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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 12:00

don pasta 11

 

C’est dans Huffington post via l’AFP « Marre de manger le même fondant au chocolat dans tous les restaurants? Il sera bientôt possible de savoir à l'avance si le bistrot du coin fait ses desserts "maison" ou s'il réchauffe simplement un produit industriel.

 

Quinze grands chefs français lancent lundi 8 avril une appellation pour distinguer les "artisans restaurateurs" qui privilégient dans leur cuisine le fait maison sur l'industriel, ceux où, quel que soit le tarif, un restaurateur passionné résiste à l'industriel et s'attache au "fait maison" et à l'hospitalité. a indiqué le chef Alain Ducasse à l'AFP.


Cette appellation est créée par le Collège culinaire de France, qui réunit quinze des plus grands chefs français (dont Michel Guérard, Paul Bocuse, Yannick Alleno, Anne-Sophie Pic...) et qui est co-présidé par Alain Ducasse et Joël Robuchon. » la suite ICI link

Tout ça est bel est beau pour les consos mais je demanderais à certains de ces chefs :


1-      De m’expliquer pourquoi ils vendent leur nom pour qu’il soit apposé sur certains plats cuisinés industriels.

2-     De me dire ce que fichent les mêmes industriels dans l’arrière-cuisine du SHIRA de Lyon.


Attention je n’écris pas que ces plats ne sont pas de qualité car je ne les ai jamais goûtés mais ce que je sais c’est qu’ils sont affreusement chers et qu’ils doivent ressembler comme des frères aux poches, sous-vide, réchauffées par les commerçants restaurateurs. Le constat est évident : la haute-cuisine n’a pas été le rempart à la malbouffe, bien au contraire, tellement elle est éloignée de la réalité de la consommation ordinaire. Le silence assourdissant des grands chefs, souligné par François Simon link, à propos de la viande de cheval dans les lasagnes montre à l’évidence que certains ont du mal à descendre de leur petit nuage. Et ce n’est pas la critique, d’où qu’elle vienne, qui va les y aider, trop occupée qu’elle est à gazouiller sur la taille des rondelles de navet ou le nombre de grains de riz dans le risotto ou pire les étoiles du Michelin.


Ceci écrit bravo tout de même les chefs, bel effort mais il vous faudra allez au-delà de cette initiative pour utiliser vos noms, pas seulement pour empocher des royalties mais aussi pour redonner à nos concitoyens le goût d’une cuisine authentique, populaire, abordable par leur porte-monnaie qui n’est ni forcément épais, ni extensible.

 

Bénédict Beaugé dans Atabula link 

 

Extrait

Une autre question se pose à la lecture de votre livre : le rapport ou le dialogue entre la haute cuisine moderne et la cuisine ménagère…

C’est amusant de voir que dès les origines, il y a ce double registre sophistiqué/simple qui s’inspire mutuellement suivant des cycles. Chaque cuisine se nourrit de l’autre à des moments donnés. L’invention moderne qui permet cette diffusion croisée du modèle grand bourgeois est le restaurant. Avec la médiatisation galopante, ce mouvement s’accélère. Un semblant de haute cuisine se retrouve dans les grands magasins, dans les rayons surgelés, même sur des plats non signés par des chefs. La haute cuisine se banalise, le principe de l’émission Un diner presque parfait correspond à ce modèle : les participants singent la cuisine de chefs. On est loin de la cuisine que je peux faire quand je reçois des amis. Le paroxysme de cette diffusion est l’émission Masterchef qui laisse croire que des amateurs peuvent devenir des chefs par la magie de la télévision. Là aussi, on est dans l’imitation de mauvais goût.


Le mot est lâché et là je sors mon Daniele de Michele, dit «Don Pasta», qui aux travers des nombreux ingrédients de la parmigiana de sa grand-mère, un plat populaire qui incarne sa vision du monde et les espoirs de ce natif des Pouilles vivant à Toulouse.


DO70132

Il répond à une interview de Anne Gaudard anne.gaudard@lematindimanche.ch publiée dans le Matin dimanche du 24 mars «La parmigiana n’est pas faite pour soi, c’est un geste pour l’humanité» link

 

Je vous propose ce qu’il répond à la question : « C’est quoi le secret de la vraie sauce tomate? »


Elle concentre toutes les règles de la vraie cuisine. Elle doit être faite avec des produits de saison, en achetant des tomates auprès de paysans dont le travail est payé à sa juste valeur. Une bouteille de sauce tomate renferme la mémoire du temps passé à la faire, rappelle à tout moment la valeur exacte de chaque chose. Peut-être coûte-t-elle un petit peu plus que celle du supermarché. Mais elle contient bien plus que ce produit dont on ne connaît pas le vrai prix. Au final, l’addition est validée par le goût. Avec lui on ne peut pas tricher. C’est un patrimoine hérité d’une grand-mère qui peut-être ne savait pas lire mais qui possédait la mémoire du goût. Et il a aussi une valeur économique car, en le possédant, on ne se fait pas arnaquer par des produits qui ne sont pas ce qu’ils devraient être.

 

Je signale aux parigots et gotes têtes de veaux et assimilés, pas les bonnets de nuit qui n’ont que le mot goûter à la bouche, que DON PASTA et son FOOD SOUND SYSTEM seront à Paris le 11 AVRIL à  LA MIX BOX. PARISMIX 146 rue des Poissonniers dans le XVIIIe  +33(0)1 71 19 91 15 // info@parismix.fr

http://www.parismix.fr/don-pasta-a-la-mix-box-le-11-avril/

Programme et Line Up

Cuisine live, vinyles, voix : Don Pasta

Musique : Raffaele Casarano (Sax), Marco Bardoscia (contrebasse)

Bar et Antipasti par Café Miroglio et Epicerie Rap

Cookin’dj set et Aperitivo : 19,00 Spectacle Food Sound System : 20,30

Evènement gratuit sur réservation

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 00:09

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C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce « La consommation de vin en Italie à un niveau historiquement bas ». Elle relaie l’annonce de la principale organisation agricole de la péninsule Coldiretti ADDIO AD 1 BICCHIERE SU 4 NEGLI ULTIMI 10 ANNI link. Les raisons invoqués de cette baisse de 22% au cours des dix dernières années la crise économique et des changements des habitudes de consommation semblent mêler le conjoncturel avec une tendance sur une longue période. En effet, selon l’étude c’est le point le plus bas depuis le 19e siècle et ce n’est pas nouveau. Cette lente dégradation, tout comme celle qui touche nos voisins espagnols devraient nous amener en France à une réflexion plus  sereine et surtout plus fondée des causes de la désaffection d’une partie des consommateurs pour le vin. En rester à la chasse au bouc émissaire commode, la fameuse loi Evin, ne suffit pas à expliquer le phénomène qui a d’ailleurs commencé bien avant l’adoption du texte...


La consommation de vin en Italie en 2012 s’est élevé à 22,6 millions d’hectolitres contre 29 millions d’hectolitres aux Etats-Unis et 30,3 millions en France. « D’après l’enquête en ligne de Coldiretti, 32% des personnes interrogées ont indiqué ne boire du vin que dans des occasions particulières, 18% boire un ou deux verres par semaine et 6% ne jamais boire de vin. »


Pour se remonter le moral Coldiretti souligne que «L’industrie du vin a connu la plus grave crise des secteurs de l’alimentation et des boissons en terme de consommation intérieure mais est devenue leader de la production Made in Italy en se tournant vers les exportations»


Je ne vais épiloguer mais tout bêtement soumettre à votre réflexion les deux expressions de mon titre en les accolant comme je l’ai fait au cas italien bien sûr mais aussi aux Français.


C’est le sémillant académicien Jean d’Ormesson qui m’y a fait penser en ironisant sur l’un des passages de la lettre de François Mitterrand à tous les Français lors de sa seconde candidature à la Présidence de la République.


Que nous dit l’Académie Française ?


« Ces images de Coupe claire et de Coupe sombre, empruntées au langage de la sylviculture, sont fréquemment employées, mais bien souvent à contresens.

Une coupe claire, pratiquée pour laisser passer la lumière, consiste à abattre un grand nombre d’arbres. Elle est donc plus sévère qu’une coupe sombre, consistant à abattre quelques arbres seulement, sans que le sous-bois s’en trouve éclairé.

Un auteur doit donc redouter davantage la coupe claire que la coupe sombre dans son texte, et les coupes claires dans les crédits sont plus à craindre que les coupes sombres. »

 

Alors, il me semble, que c’est à l’intérieur du budget des ménages qu’il faut chercher le pourquoi des choix qui ont pour conséquence soit de faire des coupes claires ou des coupes sombres dans le budget consacrés au vin.  Ce travail d’analyse sur des données dont on dispose aurait l’immense mérite d’identifier à la fois par classe d’âge et par CSP les évolutions et les tendances. Ce serait beaucoup plus efficace et porteur d’avenir que de n’invoquer que les freins d’une loi. Que l’on modernise la loi dites Evin je l’ai toujours défendu mais faire accroire qu’une fois ce travail fait l’horizon sera dégagé est une absurdité. Les causes de la baisse de la consommation sont bien plus profondes, ancrées dans l’évolution de nos sociétés urbanisées. Se refuser à les analyser c’est se condamner à regretter, comme le fait aujourd’hui Coldiretti en Italie, les dégâts causés par la désaffection de certains consommateurs.


Dernière remarque, le peu de cas de tous ceux qui disent être les défenseurs du vin de vis-à-vis de la consommation populaire, ainsi que l’absence quasi-totale d’une approche consumériste des journalistes du vin à l’attention de monsieur et madame tout le monde produit ses effets. Le petit marigot du vin tourne sur lui-même, se congratule, peste, ne s’adresse qu’à des amateurs ou des connaisseurs, alors pourquoi s’étonner du résultat. Reste bien sûr l’exportation mais pour garder son rang il faut savoir ne pas laisser s’éroder son marché domestique.

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 12:00

Samedi dernier,  à la fin de ma chronique, je vous ai mis un lien sur le papier de J.P Géné dans le Monde  « Vin et pesticides, la loi du silence »link


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En retour j’ai reçu un courrier d’un fidèle lecteur vigneron.

 

Bonjour Jacques,

 Je viens de lire ton article de ce matin.

 Le dernier lien renvoie aux résidus que l'on peut, et que l'on doit, et même que l'on retrouve dans les vins.

L'usage des antibiotiques montre clairement ses limites. Les bactéries combattues se transmettent génétiquement dans leur multiplication leurs gènes de résistance.

De nombreux chercheurs se posent désormais la question des futurs traitements sur des maladies connues que l'on croyait contrôlées.

 De même en viticulture, je te transmets cette note technique reçue il y a quelques jours. Elle fait clairement état des mêmes limites d'emploi quant à l'efficacité de ces molécules. Clairement les pathogènes visés, mildiou, oïdium, botrytis s'adaptent et contournent la chimie humaine... Alors que cette dernière persiste par ses nuisances résiduaires tant au niveau des vins, que les eaux, l'air etc...

 Il est clairement démontré scientifiquement que le « bruit de fond » des pollutions augmente. Et que rien ne peut y échapper.

 De plus j'adore dans cette note la phrase suivante :

Les recommandations concernent uniquement la gestion des phénomènes de résistance, sans se prononcer sur les efficacités intrinsèques des différentes substances actives considérées.

Par expérience, je serais tenté d'ajouter les produits utilisés au-delà de la résistance des maladies que l'on observe, des résidus qui nous empestent, sont vendus mais on ne sait même pas si en fait ils ont une réelle efficacité. Deux raisons à cela. La première est que l'homologation des phytosanitaires est du n'importe quoi, la seconde est que les produits utilisés viennent des grandes cultures qui voient ici en vigne un marché supplémentaire. Donc on veut vendre en ne souciant pas du reste. Et on y arrive...

Bonne journée


NOTE TECHNIQUE COMMUNE GESTION DE LA RESISTANCE 2013 MALADIES DE LA VIGNE MILDIOU, OÏDIUM, POURRITURE GRISE le 26 mars 2013

Cette note a été rédigée par un groupe de travail réunissant des représentants de la Direction Générale de l’Alimentation –Sous-direction de la Qualité et de la Protection des Végétaux (DGAl-SDQPV), de l’Agence nationale de sécurité sanitaire-Unité résistance aux produits phytosanitaires (Anses-RPP), de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC), de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et des Chambres d’Agriculture.

La présente note a pour objectif de décrire la situation de la résistance vis-à-vis du mildiou, de l’oïdium et de la pourriture grise dans le vignoble français et de donner des recommandations d'utilisation des fongicides concernés par ce phénomène. Elle doit aider les viticulteurs et leurs conseillers à gérer les situations de résistance générées par l'utilisation répétée de certaines substances actives et permettre ainsi de maintenir une efficacité de la protection dans un objectif de réduction des traitements.

Depuis 2012, le plan de surveillance de la résistance aux produits phytosanitaires fait partie du suivi des effets non intentionnels des pratiques agricoles (avec le suivi de la biodiversité) inclus dans l'axe 5 (surveillance biologique du territoire) du plan ECOPHYTO. Les analyses sont réalisées par le laboratoire de l’Unité de Résistance aux produits phytosanitaires de l'Anses de Lyon en collaboration avec l’INRA. Des données de terrain, notamment issues d'essais d'efficacité en situation de résistance, complètent le dispositif.

Avertissement: toutes les substances actives rentrant dans la composition des préparations autorisées pour protéger la vigne contre ces trois maladies sont listées dans cette note. Les recommandations concernent uniquement la gestion des phénomènes de résistance, sans se prononcer sur les efficacités intrinsèques des différentes substances actives considérées.

La suite ICI :link ou si vous n'avez pas de compte Google+ ICI link merci Francis

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 00:09

Ce soir-là, au lendemain d’une chevauchée épique sur sa flèche d’argent tout au long d’un lundi long comme un jour sans pain, votre chroniqueur couche-tard, moulu comme du poivre noir de Madagascar, se dit qu’il serait plus sage d’emprunter son véhicule de fonction avec chauffeur : le métropolitain, pour se rendre sur les hauteurs du côté de Pigalle et d’Anvers là où il y a plus de sex-shops et de peep-shows que de vertes prairies constellées de fleurettes où les vaches du Taulier pourraient ruminer en paix. Le thermomètre par ailleurs flirtait avec des températures indécentes, certes pas un froid de canard mais un temps qui vous incite à  garder votre Damart. J’étais à l’heure. Il faut dire que votre Taulier était tout émoustillé car il se rendait, à pied, une fois qu’il eut congédié son chauffeur syndiqué, vers une destination alléchante : Braisenville.link


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Le lieu peut surprendre les abonnés au guide Michelin par son côté cantine épurée, c’est l’esprit du temps, Pousson de Barcelone aurait trouvé ça branchouille, mais pour votre Taulier ce qui importe c’est le contenu de l’assiette et des verres. N’était-il pas là pour exercer son art de fine gueule et de beau gosier ! Bien sûr son postérieur, éprouvé par son récent et long périple sur les chaussées défoncées du Paris de Bertrand Delanoë, aurait apprécié de ne pas se poser sur une chaise au confort proche de celui de la selle Brooks de sa flèche d’argent. Trêve de jérémiades, passons aux choses sérieuses : le bien manger ! Et là, votre Taulier doit avouer qu’il a vite oublié le décor réfectoire de trappistes pour se transformer en une forme de révérend-père Gaucher, j’exagère un chouïa mais c’est pour faire plaisir à notre hôtesse Adeline de Barry qui est à la tête du Château de Saint Martin.link Se référer à Alphonse Daudet et à ses Lettres de mon Moulin  ne peut que lui faire absoudre les exagérations du Taulier.


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En effet, Karim Habibi et Philippe Baranès et leur chef savent manier l’art du feu et, ce que nous avons mangé, et non dégusté, valait vraiment le déplacement. Comme vous le savez je ne suis pas un adepte forcené des accords mets-vins mais au Braisenville l’alliance fut parfaite avec les vins du Château de Saint Martin. Deux plats furent au-dessus du lot : le Quasi de Veau de lait épinard, gingembre, radis, miso et le Magret de Canard des Landes, panais, chutney poire-raisin. J’avoue n’avoir pas bien compris comment le quasi de veau avait été cuit, on m’a dit au sel (pas à la croûte de sel), mais c’était d’une tendreté et d’une douceur que je n’avais jamais rencontré. Étonnant ! Excellent ! J’étais conquis. Le château de St Martin rosé 2011, lui aussi tout en tendreté et en raffinement, apportait sa délicatesse et sa fraîcheur à ce quasi de veau venu d’ailleurs.


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Mais ce n’était pas tout, votre Taulier pas encore revenu  de son extase allait avoisiner l’épectase avec le Magret de Canard des Landes. Trouver les mots justes pour lui c’est risquer, soit de rester dans la retenue pour ne pas verser dans le dithyrambe qui ferait ricaner les abonnés aux ricanements, soit au contraire se laisser aller à un pur et frais enthousiasme au risque de faire ricaner les mêmes. Alors peu me chaut je le dis tout net : jamais de ma vie je n’ai mangé un magret de canard aussi gouteux, aussi braisé en respectant la chair, aussi craquant, aussi croustillant, de l’or gras en bouche d’une longueur, d’une ampleur époustouflante, bluffé votre taulier qui rendait les armes. Du sang à la Une, et même si ce ne fut pas un canard de Challans au sang de la Tour d’Argent Gabrielle ce magret braisé méritait, appelait un grand rouge.

 

Et c’est là que les Athéniens s’atteignirent car la Provence qui ne s’affiche plus qu’en rose, surfant à juste raison sur la tendance, sait faire de beaux et grands vins rouges. À force de hucher (*Crier pour appeler quelqu'un) à la cantonade « rosé, rosé, rosé… » le peuple des bons buveurs en arriverait à oublier qu’à l’Est de notre Sud se nichent de grands terroirs de rouges. N’étant ni géologue, ni climatologue, ne comprenant goutte à l’ampélographie, j’ai tout de même noté sous la plume de Louis Latour que « contrairement à une idée reçue, le choix le plus d’un « site de terroir », adéquat à un projet viticole ambitieux, ne présente pas de difficultés insurmontables. L’œil exercé du vigneron repère très aisément les meilleurs emplacements, comme le prouvent les expériences anciennes et récentes qui conduisent très souvent à d’étonnants succès œnologiques. S’il ne peut deviner à l’avance quel sera exactement le résultat de ses efforts d’implantation, le vigneron fondateur sait par expérience qu’en appliquant les principes définis il y a vingt siècles par les agronomes latins et réitérés dans tous les ouvrages spécialisés, il y a peu de chances de se tromper, car la problématique du site repose sur des exigences simples et faciles à mettre en pratique. Les difficultés commencent  plus tard, quand s’engage le dur parcours de la qualité. »


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L’Histoire a laissé sa trace sur les vignes du grand et beau domaine du château de Saint-Martin qui devint un prieuré viticole avec les moines de Lerins. Ils n’ont pas cultivés des vignes en ce lieu situé à la jonction de deux zones géologiques, composé d’argilo-calcaire de l’âge primaire. Du Xe au XVIIe ils posent les marques de l’avenir et construisent au XVe une extraordinaire cave souterraine creusée à même le roc où les vins peuvent vivre leurs premières années. Le flambeau a été repris au XVIIIe par la famille de la propriétaire actuelle, qui construit à cette époque le château. Le domaine a presque toujours été dirigé par des femmes, à une exception près le comte de Rohan Chabot, grande figure viticole, et grand-père d’Adeline de Barry. Le tout couronné par un arrêté du 20 juillet 1955 signé du Ministre de l’Agriculture conférant au Château de Saint-Martin le titre de « Cru Classé » ainsi qu’à 23 autres domaines.


Tout ça pour vous dire que les conditions essentielles, les fondamentaux pour faire naître un grand vin rouge sont réunis au Château de Saint-Martin, restait aux Hoirs* du comte E.  e Rohan-Chabot, Adeline du Barry en tête, et à son équipe à revisiter en permanence la tradition afin qu’elle vive, qu’elle s’insère dans l’esprit du temps. Il ne s’agit en aucun cas de céder à des modes ou de sacrifier à une quelconque modernité mais d’une certaine manière de dépasser les facilités, la grande maîtrise qu’a apporté la technologie. L’âme du vin naît de cette quête incessante de l’authenticité. (* héritiers).


Le vin étant vivant il créé parfois la surprise et ce soir-là pour des raisons techniques le grand rouge nous fit le coup de se trouver aux abonnés absents. Pour autant croyez-vous que votre Taulier s’en est trouvé démonté ? Bien sûr que non et un nouveau flacon monté en express lui permettait vendredi soir au débotté, sitôt dit sitôt réservé, de faire un refelemele en solitaire, vu que toutes ses copines avaient emplis leur carnet de bal, au Braisenville pour marier le fameux magret avec son cru classé rouge. C’était bondé. Je pris place au bar en un lieu où j’eus tout le loisir d’observer la fourmilière d’une clientèle jeune et joyeuse. Ça me donne envie d’écrire un roman. Bien évidemment je ne me suis pas contenté du seul remake magret je me suis tapé un vrai dîner avec les liquides sacrés qui vont avec mais ce n’est pas le lieu d’en parler dans cette chronique. J’y reviendrai.


Moi qui déteste « manger seul » au restaurant je ne me suis pas ennuyé car, juché sur mon tabouret, je pus observer la virtuosité du service, le savoir-faire du chef et de son équipe en cuisine, l’art et la manière de gérer le trop-plein. Bien sûr j’étais arrivé avec ma bouteille de château de Saint-Martin rouge Grande Réserve 2010 blottie dans mon beau sac. On me l’ouvrit et elle attendit patiemment son Magret. Le temps était suspendu et, tout en mangeant, j’avais le sentiment étrange de me trouver assis sur la rive d’une rivière dont les eaux me poussaient jusqu’à l’estuaire. Finitude paisible dépouillée de toute forme de regret, un dernier segment sur lequel ma liberté ne pourra plus être entravée par les contingences du quotidien. Écrire ! Je prends mon temps. Le Magret de ce soir n’a pas la même splendeur que celui du premier choc mais il procure de belles sensations et le château de Saint-Martin rouge Grande Réserve 2010 est pour lui un partenaire remarquable. Comme vous le savez je n’ai que peu de goût pour faire des phrases sur un vin. Le fait d’être seul présentait l’énorme avantage de ne subir aucune influence. Reste l’ambiance de l’heure plutôt imprégnée du contraste entre l’activité fébrile de la ruche, l’entrelacs des conversations, et ma sérénité intérieure. Que dire ? Que ce vin a le côté, que j’aime chez les vrais aristocrates, très de  Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, le prince Salina dans le Guépard, une élégance discrète, de la rectitude, une belle tenue, de l’allure, de la sobriété, avec lui nous ne sommes pas dans le paraître mais sur un territoire bien né, reste qu’une petite touche de fantaisie, le côté chemise ouverte sous la veste de tweed apporterait à l’ensemble un soupçon d’esprit du temps qui ne nuirait en rien à sa réelle élégance.   


Donc, sur mon tabouret du bord de bar, j’ai pris mon temps et, sans vouloir m’en gausser, j’ai pris le temps d’aller jusqu’au bout de ma démarche. Dans la corporation nous ne sommes pas très nombreux à peaufiner l’ouvrage. Bien m’en a pris. J’ai beaucoup appris. Après avoir réglé j’ai fait un bout de chemin à pied dans ce Pigalle qui n’est plus qu’un décor de carton-pâte pour touristes. J’ai renseigné une grande folle en pantalon-tube rouge avec un grand sac qui s’était égarée. Le métro la nuit. Assis. J’écris dans ma tête ma chronique « Vol chez Anselme Selosse et acte de vandalisme au domaine de Katie Jones à Tuchan : la vérification de la 3e loi fondamentale de la stupidité humaine » Avant de m’endormir je pense qu’il va me falloir demain matin retrouver le petit bouquin de Carlo M. Cipolla

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 07:00

En plein tsunami Cahuzac j’ai rameuté ma petite bande de vieux routiers pour faire le point de la situation. Leblond s’était joint à nous. Ambiance chaude nous carburions aux alcools forts. Ça fusait de partout mais le consensus se fit très vite sur la pusillanimité des journalistes français. Comme pour DSK le microcosme parisien bruissait du «beaucoup savaient», les bondes étaient ouvertes. Commençons par le gros maçon de Bauer, passé du rocardisme au sarkozysme via son officine sur la sécurité, qui glisse en off en souriant sous sa petite moustache « évidemment, qu’il a un compte en Suisse». Comme c’est un habitué de l'ombre il n’ignore rien des petits secrets qu’on échange entre initiés. Nous les soutiers savons bien que le journalisme dit d’investigation trouve sa matière plutôt dans les égouts qu’à la table des Ministres. Vient ensuite, Jujube qui, en bon ancien trostsko adore les ragots de la grande maison, aurait mis en garde François Hollande. On peut comprendre que celui-ci ait pris ça avec des pincettes. Bien évidemment, pour le Tout Paris, la rumeur d’un compte suisse devait courir les couloirs de la Direction centrale du renseignement intérieur mais le problème c’est que, comme souvent, personne n’a réussi à l’attraper. À ce compte-là s’il fallait tenir prendre pour argent comptant toutes les rumeurs qui courent à la DCRI il faudrait mettre sous les verrous un sacré paquet de monde. Note blanche or note blanche ? Manuel Valls dément. Reste Michel Gonelle, le mec de l’enregistrement où Jérôme Cahuzac dit que cela « l’emmerde » d’avoir un compte en Suisse, qui affirme « je sais de bonne source que ce compte, vraisemblablement en 2008, a fait l’objet d’un signalement de la part d’un officier de la Douane judiciaire. Signalement qui a ensuite été transmis aux services de renseignement. » Et puis y’a aussi Remy Garnier, l’inspecteur du fisc du cru, qui rappelle qu'en juin 2008 il avait adressé un mémoire à Éric Woerth, et comme il avait consulté le dossier fiscal de Jérôme Cahuzac il avait mentionné cette histoire de compte suisse non déclaré. Et c’est à ce niveau que tout se noue. En effet sans un rapport sur l’affaire de l’hippodrome de Compiègne rédigé par Philippe Terneyre, professeur de droit de l'université de Pau, à la demande de Cahuzac il n'y aurait peut-être jamais eu d'affaire Cahuzac... En effet, Fabrice Arfi, le journaliste de Mediapart, dit avoir commencé son enquête à partir de ce drôle de rapport commandé par Cahuzac à un prof de droit de ses amis qui donnait raison, au mépris des avis des meilleurs experts en droit forestier français, à Éric Woerth. Les mauvais esprits, et ils sont nombreux, pensent que les promus socialos de notre ancien président avaient des casseroles pour mieux les tenir. Par la queue bien sûr... ne riez pas Cahuzac a été trahi par son ex-femme.


Leblond, notre expert en ragoût politique était formel «  Tout ça, tout compte fait, n’a guère d’importance car nous ne sommes qu’au début d’une séquence où seule la donne politique peut calmer le jeu. Le pire est à venir ! Qu’Hollande, en bon mitterrandien ne veuille pas, à juste raison, agir sous la pression, c'est normal, mais il n'a plus de choix. L'agenda est pourri. Y'a le projet de loi sur le mariage homo au Sénat et ce n'est pas gagné. Pour en rajouter, et faire plaisir à Montebourg, y'a le dossier Ayraultport – Leblond à dessein marque bien le temps d’arrêt pour que nous goûtions le jeu de mots – où une commission des Sages doit rendre un avis. Si  c'est oui les Verts seront verts de rage, et si c'est non le père Ayrault baissera une fois de plus son pantalon. Moscovici freine à mort sur la croissance et je n’ai pas besoin de vous faire un dessin il va falloir trouver encore du flouz ou faire des économies. Puis y'a la meute, le roquet de Meaux, la grosse Marine et le Merluchon, qui cogne de plus en plus fort sur les socialos. Si le Cahuzac arrête de faire le con et lâche son siège de député la partielle de Villeneuve-sur-Lot tournera à la Bérézina pour le PS. Enfin, c’est couru d’avance, la nouvelle manifestation contre le mariage homo va virer à l'émeute. La radicalisation était déjà dans l’air. Adieu les poussettes et les chiarres, place aux nervis de la droite… »


-         Tu es bien gentil mon vieux Leblond mais qu’est-ce notre Président peut faire ? ironise Contrucci qui tire sur son Puros avec délectation.

-         Changer de gouvernement !

-         La belle jambe, ça ne changera rien à la donne mon pote. Changer quelques têtes ne calmera personne siffle Berlizot qui ne peut piffer Leblond.

-         Tu n’as pas tout à fait tort petite tête de Berlizot sauf ce que moi je recommande c’est d’aller chercher un  Premier Ministre auquel personne ne pense. Ça s’appelle mes amis prendre tout le monde à contre-pied.

-         Et tu le sors d’où ton nouveau Premier Ministre ? grinçait Berlizot.

-         Réfléchissez !

-         …

-         Un type incontestable, raide comme la justice, que même la droite ne pourra récuser…

-         S'il existait ça se saurait objecte Berlizot qui enrageait.

-         Moi je crois savoir à qui tu penses grommellait Merchandeau.

-         Alors là nous sommes sauvés si Merchandeau a trouvé lui aussi l’homme providentiel persiflait Contrucci en balançant un nuage de fumée.

-         Je suis peut-être con et j’ai la vue basse  mais j’ai été en 1981 l’officier de sécurité du président de l’Assemblée Nationale et…

-         Et ça te donne la révélation pépère, faut arrêter le délire bramait un Berlizot qui avait un peu trop liché de whisky.

-         Non sac à merde je n’ai aucune révélation mais comme je ne suis pas aussi con que j’en ai l’air je fais le rapport entre ce que dit Leblond et le gars qu’était directeur de cabinet du Mermaz qu’était aussi président du Conseil Général de l’Isère.

-         T’as trop bu Merchandeau glaviottait Berlizot.

-         C’est sans doute vrai mais Merchandeau a tout bon coupait Leblond.

-         …

-         Oui, moi, à la place de Hollande je nommerais Premier Ministre Didier Migaud le Premier Président de la Cour des Comptes et je lui demanderais de bâtir une équipe à quinze. Ça couperait la chique à la Droite, pour l’extrême-gauche de toute façon y’a pas de  solution qui lui convienne avec le jusqu’au-boutisme de Merluchon.

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 00:09

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Les gens du vin, les contemporains plus encore que les anciens, rattachent à juste raison les vignes à un terroir précis mais la délimitation de celui-ci va de la parcelle d’une demie ouvrée jusqu’à de vastes zones délimitées couvrant des centaines d’hectares qui furent la base territoriale des Appellations d’Origine Contrôlée. Plante pérenne la vigne s’accroche donc à un sol choisi par l’homme pour l’implanter pour des raisons tenant à son exposition, sa pente, sa nature, à l’hydrologie… et bien d’autres raisons tenant à la position géographique et à l’histoire du lieu. Le discours dominant chez les vignerons se rattache essentiellement à la nature des sols où croissent leurs vignes : il faut être calé en géologie pour les suivre. Normal me direz-vous car la vigne plonge ses racines dans le sol pour y puiser ses nutriments et l’eau nécessaire à sa vie. Je n’en disconviens pas mais je ne vais pas m’aventurer sur un terrain qui n’est pas le mien en glosant sur la photosynthèse en jouant au Nicolas Joly du pauvre. Mon propos est plus hétérodoxe car il nous ramène à l’homme replacé, lui aussi, dans son terroir d’origine mais en intégrant celui-ci dans la trajectoire de l’Histoire de son pays, de sa province, de son comtat, de son duché... À ne parler que de vieilles vignes, ce qui est très tendance, la jeune génération en oublie, mais l’a-t-elle appris ou lui a-t-on enseigné, les racines des hommes qui se sont accrochés, aussi bien que leurs ceps, à ce qu’ils considéraient être leur terre.


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Le texte qui suit, un très beau texte de Daniel Halévy, intellectuel parisien, écrit le 30 août 1907, alors qu’il rend visite à l’écrivain-paysan : Émile Guillaumin qui habite et habitera toute sa vie à Ygrande et qui a publié en 1904 chez Stock un roman qui eut du succès dans les milieux littéraires parisiens « La vie d’un simple » illustre mieux que je ne pourrais le faire mon approche. En peu de mots Halévy brosse un portrait saisissant de la France. C’est le tout début pour lui de ses Visites aux paysans du Centre, publiés chez Grasset en 1934, réédité par Bleu autour en 2012 28€. Lui, l’intellectuel parisien, « qui arrivait, vêtu très simplement de velours, les pieds en gros souliers, des bandes molletières enserrant ses jambes et un énorme havresac au dos. Une silhouette aussi surprenante ne pouvait passer dans les rues du village » écrira Camille Gagnon un érudit natif d’Ygrande. Halévy va faire de la géographie humaine, aller au-devant des hommes, plus particulièrement des métayers qui créeront le syndicat des travailleurs de la terre. Ce voyage dans les plis et les replis de ces provinces retirées,  comme un « flâneur qui se renseigne » aide à mieux comprendre les modes de faire-valoir, la propriété du sol, les rapports de dépendance, la valeur travail, la fierté de ces métayers encore soumis à l’impôt colonique et à la rapacité des fermiers-généraux qui disent aux propriétaires vivant à la ville « donnez-moi toutes vos terres à ferme ; je vous ôterai le souci, le travail, faites-moi un bon prix. »,  le climat social dans nos provinces et plus particulièrement le voisinage de l’urbain et du terrien, le commerçant, l’artisan et le paysan auquel vient se rajouter avec la Révolution industrielle l’ouvrier.


Même si pour beaucoup de jeunes gens ce retour à la compréhension de ce grand virage du XIXe au XXe siècle, la France paysanne qui va s’estomper pour laisser la place à une France sans paysans, peut paraître être à jamais englouti, effacé, que tout commence presqu’avec eux, il n’en reste pas moins vrai que, tout autant que les vignes qu’ils chérissent, l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont fait de la France un grand jardin cultivé, avec une précision, une minutie, un acharnement journalier est le véritable ADN du terroir. Pour autant, il ne s’agit pas de verser, comme l’a fait Daniel Halévy sur la fin de sa vie, dans l’idéologie qui a présidée au régime de Vichy, la terre qui ne ment pas. Simplement, dans la recherche d’une nouvelle identité paysanne, vigneronne, retrouver le sens de la communauté, du bien commun, de la fierté du bien faire. C’est à la fois la France vu d’en haut et d’au plus près des hommes, un Google Maps où la chair et la sueur, les rires et les pleurs, le temps pris ensemble fait partie intégrante du logiciel.


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Le lieu d’abord :


« …Vous savez combien mon goût est vif pour ces provinces retirées, le Berry, le Bourbonnais. J’aime leurs villes, riantes comme des jardins, et qui semblent s’offrir au voyageur qui passe ; j’aime leurs horizons bas, leurs habitants courtois. On oublierait, à vivre ici, que la vie est chose brutale. Toute la France du Nord est marquée par la guerre : de Lorraine en Picardie, c’est un rempart de places fortes. Le Rhône impérial possède, comme le Rhin, sa garde de citadelles, et la Provence, comme la Toscane, montre ses villes crénelées. Le Languedoc est armé sur toutes ses frontières contre l’atroce ennemi, le roi de France. Des murailles de Carcassonne aux forteresses du Quercy, il attende toujours la bataille. Mais le Bourbonnais, le Berry n’ont jamais éprouvé la guerre. Les turbulents du nord et du midi, Goths, Arabes, Armagnacs, Bourguignons, Anglais de sir John Talbot, Bretons de Dugesclin, Prussiens de Frédéric-Charles, n’ont jamais de ce côté cherché passage : le Morvan granitique, les marais de Sologne, la Loire et l’Allier avec leur double cours, détournaient leurs armées, et les massifs d’Auvergne se dressent en arrière. Le Bourbonnais, le Berry, dont les pentes au bas de ce haut mur, sont des provinces paresseuses qui ont tiédeur, un parfum d’espalier... »


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Les hommes ensuite :


« Les travailleurs qui se groupent ici sont des métayers. C’est un fait nouveau. Il existe dans le midi de la France et dans la Brie, des syndicats de journaliers, ouvriers des champs qui travaillent la terre comme l’ouvrier de la ville travaille le fer, le cuir, le bois, et vivant au jour le jour du salaire de leurs bras (…) Le métayer est une sorte de contremaître que le propriétaire installe sur sa terre. Il exécute les besognes. En fin d’année, les fruits de toute sorte sont comptés. Deux parts sont faites : l’une va au propriétaire, l’autre est laissée au métayer. Il n’y a pas de salaire fixe. La fortune du maître et la sienne sont liées : on a pu dire, en ce sens que le métayage était une association. Ce n’est qu’un mot. Deux hommes de force très inégale ne peuvent être associés. Il est inévitable que l’un soit le maître et l’autre serviteur.

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Quelle est la demande de ces métayers ?Je dirais volontiers : ils demandent le métayage. « Le régime de la culture à mi-fruit est excellent, leur dit-on. Eh bien, disent-ils, nous le réclamons. Nous tenons une apparence. Nous voulons une réalité. »

Une apparence disons-nous. Assurez-vous-en. Lisez ce bail. Il est d’une commune voisine, Francheresse, et de date récente, février 1899. Il en est de plus favorables. Il en est aussi de plus durs. D’ailleurs, ils se ressemblent tous, favorables ou durs, et pourrez, d’après celui-ci juger l’institution.


Lisons. Premier point : une réserve, deux réserves. Le bailleur garde son droit de chasse sous peine de renvoie immédiat. Il garde aussi le grenier régnant sur une partie de maison.

Poursuivons. Voici les conditions générales :


« Les preneurs s’engagent à ne réclamer aucune réparation en cours de bail. – Le bailleur se réserve le droit, et sans rétribution, d’envoyer deux vaches dans les prés ou champs du domaine pour lui ou les gens de sa réserve. »


Sans doute vous ne comprenez pas ce dernier mot. On appelle, en Bourgogne, réserve du maître, la terre qu’il ne loue pas, mais retient pour son usage personnel, en la faisant cultiver gratuitement par ses métayers et leurs gens. Or, suivons. »


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 09:54

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L’un, Anselme Selosse, est très connu  dans une appellation phare : le champagne, l’autre, Katie Jones, est une modeste vigneronne dans une région qui souffre de son manque de notoriété, mais ça ne change rien au fond de l’affaire. Ce qui est important c’est que pour le premier il s’agit d’un cambriolage dans la nuit du 21 au 22 mars où quelque 3.700 bouteilles de champagne de la prestigieuse marque « Jacques Selosse » à Avize (Marne) pour un préjudice estimé à 300.000 euros. « Les cambrioleurs, probablement des professionnels bien renseignés, ont emporté dans un grand camion huit palettes de vin entreposées dans un cellier dont sept devaient être prochainement expédiées vers le Japon et les États-Unis », a expliqué à l'Afp Anselme Selosse. Selon le vigneron, 16.000 étiquettes et 12.000 collerettes ont également été dérobées par les malfaiteurs qui ont utilisé des bombes de déodorant alcoolisé et du produit vaisselle pour effacer d'éventuelles traces Adn ou palmaires. « Ce vol ne va pas du tout mettre en péril mon activité mais la disparition des pièces d'habillage me fait craindre la mise en place prochainement d'un atelier de contrefaçon », s'est inquiété Anselme Selosse.


Pour la seconde, à Tuchan, rue du Vatican c’est un acte de malveillance d’une violence rare, rien de volé, rien de cassé mais deux cuves de vin blanc ont été ouvertes et vidées. « Dimanche dernier, de retour du salon Prowein, Katie Jones fait une visite de sa petite cave de Tuchan. Elle s'apprête à faire déguster son blanc, va directement à la cuve où son 100 % grenache gris est prêt à être mis en bouteille, tourne le robinet, et rien. Elle va à la cuve d'à côté, rien non plus. Il lui faut un moment pour réaliser. Les cuves sont vides. « Les vannes des deux cuves étaient ouvertes, tout est parti dans le caniveau, c'est une catastrophe », explique la vigneronne qui fait son vin depuis 4 ans. Un an de travail réduit à néant. Le domaine Jones réalise une petite production de 20 000 bouteilles par an. Ces deux petites cuves de 15 hectos chacune représentent cependant 25 % de sa production, un blanc déjà plusieurs fois médaillé dont la totalité était déjà vendue. « Perdre son vin juste après un an de travail en cave, sans parler de tout le travail à la vigne, il s'agit de vieux cépages avec de petits rendements sur le terroir de Maury, c'est très dur à encaisser », confie-t-elle. Les deux cuves avaient été sorties dans la cour de la cave pour se stabiliser, la mise en bouteille était programmée mercredi. Les deux vannes ont été tournées en quelques minutes. Un vrai jeu d'enfant pour les auteurs de cet acte de vandalisme qui, en s'en prenant ainsi au travail du vigneron, s'en prenne directement à sa personne pour délivrer un message on ne peut plus explicite qui fait penser à une méthode d'intimidation ou de règlement de compte. » Source l’Indépendant.


Face à autant de de bêtise, de lâcheté, de méchanceté mais aussi stupidité de la part de celui ou de ceux qui ont ouverts les vannes on reste stupéfait, abasourdi, mais on peut aussi se remémorer  ce qu’écrivait Carlo M. Cipolla dans Les lois fondamentales de la stupidité humaine

 

« L’individu stupide est le type d’individu le plus dangereux. »


Il s’agit de la Troisième Loi fondamentale : « Est stupide celui qui entraîne une perte pour un autre individu ou pour un groupe d’autres individus, tout en n’en tirant lui-même aucun bénéfice et en s’infligeant éventuellement des pertes. »


Cipolla souligne que les esprits rationnels découvrent cette Troisième Loi ils réagissent instinctivement avec scepticisme et incrédulité. Comment en effet concevoir et comprendre les comportements déraisonnables. Comme sa Troisième Loi « part du principe que l’humanité se divise en 4 grandes catégories : les crétins, les gens intelligents, les bandits et les êtres stupides, il en renvient au pragmatisme du quotidien.


-         « Nous avons tous le souvenirs d’occasions où un individu a accompli une action qui lui a valu un gain et qui nous a causé une perte : nous avions affaire à un bandit.


-         Nous nous rappelons aussi certains incidents lors desquels un individu a accompli une action qui entraînait une perte pour lui-même et un gain pour nous : nous avions affaire à un crétin.


-         Nous nous remémorons des cas où un individu a agi de manière à procurer un bénéfice à tous les intéressés : c’était un être intelligent.


-         Ces cas se produisent, en effet, mais tout bien réfléchi, il faut avouer qu’ils ne sont pas légion dans notre vie de tous les jours. Notre quotidien est surtout fait d’incidents qui nous font perdre de l’argent, et/ou du temps, et/ou de l’énergie, et/ou notre appétit, notre gaieté et notre santé, en raison de l’action improbable d’une créature ridicule qui n’a rien à gagner et qui ne gagne effectivement rien à nous causer de l’embarras, des difficultés ou du mal. Personne ne sait, ne comprend ni ne peut expliquer pourquoi cette créature ridicule agit ainsi. En réalité, il n’y a pas d’explication ou, mieux encore, il n’y qu’une explication : l’individu en question est stupide. »


Au-delà de ce constat reste à soutenir, pas seulement par les mots, Katie Jones. La solidarité c’est simple comme un geste simple : je propose que Vincent Pousson, celui par qui la nouvelle nous est arrivé, nous mijote – c’est un grand mijoteur – une étiquette : une bouteille pour Katie Jones, qui pourrait servir de base à ce geste simple qui bien sûr irait puiser au fond de notre poche. Au boulot Pousson ça te changera des travelos de Barcelone link. Merci !

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 00:09

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Votre Taulier porte ici sa casquette de passeur d’informations à ses chers lecteurs, plus particulièrement à ceux du Languedoc-Roussillon. Il ne se sent ni mandaté, ni qualifié ni pour encenser, ni pour critiquer les grandes lignes du plan « Quelle viticulture durable à l'échelle des années 2020 ? » présenté par Bernard Devic, président de la fédération InterSud à la presse qui devrait être proposé au vote du Conseil de Bassin de juin prochain.


Des 4 scénarii proposés par l'étude prospective d'un groupe de chercheurs de SupAgro et de l'Inra link les représentants du Conseil de bassin, après s’être réuni une fois par trimestre en préfecture de région link, ont dessiné une stratégie pour le Languedoc-Roussillon en choisissant la filière plurielle basée sur le principe : « L'union fait la force » 15 actions  devraient concrétiser la stratégie choisie.


Celle-ci repose sur 5 piliers :


1-       Revenu décent Avant toute chose, asseoir la viticulture de la région sur de longues années et assurer la pérennité du vignoble, passe par une viticulture rentable pour l'exploitant. Ce qui suppose un revenu à l'hectare de 5 000 euros minimum hors vinification. C'est la condition à respecter pour assurer le renouvellement indispensable des générations des vignerons sur des exploitations qui resteront mixtes.

 

2-     Rendements réglementés Soumise à l'équilibre de l'offre et de la demande, la viticulture ne saurait se passer de réglementation sur les rendements, car elle permet d'éviter les basculements annuels de volume d'une catégorie dans une autre, (de l'appellation sur les vins de pays ou sur les vins sans indication géographique). Pour ces derniers, il faut imposer un rendement maximum sur les exploitations mixtes à un niveau de 130 hl/ha car l'obtention des droits de plantation pour les vins sans indication géographique nécessite cette régulation. « Il faut introduire des cépages dont on est sûr qu'ils trouvent des débouchés commerciaux », souligne Bernard Devic, qui, au titre de président d'Intersud siège en conseil de bassin.

 

3-     Réguler le marché des vins à indication géo « Toutes les réussites commerciales s'établissent à la fois sur l'origine du vin et sur la maîtrise de l'offre et de la demande », spécifie Bernard Devic qui insiste sur cet impératif de régulation des appellations et des vins à indication géographique protégée, tant au niveau régional que national.

 

4-      Positionnement et communication Continuer à regrouper les vins sur un même étal en grande surface pour éclairer le consommateur. La communication diffère selon le produit : « On ne parle pas de la même façon d'un vin doux naturel et d'un vin de pays des côtes de Thongue », cite également Bernard Devic, mais il faut créer des campagnes fédérées sur certains pays.

 

 

5-     Mobilisation des acteurs régionaux "Notre faiblesse, c'est que nous manquons d'acteurs qui travaillent sur la valeur ajoutée, des metteurs en marché". La réussite d'un plan stratégique régional passera par une collaboration commune impliquant l'ensemble des acteurs.

Donc CAP 2020 !

« Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Guillaume d'Orange


Votre Taulier fait une proposition au président d’InterSud, Bernard Devic, de venir sur son « espace de liberté » nous exposer d’une manière un peu plus opérationnelle ce que ce Plan  stratégique Quelle viticulture durable pour le Languedoc-Roussillon à l'échelle des années 2020 ?

Merci à lui pour sa disponibilité.

En bonus lire Vin et pesticides, la loi du silence dans M le magazine du Monde | 05.04.2013  de JP Géné link 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:00

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Tout ce qui va suivre concerne le vin, « Comment le petit Nicolas est devenu un géant du vin » et « Initiez-vous à l’art subtil de la dégustation du vin » mais j’ai préféré afficher, allez savoir pourquoi, une dédicace tirée de la plume ironique de Francis Picabia « la propreté est le luxe du pauvre, soyez sale » qui ajoutait aussi « Si vous voulez avoir des idées propres, changez-en comme de chemise. »


Comme ces derniers jours j’étais d’humeur sombre j’avais décidé pour me détendre de tirer le portrait de comportements qui se généralisent sur le Net sous le titre « Mademoiselle t’as tout bon, monsieur t’as tout faux et madame qui a le délirium très mince… » et puis je me suis dit que j’allais faire du Morandini ou de l’Apathie et, qu’en dehors de notre petite faune de blogueurs, la plupart d’entre vous s’en tamponneraient la coquillette.  Donc : poubelle ! Une seule remarque pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce titre, il ne donnait aucune orientation sexuée à mes propos, simplement la langue française distingue la demoiselle de la dame alors que le monsieur est invariant. Vous pouvez donc à votre guise remplacer mademoiselle par monsieur ou madame, et madame par monsieur ou mademoiselle et monsieur par mademoiselle ou madame.


Allais-je vous proposer un écran blanc avec la mire comme au bon vieux temps de l’ORTF ? Sans regret je décidais d’aller me coucher : demain il ferait jour. Au lever tombait dans ma boîte ceci : « Initiez-vous à l’art subtil de la dégustation du vin »link Alors je me suis dit, même si ce n’est pas ma tasse de thé, je vais leur proposer comme ça ils ne diront pas que le vin n’intéresse pas les médias.


Et puis mon œil acéré  est tombé sur un autre article publié en fin d’année dernière « Comment le petit Nicolas est devenu un géant du vin »link Pour sûr un papier qui va plonger Antonin et Eva dans une profonde joie. Je cite « Chez Nicolas, on ne badine pas avec les consignes. C’est d’ailleurs l’un des secrets du plus célèbre caviste de France : une organisation ultra centralisée, quasi militaire, calquée sur celle de la grande distribution. Et tant pis si cette mécanique bien rodée lui vaut le dédain de bon nombre d’œnophiles et autres amoureux du terroir, qui fustigent ces «supermarchés déguisés en petits marchands de vin». A 190 ans, la maison n’a plus à faire ses preuves. Avec ses 466 boutiques, Nicolas accapare à lui seul 10% des ventes réalisées par les 10 000 cavistes de France. Soit 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011 pour un bénéfice opérationnel de 13,6 millions. Une belle résistance, tandis que les Carrefour, Monoprix ou Casino sont partis à l’assaut des centres villes en multipliant les petits supermarchés aux rayons vins de plus en plus étoffés. «C’est une ­bataille difficile, concède Eudes Morgan, directeur général France et ancien caviste à Poitiers. Mais nous comptons bien la gagner.»


À côté des grosses cylindrées voici l’AOC Haut-Poitou : un vin bien de chez nous link

 

Alerte le Monde : Paradis fiscaux : deux banques françaises épinglées

Des documents auxquels "Le Monde" a eu accès révèlent comment le Crédit agricole et BNP Paribas ont facilité l'ouverture de sociétés offshore pour des clients en quête de confidentialité.

Le bon  sens près de chez vous quoi et vive le mutualisme !

 

Enfin, pour terminer je ne résiste pas au plaisir de publier un courrier que j’ai reçu qui devrait lui aussi donner le sourire à David Cobbold et à tous ceux qui adorent la musique d’ambiance dans les restaurants.


À l'intention de la Direction du Restaurant,

 

Madame, Monsieur,


easytrax-music.com est un répertoire musical professionnel sans SACEM ni SPRE pour les restaurants et les espaces d'accueil. Musique Lounge bar, ou musique jazz et romantique esprit Hollywood films, notre répertoire est créé pour les restaurants et les bars.


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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 00:09

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Convoquer en exergue d’un rapport parlementaire de MM. Lambert et Boulard, qui n’appartiennent pas à la même crèmerie politique, sur l'inflation normative crayon de Plantu, et le quadruple patronage de Montaigne, Montesquieu, Saint Just et Pierre Dac donne envie. C’est une manière très taulière de traiter un sujet grave sans se la jouer austère. Si vous avez du temps feuilletez ou lisez ce RAPPORT de la MISSION de LUTTE CONTRE l’INFLATION NORMATIVE link

 

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Alain Lambert est juriste de formation. Il entre dans l'univers des Finances publiques, au Parlement, puis au Gouvernement. Il est avec Didier Migaud co-fondateur de la LOLF, notre Constitution financière.


Il travaille sur le sujet des normes depuis 5 ans. Sa conviction profonde est que la France s'est abandonnée à une forme de délire normatif. Qu'elle en est gravement malade, et, sans choc salvateur, elle pourrait en périr. Alain Lambert est un grand admirateur de Jean-Etienne-Marie Portalis qui disait au législateur : " les lois sont faites pour les hommes, et non les hommes pour les lois "


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Jean-Claude Boulard a eu la chance, avant de faire l’ENA, d’être élevé par des marchands de vaches dont la seule norme était le respect de la parole donnée. Lorsqu'ils s'engageaient à vendre du bœuf...c'était du bœuf.


Pour avancer dans la vie, ils lui ont délivré un conseil : "n’oublie jamais, petit gars, qu’il n’y a que ceux qui demandent à qui on refuse". Grâce à ce conseil, Jean-Claude Boulard a pu, parfois sans délai, sans autorisation, sans schéma directeur préalable et sans étude d’impact, prendre des décisions utiles à ses concitoyens.


Il souhaite que le travail sur les normes réalisé avec son ami Alain Lambert puisse rouvrir cet horizon : agir vite dans l'intérêt général.


Le rapport est mis sous le quadruple patronage de Montaigne, Montesquieu, Saint Just et Pierre Dac.


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"Nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde ...

Les lois les plus désirables ce sont les plus rares"

Montaigne


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"Les lois inutiles affaiblissent les lois essentielles"

Montesquieu


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"On ne gouverne pas sans laconisme"

 Saint Just


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- Pouvez-vous détecter les normes absurdes ?

- Je le peux.

- Vous pouvez vraiment le faire ?

- Oui…

- Il peut le faire ! Alors on l’applaudit très fort !

Pierre Dac

 

Pour ce qui nous concerne, n’applaudissez pas trop vite… Attendez d’avoir lu le rapport.

 

Introduction


Redonner à la France de la compétitivité ne concerne pas seulement son économie, mais également son droit dans un pays où, du fait de l’accumulation des normes et de la complexité des procédures, le temps des papiers se révèle plus long que le temps des chantiers.


Ce constat est révélateur du passage progressif d’un État de droit à un état de paralysie par le droit.


Cette situation exige un choc de compétitivité juridique.


Desserrer les contraintes, accroître la réactivité, réduire les délais d’instruction, retrouver des marges d’initiatives, alléger le coût des règles, rétablir le goût du risque passe par le traitement d’une pandémie grave : l’incontinence normative qui a progressivement freiné l’action, rendu plus difficile l’innovation, absorbé l’énergie créatrice.


Dans une de ses formes les plus pernicieuses, elle a même contaminé les chemins de la connaissance en les normant par une loi comme celle de la bio éthique au risque de provoquer un retard dans la recherche génétique française.


L’épidémie a été relancée par le principe de précaution qui fonde une société peureuse, frileuse, paralysée par l’obsession de prévenir tous les aléas.


Il y a urgence à traiter la maladie, car le risque est grand de la voir s’aggraver. En effet, lorsque la puissance publique n’a plus beaucoup de moyens financiers, elle est, par compensation, tentée d’agir par prescriptions d’autant plus facilement que le prescripteur n’est pas le payeur.


Ce constat sur les dangers de l’inflation normative unanimement partagé s’accompagne d’un constat, aussi unanime, d’impuissance à endiguer le phénomène.


Le moment est pourtant venu de rompre avec une évolution qui conduit à la paralysie. Ce moment est pertinent alors que les moyens financiers des collectivités locales vont diminuer. La préservation de leur marge d’action implique un allègement des charges et des délais normatifs qui leur sont imposés.


Le moment est décisif aussi pour les acteurs économiques afin de libérer leurs forces d’initiative, d’innovation, de création de richesses. Il ne s’agit, bien sûr, pas de prôner une dérégulation générale dont les dangers en économie ont été démontrés. Une société a besoin de normes, mais il en est des normes comme du poivre et du sel. Leur absence comme leur excès rend le tout inconsommable. Il nous faut retrouver, là comme ailleurs, le sens des proportions.


Il faut desserrer les freins et même accepter des espaces hors normes, condition de la recherche et de la créativité.


Pour donner l’exemple, nous avons tenté une démarche un peu hors normes.


Nous avons filé la métaphore sur la chasse en usant du permis que nous a accordé le Premier Ministre.


Plantu a bien voulu mettre son humour poétique au service d'une grande première : illustrer un rapport de la République. Le précédent est pertinent. Le Journal Officiel mériterait lui aussi d’être imagé pour le rendre plus lisible et plus attractif.


Dans la continuité de Montaigne et Montesquieu, il a placé au fronton de son Assemblée Nationale la formule essentielle : " Trop de loi tue la loi "


Nous avons, avec son aide, cherché à mettre l’humour de notre côté en espérant que, si le ridicule tue, il puisse avoir raison de quelques normes absurdes.


Pour que notre rapport ne soit pas un rapport de plus, il ne faut pas seulement sa prise en considération par les pouvoirs publics. Il faut une prise en charge de la démarche par la société tout entière. Tous les acteurs concernés doivent se mettre en mouvement pour diffuser une nouvelle culture afin de passer de l’intégrisme à l’assouplissement normatif.


Il s’agit de secouer notre droit pour… se redonner les droits d’agir.


C’est pourquoi nous proposons d’alléger le stock de normes et d’endiguer leur flux.

 

 

 

 

 

 

 

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