pas pu aborder. J'ai appris ainsi que l'on avait donné mon nom au phytoplasme de la FD : Phytoplasma caudwellii.


Comment en est-on venu à rendre obligatoire l'arrachage de vignobles atteints de FD ?


L'intérêt d'un congrès est aussi de permettre la rencontre d'anciens collègnes. Les chercheurs italiens m'ont dit combien ils étaient furieux d'avoir fait arracher inutilement et à grands frais les vignes malades de la FD. Je leur ai répondu que cela ne s'était jamais fait en France. Mais rentré chez moi, j'ai voulu vérifier. En fait l'arrachage des vignes FD était devenu obligatoire en France à la suite d'un arrêté ministériel de 1994. Aucune recherche n'étant venue justifier cet arrêté, je me suis renseigné sur ce qui a pu le motiver.


J'ai eu connaissance d'une réunion du Conseil de direction de l'ONIVINS qui s'est tenue à Paris dans le cadre de la crise de la viticulture et de la prime d'arrachage. A cette réunion, des membres élus de l'Ouest audois à la chambre d'agriculture de l'Audeont demandé que l'on rende obligatoire l'arrachage des vignes malades de la FD et des parcelles très malades, de façon à enrayer les contaminations en provenance de ces parcelles. Le Conseil de direction de l'ONIVINS a été sensible à cette demande et a confié à la direction parisienne de la protection des végétaux, maître d'œuvre en la matière, le soin de rédiger un projet d'arrêté qui serait présenté à la signature du ministre de l'agriculture. Ce qui fut dit fut fait et cela a donné l'arrêté ministériel de 1994.


On s'étonne que ce qui aurait dû donner lieu à un arrêté préfectoral annuel de l'Aude soit ainsi devenu un arrêté ministériel.


Quoiqu'il en soit cet arrêté ministériel a eu des conséquences incalculables et extrêmement graves:

 

A partir de 1994, toutes les publications, qu'elles émanent de la protection des végétaux, du groupe de travail


  • «Flavescence dorée », de ce qui restait de notre laboratoire INRA ou des journalistes, ont ignoré le rétablissement spontané des vignes malades et se sont référées exclusivement à l'obligation d'arrachage des ceps malades et des par elles très atteintes. Il faut dire cependant que l'arrêté ministériel ne liait d'aucune façon le rétablissement spontané des vignes malades de la FD. Mais il a été compris aussitôt comme une négation du rétablissement. On ignore l'origine de cette déviance surprenante. Etait-illogique en effet d'arracher des vignes FD parce que l'on ne croyait pas au rétablissement, tandis qu'on y croyait pour les vignes qui n'entraient pas dans le cadre de l'obligation d'arrachage? On a donc assisté à un changement total de paradigme dans l'élaboration des méthodes de lutte, rendant celles-là beaucoup plus laborieuses et onéreuses pour le viticulteur, et entraînant souvent sa ruine.

 

  • Une plaquette du groupe de travail Flavescence dorée de 1993 bien documentée a été remplacée par une autre en 1999, éditée en de très nombreux exemplaires. Les données antérieures y ont été «truquées » en fonction de la négation du rétablissement sans xpérimentation préalable. Ainsi en page 8, le schéma du cycle de la FD que j'avais publié en 1968 (Vitis 7, p.145), puis à nouveau dans le BTI (n0316 de 1977) et encore en 1989 dans la Revue Suisse de Viticulture (Vo121 (3» (figure 2) a été modifié en supprimant le établissement des ceps malades. C'est à souligner car c'est le seul cas connu où un résultat scientifique a été modifié par un arrêté ministériel. En page 10, sous le titre «Evolution de la maladie », on ne trouve pas un mot sur le rétablissement spontané des ceps malades. En dernière page, parmi les « bonnes pratiques », se détache en grands caractères: « arrachage de tout cep contaminé ». On se demande si toutes les personnes présentées comme coauteurs de cette plaquette de 1999 auraient eu au moins la possibilité d'en faire la lecture. 

 

  • L'édition elle-même en a reçu le contrecoup. Deux volumes d'une édition spécialisée traitant du problème ont donné comme référence presque unique: «Groupe national de travail sur la Flavescence dorée, 1999 », c'est-à-dire en clair la plaquette de 1999, elle-même dépourvue de toute référence bibliographique.
  • Enfin, la France ayant le triste privilège d'être le modèle pour ce qui concerne la FD, les obligations d'arrachage ont été étendues à toute l'Europe, à l'Italie en particulier (6).

 

La Bourgogne pourra-t-elle  supporter.les « obligations» d'arrachage?


La Flavescence dorée est entrée en Bourgogne par la Saône-et-Loire. On a compté Il hectares arrachés l'année dernière à Plottes dans ce département « pour arrêter l'épidémie». Arrivera-t-on à 22 hectares cette année, pour quel avenir?


Il est inquiétant de constater que l'épidémie de FD en Bourgogne sera la première en France à se trouver soumise à l'obligation d'arrachage. Mais la Bourgogne n'est pas l'Ouest audois :

 

  • Par quoi va-t-on remplacer les hectares arrachés? La Bourgogne n'a pas comme l'Aude des terroirs disponibles.

 

  • Va-t-on remplacer sur place les ceps « rétablis» et donc partiellement résistants et susceptibles de redonner une récolte après une ou deux années par de jeunes plants que l'on sait extrêmement sensibles et qui demandent 4 ans pour redonner une récolte s'il ne sont pas entre temps à nouveau contaminés?

 

  • Le vignoble bourguignon compte de très nombreux petits vignerons qui vont devoir abandonner leur terre si on les oblige à arracher une partie ou la totalité de leur vignoble. Qui s'en soucie?

 

La Bourgogne aurait besoin de mesures préventives telles que les traitements ovicides d'hiver. Mais ceux-ci n'ont pas été actualisés à la suite de l'interdiction des esters phosphoriques.

 

Conclusions


En un temps où s'étale la détresse paysanne, où les ministres de l'agriculture soulignent qu'il faut gagner en productivité, que le coût du travail est trop élevé, on fait arracher inutilement les vignes et parcelles malades en oubliant la chance de leur rétablissement spontané.


Entre temps, au nom de dogmes parfois contradictoires:


  • On a supprimé le Service de la Protection des Végétaux et sa précieuse implantation au Nord de Beaune pour le fondre au sein d'un « Service de l'alimentation».

 

  • Du coup, les avertissements agricoles ont été supprimés pour le plus grand profit des firmes phytosanitaires.

 

  • Le laboratoire INRA de Dijon, seul en France à travailler la FD et le Bois noir a été fermé contre l'avis de tous les organismes concernés de France, de l'étranger et le mien: aucun tuilages des connaissances, abandon des acquis, des sondes ADN, des anticorps monoclonaux, des élevages de cicadelles. J'ai eu l'occasion de m'en expliquer au cours d'une interview qui m'a été demandée en 1996, 3 ans après ma retraite.

 

C'est ainsi que même la mémoire a disparu.


Il reste pourtant du travail à faire. Qui s'occupera d'actualiser les traitements ovicides, en remplaçant l'oléoparathion désormais interdit par des insecticides qui ne nécessiteraient peut-être pas une longue rémanence. La chose pourrait intéresser nos amis « bios » ou « biodynamistes » qui pourraient peut-être trouver un « oléo pyrèthre» qui leur éviterait d'être accusés de laisser l'épidémie de FD envahir leurs terres.


Nous avons en son temps étudié le comportement de la FD chez deux ou trois porte-greffes (8). Mais pourquoi n'a-t-on pas étudié en ce sens les autres porte-greffes? On s'est contenté de généraliser... oralement !


Etc...

 

Faut-il vraiment arracher ? Journal de la Saône-et-Loire link

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 10:00

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Mais qui donc a racheté la vénérable maison Cruse, sise quai des Chartrons, à Bordeaux, lorsqu’elle fut emportée, dans les années 70, au milieu d’un vignoble bordelais sur le point de sombrer ? En effet, ce n’était pas la joie en ce temps-là, assommé par la crise, une consommation sous l'éteignoir, deux mauvais millésimes, un effondrement des cours de 80% et, pour couronner le tout, le scandale Cruse: la vente de vins venus d'ailleurs sous l'appellation bordeaux.

 

La Société des Vins de France de Paul Crémieux elle-même tombée dans l’escarcelle du groupe Pernod-Ricard lors des ennuis judiciaires de son fondateur en Allemagne.

 

Et qui c’est qui a travaillé à la Société des Vins de France en 1986 ?

 

Votre Taulier bien-aimé qui ainsi a vendu beaucoup de grands crus classés via sa filiale Cruse.

 

Pourquoi donc évoquer ce souvenir ?

 

Deux raisons :

 

-        Rappeler à certains que Bordeaux ne se réduit pas à la bulle des GCC, et que la crise fait partie du paysage de ce grand vignoble ;


-        Ce qui suit : bonne lecture et merci à Pax…


 

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Lorsque le Taulier m’a fait l’honneur et le plaisir de publier mon commentaire le 16 février dernier il pronostiquait, le lendemain, que je ne tarderai pas à repiquer au truc. Perspicace il avait, à la fréquence et au nombre de mes commentaires, deviné le graphomane doublé d’une mouche du coche qui sommeillait en moi.

 

Alors, allons-y.

 

Comment en suis je venu à fréquenter avec assiduité cet Espace de liberté « Vin&Cie » (évoquer une assiduité est certainement en dessous de la réalité ; un observateur attentif parlerait sans risque de trop se tromper, d’addiction, comme on dit aujourd’hui.) ? Je n’en ai plus la moindre idée et ma vieille amie Elsa HEIMMER n’y est pour rien.

 

Ado rêveur et solitaire, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la littérature je choisissais mes livres de poche en fonction de la couverture. C’est ainsi que j’ai découvert, et lu, tout Félicien MARCEAU parce que les couvertures de Bergère Légère et de Capri petite île m’enchantaient et me laissaient songeur. Le « contenu » se révélant à la hauteur du « contenant » je devins fan de l’auteur et suivait son actualité. Dès qu’il parlait de quelque chose ou de quelqu’un je filais voir de quoi il retournait. Quand son actualité recoupait la mienne je me trouvais conforté dans mes choix et bien sur « le roi n’était pas mon cousin ».

 

C’est ainsi, de fil en aiguille, qu’on acquiert un bagage qui participe à la création de votre univers.

 

Pour l’instant, pas de souvenir, permettant de remonter au début de ma fréquentation du blog du Taulier. Cela reviendra sans doute et ce sera peut être l’objet d’une prochaine chronique qui sait ? Pour le moment laissons le temps au temps et puis souvenons nous que Marcel a mit plusieurs tomes pour retrouver le sien. (hi,hi,hi) Alors, patience, patience.

 

En revanche, je sais très bien comment j’en suis venu au monde du vin. Mais laissons la parole à Pépé qui va raconter ses campagnes.

 

Dans les années 60 c’est le théâtre qui était à la mode et qui faisait de vous quelqu’un si vous pouviez vous pâmer en évoquant le TNP ou le Festival d’Avignon. Puis la société évoluant vers le matérialisme et le consumérisme c’est la photo, du moins le matériel qui faisait de vous quelqu’un à qui on ne la fait pas. On traversa également une période caméscope ; ces deux phénomènes créant autant d’occasion pour cultiver sa misanthropie et choyer sa solitude afin d’échapper aux soirées diapositives ou films de vacances des uns et des autres. N’étant jamais à une goujaterie près, je me suis régalé. N’oublions pas le phénomène Hifi est ses platines, amplis, tuner et autres enceintes qui permettait de parler de puissance, de basse sans jamais écouté le moindre disque.

 

Gourmant par nature j’ai été moins insensible à la naissance de la « Nouvelle cuisine » de Gros et Nigaud que  le côté star et gourou  discréditait à mes yeux. Avec quelques copains on émargeait les livres d’or des restaurants décevants en signant ainsi rajoutant le qualificatif «escrocs en gros» (Depuis le potache est revenu à de meilleurs sentiments et a pris grand plaisir à lire les ouvrages de Christian Millau, qu’ils concernent la littérature, l’histoire ou la gastronomie : « Dieu est il gascon ? »

 

Avec la bouffe s’est également développé la soif et les délires sur le vin. Mon bagage familial se limitait aux bordeaux de la vénérable Maison CRUSE, aux vins d’Alsace du Domaine GEISBERG, de mémoire, propriété des Papeteries de KAYSESBERG et du Vouvray pétillant de Marc BREDIF ainsi que du champagne POL ROGER. Au passage rappelons la déconfiture de CRUSE, ce chartron historique, qui sombra dans un scandale de fraude montrant par la que la viande de cheval dans des lasagnes au bœuf n’avait vraiment rien de neuf ce qui en bon ado révolté je ne me privais pas de moquer les certitudes de mon père.

 

Soif de découverte, je testais d’autres breuvages toujours en fonction de choix ou l’on chercherait en vain une raison logique voir cohérente. C’est ainsi que je tâtais du chablis dont le « kimméridgien » du sol m’intriguait autant qu’il me laissait entrevoir un monde ignoré, ou encore le fabuleux vin jaune et le mystère de sa capricieuse élaboration.

 

Je m’instruisais aussi. Mon premier ouvrage fût, en poche, le passionnant « Guide du Vin » de Raymond DUMAY que je recommandais autour de moi en précisant que cela ce lisait comme un roman policier.

 

Avec mon petit bagage je ne me retrouvais pas dans les écrits et discours sur et autour du vin.

 

J’ai voulu en avoir le cœur net et savoir si ce sabir auquel je ne comprenais rien correspondait vraiment à quelque chose qui méritait d’être approfondi. Je me suis mis en marche.

 

Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…

 

Patrick Axelroud

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