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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 06:00
Le charme désuet et rassurant des maisons de confiance est-il à jamais disparu ?

Tout fout le camp ma bonne dame, mon brave monsieur, après que les vaches soient devenus folles à force de bouffer des farines animales les raviolis ont été fourrés au minerai de cheval, et voilà que les coccinelles allemandes, voitures cultes des bobos de la Côte Ouest, trichent à plein pot catalytique et que nos salades bodybuildées sont aromatisées au DDT…

 

Et pourtant nous avions confiance, car c’est beau, même très beau, la confiance car elle peut être admirable, aveugle, candide, filiale, fraternelle, ingénue, mutuelle, naïve, profonde, sereine, touchante… absolue, sans bornes, sans limites, sans réserve.

 

Naïfs comme nous sommes nous étions bien incapables d'imaginer que des maisons ayant pignon sur rue, de « belles et anciennes marques » puissent abuser de la nôtre par tromperie, trahison ou incompétence.

 

Eh ! bien si, force est de constater que les maisons de confiance sont à remiser au rang des vieilleries, des colifichets pour gogos, et que leur réputation de sérieux bien établie qui impressionnait favorablement la clientèle n’est plus qu’un lointain souvenir.

 

Cocus nous sommes, trompés certes mais n’avons-nous pas dans ces affaires une part plus ou moins large de responsabilité ?

 

Victimes nous sommes mais aussi parfois des victimes bien consentantes, attirées par les lucioles des slogans publicitaires gobés à la télé, des fanfreluches du marketing, des beaux emballages, des belles bouteilles emplis de 2 sous de matière première.

 

Si les maisons de confiance ont tiré leur rideau de fer c’est que beaucoup d’entre nous les ont désertées leur préférant les grands et hideux temples païens du bord des villes où l’on se rend dans sa voiture diesel qui pue un max pour pousser des caddies que l’on empli jusqu’à la gueule de tout ce que l’on dit avoir besoin.

 

Faut arrêter de chouiner braves gens vous ne recevez là que la monnaie de votre pièce. Tant que vous achèterez les yeux fermés des produits à deux balles fabriqués n’importe où de par le monde par des petites mains payées dix fois moins que 2 balles, ne vous plaignez pas lorsque vous êtes les dindons de la farce.

 

La confiance ça se mérite et pour faire confiance à une personne physique ou morale il est nécessaire que se tissent des liens de réciprocité entre elle et nous : ça se nomme la confiance mutuelle comme dans un couple. Ça nécessite une forme de proximité qui n’existe plus dans une relation avec des entreprises mondialisées obsédées par le seul profit, la compétitivité, dirigées par des managers interchangeables et rémunérés pour leur performance financière. Le produit qui nous est vendu n’est plus qu’un véhicule sur lequel on a accolé une marque mais dont le contenu est interchangeable en fonction des coûts du minerai. Les marques de distributeur en sont des exemples frappants.

 

Le capital de confiance accumulé au cours des années peut se dilapider, s’évaporer, éclater comme les bulles financières, c’est ce qui vient d’arriver à Volkswagen et plus largement à la motorisation diesel.

 

Alors à qui donc pouvons-nous faire confiance si tout le monde ment à tout le monde et que de surcroît nous nous mentions à nous-même ?

 

 

 

« Un employé raconte son travail à la sociologue du travail Marie-Anne Dujarier : «Si je respecte la procédure qualité au moment de la réception des palettes de viande congelée, les poulets ont le temps de décongeler. Alors je fais mon travail, et après, je m’occupe de leurs papiers.» C’est-à-dire mettre les poulets au congélo avant de remplir le formulaire D32 ! Ainsi, le salarié désobéit, fausse les procédures de reporting… mais pour le bien du client.

 

La réflexion de ce restaurateur, la chercheuse l’a trouvée typique des stratégies de dissimulation qui ont envahi, selon elle, le monde du travail. «Combien de fois j’ai entendu un salarié me dire : "Qu’on nous laisse bosser !" Dans toutes les grandes organisations, on demande à chacun d’atteindre des scores et des objectifs chiffrés - qui ont un impact sur l’avancement, les augmentations, la fermeture d’un service entier. Les salariés sont donc incités à fabriquer des chiffres conformes à ce qu’on attend d’eux : un travail en soi, qui vient en plus de leur "vrai" travail.»

 

 

Nouvel exemple de la façon dont des économistes font la « une » des médias avec de la « gonflette », ici spectaculaire, sur les coûts. Il s’agit du « coût social des drogues en France » (lien vers l’étude ). Chiffre choc dans la presse : près de 250 milliards d’euros par an, tel serait le coût social en 2010 de la consommation de tabac et d’alcool (dites « drogues légales », environ 120 milliards chacune), et des drogues illégales (8,7 milliards).

 

Comme l’écrit Le Monde du 11 septembre, « à trois jours du début de l’examen du projet de loi de santé au Sénat, [ces chiffres] tombent à point nommé pour la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui s’apprête à faire face à de nouveaux assauts parlementaires contre la loi Evin ou la mise en place du paquet de cigarettes neutre ». Au fait, qui a financé l’étude ? Marisol Touraine, via la Direction générale de la santé.

C’est pourtant une étude « sérieuse » (au regard des théories économiques dominantes fondant les « analyses coûts/bénéfices »), bourrée de références, appuyée sur des choix méthodologiques transparents. Mais vous auriez tort de la prendre au sérieux, de la prendre au mot, ou au chiffre. Voici pourquoi, à vous de juger ensuite si mes arguments vous semblent recevables ou non.

 

La suite ICI 

 

La défiance est au coeur du mal être des Français car elle détruit notre lien social. La société française est refermée sur elle-même et la défiance par indifférence réciproque s'entretient d'elle-même...

 

Ce manque de confiance collectif en nous-même ouvre la porte aux peurs, nous sommes craintifs, repliés sur nous-mêmes et c’est du pain béni pour les vendeurs d’illusions, les charlatans qui guérissent les écrouelles par des promesses mirifiques…

 

Que faire alors ?

 

«Allez avec confiance dans la direction de vos rêves! Vivez la vie que vous avez imaginée» – Henry David Thoreau

 

Le poète à toujours raison…

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 06:00
Les alcoologues, les addictologues français drivés par l’ANPAA se shootent aux conflits d’intérêts : comment leur faire confiance ?

Les noms sont dans le livre Baclofène la fin de notre addiction les alcooliques ne sont plus anonymes…

 

« Fin 2004, le professeur Olivier Ameisen publiait dans la presse scientifique le succès thérapeutique obtenu par le baclofène à hautes doses sur sa dépendance à l’alcool. En 2008, il publiait Le Dernier Verre (lire ma chronique du 3 novembre 2008 « Le Dernier Verre » du Dr Olivier Ameisen : un témoignage qui dérange… ), qui a popularisé cette découverte. Depuis, plusieurs publications scientifiques ont rapporté les effets favorables de ce traitement sur de larges cohortes de patients, alors que les résultats obtenus par les autres méthodes thérapeutiques sont largement inférieurs […]

 

« … C’est un fléau social (l’alcoolisme) de grande ampleur qui touche non seulement mes patients alcoolodépendants, mais aussi également leur entourage. Alors qu’il existe un médicament susceptible d’aider une large proportion des patients alcoolodépendants, les pouvoirs publics font preuve d’atermoiements et freinent la mise à disposition de ce traitement pour tous ceux qui en auraient besoin. L’agence nationale de sécurité sanitaire doit autoriser une recommandation temporaire (RTU) dans les plus brefs délais en attendant l’Autorisation de mise sur le marché (AMN).

 

Il faut mettre un terme aussi rapidement que possible à ce retard aux conséquences graves pour les malades qui seraient sensibles au baclofène. »

 

Tribune « Cents morts par jour ça suffit » signée par des personnalités médicales reconnues dont le Pr Didier Sicard Pt d’honneur du comité national consultatif d’éthique, le Pr Jean-Roger Le Gall membre de l’Académie de Médecine, le Pr Debré.

 

Qui freine, qui fait pression sur les Pouvoirs Publics : l’ANPAA au premier rang.

 

« Moins de soins, moins d’argent, il n’est donc pas vraiment étonnant que dès le départ, l’ANPAA et ses dirigeants aient été de farouches opposants à l’utilisation du baclofène. Cette association ayant même, selon certaines sources, interdit la prescription de ce médicament à ses membres. »

 

« L’ANPAA est une grosse association, très ancienne et très influente […] Elle est animée par des bénévoles et 1500 professionnels. Son financement provient des sommes et des subventions qu’elle perçoit de l’Assurance maladie, de l’État et des conseils généraux. Pour être précis, en 2013, plus de 76 millions d’euros ! »

 

Mais ce n’est pas tout, les alcoologues et les addictologues sont vent debout : touche pas à mon fonds de commerce !

 

Ceux-ci ont un système de pensée basé sur quelques paradigmes simplistes :

 

  1. Pour s’en sortir il faut de la volonté, de la souffrance, des efforts ;

 

2. ​Il faut analyser les causes de cette alcoolisation, pourquoi on s’alcoolise, trouver les causes du mal-être etc. ;

 

3. ​Pour s’en sortir, une abstinence totale et définitive est indispensable.

 

Résultat : peu de patients s’en sortent, la récidive est la règle.

 

Mais ce n’est pas tout, face au baclofène il y a une nouvelle forme de baclofène «Financé par un laboratoire français, Ethypharm, leader européen de l’innovation galénique, qui espère obtenir l’ANM […] ça sent le conflit d’intérêts à plein nez.

 

Fin 2012, l’ANSM, éclaboussée par l’affaire du Médiator, autorise un deuxième essai en double aveugle : Alpadir. Il est coordonné par les membres hauts placés de la FFA, SFA et ANPAA qui jusqu’à présent se montraient très réticents à l’égard de cette molécule. Dirigé par le professeur Reynaud (Pt de l’ANPPA), son protocole est pour le moins étrange. »

 

Bref, tout ce petit monde : ANPAA, SFA (Société Française d’addictologie) et la FFA (Fédération Française d’addictologie) craint de voir ses pratiques menacées par ce nouveau médicament.

 

« Le baclofène effraie les professionnels de l’addictologie par la menace qu’il représente sur leur profession. Si des médecins se laissent séduire, c’est le désastre. »

 

« Une bonne partie des prises en charges coûteuses risque fort de devenir inutile. Plus personne n’aura besoin d’enchaîner cure sur cure, ni sans doute ne sera obligé des années en psychothérapie à rechercher les raisons de la prise d’alcool. »

 

« Et puis, si le baclofène supprime vraiment la dépendance, les malades guériront au lieu de rester captifs à vie, un malade guéri, c’est un client de perdu. »

 

« La remise en cause du dogme de l’abstinence dérange également énormément […] Les alcoologues sont soutenus sur ce point par tous les groupes d’entraide de type Alcooliques Anonymes. Ceux qui ont souffert pour se mettre à l’abri de l’alcool voient sans doute d’un très mauvais œil que d’autre y arrivent sans en baver des années durant. Et ils n’arrivent pas à admettre que la dépendance puisse être vaincue et qu’un malade puisse guérir. »

 

« L’alcoolisme une maladie ou un péché ? Ne faut-il pas expier ses fautes dans la douleur… »

 

Tout ce beau monde moralisateur emmené par une ANPAA, association sans véritables adhérents, vivant de fonds publics, voudrait nous donner mauvaise conscience, nous terroriser en harcelant des malheureuses campagnes de promotion. C’est à la fois minable et lamentable. Pour être respecté, messieurs, il faut être respectable et sur le dossier du Baclofène vous avez fait la démonstration de votre degré de nuisance à l’égard des patients qui vous sont confiés.

 

Le Dr Renaud de Beaurepaire peut écrire : « Une affaire Mediator à l’envers, voilà ce qui attend l’AFSSAPS. »

 

Lire «Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 06:00
Les Grands crus, les Grands corps : et si Macron avait raison de se poser des questions qui fâchent ?

Un Ministère sans Grand Corps c’est comme un vignoble sans Grand Cru ou un lait sans crème, une boutique n’ayant pas pignon sur rue, disons plutôt sur une belle avenue, genre celle de Montaigne à Paris où crèchent les Grands couturiers.

 

Au 78 rue de Varenne, lorsque j’officiais, nous en avions un, sûr de lui et dominateur, le corps des IGREF : Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, une fort belle appellation, des têtes bien pleines, même que certaines comme NKM provenaient direct de l’X, Polytechnique. Au-dessous, la plèbe qui lorgnait sur le beau pactole des RIP, revenus d’Ingénierie publiques, petits travaux rémunérés pour les communes rurales. Eux-mêmes ne rêvaient que du statut des Ingénieurs d’en face, ceux de l’Équipement, le puissant Corps des Ingénieurs des Ponts et des Chaussées, qui leur faisaient la honte avec une fin de carrière plus reluisante que la leur. De haute lutte ils sont arrivés à leurs fins, les voilà devenus Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts : IPEF, appellation plus poussive où nos Ingénieurs ont perdu leur Génie Rural alors que les autres n’ont laissé de côté que leurs Chaussées (z’auraient pu mettre et de rond-points).

 

Ce sont les gens d’en-haut, souvent compétents, ayant pour la plupart un sens bien ancré du Service Public, de bons cadres supérieurs, à mon sens surdiplômés pour les missions qui leur sont attribués. Certes ils sont moins emblématiques que leurs collègues issus de l’ENA et sortis dans la botte : les Inspecteurs des Finances, les Conseillers d’État et ceux de la Cour des Comptes, mais ils font partie du même grand charroi qui gouverne l’État. Les Ministres passent, les hauts-fonctionnaires restent et bataillent ferme pour investir les fameux cabinets ministériels à chaque alternance.

 

Une remarque très personnelle fondée sur mon vécu : avons-nous encore besoin d’une haute justice administrative pléthorique et d’une Cour des Comptes, jamais en reste de donner la leçon aux autres mais fort coûteuse et sourcilleuse de ses avantages ?

 

Se poser la question n’est pas attentatoire à l’idée que je me fais d’une gauche réformatrice, soucieuse de déverrouiller le fameux ascenseur social en panne. Il n’y a pas de vaches sacrées, sauf que l’essentiel du haut personnel politique, de gauche comme de droite, est issu de ces crémeries de luxe bien barricadées.

 

Tout ce beau monde, tout comme le petit fonctionnaire de catégorie A, B ou C, est protégé par le fameux Statut de la Fonction Publique égratigné par cet empêcheur de tourner en rond d’Emmanuel Macron.

 

Et c’est là que le bât blesse, et où pour moi Macron a raison, faut-il traiter de la même façon, au nom de l’égalitarisme, le haut-fonctionnaire et l’attaché d’administration centrale ou l’instituteur ?

 

Pour moi, et depuis toujours, la réponse est : NON !

 

Au temps où je passais de longues heures, au nom de mes Ministres qui n’en avaient rien à cirer, à recevoir et à écouter patiemment les syndicats catégoriels du Ministère, moi qui n’étais pas fonctionnaire mais un contractuel, je me suis forgé une conviction forte : il faut aérer, dépoussiérer, la haute-fonction publique de notre pays, l’exposer bien plus qu’elle ne l’est.

 

Deux attitudes sont fort commodes : soit taper systématiquement sur les fonctionnaires en général, soit se draper dans les grands principes dit de gauche pour proclamer ne touchez pas au statut des fonctionnaires !

 

« Qu'un ministre de l’Économie, chargé de remettre un pays fatigué en route, se pose des questions sur les moyens de le faire, devrait donc, au minimum, être accueilli, avec bienveillance, quitte à le renvoyer dans les cordes en cas de dérapage objectif. Après tout, la Suède et la Suisse, qui ne passent pas pour des contrées de sauvages sous-administrés, recrutent leurs fonctionnaires comme les entreprises privées et leur appliquent le même statut contractuel. »

 

Moi, ça ne me choque pas et je reste dubitatif en entendant les ébraiements unanimes des hiérarques du PS, de la gauche de la gauche et des syndicats qui réclament la tête du trublion. Le vannes de la droite sont tout aussi risibles vu leurs brillants états de service sur ce sujet.

 

Il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer Macron, de savoir s’il est de gauche ou de droite, mais de se poser la question de notre conformisme, de notre conservatisme, de notre goût mêlé d’un égalitarisme de façade et d’un penchant affirmé pour les privilèges, et en définitive d’un immobilisme qui fige tout et préserve les avantages de catégoriels.

 

Qu’on ne vienne pas m’accuser de cracher dans la soupe, je n’ai jamais été fonctionnaire – ça m’a été proposé à de nombreuses reprises, même dans un grand corps – mais contractuel de l’État pour 60% de ma carrière, le reste étant passé dans le privé comme en attestent mes 5 caisses de retraite.

 

Nulle acrimonie non plus, mes émoluments n’ont rien eu à envier à ceux des grands corps de ma maison, et ils auraient été bien plus élevés si j’étais resté dans le privé. J’ai fait le choix de mettre mes pas dans ceux de mon mentor, Michel Rocard, et je ne le regrette pas.

 

Ce que je regrette profondément c’est la domination des révolutionnaires en chaise-longue, qui piapiatent en long en large et en travers, courent les plateaux de télévision, refont le monde bien à l’abri sur Face de Bouc en s’accrochant farouchement à leurs avantages petits ou grands, au détriment de ceux qui se mettent les mains dans le cambouis. C’est sale le cambouis, faut utiliser du Briochin pour avoir les ongles propres chez Ruquier.

 

 

Souvenir d’une remarque inscrite dans mon rapport en 2001 à propos des réticences françaises à la réforme :

 

« Dans notre beau pays il y a beaucoup d’architectes, de généralistes, très peu de maçons qui acceptent de se colleter aux tâches d’apparence peu gratifiantes. On ne fait pas évoluer les mentalités par décret. Si l’on souhaite que la puissance publique pèse sur les évolutions, joue un rôle de catalyseur, pas pour faire mais aider à faire, il faut avoir le courage, en période de crise, de prendre sa part de responsabilités, d’écouter, de comprendre, pour ensuite proposer, expliquer, convaincre pour enfin être en capacité de mener des politiques de moyen terme avec l’appui du plus grand nombre. »

 

« Le poisson pourrit par la tête »

 

Érasme pense que cet adage « emprunté aux gens du commun », concerne « les mauvais princes dont la contagion infecte le reste de leur peuple. »

 

Nous y sommes nos Princes, les partis dits de gouvernement, sont massivement rejetés par une part de plus en plus grande de l’électorat qui s’abstient ou qui se tourne vers les partis extrêmes de gauche ou de droite, dit protestataires. Les premiers préfèrent la rue aux lieux de pouvoir mais font des scores médiocres ; le second, dans la grande tradition de l’extrême-droite française drague dans le vivier des déboussolés en prônant le repli et l’exclusion pour se hisser au pouvoir. La dernière fois que c’est arrivé, ce fut l’État Français du vieux Maréchal avec des ralliés populistes dit de gauche comme Doriot et Déat.

 

« Le sortez les sortants » de Pierre Poujade le papetier de Saint-Céré, qui a fini sa vie dans les fourgons du Mitterrand de 1981, la vrai gauche selon Onfray « Pour ma part, je n’ai pas renoncé à la gauche, celle du 10 mai 1981 », est le dernier avatar des démagogues.

 

C’est risible : le couple Mitterrand-Marchais, la vraie gauche qu’il vénère avec le tombé du ciel Chevènement…

 

« Mon refus de ceux qui, chez elle, relèvent du canal historique du FN, ainsi que mon dédain de toutes les classes politiques dont elle fait partie, tout cela fait que Marine Le Pen n’est pas plus ma tasse de thé que Hollande ou Mélenchon, Sarkozy ou Bayrou. Qu’ils s’en aillent tous comme dirait l’autre. Je suis devenu et resterai abstentionniste. »

 

C’est toujours de l’hyper-médiatique Onfray.

 

Tout ça pour vous dire que, oui il faut réformer le statut de la haute fonction publique d’État mais aussi la territoriale, car c’est une caste endogame qui, depuis l’avènement de la Ve République, tient entre ses mains la destinée de ce pays.

 

Plutôt que de mettre tous les fonctionnaires dans le même grand sac, de les conchier en permanence, d’en faire de commodes bouc-émissaires, de se moquer, si l’on commençait par faire bouger les lignes en haut, chez ceux qui gèrent leurs carrières plutôt que le personnel dont ils ont la responsabilité, chez ceux qui se mettent en disponibilité pour aller dans le privé ou faire de la politique et revenir, chez ceux qui se permettent même de donner des leçons sur la nécessité d’une France plus économe, bref contractualisons l’emploi des nouvelles compétences dont le gouvernement a besoin pour redonner du sens à ce qu’on nomme encore le Service Public. L’embauche de CDD sur la base d’une convention collective n’est pas forcément symbole de précarité.

 

Mais c’est à ce stade que le débat se politise en agitant le symbole de l’emploi à vie des fonctionnaires, les journalistes en raffole, alors que certains sont des salariés quasiment à vie sous la protection de la clause dites de conscience. Dans les grandes industries, beaucoup de cadres et d’employés ont faisaient toute leur carrière dans la même entreprise sans que cela n’empêche celles-ci de prospérer.

 

Non, le rêve de ces post-thatchérien c’est le dégraissage opéré par des sièges anonymes pour plaire aux marchés. C’est leur religion, ça les fait bander aux Échos, ils ânonnent une bien-pensance qui en rajoute à l’insécurité sociale, celle qui alimente le Front National. Les mêmes versent des larmes de crocodiles sur les laissés-pour-compte du monde rural dont le tissu n’était pas fait que de paysans mais aussi de PME aujourd’hui balayées par la mondialisation.

 

Attention, le statut de la fonction publique n’englobe pas les salariés des grandes entreprises publiques, la SNCF par exemple.

 

Ces fameux fonctionnaires, recrutés sur concours, les enseignants, les policiers, les juges, les militaires, qui forment les plus gros bataillons doivent avant tout avoir à leur tête des cadres exemplaires, responsables et jugés sur leur compétence. Qu’il faille réajuster les effectifs en fonction de l’évolution des missions de l’État est une évidence combattue par les extrémistes des 2 bords. C’est très Français cette solidarité des extrêmes.

 

C’est un grand chantier auquel nul politique ne s’attellera préférant soit utiliser des règles mécaniques stupides comme le non-remplacement systématique des partants ou un statu quo frileux qui préserve les privilèges de la haute fonction publique.

 

J’ai toujours soutenu ce point-de-vue d’un recrutement plus diversifié, plus fluide pour la haute fonction publique, sans grand succès quelle que soit la couleur politique du Ministre. La réponse à toujours été : courage fuyons les emmerdements !

 

Glané sur Twitter hier sous la plume d'un journaliste qui aime le vin :

 

 

dit ce qu'il pense. Pire: il aimerait faire ce qu'il dit. Qu'on soit d'accord ou pas, c'est assez rare pour être signalé.

 

Un jour où je serai face à l'angoisse de la page blanche je vous conterai l'histoire du Tour de Bête cher au chef de Corps des IGREF pour le tableau d'avancement. Un grand moment de solitude et de stupéfaction pour moi...

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 06:00
Faire rimer hygiaphone avec téléphone le défi rock de la bande des 4 Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau…

« Bonsoir. On avait oublié de vous dire au revoir... Et merci ! »

 

C’est ce qu’a déclaré Jean-Louis Aubert, après « Crache ton venin », premier morceau de la soirée, tiré de l'album du même nom sorti en 1979, aux fans réunis au Point Éphémère où les « Insus ? » – pas terrible comme nouvelle appellation, j’aurais préféré Smartphone – soit les 3 mecs de Téléphone, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka, sans leur bassiste historique Corine Marienneau, sont apparus sur les coups de 21 h 15 sur la scène…

 

« 1976-1986 le temps du « passage de l’ombre à la lumière » selon l’inénarrable Jack Lang à propos de l’élection le 10 mai 1981 du François de Jarnac comme premier président de gauche de la Ve République. Téléphone : Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau participe au gigantesque concert organisé le 10 juin, place de la République pour célébrer la victoire en partageant l'affiche avec Jacques Higelin. La chanson Faits Divers, interprétée en direct, tient lieu de générique au journal télévisé de la nuit sur Antenne 2. »

 

Nostalgie ?

 

Non !

 

Bras d’honneur à ceux qui vannent les retraités qui dansent ?

 

Oui !

 

Comme je rentre, non pas de vacances car j’y suis en permanence, mais de Corse, vous aurez droit en ce dimanche à mes écrits anciens.

 

 

« À 56 balais le Jean-Louis Aubert boosté, transcendé par une formation exceptionnelle de 10 instrumentistes, le mercredi 27 avril lors de sa première au Zénith, nous a offert plus de deux heures de grand bonheur. Quelle vitalité ! Quel respect pour son public ! Qui a dit que les Français ne savaient plus s’assembler, exulter, danser ? Ce soir-là, toutes les générations étaient présentes et nul ne se souciait de la couleur de la peau ou des croyances de son voisin. Moi j’ai fini la soirée en état quasi-liquide heureux comme un bienheureux. Et que les grincheux ne viennent pas me bassiner sur le thème « tu te la joues jeune pépé ! » Rien à cirer, je préfère passer l’arme à gauche en dansant plutôt que de vivoter en pestant contre l’air du temps !

Aubert fait partie de notre patrimoine et j’ai osé dans mon titre lui accoler l’appellation climat car j’en ai plein le cul de tous ceux qui captent abusivement nos héritages populaires. Ras-le-bol des ratiocineurs télévisuels, des poseurs professionnels, des héritiers d’une France rance, des qui ont la trouille de tout et de rien, des bonnets de nuit, pour moi la vie c’est aussi vivre, boire et chanter car c’est bon pour la santé ! Le gars Jean-Louis nous en a offert pour notre argent, il n’a pas lésiné pour nous offrir un vrai spectacle, un truc qui te fait sortir de ta coquille, léviter au-dessus de tes baskets, en être, communier, chanter, swinguer, ne pas vouloir que ça s’arrête. Papy Rocard du haut de ses 80 balais a raison « Il faut chanter, lire, jouer de la musique… Notre époque a perdu le sens de la fête. »

 

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 06:00
celle qui passait devant le Bourg-Pailler
celle qui passait devant le Bourg-Pailler

celle qui passait devant le Bourg-Pailler

L’autre jour sur Face de Bouc j’ai reçu un poke estival de Philippe Rapiteau, une des Tronches de Vin qui vit en Vendée, accompagné d’une photo d’une coupure de presse indiquant qu’à la Mothe-Achard où je suis né, au Bourg-Pailler, DI ME Z-OU raconte Le vin qui rend fou 

DI ME Z-OU : Le vin qui rend fou… au Pays des Achards on conte l’Histoire… le noah… le frère Bécot
DI ME Z-OU : Le vin qui rend fou… au Pays des Achards on conte l’Histoire… le noah… le frère Bécot

L’accusé ce bon vieux noah « son degré alcoolique le rendait redoutable » note Alain Mornet.

 

Eh bien, non, pendant les battages, quand je suivais la batteuse de mon père, c’était la boisson largement consommée mais le pauvre degré était bien bas et la mixture trouble était surtout redoutable pour l’estomac… Pépé Louis en faisait, donc je connais.

 

« Pépé Louis avait une vigne sur le haut de la Mothe-Achard, commune qui avait peu de hauts et beaucoup de bas, complanté entièrement en noah. J’ai donc décavaillonné, vendangé, mais pas vinifié vu qu’une fois pressuré le moût vivait sa vie en toute liberté – il serait privé de la dénomination nature vu que pépé souffrait à mort pour lutter contre les fleurettes, et pourtant c’était un vin nu de chez vin nu – et bien sûr bu ce breuvage titrant les meilleures années 8°. Aux battages, les bouteilles de noah désoiffaient les gars des gerbes et du pailler. Ce n’est pas pour rien que j’habitais au Bourg-Pailler. » 

 

Pauvre Noah ils ont décrété qu’il rendait fou, alors que c’était faux, afin de préserver les intérêts des pinardiers qui voyaient d’un très mauvais œil cette autoconsommation populaire ? La vérité historique de l’interdiction de ces cépages c’est ICI 

 

Le noah est revenu en grâce et le sieur Cuq le proclame Je suis fan de noah, et alors ?

 

Mais laissons-là cette controverse pour nous intéresser à une grande figure locale, qui fut mon professeur d’histoire à l’École d’agriculture de la Mothe-Achard et celui qui m’a fait manier un sécateur pour la taille, le frère Bécot, dont Alain Mornet dit « on buvait ses paroles, il parlait savamment, il était convaincant »

DI ME Z-OU : Le vin qui rend fou… au Pays des Achards on conte l’Histoire… le noah… le frère Bécot

J’ai écrit sur lui ICI 

 

« Le frère Bécot, professeur d'histoire, royaliste (ah la messe du 26 janvier pour la mort de Louis XVI...), l'homme du vignoble vendéen, l'homme du vin, aux yeux rieurs sous son béret à la Dubosc vissé sur la tête, toujours en quête de compagnons pour célébrer la dive bouteille. Les poches de sa soutane étaient le repère de flacons qu'il destinait à la célébration d'anniversaires ou autres prétextes et, sur un vélomoteur poussif, il sillonnait la commune pour rentrer le soir « gai » comme on disait à cette époque. C'était un grand ami de mon père Arsène Berthomeau. »

 

Et puis, j’ai aussi écrit Mon maître vigneron : le frère Henri Bécot 

 

Jean Huguet dans « Vignes&Vignerons de Vendée » écrivait :

 

« Bécot, dans l’immédiat après-guerre 1945, fit avancer l’idée d’un vin de qualité primant sur le vin de petite façon, donc de quantité. On l’a dit apôtre des hybrides. Des bons hybrides, oui ; mais des grands cépages aussi. Quand il me conviait à la découverte d’une cave, c’était avant tout pour apprécier tel sauvignon, tel groslot, tel traminer (eh ! oui) ; je ne me souviens pas qu’il m’ait « débauché » pour quelque seibel, ravaz ou orberlin, même s’il ne les dédaignait pas. Ce professeur de géographie et d’histoire, né au pays de Vallet, mais originaire de Bazoges-en-Pareds, fidèle à ses racines paysannes, n’avait cure d’économie vinicole. Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange. Il condamnait fermement les étranges fidélités qui l’attachaient, ce paysan, aux plants américains et prêchait pour qu’on les remplaçât par les meilleurs hybrides français couronnés à la foire annuelle de Chantonnay où son inusable soutane et son rabat bleu flottaient au vent de son enthousiasme comme l’emblème de la vigne vendéenne. Aurait-il applaudi au classement des Fiefs en VDQS ? Je le pense ; mais son action ne se plaçait pas sur le terrain des labels nobles ; elle se situait dans la quotidienneté du laboureur dont la profession principale n’était pas de faire du vin. »

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 06:00
Messieurs de l’INAO : un soupçon, une larme d’humanité ne saurait nuire à la notoriété du Pouilly-Fumé, les vins d’Alexandre Bain le valent bien.
Messieurs de l’INAO : un soupçon, une larme d’humanité ne saurait nuire à la notoriété du Pouilly-Fumé, les vins d’Alexandre Bain le valent bien.

Suis en colère !

 

Je sais vous allez me répondre que vous avez toutes les bonnes et mauvaises raisons du monde de faire ce que vous venez de faire, que vous appliquez à la lettre les textes élaborés par les professionnels, que vous êtes de simples exécutants, tout juste si vous ne vous réfugiez pas dans le je ne pouvais pas faire autrement.

 

Moi je vous rétorque que si, avant de faire tomber un tel couperet : décision définitive de retrait d’habilitation on épuise tous les moyens de la médiation.

 

La médiation, cette recherche d’une solution intelligente, courageuse, n’est malheureusement pas dans votre culture administrative. Même les contrôleurs des impôts prennent plus de gant que vous gens de l’INAO avant d’acter une décision définitive de cette envergure. Ce n’est pas rien que de priver un vigneron de son droit à revendiquer son appellation.

 

Inflexible, sans trembler, Monsieur Jean-Luc Dairien, Directeur de l’INAO vous faites signer la sentence par délégation à un simple délégué territorial-adjoint. Tout de même, réfléchissez deux secondes dans votre bureau de Montreuil, sans parler de simple humanité, vous auriez pu le faire vous-même et surtout auparavant appeler Alexandre Bain pour voir avec lui s’il n’y avait pas une autre voie.

 

Je le sais, j’ai pratiqué, il y a toujours une autre voie dans ce genre de dossier, sauf à penser que dans cette affaire il y eut une volonté de faire un exemple, de manier le couperet de l’exclusion pour faire rentrer une forte tête dans le rang.

 

Mais dans quel monde vivez-vous ?

 

Dire qu’Alexandre Bain gênât dans son milieu est un euphémisme, il est connu et reconnu et ça provoque bien des jalousies. Pour autant, parce qu’il dérange les pratiques habituelles de son appellation, lui nuit-il ?

 

Écorne-t-il sa notoriété.

 

La réponse est non, bien au contraire, il participe à la défense de la diversité et de l’authenticité de son appellation.

 

Quand comprendrez-vous que l’uniformisation, la normalisation, nous privent de ce qui faisait la particularité de nos appellations ? Dans la mondialisation, c’est un avantage comparatif de poids, banaliser l’appellation c’est nous faire perdre de la valeur et de la notoriété.

 

C’est une faute grave de votre part que de vouloir mettre tous les vins dans le même grand panier indifférencié, de rabâcher qu’il faut promouvoir les signes de qualité, et il serait à l’honneur d’une vieille maison comme l’INAO de cesser de se comporter comme un banal service de répression au service de certains professionnels qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

 

J’ai connu des temps plus courageux mais le temps présent est au suivisme et à la démission : silence on gère ! C’est ainsi qu’on enterre les belles idées, sans fleurs ni couronnes, dans la froideur d’une banale lettre-recommandée avec AR.

 

Moi ça me fâche et je l’écris.

 

Le traitement du dossier d’Alexandre Bain c’est du gâchis et chez moi, dans ma vieille Vendée crottée, mes parents m’ont inculqué la valeur du bien public qui ne se réduit pas à la peur du gendarme.

 

Comme l’a écrit Antoine Gerbelle de la RVF sur Face de Bouc « Les organismes de contrôle des AOC n'ont rien de plus important à faire que de transformer les trublions de la nouvelle génération "nature" en martyrs ?

Quel gâchis. Bon courage Alexandre. »

 

Ce qu’une lettre-recommandée avec AR a fait une autre tout à fait ordinaire peut le défaire Monsieur Dairien Directeur de l’INAO. Il vous suffit d’être clairvoyant et courageux, de passer outre à des avis qui se disent éclairés mais qui ne sont qu’orientés.

 

Comme moi, vous allez bientôt quitter la carrière, que risquez-vous ?

 

Rien, absolument rien, si ce n’est qu’on se souvienne de vous comme d’un homme sage qui a su prendre ses responsabilités.

 

Mon ton vif, parfois cinglant, vous le connaissez Monsieur le Directeur de l’INAO, vous y avez été confronté quelques années au 78 rue de Varenne. Je sais que vous le comprendrez car, en des temps difficiles pour vous, mon appui ne vous a jamais été mesuré.

 

Avec mon meilleur souvenir et l’espoir que l’intelligence prévaudra. Je crois toujours en l’intelligence, surtout celle du cœur…

 

PS. je tiens à votre disposition la lettre du délégué régional de l'INAO à Alexandre Bain signifiant la décision définitive de retrait d’habilitation.

 

Bien évidemment j'ai étudié le fond du dossier et la précipitation de l'INAO à retirer l'habilitation à Alexandre Bain traduit bien la faiblesse des arguments des détracteurs de ses vins...

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 07:20
En dévers et contre tout (16) Mes gamins de 6e au collège de Pouzauges je leur ai fait aimer la musique avec Guy Béart… son album « les très vieilles chansons françaises»
En dévers et contre tout (16) Mes gamins de 6e au collège de Pouzauges je leur ai fait aimer la musique avec Guy Béart… son album « les très vieilles chansons françaises»

Ce fut mon premier job alors que j’entamais ma seconde année de droit à Nantes.

 

Voulais avoir quelques sous, être indépendant et acheter la 2 CV du curé-doyen.

 

Celui-ci m’a aidé, nous sommes allés à la Roche-sur-Yon au siège de l’enseignement catholique tout puissant dans cette contrée dominée par les nobles et les curés.

 

On m’a demandé de produire mon certificat de baptême, que j’avais, et mon passé brillant d’enfant de chœur m’a permis de décrocher un poste à mi-temps au CEG de Pouzauges.

 

Pouzauges la patrie de Fleury-Michon, mon début de carrière sera marqué par le cochon puisqu’ensuite il sera le sujet de mon doctorat de droit.

 

1967.

 

J’avais 18 ans.

 

La paye 700 francs par mois, pour arrondir mon maigre pécule je faisais aussi des vacations à la cantine et sur la cour de récréation : le pion quoi.

 

Bouche-trou : histoire-géo, dessin et musique… en 6e.

 

J’étais un peu l’attraction surtout pour les filles de 3e qui minaudaient sur mon passage.

 

Bref, le dessin ce n’était pas mon fort mais les gamins aimaient ça.

 

Pour la musique c’était une autre paire de manches, morne plaine c’était la vague yéyé qui balayait tout sur son passage.

 

Que faire pour les accrocher ?

 

Après moult expériences ratées c’est Guy Béart qui m’a sauvé avec son album « les très vieilles chansons françaises» que j’ai pu faire acheter par le collège.

 

« Après son petit passage à vide du début des années 1960, Guy Béart était revenu sur le devant de la scène avec une idée originale : rééditer et reprendre d’anciennes chansons du folklore français, morceaux sur lesquels il n’existait plus de droits d’auteurs à payer, situation alors fort pratique pour un Béart connaissant quelques soucis d’argent.

 

Ce sixième volume de l'Intégrale reprend la plupart de ces anciens titres, tous écrits et interprétés entre 1966 et 1969. On pense immédiatement à « Vive la Rose » qui fut le titre qui signa son retour, « Le Pont de Nantes » et « Aux marches du palais », mais les moins connus « Le Roi a fait battre tambour » ou « Le Sort des matelots » sont autant de titres à redécouvrir. A noter l'absence du titre « Et moi je m'enfoui-foui » sur la réédition CD. »

 

Benjamin D'Alguerre

 

Que des merveilles!

 

Mes mômes ont accroché et même qu’ensuite j’ai pu leur proposer Carmen de Bizet.

 

Mais ce qui m’a le plus touché c’est que le jour de mon départ ils se sont cotisés pour m’offrir l’album. Ça on ne l’oublie pas.

 

Merci Guy Béart...

 

Vive la rose /Le pont de Nantes/Aux marches du palais/À la claire fontaine/Le roi a fait battre tambour/Quant au temple/Fleur d'épine/V'là l'joli vent/La bohème/Brave marin/L'amour de moy/Et moi je m'enfoui-foui/Mandrin/Je me suis engagé/Le sort des matelots/Blanche biche/La chaloupe à l'eau/Comme les autres font/Ma mère je le veux/La belle au jardin/Ça n'va guère/Les tristes noces/Le conscrit du Languedoc/Le fils du renard

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (14) levurer son moût c’est le dernier chic genre potage Liebig en sachet avec monsieur Plus…
En dévers et contre tout (14) levurer son moût c’est le dernier chic genre potage Liebig en sachet avec monsieur Plus…

- C’est mou en ce moment, trouve-moi un angle coco, faut que ça buzz sur les réseaux sociaux !

 

- On pourrait montrer des belles cuves en inox… c’est nickel inox… ça brille… ça fait riche… ça fait propre… genre labo pharmaceutique…

 

- Ouais et pourquoi pas mettre une charlotte sur la tête de l’œnologue !

 

- Ça plairait à Étienne Dauder, le président des caves de Molière en Languedoc pour qui c’est un « véritable alchimiste », à qui l'on doit des vins de grande qualité sur le secteur.

 

- La qualité mon cul, on aurait tous les bobos au cul !

 

- Patron ce ne serait pas si con car les bobos, avec leur jaja à poils, tout nu, qui pue, sont les champions toutes catégories de la communication…

 

- T’es pas un génie, t’aurais dû te faire embaucher chez Roux&Combaluzier dit B&D, mais tu sais y faire pour pomper de la publicité…

 

- J’ai une idée…

 

- Ça c’est un scoop, accouche !

 

- Pas de problème chef moi les vannes à 2 balles glissent sur moi comme un pet sur de la toile cirée…

 

- Te vexe pas coco, je dis ça pour faire monter la pression, fais pas ta chochotte je ne vais pas te soutirer tes bonnes idées…

 

- Y’a qu’à levurer !

 

- …

 

- Ben oui ensemencer avec des levures sélectionnées !

 

- Sélectionnées par qui ? Philippe Saint-André !

 

- Déconnez pas patron, les détecteurs de petites bêtes travaillent pour des maisons sérieuses, la science quoi ?

 

- Ramène pas la tienne et dis-moi où ils les ramassent leurs levures ?

 

- C’est simple : d’un côté y’a des zozos qui font confiance à celles de chez eux, des pas toujours propres, des toutes pourris, fainéantes, disent les autres ; et de l’autre y’a des intelligents qui font faire le boulot par des travailleurs extérieurs. Genre plombier Polonais.

 

- Ce n’est pas de jeu ! Trop fastoche, des ramiers quoi !

 

- Pas tout à fait y disent que leur petit vin blanc un peu mou devient avec elles une bête de concours. Un peu comme si tu mettais Zizou dans une équipe de branques et avec ça y z’empochent la Coupe du Monde.

 

- Ouais, ouais, mais si tout le monde fait pareil tu ramènes les compteurs à zéro, la balle au centre.

 

- Détrompez-vous chef, la partie ne se joue pas ainsi. Ça ne fonctionne que chez les génies de la vinif, les Paganini qui savent se vendre aux bons critiques, les rosbeefs surtout, y’a pas de place pour les ringards.

 

- Y’a un truc qui me chiffonne coco c’est la photo…

 

- La photo, quelle photo ?

 

- Ben celle du petit génie de l’œnologie moderne avec ses ciseaux qui ouvre une poche de petites levures sélectionnées, ça a un côté potage Liebig en sachet avec monsieur Plus…

 

- Pas faux patron mais vous savez le potage Liebig ça se vend bien et monsieur Plus à fait un tabac dans la publicité…

 

- Si je comprends bien ton vin avec levures sélectionnées incorporées c’est comme la Rolex de Séguéla « si t’as pas levuré avant 50 ans c’est que tu as raté ta vie… »

 

- Oui chef vous avez toujours le dernier mot pour rire…

 

- Pour ne fâcher personne, j’en connais qui sont susceptibles comme des pucerons, nous mettrons un message sanitaire sous l’article : «La chronique titre 2° d’humour…»

 

- Y’a pas à dire patron vous êtes si bon que vous devriez vous présenter aux élections…

 

- Trève de plaisanterie Coco, bigofonne à Laffort pour qu'ils se payent une double page de pub dans le canard...

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 06:00
Les larmes des urbains sur la dépression des agriculteurs sont des larmes de crocodile cher Éric Fottorino

C’est bien joli d’applaudir la ronde des gros tracteurs dans les rues de Paris et d’arpenter avec ses mouflons émerveillés les travées du Salon de l’Agriculture pour s’extasier devant veaux, vaches, cochons, couvées…

 

Mais ce qui serait encore mieux c’est de se préoccuper du prix du litre de lait UHT demi-écrémé, de la côtelette de cochon en promotion permanente, du steak haché de Bigard bien marqueté et cher pour ce que c’est, dans les soupentes de la GD, avant de verser des larmes de crocodile réservées à ces pauvres paysans…

 

Ceci s’adresse aussi bien aux urbains qu’aux ruraux adeptes inconditionnels de la GD.

 

La détresse de certains éleveurs je l’ai vécue dans les dernières années de mon job de médiateur dans le secteur laitier pour le compte de Bruno Le Maire.

 

J’ai vu pleurer, face à moi, un grand jeune homme désemparé, lorsque le seul fromager de la fourme de Montbrison a fermé et que les grands collecteurs : Lactalis et Sodiaal se renvoyaient la balle pour ne rien faire.

 

Vous pouvez vous reporter à mes chroniques de l'époque :

 

Dans ma longue mission dans le Grand Sud-Ouest afin de trouver des collecteurs pour ramasser le lait de producteurs en déshérence, j’ai croisé des fils de la Terre, isolés, désemparés, qui n’avaient comme seul lien mon numéro de téléphone. « Je vais vendre mes vaches… je n’en peux plus monsieur Berthomeau… » C’était un dimanche matin, lui dans l’Aveyron moi à Paris. Pas simple de trouver les mots…

 

Là aussi vous pouvez lire ces 2 chroniques :

 

« Le public a applaudi. Devant moi Sébastien a craqué, il a pleuré. Avant la projection il n’avait pas revu les images, il les a découvertes avec nous, les a revécues, difficile épreuve que cette mise-a-nue publique. J’aurais aimé lui dire je ne sais quoi d’ailleurs mais les mots ici n’avaient pas droit de cité. Mon silence respectait ses larmes et surtout, plus encore qu’avant la projection, je sentais sur mes petites épaules le poids de cette mission qui m’avait été confiée. J’étais un peu colère, une colère contre moi-même mais aussi contre la bonne conscience très abonné à Télérama de ces gens à qui Edouard venait de proclamer pour alléger l’ambiance « Allez, on va boire un coup» qui sonnait comme la voix de son père que nous venions de voir sur l’écran le jour où il avait rassemblé ses voisins chez lui pour les régaler. Bien sûr que nous sommes allés boire un coup, comme l’a dit ou écrit quelqu’un « pour tordre le cou » au désarroi, vaille que vaille… » Pour sûr que j’avais envie de fendre la bonne conscience, monter sur la barrique pour dire à l’assistance : « Que faites-vous au quotidien pour qu’un Sébastien Itar, dans le fin fond de sa vallée du Lot, avec ses vaches, sa solitude, mais aussi se collègues de Cantaveylot, vive, fasse des projets, se projette dans l’avenir. Lors de mes dernières rencontres avec de ses collègues, producteurs de lait dans le Lot-et-Garonne et la Dordogne, ce besoin de visibilité, de compréhension active, m’a été martelée.»

 

« J'avais planqué un fusil et deux cartouches dans une serre. Mon épouse savait que j'étais à bout. Elle me faisait suivre partout par mon fils ». Sans le soutien de sa famille, Roger Pessotto, 66 ans, sait qu'il serait passé à l'acte. Le souvenir est encore frais, mais il veut témoigner.

Roger Pessotto a toujours voulu être agriculteur. Une belle carrière de maraîcher avec la fraise pour spécialité. « On est parti de rien. Et on est arrivé à rien ». Dans cette aventure, il avait pourtant tout donné, et sa fierté, c'était d'y être arrivé. Sa success-story avait même attiré les caméras d'une émission télévisée, quand son exploitation pesait encore entre « trente à quarante salariés».

 

Tout ça pour vous dire, cher Éric Fottorino, mon extrême sensibilité de fils et de frère de paysan de Vendée sur la détresse de ces fils de la Terre. Il ne s’agit pas de me dédouaner, bien au contraire, j’ai pendant 10 ans, auprès de Michel Rocard, participé au système, et je l’assume.

 

Mais cessons d’accuser le système, nous sommes tous, le système.

 

Votre dossier sur la détresse des agriculteurs a le grand mérite d’exister, c’est rare dans la presse d’aujourd’hui, et il apporte un éclairage intéressant que je ne conteste pas, mais si je puis dire, il ne va pas au fond des choses, il laisse trop de place à une vision très rat des villes sur ce qu’est la vie des rats des champs.

 

Pourquoi ne pas avoir donné aussi la parole à des gens d’en bas, beaucoup d’agriculteurs seraient tout aussi pertinents, même plus qu’un Michel Onfray, plutôt que de la donner à un brillant représentant des grandes cultures, Philippe Chalmin, très représentatif du système qui a dominé la fameuse PAC, ces Organisations Communes de Marché fabriquées par nos brillants technocrates dans la roue d’Edgard Pisani. Le blé et le lait, enfants de l’exploitation de polyculture de mon grand-père, privilégiés, protégés pour le plus grand bénéfice des grandes plaines et de la future spécialisation laitière.

 

Je ne parle pas du cochon et du poulet, simples transformateurs de céréales, qui ont fait du Grand Ouest le lieu privilégié du hors-sol – vivre sur quelques ha, la fameuse exploitation familiale à 2 UHT – pour le plus grand bénéfice des PSC et du soja importés via Saint-Nazaire et Brest. Mais aussi la fortune d’un Charles Doux et des fabricants d’aliments du bétail chers à Avril ex-Sofiprotéol. La désertification de certaines zones rurales n’est pas une opération du Saint-Esprit.

 

Quand à nos producteurs de viande du bassin allaitant, ils ont toujours été les laissés pour compte dans la mesure où c’est le troupeau laitier qui fait le prix de la viande : les fameuses vaches de réforme qui font le steak haché de M. Bigard, nourriture favorite des jeunes générations.

 

Et l’abandon des quotas laitiers, que nous avions mis en œuvre avec Michel Rocard, contre tous : l’impérieux François Guillaume SG de la FNSEA, futur Ministre de l’Agriculture de Jacques Chirac – j’ai été de ceux auprès de Stéphane Le Foll, ce fut ma dernière mission, à tirer la sonnette d’alarme, en vain, pour dire que certains de nos producteurs n’étaient pas préparés au coup de torchon des prix du grand large.

 

Bref, il y a tant à dire sur ce que vous appelez, cher Éric Fottorino, un État sans vision, que le retraité que je suis n’a plus envie de prêcher dans le désert de l’indifférence et de la démission.

 

Bien évidemment je n’ai pas la prétention de détenir une quelconque vérité, mais ayant trempé mes mains dans le cambouis de la politique agricole, cogéré aussi avec les Raymond Lacombe, Luc Guyau, Jean-Michel Le Métayer cette politique, mais aussi fait reconnaître la représentativité syndicale des minoritaires devant l’AG du Conseil d’État, je connais le poids de l’Histoire, ses pesanteurs et ses contradictions.

 

Il suffit de lire le livre de Bruno Le Maire Jours de Pouvoir pour s’en persuader, être courageux au Ministère de l’Agriculture face à l’omniprésence des majoritaires relève d’un apostolat bien difficile. Lorsqu’avec Michel Rocard nous avons négocié les accords de Dublin pour mettre fin au désastre programmé des vins de table languedocien, nous avons été vilipendé par nos amis socialistes et communistes, mais je n’ai aucune gêne à affirmer que nous avons sauvé ce vignoble et ceux qui en vivent aujourd’hui.

 

Il y a 2 ans l’éditeur Autrement, lecteur de mon blog, m’a contacté pour que commette un livre dans l’une de ses collections. J’ai proposé « Je veux des paysans pour mes petits-enfants »

 

Réponse : pas porteur coco !

 

Et pourtant, chaque jour que Dieu fait, j’en croise des nouveaux paysans, vignerons, maraîchers, éleveurs… Ils sont entreprenant, innovateur, intelligent…

 

Qui leur donne la parole ?

 

La commisération et l’émotion n’étaient guère de mise au Bourg-Pailler à propos de la politique, les valeurs que m’a transmis mon père, mendésiste – il était bouilleur de cru pourtant – sont celles du bien public, du gouverner c’est choisir…

 

J’ai choisi cet angle très personnel afin d’éviter de vous livrer mon analyse détaillée sur chaque article, ce qui n’avait que peu d’intérêt. Chaque lecteur est libre de se forger son point-de-vue sans les béquilles d’un ancien acteur du théâtre politique.

 

Ce que viens d’écrire ne doit pas vous empêcher d’acheter le N°72 Les Paysans la Grande Dépression, bien au contraire, c’est un bon dossier qui a le mérite de proposer des points de vue intéressant. Tout ce que je souhaite c’est qu’il ait une suite et que celle-ci n’attende pas que survienne une nouvelle « crise ».

 

Merci à Éric Fottorino et à son équipe de nous proposer du contenu, c’est si rare dans la presse d’aujourd’hui qu’il est important de joindre le geste à la parole de la même manière que les citoyens-consommateurs devraient le faire lorsqu’ils font leurs courses alimentaires…

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 06:00
Après avoir bien mangé spaghettis au brocciu et bien bu mon 100% fait main du pur Sciacarellu nu je vais faire la mariennée à l’ombre d’un cocotier…

Je plaisante, en Corse il y a des palmiers mais pas de cocotiers.

 

Il est une expression « secouer le cocotier » dont peu de personne aujourd’hui comprennent le sens originel et beaucoup l’emploient à contre-sens pour qualifier une personne qui dérange l’ordre établi.

 

Cette expression remonte au XIXème siècle et elle puiserait ses origines dans le milieu de certaines ethnies polynésiennes où il était d’usage d’éliminer les vieilles personnes qui devenaient trop faibles pour grimper sur les cocotiers et réaliser la cueillette.

 

En argot « secouer le cocotier » c’est se débarrasser des vieux, faire de la place pour les jeunes et Galtier-Boissière dans « Mon journal dans la drôle de paix » en 1947 écrivait « Une fois de plus, l'Etat fait banqueroute, ruinant les braves gens qui lui ont fait confiance : les pensionnés, les retraités, les vieux sont délibérément sacrifiés. Ainsi qu'après chaque guéguerre, les gens en place secouent le cocotier… »

 

De nos jours, les DRH, après avoir parlé plaisamment de «dégraissage» font des plans sociaux qui mettent les seniors sur le carreau.

 

En politique, les jeunes loups surtout, rêvent de secouer le cocotier pour voir le chef et ses affidés tomber.

 

Mais revenons au sujet du jour : la mariennée.

 

Qu’est-ce ?

 

En Anjou, dans l’Anjou cher à Patrick de la Chaudefonds sur Layon, c’est « le repos de midi, la sieste après le repas et avant la reprise du travail « à chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… […] il rêvait » Étienne Pérochon, Nène.

Dans le Vendômois c’est la mérienne aussi et dans ma Vendée profonde : la mariennée sans doute parce que dans l’Aunis tout proche mérienner se dit « des brebis qui, à midi, se serrent toutes ensemble, la tête de l’une sous le ventre de l’autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil » (in les mots du passé de Marcel Lachiver).

 

Mon pépé Louis, pendant tout l’été, faisait la mariennée à l’ombre du pailler.

 

Matisse - Intérieur à Collioure, la sieste -

 

Dans son opus « L’art difficile de ne presque rien faire » chez Denoël, Denis Grozdanovitch, qui vit entre Paris et la Nièvre, écrit à propos de la sieste méridienne :

 

« Le moment préféré de mes journées d’été demeure celui où, après le repas de midi, je m’achemine tranquillement jusqu’à notre ponton au bord de la rivière, sous le grand marronnier où j’ai installé mon hamac. Je m’y installe alors confortablement, un gros livre de philosophie (de préférence bien abstrus) à la main, et la lecture distraite d’une dizaine de ligne suffit amplement, en général, à me faire glisser dans ce que j’appellerais un sommeil de surface – très différent en cela de la profonde et souvent angoissante plongée nocturne – au cours duquel ma conscience, engourdie par une sorte d’agréable hypnose, continue d’enregistrer avec une sourde volupté le bruissement de la brise dans les feuillages, les dialogues entrecroisés et compliqués des oiseaux , le doux ronronnement du nid de guêpes dans l’aulne voisin et même le subtil friselis du courant le long des berges.

 

Je goûte alors – plaisir de la vraie vacance – au luxe suprême du demi-sommeil et de la demi-conscience qui sont les meilleures voies pour rejoindre ce fameux « cours des choses » si cher aux taoïstes de l’ancienne Chine, lesquels aimaient précisément à répéter que pour bien vivre il valait mieux ne vivre qu’à demi. »

 

L’auteur donne ensuite la définition par le Littré du mot « dormition » qui est un terme ecclésiastique, Le mot dormition, est utilisé, dans le vocabulaire chrétien pour désigner la mort des saints et des pieux fidèles, quand ce n'est pas une mort violente. Le mot cimetière exprime la même idée de sommeil provisoire.

 

Au son du Tango Corse, cher à Fernandel, après avoir mangé mes spaghettis au brocciu et bu un verre du vin nature de mon propriétaire « 100% fait main du pur Sciacarellu nu… »

 

« Qui n’en a pas goûté ne connaît pas l’île » affirme Émile Bergerat dans son livre Souvenirs d’un enfant de Paris 1887. Le brocciu ou encore broccio est une « friandise » qui se consomme tout au long de son vieillissement. Frais, il se prête à toutes les fantaisies, nature ou agrémenté de sucre, d’eau-de-vie, de fruit ou de confiture sur une belle tranche de pain. Avec l’âge, il s’affermit et son goût s’affirme, et alors le brocciu s’allie avec tous les moments du repas, chaud, froid, frit : entrées, légumes, pâtes, poissons, viandes, œufs et, bien sûr, desserts. »

Après avoir bien mangé spaghettis au brocciu et bien bu mon 100% fait main du pur Sciacarellu nu je vais faire la mariennée à l’ombre d’un cocotier…
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