La toile est merveilleuse, c'est un grand chalut qui vous ramène toute sorte de poissons, des petits comme des gros. Aujourd'hui c'est un article extrait du site du journal Sud-Ouest www.sudouest.com/printarticle.asp?RepBase=/
Qu'est-ce donc la QNV ?
Une sorte de liste à la Prévert justifiée par la vigueur exceptionnelle des vignes charentaises, elles carburent à plus de 100 hecto de moyenne. De mon temps, y'avait un club des plus de 200 hl/ha. Sans vous assommer je me dois de l'énumérer. C'est très simple, on compte par destinations les produits dans la QNV et ceux hors QNV.
Dans la QNV : les moûts destinés au Pineau, les vins aptes, les vins de table, les moûts pour vinification, les moûts pour jus de raisin et pour concentrés, les distillations de l'article 38 et 41, les vins destinés au vinage art.38 et, bien sûr, les vins pour la distillation Cognac.
Au-delà de la QNV : les vins et moûts destinés au vinage art.36, la distillation d'alcool, les prestations viniques et la distillation des lies art.35, les vins et moûts autres destinations, vins et moûts exportation pays tiers, les moûts pour jus de raisin, les moûts pour concentrés, les distillations de l'art.36 et 39...
Je vous assure que pour expliquer les subtilités et les charmes de la QNV à un Ministre il faut déployer des trésors de pédagogie, mais passons sur ces détails mesquins pour revenir à un rappel de mon passage à Cognac. Pensez-donc, la QNV végétait autour de 6 hecto de pure, une misère, on répartissait la misère. Le débat autour du chiffre sentait le soufre. Aux risques de déplaire j'ai plaidé pour un réajustement de la QNV à la hausse en défendant un modèle d'organisation à la Champenoise : création d'un Syndicat des Vignerons et unification des Syndicats de Négociants. C'était sportif : un débat à la Salamandre organisé par Sud-Ouest, plus de 600 personnes, avec Ch.Navarre et moi sur le podium. Bref j'ai mouillé le maillot et je suis reparti dans ma petite auto. Je dois à la vérité que les dirigeants du BNIC ont joué le jeu de Cap 2010, assidus et constructifs.
Pour en terminer sur ce coup de rétroviseur je ne peux résister au plaisir d'évoquer les chefs de famille dont fait état l'article de Sud-Ouest : " Jean-Pierre Lacarrière entouré de Philippe Boujut vice-président, de Yann Fillioux chef de la famille du négoce, et Bernard Guionnet, chef de la famille viticole..." Ce titre désuet je l'ai découvert dans les années 83-84, lors de la énième crise du Cognac, lorsqu'à la demande du Président de la République de l'époque, qui n'oubliait pas ses origines charentaises, mon Ministre me missionnait pour rencontrer les chefs de famille du Cognac. Je fus reçu avec les honneurs dans une belle demeure. Les chefs de famille prirent la parole. Le ton était feutré. Je pris bonne note, assurais mes interlocuteurs que tout serait mis en oeuvre pour évacuer " les fameux cognacs mauvais goût...", repartais pour Paris en ayant dans la tête l'image de l'arrivée dans la cour du château des représentants du Modef tout de noir vêtus tels des apparatchiks du Kremlin. Le dénouement de l'histoire c'est le marché qui s'en chargea : les ventes repartirent plein pot et on oublia les bonnes résolutions. Je profite de cette chronique pour saluer les 4 de la photo et leur transmettre mon plus cordial souvenir de vendéen égaré en Charente...
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