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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 00:09

Je ne suis jamais allé au SITEVI car je n’ai pas le cœur très porté vers les machines. Et pourtant j’ai vécu un bel amour de jeunesse avec les tracteurs Société Française Vierzon de mon père, et ses machines à battre aussi, mais l’irruption des moissonneuses-batteuses : les Claas ont sonné le glas de ma passion. Au Sitevi on ne fait pas que lécher les machines on colloque aussi : tribune avec une belle brochette de ce qui compte dans la Gaule du Sud pour fixer le cap vers 2025. La prospective c’est le grand amour de mon ami Patrick Aigrain alors je ne résiste pas au plaisir de vous donner en lecture le CR de cette conférence-débat fait par le portail du Ministère. Bien évidemment ne comptez pas sur moi pour faire des commentaires car je n’ai nulle envie de compter ensuite mais abattis mais vous, si ça vous chante, vous pouvez en faire…

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« La DRAAF Languedoc-Roussillon, FranceAgrimer et InterSud de France ont organisé le 30 novembre 2011 au Sitevi 2011 une conférence-débat pour rendre compte d’une étude prospective sur la filière viticole régionale à l’horizon 2025

Cette étude lancée il y a deux ans à la demande de la DRAAF, a été conduite par l’INRA, Montpellier SupAgro et FranceAgrimer. Elle se base sur le travail d’un groupe d’experts et la participation des responsables professionnels à travers les réunions du conseil de bassin viticole du Languedoc-Roussillon.

 

Des avenirs possibles

 

Hervé Hannin (Directeur de l’Institut des hautes études viticoles) et Patrick Aigrain, de FranceAgrimer (Prospective), ont insisté sur la signification d’une étude prospective, qui n’est pas une prévision, mais cherche à éclairer des « avenirs possibles ». Ils ont rapidement décrit la méthode adoptée pour avancer collectivement dans des réflexions les plus partagées et les plus interdisciplinaires possibles sur le devenir de la filière vitivinicole en région. De nombreux responsables régionaux et nationaux se sont succédés à la tribune

Cette méthode vise aussi à aider à l’émergence de stratégies d’actions partagées en faveur du secteur. Ils ont ensuite « raconté » les 4 scénarios construits à l’issue de cette étude, en ont détaillé les enjeux et les conséquences possibles de chacun d’eux.

 

Les scénarios

 

1. Filière plurielle

* « Des viticultures plurielles organisées »

* « L’union fait la force »   

 * Superficie : 230 000 ha

* Volume produit : 13 à 15 millions d’hl

 

2. Filière paysagère

* « L’oenotorium »   

* « Ceux qui restent en vivent correctement »    

* Superficie : 120 000 ha    

* Volume produit : 4 à 6 millions d’hl

 

3. Filière déclinante

* « Une organisation sans âme ni projet »

* « Les occasions manquées »

* Superficie : 150 000 ha

* Volume produit : 7 à 9 millions d’hl

 

4. Filière libérale

* « Un développement sélectif et industriel »

* « Chacun pour soi… certains s’en sortent »

* Superficie : 180 000 ha

* Volume produit : 10 à 12 millions d’hl

 

Bernard DEVIC, Président de la fédération InterSud de France, a expliqué pourquoi les professionnels avaient écarté, en Conseil de bassin du 20 mai 2011, le scénario «filière déclinante» ainsi que celui de la «Filière paysagère», sans écarter définitivement la  «Filière libérale» et retenu finalement, à l’unanimité, le scénario n°1 : «Une filière plurielle : l’union fait la force».

 

Au cours de la table ronde animée par le journaliste Frédéric Maurel (Directeur du Paysan du Midi), les intervenants ont souligné la qualité et l’intérêt de ce travail pour:

 

* soutenir des propositions structurées dans le cadre de la discussion de la réforme de la PAC après 2013 (Jérôme Despey – Président du conseil spécialisé de FranceAgrimer) ;

* s’inscrire dans les marchés d’avenir, notamment à l’export et soutenir l’installation des jeunes et les démarches contractuelles (Jacques Gravegeal – Président de l’interprofession des vins de l’IGP Pays d’Oc-, Boris Calmette – Président de la fédération régionale des coopératives viticoles) avec l’exemple du groupe ADVINI (Sébastien Narjoud – Directeur général de la société Jeanjean Languedoc) ;

* rappeler la place de la viticulture dans l’économie du Languedoc-Roussillon, ainsi que les enjeux sur les questions sociales, le maintien du tissu rural et des paysages, mais aussi l’association du tourisme et de l’œnologie (Boris Calmette, Agnès Payan – Présidente des vignerons indépendants du Languedoc Roussillon).

 

La nécessité de poursuivre la construction d’une gouvernance plus forte, a été affirmée par plusieurs participants et a été reprise en conclusion par Bernard Devic, pour donner les moyens au Languedoc-Roussillon de devenir un véritable « cluster » vitivinicole au plan mondial.

 

Enfin Pascal Augier, DRAAF Languedoc-Roussillon, a souligné que ce travail était maintenant entre les mains des responsables professionnels viticoles de la région : à eux d’écrire la suite de l’histoire, les services de l’État restants disponibles pour appuyer les actions qui en découleront.

 

Les quatre scénarios prospectifs globaux de l’étude prospective sur l’avenir de la filière viticole, en Languedoc-Roussillon, à l’horizon 2025

 

Macroscénario n° 1 : Filière plurielle

 

Des viticultures localisées et organisées

   « L’union fait la force »

 

Dans un contexte où l’image du vin est positive, l’intervention publique agricole pourtant d’inspiration libérale s’emploie à défendre les territoires agricoles, et à promouvoir la prise en compte par la sphère agricole des attentes sociétales notamment environnementales. La gouvernance régionale de la filière réussit à intégrer ces attentes et à coordonner la production et la mise en marché d’une gamme régionale complète, cohérente en termes économiques pour les professionnels et lisible pour les consommateurs.

Ainsi la région récolte-t-elle sa part de la croissance de la consommation mondiale et le potentiel viticole se maintient. Pour ce faire, la viticulture est localisée en îlots, chacun d’eux privilégiant nettement soit une stratégie de réelle différenciation (AOP, bio…) soit une stratégie « coût-volume » assumée. Ces derniers bénéficient notamment d’investissements d’origine publique en matière d’irrigation, également localisés. Clairement identifiées, ces logiques permettent une intégration efficace des avancées de la R&D. Elles se révèlent attirantes pour les investisseurs extérieurs à la région et propices au développement d’un œnotourisme efficace et diversifié : Le LR devient un véritable « cluster » vitivinicole.

 

Macroscénario n° 2 : Filière paysagère

 

L’oenotorium

   « Ceux qui restent en vivent correctement »

 

Dans un contexte où l’image du vin est dégradée du fait de son contenu en alcool et par la mise en cause des pratiques agricoles conventionnelles, la consommation mondiale du vin recule et la région en souffre. L’intervention publique agricole, quasi-stable en montant, ne trouve cependant sa légitimité que dans une intervention territoriale à très forte connotation protectrice de l’environnement et de la santé. Elle contribue ainsi à limiter le développement de la production, en réservant son appui à des zones viticoles à forte connotation paysagère qui proposent des vins présentant une réelle différenciation pour une clientèle impliquée.

Seul un œnotourisme « à la ferme » dans une logique de « parc régional » se développe, et c’est dorénavant des circuits de distribution spécialisés qui écoulent la majeure partie des vins. La gouvernance régionale de la filière qui a intégré en urgence les attentes sociétales pressantes a travaillé efficacement à l’intégration rapide des avancées de la R&D mais le contexte n’a pas permis de développer une stratégie « coût-volume », autrement qu’à la marge. Le LR voit son potentiel volumique se restreindre sensiblement.

 

Macroscénario n° 3 : Filière déclinante

 

Une organisation sans âme ni projet

   « Les occasions manquées »

 

Ce scénario est celui d’un déclin doux et lent de la viticulture régionale. Le fait qu’il se déroule dans un contexte de marché ouvert (marché mondial libéral, en croissance, dopé par la distribution de masse, de nouvelles zones et occasions de consommation, et une inscription croissante du vin dans l’univers des boissons) le fait apparaître aussi, pour les entreprises du LR qui perdent pied, comme celui des occasions manquées.

Certes leur contexte immédiat les pénalise, qui refuse les soutiens publics attendus (sociaux, économiques, environnementaux), accroît les coûts de production par une pression environnementaliste et jette l’opprobre sur les boissons alcooliques auprès des consommateurs sur leurs marchés traditionnels. Mais elles démontrent aussi une organisation faible et une productivité insuffisantes. S’ensuivent alors des stratégies trop anarchiques, de sens et d’intensités trop divergents pour construire une cohérence régionale, et par suite pour susciter des investissements en R/D (malgré une réelle richesse locale en matière grise).

 

Macroscénario n° 4 : Filière plurielle

 

Un développement sélectif et industriel

   « Chacun pour soi…. certains s’en sortent »

 

Dans ce scénario, à côté de vignobles différenciés sur la base des traditionnelles AOC, se développent localement sur certains territoires du LR, des vignobles compétitifs conduits sur un mode industriel. Favorisés par un marché mondial porteur (mais compétitif), un environnement réglementaire très libéral, et une gouvernance régionale faible, ils sont le fait d’investissements privés qui visent à exprimer une compétitivité régionale respectueuse des principes libéraux de l’OMC : ouverture de la concurrence et intégration du progrès technique allant jusqu’à une ouverture maximale des pratiques œnologiques admises, y compris l’aromatisation.

Leur développement est organisé en phase avec des projets oenotouristiques rentables et en synergie avec des réalisations « culturelles » attractives, également mises en œuvre par des investisseurs privés, qui font de la culture vitivinicole, un axe de leur marketing. Peu encadrés et peu demandeurs d’encadrement, ces investisseurs libéraux mettent en œuvre leurs projets sans nécessairement de grands appuis publics et sans grand souci des effets macro-économiques induits. Ces évolutions sauvent le vignoble du LR mais pas les petites exploitations. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Olivier Borneuf 06/01/2012 07:39


Vu !

Olivier Borneuf 05/01/2012 23:21


Ben voilà !


À force de parler du taulier il va bien finir par se manifester ! Bloody Mary, Bloody Mary, Bloody Mary, Bloody Mary…… !!

JACQUES BERTHOMEAU 06/01/2012 04:27



Le taulier se repose car il fatigue mais à 4h y'a plus personne



Luc Charlier 05/01/2012 23:04


Voilà un post qu’il va faire plaisir au Taulier, vu qu’il adore « susciter » ces rencontres. C’est d’ailleurs tout à son
honneur et à celui de son « espace de liberté ». En moins d’un an, cela m’a déjà fait rencontrer PHYSIQUEMENT sept intervenants réguliers, et TOUS intéressants. Et cela m’a offert une
paire de jours de vacances sur l’Île d’Yeu. Merci Denis !


 


Je « monte » en Belgique fin janvier, avec un petit séjour en Alsace au retour. Ça rapproche déjà un peu. Mon mail
est charlier.luc@wanadoo.fr. Sinon, pour les vins, on peut en envoyer un petit échantillon. Ils sont moins revêches que leur patron.


 


Attention en effet, à près de 60 ans, je n’ai toujours pas le « poli » des gens bien élevés et, si je ne suis encarté nulle
part et ai perdu TOUTES mes illusions collectivistes, je reste un sale « gauchiste ». On ne se refait pas.


 


PS : j’aime les bulles mais ne bois guère de Champ’ et .... merde au CIVC !

Olivier Borneuf 05/01/2012 20:36


Cher Luc,


Je partage l'aspect logistique de l'apéro ! Mais revenons à nos moutons. La situation que vous exposez est malheureusement monnaie courante non seulement en LR mais dans toutes les régions de
France (même en Champagne croyez-moi sur parole). Travaillant en tant qu'indépendant pour une des institutions champenoises, je sais ô combien le politique est long à bouger et encore quand il
daigne faire un mouvement. Et ça ne changera jamais ou très peu. On est, je vous rejoins, souvent surpris par les décisions prises. Pour autant, les choses évoluent lentement mais elles évoluent,
je reconnais que le "rouge qui bouge" n'est pas des plus grandes trouvailles mais est-ce pour autant qu'il faille baisser les bras ? Cette communication générique est importante même si l'on peut
toujours mieux faire. L'asie fait défaut aux petits champagnes parce que la communication ne fait pas partie des prérogatives du civc (et le sgv fait ce qu'il peut), les maisons se sont toujours
chargée de porter le flambeau… Vous me voyez venir ? Alors oui, le système est sûrement rouillé mais la roue tourne comme dans toute politique, il serait dommage qu'elle tourne à nouveau sans
vous prendre au passage.


Je sais Luc que mon discours peut paraître simplement volontariste mais le LR, vu d'un œil extérieur, a fait beaucoup parlé de lui, et en bien croyez moi. On n'a jamais autant vu de vins signé LR
dans les circuits de distribution (et pas que du bas de gamme) : faire avancer une usine aussi morcelée comme cela a été fait par tous les acteurs ce n'est quand même pas mal ! On part de loin
dans la région, ne l'oublions pas. J'aimerai vraiment découvrir vos vins Luc, peut-on se rencontrer prochainement ?


Amitiés


Olivier

Luc Charlier 05/01/2012 19:42


@ Olivier. Il ne faut pas mélanger les genres.


Je ne parle évidemment pas au nom de mon illustre aîné (en viticulture, car je ne suis pas sûr d’être le cadet à l’état civil) mais
moi, je m’autorise toute forme de critique, d’autant qu’elle est argumentée – je crois – et constructive : dire ce qu’on ne veut pas ou ce qu’on croit erronné.


Mais mon (nouveau) métier, c’est d’essayer de faire du bon vin, puis d’essayer de le vendre. Pour cela, je dois m’inscrire dans un
environnement, même s’il ne me plaît pas. Ensuite, je dois faire connaître MA production et tenter de la faire (i) découvrir, (ii) apprécier, (iii) acheter. Le but de « la concurrence »
c’est parfois de m’empêcher d’arriver au point (i), mais je n’en ressens pas trop les effets en dépit des bâtons que me met dans les roues (pas à moi en tant que LC, je n’ai aucune parano, mais à
moi en tant que « petite cave particulière ayant choisi la niche de la qualité ») la structure générale de la profession et ses instances officielles.


Le point (ii) se heurte aux a priori des revendeurs et des clients quant à l’image de ma région, et c’est à ce niveau que les
interprofessionnelles (et autres) ont failli lourdement, et continuent à suivre une mauvaise voie ( du style « Les rouges qui bougent », Muscat de Noël puis prolongation jusqu’à
l’épiphanie, primeurs etc ....). Le point (iii) vascille car, mea culpa d’abord, je ne suis pas un bon vendeur mais aussi car le « prix du marché » est dicté par le junk
majoritaire.


Ex : restaurant quoté de l’Aude, patronne dixit : « Un VDP de carignan, cela vaut 2 € HT ».


      Le mien lui en coûtera 14.


 


En aucun cas, mon métier c’est d’organiser la profession. De toute façon, personne ne demande notre avis. C’est sans doute pour cela
que j’ouvre ma grande gueule ou ... interviens sur ce blog.


 


Merci toutefois de cette controverse et ... j’offre l’apéro. Mais il n’y a pas de jaune chez moi, ni de Rivesaltes ambré à 10 balles
pour faire la halte !


      

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