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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:09

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« Etre bête à manger du foin ! » l’expression attestée en 1774 n’est pas à mon goût car elle trouve son origine dans l’idiotie supposée, la bêtise d’un animal domestique que j’aime : l’âne.

 

 

 

Lorsqu’au temps d’Henri Nallet, Ministre de l’Agriculture, nous décidâmes de mettre le focus de la présidence française de l’UE sur les AOC et que le dépoussiérage des textes législatifs devint une nécessité, nous découvrîmes, sous la houlette de Marie-Hélène Bienaymé de l’INAO,  dans les mille-feuilles de l’ensemble des AO autres que vinicoles des produits aussi exotiques que le foin de la Crau et la porcelaine de Limoges par exemple.

 

 

 

De plus, la reconnaissance d’une AOC pouvait prendre la forme d’une simple reconnaissance judiciaire : ainsi en 1942, les syndicats de vignerons de Chusclan et de Laudun demandèrent au tribunal d'Uzès une reconnaissance judiciaire de la qualité et de la valeur originales de leurs vins des côtes-du-rhône gardoises. Le procès ayant traîné, les responsables vignerons demandèrent alors de bénéficier des dispositions du décret du 13 juillet 1951 ou législative : la première AOC fromagère française a vu le jour par une loi du 26 Juillet 1925 : il s’agit du Roquefort. La loi du 2 juillet 1990 a généralisé le système des AOC et a consacré la voie unique de reconnaissance : par décret sur proposition de l'INAO.

 

 

 

Rassurez-vous je ne vais pas vous prendre la tête avec mes histoires d’AOC, même si la philosophie de la réforme de 1990 s’est embourbée dans les chemins de traverse des adorateurs des normes, mais vous offrir l’accès a un mets hors-norme : le gigot d’agneau de Christophe, de la Contre-Etiquette, au foin AOC de la Crau. Celui-ci, en vertu du Décret du 31 mai 1997 : modifié le 23 septembre 1999 est devenue une AOC. Pour plus de détails voir sur ICI 

 

 

 

Recette :

 

 

1-     acheter un gigot d’agneau chez votre boucher préféré ;

 

2-   acquérir une balle de foin de la Crau AOC

 

3-    faire revenir dans une sauteuse et dans un fond d’huile le gigot sur toutes ses faces

 

4-   utiliser une cocotte à fond épais type « Le Creuset », y verser un fond d’eau pour pouvoir lancer la cuisson sans accroche, tapisser le fond de la cocotte de foin, y déposer le gigot tel quel, pas de sel ou de condiments, rajouter du foin tout autour et au-dessus pour le recouvrir entièrement ;

 

5-    lancer la cuisson sur un feu très doux pour une durée de 4 heures ;

 

6-   la cuisson peut se faire aussi dans un four à thermostat 5 ;

 

7-    en fin de cuisson, le jus mélange de celui du foin et du fond d’agneau est utilisable mais comme il est très concentré il faut le déglacer au vin rouge ou blanc (celui qui accompagnera le gigot) et l’épaissir un petit peu avec de la Maïzena.

 

 

 

Pour le vin, Christophe confie qu’il avait un petit peu peur, car les parfums du foin sont très exacerbés... mais comme ils le sont dans leur contexte « herbacé », un vin Blanc assez racé, bien « élevé » en fût, et déjà axé sur des notes torréfiées, pourra se marier agréablement avec l'ensemble très fondant...

 

 

-         un Meursault « charmes » 2007 de Fanny Sabre,

 

 

-         ou bien un Pouilly Fumé mademoiselle « M » 2008 d'Alexandre Bain,

 

 

-         ou un Chignin Bergeron « Les Filles » 2008 de Gilles Berlioz seront parfait...

 

 

-         et pourquoi pas en rouge le vin de Catherine Bernard en 2009, ou bien un 1ier  cru de Morey Saint Denis « Aux Cheszeaux » 2007 du domaine Arlaud, ou bien un Fixin 1ier  cru « Les Hervelets » 2007 de Jérôme Galeyrand.... les fruits rouges et bleus s'accordent bien avec l'aspect herbacé et fondant de la viande du gigot d’agneau

 

 

 

Les Photos :

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 00:02

« La Civilisation de la Vigne » par Armand Perrin chez Gallimard dans la fameuse nrf. Que voulez-vous moi je trouve ça très classe, bien plus que tous nos revues papier glacé étalées à la Maison de la Presse de Bénodet  ou chez le marchand de journaux de la Porte Championnet.

Tout ce lisse, sur lequel mon regard glisse, a la froideur du marbre, sa pompe et sa raideur. Le côté art officiel revisité m’ennuie. Comme me le disait un ami à propos de certains peintres contemporains qui se contentent de reproduire à l’infini, avec d'infimes variantes, le même tableau, celui qui a fondé leur notoriété, pourvoyeur de revenus confortables, « leurs tableaux finiront leur vie sur les murs des salles d’attente...». Toujours ce  « faire genre » pour satisfaire un public qui consomme de la notoriété comme des antidépresseurs afin de combler le manque de reconnaissance sociale.

 

J’exagère à peine.

Je généralise un tout petit peu.

La « peopolisation » me gonfle, cette mise en avant systématique d’individus présentés comme des petites stars, des « génies » de ceci ou de cela, des concepteurs de vins châtelains ou furieusement chers ça me saoule un peu beaucoup. 

C’est le temps qui veut cela me rétorquera-t-on, «on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre», il faut séduire. Plaire. J’en conviens aisément mais, toutes ces images, mises bout à bout, me donnent le sentiment d’un esthétisme chichiteux, très « je pète plus haut que mon cul »,  forme bien léchée du vide sidéral, d’absence de profondeur sauf celui du trou de notre propre nombril...

 

Je m’égare sans doute mais ce doit être l'âge... 

  

Bref, « La Civilisation de la Vigne » publiée en 1938 est un ouvrage d’une collection de Géographie Humaine. Comme le dit la 4ième de couverture, cette école de la géographie française aborde « la bataille que les hommes ont menée et mènent encore contre les éléments pour améliorer leur sort et limiter leurs aléas. »

 

Lorsque je lis que le Prince Charles met en cause Galilée, en déclarant « La nature a été totalement objectivée, avec pour conséquence que nous sommes poussés à nous concentrer sur l’aspect matériel de la réalité qui correspond à la vision de Galilée... » les bras m’en tombent. L’intérêt de cette approche c’est qu’elle cherche à montrer « la mécanique de la vie des hommes gravitant autour d’un produit. Cette mécanique entraîne une hiérarchie sociale et même une psychologie : elle est donc un des principaux éléments de distinction entre les hommes. »

 

Alors, ce matin, je ne puis résister à l’envie de proposer à votre lecture le tableau ci-dessous. Comme moi sans doute, vous n’en saisirez pas toutes les subtilités, mais je lui trouve une forme d’aridité poétique, un étrange exotisme, un parfum de cartes postales sépia... qui vaut qu’on le parcours en flânant. Où trouverez-vous ailleurs évoqué le Vignoble de snobisme de l’ancienne Russie.

 

I. Vignobles directs

- Vignobles américains de l’est et du centre

- Vignobles de l’Egée et de l’Egypte anciennes.

- Vignobles du Cachemire.

- Vignobles embryons de Chine et du Japon.

II. Vignobles de conquête et de colonisation

a) directs

-         Vignobles russes du Turkestan et du Don

b) consécutifs

-         Vignobles méditerranéens : grec, romain, vignobles français, suisse, rhénan.

-         Vignoble subcarpathique de l’ouest.

-         Madère.

-         Vignoble péruvien.

-         Vignobles des dominions austraux.

III. Vignobles religieux

-         Vignobles de Californie (1ière étape)

-         Vignobles de Madras.

-         Vignobles du Cap (1ière étape)

-         Vignobles rhénan et plus orientaux.

-         Vignobles ibériques de la « reconquête »

IV. Vignobles dirigés

a)     intervention de l’Etat

-         Vignoble Uruguayen

-         Vignobles californiens (3ième étape)

-         Vignoble impérial mosellan

-         Vignobles du limes romain après Probus (Autriche, Yougo-slavie, Bulgarie, Roumanie)

-         Vignoble roumain de Bessarabie

b)     direction capitaliste : Vignobles algériens, tunisien, marocain ; grands vignobles du midi de la France.

c)      Vignoble de snobisme : vignoble de l’ancienne Russie.

 

V. Vignobles économiques

a) résultants d’émigration

- Vignoble algérien type 1870-75

- Vignoble Rio Grande do Sul

b) résultants de remplacements en crise

- Economique

1- Vignoble californien (2ième stade)

2- Vignoble de Sao Paulo

3 – Vignoble de Sable de Hongrie

- Politique : vignoble chilien

c) par liaisons économiques

- Vignoble argentin

- Vignobles austraux à préférence impériale

- Vignoble autrichien.

d) résultant d’un plan : Vignobles de l’URSS  

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:09

L’indigène du 7ième, si je puis qualifier ainsi le résident de l’avenue de Breteuil, c’est l’anti-bling-bling, pour lui l’ostentation est péché mortel, l’exhibition des signes extérieurs de richesse une grave faute de goût. Même si leur maire, adepte du lapsus linguae, détonne un peu dans le paysage avec sa quincaillerie, il n’en laisse rien paraître. La Grande Épicerie du Bon Marché est donc à son image, très Rive Gauche – ne pas confondre avec la Gauche caviar – et, chaque année, le rituel qualifié partout ailleurs dans les Surfaces de basse extraction, Foire aux vins, prend ici une toute autre appellation. En cet automne déjà saisi par la froidure, le frontispice affiche sur fond de flacons une étrange interrogation : Quel âge avez-vous ?  Caillou-9160.JPG

Pour éclairer ma lanterne sitôt j’entre illico dans ce temple de consommation où l’on me propose sur un présentoir le fascicule noir de la maison. Beau, de bon goût, à l’image du terreau social de son territoire de chalandise. Le concept d’âge, se traduit ici par une formule simple « Car, il est en vin comme de toute chose : chaque âge a ses plaisirs » Je laisse aux concepteurs la responsabilité d’une affirmation bien lapidaire, l’intensité et la qualité du plaisir ne m’ont jamais semblé être une question d’âge. Je ne suis pas ici pour philosopher mais pour rapporter.

Que vis-je donc ?

Caillou-9163.JPG

-         L’âge des promesses : « les amateurs de vin le savent : plus on est patient, plus on est récompensé. Voici donc des grands millésimes, à conserver encore pendant une quinzaine d’années. » Sancerre Monts Damnés 2008 Domaine Dagueneau 76,90€

-         Le premier âge : « Voici des vins fougueux, mordants, croquants. Quelle que soit leur région d’origine, ces vins de plaisir, à boire sur la fraîcheur, ont l’humeur à la fois joyeuse et sereine [...] Buvons-les maintenant ! » Nuits Saint Georges « Les Damodes » 2007 36€

-         L’âge tendre : « Evolués, sans défauts, ces vins ont l’insolence de l’élégance. Leur présence est rassurante, ils pourront être débouchés sans risques pour un repas entre amis, un déjeuner de famille ou un dîner chic... » Châteauneuf du Pape/Domaine de la Janasse rouge 2007

-         Le bel âge : « Un flacon, un nom, un millésime : tout ce qui apparaît sur ces bouteilles fait rêver. Et pour cause : ces vins, osons-le dire, sont parfaits. Avec les formidables potentiels de leurs terroirs, ils se sont épanouis avec le temps et, bravant les années ingrates de l’adolescence, sont arrivés à maturité. » Château Palmer 1998/Margaux 120€

-         L’âge de raison : « Voilà de beaux millésimes, des valeurs sûres issues de toutes les régions de France, des crus sympathiques qui ont atteint l’âge de raison. Alors courage, cessez de les regarder, et ouvrez-les ! »Meursault Poruzots 2004 Henri Boillot 46€

-         L’âge d’or : « Pendant des décennies, ces alcools et ces vins doux naturels ont été surveillés, travaillés, bichonnés. [...] Les voici prêts à être découverts dans toute leur richesse, leur plénitude et leur générosité. » Cognac de Grande Champagne N°22 : 488€

 

Voilà c’est dit mais entre-nous soi dit tout cela est un peu tiré par les cheveux, confus un peu comme l’âge du capitaine, la bonne question eut été : Quels âges ont-ils ? Les vins bien sûr et, en ce qui concerne le plaisir, ce sont eux qui nous le donnent et non nous qui le générons. Je cesse de pinailler mais bon mais pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire simple. Un détail : l’âge de raison c’est 7 ans, ni plus, ni moins, mais bon passons aux choses sérieuses.

 

Les choses sérieuses pour moi c’est l’irruption dans ce catalogue de beaux flacons de 12 représentants du Roussillon sur 18 vins de la région Languedoc-Roussillon. Beau retour en force.

Je les cite dans l’ordre du catalogue :

Collioure

  • Domaine de la Rectorie : « Argile » 2008 blanc 2009 22€ et « Coté Mer » 2008 blanc 14,50€ (premier âge)

Côtes du Roussillon

  • Domaine Gardiés « Les Millières » 2008 rouge 11,40
  • Domaine Gauby « Muntada » 2003 rouge 58€ (l’âge de raison)
  • Domaine Gauby « Vieilles Vignes » 2005 rouge 21,50€ (l’âge tendre)
  • Domaine Laguerre « Le 20 » 2009 blanc 8,50€
  • Domaine Olivier Pithon « Laïs » 2009 rouge 16,50€
  • Domaine Vaquer « Les Aspres » 2006 blanc 14€
  • Domaine Alquier « Les Bastides » 2006 rouge 19€

Maury

  • Mas Amiel Vintage 1969 57€ (l’âge d’or)
  • Mas Amiel Vintage 1954 180€ (l’âge d’or)

 

Et pour faire plaisir à l’ami Jean-Baptiste Senat :

Minervois

  • Domaine Senat « Bois des Merveilles » rouge 2008 16,90€ (l’âge tendre)
  • Domaine Senat « Mais où est donc Ornicar » rouge 2009 9,30€

Et encore une étrange appellation qui va faire plaisir au grand Jacques :

Vin de Pays Languedoc

  • Domaine Gauby Vieilles Vignes 2004 21,50

 

Au plan pratique, les vins du catalogue sont exposés sur des présentoirs circulaires ou des tables dans tout le magasin. Cette mise en avant est de bon aloi car ainsi tout un chacun peut être tenté de s’intéresser à une belle bouteille. Ainsi donc, mon catalogue en main, je me la jouais façon inspecteur du Michelin : discrétion, anonymat et patati et patata... lorsque dans mon dos un « bonjour monsieur Berthomeau » me mettait à découvert. L’auteur de cette apostrophe, planté derrière un comptoir de dégustation arborait un large sourire et un tablier noir floqué aux couleurs du Roussillon. Présentation faite, l’homme aux vins du Roussillon était Olivier Raynal le créateur des Caves du Roussillon www.lescavesduroussillon.com . Que je fusse encore un peu connu du côté de Perpignan n’a rien d’étonnant dans la mesure où au temps où j’y jouais les médiateurs ma tronche de cake s’étalait souvent dans l’Indépendant de Perpignan. Donc pas de quoi faire enfler les chevilles.

Olivier se révèle être un excellent ambassadeur des vins du Roussillon et bien sûr me voilà embarqué dans la dégustation des vins du jour : 2, ce qui vous en conviendrai est une quantité à ma portée de dégustateur de petite extraction. Les vins étaient ceux d’Éric Laguerre www.domainelaguerre.com , un blanc : « Le 20 » Cotes du Roussillon 2009 (40% de Vermentino, 20% de Roussane, 20% de Marsanne et 20% de Maccabeu et un rouge « Le 20 » Cotes du Roussillon 2008 (60% Syrah, 30% Grenache et 10% de Carignan). La position géographique de ce domaine dans les Fenouillèdes proche de l’Ariège le place dans une situation qui met mal à l’aise les partisans de « l’air de famille » à l’intérieur d’une appellation, ici en l’occurrence les Cotes du Roussillon. Les vins d’Éric Laguerre peuvent surprendre, surtout le rouge où le fruit prédomine, par leur atypicité par rapport aux canons parfois un peu lourds des Cotes du Roussillon. Sous ma plume ce n’est pas une critique mais plutôt un hommage à la diversité. J’ai commencé par déguster le « Le 20 » blanc qui m’a conquis par son extrême fraîcheur, sa gourmandise acidulée qui pour moi font de lui à la fois un vin que l’on a envie de boire sur une terrasse ensoleillée en lisant un bon livre et un vin compagnon d’un bar au beurre blanc ou d’une sole grillée. Pour 8,50€ c’est un plaisir accessible. Pour « Le 20 » rouge je vais proférer une énormité mais, comme diraient certains, c’est mon ressenti : il a tout d’un vin de Loire et il donne envie d’en boire. Il est gouleyant, plein de fruit, de fraîcheur, de vivacité... un de ces vins qui ne se prennent pas la tête à se poser des questions sur leur adaptation au marché car ils sont adaptés au marché de ceux qui cherchent la simplicité.

 

Pour en finir avec le Roussillon, en plus de sa sélection automnale, dans le « fonds de rayon », c’est l’appellation officielle pas très sexy, à l’année les vins du Roussillon sont assez présents sur les beaux rayons de la Grande Epicerie du Bon Marché : comme par exemple le Château de Jau et les vins d’Hervé Bizeul : Les Petites Sorcières et de battre mon coeur s'est arrêté, Coume del Mas, domaine de Vénus, domaine Roc des Anges et bien sûr les Gauby, Parcé et quelques autres.. Quoi qu'il en soit belle initiative que cette montée à Paris d'Olivier Raynal pour faire déguster à la Grande Epicerie du Bon Marché quelques beaux représentants du renouveau du Roussillon.

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 00:09

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J’adore les mots, leur son, leur origine et la variété de leur signification alors vous comprendrez que, dans ma Vendée crottée, isolée, fermée, Le petit Larousse illustré fut pour moi un compagnon de tous les jours. Avec son côté petit pavé, sa dualité séparée par les pages saumon des locutions latines et étrangères Vanitas vanitatum, et omnis vanitas, d’abord la langue française : les noms communs puis les noms propres, l’histoire et la géographie : les grands hommes, les pays, les départements... mon petit dictionnaire m’accompagnait dans ma boulimie de mots et de connaissances.

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Et puis son fameux logo : le pissenlit, avec ses feuilles dent-de-lion, si amères en salade, qu’adoraient les lapins de mémé Marie, sa fleur jaune pétante et ses fameuses aigrettes en boule sur les lesquelles nous aimions souffler. Le « Je sème à tout vent » la fameuse devise due à Émile Reiber, architecte et décorateur français (1826-1893) illustrait bien sa volonté d’ensemencer nos petites têtes. « Le passage du pissenlit à la « semeuse » qui souffle sur les aigrettes du pissenlit est dû à une idée de Georges Moreau (cofondateur de Larousse [1853-1934]). Partant du croquis dessiné par celui-ci, Eugène Grasset (peintre, graveur, illustrateur d’origine suisse [1845-1917]) réalisa en 1890 la première « semeuse »…   

Pierre Larousse né d’un père charron-forgeron et d’une mère cabaretière à Toucy dans l’Yonne, brillant élève, boursier de l’Université, revient sitôt ses études faites, en son pays natal à 20 ans à peine, pour être instituteur à l’école primaire supérieure. Pendant trois années il cherchera à renouveler la pédagogie en faisant appel à la curiosité des enfants. Autre temps, autre ambition que celle de faire Polytechnique pour devenir trader. 52825 Big

Et puis, à la maison dans la famille des Larousse il y avait aussi le Cuisine et Vins de France de Curnonsky de maman que je feuilletais pour décrypter les recettes de mon cordon bleue de mère et le Larousse Agricole (première édition en 1921 et la dernière en 2002) de mon père où j’allais enrichir mes maigres connaissances sur les veaux, vaches, cochons, couvées... que je côtoyais à la ferme de mon grand-père. Une anecdote : je croyais encore à 7 ans, l’âge de raison, que les enfants naissaient dans les choux alors que j’avais vu vêler les vaches du pépé Louis.

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Selon une tradition bien ancrée chez moi je digresse avant de vous entretenir de la sortie du Grand Larousse du Vin.  Rassurez-vous, je ne touche aucun pot de vin de la grande maison de la rue du Montparnasse pour faire de la réclame pour ses ouvrages et ce pour 2 raisons : elle n’en propose pas, et moi je ne bois pas de ce vin-là. Plaisanterie mise à part, nous entamons le dernier trimestre de 2010 qui va aller s’échouer sur les rives des fêtes enguirlandées où il faut trouver des petits paquets à mettre dans les petits souliers. Bonne pioche avec cette nouvelle édition :

-         Elle est belle, d’une élégante beauté, du bon goût sans ostentation, un chic assumé avec juste ce qu’il faut d’originalité ;

-         Elle est dans l’esprit maison : encyclopédique, donc complète, précise et éducative ;

-         Elle est riche d’une iconographie superbe ;

-         Elle est comme le vin lui-même une invitation au voyage (Olivier Poussier dans sa préface);

-         Elle est d’un bon rapport-qualité/prix : 39,90€ (ça c’est pour faire genre Que Choisir ?);

-         Elle a été rédigée par une belle équipe de spécialistes (je cite ceux que je connais : David Cobbold, Michel Dovaz, Sébastien Durand-Viel, Mathilde Hulot...) sous la houlette de Georges Lepré ;

-         Elle est d’une lecture ludique et s’adresse aussi bien au néophyte qu’à ceux qui s’estiment des amateurs éclairés ;

-         Elle aime bien les vins que j’aime (peu de références commerciales, et c’est bien) : Clos d’Alzeto, Antoine Arena page 351, La Canorgue page 333, Chante-Alouette Ermitage de Michel Chapoutier page 327, Altenberg Bergheim de l’ami Jean-Michel Deiss page 309...

-         Une seule critique : un manque essentiel, une béance absolue : aucune référence n’est faite à l’œuvre majeure de la décennie : Cap 2010, le défi des vins français. Désolé, je n’ai pas trouvé mieux !

 

Voilà, ma messe est dite, et plutôt que de continuer de la chanter je préfère laisser la place aux images :

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 09:30

En Alsace il y a bien sûr les Vins d’Alsace et aussi les Dernières Nouvelles d’Alsace. Les éditorialistes de la PQR cités dans les revues de presse nationales sur les radios généralistes valent souvent la peine d’être lus. C’est le cas ce matin de l’édito d’Olivier Picard des DNA. Bonne semaine à vous.

 

« Il faut toujours se méfier des hommes politiques quand ils se mettent à parler vrai. C'est à ce moment-là qu'ils sont le plus dangereux. Quand ils fendent l'armure et baissent la garde... Enfin, ils sont eux-mêmes. Il y avait cet inévitable mélange contradictoire de soulagement - le combat est bientôt fini - de mélancolie - l'exercice du pouvoir est attachant - et de légèreté - celle de la liberté retrouvée - dans la confession de François Fillon hier sur France 2.

 A l'heure du rôti du dimanche, le Premier ministre n'a pas hésité à mettre les pieds dans le plat. Mais avec la manière. Ce garçon est trop bien élevé pour se laisser aller à une amertume tonitruante. Avec la délicate cruauté de la bourgeoisie de province, il a juste pourri l'ambiance familiale avec quelques petites remarques lâchées comme ça, au détour d'une réflexion. Très chic.

 Bah, ce n'était certes pas l'assassinat politique du siècle. On le savait bien, et depuis longtemps, que Nicolas Sarkozy n'était pas son mentor, et que son « alliance » avec le candidat de 2007 était le fruit d'une stratégie lucide plus que d'un coup de foudre sentimental. Seulement, on ne s'attendait pas à ce qu'il le rappelle maintenant, et aussi clairement, après avoir fait preuve, en toutes circonstances, d'une loyauté sans faille à l'égard du président de la République. L'orgueil ne meurt donc jamais ?

 Plus significatif, François Fillon a spectaculairement réhabilité la fonction de chef de gouvernement, cette « tour de contrôle » de Matignon dont il avait théorisé l'effacement, pourtant, dans le paysage institutionnel, et qui a révélé son envol. Une fois de plus, la très plastique Veme République a réussi à inventer une nouvelle pratique de ses principes. C'est un Premier ministre « retourné », pleinement convaincu, désormais, de l'importance de son rôle, qui quittera ses fonctions dans quelques semaines si le président décide, comme cela semble probable, de le remplacer.

 Il faut entendre une critique - ou au moins un doute - sur l'extrême présidentialisation du régime. A mots couverts, on a compris que l'omniprésente tutelle de l'Élysée pouvait contrarier l'art de gouverner rationnellement l'État dans ce pays de 64 millions d'habitants. Sur ce point, les témoignages de prédécesseurs de M. Fillon concordaient dans une réserve élégante présentée poliment dans un onctueux emballage.

 On a décelé l'appétit du Premier ministre mais aussi une pointe de chagrin à l'idée de tourner la page. De déception aussi ? Le remaniement avec préavis bloque manifestement les effusions de ses ministres. Aucun d'entre eux n'ose dire qu'en l'état, Fillon est irremplaçable pour son camp. C'est la presse, pas toujours tendre avec lui, pourtant, mais convaincue de son envergure, qui l'écrit. »

 

Olivier Picard

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 00:09

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Le buzz que j’évoquais hier sur «  Les Gouttes de Dieu » ce succès venu d'ailleurs, «principalement du Japon, mais également de Corée et des États-Unis» du Château le Puy 2003 de JP Amoreau me font vous proposer des extraits du Chapitre VI « De la manière de boire&de manger des japonais » tiré du Traité sur les contradictions&différences de mœurs écrit par le R.P. Luís Fróis au Japon, l’an 1585 avec une préface de Claude Lévi-Strauss publié aux éditions Chandeigne www.editions-chandeigne.com

Le grand anthropologue écrivait notamment « L’Occident  a découvert le Japon à deux reprises : au milieu du XVIe siècle quand les jésuites, venus dans le sillage des marchands portugais y pénétrèrent (mais ils furent expulsés au siècle suivant) ; et trois cents ans plus tard, avec l’action navale menée par les Etats-Unis pour contraindre l’Empire du Soleil-Levant à s’ouvrir au commerce international.

De la première découverte, le père Luís Fróis fut l’un des principaux acteurs. Un rôle comparable revint, dans la seconde, à l’Anglais Basil Hall Chamberlain dont Fróis apparaît aujourd’hui comme le précurseur. Né en 1850, Chamberlain visita le Japon, s’y fixa et devint professeur à l’Université de Tôkyô. Dans un de ses livres, Things Japanes, paru en 1890, composé en forme de dictionnaire, sous la lettre T un article intitulé Topsy-Turydom, « le monde du tout à l’envers », développe l’idée que « les Japonais font beaucoup de choses de façon exactement contraire à ce que les européens jugent naturels et convenable. »

Ainsi, les couturières japonaises enfilaient leurs aiguilles en poussant le chas sur le fil au lieu de pousser le fil dans le chas. Elles piquaient aussi le tissu sur l’aiguille au lieu, comme nous le faisons, de piquer l’aiguille dans le tissu [...]  

Car ces usages – les missionnaires jésuites l’avaient déjà remarqué – n’opposent pas seulement le Japon à l’Europe : la ligne de démarcation passe entre le Japon insulaire et l’Asie continentale [...]  

Claude Lévi-Strauss fait aussi remarquer que « La plupart de ces exemples étaient déjà brièvement cités par Chamberlain. S’il avait pu connaître le Traité de Fróis, découvert onze ans après sa mort, il y aurait trouvé un répertoire fascinant d’observations parfois identiques aux siennes, mais plus nombreuses et qui tendent toutes à la même conclusion [...] »

Dans le titre du Traité de Fróis, les mots contradiçōes et diferenças pourraient laisser accroire à une inintelligibilité réciproque entre nos deux civilisations alors que l’ambition de l’auteur est de faire voir des rapports transparents de symétrie. Lévi-Strauss le souligne « La symétrie qu’on reconnaît entre deux cultures les unit en les opposants. Elles apparaissent tout à la fois semblables et différentes, comme l’image symétrique de nous-mêmes réfléchie par le miroir, qui nous reste irréductible bien que nous nous retrouvions dans chaque détail. »

 

 

« De la manière de boire&de manger des japonais » Extraits du Chapitre VI (en rouge le boire)

 

1-    Nous mangeons toute chose avec nos doigts ; les Japonais, hommes et femmes, dès l’enfance, utilisent deux baguettes.

2-    Notre nourriture ordinaire consiste en pain de froment ; celle des Japonais, en riz cuit sans sel.

3-    Nos tables sont mises avant que n’arrivent les mets ; les leurs viennent de la cuisine en même temps que la nourriture.

4-    Nos tables sont hautes avec une nappe et des serviettes ; celles des Japonais sont des tablettes laquées rectangulaires, basses, sans  nappes ni serviette.

5-    Pour manger, nous nous asseyons sur des chaises avec nos jambes allongées ; eux ont les jambes croisées sur des tatamis ou sur le sol.

6-    Leurs plats viennent tous ensemble ou sur trois tables ; chez nous, les mets viennent peu à peu.

11- En Europe, les hommes mangent ordinairement avec leurs femmes ; au Japon, c’est une chose très rare, parce que les tables sont séparées.

12 - Les gens en Europe se délectent de poisson grillé ou bouilli ; les japonais apprécient bien davantage de le manger cru.

21 - Nous nous lavons les mains avant et après les repas ; les Japonais, qui ne prennent pas la nourriture avec les doigts, n’ont aucun besoin de se les laver..

24 - Les européens se délectent de poules, de perdrix, de pâtés et de viandes blanches ; les Japonais, de chacals, de grues, de singes, de chats et de goémon cru.

26 -  En Europe, nous rafraîchissons le vin ; au Japon, pour le boire, on le réchauffe presque en toute saison.

27 – Notre vin est fait de raisin ; le leur, de riz.

28 – Quand nous buvons d’une seule main ; les Japonais le font toujours avec les deux.

29 – Quand nous buvons, nous sommes assis sur une chaise ; eux sont à genoux.

30 – Nous buvons dans des verres d’argent, de cristal ou de porcelaine ; les Japonais, dans des sacanzukis [coupes] de bois, ou des caravages [petit pot]de terre cuite.

31 – Chez nous, chacun ne boit pas davantage que ce qui lui plaît, sans émulation particulière ; au Japon, ils s’importunent tant qu’ils font vomir les uns et saoulent les autres.

33 – L’eau que nous buvons hors de repas soit être froide et claire ; celle des Japonais doit être chaude avec de la pudre de thé battue avec une brosse de bambou.

35 – Nous buvons dès le commencement du repas ; au Japon, ce n’est qu’à la fin qu’on apporte du Vin.

38 – Chez nous c’est s’avilir et se discréditer que de s’enivrer ; les Japonais s’en réjouissent et si on leur demande : « que fait le tono [seigneur] ? », ils répondent : « il est saoul » !

41 – Nous répugnons à manger du chien, mais pas de la vache ; eux répugnent à manger de la vache, mais le font fort joliment des chiens, en guis de médecines.

42 – Chez nous les tripes pourries de poisson sont tenues pour abominables ; les Japonais s’en servent comme sacana (mets d’accompagnement avec le saké) et les mangent très volontiers.

43- Chez nous, il est sale de mâcher à grand bruit et de laper le vin ; les Japonais tiennent ces manières pour raffinées.

44 – Nous louons le vin de nos hôtes en faisant à ces derniers bonne et joyeuse figure ; les Japonais le font en montrant une mine si défaite qu’on croirait qu’ils vont pleurer.

45 – Nous conversons à table, mais ne chantons ni ne dansons ; les Japonais ne parlent guère jusqu’à la fin des repas, mais dès qu’ils sont échauffés, ils dansent et chantent.

46 – Chez nous, l’invité rend grâce à son hôte ; au Japon, c’est le contraire.

51 – Chez nous, manger ou offrir de la viande pourrie ou du poisson avarié serait un affront ; au Japon, on en mange et même puants on en offre sans gêne aucune.

52 – En Europe, il serait vil de vendre du vin à un honnête citoyen dans sa propre maison comme dans une taverne ; au Japon, les citoyens les plus honorables le jaugent de leurs propres mains et le vendent eux-mêmes.

55 – En Europe nos mangeons le sanglier cuit ; les Japonais le mangent en tranches fines et crues.

60 – Chez nous, roter à table devant les invités est très mal élevé ; au Japon, c’est très courant et personne ne s’en offusque.

 

Note : « En 1585, Luís Fróis (1532-1597) jésuite portugais a écrit un texte singulier dont le manuscrit, un petit volume composé de 40 feuilles de papier japonais au format 16x22 cm, n’a été retrouvé qu’en 1946 par Josef Franz Schtütte aux archives de Madrid. Ce dernier l’a transcrite et publié en 1955, avec une traduction allemande, dans une revue universitaire japonaise.

La collection Magellane, en 1993, en a fait paraître la traduction français, de Xavier de Castro, accompagnée d’un appareil critique très fourni sur la présence européenne au Japon au XVIe. Le présent ouvrage reprend l’intégralité de cette traduction sans l’appareil critique. »

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:44

JP Amoreau propulsé par l’actualité avec son château le Puy www.chateau-le-puy.com/ est un ami de l’association Sève et un fidèle lecteur : http://www.liberation.fr/culture/01012292014-un-manga-japonais-fait-d-une-cuvee-sans-histoire-un-vin-culte « Un manga japonais fait d'une cuvée sans histoire un vin culte » Affirmer que sa cuvée est sans histoire prête à sourire – si tant est que les emmerdements puissent faire sourire – c’est ignorer que le château le Puy a connu, et connaît encore, bien des déboires avec le système officiel de la dégustation qui lui a retoqué, et lui retoque encore, des cuvées pour les habituelles divagations sur la typicité, « l’air de famille ». Je lui ai consacré une chronique mais j’avoue qu’à la seconde, avec mes titres à la noix, je ne la retrouve pas. Si vous pouvez m’aider dans ma quête je suis preneur.

Bref, encore une mornifle sur la joue de ceux pour qui dégustation (agrément) rime avec exclusion de tout ce qui n’est pas à la hauteur du plus petit commun dénominateur. Accepter la différence, la prendre en compte dans l’exercice périlleux des dégustations d’agrément, en finir avec le rabot niveleur de « l’air de famille » me paraît, au vu de ce qui vient de se produire, le minimum d’intelligence que l'on puisse attendre. Ce sont les consommateurs qui sont les seuls juges, et dans le cas de JP Amoreau si ses vins sont différents ce n’est pas pour plaire, pour s’adapter à leur goût, mais tout simplement parce qu’ils sont en harmonie avec sa conception du métier de vigneron.

« Etre vigneron, c’est être observateur, curieux, méditatif, travailleur, hardi, méticuleux, amoureux de la nature et des êtres vivants, respectueux de ses semblables.

Etre vigneron, c’est être artiste avec méthode, audacieux avec réflexion, enthousiaste avec méditation, fougueux avec patience, obstiné avec fantaisie, économe avec générosité.

Etre vigneron, c’est savoir donner à l’amateur le meilleur de soi-même par le vin.

Etre amateur de vin, c’est savoir percevoir toute la passion du vigneron en dégustant son vin, avec ses proches et amis. »

 

Voilà pour ce qui est du manga « Les Gouttes de Dieu » la maison Berthomeau suivant une tradition bien ancrée avait déjà souligné le phénomène voilà déjà deux années :

- chronique du 18/08/2008 « L’énigme : Vosne-Romanée 2001-Échezeaux 2002 du domaine Gros frère et sœur dans Les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-21995629.html  

- chronique du 25/08/2008 « Lalou Bize-Leroy et le Haut-Médoc de Giscours dans Les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-22051339.

- chronique du 17/10/2008 « Thibault Despagne et Château Mont-Péret sont dans le tome 3 les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-23752112.html 

- chronique du 22/01/2009 « 3 verres pour réveiller le passé, les japonais sont fous des grands Bourgognes et de JY Bizot»  http://www.berthomeau.com/article-27014862.html

 

Pour être informé les premiers venez voyager sur mes lignes... et pourquoi pas vous abonner. Bonne journée à tous...

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 00:09

En effectuant un peu de ménage dans mon capharnaüm de brouillons, d'ébauches, d'esquisses de chroniques, j’ai retrouvé ce texte qui émane, je crois, du Quotidien du Peuple. Il exprime, avec une syntaxe et une orthographe, que j’ai conservées en l’état, la vision qu’a le chinois moyen des rapports des français avec leur boisson nationale : le vin. Bonne lecture ! PACE E SALUTE PER VOI...

 

« Après s'être installée dans sa nouvelle villa, pour créer une ambiance chaleureuse, conviviale et agréable, la première chose que la famille française pense à faire c'est de remplir la cave de bouteilles de vin. Est-ce nécessaire de faire comme cela, se disent les Chinois qui imaginent qu'on a qu'à aller acheter à chaque fois qu'on a envie d'en boire et que ce n'est pas la peine d'emménager spécialement un endroit dans la maison pour placer du vin. Ce qu'ils ne comprennent pas c'est la vive passion des Français pour ce boisson alcoolisée, un sentiment qui date depuis toujours et qui est difficile à saisir si l'on ne l'éprouve pas soi-même. La France est mondialement connue pour la production de vin et elle est à la tête du monde pour cette production. Le Champagne, le Bordeaux et le Bourgogne sont des marques françaises de vin de réputation mondiale. Les Français consomment chacun en moyenne chaque année quatre vingt litres de vin. En France, il est normal pour les familles aisées de posséder une villa avec une cave dans laquelle sont conservés précieusement de meilleurs vins datant de diverses époques. On peut raisonner comme cela : la conservation du bon vin en France ressemble à l'entretien d'une maîtresse en Chine, car pour tous les deux c'est cacher quelque chose de précieuse chez soi ou bien c'est qu'on s'attribue la propriété d'une chose qu'on convoite, qu'on est fortement épris et qu'on dissimule pour mieux l'admirer et l'apprécier en cachette.



Pour les familles françaises moins aisées, elles disposent également de « coffres spéciaux » pour contenir des bouteilles de vin de moindre qualité et à prix plus bas, mais qui sont bien rangées et bien alignées dans le coffre et qui font vraiment plaisir à voir. Quant aux familles pauvres qui n'ont aucun moyen de conserver du vin chez-elles, que font-elles alors ? Après une journée de dure labeur, le chef de la famille s'en va dans un bistrot pour boire un petit verre de vin sinon toute la journée lui semble alors ennuyeux, fastidieux et même insupportable. Les Français se montrent exigeants, raffinés et difficiles en ce qui concerne la dégustation du vin. Pour eux, un repas copieux doit être bien arrosé. Il faut au début boire un apéritif, suivi de divers plats dont poulet, canard ou bien poisson le tout arrosé de vin blanc dont la couleur est la même. Dans le cas où l'on mange de la viande de veau, de l'agneau ou du porc, il faut alors boire du vin rouge. Le soir, il faut également terminer le dîner le fromage et du vin. Bref, pour les Français qui aiment déguster du vin, ils ne craignent ni ennui et ni tracas, car cela leur permet en outre de se débarrasser des soucis, des tourments et des peines de la vie.



En fin de compte, pourquoi les Français aiment-ils tellement s'abreuver de vin ? Cela tire source de la société et de l'histoire. A l'époque de Napoléon, pour alléger les fardeaux des soldats démobilisés, le gouvernement leur donnait l'autorisation de produire chaque année dix kilos de vin privé sans avoir à payer d'impôt. En plus, de cela, il leur était permis d'en produire vingt litres de plus pour leur famille. Cette façon de faire a été transmise de génération en génération et est devenue une habitude populaire et depuis ce temps-là la vinification et la dégustation du vin ont été toujours en vogue en France. Aujourd'hui dans le pays, un grand nombre d'usines vinicoles de grande renommé tirent leur origine d'anciens ateliers privés de familles pauvres qui fabriquaient le vin pour subvenir à leurs besoins. En dehors du territoire métropolitain, dans les anciens départements d'outre-mer français, dont l'Algérie, on cultivait également de grandes surfaces de vignes et la vinification qui y était développée et prospère fait que l'industrie vinicole était devenue une industrie pilier dans la plupart des territoires françaises.



Lors des deux guerres mondiales, pour économiser ses ressources, la France interdisait la vinification et la vente de vin, ce qui faisait que ce dernier était devenu aussi précieux que l'or. A la fin de ces deux guerres, pour stimuler et développer l'économie, le gouvernement français a aboli l'interdiction du vin et a fait une publicité tapageuse autour de la valeur économique et de la valeur nutritive et c'était ainsi que l'industrie vinicole a repris son essor dans toute la France et toutes sortes de vin rouge et de vin blanc, dont champagne, bourgogne et bordeaux, se sont répandues une fois de plus dans toutes les couches de la société française. Le vin est vraiment une bonne boisson alcoolisée pensent les Français qui sont certains qu'il est un fortifiant sanguin et une substance stimulante et vivifiante. Toutefois, la passion excessive pour cette boisson alcoolisée nuit en fin de compte à la santé de l'être humain et peut en outre causer des accidents de route. Chaque année en France, des dizaines de milliers d'habitants ou bien souffrent de l'intoxication vinique ou bien sont victimes d'accidents causés par des conducteurs de voitures en état d'ébriété. Nombreux sont les gens, habitués au vin, n'en peuvent se passer et il semble que leur vie dépend de cette boisson alcoolisée et leur état de santé devient de plus en plus mauvais, ce qui est une réalité que les Français doivent tenir compte et dont ils ne doivent pas sous-estimer le mal qu'il pourrait causer.



Certains Français, lucides et perspicaces, considèrent que le bon vin est comme la femme et l'argent qui peuvent leur apporter la joie, le plaisir, la satisfaction, la consolation et le bonheur, mais également le chagrin, l'ennui, le désespoir, la tristesse et le malheur. »

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 00:09

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Jean Clavel, c’est Philippe Doutreme-Puich, un compagnon de mes deux années de coopération constantinoise, membre du cabinet du Président du Conseil Général de l’Hérault de l’époque : Gérard Saumade qui entretenait avec le Grand Jojo des relations orageuses,  qui me l’a présenté au temps où j’arpentais le Languedoc pour le compte de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture de l’époque. Il était directeur du Syndicat des Coteaux du Languedoc (voir bio http://jean.clavel.pagesperso-orange.fr/portrait.htm ) C’est un sage, l’un des grands artisans du renouveau des appellations du Languedoc, l’un de ceux qui savent mieux que quiconque que derrière les ceps il y a des femmes et des hommes qu’il faut, en toutes circonstances, respecter car leur labeur en vaut bien d’autres qui si se veulent plus nobles et qui attirent la lumière autour de laquelle beaucoup de lucioles et de gros bourdons se pressent.

 Caillou-9149.JPGCaillou-9150.JPG

Jean  a 2 fils vignerons l'un en Languedoc (Mas de Périé Assas,  www.vins-clavel.fr ,  l'autre dans le Ventoux en cultures familiales diversifiées, vignes en cave coop, cerisiers et autres fruits, oliviers pour huile, lavande...Comme Jean me l’écrit et je me permets de le porter à votre lecture: « Ils fonctionnent très différemment l'un et l'autre. Pierre et sa femme Estelle sont sur une exploitation viticole de 35/40 ha de vigne bio en AOP sur 3 terroirs Pic Saint Loup, Saint-Christol et Méjanelle en vente directe, principalement export, bon niveau de compétence, jeune œnologue plein temps, stagiaires venant de l'agro, très bon équipement cave vinif, élevage, conditionnement, régulations des températures, après 2 années plus difficiles mais bénéficiaires, nette reprise de l'export. Ils ont 2 fils.

Loïs est sur l'exploitation venant des beaux parents et aide sa compagne qui est chef d'exploitation, en zone de montagne, les parents retraités agricoles sont encore très actifs. La logique d'entreprise est,  pas de salariés, culture très soigneuse, on récolte ce qu'on peut au maximum, s'il reste des fruits sur les arbres on les laisse, le fonctionnement de la coopérative d'Apt ne les satisfait pas, mais ils restent dans ce contexte, l'autoconsommation des produits bio de l'exploitation est la règle, il y a des gites loués en été, ils vivent confortablement mais modestement, et ont aussi 2 fils. »

 

Jean conclue « Je vis donc au travers de toutes ces expériences, directement au contact de la réalité quotidienne languedocienne et un peu provençale... »

Caillou-9152.JPG       Transformations viticoles en Languedoc:

 

« Lorsqu'on voyage dans notre région, on constate, maintenant, la réduction importante des surfaces des vignobles, et le mitage des paysages. Vu de l'autoroute A9, vers Béziers, des parcelles de vignes de grande surface à droite et à gauche sont arrachées et les tas de souches mortes sont encore présents sur ces terrains. Mais ce n'est pas seulement dans les grandes exploitations biterroises que l'on peut constater cette situation. J'ai été grandement surpris, il y a quelques semaines, au cours d'un contrôle effectué dans le cadre de l'ODG Languedoc (Organisme de gestion qui a remplacé le syndicat des Coteaux du Languedoc, dont je dirai quelques mots en annexe), dans la commune de Neffiès. Cette commune est située au nord de la zone viticole de la future appellation « sous régionale AOP » «  Pézenas ».

              J'avais, de Neffiès l'image et le souvenir d'une commune viticole dynamique, dont la cave coopérative était le moteur principal, ayant initiée il y a une vingtaine d'années une zone de reconquête viticole de garrigue, dans les hauts de la commune, entre Neffiès et Cabrières, d'une centaine d'hectares,  plantée en cépages recommandés dans le cadre de l'AOC Coteaux du Languedoc. La municipalité de la commune avait aidé cette initiative située sur des biens communaux, et avait conclu des baux emphytéotiques à prix modéré,  pour éviter aux vignerons d'avoir à supporter le poids du foncier.

              Première surprise, nous avions rendez vous à la cave coopérative du village, dont on m'annonça qu'elle avait cessé  de fonctionner, alors qu'elle avait modernisé ses installations. Deuxième surprise, le magnifique vignoble de coteaux de la défriche est tout mité.

2009: arrachage volontaire  subventionné de 6 ha,

2010: 13 ha nouveaux arrachés, et m'a t-on dit ce n'est pas fini. Ces plantations avaient eu l'aide du département de l'Hérault, de la région LR, de l'État français, et de l’UE. 20 ans après on subventionne les arrachages !!!Quelle tristesse !!

              On annonce la fin de nombreuses caves coopératives, dont certaines subsistent en attirant des coopérateurs voisins qui cherchent une solution à la défaillance de leur propre cave. Mais le plus souvent ce sont des apports de vendanges sans adhésion aux statuts, ce qui confirme leur caractère provisoire et précaire. Les conflits entre adhérents concernant la gestion des caves se multiplient, ce n'est pas le première fois que l'on voit un président de cave, lassé de ne pouvoir faire évoluer positivement l'ensemble des adhérents, abandonner la présidence et créer sa propre cave indépendante, c'est arrivé récemment dans les Grès de Montpellier, près de Lunel. Les situation aberrantes se multiplient, une coopérative en difficulté de gestion, s'offre à une absorption par une autre cave coopérative, la solution serait la réunion de 2 caves voisines, mais le plus souvent des conflits de voisinage avaient marqué l'histoire ancienne des deux villages et la cave en difficulté choisit un partenaire parfois très éloigné, ce qui multiplie les frais de transport de la vendange et surtout la participation des adhérents de la cave absorbée à la gestion de la cave absorbante, ce qui entraîne alors la réduction du vignoble de la commune dont la cave a disparu. L'absence d'une politique collective de la coopération viticole, d'une concertation entre caves et d'une intervention de l'État qui a financé, anciennement, le développement de la coopération viticole et se désintéresse maintenant de son avenir, compromet la mise en oeuvre de solutions intelligentes.

              Certains responsables politiques régionaux disent, officieusement, que 10 caves coopératives par département seraient suffisantes pour satisfaire les besoins!! Il y en avait 560 en 1970 en Languedoc Roussillon dont 155 dans l'Hérault. Il en resterait actuellement 80 dans ce département, mais combien en survie ??  

              En parcourant le territoire de Neffiès, en direction de Caux, une cave particulière en construction démontre que tout n'est pas perdu, et que des couples jeunes, venant d'autres régions, ayant confiance dans un avenir vinicole local et dans le terroir, investissent dans le vignoble, et dans l'immobilier, car n'ayant pu obtenir un permis de construire de l'habitation à côté de la cave et du caveau de vente, ils ont acheté une maison dans le centre du village. Est ce que ça démontre que le milieu humain vinicole languedocien traditionnel n'a plus, en général, l'énergie pour surmonter les difficultés du moment ?

              Mais il y a d'autres signes de changement, j'étais hier dans les Corbières en visite dans mon village natal, qui proche de Narbonne,  et situé sur un axe de communication, voit son territoire agricole se réduire rapidement, et des zones  d'activité artisanales ou industrielles se multiplier. Après quelques visites, nous avions convenu de nous retrouver à l'Abbaye de Fontfroide, très proche, qui me rappelle tant de souvenirs de jeunesse, de parcours en vélo, de visite du domaine alors très accessible et  au travers des immenses bois ou nous allions à la rencontre de bâtiments abandonnés qui avaient servi à des activités disparues, comme la collecte des résines des pins dans des gobelets en terre cuite, qui nous emportions comme des trophées.

              L'Abbaye revit grâce à l'initiative de ses propriétaires et d'une jeune branche familiale qui a repris la gestion directe, a renouvelé le vignoble millénaire dans l'AOP Corbières, la cave, a organisé l'accueil de milliers de visiteurs,  anime les lieux prestigieux par des activités culturelles, et aménagé dans une magnifique et ancienne bergerie un restaurant maintenant réputé, qui à partir de menus faisant appel aux produits locaux et aux vins du domaine reçoit une clientèle particulière et des groupes louant des espaces pour des activités collectives , des réunions, des congrès. La qualité est présente partout, y compris dans la gestion du vignoble, et les prix non excessifs.

              Ces solutions nouvelles permettant le maintien dans le système privé de monuments historiques prestigieux dont l'entretien est très coûteux, et de vignobles réputés, se développent rapidement. Valmagne, autre magnifique abbaye cistercienne des  Grès de Montpellier, après un intense effort de reconstruction rénovation à long terme pour assurer son avenir, la recréation d'un jardin des simples et de production légumière bio, a ouvert depuis peu, son restaurant et y sert les vins bios du domaine.

              Flaugergues, à Montpellier,  lieu historique  privilégié et protégé malgré la croissance de l'urbanisme tentaculaire qui l'entoure et l'enserre, résiste et prend l'initiative d'accueillir un public nombreux venu découvrir les vins du domaine ou participer à des initiatives de réception, dans les espaces couverts ou de jardins aux plantes et arbres remarquables et depuis peu le restaurant, situé à côté du caveau de vente, moyen d'un chiffre d'affaire salvateur.

              Le succès de ces initiatives prestigieuses et d'autres plus modestes en cours de développement, démontrent qu'il y a des ressources vigneronnes capables d'engager le Languedoc dans des voies d'avenir.

 

Annexe: La réforme de l'organisation viticole française, imposée par le gouvernement sans trop de concertation,  par  une ordonnance en date du 6/12/2006 (issue l'article 73 de la loi d’orientation agricole du 5/01/2006) a profondément modifié l'organisation des vins en France. L'OCM, (organisation commune de Marché européenne) mise en oeuvre par un règlement du 29 avril 2008, bouleverse les pratiques françaises, introduisant un libéralisme de fonctionnement opposé aux normes de production nationales. (Exemple: la décision de supprimer le cadastre viticole et les droits de plantation, base de l'organisation viticole française.)  Les syndicats viticole 1884 à adhésion libre,  base de l'organisation viticole française, ont été remplacés par des administrations à adhésion obligatoire (ODG) aux fonctions limitées. Des administrations de contrôle indépendantes effectuent les fonctions dévolues aux syndicats. L'INAO qui avait une certaine indépendance par rapport au ministère de l'agriculture et avait joué un rôle historique, direct et indirect, important,  dans la notoriété des vins français dans le monde, a été remplacé par un organisme administratif sous tutelle, chargé de gérer les signes de qualité de tous les produits agricoles et agro-alimentaires. Cette évolution technocratique de la viticulture française est devenue d'une complexité telle, que sa cohérence en souffre. Les administrations intervenantes, douanes qui ont succédé à l'administration des contributions indirectes anciennement chargée de la viticulture, n'ont pas la même interprétation que Agrimer qui a repris l'activité de ONIVINS, souvent en contradiction avec la DDEA, résultat de la fusion de la DDAF (direction départementale de l'agriculture et de la forêt) avec la DDE(Direction départementale de l'Équipement) On peut s'interroger sur la pertinence de tous ces bouleversements administratifs, est ce que ça aide au développement du marché international des vins français ??

 

Jean Clavel 20/09/2010

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 18:48

Désolé de vous importuner encore mais je pense qu'il fallait que je vous transmette sans tarder cette Photo et ce texte qu'un de mes lecteurs Pierre Souillard vient de me faire parvenir.

« J'ai un peu du mal avec cette pub qui vend des terrains constructibles en montrant bien les vignes qui seront arrachées. Peut être de la plaine, peut être des vignes à « vin d'sheriff » mais quand même. Ca veut dire que nous avons échoué à faire du bon vin qui se vend bien sur une partie de territoire livrée au crépit le plus rose, aux maisons les unes sur les autres. C'est du patrimoine qui se détruit, un aveu d'échec, un paysage et une économie qui meurt pour une erreur. Ce n'était pas inéluctable, encore moins obligatoire de faire cette pub que je trouve particulièrement cynique. »

 

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