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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 00:09

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Votre Taulier n’aime pas courber l’échine et la position du vendangeur, qu’il ne faut pas confondre avec celle du missionnaire qui n’est pas sa préférée, ne lui sied guère. L’an dernier, les braves et accueillants vignerons du Château Cheval Blanc – à ne pas confondre avec le Baron Frère et le petit Bernard – avaient organisé un voyage de presse pour blogueurs parisiens afin qu’ils vendangeassent de leurs blanches menottes pour qu’ensuite ils pondissent des tartinées de louanges sucrées après s’être tapés la cloche et humectés le gosier à grandes lampées de GCC. Vendanges d’opérette, pour du beurre, forme de succédanée des travaux agrestes de Marie-Antoinette, dont le Taulier ne peut se satisfaire. Du vrai, de l’authentique, du lever aux aurores après avoir dormi dans un lit cage ou même sur la paille de la grange, le café noir pain beurre dans la cuisine mal éclairée alors qu’on est à peine éveillé, le départ dans la remorque brinquebalant sur les mauvais chemins qui montent à la vigne, le sécateur, le labeur, la chaleur, l’horreur d’une échine où pointe la douleur, l’orgueil de ne pas céder un demi-mètre à la Loute qui elle va et vient telle une libellule, l’envie soudaine d’envoyer tout balader pour se vautrer au bord d’une piscine, siroter un cocktail glacé, mais non s’accrocher sans pester. En un mot bosser pour Luc Charlier au nom du soutien sans faille à l’internationalisme des petits vignerons qui font bon.


Mais le problème pour le Taulier c’est qu’il ne peut, ni ne veut louer sa force de travail en échange d’une rémunération sonnante et trébuchante. Bénévole qu’il veut être, pas saisonnier avec déclaration incorporée, le donneur de coup de main, l’entraide quoi ! Qu’on le nourrisse et qu’on le couche ça il veut bien mais surtout pas de paperasse ! Ouah, ouah, mais que va dire la MSA ? Et ne parlons pas de l’Inspection du Travail qui serait bien capable de tomber sur le rable du Taulier en lui attribuant le statut de clandestin. Bref le gros merdier assuré, alors que faire pour assurer la sérénité de Luc Charlier ? Écrire au Préfet des Pyrénées Orientales René BIDAL, au DDT Georges ROCH, à BERTOLOTTI Claude le président de la MSA Grand Sud, au Directeur Général de cette même MSA Grand sud Paul SCHURDEVIN (avec un tel patronyme il devrait se montrer compréhensif, à DELSENY Jean-Claude qu’est des Pyrénées Orientales. Bref toute personne susceptible de faciliter la venue du Taulier dans ces Pyrénées dites Orientales où par le passé il a exercé ses indéniables talents de démerdeur de sac de nœuds.


Comme vous vous en doutez la déclaration de bonnes intentions du Taulier a déclenché chez Luc Charlier ce doux mélange d’accueil à bras ouverts teintée de l’ironie d’un adepte du troisième type du Léon de la Quatrième Internationale. En effet, par missive personnelle il me fut dit qu’il y avait déjà « Le Sous-Préfet aux champs », voilà un (ex-) Chef de Cabinet à la vigne à présent » Et là, bien qu’il s’en défendît notre Luc prend le travers des gens du Sud pour qui le Pouvoir se résume tout entier dans le Titre de CHEF alors qu’au nord, les grands propriétaires eux donnent du DIRECTEUR à qui occupe le poste de bras droit du Ministre. En effet, cher Luc du Sud, le Taulier ne fut jamais chef de cabinet, poste consistant à assurer l’intendance du dit cabinet, mais celui hautement prestigieux de Directeur du Cabinet du Ministre.

   

Donc par la présente, afin de t’éviter, cher Luc, des démarches ennuyeuses et des courriers administratifs risquant de se perdre ou de ne rencontrer que des réponses dilatoires, j’annonce à toutes les autorités compétentes de tous poils des Pyrénées Orientales que je demande le statut de Vendangeur Bénévole à une date et pour une période non encore précisée mais qui devraient se situer après le 15 septembre. Si le Préfet veut prendre des renseignements pour s’assurer de ma moralité il peut passer un coup de téléphone à ses collègues de Toulouse et de Bordeaux avec qui je m’occupe de caser des litres de lait de vache en déshérence. Je ne pousse pas le bouchon jusqu’au Ministre de l’Intérieur, qu’à du lait sur le feu en ce moment, car ça prendrait trop tournure de piston et, pour ce qui concerne celui de l’Agriculture je ne suis pas sûr qu’il me donnerait un ordre de mission de vendangeur eut égard à ma faible implication dans ce secteur.


Voilà, moi Taulier sans terre, je vais me glisser dans la peau d’un vendangeur prolétaire, me préparer psychologiquement, moralement, physiquement à assumer, sous les ordres d’un étranger, pas exploiteur pour deux sous, ce rude labeur. Bien évidemment je solliciterai un bon de sortie de mon nouveau chef bien aimé avant de m’aventurer sur les terres catalanes. Reste tout de même un point à régler celui des vignes sises à Maury : est-ce que Bernard Rouby va accepter dans son aire de production un gougnafier de mon espèce qui, lors de son dernier passage dans ce charmant village, avait fomenté avec une poignée d’insurgés un putsch à la coopé ?

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 00:09

Mon titre peut vous paraître enfoncer une porte ouverte, il en est ainsi de tous les fleuves et rivières jusqu’au plus modeste cours d’eau, mais, comme je ne suis pas non plus dénué de malice, cette évocation des deux rives se veut un clin d’œil à la toute-puissance bordelaise qui se les est appropriées de façon quasi-exclusive. Comme j’ai de solides attaches à Châteauneuf-du-Pape après un passage remarqué, à défaut d’être apprécié par certains link, vous ne m’en voudrez pas, hormis de décortiquer le vote au deuxième tour des dernières élections législatives des Castel-Papaux link, de m’intéresser aux liens qui unissent les vignobles de Châteauneuf et de Lirac via des vignerons avec qui j’ai gardé de solides liens.


À tout seigneur tout honneur : le président de l’ODG Lirac, mon ami Alain Jaume (ce n’est pas un secret d’État lire ICI link ) qui, lors d’un récent déplacement à Orange pour les journées des Vignerons Indépendants, m’a permis de découvrir à la tombée du jour le magnifique terroir de Lirac. Je lui ai promis de revenir, et comme chacun le sait ici, le Taulier tient toujours ses promesses. J’apprécie à sa juste valeur la nouvelle devise de Lirac : «  Le cru sobre et discret » car je trouve qu’il va comme un gant au Président du cru, dont la simplicité est bien connue.


Comme on n’est jamais si bien servi que par les autres j’emprunte les écrits du site du cru Lirac.


Remercier la géologie


Des sols prédestinés pour les grands vins 

 

La disposition des terroirs du Cru Lirac est exceptionnelle : les plateaux calcaires du Gard lancent vers Avignon une sorte de promontoire, à l’extrémité duquel le vignoble de Lirac s’est établi. Les sols sont bien drainés et ont tout le calcaire nécessaire à l’élaboration de grands vins charpentés, corsés et de grande garde.

 

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Des terrasses de quartz précieuses


Autre atout : les terrasses de quartz et d’argile rouge mêlée. D’origine alluvionnaire, charriés depuis les Alpes, ces galets composent une terrasse précieuse pour l’excellence des vins. Ce type de sol a la même origine que ceux du Cru voisin Châteauneuf-du-Pape.

 

Des sables porteurs de finesse


Sur les pentes de cette terrasse, on trouve des sols plus sablonneux à petits galets ; c’est ici que Lirac produit des vins au fruité incomparable.

 

L’alchimie de l’assemblage


La grande richesse des vins de Lirac provient de l’assemblage précis et inspiré de vins issus de plusieurs types de sols ; ce savoir-faire est l’affaire des Femmes et Hommes de Lirac. Il se fonde sur une expérience millénaire de la viticulture et de la vinification.


Afin de ne pas tomber sous le coup d’une accusation de favoritisme en rentrant de mon périple je m’étais dit que j’attendrais mon prochain déplacement pour chroniquer sur Lirac. C’était sans compter sur un autre compère et ami Jean Abeille (voir ICI link) du Château Mont-Redon qui s’est rappelé à mon bon souvenir prun de ces clins d’œil du hasard que j’aime.


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Je m’explique : comme vous le savez j’ai poussé une pointe samedi dernier via la ligne 12 du métro jusqu’à Marx Dormoy afin d’y explorer un vendeur de bon jaja www.legourmet.com link et dans mon repérage de belles quilles je suis tombé nez à nez avec le Lirac 2010 blanc du Château Mont-Redon 13€. J’ai acheté.

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Comme je tiens les Châteauneuf-du-Pape blancs du Château Mont-Redon comme de grands blancs, parmi les meilleurs de cette prestigieuse appellation, je fais confiance au savoir-faire maison pour que le petit frère de Lirac soit à la hauteur.


Les chiffres clés de l'appellation Châteauneuf du Pape :


         100 à 105 000 hectolitres de production annuelle en moyenne.

         13 750 000 bouteilles vendues chaque année.

         320 exploitations produisent du Châteauneuf du Pape.

         7% de la production vinifiée par une cave coopérative. Le reste de la production est vinifiée en caves particulière.

 

Pour Lirac au total, seuls 715 hectares de vignes sont en production, environ 150 vignerons et 65 metteurs en marché se partagent la commercialisation Les coopératives vinifient environ 30 % des vins de l’Appellation. La production annuelle est d’environ 23000 hectolitres, soit moins de 2 millions de bouteilles. C’est à peine 0,5% des vins AOC de la Vallée du Rhône Les Vignerons sont environ 150

 

Lirac en couleurs :

Lirac rouge 80 %

Lirac rosé 10 %

Lirac blanc 10 %

 

J’ai donc acquis, dans un vignoble confidentiel, un must pour un prix très doux et j’en suis fort aise. Bien évidemment votre Taulier dès qu’il en aura l’occasion mariera ce Lirac du Château Mont-Redon avec un mets de son choix et il délivrera sa note tel un nouveau Parker du terroir profond.

 

Pour en revenir à ma prochaine visite au cru Lirac je propose au Président du cru Alain Jaume de me faire accompagner par quelques fines gâchettes triées sur le volet des blogueuses ayant une bonne descente, afin que nous puissions, avec sobriété bien sûr, mais pas trop  de discrétion, quadriller ce beau terroir et grâce à notre puissante influence mettre du Lirac sur nos tables parisiennes. Le bouche à oreille, le buzz c’est bon pour le confidentiel…

 

Reste que mon titre à la noix, comme les trains de la SNCF, en cachait un autre, absolument incorrect : Lirac la banlieue de Châteauneuf que, bien sûr, j’ai remisé au rang des titres à la Libé qui attirent le chaland mais qui ne sont pas du meilleur goût. Que Lirac et Châteauneuf, via des vignerons qui ont les pieds sur les 2 rives du Rhône, marchent du même pas moi ça me plaît bien, surtout que ce ne doit pas plaire à tout le monde.


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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 00:09

Au temps où Philippe MARTIN le président du Conseil Général du Gers demanda à son voisin Jean Glavany, alors Ministre de l’Agriculture, de me missionner dans le Gers pour jeter mon regard acéré sur la viticulture de ce département berceau d’un Armagnac en petite forme et d’une reconversion de son vignoble vers des vins modernes. C’est là que j’ai connu, l’homme au black béret, André Dubosc. L’homme chargé de l’agriculture au CG, dont j’ai oublié le nom, qu’il m’en excuse, m’invita au festival de jazz in Marciac. Pour des raisons que j’ai oubliées aussi je n’ai jamais pu m’y  rendre. Et pourtant en marge de ce festival de renommée mondiale se déroulaient un colloque : les Controverses de Marciac où des gens forts sérieux débattaient sur le devenir de l’agriculture et des agriculteurs. Comme je ne suis pas un garçon très sérieux je ne me suis jamais mêlé à ce beau monde.


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Pour  tout vous dire je trouvais les débats trop convenus, entre soi, circulaire, pas suffisamment en phase avec le cambouis du monde. Et pourtant, mon nouveau chef et ami Bertrand Hervieu en était un des piliers mais comme il connait mon goût immodéré à mettre les pieds dans le plat ça lui est toujours paru dans l’ordre des choses. Plus grave aujourd’hui, le nouveau Ministre, Stéphane Le Foll, faisait lui aussi parti des meubles. Enfin, et André DUBOSC peut en témoigner, le vin n’a jamais eu vraiment sa juste place à Marciac, pour des raisons qui sont propres aux organisateurs. Dans leur esprit la viticulture ce n’est pas vraiment de l’agriculture puisque le vin n’entre pas dans la ration alimentaire, elle n’est que le vecteur le plus puissant de notre commerce extérieur. Dans le groupe de réflexion saint-Germain je me heurtais au même scepticisme et pourtant ils auraient dû relire André Braudel pour qui un ha de blé ne vaudrait jamais son équivalent en vigne.  Un peu de douceur dans un monde de brutes, franchement le Secrétaire Perpétuel autoproclamé de l’ABV ferait un peu tache aux Controverses de Marciac.


Pour autant je ne dénie pas à cette manifestation sa fécondité mais cette année, du 1er et 2 août, elle allait se retrouver face à un nouveau paysage politique qui allait confronter les débateurs à la nécessité de traduire leurs réflexions en action. Le thème de cette 18me édition des Controverses était « l’agriculture a-t-elle le droit d’être moderne ? »

 

Pourquoi ce choix ?

 

Valérie Péan de la Mission Agrobiosciences, cheville ouvrière des Controverses répond : « on constate aujourd’hui une mise en tension de l’agriculture entre une critique du progrès technique, du productivisme et un besoin de se ré-ancrer dans les terroirs, une nostalgie qui se traduit par une demande d’authenticité, de lien avec le monde agricole.

Entre ces deux pôles, il se passe beaucoup de choses pour les agriculteurs. Il s’agit de passer d’une modernité technologique, scientifique, à une modernité sociale, une modernité des modes de vie, une modernité professionnelle, dans le respect des équilibres écologiques.


Les progrès techniques des années 60 ont été nécessaires, mais ils interrogent aujourd’hui le domaine social, culturel et environnemental. Les attentes de la société ont évolué, on assiste à un certain malaise des agriculteurs qui se sentent parfois dépossédés du sens de leur métier. Nous avons voulu creuser ces différentes dimensions.


Comment les agriculteurs peuvent-ils être de leur temps aujourd’hui ? C’est une question aux réponses multiples, qui interroge des champs d’étude et d’expérience variés, d’où l’intérêt de ces débats, qui aboutissent à une réflexion originale, dont il ressort des pistes de réflexion et des préconisations pour l’action publique.


Nous y voilà, l’action publique, c’est le boulot de Stéphane Le Foll qui s’est rendu, le 1er août dernier, dans le Gers pour rencontrer un exploitant qui mise sur l'agroforesterie.  Bien évidemment, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt s’est aussi rendu aux 18es Controverses de Marciac, l’université d’été de l’innovation rurale. « L’occasion pour lui de lancer des pistes pour développer de nouveaux modèles de production mais aussi pour valoriser les bourgs et les villages avec, pour toilede fond, l’ambiance estivale du festival Jazz in Marciac. » nous indique son service de presse.


Je vous livre les réponses qu’il a donné à une interview lors de se déplacement car elle aborde, sous un angle très précis, un vrai sujet : le retour à l’agronomie.


Interview de Stéphane Le Foll : « La performance économique et écologique passe par un retour à l’agronomie »


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Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez tenu à vous rendre à Marciac?


« C’est devenu rituel. Depuis six ou sept ans, je viens à Marciac. Ces Controverses me permettent de réfléchir sur la manière d’aborder les grandes questions agricoles et rurales, dans une ambiance conviviale.


Le festival Jazz in Marciac réussit à amener le jazz là où il n’aurait jamais été. Le pire pour les territoires, qu’ils soient ruraux ou urbains, c’est de considérer qu’ils sont déconnectés de la société.


Le cadre rural offre des valeurs et des conditions de vie et de liens qui peuvent être différentes des grands ensembles urbains et qu’il faut valoriser. C’est pour cela que je veux valoriser les bourgs et les villages, parce que je pense qu’il faut aussi les remettre au centre de nos réflexions sur le lien social. »


Vous vous intéressez de près aux nouvelles techniques innovantes de production, comme l’agroforesterie. De tels modèles vous paraissent-ils prometteurs pour ces territoires?


Ces modèles présentent un gros potentiel. Par exemple, l’agroforesterie [2] produit de la biodiversité et de la fertilité pour les sols, ce qui est essentiel. Ce sont donc des principes qui sont extrêmement productifs, car ils permettent de faire cohabiter économie et écologie, en utilisant au maximum les potentiels de la nature.


L’une des idées intéressantes, c’est de couvrir les sols et de les faire travailler de manière continue. Si on s’en occupe bien, tout en les faisant travailler, on augmente leur fertilité et on limite l’érosion. Il en résulte un haut niveau de production et un haut niveau de protection des sols.

Ainsi, la conciliation de la performance économique et écologique passe par un retour à une approche basée sur l’agronomie.


Certains agriculteurs sont convaincus par ces méthodes. Mais comment étendre le mouvement auprès des autres?


Je le dis de manière provocante : dans l’après-guerre, il y a eu une dynamique collective chez les agriculteurs pour la mise en place du modèle conventionnel avec les clubs de 100 quintaux [3]. Il y avait une forme d’émulation sur le niveau du rendement que chacun atteignait, qui était au cœur des conversations. Il faut arriver à renouveler cette volonté de réussir. Pour passer du modèle conventionnel à ces nouvelles méthodes de production, il faut retrouver cette dynamique collective. Sans nier les risques de pertes de rendement pendant les 4 ou 5 années de la phase de « conversion » aux nouveaux modèles, il faut encadrer et appuyer les agriculteurs pour engager les adaptations nécessaires.


Selon moi, la performance économique et écologique de l’agriculture ne peut pas se résumer à une succession de décisions et de normes appliquées exploitation par exploitation. Le moment est arrivé où il va falloir créer des cadres juridiques plus collectifs, en développant ce que j’appelle les groupements d’intérêt économiques et écologiques. Objectif : créer des dynamiques collectives dans lesquels les agriculteurs puissent s’inscrire. Aujourd’hui, nous nous contentons souvent de raisonner sur la correction des effets négatifs des modèles précédents. Nous avons besoin de créer des modèles nouveaux plutôt que de corriger ce que nous avons fait par le passé. Il vaut mieux travailler à construire l’avenir.

 

Notes

 

[2] L’agroforesterie consiste à planter des arbres au milieu des cultures. Elle peut également être l’association des arbres avec un élevage, on parlera alors de sylvopastoralisme. Ce mode d’exploitation tire parti de cette complémentarité pour réconcilier production et protection de l’environnement.

L’agroforesterie se pratique déjà traditionnellement en Normandie avec les prés-vergers, dans le sud de la France où oliviers et vigne cohabitent dans les parcelles agricoles, ou encore en Dordogne avec les noiseraies. L’idée de décloisonner la forêt, de mettre les arbres au milieu des champs n’est donc pas nouvelle, mais elle est remise au goût du jour.

 

[3] Le club des 100 quintaux regroupe les céréaliculteurs qui atteignent ce rendement de blé à l’hectare.

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 00:09

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Ma mémé se prénommait Marie et j’éprouve pour ce prénom une tendresse infinie. Pour autant, dans mes fonctions d’enfant de chœur comme dans ma petite tête de raisonneur le culte de la Vierge Marie ne m’a vraiment touché. Bien sûr, pendant le mois de Marie, j’ai chanté à plein poumons, accompagné par l’harmonium diabolique de Gégène l’aveugle qui avait de faux-airs de Stewie Wonder rural,

 

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour,

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour.

J'irai la voir un jour !

Au ciel dans ma patrie.

Oui j'irai voir Marie,

Ma joie et mon amour…

 

J’avoue humblement que c’était là où le bas blessait : l’AMOUR !

 

Dans une  très ancienne chronique, d’avril 2007 vin de messe je donnais la clé de mon scepticisme  « Ce que j'adorais par-dessus tout dans mes fonctions d'enfant de chœur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'hostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée. Pourquoi diable ce plaisir ? Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites - suprême audace - leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints - provocation ultime - , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses. Rien que pour ces pensées impies on aurait dû m'excommunier sur le champs. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché chargé de peupler les nombreux séminaires de la Vendée ultra-catholique, à sa question sur les raisons de mes atermoiements je lui répondis droit dans les yeux : « j'aime trop les filles... » ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde. 


Cette profession de foi, sans cesse renouvelée, respectée, m’amène en ce jour de l’Assomption de Marie à la célébrer avec une des plus belles chansons d’Adamo « Je voudrais mourir dans tes bras… »

 


 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 00:09

 

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Cher Hervé Bizeul,


Deux de tes chroniques récentes : « Liberté, Egalité, Fraternité » et « Risque de Burn Out » m’ont interpelé à la fois en tant que citoyen ordinaire et comme rouage de la machine de l’État. Ce statut actuel, salarié de droit public du Ministère de l’Agriculture, pourrait laisser à penser que je ne suis pas le plus qualifié pour me pencher sur les maux générés par la bureaucratie puisque j’en suis. J’assume mon statut et mon parcours professionnel qui m’a conduit à exercer des responsabilités dans le secteur privé, à la SVF tout particulièrement, en tant que travailleur indépendant pendant 5 ans, et dans le public à un niveau décisionnaire au cabinet de Ministre et PDG de la SIDO.

 

La très belle photo d’Hervé est l’œuvre d’Armand Borlant© merci beaucoup Armand


J’aurais pu me contenter de joindre ma voix à toutes celles qui se sont élevées pour te dire « on te comprends… ». La compréhension, tout comme l’acceptation de la situation, ne me vont pas car, comme tu le sais, je cherche autant que je le peux à faire émerger des solutions. Nous nous sommes connus au temps où, médiateur dans la crise des Vins Doux Naturels, je tentais, dans un sac de nœuds indescriptible, à faire prendre conscience aux dirigeants de l’époque que les temps avaient changé. Tu doutais déjà, à juste raison sans doute, de la réussite de ma mission. Depuis ce temps, en dépit du scepticisme de ton environnement, tu as construit une belle entreprise ce qui donne à ta voix, même isolée, une réelle légitimité.

 

Oui tu as raison de proclamer :


-         Que les vignerons ont perdu leur liberté nos chaines « administratives » étant désormais impossibles à briser. Chaque jour, de nouvelles contraintes, que nous suivons, en MOUTONS que nous sommes devenus, dont on ne sait qui les a inventées mais que, si l'on sort du rang, la « justice » fera respecter, sachant, comme disait je ne sais plus qui, « qu'il vaut mieux taper toujours sur les mêmes, afin de mécontenter le moins possible de citoyens... »

 

-         Que sur l'égalité, cela fait longtemps que les jeux sont faits. Il n'y a nulle hiérarchie, dans la notion d'AOC, tout le monde nait, théoriquement, à égalité. Mais voilà, il en y a qui naissent plus égaux que d'autres... C'est du Coluche, je crois. Qui s'est soucié, il y a dix ans, de l'arrivée d'une carrière à Vingrau ? Qui est venu nous soutenir ? Qui viendra, lorsque la nouvelle carrière, en mouvement, viendra lécher les vignes du Clos des Fées ? Personne, bien sûr, parce qu'on se soucie dans les médias bien plus des vignobles à deux millions d'euro l'hectare, pas de ceux à 10 000.... Et quand le TVG mangera hectare après hectare de Fitou, de Corbières, de Roussillon, aucun média ne criera aussi fort que qu'il s'était agi de faire passer l'autoroute par le Médoc ou le TVG à Côte-Rôtie...

 

-         Que sur la fraternité, enfin, la longue lutte que nous avons menée à Vingrau, aujourd'hui oubliée parce que perdue, elle m'a surtout montré que nous avions perdu toute solidarité entre vignerons, et depuis bien longtemps. 1 500 personnes ont signé la pétition à l'heure où j'écris ces lignes. Bien. Combien de vignerons ? Combien de vignerons "star", surtout, prêts à aller s'engager dans une belle manif à Tain ? Sur 23 ou 24 000 caves particulières, si on ne parle que d'eux ? Une poignée de figues... Nous ne sommes plus solidaires, et nous avons de ce fait tant perdu…


Hervé, j’en conviens, le risque de Burn Out est donc là et bien là : « Le burn-out est une sensation d'épuisement qui survient lorsque la personne a le sentiment que ses efforts sont vains, improductifs ou non reconnus. Cette forme de souffrance est fréquente dans les professions socialement ou économiquement sinistrées. » En bon français : un ras-le-bol, un j’en ai plein le cul, la coupe est pleine n’en jetez plus…


Dans ta longue et intéressante chronique link tu dresses une liste kafkaïenne de tracasseries en tout genre qui justifie amplement ton ire désabusée. Les reprendre une à une serait fastidieux. Je vais me contenter d’apporter ma contribution pour mieux cerner le niveau de responsabilités.


Tout d’abord, et là je le vis depuis un an et demi dans ma mission de médiation auprès des producteurs laitiers, « la souffrance sociale » je l’ai eu en direct ou par l’intermédiaire de mon téléphone cellulaire (les éleveurs ayant mon numéro). Oui, Hervé, lorsqu’un dimanche matin, un homme de 50 ans t’appelle pour te dire « je jette l’éponge » il n’est pas facile de trouver les bons mots. Alors, l’écouter te dire sa détresse de vendre ce beau troupeau, son désarroi, sa tristesse… Faire en sorte que les tracasseries administratives, les délais impératifs, les non-réponses lui soient épargnées. Oui, Hervé se glisser dans les plis et les replis de la France dite profonde permet de toucher de très près le silence assourdissant dans lequel sont cernés beaucoup de nos concitoyens. Et, sans vouloir établir une échelle de pénibilité, la production laitière est sans nul doute l’une des plus astreignantes.


Deux chroniques pour mémoire :


-         Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »link 


-         Afterwork du taulier : modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link 


Pour en revenir aux responsables de l’embrouillamini administratif permet-moi Hervé de distinguer 2 niveaux de responsabilités :


-         Celle de la puissance publique stricto sensu : Douanes, Inspection du Travail, FranceAgrimer, Fraudes…

-         Celle des professionnels eux-mêmes : MSA, INAO, ODG, Interprofession…


Sur le premier niveau de responsabilité de la prolifération tatillonne, de l’empilage de contraintes, même si j’ai quitté depuis plus de 15 ans toute responsabilité en ces domaines, il est clair que dans notre pays la déconnection des parlementaires, qui votent des textes de loi sans trop se soucier de leur application, s’en remettant purement et simplement à leur Administration, en est bien la cause. Le problème est que cette Administration n’est pas vraiment dirigée : les hauts cadres et les membres des cabinets ministériels gèrent leur carrière pas leurs fonctionnaires. Ce n’est pas simple, les rigidités sont grandes, la tâche est ardue, peu valorisante, mais il n’empêche que ce travail de dépoussiérage, de nettoyage des textes, de prise en compte des nouveaux outils de l’Internet ne mobilise pas grand monde. Qui aura le courage, au-delà des bonnes intentions, des commissions de simplifications, des rapports de la Cour des Comptes, de machins pilotés par en haut, de se colleter au cambouis. Pas grand monde Hervé, et crois-moi beaucoup de fonctionnaires, qui ont fait des études d’ingénieur, en ont eux aussi ras-le-bol de faire chier le monde avec la paperasse communautaire (UE) mais s’ils ne s’y soumettent pas les contrôleurs de l’UE sanctionneront financièrement la France. Oui, c’est Kafka mais pour avoir subi à la SIDO des audits, contrôles, de fonctionnaires britanniques, suédois ou finnois, je puis t’assurer Hervé que la bureaucratie est un mal largement partagé.


Reste que la paperasse franco-française existe et qu’il est possible et souhaitable de ne pas baisser les bras. Alors comment faire pour ébranler le carcan ? Faire ! Et c’est là que le second niveau de responsabilité : les organisations professionnelles chargés de vous représenter entrent en action ou le plus souvent en inaction. Oui Hervé, comme tu le notes très justement : « vous n’êtes plus solidaires », où est passé le Mutualisme ? Que je sache : MSA signifie Mutualité Sociale Agricole et que les cotisants, salariés comme employeurs élisent des représentants au Conseil d’Administration des Caisses. Si c’est pour du beurre, à qui la faute ? De même l’entraide, qui existe toujours rassure-toi Hervé sous des formes inventées par des agriculteurs, ne doit pas être concédée à l’Administration. Que je sache les dirigeants professionnels qui occupent des postes de responsabilités dans tous ces zinzins n’y sont pas par génération spontanée. Dans une démocratie les pouvoirs publics ont besoin de s’appuyer sur des corps intermédiaires représentatifs pour, si possible, faire fonctionner le mieux possible leur Administration. Et là Hervé que dire, qu’écrire, sur le fossé qui s’est creusé entre les vignerons et leurs dirigeants : pas grand-chose mais tout simplement de noter qu’à trop laisser le champ libre à ceux qui n’ont que cela à faire on s’expose à confier son destin à des gens déconnectés de la réalité. Sans être mauvaise langue, au temps où j’étais face à des délégations je m’amusais à mettre en face des noms une interrogation : vend-il son vin ? Le résultat était calamiteux.


Alors Hervé que faire ? Que puis-je faire ? Moi tout seul pas grand-chose mais je suis partant pour tenter un état des lieux à quelques-uns et ensuite proposer la mise en chantier, non pas de réformes lourdes, mais des ajustements pragmatiques, concrets, facilitant la vie de chacun. C’est modeste, je n’ose pas écrire normal, car le nouveau locataire de l’Elysée te semble bien plon-plon cher Hervé, mais qui trop embrasse mal étreint. Il ne me reste plus qu’une petite année avant que l’on ne me mette au rancart alors, si je peux vous être utile, retroussons-nous les manches et soyons une force de proposition auprès de ceux à qui nous avons, par notre vote, donné le pouvoir de nous gouverner. Pas sûr que les grands maîtres du troupeau nous aident je crains même qu’ils nous mettent des bâtons dans les roues.

 Bien à toi. Bonnes Vendanges.

 

Jacques Berthomeau

 

PS. Dès que les chefs seront rentrés et que j’aurai terminé mon séjour Corse je vais tenter de faire avancer l'idée d'utiliser la dématérialisation de la douane pour pouvoir faire circuler les vins.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 00:09

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Comme vous le savez sans doute je ne suis pas un adepte du métro mais avec la météo pourrie de cet été où les ondées j’ai dû souvent me résoudre à m’engouffrer sous terre. Départ à Saint-Jacques ligne 6, la plus aérienne, sauf dans la partie qui me mène jusqu’à Pasteur où je change pour la 12 dites ligne des péquenots puisqu’elle conduit à la Porte de Versailles qui donne sur le Salon de l’Agriculture. Je m’arrête à Volontaires pour gagner à pied mon splendide bureau du Conseil Général de l’Agriculture et des Espaces Ruraux. La répartition de ceux-ci, les bureaux, ayant été fait en fonction du degré de proximité des individus avec le pouvoir en place, je croupis au premier étage loin de mes chefs qui eux occupent le troisième. À propos de chef je viens d’en toucher un nouveau le 25 juillet, l’ancien partant à la retraite, et c’est un compagnon de route, lui aussi parqué au premier, Bertrand HERVIEU qui a été Président de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de 1999 à 2003. Avant, entre autre il avait été Conseiller du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean GLAVANY (1998-1999) ainsi que Conseiller Technique du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Louis LE PENSEC (1997-1998).


Bien évidemment la vie de votre Taulier ne va pas pour autant s’en voir modifié, il va continuer de s’occuper de ses veaux, vaches, cochons, couvée, sans trop se préoccuper de la crémière ou de la  fermière, bien que…  Mais loin de l’encens du pouvoir, assis sur un strapontin, mon esprit d’escalier vaguait et énumérait sur le plan placé dans la rame le nom des stations : du beau monde Pasteur, D’Estienne d’Orves, Lamarck, du bucolique ND des Champs, de héroïque Solferino, de l’officiel Assemblée Nationale,  des classiques Concorde et Madeleine, du canaille Pigalle et puis des noms sous lesquels il me fallait chercher une histoire :


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-         au sud Corentin Celton, né en 1901 à Ploaré, est un syndicaliste et résistant communiste, fusillé par les nazis à Suresnes, le 29 décembre 1943.( la station se dénommait Petits Ménages et fut baptisé ainsi le 15 octobre 1945)


-         au nord Jules Joffrin, né à Troyes, en Champagne, le 16 mars 1846 et mort le 17 septembre 1890, est un homme politique français. En 1889, il se présente face au général Boulanger, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ce dernier obtient deux mille voix de plus, mais son élection est invalidée. Jules Joffrin, est enfin admis à la Chambre après maintes palabres et une discussion enflammée, il continue à être la cible privilégiée des nationalistes.


-         Marx Dormoy est un homme politique français, né le 1er août 1888 à Montluçon (Allier) Socialiste SFIO il consacre principalement ses activités à la lutte contre la Cagoule, laquelle est démantelée à la fin de novembre 1937. Il défend une ligne d'opposition intransigeante face aux régimes fascistes et se prononce contre les accords de Munich. Le 5 avril 1938, lors d'une séance particulièrement houleuse qui se finit en bagarre, et alors que les cris « A bas les Juifs! » se font entendre à l'Assemblée nationale, il rétorque à un député breton antisémite : « Bande de salauds. Et d’abord un Juif vaut bien un Breton !» En juillet 1940, il fait partie des 80 parlementaires refusant de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le 20 septembre 1940, il est suspendu de ses fonctions de maire de Montluçon, puis emprisonné cinq jours plus tard. Il est incarcéré à Pellevoisin, puis à Vals-les-Bains avant d'être mis en résidence surveillée à Montélimar. Assassiné dans la nuit du 25 au 26 juillet 1941 par une bombe à retardement placée sous son lit par d'anciens cagoulards. Inhumé discrètement, il aura le droit à des funérailles solennelles à Montluçon le 9 décembre 1945. Il est cité à l'ordre de la Nation en 1946 et médaillé de la Résistance française avec rosette en 1947.


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Ainsi donc, samedi dernier, le soleil étant au rendez-vous je me suis dit je vais pousser jusqu’à Marx Dormoy. J’ai gagné à vélo la station rue du Bac pour m’embarquer dans le tube de la ligne 12. Pas beaucoup de monde mais comme y’a des travaux au bout de la ligne nous nous arrêtons à Jules Joffrin. La RATP nous offre le restant du voyage dans un bus à soufflets qui a les couleurs de l’Afrique. En surface c’est fluide et je débarque à Max Dormoy pour mon reportage en terra incognita. Mes antennes se déploient, ne pas déranger, au loin il y a la Porte de la Chapelle où je n’irai pas me recueillir et pourtant. À l’embouchure de la rue de Torcy j’aperçois sur le rivage : un tonneau. Ça fleure bon le nectar. Je m’engouffre. La boutique se détache de son voisinage par son côté soigné, minimaliste. Le 38 Gourmet j’entre.  


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Le lieu est très agréable et a un côté café-épicerie, sagement rangé certes mais qui rompt avec la monotonie habituelle des cavistes. Tout au fond un coin de restauration, fermé en août, et un bar. La jeune tenancière me propose de goûter – à l’aveugle – un vin dont elle vient de déboucher une bouteille. J’accepte tout comme un couple de jeunes. Le breuvage est glacé mais garde un beau nez. Je le réchauffe tout en commençant mon inventaire des nectars exposés. Belle collection de vignerons connus du Taulier, grande diversité avec une pointe de favoritisme pour la naturalité. Qu’importe, si les clients sont contents. Je déguste, plus précisément je savoure le nectar : du fruit, de la structure, du début à la fin il se tient bien. Bien en phase avec la météo du jour : désaltérant certes mais pas comme une lettre à la poste, ce vin laisse à la bouche une belle empreinte. C’est Braucol des Plageoles. La demoiselle explique au jeune couple, le cépage, Gaillac, la singularité de ce vin. C’est bien dit. Votre Taulier se remet au boulot : il lui faut choisir !


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Sur quelles bases, quels critères : les miens bien sûr qui valent que ce que vaut la façon de faire de votre Taulier : un étrange mélange de sentiments, de souvenirs, du présent qui rejoins la passé…


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Volcanique Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€ la raison se trouve ICI modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link


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Gros Plant du Pays Nantais sur Lie 2010 Domaine de la Bretonnière Bertrand Cormerais Maisdon s/Sèvre 44 690 5,40€ pour la défense d’un vin modeste de mon pays qui vaut, lorsqu’il est élaboré par de bons vignerons, beaucoup mieux que la réputation que lui ont accolé les faiseurs des dites réputation.


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IGP Pays  de l’Hérault Carignan 2010 Talons Aiguilles L’Ancienne Cordonnerie 10,95€ Yann Le Bouler 34 760 Boujan/Libron pour le fun «  Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et comme j’ai l’esprit d’escalier, je relie ces talons aiguilles à Nathalie CAUMETTES du domaine de l’Ancienne Epicerie, présidente du cru Faugères, et l’une des deux femmes du Comité National de l’INAO. Dans l’Hérault, l’ancien fait du neuf  et c’est heureux.


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Voilà, mon choix était fait. J’y ajoutai un autre flacon 13€ (il vous faudra attendre une prochaine chronique pour en découvrir l’identité) et une tranche de Friton de porc moulé Laborie. www.maison-laborie.com/ Ensuite pour transporter non butin j’ai acheté au bazar du coin un petit cabas coloré pour 1,50€ puis j’ai repris la navette africaine puis le métro puis mon vélo. Et pendant ce temps-là les autos tournaient sur le périphérique… ainsi va la vie d’un Taulier qui par les fortes chaleurs, comme Tintin au Pays de l’Or Noir, est sujet aux mirages… black is black…


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Pour ceux que ça pourrait intéresser un bref rappel de l’historique de la ligne 12 :


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La construction de la ligne 12 est proposée à la Ville de Paris par l'ingénieur Berlier. Ce dernier propose de réaliser une ligne tubulaire à grande profondeur à l'image du tube de Londres, à double voie dans deux tunnels parallèles constitués d'une succession d'arceaux métalliques. Cette méthode permet un tracé le plus rectiligne possible, afin de s'affranchir des contraintes de tracé de la voirie et de passer sous les immeubles1. Le Conseil municipal de Paris est tenté par cette expérience. Il accorde le 28 décembre la concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot, la concession prévoit que la construction de la ligne sera à la charge exclusive de la compagnie. Mais dès les premiers sondages, la nature inconsistante du sous-sol parisien, saturé d'eau sous la nappe phréatique, compromet le projet, vu l'impossibilité d'y assembler les tubes métalliques initialement prévus. Établir la ligne à une profondeur encore plus importante devenait excessivement coûteux et rendait la construction des accès bien plus difficile. La ligne est donc finalement établie sous la chaussée, à l'image des lignes de la CMP. Le cahier des charges définitif est ainsi celui du réseau métropolitain existant1. La ligne doit en conséquence se soumettre aux contraintes de la voirie urbaine : elle possède de ce fait un profil particulièrement difficile, avec de nombreuses rampes de 40 ‰ et une multitude de courbes.


    28 décembre 1901 : concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot par la Ville de Paris

    5 novembre 1910 : inauguration du tronçon Porte de Versailles - Notre-Dame-de-Lorette de la ligne A de la Compagnie Nord-Sud

    8 avril 1911 : prolongement au nord à Pigalle

    30 octobre 1912 : prolongement au nord à Jules Joffrin

    23 août 1916 : prolongement au nord jusqu'à Porte de la Chapelle

    1er janvier 1930 : absorption de la Compagnie du Nord-Sud par la CMP

    24 mars 1934 : prolongement jusqu'à Mairie d'Issy

    30 août 2000 : un déraillement, résultant d'un excès de vitesse, entraîne le renversement d'une voiture à la station Notre-Dame-de-Lorette et occasionne 24 blessés

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 00:09

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Mea culpa, mea maxima culpa… j’ai fauté... j’ai péché... je me suis laissé aller à aimer un breuvage d’appellation d’origine contrôlée, un Côtes-du-rhône qui avait fichtrement goût de raisins. Tout ce qu’il me fallait ce jour-là pour, à la fois, me désaltérer et accompagner mon petit mâchon d’été. Mais une fois mon forfait perpétré, alors que je baillais aux corneilles je fus pris soudain de remords : n’étais-je pas en train de commettre un péché mortel  en consommant un vin qui ne répondait pas vraiment aux canons de la loi tels que définit par les détenteurs du savoir du vin : tous ces grands consultants qui donnent le la, juge et partie, qui sillonnent le monde, font du vin pour eux, pour d’autres, j’en connais même un qui siège dans le Saint des saints du Comité national de l’INAO : ne l’appelez pas Hubert il ne vous entendrait pas… En clair, un vin doit avoir goût de vin et non goût de raisins… Bien sûr, dans ma tête de mécréant je minorais ma faute, la qualifiant même de vénielle, puisque le vin bu  avait reçu l’estampille officielle de son appellation. Il était donc jugé typique par les caciques mais… ce goût de raisins, si affriolant, si excitant, n’était-il pas la preuve d’une réelle déviance que je devrais avouer toute honte bue aux juges du bien boire, du boire officiel, tel que défini pour les siècles des siècles.


Si j’allais quémander auprès d’eux le blanchiment de mes fautes en me drapant dans une contrition parfaite, soit la promesse de ne plus recommencer, je ne ferais que ce que je faisais avec le curé en confession : je me soumettrais à une pure parodie. Mais, plus j’y pense plus je me dis que je suis bien con de me faire du mouron car les gardiens des tables de la Loi m’ont déjà excommunié. Boire ainsi, se régaler d’une poignée de raisins c’est démontrer son incapacité congénitale à entrer dans l’univers des grands vins. Je suis un hérétique, un schismatique, pire un acculturé qu’il faut mettre au piquet. Certains vont dire que je décoconne grave avec mon histoire de poignée de raisins, en sont-ils aussi sûr que cela ? Certes, à dessein, j’ai poussé le bouchon aussi loin que possible afin de faire toucher du doigt la ligne de partage entre deux générations de buveurs de vin. Les peintres officiels ont méprisés les nouvelles écoles, les ont rejetés, bannies et puis… les amateurs ont choisis… ainsi va la vie… même dans le monde du vin…

 

Poignée de raisins link


Appellation   Côtes du Rhône Rouge

 

Site :   plusieurs parcelles des plus jeunes vignes du Domaine, situées à Gramenon sur la commune de Montbrison sur Lez.

 

Cépage : Grenache et Cinsault

 

Taille Cordon de Royat et Gobelet

 

Age des vignes :de 5 à 30 ans

 

Rendement : 35 hl/ha

 

Sol : Argilo-calcaire

 

Vinification :            vendange manuelle en caisses avec tri

 

Macération de 10 jours en cuve ciment brut

 

Vendange partiellement éraflée

 

Levures indigènes

 

Elevage 6 mois en cuve

 

Mise en bouteille mars avec un sulfitage à 2g/hl

 

Garde à boire dans les 3 ans

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 00:09

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Quand je lis ce que lis, vois ce que je vois, entends ce que j’entends, je pourrais tomber dans une profonde affliction, me désoler du triste spectacle donné par la représentation viticole sous toutes ses formes face aux dossiers de l’heure mais, confronté à ce degré zéro de la réflexion, à ce concert d’incantations, à ces moulinets ridicules, je préfère chaque jour me féliciter de ne plus en être, de ne plus avoir à subir tout ce beau monde. Vraiment je plains mes petits camarades en charge du secteur de la viticulture. Quant au nouveau Ministre, il ne lui suffira pas de mêler sa voix à ce concert de rases-moquettes pour impulser une nouvelle orientation au secteur.


Fin des Droits de Plantation, fin de l’aide à l’enrichissement par MC et MCR, extension de la chaptalisation : non merci n’en jetez plus même si la coupe est pleine…


Sur la fin des premiers, ceux qui ont été jeté au panier avec le vote de la France, j’ai déjà donné au service d’une parlementaire champenoise soi-disant missionnée par Bruno Le Maire pour trouver un produit de substitution, mais qui ne cherchait qu’à se pousser du col et dont je n’ai perçu ni la valeur ajoutée, ni la capacité à dépasser le stade du copié-collé. Un beau flop dû à une belle contradiction initiale : chercher un substitut aux droits de plantation relevait de la pure gesticulation politique destinée à faire oublier que le pompier était le pyromane.

 

Dans cette affaire je n’étais qu’une plume serve mais comme la manœuvre de diversion a échoué on m’a mis au piquet avec la complicité d’un directeur de cabinet, au nom prédestiné de Viné, adepte de l’à plat ventre et de la suffisance. Le courage n’étant pas l’apanage de ces gens-là me faire porter le chapeau de leurs insuffisances relevait d’une saine conception du brossage des professionnels dans le sens du poil. Que voulez-vous, moi, lorsqu’on met un carcan sur ma plume elle ne fait que transcrire la vacuité de la pensée de qui me dicte le texte. Par bonheur, nulle trace de mon labeur de tâcheron, la dame s’est attribuée tout le mérite d’un ensemble vide. Grand bien lui fasse mais tout ce temps perdu à écouter des professionnels dévider leur revendication simple comme un slogan : rétablir les droits de plantations relevait de l’inutilité.


Alors que fallait-il faire à cette époque ? Voilà une bonne question mais y répondre aujourd’hui n’a plus aucun sens puisque le dénominateur commun de tout le monde sur ce dossier c’est maintenant la RÉGULATION ! Mot quasi-magique utilisé à tout bout de champ ou de vigne, à tort et à travers, et surtout en évitant de prendre en compte tous les éléments constitutifs de cette fameuse régulation. Je rappelle pour les non-initiés que le volume d’une récolte c’est le nombre d’ha (le potentiel de production) multiplié par le rendement à l’hectare. Bref, au royaume des faux-culs et lds hypocrites nos grands défenseurs de la régulation par les droits de plantations sont les rois. Et puis, puisqu’il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages : enrichir ou chaptaliser permet de porter sur le marché des volumes supplémentaires de vin. Voilà de la bonne régulation par les volumes. Avant de braire pourrions-nous un jour balayer devant notre porte.


Oui mais tout ça c’est pour une grande cause : la défense de la QUALITÉ ! À ce stade de la mauvaise foi vous comprendrez pourquoi je rends mon tablier. Personne ne va s’en plaindre je le sais mais ça me fait du bien de mettre certains nouveaux chantres de la régulation le nez dans leur caca. Je m’explique : le vin quel que soit sa dénomination est un produit miscible et, en période de crise ceux de l’étage au-dessus ont une certaine tendance à se siphonner vers l’étage au-dessous : cette délicate opération s’appelle le repli. De proche en proche les volumes excédentaires se retrouvent dans la cuve du bas et, au temps de la distillation des vins de table, la régulation du marché du vin s’opérait par cette destruction de volumes invendables. Le seul frein à se transvasement était la chaptalisation : les vins de table ne pouvant être chaptalisés les VQPRD ne pouvaient s’y replier s’ils avaient été sucrés. Qu’à cela ne tienne : lorsque les Bordeaux se sont retrouvés dans cette fâcheuse position – en dépit d’une gestion « remarquable » de leur potentiel par les droits de plantation – ni une, ni  deux ils ont réclamé la distillation.


Bien sûr ce genre de gestion des volumes passe totalement au-dessus de la tête des grands amateurs qui vivent dans leur bulle et pour qui, tout se  résume aux beaux flacons. Alors, ces braves gens, sont de libéraux forcenés car ils croient qu’ainsi seuls les bons et vrais vignerons auront une place au soleil et que les assistés de tous poils disparaîtront. C’est d’une naïveté et d’une candeur qui force le respect mais ça n’est pas ainsi que les choses se passent dans la réalité. La vraie et seule question qui se pose pour un grand vignoble généraliste comme le nôtre est comment gérons-nous la mixité de nos vignobles ? AOP, IGP et des Vins sans IGP comment gère-t-on le potentiel de production ? Par le marché ou par des mécanismes contractuels entre les producteurs et les metteurs en marché ? Il ne s’agit plus de produire pour produire mais d’être en capacité de répondre à la demande solvable de certains marchés.


Et c’est là où les dirigeants du monde viticole atteignent le degré zéro, aussi bien du côté des producteurs que du négoce en se contentant de leur faux-semblant dans la grande galère de FranceAgrimer et de leurs délégations avec check-list incorporée chez le Ministre. Ça serait risible si ça n’engageait pas l’avenir d’une grande part de notre viticulture. Il ne faut donc ne pas s’étonner que le débat sur la réintroduction des droits de plantations se résume en une confrontation stupide entre le clan des OUI il le faut et le clan des NON il ne le faut pas. Il ne s’agit pas d’un débat de principe : que je sache Angela Merkel qui soutient la position du retour des droits de plantations n’est pas une étatiste forcenée et le petit monde du Champagne et du Cognac des héritiers de la planification soviétique.


Croyez-vous vraiment, au cas où les droits de plantation seraient supprimés à l’échéance, que des investisseurs se précipiteraient comme des morts de faim pour planter à tour de bras dans nos grandes appellations régionales ou dans les IGP du Sud ? Vu la rentabilité actuelle de ces investissements ça me paraît hautement improbable. Le risque, et celui-là il est bien réel, c’est que ces investisseurs aillent placer leurs beaux capitaux dans des vignobles communautaires à fort potentiel afin de produire des vins sans IG de qualité, à des coûts de production moins élevés. Je signale que la Roumanie de Ceausescu était le cinquième producteur mondial de vins.


Et qui croyez-vous que ces vins concurrenceraient sur les marchés en croissance ? Sans aucun doute nos AOC et nos IGP volumiques, celles qui passent par les prix et non par leur origine. Vous avez dit qualité ? Allons, allons, dans cette part basse de la pyramide la qualité c’est ce qui se vend et si l’on veut que ceux qui assurent le sourcing en vivent il est nécessaire que le couple volume x prix d’achat dégage de la rentabilité. Je sais que j’exaspère à la fois les tenants de la bonne ambigüité à la française et les grands amateurs qui n’imaginent pas un seul instant que cette piétaille de vins constitue l’essentiel du marché. Le marché mondial du vrac existe et se développe. Tant que les vins français, avec un négoce qui en est resté au stade de marchand de vin : le prix, le prix, le prix…, et une production en cave coopérative qui ne fait pas correctement son métier de sourceur, nous bricolerons et nous entonnerons tous en cœur : »Non, aux droits de plantations ! »


C’est beau comme une unanimité à la française du sénateur Gérard César en Gironde en passant par Roland Courtaud l’audois de service, pour aller jusqu’au député européen champenois Philippe Martin. Tous ensembles, tous ensembles, pour un beau et grand combat d’arrière-garde, ça évite de poser les vrais problèmes et d’aborder le devenir de notre viticulture des analyses prenant en compte la réalité de notre vignoble, son potentiel, ses forces et ses faiblesses. Mais à quoi bon user ma plume puisque j’ai rendu mon sifflet et que je suis parti planter mes choux ailleurs… et je suis sûr que personne ne s’en plaindra, moi le premier…

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 00:09

Nulle provocation dans ce titre un simple constat qui ne jette en rien le discrédit sur les vignerons qui ont choisi, depuis fort longtemps pour certains, contre vents et marées pour beaucoup, cette voie. Bien au contraire, mon ironie vise essentiellement ceux qui, dans notre Union Européenne, n’ont de cesse de définir, de normer, de mettre dans ces cases carrées ou rectangulaires des processus, des pratiques, qui n’ont eu nul besoin d’eux pour s’épanouir, exister. C’est leur pain quotidien aux fonctionnaires européens, ils n’existent que par cette prolifération règlementaire.

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Le seul problème pour eux c’est que leur petite prose résulte toujours d’un compromis politique lié à un tour de table qui rassemble 27 pays et où il faut assembler des majorités pour transcrire en Règlement les projets des Directions au service de la Commission. Je passe sans insister lourdement sur le poids des lobbies sur tout ce petite monde assemblé en une nouvelle Tour de Babel pour mieux souligner le caractère boiteux, inachevé de définitions, qui se voudraient universelles mais qui ne sont que trop souvent des PPCM, plus petit dénominateur commun. Pour autant je n’ai rien contre la démarche, bien au contraire, mais je la resitue à son juste niveau celui d’un label européen qui se veut concurrent des « organic » du Nouveau Monde ou d’ailleurs. Franchement ça n’a rien d’une Révolution ça ressemble plus à un accouchement dans la douleur d’un bébé pas très bien formé.


L’entrée en vigueur d’un Règlement définissant le « Vin biologique » lui donne une existence officielle : la mention «Vin biologique», assortie du logo européen vert sur fond blanc, supplante celle indiquant «Vin issu de raisins de l’agriculture biologique». Pour le consommateur ce n’est pas un changement sémantique puisque la grande majorité d’entre eux ignoraient la nuance. « Désormais, pour obtenir le label bio, un vigneron devra non seulement utiliser du raisin bio, mais aussi - et là réside le principal bouleversement - des techniques de vinification certifiées bio. Si le producteur ne les respecte pas, il devra retirer l’actuelle mention «AB» (agriculture biologique) de ses bouteilles, et ne pourra afficher le label «Vin biologique» sur les futures cuvées. »


Au risque de cultiver le paradoxe je trouve que les gros sabots européens vont permettre de cliver plus encore le marché de cette catégorie de vins. En clair, puisque les gros faiseurs vont s’engouffrer dans la brèche, ça va faire progresser le vin bio par rapport au vin dit conventionnel et lui faire occuper plus de place en GD. En revanche, les vignerons bios des origines, attachés à des pratiques, dans la vigne comme au chai, bien moins interventionnistes et exogènes, et qui vendent dans des circuits courts ou traditionnels bénéficieront à terme de ce repyramidage. Ceci, à une seule condition, qu’ils puissent mettre en avant leur spécificité, leur différence, par une approche commune expurgée des éternelles batailles de chapelles.


Pour moi, contrairement à ce que pensent les rédacteurs de la revue « le Rouge et le Blanc » ce règlement va servir de révélateur, obliger les soi-disant maîtres du jeu de l’INAO à sortir de leur petite bistrouille de défenseurs des droits acquis. Que le bio soit un nouveau créneau du marché ça n’est pas le fait du nouveau règlement mais un fait de société. Que les consommateurs de vin ne soient pas tous au niveau de connaissance de nos amis du Rouge et le Blanc est un constat que nul ne peut nier. Que ce « bio de masse » qui est, selon eux peu respectueux du caractère « vivant du vin », n’aura que peu d’effet sur les amateurs de vins de haute expression, de terroir, vivants, « naturels »… car par construction ils ne sont pas sensibles aux sirènes et aux prix de la grosse cavalerie fusse-t-elle bio. 


Dans cette affaire les débats franco-français entre les différentes chapelles de vignerons, à propos du soufre tout particulièrement, est pour moi sans grand fondement. Dans le mesure où le consommateur est clairement informé, et il l’est dans le cas des sans soufre qui font de cette absence le point de passage obligé des vins dit naturels, je ne vois pas où est le problème.  Pour moi, comme je l’ai écrit dans une récente chronique « nous sommes très au-delà d’une banale opposition de goût qui se résumerait par tous les goûts sont dans la nature donc laissons à chacun son échelle de sensations. Pour moi c’est un schisme qui menace les fondements de la conception traditionnelle du vin, un mouvement qui s’apparente à la Réforme, à une forme de rejet radical sur la base du refus de dérives, de facilités de la période passée, d’une recherche de pureté originelle, de retour à la simplicité des pères fondateurs. »


En clair, les puristes bios rejettent dans les ténèbres extérieures, comme ils le faisaient pour ceux pratiquant une viticulture dite raisonnée, ces « nouveaux bios » qui n’appliqueront pas dans toute leur rigueur, leur rectitude morale, les règles du « vrai bio ». À quoi bon suis-je tenté de dire ? Les excommunications ne font que figer les radicalités et ne font pas progresser leur cause. Même que, si par un coup de baguette magique, leurs vœux les plus chers étaient exhaussés, le marché serait inondé d’un produit qui ne trouverait pas suffisamment de consommateurs solvables pour l’acheter et, comme au bon vieux temps du Vin de table, il faudrait le détruire, le distiller. Je plaisante à peine, mais ceux qui raillent les créneaux de marché se mettent dans la position très inconfortable de nier la réalité.


Le vin, même paré de tous les attributs jugés obligatoires par certains, est une marchandise proposée, au travers divers circuits, à des acheteurs en capacité de l’acheter. Alors, je ne vois pas en quoi la substitution du nouveau label vin bio avec logo européen va changer radicalement la donne par rapport au vieux logo AB qui certifiait le caractère biologique de la culture du raisin. Sauf à prendre le consommateur ancien ou néo de ce type de vins pour un crétin congénital, ce qu’il n’est pas car sa démarche prouve le contraire, ses critères de choix vont bien au-delà de la simple référence à un logo. Ceux-ci, une fois la volonté de se tourner vers des vins bios, seront les mêmes que ceux des autres consommateurs et ils dépendront largement de facteurs sociologiques et économiques que certains grands prêtres font semblant d’ignorer. Bref, le vigneron, son vin, son prix, resteront les déterminants de l’acte d’achat des amoureux des vins dit vivants.


Le « vin biologique » made in UE existe, ça vaut, comme je l’ai déjà souligné, ce que valent les réglementations européennes, rien de plus, rien de moins. Ça n’est en rien une régression, à peine un progrès, sauf au plan commercial pour l’exportation de ce type de vin sur les marchés exports comme le Canada ou l’Europe du Nord, alors je ne vois pas l’intérêt de dépenser une grande énergie à se battre contre ce bio dit de masse. C’est un combat d’arrière-garde qui ne vaut guère mieux que celui des gens d’en face qui ont moqué la démarche bio. Pour ma part, et j’attends que l’on me démontre le contraire, tout marché est pyramidal, celui des vins bios l’est aussi, et s’appuyer sur une base saine clairement identifiée au plan réglementaire est le gage du développement des strates supérieures. Les tenants du bio des origines ont tout à gagner à terme de cet afflux de nouveaux consommateurs passant par la case « bio de masse ». Générer des nouveaux consommateurs est le b.a.-ba de l’extension des amateurs de vin, de bons vins, à chaque consommateur de se faire sa culture encore faudrait-il que nous lui soyons accessibles et intelligibles. Tel n’est pas le cas en ce moment, nos débats de cornes-culs n’intéressent que nous, et encore…

Vignes : le bio joli nouveau est arrivé Libération  3 août 2012    link

Le nouveau réglement link

 

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Nouveau label européen de vin bio : "le consommateur est le grand perdant" Michel Issaly dans la RVF link
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 00:09

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Votre Taulier aime, aux beaux jours, si rares cette année, se lever avec le soleil, sortir tranquillement de la brume du soleil en prenant un bon café noir et en écoutant le 5-7 de France Inter pour  découvrir les premières nouvelles du monde. Pendant l’été, cette tranche horaire, est animée par une femme Dorothée Barba – Radio France fait des efforts de parité et c’est heureux – et chaque jour la parole est donnée à un grand quotidien régional (PQR). Vendredi dernier, 3 août, c’était Bernard Stephan, rédacteur en chef adjoint de la Montagne à Clermont-Ferrand et le sujet traité : Côtes d'Auvergne, du pire au meilleur (écouter le podcast link


Bien évidemment, même si je ne suis pas tout à fait ignorant de ce que sont en train de devenir les Vins d’Auvergne, j’ai écouté avec attention cette brève matinale très intéressante. Mais hormis cet intérêt pour un vignoble en plein renouveau je ne puis m’empêcher de penser, à l’évocation  du Journal La Montagne, à Alexandre Vialatte et à ses célèbres chroniques que ce journal à partir de 1952. « Deux colonnes, parfois un peu plus, parfois un peu moins : La Montagne laissait Vialatte vraiment libre, d’une façon qui serait impossible de nos jours, où la maquette s’adapte moins aux auteurs que les auteurs à la Maquette. »


Comme l’écrit Charles Dantzig dans la Préface des Chroniques de la Montagne 1952-1961 Robert Laffont « Vialatte voit et éclaire par petits bouts. Jamais il ne fait de tableau en pied ni de vue panoramique ; au contraire, il prend une série de détails et bondit de l’un à l’autre. À la fin, l’ensemble se dégage. Par exemple, sur le Midi :


Car c’est ici la civilisation de l’olive, de l’huile, du vin,  de la poussière, de la mouche, de la sandale et du moustique, de la terre cuite et du forum. De l’éloquence, des tribuns à belle barbe. Une civilisation qui est morte avec Jaurès. Exténuée de perfection, de poésie, d’expérience, de mariage d’amour avec le sol. Elle avait inventé, à force de sagesse et d’adaptation au climat, ces « persiennes à l’italienne » qui s’ouvrent de trente-six façons pour régler la lumière et la température, le courant d’air, l’angle du jour, la mortalité du moustique et la vitalité humaine. Des barbares, arrivés du Nord, ont apporté la maison de verre. (Prétentieusement !...) Les ustensiles de la kermesse accèdent aux instruments de la civilisation.


« Vialatte tire le fil, le lecteur reconstitue le pull (…)


Que seraient devenus les hommes s’ils n’avaient pas eu de mères ? L’Humanité se composerait d’orphelins.


« Content de lui, le faiseur de bons mots s’arrêterait là. Vialatte passe à la ligne et continue :


Recueillis par l’assistance publique, ils se promèneraient par deux, le jeudi, en longues files, sur des routes mouillées, sous la surveillance tatillonne d’une vieille sœur un peu moustachue. Avec interdiction de fumer. Honteux de leur barbe, de leur ventre, de leurs cinquante ans, de leur calvitie. Coiffés d’un béret basque et vêtus d’une capote de couleur bleu marine, avec des boutons d’or.


« Voilà comment on peut allonger sans être long. Être rapide avec des phrases qui ne sont pas brèves… »


Pour le petit chroniqueur journalier que je suis un horizon inatteignable. « Le merveilleux commence à notre voisin, l’exotisme est à notre porte. Tout le romanesque tient dans un mur mitoyen : c’est une défense de franchir, c’est un défi et une barrière, c’est un mica qui laisse voir, mais s’interpose. »


Reste que je suis le voisin de Vialatte qui, à partir de 1934, habitait face à la Prison de la Santé, au 158 rue Broca « La cheminée de la santé fume à gros bouillons noirs, jamais le drapeau de cette prison n’a été aussi sale. » Appartement qu’il quittera en 1966 pour le 3 rue Méchain qui donnait lui sur l’hôpital Cochin.


Sa citation favorite « Le bonheur est sur l’autre rive » Dante.

 

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