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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 06:00

J’ai ces dernières semaines brocardé gentiment la méthode VPC assez rétro de la Maison Henriot (pour sa marque de champagne éponyme link et pour la maison Bouchard père&fils link ). Cependant même si j’ai parfois l’ironie facile, ma chronique sur les propos prêtés à Michel Rolland en témoigne, et que cela puisse irriter ceux que j’égratigne et les amis des égratignés, je sais aussi dans le même mouvement, avec la même intensité, m’enthousiasmer pour des actions ou des réalisations des victimes de mon mauvais esprit. Au passage je souligne que, eut égard à la confidentialité de mes écrits, mes petits coups de pattes ne troublent guère la sérénité de ceux qui les subissent.

 

Bref ce matin je saisis l’occasion de la tombée sur les télescripteurs de la rédaction de Vin&Cie, via l’agence e-storming art, architecture, agenda, de l’info selon laquelle le Lauréat du prix Champagne Henriot du catalogue d’artiste 2011, est le catalogue du Gentil Garçon, né le 1er novembre 1998 par la volonté de Julien Amouroux link, pour saluer l’action de mécénat culturel de la Maison Henriot. De plus, si je puis dire, ça tombe bien puisque dans le Monde daté du 24 mars un article constate que : « Le mécénat d’entreprise déserte la culture » link 

 

« Les chiffres sont passés inaperçus, pourtant ils sont terribles : selon une enquête réalisée par l'institut CSA pour l'Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial), le mécénat de la culture est passé de 975 millions d'euros à 380 millions d'euros de 2008 à 2010, accusant une perte de 595 millions d'euros, soit 63 %. » Certes, le mécénat lui-même a baissé de 2,5 milliards d'euros à 2 milliards d'euros (moins 20 %) lors même que le nombre d'entreprises mécènes augmentait de 17 %. Mais la culture ne représente plus que 19 % du budget global et se situe désormais en troisième position derrière le trio "social, éducation, santé" (36 % du budget, soit 720 millions d'euros) et le sport, lequel, en progressant de 26 %, prend la seconde place en termes d'engagement. »

 

Pour ceux que ça intéresse Le mécénat Culturel vitivinicole en Gironde Sophie Tuffnell – Bordeaux Ecole de Management – Décembre 2004 link 

 

C’est la troisième édition du Prix Champagne Henriot du catalogue d’artiste qui a été remis à l’occasion du Salon du Dessin le 1er avril 2011. « Il récompense un projet qui apporte une vision renouvelée du catalogue appréhendé comme un véritable pendant au travail artistique. » C’est un jury indépendant, représentatif du monde de l’art et de l’édition, qui a sélectionné le catalogue du Gentil Garçon, à qui a été remise une dotation de 15 000 euros destinée à son édition. « La qualité et l’originalité du projet éditorial à toutes les étapes de sa conception ont guidé la décision du jury »  

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                Célébration 2005, crédit photo Christian Perez

 

« Tout le Gentil Garçon » est un projet monographique bilingue conçu sous la forme d’une encyclopédie avec des entrées alphabétiques. Il transpose, avec la rigueur encyclopédique (articles, illustrations, planches, cartes, tableaux...), le contenu d’un catalogue monographique avec ses notices, reproductions d’œuvres, textes critiques, biographie...

Source d’inspiration, la structure encyclopédique donne à l’artiste la possibilité de sauter d’articles en articles par le jeu des renvois et permet de tisser des liens surprenants entre ses idées. Comme le contenu d’une encyclopédie, sa production est diversifiée tant au point de vue des mediums, des styles, que des thèmes abordés. L’influence de la méthode scientifique apparaît nettement dans un processus créatif rigoureux guidé par la fascination pour l’idée d’inventaires : retrouver les visages de tous ceux dont le nom a été donné aux rues d’une ville (Street spirits, 2005), modéliser 2000 flocons de neige pour en faire les particules d’une architecture (Le triomphe de la neige, 2009), mouler des centaines de fossiles pour tracer une chaîne de l’évolution en chocolat factice (Célébration, 2005).

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 00:09

Si j’adoptais ce matin la grandiloquence qui m’est chère j’écrirais « Entre ici Luc Charlier... » pour que retentisse dans vos têtes le timbre vibrant et caverneux de Malraux. Non je me contenterais d’être plus familier en l’accueillant d’un « salut, cher lecteur... » qui, en l’occurrence, revêtira un double sens : comme chacun le sait maintenant, le sieur Charlier me lit et commente dans son style inimitable, donc pour moi c’est un lecteur, mais ce matin ce lecteur s’est mué en lecteur-chroniqueur-lecteur pour répondre au défi que je lui avais lancé un dimanche. Si vous ne m’avez pas bien suivi mes explications, peu importe, l’essentiel est ce qui suis où Luc, dit Léon, va vous donner envie de lire.  Miguel06Dans la première de ses « 8 petites études sur le désir de voir » chez Gallimard, Patrick Drevet écrit « Lire, je crois, c’est d’abord accueillir la solitude. On ne peut bien lire, et pleinement, que seul. En ce sens, il est vrai que la lecture comporte des prolongements dangereux, car la solitude qu’elle requiert peut virer à l’isolement : alors elle est le plus court chemin pour oublier le monde et pour se fuir soi-même... » Il note « la lecture nous retire de la vie active, du monde, du soleil... » et « les moments qui lui sont favorables correspondent aux heures où la frénésie de la vie entre dans une sorte de léthargie, où le monde ne nous entoure plus de sa palpitation régulière et tranquille... » Solitude, concentration, retrait, disponibilité, Drevet souligne « l’étrangeté de l’expérience du « lire » car en effet l’auteur, cet inconnu, s’adresse à nous et à nous seul. « On l’aime pour ce qu’il nous invite à voir, pour ce qu’il nous découvre de l’invisible, pour ce qu’il nous fait aimer. »

 

La plume est donc à Luc Charlier. Merci et bienvenu chez moi... 200px-MiguelStreet.jpg

                                       *******************************

Je ne rédigerai plus de post compromettant sur des auteurs importants.

Je ne rédigerai plus de post compromettant sur des auteurs importants.

Je ne rédigerai plus de post compromettant sur des auteurs importants.

Je ne rédigerai plus de post compromettant sur des auteurs importants .....

 

Tout a commencé le 3 avril : il parlait du Renegades Steel band Orchestra ; moi, j’ai eu le malheur d’évoquer V.S. Naipaul. Et hop, en guise de punition : une chronique dominicale, une !

 

Plutôt que de résumer cet opus, une série de 17 short stories en fait – et j’en avais oublié quelques unes avec le temps – je vais tenter de vous donner envie de parcourir ses pages.

Miguel Street fut publié en 1959, c-à-d neuf ans seulement après que l’auteur eût quitté Port of Spain, où il est né de parents indiens en 1932.

 

- Que pensez-vous d’un menuisier qui tentera toute sa vie de fabriquer the thing without a name, « l’objet sans nom » et ne réalisera jamais rien? Pourtant, son enseigne mentionne bien « charpentier et fabricant de meubles », à ce Monsieur Popo.

- Ou encore : « Once upon a time, a boy and a girl met each other and they fell in love ... they were both poets ... One day, the girl poet said to the boy poet : “We are going to have another poet in the family ....”.

(Un jour, un garçon et une fille se rencontrèrent et tombèrent amoureux ... ils étaient tous deux poètes .... tout d’un coup, la fille poète dit au garçon poète : « On va bientôt avoir un autre petit poète dans la famille ...).

 

Et pourtant, tout cela, M. Wordsworth n’a fait que l’inventer. Les mangues, les prunes, les noix de coco peuvent en attester.

- Et comment ne pas craquer devant ce calypso :

« The more they try to do me bad

Is the better I live in Trinidad ...”

(Plus ils tentent de me maltraiter

Plus j’apprécie de vivre à Trinité ...)

- Ensuite, il y a Titus Hoyt, l’instit. qui garantit le succès de ses élèves à l’entrée à Cambridge (UK).

- Moi, j’ai un faible pour M. Bhakcu, le pauvre mari battu qui passe son temps à racheter de vieilles voitures (ou des moins vieilles), à les démonter dare-dare ... en attendant qu’un mécanicien professionnel ne viennent réparer les dégâts qu’il a causés.

- Et puis, la compagne d’Edward, qui n’enfantera qu’après l’avoir laissé pour un soldat américain. Ou encore cette mère de 8 enfants, qui conçut les six premiers avec six pères différents. Et Hat, qui a pris 4 ans sur l’île-prison de Carrera.

- Au bout du compte, le narrateur – personne ne croira que ce n’est pas Naipaul lui-même – quittera l’île, minuscule nain sur le tarmac surchauffé.

 

Vous l’avez compris, ce recueil retrace la vie banale de personnages pauvres et insignifiants, dans une rue minable de ce coin de Caraïbe au large des côtes vénézuéliennes. Mais le récit fait preuve de tant de chaleur, de compassion, et de tant de moquerie et de cynisme aussi, que l’insignifiance des acteurs fait place à leur grandeur : on se retrouve facilement en eux et ... on les envie un peu. Pourtant, les phrases sont simples, courtes et les qualificatifs communs, précis. L’un d’eux m’a interloqué : désuet sûrement, parlant à coup sûr, original sans doute : cantankerous, utilisé plutôt que quarrelsome.

 

Naipaul n’avait pas 30 ans. Il n’avait pas encore livré A House for Mr Biswa, The Middle Passage, etc ... et sa gloire n’était même pas naissante.

 

Avant de vous quitter, je vous propose un petit jeu. Combien de prix Nobel de littérature figurent-ils parmi les auteurs que vous possédez dans votre bibliothèque ? Je vais vous dédouaner : personnellement, c’est 22 seulement sur les 105 décernés (Mistral, Kippling, Maeterlinck, France, Shaw, Martin du Gard, Gide, Faulkner, Hemingway, Camus, Saint John Perse, Steinbeck, Sartre, Beckett, Neruda, Garcia Márquez, Mahfouz, Fo, Saramago, Lessing, Vargas Llosa) ! J’ai essayé Simon aussi, mais ai arrêté en chemin : totalement indigeste pour moi. Et pour parler vrai, Hugo Claus aurait dû être du nombre et j’ai TOUT lu et relu de lui.

On dit d’ailleurs que Bob Dylan aura plus de chance face au Jury Nobel ... mais Hugo Claus avait une plus belle voix !

Eh oui, même pas Mauriac, pas Coetzee, pas Soljenitsine, pas Pirandello, pas Bergson ...

Limité l’intello, non !

 

PS : à ma décharge, je n’aime pas trop lire des traductions, ce qui me handicape pour tous les Slaves, par exemple. Mahfouz est tellement sensationnel, et les traducteurs de la collection Babel si bons, qu’on passe par-dessus ce bémol. Pour les autres, j’achète le texte original, et une traduction française pour me dépatouiller en cas de besoin.

 

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 00:09

 

Pauvre concombre, malheureux membre de la famille des cucurbitacées, grand cornichon, déjà raillé dans les bandes dessinées, objet des quolibets des bouffeurs de nonnes, aujourd’hui cloué au pilori par des accusations teutonnes, tueur, assassin, qui vient de la saint glin-glin, cette lointaine Andalousie plastifiée. Pauvre de lui, même lavé de tout soupçon, il ne croupira pas en prison mais, par bennes entières, dans les décharges publiques. Le mal est fait. Encore une victime de la dictature de l’instantanéité : soupçonné t’es donc coupable. Au trou, panique, fuite des consommateurs, colère des producteurs, indemnités réclamées. Vive la société de l’irresponsabilité, du principe de précaution utilisé pour se dédouaner.

 

Les titres accrocheurs, racoleurs, amplifient la peur, les peurs. Même si le concombre est passé du statut de vecteur de la contamination à celui non-coupable, rien n’y fait : les images continuent de défiler, les titres de racoler. Et pourtant depuis l’origine de cette affaire c’est la bactérie qui tue et non ce malheureux concombre qui était soupçonné d’être contaminé. Celle-ci nous dit-on est d’un type très rare de la bactérie Escherichia coli entérohémorragique (Eceh), composé de deux germes distincts. C’est la première fois que cette souche quasi inconnue (E. coli O104) et que c’est la première fois qu’elle provoque une épidémie, dont on ignore toujours l’origine. « Sous sa forme non pathogène, la bactérie E. coli est présente dans le système digestif des êtres humains, sans poser le moindre problème. Mais la souche Eceh provoque des hémorragies du système digestif en produisant une toxine qui détruit les parois des vaisseaux sanguins. Dans les cas les plus graves, elle entraîne aussi des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU). »

 

N’étant pas doté des compétences scientifiques, comme mon éminent commentateur Luc Charlier, je ne vais pas m’aventurer plus avant sur ce terrain mais simplement mettre l’accent sur la fluidité, la facilité de la circulation des biens et des personnes dans notre monde mondialisé. Les humains, les animaux vivants ou morts, les végétaux circulent en camions, trains, containers, avions, bateaux, à flux continu. C’est la base du commerce international qui, pour ces produits frais, privilégie la contre-saison et bien sûr les lieux où les coûts de production sont les plus bas. La fameuse traçabilité, née suite à l’ESB, ainsi que les normes et les contrôles sanitaires de plus en plus sophistiqués se révèlent impuissants face à l’immense brassage des produits. La vieille expression « chercher une aiguille dans une meule de foin » est revenue à plusieurs reprises dans la bouche des responsables sanitaires allemands. Oui, tous nos grands systèmes sophistiqués sont vulnérables, désarmés face soit à la négligence ou à l’imprévisibilité de certaines situations.

 

Opposer à ce grand brassage comme seul antidote aux risques sanitaires le retour de la proximité et à la saisonnalité est certes séduisant (voir ma chronique link) mais n’aborde pas la question par le bon bout. Quel est-il ce bout ? C’est l’acte d’achat expression de la demande, de la satisfaction d’un besoin, qui dépend, bien sûr, du pouvoir d’achat du consommateur mais aussi de ses arbitrages personnels à l’intérieur de ses dépenses. La Grande Distribution, le Hard-Discount sont l’expression la plus aboutie de l’ambivalence des consommateurs : selon l’expression coffienne chez Leader Price « manger bon pour pas cher. » Les grandes transhumances des produits animaux et végétaux frais sont la traduction des gestions centralisées de ce type de structures. Toute puissance des Centrales d’achat, rapport de forces inégal, zapping permanent des provenances, triomphe de l’apparence du produit sur ses qualités gustatives, perversion de la normalisation... j’en passe et des meilleures. L’inversion de la tendance, le retour à plus de proximité, à des systèmes de production plus respectueux de l’environnement, passe par une remise en avant de la valeur intrinsèque du produit.

 

Et c’est là que mon titre provocateur prend toute sa signification. Quitte à passer pour un provocateur j'affirme que perdure l’estomac du riche et l’estomac du pauvre. C’est manichéen, simpliste, réducteur, j’en conviens car dans nos sociétés développées la classe moyenne centrale ne peut s’appréhender ainsi. Cependant, il n’en reste pas moins vrai que les réponses préconisées à la malbouffe, à la consommation de masse, normalisée, désaisonnalisée, sont pour la plupart élitistes, inaccessibles à la grande majorité des consommateurs. La radicalité de certains débouche sur un apartheid alimentaire. On ne fait pas évoluer une société par oukases ou même par décret. Les virages pris à 180° ça n’existe pas ou lorsqu’on les prend sans précaution on se ramasse la gueule. Mais alors me direz-vous, quelle est le bon chemin qu’il faut emprunter ?

 

Pour faire simple je répondrai celui qu’a emprunté le Poulet de Loué (voir chronique link ) depuis des années. Créé en réaction au poulet aux hormones cher à Jean Ferrat il est une réponse qualitative de masse, un bon compromis goût/qualité/prix. Bien sûr ce brave poulet labellisé n’atteindra jamais les sommets de la Géline à pattes noires ou du Coucou de Rennes ou de la poule de Houdan ou de mon poulet du dimanche ( voir chronique link )ou bien sûr des must de Bresse mais pour moi il est une réponse efficace à la consommation de masse dont le porte-monnaie n’est pas extensible. Cette démarche, où le producteur tient sa place, où le transformateur joue son rôle, est une voie qui peut être suivie par d’autres. Elle n’est pas en concurrence avec les démarches bio ou artisanale. Pour moi elle tient le ventre du marché. Reste que nous importons de plus en plus de découpe de poulets d’Asie pour des préparations : le prix toujours le prix sauf qu’ici la valeur de la cuisse du poulet entre pour un % de plus en plus faible dans le prix final.

 

En bonus un extrait  de l’estomac du riche, l’estomac du pauvre, la ségrégation alimentaire tiré du livre de Florent Quellier La table des Français une histoire culturelle (XVe- début XIXe siècle) aux Presses Universitaires de Rennes pages 183-184. C’est lui qui m’a inspiré cette chronique.

 

« La diététique ancienne justifie cette ségrégation alimentaire en soulignant l’existence de deux types d’estomac, celui des gens d’étude ou du loisir – bourgeois, clerc, noble – et celui exerçant un métier physique, notamment les masses paysannes. Les premiers auraient un estomac délicat, ils doivent donc consommer des chairs subtiles : du pain blanc, du vin blanc, de la volaille. Au contraire l’homme de peine peut consommer des viandes grossières car l’activité professionnelle génèrerait une plus grande chaleur vitale. Endurci par le travail, l’estomac brûlerait mieux les ingrédients difficiles à digérer. Ainsi pour le médecin Nicolas Abraham de La Framboisière (1669) le pain noir de seigle est plus propre au paysan qu’au délicat citadin, et le Thrésor de santé (1607) déclare que le vin bien rouge « profite aux vignerons et aux laboureurs : car estant une fois digéré par la force de l’estomac et du travail, il donne plus ferme et plus copieux aliment et rend l’homme plus vigoureux à la besogne ». Du blanc ou noir,  de la subtile délicatesse à la grossièreté matérialité, s’inscrivent les codes alimentaires ségrégatifs. »

 

www.mangerbouger.fr

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 00:09

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Nous vivons sous la dictature de l'instantané : c'est un Twitt qui a annoncé avant même les agences de presse le début de la fin de notre DSK national. Le téléphone portable permet de capter en direct des images d'un tsunami en direct et de les diffuser immédiatement sur la Toile. Mauvais esprit comme je suis, j'écris : imaginez un instant que la scène de la suite du Sofitel eut été immortalisée ? Bref, nous avons atteint le point physique limite de l'instanténéité pas possible de faire plus vite. Reste pour moi, ce constat posé, en ce jour où un gus s'envole sans mongolfière, par ses propres moyens, à vous faire part de mon approche historique du K.

 

Le K m’a toujours intrigué c’est pour cette raison que j’ai lu le K de Dino Buzzati et Kaputt de Curzio Malaparte. Le K m’a fait mal lorsque beaucoup furent frappés par le syndrome de Kaposi. Sur mon espace de liberté par deux fois je l’ai mis en avant ce fichu : la première fois dans une chronique du premier août 2006 : Le dossier K... link pour me cacher derrière lui car le dossier restait chaud ; la seconde pour faire des variations Le cas du K ou comment imposer ses initiales : le cas de NKM... link 

 

Donc ce matin, en rapport avec l'actualité brûlante je vais évoquer 2 K de ma jeunesse comme ça, pour donner de la profondeur (au sens du champ) à la réflexion. :

 

Dans ma jeunesse il y eut d’abord monsieur K : Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev qui marqua mon esprit lorsqu’en pleine Assemblée générale de l’ONU, le 13 octobre 1960,  il retira sa chaussure et frappa énergiquement son pupitre avec elle pour envoyer paître le Président de séance qui réclamait qu’il cesse d’ interrompre les orateurs par des exclamations et des coups de poings sur son pupitre. Avec son air bonhomme, son côté paysan madré, sa grosse bonne femme, Khrouchtchev donnait une image moins « couteaux entre les dents » de l’URSS. Ignorant des arcanes du Kremlin j’ignorais qu’il devait son ascension politique à partir des années 1930 à la protection personnelle de Joseph Staline, dont il fut un exécuteur zélé et fidèle. Premier secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique de mars 1953 à octobre 1964 et, à partir de 1958, président du Conseil des ministres l’URSS. Son fameux rapport lut lors d'une séance de la nuit du 24 et le 25 février 1956 lors du XXe congrès du PCUS fera de lui l’homme de la déstalinisation et sa politique de coexistence pacifique contribuera à sa popularité. Et pourtant ce sera lui qui matera dans le sang l’insurrection de Budapest en 1956 et qui cèdera aux USA lors de la crise de Cuba en 1962. Il sera aussi l’homme de la rupture avec la Chine de Mao et celui qui autorisera Ulbricht à édifier le mur de Berlin. Côté je lâche du lest il autorise personnellement la publication retentissante de la nouvelle de Soljenitsyne : Une journée d'Ivan Denissovitch ; côté noir il persécute Boris Pasternak, qu'il oblige à refuser le prix Nobel de littérature (1957). Ignare et grossier il affiche son mépris pour les innovations esthétiques, refuse la musique rock et continue de couvrir d'honneurs le biologiste Lyssenko.

 

Sa chute fut le résultat d’un complot ourdi, à partir de février 1964, par Léonid Brejnev et Nikolaï Podgornyï, auxquels se joignirent progressivement la quasi-totalité des membres du Présidium du Comité central, « irrités par la politique fluctuante de Khrouchtchev et par son comportement régi par ses sautes d'humeur. » Cependant si monsieur K perd le pouvoir il n’en perd pas pour autant la vie : désormais les hiérarques du Kremlin mourront dans leur lit. Nikita Kroutchev, dans l’indifférence générale vivra une vie de paisible retraité à Moscou surveillé par le KGB qui fera passer ses Mémoires à l’Ouest. Il meurt le 11 septembre 1971 et fut enterré au prestigieux cimetière de Novodevitchi de Moscou, après qu'on lui eut refusé des funérailles officielles et un enterrement près du mur du Kremlin.

 

Mon second K c’est JFK qui a croisé monsieur K. et l’a affronté lors de la crise de Cuba. En effet, en 1961, le 20 janvier très exactement, John Fitzgerald  Kennedy, devenait le 35e président des Etats-Unis, premier et seul président catholique de ce pays, le plus jeune président élu 43 ans et aussi le plus jeune à mourir en cours de mandat à 46 ans, assassiné à Dallas, Texas, chez son vice-président Lyndon Johnson. De lui une série d’images : celle de Jacqueline Bouvier, chic et ravissante, « je suis l’homme qui accompagne Jackie à Paris » dit-il lors de sa visite à de Gaulle à Paris en 1961, celle du petit John-John dans le bureau de son père, celle du fameux discours à Berlin-Ouest le 26 juin 1963 « Ich bin ein Berliner » et celle, en boucle, de son assassinat à Dallas. Derrière les belles ou les tragiques images, d’autres images... ci-dessous...

 

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Mai 2011 : 2 K de chute : DSK et JFK le petit...

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 00:09

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Les libertaires, quand ils ne sont pas devenus sectaires à force de trop bouffer du curé et de la culotte de peau, sont de bons vivants plutôt ripailleurs et bon buveurs. Benoist Rey qui, comme ma pomme, a « connu la saumâtre cuisine des collèges de curés », vient de commettre un petit opus au titre gouteux « Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir » aux éditions libertaires bien sûr 10 euros.

 

Adepte, comme Joseph Delteil (lire chronique « La cuisine émoustille l’âme : je choisis mon pain entre cent, à des lieues, et je foule mon vin moi-même... » link) de la cuisine considérée comme un art primitif, notre homme, cuisinier autodidacte, bonne plume, nous offre une tortore roborative toujours ponctuée du jaja qui va avec. Benoist Rey, dit « papy Mauzac » dixit ses petits enfants, est addict depuis vingt ans du Mauzac nature de Robert Plageoles à Cahuzac alors je peux hisser le drapeau noir au-dessus de la marmite ! Je le fais avec d’autant plus d’entrain que notre Ariégeois d’adoption sait porter le fer là où ça fait mal lorsqu’il écrit « Après la cuisine « bourgeoise », après la « nouvelle » cuisine nos Vatel modernes ont inventé la cuisine « déstructurée ». Trop alambiquée pour moi, je l’ai rebaptisée la « cuisine démolie ».

 

Rien que pour vanner Siné et tous les libertaires bouffeurs de curé : tout de même, vous faire imprimer dans un patelin répondant au nom de Vauchrétien, faut pas charrier mémé...

 

Pour vous mettre en appétit : une profession de foi - désolé Benoist - que je fais mienne moi qui fait toujours mon marché...

 

Le Marché

 

« C’est là où commence la vraie cuisine. Celui qui ne fait pas son marché est un faiseur. « et surtout, lève-toi tôt ! » dixit Delteil. Au saut du lit, à la pointe de l’aube, petit déjeuner roboratif et silencieux. Du café fort. Ne jamais jeter celui de la veille : il fera l’affaire avec son odeur de recuit et son goût de caramel.


Pendant vingt ans, j’ai mangé chaque matin, trois œufs au plat ou à la coque. Le pain de la veille est grillé. Du beurre, salé évidemment. Miel ou confiture, selon l’envie ou le ciel. Il faut toujours commencer une journée le ventre plein et chaud. Le jeûne et l’abstinence sont l’invention des curés de toutes confessions. Tout petit, chez les « bons pères », je tombais d’inanition, en attendant le petit déjeuner, après la messe et l’étude.


Et surtout, prendre son temps. Être lent est un luxe de pauvre. Depuis plus de quarante ans, je ne dois plus mon temps à personne qu’à moi-même. Et pourtant je ne le ménage pas. Je l’étire à mon goût, j’en dispose à mon gré. C’est pour cela que la course et la vitesse me semblent une occupation d’imbéciles. Aller vite pour revenir à son point de départ, quelle ânerie ! quelle perte de temps !


Pendant vingt-cinq ans, le marché de Saint-Girons, en Ariège. Un conseil : y arriver tôt. Le temps de faire le tour des étals, tous les sens en éveil. Toucher, tâter, renifler, goûter, au besoin. La fermeté d’un légume, le satiné d’un fruit, l’œil d’un poisson, l’onctuosité d’un fromage, l’odeur d’un pain... »

 

Pour finir : une anecdote à propos du regretté Marcel Lapierre, un aphorisme et une histoire de vigneron

 

- « Au premier salon (tout à fait informel) des vins sans soufre (mais pas sans soif), il ouvrait bouteille sur bouteille. À Poulos qui lui demandait comment il avait prévu si large, Marcel lui répondit, impérial : « j’en ai pris trop pour qu’il y en ait assez. »

 

- « un repas sans ail, c’est un baiser sans moustache ! »

 

- « Un vigneron se retrouve sous son tracteur, les jambes broyées. Au médecin du Samu qui lui demande : « Vous souffrez », il répond, stoïque : « Non je sulfate. »

 

Allez, comme l’écrit Benoist Rey « Que ce livre vous donne faim et soif ! »

 

Allez Françoise pousse la chansonnette pour Benoist !

 

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 00:09

Ce matin je pars tôt pour Bordeaux avec mon matos de grand-reporter, vêture de campagne et, à la gare Saint Jean, on m'attend. J'ai un guide expérimenté je ne risque donc pas de m'égarer dans les vignes de Pomerol. Pour tout vous dire je suis dans mes petits souliers. Je n'en écrirai pas plus mais pour vous faire patienter je vous propose d'explorer l'âme profonde d'un vigneron bordelais.

 

Thérèse Desqueyroux est le chef d’œuvre de François Mauriac. «Thérèse, beaucoup diront que tu n’existes pas». Il s’ouvre sur la scène où Thérèse sort du palais de justice, dans la nuit où une ordonnance de non-lieu vient d’être prononcée, elle est libre, et pourtant, tous la savent coupable, son père qui est venu la chercher, son avocat qui l’accompagne, son mari Bernard qui l’attend en leur propriété d’Argelouse, nous enfin, qui la pressentons plus victime que coupable.

 

« Bourgeois, « garçon raisonnable », bon parti, ni laid, ni sot, Bernard est, néanmoins, un homme de la terre qui garde des goûts assez sauvages. Il a aussi un cœur sec, incapable de comprendre Thérèse ni de l’aimer. Il est un homme calculateur, conformiste qui ne pense qu’à la réputation de la famille. Il est, en un mot, un fantoche de la morale bourgeoise et du conformisme du vigneron landais » Kazuo Ogoura.

 

Le dernier chapitre, sorte d’épilogue où le mari dans le respect des convenances décide de rendre sa liberté à sa femme en l’accompagnant jusqu’à Paris où il l’abandonne à elle-même car le plus important pour lui est de sauver les apparences Thérèse est enfin libérée de l’emprise de la famille Desqueyroux. « Mauriac utilise le vin de Pouilly comme symbole de l’émancipation de Thérèse. »

 

« Elle eut faim, se leva, vit dans une glace d’Old England la jeune femme qu’elle était : ce costume de voyage très ajusté lui allait bien. Mais de son temps d’Argelouse, elle gardait une figure comme rongée : ses pommettes trop saillantes, ce nez court. Elle songea : « Je n’ai pas d’âge »Elle déjeuna (comme souvent dans ses rêves) rue Royale. Pourquoi rentrer à l’hôtel puisqu’elle n’en avait pas envie ? Un chaud contentement lui venait, grâce à cette demi-bouteille de Pouilly. Elle demanda des cigarettes. Un jeune homme, d’une table voisine, lui tendit son briquet allumé, et elle sourit. La route de Villandraut, le soir, entre ces pins sinistres, dire qu’il y a une heure à peine, elle souhaitait de s’y enfoncer aux côtés de Bernard ! Qu’importe d’aimer tel pays ou tel autre, les pins ou les érables, l’océan ou la plaine ? Rien ne l’intéressait de ce qui vi, que les êtres de sang et de chair. »Ce n’est pas la ville de pierres que je chéris, ni les conférences, ni les musées, c’est la forêt vivante qui s’agite, et que creusent des passions plus forcenées qu’aucune tempête. Le gémissement des pins d’Argelouse, la nuit, n’était émouvant que parce qu’on l’eût dit humain. »

Thérèse avait un peu bu et beaucoup fumé. Elle riait seule comme une bienheureuse. Elle farda ses joues et ses lèvres avec minutie ; puis, ayant gagné la rue, marcha au hasard. »

 

Kazum Ogoura toujours dans son excellent livre La dégustation du vin à travers la littérature française initie un concept novateur : l’accord vin-sentiment. « Alors heureuse ! »

 

 « Le Pouilly qui figure dans le roman doit être un Pouilly de la région de Loire, car Thérèse prend une demi-bouteille (ce qui signifie que le vin est assez populaire et consommé en grande quantité et ce qui correspond plus au caractère de la distribution du Pouilly de Loire qu’à celui de Mâcon). En plus, le Pouilly de Loire a une personnalité assez affirmée et il a même une certaine fermeté qui s’accompagne de fraîcheur. Ces caractères de Pouilly de Loire semblent bien s’accorder avec le sentiment frais de liberté que ressent Thérèse au cœur de Paris, libérées des liens bordelais. »

 

Biographie d’Emmanuelle Riva (photo d’elle dans Thérèse Desqueyroux)

 

Comédienne de théâtre, Emmanuelle Riva fait une première apparition au cinéma en 1958 dans Les Grandes Familles de Denys de La Patellière. L'année suivante, elle est révélée par Alain Resnais qui lui offre le rôle principal de son premier long-métrage, Hiroshima mon amour, écrit par Marguerite Duras. Dans ce film-charnière qui évoque les traumatismes de la Seconde guerre Mondiale à travers la rencontre d'une actrice française et d'un architecte japonais, Emmanuelle Riva impose une voix et un physique singuliers qui bouleversent les cinéphiles. La même année, elle tourne, sur un sujet proche, le controversé Kapo de Gillo Pontecorvo.

 

Jean-Pierre Melville qui l'engage pour Leon Morin, prêtre en 1961, et Georges Franju, qui la fait tourner dans Thérèse Desqueyroux, pour lequel elle obtient en 1962 le Prix d'interprétation féminine à Venise, puis Thomas l'imposteur, sont les autres rencontres marquantes de l'actrice qui, par la suite, ne trouvera que rarement des rôles à la hauteur de cet impressionnant début de carrière. Elle poursuit néanmoins son parcours exigeant, tournant sous la direction de réalisateurs à la forte personnalité, comme Fernando Arrabal, Jean-Pierre Mocky, Marco Bellocchio ou encore Philippe Garrel.

 

Si l'actrice privilégie un cinéma littéraire (elle tourne une adaptation de La Modification de Michel Butor), on la retrouve également dans un film plus populaire, mais au sujet délicat, Les Risques du métier d'André Cayatte. A partir des années 90, outre sa composition de chef de famille dans Loin du Brésil, Emmanuelle Riva retient l'attention dans de beaux seconds rôles de vieille dame indigne dans C'est la vie et Vénus beauté (institut).

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 00:09

Officiellement, sur ce site, comme en atteste son acte d’état-civil link Vin&Cie l’espace de liberté est né le 30 mai 2005, très tôt, au basculement de la date où la voix de l’horloge parlante déclamait, sépulcrale, « au quatrième top il sera zéro heure... ». J’aime beaucoup cet espace temps et c’est pour cela que j’y poste mes chroniques : aux temps héroïques manuellement, aujourd’hui grâce aux options de publication de mon hébergeur over blog.

 

6 ans après, ma petite entreprise ne connaît pas la crise, elle vit sa vie au rythme des humeurs de son unique rédacteur.

2250 chroniques publiées

5730 commentaires

920 abonnés

730 000 visiteurs uniques

1 950 000 pages lues

 

Voilà pour les chiffres, mais ce ne sont pas eux qui me motivent, même si votre fidélité me réconforte, l’important pour moi ce sont les liens tissés au fil de ces années avec beaucoup d’entre vous. Pour preuve l’Amicale des Bons Vivants, l’ABV, objet virtuel qui n’a organisé qu’un seul vin d’honneur au dernier Vinexpo, continue d’engranger des adhésions. Certains ont claqué la porte estimant que je poussais parfois le bouchon trop loin. Ils ont été avantageusement remplacés par des vagues de petits nouveaux : alors qu’à l’origine mes lecteurs provenaient d’un noyau très milieu du vin maintenant la répartition est de 45% en provenance directe et 55% par des moteurs de recherche ou externe. La chalandise s’est élargie et telle était mon objectif : l’extension du domaine du Vin.

 

Pour autant Vin&Cie l’espace de liberté n’est qu’une minuscule chiure de mouche à peine visible sur l’immensité de la Toile, il faut savoir raison garder. Ma chance initiale c’est que, suite à mon rapport en 2001, que certains ont rebaptisé Rapport Berthomeau, Google me référence très bien : j’ai un côté GD irritant. Les blogueurs sont courtisés, hameçonnés, en l’absence de modèle économique la tentation est grande pour eux de céder aux sirènes et aux joueurs de fluteaux. Pour ma part je n’ai aucun mérite à m’en tenir à une position hors des sentiers battus : j’ai un job, je file vers la retraite et j’ai toujours eu un goût prononcé pour l’indépendance. Simplement, je me permets de dire à tous ceux qui nous bombardent de communiqués de presse à copier-coller que l’ennui naquit de l’uniformité. Si vous souhaitez, et c’est compréhensible, mettre en avant vos vins, ne nous demandez pas de mettre nos pas dans ceux de nos confrères papier si conformistes.

 

La maison Berthomeau produit beaucoup, trop sans doute, mais sa production étant virtuelle l’empreinte carbone reste modeste. La Toile présente le grand avantage – certains estiment que c’est un inconvénient mais ils n’ont qu’à être prudents sur ce qu’ils mettent en ligne – elle stocke tout et les chroniques germent ou renaissent au gré de l’actualité via les mots-clés. C’est fascinant de voir resurgir une chronique oubliée, de celle que vous aviez négligée alors qu’elle m’avait demandé beaucoup de sueur. Alors, je biche !  L’Internet est ce que l’on veut qu’il soit : ce n’est qu’un moyen de communication qui ne recèle en lui-même aucune perversion. Moi je le prends pour ce qu’il est : une large ouverture sur le Monde. Contrairement à ce que certains pensent je ne passe pas ma vie devant mon écran je travaille par séquences lorsque l’envie ou la nécessité me prennent. L’Internet, Facebook ne me fascinent pas, je m’en sers. Pour ceux qui ne les auraient pas lues ou qui souhaiteraient les relire voici 3 chroniques qui illustrent mon état d’esprit.

 

Urgence : défendons le seul chemin vicinal qui relie Embres&Castelmaure à New-York : l'Internet ! link 

 

Réseaux sociaux : vous avez dit sociaux moi sur Facebook j’y retrouve la tyrannie du marché... link

 

 « L’Internet pousse les murs » de l’espace public tout « en enlevant le plancher » les gate-keepers chargés de surveiller la frontière fulminent link

  

Sur la FORME, je n’ai pas de relecteur et comme j’écris beaucoup j’ai du mal à me relire, alors je n’ai aucune coquetterie d’auteur : tapez-moi sur les doigts pour les fautes d’orthographe ou de syntaxe, je corrige. Pour mon style, je m’amuse, je m’aventure aussi loin que possible du style qui m’était imposé dans mes notes à... froid, sec, impersonnel... alors l’ampoulé, l’emphase, l’imparfait du subjonctif, les phrases longues comme un jour sans pain, l’allusif, le codé... ça m’amuse beaucoup et tous les quolibets glissent sur moi comme l’eau sur les ailes d’un canard. Je n’en ai rien à péter. Enfin, pour mon exercice dominical dit « roman en ligne » c’est du même tonneau et ça n’a rien d’autobiographique je me contente de suivre le fil chronologique du temps que j’ai vécu (merci aux fidèles)

 

Du côté COMMENTAIRES merci à tous ceux qui animent cet espace indispensable à la vie d’un blog avec une mention spéciale à Léon, mémé Cad et tout récemment Daniel Chérel et bien sûr au fidèle Michel Smith. Comme disait la pub : à quoi ça sert que Berthomeau se décarcasse si vous ne lui transmettez pas, soit ce qui vous reste sur l’estomac ou tout autre forme de réactions... Le temps ça se prend. C’est un peu comme dire bonjour à ses voisins ou discuter avec ses collègues. Disons que ça aide à vivre...

 

Et pour demain : des projets avec des petits camarades (des deux sexes bien sûr), des rencontres, des voyages et une invitation à tous : « venez exercer vos talents de plume sur mon espace de liberté », la porte et les fenêtres sont grandes ouvertes...

 

À bientôt sur mes lignes et encore merci de votre fidélité et pour ceux que j’ai croisé votre amitié...

 

Jacques Berthomeau

 

 

La Trilogie de tout anniversaire (avec un bis et des photos recyclées pour cause de développement durable)

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 00:09

  

La fête des mères, c’est beaucoup de commerce et parfois encore un beau geste.

 

Moi qui suis comme le pauvre Armand de Ricet Barrier, mort le 20 mai 2011 à Sainte-Christine, « qu’avait pas de papa, qu’avait pas de maman... » j’échappe ainsi au mercanti de la fête des mères et à celle des pères. Je sais que les marchands de fleurs de Hollande, qui s’affichent en ce moment à Paris, vont m’en vouloir mais le bouquet obligatoire : non merci ! Certes, moi, qui pointe encore au statut de vivant, qui n’est plus papa et qui n’est plus de maman, mais qui suis père et grand-père je cours encore le risque de me voir « honoré ». Le mot me va si mal que je suis tranquille.

 

Certains vont trouver que j’ai la dent dure mais ils se trompent : j’adore offrir des fleurs, ou tout autre chose qui fait plaisir, mais j’ai en sainte horreur les fêtes décrétées et qui plus est celles-ci auxquelles on a rajouté, vieillissement aidant, les grands-pères, grands-mères et même les grands-parents. Franchement, est-il nécessaire de rappeler qu’en France, c'est le fabriquant de briquets Flamminaire qui eut l'idée, le premier, de créer la fête des pères, en donnant l'occasion d'offrir à cette occasion un briquet à son papa. La fête fut fixée par un décret de 1952 au troisième dimanche de juin ; ceci pour faire écho à la Fête des Mères, créée en France en 1941 sous Vichy et confirmée par un décret de 1950. La fête des grands-mères a été créée en 1987 par la marque de café, le Café Grand’mère, du groupe Kraft Jacobs Suchard ; elle est donc d'origine purement commerciale.

 

Mais comme maman aimait Luis Mariano alors « maman tu es la plus belle du monde » dans ton paradis.

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 00:09

Je n’aime rien tant que les enchaînements soudains et imprévus, ils vont bien à mon esprit d’escalier. Le 18 mai au matin tombe dans ma boîte à lettres électronique : « Dernière Minute » en provenance de Philippe Ouvrard. Je décachète. La photo et le texte me plaisent, je consulte mon agenda papier acheté chez Gallimard (chic, non) et je note le lieu : Le Flâneur des Deux Rives, l’heure : 18h et l’adresse 60 rue Monsieur-le-Prince à quelques encablures de chez moi.imageOuvrard.jpgJ’avoue qu’un type qui se nomme Châteaureynaud, même dans un seul mot (oui j’ai un peu triché dans le titre mais c’est pour la beauté du geste) et qui plus est vous invite à venir passer un moment avec lui pour « discuter beaucoup, se sustenter un peu, et boire raisonnablement de fins breuvages entre amis, ne pouvait que mériter de la considération.

 

Donc à l’heure dite, avec juste ce qu’il faut de retard pour ne pas paraître provincial, j’enfourche mon fier destrier noir pour fondre sur la rue Monsieur-le-Prince qui se jette dans le boulevard Saint-Michel à hauteur de la rue Soufflot. Le Flâneur des Deux Rives est perché face à l’ex-Olympic-Luxembourg de l’autre Mitterrand, le Fredo qui se prend pour une star. J’attache ma monture solidement. Au dehors des petites grappes picolent en devisant. Bon signe, j’entre par une porte grande ouverte. La turne est pleine comme un œuf, pleine de gens de lettres. Je marche sur des œufs. Au grand étonnement des convives je mets en boîte les photos des belles bouteilles. Ensuite, comme je ne peux entrer dans une librairie sans tripoter le cul des livres, je m’adonne à mon exquis plaisir. J’en achète 3 dont le dernier Châteaureynaud, Georges-Olivier de son prénom : GO, La vie nous regarde passer chez Grasset. L1010180.JPG

La cigarette après l’amour, je ne fume plus depuis une décennie : elles sont loin les Boyards maïs (chronique Transgression absolue : la Boyard papier maïs dosée à 2,95 mg de nico link): je déguste les breuvages proposés : un blanc, un rosé, un rouge et du champagne. Pour ne pas être pompette je crache discrètement et proprement dans un gobelet. Vins honnêtes ! Le pâté me tend les bras je m’en tartine une lichette. J’adopte le champagne servi en flute plastique (ce n’est pas une critique) Ensuite je complète ma collection de clichés et je m’enquiers de savoir où se trouve l’homme du jour Georges-Olivier Châteaureynaud. Pas très difficile à repérer notre homme, barbe blanche, chapeau, chemise à carreaux, est d’une belle taille et arbore un sourire avenant. Vu mon état d’ignorance coupable sur son œuvre je ne fais pas le calamantran et je lui confesse n’avoir jamais ouvert un de ses livres. GO Châteaureynaud n’en prend nul ombrage et m’accorde quelques instants.

photobourgueil photovinmed.jpgphotopate.jpgphotoquincy.jpgphotogonet.jpg

photoGOC.jpg

Ensuite je baguenaudais, papotais avec Dominique Cagnard auteur d’une vache dans ma chambre, carburais au Gonet tout en feuilletant le livre de GO Châteaureynaud sous titré à l’intérieur Monette et Jo, ses géniteurs, la photo de l’invitation, scindée en deux morceaux raboutés. Aborder une œuvre par son dernier opus n’est certainement pas la meilleure approche mais comme l’auteur y parle pour la première fois de lui, de sa mythologie familiale, il se souvient, découvrir l’homme avant son œuvre n’est pas un péché mortel contre la littérature. Comme moi GO Châteaureynaud est un baby-boomer qui avoue « je lisais tout ce qui me tombait sous les yeux ou sous la main », moi aussi. En dehors de ce goût immodéré pour la lecture nos destins sont bien différents : nouvelliste et romancier notre auteur a obtenu, entre autre, le prix Renaudot en 1982 pour la Faculté des Songes et moi je n’ai fait que papillonner.

 

L’entrée dans le livre me fut difficile, les 2 premières pages, curieusement numérotées 11 et 12,  ne m’accrochaient pas, trop écrites. Je reposai le livre, le temps d’un purgatoire s’imposait. Reprenant ma lecture au haut de la page 13 je n’ai plus lâché le livre. Lu d’une seule traite, sans hâte, goûtant l’authenticité, l’humanité, la simplicité, la vérité, l’adoration de Monette sa mère, ce père absent même lorsqu’il est présent, tous ces petits riens qui forment la trame de la vie d’un gamin, la chambre de bonne au huitième étage à Neuilly, son dénuement, ses chiottes à la turque, les odeurs, la pension... le Grand-Père,  Tantine, Leturc le garçon par qui vint l’apprentissage de la lecture...sa mob... ses profs... ses conneries... la maison de Porsguen en Bretagne... les extraits qui suivent touchent tant mes souvenirs de petit vendéen crotté que je vous les propose en amuse-bouche si je puis dire.

 

« Porsguen était une odeur, un océan d’odeurs plutôt, dans lequel nous nous immergions dès la première seconde, en descendant de la voiture. Dès l’abord, en arrivant devant la ferme, il était impossible d’ignorer l’odeur du tas de fumier qui occupait le centre de la cour. C’était un tas de fumier de chromo, ou d’illustration d’abécédaire. Un coq y prenait la pose. Du poulailler tout proche, sans doute jamais nettoyé depuis la mort du paterfamilias et le renoncement de la mère agonisant lentement dans son lit-clos, s’exhalaient des relents de fiente (...) A ce concert l’homme ajoutait sa note aigre. Si l’on pénétrait chez les fermiers, des frères âgés qui vivaient sans femmes, et sans eau courante eux non plus, on était pris à la gorge par des remugles de vieux linge sale et de baratte oubliée. »

 

« A Porsguen Vraz, le père était mort, bientôt suivi par l’un des fils, Job, et le temps s’était figé. J’ai entrevu Job, je n’ai connu la mère Lareur que grabataire. Elle habitait son lit-clos. Les deux fils qui lui restaient, Jakez et Fanch, tous deux bretonnants, tous deux célibataires, sombraient lentement dans le vin d’Algérie, Fanch surtout, Jakez, l’aîné, émacié, édenté comme son frère, mais beaucoup plus malin, tenait mieux ou buvait moins. »

 

La vie nous regarde passer  Monette et Jo de Georges-Olivier Châteaureynaud un très bon cru, à lire absolument. C’est chez Grasset 18€.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 07:00

Lors d’une virée chez Jean Guyon, tout là-haut, j’avais beaucoup aimé en dessert son granité « Haut Condissat » Le top du sorbet mais je n’avais pas pris le temps de chroniquer. Faute lourde car le lessivier Unilever, qui fait aussi dans la bouffe (j’adore la déclaration de Bruno Wilvoet patron Unilever France « avec les produits de toilette et les lessives, les glaces font partie des domaines dans lesquels nous pouvons faire mieux. »), vient de lancer sous sa marque Magnum deux glaces individuelles légèrement alcoolisées. La première au limoncello, liqueur italienne au citron, et l’autre à l’irish cream, la crème de whisky irlandaise. 

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Selon les têtes d’œufs de la multinationale anglo-néerlandaise « c’est une façon de réinventer le digestif et de séduire de nouveaux clients, en particulier les jeunes adultes, en proposant après le repas un petit moment de gourmandise avec une pointe d’alcool. » Toujours, de source sûre, « les tests effectués à l’Echelle de Jacob, un bar à cocktails de Saint-Germain-des-Prés, ont été très positifs. » Bref, bien évidemment vous allez trouver ces petites merveilles dans la GD  en Magnum Mini en boîte de 6 au prix de 3,50 euros.

 

Bon ne m’engueulez pas, je ne suis pas chargé de faire la promo de ce digestif léché industrialisé. Moi les glaces en batonnets type ouvreuses de ciné ne sont pas ma tasse de thé mais je vois dans cette initiative une belle piste à suivre pour ceux des vignerons, vigneronnes qui s’adonnent à l’agriturismo versus vin : de bonnes petites glaces artisanales avec une petite pointe alcoolisée ça pourrait plaire  à vos visiteurs... Allez, innovez, allez voir votre glacier et cherchez la bonne formule avec l’un de vos vins, eau-de-vie, liqueur...

C’est possible !

C’est mieux qu’un tire-bouchon ou un truc à la con...

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