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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 00:09

J’ai osé « déjeunatoire », entre guillemets quand même, rien que pour faire « marronner », « bisquer» aurait dit ma mémé Marie, l’un des rares chroniqueurs du Figaro qui garde une belle plume acérée : Michel Schiffres qui écrivait récemment : « À défaut de le savoir, on l’imagine : le métier de journaliste est celui de toutes les aventures. Elles ne sont pas toujours, hélas, celles que les vaillants reporters espèrent. Mais le péril peut surgir à tout instant et pas toujours comme on l’attend. Témoin cette invitation reçue il y a peu. Elle convie fort gentiment à un «cocktail déjeunatoire». Vu l’heure de l’agape, il est évident qu’il s’agit d’un déjeuner inspiré de la formule du «cocktail dînatoire» très en vogue depuis une dizaine d’années. Pour cette rencontre, le pire est à craindre, question nourriture, compte tenu de la manière dont les hôtes maltraitent déjà la langue française : il fallait oser ce «déjeunatoire». Encore peut-on tout craindre des cuistres. Aussi je guette avec impatience le jour où je serais prié de venir à un festin «soupatoire».

 

J'adore est les mots en oire : boire, ciboire, dérisoire, foire, mémoire, poire et le très fameux désultoire cher à Gaston Chaissac...

 

Vélo ! Fait beau, je branche mon GPS Iphone : le Sénat, l’église de Saint-Germain-des-Prés, les guichets du Louvre, la Pyramide de Pei... je pédale comme un tout juste rentré qui a gardé ses Veja Blanche aux pieds. Avant de partir j’ai déjeuné frugalement pour bien aborder cette première dégustation de la rentrée.

J’ «antivolise» mon vélo mais je n’ai point à ôter mes pinces à vélo. J’arrive. Je pointe au guichet journaliste (imposteur-bloggeur je suis) Y’en a aussi des pour les cavistes, restaurateurs...mais moi j’échappe à l’identification portée en sautoir tel un bovin corse paissant au bord des routes mais qui touche la Prime à la vache allaitante en euros de Bruxelles et qui ne veut pas voir contrôler sa surface toujours en herbe (je vous expliquerai).

Je pénètre dans le saint des Saints et là, ô surprise, tout autour de moi je ne vois que des empiffrés : des gens qui s’empiffrent quoi ! Vous me direz, puisqu’il était dans les 1h30 d’apm, c’était l’heure de tortorer. Ouais mais là ça tenait de l’excitation papillaires maximales, une forme aboutie du « je m’en mets un max derrière la cravate ». Faut dire que ce n’était pas un buffet saucisson-rillettes et camembert Président. Non, non, que du raffiné, du beau, du top-moumoute pour becs fins.

Caillou-9093.JPG

Je n’ironise pas. Nos hôtes avaient bien fait les choses dans un circuit pédagogique intéressant sous le focus accords mets-vins. Fort bien, et la moindre des politesses de ma part est de les en féliciter et de les en remercier. Donc voici les stations de ce qui ne fut pas un chemin de croix, loin de là, pour les gars qu’étaient là béats (peu de femmes en ces lieux) :

 

1ier station : Apéritifs/Crémants

2ième station (à l’étage) : Légumes du potager et œufs/ flacons qui vont avec.

3ième station (toujours à l’étage) : Produits de la mer/ flacons qui vont avec.

4ième station (après un ½ tour) Charcuterie à gauche/ flacons qui vont avec.

5ième station (en face) Produits Tripiers et Foie Gras/ flacons qui vont avec.

6ième station (à droite) Fromages/ flacons qui vont avec.

7ième et dernière station (au fond) Desserts/ flacons qui vont avec.

 

Donc pour mes étiquetés, dont certains devaient aussi être des retraités, c’étaient Byzance, bombance, il régnait une ferveur peu commune : pensez-donc les huîtres à profusion c’étaient rien que des Prat-Ar-Coum, les Rolls du parc (ostréiculteur depuis 1898) et tout à l’avenant dans le raffinement : le plateau de fromages (affinés par Eric Lefèvre) digne d’un étoilé, les desserts aux fruits d’automne : sorbet et brunoise de pomme au romarin et Poire au miel et sa glace au fromage blanc stupéfiants ! Tous ces petits plats dans les grands étaient l’œuvre d’un chef David Van Laer qui vient d’ouvrir un restaurant à Senlis « La Maison » www.davidvanlaer.com  Bravo l’artiste !

 

Alors vous allez me dire, de quoi te plains-tu Berthomeau, pourquoi ramène-tu ta fraise qui n’est pas de veau ? T’avais qu’à t’en mettre plein la lampe et nous épargner tes épanchements ironiques. Oui, certes, c’est une façon de voir mais quand y’a une chose qui me chiffonne, qui me reste sur l’estomac, faut que je vous mette dans la confidence. Je n’étais pas à mon aise, gêné aux entournures, un peu tout ça pour ça, un peu de tout de trop. Fallait-il placer la barre aussi haute pour une simple dégustation ?

  

Ce n’est pas mon argent mais c’est celui des cotisants et je n’ai pas à juger de l’adéquation des moyens avec les objectifs recherchés. Cependant ces délices de Capoue pour un parterre somme toute, moi y compris, très rase-moquette, ça me défrise. Célébrer la cuisine du terroir avec une haute tenue je ne vais m’en plaindre mais est-ce bien en ce type de circonstances, pour un tel public qu’il faille le faire ?

 

Permettez-moi d’en douter. Les prescripteurs présents ne m’ont pas semblé, mais peut-être me trompai-je, nécessiter un tel traitement. En écrivant ceci je ne vais pas me faire beaucoup d’amis et je ne suis pas sûr que l’on m’invitera au prochain exercice « déjeunatoire » mais qu’importe je l’écris car n’ayant pu résister à la tentation j’ai absorbé, dans le plus grand désordre, par pure gourmandise : la Poire au miel et sa glace au fromage blanc, une micro-cassolette de moules de bouchot en marinière, 4 Prat-Ar-Coum et des lichettes de fromage : dont une boulette d’Avesnes goûteuse à souhait mais y’avait plus de Munster les morfalous avaient tout ratiboisé... Donc j’en ai été et il faut que j’expie ma faute jusqu’à la lie (je n’ai pas osé l’hallali).

 

Un peu tourneboulé, chiffonné, j’ai dégusté à minima mais du très bon :

-         1 Riesling 2005 Cuvée Frédéric Emile AOC Alsace de F.E Trimbach à Ribeauvillé : d’une pureté extraordinaire, minéral vous avez dit minéral, servi par un ami de François le Débonnaire, un autre François mais Wilhelm lui. www.maison-trimbach.fr

-         1 très beau Pinot Noir 2008 Cote de Rouffach du domaine Rieffle servi par la jeunesse Rieffle, nous avons beaucoup échangé sur les vertus de la Toile. Si on veut encore de moi en Alsace un de ces 4 je prendrai le TGV pour aller voir Jean-Claude Rieffle et la nouvelle génération de vignerons et faire une dégustation dans la plus simple simplicité si vous me permettez cette expression. www.rieffle.com

-         1 Pinot Gris 2008 Lieu-dit Weingarten AOC Alsace de Bernhard-Reibel servi par Pierre Bernhard que j’avais croisé lors du sympathique déjeuner de Montpellier-Bio. Un vin d’une belle franchise, plein, droit, un vin à manger, un vin qui donne envie d’aller au fond du verre. www.domaine-bernhard-reibel.fr

 

Vous voyez, à la question : « Comment ça va ? » j’aurais pu répondre « Comme un lundi » et ainsi je me serais évité un max d’ennuis. Pour tout vous dire j’ai même bavassé avec Pierre Guigui sur les OGM de Colmar et, là aussi, j’aurais du en faire un compte-rendu plutôt que cette chronique qui va me valoir le pain sec à l’eau du côté du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Mais que voulez-vous je suis ainsi fait et je ne suis pas sûr que de réciter « le Renard et la Cigogne » me vaudra l’absolution. Mais tentons !

Compère  le Renard se mit un jour en frais,

Et retint à dîner commère la Cigogne.

Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts:

            Le galant, pour toute besogne,

Avait un brouet clair (il vivait chichement).

Ce brouet fut par lui servi sur une assiette:

La cigogne au long bec n'en put attraper miette...

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 00:09

Sur la lancée de ma précédente chronique tirée du roman de Bernard Ginestet Les Chartrons Édouard Minton  courtier bordelais  link je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce déjeuner de courtiers à Mouton.

17mondavi2_pop.jpg

 

Portrait de Philippe de Rothschild : « L’originalité intellectuelle du maître de Mouton était parfois déroutante. Il jouait l’enfant gâté avec un brio incomparable. Sa culture et sa finesse d’esprit parvenaient à lui faire pardonner ses caprices. Il ne tenait guère le juste milieu entre la distance et la familiarité. C’était un homme de théâtre, capable d’incarner tour à tour Richard II et Falstaff, Don Diègue et Scapin, Figaro et Faust... selon la scène qu’il avait décidé de créer ou, plutôt, dont il avait l’inspiration subite. Ses colères pouvaient être fameuses. Il entretenait avec machiavélisme et ténacité son ambition majeure de faire classer Mouton Premier cru, ne négligeant aucune influence susceptible d’apporter un progrès à cette cause, tâchant de domestiquer ou de séduire ceux qui semblaient ne pas s’y rallier mais qui étaient censés avoir leur mot à dire. (Quand je veux, j’épouvante et quand je veux, je charme, disait Matamore dans L’Illusion Comique.) Il sortait très peu à Bordeaux mais recevait beaucoup à Mouton. »

 

Les pantoufles de Philippe de Rothschild : Édouard Minton et son collègue Hubert de Vérines, qui avaient un bon quart d’heure à perdre avant l’heure du rendez-vous à Mouton, prennent un verre sur les quais de Pauillac, « dans le seul bistro acceptable ». le premier carbure au « vichy-fraise » en prévision des prochaines libations chez le baron, le second s’envoie une Suze. Dialogue ! C’est de Vérines qui attaque :

-         Nous nous rendons à la même auberge...

-         Et nous avons les mêmes horaires !

-         Le spectacle commence à midi et demi.

-         Monsieur Purgon sera-t-il en pantoufles ?

Ils rirent tous les deux avec complicité. Philippe de Rothschild aimait porter des sandales brodées de tapisserie au petit point. »

 

L’arrivée à Mouton : « Entrer à Mouton était fermer derrière soi la porte du commun. Dans les salons aux baies en demi-cercle donnant sur les vignes, les meubles, les tableaux, les objets, réunis comme par hasard, créaient une atmosphère jamais vue ailleurs. Un génie artistique, composite mais évident, habitait la pièce. »

« Il portait une veste d’intérieur en velours bordeaux et ses habituelles mules brodées. »

 

Le but du déjeuner : « Édouard Minton reprit l’initiative pour demander les conditions de l’offre. Le baron Philippe désigna d’un doigt mou Marjary (son bras droit) qui dit en baissant les yeux :

« Ce sera vingt-cinq pour cent au-dessus de Lafite.

-         Fichtre ! Vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère !

-         Nous estimons que Mouton doit se démarquer et que ce prix est normal dans la tendance actuelle du marché... » tranche le baron Philippe.

 

Le menu du déjeuner : « Sur les filets de sole frits, sauce tartare, on servit un Montrachet du marquis de Laguiche 1952 ; un vin merveilleux à la robe jaune pâle, nuancée de flammes vertes. Sa dégustation captiva le tour de table qui trouva un consensus de louanges.

« Vous nous gâtez, cher ami Philippe, déclara Édouard Minton, il n’y a guère que chez vous, de tout le Bordelais, où l’on puisse goûter d’aussi grands bourgognes blancs. Celui-ci est une splendeur. Nous n’avons pas de vins semblables. »

« Le déjeuner se voulant rapide et léger, on servit des ris de veau aux champignons, avec un Ducru-Beaucaillou 1958. Encore jeune, le vin était exquis de délicatesse. La discussion s’orienta aussitôt sur les petits millésimes, dont certains sont si délicieux et qui se vendent si mal... sur le malheureux rôle de la presse qui faisait et défaisait sans vergogne leur réputation... sur la réussite particulière de ce Ducru-Beaucaillou. »

Le Mouton 1945, sur le fromage, était un vin d’anthologie. Sa réputation était depuis longtemps établie comme le meilleur du millésime. »

 

Le dessert était une tarte aux pommes maison, légèrement caramélisée. Le maître d’hôtel servit des petits verres emplis d’un liquide topaze. On aurait dit une liqueur. Édouard Minton connaissait la marotte de son hôte pour l’avoir expérimentée. Le baron affectionnait de faire mettre une bouteille d’Yquem, débouchée er placée debout, dans le compartiment à congélation du réfrigérateur. En trois heures de temps, le vin se dissociait, son eau devenant glace tandis que l’alcool et l’essentiel des autres principes restaient à l’état liquide. Cette concentration par le froid produisait un extrait qui était versé à chacun en faible quantité, pour une qualité très particulière. Lorsqu’il avait appris le traitement infligé à son cru, le marquis Bertrand de Lur Saluces était entré dans une colère monstre. Les deux seigneurs des vignes se détestaient de tout cœur. Mis à part l’originalité du sous-produit d’Yquem ainsi obtenu, Philippe de Rothschild jubilait à l’idée que le marquis eût immanquablement vent de cette pratique et qu’il en éprouvât quelque furie. »

 

Le retour à l’envoyeur de Bertrand de Lur Saluces : apprenant le prochain voyage en Inde de son ennemi intime Bertrand de Lur Saluces 

Déclara sur un ton calme et féroce : « Ah ! En Inde ? Eh bien, je souhaite qu’il soit étouffé par les serpents, piétiné par les éléphants et dévoré par les tigres ! »

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 00:09

Dans l’économie agricole insulaire le seul secteur qui tire vraiment son épingle du jeu, créé de la valeur et de l’image est la viticulture. De belles réussites, des vignerons emblématiques, de beaux vins, un bon niveau de prix sur le marché intérieur de l’île porté par la saison touristique explique en partie le renouveau d’une activité qui a su rebondir en restructurant son vignoble et en jouant intelligemment la carte identitaire. Les fromages et la charcuterie pourraient eux aussi apporter de la valeur ajoutée à une économie qui valoriserait ainsi ses handicaps. Mais ces choix ne relèvent que des Corses eux-mêmes qui, dans leur désir justifié de prendre leur destin en main, se doivent de les faire, de les assumer pour s’intégrer et vivre pleinement dans leur environnement méditerranéen arrimé à l’UE.

 

En Corse je lis le mensuel Corsica. Il est « Corsiste », bien fait, avec parfois des circonvolutions de langage et un art d’enrober ses analyses qui peuvent surprendre mais le ton et le fond sont de qualité. Il accueille les signatures de Jean-Claude Casanova et de François Léotard. Bref, je propose à votre lecture attentive cette analyse, faite dans le n° de septembre, à propos de la santé florissante du marché foncier viticole en Corse.

 

Je ne suis pas sûr que le rédacteur ait bien compris le film trop obnubilé qu’il est par sa vision corso-centrée des choses. Sans vouloir ironiser sur les « non-agriculteurs » qui achètent aux viticulteurs des vignes en Corse – pour les cultiver sans doute pas pour les mettre en jachère ou construire des maisons à leurs risques et périls – je me permets de rappeler au rédacteur du papier que Paul Giacobbi, président de l’exécutif de la Corse vient de rendre au Président de la République un rapport sur « L’attrait de la France pour les investisseurs étrangers »

 

Et oui si les prix des vignes flambent en Corse c’est tout bêtement parce que la viticulture corse est attractive. Qui pourrait s’en plaindre ? Ceux qui veulent s’installer. Faudrait peut-être alors desserrer le carcan des droits de plantation pour calmer la surchauffe ? Mais ce n’est pas à moi de donner des conseils d’autres plus qualifiés que moi s’en chargent. Bonne lecture !

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« Ah, le délicieux discours des vignerons corses attachés à leurs terres et défenseurs ardents d’un terroir revigoré ! Vedette incontestée et incontournable du secteur de l’agro-alimentaire local, la viticulture rebat les oreilles du consommateur – et des pouvoirs publics, subventions* obligent – avec un propos pour le moins rodé sur le combat pour la préservation des traditions et de la terre. Léger problème : les dernières statistiques nationales établies par la Safer* montrent pourtant une réalité un tantinet plus contrastée.

Que disent les chiffres ?

D’abord, qu’ « après plusieurs années d’évolution positive, le marché foncier de l’espace rural est rattrapé par la crise » et que « sur l’année 2009, avec la baisse des revenus agricoles, le prix moyen des terres et prés s’est contracté », accusant pour la première fois depuis 1995, une baisse de 1,6% par rapport à 2008. Les vignes, symbole d’une certaine identité française en la matière, n’échappent pas au phénomène.

Ainsi, « après trois années de croissance soutenue, le marché s’est fermé en 2009. Il a porté sur 8700 transactions pour une surface de 14000 hectares (en baisse de 16% par rapport à 2008) et une valeur totale de 580 millions d’euros (en baisse de 19%) ». Diantre ! La nouvelle est d’autant plus inquiétante que, note la Safer, « tous les bassins viticoles sont touchés par cette fermeture du marché (baisse des transactions en nombre et en surface)... » Tous ? Non !

Une petite parcelle de terre résiste à cette morosité. La Corse bien sûr. Ici, au contraire, tout semble aller plutôt dans le meilleur des mondes, si l’on peut dire. Car le nombre des transactions y a carrément explosé. Plus de 57% ! La terre est-elle bradée à vil prix par de miséreux vignerons étranglés par la crise ? Fort heureusement, non. Car, remarque la Safer, « en Corse, les prix marquent une progression de 12,5% sur un marché en forte croissance »... En clair : on vend beaucoup plus de terres agricoles et pour beaucoup plus cher. En beaucoup plus clair : le buiseness explose. Et ce n’est pas le moindre enseignement de cette étude que d’apporter une dernière touche au tableau en faisant observer que ce marché aussi florissant que feuilles de vigne «écloses est aujourd’hui « dominé par les acquisitions des non-agriculteurs. » Les organisations professionnelles et les syndicats agricoles ont beau claironner que tout ça, c’est la faute à la spéculation, on se demande bien qui en tire le plus avantage : les « spéculateurs » non-agriculteurs prêts à payer au prix fort des vignes dont ils n’ont que faire ou les « non-spéculateurs » agriculteurs qui les vendent ?

  • * il s’agit de la FNSAFER
  • * la viticulture corse ne consomme pas plus de subventions que son homologue continentale et le ratio subventions/valeur ajoutée est sur l’île le plus faible de tout le secteur agricole.
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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:49

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Je laisse les hommages officiels, qui vont tomber comme à Gravelotte, aux communiqués officiels, pour vous confier ma tristesse de voir partir l'un des nôtres.

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Bon vivant Claude Chabrol l’était je peux en témoigner pour avoir eu la chance de dîner avec lui en petit comité lors d’un Festival d’Avoriaz. Gérard Brémond, avec sa malice habituelle, avait composé un tour de table très peu conventionnel. La discussion fut animée, j’en prenais pour mon grade puisque j’étais « la gauche au pouvoir » et Claude Chabrol, bon coup de fourchette, ne crachant pas sur le jaja, prenait un malin plaisir à prendre ma défense face à mes contradicteurs virulents. Nous avons passés une merveilleuse soirée, Chabrol ne se prenait pas au sérieux, ses yeux pétillaient derrière ses grosses lunettes, il savait attendre le bon moment pour placer ses traits plein de saveur et d’à propos. Il ne se prenait pas pour un génie, il avait encore une âme d’enfant un peu polisson. Comme le dit si bien Depardieu « Il avait cet amour de la nourriture, du partage, cet esprit drôle, il avait tout, il avait l'histoire du cinéma, la passion, il avait aussi l'enfance, il avait le rire, il avait aussi le plaisir »

 

Pour goûter du Chabrol à l’état pur lisez ce texte de lui datant du 3 mars 2003, mis en forme par Alain AUFFRAY et de BAECQUE Antoine et Vanessa SCHNEIDER, où il décortique – les jeunes diraient décalque – JP Raffarin le 1ier Ministre de l’époque puis la classe politique en général.

C’est féroce !

C’est du Chabrol !

C’est décapant !

Moi j’aime.

Allez Claude, bon voyage, à la revoyure, en attendant avec les bons vivants nous allons nous offrir un « Poulet au Vinaigre » en buvant de bons coups à ton repos que l’on dit éternel...  

 

Le personnage Raffarin décortiqué par Claude Chabrol:

 

«Il a une gueule, mais on ne sait pas de quoi»

 

Pour Claude Chabrol, la vie politique est un spectacle, animé par des acteurs plus ou moins convaincants.

 

Il apprécie particulièrement Jean-Pierre Raffarin, notable de province et personnage chabrolien.

 

Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de la France d'en bas, vous le trouvez comment ?

 

Il me ravit, c'est celui qui me plaît le plus parmi les nouveaux. Ce qui m'intéresse dans un cas comme Raffarin, c'est de voir à quel point il a dépassé son niveau de compétence. On se demande quand la vérité va éclater.

 

Finalement, je constate qu'il peut tenir quelque temps. Je lui donne un an. Ces raffarinades sont de moins en moins bonnes, c'est de plus en plus Monsieur Prudhomme.

 

Certaines ne veulent rien dire, j'espère qu'il va y avoir un recueil ! «La pente est forte, la route est droite...», c'est tellement con !

 

Après un certain temps, on se dit : «Ça va comme ça, tu as fait tes trois tours de piste, maintenant, au boulot !»

 

Là, il fait un tour de piste supplémentaire. Mais on va arriver au moment où le clown ne fera plus rire. Bientôt, il sera prié de sortir.

 

Aurait-il pu être un personnage de vos films ?

 

Oui, car il a un côté rusé. La seule chose qui me fait penser qu'il n'est pas si rusé que ça c'est qu'il veut faire très matois, mais quand on l'est vraiment, on a tendance à le cacher.

 

Il n'est pas mal comme acteur. Il a de la tchatche.

 

En même temps, il a un côté très soumis, il caresse le Medef dans le sens du poil, il cède sur la réforme de l'ISF.

 

Il a une adresse dans l'expression mais une maladresse dans l'action. Il a très astucieusement cultivé le type provincial.

  

Pourtant il a, lui aussi, tenté la conquête de Paris quand il avait 25-26 ans. Il a essayé mais a échoué, il n'a pas été le meilleur élève, alors il s'est contenté de la province et il est retourné en Poitou-Charentes.

 

Je lui conseillerais, s'il veut vraiment raffiner dans le côté notable de province, de trousser une ou deux bonnes vite fait bien fait et éventuellement de trouver une maîtresse dans une ville voisine, à La Rochelle, par exemple.

 

Si j'avais un matois à mettre dans un film, je choisirais un type dans son genre. Ou peut-être lui-même, quand il ne sera plus président du Conseil.

 

Vous dites président du Conseil !

 

C'est sans doute parce qu'il cultive ce côté bon temps de la IVe. Il me rappelle le petit père Queuille (Henri Queuille, président du Conseil entre 1948 et 1951, ndlr), ça fait un bout de temps !

 

Il avait un peu le même physique, et ce côté «laissons du temps au temps», «le bon sens près de chez vous».

 

Le physique de Raffarin est formidable, il a un côté maquignon, la tête coincée dans les épaules. Il a une bonne tête de face, mais il est inquiétant de profil.

 

Il a intérêt à ne pas trop se montrer de profil. Il a une vraie gueule, mais on ne sait pas une gueule de quoi.

 

Moi, j'ai une tête d'oiseau, lui, c'est difficile à dire : un peu taureau, mais pas tout à fait.

 

Vous faites de la morphopsychologie...

 

Je crois assez à la gueule des gens. Ça m'a rarement trompé. Jacques Crozemarie, par exemple, je ne lui ai jamais donné un rond parce que je trouvais qu'il avait une sale gueule.

 

 

Les politiques sont à peu près évidents. Quand on les voit, on voit ce qu'ils sont. Jospin le psychorigide, ça se voyait sur son visage.

 

Pareil pour Chirac, la grande gidouille qui tourne au vent.

 

Les élus qui sont proches du FN, les Millon, Soisson, Blanc et consorts, on les reconnaît à leur visage. On ne leur achèterait pas de voiture d'occasion.

  

Sarkozy est intéressant, mais, c'est comme à Michel Jobert, il lui manque 15 centimètres. Mitterrand c'était la taille minimum, en dessous, c'est pas possible.

 

Dans votre film, Nathalie Baye incarne une candidate à une élection municipale. Vous avez un modèle ?

 

La coiffure de Nathalie Baye est une imitation de celle de Michèle Alliot-Marie quand elle se présentait à la tête du RPR.

 

On a fait très attention, on a beaucoup travaillé sur la manière de s'habiller, les tailleurs très stricts et les corsages qui font très légèrement ressortir les nichons pour montrer qu'on est femme malgré tout, malgré un look pas très dans le vent.

 

Pourquoi constitue-t-elle votre héroïne de la politique ?

 

Parce qu'elle veut sortir de chez elle, c'est souvent comme ça chez les notables de province.

 

Le vrai ambitieux c'est son adjoint. J'avais suggéré Jean-François Copé (porte-parole du gouvernement, ndlr) comme modèle. Mon fils Thomas, qui joue le rôle, a préféré Renaud Dutreil (secrétaire d'Etat aux PME, ndlr).

 

Il m'a signalé qu'il mettait quarante-cinq minutes pour se faire faire son brushing, ça veut dire que les politiques y passent aussi beaucoup de temps.

 

Quel temps perdu pour la France ! C'est du travail de comédien.

 

Les politiques sont fous d'embêter les intermittents du spectacle, car eux-mêmes en font partie sans le savoir !

 

Et le Pen, c'est aussi du spectacle ?

 

Ah, Le Pen ! Sur Le Pen, je ne peux pas être totalement objectif.

 

Je l'ai vu faire tellement de conneries (Le Pen et Chabrol se sont côtoyés à la faculté de droit, ndlr) que je ne peux pas croire qu'il représente un danger.

 

Fallait voir sa tête le 21 avril, on voyait qu'il se disait : «Mon Dieu, combien ça va encore me coûter cette connerie ?»

 

Je n'ai pas voté au second tour de la présidentielle car je ne voyais pas de véritable risque et je pensais qu'un 80 % à Chirac serait plus gênant qu'autre chose.

 

La politique serait devenue une affaire de casting ?

 

Oui, car les véritables questions politiques sont indéchiffrables et incompréhensibles pour la plupart des gens.

 

Il n'y a plus de lutte des classes, il n'y a plus d'ennemis, plus de vrais combats idéologiques, alors c'est l'apparence qui compte.

 

Nous, les votants, on ne peut pas faire autre chose que de choisir sur la gueule des gens.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 00:09

Caillou-8379.JPG

Avec Georges Pompidou c’est un gourmet qui entre à l’Elysée et, très vite, sa table va être considérée comme « l’une des trois bonnes tables officielles de Paris, avec celles de l’ambassade britannique – au temps où y régnait le bon vivant de Soames, gendre de Churchill – et e l’ambassade de Chine » Aux commandes : Marcel Le Servot dont Pompidou a apprécié le savoir-faire à Matignon et qui va le suivre à l’Elysée. Il sera de tous les grands déplacements, en particulier à Moscou et à Pékin, où il préparait de somptueux dîner à l’ambassade de France. Le président traitait Le Servot comme un véritable collaborateur et il examinait huit jours à l’avance, avec Claude, son épouse les menus proposés par son chef et il barrait les plats qui ne lui plaisaient pas.

Pompidou était certes gourmand mais aussi gourmet. Friand de cuisine régionale, dans l’intimité le pot-au-feu, la potée nivernaise, le baron d’agneau avec sa jardinière de légumes figuraient à sa table. L’Auvergnat ne reniait pas ses origines. Il rêvait, dit-on, de révéler à ses hôtes nos grands plats de province : cassoulet, choucroute, blanquette de veau, haricot de mouton mais son audace, contrairement au mobilier et au décor art moderne de ses appartements, il s’en tint à la cuisine traditionnelle : suprême de turbot à la béarnaise, selle d’agneau, poularde farcie, foie gras des Landes, soufflé glacé ou nougatine. Seule innovation, à la demande des sénateurs de la Martinique, l’introduction du punch antillais au buffet des réceptions de l’Elysée.

« Mais, comme le Général de Gaulle, Pompidou ne s’attarde pas à table. Et seul, ou avec quelques collaborateurs, il déjeune souvent d’une grillade sur le coin du bureau au milieu des dossiers. » Les Pompidou ne se plaisent guère à l’Elysée et dès qu’ils le peuvent ils s’en échappent pour gagner leur appartement du quai de Béthune, leur villa d’Orvilliers aux week-ends, et ils font de fréquents séjours à Cajarc.

Comme pour le Général je compléter ce petit tableau par quelques anecdotes sur Georges Pompidou et le vin tirées du livre de Corinne Lefort et Karine Valentin Grand Palais : « Après avoir été professeur de lettres au lycée Henri IV à Paris, puis chargé de mission au cabinet du Général de Gaulle, il entre en 1953 à la banque Rothschild. Il fréquenta alors les grands restaurants de la capitale et déguste en connaisseur les plus grands vins des propriétés bordelaises que possèdent les célèbres banquiers et leurs cousins : Lafite-Rothschild, Duhart-Milon, Mouton-Baronne-Philippe, Clarke etc. Mais au fur et à mesure des opportunités gastronomiques, Georges Pompidou accorde sa préférence à un Cru Bourgeois de Moulis, et plus précisément au vin du Château Poujeaux qui ne figure pas dans le patrimoine viticole de ses employeurs. C'est là tout le mérite de Georges Pompidou, que de se fier à ses propres goûts sans idées préconçues.

Que lui soit servi dans l'au-delà un festin semblable à celui qu'il fit composer pour le dîner en l'honneur fr la reine des Pays-Bas au palais du Grand Trianon le 19 juin 1972 : foie gras du Quercy, homard à l'armoricaine, selle d'agneau aux girolles, jardinière de légumes, coeurs de laitue, fromages, fraises glacées Trianon. Il en choisit personnellement les vins : Château La Tour Blanche 1955, Puligny-Montrachet 1969, Château Haut-Brion 1964, Laurent Perrier Grand Siècle.»

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 00:09

Mon titre sous des dessous forts légers et une apparence par trop volatile est pourtant le chapeau d’une chronique on ne peut plus sérieuse. Vous n’en doutiez pas je l’espère. La mine où je suis allé puiser ce minerai c’est bien évidemment Le spécial Vins du Point qui est le bébé dodu que Jacques Dupont porte chaque année sur les fonds baptismaux de la cause du vin depuis je ne sais combien d’années. Cette année 2010 le parrain du bébé est feu Roger Dion, géographe et historien, professeur au Collège de France, qui a lu, lors du baptême, quelques beaux passages de sa Somme « Histoire de la Vigne et du Vin en France, des origines au XIXe siècle », accompagné de feu Pierre Desproges qui lui tenait la burette d’huile pour l’onction du poupon en répétant à l’envi « On peut boire de tout mais pas avec n’importe qui ».

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C’est allongé sur la plage pour me sécher après ma visite matinale aux poissons de la baie – j’adore les bancs de barracudas, je les suis, je me fonds dans leur sillage, j’en suis un – que le bébé « Duponnien » me fut porté alors que le soleil montait dans un ciel encombré de nuages. Sur la couverture du Point Christophe Curtat, un verre de Saint-joseph à la main, me contemplait d’un air avenant. Alors, vous commencez à me connaître, bien évidemment je me suis sitôt jeté sur la page 168 consacrée au Saint-joseph et je tombai à nouveau sur le souriant Christophe Curtat, toujours un verre à la main, mais juché entre les branches d’un arbre. Étrange face à face que ce jeune vigneron en pantacourt dans un arbre et moi en calcif de bain sur le sable. Pour en savoir plus sur la tête d’affiche de mon Dupont Merveilleux du Vignoble je me plonge dans la bio du susdit et qui lis-je ?

« J’ai travaillé avec mon père, paysan céréalier dans le nord de l’Isère, puis je suis parti dans l’industrie. J’ai été responsable d’une agence de travail temporaire, et encore avant d’une boîte qui fabrique des bornes d’incendie. En dernier, je vendais des bijoux et des ornements pour la lingerie féminine ! »

Tiens, tiens, mon sonar reniflait un bon filon et je repartais vers la page 157, qui est le point de départ de la présentation des 13 appellations au top, pour parcourir les CV des emblèmes de vigneronnes &vignerons choisis par notre Dupont (sur la couverture c’est un mec, Christophe Curtat, au-dedans c’est une femme à chapeau Annick Pérolari dans ses vignes de Berlou, le Jacques y sait y faire dans le bon dosage, la parité comme on dit aujourd’hui).

Que lis-je sur la première bio ?

Haut-Médoc Sophie et David Faure Château Mille-Roses : que dit David qui a perdu ses parents très jeune, dont le père était vigneron et céréalier. « J’ai fait mes études à Beaune. J’avais vingt ans, un BTS viti-oeno en poche, du bien, mais pas de transition familiale affective. Je voulais un projet de vie. Alors je suis devenu éducateur sportif, moniteur de parapente, ça m’a permis de gagner de la confiance en moi et de rencontrer Sophie... »

Je tenais mon titre mais pas encore ma chronique. Retour à Christophe Curtat « J’ai commencé en 2005, un petit bout de vigne en location, on a tout bu avec les copains. En 2006, j’ai trouvé 1 hectare à louer et j’ai commencé à vendre. J’ai tout le temps squatté chez les autres, c’est pour cela que mon vin s’appelle Nomade [...] Aujourd’hui j’ai 4 hectares, et enfin je vais être chez moi. » Puis de nouveau David Faure « Le projet, je l’ai monté à 29 ans. Premier millésime en 1999, avec 0,50 hectare. Maintenant j’ai ici 9,50 hectares, les autres terres de mes parents sont en location. Elles m’ont permis de réhabiliter les bâtiments. »

Je tenais déjà un beau bout de ma chronique sur l’installation de nouveaux vignerons venus d’ailleurs. Comment faire pour s’installer lorsqu’on n’a pas de terre ? Christophe Curtat répond sans prendre de gants « On peut s’installer, mais sans rien au départ ce n’est pas évident. Il y a deux mondes du vin : ceux qui sont installés, qui font des belles choses et qui sont ouverts. Transparents sur leur compétence, ils ont envie de faire passer le message. Les autres, très protecteurs, très paysans, ne sont pas les plus compétents, mais ils ont les terres. Aller voir les anciens et attendre qu’ils aillent plus mal pour récupérer leurs vignes, je ne sais pas faire. Et puis les prix grimpent. De 40 000 à 120 000 euros l’hectare en dix ans. » Beau sujet que celui-ci où la libération des droits de plantation pourrait peut-être faire bouger la situation, mais ça c’est une autre histoire que Florence Kennel (Bruxelles dérégule Paris pleure) dans le même numéro préfère occulter en entonnant les couplets qui plaisent tant aux gens en place.

Revenons à nos néo-vignerons, ma quête s’avérait plus que fructueuse puisque se rajoutèrent à mes deux initiaux 4 autres petits nouveaux ce qui portait mon score à 6 au moins sur 13 ce qui validait ma fulgurante intuition initiale :

Santenay Domaine Bachey-Legros, Christiane Bal « J’étais psychologue clinicienne, les vignes étaient en fermage. J’ai commencé à revenir quand mes fils ont montré qu’ils voulaient reprendre. J’ai fait avec 0,5 hectare, en douceur. J’étais en libéral, il fallait que progressivement je dise à mes patients que j’arrêtais. J’ai véritablement cessé mon activité en 1997 »

 

Beaujolais Château les Bachelards Sophie et Lilian Bauchet « Durant dix ans, j’ai été à mon compte à la tête d’une société d’informatique de gestion dans l’Oise. On a acheté en juillet 2007. On voulait changer de vie, et je suis vraiment amateur de gamay, mon père avait une bonne cave, avec un goût particulier pour les crus du Beaujolais. On a choisi la région. On a flashé sur le lieu, l’environnement et les vignes, où on passe facilement avec les tracteurs pour le bio. Les gens râlent un peu en voyant de l’herbe dans les vignes, mais ils viennent voir, ils acceptent. On a 5 hectares en fleurie, 1,2 ha en moulin-à-vent et un peu moins de 1 hectare en beaujolais-villages. L’époque où je gagnais de l’argent est révolue, mais j’ai gagné autre chose. Ma légitimité démarre, je veux la construire. »

Bergerac Château Jonc-Blanc Isabelle Carles et Franck Pascal « Franck vient de Madagascar, moi de Paris. On a travaillé dans l’ingénierie alimentaire, la boulangerie industrielle, les abattoirs de poulets, une entreprise rachetée par un groupe allemand qui a fermé le secteur agro-alimentaire, et on est parti à la Réunion. Franck bossait pour une boîte d’importation de produits phyto et de bitume. Je suis revenue fin 1998, j’avais un peu de mal à accrocher. Franck a suivi. Il a sacrifié sa carrière et ma rejointe. Ici, on a trouvé par la Safer, on avait le statut de jeunes agriculteurs. En 2000, le foncier était très haut, on pouvait préempter, mais il fallait la plus grande discrétion, on n’a donc rien visité, on est resté au bout de l’allée. Les premiers temps, quand on revenait des vignes, on ne pouvait même plus descendre de voiture tellement on était perclus de douleurs. On a eut de la chance que ce soit le millésime 2000. »

Saint-Chinian Domaine de Cambris Annick Pérolari « J’ai vécu en Afrique avec mes parents, je suis rentrée à 17 ans, un peu perturbée car je ne comprenais pas la mentalité d’ici. Je me suis installée en  J’étais l’assistante dentaire de mon mari. C’est lui qui était attiré par le vin. En fait, je réalise son rêve, mais c’est sans regret. La formation m’a permis de comprendre le métier, mais c’est avec la première vinification que j’ai vraiment eu de l’émotion. Toute cette évolution dans les cuves... J’ai alors ressenti ce qu’un homme pouvait ressentir. Nous les femmes, on connaît la maternité ; pas les hommes qui, avec le vin, se conduisent comme avec un bébé : il faut le surveiller, prendre la température, etc. C’est ce qui a déclenché mon affection pour le métier. »

Voilà mon travail de mineur, d’extracteur de pépites, terminé. Même si certains trouveront que tout cela est bien anecdotique, rien qu’une simple mise en avant journalistique de trajectoires individuelles bien particulières, microscopiques, peu représentatives de la grande masse des vignerons, moi je trouve dans ces portraits matière à réflexion sur la forte attractivité de la vigne et du vin sur des hommes et des femmes venus d’horizon très divers. Tel n’est pas le cas pour d’autres activités agricoles. Reste pour moi une grande interrogation : la pérennité de ces démarches individuelles dans la jungle, le maquis de la vente de ces vins de micro-producteurs. Certes notre Dupont Merveilleux du Vignoble en mets une petite poignée en avant, les promeut, mais combien d’entre eux restent dans l’ombre, sur le bord du chemin, cherchant des clients dans des salons, passant beaucoup de leur temps pour parfois des résultats bien minces. Je ne sais mais ça me pose vraiment question.

Bon il ne vous reste plus qu'à lire la Bible, pardon  Le spécial Vins du Point moi je redécolle, non non je ne vais pas faire du parapente mais je retourne sur le continent comme on le dit ici, quand on ne dit pas « en France». J'espère que mon commentateur-fleuve (ce n'est pas une critique mais un simple constat) Luc Charlier qu'est dans la lignée des gens d'au-dessus - je n'ai pas écrit d'en haut pour ne pas froisser ses attaches au père Léon - va nous dire comment il a atterri au fin fond de la ptite Catalogne française...  

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 07:55

Désolé de vous importuner pour vous parler encore de moi comme me le reproche Showviniste, alias Olivier Le Baron de Vitisphère,  qui chronique dans Terre de Vins http://terredevins.com/blogs/showviniste/ , je propose à votre lecture un papier qui m’a été transmis par un ami vigneron lecteur. Il émane de Politis. Je rappelle, à tous ceux qui estimeraient que la parole n’est donnée qu’aux anti-OGM, que j’ai sollicité l’INRA Colmar, pour qu’il nous donne son point de vue mais il n’a pas daigné me répondre. J’attends d’être à Paris la semaine prochaine pour m’adresser à sa présidente. À défaut de voir Terre de Vins ouvrir ses colonnes au débat (mais dites-moi qui vous finance et je vous dirai qui vous êtes), les miennes bien petites le sont à toutes celles et ceux qui ont un point de vue, une analyse ou une transmission d’informations...

 

Politis, jeudi 2 septembre 2010, par Noëlle Guillon

 

Des pieds de vigne transgéniques ont été arrachés le 15 août dans un champ expérimental de l’Inra à Colmar. Au-delà du débat sur la sécurité des OGM, l’affaire révèle une politique tournée vers les agro-industries. D’autres façons d’innover existent pourtant, soulignent des chercheurs.

 

Les vignes OGM déterrées le 15 août dans un champ expérimental de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Colmar exhument une réalité souterraine complexe et ramifiée. Celle de la privatisation d’un institut de recherche public. L’organisme de recherche appliquée a de plus en plus de mal à développer des approches suffisamment plurielles pour permettre au plus grand nombre d’en bénéficier. Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum d’histoire naturelle, généticien et détracteur des OGM, exprime le fond du problème : « Avec cette vigne, c’est une perte de temps d’évoquer les risques, qui sont ici minimes. L’enjeu, c’est le lobbying qui sous-tend cette affaire. Cette vigne est un cheval de Troie. » Selon lui, et pour des syndicats comme SUD, la Confédération paysanne ou encore Greenpeace, cette vigne résistante au court-noué, une maladie virale courante, servirait d’instrument de passage en force des OGM. Olivier Le Gall, chef du département Santé des plantes et environnement à l’Inra, qui coordonne l’étude, reconnaît que « cette vigne était un bon support de discussion ». L’étude a d’ailleurs fait l’objet d’une mise en place concertée, avec un comité de suivi local incluant des ONG environnementales. Pour Guy Kastler, de la Confédération paysanne, associée à la concertation, le dialogue était biaisé pour des raisons politiques dès le départ  : « Les seules informations données au comité de suivi provenaient de l’organisme consulteur ! » À la suite de la visite de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, le 24 août, sur le site de Colmar, la Confédération paysanne dénonce « un objectif politique et non une question scientifique pour résoudre le problème du court-noué ». Un pas de plus dans la rupture du moratoire sur les OGM, après l’autorisation de commercialisation et de culture le 25 juillet de deux variétés de maïs transgéniques du groupe Maïsadour.

 

Pour comprendre cet empressement de la France à revenir en force sur la scène OGM, il faut s’intéresser à la politique de l’Inra sur les biotechnologies au cours des dix dernières années. En 1999, les ministères de la Recherche et de l’Agriculture lancent le programme Génoplante de financement de la recherche moléculaire pour l’amélioration des plantes. Un budget de 391 millions d’euros qui a profondément modifié le visage de la recherche dans ce domaine, crucial par ses enjeux alimentaires. Christophe Bonneuil, historien des sciences au CNRS, a été consulté par l’Inra en 2001 pour la production d’un rapport sur la pertinence des recherches en biotechnologie. Il a depuis sorti un livre sur le sujet en octobre 2009, Gènes, pouvoirs et profits. Et a été désavoué par l’organisme qui l’avait sollicité. « Génoplante est conçu, par le ministère, comme un appui aux champions économiques nationaux », écrit-il dans son ouvrage. Car derrière Génoplante il y a entre autres Limagrain, numéro quatre mondial des semences, et Rhône-Poulenc, qui espère récupérer de nouvelles molécules valorisables.

 

Le fonctionnement même de Génoplante est sournois. « Pour être accepté, un projet devait comporter une collaboration avec une entreprise privée. Or, les fonds étaient majoritairement publics [à hauteur de près de 75 %, NDLR]. C’est du détournement d’argent public à destination d’intérêts privés ! », dénonce Isabelle Goldringer, généticienne à l’Inra, syndiquée à SUD. Historiquement, l’une des vocations de l’Inra était de répondre aux besoins de création de nouvelles variétés. Une prérogative perdue depuis quelques années. « Avant, l’Inra travaillait en lien avec les agriculteurs ; ceux-ci sont remplacés par les industries semencières », déplore Christophe Bonneuil. Alors que dans les années 1970 l’Inra disposait d’environ 70 programmes de création de nouvelles espèces, il n’en poursuit que 7 ou 8 actuellement. Une réalité dommageable surtout pour les espèces rustiques ou présentant des résistances naturelles aux agresseurs, qui n’intéressent pas le privé. « Maintenant, l’Inra s’est transformé en service de recherche en génomique, pourvoyeur de gènes intéressants pour les firmes », souligne le chercheur.

 

Cette tendance s’intensifie via de nouvelles entités, la filiale Inra Transfert, spécialisée dans le dépôt de brevet sur le vivant, ou encore Agro Biotech Accélérateur, une joint venture (coentreprise) entre Inra Transfert et le fonds d’investissement Seventure Partners, de Natixis. Leur objectif ? Soutenir l’émergence de start-up à valoriser en Bourse. « Le partenariat avec le privé n’est pas une mauvaise chose en soi, explique Jean-Louis Durand, de la CGT-Inra, ce qui est dommageable, c’est de voir que sont engagés des choix stratégiques qui ne relèvent plus de la science. Avec la combinaison d’approches, l’Inra répondait à des questions agronomiques, elles sont remplacées par des objectifs posés dès le départ. »

 

La compromission menace les chercheurs. Le nouveau point de crispation entre pouvoirs publics et syndicats, ce sont des primes d’excellence et, plus récemment, des primes d’intéressement. L’idée est de récompenser les chercheurs les plus méritants par des gratifications personnelles. En pratique, les exposer à la tentation de recherches à court terme et directement valorisables. « Ces rémunérations vont casser l’esprit d’équipe. Il est même prévu de les rendre secrètes. Cacher l’excellence, ça en dit long sur la moralité de la chose ! », s’indigne Jean-Louis Durand. Un outil de plus en tout cas pour séduire des chercheurs perméables aux théories dominantes de l’agro-industrie. Il relativise tout de même : « Le chercheur-manager reste encore un mythe, mais la morale change. Le danger, c’est de perdre de vue la question fondamentale, celle de l’agriculture que nous voulons. »

 

Repères

 

OGM : organisme obtenu par l’introduction dans son génome d’un gène d’une espèce différente.

 

Génomique : branche s’intéressant aux gènes valorisables par sélection classique ou OGM.  La dérive étant le dépôt de brevet sur ces gènes. La stratégie commerciale des agro-industries repose sur la combinaison d’un gène de résistance à un intrant et la vente de cet intrant.

 

Sélection participative : une des approches peu développées à l’Inra, fondée sur le maintien de la biodiversité par l’échange de semences entre agriculteurs

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:09

Au risque de déplaire à l'ami François le Débonnaire qui, pour son 2d Davos du vin, a inscrit à l’ordre du jour une belle question : « Comment parler du vin aux jeunes ?» et qui a mobilisé pour y répondre un grand érudit du vin, Jean-Robert Pitte, j’affirme que bien plus que le fond, le ce qu’il faut leur dire, leur transmettre, leur inculquer, c’est la manière de faire qui est déterminante. Bâtir de beaux discours, façonner de superbes argumentaires, en appeler à la culture du vin, constitue bien sûr le socle sur lequel il faut fonder le discours mais toute cette belle approche en chambre, ce plan de bataille élaboré par un état-major pétri de culture, risque fort de ne pas dépasser les murailles du cénacle, de rester lettre morte faute d’être en capacité de toucher les intéressés.

Au temps de la Télévision triomphante le succès de l’émission de Bernard Pivot « Apostrophes » tenait à sa forme ludique, à son amour simple des livres, à l’éclectisme de ses invitations, à sa capacité de briser le cercle des initiés. Proposer une émission populaire, sans tomber ni dans la vulgarité, ni le racolage, est bien plus difficile que de ronronner, de se congratuler entre soi. Bernard Pivot a su toucher les gens, de tous âges et de toutes conditions, les attirer vers le livre, le goût de lire, sans exclusive, grâce à une dramaturgie soignée, une mise en scène s’adaptant à la pâte humaine qu’il recevait, alliant légèreté, profondeur ou franche gaité. C’était tout sauf chiant ! Et Dieu sait si le petit monde parisien des lettres est fermé, consanguin, snob, nombriliste, et tout et tout, mais ils y venaient tous sur le plateau. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient la certitude que s’ils réalisaient une bonne prestation ils toucheraient des lecteurs, des messieurs et madame tout le monde qui, pour beaucoup ignorait jusqu’à leur existence. L’émission de Pivot à fait évoluer le métier de libraire, l’a rendu plus attentif à une nouvelle chalandise. Bref, même si certains vont crier à la marchandisation du livre, qui est bien réelle, il n’en reste pas moins vrai qu’on n’attrape jamais les mouches avec du vinaigre.

L’ostracisme des gestionnaires des grandes chaînes de TV généralistes ou des bouquets  à l’endroit du vin, qui dépasse largement les prescriptions de la loi Evin, ne permet pas de développer sur ce média fort des émissions grand public diffusées dans des créneaux horaires intéressants. Je le déplore mais vu l’état des forces en présence et l’incapacité du monde du vin à s’unir – ou si peu – je pressens guère un changement de jurisprudence dans les temps qui viennent. Là encore François, sans m’occuper de ce qui ne me regarde pas, comment un Davos du Vin peut-il faire l’impasse sur ce point capital ? Trop franchouillard sans doute mais, même si les marchés émergeants doivent être chouchoutés, il n’en reste pas moins vrai que notre beau pays, s’il veut garder son pouvoir d’influence, qui reste réel en dépit de nos comportements gaulois, les gens du vin se doivent d’exister, de peser, face à ceux qui font l’opinion. Se lamenter, pester, et pourquoi ne pas manifester comme le suggérait JR Pitte lors du débat sur la publicité « alcool » sur la Toile...

Bonne transition, reste la Toile qui comme son nom l’indique, est en capacité de capter, d’attraper, si je puis m’exprimer ainsi, tous ceux qui s’y baladent pour une raison ou pour une autre. Son pouvoir de démultiplication est infini, la capacité de s’y noyer ou de s’y perdre aussi. J’ai le souvenir des sourires entendus, du scepticisme lorsqu’il y a 5 ans je me suis lancé dans l’aventure du blog : joujou d’adolescents boutonneux, pas sérieux Berthomeau ça sent le besoin d’exister à tout prix tout au fond de ton placard. Par défi j’affirmais : nous sommes les radios libres de 81, le seul impératif : durer, faire son trou avec patience, conviction, mais aussi donner une couleur à sa ligne éditoriale, faire des choix de sujets jamais abordés, se ramasser la gueule, tirer parti de ses échecs, ne pas se prendre pour un prescripteur parce que l’on a une belle poignée de lecteurs, perdurer... occuper l’espace, y déposer des graines qui un jour lèveront – si je poste tous les jours c’est pour cette seule raison, être référencé sur un sujet – Je m’explique car c’est là la force de la Toile.

Le blog, contrairement à un site internet, est dynamique, il s’inscrit ou peu s’inscrire sur ou dans des trajectoires initiées par d’autres bien plus puissants que vous grâce à des liens par exemple. C’est l’effet de levier bien connu. Mais pour en bénéficier, comme l’aurait dit monsieur de la Palice  encore faut-il être présent, avoir investi sur un sujet, une personnalité, un fait du jour... Je ne vais vous faire un cours sur les mots-clés qui sont les petits cailloux du Net. Mais il y a un mais, pour que les petits cailloux puissent tomber sous les yeux des surfeurs encore faut-il être bien référencé par les moteurs de recherche : le tout puissant Google en premier bien sûr. Pour ma part j’ai bénéficié de l’effet « rapport Berthomeau » sur la Toile dès 2001 qui m’a permis d’être bien référencé par lui.

Pour illustrer mon propos je vais prendre un exemple récent :

 

L’effet nouvelle émission de TV : celle de TF1  Master Chef (qui a fait l’objet d’une grosse campagne de pub :

 

Deux cas de figure pour le surfeur :

 

-         soit il tombe sur le site de l’Express.fr un post « Master Chef la recette d'un show bien huilé » où il est écrit :

 

Rajoutez une pincée de Nouvelle Star...    

« TF1 a décidé de pimenter son programme en faisant appel à un jury de professionnels digne du télé crochet musical de M6. Sébastien Demorand/Philippe Manoeuvre, Frederic Anton/Manu Katché et Yves Camdeborde/Dove Attia sont prolifiques en remarques cultes du type « je n'ai pas bu de vin, mais vous m'avez saoulé » et prompts à faire passer les aspirants cuisiniers sur le grill. Sans doute une des seules vraies réussites du programme »

Si vous cliquez sur Sébastien Demorand vous tombez où ?

Sur une chronique du mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 00:03

 « 3 Questions à Sébastien Demorand « briseur d’étoiles » http://www.berthomeau.com/article-32594230.html

-         soit il en ayant tapé Sébastien Demorand sur Google sur la 1ière page en 5ième Position il trouve 3 Questions à Sébastien Demorand « briseur d'étoiles » - Le blog ...16 juin 2009 ... Dans la famille Demorand ce matin je cuisine Sébastien avec mes 3 Questions après m'être éveillé au son de la voix de Nicolas sur ... www.berthomeau.com/article-32594230.html  - En cache - Pages similaires

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Résultat des pics de connections de 1000/jour et depuis un flux régulier de connections... Si je vous décris le phénomène ce n’est pas pour flatter mon ego ou parce que j’ai les chevilles qui enflent, mais tout bêtement pour vous dire que ce faisant j’ai attiré sur mon blog une population qui n’y serait jamais venue autrement. C’est de l’hameçonnage qui se traduit, en un % difficile à évaluer, par de nouveaux lecteurs, de nouveaux abonnés. Même si ça peu paraître microscopique, insignifiant, il n’en reste pas moins vrai que ça a plus d’impact auprès de la population des non-initiés qu’un article dans une revue spécialisée qui par construction ne s’adresse qu’à des initiés et qui tombe dans l’oubli très rapidement.

Cet effet est régulier, l’ampleur de la réactivation dépend bien évidemment de l’impact du sujet sur la population mais, presqu’à tout coup c’est de la télévision que provient le déclenchement. Alors ne vous étonnez pas lorsque parfois j’aborde des sujets qui vous paraissent périphériques, sans rapport direct avec vos préoccupations du moment – mais il faut de temps en temps aussi lever le nez au-dessus du guidon ça permet de mieux humer les tendances – ce sont mes petits cailloux mes investissements à long terme, certains auront un retour d’autres non mais qui ne tente rien n’a rien. Bien sûr ce n’est qu’une petite contribution pour la cause de l’extension du domaine du vin aux non-initiés, à ces jeunes que François dit vouloir s’adresser. Le vecteur blog les touche bien plus que tous les colloques, articles ou autres joyeusetés. Et si nous conjuguions nos efforts au lieu de rester enfermé dans nos cercles d’initiés, si nous ouvrions des fenêtres sans asséner nos certitudes, et si nous cessions de nous éparpiller, de nous faire plaisir...

C’est donc avec un certain sourire que je consulte les sondages sur les blogs qui ne sondent que la population des initiés qui, à juste raison se tournent vers des prescripteurs qui leurs donnent de bons tuyaux, de bonnes adresses... Pour ma part je n’ai ni la compétence, ni le goût pour une telle approche parfaitement légitime mais qui ne fait que transporter ce qui se fait dans la presse écrite sur le Net. Certains vont m’accuser en lisant ces lignes de m’auto-attribuer une fonction supérieure à celles de mes collègues que je lis avec le plus vif intérêt, que nenni ! Ni hauteur, ni supériorité seulement un champ d’action différent que je mets à la disposition des gens du vin. Mon souhait le plus cher c’est qu’ils en profitent. Que vous, vignerons, celles et ceux qui font et vendent le vin en profitiez tout en étant les « appâts » de tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui passent du temps sur la Toile et qui, au hasard tombe chez www.berthomeau.com. Comme je l’ai écrit récemment, et ce n’est pas en contradiction avec ce que je viens d’écrire, je ne suis pas un bloggeur influent, mais un Petit Poucet qui, grâce à vous, à vos vies, vos produits, vos histoires,  qui je le répète essaime ses petits cailloux ou ses petites graines comme l’aurait dit ma mémé Marie à propos des enfants qui naissaient dans les choux. C’est ça qui m’amuse. C’est ça qui me motive.

Pour clore ce prêche pro-blog, dans le même esprit de prosélytisme pour la cause du vin, l’organisation de mon « Grand Concours de l’été » m’a amené de nouveaux abonnés, de nouveaux lecteurs. Si j’ai pu le mettre en œuvre c’est grâce à la gentillesse de mes amis que j’ai tapé pour les lots. Je les en remercie beaucoup. Sans grands moyens, sans logistique, avec un petit peu d’imagination il est possible d’être ludique, de contribuer à faire aimer le vin. Je m’étonne que les grands zinzins qui croulent sous vos cotisations, n’investissent pas un centime dans l’intelligence de nos concitoyens. Bien sûr les plaquettes papier glacé ou les campagnes de pub ça flatte plus l’ego du président et ça justifie le rôle éminent de la structure. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, je n’ose écrire quand on peut faire comme tout le monde. Franchement, pour sortir du lot, se distinguer, faire le buzz, soit on fait le coup du Poulet de Loué (ma chronique http://www.berthomeau.com/article-le-poulet-de-loue-ne-dit-pas-la-verite-il-doit-etre-execute-54605785.html qui m’a valu un message sympathique de la direction de l’entreprise adepte de l’humour et de la précision), soit on se remue les méninges pour sortir des sentiers battus des vendeurs de com en kit. Mais bon c’est votre argent amis vignerons, ce n’est pas le mien. En matière d’humour je salue au passage le Président de la région Aquitaine Alain Rousset qui m’a fait savoir qu’il avait été très sensible à mon Adresse pour sauver le soldat Sheppard du bûcher  http://www.berthomeau.com/article-adresse-a-alain-rousset-president-de-la-region-aquitaine-il-faut-sauver-le-soldat-zoe-sheppard-du-bucher-55202213.html

Je m’en tiens-là car je sens que ceux qui m’adorent commencent à voir poindre de l’urticaire sur leur peau de maîtres du troupeau... Ruez-vous sur vos mulots pour dézinguer ce prétentieux Berthomeau ! La chasse est ouverte ! Mais comme je ne suis plus un perdreau de l’année je ne risque pas grand-chose...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:00

« La face cachée du vin » de Baraou&Septime, que je n’ai ni acheté, ni lu, mais que l’ami Stéphane Derenoncourt va m’offrir après lecture, agite le petit marigot de la Toile depuis que le Tambour Major, dit aussi Tonton Clarinette, alias Périco Légasse lui a apporté sa caution, j’écrirais même son onction extrême – Olif aussi d’ailleurs. Comme je suis à la fois un chroniqueur en cave particulière, ici, et chroniqueur coopérateur sur les 5 du Vin – où je suis comme un cheveu sur le crane de Yul Brunner en compagnie de gars qui savent de quoi y causent – j’ai commis un patchwork de l’affaire lundi dernier dans notre chais collectif. http://www.les5duvin.com/article-perico-legasse-quel-imbecile-ceux-qui-boivent-du-puzelat-comprendront-la-profondeur-de-sa-betise-56574833.html

 

Pas sûr qu’après avoir lu le bouquin de Baraou&Septime je chronique dessus. Pourquoi donc ?


Déjà le titre à un petit goût de « La Face cachée du Monde » de Péan ce qui voudrait donc dire que Baraou&Septime se glissent dans la peau de spécialistes de l’investigation pour lever le voile sur des comportements, des pratiques que l’on cache au grand public. Des faits concrets, des enquêtes approfondies, des révélations, pour étayer ce qui, qu’ils le veuillent ou non, revient à dire qu’il y a une face présentable du monde du vin et une qui, si vous me permettez l’expression, n’a pas les fesses propres. Convenez que ça n’est pas rien ! Les extraits que j’ai lus sur le site « les Picrates » de Facebook me troublent car le propos se rapproche plus du  « côté obscur de la force »d’Anakin Skywalker de Star Wars que du journalisme d’investigation. Et c’est là de PM Doutrelant avec « Les Bons Vins et les autres » remonte à la surface de ma petite tête de chroniqueur sis en Corse depuis 3 semaines.


Ce matin je suis monté de bonne heure au Clos d’Alzeto.(chronique de 2008 http://www.berthomeau.com/article-22597044.html )  Le ciel était lourd d’orage. Avec Pascal Albertini nous sommes allés dans ses vignes, il les aime ses vignes perchées, il les bichonne, il en parle avec passion, elles sont belles, pas d’une beauté fabriquée mais de celle qui respire l’harmonie d’une sculpture façonnée de la main de l’homme. En trente années, du maquis improductif, à force de travail, de ténacité, d’intelligence, il a créé le Clos d’Alzeto. Et je me souvenais de ce qu’écrivait l’ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble dans son livre « Choses Bues » « J’ai plutôt tendance à trouver ringards tous ceux qui n’ont du mot terroir qu’une définition naturaliste, comme si c’était le fruit d’une sorte de génération spontanée. Le terroir béni des dieux, créé de toute pièce par Dame Nature qui en aurait fait don aux hommes, me donne envie d’aller me coucher. C’est de la philosophie de syndicat d’initiative. » Alors de quel côté de la force placeriez-vous le Clos d’Alzeto, vous les messieurs qui vivez du vin, j’écrirais même sur le dos de ceux qui font le vin ? Sans doute est-il plus facile de vendre des mots que de faire du vin !


Je m’échauffe, pardonnez-moi. Que voulez-vous, je suis un peu vieux jeu, je ne peux me départir du respect du travail de ceux qui créent sans pour autant verser dans le tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Brosser le tableau d’un monde du vin en noir et blanc, en affirmant être en capacité de séparer le bon grain de l’ivraie, en s’arrogeant le pouvoir de dresser l’échelle du propre et du sale, relève de la posture et de l’imposture intellectuelle. Je ne sais si Baraou&Septime ont versé dans ce travers. J’espère que non ! Alors je reviens au bon côté de la force avec « Les bons vins et les autres » de Paul-Marie Doutrelant. Qui se souvient de PM Doutrelant ? Quelques-uns d’entre-nous sans doute qui l’ont connu journaliste au Monde puis au Nouvel-Observateur. Un bon vivant qui savait lever le coude tout en portant un regard plein d’empathie sur le monde du vin tout en gardant sa liberté de plume. Il ne se prenait pas le chou, il ne nous prenait le chou le Doutrelant, il s’adressait aux buveurs de vin, tout bêtement, tout simplement.


1976, une éternité, l’année de la démission fracassante de Jacques Chirac de son poste de 1ier Ministre, l’arrivée du Pr Barre, une décennie de basculement pour le vin national : déclin du vin de table, résistible envolée des AOC. Bien sûr, les écrits de Doutrelant ont pris quelques rides – cependant sur le Bordeaux par exemple ses pages sont une bonne contribution à la compréhension du phénomène AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur –  mais ce qui m’importe aujourd’hui, plus que le côté factuel, c’est son approche du monde du vin de ce temps. Décontractée, rigolarde, impertinente mais sans le côté vachard ou donneur de leçons. Bien sûr que le Doutrelant il en a des copains dans le vignoble mais dans son bouquin il ne leur passe pas les plats. Il n’est pas sectaire, il n’excommunie personne, dans sa liste de ses 500 bonnes adresses y’a des vignerons, des coopératives et même des négociants. Moi ça me plaît le côté carnet de route impertinent. De plus c’est bien écrit ce qui ne gâte rien je vous assure. Bien sûr, en bon Français qui regrette toujours le bon vieux temps il ne peut s’empêcher de s’exclamer « France ton vin fout le camp ! » mais il n’en geint pas pour autant et surtout ne tombe pas dans l’élitisme. Bien au contraire, il est avant tout – je le suis aussi – un franc buveur « La fréquentation des caves incline souvent au lyrisme ou à la piété. Elle nous inspire plutôt bonne humeur et irrévérence. La d’entendre chanter des cantiques au pied de l’idole enivrante, il nous est venu l’envie d’envoyer un coup de pied dans la termitière des poncifs et des pantalonnades. Sacrilège ? Non, quand le vin est bon, nous ne connaissons qu’une manière de lui faire nos dévotions, c’est lever le coude. »


Pour tout vous avouer, le monde du vin qui chante son produit comme étant le plus beau support de la convivialité, qui nous rabat les z’oreilles avec son nouveau dada : l’oenotourisme, s’affiche de plus en plus dans le pontifiant, le « chiant » avec ses débats de chapelles, ses tirades de petits marquis, ses fait pas ci, fait pas ça, t’es un ceci, t’es un cela, ses annonceurs d’apocalypse, ses fouteurs de trouille, me gonfle parfois un peu, beaucoup, passionnément... Tout pondeur de rapport que je fus, tout pondeur de chroniques que je suis, je n’ai jamais fait partie du cercle des initiés, je n’en serai jamais et jamais au grand jamais je ne commettrai un opus sur le vin. Que voulez-vous moi ce qui m’intéresse c’est « l’extension du domaine du vin » pas les petites querelles entre initiés, ou les débats dans une cabine téléphonique, ou le déballage de poncifs ou l’étalage de propos rances. Bien évidemment, je n’ai rien contre les taillages de costards ou autres joyeusetés mais toujours avec un zeste d’humour, de bonne humeur. Ne pas se prendre au sérieux n’empêche pas de traiter sérieusement les questions que l’on aborde. Moi je m’y colle tous les jours, avec plus ou moins de bonheur, mais quand il faut lancer le débat sur le dossier OGM de l’INRA de Colmar je ne suis pas aux abonnés absents.


Pour en revenir à feu Doutrelant, pour le charrier un peu post-mortem, quand il écrit « Et puis à parcourir le vignoble, l’envie nous a pris de rompre des lances avec l’école laxiste qui le dirige : ce gentil Institut National des Appellations d’Origine (INAO), ces énarques de troisième rang qui font les choux gras du Ministère de l’Agriculture... » il se trompe et je me gondole gentiment car il n’y a jamais eu, avant l’actuel Directeur, d’énarques, de quelque rang que ce fut, à l’INAO. C’était la chasse gardée des IGREF avec un épisode Alain Berger qui venait de l’INRA et Jean-Daniel Besnard qui venait de l’Office du Lait. En ce temps-là, je puis vous l’assurer le Directeur de l’INAO, ce brave Pierre Marquet, comptait pour du beurre (normal avec les choux gras) les vrais patrons de l’Institut étaient les professionnels : des présidents bien sûr. Les fonctionnaires haut ou bas ont le dos large mais bon passons.

Reste le Baraou&Septime, je le lirai et après vous verrez : mon silence, si silence il y a, en dira plus long qu’un long discours...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 00:09

L’été dernier, regroupées, sous le titre « Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants »,  quelques chroniques lestes, mais de facture littéraire irréprochable, avaient occupé cet « espace de liberté » pendant mes vacances corses. Pour les nouveaux arrivants, à la fin de cette chronique, je donne les liens pour les découvrir ou les relire.

 

Au milieu d’elles, deux perles, deux bijoux d'humour sicilien de mon chouchou Andréa Camilleri. Chaque année je me régale de la lecture, d’un ou de plusieurs de ses romans, dans la traduction impeccable de Dominique Vittoz ou de Serge Quatruppani de son incomparable langue sicilienne, si parlante, si vivante : L’Opéra de Vigata, Le coup du Cavalier, La disparition de Judas, Privé de Titre, La pension Eva, Marruza Musumeci… Camilleri joue avec la langue, lui donne une consonance charnelle, terrienne, exotique qui transporte le lecteur, lui fait croire qu’il né du côté d’Agrigente. Au charme d’intrigues bien ficelées ce maître réjouit le cœur et rend l’âme légère avec sa plume qui sait être leste avec beaucoup d’humour.

 

Cette année, l’opus est titrée « Le Grelot » et est publié chez Fayard. C’est l’histoire, à l’aube du XXe siècle, d’un fils de pêcheur de Vigata, Giurlà, placé à quatorze ans dans une chèvrerie de montagne où il va découvrir un univers de solitude qui lui donne goût à une liberté inespérée et l’initie à l’amour d’une manière peu banale.

 

L’extrait que je vous propose ne déflore pas le fond de ce beau roman, il est très représentatif de la langue de Camilleri et de son art de conteur.

 

« À la chèvrerie, Rosa ramenait les cabres à l’enclos.

Giurlà rentra ranger ses provisions dans la caborne.

« Je peux te prendre un peu d’eau dans l’outre pour me laver ? demanda Rosa dehors.

-         Pour sûr. »

Fut dit, fut fait, Rosa se défubla de son chemisier, baissa les bretelles de sa combinaison, enleva son soutien-gorge.

Doux Jésus, quels belons énormes ! Comment pouvaient-ils pointer si dru malgré leur poids ? Rosa s’accassa, releva sa jupe et son jupon, les roula à la taille et se lava entre les jambes. Elle ne portait pas de culotte. Quand elle eut fini, elle entra dans la tenue où elle se trouvait.

«Tu me prêtes quelque chose pour m’essuyer ? » demanda-t-elle en s’asseyant sur la paillasse.

Giurlà ne trouva guère à lui donner qu’une de ses chemises, qu’il avait lavée deux jours plus tôt. Rosa s’allongea s’appuyant d’un bras sur la caisse et commença par s’essuyer la poitrine. Les yeux écarabillés de Giurlà étaient rivés sur les natures de Rosa, que sa position mettait en vue ni peu ni trop. Elle avait du poil au minon ! Quasiment plus qu’une beguiette !

« Pourquoi tu me regardes avec ces yeux de merlan frit ? s’enquit Rosa. Tu n’as jamais vu une femme nue ?

-         Non.

-         De vrai ? Alors te gêne pas et regarde-moi bien. »

Elle rejeta son chemisier, troussa encore plus haut jupe et jupon et s’appuya des deux bras sur la caisse pour qu’il ait un meilleur point de vue. Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon. Ça lui arrivait depuis deux ou trois mois, mais gros raide comme ça, c’était la première fois. Rosa eut un joli petit rire, elle se redressa, prit la main de Giurlà, la posa sur ses belons et s’allongea à nouveau. Ils avaient beau être durs comme de la pierre, sous la main c’était du velours. Puis Rosa déplaça la main de Giurlà plus bas, vers ses natures, et guida deux de ses doigts à l’intérieur d’elle. Puis elle dit :

« Attends. »

Tout empoupiné de sa personne, Giurlà en nage se releva. Rosa baissa son pantalon, attira le garçon sur elle, le guida. Ils venaient de finir et étaient allongés côte à côte, le souffle court [...]

[...] Il fit demi-tour, pensant trouver Rosa déjà rhabillée. Penses-tu ! Elle s’était mise toute nue et couchée à plat ventre. L’effet sur Giurlà fut le même que s’il n’avait fifrée à l’instant. Dès qu’il fut sur elle, elle adopta la même position qu’avec Damianu *. Mais alors que la première fois elle était restée silencieuse, ce coup-ci, elle se mit à miauner. Et Giurlà trouva la chose bien à son goût. Par le fait, il poussa aussi de grands han à chaque enfournée. »

 

  • petit retour en arrière : « En arrivant près de la caborne, il entendit Rosa qui miaunait. La pauvre ! Alors ce n’était pas seulement la tête qui lui variait, elle était malade pour de bon. Mais il dut s’arrêter sur le seuil, pétrufié. Il n’avait jamais vu un homme et une femme fifre, mais il en avait jaqueté à perte de vue avec Pipo et Fofò et c’était comme s’il l’avait déjà vu cent fois. Rosa, nue comme une jument, était allongée, jambes écartées, sur la couverture qui recouvrait la paillasse et Damianu, encarpionné sur elle, donnait du cul en avant, en arrière, en avant, en arrière. Giurlà était ébaffé de la force que Damianu déployait à chaque ahan. C’était peut-être ce qui arrachait ces ramamiaux à Rosa ? Elle avait peut-être mal ? Mais elle ne semblait pas miaumer de douleur, bien au contraire ! Le cabreux s’arrêta, se dégagea et Rosa pris la position à genoux, en appui sur les paumes. Derrière elle, Damianu se rempiqua bon cœur bon argent, en avant arrière, avant arrière, tout en empoignant les belons de Rosa, qui pendaient comme des mamelles de cabres. Les gémissements de Rosa enflèrent.

      Giurlà s’en revint.

      « Comment va Rosa ?

      - Nettement mieux », rebriqua Giurlà.

      L’éclaffée de rire fut générale »

 

  • Un peu plus loin : « Mais pour s’endormir, c’étaient des figues d’un autre panier ! L’odeur de Rosa avait imprégné la paillasse et plus la température montait sous la couverture, plus l’odeur devenait entêtante.
  • Il se retrouva à nouveau pavillon haut. Il comprit que s’il voulait dormir, il  valait mieux ne pas gueniller. D’une mai, il entreprit  donc le nécessaire pendant que l’autre, il caressait... »

 

Mais à partir de là mystère, c’est l’histoire et si vous souhaiter en savoir plus faites l’acquisition de ce livre 15,90 euros.

 

 

« Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature » http://www.berthomeau.com/article-33982330.html

 

« Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. »

http://www.berthomeau.com/article-33982544.html

 

«L'Anneau d'Hans Carvel» de Jean de La Fontaine

http://www.berthomeau.com/article-33807904.html

 

«Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ? » Clément Marot http://www.berthomeau.com/article-33804609.html

 

« Le mot et la chose» de Gabriel-Charles de Lattaignant

http://www.berthomeau.com/article-33780732.html

 

 

 

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