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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 00:09

Mon espace de liberté dont, dès l’origine, je souhaitais qu’il devienne le vôtre, petit à petit en est vraiment un. Au-dessus de ma tête, vous vous parlez sans trop vous écharper, vous vous écoutez, vous vous retrouvez, vous apprenez à vous connaître, vous faites à vrai dire un peu tout ce que vous voulez. J’en suis bien aise et, hormis pour moucher par ci par là un petit marquis arrogant ou une zélatrice débordante, je vis la vie que je vis un peu comme Alexandre le Bienheureux (celui du film bien sûr). Dans cette « occupation du sol » de mon espace de liberté les duettistes Luc Charlier et Sylvie Cadio dite mémé Cad occupent – j’ai osé – une place toute particulière et je me devais, commençant par la gent féminine, m’occuper – j’ai re-osé – de cette dernière. En effet, à deux reprises, elle a osé – elle aussi – écrire que Desproges « ne faisait que du sous Vialatte ». Comme on trouve tout chez Berthomeau je dégaine une chronique ancienne (21 novembre 2009) consacrée à Vialatte pour proclamer que si celui-ci fut un grand chroniqueur il n’eut pas soutenu la comparaison en tant que procureur du Tribunal des Flagrants Délires. Justice est donc rendue au talent oratoire de Pierre Desproges.

 

Voici donc ma chronique :

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À ceux qui s’étonnent du rythme journalier de mes chroniques je répondrai en citant Vialatte, l’inventeur de la chronique en tant que genre littéraire, « une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps ». Rassurez-vous, en le citant, je n’ai pas la prétention de me hausser au niveau du talent de celui, qui se présentait comme faisant partie de ces auteurs français « notoirement méconnus », dont  les chroniques sont de vrais bijoux : architecture remarquable, vocabulaire riche et construction grammaticale sans défauts, Vialatte y manie la langue française avec un très grand bonheur. Je me contenterai de reprendre à mon compte son image de la chronique qui pousse, telle une herbe folle, entre les pierres de l’emploi du temps et de penser, comme lui, que la chronique est l’oeuvre d’un promeneur, d’un flâneur, du philosophe qui sommeille en chacun de nous.

 

Le temps que je prends pour les écrire est-il du temps perdu ? Le physicien Etienne Klein a répondu à cette question avec son brio et son humour habituel link. Alexandre Vialatte pendant dix-huit ans, tous les dimanches soirs, portera sa copie au wagon postal du train de vingt-trois heures quinze pour qu’elle soit publiée dans le journal La Montagne. Il n’a manqué que deux ou trois fois son rendez-vous. Moi, facilité du temps, je poste la mienne dans la boîte de mon hébergeur et, dans la tranche où l’heure galope vers la première unité, elle file sur la Toile jusqu’à vous. Dans ses chroniques Vialatte parlait de tout et de rien ; ces touts du grand Monde et ces petits riens qui maillent la banalité de notre quotidien. Pour ma part, j’avoue que pour certaines, celles qui en général vous accrochent, elles relèvent de l’urgence. Dès qu’elles m’habitent je dois les « dégorger » – comme le dit Vialatte – dans l’instant, quelle que soit l’heure. D’autres sont engrangées pour les temps de disette. D’autres enfin, poussées par l’urgence, disparaîtrons dans la trappe pour parfois réapparaître sous une autre forme grâce au hasard de l’actualité.

 

Mais, comme souvent pour mes chroniques, avant même de les écrire, j’ai une petite idée qui me trotte dans la tête, floue, imprécise, mais terriblement vivace. Dans le terreau de mon petit jardin d’intérieur, elle cherche la lumière « entre les pierres de l’emploi du temps ». Pour cette chronique à propos d’Alexandre Vialatte, c’est la lecture de sa chronique sur « Le Vieux Petit Temps », découverte dans le livre de Denis Grozdanovitch « L’art difficile de ne rien faire », publié chez Denoël (chronique sur la méridienne  link ) qui a mis en branle mon irrépressible envie d’écrire. Tout simplement parce que ce texte de Vialatte constitue le meilleur antidote à la tyrannie des grands médias qui nous abreuvent à jet continu de grandes informations catastrophistes, nous alarment, nous terrorisent, pour nous contraindre à vivre dans le cadre défini par ceux qui ne veulent que notre bonheur, par exemple celui découlant du sanitairement correct.

 

« Un vieux petit temps ; le tissu même de tous les jours ; étranger au calendrier ; sans numéro dans l’almanach ; parfaitement extérieur à la chronologie. Si indépendant de toute horloge qu’on peut le transporter avec soi et le retrouver dans sa valise sans que nulle montre ne l’ait modifié. C’est l’actualité en vacances. Quand il commence elle a déjà fini. C’est par là qu’il est vieux de naissance. Il est fait de tout ce qui se passe quand il ne se passe rien.

[…]

Je veux seulement faire savoir qu’il existe plusieurs sortes d’actualités : celle du grand temps, des journaux et de l’histoire, qui vocifère à travers la planète et couvre la voix des humains. Et celle d’une espèce de petit temps, qui est tissu même de nos journées. Il y a le grand temps qui fait des tourbillons ; et le petit qui parle à voix basse et marche sur la pointe des pieds ; qui est toujours rempli des mêmes choses, habillé d’une étoffe usée. On le prendrait pour une miette du temps qui serait tombée d’une autre époque. Ce que l’on appelle l’inactuel, c’est l’actuel de toujours. Il semble à l’homme que ces deux temps n’aient ni le même grain, ni la même qualité, la même matière, la même couleur, la même époque. Et que le petit temps soit inactuel parce qu’il est l’actuel de la veille. Mais il sera l’actualité de demain. »

 

Chroniques de la Montagne éditions Laffont, coll. Bouquins, 2000

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 00:09

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Le dimanche sur mon Espace de liberté c’est sujet libre car il n’y a pas que le vin dans la vie, la mienne surtout. Nous sommes le Premier Mai, j’aurais pu chroniquer sur le muguet ou la fête du Travail ou les deux. Si j’ai choisi d’écrire quelques lignes à propos de cette phrase, celle d’un père à sa fille, c’est qu’en ce moment dans ce que l’on qualifie de « printemps arabe » les femmes, les jeunes femmes tout particulièrement, jouent un rôle important. Comme le déclare à Benghazi Alea Buzgheiba, 18 ans, l’une des créatrices de l’association des Nièces de Mokhtar (le héros de la lutte contre le colonisateur italien) « Pour les garçons et les filles, la liberté a le même goût, mais c’est encore meilleur pour nous ! »  Les femmes de Tunisie, d’Egypte, de Lybie, du Yémen sont les postes avancés contre les traditions religieuses oppressives. Lors de mon séjour à Constantine, où à l’Université j’ai assisté aux premiers affrontements entre les conservateurs et les progressistes, les femmes étaient en première ligne et j’ai toujours pensé depuis qu’elles étaient celles par qui la liberté triompherait.  etrangere02-10439751xnstm2.jpg

Umay est frêle. Umay est turque. Elle est née en Allemagne. Umay fuit son mari pour échapper à sa férule, ses coups, ses quasi-viols, quitte Istambul et se réfugie auprès de ses parents à Berlin en Allemagne. Elle tire derrière elle son fils au regard tendre qui la suit dans une absolue confiance. Son père, d’apparence bonasse et ouvert, vit l’évènement comme un déshonneur. La mère est soumise. Son frère aîné bestial et brutal. Umay qui recherchait la protection se heurte à la violence, à la bêtise et à la sauvagerie d’un clan qui veut rendre l’enfant à son père. Hormis la phrase de mon titre il en est une autre qui, moi qui suis père, c’est celle où le père, avant de claquer la porte au nez d’Umay, déclare « Tu es l’échec de ma vie ». Le film L’étrangère est l’œuvre de Feo Aladag, une femme dont c’est le premier long métrage. Loin des gloses de certains intellectuels, toujours partant pour fermer les yeux sur la souffrance extrême des faibles au nom du respect des religions, les images de ce film sont d’une étonnante simplicité et d’une absolue sincérité. On suit avec douleur le calvaire de ce bout de femme digne, tenace, fidèle à son amour familial, prête à tout sauf à baisser la tête et à se soumettre. Si vous le pouvez, allez voir ce très beau film.

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Mais où est Dieu dans tout cela ? Il ne règne ici que par son absence. Religion avilie, instrument d’oppression entre les mains des mâles. Le combat est rude. Nous ne devons pas fermer les yeux, nous laver lâchement les mains car comme le dit Dina Gamil « Il y a tout un conditionnement, intellectuel, psychologique et religieux qui sous-tend les discriminations à l’égard des femmes. Faire évoluer ces préjugés, ce sera beaucoup plus difficile que de faire tomber Moubarak. » Et pendant ce temps-là sur nos écrans des « maîtres à penser autoproclamés » abreuvent le peuple de leurs minables controverses sur nos soucis face à des dangers, des menaces, à un trop plein  de ces émigrés qui passent l’aspirateur dans mon bureau. L’oppression religieuse, quelle que soit la religion, c’est l’assujettissement, le genou qui fait la génuflexion, le bras qui frappe, le triomphe de l’obscurantisme. Moi je suis avec toutes les Umay de la Terre, bien résolu à ce que la barbarie des mâles sous des tabous religieux ou toute autre tradition soit éradiquée et que la liberté ouvre aux femmes aussi bien dans l’espace public que dans l’espace privé le droit de vivre leur vie comme elles l’entendent.

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 09:43

Cher Michel Issaly,

 

Tu as planté la tente des Rencontres Nationales des Vignerons Indépendants de France des 27 et 28 avril à Bordeaux qui est plein de châteaux link Le tien est un Laffite, un Laffite-Laguens www.chateau.laffite.fr . Deux journées consacrées aux Gourous du Vin. Fort bien, tes tables rondes sont entourées que de gens bien, compétents, et tout et tout. Ce qui me chagrine, hormis ce titre (les gourous ça ne fleure pas la barrique mais les maîtres à penser qui ne sont souvent que de bien mauvais bergers) c’est son pluriel. À Bordeaux il n’y a qu’un seul gourou : Robert Parker ! Tout le reste c’est un peu du remplissage.

 

Sans faire injure à mes nombreux amis invités autour de tes tables (sont-elles vraiment rondes Michel ?) pourquoi ne l’as-tu pas invité ?

C’est un oubli ou un parti-pris Michel ?

Faute d’avoir le Bob tu aurais pu demander à Michel Rolland ou à Jean-Luc Thunevin de, non pas le remplacer, mais de venir exposer son importance prescriptrice sur la place de Bordeaux. C’eut été passionnant et fort enrichissant pour tes ouailles. Là je t’assure je me serais déplacé pour torcher une chronique dès plus Parkérisé.

 

Bon, tu me diras, ma chronique la voilà ! Bien sûr l’ex-petit rapporteur que je suis, fort connu des VIF – qui en leur temps ne lui firent guère une standing-ovation – ne peut jamais s’empêcher de ramener sa fraise.

 

Je te propose, afin de combler le vide de l’absence du Grand Bob sur un sujet qui ne concernait que lui, d’expédier à tes ouailles, en même temps que les minutes de tes Rencontres, la bande-dessinée de Benoist Simmat et Philippe Bercovici « Les Sept péchés capiteux » Robert Parker. Comme autrefois tout finissait en France par des chansons dans le cas présent tes ouailles prendront le parti d’en rire.

9782356482129_cp.jpgEn attendant cet envoi, je propose pour patienter de visionner l’interview de Benoist Simmat par Jean-Michel Peyronnet, autour d’un verre de Beaujolais Nouveau de Georges Descombes. (pourquoi ne pas la projeter comme mise en bouche à tes rondes tables?)

 

Allez, à bientôt Michel, autour d’une belle entrecôte de Salers à la Maison de l’Aubrac car, comme tu le sais, je fais maintenant dans la viande bovine car du côté du vin je ne suis plus en odeur de sainteté.

 

Avec mes amitiés.

 

Jacques

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 00:09

À pied, à cheval ou en voiture et, bien sûr, pour se rendre au-delà des mers, en avion, le Beaujolais Nouveau, inondait villes et villages, animait de grandes libations joyeuses, s’imposait, gagnait chaque année des adeptes, s’installait comme une marque mondiale et rien ne semblait arrêter sa résistible ascension. Success story incontestable mais le ver était dans le fruit, l’image s’est brouillée, la répétitivité a lassé, le goût de banane a pris un goût d’artificiel, ce fut la curée : on brulait ce que l’on avait dit  adorer. Les temps difficiles s’installaient dans le Beaujolais.

 

Rappelez-vous, le 19 février 2010 je titrais Le Beaujolais « Grand Corps Malade » : je m’auto-missionne... Et j’écrivais : « Que le beau vignoble du Beaujolais soit un « Grand Corps Malade » j’en suis bien d’accord mais, sans prendre la distance un peu froide qu’affiche encore trop souvent le corps médical face à la souffrance morale de ses patients, il me semble qu’il faut se garder d’en rester à une telle approche purement compassionnelle. Avoir de l’empathie, j’en ai et je ne fais pas parti de ceux qui couvrent le Beaujolais d’opprobre,  ne doit pas conduire ni à une forme de globalisation des problèmes qui se posent, ni à s’enfermer dans une victimisation du produit. La recherche de « coupables » peut rassurer mais elle n’apporte guère de lumière au diagnostic (...)

 

« C’est donc avec mon petit balluchon que je me porte volontaire pour « aider » avec ma méthode semelles de crêpe, pas pour « assister », le Beaujolais n’a pas besoin de béquilles, d’infirmiers  ou de docteurs miracles – ce qui ne signifie pas pour autant que les conséquences sociales des difficultés ne doivent pas être traitées avec les moyens adéquats – mais d’un accoucheur de décisions. Le salut – c’est mon côté vendéen qui ressort – du Beaujolais viendra de l’intérieur, de ses propres forces. C’est donc à dessein que j’ai titré ma chronique « Grand Corps Malade » en référence à ce grand garçon sympa qui a su, avec ses propres forces, surmonter son handicap lié à son accident pour « réussir ».

 

Suite à cet appel j’ai rencontré beaucoup de sympathie mais pour le reste, l’essentiel, une forme d’indifférence, de silence gêné. J’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur et j’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin en remettant le métier sur l’ouvrage à chaque fois que l’occasion se présentait. Et puis, à Lyon, au SHIRA, en février, j’ai rencontré une petite poignée des 15 du Beaujolais d’Expressions d’Origine. Alors, dans ma petite tête je me suis dit que c’était par là, au-delà même de cette initiative, que passerait le renouveau du Beaujolais. D’où l’idée d’une rencontre les pieds dans les vignes de cette belle région. Pas facile de rassembler tout un petit monde éparpillé et occupé mais je suis passé à l’acte à l’occasion de la Beaujoloise. Nous devions être 5 ou 6, nous ne fûmes que deux mais mon coéquipier était de grande qualité. David Cobbold a livré dans les 5 du Vin, non pas son ordonnance, mais un point de vue plein de pertinence. (lire ici link). Désolé pour la Biojolaise je n'ai pas eu le temps d'y aller, la prochaine fois je m'organiserai autrement... L1000836.JPG

Comme je suis immodeste pour ma part j’estime que ma proposition d’aller en Beaujolais change tout. En effet, jusqu’ici le Beaujolais, sous les Tam-tams du Nouveau, dans la grisaille de novembre débarquait chez nous. Coupé de ses racines il est devenu un produit qui fleurait bon le marketing : les Brasseurs n’avaient-ils pas eux-aussi leur bière de printemps. L’authenticité du Beaujolais Nouveau se diluait dans la grande mer des produits qui la clament sans la posséder dans le style du camembert le Rustique qui a un goût de l’authentique avec son vrai lait pasteurisé. Alors, quelle est la contre-image ? Elle est dans la réalité physique de la belle région du Beaujolais. Lors de la Beaujoloise, certes sous un soleil resplendissant, ça éclaboussait les yeux. Mais, il y avait un bémol, ceux qui étaient là étaient déjà des convaincus. Le Beaujolais a besoin d’aller au-delà de ces cercles et de ces chapelles pour s’adresser à la fois à un public plus large et surtout à des prescripteurs venus de contrées lointaines.

 

Que faire ? Faire au printemps : les Beaux jours du Beaujolais, opération sœur des Grands Jours de Bourgogne, et pourquoi pas en alternance, où pourraient voisiner de vrais professionnels, des grands et moins grands amateurs mais aussi des hommes et des femmes en recherche de nouveaux espaces qui seraient accueillis, guidés pour découvrir le Beaujolais sous toutes ses facettes. Cette région est belle mais elle a besoin de réinvestir dans son vignoble pour qu’il puisse relever ses défis. Patience et longueur de temps : l’important pour l’heure est de réamorcer le cercle vertueux avec l’existant le plus attractif, le plus dynamique, le plus moteur. S’appuyer sur le noyau des réussites ce n’est pas faire injure à ceux qui sont dans la difficulté mais tout simplement mettre en avant ses cartes maîtresses, les jouer à bon escient. Faire plaisir à tout le monde c’est prendre le risque de rester dans un PPCD qui n’attirera pas grand monde en donnant une image floutée et sans relief.

 

Dans notre monde tel qu’il est, il faut choisir un parti, s’y tenir, durer, s’appuyer sur ses points forts, travailler à réduire ses handicaps, dire ce que l’on est vraiment, sans fard ni repentance. Croyez-moi, sur le Net, avec nos petits moyens, nous serons nombreux à relayer le parler vrai du Beaujolais. De ses racines populaires, tant vantées par son héraut Bernard Pivot, ce vin du Beaujolais dans tous ses états, si joyeux, si simple et de bon goût, si convivial, mais aussi l’égal de beaucoup qui se haussent du col, capable de remettre à sa place du beau linge, est le prototype du vin moderne qui, j’en suis persuadé, va retrouver sa place. Encore faut-il que les hommes et les femmes de cette belle région se retrouvent sur l’essentiel pour nous proposer les Beaux jours du Beaujolais. Croyez ma vieille expérience de « Raid Ader » des crises, croire en soi-même, accepter sa diversité, se retrouver sur des chantiers communs, sont les meilleurs ingrédients pour vivre ensemble et rebâtir...

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 00:09

Éric Zemmour boit-il du vin, du bon vin de France ? Voilà une importante question à laquelle je ne saurais répondre mais comme c’est un « bon pioupiou », un gars bien de chez nous, un mec qui aime la France y devrait. Toute personne du PAF ou d’ailleurs en mesure de nous procurer des éléments de réponse sera la bienvenue sur ses lignes.

 

En notant d'emblée qu’il a un air chafouin (celui, celle qui est maigre, de petite taille, avec une mine basse et sournoise) je risque de me voir accusé de délit de sale gueule. Je le prends car c’est ainsi que je le vois sur l’écran d’ I>Télé lorsqu’il se chamaille dans Ça se dispute avec son compère de Marianne (le magazine aux Une racoleuses) Nicolas Domenach tout de noir vêtu clône de Jean-François Kahn en moins volubile. Au dire de Philippe Caubère, Zemmour fait la pute dans une émission de France 2 On n’est pas couché, ou avec son compère Éric Naulleau, qui lui à une tronche de mal équarri d’une gauche mal définie. Ayant visionné sur le Net la vidéo j’ai pu le voir hocher la tête, en un signe d’approbation à sa qualification de pute. Donc nul problème d'utilisation.

 

Le dit Zemmour, exploitant le fait qu’il n’est pas plus con que la moyenne de ses confrères, cultive son petit fond de commerce avec la pugnacité et la constance de mes 2 épiciers tunisiens du boulevard Saint Jacques ouvert jusqu’à 2 heures du matin. Il besogne, normal pour une pute ! Il se situe dans la tradition de la Droite Nationale de l’entre deux-guerres, le talent en moins. Il défend ces français qui sifflaient Karembeu, trop kanak à leur goût et qui avait le culot d’être l’homme de la blonde Adriana. Il sait tout, il a des opinions sur tout, et pour lui tout est de la faute de l’intégration européenne. Tel Candeloro il dévide ses figures imposées et, parfois, lorsque sa dialectique se heurte à la réalité il se risque à un double axel ou une triple boucle piquée.

 

Je ne fais pas partie de ceux qu’il irrite car je trouve qu’il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire : il a un côté Destop bien utile. Bref, en dépit de ses frêles épaules, il porte le poids des non-dits d’une frange de la classe politique, et de sa bouche aux lèvres fines il délivre un message qui plaît à une partie de la France. Je l’écoute de temps en temps en me régalant de ses mimiques et de sa gestuelle car j’adore ce genre de type qui de sa chaire, sans avoir jamais rien fait d’autre de ses dix doigts – c’est démago j’en conviens, mais j’attaque là le polémiste pas le journaliste qu’il fut – se fait le héraut du petit peuple en endossant un discours un peu trop ample pour lui.

 

Quand j’ai ma dose de Zemmour je zappe. Nul n’est tenu de consommer mais il est toujours bon d’écouter les petits commis de la maison d’en face. Jamais je ne m’associerais à ceux qui réclameraient sa tête mais je n’irai pas non plus l’applaudir lorsqu’il fait la pute à l’Assemblée Nationale.

 

Mon goût pour la glose politique sous sa forme polémique vient de mon élevage paternel. La Droite Nationale je connais : mon père fut un temps Croix de Feu du colonel de la Rocque et en culottes courtes j’ai lu la littérature de la Droite qui ne portait pas la Gueuse dans son cœur, celle qui exploitait dans ma Vendée profonde la peur des Rouges. La Peur, la peur de l’autre, de l’étranger, c’est un grand classique de la Droite Nationale. Pour autant, les bonnes âmes d’en face, qui provoquent l’ire de Zemmour, baignent souvent  dans l’angélisme et le ce n’est pas de leur faute, tout aussi stupide. Pour avoir dirigé une unité de 600 personnes sur le Port Autonome de Gennevilliers je me suis frotté de très près à ceux que prétend défendre le chevalier Zemmour, ils voisinaient dans l’usine 25 nationalités et la cité de Transit d’à côté nous causait bien du souci. Bref, il est sûr que la question de la sécurité ne se réglera pas à coup d’incantations car les grandes fractures de la mondialisation ont laissé, et laisseront encore, des blessures sur le corps social le plus exposé. Nos élites, économiques et politiques, ont failli dans leur discours et leur comportement, mais il n’empêche que tant que les citoyens-électeurs carbureront aux promesses nous ne sortirons pas de l’ornière où nous sommes.   

 

Bref, je me dois pour finir vous expliquer mon titre : mon cher père qui se shootait à la politique, nous imposait, dans le plus grand silence, les « Attendez-vous à savoir » de Geneviève Tabouis (qui fut accusée d’être un agent soviétique) le dimanche sur Radio Luxembourg et, le soir avant les informations de 20h, les chroniques journalières En direct avec vous du Pisse-vinaigre Jean Nocher sur la RTF. Je les trouvais péremptoires, surtout la Tabouis, et chiant, surtout le second très père la pudeur (il faisait une fixation sur B.B, à l’époque elle scandalisait les petits bourgeois, la roue tourne...). Ils étaient seuls au micro alors que maintenant on nous offre soit des duettistes : Zemmour-Nauleau, Zemmour-Domenach, Julliard-Ferry (j’adore la permanente teintée de Jacques Julliard face à la belle crinière de Luc Ferry) ou des quarterons assez people dont deux vieux bretteurs inusables : Philippe Tesson et Claude Cabannes.

 

C’est plus ludique, chacun y fait son petit numéro, ça tient plus du bal des egos et ils se battent souvent pour de faux. De mon temps c’était plus violent et c’est en cela que le Zemmour restaure une langue de Droite drue qui oscille entre celle du Che (le belfortain revenu du ciel) et celle de gens qu’on dit braves même s’ils n’aiment pas les arabes ou les « pédés » ou les curés de gauche... Il est représentatif d’une certaine France, il s’inscrit, sans avoir le talent d’un Léon Daudet ou d’un Maurice Barrès, dans une tradition réactionnaire à la fois antilibérale en matière économique, conservatrice au plan de l’ordre social, exécrant les progressistes représentés pour lui par les droits-de-l’hommiste Kouchner, BHL, fruits pourris post-soixante-huitard. Il se situe à la hauteur de notre époque, c’est-à-dire pas très haut, mais je lui reconnais une forme de courage et de constance même si je ne suis pas certain que face à un teigneux du type Marchais sa puissance de tir eut été suffisante car il aurait trouvé plus roublard que lui...

 

Je vous offre une chronique de Jean Nocher du 12 mai 1960

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 00:09

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Même si vous vous ennuyez en ce dimanche de Pâques, ou si après l’agneau pascal vous prend une envie de surfer, nul besoin de chercher les 3 noms qui se cachent sous les 3 Cloches. Contentez-vous d’écouter ce qui fut un tube dans les années 50 « Écrite par Jean Villard Gilles en 1939 cette chanson est interprétée par Édith Piaf pour la première fois lors de sa première tournée aux États-Unis ; elle est accompagnée par les Compagnons de la Chanson dont le directeur musical Marc Herrand a assuré les arrangements vocaux. » Je ne résiste pas au plaisir de vous offrir la version Mireille Matthieu...

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 07:00

Le Directeur central de la Police Nationale dans une circulaire interne interdit le quart de Rouge sur le plateau-repas des CRS. Une fidèle lectrice, qui n’est pas vigneronne m’écrit : « Au-delà des plaisanteries faciles dignes du marché de Brive-la-Gaillarde, cette info interpelle sur la progression du contrôle social. Va-t-on généraliser l’interdiction de l’alcool à la cantine dans les entreprises publiques puis privées ? Alors que le petit rouge en 25cl avec son joli bouchon plastique est suffisamment décourageant. La confusion consommation / abus est encore une fois manifeste. Mais quel défenseur des droits de l’homme pourrait s’emparer d’un sujet presque aussi sulfureux que celui qui agite en ce moment Philippe Caubère ? » (C’est un coup de gueule, proféré par le comédien Philippe Caubère, contre le projet de plusieurs députés de punir les clients de la prostitution. Un projet « abject » qui s’en prend, s’indigne-t-il, « hypocritement, vicieusement, à la vie intime et à la douleur secrète des gens ».)

 

J’ai par le passé utilisé le slogan des pacifistes « Plutôt rouge que mort » qui s’opposait au SS20 américains pointés vers l’Est. Il était lui-même le détournement de l’exorde de Joseph Goebbels à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour motiver l'armée et la population allemande à combattre l'Armée rouge jusqu'à la fin « Plutôt mort que rouge » (« Lieber tot als rot ») En mai 68 parmi la floraison de slogans et de graffitis deux sont passés à la postérité :

 

« Nous sommes tous des Juifs allemands ! » et « CRS ! SS !»

 

Je me trouve donc dans l’obligation de réparer l’injure faites aux Compagnies Républicaines de Sécurité, qui n’étaient pas les seules sur le théâtre des opérations de la rue Gay Lussac : les Gendarmes Mobiles étaient aussi actifs de la matraque et de la lacrymogène, en m’associant à la protestation de Didier Mangions, secrétaire national SGP-FO «On veut faire de nous des curés, mais sans le vin de messe ». Pour ce faire je leur offre des slogans oubliés de Mai adaptés à leur combat. J’en ajoute un dernier remis au goût du jour.

 

Les CRS avec nous  « Il est interdit d’interdire ! »

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 00:09

Débourrer, verbe 1. Sortir de la bourre, en parlant des bourgeons et particulièrement de ceux de la vigne. 2. À Lantenne (Doubs), enlever les feuilles des épis de maïs. 3. Terme de manège. Débourrer un cheval, assouplir ses mouvements. Marcel Lachiver les mots du passé. J’aime assez l’imparfait du subjonctif de ce verbe : que je débourrasse... qu’il débourrât... que nous débourrassions...

 

Mon vigneron de Vinzelles est dans ses vignes.

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Le Toine est sorti pisser, après la goutte. Il revient en déclarant :

- Milliards de dieux ! Ça a tourné au mateneau ; ce matin, c’était la bise : allez donc y comprendre quelque chose, avec leurs bombes atomiques !

Le douze, le Toine part pour les Fromentaux, le vezou au dos, le vezou à trois dents, l’outil rêvé pour piocher, entre les ceps, l’espace que n’a pas atteint le soc de la décavaillonneuse.

Son col de cygne lui permet de glisser aisément sous les fils de fer, sans contraindre le vigneron à une gymnastique incommode ; les herbes immondes disparaissent, et la terre rejoint l’ados amoncelé par la charrue.

Il faut cependant piocher avec d’infinies précautions, pour ne pas écornifler les bourgeons en train d’éclore.

Ils s’étaient tenus à peu près sage jusque là, abrités par leur coque brunâtre de l’hiver ; mais elle avait déjà blanchi en mars, et maintenant elle éclate en lamelles, qui feraient croire à autant de plumes appelées à tomber t à s’évanouir...

La bourre subit désormais franchement sa mue printanière.

Quoi d’étonnant, au reste ? On se trouve à quelques jours de Pâques, et :

« Pâques tôt, Pâques tard,

La bourre y part »

On voit pointer une végétation blanchâtre, rosâtre, où se dessinent les embryons de raisins minuscules, à peine perceptibles.

Tous ne verront pas septembre, bien sûr. Il n’a jamais été écrit au Livre du Destin que le vigneron dût faire fortune.

On distingue partout, sur les bourres, des couples de grappes qui s’exhaussent en se tournant le dos.

Si le temps est chaud, l’une d’elles s’atrophiera, tandis que l’autre s’enorgueillira de devenir un énorme raisin.

Mais, si l’humidité et le froid les assaillent, les deux petites grappes dépériront de concert, et il ne subsistera plus que deux vrilles en forme de V ; les vieux prétendaient :

- La vigne a le fourchi.

Mais oui, il se développait deux queues, qui rappelaient étrangement les pointes de la fourche en bois avec laquelle on bourrait le four de fagots, afin de le chauffer.

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:09

Je suis très bon public, les jeux de mots à deux balles me font rire et une certaine de dérision gentille m’enchante. Tout ça pour dire que j’aime les gens, dépourvus de moyens mais pourvu de beaucoup d’imagination, qui montent des évènements avec des bouts de ficelles. Plutôt que de s’en remettre à de beaux esprits extérieurs dont c’est le job nos géotrouvetout réfléchissent, se posent les bonnes questions, fabriquent de l’intelligence, font ! Tel est le cas de l’opération « Changer l’Aude en Vin » dont la dernière édition vient de se dérouler dans la Cité de Carcassonne. En son temps j’avais assisté à sa première en 2009 link mais comme ma petite entreprise a elle aussi des moyens limités je n’ai pu me rendre aux deux dernières manifestations. Mais à toute chose malheur est bon car grâce à mon statut de coopérateur – pardon Jean-Baptiste – dans les 5 du Vin la maison Berthomeau a pu fourrer son nez dans l’Aude du Vin. Un beau nez en l’occurrence, un de pro, un vrai dégustateur : le régional de l’étape, j’ai nommé Michel Smith.(Lire sa chronique link photo-SMITH-23.jpg

Et moi, pendant que Michel se régalait dans les travées de Changer l’Aude en Vin, relancé par un « Save the date » je me portais en fin de journée sur les grands boulevards pour participer m’avait-on assuré à un truc d’enfer. Précautionneux j’avais pris le métro et sur ses murs j’admirais l’audace des fils de pub qui proclamait à propos du camembert Le Rustique : « le goût de l’authentique » fabriqué au bon lait de printemps. Very Good pour un besogneux calendos industriel fabriqué au lait pasteurisé qui doit avoir un goût de printemps fort ténu. Mais comme je voguais vers des rives prometteuses je n’allais pas faire tout un fromage des entourloupes de vendeurs d’illusion. Arrivé sur les lieux d’un temple djeunes, DJ et tout et tout, je me voyais propulsé sur une banquette en compagnie de Michel Dovaz qui sous ses longs sourcils de neige me lançait des regards désespérés. Il s’esbignait vite fait. Je souffrais : mais qu’est-ce qu’était venu faire ce brave Corbières dans cette galère ? Séduire les jeunes, les détourner d’autres breuvages industriels. Intention louable mais ma voisine me demandait « où se trouvent les Corbières ? » Dans notre îlot de quelques vieux nous survivions. Bien sûr autour de nous des tables buvaient du Corbières mais à 3€ le verre ça devenait très attrayant par rapport aux tarifs habituels de l’établissement. C’est la suite qui m’interroge ? Je concède que ces jeunes pourront se dirent « après tout, ce vin est sympathique, d’un bon rapport qualité-prix »  mais demain où le trouveront-ils ? Dans ce type de lieu : pour l’heure sûrement pas et pas à ce prix unitaire ; en faisant leurs courses : pourquoi pas mais je ne suis pas sûr qu’ils connecteront Corbières. J’avoue que je ne comprends pas bien le retour sur investissement pour le vin des Corbières de l’opération.

 

Le jeune vice-président chargé de la communication me posait la question de mon ressenti. Comme c’est un vigneron c’était du vin présenté dont il voulait parler. Que je sache tel n’était pas le but de notre invitation : nous étions là pour voir si la connexion avec les jeunes fonctionnait. Bien évidemment je n’ai aucun moyen de me prononcer au seul vu de ce que j’ai vu. Comme je l’ai écrit précédemment je reste dubitatif sur l’impact de cette opération sur la cible visée. Bien sûr je n’engage que moi mais l’image des Corbières me semble bien décalée par rapport à ce que cherchent les filles et les garçons qui fréquentent le Delaville Café sur le Boulevard Bonne Nouvelle. On ne se décrète pas tendance on le devient. Que l’AOC Corbières ait pour « ambition de sensibiliser et de séduire la génération des 20-35 ans » via l’Internet et les médias numériques me semble un défi intéressant mais, comme je l’ai écrit récemment, les Corbières se retrouvent ainsi en compétition dans un « Océan Rouge » où se pressent beaucoup de concurrents pourvus de moyens importants. Pour durer, pour se différencier, hameçonner durablement les jeunes consommateurs il est primordial de bien cerner ce que l’on est. En clair, la qualité du contenu du ou des messages prime sur la simple présence dans les tuyaux du Net. Le buzz ne se décrète pas, il se créé et encore faut-il avoir semé, être patient, pugnace et ne pas croire ou faire accroire que le nombre d’amis sur Facebook est le baromètre d’un retour commercial rapide.

 

Ma petite expérience de presque 6 années sur le Web du vin, sans autre moyen que le contenu de mes chroniques, ne me confère aucune supériorité d’un quelconque ordre mais me permet d’écrire qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, ne privilégier que la forme au détriment du fond – certes nécessaire mais nullement suffisante – et surtout avoir une approche trop générale : une tranche d’âge recouvre de fortes disparités sociales et économiques. Les jeunes, comme les seniors, ne sont pas des masses indifférenciées et qu’il y a des écarts énormes entre par exemple les jeunes du club de dégustation de Sciences-Po (ou d’autres grandes écoles) et la population qui fréquentait hier au soir le Delaville café. Même si ce que j’écris va hérisser les concepteurs, je n’en suis pas pour autant négatif. Je reste à ma modeste place de chroniqueur pour écrire que faire vaut mieux que subir mais de grâce « ne pensez pas à la place de ceux à qui vous vous adressez ». Comme j’aime à l’écrire mettez-vous dans la peau de John Malkovitch : les consommateurs, en fonction de leur âge, de leur statut, sont de drôle d’oiseaux pas toujours très faciles à cerner. Le Web, Facebook, Twitter où tout le monde s’agite, bouge pour, qu’au milieu du flux incessant, du trafic intense, ceux qui surfent vous remarquent. Y être, en être, ne suffit pas. L’important est de vraiment créer des liens qui démultiplient vos messages. Un réseau social ne sert à rien si le flux ne coule que dans un sens. (Lire ma chronique Réseaux sociaux : vous avez dit sociaux moi sur Facebook j’y retrouve la tyrannie du marché... link 

 

Et pendant ce temps-là le sieur Michel Smith écrivait – je lui laisse bien évidemment l’entière responsabilité de ses propos – « Les directeurs de syndicats viticoles et d’inter professions, les présidents de tout et les édiles qui n’ont encore rien compris mais qui croient savoir, les journalistes grincheux et auto suffisants, toutes les têtes pensantes et savantes qui gravitent dans la sphère viticole à coups de dizaines de milliers d’euros l’opération « de prestige », tout le monde un tant soit peu amoureux du vin devrait venir chaque année à Carcassonne pour prendre une magistrale leçon de communication. Une leçon simple que l’on doit aux cerveaux de quelques vignerons en mal de reconnaissance qui se mettent ensemble, qui se plient en quatre avec enthousiasme pour se faire connaître et faire goûter leurs vins sans pour autant débourser des sommes colossales. Comme dirait Valérie Diotte, fidèle lectrice de nos pages : mille bravos ! »

 

Un point qui n’est pas de détail le vin de Corbières qui nous a été servi était excellent il provenait du Domaine Prieuré Sainte Marie d’Albas à Moux 11700 www.saintemariedalbas.com Le propriétaire Vincent Licciardi était présent, ce fut un hôte prévenant et fort sympathique. Il en veut, il y croit alors puisqu’il vient de reprendre le domaine découvrir le fruit de son travail et l’apprécier c’est l’encourager. Enfin, comme Xavier de Volontat sait depuis longtemps que ma plume n’est guère complaisante il recevra ma chronique avec son flegme et sa distance habituelle.  

 

* Gérard Menbussa fut une cuvée culte Beaujolais-Villages de Cyril Alonso (une chronique à venir sur P.U.R.)

* Mozart est là est un souvenir de La cave mozza-maniaque de Yannig Samot, Mmmozza,  57, rue de Bretagne (3e)  

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 00:09

La maison tenant toujours ses promesses, il sera très fortement question de vin dans cette chronique pour vous permettre de faire une belle soupe de fraises au vin lorsque viendra la saison des fraises.

 

Qui sait encore quand commence chez nous la saison des fraises ? (Réponse ici via le site du sieur Hulot link) À Paris, comme partout d’ailleurs, elles déboulent sur les étals dès avril, grosses, moches, grenues, rouge brique, empilées, entassées, venues par camions entiers de la province de Huelva en Espagne. « L’Espagne exporte chaque année vers l’Hexagone, selon les douanes, 68000 tonnes de fraises (60% des importations françaises), soit un ballet de quelque 22000 camions par an, sur 2500 km. Un bilan carbone désastreux, selon le site Effets de terre www.effetsdeterre.frdu journaliste Denis Delbecq : l’émission d’une barquette de 500g vendue en Allemagne correspondrait à 442 grammes-équivalent-CO2, soit autant qu’une petite voiture roulant 3,5 km. Un goût amer ? » (Les Inrocks, oui Egmont je le lis !) 

 

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                   Marcelo dl Pozo/Reuters

Si un jour vous vous aventurez, comme moi, en Andalousie dans la province de Huelva vous découvrirez l’horreur de 6000 ha de films plastiques jetés sur des terres arrachées à la forêt du parc naturel de la Doňana sous lesquels pousse « l’or rouge » à 2,45€ la barquette de 500g chez les bienfaiteurs du pouvoir d’achat. Ponction d’eau monstrueuse, rejet de pesticides dans la nappe phréatique, main-d’œuvre de précaires, sans papiers Roms ou Marocains payée 5à6€ la journée. Tout ça pour des fraises sans goût qui vont se taper des milliers de kilomètres pour satisfaire quel besoin au juste ? Je n’ai pas de réponse à cette question mais je crois que le problème c’est que ceux qui les achètent ne se posent pas de question. Quand à ceux qui les proposent ils vous répondront qu’ils ne font que suivre la demande.

 

  saveol_gariguette_plougastel_freizh_070409-291x225.jpg

 

Attention, ici, je ne mets en avant que l’aspect empreinte carbone, la culture hors-sol existe aussi dans notre beau pays et la gariguette de Plougastel pourrait voir le jour partout ailleurs car elle pousse, elle aussi, sous tunnel plastique avec les mêmes perfusions. Le savoir-faire technique et commercial de Saveol fait que cette fraise a au moins du goût et qu’elle est cultivée dans des conditions sociales normales. Libre à chacun ensuite de faire le choix de consommer ou non. Pour la transparence commerciale, hormis le label AB, il serait bon que soit systématiquement porté à la connaissance des consommateurs la mention de plein champ pour les fraises qui poussent à l’air libre. Tout le monde ne peut pas fréquenter le marché paysan de Velleron près de l’Isle sur Sorgue. Voilà pour ma contribution au sauvetage de la planète et il ne me reste plus qu’à vous livrer ma recette de fraises au vin. Je l’ai commise il y a quelques années et je l’avais baptisée : Soupe de fraises des Bois. Je vous la livre en vous demandant de vous livrer aussi au jeu de remplacer les points de suspension par le nom du flacon. Merci par avance. 

 

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« Avec le plus beau de ses sourires il demandait à son ex-dulcinée un grand saladier et un tablier. Ce qui fut fait d’un petit air pincé. La nuée des nanas faisait cercle. L’avantage des fraises des bois c’est qu’elles sont équeutées alors il n’eut qu’à les déverser au fond du saladier.


Ensuite en un geste ample, au pif, il les saupoudrait de sucre de canne roux non raffiné. Pour les novices, notez : 150 grammes de sucre pour 750 grammes de fraises. Puis, avec des mines de chanoine il pressait un citron vert, râpait un bâton de cannelle et parsemait le tout de clous de girofle.


Enfin, instant suprême, après avoir débouché un flacon de ..., il le versait avec doigté sur les fraises des bois émerveillées.


Avec une grande cuillère en bois d’olivier il touillait.


Les filles s’extasiaient.


Mais, il y avait un mais. Il réclamait à la chouette Ginette une passoire pour réserver les fruits puis il versait le vin aromatisé dans une belle casserole de cuivre. Portait le liquide à ébullition puis, à feu doux, pendant 10 mn, le laissait chanter. Toujours avec des gestes de maestro il plongeait le cul de la casserole dans un bac de glace pilée. Attendait.


Décidait qu’il fallait maintenant passer aux choses sérieuses : goûter le flacon de... »

 

Pour terminer sur une note so british, puisée dans le panier de JP Géné Mes chemins de table chez hoëbeke voici la Strawberry and cream une tradition qui a court à Wimbledon, pas sur les cours bien sûr, mais là où les élégantes donnent du plaisir aux yeux.

 

« Il* connaît moins une autre tradition étroitement associée à cet évènement sportif : strawberry and cream, la consommation de fraises à la crème dans les gradins et alentour. Selon la légende, ce serait le roi George V(1865-1936) qui aurait introduit cette pratique pour distraire les spectateurs, mais Audrey Sell, bibliothécaire au Wimbledon Lawn Tennis Museum, assure que les fraises sont apparues dès le premier tournoi (1877) qui correspondait à leur pleine saison, fin juin. Cultivées principalement dans le Kent, elles sont cueillies la veille et réceptionnées à Wimbledon dès 5h30 pour être inspectées et réparties en barquettes de 10 unités vendues la saison 2008, 2,25 livres (2,60€). L’elsanta est la fraise officielle de Wimbledon, une variété abondante en Europe, à chair ferme, au goût sucré légèrement acide et d’un rouge brique à maturité. Elle doit être accompagnée de crème double d’un minimum de 48% de matière grasse selon le règlement. En 2008, il s’en est consommé 7000 litres pour 28 tonnes de fraises avalées en quinze jours. Les fermiers du Kent sont ravis. » (13 Juin 2009)

 

* Il = le télespectateur.  

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