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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 07:39

Suis-je branché ? Allumé ? Sans aucun doute une lumière mais jamais au grand jamais je n’aurais imaginé que, profitant de mon transport sur le théâtre des opérations, dans mon dos se déclencha une bataille de polochons. Alors que le soleil montait dans un ciel pur je constatais, arrivé à  Malartic-Lagravière, que se fomentait en l’absence du pion un chahut monumental. Et pourtant, la veille le surgé avait fait un rappel au règlement assez bon enfant. Avant mon départ en belles pompes, démagogue en diable, je m’étais contenté de chroniquer sur le cassoulet. Du lourd donc, de quoi caler les appétits les plus aiguisés. Bref, je m’attendais à un bon assoupissement postprandial des lurons et des luronnes fréquentant assidument mon espace de liberté. Et puis tout au long de la journée jusque fort tard, par vagues, les commentaires giclaient dans tous les sens emplissant mon petit écran siglé d’une petite pomme. J’eus pu m’en émouvoir, mettre mon casque lourd, sortir de la tranchée, m’écrier : halte au feu ! Pour des raisons que seul Luc, le sous-marin de mes pensées profondes, connaît, mon bonheur du moment étant largement supérieur aux dégâts collatéraux éventuels, m’épargnant des ampoules aux doigts qui se seraient surajoutées à celles qui peuplent mes phrases, je laissai donc pisser le Mérinos.

 

Chauffé à blanc mon espace de liberté à fort bien résisté et, comme l’a fait remarquer, Sylvie Cadio je crois, il a démontré sa capacité à créer une communauté. Et moi pendant ce temps-là, assis sous ma tente, entouré de jolies femmes, je me laissais aller aux délices d’une conversation où le vin était la dernière de nos préoccupations. Se rendre sur la Rive Gauche d’abord, en grande pompe, pour se livrer à toute autre activité que celle pour laquelle certains pensent que je suis programmé, montre à l’évidence toute l’étendue de ma légèreté. Rassurez-vous, même si tout autour de ma tente se pavanaient les paons du Château Citran, je m’étais auparavant soumis à mes obligations de dégustateur imposteur avec tout le sérieux qui sied à l’exercice.

 

Grand merci à toutes et à toutes avec une mention particulière au sieur Charlier qui parfois se la joue Concombre Masqué (œuvre de Gotlib) pour ce commentaire « Je profite de la tribune offerte par cet espace de liberté pour lancer un appel à tous les admirateurs de Jacques Berthomeau : il sera dans le Beaujolais les 10 et 11 avril pour signer des exemplaires invendus d’un rapport publié il y a tout juste 10 ans, et resté lettre morte. Il signera aussi des petites culottes ... restées sur des fesses mortes depuis une décennie également. Les bénéfices iront tout droit au fonds de soutien de Jacques Chirac, car depuis son retrait (?), les fesses des vaches du Salon de l’Agriculture subissent le même sort. »

 

Dernier point : il y a quelques années, lors d’un déménagement, mon Grévisse a disparu, alors pourquoi ne lanceriez-vous pas chers commentateurs déchaînés une souscription nationale pour que je puisse le remplacer. Bonne journée et faites péter les commentaires !

 

                                                                    

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 00:04

contenu_chapitre_image_4.jpgJ’aime beaucoup les achées (lire une splendide chronique sur eux link) mais je n’ai jamais rencontré Claude et Lydie Bourguignon www.lams-21.com  . Avec mon ami Jacques Damitio ex-notaire, néo-vigneron revenu aujourd’hui revenu à des amours plus bitumeux, nous devions aller les voir mais ça n’a pu se faire. Ce sont d’excellents microbiologistes des sols reconnus dans le monde entier. Ils ont quitté l’INRA dans les années 80 ce que  je comprends fort bien. Pour le reste, parfois leur discours sur les origines de l’intensification de l’agriculture cède, comme souvent chez les purs scientifiques, à une certaine de réécriture de l’histoire : l’exploitation familiale à 2UTH chère à Edgard Pisani a fabriqué dans mon Ouest natal, la Vendée tout particulièrement, des intensificateurs sincères comme le montre bien le beau film de Dominique Marchais « Le temps des grâces »  Pour avoir subi au 78 rue de Varenne la chape de plomb du rapport des forces en agriculture, le choc des radicalités en est le plus puissant vecteur, il conforte l’immobilisme. Tant qu’une majorité de nos concitoyens développeront dans leur comportement de consommateurs des attitudes contradictoires les choix des politiques, si tant est qu’ils sachent encore en faire, seront frileux. Ce n’est que mon avis, il n’engage bien sûr que moi, mais à la fois la bulle du Grenelle de l’environnement et l’accident nucléaire du Japon, sont là pour nous mettre sous le nez une réalité complexe et fuyante. Pour la vigne et le vin, où nous sommes hors du champ alimentaire  (la part de l’alimentaire dans le budget des ménages continue de chuter pour le plus grand profit de la téléphonie mobile, des écrans plats et le développement du hard discount auprès des plus aisés qui préfèrent les Seychelles à la brave vache qui fait plus de 3 ou 4 lactation avant de faire du steak haché, montrent que la partie n’est pas gagnée pour les défenseurs du bio), le combat des Bourguignon se situe au bon niveau. Ecoutez-les ! Débattez-en ! Livrez-nous vos commentaires.


Claude et Lydia Bourguignon constatent l’état... par non-merci


Claude et Lydia Bourguignon constatent l’état... par non-merci

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 09:22

Hier j’ai commis une pochade et, contrairement à ce qu’écrit Egmont Labadie je n’ai insulté qui que ce soit, me contentant d’ironiser, sans doute un peu lourdement, en écrivant « De quoi faire s’étrangler les petits cons des Inroks (la viande tue) et donner de l’urticaire aux PNNisteS (Le Plan National Nutrition Santé) et autres ayatollahs des journées sans viande, des anti-rots des vaches, et autres avatars divers et variés d’un monde médicalisé. » C’est la loi du genre polémique que d’égratigner des groupes qui ne se privent pas de produire des déclarations de haute portée morale « en moyenne les végétariens et les vegans sont plus minces et en meilleure santé que celles et ceux qui mangent de la viande et cela les rend plus sexy. Les végétariens sont de meilleurs amants. » Tracy Reiman présidente de PETA (People for the ethical treatment of animals). Sur la notion de petit con j’assume puisque je me traite moi-même de vieux con. Pour La Reynière alias RJ Courtine Alain Leygnier a répondu à ma place.

 

Mon blog vient de passer la barre des 700 000 visiteurs et va dépasser les 2 millions de pages lues dans quelques jours. À ceux qui s’étonnent de ma productivité, en raillant par ailleurs la qualité de ma prose, je réponds tout d’abord très simplement : écrire une page par jour ne relève d’aucun stakhanovisme mais d’un temps consacré à cet effet qui n’est qu’une petite parenthèse dans mes activités ; ensuite si mon style ampoulé les dérange je leur signale que le bien est gratuit et que nul n’est obligé de s’imposer un pensum à l’heure du petit déjeuner. Bref, j’écris par plaisir. Je me suis même interrogé en chroniquant tu écris trop Berthomeau. Donc Vin&Cie est un espace de liberté mais avec une règle intangible pour moi-même et les commentateurs : le refus des attaques ad hominem, des insultes, des insinuations, des propos racistes et tout ce qui pourrait blesser.

 

Pendant quelque temps j’ai modéré les commentaires mais, ne passant pas mon temps devant mon écran, cette contrainte me pesait et ralentissait le flux de la discussion. Les quelques débordements d’hier vont s’apaiser suite aux réponses des uns et des autres. Tout emballement est passager par nature. Je souligne que les commentateurs ne sont qu’une infime part de mes lecteurs : 6 à 700 jour, alors prière de ne pas extrapoler en affirmant « tous des cons » car c’est faire injure à tous ceux qui se contentent de me lire et dont la fidélité soutien ce blog. Merci donc de me lire et si l’envie de commenter vous prend faites-le avec courtoisie, ce qui ne signifie en rien qu’il faille me ménager ou m’encenser. « Un peu de douceur dans un monde de brutes. » ce qui n’exclue ni la vivacité, ni l’humour, ni la légèreté, ni l’ironie. Bonne journée à tous

 

Jacques Berthomeau

 

Hier l’objet de la chronique était un petit CONCOURS pour de rire et bizarrement voilà que l’OVNI part en vrille. Vous pouvez encore VOTER. En réponse à celui qui me pose la question : à quoi ça sert ?  Je réponds : à rien ! Rien que le geste pour donner un peu d’oxygène à la lourdeur de l’air ambiant.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 00:09

J’ai découvert les steel-band dans les années 90 dans un album Pantastic World of Steel-Music et tout particulièrement l’ouverture de Rienzi de Wagner. Un choc ! Je me suis saoulé de cette musique métallique. En effet, « Un steel-drum ou steeldrum, c'est-à-dire « tambour d'acier » en anglais, plus couramment appelé pan (casserole) ou steelpan — est un instrument de percussion idiophone mélodique. Il est originaire de Trinité-et-Tobago (Caraïbes) et répandu dans des orchestres steelbands, typiquement composés de plusieurs de ces instruments différents. Les pans constituent donc une famille d'instruments. »

 

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir aux dernières Folles Journées de Nantes le groupe mythique Renegades Steel Band Orchestra qui a véritablement ébahi les spectateurs avec sa réinterprétation de l’Ave Maria de Schubert ! Originaire de l'île antillaise de Trinidad au large du Venezuela. C’est un ensemble traditionnel de 17 funambules. Imaginez alors l'extravagance d'un orchestre symphonique de percussions, s'apparentant à une batterie de cuisine, qui se donnerait l'audace d'interpréter sans accroc les standards du répertoire classique avec une virtuosité à faire pâlir plus d'un chef d'orchestre. Martelant leur fond de tonneau (bidon à pétrole) savamment martelé, dégageant une gamme de sons variés. Les Renegades passent avec la plus grande facilité du reggae à la samba, de la salsa au calypso et du french cancan à la ballade soul.

399px-Steel_drum_tuning.jpg

Pour ceux qui veulent mieux connaître l’instrument :

 

« Un pan est fait à partir de fûts en métal de 216 litres utilisés par l'industrie pétrolière pour stocker et transporter de l'essence ou de l'huile, ou encore de la compote, des extraits de parfums.... Ils sont sectionnés et la face inférieure de ces bidons est emboutie puis martelée pour y réaliser un ensemble de facettes se comportant chacune comme une cloche. Les différentes facettes sont accordées sur une gamme tempérée.

 

Il existe de nombreux types de pans, regroupés en sections qui vont des graves aux aigus en passant par les médiums (traditionnel, pan around the neck un seul bidon par musicien, ou conventionnel, chaque section chromatique donc plusieurs bidons par musiciens). Dans les orchestres conventionnels, les pans aigus, appelés "frontline", comportent une trentaine de notes sur un ou deux bidons, les médiums comportent vingt à trente notes sur deux à quatre bidons, les basses comportent une vingtaine de notes sur quatre à douze bidons. Les pans médiums et basses sont appelés "background".

 

Les steeldrums sont construits en utilisant de la tôle d'une épaisseur comprise entre 0,8 mm et 1,5 mm. Traditionnellement, des steelpans ont été construits avec des tonneaux à huile, des boites de biscuits ou des poubelles usagées. De nos jours, certain fabricants n'utilisent plus de bidons mais du métal sous forme de tôle plate qu'ils dessinent en cuvette. Dans une première étape, le fond du bidon est enfoncé en cuvette. Ce processus est habituellement fait avec plusieurs marteaux, manuellement ou sous la pression de l'air. Le modèle de note est alors marqué sur la surface, et les notes de différentes tailles sont formées et moulées dans la surface. Après le gâchage, les notes doivent être ramollies et accordées (accord initial). Le ramollissement fait partie de ce premier processus d'accord.

 

 

Accord d'un steelpan - Herman "Brown" Guppy.Plus la taille de la note est grande, plus la tonalité est grave. La "jupe" (la pièce cylindrique du bidon) voit varier sa taille selon la tessiture : plus les notes sont graves, plus on a besoin d'une grande "jupe" pour faire résonner les fréquences graves. Ainsi le tenor pan, parfois appelé "soprano", très aigu avec des petites notes, est constitué d'un seul fût avec une petite jupe (entre 20 et 30cm ), alors que le joueur de basse est entouré de quatre, six, neuf, voire douze bidons entiers (avec chacun 3 notes)! Les pans peuvent être chromés ou peints (ou passées au bichromate de potassium).

 

Plus on joue, plus les pans se désaccordent, les steelbands se chargent de faire accorder régulièrement leurs instruments (en général une fois ou deux par an). Un tuner (accordeur) doit pouvoir parvenir à faire sonner de manière homogène toutes les notes d'un même instrument. Tout le travail d'accordage est effectué en utilisant des marteaux de différentes tailles. » Wikipédia

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 00:02

photomoiQu'Eric Rosaz me le pardonne cette chronique n'est pas un poisson d'avril mais du pur jus Berthomeau vinifié en cave particulière et commercialisé en vrac par le grand négoce prédateur. Sans doute va-t-il trouver le nectar un peu acide mais c'est le millésime 2010 qui veut ça et, Dieu sait qu'il était attendu ce millésime depuis que des gars, qui n'y connaissaient pas grand chose à la chose du vin, l'avait affublé, tel Cyrano d'un Cap. Beaucoup, sans doute pour me flatter, affirment que c'est un beau millésime de garde, qu'il vieillit bien, qu'il garde toute sa fraîcheur, sa puissance, son authenthicité. Qu'importe le jugement des experts ou des amateurs, ce qui compte c'est qu'il fut produit en alliant le meilleur de la tradition et tout ce que pouvait lui apporter la modernité. Nous en sommes fiers même si la cuvée resta somme toute confidentielle du fait que les maîtres du troupeau ne la trouvaient pas à leur goût. La poussière et les toiles d'araignée donnent aux dernières bouteilles ce cachet qu'aiment tant évoquer les nostalgiques des splendeurs du passé. J'aurais pu me contenter de savourer ce millésime avec mes bons amis et mes copines mais c'est alors que le sieur Lalau a dégainé.Dans une récente chronique link il a brocardé, dans son style percutant, la nième antienne de FranceAgrimer sur la nécessaire simplification de l’offre.

 

Tiré en sursaut de mon demi-sommeil de petit chroniqueur éloigné des hauts lieux stratégiques, là où les têtes d'oeufs élaborent les plans de bataille, je me suis dit : est-ce que je rêve ? Sont-ils en train de remettre ça ?  Me refaire le coup de la segmentation ? Pire encore rebadigeonner avec de la peinture fraîche la stratégie de reconquête pour les vins français ? Mieux éveillé, dans ma petite ford intérieure, je me suis laissé dire : comme c'est étrange que dans notre beau pays françois, où la survivance du féodalisme conjuguée à un pouvoir central qui balance entre le libre jeu des acteurs et la régulation via des outils dit interprofessionnels accouche d'un chacun pour soi de bon aloi et ou la concurence par le bas entre régions, vignerons, négociants est la règle qui prévaut, nos penseurs se remettent à tirer de nouveaux plans sur la comète ? Pour faire joli, entretenir la flamme dans la nouvelle grande maison si peu héritière des anciens offices, dit par produit. Défendre son territoire face au Q de l'INAO ? Je n'irai pas jusqu'à ce stade de l'ironie mais, comme le disait ce bon cardinal Marty, avec son bel accent rocailleux de l'Aveyron, je m'interroge ? S'interrogez vaut mieux que s'appitoyer c'est plus charitable.

 

Mon propos de ce matin, fort modeste, ce qui de ma part est un effort louable, se limitera à constater qu’une stratégie de conquête ou de reconquête ne peut et ne doit pas se contenter de se fonder sur une simple projection des tendances à l’instant T. Certes c'est simple, le nez sur la courbe : on entonne tous derrière, tous derrière et lui devant. Je plaisante bien sûr mais tout de même je suis fasciné par les envolées des commentateurs de la chronique d'Hervé qui retombent aussi vite qu'un soufflé dans les recettes éculées du packaging, du marketing et dans le marigot de notre belle GD à la française. Plus encore ce qui me réjouit le coeur c'est le nième couplet sur l'absolue nécessité de veiller à la qualité de nos AOC qui propulse le suivi aval qualité au rang de priorité des priorités. A ce niveau de préconisation stratégique nous sommes dans l'omnibus et les vaches nous regardent passer en se gondolant (normal les Vache qui Rit sont en tête de gondole). Je n'aurais pas l'outrecuidance de signaler que beaucoup de vins, dit de qualité, et qui le sont, ne trouvent plus preneur à des prix rémunérateurs. Mais bon je ne suis qu'un vieux con qui se doit d'écouter les gens d'expérience montant en chaire pour exhorter le peuple vigneron. Enfin, pour m'achever, ces beaux esprits repassent les plats sur la marque en la mettant à toutes les sauces. Vraiment c’est lourd et lassant, surtout lorsqu’on y fourre tout et le contraire de tout. Depuis que je bourlingue dans le monde des marques j’en ai peu vu naître du pur génie d’un marketeur en chambre mais plutôt de stratégies fondées sur de lourds moyens ou sur des valeurs perçues par le consommateur (signature). Je n'aborde pas la question chinoise car je prépare une chronique sur ce marché en liaison avec un opérateur. 

 

Allez maintenant, comme le dirait le sieur Pousson : je sors mes chaussons, pour faire un peu de rucking dans le regroupement. Oui je l'écris et j'assume : nos stratèges conseilleurs ne sont que des suiveurs. Que préconisent-ils ? Tous dans l’océan rouge puisque c’est là que tout le monde se bouscule ! Certes, je ne dis pas qu’il ne faut pas y aller mais dans ce cas il faut armer de lourds chalutiers et, que je sache, nous ne sommes pas, faute d’avoir fait mouvement quand il en était encore temps, bien pourvu dans ce domaine. Nous n’avons pas su anticiper, sacrifier quelques pions inutiles pour avoir le coup d’avance, nous sommes lourds, peu mobiles, bavards, nous avons déserté certains champs de bataille lors des assauts décisifs. Qui puis-je ? Rien ! Sauf à m’adresser aux chefs de nos armées mexicaines. Ce que je ne ferai pas. Pour autant tout n’est pas perdu si nous acceptons d’analyser vraiment l’état de nos forces et de nos faiblesses, et de choisir. Sauf à radoter je vous épargne mon couplet.

 

Je préfère, à ce stade de mon offensive, sans user de précaution mais en respectant les règles pour nr pas me faire sanctionner, prendre nos stratèges conseilleurs à contre-pied  en affirmant que notre chance principale se situe dans l’Océan bleu, celui où peu de nos concurrents s’aventurent encore, car notre force c'est notre diversité, voire même notre complexité. Attention, ce sont des forces à la condition que nous ne vendions pas des vessies pour des lanternes, que notre authenticité soit avérée, perçue et comprise. Contrairement à l’idée reçue, ressassée, la complexité ne fait pas peur ni aux jeunes pousses ou ni aux néo-consommateurs où qu'ils se trouvent, bien au contraire, ils savent se mouvoir dans des mondes virtuels hautement complexes et certains apprennent vite. Notre problème c’est que notre complexité est souvent un grand foutoir et que nos discours pour y entrer : soit celui qui consiste à vouloir courir derrière la tendance, celui qui veux faire jeune, celui qui veut séduire, nos consommateurs en reçoivent chaque jour des kilos au km2 et ils s’en tamponnent ou s'en lassent ; soit les discours classiques : entrez dans notre monde merveilleux du vin, c’est beau, c’est joyeux, c’est culturel, sont chiants car nous les bâtissons avec nos vieux mots poussifs, nos histoires copié-collé de communicants, notre entre-nous-même lassant et chiant. Nous sommes dans la culture de la surpâture, fermés comme des huîtres, souvent hors du champ des nouveaux canaux d’irrigation. Si nous voulons rester un grand pays généraliste du vin mettons-nous en capacité de produire tous les vins voulus mais à la condition expresse de ne pas continuer à proposer des vins ayant le cul entre deux chaises (SAQ mon cul aurait dit Zazie). Ambigüité quand tu nous tiens alors je sors mon suivi aval qualité... 

 

Ceci écrit je ne prêche pour aucune chapelle. De là où je suis, où je vis, au plus près du monde, attentif à tout ce qui s'y passe, en me frottant avec tous ceux qui vendent du vin, j’essaie de comprendre, d’anticiper et non d'ânoner. Mais bien sûr, eu égard à mon statut de tricard, je n’ai aucune capacité à influencer l’alimentation intellectuelle de nos autoproclamés stratèges. Comme souvent dans la théorie des jeux, le leur est souvent à somme nulle (ce qui est gagné par l’un est perdu par l’autre, et réciproquement) Le Monde tel qu’il est peut déplaire, et il me déplaît souvent vous le savez, mais pour autant dans notre vieux pays fourbu il est une matière première mal exploitée : l’intelligence ! Je ne fais pas ici référence à la mienne mais à ce que le Groupe Stratégique Cap 2010 avait impulsé : l’Intelligence économique. Dans les nouveaux canaux de l'Internet c'est le contenu qui fera la différence. Où est-il ce contenu, cette richesse mal exploitée ? Nulle part et surtout pas dans ce que je lis de la nouvelle mouture de la simplification nécessaire de l'offre. D'ailleurs si elle est gagnante pourrait-on m'expliquer pourquoi avons-nous tant attendu et pourquoi dès à présent nous ne mettons pas ces belles paroles en musique ?

 

J'ai des réponses à ces questions mais elle n'apportraient rien au débat et surtout aux choix car l'inertie qui sous-tend les batailles d'arrière-garde révèle un mal bien plus profond que je retrouve dans mon travail actuel sur la définition d'une stratégie pour la viande bovine française. Incapacité radicale à accepter de conjuguer le petit, le local, très prescripteur, porteur d’images fortes : nos vaches mangeuses d’herbe et la grande conso qui, que ça plaise ou non, c’est steak haché à tous les étages : à la maison, c’est facile, les enfants aiment ça et bien sûr au Mc Do ! D’un côté les puristes gastronomes dégainent leur bidoche de luxe du boucher star, de l’autre les Charal&consorts leur grosse machine à broyer de la viande, et comme au récent SHIRA de Lyon, pendant que Bocuse amusait la galerie avec ses *trophées dans les soupentes du salon les acheteurs des collectivités ou des chaînes de restaurant parlaient buiseness avec les Bigard, Bonduelle and Co. Et les producteurs d’en bas dans tout ça ? On en fait quoi ? On les maintient dans les zones difficiles ? Comment ? Silence gêné de tous, plus facile de s’en tenir aux idées préconçues, de tracer des voies qui ne sont que des impasses. Du côté de la viticulture je n'émettrai aucun avis puisque personne ne me le demande. 

 

Certains vont encore dire que je me suis fait plaisir. Que j'ai lustré mon ego. Et alors, y'a pas de mal à se faire du bien. Qui d'autre mieux qu'Eric Rosaz sait que de sortir des sentiers battus et rebattus c’est prendre le risque de s’exposer, de prendre des coups, de se faire ostraciser mais, que je sache, c’est aussi la seule manière d’initier d’abord un débat, de nourrir une réflexion stratégique, reste ensuite aux décideurs privés ou publics à l'intégrer, à opérer leurs choix, qui peuvent être d’ailleurs être des non-choix. Les robinets d’eau tiède font couler de l'eau tiède dont la fonction principale est souvent de se laver les mains... Moi je suis délibérément hot et je serais aux Primeurs de Bordeaux le 6 et le 7 avril, et en Beaujolais le lundi 11 avril pour écouter, voir et entendre ceux qui font et ceux qui vendent du vin et, bien sûr, ceux qui les achètent. Désolé d'avoir manié un peu facilement l'ironie à l'endroit de mes collègues mais, comme nous sommes le 1ier avril je peux leur dire pour m'en tirer :

 

Poisson d'avril !

 

Tout cela n'était qu'une plaisanterie de garçon de bain ou mieux me concernant de danseur mondain...

photopoisson.jpg

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 00:09

784e7a4e2e.jpgQu’Hervé Briand me pardonne mais je n’ai pas pu m’empêcher de chroniquer à propos de la rencontre qu’il a eu, à l’automne 2006, avec Michael Steinberger l’auteur de « Au Revoir To All That » livre dont j’ai relaté la parution récente, dans sa traduction française, sous le titre un peu racoleur « La cuisine française, un chef d’œuvre en péril. » À cette époque il devait être Dr adjoint de l’INAO, maintenant il coule des jours, sans doute plus conformes à ses souhaits, comme délégué territorial Ouest de l’INAO. Je le suis reconnaissant sur la photo ci-dessus d'exhiber la mogette de Vendée qui vient d'obtenir la 13e IGP de la région ! (Photo © Ouest France)

 

Le journaliste gastronomique américain le qualifie dans sa présentation de « haut responsable de l’organisation » ce qui, eu égard à sa place dans l’organigramme, pour un regard étasunien, peu se justifier, mais dans le subtil dosage entre les professionnels, la tutelle Ministérielle et sa Directrice, sa position le plaçait simplement dans la situation d’un agent public en charge de l’application de décisions prises par le Comité National de l’INAO. Qu’Hervé Briand se sente, comme beaucoup des cadres dirigeants de l’Institut, à la fois en charge de défendre la doctrine des AOC à la française, mais aussi soumis à une certaine forme d’impuissance, justifie largement sa prudence face à un interlocuteur qui, quoiqu’il en dise, n’est pas lui-même à l’abri de ses contradictions et de ses à priori. Pourquoi d’ailleurs n’est-il pas aller interroger le Président du Comité Vins ?

 

Je le cite.

 

« Cet homme, grand et sympathique, choisissant bien ses mots – j’avais affaire à un bureaucrate –, convint que le système était en lambeaux. Accroître si considérablement le nombre des appellations avait été une erreur, reconnut-il, une erreur qui avait sévèrement nuit à la réputation des vins français à l’étranger. « Notre image n’a pas été détruite, mais elle a été affectée par la qualité moindre de ces vins. » Suivait le couplet sur l’agrément, son côté économique et social, les pressions des producteurs et le oui franc et massif dans 99% des cas. Air connu, puis HB abordait les réformes en cours d’élaboration « Les problèmes dans la bouteille, me dit-il, ont souvent pour origine des problèmes dans les vignobles ou dans les chais. Nous voudrions éliminer ces problèmes. »

 

Et là Michaël Steinberger pose une question qui sonne de façon très prémonitoire : « Mais pour résoudre ces difficultés, était-il opportun de créer plus de règles encore ? »

 

Et bien sûr de jouer ensuite le provocateur « Soudain, je m’avisai de jouer le rôle de Milton Friedman, le libéral par excellence. Au lieu de multiplier les règles, pourquoi ne pas en réduire plutôt le nombre, et laisser la liberté aux vignerons de faire ce qu’ils ont à faire et aux consommateurs de décider quels sont les vins qui méritent d’être bu ? »

 

Réponse de HB à la sauce américaine « Au cours des années 1930 et 1940 la régulation était légère. « Les règles n’étaient pas très nombreuses – elles couvraient les limites territoriales et les variétés de cépages. Historiquement, les producteurs d’une même appellation fabriquaient leur vin de la même façon. Ce n’était pas le même vin, mais un vin similaire. » Fallait le dire vite cher Hervé, la typicité et l’air de famille couvaient déjà sous cette interprétation élastique de l’Histoire mais quand je lis que « certains d’entre eux s’étaient éloignés de manière inacceptable des pratiques de fabrication traditionnelles » je me contente de répliquer : « lesquels ? » et était-ce vraiment eux qui perturbaient la notoriété de leur appellation. Pour étayer ma démonstration j’ose rappeler tous les soucis fait à JP Brun en Beaujolais. Ce flou artistique, cette ambigüité assumée, c’était bien là où ça faisait mal et ou malheureusement ça fait toujours mal.

 

Quand au couplet : « Lorsqu’on appartient à une tradition collective, me dit Briand, il faut bien établir des règles pour les choses importantes, et vous ne pouvez laisser faire un vin complètement différent. » il serait risible s’il était insignifiant mais, contrairement à notre Miltonfriedmanien d’occasion, moi je ne rêve pas, moi je ne verse pas dans la charge anti-fonctionnaire, mais je me contente de surligner les choses importantes en ajoutant que dans la doctrine des pères fondateurs des AOC les régles étaient celles qu’ils se donnaient à eux-mêmes pour se les appliquer. Même pour des neurones étasuniens ça ne peut se traduire par la seule mainmise publique sur les vignerons. Le malheur c’est qu’avec de tels glissements sémantiques nous avons confiés les clés de nos AOC à l’étage européen qui n’adore rien tant que la paperasserie avec quelques coquelicots dans les chaintres pour faire joli, ils adorent verdir les règlementations et les aides ces chéris.

 

Évidemment ce cher Steinberger, « perverti » par la doctrine de Sève dégainait son argument canon « Il me paraissait à moi que le problème était que les bons vignerons se trouvaient contraints de transgresser de mauvaises règles. J’invoquai le nom de Jean Thévenet, dont les difficultés avec son appellation dans la région de Mâcon avaient fait l’objet de certains articles de journaux. »

 

« Débat de nègres dans un tunnel » tout le monde aux abris, chacun dans son bunker : le gros de la troupe dans l’un, la petite poignée des irréductibles dans sa baraque en paille, la messe est dite, repliez vos gaules nous sommes entrés dans le royaume de la norme. Le piège s’est refermé. Ayant suffisamment payé de ma personne sur ce sujet au point d’être tricard du côté du CAC je ne vais pas en rajouter une couche. Cependant, s’il est un point sur lequel je suis à 100% d’accord avec Michaël Steinberger c’est que le monument édifié par les Paganini de la Qualité, avec un Grand Q, tous les grands acheteurs internationaux s’en tapent comme de leur première chemise. Alors tout ça pour ça ! C’est à pleurer. Pas étonnant que, comme je l’ai lu dans VSB, Philippe Vergne président du Syndicat des Vignerons du Languedoc, demande que les zones AOC touchées par la crise soient considérées comme zones défavorisées et puissent prétendre à l’indemnité compensatrice de 15 à 20 € à l’hectare. S’il estime qu’on est dans le juste prix avec une fourchette de 47 à 50 € en vins de pays de département, la fourchette de 53 à 56 € pour les AOC « ne reflètent pas leur valeur »

 

Alors, lorsque notre brave Hervé Briand, qui n’en pouvait mais, se prend les pieds dans le tapis, rétrospectivement on se dit que poser le problème ainsi n’avait pas grand sens. La poutre et la paille, air connu.

 

Pour mémoire je cite « Un excellent producteur – et là Briand se piégea lui-même, ce qui l’obligea à reformuler –, un producteur qui a une bonne intuition du marché peut faire un vin qui aura beaucoup de succès sans pour autant faire partie d’une AOC. Monsieur Thévenet n’est pas un mauvais homme ; c’est un grand homme, et il fait un grand vin. Mais nous sommes confrontés à ce problème partout ailleurs en France : des gens qui font du vin complètement différent. Et on ne peut laisser faire ça. » Le manque de conviction perceptible dans sa voix laissait penser qu’il ne croyait pas lui-même à son argumentation. »

 

Je m’en tiendrai là en laissant notre cher chroniqueur américain à ses rêves libéraux et à sa vision, certes passionnante, mais un chouïa trop appréhendée par le petit bout de la lorgnette lorsqu’il mélange allègrement les problèmes des vignerons qui ne font pas comme les autres, assez minoritaires (ce qui ne signifie pas sous ma plume qu’il ne faut pas se soucier d’eux) et ceux de la masse des AOC dont le souci principal est que leurs vins n’intéressent plus le marché. Tout commence dans les vignes, une fois le vin fait il faut le vendre et tous les machins normalisateurs qui coûtent des sous n’y peuvent rien. La nouvelle segmentation administrative des vins n’a d’intérêt que si, à la source, certains ne se contentent pas de produire des vins de papier.

 

Allez cher Hervé Briand, tu me connais bien, tu as croisé mon chemin au 78 rue de Varenne, je t’ai toujours un peu étonné par ma légèreté, mon goût prononcé pour ce que tu considérais comme de la frivolité, mon rapport t’a un peu sidéré mais comme tu es un type sincère, comme face à Michael Steinberger, en bon petit soldat tu as fait ton devoir avec sérieux et honnêteté. Ce retour en arrière c’est de l’histoire, rien qu’un petit fragment du passé que j’ai rangé au rayon des occasions manquées. Mais, après tout, pourquoi s’en faire, même si l’adage populaire affirme que le temps perdu ne se rattrape jamais, comme le dit très finement un responsable professionnel de haut rang, à propos de la bataille pour la non libéralisation des droits de plantation en 2016, « Tant qu’un dossier n’est pas perdu, il peut être gagné ». L’avenir nous le dira, cinq années ça semble un temps long mais en attendant vive le Catenaccio ! En français c’est moins sexy : on bétonne ! Et bien sûr en Suisse, c'est le verrou suisse. Va doucement c'est tout bon diraient non amis savoyards !

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 09:10

Moi c’est décidé, j’irai !

Homme de terrain, comme chacun le sait, je me rendrai le lundi 11 avril en Beaujolais à l’occasion de la Beaujoloise.

Celles et ceux qui veulent se joindre à ma descente (de Paris on descend toujours, et de toute façon ne dit-on pas « il a une bonne descente ») dans le Beaujolais profond, seront les bienvenus qu’ils vinssent comme moi de la ville capitale, de notre doulce France et, bien sûr, du terroir local.

 

Inscrivez-vous, la journée sera belle...

 

Comme vous vous en doutez à un moment donné de la journée je me tiendrai sous un chêne pour que nous puissions échanger en toute liberté.  images-St-Louis.jpg

Plus sérieusement, je vous livre le fil de mon séjour :

 

- j’arriverai le dimanche dans ma petite auto à une heure flottante : tout dépendra de celle de mon départ de Paris.

 

- donc flânerie dominicale : je suis preneur de suggestions de découvertes des bons produits du terroir, hormis le nectar bien sûr.

 

- lundi matin : Beaujoloise et Biojoloise (c’est touche à touche m’a précisé Isabelle Perraud)  dégustation et pour ceux qui le souhaitent papotage : le Dr que je suis reçoit sans rendez-vous, même debout.

 

- le lundi après-midi, mes amis d’« Expressions d’Origine » me proposent au Château des Jacques, autour d’un buffet, une belle dégustation, discussion avec quelques autres vignerons sur les terroirs et... si nous le souhaitons, et si le soleil est au rendez-vous, visite pour poudrer nos Richelieu du voile du terroir des crus dont les noms sonnent comme autant de promesses.

 

Voilà les amis, c’est simple et de bon goût.

 

Pour les inscriptions : berthomeau@gmail.com

 

Merci et à bientôt je l’espère

 

PS. la référence à Une journée particulière c'est pour le grand film d'Ettore Scola avec la superbe Sophia Loren et le grand Marcello Mastroianni... Un chef d'oeuvre, désolé c'est en VF.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 00:09

 

Le petit monde du vin français bruit, s’ébroue, ricane, tempête parfois, même les plus anciens servants de la cérémonie pestent contre de quasi-délits d’initiés, les Primeurs de Bordeaux sont, selon l’obédience à laquelle on se rattache, le dernier lieu où il faut avoir été vu ou le seul lieu où il ne faut pas poser ses Richelieu bien astiquées. Moi, au risque de surprendre, ça m’étonne et ça m’enchante à la fois, car les défilés des grands couturiers ou les grandes foires d’Art Contemporain, qui sont du même tonneau : tout un petit monde, plein de cercles concentriques, qui s’agite, se congratule, se déteste, fait du buiseness, font les délices des grands médias et des consommateurs devant leur écran plat. Ce n’est que du bruit et, bien sûr, du commerce. Peu importe au grand public ce que les top-modèles faméliques portent sur leurs fesses fermes ou ce qu’un Jeff Koons expose à la FIAC ou à la Grande Foire de Bâle, jamais au grand jamais la mémère ou la bimbo se mettra ce bout de tissu sur son popotin, elles se contenteront d’acheter le dernier parfum ou un sac fabriqué en Chine siglé du grand couturier. Le masculin vaut aussi. Quand aux œuvres d’Art Contemporain il faut avoir le poids d’un Pinault ou d’un Arnault pour s’y frotter et les badauds de la FIAC eux se contenteront d’ersatz au prix fort (pour eux bien sûr).  

 

J’ai déjà commis quelques chroniques sur ce beau sujet :

- Haute couture, haute cuisine, haute vitiviniculture... sommes-nous en train de péter plus haut que notre cul? link 

- Post-scriptum à ma chronique de samedi : pour être respecté et admis parmi l’élite il faut avoir, et aimer avoir, des vins dans sa chambre forte link 

 

Cette antériorité critique me permet d’assumer les 2 jours que je vais passer aux Primeurs de Bordeaux. Pour moi, qui ne suis qu’un petit chroniqueur observateur, j’estime qu’un « correspondant de guerre » doit être sur le théâtre des opérations. Bien sûr je comprends certains anciens baroudeurs, qui n’aimaient rien tant que le privilège d’être reçu dans les châteaux, beaux discours, belle vaisselle, bonne chère et grands vins, le bonheur de se sentir happy few, s’irriter de se voir traiter maintenant comme les quasi dernières roues du carrosse. Dans le monde impitoyable des affaires, comme le souligne François Mauss, à propos de la place de Bordeaux, ce sont les notes de Parker qui comptent pour ceux qui font le buiseness. Tout le reste n’est que fioritures. Pourquoi s’étonner que si on ne fait pas la cote on n’a plus la cote. C’est ainsi, comme dans l’Art Contemporain où Paris place mondiale a été ravalée au rang de petite banlieue par New-York et les nouvelles places des pays émergents, les prescripteurs ne sont plus les experts mais les marchands au sens large (d’ailleurs les grands experts de nos musées nationaux l’ont fort bien compris, ils sont passés pour certains de l’autre côté de la barrière).

 

Ne voyez, dans mes propos, aucun cynisme mais simple volonté de dire, d’affronter une réalité que certains peuvent juger déplaisante ou contraire à leur éthique. Pour les illustrer, plutôt que de vous livrer à nouveau mes analyses, je vous propose un texte et une piste de réflexion sur ces Nouveaux Riches, en croissance exponentielle, qui jettent leur argent par les fenêtres pour le plus grand bénéfice de ceux qui le ramassent.

 

Le Messi* n’a pas de prix

 

« Les patrons de la Bank of China me reçoivent au sommet du gratte-ciel qui leur sert de siège mondial, la tour IM Pei. Nous sommes huit traders à attendre dans le salon adjacent à la salle de réunion. Huit concurrents, chacun à la tête des départements quantitative trading des grandes banques occidentales : des armées de matheux à la recherche de l’équation parfaite, celle qui permet de prendre des positions gagnantes au rythme de la nanoseconde. D’habitude, nos clients nous traitent comme des prix Nobel. Pour la première fois de ma vie, j’ai le sentiment d’être une poule de luxe guettant le client libidineux. J’attends mon tour. Ma passe.

Les Chinois nous font défiler avec chacun quinze minutes chrono pour les convaincre. Ils sont sept alignés derrière une table. Ils portent le même costume noir. Je lance ma présentation Power Point : une succession de diagrammes et d’équations stochastiques.

- Do you have questions ? dis-je, après le dernier slide.

Après un silence, l’un d’eux, siégeant au milieu de la rangée, opine du chef.

- How much ? dit-il.

Je tends le projet de Tern Sheet préparé par la banque et détaillant les modalités de l’augmentation de capital.

- No, no. How much for you, working for us ? demande-t-il en pointant un doigt vers moi.

Il aligne des chiffre sur sa carte de visite puis me la tend comme une offrande, des deux mains:

- Réfléchissez vite, Monsieur. Nous aimons travailler efficacement.

Et il me désigne la porte. Je sors en tenant de compter le nombre de zéros inscrits sous son nom pour me débaucher. »

 

Comment j’ai liquidé le siècle Flore Vasseur éditions des équateurs

 

* Lionel Messi joueur argentin du Barça, ballon d’or, joueur de football le mieux payé du monde ( le sportif le mieux payé étant Tiger Wood le golfeur noir américain)

 

Quelques pistes de réflexions :

 

Stephen Bertman désigne par les expressions « nowist culture » et « hurried culture » la façon, en français « culture du maintenant » et « culture de l’instant », dont nous vivons dans notre type de société où le consumérisme devient liquide, fluide, où le consommateur se transforme lui-même en marchandise, se dissous dans l’océan de marchandises. Dans la monotonie du gris, dans le flux de l’argent l’activité de consommation incessante est perçue comme le seul moyen de s’élever au-dessus de m’invisibilité et de l’insignifiance.

 

« Certes dans la vie « nowist » des citoyens de l’époque consumériste, les raisons de s’activer tiennent en partie à l’envie d’acquérir et de collecter. Mais le besoin le plus urgent, celui qui rend la précipitation impérative, est néanmoins la nécessité de jeter et remplacer. Quiconque s’encombre de lourds bagages, et en particulier de ceux que l’on hésite à abandonner pour des raisons d’attachement sentimental ou à cause d’un serment de fidélité prononcé imprudemment, n’a pour ainsi dire aucune chance de réussir. »

 

« Le premier album de Corinne Bailey Rae – chanteuse de 27 ans, originaire de Leeds et signée par EMI – est devenu disque de platine en à peine quatre mois. C’est un cas rarissime : accéder ainsi au vedettariat après un bref passage au sein d’un groupe de rock indépendant, et u poste de préposée au vestiaire dans un Soul Club. Une probabilité guère plus grande, si ce n’est encore moindre, que celle de remporter la cagnotte du loto (notons au passage que des millions de tickets de loto sont vendus chaque semaine). « Ma mère est institutrice, déclara Corinne dans une interview, et quand elle demande à ses élèves ce qu’ils veulent faire plus tard, ils répondent « être célèbre ». Alors elle leur demande pourquoi, et ils lui disent : « Je ne sais pas, pour être célèbre, c’est tout. »

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 00:09

Chokolo-4562.JPG

Amis du vin bonjour, soyez sans crainte ce matin je vais chroniquer sur le vin et non sur le triste destin d'un petit rat de l'Opéra de Bordeaux – le Grand théâtre je sais - contraint de louer ses petits pieds en Repetto pour survivre dans notre monde cruel. Non je vais vous conter « la forte sensation » faite auprès de leurs amis d'un couple de Parisiens « Camille et Frédéric » lorsqu'ils leur servent « un vin qui provient tout droit... de leurs vignes bourguignonnes » Là je vous sens déjà un peu irrités : « des propriétaires de vignes qui habitent les beaux quartiers de PARIS ce n'est pas une nouveauté » me direz-vous. Certes le VIIe est riche en bailleurs mais dans le cas d'espèce nos parisiens, qui se la pètent un peu, vivent « une aventure œnologique » (sic) en « achetant une récolte sur pied en suivant chaque étape jusqu'à la mise en bouteille » Là vous esclaffez ! Attendez ce n'est pas terminé les railleurs ces « privilégiés » vont recevoir :

– un titre de propriété (normal ils ont acheté un chouïa de récolte sur pied)

– un « échantillon de votre terre » (le votre me semble un peu osé)

– un pied de vigne (je suppose qu'il vient tout droit de chez un pépiniériste)

 

De plus ils seront « conviés à tous les rendez-vous importants : taille, vendange, travail du chai » et ils auront « le plaisir de recevoir à domicile des bouteilles » à leur nom. Le journaliste de Capital.fr parle que ces braves gens s'adonnent « à la viticulture par procuration » Grand bien leur fasse, après tout c'est leur argent et moi ça ne me fait ni chaud ni froid. Ces néo-vignerons aux mains blanches sont à peu près 10 000 indique-t-il. Clients de www.mesvignes.com  ou de www.gourmetodyssey.fr  Quant à écrire qu'ils font « fructifier leurs rêves » il y a un pas que je ne franchirai pas. Ce qui m'intéresse dans ce service de soupe à la louche, si caractéristique de Capital, c'est la cote du pied de vignes en fonction de son implantation dans nos belles appellations que le monde entier nous envie. En effet, le prix est libellé en euros le pied (je n'ai pas écrit haut-le-pied). Certains font des prix de gros : si vous prenez 36 pieds que si vous vous contentez de 24 (est-ce normal car lorsqu'on prend son pied, la quantité prévaut-elle sur la qualité ? Je plaisante bien sûr) Bref, sur les 6 propriétés présentées j'ai établi une moyenne qui fait très prix de marchand de chaussures (normal, non) et j'ai pu ainsi les classer.

 

N°1 : Château Marquis de Terme Margaux : 99,16€ le pied www.chateaumarquisdeterme.com  c'est 1785€ pour 18 pieds comprenant dans le pack 3 stages (découverte, vendange, œnologie) avec le régisseur du Château ;

 

N°2 : Château Fougasse Bordeaux : 18,90€ le pied www.locationfougas.com  AB à partir de 630€ pour 25 pieds de cuvée Maldoror et 50 pieds de la cuvée Prestige.

 

N°3 : Domaine de la Queyssie Bergerac www.laqueyssie.com  : 17,43 le pied, à partir de 139 euros les 6 pieds et 280 euros les 24 pieds.

 

N°4 : Domaine Sylvie Spielmann Alsace www.sylviespielmann.com : 15,99€ euros le pied, à partir de 403€ les 24 pieds et 547€ les 36 pieds. Mais vous n'aurez pas un seul sabot du cheval qui laboure les vignes.

 

N°5 : Domaine Chapelle Santenay AB domainechapelle.com : 15,66€ le pied ; à partir de 303 euros les 18 pieds, 519 euros les 36 pieds.

 

N°6 : Domaine du Clos Roussely Touraine www.domaineduclos-roussely.fr  : 13,30€ le pied ; 307€ pour 24 pieds et 403€ pour 36 pieds.

 

Lisez-moi bien et entendez-moi bien, je sais combien il est difficile de vendre son vin et je ne jette nullement la première pierre à ce mode de commercialisation qui, après tout, en vaut un autre. Il a l'avantage de faire préfinancer quelques bouteilles par le consommateur (mesvignes.com indique que le paiement peut se faire en 3 fois mais n'étant pas client je ne sais à quelles conditions) et réponds à l'air du temps : nous vivons de plus en plus par procuration faute de pouvoir vivre vraiment des expériences fortes. Nous sommes si loin de la réalité du produit : nos enfants ont du mal à faire la relation entre son steak haché et la belle vache qu'il a vu au Salon de l'Agriculture, que nous nous raccrochons à des ersatz et j'ai personnellement du mal à croire, comme il est écrit sur le Site de Mesvignes.com que « Le vin que vous aurez dégusté ou élaboré auprès du vigneron aura un goût unique, le goût des moments partagés avec lui et avec les amateurs que vous aurez rencontrés chez lui. Et si vous choisissez de suivre l'élaboration d'une cuvée, vous obtiendrez en fin de parcours des bouteilles personnalisées. Bref, un vin pas comme les autres ! » Sans doute est-ce les séquelles de mon élevage vendéen. Pour moi le faire n'a rien à voir avec le faire faire et lorsque l'on donne la main chez moi ça voulait dire qu'on s'entraidait. Ça ne me choque ni me chagrine ça m'est étranger c'est tout. J'ai un sens de la propriété sous-développé et, même si j'avais des vignes et que je faisais du vin, j'aurais du mal à dire mon vin comme je crois n'avoir jamais dit ma femme. Je m'en tiens là et je ne vais faire tout un fromage pour quelques boutanches car si je fais le compte, en étant large, 30 bouteillesx10 000 acheteurs = 225 000 litres soit 2250 hectolitres pas de quoi assécher le marché.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 00:09

« Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: www.berthomeau.com » ainsi, hormis les commentaires, je reçois dans ma boîte à malices des messages tel que celui d’une autre Sophie,

 

« Faire part

Sophie

Bonjour,

J'aime beaucoup votre blog. Je vous invite à découvrir celui que je viens de créer : www.cheeeers.wordpress.com

Accepteriez-vous un échange de liens ?

Bien cordialement,

Sophie »

 

Moi, vous me connaissez, quand je reçois un message, très pro de chez pro, je clique et 9 sur 10 je tombe sur un site de marchand de zizigougous ou sur un gars ou une fille qui me prenne au mieux pour un couillon, au pire pour le corbeau de la flamme. Là, surprise, le texte est simple et de bon goût. Je vous le livre.  

 

« Si vous recherchez un endroit de rêve, hors du temps, pour passer quelques jours « off »… destination San Donatino, en Toscane, entre Florence et Sienne. C’est là, à environ 1 km du village de Castellina in Chianti et pas loin de San Gimignano, que vous trouverez l’agriturismo campolungo, au coeur même du Chianti Classico.

 

Vous entrez alors à San Donatino Di Sotto, sur les terres de  Léo Ferré et de sa famille. Là, tout n’est que beauté, calme, sérénité. Le domaine est composé de vignes et d’oliviers, d’une magnifique villa (où vous pouvez louer une chambre et profiter de la piscine) dominant la vallée de l’Elsa, de la maison principale et de la cave.

 

Vous êtes en général accueilli par Maria Cristina Diaz, la femme du chanteur-poète, dans un français presque parfait (si vous ne parlez pas l’italien) ou l’un de ses enfants. C’est sur la terrasse, autour d’une grande table, que vous dégustez, sur des tartines, l’huile d’olive du Domaine, et appréciez ses vins. Parmi nos coups de foudre, la cuvée San Donatino « Poggio Aï Mori », un excellent Chianti Classico reconnaissable à son étiquette ornée d’une chouette dessinée par… Pablo Picasso.

 

Buon viaggio ! »

 

Pour la fiche d’identité de la cuvée San Donatino « Poggio Aï Mori », si ça vous intéresse allez donc sur  www.cheeeers.wordpress.com la consulter. Pour ma part, comme c’est aujourd’hui le jour du Seigneur et que je ne devrais pas travailler de mes mains je vais me contenter de vous offrir 3 Vidéos de Léo Ferré.

 

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