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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 00:00

Nos voisins et amis belges sont de bons et francs buveurs, de vrais amateurs aussi et parmi eux je compte de fidèles lecteurs. Réchauffement climatique oblige : « Malgré des prix élevés, les vins du plat pays remporte un succès croissant » titrait récemment DE STANDAARD journal de Bruxelles (en français : L'Étendard c’est un quotidien belge néerlandophone créé en 1918.) Est-ce le renouveau du vignoble belge ? J’y reviendrai dans quelque temps. En effet avant de parler de renouveau encore faut-il que je prenne le temps de conter aux français, qui n’aiment rien tant que de se gausser de leurs voisins avec les « histoires belges », « une histoire belge qui est un problème » : celle du vin. Le titre de cette chronique n’est pas de moi mais de Charles-Louis Binnemans dans son livre : « Histoire d’un grand négoce : Vins&Spiritueux en Belgique » édité chez Glénat.   

En son introduction l’auteur écrit : « Les belges aiment boire le vin »

« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves. Et les moins abstinents. Cela se remarque encore aujourd’hui. Une vocation, durable et héroïque, qui se perpétue dans la joie et la santé, vin à l’appui. Une attirance, nuancée d’un souci de la qualité, qui se modèle à travers les siècles et s’adapte aux millésimes. Une heureuse disponibilité qui mérite d’être décrite, voire citée en exemple ;

Pourtant, durant les millénaires qui se terminent vaillamment ces jours-ci, la facilité n’a jamais présidé à la venue du vin sur nos marchés si peu ensoleillés. Les distances étaient considérables, et rudes les obstacles. Sans parler des plaisanteries du fisc. Les Belges, au bout du circuit de la distribution, se sont néanmoins montrés aventureux mais accommodants. Les consommateurs, bien sûr, mais aussi et au préalable, les marchands, les importateurs, qui connaissaient les sources et les itinéraires. »

Avant de remonter le temps au cours des samedis qui vont suivre, hommage soit rendu à un grand talent belge que nous avions annexé : Jacques Brel et de sa fameuse et belle chanson « C’était au temps où Bruxelles bruxellait » par l’entremise de ce beau texte accompagnant cette illustration.

 

Genou 6758 

« À la guirlande des grands cafés tendus entre place de Brouckère, Monnaie et Bourse, le « Café des Templiers » brille du même éclat que le « Café Sesino », le « Café des Milles Colonnes », le « Café Suisse », le « Café Central »... On y trouve, comme dans les autres selon les récits des voyageurs étrangers, des bières et des cigares, des journaux à lire sur place, un café le plus souvent « atroce et sans saveur »... Des vins aussi, « très bons, bien meilleurs en tout cas qu’à Paris ». Et vendus moins chers que dans les restaurants où des prix élevés – pour des bouteilles « petites, même trop petites » - Corrigent la générosité admirable des portions servies à table... »

 

A suivre samedi prochain...

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 00:00

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Pour moi y’a un lézard quelque part, je lis dans le Télégramme de Brest que la ville de Suresnes « cherche vigneron désespérément ». Fort bien me dis-je, puisque tout le monde en parle, y compris les télés, c’est donc terriblement important comme info, même si les vendeurs de papier ou d'images nous servent tous la même tartine avec la même confiture dessus. Je cite le Télégramme :
« A cinq kilomètres de la Tour Eiffel, Suresnes est à la recherche d'un vigneron pour s'occuper de ses 4.800 pieds de vigne, étendus sur un hectare, sur les pentes du Mont-Valérien.
 La grimpante rue du Pas-Saint-Maurice mène aux vignes municipales. Avec vue sur le Sacré-Cœur et la Tour Eiffel. Au milieu, un bâtiment moderne abrite la cave, réalisée d'après les plans de l'oenologue Jacques Puisay (sic).« Depuis dix ans, nous produisons dans les règles de l'art du vin, autorisé à la vente. L'Institut français du vin (sic) nous aide à constituer un dossier pour l'obtention du label d'Identité géographique protégée, souligne Jean-Louis Testud, adjoint au maire de Suresnes, en charge des vignes depuis 1983. »

Vous connaissez mon mauvais esprit, je me dis tout de suite voilà le sujet d'une petite chronique et illico je me rue sur mon clavier. Comme toujours trouver un titre avant de démarer ! Et soudain : illumination, le  genre vision, et je déroule : « Appel à Légasse Périco pour faire le boulot de vigneron à Suresnes » car je me suis dit que vigneron c’est sa tasse de thé à notre tonitruant pourfendeur des barbares ravageurs de notre divin pinard . Y doit même en rêver la nuit que je me suis encore dit. Mais, pour ne pas en rester au pur copié-collé des fégniasses de l’info, je me suis mis en chasse pour enrichir ma pelote. Et, stupeur que trouvai-je ? Je cite en vous évitant le baratin déjà cité que : « La ville cherche à faire revivre le vin à Suresnes depuis plusieurs années, mais ne veut surtout pas changer cette activité en folklore, comme sur la butte Montmartre. Pour cela la municipalité s’est fait secondée par de grands noms pour stimuler la production viticole. Le grand critique gastronomique Périco Légasse est préposé à la vinification. » Là les bras m’en sont tombés tout le long du corps, j'ai brandiguolé, non que je misse en doute l’appellation de grand critique gastronomique octroyé à notre irremplaçable Périco, mais de là qu’on l’affublât du titre de préposé, qu’est celui dont la technocratie apatride des exPTT a collé à nos braves facteurs de terroir type Jacques Tati dans Jour de fête, ça ne m'allait pas du tout.


Pour moi la seule appellation d'origine contrôlée pour notre Périco c’était : vigneron sinon rien !

Avant d’aller plus loin vous allez me dire que mon histoire de titre c’est du baratin. Juré craché que ce n’est que la stricte vérité. D’ailleurs là n’est pas le problème mes chers lecteurs.

Où est-il alors me direz-vous ?

Tout bêtement que je m'interroge : pourquoi diable
Jean-Louis Testud, adjoint au maire de Suresnes, en charge des vignes depuis 1983 cherche-t-il un vigneron puisqu’il en a déjà un sous la main ? Ça serait’ y qu'y voudrait dégoter un gars qui sache vraiment cultiver ses vignes ? Les soigner, les bichonner, décavailloner... Sous entendu ça voudrait dire que notre Périco y sait pas faire le viticulteur y sait faire que le préposé au vin. Disons qu'en cela il serait une sorte de coopérative à lui tout seul « le prolongement de l’exploitation pour la vinification » ou une forme aboutie d'un Michel Rolland de banlieue.
Bon je ne vais pas ironiser plus longtemps sur cette étrange césure, sinon le Professeur Norbert va me tirer les oreilles pour mes mauvaises manières. Cependant je ne puis m'empêcher de rappeler que cette dichotomie entre le métier de la vigne et celui du vin est honnie par les esthètes, que cette  pratique est vilipendée par la haute critique et, pour ne rien vous cacher,  ça me chagrine un chouia que notre Périco qui chante sur tous les tons la grandeur du métier de vigneron n’en n'ai pas accepté toutes les grandeurs et toutes les servitudes. La vertu de l'exemple me séduit toujours. Ceci étant écrit lorsque nous dégusterons le vin de Suresnes IGP nous saurons maintenant à qui nous adresser pour les réclamations.Enfin dans une prochaine chronique je reviendrai sur l'histoire du vin de Suresnes.
 

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 00:00

 

C’est dans l’Yonne Républicaine : « Les corbeaux du Chablisien démasqués » Un courrier anonyme avait mis en cause les pratiques de la Chablisienne, en juillet dernier. Yves Durand écrit « Les enquêteurs de la police judicaire viennent en effet de débusquer les auteurs du courrier anonyme qui mettait violemment en cause les pratiques commerciales de la Chablisienne, distribué en juillet aux 252 adhérents de la coopérative » Le limiers de la PJ, grâce au mailing, sont remontés jusqu’à la Fédération de défense de l’appellation Chablis et « à ses deux présidents, Gilles Fèvre et Gérard Vilain. Elle a aussi mis en lumière l’implication du plus important producteur indépendant de Chablis, Jean Durup. » 

 

 

 

« Une affaire digne de clochemerle ! » selon Jean Durup, mais il est bien étrange que le « souci de discrétion, d’information et de confidentialité » ait poussé les auteurs à ne pas avoir le courage d’envoyer ce courrier à tous les viticulteurs de Chablis sous l’en-tête de leur Fédération et de le signer. Quand à leur avocat Me Alain Thuault c’est un grand comique lorsqu’il ose nous servir que « la publicité du courrier a été donnée par la victime » et qu’il rappelle « que le délit d’opinion n’est pas répréhensible en France. »  Restons sérieux un instant, n’enveloppons pas une « petite dénonciation anonyme » dans du papier soie pour la faire passer pour l’expression d’une opinion. En effet, et je n’irai pas au-delà sur cette « affaire » chablisienne – sur laquelle je ne peux exprimer aucune opinion sur le fond n’ayant à ma disposition aucun élément concret – la liberté d’opinion est, et reste, un des fondements de nos sociétés démocratiques mais son corollaire est que l’expression de cette opinion émane d’un personne physique ou morale indentifiable afin que, ceux ou celles éventuellement mis en cause, puisse y répondre.

 

 

C’est la même chose sur mon espace de liberté, comme sur le reste de l’Internet : l’anonymat, lorsqu’il s’agit de toute forme de mise en cause d’autrui, est méprisable. C’est l’arme des faibles, des couards et des pleutres. Si l’Internet veut préserver ses « espaces de liberté » des censeurs ou des puissances d’argent ou de l’intelligence officielle, le citoyen lecteur de blog se doit d’assumer sa liberté. Sinon, les formules chocs fleurissent « début du totalitarisme » Henri Guaino, « la poubelle de la démocratie » Alain Finkielkraut, « la plus grande saloperie jamais inventée » Jacques Séguéla, « le tout à l’égout de la démocratie » Denis Olivennes... Soyons simple : le commentaire anonyme n'est que la forme moderne de la lettre anonyme point c’est tout. Les rumeurs fondées sur des ragots ou des fausses nouvelles n’ont pas attendu l’irruption du Net pour exister. Bien sûr, la puissance de diffusion du Net donne un écho parfois démesuré à des saloperies. Pour autant faut-il avoir peur de l’Internet, encore une nouvelle peur, ou instruire son procès, autant mettre en accusation la nature humaine.


Je trouve assez plaisant, je veux dire indécent, de la part d’un Olivennes patron du Nouvel Obs., qui truffe son magasine de pages rédactionnelles ou de soi-disant rubriques « Air du temps » pompes à publicité ou de numéros spéciaux où la moindre bricole vaut 1000 euros, de parler d’égout. C’est lui le grand collecteur de l’égout qui déclenche toutes les aigreurs ou les miasmes de certains internautes. Les leaders d’opinion ont failli, ils déclenchent des réactions de « petits blancs » sur le Net. Je le regrette mais avant de nettoyer les écuries du Net ils feraient bien de curer leurs tinettes même si elles sont dallées en marbre de Carrare.


Dès que des errements de toute nature apparaissent sur des espaces libres ou soit disant tels : finances, marchés agricoles ou ici le Net il est de bon ton de parler de régulation. C’est très apaisant de réguler mais pour réguler il faut un régulateur ou un outil de régulation et c’est alors que tout se complique entre les deux extrêmes  l’autorégulation et l’accumulation d’interdits. D’expérience tout système vertueux induit des effets pervers tout aussi nocifs que ceux d’une totale dérégulation. Pour ma part, n’ayant pas la main sur les grandes décisions, je me contente de préconiser sur mon espace de liberté les règles du savoir-vivre ensemble qui passe par le respect mutuel de la liberté d’opinion.


Pour prendre une image simple : à tous ceux qui se plaignent de la malpropreté de Paris, par exemple, je leur demande de se poser la question de savoir si eux-mêmes n’ont pas tendance à jeter un mouchoir, un ticket de métro, un mégot ou je ne sais quoi par la vitre de leur automobile. Relions le lobe de notre cerveau protestataire à celui du citoyen, pour preuve de nos contradictions les résultats de ce sondage : 63% des français reconnaissent « la souffrance des animaux gavés » mais seulement 18,7% répondent oui au refus d’acheter du foie gras alors que le non est écrasant 81,3%. (Cet exemple ne constitue pas une prise de position personnelle)


Même si c’est ringard je crois dans la vertu de l’exemple pour emporter une conviction. Alors, pour nous internautes si nous voulons faire obstacle aux détritus de toutes sortes, adoptons le seul geste qui sauve : le savoir-vivre ensemble sans masque, cache-sexe ou autre pseudonyme non identifié par le gestionnaire du blog.



L'illustration de Reiser illustrant cette chronique pourra être jugée de mauvais goût par certains mais elle est signée, et ça me vaAinsi, la SPA pouvait en son temps traîner Reiser devant les tribunaux pour outrage à l'image des chiens...


 

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:00

Au cours des derniers 15 jours le bombardement fut intensif de la part des sites de vin en ligne : les soldes avant les soldes, silence on brade. Bien évidemment, en première ligne les appellations phares : Champagne et Bordeaux. Le titre de ma chronique n’en est qu’un exemple : Bordeaux a -50%, qui dit mieux ? 6 bouteilles achetées = 6 bouteilles offertes ! De la part du principal vendeur en ligne ça dénote, je pense, à la fois une certaine impuissance face à la mollesse de la demande et un besoin urgent de la part des offreurs d’écouler leurs vins. Certains me rétorqueront que ce ne sont là que des prix d’appel et que le reste de la tarification se tient bien. Faux ! Le phénomène touche aussi les cavistes généralistes, tel Nicolas, où le -20% est la règle sur la plupart des vins. Quand aux grandes marques de Champagne pour la plupart elles dévissent sec. Où que l’on aille la tendance baissière, assumée ou masquée, est bien présente. Pour autant, y-a-t-il une baisse de la demande ? Je n’en suis pas sûr, même si je ne puis disposer d’éléments chiffrés pour étayer mon doute. Alors, pourquoi diable cette spirale baissière ?

Elle résulte, je crois, si l’on exclut l’essentiel du marché qui se situe à moins de 2 euros, via la GD, et les super Prémium et Icônes, et aussi les vins dit « nature », qui eux ne représentent que de tout petits volumes pour l’essentiel exportés ou s’adressant à des clientèles à fort pouvoir d’achat, à ce que j’ai appelé l’effet de « surpâture » c’est-à-dire que dans le ventre mou du marché, le plus touché par les effets baisse du pouvoir d’achat et les ondes de la crise économique, l’essentiel des offreurs de vin se retrouvent confrontés à une exacerbation de la concurrence. Dans cet espace il y a trop de tout, et aussi trop de n’importe quoi, ce qui provoque les effets baissiers constatés dans les enseignes. Cette analyse s’applique aussi au Champagne, où certaines marques, à force de gonfler leurs prix, au nom d’un positionnement ne reposant que sur l’attraction des cimes atteintes par les icônes, sont sorties du marché et, leur volte-face brutale laissera des traces dans l’esprit des consommateurs. Pour les appellations de vin tranquille la foire d’empoigne entre elles, à l’intérieur d’entre elles, sans véritables repères pour le consommateur, ne peut que susciter, amplifier, les phénomènes de surenchère baissière. Face à la rétraction brutale, le chacun pour sa peau, le sauve qui peut, joue les accélérateurs. Sans me poser en « je vous l’avais bien dit » nous touchons malheureusement les « dividendes négatifs » de notre immobilisme, de l’absence de décisions courageuses dans les « appellations volumiques » où, à force de cultiver l’ambigüité de revendiquer une appellation sans en assumer les contraintes, beaucoup de vins mis sur le marché ne sont que des ersatz plus ou moins bien fait. Et, pour enfoncer le clou, mieux vaut un « vin technologique bien fait » qu’un « vin d’appellation qui ne tire que de son nom la place qu’il occupe sur les rayons ».

Le drame dans cette affaire, comme dans les animaux malades de la peste, tous les vignerons sont frappés par la spirale baissière, ceux qui respectent les contraintes des AOC, voire même les bonifient, comme ceux, et il ne s’agit pas de ma part de les stigmatiser, de les condamner ou les vouer aux gémonies, qui considèrent l’AOC comme un droit acquis non susceptible d’une quelconque remise en cause. Tout l’enjeu du débat engagé lors des discussions qui ont précédé la rédaction de Cap 2010 le défi des Vins français, se situait dans une segmentation de notre vignoble tournée vers la demande réelle du ou plus exactement des marchés. Cette approche heurtait de front à la fois la vision élitiste de certains qui réduisent le vin français à ses Grands Vins, et la vision syndicale des AOC ou de certains grands vins de Pays gérés sur le modèle AOC. La segmentation du marché commence dans la vigne, et à force de perdre de vue que le modèle économique des vins artisanaux et celui des vins technologiques ne reposent pas sur les mêmes fondamentaux, nous en sommes arrivés à faire produire sur le modèle AOC, petit rendement, des vins qui doivent être vendus à des prix qui ne permettent pas aux producteurs d’en tirer un revenu satisfaisant et d’investir dans leur vignoble. Je conçois qu’une telle approche déplaise, aussi bien au Professeur Pitte qui pense que ces « vins minables » ne sont pas dignes de notre prestigieux pays et qu’il faut les laisser faire faire par les va-nu-pieds des pays neufs, qu’aux tenants d’une viticulture qui joue de son atomisation pour laisser accroire qu’elle est encore artisanale alors qu’elle ne tient pas son destin entre ses mains (les producteurs laitiers aussi d’ailleurs) mais qui puis-je ? Rien, comme je l’ai écrit le déni de réalité ne change pas la réalité.

Pour autant je ne dresse pas un tableau idyllique de la viticulture de masse, qui existe, qui se délite, qui arrache faute de générer une ressource en mesure de générer des vins capables de satisfaire le grand nombre – oui je sais s’adresser au populo c’est pas facile – mais je pose une question basique à la coopération vinicole française qui contrôle 80% de la production de ces vins : êtes-vous capable de dépasser vos petites querelles de clochers, de présidents, de directeurs de cave pour retrouver votre vocation d’origine : faire du vin qui se vend? C’est dans cette dernière fonction que tout le problème est posé : votre émiettement est mortifère, vos vins sont ceux de toujours et vos modes de mise en marché relèvent, à quelques exceptions intéressantes près, de la préhistoire. Pour vous aussi tout commence dans la vigne et vous vous devez de la conduire pour fournir la bonne ressource à ceux qui sont en capacité de la vendre. J’ai appelé cela, faute de mieux, le pilotage par l’aval. Encore faut-il qu’il y ait des pilotes à l’aval et que ceux qui sont en capacité de vendre le vin pratiquent des partenariats avec ceux qui le font car le vieux modèle fondé sur les rapports de force est périmé, usé comme les manifs et les exactions (ce sujet est d’ailleurs vital pour l’ensemble de l’agriculture française). Fuir ce débat, faute d’interlocuteurs valables, c’est continuer de subir le déclin de notre viticulture de masse et laisser passer des opportunités.

Mais tout cela nous entraîne fort loin des Bordeaux à -50% ou des champagnes à prix en berne me direz-vous ? La réponse est absolument non. Le sujet récurrent de la segmentation de l’offre française, qui nourrit les rapports, les débats d’experts, les discours des chefs, ne peut trouver d’issue concrète s’il continue d’être abordé en fonction d’une approche juridico-administrative liée à la vieille dichotomie : vins d’AOC et Vin de Table. La nouvelle OCM avec ses AOP-IGP et ses vins en IG, que nous le souhaitions ou non, que ça nous dérange ou non, que ça nous plaise ou non, ouvre la voie à deux approches de la viticulture : l’une fondée sur les fondamentaux des AOC avec un modèle artisan commerçant et PME du vin, l’autre basé sur un vignoble dédié à des grands volumes mis en marché par des structures en capacité de générer des marques à vocation mondiales. Opposer les 2 viticultures, les considérer comme incompatibles, relève de postures purement idéologiques qui confortent l’immobilisme. Les solutions idéales n’existent pas et le, du passé faisons table rase, relève de l’illusion. Comme dit l’autre, il faut faire avec, s’ajuster, rebâtir.
Et, pour prouver que le temps fait son oeuvre je me plais à vous citer l'accord signé entre 2 grands chefs de Sud de France : « Mais pour les deux présidents (Jacques Gravegeal et Michel Servage) cette réunion (l’adhésion des Pays d’Oc à la Confédération Nationale des Vins de Pays) est aussi une occasion de « ne pas rater un virage historique », celui du règlement par la segmentation européenne (AOP, IGP, vins sans IG) du problème de segmentation mis en lumière par René Renou lors du début de la réforme des AOC. Pour eux, même si actuellement les IGP représentent environ 11 millions d’hectolitres (dont 5 millions pour les vins de pays d’Oc) en face des 25 millions d’hl d’AOP, « dans les deux ou trois ans qui viennent, les curseurs vont bouger » : si certains vins de pays de petite zone décideront peut-être de passer en AOP, à l’inverse, les grandes AOP risquent d’éprouver du mal à prouver leur lien au terroir et pourront opter pour le passage en IGP. Et au niveau de l’économie des exploitations, les IGP progressant à la fois en France et à l’export, nombreux risquent d’être les viticulteurs qui préféreront produire des IGP de cépage sur des terres pourtant classées en AOP.» Les paroles sont de Cap 2010 et la musique des 2 signataires.

Si vous n'êtes pas encore saturés de la prose berthomesque vous pouvez vous rendre sur le site <http://mtonvin.net> pour lire les réponses à leurs 3 Questions...
 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 00:00

Être locataire du 78 rue de Varenne n’a jamais été une sinécure je peux en témoigner mais, dans les temps difficiles que nous vivons, plus que jamais se retrouver à la barre d’une vieille maison qui chapeaute l’alimentation, la pêche et l’agriculture relève d’un goût prononcé pour les causes difficiles. Vu ma position il serait de ma part outrecuidant de vous brosser le portrait de Bruno Le Maire l’actuel titulaire du poste. Cependant, pour l’avoir vu à la manœuvre lors d’une Table Ronde en pleine crise laitière, face à des poids lourds, tel Jean-Michel Lemétayer, je peux témoigner que ce « jeune homme » a de biens belles qualités et une pugnacité qui sait emporter la conviction. Redonner à la régulation des marchés agricoles une nouvelle jeunesse, dans une Union où il a été de bon ton de vider la PAC de ses instruments de gestion, voilà un beau défi qu’il s’est donné. Pour avoir connu, avec Michel Rocard, l’inconfort de grandes réformes : les quotas laitiers et les Accords de Dublin sur la viticulture qui ouvraient la porte à l’Espagne et au Portugal, je sais d’expérience que le temps salue et reconnaît toujours ceux qui affrontent les vents contraires et gardent le cap. Pour la petite histoire, le susdit, reconnaît dans une interview avoir passé au 78 rue de Varenne deux belles années de sa vie (lire chronique du 05/04/2008 « C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne » http://www.berthomeau.com/article-18131895.html ) et Dieu sait que ce fut agité.
Ce matin, bien évidemment, j’interroge Bruno Le Maire sur notre beau secteur pourvu de tant d’atouts mais qui s’est ingénié, ces 10 dernières années, à déjouer. Le vin, ceux qui le font et ceux qui le vendent, dans le secteur agricole ont toujours cultivé le particularisme, c’est ce qui fait le charme de ce secteur mais c’est aussi ce qui a provoqué son immobilisme face à la nouvelle donne mondiale. Nous sommes en 2010, et Dieu sait que cette date a marqué mon esprit et celui de mes compères de la note stratégique : « Les Défis du Vin Français » et, s’il me le permet, je profite de l’occasion de son passage sur mes lignes pour inviter Bruno Le Maire à venir partager le pain et le sel, et du vin bien sûr, avec le petit groupe d’entrepreneurs du vin du Club «Sans Interdit» (chronique du
12/01/2006  « Les Vingt » http://www.berthomeau.com/article-1582091.html ) qui a repris le flambeau de Cap 2010. Merci Monsieur le Ministre de votre réponse immédiatement positive à la sollicitation de mon petit média « Vin&Cie l’espace de Liberté » et, je l’espère, à bientôt avec ceux qui relèvent les défis du Vin français au quotidien.

 09178_018.jpg© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

QUESTION N°1 : Nos amis et bons clients Québécois titrent dans la revue Le Cellier de la SAQ « Le Languedoc et aussi le Roussillon c’est le Nouveau Monde mais à la sauce française. Autrement dit, les raisins y mûrissent tout seuls, mais sous un climat politique et administratif assez lourd » et ils s’étonnent d’avoir du solliciter au moins 3 comités interprofessionnels pour réaliser leur reportage. Le magasine Harpers qualifie 2009 comme étant «  l’annus horibilis du vin Français dans ce qui a déjà été une décennie châtiment » et pose la question « First Berthomeau, now it’s plan B » Monsieur le Ministre, en recevant récemment les représentants du monde du vin, vous en avez appelé à un vrai sursaut pour que nos vins, surtout les vins de cépages, regagnent les parts de marchés perdues. Quelle feuille de route leur avez-vous délivré Monsieur le Ministre ?

 

Réponse de Bruno Le Maire : Il me semble qu’il faut aujourd’hui construire une politique de marché cohérente, qui passe par un paysage viticole simplifié. La filière viticole est beaucoup trop atomisée. Quand vous avez 26 interprofessions, parfois 4 interprofessions dans le même bassin de production, vous ne  pouvez pas définir une stratégie globale de production, de promotion, de pénétration des marchés, et vous ne pouvez pas rassembler les moyens, notamment financiers, nécessaires à sa mise en oeuvre.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à la profession, le 18 novembre dernier, de me faire, dans les deux mois, des propositions de regroupements d’interprofessions, d’articulation de leur travail. Nous ne devons plus perdre de temps ! C’est indispensable pour avoir une réelle stratégie de marché.

De même, j’ai demandé à la profession qu’elle fasse des propositions pour mettre en commun des moyens de promotion et de recherche-développement au niveau national. ça pourrait être la constitution d’un fonds, par exemple.

 

QUESTION N°2 : Nos collègues et concurrents du Nouveau Monde parlent de leur « industrie du vin », comme je suis un peu provocateur j’aime utiliser cette dénomination pour notre secteur qui est un grand secteur stratégique pour la France. Récemment, dans le cadre du CGAER, j’ai assisté à une présentation par l’ancien Ministre de l’Agriculture Jean Puech du plan de relance de la filière bois et j’ai noté qu’un fonds stratégique était créé. Le développement des vins de cépages, à des coûts compétitifs pour le marché,  mais permettant aux viticulteurs de vivre, passe par la maîtrise de la ressource vin en partenariat avec les metteurs en marché. Ce couple, qui fonctionne si bien en Champagne, exige à la fois un vignoble dédié et des entreprises en capacité de générer des marques. Pourquoi, Monsieur le Ministre, ne pas initier un fonds stratégique vin, en mobilisant des fonds privés et professionnels, pour accompagner la reconquête ?

 

Réponse de Bruno Le Maire :

Le développement d’un partenariat entre producteurs et metteur en marché est absolument essentiel, en effet.  C’est lui qui permettra une segmentation cohérente, adéquate, des produits viticoles. Une segmentation cohérente, qu’est-ce que c’est ? C’est d’abord répondre à la demande du consommateur : analyser cette demande, se mettre en capacité d’y répondre, que ce soit du point de vue de la qualité du produit ou de son coût, c’est enfin se mettre en capacité de promouvoir le produit. C’est aussi savoir si le vin produit pourra être valorisé à la hauteur de son coût de production. A mon sens, il y a un marché pour tous les types de vins. La demande en vins de cépage est forte sur le marché international, et c’est sur ce marché que nous perdons des parts. Il faut donc se poser la question sous tous ses aspects : cette stratégie est-elle valable ? Sera-t-elle payante au regard de nos coûts de production, de nos rendements, de nos conditions pédoclimatiques ? On le voit, une stratégie de marché, quelle qu’elle soit, ne peut se décider qu’en partenariat entre le producteur et le metteur en marché.

 

Un fond stratégique vin est certainement une bonne idée, qui rejoint l’effort de mise en cohérence que j’ai demandé à la filière. Mais ma méthode est toujours la même, et passe avant tout par le dialogue avec tous les acteurs. Je rencontrerai les négociants viticoles au début du mois de janvier, pour analyser avec eux ces questions et voir dans quelle mesure  il est possible de rendre plus claire pour la production les stratégies à développer. Il faudra sans doute accentuer la contractualisation pour donner les assurances nécessaires.

 

QUESTION N°3 : Ma dernière question, Monsieur le Ministre, touche un sujet très sensible auprès de mon lectorat : il s’agit des rapports parfois très tendus entre les responsables de la Santé Publique et le monde du Vin. Les vignerons se sentent stigmatisés, mis en accusation, alors qu’eux-mêmes citoyens et chargés de famille adhèrent sans restriction à la lutte contre l’alcoolisme. Ils ne se ressentent pas comme un lobby mais comme un groupe social attaché à son pays, à ses vignes et ses villages, qui oeuvrent pour créer de la valeur, non seulement marchande, mais aussi de développement durable. Observateur engagé, membre de l’ANPAA, et initiateur de l’Amicale du Bien Vivre, je me fais leur interprète pour vous demander comment, Monsieur le Ministre, pensez-vous œuvrer pour que s’instaure, plus encore qu’aujourd’hui, un dialogue serein et constructif ? 

 

Réponse de Bruno Le Maire : Il n’y a pas de bonne décision qi soit prise sans dialogue. Et j’entretiens avec Roselyne Bachelot un dialogue constant sur cette question.  Depuis mon arrivée, je me suis assuré qu’aucune décision n’était prise tendant à une stigmatisation. Je connais le prix qu’attache la filière à une consommation responsable et au principe de la modération et je salue cet engagement.  C’est un point de vue que je partage totalement. Par ailleurs, le conseil de la modération se réunira prochainement et je me réjouis de la récente nomination de Michel Thénault à sa présidence. Je pense que nous avons là une personnalité légitime qui contribuera pleinement à mener les débats nécessaires que nous devons avoir sur le sujet.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 00:00

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Pendant toute cette première décennie, à force de mettre le Cap sur 2010, cette année a eu pour moi comme un goût de port d’attache. Horizon lointain tout d’abord, avec quelques embellies au long du parcours sous un ciel toujours lourd. Nous y sommes et, si mon petit espace de liberté, frêle esquif sur l’immensité de la Toile, porte le nom de Vin&Cie c’est par la grâce des 6 compagnons qui se sont embarqués avec moi dans cette aventure. Merci à eux, chacun à leur manière ils ne m’ont jamais fait défaut, que la mer soit d’huile ou soumise à des vents force 9.

Mais si ce blog s’affiche encore chaque matin chez certains d’entre vous c’est que,  chemin faisant, grâce vous, grâce à votre fidélité, votre constance, votre présence, votre amitié, il est sorti de son adolescence un peu égotique pour tenter de mieux s’insérer dans votre vie, vos centres d’intérêts. Parti le nez au vent, sans réel projet, petit à petit, avec des jours avec et des jours sans, par petites touches je me suis efforcé de lui donner une couleur, une tonalité, en évitant autant que faire ce peu de tomber dans la facilité ou la position du donneur de leçons. Avec vous j’ai retrouvé le plaisir de la correspondance, j’ai plus encore aiguisé l’envie de débattre vivement mais toujours dans le respect mes contradicteurs, j’ai je le crois changé car j’ai ouvert plus largement mes fenêtres.

Les sujets ne manquent pas, parfois même ils se bousculent, alors je me dis qu’à force je vais vous lasser : 395 chroniques en 2009 c’est une petite trentaine d’heures de lecture. Est-ce beaucoup ? Je ne sais mais, à la limite, qu’importe, vous pouvez stocker, jeter sans déchets : c’est très écologique le blog (même si je sais que l’ami Pierre détient depuis l’origine, sur papier, l’intégralité de mes élucubrations). Sans doute suis-je parfois aussi un peu trop long mais je ne puis me résoudre à trop de raccourcis qui édulcoreraient mes chroniques. Et puis, après tout, le temps de lire est-ce vraiment du temps perdu ? Plaidoyer pro domo j’en conviens mais quand je vois défiler un mois de novembre avec plus de 15000 visiteurs uniques (un passage même si vous lisez plusieurs chroniques), 25000 pages lues et que, même pendant le creux de Noël plus de 350 lecteurs ouvraient mes chroniques, je me sens conforté dans mes choix. Pour autant je ne sombre pas dans l’autosatisfaction et je suis en permanence preneur de critiques, de contestations : merci à mes commentateurs réguliers ils sont mon oxygène.

En 2010, mon petit espace de liberté qui détient un stock de plus de 1500 chroniques s’efforcera de vous aider :

- soit à les redécouvrir comme je l’ai fait la semaine passé avec « à bas le terroir » http://www.berthomeau.com/article-manifeste-oenologique-a-bas-le-terroir-defendons-les-vscac--41998761.html et « au resto les conseils du copain qu’a pas fait les cours d’œnologie » http://www.berthomeau.com/article-5710089.html ;

- soit à vous permettre chaque mois, le dernier samedi par exemple d’accéder par des liens à des chroniques que vous n’avez pas eu le temps de lire, qui ont échappé à votre vigilance ou pour toutes autres raisons.

Du côté du dimanche une innovation
 : « un billet de l’air du temps » qui sera suivi pour les plus fidèles lecteurs de mon petit roman en ligne (je signale à ceux qui prennent le train en marche que l’intégralité de cette « saga » est disponible sur demande).


Je suis aussi toujours preneur de chroniques extérieures telles celles que m’ont offertes, en 2009, l’ami Michel Smith et l’ami Vincent Pousson, merci à eux. Ne soyez pas timides, lancez-vous ! Je suis aussi preneur d’idées de chronique ou d’articles ou de toute information susceptible d’alimenter mes chroniques.


À ce jour je dispose d’un fichier de 770 abonnés qui sont pour la plupart des abonnés spontanés. Mon temps n’étant pas extensible je ne puis me consacrer à la recherche de nouveaux abonnés par l’envoi de messages alors j’ai un service à vous demander en ce début d’année : prenez quelques minutes pour envoyer à des amis, des relations, des collègues l’adresse de mon blog
www.berthomeau.com en recopiant l’en-tête de mon blog :

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
Bon appétit !

Diffusez le message autour de vous.

Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien) ou placez www.berthomeau.com dans vos favoris.

Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.

Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.

Je sais les amis je suis un peu chiant mais je me soigne, merci par avance de votre coup de main.

Enfin, ou presque, reste notre belle Amicale du Bien Vivre, dite des Bons Vivants dont je suis le Secrétaire Perpétuel autoproclamé, qui a le mérite d’exister mais qui, du fait de notre éloignement les uns des autres, de nos occupations respectives, de plein d’autres raisons bonnes ou mauvaises, a un peu de mal à vivre. Mais comme je suis un obstiné je ne désespère pas de faire un bon coup lors de VINISUD à la fin de février. L’ami Pousson et tous les lecteurs de Sud de France, j’en suis sûr, se mobiliseront pour exposer à la face des prohibitionnistes l’image vivante de notre bien vivre !

Comme dans un bon repas j’ai gardé le meilleur pour la fin :
demain je démarre fort 2010 avec un invité de marque qui répondra à mes traditionnelles 3 Questions à.

Pour cette occasion je sors de son sommeil
le Club « Sans Interdit » et je demande donc à ses membres de bien vouloir reprendre langue avec moi pour que nous puissions répondre présent à l’invitation que je lance à mon invité. Enfin, si certains d’entre vous désirent y adhérer je suis ouvert à proposer à la prochaine AG de notre association l’élargissement de notre périmètre et le renouvellement de certains de nos membres.

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des vœux pour la nouvelle année
, les miens sont toujours en ligne http://www.berthomeau.com/article-heureuses-annees-2010-a-vous-et-a-ceux-qui-vous-sont-chers--41900303.html

 

À demain chers amis sur mes lignes, en attendant faites chauffer les commentaires ça me fera grand plaisir.

 

Amicalement vôtre :

 

Jacques Berthomeau


La photo ci-dessus date de 2001, elle a été prise dans le bureau du directeur de l'Onivins pour le journal Sud-Ouest juste après la remise du rapport. Au-delà du verre mon regard était déjà tendu vers 2010
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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 00:00

Comme vous avez beaucoup aimé la chronique sur les cours d'œnologie de nos amis du Vin en Tête http://www.berthomeau.com/article-faut-il-etre-maintenant-etre-oenologue-pour-apprecier-le-vin--41993276.html toujours dans la même veine, comme il faut bien les rentabiliser ces cours d'œnologie ouvrez vite ce message vous découvrirez de jolies planches de dessins tirées de PENDANT CE TEMPS-LA par PLANCHON toujours dans le n° spécial Série Or de Fluide Glacial T05384 je trouve que ces scènettes reflètent assez bien la réalité du comportement du pékin ordinaire lorsqu'il se retrouve au restaurant avec ses copains et copines face au choix de notre cher produit à siroter sans modération comme y disent à Fluide Glacial... (article déjà publié en début 2007)

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 00:00

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Pourquoi ce matin, pour la nouvelle année, ce pluriel si singulier ?

La tradition veut que chacun s’en tienne à former des vœux pour la seule année à venir alors pourquoi diable faire un paquet cadeau des 10 futures années et souhaiter qu’elles fussent heureuses ?

Je ne saurais pas vraiment vous l’expliquer mais, tout comme le choix d’illustrer mes vœux par ces deux enfants dans la bourrasque, ça tient à mon intuition qu’elles pèseront lourds. Alors je me suis dit, puisque les temps sont incertains, propices aux grandes peurs, autant nous les souhaiter heureuses.

Au temps de mes culottes courtes nous nous sentions étouffés par nos familles, nos villages, nos grandes institutions, mais nous n’avions peur de pas grand-chose, sauf de la guerre, alors qu’aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, nous revendiquons notre « splendide » isolement, notre je dépendant que nous sommes pourtant de notre environnement, nous nous affirmons libre et nous avons peur de presque tout.

Mes vœux, puisqu’il est de coutume d’en former, en tant que Secrétaire-Perpétuel autoproclamé d’une Amicale du Bien-Vivre, pour cette décennie qui s’ouvre, seront que nous retrouvions le chemin des choses essentielles, les plus simples souvent, des gestes qui accompagnent la parole, des actes qui suivent nos engagements ; que nous soyons plus conviviaux, plus attentifs, plus tournés vers le mieux vivre ensemble ; que nous essayions d’être un peu plus citoyen, un peu moins ramenard et donneurs de leçons à la Terre entière ; que nous trouvions en nous, et ensemble, les forces nécessaires pour que notre vieux pays reste une terre d’accueil, un lieu où il fait bon travailler et vivre ; que nous transmettions à nos enfants et petits enfants le seul héritage qui vaille : un Monde un peu moins fou.

D’accord, ce matin je suis sans doute trop prêchi-prêcha mais, que voulez-vous, trop de cartes de vœux sont formatées, envoyées en nombre sans un soupçon d’humanité pour que je ne me laisse pas aller à mon péché mignon : croire qu’il est possible de changer le monde par la force de l’intelligence, pas la mienne rassurez-vous, mais de celle de ceux à qui je m’adresse. Vous bien sûr et ceux qui nous gouvernent qui devraient méditer sur l’inanité des promesses et la force de la recherche de la vérité.

 

Bonne et heureuse année 2010 à vous et à ceux qui vous sont chers.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 00:03

Pour bien finir l’année rien ne vaut un pamphlet bien gras ressorti de la naphtaline, ça excite les papilles avant d’aller fêter le Gui l’An Neuf ou d’aller dormir comme chaque soir. Bref, dans le tréfonds de mes chroniques je tire un Manifeste extrait d’un n° Spécial du très fin Fluide Glacial (voir http://www.berthomeau.com/article-5418573.html ) C’était la préhistoire de mon blog, janvier 2007, les photos étaient floues et la présentation merdique. Bonne lecture, à l’année prochaine sur mes lignes.

 

  

Manifeste Œnologique : A bas le terroir ! Défendons les VSCAC* !
par Eric Deup


* Vin Sans Caractère d'Appellation Commune 

 

« Marre du politiquement correct œnologique, assez de la dictature du bon goût, plein le fion des vins de territoire à boire la bouche en cul de poule : osons le vin sans caractère, le vin global, le rouge neutre, la piquette qui pique pas :

 

Vous ne pouvez que l'avoir constaté : sous prétexte de défendre je ne sais quels petits producteurs - qui, soit dit en passant, se sont découverts un amour des bonnes choses assez tardivement, quand leurs terres pourries d'engrais ont eu fini de dégueuler les nitrates qu'ils déversaient sans souci à l'époque de perpétuer un savoir-faire ancestral - sous prétexte, donc, de défendre ces fabricants de rouge convertis au « traditionnel » depuis qu'il suffit de marquer bio sur les étiquettes pour doubler les marges, de soutenir ces braves paysans qui mettent un soin authentique et typique à brûler les supermarchés et recouvrir de purin les sous-préfectures à la moindre contrariété, on nous bassine à grands coups de documentaires, articles et autres reportages sur le retour des vins de pays, des petits vins, des vins de caractère !


Vivent les vins apatrides !

 
Mais, comme moi, vous en avez marre de ces vins au léger goût de myrtille, qui rappellent le fumet de la banane, exhalent les terres argileuses et les cigales ou sentent le cul !

 
Vous voulez un vin qui sente l'alcool et le raisin ! Vous assumez de boire du vin pour boire et de boire sans soif !


Comme moi, vous vous demandez ce que sont ces histoires de vins de terroir et craignez d'être bientôt obligés d'enfiler béret et sabots de bois avant de le faire avec votre picrate, vous qui aimez tant boire en survêt'.


Vous aussi vous vous inquiétez de cet étrange retour en force des vins qui fleurent bon le pays ou pire la tradition ! Cette louange forcenée des spécificités territoriales, des traditions millénaires évoque en vous les relents nauséabonds des pires courants réactionnaires. L'éloge de ces pinards ethnocentristes n'est-il pas en effet l'expression d'un repli sur soi, d'un refus de l'autre quand le vin issu de différents pays de l'Union Européenne, pour prendre un exemple, serait lui un véritable appel à l'ouverture, à la tolérance, à l'altérité ?! Un verre de ce nectar et vous partez en voyage : plaisir des nitrates espagnols, délice de l'antigel italien, arôme des colorants portugais... rien de tel pour accompagner une bonne tranche de pain de mie au Saint-Moret !


A mort le goût !


A ces nouveaux convertis du vin goûteux vous saurez expliquer que le plaisir est ailleurs, vous qui ne dégustez pas mais qui ingurgitez, qui savez caler ma bouteille bien au fond du gosier sans vous perdre en fioritures papillaires de sommelier efféminé, vous qui savez que ce n'est pas le goût qui importe mais d'avaler.
Et ne me parlez surtout pas de découvrir une bonne bouteille chez votre caviste du quartier : les cavistes sont des voleurs qui s'engraissent sur cette mode stupide du vin de pays. Les supermarchés aussi, me direz-vous, mais là-bas, au moins, on peut faire des courses de caddies. Et l'on trouve certainement beaucoup moins d'adeptes du couplet poujados-populiste du « trop de charges, trop d'impôts » chez les patrons d'hyper que chez les petits commerçants. Mais je me comprends.
Alors réagissez, aidez à la réhabilitation du vin étoilé, sauvegardez le cubi, protégez le vin en poudre mais surtout refusez le conformisme rétrograde, obsolète et dégradant du terroir à tout prix ! Ce combat doit être celui de tous, y compris le vôtre, amis snobs : soyez convaincus qu'il est tout à fait possible de trouver des vins aussi chers que sans goût. »

 

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 00:00

Alors que je pédalais nonchalamment dans la rue St Placide qui relie la rue de Sèvres à celle  de Rennes – mon regard fut attiré par une nouvelle enseigne de caviste : « Le Vin en tête » – en ce moment les cavistes poussent sur le pavé de Paris comme les cèpes dans les sous-bois – la première réflexion que je me fis fut : « à 2 pas de la Grande Épicerie du BM, couillu le gars ! ». Et puis, léchant la vitrine, je tombe en arrêt comme un « Porcelaine » flairant des perdreaux face à une offre étrange : « cours d’œnologie ». Pourquoi pas me direz-vous. Mouais, j’veux bien mais à quand chez mon boucher ou mon charcutier ou mon tripier : « cours de zootechnie » ? Ben oui, car il ne fait aucun doute que pour apprécier une hampe gouteuse y faut savoir comment ça rumine la Blonde d’Aquitaine : faut pas se gourer dans le circuit de la panse, du feuillet et de la caillette, sinon je vous assure que ça va peser sur votre estomac. À mon avis je crois même que ça ne suffit pas, faut savoir ce qu’ils mangent ces braves ruminants. Alors, pour ne pas se gourer entre la prairie naturelle et la prairie artificielle, le trèfle et la luzerne, le ray-grass et le sainfoin, moi je suis pour inscrire les « cours de phytotechnie » dans le cursus du vrai consommateur de steak tartare. Bref, ça va générer de l’emploi dans le petit commerce.

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Attention mes amis je n’ai rien contre l’initiation à la dégustation – il existe sur la place de Paris d’excellentes maisons qui la pratique comme par exemple
www.Ecole-Du-Vin.fr ou <http://www.ecolededegustation.fr> de Jacques Vivet – mais baptiser pompeusement, sous l’égide du premier caviste venu, un ensemble mal défini de prestations : «  cours d’œnologie » ça me chiffonne à plus d’un titre. Le premier c’est que, dans l’esprit de ces pédagogues amateurs, qui d’ailleurs devraient se rappeler qu’un caviste c’est d’abord un commerçant de détail, l’œnologie c’est le fourre-tout. Y’a qu’à voir le programme de www.levinentete.com pour s’en persuader. Moi j’en reste aux fondamentaux : d’abord la culture de la vigne c’est de la viticulture, puis faire le vin relève de l’œnologie diplômée ou non, ensuite la dégustation professionnelle ou festive relève elle aussi de l’œnologie, enfin pour clore la culture du vin sous toutes ses formes n’a rien à voir avec tout ce qui précède. Appelons un chat un chat et les vaches seront bien gardées. Que certains veuillent enrichir leurs connaissances, bien sûr je n’ai rien contre mais de grâce laissons l’œnologie aux œnologues. En revanche, une pseudo-approche scientifique me fâche car elle est la porte ouverte à tous les discours orientés, définitifs. Après avoir placé le vin sur un piédestal, l’avoir éloigné de la culture populaire, l’avoir complexifié à l’excès, lui accrocher aux basques des « cours d’œnologie » relève au mieux de la culture d’un fonds de commerce lucratif au pire d’un goût très prononcé dans notre beau pays pour un pédagogisme laborieux.

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Sans généraliser, une telle approche fabrique beaucoup trop souvent des péroreurs qui emmerdent le monde avec leur science œnologique. Y savent tout. Y expliquent tout. Y z’ont du vocabulaire. Y vous disent que vous êtes un barbare parce que vous buvez tel vin avec tel plat. Y vous gonflent la tête avec des conseils. Faut les entendre dans les travées des salons de vins. Je les repère de suite. Y z’ont leurs groupies. J’admire la patience des vignerons. Encore heureux quand y achètent quelques boutanches. Trop de mots tue le plaisir. Tout le monde n’est pas Mozart. La soif de connaissances me plaît. L’étalage de la culture œnologique m’énerve. Ceci étant écrit comme cette approche s’adresse à un public très restreint, et ce n’est pas ça qui va faire avancer la culture du vin auprès du plus grand nombre, je plaide pour que tous ces zélotes, au lieu de faire les beaux auprès de leurs copains, se mettent au service d’un prosélytisme de masse dans le désert des rayons vins de la GD. Ben oui, ce n’est pas en prêchant auprès des convaincus qu’on fabrique des convertis.

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