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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 00:03

Il est des jours où je me dis : tu leur prends vraiment trop le chou à tes fidèles lecteurs, trop de mots Berthomeau, soit zen et tais-toi ! Alors en ces temps où le suffixe -itude s’accole à tort et à travers, feu Maurice Druon ne déclarait-il pas à propos de la « bravitude » chère à la « madone du PC », Poitou-Charentes pour les non-initiés, « Cette « bravitude » n’a donc rien qui doive nous surprendre. Elle nous conduit à la « nullitude » je ne tomberai ni dans l’ « excusitude » elle aussi très en vogue ces temps-ci, ni dans la « bienvitude » qui friserait la « mochitude » linguistique. La période est à l’incertitude mais, pour autant, ne tombons pas dans une certaine forme d’ingratitude en jetant le bébé avec l’eau du bain. Amarrons-nous, autant que faire ce peu, « au bon côté de la vie » et, en ce 1ier Mai, où l’on célèbre le Travail, par une journée de repos quasi universelle, soyons les premiers à célébrer « la méridienne attitude ».

 

Qu’est-ce donc « la méridienne attitude » ?

 

En Anjou, dans l’Anjou cher à Patrick de la Chaudefonds sur Layon, c’est « le repos de midi, la sieste après le repas et avant la reprise du travail « à chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… […] il rêvait » Étienne Pérochon, Nène voir ma chronique de samedi dernier La dictée du samedi et ses questions.  http://www.berthomeau.com/article-28765134.html . Dans le Vendômois c’est la mérienne et dans ma Vendée profonde : la mariénée sans doute parce que dans l’Aunis tout proche mérienner se dit « des brebis qui, à midi, se serrent toutes ensemble, la tête de l’une sous le ventre de l’autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil » (in les mots du passé de Marcel Larchiver).

 

Dans son opus « L’art difficile de ne presque rien faire » chez Denoël, Denis Grozdanovitch, qui vit entre Paris et la Nièvre, écrit à propos de la sieste méridienne : « Le moment préféré de mes journées d’été demeure celui où, après le repas de midi, je m’achemine tranquillement jusqu’à notre ponton au bord de la rivière, sous le grand marronnier où j’ai installé mon hamac. Je m’y installe alors confortablement, un gros livre de philosophie (de préférence bien abstrus) à la main, et la lecture distraite d’une dizaine de ligne suffit amplement, en général, à me faire glisser dans ce que j’appellerais un sommeil de surface – très différent en cela de la profonde et souvent angoissante plongée nocturne – au cours duquel ma conscience, engourdie par une sorte d’agréable hypnose, continue d’enregistrer avec une sourde volupté le bruissement de la brise dans les feuillages, les dialogues entrecroisés et compliqués des oiseaux , le doux ronronnement du nid de guêpes dans l’aulne voisin et même le subtil friselis du courant le long des berges.

Je goûte alors – plaisir de la vraie vacance – au luxe suprême du demi-sommeil et de la demi-conscience qui sont les meilleures voies pour rejoindre ce fameux « cours des choses » si cher aux taoïstes de l’ancienne Chine, lesquels aimaient précisément à répéter que pour bien vivre il valait mieux ne vivre qu’à demi.

L’auteur donne ensuite la définition par le Littré du mot « dormition » qui est un terme ecclésiastique, mais comme il a trait au 15 août vous attendrez sauf à ce que notre « madone du PC » lance la « dormitude » Si vous ne vous êtes déjà pas endormi dès la 10ième ligne de cette chronique, sachez que mon Pépé Louis « faisait ses pâques » mais ne portait pas son éthique paysanne et vigneronne à la boutonnière  mais qui ne connaissait rien d’autre que le travail, aux beaux jours, s’offrait tous les jours sa petite mariénée à l’ombre du pailler. Enfin, pour préparer votre mérienne je vous propose d’accompagner votre déjeuner d’Effusion, un  vin d’Anjou d’un grand taoïste : Patrick Beaudouin. Pour la beauté de votre mérienne je l’ai photographié devant : « Une BOIRE à Saint-Rémy-La Varenne en Anjou »in Loire Sauvage de Louis-Marie Préau et Philippe Huet éditions Hesse.


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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francis b 03/05/2009 18:46

il y avait de la télépathie dans l'air,ce soir là, chez nous, bons vivants de champagnie profonde,au dessert, en joue pour accompagner le dessert tout simple de fraises + sabayon maison, c'était aussi Maria Juby 2005, de Pat Baudouin,. ...Nous sommes bons vivants, aussi nous consommons en toute intelligence modérément, plaisir prolongé, nous avons terminé cette belle Maria Juby, toute épanouie après 24 heures d'ouverture, sur une tarte tatin le lendemain soir, soir de 1er Mai.Amicalement et cordialement,Le Papa de Nicolas

Claude DUFFOU 01/05/2009 10:37

Salut Jacques,Pour moi l'Auvergnat, la méridienne attitude, c'est prendre ma voiture et enfiler la méridienne à Saint Flour, passer le viaduc de Millau et courir les terrasses du Larzac et tout le Languedoc à la recherche de crus inconnus. Que vive l'AMV !

BAUDOUIN 01/05/2009 09:55

LES TAOÏSTES DE LA LOIRE..."Faire marienne", on dit à Chaudefonds sur Layon, j'ai entendu cela toute mon enfance, dans la bouche de mes voisins paysans et vignerons. La description du sommeil de surface me va bien aussi, mais parfois c'est une plongée profonde mais très courte, l'équivalent de ce qu'on m'a décrit comme étant la "sieste espagnole" ? on prend une pièce entre le pouce et l'index, et quand elle tombe, elle réveille, et c'est reparti. Faire le ménage sur la table après le déjeuner, ça me va bien aussi. Ce n'est pas toujours très évident à pratiquer, avec nos vies, mais c'est toujours la tentation. Et c'est accordé avec la Loire...outre le très beau livre de Louis Marie Préaux, je vous signale "Passeurs de Loire", photos et textes magnifiques sur le fleuve et ses hommes. Enfin je ne saurais trop vous recommander le roman policier de d'Alix de Saint André, en Série Noire, "L'ange et le réservoir de liquide à freins", dont je vous livre un extrait du prologue, à lire dans un hamac, un verre de blanc de Loire à portée de main : "Enervez-vous, engueulez-les, ils souriront, vous tendront une chaise pour amener votre nez à hauteur de l'horizon du grand fleuve, vous offriront un verre de leur vigne, vous poseront quantité de questions, vous écouteront en hochant la tête, les mains sur les genoux, et à la fin, de toute façon, vous plaindront avec une sincère compassion de vivre comme vous le faites, de votre "vivature" comme ils disent, puique le français est leur seul patois. Et si jamais vous en tombez d'accord, ce ne sera ni à cause de leurs arguments, ni à cause de leur vin, ni à cause de leur sourire, mais simplement parce qu'ils vous auront amené à regarder couler la Loire un peu trop longtemps. Quand vous vous en rendrez compte, il sera trop tard, vous aurez attrapé le virus du fleuve, vous serez déjà devenu l'un d'entre nous ; et c'est bien le seul mal qu'on puisse vous souhaitez."Tout cela pour dire cependant que le taoïsme est un combat pas toujours gagné : en ce premier mai, j'ai rendez-vous, à l'heure de marienne, à la cave avec des clients qui veulent goûter...des vins de Loire...Merci Jacques pour cette échappée ligérienne blogeuse, dont j'aimerais qu'elle soit la messagère d'une vraie balade ensemble sur les coteaux...et bon premier mai à toutes et tous. PB

gus 01/05/2009 08:25

Bonjour,J'ai eu vu par chez nous un ancien pratiquer la"quick siest": dès la fin du repas,d'un large mouvement de bras il déblayait tout ce qui se trouvait face à lui sur la table(vaisselle,plat...),repoussait aussi jusqu'à la dernière miette et il s'endormait là,la tête à même ses bras croisés qui lui servaient d'oreiller.Juste un petit quart d'heure et notre homme avait rechargé ses accus pour un après-midi de labeur.Bon 1er Mai et bonne sieste !

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