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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 00:09

 Caillou 8377

De Gaulle avait des goûts simples mais, comme tout bon militaire, un solide coup de fourchette. On raconte que sur le paquebot qui le menait à Tahiti en 1956 voyant Olivier Guichard ne pas prendre du potage, le Général s’exclama « Comment peut-on reconstruire un pays avec des gens qui refusent le potage ! » Selon son beau-frère Vendroux on ne lui connaît qu’une faiblesse : les œufs à la neige. Pour les fêtes à Colombey un pâtissier de Troyes livre un vacherin aux marrons que la famille du Général a baptisé un Pompidou. Le chef pâtissier de l’Elysée assure que le Général n’aime guère les douceurs mais que tante Yvonne se laisse facilement séduire par la poire Bourdaloue.

Dès son arrivée faubourg Saint-Honoré le général avait prévenu « Je ne veux pas de gaspillage. Il y en a eu trop avant dans cette maison. L’économe tante Yvonne veillait à ce que soient respectés les souhaits du Général, parfois un peu trop au pied de la lettre comme en témoigne cette anecdote contée par madame Claude Dulong dans la « Vie quotidienne à L’Elysée sous Charles de Gaulle ». Lors d’une visite du shah d’Iran il était prévu 40 invités à déjeuner, en conséquence de quoi 40 pigeonneaux – pas un de plus – avaient été préparés. Mais, catastrophe, au dernier moment le shah arriva avec deux attachés militaires de plus. En hâte deux biftecks furent préparés. On les destinait « aux bouts de table occupés par des gens de la maison habitués à tous les sacrifices. »Le malheur voulut que le maître d’hôtel, sans doute novice, ignorait qu’en dehors de ses appartements le chef de l’Etat devait être servi le premier en même temps que le souverain reçu. Il se vit donc proposer l’un des deux biftecks alors que dans les assiettes de ses voisins il voyait des pigeonneaux. Il demanda des explications. Face au cafouillage il demanda sèchement « Qu’on m’apporte un œuf ! » et se vit resservir un autre bifteck, sans doute le second prévu. Il y eut après le repas, dit-on, une explication un peu vive dans le bureau du Général.

Cependant le Général voulait « que les choses se passent avec ampleur et mesure, bonne grâce et dignité » et il soulignait »C’est bien aussi ce que veut la maîtresse de maison, ma femme. Nos réceptions sont donc fréquentes et nous tâchons qu’elles soient de bon ton. » Kroutchev fut gratifié d’un bar braisé, d’une poularde de Bresse et d’une glace Montmorency. Mais c’était toujours à un train d’enfer : ainsi l’acteur Pierre Bertin invité à l’Elysée, fin gourmet, raconte « Il y avait de superbes langoustes. Les trouvant excellentes, j’en repris. Mais tout alla si vite que je n’eus pas le temps de toucher à ma seconde portion. Quand au champagne servi à la fin du repas et que j’adore, je n’eus pas le temps de le boire car, au moment où je trempais mes lèvres dans la coupe, le général se levait ! »

 

Pour compléter ce petit tableau quelques anecdotes sur De Gaulle et le vin tirées du livre de Corinne Lefort et Karine Valentin Grand Palais :

 

« Tout juste apprenons-nous qu’au menu de son repas de noces figuraient un barsac, un haut-pomerol, un pommard et du champagne [...]

Par contre lorsque Yvonne, en bonne chrétienne, décidait de faire maigre le vendredi et dissuadait ainsi le sommelier de servir du vin blanc au Général, celui-ci tempêtait à son encontre en lui rappelant qu’un militaire pouvait bien être dispensé de cette pratique. [...]

Lorsque Charles de Gaulle séjourne à Colombey, la famille se retrouve autour de plats bien traditionnels, assez roboratifs. [...] Le dimanche chez les De Gaulle, on prépare de la soupe, des tripes à la mode de Caen, de la blanquette de veau et on finit par de la mimolette, le tout accompagné d’un ou deux verres de vin de pays servi par le Général en personne. Parfois, en soirée, le grand homme s’autorise un doigt de Porto en suivant le journal télévisé. »

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 07:46

Lire la concurrence,

en l’occurrence les écrits dominicaux&musicaux&culturaux&in vino de François le Débonnaire, la lire jusqu’à la dernière ligne, permet de découvrir des pépites. En voici une émanant d’un éminent collègue de l’INRA du Laboratoire de chimie d’AgroParisTech (UMR 1145 INRA/AgroParisTech) Hervé This dont j’ai utilisé les écrits à deux reprises pour chroniquer). Bref, dans le débat que j’ai ouvert sur le « ratiboisage sauvage » de la vigne OGM de l’INRA de Colmar, j’estime que ce texte a sa place. Je le propose donc à votre lecture matinale.

herv%C3%A9+seul

 

mercredi 28 juillet 2010

 

 

Je vais encore perdre des amis!

 

Je reçois la question :
____________________________________________________
Que pensez-vous des produits bios ?


____________________________________________________

Et je me suis laissé aller!!!


Tout avait pourtant bien commencé, puisque ma réponse était :

En réalité, la question est piégée, car, comme d'ailleurs pour les OGM, il y a 4 cas de figure : :
- soit les produits bio vous plaisent et à moi aussi ;

 

- soit l'idée vous déplait et moi aussi ;


- soit ils vous déplaisent et me plaisent ;


- soit ils vous plaisent et me déplaisent.


Dans les deux premiers cas, inutile de répondre


Dans les deux autres, ma réponse ne convainc pas, et je perds un ami !



Faut-il alors que je réponde ?


_____________________________________________________

Mais je n'ai pas pu m'empêcher d'ajouter :


____________________________________________________

Ce que je peux dire : pour une thèse au laboratoire, nous avions acheté des haricots verts bio rue Mouffetard, près du laboratoire (une fortune!!!!!!!).


Quand nous avons analysé le contenu en pigments, nous avons vu qu'ils étaient très dégradés... contrairement à des haricots en boite!


Rien d'étonnant : les haricots verts attendent parfois sur les marchés (et les chlorophylles se dégradent), alors qu'ils sont mis en boite directement sur le champ.
D'autre part, pour ls haricots verts, on sait bien dans les campagnes que seule la première pousse est vraiment excellente. Le label bio ne dit rien de cela !
Enfin, la certification ne spécifie pas des tas de choses : la qualité des sols, etc.
Quand je vois des vins « bio » qui sont soufrés au soufre des volcans, également, je suis effaré... car ce soufre impur (bien que « naturel » : mot attrape gogo) contient de l'arsenic, qui, en brûlant, fait un poison très violent!

 


Et j'en passe : mon ami Gérard Pascal, le Monsieur Propre de l'Alimentation, vendu à personne, et excellent scientifique, vient de faire une synthèse des articles scientifiques qui ont étudié les éventuels intérêts du bio. C'est dramatique, et je tiens le document à la disposition de ceux qui veulent... mais j'avais moi même fait écho de plusieurs articles sur ce thème dans la revue Pour la Science (rubrique "Science & Gastronomie, chaque mois).


Par curiosité, je viens d'aller y voir de plus près, à propos de la vraie définition du bio... et je suis tombé sur un site intitulé « L'intelligence verte » (tendancieux), où je lis :


« C'est un produit d’origine agricole qui ne contient pas d’élément chimique de synthèse. On pourrait l’appeler produit naturel comme les cultivaient nos ancêtres avant l’apparition de l’agriculture industrielle et de l’industrie agroalimentaire. »

Ici, je récuse la phrase, car même si la méthode de culture est analogue à celle de nos ancêtres, le produit n'est pas naturel : je rappelle que les carottes, navets, pommes, etc. sont sélectionnés depuis des millénaires ; rien à voir entre une carotte naturelle, mince tige dure, et la carotte d'aujourd'hui, pas naturelle du tout. Je rappelle que « naturel » signifie « sans intervention humaine ». D'ailleurs, la cuisine n'est absolument pas naturelle : des frites sont porées à 200°C ! Les viandes sont grillées, etc., ce qui met en oeuvre une foule de réactions « chimiques ».


Et puis... « Pas d'élément chimique de synthèse »... Cela semble dire que les composés de synthèse (le mot « élément chimique » est mal utilisé) sont mauvais, et les composés naturels bons? Cela est faux : de l'eau de synthèse serait très bien, mais la cigüe est un poison violent, la muscade contient de la myristicine très toxique, etc. Donc cessons de penser que les produits de synthèse sont mauvais, et les produits naturels bons : ce serait très naïf... pour ne pas dire plus.


La culture de nos ancêtres : parlons-en ! Les sols de vigne sont chargés de cuivre pour des siècles, parce que nos pauvres ancêtres, pour protéger la vigne, ont utilisé des quantités considérables de sulfate de cuivre! Et ce n'est qu'un exemple. Ici, ce qui est condamnable, c'est l'idée selon laquelle « c'était mieux avant ». Mieux avant, alors que l'espérance de vie augmente régulièrement d'un quart d'année tous les ans? Mieux avant, quand on mourait donc à 30 ans (la peste, le choléra, la grippe, même, puisqu'il n'y avait pas d'antibiotiques)? Mieux avant, quand les femmes mouraient en couches, et les enfants en bas âge ? Mieux avant, quand on s'éclairait à la bougie, qu'on se chauffait au feu, lequel noircissait les fermes... et les poumons, d'où des cancers du poumon? Mieux avant, quand le monde s'émerveillait de l'invention de la conserve? Mieux avant, quand ...

 Allons, pas d'âge d'or !


Continuons notre lecture :

« Le label agriculture biologique


Le mot « bio » est un label défini par le ministère de l’agriculture français puis par la communauté européenne. Il signifie que les produits que nous mangeons ou utilisons ne contiennent aucun élément chimique de synthèse fabriqué par l’homme. Les produits bio sont cultivés, fabriqués de manière naturelle ; l’intervention de l’homme est une collaboration avec la nature dans la combinaison des éléments de celle-ci (engrais vert - rotations - plantes compagnes - ennemis naturels des parasites - ...) »

Label : oui, c'est un label. Mais le second paragraphe est idiot « fabriqué de manière naturelle », c'est contradictoire !


L'intervention de l'homme serait une collaboration avec la nature? Mais les engrais, les pesticides, etc. sont aussi une collaboration avec la nature...
Mais, en écrivant tout cela, je vois que je vais trop loin... et que je vais perdre tous mes amis qui croient à la bonne nature! Au moins, je pourrai me regarder dans la glace demain matin : j'aurais fait mon métier, qui est celui d'agent de l'Etat. Je ne suis pas payé, en effet, pour dire le contraire de la vérité !


D'ailleurs, je dois ajouter que mes observations ne justifient pas les pratiques fautives. Par exemple, parce que les utilisateurs de poudre à laver en mettent toujours trop, les industriels ont été obligés, pour « respecter la nature », d'ajouter des charges inertes. Ne serait-il pas plus simple de mettre moins de poudre, de suivre les recommandations de doses?


En cuisine, de même, on est obligé de brider les friteuses parce qu'elles étaient à l'origine d'accidents. Ne serait-il pas plus simple d'apprendre à utiliser les bains d'huile, tout comme on apprend à utiliser des couteaux ?


Au total, bio ou pas bio, je trouve que nous marchons sur la tête, trop souvent. Nous marchons sur la tête quand nous prenons notre voiture alors que nous pourrions prendre un vélo ; nous marchons sur la tête quand nous utilisons du cuivre toxique pour faire des confitures ; nous marchons sur la tête quand nous faisons des barbecues... qui déposent sur les viandes des benzopyrènes toxiques ; nous marchons sur la tête... chaque fois que nous ignorons ce que nous faisons, parce que c'est une grave erreur de croire que nos ancêtres, ignorants, avaient de « bonnes pratiques » culinaires.

Il est urgent que, dans les écoles, nous réintroduisions de l'économie domestique, et aussi de la cuisine. Etre citoyen, ce n'est pas acheter du bio, mais d'abord savoir qu'une plaque chauffante, quand ce n'est pas de l'induction, gaspille jusqu'à 80 pour cent de l'énergie!!!!!!!!!!!!!!!! De l'énergie qui a coûté à produire, que l'on paye... et que l'on gâche ?


Oui, il est temps que l'Education nationale remette ces questions au coeur de l'enseignement, dès l'école. Il est temps que l'on enseigne la chimie en montrant que cette science est merveilleuse, et que sa compréhension nous aide à ne pas faire n'importe quoi... comme le faisaient nos pauvres ancêtres, qui vivaient hélas pour eux bien empiriquement.


Tout ne va pas bien aujourd'hui... mais est-on bien sûr que ça allait mieux hier ?
Allons : au lieu de perdre du temps à ces débats, pensons plutôt à demain. Comment laisser un monde meilleur à nos enfants? Comment améliorer la cuisine (personne ne parviendra à me persuader qu'elle soit dans un état parfait !)?


Vive la connaissance, surtout quand elle est bien utilisée!

http://hervethis.blogspot.com/2010/07/je-vais-encore-perdre-des-amis.html 

Hervé This (contact : herve.this@paris.inra.fr) physico-chimiste dans le Groupe de Gastronomie Moléculaire, au Laboratoire de chimie d’AgroParisTech (UMR 1145 INRA/AgroParisTech), est le co-créateur, avec Nicholas Kurti, de la discipline scientifique nommée gastronomie moléculaire. Ingénieur de l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie de Paris (ESPCI) , il est aussi Conseiller scientifique de la revue Pour la Science et, surtout, Directeur scientifique de la Fondation Science & Culture Alimentaire (Académie des sciences). Hervé This a été chargé de plusieurs missions par les Ministères de l'éducation nationale, de la Recherche ou de l’Industrie : réflexion sur l'enseignement des techniques culinaires, introduction des Ateliers expérimentaux du goût dans les écoles primaires, création du programme pédagogique de l’Institut des hautes études du goût, de la gastronomie et des arts de la table....

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 00:09

Hier j’ai pondu une chronique géniale sur les Grands Crus et les enzymes http://www.berthomeau.com/article-j-aime-les-grands-crus-et-les-enzymes-j-aime-le-jambon-quand-il-est-bon-mais-j-aime-encore-mieux-coucher-avec-la-bonne-56511647.html  dont j’espérais beaucoup en termes de commentaires. Nada ! Que dalle ! Silence radio ! Serait-ce l’omerta sur les produits œnologiques qui a provoqué ce silence ? Je n’en sais fichtre rien. Les vendanges peut-être, bref ce matin je me fends d’une nouvelle chronique de très, très haut niveau, top moumoute, qui, j’en suis sûr, va faire elle aussi un bide monumental. Je suis un incompris mais comme je me soigne à l’homéopathie Boiron – j’ai déjà fait le coup hier mais comme je trouve que c’est un bon coup je récidive. Pourtant, même en vacances, je me décarcasse. Je me documente. Je fais progresser la connaissance. Reconnaissez que vous ignoriez les mérites de LAFASE Grand Cru avant de me lire hier. Silence gêné, vous ne l’avez pas lu en pensant qu’avec un titre pareil c’était une pochade. Faux c’était un papier tout ce qu’il y a de plus scientifique. Je passe au sujet du jour.

 

Tiuccia le 5 septembre 2010

 

 

Monsieur le sous-préfet aux champs,

 

 

Je me permets de distraire un peu de votre précieux temps de haut-fonctionnaire resté encore rural, enraciné dans notre terroir fécond, car vous me semblez le mieux placé pour me dispenser les conseils les plus avisés sur la conduite que je dois tenir vis-à-vis de la requête que viennent de m’adresser, ce jour, les organisateurs, je devrais écrire les organisatrices : Brigitte, Laura, Susan – en dépit de ma méconnaissance crasse de l’anglais je crois que Doug comme Mickey est un prénom masculin du côté des Etats-Unis – de « La Première Journée Mondiale du Grenache » fixée au 24 septembre de cette année. Pour faire chic, et honorer votre parfaite maîtrise de la langue internationale véhicule due à votre passage à l’ENA, je porte à votre connaissance la bonne version du carton « International Grenache Day Launches Friday 24 September 2010 A day to celebrate Grenache with wine events around the world»

Avant de vous entretenir du fond de ma requête je me dois de porter à votre connaissance pour nourrir votre dossier – la territoriale, surtout depuis l’irruption de l’odieuse décentralisation de Gaston Deferre qui l’a dépouillée de beaucoup de ses prérogatives, vénère les dossiers, les aime en béton – quelques éléments de première importance :

1° Les Journées Mondiales ont un site www.journee-mondiale.com ;

2° à ce jour il répertorie 224 journées mondiales donc il reste encore de la place pour caser les petites nouvelles ;

3° comme un fait exprès le 5 septembre, ce jour, est vierge de toute journée mondiale, peut-être pourrions-nous lancer l’idée d’une Journée Internationale des Terroirs, ce serait drôle car, m’a-t-on dit c’est un mot intraduisible en anglais ;

4° en revanche le 24 septembre choisi par ces dames est, en notre beau pays, la journée nationale du refus de l’échec scolaire mais comme l’international couvre plus large que le national il ne leur reste plus qu’à faire répertorier leur Journée Mondiale du Grenache ;

5° comme je fus en son temps, voilà 10 ans, l’initiateur et le concepteur de la 1ière Journée Nationale du Cheval qui a toujours lieu le dimanche de septembre qui précède les Journées du Patrimoine, le 12 septembre cette année, vous conviendrez aisément de ma haute compétence dans le domaine de l’érection des Journées de... Tout et de Rien...

6° sont  juste passées : la Journée Internationale des personnes disparues et la Journée mondiale du blog  toutes deux le 31 août. Pour cette dernière, j’ai beaucoup apprécié la citation du site «à l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale » dixit Andy Warhol. L’espoir fait vivre !

sont à venir dans les jours qui viennent : la Journée Internationale de l'alphabétisation le 8 septembre, la Journée Mondiale de prévention du suicide le 10 septembre et au jour dit la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme. Pas gai, gai tout ça mais ainsi va notre monde mondialisé.

Bref, monsieur le sous-préfet, j’en viens au fait qui me fait vous écrire, même si, avant de l’exposer, je tiens à vous assurer de toute ma sympathie face à l’arrogance de la vêture des Préfets de la République, qui  outre de vous cantonner sous eux, voient leurs parements de manches d’uniforme ornés des dents de cannetille (fils d’or ou d’argent) et de deux ramages de chêne et d’olivier, alors que vous n’avez point de cannetille et qu’un seul ramage. Même punition pour les pattes d’épaules : eux deux feuilles de chêne et deux d’olivier, vous qu’une seule et pour votre belle casquette : deux guirlandes brodées d’or pour eux, une seule pour vous. Si je m’attarde sur votre uniforme c’est que j’aurai, à la fin de mon envoi, une demande à formuler auprès de vous.

Ces dames donc, sans doute eu égard à mon glorieux passé de « nègre ministériel », m’ont fait part du souhait unanime de tous les participants : Michel B et C, Hervé, François le Débonnaire entre autres... aux mémorables journées de juin au Crestet que j’avais eu l’outrecuidance d’ignorer sous le fallacieux prétexte que je préférais passer mes fins de semaines en compagnie de celles « dont les jambes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens et lui donnent son équilibre et son harmonie. » que je prononçasse le discours inaugural de la Journée Mondiale du Grenache en un haut-lieu qui leur reste à préciser. Dur labeur ! Je suis sec ! En effet, pratiquant peu, même pas du tout, ces derniers temps, l’art du discours, je me suis dit que vous, cher monsieur le sous-préfet aux champs, qui discourez abondamment aux comices et inaugurations d’ouvrage d’art, tels les rond-point qui plaisent tant aux Ingénieurs des Ponts&Chaussées, pourriez me prêter votre plume, non comme l’ami Pierrot de mon enfance, mais comme celle d’Alphonse Daudet des Lettres de mon Moulin ?

« M. le sous-préfet est en tournée. Cocher devant, laquais derrière, la calèche de la sous-préfecture l’emporte majestueusement au concours régional de la Combe-aux-Fées. Pour cette journée mémorable, M. le sous-préfet a mis son bel habit brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d’argent, et son épée de gala à poignée de nacre… Sur ses genoux repose une grande serviette en chagrin gaufré qu’il regarde tristement.

M. le sous-préfet regarde tristement sa serviette en chagrin gaufré ; il songe au fameux discours qu’il va falloir commencer tout à l’heure devant les habitants de la Combe-aux-Fées :

-Messieurs et chers administrés….Mais il a beau tortiller le soie blonde de ses favoris et répéter vingt fois de suite :

-Messieurs et chers administrés… la suite du discours ne vient pas.

La suite du discours ne vient pas… Il fait si chaud dans cette calèche !… A perte de vue, la route de la Combe-aux-Fées poudroie sous le soleil du Midi… L’air est embrasé… et sur les ormeaux du bord du chemin, tout couvert de poussière blanche, des milliers de cigales se répondent d’un arbre à l’autre… Tout à coup M. le sous-préfet tressaille. Là-bas, au pied d’un coteau, un petit bois de chênes verts semble lui faire signe.

Le petit bois de chênes verts semble lui faire signe :

-Venez donc par ici, monsieur le sous-préfet ; pour composer votre discours, vous serez beaucoup mieux sous mes arbres… »

Inspirez-moi monsieur le sous-préfet aux champs car ces dames comptent sur nous afin que le bouche à oreille fasse passer le message de l’érection dans le calendrier déjà encombré des Journées Mondiales de la leur vouée au Dieu Grenache, sinon ces pauvres adorateurs du fier Aragonais en seront réduits à n’envoyer que le Communiqué de ces dames aux restaurateurs, sommeliers, cavistes et journalistes de leur  connaissance, à leurs amis, à leurs parents. Toute l’horreur d’un pauvre copié-collé, un peu convenu, bien formaté ! Alors, pour faire passer l’information sur les sites, les blogs, Facebook, et autre Twitter… quoi de plus français qu’un beau discours d’inauguration.  Pondons donc de concert, monsieur le sous-préfet aux champs, afin d’éviter de briser la chaîne. Si nous restons secs ces dames menacent  de nous priver à jamais de grenache ! Évitons cette punition, ne leur faisons pas un tel affront : écrivons !

Reste, monsieur le sous-préfet aux champs, qu’un des délégués australien au symposium, sans doute pour faire genre ou copier l’ami Jim Budd, a suggéré que pour bien marquer le coup, tous les participants à la Journée Mondiale du Grenache portassent ce jour-là une chemise colorée et tape à l’œil. Sans vouloir ironiser sur une telle faute de goût – je fais bien sûr allusion au tape à l’œil – je pense que, pour bien marquer notre différence, pour porter haut l’excellence de nos vins d’origine issus du cépage révéré, lorsque je gravirai les marches de l’estrade, où seront alignés les sommités du Symposium, pour gagner le pupitre où je prononcerai le discours inaugural, il me faudra certes revêtir la fameuse chemise, que je prévois rouge Grenache bien sûr, mais pour ne pas qu’on me prisse pour un souteneur de la Canebière, je souhaite y ajouter une touche de bon goût : votre uniforme d’apparat, le blanc bien évidemment  que je vous saurais gré de bien vouloir me prêter pour l’occasion.

Votre plume, votre uniforme, monsieur le sous-préfet aux champs, n’est-ce pas trop demander à un représentant de notre République ? Au nom de la grandeur et du rayonnement du Grenache j’ai la faiblesse de croire que non. Si votre emploi du temps vous le permet venez donc à l’inauguration, je cisèlerai quelques belles phrases de reconnaissance à votre endroit. De plus, ces dames, je n’en doute pas, organiserons un superbe « Vin d’Honneur » où vous pourrez côtoyer, monsieur le sous-préfet aux champs, la fine fleur des amateurs, le haut du panier des dégustateurs, la crème des esthètes, l’élite des plumes du vin, qui sillonnent le monde pour proclamer en chœur : « Le grenache, c’est formidable ! Jamais ennuyeux, un bon compagnon en toutes saisons »

 

J’ai conscience d’avoir abusé de votre patience monsieur le sous-préfet aux champs mais vous comprendrez aisément qu’il me fallait cette fois-ci, suite à mon esclandre de juin dernier, prendre des gants. En vous remerciant par avance de votre attention et de ce que vous pourrez faire pour moi, je vous prie de recevoir, monsieur le sous-préfet aux champs l’expression la plus accomplie de mon dévouement à la Grande Cause du Grenache.

 

Jacques Berthomeau

Entre autres Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’ABV.

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:00

Je verse au dossier ce texte lu sur le site : Le Grand Soir : journal d’information alternative sous le titre Neutralisation d’une vigne OGM à Colmar - Quand le PCF s’indigne en compagnie de l’INRA et de Limagrain signé par Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire. (Chercheur au LERSIA Laboratoire d’étude et de recherche sur les systèmes intelligents et leur application Université de Bourgogne Dijon membre d’Attac)


Quelques remarques liminaires de mon cru :

 

1- l’appellation de faucheur volontaire solidaire me plonge dans un abîme de perplexité : par opposition existe-t-il des faucheurs involontaires ?

 

2- Moi le Grand Soir moi ça m’a toujours fait flipper grave, ça me faisait penser aux confidences délirantes de Benny Levy, alias Pierre Victor, le Guide planqué de la Gauche Prolétarienne, à Michel Foucault en 1972.

« Soit le patron d’une boîte moyenne, on peut établir la vérité des faits, a savoir qu’il a exploité les ouvriers abominablement, qu’il est responsable de pas mal d’accidents du travail, va-t-on l’exécuter ?

Supposons qu’on veuille rallier pour les besoins de la révolution cette bourgeoisie moyenne, qu’on dise qu’il ne faut exécuter que la toute petite poignée d’archi-criminels, en établissant pour cela des critères objectifs.

Cela peut constituer une politique tout à fait juste, comme par exemple pendant la révolution chinoise…

Je ne sais pas si cela se passera comme cela ici, je vais te donner un exemple fictif : il est vraisemblable qu’on ne liquidera pas tous les patrons, surtout dans un pays comme la France où il ya beaucoup de petites et moyennes entreprises, cela fait trop de monde. »


Sympa le petit juif pro-palestinien, enfin un politique qui se préoccupait du sort des PME. Dans les années 80 il jettera sa défroque marxiste par-dessus bord pour renouer avec le judaïsme de son enfance, un judaïsme ultra-orthodoxe, et il deviendra rabbin et affirmera toujours aussi implacable  « Le peuple palestinien n’existe pas. Il n’a pas le droit d’exister… »

 

3- La notion de neutralisation de la vigne OGM a, je trouve, un petit goût policier...

« Le parti communiste s’indigne dans un communiqué de l’action des faucheurs volontaires contre une vigne transgénique de l’INRA à Colmar. Ce communiqué (en gras dans ce qui suit et également en entier en bas du message) fleure bon le scientisme assumé et reprend les mêmes termes que ceux des transnationales de l’agrochimie.

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme...

Ce sont les mêmes termes employés par les multinationales de l’agrochimie comme Monsanto ou les grands semenciers comme Limagrain pour toutes les actions des faucheurs volontaires. Ça secoue pas mal de lire ça ici, mais bon, voyons la suite :

rien ne saurait légitimer un tel vandalisme...

Les faucheurs volontaires ont toujours revendiqué leurs actions et assumé le coté illégal de ces actions. La meilleure preuve est qu’en ce qui concerne l’action de Colmar, ils ont attendu gentiment que les forces de l’ordre viennent prendre leur identité. Ils revendiquent une légitimité supérieure, comme dans toute action de désobéissance civile, ceci afin de faire avancer le droit. Nier cette légitimité revient à renier toute forme de désobéissance civile.

Il est vrai que dans cette action, mis à part les pieds de vigne qui ont été neutralisés (70 pieds, pas même de quoi se saouler en réunion de section), il y a eu sans doute une dizaine d’euros de grillage coupés à la pince à cisailler, c’est une faute de la part des faucheurs, mais on ne va quand même pas en faire un fromage, les dommages subits sont sans doute inférieurs à ceux commis par ces militants syndicalistes qui ont enfoncé le portail du MEDEF à Chalon, qui ont été poursuivis en justice pour ces dégradations et que nous avions été nombreux à soutenir à l’époque, y compris le PCF.

ces actions portent atteinte à la recherche publique...

La recherche publique est sinistrée de manière général ; il est vrai que l’Etat se désengage de plus en plus du financement et force les laboratoires publics à trouver des financements privés. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le site de l’INRA de Colmar pour voir que cet établissement n’échappe pas à la règle. Parmi les partenaires (http://www.colmar.inra.fr/pages/SEA...), on peut citer :  Arvalis (sorte de laboratoire-conseil pour optimiser les rendements agricoles),  CEDE environnement (filiale à 100% de Veolia),  Agri-obtention (un semencier qui revendique sur son site 450 variétés dans son "portefeuille de variétés végétales"), Mais aussi et surtout, ceux qu’on appelle le club des cinq et qui fournissent "le meilleur de la génétique disponible en France" : Florimond Desprez, Limagrain Verneuil Holding, Syngenta Seeds SAS, Serasem et Unisigma.

Tout un programme, rappelons que Syngenta et Limagrain sont respectivement les 3èmes et 4èmes consortiums mondiaux de la semence, tout juste derrière Monsanto et DuPont !

Rappelons également que si la recherche publique est en général sinistrée, elle ne l’est pas de manière uniforme. Dans le domaine de la biologie qui nous intéresse ici, l’essentiel de l’argent public part hélas uniquement dans la biologie moléculaire et la génétique. Rien en revanche sur la biologie des sols. Il ne s’agit pas d’interdire toute forme de recherche en matière de génétique, mais tout miser dans le même panier relève d’une pathologie mentale, impulsée par une poignée de transnationales dont le seul métier est de vendre du produit chimique par le biais d’un système de brevets qui vise la totalité de l’alimentation humaine et animale. Il est vraiment à regretter que ces "professionnels de la nécro-technologie" deviennent de plus en plus les seules sources de financement des établissements publics de recherche. C’est vrai pour la biologie, comme dans toutes les disciplines scientifiques à fort potentiel de rentabilité à court terme (informatique, médecine, chimie...)

et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement.

Ce n’était pas du tout l’objectif des recherches menées à Colmar. Il s’agissait de recherches sur le court-noué, une maladie virale qui affecte les pieds de vigne et menace le rendement de la production viticole. Une maladie qu’on sait soigner en arrachant les pieds infectés et en laissant la terre en jachère plusieurs années, pas franchement acceptable pour de nombreux professionnels de la vigne. Alors peut-être que la génétique peut apporter une solution, mais alors, rien n’empêchait l’INRA de faire ces expériences sous serre, cela aurait même permis de compléter les essais en faisant varier la température, le taux d’humidité, la luminosité. On peut douter de la bonne foi de l’INRA qui en effectuant ces expériences en plein champs n’a fait que jouer la provocation pour préparer les esprits à une nouvelle forme de brevetage du vivant.

S’il s’agit de voir quels sont les effets des OGM sur l’environnement, pas besoin d’expérience pour cela, observons simplement ce qui s’est passé au Canada (deuxième pays le plus grand du monde après la Russie). Il n’a fallu que 6 années après l’introduction des cultures transgéniques pour qu’il ne soit plus possible de trouver sur le marché canadien du colza certifié non OGM. 6 années ! Et maintenant ce colza parasite est devenu indestructible aux herbicides, il pousse partout, y compris dans les champs de blé. Selon inf’OGM, les prochaines génération d’OGM seront même résistantes au gel ou à la sécheresse. Il remplaceront définitivement leurs cousins naturels.

Contrairement à toutes les autres formes de pollution humaine, celle-ci est irréversible et se fiche complètement des "oh merde, on ne savait pas...".

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...

A répéter en boucle au moins 10 fois le soir avant de ce coucher :

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...

Plus sérieusement, il ne s’agit pas de douter de la qualité scientifique des chercheurs de Colmar, tous sont sans aucun doute d’excellents docteurs en biologie moléculaire, mais pour ce qui concerne leurs compétences sociale, sociétale, économique, ou tout simplement dans leur compréhension du mécanisme de la vie du sol, on peut en douter sérieusement. Le métier de chercheur n’est pas toujours facile, mais avec le nez dans le guidon et soumis comme ils le sont de plus en plus à des pressions financières, on ne peut pas leur demander d’avoir un recul pour lequel ils n’ont pas été formé ni d’avoir un avis sur des sujets pour lesquels ils n’ont aucune compétence. Nier cette évidence relève d’un scientisme malsain que Rabelais avait déjà dénoncé dans son "science sans conscience n’est que ruine de l’âme".

Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer.

Les OGM pour nourrir la planète, qui font des guilis dans le cou et qui servent le café le matin tout en coupant le saucisson, ça n’existe pas ! 70% des variétés produites sont tolérantes à un herbicide (on peut noyer le champ avec du round-up ; tout crève, sauf l’OGM qui à tout bu et qui nous dit "même pas mal, va-y, mange moi !"), les 30% restant produisent un insecticide (de 10 000 à 100 000 fois plus qu’un traitement classique selon Jean-Pierre Berlan, ex directeur de recherche à l’INRA précisément, mais bon, lorsqu’il s’agit d’économiser de la main d’œuvre sur les traitements, on ne va pas faire la fine bouche). Les variétés OGM n’ont pas vraiment des rendements supérieurs à ceux de variétés classiques comparables, surtout si on pousse les études sur plusieurs années à cause des phénomènes de résistances, les paysans indiens en ont fait les frais, qui se suicident par dizaines de milliers chaque année, poussés à la faillite et à la misère.

Non, le seul intérêt des OGM, c’est pour les industriels qui les commercialisent, car ils sont brevetés. La marchandisation du vivant est déjà là, il n’est pas besoin de la recherche publique française pour enfoncer des portes déjà grandes ouvertes. L’alimentaire n’a pas besoin de nouvelles technologies mais de techniques et pratiques respectueuses de l’environnement, tout comme des gens qui travaillent la terre ou qui consomment le fruit de ce travail. La faim dans le monde ne vient pas du fait que les pauvres du Sud ne savent plus cultiver la terre mais c’est un problème politique que les OGM n’ont pas vocation à endiguer. A en croire les paysans sans terre du Brésil, les OGM ont même la fâcheuse tendance à accroître ce problème !

Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun

Oui, c’est la moindre des choses, mais ne nous illusionnons pas, les OGM sont une forme d’agriculture totalitaire qui interdit toute forme d’agriculture alternative.

 Soit par la pollinisation directe - en Amérique du Nord, les paysans contaminés doivent payer des royalties à Monsanto and co car ils ne sont pas propriétaires des gènes contenus dans les graines qui poussent par erreur dans leurs champs, c’est le principe du pollué payeur.
 Soit par le mélange volontaire des filières et l’absence de toute forme de traçabilité,
 et aussi par les coûts de plus en plus exorbitants pour arriver à une production saine et certifiée non contaminée.

Le choix d’accepter ou de refuser les OGM risque fort d’être de l’histoire ancienne si tous les acteurs du mouvement social prennent les mêmes positions que celles du PCF ici. Fort heureusement, il n’en est rien et de plus en plus d’acteurs syndicalistes, associatifs, politiques, y compris parmi les militants communistes, prennent conscience que l’exploitation des ressources naturelles relève du même principe que l’exploitation des ressources humaines : la soif du profit immédiat !

Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM de Colmar

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM sous responsabilité exclusive de l’Organisme Public de Recherche Agronomique (INRA) à Colmar ; rien ne saurait légitimer un tel vandalisme. Sous couvert de s’opposer à la culture des OGM en plein champ, ces actions portent atteinte à la recherche publique et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement. La Recherche publique en France est victime d’une politique continue d’affaiblissement de ses moyens budgétaires mais les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers. Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer. Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun ; mais porter atteinte au potentiel scientifique national est un acte totalement répréhensible ; le PCF renouvelle sa confiance dans le sang-froid et les capacités intellectuelles des équipes de l’INRA , dans leur indépendance par rapport aux pressions des multinationales de l’agroalimentaire. Au-delà, nos concitoyennes et concitoyens doivent pouvoir s’approprier les divers aspects du développement scientifique. Cela exige de nouvelles instances démocratiques au plus près d’eux, permettant l’échange fructueux entre collectivité scientifique et l’ensemble de la société ; c’est là un défi de notre temps, un défi que toute politique de gauche se devrait de relever. Les protestations de Mme Pécresse suite à cet acte odieux ne doivent pas faire illusion : elle conduit avec N Sarkozy une politique de casse de la recherche publique, qui précisément tourne le dos aux défis de civilisation contemporains, ceux que le PCF, avec d’autres entend permettre de relever.

Parti communiste français

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 00:09

Les feux et les fumerolles de 68 étant à peine estompés nous eûmes droit par ceux que les fils de pub dénommaient les « lessiviers », en l’occurrence UNILEVER, aux enzymes gloutons de la lessive ALA (aujourd'hui ça ferait tache comme nom de marque). Leur concept génial : la lessive était censée contenir des enzymes que la pub télévisée figurait comme des petites têtes genre Shadocks qui dévoraient la saleté. Bide commercial total, les ménagères de plus de 50 ans craignant qu’ils bouffassent aussi leur précieux linge, mais les enzymes gloutons ont fait parti du langage de la rue pendant un certain temps.


 

Comme j’ai un esprit facétieux, que les « œnologues » n’en prennent point ombrage, la publicité qui suit, contenue dans Vitisphère (merci au lecteur qui me l'a fait parvenir), m’a vraiment mis de très bonne humeur. J’adjure les mauvais esprits qui fourmillent sur la Toile de ne faire aucun parallèle entre les gloutons du haut et ceux plus raffinés du bas, tel n’est pas mon propos.


Donc, en contemplant le superbe pot de LAFASE Grand Cru, ma folle du logis, ma chère imagination, me susurrait cette scénette se  déroulant lors d’un dîner bien comme il faut au château : 

- Lui en veste d'intérieur écusonnée et babouches armoriées, touche de vétiver : « Marie-Adélaïde je trouve notre GCC un peu mollasson, pourriez-vous très chère me passez le LAFASE Grand Cru pour que je lui donnasse un peu de nerf ? »

 

- Elle, à la limite de la décontraction avec son petit corsage blanc de chez Paule Ka - comme la Ségolène, pensez-donc ! - entrouvert, exposant sa poitrine balconnée au regard acéré du jeune maître d'hôtel qu'elle venait d'engager : « Avec joie Charles-Edouard, soyez dur ! Mais, permettez-moi une suggestion, comme je vous aimerais, moi aussi, un peu plus polisson, dès que vous l’aurez cravaché je serais fort heureuse que vous me fissiez subir le même traitement...»

 

Je suis tout, sauf sérieux, mais je me soigne à l'homéopathie BOIRON... La suite elle plonge dans l'univers impitoyable de la recherche où de charmantes jeunes femmes dans leurs laboratoires, penchées sur leur paillasse, jouent avec les enzymes pour la plus grande gloire des Grands Crus. Désolé Laurent, je suis incorrigible mais je te réponds dès que j'ai une minute...

   

« C’est une première: la recherche* démontre l’impact de certaines enzymes de macération sur le profil  polysaccharidique des vins (différentes études ont déjà prouvé la participation de certains de ces composés à la stabilité de la couleur des vins, à la réduction de l’astringence et à la participation vis à vis de la stabilité tartrique).


Ces travaux innovants mettent également en évidence l’influence des préparations enzymatiques sur la composition en polyphénols de vins rouges.»


* Résultats obtenus par Marie-Agnès Ducasse dans le cadre de sa thèse à l’Inra de Montpellier, au sein de l’équipe de Véronique Cheynier, financement Laffort

ENZ_LAFASE_HE_GRAND_CRU.jpg

LAFASE® HE GRAND CRU Novozymes.

 

Préparation d’enzymes pectolytiques, purifiée pour l’élaboration de vins de garde structurés, riches en matière colorante et en tanins souples.

  • Spécifique des macérations traditionnelles (précédées ou non d’une macération préfermentaire) pour l’élaboration des vins de garde structurés, riches en matière colorante et en tanins élégants.
  • Favorise l’extraction des composés phénoliques plus stables et augmente les aptitudes au vieillissement.
  • Purifiée en cinnamyl estérase (évite la formation de phénols volatils) et en anthocyanase (favorise la stabilisation de la couleur)

> Fiche produit (pdf)
> Fiche technique (pdf)
> FDS (pdf)

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 00:09

Souvent dans mes chroniques j’évoque ma Vendée natale, non par nostalgie de ce pays mais tout simplement parce qu’au fond je suis toujours resté un petit gars de la Mothe, élevé dans l’eau bénite par de saintes femmes : mémé Marie, la tante Valentine et ma chère maman, enfant de chœur indiscipliné, sauvageon dans les prés avec les vaches normandes du pépé Louis ; qui a bien aimé jouer au basket à la Vaillante Mothaise avec le si adroit Jacques Bernard ; qui est parti à 17 ans tout juste à la Fac de Droit de Nantes sans regret car il savait que ça n’était pas dans son petit pays qu'il ferait sa vie. Dire qu’on a ses racines dans son terroir natal ne reflète aucune réalité car, sauf à y vivre toute sa vie, très souvent on le quitte sans pour autant être un déraciné.  


La Mothe-Achard, son gros bourg commerçant, sa foire aux bestiaux, son école d’Agriculture où je ferai l’essentiel de mes études secondaires, le Bourg-Pailler où je suis né,  l’Auzance, sa route Nationale la Roche-Les Sables, le car Citroën de Nantes, les pères Martin et Plissonneau les marchands de grains, Mougard le marchand de bestiaux, le château du Plessis et Antoine de la Bassetière, et quelques métairies où la vaneuse de papa faisait les batteries, c’est ma jeunesse. Une jeunesse heureuse, insouciante, où nous jouions aux marbres en rentrant de l’école avant d’aller goûter de belles tartines embeurrées sur lesquelles mémé Marie râpait des miettes de chocolat Menier. Le matin prendre son bol de cacao à la table où les hommes : mon père, le cousin André Neau et mon frère Alain déjeunaient. Sœur Marthe, Mademoiselle Brye, le frère Pothain et le grand blond dont le frère s’était rendu célèbre en publiant ses récits d’évasion des camps de prisonnier : « Le Dodore fait la malle » (toujours en vente sur Price Minister) qui m’ont appris à lire, à écrire et à compter. La famille Remaud avec Madeleine et Petit Louis le boulanger, mes 3 frères supplémentaires Dominique, Jean-François et le malheureux Jacques (Jacquot, moi c’était Jacky, je détestais) avec bien sûr Geneviève que nous appelions Bounette. Mon copain Gervais, son scooter Vespa sur lequel nous allions au bal à 3 dessus avec Dominique Remaud. Ne parlons pas des filles, ceux qui se sont colletés à mon petit roman dominical à son tout début savent que je suis « un homme qui aime les femmes »... 

 

Tout ça pour vous dire que ce pays qui colle à mes godasses m’a toujours permis, surtout lorsque je me suis retrouvé sous les ors des Palais Nationaux, de savoir d’où je venais et surtout à qui je devais d’être ce que je suis. Ainsi, lorsque nous avons réformé cette foutue PAC au temps de Jacques Delors, en 1990, mon frère Alain à marié Vincent mon filleul en septembre (chez les Berthomeau on se marie toujours après la moisson sans doute en mémoire de notre père Arsène qui aimait tant ses batteuses) j’ai passé toute ma sainte soirée, après le repas déjà long, au lieu de faire danser une jeune femme qui manifestement attendait plus encore de moi, un verre à la main, à discuter avec tous les gars des métairies, les copains d’Alain, de l’arrêt du soutien par les prix. C’était chaud mais, tout socialo que j’étais, j’étais quand même un gars de la Mothe, ils m’écoutaient et, ceux qui me connaissent, savent que je ne lâche pas le morceau facilement. J’aime convaincre. En fin de soirée je ne sais plus si j’étais saoul de paroles ou de vin, ou des deux, mais qu’importe je leur devais bien des explications surtout que celles de Luc Guyau, mon voisin de classe à l’école d’agriculture, ne les satisfaisaient guère. Lui a fait une bien plus belle carrière que moi : président du CNJA puis de la FNSEA, puis de l’APCA pour finir ambassadeur auprès de la FAO, mais je ne l’envie pas car je n’ai jamais eu de goût pour les grandes manœuvres des appareils horizontaux comme disait le frétillant Michel Rocard.  

 

Oui je suis nostalgique de mes jeunes années rêveuses et sauvageonnes, de la C4 de Louis Remaud pleine des miettes de pain de la tournée, des baignades à la Normandelière ou au Marais-Girard, du Gois de Noirmoutier, du beurre blanc de maman, du riz au chocolat de la tante Valentine, du blazer bleu marine de ma couturière de mère, de l’eau de Vichy du pépé Gravouil, des livres de mon père dont j’étais si fier le jour où il fut l’un des mieux élu au premier tour des élections municipales alors que presque toute la liste d’Antoine de la Bassetière était balayée (hé oui, Henri-Pierre, ton père Alfred était de la conspiration avec Marthe Régnaud la sage-femme qui m’a fait naître). Papa m’a appris l’amour du bien public, la grandeur de l’engagement citoyen et le goût de la discussion. Orgueilleux je suis, oui simplement au nom de mon père à qui j’ai toujours dédié ma vie surtout lorsque l’étais au 78 rue de Varenne face aux grands appareils syndicaux si prompts à laisser accroire que nous n’étions que des urbains insoucieux du devenir de notre agriculture.  


Pour autant j’aime Paris, j’aime y flâner, y faire du vélo, y vivre ; j’aime tous les coins et les recoins de la France, pour les arpenter et y rencontrer ceux qui y vivent, qui les font vivre ; j’aime traîner mes guêtres dans le vaste monde pour me frotter à tous ceux qui ne sont pas nous mais avec qui nous partageons cette foutue planète ; j’aime la vie que je vis car je la vis au présent, ardemment. Le passé c’est ma mémoire, et par bonheur j’en ai beaucoup. Pour le futur, lorsqu’on atteint mon âge, il se rétrécit mais comme chaque matin je me dis que ce jour est un nouveau jour et qu’une nouvelle chronique se met en ligne j’en conclue « que du bonheur à venir ! » J’exècre l’expression « c’était mieux avant ». Je souris face à l’angélisme de certains défenseurs de la Nature : oui qu’ils étaient beaux et secrets mes prés bas enserrés par de profondes haies mais les petits gars de chez moi avaient-ils d’autres choix que de partir ou de les retourner ces prés et de les shooter au NPK ? Comme PH Gagey je préfère le mot terre à celui de terroir, car lorsqu’elle venait tout juste d’être labourée c’est la vie que j’y découvrais avec tous les « achets » rouge brun qui se tortillaient au sommet des sillons. Alors, et la Terre qui meurt, ou celle qui ne ment pas, ou encore celle d’une soi-disant agriculture paysanne, me hérisse car je lui trouve des senteurs qu’elle n’a jamais eu, celles d’une idéologie « passéiste ».   

 

Voilà, je me suis laissé aller à vous parler de moi mais comme je suis en vacances j’espère que vous me le pardonnerez.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 08:00

Je suis furax !


Non je ne suis pas un chroniqueur influent !


Si c'était vrai ça se saurait du côté du 78 rue de Varenne... 

 

J’ai trop roulé ma bosse en des lieux dit de pouvoir pour avoir une telle prétention.


Je ne suis qu’une chiure de mouche sur la Toile !


Je ne suis qu’un petit chroniqueur indépendant qui s’amuse à ouvrir des brèches, des fenêtres sûr, rien de plus, rien de moins !


Comme je suis tout sauf modeste ne voyez pas dans cette colère un exercice de fausse modestie destiné à ce que vous protestiez du contraire.


Ceux qui décident, ou qui sont censés décider, se tamponnent largement de mes opinions, de mes humeurs ou de mes propositions. Ils ont mieux à faire que d’être révérant à mon égard ou de m’accorder un quelconque crédit. Comme l’avait claironné un Grand Féodal lors de l’alternance de 2002 « Berthomeau c’est fini... » (J’ai des témoins) et ça s’est vérifié.


Alors pourquoi cette fureur matinale pendant que je coule des jours tranquilles dans une Ile où les Clans sont encore influents ?


Tout bêtement parce quelqu'un, dont je tairai le nom par une forme de compassion, pour justifier une demande, que je me contenterai de qualifier « d’étonnante », m’a fait tenir via une agréable personne, le propos suivant « puisque votre blog est influent j’ai peur qu’un personnage lui aussi très influent (lui très,très influent) prenne ombrage de ma présence sur votre blog et m’associe aux propos vachards tenus par un autre type très connu (je ne donne pas le nom car c'est une réponse à une question du Grand Concours), donc merci de retirer ma belle bouteille du lieu où vous l’aviez posé pour la mettre ailleurs... »


Stupéfait, en état d’attrition avancé, j’ai sitôt renvoyé le flacon dans les ténèbres extérieures !


Comme le dirait le facétieux sicilien Camilleri « faut pas décoconner ! »


« Quand les bornes sont dépassées, y’a plus de limites » dixit Joseph Prudhomme.


Ne me demandez pas d’être plus explicite. Vendre du vin de nos jours n’est pas chose aisée alors je suis en capacité de tout comprendre mais je ne puis entrer dans le jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » qui a court en notre sympathique « milieu » du vin. Je laisse ça à d’autres soumis aux dures lois du marché : les recettes venant de certaines poches mieux vaut ne pas frapper sur la main qui nourrit. Je n’ironise pas en me drapant dans une virginité ridicule mais tout simplement je profite de l’occasion pour vous proposer un bref traité pratique de l’influence, au ras des pâquerettes...

 

« Avoir le bras long... être le bras droit de... une éminence grise... un faiseur d’opinion... » que sais-je encore, en notre beau pays gaulois rouscailleur et râleur, où l’homme de la rue peste, à juste raison parfois, contre les prébendes, les passe-droits ou les privilèges des gens de pouvoir, il n’en reste pas moins vrai que la culture du piston y connaît encore de beaux jours à tous les étages. Faire intervenir son député auprès du Ministre ou autre autorité publique est un sport national très pratiqué. Publier le florilège des courriers expédiés permettrait de mettre un léger bémol aux protestations outrées du bon peuple qui fréquente le café du commerce. Les réponses aux intéressés sont rédigées par des petites mains des services qui, de temps à autre, se donnent le plaisir d’en envoyer une petite copie au « Palmipède enchaîné » (Cf. celle de refus d’Hervé Gaymard à propos de l’hippodrome de Compiègne).


Certains vont m’objecter que c’est un petit jeu entre gens du même monde. Faux ! Quelques exemples anciens :


1-     L’exemption ou le rapprochement de leur famille des pioupious faisant leur Service Militaire : à la belle époque du SN une cellule de 70 fonctionnaires du Ministère de la Défense était mobilisée sur ce sujet capital qui constituait la 1ière intervention des parlementaires français. C’est fini grâce à Chichi.


2-    Faire sauter les PV : les OP assurant la sécurité des Ministres assuraient discrètement cette fonction très importante car le chauffeur râleur est aussi un électeur. En déclin pour cause d’urgence à faire rentrer du blé dans les caisses et d’informatisation des procédures.


3-    L’attribution de logements sociaux : le temps où Georges Pérol, Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, était Directeur de l’OPHLM de la Ville de Paris, fut pain béni au 78 rue de Varenne...


Reste les médailles : c’est un sujet brûlant, chaud bouillant, qui en dit long sur la vanité des hommes et leur perte du sens commun pour la reconnaissance de « leurs mérites » J’ai dressé les listes de demandes de Légion d’Honneur, de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre du Mérite Agricole pour être édifié en la matière. Pour autant, je ne vais pas me gausser puisque j’ai accepté, mais pas demandé, la Légion d’Honneur attribuée par Jean Glavany dans la foulée de mon Rapport. Pour la petite histoire, je fus convoqué au RG de Creil pour l’enquête de moralité et le jeune inspecteur étant un passionné de vins nous avons passé une heure à discuter le bout de gras sur le sujet.


Tout cela est fort insignifiant, écume du jeu social, sans échange monétaire qui ferait déboucher l’influence sur le « trafic d’influence » qui n’est pas mon sujet du jour car il relève lui des tribunaux. Mon propos touche au théâtre du paraître, au miel des tribunes, des invitations, des déjeuners au château, ce merveilleux plaisir de voir son nom cité, en bien évidemment, dans les journaux, à l’encens de ceux qui vous font comprendre que vous êtes quelqu’un d’important, à l’ivresse d’un passage sur un plateau de télévision... j’en passe et des meilleures. Dans notre petit monde du vin je suis toujours émerveillé en contemplant ce spectacle... 

 

Pour clore ce court traité permettez-moi de vous conter l’histoire d’un homme dont toute la vie fut consacrée au dur métier de l’influence, c'était l’un des plus beau carnet d’adresses de Paris, reçu, écouté, bardé tel un maréchal soviétique de toutes les rosettes possibles, discoureur, collectionneur de présidences, quand vint le temps de la vieillesse, lorsque le flux de la marée des courtisans se fit rare, l’homme devint acariâtre, désabusé, radoteur et donneur de leçons, ne supportant pas d'être tombé dans le puits sans fond de l’indifférence de ses contemporains. Triste fin !


Soyez sympa avec moi, merci de me remettre à ma place si je commence à filer ce type de coton ! Du côté de celui qui me donnait une soi-disant importance, une influe, qu'il se rassure  je ne pratique pas le sport favori de certains dans notre petit monde : quand j’aime le vin c’est que j’aime le vin et ce n’est pas son léger dérapage qui m’empêchera de parler du sien en bien !  

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 00:09

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Cette première chronique inaugure une série sur la table du palais de l'Elysée lieu de résidence du Président de la République Française. Au temps de ma «splendeur » bien évidemment je ne fus jamais convié à un déjeuner ou à un dîner officiel à la table du Président car on n'invite ni les soutiers, même de luxe, ni les «nègres». Cependant j'ai déjeuner par deux fois à l'Elysée à l'invitation d'un éminent conseiller de Mitterrand, un vieux Conseiller d'Etat qui «chassait des têtes» pour Tonton - j'ai oublié son nom mais ce n'était pas de Grossouvre qui lui chassait tout court et qui m'emmerdait régulièrement pour les chasses de Chambord - Il rassemblait 10 personnes d'origines très diverses et à la fin du déjeuner le photographe de l'Elysée prenait une photo de groupe qui nous était envoyée. C'est le seul souvenir qui me reste car du côté popotte ça ne m'a pas marqué aussi bien le solide que le liquide. Enfin j'ai souvent dîner avec les permanenciers c'est-à-dire le conseiller du cabinet qui pieutait à l'Elysée pour assurer la permanence téléphonique (en ces temps reculés les portables n'existaient pas). Là aussi ça ne cassait pas trois pattes à un canrd. Dernière précision, j'ai toujours refusé d'aller à la Garden-Party de l'Elysée car ça me gonflait. Notre Président vient de la supprimer pour cause d'économies budgétaires (y'a tant de trucs qui pourraient être supprimés mais je ne suis pas payé pour conseiller le Président de la République).

 

Pour commencer expédions vite fait bien fait les défuntes républiques (je passe sur la Ie et la IIe) : la IIIe et la IVe qu'aimait tant notre Grand de Gaulle.

 

Ce Palais est fort mal commode. Les cuisines sont enfouies dans les sous-sols. Sous la IIIe République elles étaient si vétustes que pour les grands dîners et les buffets on s’adressait à des traiteurs. Le confort des appartements du Président étaient très spartiates : une seule salle de Bains dont le président Armand Fallières, et son épouse, n’utilisèrent jamais. C’est Sadi Carnot qui fit installer l’électricité et Lebrun le chauffage central. De tout les présidents, Jules Grévy fut considéré comme le plus ladre par ses invités tellement les buffets étaient médiocres. Rochefort dans son l’Intransigeant ironisait « Un jeune homme a été arrêté vers deux heures du matin comme il venait de voler un petit pain chez le boulanger. Interrogé par le sergent de ville, il répondit : « Je sors de l’Elysée. » Il fut immédiatement relâché et une collecte organisée en sa faveur. »

Avec la IVe c’est madame Auriol qui reprend les choses en mains. Elle introduit le tout-au-gaz dans les cuisines et engage un tandem de chefs qui s’était connu au service des Windsor à Marnes-la-Coquette. Le président surprise René Coty qui par sa gentillesse, son urbanité fut le plus populaire des hôtes de l’Elysée : à plusieurs reprises après des réceptions réussies on le vit descendre aux cuisines féliciter les chefs. En dehors des obligations officielles, les repas de famille sont pris dans les petits appartements dans la plus grande simplicité, aussi bien chez les Auriol que chez les Coty. La petite histoire élyséenne mentionne que « le président Auriol, levé dès 6 heurs du matin réchauffait lui-même le café au lait qu’on lui avait préparé la veille. »

Les présidents  changeront mais leur table ne variera guère et l’on ne s’y attardera jamais beaucoup : le record de rapidité étant détenu par le général de Gaulle qui ne dépassait jamais quarante minutes. Comme l’écrit un chroniqueur de l’époque « Dommage, car la chère est fine et la cave excellente, avec ses Château-Lafite, Haut-Brion, Châteauneuf-du-Pape, Meursault, Pommard, Pouilly- Fuissé, Château Margaux des meilleures années. Pour le champagne, de rigueur à l’heure des toasts, on prend bien soin que toutes les grandes marques, d’Heidsieck à Lanson, de la Veuve Clicquot à Dom Pérignon, et de Pol Roger à Perrier-Jouet, figurent tour à tour sur la table présidentielle. »

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 00:09

C’est un inédit de Rabelais écrit en tchèque du début du XVIe siècle : « Traité du bon usage de vin » lequel est grand ð perpétuel pour ébaudir âme ð corps ð contre diverses maladies de membres extérieurs ð intérieurs composé au profit d’enlumineurs de museaux par maître Alcofribas, l’architiclin du Grand Pantagruel . Ce traité est tiré des livres du médecin et éminent savant Rabelais à Lyon pour que tout être de raison, lisant ou entendant, se réjouisse grandement. Afin que si bel esprit, loin  de tomber dans l’oubli, profite aux hommes et soit l’honneur des Tchèques, cet ouvrage est publié par Martin Carchesius, clerc du chancelier de Prague, en l’An de grâce MDCXXII.   Caillou-8372.JPG

« Sachez cependant qu’il ne faut pas mêler le vin avec des éléments autres que ceux sus-nommés et qu’il y a lieu de craindre le pire à agir autrement. Le premier de ces éléments terribles est l’eau, laquelle, comme il sera démontré, menace souvent la vie. Mais il est des paltoquets qui versent de l’eau sur le marc en disant : vin de marc. Tudieu ! Par cet acte horrifique ils provoquent la grattelle*, la pépie*, les scrofules et la courante. D’autres versent de l’eau dans des tonnelets et cruchons sans mo dire ; que ces oiseaux funestes servent de repas aux corbeaux ! Songez à Godefroy de Bouillon qui ordonna à la veille d’une bataille qu’on envoie aux mahométans une coupe de vin ondoyé : ayant perdu toute vigueur, ces derniers furent massacrés sans résistance aucune.

Le deuxième de ces éléments est la gent féminine en mal de bonnet de nuit qui ne recule devant rien pour conduire les buveurs émérites devant l’autel. Force anecdotes épouvantables circulent sur des harpies de cette espèce qui mirent le grappin sur un homme et la grappe lui interdirent ; c’est pourquoi les très zélés prévôts de la confrérie des buveurs disent les plus avisés : le vin comble la femme quand l’homme en boit, et c’est tant vrai qu’il n’a besoin pour ce faire ni de bonnet de nuit, ni de cornes. »

       * la galle

       * induration de la muqueuse de la langue

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 00:09

Avec septembre reviennent les mois en R et autrefois les huîtres, pour les connaisseurs ne se consommaient que ces mois-là après qu'elles eussent fait leur laitance. Ce matin, loin de ma terre natale, je profite de ce basculement pour venir au secours de mon grand voisin nantais le Muscadet qui va aussi mal que le FC. Nantes, grandeur et décadence d’une belle et grande appellation et d’un grand et beau club. Rien n’est jamais perdu tout est à reconstruire alors toujours prêt à servir. En attendant un beau texte de Maurice Des Ombiaux sur Les Vins blancs publié en 1928.

 

« Les huîtres appellent le vin blanc. S’il y a des grands vins blancs traditionnels pour leur faire cortège, il y a aussi les Vouvray, le Montlouis, le Rochecorbon, dont s’enorgueillit la Touraine à juste titre, et d’autres encore, moins connus, comme le Muscadet qui croît du côté de Nantes et de Saint-Nazaire et dont M. Aristide Briand fait ses délices.

Il est très sec et laisse à l’arrière-goût un léger appel de Muscat. Il n’a pas son pareil pour servir d’accompagnement à une douzaine de Portugaises bien fraîches. On le soutire dans des fillettes. Son fin goût de muscat, se mariant avec celui de la pierre à fusil, charme ceux qui en boivent pour la première fois par l’inattendu de l’aventure et par une si merveilleuse expression de terroir. L’Anjou donne aussi des vins blancs de grande réputation. Mais la palme revient de Pouilly-sur-Loire, de Château-Laroche et de Chavignol, du cépage appelé Sauvignon. Le Sauvignon produit aussi le Château d’Yquem mais tandis que l’Yquem est doux, liquoreux et doré, le Blanc-fumé est sec, extra-sec, comme le silex, avec un léger goût de fumée extrêmement délicat. C’est le vin le plus blanc qui soit, tellement blanc que, dans le verre, il a presque l’aspect d’eau ou vert d’eau, dit-on de lui.

Ce goût de fumée et de silex, soulignant le goût sauvage et le parfum d’océan des Claires ou des Marennes vertes, quel régal pour le gourmand !

Les loges de Pouilly, de Girames, la loge aux moines, le clos de la Comtesse ondoie merveilleusement une sole au gratin ou tout autre poisson.

Il ne faut pas confondre les Pouilly donnés par le Sauvignon et ceux des autres cépages. Il y a entre eux à peu près la même différence qu’il y a en Bourgogne entre les vins fins qui proviennent du pineau et les vins communs issus du gamay.

Ces produits du Sauvignon se mettent au rang des plus grands vins blancs, et tel amateur sceptique auparavant, a reconnu, après les avoir tâtés comme chez M.Lubin, qu’ils se présentent comme des grands seigneurs de la treille française, la première entre toutes !

Il y a des amateurs qui feront un déjeuner au vin blanc ; il y en a même qui s’en tiendront, pour un repas plus substantiel, au seul vin de champagne, variant les goûts selon les mets, depuis le demi-sec jusqu’au brut. »

 

 

Maurice Des Ombiaux

 

Ecrivain
Beauraing 16.03.1868 - Paris (France) 21.09.1943

« Ses humanités achevées (1884), Maurice Des Ombiaux est poussé par son père à entreprendre des études notariales. Mais, déjà attiré par le renouveau littéraire des années 1880, il se lance dans la littérature. D'abord auteur de quelques pièces en vers et en prose dont il tire plusieurs recueils, ainsi que d'un drame symboliste, Les Amants de Taillemark (1892), il part ensuite à la recherche de son style, affiche des opinions extrémistes et quitte La Jeune Belgique pour Le Coq rouge, mouvement qui se veut le défenseur de la liberté en art (1895).

 

Après avoir pourfendu Edmond Picard, champion de l'âme belge, il opte pour la prose ainsi que pour une veine réaliste et populaire qui correspond mieux à sa nature. Il dévoile ses talents de conteur gaillard et sentimental. En fait, Des Ombiaux plonge aux sources de son enfance lorsque lui étaient racontées les vieilles légendes locales. Ses meilleurs écrits atteignent aux sommets du roman naturaliste (Mihien d'Avène et surtout Le Maugré), considérés par Lemonnier et Maeterlinck comme des chefs-d'oeuvre. Entre 1898 et 1914, il publie plus d'un ouvrage par an tout en consacrant des études à des artistes wallons. Critique d'art, il signe ainsi un Essai sur l'Art wallon, collabore à la revue Jeune Wallonie. Fondateur, avec Jules Destrée, son ami d'enfance, d'une Fédération des Artistes wallons, il est aussi à la base de la Société des Amis de l'Art wallon.

 

Coorganisateur de la première exposition d'Art wallon (Charleroi, 1911), il ne cessera de montrer que la Wallonie, trop souvent négligée au profit de la Flandre, est en réalité un des berceaux de l'art en Occident. Il révèle ou vulgarise quelques-unes des illustrations de notre patrimoine artistique : l'école de Tournai, qui influença l'art flamand, l'école de l'abbaye de Lobbes, Roger de le Pasture, Victor Rousseau... Il exige que l'apport artistique de la Wallonie soit reconnu et sa filiation française proclamée. Occupé par le seul passé wallon, Des Ombiaux ne se livrera jamais à une peinture de la Wallonie industrielle, même s'il ne resta pas insensible aux villes (Namur, Liège...).

 

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