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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 00:09

Les vieux font de la résistance, avec talent comme l’ami Michel Smith dans la revue 180°C#3 lorsqu’il nous livre, d’une belle plume, un beau portrait de Noëlla Morantin vigneronne en Touraine. Mais n’allons pas plus vite que la musique (infernal galop d’Offenbach), je chroniquerai un de ces 4 sur le terroir ligérien cher au Michel après lecture attentive de sa contribution à la revue.


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Ce matin c’est d’une autre femme dont je vais vous parler : Catherine Griot 1ière productrice de fourme de Montbrison bio.


Pour plein de raisons, la première pour envoyer paître ceux qui passent leur temps à vilipender les parigots en affirmant qu’ils sont des gens d’en haut qui ne comprennent rien aux gens d’en bas ; la seconde c’est que j’ai un faible pour la fourme de Montbrison voir « modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison » link  et  « Les Monts du FOREZ : ses vins, son lait, sa fourme de Montbrison… le taulier reprend du collier » link ; la dernière c’est que j’aime les belles histoires et celle que raconte Philippe Toinard dans 180°C, avec de splendides photos d’Éric Fénot, en est une.


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Le grand-père de Catherine Griot, son père fabriquaient, à l’époque sous l’appellation « Fourme d’Ambert et de Montbrison » héritiers de l’époque lointaine des jasseries où pendant la saison d’estive, les femmes des éleveurs « montaient avec leur fille aînée accompagnés de leurs troupeaux de race Ferrandaise. Une race authentique d’Auvergne, blanche avec de grandes taches rouges, qui fut en voie de disparition il y a une trentaine d’années et qui aujourd’hui, bien que sauvegardée, n’est plus très visible sur l’aire d’appellation de la fourme de Montbrison. »


« … elles fabriquaient et affinaient de 120 à 500 fourmes entre le 6 juin jour de la Saint Claude, et le 4 octobre jour de la Saint-François. Elles descendaient ensuite dans la vallée les vendre sur le marché de Montbrison. »


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Catherine elle aussi vend ses fromages « sur les marchés de la région : Boën le vendredi, Montbrison le samedi et Saint-Just-Saint-Rambert le dimanche » mais son histoire est celle d’une passionnée. En 1983, elle reprend la suite de l’exploitation, « elle produisait à l’époque essentiellement des briques du Forez et rigottes. » Et puis les aléas de la vie, en 2004 elle quitte la maison pour se faire aide-soignante à l’hôpital de Boën et pendant 7 ans elle sillonne la région pour aider médicalement les personnes âgées. En 2001, elle décide de « revenir à ses premières amours, la fourme, la brique, le vachard et la rigotte. »


C’est cette histoire que conte avec justesse Philippe Toinard. Si vous souhaitez la découvrir il vous suffit d’acheter la revue 180°C#3 trimestrielle 19,90€.


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J’aime beaucoup la question que pose Catherine aux anciens « les vaches doivent-elles manger des genêts ou des pissenlits pour obtenir une pâte plus jaune ? »


Et puis il y a Jacques l’ancien de Forez-Fourme devenue après la liquidation l’Entreprise laitière de Sauvain…


Il y a aussi, Stéphane Griot, le cousin éleveur bio installé à Saint-Bonnet-le-Courreau qui fournit à Catherine « les 600 litres de lait bio entier non pasteurisé qui lui permettront de produire des fourmes mais aussi ses fameuses rigottes, son vachard et sa brique du Forez. »


Au bout de l’envie, Catherine participe « à la préservation d’un savoir-faire fromager dont on sait qu’il existe dans la région depuis le IXe siècle. Mais surtout, en ajoutant ses fourmes à l’édifice, elle concourt  à la sauvegarde d’une appellation que l’on peut considérer en danger avec seulement 5 fabricants et une mainmise effrayante des industriels. »


En voilà un pluriel bien singulier cher Philippe Toinard, car il a un nom LACTALIS.


Bon Michel au boulot, qu’est-ce que tu nous conseilles comme nectar de Noëlla Morantin avec une tranche de fourme de Montbrison de Catherine Griot sur une « bechée » de pain ? Pour te donner du coeur à l'ouvrage je t'offre un p'tit coup d'Offenbach.


Pour en savoir plus sur fourme de Montbrison bio de  Catherine Griot link


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Contact :

Fromagerie la griotte

Les aubépines

42990 Sauvain

Tél : 04 77 76 84 67

Mails : fromagerielagriotte@orange.fr

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:44

Comme chacun le sait, moi le premier, je suis une grosse fainiasse qui publie tout et n’importe quoi rien  que pour se faire mousser. Sauf que j’ai pratiqué la maison Agriculture, au 78 rue de  Varenne, en poste de responsabilités, et ce faisant je revendique ma part de responsabilité sur le sujet des pesticides, et que je sais lire.


Je vous propose de lire, pour ceux qui en ont le temps, un article de la revue Agreste « PRODUITS PHYTOSANITAIRES ET PROTECTION INTÉGRÉE DES CULTURES : L’INDICATEUR DE FRÉQUENCE DE TRAITEMENT »


En ce qui concerne les pesticides, parmi les indicateurs utilisables à une échelle nationale en France jusqu’à maintenant, on peut citer :


● la « quantité totale de substances actives vendues en une année », publiée chaque année par l’UIPP, puis par les pouvoirs publics à partir de 2009 ;


● « le nombre de traitements réalisés au cours d’une campagne culturale », calculé tous les cinq ans pour les principales cultures à partir de l’enquête « Pratiques culturales » présentée plus en détail dans cet article ;


● la « superficie développée » (multiplication de la surface traitée par le nombre de traitements reçus), utilisée notamment dans les méthodes de diagnostic agroenvironnemental des exploitations agricoles ;


● la « proportion des points de mesure sur lesquels des pesticides étaient détectés » ou « la fréquence de dépassement des normes concernant l’eau potable », indicateurs publiés chaque année dans les bilans IFEN.


Les limites de ces différents indicateurs, présentées dans cet article, ont conduit le ministère français de l’Agriculture et de la Pêche a développer un nouvel indicateur, l’indicateur de fréquence de traitement (IFT), en s’appuyant sur une étude de l’INRA (Champeaux, 2006 et 2007) et en s’inspirant de l’expérience danoise (Gravesen, 2003). Ccet indicateur de « pression phytosanitaire », s’il ne décrit pas directement le risque potentiel pour l’environnement, permet d’orienter les actions publiques visant à promouvoir une agriculture économe en produits phytosanitaires et d’en évaluer directement l’efficacité. Cet indicateur viendra utilement compléter les indicateurs décrivant l’état des masses d’eau. C’est également en s’appuyant sur cet indicateur que seront bâties les mesures agroenvironnementales territorialisées du nouveau programme de développement rural hexagonal (PDRH 2007-2013),incitant les agriculteurs à réduire leur utilisation de produits phytosanitaires.


La première partie de cet article précise les risques liés à l’utilisation des pesticides, aborde les actions permettant de les limiter et les indicateurs actuellement utilisés dans le domaine des produits phytosanitaires. La seconde décrit l’indicateur de fréquence de traitement, présente les premiers résultats obtenus pour cet indicateur à l’échelle nationale et en propose quelques perspectives d’utilisation en termes d’évaluation des politiques publiques. Enfin, la troisième partie décrit les mesures agroenvironnementales conçues à partir de cet IFT et proposées aux agriculteurs au cours de la période de programmation 2007-2013.


1. Vers une réduction du recours aux produits phytosanitaires


1.1. Une prise de conscience des risques liés aux pesticides


Les produits phytosanitaires, ou pesticides, ont essentiellement pour objet de lutter contre les bioagresseurs des cultures (tels que les adventices, ravageurs, maladies). La France occupait en 2004, en quantités de substances vendues, le 3e rang mondial sur le marché des produits phytosanitaires et le premier rang européen (76 100 tonnes de substances actives vendues dont 90 % pour les usages agricoles). La France est également le plus gros consommateur de pesticides de l’Europe des 15. Si l’on ramène cette consommation à l’hectare cultivé (hors prairies permanentes), la France, avec 5,4 kg/ha, arrive en 4e position, derrière le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique (Aubertot et al, 2005).


Au-delà de leur rôle en matière de lutte contre les adventices et autres organismes nuisibles pouvant affecter la quantité et la qualité des produits agricoles, l’utilisation de ces pesticides peut engendrer des risques directs ou indirects pour l’homme (l’utilisateur et la population en général dont l’exposition se fait par l’air, l’eau et l’alimentation) et les écosystèmes (biodiversité, qualité de l’eau).


L’utilisation des pesticides constitue aujourd’hui un enjeu de société majeur mis notamment en exergue par les résultats de l’expertise scientifique collective conduite par l’INRA et le CEMAGREF (Aubertot et al., 2005). Conscient de l’importance de cet enjeu, le gouvernement français a publié en juin 2006 un plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides (PIRRP 2006-2009)5. Ce plan :


● constate une contamination préoccupante et généralisée des eaux par les pesticides :


- leur présence est détectée dans 80 % des stations de mesure en eau superficielle et 57 % en eau souterraine ;


- requis pour 2015, au titre de la directive cadre sur l’eau, le bon état écologique et chimique n’est actuellement considéré comme atteint que pour un tiers des cours d’eau et la moitié des eaux souterraines ;


- 99 % des analyses réalisées sur l’eau distribuée sont conformes aux normes en matière de teneur en pesticides ;


- toutefois, 9 % de la population française ont été alimentés en 2003 par une eau du robinet dont la qualité a été au moins une fois non conforme aux normes en matière de pesticides ;


● relève la présence de certains pesticides dans d’autres compartiments de l’environnement : les sols (avec par exemple une rémanence forte d’organochlorés interdits depuis


● souligne que des études épidémiologiques décèlent des effets potentiels des pesticides sur la santé humaine qui peuvent être chroniques (avec par exemple des malformations congénitales, des cancers, des lymphomes) ou bien aigus, mais sans qu’il soit systématiquement possible de prouver le lien de causalité : à titre d’exemple, on constate que les agriculteurs ont moins de cancers que les autres catégories de population, mais qu’il existe un risque accru pour certains cancers spécifiques.


Ces éléments montrent la nécessité :


● d’une part, d’agir sur les produits et les pratiques agricoles pour diminuer l’usage, la présence et les impacts des pesticides,


● d’autre part, de disposer des éléments scientifiques concernant ces produits et leurs impacts, pour mieux connaître leurs effets potentiels et contribuer à les prévenir.


La suite ICI link

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:00

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Pas grand monde !


Normal du côté des consommateurs car ceux qui pratiquent le «rafraîchissement» d’un millésime n’ont aucune obligation de le mentionner sur leur étiquette.


Plus étonnant c’est de lire sous la plume d’un éminent expert, JM Quarin que « Le rafraîchissement d’un millésime avec un autre est un droit semble-t-il européen depuis 2003 (mais certains disent 2005 ou 2009) dans la limite de 85% du millésime indiqué sur l’étiquette et 15% d’un autre (voir sur Internet l’entrée en vigueur du règlement 753-2002).


S’agit-il d’un droit à rafraîchir avec le dernier né le millésime précédent ou à mettre des vins plus anciens dans le plus jeune, ou les deux ? J’avoue qu’à ce stade, je n’ai pas trouvé la réponse précise. Elle s’éclairera avec les réactions à venir. »


C’est pourtant simple comme 2 clics :


-          Règlement (CE) n° 753/2002 de la Commission, du 29 avril 2002, fixant certaines modalités d'application du règlement (CE) n° 1493/1999 du Conseil en ce qui concerne la désignation, la dénomination, la présentation et la protection de certains produits vitivinicoles link

 

Vins de table avec indication géographique et « v.q.p.r.d »

 

L'étiquetage de ces produits peut comprendre, outre les informations obligatoires prévues pour les vins de table, d'autres indications telles que:

 

-          l'année de récolte. Pour que cette donnée puisse être incluse, au moins 85% des raisins ont dû être récoltés dans l'année indiquée.

-           

-          Site de la DGCCRF Étiquetage des vins - 17/03/2014 Les mentions figurant sur l’étiquette répondent à plusieurs objectifs : donner aux consommateurs des critères de choix, leur fournir une information loyale favorisant la concurrence équitable, protéger leur santé et établir la traçabilité des produits.


Il existe deux catégories de vin : les vins sans indication géographique (VSIG) qui correspondent aux anciens vins de table et les vins avec indication géographique (IG).


Les vins avec IG sont astreints à des conditions de production rigoureuses inscrites dans leurs cahiers des charges.


Ils se répartissent en 2 groupes :

  • les vins avec indication géographique protégée (IGP) ;
  • les vins avec appellation d’origine protégée (AOP).

 

Les mentions non obligatoires mais réglementées

 

Millésime et cépage

 

La mention du millésime exige qu’au moins 85 % des raisins utilisés aient été récoltés pendant l’année considérée.

 

De même, les noms des variétés de vigne peuvent être mentionnés si le produit concerné est issu à 85 % au moins de cette variété et en cas d’emploi du nom de deux ou de plusieurs cépages de 100 % de ces variétés.


Ensuite il suffit de savoir lire pour comprendre que les 15% de vins, si tant est que l’on utilise la plein les 85%, doivent provenir de la même appellation bien sûr, le millésime importe peu à la condition d’en disposer en stock à la propriété, pour le négoce l’amplitude est plus importante.


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Mais je n’étais pas au bout de mes peines puisque JM Quarin, toujours aussi approximatif, mêlait affirmations et interrogations :


« Cette règle avantageuse permet surtout à la masse des nombreux petits producteurs de lisser la qualité mise en bouteilles d’une année sur l’autre. Mais ce droit existe aussi pour les crus célèbres. L’utilisent-ils ?


Probablement en cas de nécessité. Cependant, le contrôle de ces règles semble très exigeant.


En réalité quand on possède deux millésimes en même temps dans un chai, je ne vois pas ce qui empêche, en toute discrétion d’échanger des barriques de l’un pour des barriques de l’autre. Et bien malin qui pourra le deviner. Quoi que ! Pensez à la canicule de 2003 et surprenez-vous à trouver des 2003 frais. Il se pourrait qu’une piste s’ouvre… »


Étonnant non !


Sans commentaire…


Les réponses des intéressés, propriétaires ou responsables de châteaux du haut du panier, sur cette question du rafraichissement du millésime, sont intéressantes.link


Enfin, pour l’estoc, JM Quarin règle ses comptes, avec une certaine pertinence et une once méchanceté, vis-à-vis de ses collègues de la presse du vin


Le hiatus de la presse du vin


« Du côté des médias, je suis surpris par la hauteur des notes attribuées. Globalement elles situent le millésime à un niveau plus élevé qu'il ne l’est ce qui n'a pas manqué de surprendre les propriétaires eux-mêmes !


Pour une fois que ces derniers gagnaient en sagesse les voici poussés vers le haut par les commentateurs. Il ne fait aucun doute que ces notations élevées, même surévaluées, influencent le prix à la hausse. Paradoxalement pas grand-chose ne se vend !


Parmi ce soutien quasi institutionnel au millésime, je distingue une presse qui a d’abord pensé à sauvegarder ses budgets publicitaires pour les prochains mois. Puis une autre plus candide et franche qui a aimé ces vins légers faciles à être appréciés jeunes. En effet, à cet âge il est plus facile d’apprécier les vins déconcentrés que denses. Or, pour tenir l’élevage il leur faut du coffre et on est encore loin de la mise en bouteilles.


Quant aux notes en valeur relative, leur utilisation n’est que de la poudre aux yeux. Seules les notes en valeur absolue révèlent une tendance de fond sur la qualité du millésime. Seulement leur production oblige à un travail de suivi, de comparaison, bien plus compliqué à bâtir en terme de volonté, de temps et de compétence. »

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 00:09

XXI

 

C’est quoi la revue XXI ?


J’ai chroniqué sur elle le vendredi 28 janvier 2011 « On avait le vin dans le sang » André Féral un des derniers français d’Algérie par Géraldine Schwarz dans XXI »link


« La revue XXI, trimestriel à la frontière du livre et du magazine, plaide pour un « autre journalisme », sans publicité et « utile », dans un manifeste publié dans son 21e numéro à l'occasion de son cinquième anniversaire le 10 janvier (c’était en janvier 2013).


« Et s'ils avaient tort ? Et si la conversion numérique était un piège mortel pour les journaux ? » se demandent en introduction du « Manifeste XXI », Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les fondateurs de cet objet journalistique non identifié devenu une référence du genre.


Vendue 15,50 euros, uniquement en librairie ou sur abonnement et ne comptant aucune page de publicité, XXI a rencontré le succès dès sa sortie et est bénéficiaire.


La revue est diffusée à 50 000 exemplaires en France. Sur 200 pages, auteurs, photographes, illustrateurs et dessinateurs racontent « l'information grand format ». Son modèle a fortement inspiré d'autres publications du même type (Hobo, We demain).


Et si les chiffres mirobolants des pages vues et les audiences faramineuses des titres de presse transformés en « marques médias » étaient un leurre ?


Ils constatent notamment que « la figure du journaliste assis derrière son écran » qui « agrège, trie, commente et nourrit la conversation » s'est imposée dans un monde où, « au bout de deux heures, une information est considérée comme old, démonétisée ». Malgré les « mutations perpétuelles » et les « solutions miracles » avancées par les éditeurs de presse à « chaque saison », la mutation numérique est un « gouffre » financier, jugent les auteurs.


La suite ICI link


Qui est Michel Bessaguet ? link


« Journaliste depuis 1979, j’ai fait escale au VSD de Maurice Siegel, puis jeté l’ancre à Géo où, chef de service, j’ai été soucieux de la fragilité des pigistes, frères de plumes, qui ont eu l’élégance de ne pas remarquer la mienne. J’ai enseigné en dilettante et fini par faire mien ce propos de Jean-Paul Dubois : « Je n’aime guère parler et pas davantage poser des questions. Je préfère me faire oublier, me fondre dans le décor, regarder la forme des choses et le contour des gens, les observer, les écouter tandis qu’ils racontent le bruit de leur vie. »


Il écrit à propos de son enquête « … j’ai grandi autour du bassin d’Arcachon, à cinquante kilomètres de Bordeaux, sans jamais soupçonner que le vin que j’aime boire nécessitait tant de labeur pénible. Dans un milieu où dominent fierté du travail et omerta sur ses pratiques, Marie-Lys Bibeyran a choisi de me parler pendant une année entière, le temps que la confiance s’installe, que l’estime réciproque mûrisse et que son seul courage m’en donne assez, pour ne pas renoncer devant les obstacles, les mensonges, les lâchetés. Son énergie, face aux brimades qu’elle continue à subir, sa dignité à dissimuler le chagrin qui la torture, son combat contre la catastrophe sanitaire à venir font de Marie-Lys Bibeyran un modèle d’humanité qui justifie, à lui seul, l’existence du beau métier dont j’ai fait ma vie. »


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LA VIGNE DANS LE SANG


« Dans le Médoc, on vit avec la vigne. Elle est partout, étalée en damier, belle et paisible, dominée par les châteaux des grands crus. Mais les vignobles ont un prix : les pesticides, déversés en masse, sont un poison pour les cultivateurs. À Listrac, Marie-Lys Bibeyran brise la loi. Le journaliste Michel Bessaguet raconte son combat dans le dernier numéro de XXI. »


Qui est Marie-Lys Bibeyran ? link


« … 35 ans, ouvrière viticole, qui ferraillait pour faire reconnaître la maladie professionnelle de son frère, Denis, par la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et le tribunal des affaires de Sécurité Sociale (Tass). Denis, ouvrier viticole, était mort à 47 ans, le 12 octobre 2009, d’un cholangiocarcinome. Ce cancer avait été causé, selon sa sœur, par la manipulation depuis l’âge de 14 ans de pesticides, nom commun regroupant les fongicides, insecticides et herbicides utilisés dans le traitement de la vigne. »


Je vais me contenter de citations pour vous inciter à lire ce texte qui est un vrai travail d’investigation  de journaliste. Il rejoint mes propres préoccupations abordées dans une récente chronique La vigne, le vin, la santé : attention aux effets boomerang ! link


« Non, aucun ouvrier viticole ne vous parlera. Je ne peux pas vous donner le nom de mon employeur, parce que je le respecte et qu’il me laisse faire. Jamais de remontrances. Je ne peux vous donner presqu’aucun nom, même pas celui de mon compagnon. Ici, vous savez, on ne dit rien de son mal. Non seulement vous êtes malade, mais on vous demande de vous taire. »


Un toubib taiseux « Hier, il a reçu un ouvrier viticole qui se plaignait de maux de tête, nausées et saignements de nez. Il avait pulvérisé. Le généraliste a demandé : « Avec quel produit ?


-          Ch’ais pas. Y avait une tête de mort sur le bidon, c’est tout »


Journal de Marie-Lys « Je travaille sur vingt hectares éparpillés sur la commune de Listrac ; nous sommes donc au milieu  de plateaux comportant des parcelles appartenant à des dizaines de propriétaires différents. Ils traitent un jour les vignes larges ; l’autre les vignes étroites. Il nous arrive donc  de changer de parcelle plusieurs fois dans la journée parce qu’on  se retrouve face à face avec un tracteur qui traite dans notre proximité ! Est-ce que vous imaginez devoir inhaler ce mélange sans mot dire, subir cette mise en sursis de votre santé pour 115 euros mensuels ? Est-ce que vous imaginez la culpabilité s’abattre sur vous, lorsque vous  rentrez chez vous le soir, à l’idée de transporter toutes ces molécules sur vos vêtements, vos cheveux, votre peau, en imprégner vos enfants ? »


« 26 septembre, photos prises dans les vignes de Listrac. Nous ne sommes plus qu’à huit  jours des vendanges et ça pulvérisait dur aujourd’hui. Au moins trois tracteurs encore cet après-midi. Un grand château listracais qui vendangeait vendredi pulvérisait encore mardi ! Un bon jus de tébuconazole, d’imidaclopride à venir… »


24 juillet 2010 52 km contre la montre du Tour de France entre Bordeaux et Pauillac, « dans le beau décor des vignobles taillés aux ciseaux de coiffeur » les camping-cars sont là « C’était incroyabl, des centaines de familles attablées, ripaillant, pastis en main, et juste derrière eux, les tracteurs qui pulvérisaient à  plein nuages. Ils en ont pris plein les poumons sans broncher ! Si j’ose dire » déclare le toubib susnommé.


Alain Garrigou, enseignant chercheur au département Hygiène, Sécurité à l’IUT de Bordeaux 1 auditionné par le Sénat en 2012 ( il explore depuis  10 ans les combinaisons de protection des ouvriers viticoles, les gants, les masques, les cabines « étanches » des tracteurs pulvérisateurs et les outils d’épandage.


« Il n’existe pas de combinaison qui protège de tout. Les industriels savent filtrer que les grosses particules, pas les aérosols. Le passage de pesticides dans la combinaison s’effectue en dix minutes, ils s’accumulent à l’intérieur de celle-ci. La conception du matériel « cabine » réinstallé sur le tracteur est aberrante. Les gants qui manipulent les mélanges des produits à l’extérieur contaminent ensuite tout l’intérieur du tracteur. La matière de la combinaison n’a jamais été testée aux produits phytosanitaires. »

 

À noter « le coût humain des pesticides : comment les viticulteurs et les techniciens viticoles français font face au risque » de Christian Nicourt de l’INRA-Yvry-sur-Seine ICI link


Témoignage « Avant tu remuais les produits, je te jure, même moi… Tu prenais des gouttes de partout, mais les gens s’en foutaient. À la limite, plus tu t’en foutais partout, plus tu étais une référence… Mais plus vous traitez, plus vous arrivez avec le tracteur bleu comme un Schtroumpf, et plus, pour le monde viticole, vous étiez quelqu’un de bien. Et c’est ancré, ça. Ça c’est un truc qui est encore là… (40 ans, 20 ha PO).


Denis par sa sœur Marie-Lys il « avait la vigne dans le sang ; outre son boulot de salarié pour un patron viticulteur, il possédait comme beaucoup quelques arpents qu’il cultivait avec un incurable amour. Pour boire son propre vin, son vin de table à lui, fait de la magie de ses mains.


Denis ne prenait jamais de vacances, il n’osait pas s’éloigner de ses rangs de ceps. Et il « bombardait » ses raisins comme l’avait fait son père et son grand-père avant lui, et tous les autres dans la région. Car ici, quand on est pas né de famille de viticulteurs, on n’est pas intégré. Et on ne parle pas aux étrangers »


Lisez absolument !


Et qu’on ne vienne pas me dire que je prends parti, je demande simplement que l’on aborde de front le problème « de la France des terroirs, championne d’Europe de la consommation de pesticides : 62 00 tonnes, dont 20% pour la vigne, + 2,7% » C’est tout, mais c’est beaucoup.


Pour info :


-          Le chapitre 19 du « petit livre sale » VinoBusiness (dixit un bedeau qui fréquente plus les châteaux que leurs vignes) d’Isabelle Saporta  « Victimes des pesticides » link


-          Le roman d’Éric Holder Bella Ciao ma chronique du vendredi 2 octobre « Les mots du travail de la vigne : les oubliés... » link

 

- journalistes du vin vous avez dit journaliste, hormis le camarade Michel Smith qui courageusement met les pieds dans le plat C’est décidé : par principe, je veux boire naturel ! link c'est morne plaine...


-          Retenez cet acronyme : l’UIPP, un poids lourd du lobby agricole…


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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 00:09

« … la chair et la chère ont toujours fait bon ménage. Dans les romans érotiques chinois, les soirées de débauche commencent souvent par un banquet, et n’ont généralement pas besoin d’autre détonateur. Quel meilleur stimulant en effet que des petits plats mitonnés avec amour, agréables à l’œil autant qu’au palais, accompagnés de breuvages choisis et savourés en bonne compagnie ? »


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Volupté à la chinoise « Les bateaux à fleurs sont une des plus charmantes inventions du génie chinois (…). Ces bateaux sont les antres du plaisir. De jeunes femmes, rappelant par leur beauté et la mollesse de leur vie de courtisanes de l’Ancienne Grèce, y tiennent commerce permanent de galanterie. On les aperçoit rarement. Elles vivent dans l’espace caché par les portières de soie ; c’est là que s’accomplissent les doux mystères… » Auguste Montfort, Voyage en Chine, 1854.


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Dans le domaine de la recherche du plaisir extrême, de la volupté, « les Asiatiques ont poussé le raffinement à son comble. Au Japon, en Inde et en Chine surtout, la littérature médicale, philosophique ou érotique témoigne depuis l’Antiquité de cette préoccupation très masculine. 


La palme de l’imagination revient sans conteste aux Chinois, reconnus dans toute l’Asie, où ils ont exportés leurs recettes, comme les maîtres incontestés en matière de volupté. »


La liste des substances aphrodisiaques relève pour nous d’un musée des horreurs : plus les produits sont  chers, rares ou répugnants, voire dangereux, plus ils sont réputés efficaces.


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Pénis de tigre séché, perles grillées, bouse d’éléphant, yeux de lézard, testicules de panda, cervelle de singe trépané vivant…


« Les plus raffinés préfèreront acheter à prix d’or « un pénis d’étalon blanc séché cent jours à l’ombre et enduit de sang de chèvre »


« C’est la cas du chien, que l’on achète rasé et badigeonné de sauce de soja, dûment estampillé par les services vétérinaires. Il s’agit de chiens domestiques du Guangdong que les paysans locaux fournissent aux bouchers. »


« C’est aussi le cas du serpent – une viande blanche à la fois tendre et ferme, à mi-chemin entre la volaille et le poisson. Dans les établissements spécialisés où l’on saigne les reptiles, les clients sirotent le fluide qui gicle dans les verres – parfois additionné d’une bonne dose de cognac – comme un élixir de jouvence, censé décupler la virilité et prolonger la vie. Quant aux moelleux vers à soie, pour peu qu’on les déguste braisés avec des noix, ils feront redresser la tige de jade… »


La tige de jade masculine – alias la flûte de jade, le pic vigoureux, le bâton d’encens, la tête de tortue, la pousse de bambou de jade, la lance d’or « La littérature chinoise excelle dans l’art de ne pas appeler un chat, un chat… »


L’enjeu de « l’art de la chambre à coucher »


« L’usage d’aphrodisiaques pour brandir sans faiblir sa lance d’or est vivement recommandé à celui  qui se prépare à la « guerre fleurie ».


« D’après le médecin taoïste Sun Simiao, qui vécut au VIIe siècle, « si l’on peut s’accoupler avec douze femmes sans une seule fois répandre sa semence, on demeure jeune et beau à jamais. Si un homme peut s’accoupler avec quatre-vingt-treize femmes, tout en continuant de se maîtriser, il atteindra l’immortalité. »


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Le livre de Maït Foulkes : « La cuisine aphrodisiaque » aux éditions Philippe Picquier est une mine extraordinaire, savant mélange d’érudition, de recettes, qui vous permettront de découvrir ou de mieux connaître « le cri du ginseng le soir au fond des bois », « la grivoise muscade », le « clou de la soirée », « la vigne du mariage », « la coquine angélique », « des fleurs à réveiller un mort », les « nids d’amour »…


L’ivresse des sens


« L’empereur donna à Wufang mille onces d’or et retourna à bord du Bateau-Nuage où on déroula les nattes avant de servir un grand banquet. Feiyan, assise sur la cuisse de l’empereur, buvait du vin. Après avoir bu à son tour plusieurs coupes de vins, l’empereur sentit le feu du désir l’embraser. (…) Galvanisé par le vin, l’empereur fit plus de milles allées et venues, laissant Feiyan ivre de plaisir. »


Nuages et pluie au palais des Han.


Reste pour couronner mon butinage qui va peut-être me valoir les assauts des âmes sensibles, une recette barbare, la dernière du livre : « Crevettes ivres à l’étouffée »


C’est simple vous immergez des crevettes vivantes dans une casserole emplie d’alcool de riz ou de tout autre alcool, avec de l’ail, du gingembre et de l’huile de sésame. Vous couvrez hermétiquement et vous portez à feu vif.


« Lorsque les crevettes ont cessé de sauter, elles sont prêtes à être dégustées. Salez à votre goût. »


Désolé !

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 00:09

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J’adore !


Je goûte avec délectation les figures imposées qui se disent libres, c’est beau comme un voyage de presse suivi d’un communiqué de presse bien troussé avec visuels et vidéo incorporés.


Bravo les artistes réunis !


De la bien belle ouvrage !


Alors bouché à l’émeri, qu’es aquo ?


La toile émeri, qu'il ne faut pas confondre avec le papier de verre, sert à polir, l'émeri est un matériau très dur qui sert d'abrasif depuis de nombreux siècles r. Autrefois, pour qu'un récipient, flacon ou fiole en verre soit bouché de la manière la plus étanche possible, on polissait à l'émeri l'extérieur du bouchon et l'intérieur du goulot, pour que le contact entre les deux soit le plus parfait possible.


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Je ne vous ferai pas l’injure, une fois que l'on sait cela, d’aller au-delà la métaphore de notre expression.


Si vous souhaitez vraiment vous cultiver allez consulter le dictionnaire de l’argot ICI link 


Pour le reste si ça vous dit voici LE MANIFESTE DES VIN (gt)

 

LE MANIFESTE DES VIN(gt) from Planete Liege on Vimeo.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:52

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« La Nouvelle Vague » ça ne dit peut-être pas grand-chose aux petites louves et petits loups même si un film de Godard, l'enfant terrible de la Nouvelle Vague devenu un mythe du 7e art,  Adieu au langage est présenté au festival de Cannes. Le vieux briscard a étrillé Tarantino en le traitant de faquin et s’est fendu d’une bafouille à Gilles Jacob et Thierry Frémaux : « Mon cher président, mon cher directeur, chers vieux camarades, encore une fois merci de m'inviter à monter vos augustes 24 marches (...) Vous le savez bien, je ne fais plus, et depuis longtemps, partie de la distribution et je ne suis pas non plus où je suis encore là où vous croyez que je suis encore »


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Bref, l’une des égéries de la Nouvelle Vague, Alexandra Stewart, née dans une famille anglophone de Montréal, arrivée à Paris en 1958, d’où elle n’est jamais repartie, compagne du cinéaste Louis Malle, et qui, bien sûr, a fait partie de ce Tout Paris honni par la Terre entière et la Province réunis. « Pour elle, devenue avec les décennies la plus parisienne des Nord-Américaines « Boris Vian était d’une drôlerie irrésistible, il était d’une méchanceté hallucinante ! » et c’était un compliment suprême pour Louis-Bernard Robitaille auteur du livre Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez.


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Je suis assez d’accord avec ce qu’il écrit :


« En bord de Seine, ayez l’humour méchant, personne ne vous en tiendra rigueur, sauf peut-être ceux qui ont été victimes de vos brillants sarcasmes, et encore. La galerie applaudira vos bons mots, on assistera pour vous prêter de l’argent, on recherchera votre compagnie. Si l’on dit de quelqu’un c’est un vrai méchant, il faut l’entendre comme un compliment. Car s’il était un méchant banal et vulgaire, on dirait plutôt : c’est un sale con. La preuve : si l’on préfère dire lui c’est un méchant con, le choix de la formule comporte une nuance presque admirative, suggérant que la connerie du susdit dépasse les normes habituelles et atteint des proportions épiques. Être méchant à Paris signifie avoir du caractère, savoir ce qu’on veut, ne pas s’embarrasser de scrupules inutiles. À l’inverse, si l’on dit de vous il est gentil ou c’est un gentil garçon, vous avez du souci à vous faire. Cela veut dire qu’on vous prend à tout le moins pour un naïf, voire pour un benêt ou un idiot. Le gentil, ne sait jamais rien, même pas qu’il est cocu, le méchant est malin, au courant de tout ce qui se passe d’important dans les arrondissements qui comptent. Les Parisiennes fantasment volontiers – un peu à la blague – à propos du grand méchant loup. Le méchant a bonne presse. Surtout s’il est drôle,  ce qui souvent le cas. »


« Les Nord-Américains et bien d’autres étrangers, notamment d’Europe du Nord, croient volontiers que tous les Français parlent comme Dominique de Villepin – mais le Villepin du célèbre du célèbre discours si noblement tourné devant le Conseil de Sécurité en février 2003, pas celui déclarant à ses conseillers « La France est comme une femme, il faut la prendre par le bassin ! »


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« Rassurons-nous pourtant : quand on entendit une bande de mâles surexcités scander « Baisse ton slip, salope ! » pour saluer le passage de Dominique Voynet, alors Ministre de L’Environnement du gouvernement Jospin, ce n’était pas l’Assemblée Nationale, mais au Salon de l’Agriculture en 1998, où de braves militants syndicalistes de la FNSEA entendaient faire connaître leur hostilité aux politiques écologistes. »


Lors de la célèbre émission Droit de Réponse de Michel Polac sur ce qui était alors la 1ère chaîne « Le « milliardaire rouge » Jean-Baptiste Doumeng, en plein état de siège en Pologne, se permit d’injurier copieusement un représentant de Solidarnosc, arguant du fait que les Polonais sont les Mongoliens de l’Europe ».


Je ne cite pas bien sûr le féroce Stéphane Guillon qui fit les beaux jours de la matinale de France Inter de Nicolas Demorand viré par Philippe Val ex-patron de Charlie-Hebdo lui-même viré en  direct par le nouveau patron de Radio-France…


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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 00:09

En ce moment je suis comme le temps, changeant. J’alterne sans préavis grand soleil et plein de gris. C’est la vie, ma vie, jamais je ne gémis. Pas de souci, ni de soucis, rien à voir avec mon âge, j’ai toujours fonctionné ainsi à tous les âges de ma vie, insoucieux de l’avenir, trop orgueilleux sans doute, je doute. J’attends. Muer. Changer de peau.


Qu’importe, je suis disponible pour tout, ouvert à de nouvelles aventures, libre intensément libre, indifférent aux égratignures de l’amour-propre. Je dis. Je m’ouvre. Je donne. Aucune entrave, je vais sauter l’échalier pour découvrir, au-delà de la haie, un nouveau territoire.


Je suis un vrai privilégié et je ne vais pas m’inventer des maux imaginaires mais continuer de cultiver mes mots.


Ce jeudi matin éclaircie, le soleil m’inonde. Relever le courrier ! Surprise une grande enveloppe kraft : domaine de Chevalier. Étonné je suis, avant même d’ouvrir je connecte : Olivier Bernard, actuel président depuis 2013 de l’UGCB.


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C’est un livre : « La magie du 45e parallèle » signé par Olivier Bernard&Thierry Dussard et préfacé par Jean-Paul Kauffmann.

 

Content je suis, j’aime tant les livres !

 

Je dois à la vérité de vous dire que j’ai de suite pensé que je devais ce service d’auteur à JPK. Tout faux, le livre était dédicacé par Olivier Bernard que je remercie.

 

En 1976, le géographe Yves Lacoste proposait une analyse iconoclaste avec son livre « La géographie, ça sert d’abord, à faire la guerre ». Il contribuait à la soudaine apparition d’un nouveau vocable : la géopolitique, concept qui allait faire florès avec l’irruption de la mondialisation.


Je ne sais si le 45e parallèle, plutôt celui du Nord qui passe « nord de Bordeaux à Saint-André-de-Cubzac, traverse le Massif central, franchit le Rhône au nord de Valence à Pont-de-l ‘Isère et les Alpes au sud de Grenoble et au nord de Briançon. » est la latitude idéale des grands vins du monde, mais ce que je sais c’est ce que l’énoncer relève de la stricte intelligence économique, un produit à haute valeur ajoutée dans ce que l’on qualifie de « guerre économique ». Comme le faisait très justement remarquer Michel Rocard dans son entretien avec Laurent Delahousse link , « après 500 ans que les européens et leurs frères culturels américains dominent le monde, ça change dans 30 ans… »


Belle entreprise que celle d’Olivier Bernard que de mettre des mots sur cette « ligne à haute tension » porteuse pour lui de l’idéal climatique des grands crus. « 26 sommités du vin »  apportent leur expertise. Fort bien mais hormis le philosophe Michel Serres nous restons dans le sérail. Les gens du vin  n’aiment rien tant que de vivre entre eux. J’eusse aimé que la question soit posée à un échantillon plus large dans sa sociologie, plus jeune, plus féminin…


Foin des regrets, je n’ai pas encore pris le temps de lire les 26 contributions mais j’ai feuilleté et beaucoup admiré leurs portraits très épuré issus de la main de Chantal Cazin.


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Me reste plus qu’à vous offrir la préface de Jean-Paul Kauffmann

 

Rien de Trop

« Le 45e parallèle, ligne à haute tension des grands vins… Pourquoi tout s’est-il joué autour de ce cercle médian de la sphère terrestre, à mi-parcours entre le pôle et l’équateur, où dans un effort et une application soutenus les vins expriment une essence supérieure ? Les explications sont multiples et vous allez les découvrir dans ce livre. Des conditions favorables, une géographie où tout s’équilibre, se compense et se répartit. Sans doute. Mais cette trouée miraculeuse, ce sont les hommes qui, à l’origine, l’ont trouvée et ouverte, entre la limite nord, le 50e parallèle et la limite sud, le 35e parallèle. Trouver la ligne juste… Cela n’a pas été sans mal.


La vigne se sent bien dans le bassin méditerranéen, elle est chez elle, au chaud, foisonnante, n’éprouvant aucune gêne. Pour tout dire, trop à son aise. Peu à peu, au fil des âges, la viticulture s’est mise en quête de nouveaux territoires, se dirigeant vers le nord, recherchant la qualité, incitant les hommes à réfléchir, à prendre des risques. Ils ont beaucoup tâtonné. Bien sûr, ils ne se sont pas arrêtés un jour sur le 45e  parallèle, décrétant comme les sourciers avec leur pendule que ce trait constituait la ligne magique, la démarcation miraculeuse marquant je ne sais quelle voie étroite et prioritaire des grands vins. Non, cette constatation, on le sait, s’est faite sur la longue durée. Décisif fut le rôle des monastères, et notamment des bénédictins, dans cette recherche méthodique et audacieuse, fruit d’un savoir lentement acquis.


Paradoxalement, cette viticulture de qualité s’est imposée à la longue comme une cosa mentale, expérience concrète autant que principe spirituel, conforme à l’idée aristotélicienne de classer et de hiérarchiser. Bien sûr, un grand terroir n’est pas une vue de l’esprit, mais il est indéniable qu’il constitue aussi une réalité pensante, une construction procédant de l’intelligence et de la raison.


Espace resserré, lumière qui filtre entre deux masses opaques, le septentrion et le midi, ce 45e parallèle est vraiment une échappée, un bref moment, un court intervalle où la vigne s’est risquée. Elle s’est imposée, et a fini par triompher. Le paysage était de peu d’extension, juste, contraint, périlleux même, mais la percée a réussi. S’est alors imposée l’idée que la vigne donne le meilleur d’elle-même dans des conditions limites. C’est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante. Néanmoins, les terroirs exceptionnels doivent beaucoup à un handicap naturel surmonté, comme le gel printanier en Bourgogne, et les redoutables pluies d’automne à Bordeaux, qui souvent mettent en danger la vendange. D’autres grands vignobles comme la Champagne ont choisi de se servir des contraintes plutôt que de s’en affranchir. L’imperfection du climat est à l’origine de cette trouvaille que constitue l’assemblage.


Toutes ces conditions domptées contribuent à donner à ces vins un caractère unique, non reproductible. Comme l’a écrit le géographe Roger Dion « Le terroir est le résultat d’une victoire chèrement acquise et non pas la réponse aux invites d’une nature bienveillante ». C’est le vouloir humain qui a rendu intelligible cette nature. On ne saurait les opposer. Un grand vin n’existe que dans ce rapport d’échange et de conciliation. Les hommes qui élaborent ces bouteilles d’exception ont compris qu’il fallait savoir s’effacer devant le terroir sans pour autant être sous son emprise absolue. L’œnologue Denis Dubourdieu a parfaitement résumé l’enjeu : « Une technologie minimaliste éclairée par une œnologie savante et précise, au service de la sensibilité du vinificateur. » Une leçon d’équilibre et de modération.


Dans les grands vins que le 45e parallèle a suscités prédomine un caractère d’ordre et de retenue. Le triomphe du tempéré. Émile Peynaud acceptait parfaitement l’idée d’un profond changement du goût mais se refusait à remettre en cause les notions d’équilibre et de finesse qui caractérisent les plus grands vins. « Rien de trop », formule de sagesse inscrite au fronton du temple de Delphes, précepte de la masure, éloignée de tout excès, dont La Fontaine a tiré une fable. Ni trop, ni trop peu.


« Il a tout et rien de plus ; » Non sans esprit, l’homme de Haut-Brion, Jean-Bernard Delmas, définit ainsi le grand Bordeaux. Qu’y a-t-il derrière ce « tout » qu’il évoque ? Rien n’est plus difficile à définir qu’un garnd vin. Décrire un bon vin est chose relativement facile. Des bons vins, on en élabore aujourd’hui à peu près partout. Ils procurent une satisfaction, un état de contentement où l’on désire rien de plus, rien de mieux que ce que l’on déguste. Un grand vin, c’est une autre affaire. On parvient à identifier qu’il est différent. Bien cambré, parfaitement ajusté, délié, net, sans ornements et pourtant impénétrable. Dans le plaisir et la délectation qu’on éprouve entre un état affectif fondamental. Ce profond rapport de connivence entre le vin et le dégustateur (ndlr petite correction du texte typographié dégustation) s’appelle l’émotion, sentiment tout aussi malaisé à décrire.


Je vois dans cette entente parfaite quelque chose qui ressemble à la complicité, et à une forme de gratitude. La dégustation d’un garnd vin apporte ce sentiment de plénitude qu’on espérait. Une sensation de bien-être, avec un effet de surprise même si on s’y était préparé. Cet élément d’étonnement face à ce qui est attendu et se révèle pourtant inattendu est fondamental et relève de ce saisissement que procurent les vins d’exception.

Essayons de décrire cette émotion. L’attaque est soyeuse, tandis que viennent se déployer crescendo deux perceptions antinomiques, la finesse et la puissance, que seuls les grands vins savent unir. L’idée que toutes ces sensations se tiennent, ménagent ensuite ce moment intermédiaire qui n’est nullement un passage à vide mais au contraire une phase décisive, un renchérissement, une sorte de recommencement. Cet état peut apparaître comme une pause, alors qu’il constitue un nouvel élan, une impulsion intérieure que les dégustateurs connaissent bien, cet instant parfait où l’intuition que l’on a de ce vin semble se réévaluer comme une nouvelle promesse. C’est peut-être à ce stade de la dégustation où toutes les sensations se combinent harmonieusement que se manifeste cet état énigmatique de plénitude et de retenue tout à fait exaltant. Retenue et non réserve, car chaque grand vin, tout en assumant sans restriction ses pouvoirs de séduction, doit se garder de la moindre exagération. Nous les connaissons bien ces vins qui ont bâti leur réputation sur l’absence de nuances, ou l’arôme, le gras, et l’extraction du bois ont été poussés trop loin.


Rien de trop. Telle est la leçon de sagesse et d’équilibre du 45e parallèle. »


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Après cette lecture je me sens à la fois un irréductible mécréant n’ayant que peu de peu de goût pour la dégustation, cher Jean-Paul Kauffmann, mais aussi un grand amoureux de plus en plus déçu par le trop de trop, le trop de tout, l’excès, le plus assez d’âme. Les grands vins ne sont-ils pas devenus d’inaccessibles étoiles hors de portée du commun, des marques véhicules d’un produit étiqueté de luxe…


Mais comme je suis un irréductible réaliste je me contente de revenir à mon propos initial : la géopolitique, la tectonique des plaques induite par la mondialisation, et alors je plaide depuis toujours pour un monde du vin français fer de lance, porteur de valeur au sens économique mais aussi au sens premier. Reste aux grands vins à redescendre sur terre, sur leur terroir, et à se préoccuper vraiment de l’avenir de leurs voisins, moins prestigieux, moins gâtés, mais tout aussi méritant. L’équilibre, l’harmonie ne doit pas se nicher que dans le vin elle doit aussi régner au sein d’un même territoire entre les hommes qui font qu’ils soient riches ou misérables. Ce serait la sagesse...

La magie du 45e parallèle, latitude des grands vins du monde

Collectif Aux éditions Féret Collectif Olivier Bernard&Thierry Dussard préfacé de Jean-Paul Kauffmann

 

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 10:00

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Olivier Bompas a déclaré « C’est tricoté, tricoté ! » propos recueillis par Jean-Pierre Stahl, journaliste spécialisé viticulture à France 3 Aquitaine. link 


C’était, mardi soir dernier, au bar à vin du CIVB à Bordeaux en présence de Jacques Dupont, « ce grand sage à qui on ne raconte plus d’histoires… »


Et moi, et moi, et moi pourquoi je n’y étais pas ? Je sens le gaz sûrement !


Comprenez mon étonnement, moi qui suis la Paganini du tricot j’avais toute ma place dans le jury de la coupe des Crus Bourgeois.


Quand je contemple la liste des jurés : 4 filles pour 22 mecs, c’est beau la parité chez les fins gosiers. Bien sûr je sais que Myriam Huet compte triple comme au Scrabble. Que du beau monde bien sûr, mais tout de même 2 gars de chez Carrouf mais pas de place pour la pipelette de Saint-Émilion. Sans doute par peur du délit d’initiés au cas où j’eus été retourné par Norbert le Forestier.


Alors j’ai décidé de bouder. Ça fera plaisir à Madame Rolland qui estime que j’ai la langue trop bien pendue, façon de causer.


Dans un dernier élan tout de même sachez que  « And the winner is «Chateau Labadie» : le vainqueur de la Coupe des Crus Bourgeois ! »


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J’adore l’utilisation intensive par les gaulois de la langue-valise de la mondialisation. Ça fait genre même si du côté de Bordeaux ça peut se comprendre vu qu’ils ont été longtemps Pacsé avec les Anglais.  


Bref, comme disait Pépin, je laisse aux vrais journalistes le soin de vous informer sur ce Tournoi de Bourgeois.


C’est ICI link 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 10:00

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C’est l’histoire d’un pauvre garçon parti sur les chapeaux de roue, doté d’un pseudo ridicule à la hauteur de ses ambitions, qui se voyait déjà dominer la blogosphère du vin mais, chemin faisant, il est à la peine, noyé dans le gros du peloton, sa surface médiatique se rétrécissant comme une peau de chagrin. Restait pour lui, afin d'émerger de l’anonymat, à tenter une échappée en suçant les roues des honnis, ceux qui l’exaspèrent, ces journalistes en mal de lecteurs, ces blogueurs voulant se faire connaître ces vignerons incapables de prendre du recul et de goûter sereinement leur production. « Bref, nous disait-il, comme on dit à la mode germanopratine, le sujet des vins naturels m’énerve. »


Grand bien lui fasse à ce brave garçon, même si Saint Germain des Prés n’est en rien un territoire de naturiste, au Flore c’est la maison Richard qui régale, mais sa charge outrée m’a semblée si cafouilleuse que sagement après l'avoir parcouru je me suis contenté de la virer sans faire de commentaires.


J’avoue que j’avais oublié l’énervé et son sujet « Les vins natures, une mode bobo-écolo ? » lorsque le sieur Grosjean lui portait un estoc tout à fait à mon goût « J'aime le vin naturel et je vous emmerde! »


Je trouve ça très reposant, « très cool », de voir se faire le boulot alors que moi je me dore le cul au soleil sur mon balcon « dans notre bonne capitale parisienne » (sic) en sirotant des vins d’évier bien frais comme aime à les qualifier un autre énervé niché de l’autre côté des Pyrénées.

 

Un détail : affirmer j'aime les vins nature ne signifie pas je n'aime que les vins nature...


Grand merci Olivier, moins j’en fais et mieux je me porte. Je mets tes lignes sur mes lignes.


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« C'est curieux chez les soi-disant critiques de vin cette manie de faire des phrases ... anti vins natures. Le bashing, dénigrement à la mode, touche toutes les classes du Mondovino. Yohan Castaing, auparavant connu sous le pseudonyme pompeux d'Ambroise Chambertin, directeur éditorial de la revue Anthocyanes, rien ne l'exaspère plus que d'entendre sans arrêt parler de vin "naturel". Alors, comme il est énervé, il en parle.


Ben voyons!


Son texte n'est ni plus ni moins qu'une nouvelle charge contre les biocons, article fondateur du plus grand dégustateur français du monde, dont il se réclame. On n'est pas près de grimper d'un level au jeu du plus (bio) con! Mais, n'est cependant pas Michel Bettane qui veut! Petite nouveauté, les blogueurs et les journalistes vendus à la cause du "nature" en prennent gentiment pour leur grade, de vils êtres en mal de « (re)connaissance ». Les amateurs de vins naturels? Forcément des bobos écolos, bonjour le poncif! On tient donc les responsables: les cavistes, sommeliers (non, pas toi Manu!), journalistes, blogueurs, qui, en encensant ce type de production, incitent les vignerons à en produire davantage. Je n'arguerai pas sur le fait qu'un journaliste d'un tel standing, soucieux de s'en prendre à l'étymologie, devrait un peu mieux soigner son orthographe, ce serait bas. Mais le soufre avec deux « f », c'est quand même disqualifiant d'entrée de jeu, surtout pour un professionnel du vin. »


La suite ICI link 


Olivier l’histoire de SolangeTeParle c’était aussi ICI  le 15 mars «Je suis bobo et vous emmerde !» j’achète mes poireaux à des retraités à casquette Place des Fêtes » link 

 

* Après le bain de William Bouguereau 

 

 

 

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