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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 09:45

Le suspens fut tellement insoutenable que je viens de m’apercevoir qu’aucun d’entre vous n’a songé à me réclamer les résultats de l’élection de MISS Couverture de Cuisine&Vins de France. link Et pourtant 24 valeureux votants se sont exprimés pour cette élection.

Je les en remercie.

 

Les Résultats :

Votants : 24

Exprimés : 23

Blanc : 1 (Gus)

Abstention : 1 (Léon)

 

La photo n°1 : 6 voix

La photo n°2 : 5 voix

La photo n°3 : 11 voix élue 

 

img258 

Le gagnant (le premier à avoir voté pour la photo n°3) est Michel PASTIS qui se verra remettre en mains propres dans le trou du cul du monde une belle bouteille de ma cave. Félicitations à l’heureux et fidèle lecteur.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:09

arton15790-28e81.jpgQue Michel Rocard en énerve plus d’un, je le conçois. Sa dernière interview dans Paris-Match témoigne, qu’à 80 ans passé, « Le plus prolixe des vétérans de la politique française, consulté par l’Elysée, chargé de mission aux antipodes, auteur compulsif de livres ou de préfaces, ancien scout toujours prêt à dégainer, dans sa prose inimitable — mi-ampoulée mi-bonhomme –, des propos cruellement lucides sur la crise ou l’«imbécillité» de son propre Parti socialiste» irrite. « L’ex-parangon du parler vrai s’est mué en imprécateur patenté, invétéré poil à gratter de son parti... »

 

Le bonhomme est ainsi, toujours en mouvement, toujours flanqué d’une énorme vache pleine de dossiers, autrefois environné du nuage bleu de sa Gitanes, capable, comme le note le journaliste de Paris-Match, de pondre « une tirade de quatre pages et demie, avec remontée à Philippe le Bel, pour expliquer le trop-plein d’Etat dans la France du XXIe siècle ! » dans le livre d’entretiens avec Alain Juppé mené par le chroniqueur de France Inter Bernard Guetta, et publié sous le titre impossible de « La politique, telle qu’elle meurt de ne pas être », théoricien en diable lui qui « n’a jamais trop aimé Marx » mais  « cite en revanche à tout bout de champ John Maynard Keynes » pourfend le capitalisme financier. Au 78 rue Varenne, il impressionnait même ses détracteurs par sa capacité d’écoute – prise de notes impeccables avec son Ball Pentel – et surtout par la maîtrise de ses réponses quel que soit le sujet. Avoir été conseiller technique dans son cabinet, chargé de la viticulture et des fruits et légumes, est une fierté pour moi.  (Lire la chronique C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne  link) Michel Rocard nous le rend bien puisqu’il déclarait «  il y avait aussi des spécialistes du monde agricole, et j’ai eu une chance de plus, celle d’avoir effectivement un cabinet fabuleux. Il y a des hasards de carrière partout. J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ici Bernard Vial, Bernard Candiard, Jean Nestor, Jacques Berthomeau et François Gouesse, parmi d’autres

 

Oui chers lecteurs il est des compliments qui vous vont droit au cœur sans forcément vous faire enfler la tête. Pour autant je ne suis, je ne l’ai jamais été – d’ailleurs ce n’était pas le genre de la maison – rocardolâtre, me contentant de partager avec lui une certaine vision du monde et surtout une manière d’être en politique. Je me suis engagé à ses côtés. Les Français, du moins dans un premier temps les hiérarques du PS, lui ont préféré « un prince venu de la droite », qui « n’avait pas le début du commencement des moyens de comprendre comment réformer des choses lourdes »… Des regrets, pas le moindre, c’est la vie, reste l’amitié et une admiration critique pour ce drôle de petit bonhomme avec qui j’ai partagé le pain et le sel, et du liquide qui va avec, les soirs de négociations à Bruxelles dans les petits restaurants qui entourent Bairlaymont. Je préfère ceux qui irritent à ceux qui nous anesthésient ou nous gavent de promesses. Les Français révèrent, après leur disparition, les hommes de conviction : PMF qui n’a gouverné que quelques mois en est le symbole.

 

Mais alors, me direz-vous, pourquoi cet accès de rocardisme en début de semaine ? L’écoute samedi matin de la revue de presse d’Ivan Levaï sur France-Inter citant l’interview de Michel à Paris-Match link  où, dans sa manière un peu claironnante « Il appelle aujourd’hui à l’instauration d’une société du « non-marchand » : « Il faut chanter, lire, jouer de la musique… Notre époque a perdu le sens de la fête. » Google m’a mis sous le nez l’interview et j’ai décidé de vous offrir ce passage à vous, gens du vin, parce qu’il nous va bien.

 

«Dans cinquante ans, la France sera le seul pays debout en Europe»

 

« Mais le père de la deuxième gauche balaie la question : « Sans aucune pertinence moins de six mois avant une élection ! Et cessez cette tentative de déstabilisation qui consiste à demander sans arrêt à Strauss-Kahn s’il va y aller ! La capacité de la France à s’en sortir dépend d’abord de celle qu’aura le FMI de contrer les envies suicidaires de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne de mettre de la récession chez eux. Leur excès de rigueur budgétaire risque de casser la croissance. » Et de pourfendre notre « peuple de râleurs », persuadé de son déclin depuis l’humiliation de juin 1940, alors qu’il détient la plus forte productivité horaire du monde, que « dans trois siècles il n’y aura plus d’Allemands » – pour cause de « suicide démographique », diantre –, et que « dans cinquante ans la France sera en Europe le seul pays debout ».

 

Debout, il l’est. Toujours à tempêter pour persuader ses concitoyens de se résoudre à une retraite effective à 66 ou 67 ans. « Comment ne peuvent-ils pas comprendre que travail et non-travail marchent ensemble ? L’allongement de la durée de vie nous condamne à travailler plus longtemps – on gagne un trimestre de plus chaque année – mais, en contrepartie, il faut réduire la durée hebdomadaire. » Et de citer encore une fois parole d’évangile, John Maynard Keynes : « Avant la fin du siècle, disait-il au début du XXe, il suffira de trois heures par jour ou quinze par semaine pour subvenir aux besoins de l’humanité. » Ce post-retraité paradoxal, suractif à 80 ans passés, réclame avec Paul Lafargue le « droit à la paresse ». Serait-il un flemmard contrarié ? « Même au plus chaud de mon action, j’ai toujours trouvé quinze jours pour naviguer l’été ou me livrer aux joies du planeur. » Il appelle aujourd’hui à l’instauration d’une société du « non-marchand » : « Il faut chanter, lire, jouer de la musique… Notre époque a perdu le sens de la fête. »

 

A la mairie du IIIe, le sentencieux Premier ministre a interloqué son auditoire en demandant « une minute de silence pour que chacun se remémore l’un des cinq plus beaux moments de sa vie »… « Vous voyez, triomphait-il, vous n’avez pensé que fiançailles, amour ou voyage… Pas une seconde à l’argent ! » Hédoniste, le Zébulon de la République ? « C’est juste le bonheur d’être vivant. »

 

À la tienne Michel ! Je lève mon verre à ta santé et à ta vitalité !

img-0716.jpg 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 00:09

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« Un temps viendra comme dit l’autre où les chiens auront besoin de leur queue et tous les publics des chansons de Boris Vian »

Georges Brassens

 

« J’ai vu un grand garçon timide, réservé, un peu froid et, ce qui m‘a frappé, c’est qu’il était très pâle, nous avons parlé  musique, du métier, de la société... Très vite une complicité s’est établie.

Boris Vian était un homme charmant, blagueur, potache, il riait beaucoup, nous avions des fous rires pour tout et rien. Il était généreux, chaleureux, humain. Je me souviens d’un jour où j’avais quelques problèmes, j’étais un peu en déprime ; il est venu chez moi – j’habitais près de chez lui – il m’a tiré du lit, m’a emmené chez lui et m’a dit : »Tu restes-là ! et maintenant on travaille. »

Il pouvait être caustique mais jamais méchant, il avait des avis bien arrêtés  sur les individus. Quand nous allions à un rendez-vous, si cela ne se passait pas bien, il ne faisait pas de commentaires, il avait simplement l’habitude de dire : »Il y a les cons et les autres ». Ça m’est resté, je le dis toujours.

C’était un homme secret, à multiples facettes. Quand il travaillait avec quelqu’un, il ne parlait pas d’autre chose que de travail ; jamais il ne parlait de lui, ou de sa vie, il ne se plaignait jamais. »

Jimmy Walter le compositeur des musiques de Vian

 

Le souvenir du film « J’irai cracher sur vos tombes » au Katorza à Nantes juste avant mai 1968. Paul Guers, Antonella Lualdi...

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 00:09

J'invite Bernard à ne pas lire ce texte.

Comme je ne suis qu’un mécréant, que mes doigts se couvrent d’ampoules à force de taper sur mon clavier, que ma vue baisse face à la neige de mon écran, que seul mon cœur garde de belles et vives pulsions, ce matin, comme trop souvent diront certains, je me laisse aller à décoconner. En un mot comme en 100 j’ai senti sourdre cette sève ardente à la lecture du supplément du N°100 d’une revue vinifiée par des amateurs : LeRouge&leBlanc. « Rien n’a changé Et pourtant tout a changé » constatent-ils, une façon élégante de dire que l’esprit est toujours au cœur de leur projet éditorial mais qu’avec presque trente de plus, la sérénité aidant, la focale est plus large, la porte est un peu plus ouverte « à nous donc de placer notre vision critique sur la bonne focale, autrement dit de ne pas nous laisser enfermer par exemple dans le pseudo-militantisme bio ou biodynamique, mais de faire partager à nos lecteurs l’idée que le vin que nous défendons est un projet global... » Longue vie au trentenaire, comme nous vivons de plus en plus vieux, LeRouge&leBlanc sera sans aucun doute un beau centenaire.

L1000862.JPGLes MOTS donc, ceux du VIN, sous la plume des rédacteurs de la revue ou celle des autres, voilà un beau projet : pour un ignare total comme moi c’est faire œuvre utile. En effet, la gourmandise, l’austérité, la finesse, la minéralité, la sapidité, l’émotion, l’énergie... et bien d’autres mots, tel la tension, ne parlent guère à ceux qui ne sont pas du cénacle. J’en suis et parfois l’aridité de certains propos me fait décrocher car je ne souhaite pas encombrer mes vieux neurones de mots qui n’évoquent rien pour moi. C’est de la stricte hygiène mentale et les pontifes du vin, que ne sont pas les amateurs du Rouge&Blanc, enfermés dans leur sabir, n’effleureront jamais, la merveilleuse alchimie de l’émotion esthétique. Le vin, quel qu’il fut, n’est que du vin, lui accoler des mots boursouflés, ne le hissera jamais au réel statut d’œuvre d’art. Moi je préfère la main de l’artisan, celle qui jour après jour, avec la ténacité et l’intelligence des gens de peu, fait.

 

Mais alors me direz-vous que vient faire Sartre dans cette galère ? Les Mots mon cher, son récit autobiographique qu’il publia dans Les Temps modernes en octobre et novembre 1963 et en volume chez Gallimard en 1964.  Conçu comme un « adieu à la littérature »  le livre rencontra un succès immédiat et contribua à l'attribution du Prix Nobel en octobre 1964, que Sartre refusa. Jean-Paul Sartre traversait un temps de sa vie ponctué d’évènements tragiques : l’accident de Camus, la disparition de Merleau-Ponty qui l’incitèrent à revisiter son enfance et à s’interroger : « que peut la littérature ? » Alors que les souvenirs d’enfance riment souvent avec complaisance, Sartre lui, au contraire, s’y livre avec un esprit critique acéré et beaucoup d’ironie. Nul attendrissement autour de cette époque de la vie : « J'étais un enfant, ce monstre [que les adultes] fabriquent avec leurs regrets. »

 

Reste notre DALIDA : « Des mots, encore des mots, toujours des mots, les même mots, rien que des mots, des mots faciles, des mots magiques, des mots fragiles, des mots tactiques qui sonnent faux... » Paroles, paroles... (voir en fin de chronique)

 

La transition avec mon chemin de traverse c’est Jean-Marc Gatteron qui me la donne en écrivant « le rédacteur devient en quelque sorte guetteur de mots tandis que le lecteur se cantonne – dans un premier temps – au rôle de goûteur de mots. » La suite est aussi de lui.

 

De l’art de trouver les mots

 

« Exprimer ses impressions gustatives, les imprimer, relève parfois du défi. En témoignent les périphrases et les contorsions verbales qui fleurissent ça et là. Les formules ésotériques foisonnent aussi, le recours à la brachylogie n’est pas un cas isolé comme le soulignait Voltaire : « Certains se font obscurs pour paraître plus profonds... ». De même certains commentaires font dans la démesure – l’hybris de la Grèce antique –, mais ils sont rapidement vilipendés car, selon la prédiction d’Hérodote, « Toujours le ciel rabaisse ce qui passe la mesure ».

Mais, peut-être, pour certains vins, faudrait-il avoir le courage ou la folie de laisser un « blanc » en guise de commentaire. On lirait la description du vin dans les blancs (...) ; d’ailleurs ne la lit-on pas entre les lignes ? Car lorsque, devant un vin, l’émotion est palpable, à quoi bon les mots ? Le silence suffit puisque « tout silence n’est fait que de paroles qu’on n’a pas dites ». Marguerite Yourcenar.

 

Reste François Morel, je lui laisserai les derniers mots, même s’il fut un temps où lui ne me les laissait guère. Pour moi, son texte reflète la fort belle évolution de la revue LeRouge&leBlanc, une forme de maturité apaisée et sereine, et, croyez-moi j’en suis bien aise. À noter sur le versant du dernier mot je suis un chieur patenté car je veux toujours convaincre, alors paroles, paroles...

 

Des vins libres et vivants

 

« Qu’est-ce parler d’Amour sans point faire l’amour,

Sinon voir le Soleil sans aimer sa lumière ?

Ronsard, Sonnets pour Hélène XVIII

 

Bien sûr, et avant tout, lorsque nous parlons vin, nous parlons de plaisir, avec ce que cela suppose de buvabilité et de digestibilité. Dans le même mouvement, nous ne pouvons pas ignorer ce qui peut restreindre ou annuler ce plaisir : il paraît impossible de séparer le plaisir du vin de la réflexion critique sur sa production. Parce que plaisir rime, pour les papilles et pour l’esprit, avec une certaine idée de liberté er de naturel, à l’opposé de l’idée de contrainte et d’artifice.

Souvent réunis sous l’étiquette « nature », les vins proches d’une telle idée de plaisir sont tout aussi souvent accusés de ne se définir que par un concept flou, et même de n’avoir aucune définition légale, ce qui est vrai. Sur quoi reposent-ils ? Pas de produits chimiques dans les vignes ? Bien sûr. Des vendanges manuelles ? Sans aucun doute. Pas de levures exogènes ? Evidemment. Pas de chaptalisation ni d’acidification ? Bien entendu. Pas d’intrants œnologiques, notamment pas de soufre en vinification ? Certes, en tout cas le moins possible. Alors ? Le « naturel », en l’occurrence, on le voit bien, n’a de signification qu’en regard des pratiques habituelles qui corrigent, compensent ou pallient les équilibres défectueux de la vigne et du raisin. Face aux techniques et adjuvants destinés à contraindre le vin à suivre une voie imposée, nous préfèrerons ici parler de vin « libre », c’est-à-dire sans autres impératifs que ceux du sol, de la topographie, du cépage et du climat, ou « vivant », c’est-à-dire sans traitements assassins. Il ne s’agit donc pas, pour les vignerons de vins dits « naturels », de développer une théorie générale de la Nature, mais plutôt de revendiquer plus simplement une certaine idée du rapport de l’homme – de l’agriculteur en l’occurrence – à la nature. Et, concomitamment, de respecter l’intégrité du corps et de l’esprit du buveur !

Bien entendu, notre approche suppose des vins que l’on peut boire et que nous buvons réellement, et pas simplement des objets de dégustation – aussi beaux soient-ils, tels Château Ausone, la Romanée-Conti ou l’amarone della Valpolicella de Quintarelli – réservés à des circonstances exceptionnelles, et la plupart du temps inaccessibles en raison de leur prix. »

 

Je dois vous avouer que ce texte m’interroge car si le buveur parfait, éthique, moine civil, croisait, au hasard de ses pas un flacon anonyme, donc sans signe extérieur d’identité, qu’il l’ouvrirait, l’apprécierait, prendrait avec lui beaucoup de plaisir, pour découvrir par la suite que ce vin tirait ses origines de pratiques, disons peu respectueuses de notre terre, est-ce que le plaisir pris en serait minoré ? Refoulé ! Caché ! Le plaisir n’est pas toujours pur, il peut plonger ses racines en des territoires secrets, innommés, alors autant je partage la démarche vers des femmes et des hommes soucieux de l’avenir de leur terre, de la Terre, autant je reste dubitatif sur le couple plaisir-éthique. Mettre ses actes en phase avec ses choix me va mais quand à tracer une ligne de démarcation rigide c’est faire fi de notre nature profonde, de nos faiblesses. Moi j’avoue que je prends du plaisir sans toujours me poser des questions existentielles mais comme je ne suis pas un amateur crédible mais rien qu’un buveur fantasque mes mots ne pèsent pas lourds...

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 00:09

Chapeau-BadenSur les 5 du Vin, dont je suis le co-créateur avec 4 autres Tontons Flingueurs, le sieur Lalau : HL à ne pas confondre, en dépit de la photo ci-dessus, avec col blanc dit BHL, face à une chronique, très perfide Albion sur notre terroir chéri, de David Cobbold à qui j’ai loué ma case du lundi a écrit «  L'avantage de partager ce blog avec deux Anglais, qui plus est pas trop bêtes, c'est qu'ils nous font réfléchir.

L'Anglais pas trop bête a de ces fulgurances... Bien sûr, il ne pense pas comme nous: parfois, ça agace, mais souvent, ça stimule. Ca nous évite en tout cas de tourner en rond dans les culs de sacs de la pensée que sont  nos sentiers battus et autres lieux communs (j'ai une promo sur les métaphores, ma p'tite dame; et avec ça, vous prendrez bien aut' chose?).

Suivait une chronique d’un très bon tonneau, pas de Bordeaux bien sûr, mais plutôt du terroir des Caillottes à Sancerre.

J’oubliais le titre, 100% Duras – pas l’AOC mes cocos, la Marguerite – Terroir, forcément Terroir

Bref, je me suis dit dans ma tête de petit chroniqueur branché sur 100 000 volts (les ampoules toujours) : « C’est le moment de tendre ton micro au Lalau sans que le Léon ne réponde en écho : Haili Hailo... pour faire barrage au terroirisme...»

 

 

État des lieux lapidaire réalisé par un petit rapporteur peu fiable

 

1-     Tous les vins proviennent d’un terroir (Annexe 1)

2-    « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus les trottoirs de Manille de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher » (Annexe 2)

3-    Jusqu’ici on se contentait de constater que l’andouillette à la ficelle, dont la ficelle est bien sûr consubstantielle à ce type d’andouillette, était bien pourvue d’une ficelle pour être dotée de la dénomination d’andouillette à la ficelle. (Annexe 3)

 

Face à la montée du terroirisme demande de protection rapprochée auprès du sieur Hervé Lalau dit HL(ne pas confondre avec BHL)

 

Bref, Hervé Lalau, face à la montée du terroirisme, vous qui aimez la castagne, je vous pose mes 3 Célèbres Questions :

 

Question 1 : C’est quoi le Terroir ?

Question 2 : Le Terroir c’est quoi ?

Question 3 : Pourquoi le Terroir ?  

Lalau-Herve-Bordeaux.jpg

Question 1 de J.B :

C’est quoi le Terroir ?

 

Réponse de H.L :

Reprenons, cher ami, si vous le voulez bien, les textes fondateurs. En l’occurrence, la déclaration des droits de l’homme et du terroir, alias Résolution OIV/Viti 333/2010 :

« Le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace. »

Constatons avec soulagement l’OIV ne limite le terroir ni dans le temps, ni dans l’espace. Le terroir a donc quelque chose d’immuable, d’intemporel, osons le mot, d’éternel ;  et il peut s’appliquer aussi bien à une parcelle, à un climat, à un cru, classé ou non, une pente, une exposition, qu’au département de la Gironde dans son ensemble, moins les lacs et la forêt et les décharges publiques bien sûr, sauf classement contraire.

Comme les ailes des chasseurs embarqués, le terroir est donc à géométrie variable, ce qui lui confère une grande souplesse d’utilisation. Seuls peuvent véritablement le borner

1° les terroirs adjacents, déjà revendiqués,

2° les scrupules des vignerons, qui, quand même, doivent parfois savoir jusqu’où ne pas aller trop loin.

 

Question 2 de JB :

Le Terroir c’est quoi ?

 

Réponse de H.L :

C’est très beau. Je répugne à mettre d’emblée des étiquettes sur un concept qui est d’abord d’ordre esthétique.

Mais si vous me poussez dans mes derniers retranchements, je vous dirais que le terroir est d’abord plus belle conquête du communicateur viticole.

Quand c’est un sol, comme les Caillottes de Sancerre ou les galets des Costières, ça peut se toucher, se prendre en main, se sucer, si vous me passez l’expression. C’est physique.

Mais quand le génie français s’en mêle, quand le terroir s’extrapole, quand il est bien pris en main, il enfle pour atteindre la taille d’une commune, d’une appellation, d’une région, le mot abritant alors tous types de sols et de mésoclimats, tous types de vignerons aussi, les bons comme les autres, on touche au sublime – au sens gazeux du terme. La physique cède le pas à la métaphysique, le mot dépasse la chose, le terroir s’onanise, le terroir n’onirise.

Il faut quand même carburer au pastaga dès le chant du coq pour admettre, par exemple, que le Fitou, cette brave appellation séparée en deux entités distinctes, peut constituer un seul terroir. Mais cher Maître, laissez moi vous citer à ce propos un autre texte fondateur, le site www.lescheminsdufitou.com   , et son slogan : «Découvrir le Fitou et ses neuf villages. Un terroir, des hommes, des vins».

Et à propos de ce type de terroirisation élargie, qu’il me soit permis d’appeler en renfort notre Maître-soixante à tous, le regretté Pierre Dac : «Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites».

A l’inverse, constatons que quand certaines appellations revendiquent un terroir, certaines  propriétés, elles, s’avouent multi-terroirs. Comme Yquem, par exemple, à qui cette diversité de sols et d’expositions confère toute sa complexité.

 

 

Question 3 de JB :

Pourquoi le Terroir ?

 

Réponse de H.L :

Pourquoi la mer ? Pourquoi la beauté ? Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. Le terroir est aussi insondable que la mer et aussi beau qu’une facture proforma acquittée par un nouveau client de Hong Kong séduit par l’exotisme d’un grand terroir. Comme me chantait mon ami Francis, un vigneron du Sud-Ouest nouvellement admis dans le cénacle de l’AOC : «Moi je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui, l’AOC, le terroir sont gardiens de mes nuits, j’les aime à mourir».

 

Mais vous souhaitez sans doute une réponse plus terre à terre, aussi vous réponds-je (synthétique) : parce que c’est français, Monsieur. Le terroir est une invention française, un mot bien de chez nous, qui ne veut sans doute plus dire grand chose, mais qui est à nous. Au départ, ce n’était qu’une simple altération du mot territoire. Notre génie en a fait une arme de conquête, l’ultima ratio du roi Bacchus : «à nous le terroir, à vous le pinard».

Je vous le dis tout net, Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Amicale des Bons Vivants : il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas. Tout Français digne de ce nom devrait s’opposer avec la plus grande force à l’utilisation de ce concept par le parti de l’Etranger ; un parti qui, non content de menacer nos fils et nos compagnes, tente de s’accaparer nos idées, même les plus éculées. Et je défie tout Etranger de commencer seulement à comprendre la subtilité avec laquelle nous utilisons ce concept. L’Etranger, dans sa vision sordide, voudrait limiter le terroir, il voudrait l’enfermer dans une réalité tangible, le mesurer ; mais là je dis non, Monsieur Berthomeau, et je le dis solennellement. On ne mesure pas la liberté, on n’enferme pas le souffle du vent qui va porter la bonne nouvelle. 

 

Ouvrez, ouvrez la cage aux terroirs… Et ne m’en parlez plus pendant un mois au moins, bande d’escrocs!

 

J’en appelle aux mânes de  Grand Jacques, Brel :

 

Messieurs les Marketeurs, j’ai deux mots à vous rire,

Il y a trop longtemps, que vous me faites frire,

Avec votre terroir trempé à toutes les sauces,

Avec vos AOC aussi larges que l’ Cosmos

Et je vous interdis d’obliger nos journaux, qui ne vous ont rien fait

à recopier bêtement tous vos communiqués

Vos messages consensuels

De millésimes exceptionnels.

 

Une galéjade ça va, mais tous les ans et partout, bonjours les dégâts !

Annexe 1

Vu par monsieur tout le monde, donc moi, la vigne cultivée, c’est l’homme qui l’a implantée dans des lieux géographique précis qu’il a choisi en fonction de tout plein de critères : l’exposition, des qualités agronomiques du sol et de la capacité du cépage à bien y vivre (la notion de souffrance nécessaire de la vigne m’a toujours étonnée) pour y produire des raisins. Donc, une fois implantée la vigne, ses ceps plus précisément plongent, plus ou moins profond, leurs racines dans la terre et lancent leurs tiges à l’assaut du ciel et du soleil. Vive la photosynthèse ! Taillée, sculptée, cultivée, soignée la vigne porte des raisins qui ont donc une origine : ils proviennent d’une parcelle identifiée, cadastrée. Les raisins mûrs seront récoltés, vendangés, pour être pressés afin de produire du moût qui va fermenter pour faire du vin et ce vin aura donc la même origine que celle du raisin. Dit comme ça c’est simple. Pour l’heure, contrairement à certaines cultures hors-sol, la vigne est encore accrochée à la terre, donc tous les vins proviennent d’un terroir.

 

Annexe 2

Oui mais,  en parodiant la chanson de Maxime Leforestier « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus les trottoirs de Manille de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher. Etre né quelque part c'est toujours un hasard... ». Pour sûr qu’il y a une hiérarchie dans les origines ! Mais, alors pourquoi diable ne pas s’en tenir, comme l’a fait le baron Le Roy de Boiseaumarié à Châteauneuf-du-Pape, au simple constat de l’origine du raisin à l’intérieur d’une délimitation faites par des géographes et des juristes ? C’est ça l’identité du raisin, donc du vin, mais si j’ai bien compris en plus de son nom, de son âge, il lui faut aussi décliner sa qualité, je n’ose écrire ses origines, ses quartiers de noblesse ou sa roture ou son appartenance à une quelconque bourgeoisie.

 

 

Annexe 3

En effet, alors que jusqu’ici on se contentait de constater que l’andouillette à la ficelle, dont la ficelle est bien sûr consubstantielle à ce type d’andouillette, était bien pourvue d’une ficelle pour être dotée de la dénomination d’andouillette à la ficelle, je découvre avec un grand intérêt qu’il va falloir, en ce qui concerne certains vins qui viennent de quelque part (les plus nobles), s’ils veulent se voir décerner par la Commission de l’UE leur carte d’identité AOP, prouver l’existence d’un lien au terroir. Franchement, c’est un peu difficile à comprendre pour un esprit simple comme le mien car ce mot ne fait que traduire une réalité bien tangible, visible, constatable ? En cela Cobbold a raison il exprime un lieu comme le fumoir : lieu où l’on fume, le lavoir : lieu où l’on lave, le saloir : lieu où l’on sale... Bref, pour faire dans le style de notre Léon : y-aurait-il des petits malins qui fumeraient dans les cabinets ? En clair y aurait-il des appellations d’origine qui plongeraient leurs racines en des terroirs roturiers ? Ne serait-il pas plus simple de leur demander d’aller planter leurs choux ailleurs plutôt que d’emmerder les autres.

 

 

* en hommage à un célèbre slogan politique inventé par le publiciste auteur du non moins célèbre « Un verre ça va... »

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 00:09

J’ai décidé d’ôter toutes les ampoules de mes lignes pour n’y mettre que des vers, des vers sans pied, bien sûr ! Tout ça pour faire taire les va-nu-pieds, les va-de-la gueule, les va-t-en guerre, les commissaires du peuple, les janissaires aux petits pieds, tous les contempteurs incapables d’entrer de plain-pied dans la haute sphère de mes pensées éclairées.

photoDesnoyer.jpg 

Le gamin était flemmard

Et un tantinet ramenard

Il ne voulait pas être viandard

Mais bosser dans le pinard

Car il adorait le terroir.*

 

Comme il ne s’appelait pas Armand*

Qu’il avait donc un papa et une maman

Le bel enfant allait partout chantant

Rien que pour épater le chaland

Qu’il n’en avait rien à faire d’être tendre et saignant.*

 

Mais sa mère, bonne ménagère

Adulait Hugo Desnoyer le boucher

Tout proche de la rue Daguerre

Qui avait transformé le faux-filet

En veau d’or pour les étoilés.

 

Tu seras boucher mon fils !

Non je serai caviste !

Mais tu ne seras jamais une star

Je m’en fous je veux vendre du terroir

Tu n’atteindras jamais les sommets de la renommée

Mais maman je n’en ai rien à péter d’être une célébrité

Imagine-toi dans la peau du ténébreux Hugo

Vendre ta viande à Laetitia Casta et au beau Yannick Alleno

Non je veux fourguer le vin de Luc Charlier

C’est qui cet illuminé ?

Un enfant de Léon qui fait des petits litrons

Mon fils t’es vraiment trop con.

Non maman je veux faire la Révolution !

Moi qui te voyais déjà boucher des Grands

Je me contenterai maman

D’être rien qu’un petit caviste

Pour la grande armée des terroiristes...

 

Signé : Jacquou le croquant

 

* terroir : dédié à David Cobbold

* Armand en souvenir de Ricet Barrier (visionner ci-dessous)

* tendre et saignant titre de l’opus d’Hugo Desnoyer chez Assouline (voir texte ci-dessous)

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 00:02

Le « Alors heureuse ? » triomphal ou inquiet du mâle assouvi, parfois doublé d'un « alors tu m’as trouvé comment ? », dont le pendant féminin est beaucoup moins fréquent devenu une phrase-culte grâce au talent de Jean-Pierre Marielle dans les « Galettes de Pont-Aven » de Joël Séria en 1975 m'a inspiré le même questionnement en provenance d'un vin bu. Question certes saugrenue puisque par bonheur jamais un vin ne s’est abaissé à me poser cette question, et même les plus putassiers ne se sont jamais risqués à me demander : « alors tu m’as trouvé comment ? » mais, puisqu'il existe de grands amateurs qui savent faire parler le vin, mettre des mots sur le plaisir qu’il leur procure, poser la question :le vin rend-il heureux ? se justifie aisément. Bien évidemment, pour faire plaisir aux aficionados du suivi aval qualité, lorsque j’écris vin je sous-entends, pour faire simple, un bon vin ou estimé tel par celui qui le consomme. Seuls les masochistes peuvent se donner du plaisir en buvant des vins qui fleurent bon la bouze de vache. 

                  © CFDC

Vous allez me dire que la réponse à cette question est évidente : c'est un oui franc et massif. Et pourtant, si je prends la peine de la creuser, un léger doute me saisit. En effet, très souvent, c’est dans les occasions heureuses que s’impose l’ouverture d’une bonne bouteille. Alors, dans ce cas, le vin ne fait que souligner, participer au fait que je sois heureux. Il ne me rend pas heureux puisque je l’étais déjà. Certains vont dire que je ratiocine et que de, toute façon, dans tous les cas de figure le vin, s’il est bon, me donnera du plaisir. J’en conviens et la question « comment tu me trouves ? » pourrait se justifier puisque le plaisir à des degrés.

  

Cependant, comme je suis un peu chiant ce matin, pour aller au bout du bout de ma recherche j’inverse les facteurs  pour poser une question capitale : « lorsque j’ouvre une bouteille parce je suis malheureux ou pas très heureux, est-ce que l’éventuel plaisir que va me procurer le vin me rendra moins malheureux ou même, pourquoi pas, inversera le cours de ma mélancolie, de mon spleen, et me rendra heureux ? » Hormis l’hypothèse où je noierais mon malheur afin de sombrer dans un coma éthylique pour tout oublier, le vin pourra, si je m’en tiens à l’ivresse ouvrir une parenthèse euphorique qui me donnera l’illusion que je suis plus heureux ou un peu moins malheureux.  Que conclure ? Livrez-moi vos sensations personnelles, votre expérience, allongez-vous sur mon divan...

 

Cependant, avant de clore cette introspection, pour certains même votre analyse, reste une dernière piste à explorer celle où, n'étant ni particulièrement heureux, ni particulièrement malheureux, disons dans un état stationnaire, en équilibre, j'ouvre une bouteille. Dans ce cas de neutralité de mes sentiments est-ce que la consommation d’un bon vin va me rendre heureux ? Les hédonistes vont répondre oui, mais est-ce si sûr ? Le plaisir, toujours le plaisir mais, sans gloser sur la fugacité du plaisir, la relation de cause à effet ne me semble pas aller de soi.

 

Bref, si mes conneries ne vous ont pas trop pris la tête, si je me mets dans la peau de votre vin favori et je vous dit : alors heureuse ? Alors heureux ? que me répondez-vous?

 

 

Afin de remercier ceux qui ont eu la patience de me lire jusqu’au bout je leur offre un extrait des Galettes de Pont-Aven. Jean-Pierre Marielle y est grand. Et un bonus pour les fans de JPM.

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 07:00

Bernard Pivot a son nom apposé sur la bibliothèque municipale de Quincié-en-Beaujolais moi je me contente de voir mon prénom apposé sur un beau Château du Beaujolais.

 

PROGRAMME des Réjouissances

 

- ce matin : Beaujoloise et Biojoloise (c’est touche à touche m’a précisé Isabelle Perraud)  dégustation et pour ceux qui le souhaitent papotage : le Dr que je suis reçoit sans rendez-vous, même debout.

 

- cet après-midi, mes amis d’« Expressions d’Origine » nous reçoivent au Château des Jacques, autour d’un buffet accompagné d’une belle dégustation, avec bien sûr discussion avec quelques autres vignerons sur les terroirs et... visite pour poudrer nos Richelieu du voile du terroir des crus dont les noms sonnent comme autant de promesses.

 

Voilà, c’est simple comme un beau Beaujolais. À vous voir, non plus sur mes lignes, mais un verre à la main. Je l’espère à bientôt !

 

beaujoloise 2011 site 2

beaujoloise 2011 site listing

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 00:09

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Giani Esposito c’était une voix bouleversante, des complaintes délicates, des mélopées lancinantes, une tendresse désespérée... l’écouter me donnait le frisson, me serrait la gorge. Une vie brève : mort à 43 ans d’une hépatite virale, c’était un franco-italien né à Etterbeek en Belgique.

 

Luc Bérimont disait de lui : « Giani Esposito campe à l'ultime frontière reculée de la chanson. » un peu comme Giovanni Drogo le héros du Désert des Tartares de Dino Buzzati. Qui se souvient de Giani Esposito ? Moi qui vous propose son seul grand succès les Clowns et ma chanson préféré un noble rossignol

 

Un noble rossignol à l’époque Ming,

A moins que ce ne fût à l’époque Tsing,

Apprenait sur un arbre artificiel

Dans une cage d’or l’hymne officiel

A la liberté, à la liberté.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:09

 

vieuxAmis du vin ne fuyez pas devant le fumet de mes fromages, ma chronique matinale participe à l’esthétique du bien vivre en s’en prenant aux pharisiens et aux marchands du Temple qui peuplent nos villes, monopolisent la parole, s’érigent en penseurs du temps alors qu’ils ne sont que des charlatans relookés. Si vous voulez bien suivre mon esprit d’escalier je vous propose de déguster ma petite charge dédiée à une certaine Michèle Gray parfumeuse de fromages de son état.

 

Entrée

 « On me l’avait dit, j’étais jeune et je ne voulais pas le croire : les villes et les pays ont une odeur. Je trouvais cette idée odieuse car je croyais à l’égalité entre les peuples et n’imaginais pas qu’elle pût (et non pas pue) être battue en brèche par l’odorat. » déclarait Pierre Gentelle. Dans le Métro parisien chaque station a son odeur link. Et bien sûr nous sommes le pays des fromages qui puent (voir le Top 15 des fromages qui puent link )

 

Plat de Résistance :

Elle a osé déclarer, une certaine Michèle Gay, « styliste des saveurs culinaires » (sic) « Un fromage nu reste un ingrédient, un produit de terroir. Un fromage parfumé devient une recette à part entière » L’arrogance et la suffisance de ce type de créateur de pacotille – séminaires et formations olfactives 2000€ les quatre heures –  fouettent bien plus que les fromages qui puent. Oui, oui, cette haute dame créatrice « transforme la planète fromage en parfumerie de haute couture » Rien que ça mes braves, quand les bornes sont dépassées y’a plus de limites, tout est possible au royaume des fashion-victim. Que madame cartonnasse « dans les plus grands restaurants avec ses poudres aromatiques à saupoudrer en fin de reps sur les fromages les plus trapus ou odorants, les Vacherin du Haut Doubs au géranium et à la bergamote, morbier du Jura à la menthe, tomme de Savoie au patchouli et à la coriandre, pithiviers du Loiret au cyprès et à la lavande, reblochon à la sauge et au thym... » grand bien lui fasse mais quand à crier au génie y’a un pas que je ne franchirai pas. Franchement, par bonheur le ridicule n’a jamais tué, mais quand cette frimeuse déclare « Mon travail consiste à imaginer des accords entre fromages et parfum pour les sublimer et les sophistiquer » je me gondole. Que « dans l’aromathèque de la Villa Violet (le « buiseness meeting place » d’Anne Dassac, Paris 7), restaurateurs et parfumeurs viennent ainsi chaque semaine dans la pénombre (pour décupler leurs sens) assister aux cours de cuisine réceptive de Michel Gray » j’adore ! C’est goûteux ! C’est à l’image du temps et moi ça me renvoie à la très célèbre Université de Vincennes (voir texte ci-dessous)

 

Fromages:

Pour les jeunes pousses Paris VIII Vincennes (Bruno Tessarech Vincennes éditions Nil) qui « a eu Mai 68 pour maman, Edgar Faure pour papa et Charles de Gaulle pour parrain » et qui accueillait au fin fond du bois de Vincennes, dans un bordel innommable Deleuze, Lyotard, Chatelet, Rebérioux, Lapassade... » et qui se parfumait à la chaussette et au slip mal lavé, à la clope et autres fumettes, au foutre et à l’encens des Peace and love, produisait du sens. Lorsque madame Gay apprends à ses cobayes payants « à traduire en goût leur perception olfactive » elle occupe leur vacuité, compense leur perte de sens, profite de leur acculturation. Qu’ils fussent surpris de découvrir à quel point leur façon de se parfumer est connectée à leurs goûts alimentaires » doit sans aucun doute les bouleverser, donner du sens à leur vie. Les mêmes trouveront sans doute lors de leurs incursions dans la nature que l’odeur de la bouse de vache est importune et que le parfum de la basse-cour de la ferme laisse à désirer. Madame Gay ne parfume pas les fromages qui puent, elle masque leur odeur naturelle, elle farde la réalité comme le faisait les poudrés de la Cour du Roi de Soleil. Pourquoi pas me direz-vous ? Oui pourquoi pas mais de grâce qu’elle nous épargne ses discours justificateurs à la con. La main de l’artisan fromager vaut mille fois la sienne qui se contente de faire pouêt-pouêt sur un vaporisateur.

 

Dessert :

« Il est tentant de proposer à l’étude des sciences géographiques un sujet sur les odeurs et leur géographie. Cela peut se faire à plusieurs échelles, avec diverses temporalités. Cela peut même se mesurer, en ppm par dm3 par exemple. Pourquoi éviterait-on le sujet ? La géographie de ces dernières décennies nous a appris à juste titre que tout pouvait être objet de géographie. Il suffit de parcourir la liste des sujets de thèse déposés à Nanterre pour s’en convaincre. Je me souviens de cours à l’université de Vincennes, vers 1969-70, où étudiantes et étudiants se humaient doctement et dans la réciproque les aisselles, sur la recommandation de professeurs inventifs, les géographes restant hélas à l’écart de cette quête savante. Qui pourrait oublier le rire gras de Jacques Chirac évoquant à la télévision la dure cohabitation de Français logeant à côté de Maghrébins ? À un degré guère plus scientifique, je me souviens d’avoir passé dix jours complets assis à côté d’un chauffeur de camion dans le désert du Takla-Makan, en Chine occidentale, qui mâchonnait allègrement, par goût autant que pour sa santé - comme les ruminants de chewing-gum - deux à trois têtes d’ail cru chaque jour, dont il attaquait successivement les caïeux sans même songer à éliminer l’indiscret. Ses rots puissants, toutes vitres fermées par les - 10° de février, auraient permis de faire des cartes tridimensionnelles de la réverbération de la pestilence dans un local fermé, qui auraient hélas mieux servi la dynamique des fluides que la géographie générale. » la suite link

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