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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 00:09

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« Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... » ironisait le grinçant Jean Yanne, s’il eut connu Facebook je suis persuadé qu’il nous aurait concocté une pochade sur le grand lac des « amis». C’est simple comme un clic de s’en faire sur le réseau communautaire créé par Mark Zuckerberg. Dans son film, alors que Prévost délire à la radio sur les amis : Blier le big  chef comme Yanne le râleur ponctuent : « c’est de la merde ! » Attention, je ne suis pas en train de cracher dans la soupe puisque je suis moi-même sur Facebook. J’y ai, à l’heure où j’écris cette chronique, 732 amis dont plus de 99% que je n’ai jamais vu, jamais entendu et qui à priori se préoccupent plus de poster que d’engager un réel dialogue avec moi. Ainsi je suis sollicité pour des évènements, pour faire parti d’un groupe de ceci ou de cela, pour partager les goûts de X ou de Y... bref, à de rares exceptions, la canalisation coule toujours dans le sens descendant et ça ne remonte jamais. Certes certains dialoguent en direct mais n’ayant pas de temps à consacrer à ces échanges je n’en mesure ni l’importance ni l’intérêt. Attention je ne dénie pas aux réseaux sociaux leur capacité à créer des liens entre les personnes mais j’y sens plus de communautarisme que de sociabilité et surtout j’y sens la main prégnante du marché.

 

Moi-même si je poste chaque jour mes chroniques sur Facebook c’est pour accéder, entre guillemets, à une nouvelle clientèle. La diffusion sur le Net exige que l’on soit présent partout. J’assume donc cette présence sans aucun complexe mais j’avoue rester parfois perplexe sur le contenu et sur le devenir de certains contenus. Ce n’est qu’une forme de doute, je ne porte pas de jugement péremptoire ni ne qualifie de gamineries l’inventivité de certains. Comme l’aurait dit Mao, grand spécialiste du maniement du peuple, il y a un côté cent fleurs (百花运动/百花運動) – campagne qui visait à redonner une certaine liberté d'expression à la population, tout particulièrement aux intellectuels, pour critiquer le Parti – car le but affiché sur un réseau social est l’échange, la création de liens alors qu’en fait, dans la majorité des cas, c’est un grand théâtre d’ombres où chacun cherche à se faire une place au soleil, sortir du gris de l’anonymat, être connu quoi. Ambition louable j’en conviens mais qui nous vaut des miss France ayant fait HEC et des débiles profonds, style Stevie, qui passent à la Télé. Le web, comme je l’ai écrit récemment, « pousse les murs » de l’espace public tout « en enlevant le plancher » et devient la nouvelle frontière pour monsieur et madame tout le monde. Là encore nulle ironie de ma part mais pur constat du fossé qui se creuse entre ceux, une poignée, qui prennent toute la lumière et ceux, la masse, qui se morfond dans l’ennui de la classe moyenne, dans le désintérêt de jobs peu gratifiants, dans le froid glaciaire du chacun pour soi. Je force sans doute un peu le trait mais moi qui suis dans la dernière ligne droite d’une vie professionnelle qui m’a donné beaucoup de satisfactions – pour autant je ne dis pas que j’ai réussi ma vie – je sens mariner des frustrations, des pourquoi pas moi.

 

Que viens faire le marché dans tout cela ? Pour faire simple je dirais que nos jeunes pousses l’ont totalement intériorisé, il est leur façon de respirer. Nous, les connards de soixante-huitard, qui avons ouvertes grandes les portes de la société de consommation, affichions des idées en béton puisés dans les grandes idéologies, nous voulions refaire le monde et, sans doute, n’avons-nous que refait les peintures de nos salons pour mettre en valeur nos meubles design. L’heure n’est plus à ces balivernes, sauf pour quelques minorités plus jacassantes qu’agissantes, mais au modèle économique de l’instantanéité si bien illustré par les traders qui se goinfraient, et qui continuent de le faire, pour en une petite poignée d’années atteindre le top des nouveaux riches. Bien sûr les réseaux sociaux sont plutôt peuplés de petits caïmans mais des caïmans tout de même. Sur le web l’économie de moyens pour s’y positionner donne à tous de grands espoirs. Trouver le bon truc qui fera le buzz, le tour du monde en 80 secondes, et qui vous propulsera au nirvana de la notoriété. Devenir le Gary Vaynerchuk français du vin ou le nouveau Bob Parker de la Toile... le rêve quoi ! Comme nous sommes dans une phase où les seuls qui s’en foutent plein les poches sont les fabricants de tuyaux (la valeur de Facebook dépasse celle de Yahoo), sur les réseaux sociaux le petit monde se presse en rangs serrés et l’heure est à « embrassons-nous Folleville... ». Tout le monde y attend tout le monde en se gardant bien d’avoir des aspérités, des angles, une ligne. Les provocations sont surtout formelles alors que le fond ne contient guère de matière : les sujets défilent et leurs enterrements se font sans fleurs ni couronnes dans l’indifférence générale.

 

Le marché est sans pitié dans un « Océan Rouge » où l’intensité de la ponction affaiblit chaque jour la ressource. L’essoufflement et l’épuisement viendront sans aucun doute et, à mon sens, ne survivront que ceux qui auront su aller jeter leurs lignes dans le paisible « Océan Bleu » là où, pour l’heure, il ne se passe rien. En n’écrivant cela je ne joue pas les rabat-joies mais je m’essaie à mesurer l’importance d’un phénomène dont je ne saisis sûrement pas toutes les composantes. Réfléchir n’a jamais fait de mal à qui que ce soit et la transmission, même si l’expérience et les apprentissages sont raillés par les jeunes boutures, devrait être au centre des fameux réseaux sociaux plutôt que cette concurrence ripolinée « en tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil... » Le monde est dur et sans pitié, marcher sur la tête de son voisin avec le sourire n’est pas différent de l’écraser avec cynisme. Retrouver le sens du collectif, une culture du bien commun ne nuit en rien à l’épanouissement personnel, à l’esprit d’entreprendre. Alors, comme je crois toujours en la vertu de l’intelligence, j’attends que les « amis» des réseaux sociaux fassent autre chose que de s’empiler comme les briques d’un mur de l’indifférence même si celui-ci est peint aux couleurs des bons sentiments. Sachez que mon espace de liberté est ouvert à tous les talents qui voudraient venir s’y exprimer et y « bénéficier » de ma toute petite parcelle de notoriété...

 

Afin de bien me faire comprendre, et je ne suis pas sûr pour autant d’être bien compris, ces quelques réflexions sur ce que je ressens face à l’observation du comportement de certains sur Facebook, ne vaut pas condamnation. Je n’ai instruit aucun procès et je ne m’érige pas en juge. J’émets simplement le souhait que sur cette nouvelle trame s’instaure entre les « amis » un vrai dialogue qui dépasse le convenu, le simple affichage, la pure ingéniosité, la quête éperdue de soi-même. Sans doute suis-je un Vieux Con mais que voulez-vous je ne me soigne pas et je suis prêt à relever tous les défis d’une vraie convivialité, d’un réel bien-vivre au travers de goûts communs. « Un peu de douceur dans un monde de brutes... » oui mais bien au-delà d’un Bloglouglou bien réducteur, bien fermé... Levons le nez de nos verres pour voir les gens qui sont autour de nous... ça ne peut que faire du bien à tout le monde y compris à l’extension du domaine du vin...  

 



Tout le monde il est beau,Tout le monde il est gentil
envoyé par DinozzoGibbsProd. - Plus de vidéos fun.

 

mardi 4 janvier 2011

Goldman Sachs investit lourd dans Facebook valorisé 50 mds

Facebook a levé 500 millions de dollars auprès de la banque Goldman Sachs et du groupe russe Digital Sky Technologies (DST) dans le cadre d'un accord valorisant le site de réseau social 50 milliards de dollars, selon une source proche du dossier.
Les deux groupes prévoient en outre de lever au moins un milliard de dollars supplémentaires à investir dans Facebook, a dit la source qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.
L'investissement réalisé par Goldman et Digital Sky donne à Facebook une valorisation supérieure à celle de géants plus anciens de l'Internet, tels que Yahoo! et eBay et pose une nouvelle fois la question de l'introduction en Bourse du site de réseau social.
Le cycle d'investissement, dont le New York Times s'était fait l'écho le premier, survient un an et demi environ après un investissement de 200 millions de Digital Sky. Il valorisait alors Facebook 10 milliards de dollars.
Goldman Sachs prévoirait de créer un véhicule d'investissement destiné à l'investissement dans Facebook pour ses gros clients, selon le New York Times.
"Nous avons choisi une stratégie de total et inconditionnelle concentration sur l'Internet comme outil de consommation, et je dirais même l'Internet social", avait indiqué Yuri Milner, le président de DST, le 28 décembre dans une interview au quotidien des affaires russe "Vedomosti".

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Anne-Laurence 06/01/2011 12:53



Oh mince, dommage, on ne peut pas cliquer pour dire "j'aime"! :)



Iris 06/01/2011 10:17



Même si on croit de ne pas seulement avoir repeint les murs de son salon, pour mieux faire ressortir les meubles design de son salon - c'est peut-être une leurre, qu'on se fait - et il y en a,
qui se reveillent cruellement - et 1001 amis n'y changent rien...
donc bien d'accord cher Monsieur Jacques, ce matin avec votre chronique - et pour Jean: Amen!



Clavel 06/01/2011 08:51



FB, TW me semblent être l'écume, la mousse, qui captent l'attention médiatique, et les financements, alors qu'une d'une lourde réalité humaine et mondiale, ou il
faut encore travailler, produire, se défendre, débattre de l'avenir de notre planète, dans l'indifférence de rêveurs croyant faire partie d'une communauté en train de conquerrir l'univers !!!


Internet est un moyen moderne, économique, rapide, de communiquer au plan international, sur des sujets personnels ou collectifs, il ne peut être une nouvelle religion porteuses de valeurs
fondatrices. 



David Cobbold 06/01/2011 07:42



Je suis largement d'accord avec les remarques de Jacques sur Facebook et sa nature. Parlons de nature, n'oublions pas qu'elle a horreur du vide. Plus Facebook brassera large, plus il tendra
vers un reflet de l'ensemble de nos sociétés.



bernard 06/01/2011 07:19



Jacques,     Votre analyse bien que réaliste n'en est pas pour autant exhaustive. Loin s'en faut.


                Depuis que nous sommes sur Fb nous arrivons a communiquer all over the world avec les amis, la famille,
les gens rencontrés au cours de notre vie et, qui ont essemmés aux quatre coins....


 


            L'important, visiblemment est le contenu de nos relations. Le métier de vigneron est bien compliqué de nos jours. Monter une
entreprise en se restructurant continuellement, avec peu de moyen,  si ce n'est un débordemment d'énergie et de passion..... Voilà donc un média qui nous permet de parler de nos aventures,
de notre vie ( professionnelle ), ceci , dans un but certainemment commercial et entiéremment gratuit... Nous  ne nous sentons pas particuliéremment vénaux, bien au contraire.


 


                                      
Commercial mais aussi un échange humain, garder le contact avec les gens du métier. J'y ai rencontré des collégues, retrouvé d'anciennes relation.. Il suffit de selectionner...


 


                                     
Tout n'y ai pas passionnant bien évidemment mais en triant on arrive a y trouver de bon articles, de bonne vidéo, de bon lien...


 


Ceci dit,  il faut etre prudent. Nous avons ainsi une page personnelle ou nous selectionnons les entrées et une page entreprise " domaine de cadables". Allez donc y jeter un oeil.


 


Voyez,  chassez le commercial, il revient au galop. Vous n'avez certainemment pas tort.


 


 


 a bientot.


 


               Bernard                            
  Vigneron potier


 


 


 


 


 


 



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