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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 00:00

« Il était une fois... », tous les contes d’autrefois commençaient ainsi mais comme aujourd’hui on conte si peu à nos enfants, qui sont le plus souvent scotchés à leurs écrans, ce matin je vais adopter le profil des jeux vidéos en vous offrant des vies pour avancer dans une séquence de jeu à propos du Chablis.

 

Séquence 1 : peut-on aller en train de Paris jusqu’à Chablis ?

 

Séquence 2 : qu’est-ce qu’un chablis ?

 

Séquence 3 : il y a combien de climats à Chablis ?

 

Séquence 4 : égrenez-les moi !

 

Séquence 5 : en 1951 l'INAO a reconnu à un domaine le statut de Grand Cru lequel ?

 

Séquence 6 : celui-ci est à cheval sur 2 climats, lesquels ?

 

Séquence 7 : quelle est la grande maison bourguignonne qui fait naître et élève ce Grand Cru ?

 

Séquence 8 : où c’est-y que Berthomeau à découvert ce Grand Cru ?

 

J’espère que vous n’avez pas triché. Voici les 8 vies

 

Vie n°1 : Non depuis le 31 décembre 1951 où...

 

« ... à 20 h 55, un autorail quitte la gare de Laroche-Migennes. Des drapeaux accrochés par les cheminots flottent au vent. Le convoi arrive à 22 h 55 à la gare de l’Isle-Angely. Il sera le dernier à emprunter cette ligne à voie étroite qui cheminait dans la vallée du Serein. Pendant 64 ans, les locomotives à vapeur, puis les autorails, ont rythmé la vie de cette campagne icaunaise

À l’origine, stations et haltes correspondent à un arrêt obligatoire. Par la suite, certaines haltes deviennent des arrêts facultatifs. Laroche et sa gare d’eau, Seignelay, Pontigny, Chablis (dont le rôle est prépondérant), Noyers, première gare éclairée à l’électricité, Massangis et son pont de levage pour les pierres des carrières, L’Isle-Angely terminus et point de raccordement avec la ligne PLM Avallon-Nuits-sous-Ravières sont les principales stations.

En fait, la petite ligne doit sa longévité exceptionnelle au transport de marchandises. Dès son ouverture, les ciments de l’Isle-Angely, les blocs de pierre des carrières de Massangis et de Dissangis, les bois de mine et de chauffage des exploitations forestières de Noyers-sur-Serein transitent sur la voie Laroche-l’Isle-Angely. Les vins de l’Yonne, notamment ceux de Chablis, empruntent eux-aussi le tacot. Outre les trois trains mixtes, trois ou quatre convois de marchandises circulent quotidiennement. Le fret est ensuite transbordé dans des wagons du PLM ou, pour les marchandises lourdes, dans des péniches. La gare d’eau de Laroche constitue un précieux atout pour les carrières de Massangis. Via la Seine, les produits de l’Yonne remontent jusqu’à Paris voire au Havre. »

 

Vie n°2 : Un chablis (ou chable) est dans un sens restrictif un arbre déraciné sous l'action de différents agents naturels (vent, foudre, neige, chute d'un autre arbre) ou pour des raisons qui lui sont propres (vieillesse, pourriture, mauvais enracinement), sans intervention de l'homme.

 

Vie n°3 : 7

 

Vie n°4 : Bougros, Vaudésir, Preuses, Grenouilles, Valmur, les Clos, Blanchot.

 

Vie n°5 : le Domaine la Moutonne

 

Vie n°6 : Le vignoble de la Moutonne bénéficie d'un statut particulier et unique. Il est situé sur le Chablis Grand Cru " Vaudésir " pour 2 ha 24 ares 18 ca et sur le Chablis Grand Cru " Preuses " pour 11 ares 02 ca.

Sa situation géographique en amphithéâtre lui donne son unité. Les moines Cisterciens de Pontigny en ont été les propriétaires pendant 5 siècles, Simon Depaquit en fit l'acquisition à la révolution.

Moutonne n'est pas un lieu dit cadastral, son nom ne figure pas sur le décret des Grands Crus de 1938 ; c'est en 1951 que l'INAO lui a reconnu son statut actuel de Grand Cru. 

 

Surface en Grand Cru : 2,35 ha

 

Vie n°7 : Albert Bichot www.bourgogne-bichot.com

 

Vie n°8 : au Musée de la Chasse et de la Nature le jeudi 7 octobre lors d’une dégustation des millésimes 2006 et 2009

 

En blancs : Meursault 1ier Cru les Charmes et Chablis Grand Cru Monopole « Moutonne »

 

En rouges : Pommard Clos des Ursulines et Vosne Romanée 1ier Cru Les Malconsorts

 Caillou-9252.JPG

Voici donc la genèse de ma science toute neuve sur Moutonne. Pour ceux qui me suivent patiemment ma semaine semble placée sous le signe du mouton mais passons ! Ce soir-là l’air était tendre et je m’étais vêtu so british : chemise Turnbull&Asser cravatée, veste Old England, richelieu gold, pour être dans le ton du lieu, très club anglais, bois ciré, cuir patiné, bibliothèque précieuse, tableaux de chasse aux murs... Et pourtant rien de guindé, l’avenante simplicité d’Albéric Bichot, laisser le temps au temps, prendre du temps pour apprécier la palette des vins présentés.

J’aurais aimé qu’Andrew Jefford ( voir le buzz sur le blog des 5 du vin) http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/10/07/decanter-pete-les-plombs.html et http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/10/10/chardonnay-australien-la-reponse-d-andrew-jefford.html ) fût en ce lieu si proche des codes de sa chère et perfide Albion. Ainsi il eut pu tout à la fois me décrotter, moi qui ne suis qu’un dégustateur nonchalant qui n’a pas son talent, et étalonner son échelle mondiale du Chardonnay en goûtant cette belle et fastueuse Moutonne.

Comme vous le savez j’ai à propos de la minéralité des doutes sur sa déclinaison gustative et quand à la tension, chère à Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, le débat reste ouvert. Mes images à moi, celles qui se projettent dans ma tête, sont toujours, lorsqu’une émotion esthétique m’étreint, de même nature, à front renversé, que celles que j’éprouve face à un tableau. Je m’explique : face à un Chaissac, un Pollock ou un de Staël c’est le couple image-émotion alors qu’en présence d’un grand vin c’est le couple émotion-image. Tout le problème ensuite est de mettre des mots sur mes images.

Pour Moutonne la connexion fut immédiate : Estève, le grand Maurice Estève élevé par ses grands-parents paternels. « Cette enfance de petit paysan va le marquer d’autant plus profondément que sa grand-mère est une figure assez exceptionnelle. Totalement illettrée, elle décela très vite la personnalité de son « travail » avec beaucoup de respect, quand il installait sur le carrelage même de la salle de séjour, dès l’âge de huit ans, des objets et des fruits pour les dessiner. » Je vous propose une aquarelle de 1966 et un fusain, crayons jaune et bleu de 1979 du maître si bien mis en valeur à l’Hôtel des Echevins de Bourges.

 img169-Esteve-2-copie-1.gif

img168-Esteve.gif

Vous faut-il des mots après ça ? J’en ai bien sûr mais je les trouve soit trop étriqué soit trop pompeux pour ce grand blanc Moutonne 2006. Reste l’or-vert de l’aquarelle qui évoque si bien sa robe limpide et le grisé du fusain à peine souligné de bleu et de jaune qui semble nous entraîner dans le secret de son micro-terroir. Quand aux traits, aux entrelacs des couleurs, sorte de vue du ciel des parcelles, de ces climats, où la main de l’homme a sculpté la nature, l’a épousée sans la domestiquer, l’a magnifiée en lui permettant de tirer la quintessence. L’élégance, la vraie, est toute dans cette simplicité naturelle, dépourvue d’arrogance et de suffisance, si fraîche, si authentique.

 

En bonus pour illustrer ma chronique de lundi http://www.berthomeau.com/article-suis-je-le-clint-eastwood-du-vin-58632296.html une photo ci-dessous envoyée par un lecteur. Merci à lui pour sa contribution.

divocastle.jpg

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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le petit télégraphiste vous donne la note du Point 13/10/2010 08:45



16 - Domaine Long-Depaquit


45, rue Auxerroise


89800 Chablis


03.86.42.11.13.


Pas encore mis en bouteille. Nez puissant, épicé, bouche vive, C02, des notes agrumes assez prononcées, vif, long, structuré, belle amertume en finale, écorce de pamplemousse. 11,50 €.


Matthieu Mangenot, agro Montpellier et œnologue, dirige depuis 2007 ce vaste domaine 65 hectares qui a comme particularité de posséder en exclusivité La Moutonne (2,35 hectares),
essentiellement sur le terroir du grand cru Vaudésir et pour 5% sur Les Preuses. Cette parcelle (un peu plus petite alors selon l’acte de vente) appartenait aux moines cisterciens de
Pontigny, avant d’être rachetée en 1791 comme bien national par Jean Depaquit, ancien moine sécularisé, et son frère Simon. Depuis deux ans, un gros travail sur les sols a été fait. Les griffages
et le labour remplacent peu à peu le désherbant, « le résultat est assez spectaculaire sur les vignes ». Sur les vins aussi.


 


 



olivier de moor 13/10/2010 08:24



Bonjour à vous tous,


A ce propos, pour approfondir notre connaissance de ce vignoble de Basse Bourgogne, quelqu'un pourrait-il me donner les moyens de me procurer les livres suivants:


-"Topographie des vignobles connus" d' André Jullien. Existe-t-il des rééditions de celle de 1848 ?


-"Etude sur les vignobles de Chablis"1904. de Rousseaux et Chappaz.


 


Merci par avance,


Olivier De Moor



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