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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 00:09

Ce qui frappe et intrigue le plus chez Emmanuel Giraud c’est la gourmandise de son regard, derrière ses petites lunettes les yeux pétillent, salivent, croquent au sens du dessinateur et du chroniqueur, comme si, vous prenant pour un castraure de San Érasmo, avec délicatesse, il allait vous effeuiller. Jamais en reste d’une nouvelle idée, d’un projet loufoque, d’une installation ébouriffante, cet esthète discret toujours en quête du beau et du bon, lève le voile dans un petit opus  EXCÈS publié aux Éditions de l’Épure 7 € son goût immodéré pour le gras, le juteux, le fumant, le croustillant, le voluptueux.


photoExces.JPG 

L’Emmanuel sait aussi être rosse et sarcastique, dans la préface sa plume est aussi acérée qu’un couteau à désosser. Pas de quartier pour les pharisiens de la bonne chère, ces « rédactrices de mode (qui) gloussent à longueur d’éditoriaux sur la dernière couleur en vogue pour le glaçage des cupcakes ». Sans pitié pour « les coiffeuses de Maubeuge et les mécanos de la Ciotat (qui) rêvent de « changer la vie » en ouvrant un sushi-bar en prime time » Compatissant pour ces innocents libraires qui, chaque jour, « meurent  sous le poids de rayonnages effondrés où s’entassent de toujours plus nombreuses, toujours plus encombrantes et toujours plus inutiles encyclopédies des soupes et des salades. »


Avouez que c’est roboratif, que notre Emmanuel il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il hache menu, avec une belle dextérité, la critique gastronomique qui « se vomit proprement en cent quarante signes sur Twitter ». Il taille en pièces fines, j’oserais même écrire qu’il escalope « les blogueuses anorexiques (qui) s’extasient sur la burrata allégé au yuzu. » Il offre au grill, à la puissance du feu, avec délectation, les Inquisiteurs « du nouveau clergé bio, végétalien et bien-pensant » pour qui la dégustation d’une « entrecôte divinement persillée […] est un crime passible des pires outrages. »


Bref, c’est une belle charge avec tous les excès d’une charge, une bonne dose de mauvaise foi parfois, mais Dieu que c’est bon  de voir se lever dans l’actuelle bien-pensance, le fade du sanitairement correct, le gris de l’hygiénisme sournois, la débilité des slogans dit de Santé Publique, un héraut du plaisir, de la gourmandise, de la jouissance. Sa citation de Saint-John Perse, qui ouvre le bal, donne le ton « Malheur aux incertains et aux parcimonieux !  On périt par défaut bien plus que par excès »


Mais Emmanuel j’ai tout de même envie de mettre mon grain de sel sur ton éloge de l’EXCÈS. Ta contre-offensive radicale contre les chantres de la sobriété a beaucoup de charme, elle est vaillante même flamboyante, elle ne fait pas de quartier, mais elle se jette un peu trop facilement dans la gueule du loup en prenant le risque de se voir encerclée par les bataillons des « inquisiteurs du diétiquement correct ». Ces gens-là n’attendent que cela pour nous clouer au pilori, nous exposer sur la place de grève avec autour du cou une pancarte énumérant les chiffres affreux de la Sécurité Sociale. Moi je n’ai pas envie de leur offrir ce plaisir à ces minables.


La satiété est mon principe de vie car je n’ai nulle envie d’entendre mon ventre crier famine après avoir croqué des lamelles de radis montées en pyramide avec une escalope de St Jacques au sommet constellée  de fines gouttelettes Aceto balsamico tradizionale di Modena. En revanche je n’ai nulle envie de me sentir lourdement repus, de sombrer dans une sieste postprandiale la bouche ouverte, de ronfler comme un sonneur de viole toute la nuit. Mes excès sont sélectifs, irrépressibles, monstrueux : je suis capable d’engloutir une platée de spaghettis qui ferait caler 2 ou 3 bons mangeurs ; je descends sans peine une ration de riz au lait nappé de chocolat qui mettrait en déroute un bataillon de sapeurs ; je dévore jusqu’à la dernière miette le Panforte que je viens tout juste d’acheter…  J’engloutis alors mais rien ne m’est plus désagréable que mon plaisir immédiat soit gâché par l’épreuve du lendemain. La nature m’a doté d’un appétit d’ogre mais mon corps consume sans trop d’effort, brûle et si je fais du vélo ce n’est pas pour faire du sport mais pour aérer mes neurones, me faire croquer de la vie. J’avoue n’être qu’un franc mangeur et buveur loin des paillettes, du paraître de beaucoup de gastronomes. La table est un lieu irremplaçable, qu’elle soit de formica dans une cuisine au 9 e sur cour ou nappée dans un établissement étoilée. Converser, échanger, manger aussi, passer du temps, prendre le temps est le meilleur rempart à cette fameuse obésité qui guette les enfouisseurs de pizzas vautrés sur leur canapé face à la télé.


Point trop de sel n’en faut, exhausser le goût simplement, le chroniqueur laudateur ne remplit pas sa fonction qui est de donner envie à ses lecteurs de se précipiter chez leur libraire pour acquérir, ici en l’occurrence le petit opus d’Emmanuel  Giraud EXCÈS. Alors allez-y sans crainte car notre pourfendeur défenseur de la liberté culinaire vous offre 10 recettes dont de goutteuses « Huîtres en gelée Tête de Veau » accompagnée d’un Melchisédech (30L) de champagne de la maison Drappier que vous sabrerez. link

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:00

Au temps héroïque du pensionnat la bouffe au réfectoire n’était ni très appétissante ni très équilibrée. C’était si dégueulasse qu’on ne se goinfrait pas et nous n’étions donc guère sujets à l’obésité. Au Resto-U c’était pire. Bref, nous étions baby-boomers aux portes de la société de consommation et bien évidemment nous pensions que nous allions voguer vers des rives où nos enfants allaient bien manger à la cantine.

morvan-2007-010.jpg

C’est le cas nous dit-on mais une tendance s’esquisse qui semble amplifier les mauvaises habitudes prises déjà à la maison par les adolescents devant les écrans TV ou du Net : la «junk-food» soit la malbouffe arrosée de soda.  Le snacking www.snacking.fr restauration rapide et nomade touche de plus en plus une population de jeunes à petit budget.


Les tendances s’esquissent toujours en creux et si on veut anticiper soit pour les amplifier ou les combattre il est nécessaire d’agir à la source. L’enquête de Que-Choisir est bien sûr limitée et parcellaire mais elle met le doigt sur ce que tout un chacun peut vérifier dans son quotidien. C’est important. C’est un vrai sujet pour nous qui défendons une conception du bien-vivre où l’alimentation, sa forme comme son contenu, tient une place importante.


« Dans 48 établissements secondaires (10 collèges et 38 lycées), la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie. Ils proposent des aliments déséquilibrés de type pizza-frites-gaufres ou panini-brownie-soda et sont implantés au cœur même des établissements, dans les mêmes locaux ou à proximité des cantines. 


Une bonne partie de ces stands sont sous la responsabilité de grands groupes de restauration scolaire». Note UFC-Que Choisir dans une « Etude sur l’équilibre nutritionnel dans les restaurants scolaires de 606 communes et établissements scolaires de France Mars 2013 »

Libération a noté :


« Les meilleurs élèves sont les cantines des écoles élémentaires publiques. En 2005, 20% d’entre elles n’avaient pas obtenu la moyenne. Sur les 384 écoles publiques de communes différentes étudiées cette année, la note moyenne s’élève à plus de 15/20. Les villes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Paris XVIe et Quimper (Finistère) sont en tête du classement.

Le «bonnet d’âne» revient au secteur privé. «Les écoles élémentaires obtiennent une moyenne de 11,3 soit 4 points de moins que dans le public et le secondaire obtient, lui, une moyenne d’à peine 10», poursuit-il, donnant l’exemple d’établissements qui «remplacent la viande rouge par une viande hachée bon marché».

Je vous propose :


1-               L’« Etude sur l’équilibre nutritionnel dans les restaurants scolaires de 606 communes et établissements scolaires de France Mars 2013 »link

 

2-             Des analyses de la presse :


Le Télégramme link

Libération link

Challenges link

La Dépêche link

 

 

 

 

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 00:09

Samedi dernier, dans la chaude ambiance des Gourmands Lisent à Besançon, Isabelle Perraud vigneronne avec son homme Bruno au Domaine des Côtes de la Molière link  s’étonnait que peu de ses collègues vigneronnes et vignerons aient saisi la perche tendue par le Taulier dans sa chronique « Le taulier qui n’est pas mou du genou fait une proposition indécente aux vignerons : venez faire de la réclame gratis sur Vin&Cie ! »link 

 

Sont timides sans doute, ou y z’ont trop à faire, y’a même un certain Etienne Sipp dont j’attends toujours la copie. Mais il en faut bien plus pour décourager votre Taulier qui, profitant de l’irruption du printemps, relance la mécanique debout sur les pédales en entonnant : « Au printemps, la mère ageasse, Au printemps, la mère ageasse, Fait son nid dans un buisson, La pibole, Fait son nid dans un buisson, Dret au bout de trois semaines, Dret au bout de trois semaines La pibole, Il est né un ageasson, Pibolons… » Les premières notes pour vous la mettre en tête ICI link


photopie--grieche.JPG

Ageasson, buissons (prononcer bouéssons) pibolons… ça rime pile poils avec vigneron !

 

Que cache cette vieille chanson printanière ?

 

Que du bon chers vigneronnes s et vignerons !

 

En effet vous êtes à nouveau invitésà venir crécher chez le Taulier pour faire de votre publicité sur mon « espace de liberté »

 

Hébergement gratuit bien sûr avec simplement une prime à l’inventivité, à l’humour, à la convivialité.

 

Je m’explique.

 

Mettez-vous  en  scène !

 

Voici le scénario :

 

Scène 1: Vous sonnez chez le Taulier, il ouvre et il vous découvre : une photo de vous et vos vins.

 

Scène 2: Comme on le fait en ce genre de circonstance : vous vous présentez, vous et vos vins…

 

Scène 3: une autre photo de chez vous originale.

 

En résumé : 1 photo de vous + 1 texte de 700 à 1000 signes + une photo de chez vous originale et le tour est joué ! Vous êtes publié sur mon espace de liberté…

 

Ne soyez pas timides, libérez-vous du qu’en dira-t-on, faites du Pousson, laissez-vous allez, faites comme si vous alliez à une fête, sans chichis, soyez vous-même, ne cherchez pas forcément à plaire, souriez : vous êtes filmés. Sachez que le Taulier saura aussi vous guider, vous aider à surmonter votre légitime pudeur et faire en sorte que vous vous sentiez à l’aise.

Pour clore cette chronique printanière sachez que cette vieille chanson est d'origine poitevine, dont les paroles françaises ont été créées vers 1730.


La pibole serait un instrument à vent qui ressemble à la cornemuse et dont on se servait pour accompagner les danses paysannes au XVIème et XVIIème siècle.

 

L'ageasse est la pie en patois poitevin (et probablement plus largement dans tous les pays de langue d'oïl). Ses petits sont des ageassons.

 

La photo est celle d'une pie-grièche écorcheur

 

Voici la suite de la chanson :


Quand le p'tit eut pris ses ailes

Quand le p'tit eut pris ses ailes

Il vola sur les maisons...

Il tomba dans  une église

Il tomba dans  une église

Dret au mitan du sermon...

M'sieur l'curé dit : Dominus...

Vobiscum dit l'ageasson...

Quelle est la fille qui jacasse...

Dit le curé aux garçons...

M'sieur l'curé c'est une ageasse...

Ou bien un p'tit ageasson...

Nous lui f'rons faire des guêtres...

Et des petits caleçons...

L'enverrons dans nos campagnes...

Pour y prêcher la mission…

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:00

Tout ce que je sais faire c’est vaguement cadrer, m’assurer de la netteté du sujet puis appuyer sur le petit bouton situé sur le haut de mon boitier LEICA V-LUX 20. Aucune prétention artistique, simplement la recherche du rendu de l’ambiance, de l’atmosphère, de l’esprit du lieu, pour moi la photo n’est là que pour illustrer pas pour faire du chichi ou mettre en avant une signature.


À deux reprises, alors que je ne faisais que publier pour illustrer une chronique, dont je n’étais pas l’auteur, un cliché que m’avait transmis le signataire de la chronique, je me suis fait avoiné. Sur le dit cliché s’étalait la tronche du signataire de la chronique, rien de plus rien de moins. Sans être une photo anthropométrique la reproduction du faciès ne présentait aucun caractère d’originalité patte d’un photographe pro. De plus, en l’absence de mention de celui-ci par l’envoyeur, bien sûr je publie car je suppose que la photo a été faite par la dulcinée, la belle-mère ou père, un passant ou je ne sais qui.


C’était sans compter avec l’ego de certaines ou de certains qui se vivent comme des artistes méconnus et qui rêvent sans doute de vivre de leurs droits d’auteur. Intervention publique, outrée, vindicative, quasi-menaçante et, en dépit de la protestation  de ma bonne foi, grande scène de l’acte 3 de la part d’une cireuse de pompes, bien connue des services du sieur Pousson qui a fait les frais de ses attaques sur un autre sujet, et d’un vague pékin se disant alter-vins, ne riez pas. Face à ce type de tempête dans un verre d’eau : exit la photo et de l’auteur  soi-disant ami sur Face de Bouc. Avant de se poser en victime, on s’informe, on se parle.


Reste que les vrais photographes, ceux qui vivent de leur travail de photographe, ont du souci à se faire car, dans la jungle du NET on ne sait plus qui est qui, quel cliché est protégé par un copyright.  Alors, en vertu du principe de précaution, pour ne pas me retrouver accusé d’avoir piraté un cliché dorénavant je m’abstiendrai de toute publication d’une photo qui ne sera pas de moi.


Mon blog est gratuit. Je ne tire donc aucun revenu de mes chroniques alors je ne vais pas m’exposer à des demandes de droits d’auteur, dont certaines pourraient être justifiées, mais dont la plupart relèvent du n’importe quoi. Simplement, je dis attention l’abus de l’utilisation des droits d’auteur sur le Net risque d’avoir un effet de tarissement des dits droits d’auteur. En dehors des publications people, des magazines de mode ou très spécialisées, la presse papier va mal et c’est elle qui donnait tout son lustre aux vrais et grands photographes. Jamais le Net ne permettra de générer une telle manne car la profusion produit de la banalisation.


Bref, ce ne sont pas des lignes Maginot illusoires qui permettront de faire émerger de nouveaux modèles économiques mais la capacité des acteurs à trouver des terrains d’entente pour que le travail des auteurs soit rétribué à sa juste valeur. Nous n’en prenons pas le chemin, loin s’en faut. La gratuité n’existe pas, il y a toujours quelqu’un qui raque à un moment ou à un autre. Les grands propriétaires des tuyaux du Net savent bien que sans contenu pertinent l’appétence baisse. Alors c’est la fuite en avant, le petit prédateur émergeant qui bouffe le vieux gavé et essoufflé est la règle. Monde d’images, déluge d’images captées par n’importe qui, n’importe où avec des outils à deux balles. Que sont devenus les grands reporters, les grandes baroudeurs, les correspondants de guerre… ? Ne reste plus que des « artistes » qui shootent des mannequins anorexiques, des paparazzis traquant les peoples, et quelques grognards qui vont se faire tuer en Syrie ou ailleurs, on se demande vraiment pourquoi.


Alors vous comprendrez pourquoi je ne vais pas me cailler le lait, je ne suis pas une vache à lait, à illustrer mes chroniques avec des clichés moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Dorénavant vous devrez vous contenter de mes piètres œuvres imagières. Bien sûr, tout principe subit des exceptions : il m’arrivera de mettre en lignes des photos de mes copines… ou de mes copains…

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à bientôt donc sur mes lignes et mes pauvres photos…

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 00:09

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Que François Audouze se rassure je n’ai ni le goût, ni l’envie, ni la compétence pour procéder à l’érection d’un quelconque palmarès des gens du vin. Alors, comme on me l’a objecté, pourquoi consacrer autant de temps à décortiquer celui de la RVF ? Tout bêtement parce qu’il est symptomatique du mode d’évolution de cette vieille maison qui a une forte propension à courir après la tendance.


Que dit-elle en effet pour fonder son palmarès ?


    - Sur quels critères avons-nous travaillé ?


« Il ne s’agissait pas pour nous de publier un énième classement des meilleurs vignerons, établi sur la qualité de leurs vins. Cela, nous le faisons tout au long de l’année. Il ne s’agissait pas non plus de hiérarchiser les acteurs du vin en fonction de leur seule fortune ou de leur chiffre d’affaires, car notre prisme n’est pas seulement économique. Nous avons préféré retenir un critère plus subtil, peut-être plus subjectif aussi, l’influence des personnalités et principaux acteurs du vin. »


-        Comment la définir ?


« Disons que l’influence, à nos yeux, associe un savoir-faire réel, une propension à la créativité et à l’innovation, la reconnaissance de ses pairs mais aussi et peut-être surtout de la communauté des amateurs, un rayonnement au moins régional mais plus souvent national, voire international. L’influence c’est enfin une certaine puissance, qu’elle soit économique, politique ou médiatique. »


Et c’est là que les Athéniens s’atteignirent car, si je suis, contrairement aux grands dégustateurs de la RVF, un bien piètre dégustateur, j’estime et j’assume en revanche, être un bon expert en influence. Et pourquoi ai-je cette prétention ? Tout bêtement parce que tout un temps j’ai vécu, contrairement aux gens de la RVF, dans les sphères économiques, politiques, médiatiques, où s’exerce le POUVOIR. C’est une frontière qu’aucun journaliste, aussi bien informé ou connivent soit-il, ne peut réellement franchir. Il s’en tient souvent à des images, à la superficie des hommes.


Les vrais influents sont le plus souvent des gens discrets. Ils ne courent pas les cocktails ou les réceptions, se contentant d’être des visiteurs du soir ou les hôtes forts respectueux de ceux qu’ils reçoivent pour agir sur leurs décisions. Les grands avocats, dits d’affaires, sont de ce calibre. Bien sûr, je ne vais pas m’amuser à citer des noms de personnes en activité car ce serai stupide et discourtois. Cependant, permettez-moi d’évoquer un des derniers grands capitaines d’industrie de ce pays, aujourd’hui disparu, créateur du groupe qu’on appelait à l’origine BSN-Gervais-Danone : Antoine Riboud que j’ai eu la chance de croiser dans ma vie professionnelle. Il fut, avec quelques autres, un homme d’influence dans le meilleur sens du terme et surtout un grand bâtisseur. Rares, très rares, les vrais gens d'influence...


Pour en revenir aux gens du vin classés par la RVF deux remarques qui, à mon sens, rendent l’exercice assez peu pertinent :


-               Tout d’abord, il est une évidence rarement soulignée c’est très souvent le patronyme du VIN qui est influent non pas ceux qui le font, en parlent, en vivent… Beaucoup de noms de personnalités citées sont totalement inconnues du grand public ou dans notre vaste monde alors qu’en revanche le nom de leur vin, lui, est dans le patrimoine collectif depuis des décennies. Un changement de propriétaire n’apporte, ni ne retranche à la notoriété d’un vin. La starification, le people, font certes vendre mais il ne s’agit en rien d’influence mais d’une saine gestion de son biseness.

 

-        En effet, à juste titre d’ailleurs, chacun travaille pour sa crèmerie, défend ses intérêts propres, et le monde du VIN en France est, sans contestation possible, le champion toutes catégories de la non-influence sur les sphères du pouvoir aussi bien économique que politique. Le fameux lobby du vin se résume en une brave amicale de parlementaires qui ont les pieds dans leur terroir. Sympathique certes mais à l’horizon de la défense des droits de plantation. Nous sommes vraiment très loin d’un groupe d’influence en capacité de peser, de faire bouger les lignes et ce n’est pas l’addition de fortes personnalités qui changera quoi que ce soit à l’affaire.


Bref, sans faire injure aux classés, dont la grande majorité sont sans aucun doute des gens qui comptent et qui pèsent, qui séduisent, qui sont de bons vignerons, il y a dans le palmarès de la RVF un petit côté grand fourre-tout attrape-tout. D’ailleurs son extension de 50 à l’origine à 100 et enfin à 200 en est la démonstration. Il faut ratisser large pour ne pas faire trop de mécontents. En étant un peu plus vulgaire je soulignerais en rouge que nos amis de la RVF mélangent joyeusement les choux et les carottes.


Moi ce qui m’intéresserait énormément pour ce genre d’exercice, si tant est qu’il puisse être jugé intéressant, c’est que ce palmarès de l’influence des gens du vin soit le fruit de regards extérieurs,  de ceux qui achètent le vin, distributeur de tout poils et client final, où qu’ils se trouvent, sur notre marché domestique comme sur la planète vin. En effet, ce qui compte vraiment c’est l’extension du domaine du vin et nos petits jeux de complaisance entre initiés n’ont qu’un intérêt très limité. Ceci écrit, je dois confesser, sans battre ma coulpe, que mes billets sur le palmarès de la RVF ont engrangés de très beaux scores. Merci à Denis Saverot pour ce soutien appuyé à mon audience donc à mon influence . Les blogueurs ne sont que des misérables confettis de couleurs mais que c’est chiant les confettis ça se fourre partout et ça se répand sur la descente de lit…Difficile de dire le lendemain matin à madame qu'on rentre d'une importante réunion qui a durée une éternité... Désolé pour cette image un peu éculée mais qui exprime assez bien la fonction des blogueurs en ce monde très convenable : mettre un peu d'ambiance.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:00

« L'avocat était célèbre, l'homme inconnu. Il ne laissait entrevoir qu'une passion pour l'opéra, les grands vins, la mer et le design. Des gouffres et de la solitude de sa vie, nul n'était autorisé à s'approcher. Dimanche, les mots les plus justes ont été ceux de son plus fidèle associé, Me Emmanuel Marsigny : « Olivier Metzner n'a pas su se défendre de lui-même. » Si vous souhaitez lire la suite allez sur ma page Facebook.


J’ai grand respect pour ceux qui mettent fin à leur jour. J’en ai bien peu pour ceux, les journalistes tout particulièrement, qui en cherchent et glosent sur les raisons ; voir ce qui s’écrit à propos du suicide du chef de Bernard Loiseau. Prétention que de vouloir pénétrer dans l’intime, dans le jardin d’intérieur de celle ou de celui qui a mis fin à ses jours.


« Dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 mars, Olivier Metzner est monté à bord de son bateau et s'est jeté à l'eau au large de l'île de Boëdic qu'il avait acquise dans le golfe du Morbihan. Son employé de maison a trouvé dimanche matin une lettre dans laquelle il indique dans les moindres détails ses dernières volontés. Olivier Metzner avait 63 ans »


Oui RESPECT à Me Olivier Metzner que je ne vous connaissais pas. Je m’incline face à son courage, je comprends son désarroi et je salue son choix d’homme libre…

 

« Un regard bleu vif derrière des lunettes demi-lune, un gros cigare dont il soufflait inlassablement la fumée au visage de ses interlocuteurs, et cette courtoisie sans faille qui faisait rempart »

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 00:09

photogourmands.JPGN’en déplaise à certains votre Taulier ne reste que très rarement les deux pieds dans le même sabot, surtout si ce sont ceux d’Hélène link   , il n’aime rien tant que de prendre sa petite auto pour filer, tous les jours que Dieu fait, qu’il neige, vente , pleuve, tonne, dans le moindre recoin de notre beau terroir que le monde entier nous envie afin de mettre son nez dans les verres emplis par de belles vigneronnes link et de gaillards vignerons.


Samedi donc, après un épisode neigeux tardif qui a mis sans-dessus-dessous le NO de notre vieux pays, n’écoutant que mon sens du devoir, j’embarquais dans mon automobile, comme il se doit à la station Glaciaire, la bien nommée, le jeune et fringant Théophile Milan link.Cap au Sud d’abord, l’autoroute du Soleil nous ouvrait les bras. Pendant ce temps-là la bande des 4 : Eva et Samia flanquées de leur moitié Antonin le preux et Laurent le magnifique, juste éveillée sirotait thé ou café.


Titine contente de sortir de son parking mangeait du kilomètre avec allégresse et entrain. Mais où allions-nous de si bon matin pour un samedi matin – 11 heures tout de même ? Voir les Bisontins qui, pour les petites louves et les petits loups, ne sont pas les derniers survivants peroxydés du Far-West américain, mais les habitants de la belle ville de Besançon fortifiée par ce cher Vauban (la construction de la citadelle coûta très cher, à tel point que Louis XIV aurait demandé si ses murailles n'étaient pas en or.) capitale de la Franche-Comté et du Doubs. Qu’allions-nous y faire ? Ça tout le monde le sait puisque les Tronches de Vie sont pires que les Huns et ce pauvre Attila se fait du mouron depuis que le Nicolas-Brion, Guillaume de son prénom, sème la terreur dans les châteaux de Bordeaux.


Mais n’allons point trop vite dans notre besogne nous ne sommes point des gens pressés. Sur le coup de midi la faim nous prit. Qu’allions nous faire face aux horreurs de la guerre de la bouffe autoroutière ? Prendre la tangente à la sortie AUXERRE. En trois coups de cuillère à pot nous roulions sur une de ces routes départementales chère à Jean Yanne pour joindre l’auberge des Grès à Lindry où officie Jérôme Bigot ICI link 

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Longue station où votre Taulier fut sobre comme un chameau, ou presque soit dans les limites imparties par la puissance publique. Pour plaire à notre Sonia, qui s’était fait portée pâle, nous bûmes auvergnat : Marie et Vincent Tricot.link Nous mangeâmes que du bon (voir ardoise) mais n’exerçant point l’éminente profession de critique gastronomique je ne vais pas vous faire un speech sur le contenu de nos assiettes. Ce que je puis vous dire c’est : allez-y ! C’était bourré, joyeux et ça vaut le léger détour. Mais nous, hommes de devoir, il nous fallait reprendre la route. À Beaune, cap à l’EST !


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Titine se prenait pour une petite folle et gambadait au travers des forêts jurassiques. Cinq heures sonnait à l’horloge lorsque nous abordâmes la descente par la rue de Vesoul en direction du cœur de la vieille ville de Besançon. J’avais le cœur serré car nous traversions Palente dont le nom, dans mon souvenir de vieux 68 ard, résonnait comme le temps des illusions perdus du PSU. Les jeunes louves et loups ne peuvent pas comprendre mon émotion qui se résume en trois petites lettres  frappées sur un petit cadran. Les vieux chevaux de retour, eux, comprendront.  Sans doute reviendrais-je sur cet épisode : nostalgie quand tu nous tiens.

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Besançon est sans-dessus-dessous pour cause de tramway mais Théo se révèle un habile navigateur. Nous débarquons sans encombre à quelques encablures des Gourmands Lisent où se tiennent les agapes vineuses des Tronches de Vins. Je ne vais vous faire énième dessin de ce futur best-seller mais vous proposer un patchwork de photos qui vous en diront bien plus que mes mots. C’était bien sûr bourré. Chaud bouillant. Nos cinq auteurs en quête de lecteurs - Antonin Iommi-Amunategui, Eva Robineau, Olivier Grosjean, Philippe Rapiteau et Guillaume Nicolas Brion flanqués de leurs éditrices vaquaient à leurs occupations.


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Les Gourmands Lisent c’est l’histoire de Julie, 31 ans, libraire depuis une douzaine d'années, passée par des librairies parisiennes et par l'édition et de Jérôme, 33 ans, ancien cadre à PSA, a décidé de mêler sa passion des bons produits (vins, bières et whiskies) à son travail en créant sa cave. « Ces deux-là forment un couple et ont réuni en 2010 leurs deux magasins dans un même lieu au centre-ville de Besançon » Jeune et fragile entreprise où le seul geste qui sauve c’est d’y aller acheter vos livres et vos quilles. Bien plus que les mots gentils d’encouragement c’est ce qui permettra à la proximité de vivre. Le Taulier met la main au porte-monnaie dans les petites antres de livres et de quilles.


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Du côté des vigneronnes et des vignerons présents, 3 étaient déjà dans les petits carnets du Taulier : Isabelle Perraud des Côtes de la Molière link, Théo Domaine Henri Milan link et Philippe Bornard le régional de l’étape link. Restaient les 2 découvertes Alban Michel le vosgien des Corbières maritimes et son domaine Les sabots d'Hélène et Jean Pierre Rietsch  l’alsacien. Pas déçu du voyage votre taulier car ça lui fait deux chroniques assurées. Reste à les écrire mais ce temps viendra.


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Et puis c’est bien beau de lire et de se la jouer grand dégustateur patenté il faut aussi nourrir son corps. Alors, sur le coup de 22 heures Sev Perru, la régionale de l’étape guidaient nos pas jusqu’à la femme du boulanger  où nous allions tous dîner. Boire des canons un peu aussi sans grande modération. Belles tablées, libations assurées et moi j’ai beaucoup papoté avec l’Hélène des sabots, Feuilla c’est dans l’Aude mais tout près de Perpiña. Va falloir que le Taulier tienne ses promesses : y aller !


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Dans la chaleur de la nuit, comme l’aurait souligné Sidney Poitier, notre GNB, fort échauffé par la somme des liquides absorbés nous gratifiait, en compagnie de quelques alcoolytes, d’un récital Brassens, Aznavour and Co. Comme quoi, on peut être raide dingue de vins déviants et adorer la bonne vieille chanson française. Bref, le cœur minéral de Besançon (ça c’est pour faire plaisir aux adorateurs de la minéralité des vins). La nuit allait être fort longue pour la petite bande qui dormit fort peu dans la Maison de Verre. Votre Taulier lui, harassé par son labeur de reporter de terrain allait se glisser dans la fraîcheur des draps. Où ça ? Je vous le donne en mille : à l’hôtel de Paris.

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 07:00

Il neigeait. Les accros de la bagnole s’accrochaient à leur bagnole comme des morpions et revenait le refrain des naufragés de la route. C’est lassant à la fin. Oui, tout à coup, d’un seul coup, une armada de petits hommes orange chevauchant saleuses et déneigeuses devraient se déployer sur tout le territoire jusqu’au plus profond  des routes départementales pour ouvrir la voie à leurs sacro-saintes bagnoles. Les mêmes qui gueulent contre le coût exorbitant des services publics, pas grave il suffit de claquer des doigts pour qu’apparaisse une génération spontanée de fonctionnaires et plein de camions qui se rendormiront pour le restant de l’année. Du côté des poids-lourds, comme d’ordinaire, gros bordel, il suffit qu’un seul se mette en travers et c’est l’accumulation dans l’entonnoir autoroutier. Chœur des râleurs : faut anticiper ! D’accord les gars, mais qui va payer la facture ? Bref, tous les y’a ka et les faut qu’on se retrouvent dans la même galère et ça plaît beaucoup aux petits cons des informations. Reste les parigots têtes de veau qui braillent parce que leurs trottoirs sont des patinoires : mais que fait cette putain de municipalité ! Y z’ont oublié, l’ont-il d’ailleurs su un jour, qu’à Paris, les riverains doivent déneiger devant leur porte : c'est la règle. Bon, il ne faut pas faire n’importe quoi comme utiliser de sel si des arbres sont plantés sur le trottoir! La règle est pas toute jeune, c’est un arrêté de 1937, modifié en 1981 « En temps de neiges et de glaces, les propriétaires ou leurs préposés, les locataires, les occupants, à quelque titre que ce soit, les affectataires de bâtiments, d'immeubles d'habitations, de boutiques ou de magasins, et généralement de tous les locaux ou terrains ayant immédiatement accès sur la voie publique, sont tenus de balayer la neige après grattage au besoin et de casser les glaces sur toute la longueur du trottoir bordant la propriété » et ce, sur une largeur de 4 m. Bon, autrefois c’était les concierges qui se tapaient le boulot. Bref, plus personne dans ce foutu pays veut se retrousser les manches, c’est plus simple de rouscailler contre les agents de la Ville de Paris qui doivent tout de même se taper le traitement des 2400km de trottoirs  et, bien sûr, de la plupart des voies de circulation. J’oubliais, en plus faut payer le sel.


Moi j’avais endossé ma canadienne, chaussé mes Uggs, mis mon bonnet et m’en étais allé faire les courses à pied. J’avais une envie de pot-au-feu et de moules de bouchot. Pour ses dernières je craignais le pire vu l’état de la circulation des camions du côté de l’arc nord-ouest. Je pointais mon nez emmitouflé rue Daguerre et là, sous mes yeux émerveillés, l’étal du poissonnier n’exhibait que des merveilles. La profusion ! Tous les poissons étaient couchés côte à côte, impeccables, pas une ouïe qui dépassait ; les crabes et les langoustines, comme des chars dans le désert semblaient attendre l’ennemi. Et puis, ô chance, un beau tas de moules de bouchot me tendait les bras sauf qu’il régnait dans la poissonnerie une étrange atmosphère, lourde, silencieuse, figée. Je restais planté, face à cette immobilité, la tête sous les flocons qui voletaient lorsque surgissait une espèce de mégère mal coiffée, serrant entre ses moufles un gobelet en plastique empli de café fumant « Aujourd’hui ici on ne vend rien, on tourne un film ! » La voix de poissonnière lui allait bien au teint. Interdit, stupéfait, déjà en manque de moules alors que toutes ces moules entassées me narguaient, j’envisageais de l’étrangler. Je pestais. Je bougonnais. J’invoquais le refus de vente tout en m’éloignant pour quérir les bas-morceaux de mon pot-au-feu. Chemin faisant je me disais, qu’avec la chance que j’avais, peut-être que mon boucher n’aurait plus de queue. Ne vous méprenez pas mesdames il s’agit bien sûr de l’ingrédient indispensable à tout pot-au-feu qui se respecte : la queue de bœuf. J’entrais dans l’échoppe, m’ébrouais et mes yeux découvraient vite deux beaux paquets ficelés de queue de bœuf. J’étais rasséréné. L’optimisme me ressaisissait. Le garçon qui me servait n’y allait avec le dos de la cuillère côté poids mais, vu le prix des morceaux, ce n’était pas bien grave. Pour faire bon poids il me flanquait 5 os à moelle. Je raquais et je retournais dans le blizzard. Bien obligé de repasser devant la poissonnerie où j’allais encore me faire du mal, amplifier mon manque de moules. Ça s’agitait comme toujours sur un film. Y’a des gens qui couraient dans tous les sens. Manque pas de personnel la production, l’acteur principal lui grognait en lâchant « qu’il se gelait les couilles » Vénère je me jurais de ne plus jamais aller voir ses films mais comme je suis incapable de mettre un nom sur sa tronche de con c’est sans doute un vœu pieu. Je me rassurais en me disant que ce devaiit-être une série pour la télévision. Je ne regarde plus la télévision.


Je me suis remis à écrire. C’est dur. Je suis mou. En épluchant les légumes de mon pot-au-feu, carottes et navets, je n’avais qu’une seule idée en tête aller me recoucher. Faut dire que je m’étais levé à cinq heures. J’avais fait mon café, pressé mon jus d’orange et beurré mes tartines. Le silence, et tout ce blanc en bas dans la cour, les taches jaunes des lampadaires, j’aimais ce moment où je constatais que j’étais toujours en vie. Mon rituel est important car il me raccroche à une geste qui me persuade que je me dois d’écrire. L’évidence de ce devoir ne m’étreint guère, certes j’aime écrire mais m’astreindre chaque jour à ce devient un labeur me pèse. Même si je suis une vieille carne j’ai des désirs de cheval fou. Désirs étrangement attisés par une jeunesse qui s’accroche à mes basques. Au début ça m’a surpris. Et puis, ça m’a plus. Enfin ça m’a fait un peu peur. Mon café est bouillant, je le lapais par fines gorgées. Sur mon écran je consultais les nouvelles du jour. Le temps était venu de fermer les écoutilles pour écrire. Ce matin la productivité avait été nulle, j’avais la tête ailleurs. Mes légumes cuisaient à part. J’écumais mon pot-au-feu. Ça sentait le chaud, le bouillon. Mon téléphone sonnait. C’était le big boss de la Grande Maison. J’étais requis pour traiter le dossier Beppe Grillo. Il les inquiétait. J’étais celui, selon lui, qui pouvait le mieux décrypter son logiciel. Ma réponse le faisait tousser « il n’a pas de logiciel… il n’est que l’une des faces des deux populismes italiens… l’autre étant celle de l’indestructible Berlusconi » Pourtant j’acceptais de me rendre à la cellule mis en place. « En effet, à la différence des Indignados espagnols ou portugais, le sacre de Beppe Grillo peut traduire la métamorphose de l'indignation stérile en une protestation politique concrète. Cette victoire incommode, mais prévisible quelques semaines avant le scrutin, témoigne de l'existence d'une nouvelle forme de « populisme de la rage » qui peut se diffuser en Europe si on admet que la Péninsule est une sorte de laboratoire politique. » Je partageais l’opinion de Jacques de Saint Victor, l’historien. Mon pot-au-feu bouillottait, allaient-ils encore m’entraîner dans leurs coups tordus ? Ce n’était plus de mon âge mais je me connaissais… fataliste…

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 00:09

L’alcoolisme est un réel fléau, dévastateur et grave pour qu’on évite la stigmatisation collective dans le style de la récente campagne de presse « Les Français boivent trop ! » suite à l'étude de Sylvie Guérin, Agnès Laplanche, Ariane Dunant et Catherine Hill, du service de biostatistique et d'épidémiologie de l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif, publiée dans l'European Journal of Public Health. »


L’art de faire dire tout et n’importe quoi aux statistiques est un sport dans lequel des scientifiques, des médecins tout particulièrement, maniant des statistiques se sont spécialisés depuis quelques années pour faire fructifier leur offre de recherche. Ça n’est ni sérieux et leur méthodologie est contestée et contestable. Ma remarque n’a pas pour objet de minorer l’ampleur du fléau mais seulement d’exiger une approche plus ciblée, donc plus efficace de la lutte contre l’alcoolisme. En effet, certains de nos concitoyens sont des consommateurs excessifs de boissons alcoolisées mais pourquoi fourrer tous les Français dans le grand panier de l’opprobre si ce n’est pour continuer de faire accroire que toute forme de consommation est néfaste à la santé. Ce qui est faux.


Comme je ne suis pas de ceux qui chantent les bienfaits pour la santé de la consommation de vin je me sens très à l’aise pour pointer du doigt l’approche biaisée de ces chercheuses. Leur boîte à outils est hétéroclite et orientée. En effet, les auteurs de l’étude, dans la population masculine comme féminine, ont procédé à un inventaire des maladies favorisées par la consommation d’alcool. Au total, les décès provoqués par l’alcool sont essentiellement des cancers (15 000 décès) et des maladies cardio-vasculaires (12 000 morts). Accidents, suicides et homicides représentent 8 000 décès. Même chiffre pour les maladies digestives. Leur est basée sur les données de la mortalité française pour l’année 2009 et sur 20 000 entretiens réalisés par l’Insee en 2002-2003 avec des personnes âgées de 15 ans et plus, au sujet de leur consommation d’alcool. Les épidémiologistes ont ensuite croisé ces données avec les chiffres des ventes de boissons.


Alors c’est le déferlement médiatique : radio, télé, presse écrite :

 

LE MONDE


« Les Français boivent trop ! La consommation d'alcool en France était responsable de 49 000 décès en 2009, dont 40 % survenus avant 65 ans, selon une étude publiée lundi 4 mars. L'alcool est responsable de 36 500 décès chez l'homme, ce qui représente 13 % de la mortalité totale masculine et de 12 500 décès chez la femme, soit 5 % de la mortalité totale… »link 

 

LIBERATION


« L’alcool pose aussi problème chez les jeunes : il est déclaré responsable d’un grand nombre de morts prématurées puisque 22% des personnes touchées ont entre 15 et 34 ans. La majorité des décès de cette tranche d’âge sont dus à des accidents (sur les routes par exemple) provoqués par une consommation de produits alcoolisés. «Il y a de la désinformation. Il faut que les gens comprennent qu’ils boivent trop. Aujourd’hui, le type qui ne boit pas, personne ne comprend pourquoi. Vous ne pouvez pas lancer une invitation à dîner sans alcool. C’est la norme», dit Catherine Hill, coauteure de l’étude, avec Sylvie Guérin, Agnès Laplanche et Ariane Dunant »link

Comme je suis curieux je suis allé fouiner sur le NET et j’ai découvert un excellent papier de Mike Steinberger le chroniqueur œnologique de Slate : slatewine@gmail.com

 

Pour lutter contre l'alcoolisme, faut-il initier les enfants au vin?


Une expérience précoce de l’alcool favorise-t-elle une consommation responsable? Ou faut-il faire de la boisson un fruit défendu?


« Lorsque mon fils James a eu dix mois, il a été baptisé conformément à ma religion. La cérémonie a eu lieu à Bordeaux, et je l’ai célébrée moi-même, en déposant une goutte de Château Pétrus (2000) sur ses gencives.


Autant dire qu’il a bien commencé dans la vie. Depuis ses 4 ans, il a le droit de tremper son doigt dans mon verre quand il le souhaite, ou presque. (Il a une préférence pour le Champagne; je lui ai dit que c’était à ça que servait son argent de poche).


Depuis le début, je me disais que ma femme et moi étions des parents à la fois raisonnables et avant-gardistes. Nous pensions qu’en n’interdisant pas le vin aux enfants, et qu’en permettant à James (qui a aujourd’hui 10 ans) et à sa sœur Ava (7 ans) de satisfaire leur curiosité —avec modération, bien évidemment— ils seraient moins susceptibles d’abuser de l’alcool lorsqu’ils seraient grands.


Mais depuis peu, je me demande si mon raisonnement est le bon. Une expérience précoce de l’alcool favorise-t-elle une consommation responsable? Faut-il faire de la boisson un fruit défendu? »


La suite ICI link 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 13:00

Hier, j’avais coupé le sifflet à Denis dès sa première station chez Bruno et Marie-Françoise Cormerais mais c’était pour vous mettre l’eau à la bouche. Pour les retardataires ils peuvent lire le verset 1 ICI link et pour ceux qui voudraient reprendre le fil je signale que la photo de Michel Smith le chapauté a été rajoutée : quel bel homme, comme aurait dit Jack L... Ce qui suit est une suite de bonnes adresses. Encore merci Denis.


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De Loire-Atlantique –mais toujours inférieure- (blague pour les vieux) il n’y a qu’un saut à faire pour aller voir les Vendéens. Y avait un surfeur (un vrai, un qui surf sur les vagues, pas un geek devant un écran web) qui faisait des trucs sympas sur un tout petit domaine: Aloha. J’apprends qu’il a vendu ses vignes. Dommage.


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 Donc reste l’incontournable Jérémy Mourat. Je ne vous fais pas l’article, le Taulier parle de lui souvent. Notez juste que Jérémy a tous les vins, toutes les gammes, toujours prêt à répondre à la demande. Il est comme ses vins : toujours joyeux et facile d’accès. www.mourat.com


 L’autre star de la Vendée c’est Thierry Michon. Ce sont des vins pour amateurs avertis: moins simples que les vins de J Mourat, ils peuvent même être austères. Et bien plus chers, mais là on confine à l’art, et l’artisanat d’art ça se paye. J’ai adoré son rosé. Sans doute le vin le plus facile à comprendre de sa gamme, et comme je ne suis pas bien fin c’est celui-là que je retiens. www.domainesaintnicolas.com


 Y en un autre à  qui je peux faire une pub éhontée, c’est Henry Marionnet www.henry-marionnet.com Sûr qu’il n’a pas besoin de moi pour faire savoir au monde l’excellence de ses gamay et sauvignon. Insistons néanmoins sur la cuvée 1ère vendange: un gamay vinifié sans aucun intrant. Un vin nature, alors? Ben oui, sauf que c’est fait avec du raisin pas bio du tout. Du coup si vous voulez vous faire jeter d’un salon comme la Dive vous n’avez qu’à parler de Marionnet et de son vin sans soufre.


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Et surtout chez Marionnet je suis toujours impressionné par la série Vinifera: des vins de vignes non greffées, en chenin, sauvignon, gamay, cot. Et même une vieille vigne pré-philloxérique (plus de 150 ans) de romorantin qui n’a pas du tout les amers typiques des romorantins de Cour-Cheverny. Je me demandais si ça venait de l’absence de porte-greffe, ou de l’âge de la vigne, ou de la variation du matériel génétique ces 150 dernières années. Et la réponse est venue de Henry et de son fils Jean-Sébastien: ils ont planté une nouvelle vigne, faite avec des boutures de la très vieille vigne. Depuis 2 ans que cette jeune vigne produit du vin, on peut définitivement conclure qu’elle donne un vin qui ressemble beaucoup plus au romorantin pré-philloxérique qu’aux Cour-Cheverny.


Etonnant, non? Aurait dit Monsieur Cyclopède…

 

Pissqu’on parle de Henry Marionnet, savez-vous que sa femme Marie-Josée est une Penet, sœur de Jean-Marie Penet, qui fait aussi d’excellents vins de Touraine? Le monde de la viticulture est petit…Et justement au SDVL on peut goûter les vins du Domaine JM Penet. C’est le gendre Monsieur Meurgey qui dirige le Domaine désormais, et pour ne pas renier ses origines Bourguignonnes il fait subir à une cuvée de sauvignon un élevage  en fût! Résultat remarquable: Cuvée Victoire que je vous recommande si vous avez l’esprit assez ouvert pour oublier un instant que c’est un sauvignon de Touraine. www.domaine-penet.com


 Au SDVL on revoit chaque année les mêmes stands avec les mêmes vins, juste un nouveau millésime à voir et vous pouvez continuer votre tournée. Sauf sur le stand des IGP du Val de Loire où ça change chaque année, avec plein de trucs sympas. Une visite incontournable pour des vins de plaisir. Demandez Roland Pujol, l’œnologue chargé de ce stand. Cette année il m’a fait découvrir le cépage egiodola, dont le Domaine de la Noé tire un excellent rosé. www.domainedelanoe.fr


Puisqu’on parle cépages rares, le Domaine De Villalin à Quincy relance un cépage qui avait presque disparu: le genouillet. Ça fait un rouge extrêmement fruité, une belle alternative au gamay. A suivre! www.domaine-de-villalin.com


Certains viticulteurs deviennent des amis, c’est le cas de Pierrre Breton dont je vous recommande les Bourgueils et les Chinons www.domainebreton.net . Tout en bio donc des vins sans pesticides.


Il me présente François Pinon qui fait du Vouvray, également bio, à Vernou sur Brenne. Le François en question me drive illico vers son stand pour une dégustation complète de sa gamme. Et à Vouvray il y a de tout: du sec, du moelleux, de l’effervescent. Enfin, de tout en blanc fait avec du chenin. Eh bien tout est bon chez François Pinon; si vous voulez du Vouvray foncez-y. Il est probablement le seul exposant au SDVL à ne pas avoir de site Web. Alors prenez RDV à l’ancienne, par téléphone au 02 47 52 16 59.


 Au SDVL il y a des évènements bien pratiques: par exemple une salle avec presque tous les Savennières. Une super occase de les comparer côte-à-côte. A ce jeu le Clos de la Bergerie 2011de Nicolas Joly et La Mulonière 2008 m’ont le plus impressionné.


J’ai raté la dégustation des Anjou blancs, organisée sur le même principe que les Savennières; je m’en veux.


Vous pouvez par contre allègrement ignorer les soi-disant “Master Class” qui s’adressent à des débutants premier niveau. Les pros du vin sont-ils si ignorants ?


J’avais gardé ma soirée du lundi pour le happening des Coteaux de l’Aubance et Anjou-Brissac ; ben là, mauvaise pioche. L’assemblée est sympa, l’invitation au musée des beaux-arts permet une visite géniale, la bouffe est bien bonne, mais pas moyen de faire une dégustation sérieuse au milieu de la bousculade. Trop de monde pour ce petit espace, pas moyen de bouger, donc on ne goûte que ce qu’on a devant soi.


J’aurai mieux fait de faire la dégustation complète des vins de Anita et Jean-Luc Lebreton – Domaine des Rochelles sur leur stand du salon. J’aime bien ce domaine pour sa belle gamme et ses prix doux.


Un domaine en progrès à suivre an Anjou: Château du Bois Brinçon. La génération précédente ne faisait pas de mise en bouteille et cultivait lourdement chimique. Le Cailleau actuel (Xavier?) fait du bio et ses vins sont de mieux en mieux. Un beau chenin aromatique un peu boisé à 9 € TTC départ cave.


 Mais dans cette appellation Anjou Blanc je reste fidèle à Vincent Ogereau. Il fait aussi d’excellents liquoreux. J’ai plaisir à découvrir le lundi qu’à l’aveugle je lui ai donné une médaille d’or la veille au concours des Ligers pour son Coteaux du Layon Saint-Lambert www.domaineogereau.com .


On a en fait attribué deux médailles d’or à ce jury des Ctx du Layon Villages. L’autre est pour Claude Papin, au Château Pierre-Bise, incontournable producteur du Layon, expert des sols et terroirs, intarissable sur l’ouverture de paysage (vous savez pas ce que c’est? demandez à Claude Papin !), un homme aussi passionné que passionnant.


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 Notez au passage que c’est rassurant pour les jurys de concours: la dégustation a médaillé à l’aveugle deux vins qui sont régulièrement retenus parmi les meilleurs de leur appellation par les critiques et qui sont plébiscités par les consommateurs.


 Autre Domaine  à suivre le Château de Brézé, un vignoble en résurrection à Saumur.


Ceux que je n’ai pas eu le temps de voir cette année, mais que tout honnête homme devrait connaitre :


Patrick Baudouin, dont le Taulier nous parle souvent


Le moustachu Jacky Blot, de la Taille aux Loups

 

Domaine des Ouches: les Bourgueils des fils de Paul Gambier

 

Clos Cristal: un Saumur de référence


Vincent Carême: la génération qui a relancé Vouvray


Union des Vignerons de St-Pourçain: ben oui, je recommande une coopé ! Et à St-Pourcain!  Essayez le blanc de Tresailler et le rouge haut de gamme. Ces gens-là aiment le vin, tout simplement.


Pascal & Nicolas Reverdy pour les Sancerre. Pascal sans Nicolas poursuit l’œuvre de qualité; ils savent aussi faire du rouge!


Domaine de Bablut: belle gamme d’Anjou et Anjou-Brissac


Clos St-Fiacre: le meilleur producteur de vins d’Orléans.


Combier: un liquoriste à taille humaine (sinon dans la région y a aussi Cointreau et Giffard)

Pas eu le temps de passer voir la Distillerie de Thouarcé qui produit une eau de vie de Williams fantastique.


Encore pas pris le temps d’aller goûter le rosé de Pierre-Jacques Druet, qui scella la fondation du blog des Cinq du Vin.

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