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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 07:00

C’est un fait avéré mes petites soirées bien arrosées ont toujours eu du bon, tout d’abord parce qu’elles permettent à chacun de mes petits camarades d’ouvrir sa bonde, de se lâcher, sans pour autant basculer dans l’agressivité, le règlement de comptes, et puis ensuite, lorsque tout le monde s’est défoulé, il est possible d’aborder les choses sérieuses sans se prendre le chou. Détail d’importance, mon cheptel  tient bien le carburant à haut degré. Notre soirée Cahuzac a donc tout naturellement débouché sur la suite à donner à notre petite affaire. Bosser hors des clous ça les motive mes licheurs de haut vol et, dans le cas présent, ça les motive d’autant plus qu’ils ne portent pas dans leur cœur la lopette qui va faire l’objet de notre attention particulière. Je ne sais plus qui a lancé l’idée de donner un nom de baptême à notre opération mais ce dont je suis sûr en revanche c’est que ça a de suite plu à tous les bestiaux. Je les ai laissé me proposer leurs conneries habituelles, très au-dessous de la ceinture, avant de trancher « ce sera d’Aguesseau ! » Ma proposition fit l’unanimité pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer. Disons que c’est une adresse à quelques encablures de la place Beauvau où bien des coups se sont montés. Bien évidemment le champagne s’imposa pour fêter cette avancée, un magnum. Pendant qu’ils lui faisaient un sort je leur ai avoué que j’aurais pu proposer Guitsh’au mais c’aurait un peu trop gros. Avant qu’ils lèvent l’ancre je leur ai rappelé le mot d’ordre de notre petite traque « prêcher le faux pour savoir le vrai… » . Notre homme pense en effet que, s’étant retiré des voitures dans sa petite gentilhommière de la baie du Morbihan, avec sa grosse bobonne reliftée et permanentée, plus personne ne viendra lui chercher des poux sur sa tête de chauve. « Encore un qui n’a pas eu les moyens de  se payer les services de Cahuzac » a ironisé Contrucci. Ça a donné des idées à Duruflé qui nous a servi une longue tirade « Bof, avec sa gueule de cul-béni il doit se contenter de parader à la sortie de la messe, ça toujours été dans sa nature de s’estimer supérieur à la piétaille de ce bas-monde. Il doit ronger son frein, s’emmerder comme un rat mort, mais il est bien trop pétochard pour se risquer à remettre son grand tarin dehors. Nous nous sommes pépères, pas du tout pressés, et nous n’avons même pas besoin de le filer, on peut le suivre à la trace notre cul dans une chaise. S’il savait que nous sommes à son cul il serait vert. De mon point de vue il doit quand même avoir des doutes, des craintes, et c’est là que bien sûr nos leurres foireux jouent pleinement leur rôle en lançant des fausses pistes, des infos bidonnées, des petites provocs qui le rassurent. » Nous nous sommes quittés autour de 1 heure du matin repus, pompettes et mon petit monde savait qu’il avait carte blanche et que, comme j’avais d’autres chats à fouetter que de me préoccuper de cet enfoiré, je ne leur mettrais aucune pression.


Cette soirée m’avait fait du bien. Avant d’aller me coucher j’ai feuilleté une note blanche qu’une de mes taupes venaient de me faire passer. Selon une source militaire, les renseignements français auraient opportunément fuités auprès des deux juges, Le Loire et Van Ruymbeke, pour accélérer la chute de Cahuzac. « L’armée a eu sa peau. On ne s’attaque pas impunément à nous. Il voulait notre mort. Nous l’avons eu. Et d’autres ministres pourraient suivre si Hollande continue sur cette voie » Les Suisses n’en sont pas revenus. Tout ça sera dans l’Hebdo sous peu indique le rédacteur de la note. Confirmation évidente que c’est dans le marigot du renseignement que tout se joue, pas à la rédaction de Médiapart n’en déplaise à  Plenel. Bien évidemment, ces preuves, les semelles de crêpes les ont gardées bien au chaud avant de servir le plat du jour en conservant bien entendu des munitions pour faire chanter les politiques en cas de besoin. De bonne guerre, mais pour autant je ne crois pas à la thèse du complot pour sanctionner Cahuzac Ministre des cordons de la bourse. Comme toujours dans ce genre d’affaire il est difficile de démêler le vrai du faux. L’Armée, qui n’est pas un modèle de bonne utilisation du pognon des contribuables, devra passer comme tout le monde, à la toise : le fameux plan Z n’était pas l’œuvre de Cahuzac mais celle des services de la direction du Budget qui n’apprécient guère l’arrogance des patrons de la Grande Muette. Il est toujours sur le bureau de Cazeneuve, un Cherbourgeois qui connaît bien les histoires d’armement, et, comme pour la dissuasion nucléaire, les menaces du type « d'autres ministres pourraient suivre si Hollande continue sur cette voie », valent que si on ne les utilise pas. Pour qui connait le mode de fonctionnement de l’Interministériel, qui plus est sur un sujet dépendant du domaine réservé du Chef de l’Etat, « supprimer 31 régiments dans l’Armée de terre, vendre notre unique porte-avion Charles-de-Gaulle, annuler des commandes d’hélicoptères Tigre et de deux sous-marins nucléaires Barracuda, arrêter la production des avions Rafale et des transporteurs Airbus A400M, supprimer quelque 51 000 postes, fermer des bases françaises à l’étranger et réduire les budgets des renseignements intérieurs et extérieurs. » ne sera pas le point d’arrivée de la négociation. On peut aussi compter sur le lobby des bénéficiaires des commandes de l’Armée pour tempérer les ardeurs des gnomes du Budget.


La lecture d’un papier de 2e DB dans Médiapart link  confirme mon analyse comme le montre ce passage que j'ai surligné « Info ou intox? S’il est difficile d’obtenir des confirmations officielles dans ce domaine, la thèse d’un coup des Services secrets contre le ministre tient la route, estime Christophe Guilloteau, député UMP membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale, qui a l’impression que le système a dit stop. D’autant que les autorités judiciaires genevoises qui ont reçu le 19 mars 2013 une demande d’entraide judiciaire se sont étonnées de la précision des informations de la justice française au sujet des comptes bancaires du ministre dans les banques Reyl & Cie et UBS. Service de renseignement. La patte des Services de renseignement français, estiment plusieurs de nos sources. «Et ne croyez pas comme vous avez pu le lire ici ou là que c’est Patricia Cahuzac, la future ex-femme du ministre qui a précipité sa chute. Si elle devait connaître l’existence d’un compte en Suisse, elle aurait été incapable d’en transmettre les numéros à la justice.» Et rien ne dit qu’elle avait effectivement engagé des détectives privés pour enquêter sur la vie et le patrimoine de ministre de son mari. Elle s’en est en tout cas toujours défendu.

Non, la vérité est plus crue, poursuit notre informateur. «Nos services traquent depuis plusieurs années les fraudeurs du fisc à l’étranger et notamment en Suisse où nos hommes sont très présents.» En outre, le cas Cahuzac ne leur était pas inconnu puisqu’il avait déjà été dénoncé en 2008 par Rémy Garnier, un contrôleur du fisc aujourd’hui à la retraite.

Mais alors pourquoi n’avoir pas agi plus tôt? Une partie de la réponse vient de tomber grâce à un collectif d’officiers de la DCRI. Dans un document de 14 pages, remis le 16 février au groupe de travail sur les exilés fiscaux dirigé par le député socialiste Yann Galut, ces espions confirment que les renseignements surveillent étroitement sur l’organisation de la fraude fiscale internationale, notamment celle organisée par UBS. Mais ils se sont bien gardés de transmettre leurs informations à la justice.  Pourquoi? «Ces services se nourrissent des délits qu’ils ne souhaitent pas voir apparaître ou révéler à l’autorité judiciaire pour ne pas amoindrir leur influence, quand le besoin s’en fait sentir», répondent les membres de ce collectif d’officiers de la DCRI dans ce document cité par La Croix. En clair: ils utilisent leurs informations sur la fraude fiscale quand bon leur semble, en se cachant derrière le  «Secret Défense» pour ne pas transmettre automatiquement leurs pépites aux juges.

Cerise sur le gâteau à la Médiapart « plusieurs agents se souviennent que Jean-Yves Le Drian avait travaillé jadis dans l’armement, une des industries les plus opaques qui soient. Un ministre, tout comme un président averti, en vaut deux. » Avant de m'endormir je lis le compte-rendu de la conférence de Plenel à la Maison Française de la New York University le 12 avril sur les enjeux politiques d'Internet.link


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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 00:09

Notre Tante Aline, ces derniers temps, se faisait rare, car en dépit de sa légendaire énergie elle ne pouvait être au four et au moulin (traduire au four et au vin). Z’avions bien quelques nouvelles d’elle mais de chronique point. Comme le beau temps de ce printemps Tante Aline se faisait donc désirer mais votre Taulier ne jette jamais le manche avec la cognée : il attend tranquillement le retour des belles feuilles.

Patience récompensée tante Aline nous offre une nouvelle chronique qui ne manquera pas de vous étonner et, pour satisfaire votre appétit aiguisé par les frimas, une recette de son cru. 


 canopee-2011.gif

Une remarquable revue intitulée « Canopée »link conçue par la femme du président des magasins Nature et Découvertes, Françoise Lemarchand, me ravit. On y parle de bio mimétisme, d'intelligence des arbres, de voyages naturalistes, d'hommes et de femmes œuvrant pour le meilleur de notre planète.


Pas un gramme de politique, pas une once de constat désabusé, pas une miette de ressentiment, pas d'attaque de confrères : des points de vue critiques mais de bon sens, des éclairages pertinents, une maquette limpide et des photos judicieuses et belles... Comment vous dire: un repos de l'âme, une étincelle pour l'œil, une respiration ... Naturelle et profonde.


Bravo. Hélas le numéro n'est qu'annuel : vivement que le bouche à oreille le fasse devenir trimestriel... Mensuel...


Et en association d'idée soudaine et étrange, matraquée depuis une semaine par le dernier scandale à la mode que je refuse de citer tellement il pourrait être remplacé aisément dans 4 jours par un autre, je me mets tout à coup à imaginer un site internet  qui remettrait sur le droit chemin, de manière démocratique et utile  les  hommes au-dessus des lois, pathétiques et exaspérants de par leurs vilenies répétitives et  séculaires ; je propose l'adresse suivante : www.redemption.com 


L'homme de peu de foi (toutes catégories confondues, hors criminels type violeurs et tueurs sadiques avérés bien entendu ) serait soumis à un jugement d'un jury populaire fait d'hommes et de femmes œuvrant pour le bien de notre terre (artistes, chercheurs, inventeurs, créateurs, etc.) ; ses méfaits seraient exposés factuellement : puis un vote internet ouvert à tous,  le  condamnerait  à un travail de bien commun d'une durée égale à son manquement moral ou physique à la planète, avec un minimum de 6 mois et un maximum de 20 ans : par exemple en France : serveur à la soupe populaire, infirmier dans un hospice, ouvrier sur un chantier, aide cuistot d'une cantine de maternelle, commis dans une ferme bio, animateur dans un centre d'autistes, planteur d'arbres, nettoyeur de plages, animateur dans un centre aéré de banlieue ...


Six mois suffirait-il au pollueur moral pour changer ? Évoluer ? Réfléchir à ses actes ? Pas sûre. La récidive entraînerait donc une « rédemption »  plus sévère: 5 ans minimum jusqu'à 20 ans, de travaux publics communs... Avec cours obligatoire de zen.


Utopie ? Enfantillage ? Ou un peu en avance sur la planète ?

 

A vous de juger.

 

Car c'est bien beau de parler pendant des heures de morale avec des cris d'oiseaux ou de dragons, mais les indignations ne servent à rien. (Pardon M. Hessel).

 

Restons en contact, voulez-vous ?

 

Tante Aline

 

Et pour se tenir  chaud au cœur dans ces temps de frimas... Une bonne petite soupe complète pour le repos du foie qui, comme vous le savez, guide nos émotions : la garbure façon bio. (Pour les nouveaux de cette rubrique, n'attendez pas une recette proportionnée : je ne sais pas faire: faites confiance à votre œil et votre bouche)

 

Donc

Pour environ 4 personnes

1 morceau de paleron (c’est du bœuf) ou pour les réfractaires un talon de jambon  ou encore

3 gros blancs de poulet : le choix de la viande dépend de votre goût et de votre temps : le paleron met 2 à 3 h à cuire, les autres une heure.

Un morceau moyen de gingembre frais de la grosseur d'un de vos pouces, écrasé comme de l'ail,

Un oignon coupé en petits morceaux

4 carottes taillées en petits morceaux

une grosse poignée de  lentilles roses ou grises, de touts petits haricots blancs, de riz vénéré (c'est du noir au goût de noisettes)

4 litres d'eau et 2 carrés de bouillon bio (type Herbamare ou autre)

Une branche de céleri coupée en petits morceaux.

2 poireaux coupés en petits morceaux

1 boîte de tomates pelées.

Une poignée de gros sel, 2 cuillères d'huile d'olive.

 

Vous jetez le tout avec grâce dans une grande casserole et mettez à mijoter à couvert 4 heures  à feu doux, une soirée ou vous allez au cinéma (rire sans retenue devant l'excellente comédie « 40 ans mise d'emploi » du génial Jude Appatow)

 

Vous goutez la soupe, rectifiez l'assaisonnement, découpez la viande qui doit se détacher en tous petits morceaux équitables pour chacun.

Un zeste de citron, une poignée de coriandre, une tranche de pain grillé.

 

C'est juste bon et réconfortant.

Pour les végétariens, donnez la viande à votre voisin.

 

Commentaire du Taulier : « et on boit quoi avec ta garbure tante Aline ? »

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 12:00

Je n’ai pas pu y résister. Les gens de Voici sont allés déguster chez « Bacchus et Ariane »link 4 rue Lobineau dans le VIe arrondissement de Paris la nouvelle cuvée de rosé de Provence, Miraval, estampillée Angelina Jolie et Brad Pitt by Perrin. Ça vaut le  détour. En plus y’a des photos dont l’une, étrangement, présente le gentil rosé de Bradounet aux côtés d’un haut magnum exhibant la belle poitrine de Brigitte Lahaie. Le sieur Pousson va jouir et ça me donne la transition avec l’autre vedette du moment le Rocco Siffredi qui passe « du lit au vin » dixit le Nouvel Obs.


Rassurez-vous je ne me suis pas reconverti en paparazzi mais tout simplement depuis mes petites chroniques sur les exploits de JP Lubot, le boss-délégué du groupe Marie-Claire, je reçois chaque matin gratos les newsletters de Voici et de Gala. Je suis au courant de tous les potins sur les faits et gestes du petit monde people.

 

Passionnant !

 

Donc, ACTE 1 : On a testé... le vin rosé de Brad Pitt Qu'est-ce qu'il vaut, le rosé de Brad ?

 

« Installé en Provence, Brad Pitt a joué les viticulteurs et vient de sortir la cuvée Miraval. Un rosé de Bradounet ? Il fallait goûter ça… » la suite ICI link à lire absolument c'est très vite fait et vous n'aurez pas perdu votre temps...

 

Je goûte avec délectation la conclusion :

 

Alors, on aime ou on déteste ?

+ La bouteille, très chic. C’est quand même plus classe qu’un vieux pinard en cubi.

- Son côté hollywoodien : qui plaît au plus grand nombre, mais sans réel intérêt.

 

 

Pour votre information votre Taulier a dégusté lundi dernier aux Vinosaures www.vinosaures.fr/ le Miraval d’Angelina et de Brad chez la famille Perrin.

 

 

ACTE 2 « Le vin à un profond érotisme et avec la bonne personne il est capable de créer l'ambiance parfaite pour une nuit amusante. Mon cher ami Jarno (1) produit d'excellents vins et il était d'accord pour produire cette nouvelle étiquette avec mon nom ». Rocco Siffredi link

 

(1)               L’ex-pilote italien de Formule 1 Jarno Trulli qui produit un Montepulciano d'AbruzzoPropriétaire de la maison Castorani et de plusieurs vignes dans la région d'Abruzzo depuis 1999 en compagnie de son ami Lucio Cavuto.


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Légende photo : Jarno Trulli, pouce levé, et Rocco Siffredi, bouteille dressée. sur le site de la RVF

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 00:09

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Par bonheur je compte quelques amis dans le Languedoc, dont Jean Clavel, fidèle lecteur et belle mémoire de son pays. Même si je ne partage pas toujours son enthousiasme sur l’œuvre d’un autre Jacques je lui reconnais sans contestation possible un statut de grand sage. Jean m’a fait parvenir un texte qu’il vient de publier sur son blog link  Les coopératives viticoles du Languedoc : évolution et problèmes du moment. Je le propose à votre lecture une analyse sur la concentration des coopératives viticoles qui devrait être approfondie par ceux qui s’assemblent autour de la table du Comité de Bassin pour définir la stratégie du L-R à l’horizon 2020. En effet, la stratégie est un art militaire d’état-major mais encore faut-il que celui-ci ne se leurre pas sur le poids de ses troupes et leur capacité à manœuvrer pour mettre en œuvre le plan de bataille. Et, ça ne vous aura pas échappé, la coopération viticole pèse encore très lourd en L-R. Le dimensionnement des caves, l’effet taille ne peut être considéré comme l’unique levier amenant la performance car tout dépend là où les vins produits vont se positionner : réseaux de distribution, marché intérieur, marché européen, grand export. Trop souvent, l’administration en première ligne, la technostructure des caves a privilégiée les investissements matériels au détriment de ceux que les coopérateurs ne peuvent contempler. Vin subi ou vin voulu, les volumes ne sont rien s’ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie, soit de marque propre ou de partenariat avec une marque du négoce. J’en reste là car paroles et musique de ma ritournelle sont connues et, comme je ne touche aucun droit d’auteur, mieux vaut ne plus faire tourner le 33 Tours des années 2010.


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Les coopératives viticoles du Languedoc : évolution et problèmes du moment

 

Depuis le début du 20ième siècle avec la création des premières caves coopératives Maraussan dans le Biterrois et Mudaison dans le Montpelliérain, une partie importante de l'histoire viticole du Languedoc a été le fait du mouvement coopératif et de ses animateurs et adhérents.

 

Mais la reconversion qualitative des vins du Languedoc a eu des conséquences importantes sur la structure des caves coopératives, dont la mutation globale n'a pas été pensée et organisée et s'est produite de façon assez chaotique.

 

Evolution de la coopération viticole du L.R. De 1980 à 2010

 

1980 P. totale 23 141 000  hl nombre de coopératives : 536, production moyenne par coop  43 173 hl

 

1990       ''            15 884 000  hl           ''                           510                         ''                        31 145 hl

 

2000       ''            14 546 000  hl            ''                           375                        ''                         38 789 hl

 

2010       ''              8 400 000 hl             ''                          210                        ''                         40 000 hl

 

J'ai vécu des situations très variées de fusion/absorption, dont certaines aboutissent maintenant à des situations presque insolubles. Par exemple, une coopérative absorbante qui capte le patrimoine de 5 coopératives voisines , vends certains  terrains aux prix du terrain à bâtir, et investit ,avec l'aide de subventions importantes, dans des bâtiments et des matériels dans une commune qui ne possède plus de vignes par suite d'urbanisation totale, et va devoir abandonner cette situation pour cause d'accès devenus impossibles et de problèmes de gestion de voisinages  alors qu'une coopérative absorbée située dans un îlot préservé de vignes AOP est abandonnée et en ruine. La mairie d'une des communes absorbées rachète, trop cher, le bâtiment de l'ancienne cave coopérative, ce qui la met en difficultés financières et provoque le changement de municipalité. Un des anciens coopérateurs me disait, la commune a payé une première fois la construction de la cave, et après cession gratuite à la cave absorbante, a racheté cette cave à un prix très excessif !

 

 

Cette réflexion a été activée par plusieurs faits récents: le dépôt de bilan, au tribunal de commerce, le 2 avril 2013, pour la partie commerciale, assorti d'un plan social de la coopérative dite du Mont Tauch dans l'Aude, et d'une action au tribunal civil pour les adhérents, permettant de suspendre toute poursuite. Des discussions avec des coopérateurs  qui avaient été regroupés dans une coopérative trop éloignée de leur lieu d'origine ou bien dont les conditions de production ne correspondaient pas vignes AOP dans une coop n'en produisant pas....

 

 1993 La coopérative de Tuchan absorbe le CC de Paziols

 

 1999 absorption de la CC de Villeneuves des Corbières et celle de Durban

 

  2006 absorption de de la CC de Fitou et de La Palme

 

La cave de Mont-Tauch est un acteur majeur du Fitou (représentant 70 % des volumes de cette appellation). Elle regroupe 1 950 hectares cultivées, produit 13 millions de cols par an et dégage 25 millions d'euros de chiffre d'affaire par an. Elle a 250 adhérents vignerons et 80 salariés. La coopérative est en difficulté financière depuis 2007. La chute de la livre anglaise et la perte de marchés d'exportation majeurs (Suède, Benelux...) seraient à l'origine de cette dégradation des résultats (la cave exporte quasiment 50% de sa production). Mais c'est surtout la stratégie d'investissement (en cuverie, en bâtiment de stockage...) et une mauvaise appréciation de l'évolution des marchés qui ont mis la structure dans cette situation périlleuse. En graves difficultés financières depuis 2007, la coopérative audoise avait amorcé en 2011 une cure d’austérité en réduisant son personnel de 94 à 57 salariés et en obtenant un moratoire de ses dettes sur trente-six mois, dettes qui atteignaient 8,5 millions d’euros en 2010. Elle n’a pas réussi à tenir ce moratoire.

 

En avril 2011, suite à la mise à pied du directeur général Xavier Jayet, pour, prétendue mauvaise gestion, les adhérents de la cave du Mont Tauch, réunis en Assemblée Générale ont débarqué le président Jean-Marc Astruc et dix des quinze administrateurs, estimant que des erreurs de stratégie commerciale ont été commises.

 

Depuis avril 2011, le nouveau conseil d’administration a revu la stratégie commerciale de la coopérative. Un contrat de distribution exclusive a été signé avec les Grands chais de France pour la vente des vins à l’export. La coopérative de Tuchan conserve la mise en bouteille et la commercialisation des vins sur le marché français. Cette réorganisation a permis de réduire à nouveau les effectifs. Trente-sept personnes ont à nouveau quitté l’entreprise dans le cadre d’un nouveau plan social, ramenant l’effectif de la cave à une vingtaine de salariés.

 

Au début septembre 2011, deux exploitations de Tuchan et Paziols (Hautes-Corbières, Aude), ont été victimes d’actes de vandalisme : palissages coupés, porteurs sectionnés, les soupçons se sont portés vers des vignerons adhérents des Caves de Mont-Tauch. En effet, les deux domaines appartiennent respectivement à Jean-Marc Astruc et Robert Agelet, respectivement ancien président et ancien vice-président des Caves Mont-Tauch.

 

Autre aspect du problème local, l'indépendance manifestée par l'ODG Fitou par rapport à l'adhésion au Comité Interprofessionnel des vins du Languedoc  dont cette structure ODG avait démissionné, pour cause du montant de cotisation qu'ils estimaient trop élevé.  Là aussi changement de président, qui déclare: notre retour était indispensable pour que les metteurs en marché aient une meilleure visibilité et profitent des actions de promotion de l’interprofession. Le marché français commence à saturer et nous voudrions nous rééquilibrer vers l’export qui ne pèse qu’un tiers de nos ventes. » 

 

La course à la taille est-elle la seule solution aux problèmes vitivinicoles desadhérents et des caves coopératives languedociennes, ou existe-il des solutions différentes ?

 

Exemple: Embres et Castelmaure sur les hauteurs des Corbières proche du Roussillon

 

Patrick de Marien, président de la cave, et Bernard Pueyo, directeur, sont les artisans de ces progrès. Ils forment un tandem audacieux et efficace qui, au début des années 1980, a dédaigné les Cassandre malveillants et peu visionnaires leur annonçant : « La cave va mourir, elle est trop petite, il vous faut croître en volume pour survivre. » Leur persévérance, leur politique qualitative ont payé. Il ne s’agit pas d’une de ces caves coopératives poids lourd du secteur. Il y a ici, un vrai savoir-faire et une éthique qui font des merveilles à Embres et Castelmaure, depuis le début des années 1990. Question de gestion, de rigueur dans la production, de vinification ; on préserve la technique sans tomber dans le piège de la technologie.

 

Il en est d'autres différentes: Saint Saturnin de Lucian a été  la première à valoriser ses produits Coteaux du Languedoc dès l'époque VDQS en 1970, et elle continue et progresse sans absorber ses voisines, comme Montpeyroux qui vit sa vie de valorisation qualitative, c'est le cas des coopératives vigneronnes du Picpoul de Pinet, Pomerol, Florensac et Pinet en vin blanc cette dernière est venue aider par son réseau une cave de rouge qui manquait de débouchés.

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 12:00

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Les amateurs apprécieront. En tout premier lieu Jean-Louis Triaud, avec sa double casquette de président des Girondins de Bordeaux et de propriétaire des Domaines Henri Martin (châteaux Saint-Pierre et Gloria à Saint-Julien et Bel-Air, Haut-Médoc. L’art du beau tacle est en football l’œuvre des grands joueurs. Priver de ballon, sans commettre de faute, proprement si je puis dire, celui qui croyait filer droit au but grâce à sa science du  dribble ou de la feinte, est un très beau geste, certes moins spectaculaire que les changements de pied ou autre roulette mais d’une redoutable efficacité. Dans le panthéon des grands joueurs il y a bien plus d’attaquants que de défenseurs.


Et pourtant les flamboyants qui plaisent tant aux journalistes, et qui bien sûr aiment plaire, les nouvelles stars médiatiques, ont parfois besoin d’être remis à leur place par de beaux défenseurs. Ainsi s’arrête, à la porte de la belle cité de Saint-Emilion, ma petite fable footballistique. Et qu’on ne vienne pas me dire que les 2 Grands : Ausone et Cheval Blanc, qui taclent sèchement, mais proprement, le nouveau classement de Saint-Emilion dans ses fondements même, sont des mauvais joueurs car ils s’appuient sur le seul élément fort d’un vrai classement : la hiérarchie des terroirs. Monter sur le Plateau n’est pas, et ne sera jamais, à la portée de l’entregent.


Ce qui est plaisant dans cette affaire c’est que dans le grand concert médiatique des Primeurs nos grands gouteurs ou dîneurs ou déjeuneurs n’est pas pris le temps de recueillir les propos auxquels je fais référence. C’est le site The Drink Business qui  le fait le 10 avril sous la « plume » de Lucy Shaw CHÂTEAU AUSONE DUBS ST EMILION CLASSIFICATION ‘A MESS’ link


Mais que fait le MEDIAPART français auquel je n’ai plus accès faute de cracher au bassinet ?


Pour finir, je vous livre le tacle de Pierre-Olivier Clouet, directeur technique de Château Cheval Blanc


« I think Angélus was promoted more for its notoriety than the quality of its terroir. It’s at the bottom of the hill, that hasn’t and won’t ever change,” he said.

 

“Hubert de Bouard did a great job with getting his wine into Casino Royale and was president of the St Emilion Syndicate for nine years – it’s all very political,” he said.

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 00:09

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Le titre de l’opus de Zeng Ruolin « Les Chinois sont des hommes comme les autres » chez Denoël attire de suite l’attention. Je l’ai feuilleté, lu quelques passages, et je l’ai acheté 22€. J’espère que nos belles interprofessions, qui ont pour vocation d’éclairer l’avenir, y’en a même une qui affiche que ses vins regardent vers l’avenir, feront de même. Ce conseil s’adresse aussi à tous ceux, vignerons, négociants ou journalistes, qui ont les yeux rivés sur la Chine.


L’auteur Zheng Ruolin, avec humour, sans détour, dépasse les clichés pour aborder tous les aspects de la vie quotidienne des Chinois. Ce qu’ils pensent, redoutent, désirent consomment à Pékin ou Shanghai ou dans les campagnes. « 56 ethnies différentes avec leurs langues, leurs coutumes, leurs cultures, leurs traditions et leurs religions différentes. Un arc-en-ciel de peuples. »


« Et ce n’est pas tout.


Qu’on traverse le pays du nord au sud ou qu’on suive ses fleuves et ses rivières qui coulent tous d’ouest en est vers la mer, force est de constater que l’ethnie majoritaire, les Han, dont sont issus 90% des citoyens chinois, constitue elle-même un gigantesque puzzle. Au cours de ses pérégrinations, un Shanghaïen ne comprendra pas un traître mot de ce que lui dira un Cantonais dans son dialecte, et un habitant de Tianjin, ville côtière du Nord-Est, sera bien en peine de renseigner un compatriote venu du Hubei, province du centre du pays, lui demandant son chemin. Ce dernier sera incapable de converser avec un Mongol ne parlant que sa propre langue. La situation devient ubuesque à l’assemblée régionale du Xinjiang, la province autonome du Nord-Ouest où vivent 20 millions de personnes appartenant à treize « nations » différentes, telles les Ouïgours, les Kazakhs, les Kirghizes, les musulmans, les Mongols, les Russes, les Ouzbeks, les Han, etc. Il est donc nécessaire de procéder à une traduction simultanée de tous les débats dans les cinq langues suivantes : suivantes : le mandarin, l’ouïghour, le kazakh, le mongol et le kirghiz, pour permettre aux représentants présents de participer aux discussions ! »


Bilan officiel « plus de 80 langues orales et une trentaine de langues écrites »


Comme le dit bien la 4e de couverture Zheng Ruolin aborde les préoccupations des Chinois « Ainsi saura-t-on ce que se racontent les 500 millions d’internautes du pays, à quoi rêvent les amoureux de Canton ou d’ailleurs, ce que révèle l’âme chinoise la nourriture familiale ou les menus des restaurants, ce que signifie la possession d’un logement ou d’une automobile… »


Zheng Ruolin est journaliste, écrivain et traducteur. Il est depuis de nombreuses années le correspondant à Paris du Wen Hui Bao, quotidien national publié à Shanghai, et du Wen Wei Po, quotidien publié à Hong-Kong. C’est un blogueur très lu dans son pays natal. Il est francophone, marié à une écrivaine chinoise et son père fut le traducteur de Balzac et d’autres auteurs français en Chine.


Alors comment comprendre les Chinois ? Sont-ils en train de changer aussi profondément que leur pays ou vont-ils rester « semblables, immuables, tels qu’une histoire millénaires » les ont modelé ? se demande Zheng Ruolin.


Pour répondre à cette difficile question il cite Hong Beng Kaw, grand écrivain chinois du XIXe siècle « qui maîtrisait parfaitement neuf langues occidentales anciennes et modernes dont l’anglais, le français, l’allemand, le latin et le grec ». Pour lui pour comprendre les Chinois et appréhender leur civilisation il faut posséder tout ensemble :


-         Un esprit profond

-         Un esprit large

-         Et un esprit pur.

Il ajoutait une quatrième qualité indispensable : un esprit sensible.


« Il pensait que c’était là les traits de caractères fondamentaux de ses compatriotes. »


« Le problème, assurait-il ensuite non sans malice, c’est que les Occidentaux n’ont que peu de chances de connaître véritablement les  Chinois car :

-         Les Américains ont un esprit suffisamment large et pur, mais pas profond ;

-         Les Anglais ont un esprit profond et pur, mais pas suffisamment large ;

-         Les Allemands possèdent un esprit large et profond, mais pas suffisamment pur ;

-         Quant au Français, jugeait-il, ils ont un esprit moins profond que les Allemands, moins large que les Américains, et moins pur que les Anglais, mais ils sont beaucoup plus sensibles que tous les autres. »


Zheng Ruolin, très innocemment, mais avec une petite idée sur la réponse, se pose la question « dans cette période de mutations profondes et accélérées qui caractérise la Chine d’aujourd’hui, la sensibilité ne serait-elle pas la qualité primordiale pour appréhender la portée des immenses changements en cours »


Et de raconter une petite histoire : celle de l’idiot qui participe à une excursion « à la fin de la journée, il est tenaillé par une faim atroce. Apercevant une pâtisserie où l’on vend des galettes, il s’y précipite et en achète une. Malgré son prix élevé, il doit admettre qu’il a toujours aussi faim après l’avoir dévorée. Il en demande donc une autre, puis une troisième, une quatrième, une cinquième et une sixième sans se sentir rassasié. Ce n’est qu’à la septième galette, alors qu’il n’a plus un sou vaillant en poche, qu’il se sent le ventre plein. Alors, furieux, il s’en prend au pâtissier : « Pourquoi m’avez-vous fait gaspiller mon argent pour acheter six galettes qui n’ont servi à rien alors que la septième aurait suffi à apaiser ma faim ? »


Que va répondre l’Américain, l’Anglais, l’Allemand et le Français bien sûr ?


Pour avoir les réponses reportez-vous à la page 17 du livre de Zheng Ruolin… ou alors imaginez-les chers lecteurs… Bien évidemment celle du Français est d’une grande pertinence… Affaire à suivre sur mes lignes…


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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 12:00

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Que les dégustateurs de vin se rassurent, ma chronique ne les prend pas comme cobayes pour examen en laboratoire de leur  fonction. En effet, la dégustation du vin se doit d’être solitaire, nul besoin de la faire avec d’autres. Aux origines d’ailleurs elle ne concernait que le négociant acheteur de vin à la propriété : il goûtait les cuvées avant de décider de les acheter ou non. Lorsque l’exercice dégustatif s’étendit aux critiques et aux particuliers via les codes développés par les hommes de l’art, œnologues tout particulièrement, une certaine confusion s’est parfois installée entre dégustation et simple consommation. Mais là n’est pas mon propos du jour car, en général, lorsqu’on déguste du vin, surtout lorsqu’il s’agit de grandes séries, on le recrache. Il n’y a aucune confusion possible entre dégustation et simple consommation.


Une autre corporation, bien plus connue du grand public que la précédente, celle des critiques gastronomiques, exerce l’art de la dégustation sur des bases bien plus contestables car aucune règles n’existent dans ce domaine. Il suffit de s’asseoir derrière une table, de déplier sa serviette, de commander et de manger. Pour ce qui est de payer c’est une autre histoire que je n’aborderai pas ici. Aucun prérequis n’est requis. N’importe qui peut s’autoproclamer critique gastronomique. Il va m’être objecté que c’est la même chose pour le vin ce qui est à la fois faux parce que beaucoup de critiques ont acquis un bon bagage « scientifique » et vrai depuis l’irruption via le Net de gouteurs autoproclamés. Pour en revenir à la table il est assez clairement établi que les talents de plume des critiques furent le plus souvent la cause de leur notoriété, ce qui permit après l’Occupation de recaser certains. Ce constat n’induit aucune connotation négative sur la capacité d’hommes sachant manier la langue à bien traduire les perceptions de leurs papilles. Simplement, contrairement au vin qui, n’en déplaise à ceux qui le présentent comme une œuvre d’art, fait l’objet de cuvées millésimées, donc d’un certain nombre de flacons identiques, le plat dégusté par le critique est unique donc non reproductible à l’identique. Bien sûr, la grande maîtrise des brigades de haute-cuisine, limite les écarts et les comparaisons restent encore du domaine du possible. La critique gastronomique peut donc exercer sa fonction dans des conditions de crédibilité acceptables. Bien évidemment je laisse de côté le versant stipendié de la critique qui est un mal partagé par les deux corporations.


Mon propos du jour touche à la solitude du critique gastronomique qui, en général, mange seul. J’ai bien écrit mange car contrairement au critique de vin il ne régurgite pas la nourriture qu’il vient d’ingérer pour la déguster et l’apprécier positivement ou négativement d’ailleurs. Notons en passant que le critique gastronomique est le seul qui conjugue en exerçant son art la satisfaction d’un besoin naturel : manger et le plaisir ou le déplaisir d’ailleurs. Manger seul chez soi n’est pas gai. Manger seul dans un endroit public, c’est pire. Ça développe chez ceux qui pratiquent le manger en solitaire une pathologie très particulière : la maniaquerie, l’exigence de vieux garçon qui fait un caca nerveux si la femme de ménage a déplacé ses chaussons, l’incapacité à comprendre que beaucoup de clients ne viennent pas au restaurant que pour manger, et éventuellement boire, mais pour le plaisir de se retrouver. Entendez-moi bien je comprends parfaitement que le critique gastronomique soit attentif à la qualité et à la netteté de la vaisselle, de la verrerie, du nappage, des couverts, tout comme à celle du service, ça entre dans la palette de son appréciation mais là où son entendement de dégustateur solitaire est souvent dépassé, question d’âge souvent, c’est savoir capter l’ambiance.


Lorsque je suis arrivé à Paris j’ai eu la chance de découvrir du fait de sa proximité avec mon lieu de travail : le Pied de Fouet rue de Babylone  dans le VIIe, vous pouvez lire l’une de mes toute première chronique, ce sera rapide en ce temps-là je faisais court,link et vous comprendrez ce que je veux dire. Bien manger certes, et à l’époque pour pas cher, mais aussi côtoyer d’autres gens, discuter, se retrouver, accessoirement disposer de son rond de serviette, sentir de la chaleur humaine. Et croyez-moi ce n’était pas du folklore car il y a quelque temps j’ai reçu tout d’abord un e-mail d’un lecteur américain de Paris qui me prévenait qu’il avait fait part à Andrée, l’âme du Pied-de-Fouet, de l’existence de ma chronique sur son restaurant. Nous nous sommes appelés au téléphone et un soir, dans son appartement, Andrée a organisé un dîner, qu’elle avait préparée elle-même, regroupant des anciens du Pied-de-Fouet. Quand j’écris anciens, il n’y avait pas que des vieux de mon acabit mais aussi des jeunes qui, comme ma fille Anne-Cécile, accompagnaient leurs parents. Plusieurs nationalités, le médecin du quartier, un melting-pot de gens qui ne s’étaient jamais rencontrés. Nous n’avons pas fait qu’égrener des souvenirs, nous avons bien mangé, bien bu et surtout nous avons retrouvé la chaleur humaine du Pied-de-Fouet par la grâce de notre Andrée octogénaire toujours vaillante mais maintenant solitaire depuis que Martial s’en est allé.


Tout ça pour vous dire que beaucoup de critiques gastronomiques qui survalorisent le décor, la quincaillerie, les chichis, sont incapables de saisir, de comprendre l’ambiance d’un lieu car ils ne comprennent pas, tout engoncés qu’ils sont dans leurs codes, leurs petites histoires d’étoilés, leurs détestations entre-eux, que le restaurant est aussi un lieu de convivialité. Ben oui les petits vieux, je peux l’écrire car j’en suis un, vous ne comprenez pas que des jeunes gens prennent d’assaut certains lieux, que vous qualifiez trop facilement de branchés alors que vous allez si souvent poser vos fesses dans des lieux pour nouveaux riches, sans authenticité, prétentieux, sans même avoir conscience que vous n’y êtes que tolérés. En écrivant ce que j’écris je ne tombe pas dans un jeunisme béat mais souligne simplement l’éternelle incompréhension entre les générations. Moi j’ai eu mon Pied-de-Fouet et n’ai bien sûr jamais envisagé de m’établir critique gastronomique. Aujourd’hui par la fenêtre sur de la Toile je débite à jet continu des chroniques sur tout et rien, et surtout pas sur la cote des restaurants. Bien sûr, comme j’aime manger et boire, bavasser aussi, je suis un adepte du restaurant mais jamais en solitaire. Alors, de grâce, que les ramenards du c’était mieux avant aillent couler des jours heureux en ces lieux qui leur rappelleront le bon vieux temps. Je ne suis toujours pas de la corporation, n’en tire aucune gloire ni déplaisir, mais le droit de manger et boire dans des lieux qui me plaisent sans me voir donner des leçons par des VC… Fermer le ban, circulez y’a rien à voir chez le Taulier !

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 00:09

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On me dit par communiqué que ça y est, le soleil a commencé son retour (1)

 

On le dit dans le communiqué qu’il y en a beaucoup (2)

 

On me dit, toujours par communiqué, qu’il s’accommode de tout partout (3)

 

On me dit aussi dans le communiqué qu’il est le symbole même du « hiving » (4)

 

On me dit encore dans le corps de ce communiqué que « la tendance du moment : une ère chaleureuse, post-cocooning, où la maison s’ouvre sur l’extérieur, où le clan familial croise celui des copains, et où le réseau est sentimental avant d’être social… » (5)

 

On dit que c’est l’invité idéal et qu’il se nomme cabernet-d’anjou

 

J’avoue que comme je n’ai pas souvenir d’avoir un jour trempé mes lèvres dans ce nectar rosé « issu du cœur du Val de Loire » je ne me risquerai pas à dire quoi que ce soit à vin omniscient. Cependant, comme qui trop embrasse mal étreint, je suis étreint par une étrange sensation de fourre-tout… ce qui ne va pas m’empêcher de faire mon métier de Taulier : vous informer.


(1)   Pour le retour du soleil c’est l’éternelle histoire de l’arroseur arrosé. Je n’ose écrire à rosé.

 

 

(2)   Le cabernet-d’anjou y’en a beaucoup « Modeste avec ça : il a beau être la première appellation de rosé demi-sec en France »

 

(3)   Le cabernet-d’anjou s’accommode de tout partout :

 

 

-         Façon « vegan » d’abord : « légumes primeurs à croquer tout crus, verrines de gaspachos de toutes les couleurs, salades de courgettes et pois gourmands al dente à présenter en coupelles avec un soupçon d’huile d’olive et de jus de citron.

 

 

-         Façon santé bio forme ensuite : « Graines et pousses nous inspirent. Excellentes, saines nutritives, elles sont les partenaires toutes trouvées du cabernet-d’anjou. Croquettes de boulgour au jambon cru, tourte au poulet, lentilles et pousses d’épinards à dévorer sans façons, mini-bols de salade de saumon fumé à l’orge perlé… Plus simple encore ? Un méli-mélo de graines de courges et de tournesol tout juste poêlées avec un peu de sel, à picorer à l’apéritif pour apprécier les talents salés-sucrés du cabernet-d’anjou. »

 

 

-         Façon identitaire bien sûr avec de la paille dans les sabots ligériens « Tartines de baguette fraîche et rillettes de cochon de Vouvray ou de Tours, rillettes de brochet de la Vienne ou sardines de Nantes sur pain grillé, fromages de chèvre d’un peu partout, fouaces ou fouées (petits pains ronds cuits au four) du côté de Tours ou de Chinon, port-salut né dans la Mayenne, pommes ou poires tapées  du Maine et Loire… Et pourquoi pas une découverte ? Le crémet d’Anjou, un savoureux mélange de fromage blanc, de crème chantilly et de blancs d’œufs battus, mousseux, aériens, à agrémenter de quelques fines herbes ou bien de coulis de fruits jaunes ou rouges de saison… »


 

-         Façon exotique ça va de soi « Falafels à  grignoter, naan au fromage à partager, petits beignets fêta-épinards, dal de lentilles corail couleur rose tendre. La douceur du vin est aussi capable de rafraîchir le feu  d’une salade de crabe au piment et lait de coco, comme de souligner la délicate amertume d’une simple pizza à la roquette. Cornes de gazelle, cookies au beurre de cacahuètes avec une touche de gelée de fraises pour revisiter le sandwich au goût d’enfance de l’Oncle Sam, il se prête à toutes les fantaisies. »

 

 

-         Façon sucré pour finir : « Cheesecake aux fruits rouges pour un accord ton sur ton, cupcakes framboises-pistaches, crème brulée à la vanille… Pour briller sans se casser la tête, une meringue, de la crème chantilly, de belles fraises juteuses et hop !  La pavlova faite maison en deux minutes chrono devient la reine de la fête. Son cavalier : le cabernet-d’anjou, évidemment… Le top du top : décorer le chef d’œuvre de fleurs de violette au sucre cristallisé, pour rappeler la touche subtilement florale du vin. »


 

Merci aux jeunes et sémillantes Françoise Bernard post-modernes j’ai pris bonne note des recettes je vais reconvertir ma crèmerie en garderie de foodistas.


 

(4)  « hiving » de l’anglais « hive » ruche. Sans vouloir rabattre la joie des foodistas ost-modernes la ruche c’est plus la galère des ouvrières au turbin du matin au soir que la petite tribu qui bourdonne et fredonne en sirotant du cabernet-d'anjou. Mais bon vive Maya l’abeille !

 

 

(5)  Oui, oui,  la tendance du moment : une ère chaleureuse, post-cocooning, tout va très bien madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien…


 

Y’a pas de doute mon cher Patrick, je ne suis vraiment pas un gars berné d’Anjou et qu’on ne vienne pas m’accuser du côté des activateurs de CVO d’avoir fait du copié-collé de communiqué sinon je vais me fâcher tout rouge ! Que voulez-vous que le cabernet-d’anjou puisse mettre du soleil dans ma ruche j’ai du mal à retrouver mes abeilles et à faire mon miel.


 

Fallait pas me le balancer votre communiqué !


 

Peut-être une bouteille ? Je plaisante bien sûr…

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:00

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Allô, allô James !

Quelles nouvelles ?

Absente depuis quinze jours,

Au bout du fil

Je vous appelle ;

Que trouverai-je à mon retour ?


-         C’est le printemps depuis un petit moment mais on se les gèle Madame la marquise mais tout va très bien, tout va très bien.  Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise, on déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise, y’ a des gars qui disent que le climat chauffe vos vignes : Climat : les vignobles français menacés dès 2050 link Scientists Question Impact as Vineyards Turn Up in New Places by Felicity Barringer 8 avril 2013 New York Times Environnementlink

 

Expliquez-moi

Valet fidèle,

Comment cela s'est-il produit

 

Cela n'est rien, Madame la Marquise,

Cela n'est rien, tout va très bien.

Monsieur Quarin dit beaucoup de bien

De votre vin


VRAY CROIX DE GAY    Pomerol        16,5 // 92  

Dans ce millésime difficile à réaliser, ce cru affirme sa classe et rentre dans le cercle fermé des grands Pomerols. Nez fruité à la précision noble. Entrée en bouche juteuse puis le vin se développe ample, savoureux, bien présent au milieu. Il accélère en deuxième partie de bouche et vient s'achever gras, distingué, aromatique et long. C'est vraiment très bon. Bravo.

 

Et aussi du bien du vin de vos voisins très chers, pardon Techer avec leur Olivier qui nes ait pas quoi inventer  pour faire déguster  : GOMBAUDE GUILLOT    Pomerol        15,5 // 88  

Beau rouge sombre. Nez au fruité crémeux. Bouche dense, au fruité pur, à la tanicité enrobée en finale, au goût très vivant. Ensemble sans fermeté. C'est bon !

 

Mais aussi de l'autre :

PETRUS    Pomerol        17,5 // 95  

Voici un des meilleurs vins du millésime. Son succès s'explique par le savoir-faire de son vinificateur, des vendanges tardives, mais surtout très étalées. Quinze jours pour 10,5 hectares de vignes. Le sol argileux a permis à la vigne de ne pas bloquer dans son processus de maturation. Les 100% de merlot, cépage très réussi en 2012, font le reste. Sans oublier un rendement d'à peine 29 hectolitres à l'hectare.

La couleur est intense et sombre, le nez mûr, suave, floral et légèrement vif. Juteux en entrée de bouche, plein au milieu, voire même riche pour le millésime, ce vin évolue gras et profond. Il s'achève complet sur une finale savoureuse de très bonne longueur. Le degré d'alcool est de 14,5, le pH de 3.8 et pour votre information, la concentration des tanins est supérieure au millésime 2010.

 

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise

Madame la marquise

Un petit malin a réussi

à placer un vin

Qui n’est pas dans l’aire

Il ne manque pas d’air

 

FLEUR DE BOUARD (LA)    Lalande de Pomerol        15,75 // 89  

L'application des hommes et l'utilisation d'un nouveau cuvier avec une extraction plus fine et plus douce font de ce vin une réussite. La couleur est sombre, le nez se montre plus parfumé que de coutume à cet âge, fruité et mûr. Bouche fondante, juteuse, très agréable au milieu, évoluant suave et aromatique sur une longueur normale. Persistance agréable, tannins moelleux. Une réussite.


Expliquez-moi

Valet modèle,

Comment cela s'est-il passé ?

 

Cela n'est rien, Madame la Marquise,

Cela n'est rien, tout va très bien.

Bernard Magrez

Le Pape-Clément

Qu’a 40 propriétés

Aime les négociants link 

 

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise, Y’a des mécréants d’occitans à l’occasion de «Lo Grand Passacarrièira de Rodés» osent dirent et chanter  que le vin et l'occitan ont fait et font toujours bon ménage ! Aux «heures de gloire», où les mineurs du bassin houiller constituaient une clientèle importante, les chants et autres interjections jaillissaient des vignes en «patois»…

Attention ils vont réveiller JAURÈS link

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 00:09

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140 caractères, les tweets littéralement « gazouillis » permettent aux nouveaux dégustateurs de parodier le vieil adage gascon « sitôt bu, sitôt pissé » en nous gratifiant du « sitôt dégusté, sitôt twitté ». Vive l’instantanéité, le temps réel même si ce n’est pas facile de tenir son verre d’une main et de Twitter de l’autre, mais nos jeunes pousses ont des talents cachés. Donc, en ce moment c’est la déferlante, tout ce qui twitte est sur les deux rives de la Gironde. Et pourtant profusion n’est pas raison car en règle générale le bruit de fond de toutes ces micro-informations est le même : millésime de très belle facture, même si ce n'est pas une très grande année ; le millésime apparait assez hétérogène. C'est un millésime compliqué au départ et à la fin ; plus une affaire de terroir que de cépage ; un millésime finalement assez vendeur ; un millésime de viticulteurs ; c’est un millésime très Rive Droite ; le pire a été évité ; pour ce qui est du prix, chaque cru doit trouver son prix… et patati et patata et bla, bla, bla…

 

Pour tout savoir en live aller ICI link 

 

L’AFP fait aussi dans le BREF en majuscule pour ne pas confondre avec l'autre, voir vidéo en fin de chronique.

 

Attention trop d’informations formatées tuent l’information car c’est tout bêtement de la communication. Ça lasse ce petit côté prémâché. De l’audace, un peu de poil à gratter ne pourrait nuire au défilé des élégances. Des trucs tout cons du genre :


Latour n’en est plus ! Un remède de cheval ?


Pavie hausse ses prix, allez donc savoir pourquoi ? Peut-être un rapport avec François 1er ?

 

L’Angélus aussi mais là c’est pour amortir ses cloches.


Y’en a des qui se contentent de se taper la cloche. Des noms, des noms… Un seul suffit...

 

Burtschy n’ira plus si on ne baisse pas les prix ? Qu’en pense Michel Bettane ?

 

Qui qu’ai allé déguster les vins d’Olivier Tescher à Gombaude-Guillot ? Rires pré-enregistrés.

 

Et ron et ron petit patapon je suis invité à la dégustation de Haut-brion... Rires pré-enregistrés.

 

Jean-Marc Quarin : « Il faut sauver le soldat Sauternes », pourquoi ? link


Pourquoi l’alerte Vin de Google me sert en permanence Vin Diesel ?

 

Graulhet. Premier Salon de la bière et du vin link 


Belfort : une bouteille de vin rouge dans le réservoir du scooter. Ce n'est pas celui de Gégé link 


Bordeaux : le salarié indélicat et son complice revendaient les grands crus sur internet. link  


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