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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:45

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Lorsque j’ai lu à sa parution « Extension du Domaine de la Lutte », alors que l’auteur n’était qu’un inconnu publié chez Maurice Nadeau, ce Houellebecq m'avait dérangé. Il m’exaspérait, même si son style atone, minimal, s'élevait parfois jusqu'à se hisser à la hauteur d’Emmanuel Bove.


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« Arrivé à St Lazare je trouvais refuge dans un café graisseux où un garçon aux cheveux pelliculeux et aux ongles sales, c'était la journée, me gavait de demi de bières tiédasses. Quand j'eus fini ma lecture j'allai pisser. Les toilettes étaient à la hauteur du standing de l'établissement ce qui ne m'empêcha pas de me poser sur la lunette. J'étais mal à l’aise. Cette espèce de putain de petit bouquin, que je tripotais nerveusement, avait remué en moi des zones d’ombre. Je fuyais, à quoi bon, mieux valait en finir le plus vite possible. Mon regard se posait sur les graffitis obscènes qui maculaient les murs des chiottes. La lie du monde, mon ambition d’y patauger pour oublier était-ce une meilleure voie que le suicide ? J’étais persuadé que oui car je voulais expier je ne sais quelle faute. C'est alors que je découvrais sur la jaquette le nom de l'auteur : Houellebecq. Etrange, il sonnait comme un nom d'abbaye, le Bec-Hellouin. Ce Houellebecq m'avait dérangé. Il m’exaspérait, même si son style atone, minimal, s'élevait parfois jusqu'à se hisser à la hauteur d’Emmanuel Bove. Son Tisserand, son personnage central, venait de réduire en miette mon postulat de la laideur. Houellebecq, que je sentais dans la peau de Tisserand, écrivait que ce type était condamné à la perpétuité des moches qui est de ne pouvoir aimer que des moches lui « dont le problème – le fondement de sa personnalité, en fait – c'est qu'il est très laid. Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu'il ne réussit pas à coucher avec elles. Il essaie de toutes ses forces, ça ne marche pas. Simplement elles ne veulent pas de lui... » Ce type grotesque, minable, lamentable, n’avait pas l’ombre d’une chance alors que moi qui, avait tout pour réussir, par un masochisme morbide, je me jetais à corps perdu dans une vie sans perspectives.


Je suis 100% Aubert !


Le couple Houellebecq-Aubert, qui peut paraître improbable aux détracteurs nombreux du premier comme  aux admirateurs du second, c’est l’histoire d’une rencontre entre un livre, plus précisément d’un recueil de poèmes « Configuration du dernier rivage », acheté par hasard « sans préméditation » par Jean-Louis chez son buraliste, et d’un lecteur qui, à la page d'« Isolement » (devenu un clip irrésistible), prend sa guitare. « Dans l'instant, une mélodie surgit. Évidente. Trois jours plus tard, il a arrangé sept autres poèmes de l'ouvrage, surtout extraits du chapitre « Les parages du vide »


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« Laissez-moi donner des ailes à vos mots... ». demande-t-il à l’auteur !

 

Belle déclaration d’amour


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« L'histoire a commencé en mai dernier. Jean-Louis Aubert est le premier chanteur à consacrer un album entier aux textes du sulfureux et génial Michel Houellebecq. Il a agencé des mélodies autour du lexique houellebecquien, qui n'avait jamais aussi bien sonné jusqu'à présent. Le chanteur et guitariste, pionnier du rock français avec Téléphone, gagne une densité qu'on ne lui connaissait pas. Parolier de l'adolescence éternelle, Aubert acquiert au contact du réalisme cru de Houellebecq une dimension plus complexe. À l'écoute des chansons, Houellebecq séduit, se serait écrié: «C'est plus beau que ce que j'ai écrit!»


« Jean-Louis Aubert capte ce qui échappe généralement aux détracteurs de Houellebecq, la perte, l’abandon, l’amour, la mort. Dans ce disque, le musicien poursuit ce qu’il avait entamé avec ''Roc éclair'' sur la perte et la mort, il ne pouvait être que touché par les mots de Houellebecq qui tendait alors un propre miroir à la douleur du chanteur, qui avait perdu son père. Comme un frère jumeau ou un frère qui compléterait ce qui manque à l’autre, Jean-Louis Aubert habille les mots de Houellebecq en instillant une chaleur généreuse. Généreuse car délicate. Aubert fait la proposition d’un rééquilibrage aux mots désabusés de l’écrivain, en les portant avec des mélodies douces, tendres. Comme d‘habitude avec l’ancien leader de Téléphone, la guitare est omniprésente, le son rock aussi. » Olivier Nuc le Figaro link 


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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