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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 00:02

Dans son anthologie de « La poésie érotique », publiée chez Seghers, Marcel Béalu écrit que « Clément Marot paya en poèmes religieux le tribut de sa gratitude aux grands qu’il servait. Il ne pouvait cependant réfréner une sensualité qui l’incitait à se complaire en lestes facéties. Celui qui écrivit le blason du beau tétin se révèle ici comme le premier poète dont l’émotion nous touche. Au même titre que, tout près de nous, le Guillaume Apollinaire du Cortège priapique. »

 

Aquarelle de Christian Verdun illustrateur : François-Ier et Clément Marot. Illustration de la couverture de Clément Marot, poète et aventurier publié en 1996 aux éditions du Laquet (60 planches en couleurs).


 

 

Baiser souvent n’est-ce pas grand plaisir ?

Dites ouy, vous autres amoureux ;

 

Car du baiser vous provient le désir

 

De mettre en un ce qui estoit en deux

.

L’un est très bon, mais l’aultre vault mieux :

 

Car le baiser sans avoir jouyssance,

 

C’est un plaisir de fragile asseurance ;

 

Mais tous les deux alliez d’un accord

 

Donnent au cœur si grande esjoussance,

 

Que tel plaisir oubly à la mort.

 

Un jour Robin vint Margot empoigner,  

 

En luy monstrant l’oustil de son ouvraige,

 

Et sur-le-champ la voulut besongner ;

 

Mais Margot dit : « Vous me feriez oultraige :

 

Il est trop gros et trop long l’advaintaige.

-       

Bien, dit Robin, tout en vostre fendasse

 

Ne le mettray » et soudain il l’embrasse,

 

Et la moitié seulement y transporte.

-       

Ah ! dit Margot en faisant la grimace,

 

Mettez-y tout : aussi bien suis-je morte. »

 

Comme un escolier se jouait

 

Avec une belle pucelle  

 

Pour lui plaire bien fort louait  

 

Sa grâce et beauté naturelle,

 

Les tétons mignards de la belle

 

Et son petit cas, qui tant vault.

 

« Ha ! Monsieur, adoncq’ce dist-elle,

 

Dieu y mette ce qu’il y faut. »

 

 

Clément Marot

1495-1544  

 

Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ?

   

Dites ouy, vous autres amoureux ;

   

Car du baiser vous provient le désir

   

De mettre en un ce qui estoit en deux.

   

L’un est très bon, mais l’aultre vault mieux :

   

Car le baiser sans avoir jouyssance,

   

C’est un plaisir de fragile asseurance ;

   

Mais tous les deux alliez d’un accord

   

Donnent au cœur si grande esjoussance,

   

Que tel plaisir oubly à la mort.

 

Un jour Robin vint Margot empoigner,

 

En luy monstrant l’oustil de son ouvraige,  

   

Et sur-le-champ la voulut besongner ;

   

Mais Margot dit : « Vous me feriez oultraige :

   

Il est trop gros et trop long l’advaintaige.

 

-         Bien, dit Robin, tout en vostre fendasse

   

Ne le mettray » et soudain il l’embrasse,

   

Et la moitié seulement y transporte.

 

-         Ah ! dit Margot en faisant la grimace,

 

Mettez-y tout : aussi bien suis-je morte. »

 

Comme un escolier se jouait

 

Avec une belle pucelle

 

Pour lui plaire bien fort louait  

   

Sa grâce et beauté naturelle,

 

Les tétons mignards de la belle

   

Et son petit cas, qui tant vault.

   

« Ha ! Monsieur, adoncq’ce dist-elle,

   

Dieu y mette ce qu’il y faut. »

 

Clément Marot

1495-1544

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Michel Smith 22/08/2009 10:46

Encore un poète qui aimait le bien vivre et qui devait avoir du savoir-faire...

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