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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:09

 

vieuxAmis du vin ne fuyez pas devant le fumet de mes fromages, ma chronique matinale participe à l’esthétique du bien vivre en s’en prenant aux pharisiens et aux marchands du Temple qui peuplent nos villes, monopolisent la parole, s’érigent en penseurs du temps alors qu’ils ne sont que des charlatans relookés. Si vous voulez bien suivre mon esprit d’escalier je vous propose de déguster ma petite charge dédiée à une certaine Michèle Gray parfumeuse de fromages de son état.

 

Entrée

 « On me l’avait dit, j’étais jeune et je ne voulais pas le croire : les villes et les pays ont une odeur. Je trouvais cette idée odieuse car je croyais à l’égalité entre les peuples et n’imaginais pas qu’elle pût (et non pas pue) être battue en brèche par l’odorat. » déclarait Pierre Gentelle. Dans le Métro parisien chaque station a son odeur link. Et bien sûr nous sommes le pays des fromages qui puent (voir le Top 15 des fromages qui puent link )

 

Plat de Résistance :

Elle a osé déclarer, une certaine Michèle Gay, « styliste des saveurs culinaires » (sic) « Un fromage nu reste un ingrédient, un produit de terroir. Un fromage parfumé devient une recette à part entière » L’arrogance et la suffisance de ce type de créateur de pacotille – séminaires et formations olfactives 2000€ les quatre heures –  fouettent bien plus que les fromages qui puent. Oui, oui, cette haute dame créatrice « transforme la planète fromage en parfumerie de haute couture » Rien que ça mes braves, quand les bornes sont dépassées y’a plus de limites, tout est possible au royaume des fashion-victim. Que madame cartonnasse « dans les plus grands restaurants avec ses poudres aromatiques à saupoudrer en fin de reps sur les fromages les plus trapus ou odorants, les Vacherin du Haut Doubs au géranium et à la bergamote, morbier du Jura à la menthe, tomme de Savoie au patchouli et à la coriandre, pithiviers du Loiret au cyprès et à la lavande, reblochon à la sauge et au thym... » grand bien lui fasse mais quand à crier au génie y’a un pas que je ne franchirai pas. Franchement, par bonheur le ridicule n’a jamais tué, mais quand cette frimeuse déclare « Mon travail consiste à imaginer des accords entre fromages et parfum pour les sublimer et les sophistiquer » je me gondole. Que « dans l’aromathèque de la Villa Violet (le « buiseness meeting place » d’Anne Dassac, Paris 7), restaurateurs et parfumeurs viennent ainsi chaque semaine dans la pénombre (pour décupler leurs sens) assister aux cours de cuisine réceptive de Michel Gray » j’adore ! C’est goûteux ! C’est à l’image du temps et moi ça me renvoie à la très célèbre Université de Vincennes (voir texte ci-dessous)

 

Fromages:

Pour les jeunes pousses Paris VIII Vincennes (Bruno Tessarech Vincennes éditions Nil) qui « a eu Mai 68 pour maman, Edgar Faure pour papa et Charles de Gaulle pour parrain » et qui accueillait au fin fond du bois de Vincennes, dans un bordel innommable Deleuze, Lyotard, Chatelet, Rebérioux, Lapassade... » et qui se parfumait à la chaussette et au slip mal lavé, à la clope et autres fumettes, au foutre et à l’encens des Peace and love, produisait du sens. Lorsque madame Gay apprends à ses cobayes payants « à traduire en goût leur perception olfactive » elle occupe leur vacuité, compense leur perte de sens, profite de leur acculturation. Qu’ils fussent surpris de découvrir à quel point leur façon de se parfumer est connectée à leurs goûts alimentaires » doit sans aucun doute les bouleverser, donner du sens à leur vie. Les mêmes trouveront sans doute lors de leurs incursions dans la nature que l’odeur de la bouse de vache est importune et que le parfum de la basse-cour de la ferme laisse à désirer. Madame Gay ne parfume pas les fromages qui puent, elle masque leur odeur naturelle, elle farde la réalité comme le faisait les poudrés de la Cour du Roi de Soleil. Pourquoi pas me direz-vous ? Oui pourquoi pas mais de grâce qu’elle nous épargne ses discours justificateurs à la con. La main de l’artisan fromager vaut mille fois la sienne qui se contente de faire pouêt-pouêt sur un vaporisateur.

 

Dessert :

« Il est tentant de proposer à l’étude des sciences géographiques un sujet sur les odeurs et leur géographie. Cela peut se faire à plusieurs échelles, avec diverses temporalités. Cela peut même se mesurer, en ppm par dm3 par exemple. Pourquoi éviterait-on le sujet ? La géographie de ces dernières décennies nous a appris à juste titre que tout pouvait être objet de géographie. Il suffit de parcourir la liste des sujets de thèse déposés à Nanterre pour s’en convaincre. Je me souviens de cours à l’université de Vincennes, vers 1969-70, où étudiantes et étudiants se humaient doctement et dans la réciproque les aisselles, sur la recommandation de professeurs inventifs, les géographes restant hélas à l’écart de cette quête savante. Qui pourrait oublier le rire gras de Jacques Chirac évoquant à la télévision la dure cohabitation de Français logeant à côté de Maghrébins ? À un degré guère plus scientifique, je me souviens d’avoir passé dix jours complets assis à côté d’un chauffeur de camion dans le désert du Takla-Makan, en Chine occidentale, qui mâchonnait allègrement, par goût autant que pour sa santé - comme les ruminants de chewing-gum - deux à trois têtes d’ail cru chaque jour, dont il attaquait successivement les caïeux sans même songer à éliminer l’indiscret. Ses rots puissants, toutes vitres fermées par les - 10° de février, auraient permis de faire des cartes tridimensionnelles de la réverbération de la pestilence dans un local fermé, qui auraient hélas mieux servi la dynamique des fluides que la géographie générale. » la suite link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

stephen prouhet 10/04/2012 13:40



Michèle Gay 09/04/2012 22:32


Monsieur, je viens de prendre connaissance de votre synthèse sur mon travail. Vos écrits
copiés-collés d'un dossier de presse, hors contexte, manquent singulièrement de vécu. Quel dommage. Votre site promet "un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de
brutes..." or nous en sommes loin. Je respecte votre subjectivité mais j'en regrette le
manque de nuance. Je pense tout comme vous cultiver l'amour du terroir et servir ce dernier en l'exprimant dans des approches exploratoires, modernes, inspirantes.  Sincèrement, Michèle
Gay.

JACQUES BERTHOMEAU 09/04/2012 22:46



Il n'y a que des citations dans ma chronique et non des copiés-collés d'un dossier de presse. En effet j'ai peu de goût pour les approches soi-disant exploratoires, modernes, inspirantes et ma vivacité de plume n'exclue en rien la convivialité elle est tout simplement
l'expression de ma subjectivité qui exclue la révérence face à une approche encensée par la bien-pensance et un esthétisme de pacotille. Libre à vous d'exercer votre art mais libre à moi de dire
que je n'aime pas du tout. Pourquoi faire dans la nuance, ce serait vous manquer de respect. Bien à vous  JB 



sylvie cadio 10/04/2011 23:11



à "Ohne": (c'est votre vrai nom??...il est ridicule, prenez un pseudonyme...)
Pépé Cad a baissé un peu le pied depuis quelques temps et je sens bien que la vie du club qu'il a très largement contribué à ressusciter il y a quelques 10nes d'années, quand le club était au
bord de la faillite - n'a plus autant d'importance aujourd'hui à ses yeux. Dans son coeur et à la maison, il reste les vrais. Les fidèles. Ceux qui lui laissent des SMS sur son portable pour la
Nouelle ou pour son anniversaire alors qu'il n'a jamais appris à les lire... (mais je suis heureusement, une bonne secrétaire). S'il fut dirigeant durant 25 ans d'un club renommé , certaines
"trahisons" (eh oui, même au sein de cette Grande Famille on peut se sentir cocu) ont eu raison de son application à aimer le rugby, les joueurs, et même le staff. Sachez tout de même qu'il
n'était pas de ces dirigeants qui se font nourrir au gré des déplacements, encore moins de ceux qui se font offrir une "camarade de jeu", Pépé Cad a toujours aimé choisir lui-même et à ses
frais.
En "compensation" de ces quelques incartades, grâce à mon Pépé Cad j'ai découvert la France Profonde, je connais les plus petits stades, tous ceux qui se situent dans des villages que même mon
GPS ignore. Car il était de ceux qui suivent le club depuis les cadets. TOUS les matches des cadets à compter des phases finales, des juniors, etc. Je me suis donc souvent gelé le cul, j'ai
souvent eu trop chaud, j'ai pris la flotte,  j'ai TOUJOURS bouffé des saloperies de merguez mal cuites dans du mauvais pain, accompagnées de Vittel parce que si je ne suis pas chiante
j'éxècre quand même le Coca, l'Orangina et la Kro autant que le... Pastis, sauf évidemment s'il se prénomme Michel;-)  Bref, j'ai beaucoup souffert pendant + de 10 ans, à suivre comme une
marathonienne les matches des "petits", comme ceux des plus grands...Et ça, ce n'étaient pas des Prouesses??? non mais!



Michel SMITH 10/04/2011 22:29



Hélas, je file mercredi en Priorat... Mais je suis sûr que ça me fera du bien d'aller goûter d'autres carignans, et grenaches et peut-être même syrahs... à une autre fois.



Luc Charlier 10/04/2011 22:18



J’oublie toujours de remettre ma raison sociale officielle quand je sombre dans l’anonymat factice. Voilà, c’est fait.



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