Un article d'Albéric CAHUET sur l'Affaire de Bombon, paru le 16 janvier 1926
Vin & Cie, en bonne compagnie et en toute liberté ...

Extension du domaine du vin ...
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... "
Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter , colonne de droite (c'est gratuit ) surtout ne pas décocher chroniques (sinon vous ne recevrez rien) ou placez www.berthomeau.com dans vos favoris .
Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.
Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.
L'ambition du Refugee food festival est de faire évoluer le regard sur les réfugiés, mais également de « leur permettre de s'insérer dans la société grâce à l'insertion professionnelle », explique la co-fondatrice du festival, Marine Mandrila.
« La cuisine peut être un facteur d'intégration. C'est en tout cas le constat du «Refugee Food festival» qui a débuté sa troisième édition ce dimanche et se clôturera le 21 juin. À l'occasion de la journée mondiale des Réfugiés ce mercredi, l'évènement met à l'honneur les talents culinaires et la gastronomie de pays d'où viennent les réfugiés. Ainsi, les fourneaux de restaurants basés dans 14 villes de 8 pays différents sont confiés à des chefs syriens, géorgiens, tchadiens, tchétchènes, mauritaniens ou encore ukrainiens. Ainsi, à Paris, San Francisco, New York, Madrid, Bologne, Athènes ou encore Cape Town, des clients pourront découvrir des cuisines venues d'ailleurs ou des co-créations avec les chefs des restaurants hôtes, en partenariat avec le HCR, Agence des Nations Unies pour les réfugiés, co-organisateur du festival. »
Comment est né le projet Refugee Food Festival ?
Après deux tours du monde à rencontrer des gens autour de la cuisine, à partager nos cultures, on est rentré en France et on a trouvé que les messages dans les médias autour des exilés étaient très misérabilistes, anxiogènes. Alors que ce sont des gens comme nous. On voulait créer un point de contact entre les Parisiens et les réfugiés à travers la cuisine. L'idée, c'était de valoriser leurs talents. On a créé Refugee Food Festival en 2016. 11 restos parisiens ont prêté leurs cuisines à des chefs exilés le temps du festival. Ça a été un immense succès. Derrière, des chefs ont eu des opportunités d'embauche, ils ont pu proposer des services de traiteur par exemple. Ensuite, on a voulu l'étendre à plusieurs villes et on a créé une sorte de méthodologie pour leur permettre d'organiser l'évènement. 13 villes européennes ont rejoint le mouvement. Le HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés), notamment en la personne de Céline Schmitt la porte-parole France, nous a beaucoup soutenu depuis les débuts de l'aventure, en apportant son expertise. Pour le prochain Refugee Food Festival en juin, qui se tiendra bien sûr à Paris, le berceau du projet, certaines villes des Etats-Unis ainsi que du Canada participeront à l'opération. On voulait vraiment changer le regard sur les réfugiés mais aussi les accompagner sur le long terme ; c'est comme ça qu'est née La Résidence. »
« Magda Gegenava, ancienne directrice d'une clinique dentaire à Tbilissi, affirme avoir fui son pays pour des raisons politiques pour s'installer d'abord en Ukraine, où elle avait ouvert une petite épicerie. Elle explique s'être ensuite installée en France avec sa famille en 2014.
Aujourd'hui, elle ambitionne d'ouvrir son propre restaurant à Paris où cuisine de l'est et hexagonale se rencontreraient.
« En Géorgie, ma mère tenait un restaurant, j'ai toujours cuisiné pour mes quatre enfants. Je n'étais pas chef mais j'ai toujours adoré ça », raconte à l'AFP la trentenaire aux cheveux blonds relevés pour cuisiner. Cette dentiste de formation a décidé de se reconvertir après sa rencontre avec Food Sweet Food, l'association à l'origine de ce festival.
L’article ICI
D’un si bel article sur un milliardaire face à l’art contemporain, dont le miracle donne un sens à une vie accomplie, le bruit et la rumeur ne retiennent qu’une phrase sur Emmanuel Macron... Nous mourrons d’anecdotes et de fausse politique.
C’est signé Claude Askolovitch sur Twitter @askolovitchC, dans sa revue de presse de France Inter
Dans un long portrait troussé par Raphaëlle Bacqué paru dans le Monde de vendredi, consacré à ses activités de collectionneur d'art contemporain, François Pinault se montre inquiet de la politique menée par le président de la République.
« On en est au café quand François Pinault aborde un terrain qu’il n’a jamais tout à fait délaissé : la politique. « Macron ne comprend pas les petites gens, glisse-t-il. J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes… » En 2012, Pinault avait confié voter François Hollande contre Nicolas Sarkozy, dont il n’apprécie ni les manières, ni la proximité avec son rival Bernard Arnault, ni les trahisons passées contre son ami Chirac. Manifestement, il fréquente moins les Macron. Toujours, il a usé de ses réseaux politiques pour ses affaires. Se peut-il qu’il ait pris ses distances ?
Magie des géographies du pouvoir, François Pinault croise justement sur le trottoir François Henrot, le numéro deux de la banque Rothschild et père de l’artiste Camille Henrot dont Pinault possède plusieurs œuvres. Le bras droit de David de Rothschild est celui qui, en 2008, repéra le jeune Macron et, bluffé par son brio, en fit un associé de la banque. Salutations chaleureuses dans la lumière du printemps new-yorkais. Éloge du nouveau président de la République par Henrot. François Pinault se contente de sourire aimablement. »
L’année dernière, c’est pourtant Henrot qui a appelé pour lui l’Élysée et Bercy. Pinault avait appris que le Clos de Tart, grand cru fameux de Bourgogne, était à vendre. Bien placé au rang des acheteurs, Jack Ma. Le médiatique propriétaire d’Alibaba, l’Amazon chinois, pèse sept milliards de plus que François Pinault. « Mais on ne pouvait pas laisser un Chinois rafler un fleuron de la Bourgogne », souligne le Français. À sa demande, Henrot a fait valoir l’argument auprès du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui ont eux-mêmes pesé sur la famille Mommessin, propriétaire du Clos de Tart… Pinault l’a emporté. »
Étonnant !
Si Français… Pinault se posant en défenseur des petites gens… Pinault qui a bâti son empire, tout comme Arnault, grâce à une forme de concubinage avec la puissance publique quelle que soit la couleur politique de celui-ci.
« L’homme connaît pourtant la valeur des amitiés désintéressées. Juste avant de partir à New York, il est passé voir Jacques Chirac rue de Tournon, dans l’ancien hôtel particulier qu’il a mis à disposition de l’ancien président et de son épouse. C’est là qu’en 1995 la CX de Chirac, suivie par une armada de photographes, avait déposé Bernadette, pour fêter sa victoire.
Des années durant, Chirac et Pinault furent amis, passant des soirées à Saint-Tropez à siroter des bières pendant que Maryvonne et Bernadette sortaient dîner chez des amis. «Ils étaient faits pour s’entendre, ce sont deux grands Français enracinés dans leur terre et totalement ouverts sur le monde», souligne Claude Chirac.
Quelle est belle la légende d’un Chirac proche des gens de la terre parce qu’il savait tâter le cul des vaches tout en brossant dans le sens du poil les seigneurs céréaliers du Bassin Parisien.
Quant à François Pinault, le collectionneur je sors mon joker…

Lire Grands et petits secrets du monde de l'art, de Danièle Granet et Catherine Lamour : dans les coulisses de l'art business.
Comment se fabrique un artiste tendance ? Par quels mécanismes peut-on maintenir sa cote ? Qui sont les maîtres de ce jeu planétaire, dont le chiffre d'affaires vient juste après les stupéfiants et les armes ?
Le lecteur découvre pas à pas les rouages d'une étrange machine : ports francs où sont stockées les œuvres (Genève ou Zurich), spéculations et reventes qui font les profits, jeu des enchères, rôle des chasseurs, fonctions des critiques, délits d'initiés systématiques et encouragés. Encore quelques chapitres et l'on a presque l'impression d'avoir vraiment rencontré les Lorenzo Rudolf, Larry Gagosian, Charles Saatchi - ces grands manitous dont les deux journalistes brossent le portrait, à côté de ceux de François Pinault ou de Yona Friedman, deux figures emblématiques et dissemblables.
Le portrait de madame Bacqué est plaisant mais se garde bien d’aborder les questions qui fâchent, il reste prudemment à la surface médiatique des choses, faut jamais fâcher les puissants…
« À sa demande, Pinault a acheté une concession, dans le ravissant cimetière de Grosrouvre, à deux pas de son château de la Mormaire. Là où sont enterrés l’acteur Jean Rochefort et Lucien Herr, le légendaire bibliothécaire de Normale-Sup. La famille Pinault a détesté le projet imaginé par l’Italien. Le collectionneur, lui, en a souri. Sur la pierre funéraire dessinée par Cattelan, on lit seulement deux mots : « Why me ? »
Le portrait ICI
"De la part de quelqu'un qui, pendant longtemps, n'a pas payé d'impôts...", a répondu Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. "Je ne suis pas certain qu'il comprenne lui-même les petites gens."
Le meilleur restaurant du monde est (encore) italien ! titrait Challenges
Et le meilleur restaurant du monde est... l'Osteria Francescana du chef Massimo Bottura.
Meilleur
« Qui possède le maximum de qualités requises pour répondre à certains critères d'appréciation; qui ne peut être surpassé en son genre. »
« Le meilleur d’entre nous » comme disait Chirac à propos de Juppé.
Ça s’applique parfaitement au 50 Best qui est décerné depuis 2002 par un jury de 1.040 « experts indépendants » (chefs, journalistes spécialisés, propriétaires de restaurants...), répartis en 26 régions, chacun devant sélectionner (et classer) 10 établissements (dont au moins quatre se situent à l'extérieur de leurs propres frontières), tous testés durant les derniers 18 mois. Le tout sous l'égide du magazine "Restaurant", du groupe de presse britannique William Reed.
Pour ne rien vous cacher, comme le Grand Jacques, « cela m’en touche une sans faire bouger l’autre »
Je trouve ça bête, sans intérêt, le genre médaille en chocolat décernée par l’entre soi, le triomphe des fabricants d’image, les experts avec tout ce qu’il faut de conflits d’intérêts, le nouveau monde où l’on ne sait plus qui est qui : un vaste bordel sans nom.
Attention, je n’écris pas que le lauréat et ses suivants ne font pas bon, qu’ils ne sont pas dans le haut du panier mondial, mon propos est basique : à quoi ça sert ?
À faire le buzz !
Un dépêche AFP reprise à l’envie par tous les grands médias écrits et audiovisuels.
C’est le cas mais, rassurez-vous, ça ne durera même pas le temps que durent les roses.
Autre objection, épiderme franchouillard : je me fiche comme de ma première chemise qu’aucun restaurant français ne s'est vu décerner le titre de meilleur restaurant du monde depuis sa création, là n’est pas la question.
Mais pour autant il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages : le 50 best est sponsorisé, entre autre, par San Pellegrino propriété de la petite maison suisse Nestlé. Ces gens-là ne sont pas de généreux mécènes, le retour sur investissement est la règle.
« Il faut certes se garder de juger stupide ce qu’on désapprouve. Mais aussi de prétendre que toutes les opinions se valent. Stigmatiser la bêtise, généralement celle des autres, revient à se décerner un brevet d’intelligence, de bel esprit, d’arbitre du bon sens, s’autoriser à l’arrogance ou au mépris, quoiqu’on soit toujours, chacun le sait, l’imbécile d’un autre. Mais les insuffisances de l’accusateur n’excusent pas celles de l’accusé. D’ailleurs quel sot manque l’occasion de dénoncer la bêtise du voisin, et, de plus en plus souvent, celle d’une époque ou d’une société ? Ce n’est pas une preuve, non, c’est un signe. Et puis, l’avantage de la bêtise, c’est que plus on est bête moins on le sait. Chacun peut donc parler sans gêne, moi autant qu’un autre. »
Armand Farrachi Le triomphe de la bêtise.
J’ai vu les photos de la remise des trophées ça avait la gueule des Oscars avec un côté surjoué très agaçant. Bottura en costume de pingouin sur tennis de jeune c’est à chier et sa déclaration « C'est incroyable, c'est quelque chose que nous avons construit tous ensemble (...) Je vais profiter d'être sous les feux de la rampe pour montrer qu'en 2018, les chefs sont beaucoup plus que la somme de leurs recettes » me laisse perplexe quant à la capacité de ces chefs à défendre une autre agriculture de petits producteurs alors qu’ils sont les rets de l’argent de l’agro-alimentaire

« D’autres déconstruisent. En suivant vaguement les principes de Jacques Derrida, le chef italien Massimo Bottura de l’Osteria Francescana de Modène exploite le hasard. Son plat de référence est une tarte au citron d »composée, une assiette qui vit le jour après qu’une tarte au citron tomba littéralement par terre – et fut ensuite recomposée de façon à représenter un plat ; donc recomposée en étant en effet à chaque nouvelle prise décomposée comme si elle l’avait été involontairement. La composition est donc composée de décomposition. Il y a là un simulacre et un artificiel dignes d’un Esseintes et d’un Durtal réunis. »
« Les déchets font la une des journaux. La masse de nourriture jetée par la production colossale de l’industrie agro-alimentaire devient insupportable, au mépris de toute éthique(…) Plusieurs prophètes de cette vague se trompent de public. Au lieu de viser les foyers et les familles, qui en effet, feraient bien de ne pas jeter ce qui traîne dans leurs frigos, ainsi que la grande distribution qui pourrait donner ses produits périmés aux sociétés de charité ou les vendre à bon marché par l’intermédiaire d’applications en ligne, les promoteurs visent la restauration. Le chef multi-étoilé modénais Massimo Bottura, nommé meilleur chef du monde, plusieurs années de suite, réalise ainsi une tournée pour vanter les mérites d’une cuisine « de poubelle » en en réutilisant les déchets. »
Chef engagé, Bottura a ouvert en mars son restaurant solidaire "Refettorio" à Paris, dans la crypte de l'église de la Madeleine, après Milan, Rio et Londres.
A Paris, le Refettorio, restaurant fin pour migrants, n’affiche pas complet
Près de deux mois après son ouverture à la Madeleine, le restaurant pensé par le chef italien Massimo Bottura pour les personnes démunies ne tourne pas à plein régime.
LE MONDE | 09.05.2018 par Elvire von Bardeleben
Un restaurant qui réconcilie les chefs ennemis de la gastronomie française, où Marion Cotillard assure le service, où la cuisine voit défiler les trois étoiles, où l’on dîne dans un décor raffiné pensé par l’artiste JR… vous pensez que ça n’existe pas ? Et si, et en plus, c’est gratuit ! Il s’agit du Refettorio, ovni de la cuisine solidaire apparu à la mi-mars dans le foyer de l’église de la Madeleine, à Paris.
Bien sûr, Marion Cotillard n’est pas là tous les soirs, pas plus qu’Alain Ducasse ou Yannick Alléno qui ont épluché des oignons lors de la conférence de presse. Mais ces célébrités ont assuré un écho retentissant au projet. Tous les journaux ont parlé de ces « chefs étoilés [qui] cuisinent pour les sans-abri et les migrants ». Cette surmédiatisation et la dimension luxueuse interrogent. Car s’il est évidemment très louable d’offrir un cadre agréable à des personnes dans le besoin, la Madeleine, dans le très chic 8e arrondissement de la capitale, est-elle le lieu le plus adapté ?
Pour ceux qui n’auraient pas suivi : à l’initiative de ce projet, il y a Massimo Bottura. Chef italien dont on parle partout et tout le temps, pour sa table l’Osteria Francescana, à Modène, trois étoiles au Michelin et désignée à plusieurs reprises « meilleur restaurant du monde » par le classement des « Fifty Best ». Massimo Bottura a fait l’objet d’un documentaire sur Netflix, a sorti plusieurs livres chez Phaidon, dont le dernier, Le pain est d’or (424 pages, 39,95 euros), parle de gaspillage alimentaire.
Ce problème est au cœur de ses « refettorio », ses restaurants où l’on ne cuisine qu’à partir de surplus de nourriture. Massimo Bottura a ouvert le premier à Milan à l’occasion de l’Exposition universelle en 2015, puis a décliné le concept à Rio, Londres, Modène, Bologne et, enfin, à Paris. Dans la capitale française, le chef italien est associé à Jean-François Rial (fondateur de l’agence Voyageurs du monde) et l’artiste JR. Tous les soirs, du lundi au vendredi, des repas gratuits sont servis à des personnes démunies.
Le projet parisien est financé par des partenaires privés, dont Carrefour, qui fournit aussi les invendus de nourriture. La marque de design Flos a pourvu les lampes, Bernardaud a offert de la vaisselle, notamment les assiettes conçues par JR qui coûtent près de 100 euros pièce… « Avec la beauté, on va reconstruire la dignité de ceux qui viennent manger ici », promettait Massimo Bottura lors de l’inauguration. « Je ne dirais pas que c’est luxueux, mais qualitatif », nuance Jean-François Rial.
Riz cantonais et ragoût de légumes
Le problème de ce projet fort estimable, c’est qu’il ne semble pas vraiment tourner à plein régime. Les migrants ne se déplacent pas jusqu’au quartier de la Madeleine, loin des camps du Nord-Est parisien. Pour eux, les obstacles sont nombreux. Ceux qui n’ont pas de papiers n’ont pas envie de s’exposer à des contrôles de police.
« Quitter sa tente, c’est risquer de se la faire voler, ou de se faire prendre son emplacement », explique Letizia Calcamo, fondatrice de l’association Va faire cuire un œuf, qui vient en aide aux migrants. « Et tous ceux qui ont une place dans un hôtel doivent souvent pointer à 18 h 30 pour conserver leur place. » C’est justement l’heure à laquelle commence le service du Refettorio, qui ferme à 20 h 30.
Jusqu’à présent, le Refettorio rassemble surtout quelques dizaines de sans-abri qui reviennent régulièrement. Le mercredi soir de mai où l’on a assisté au service, la plupart d’entre eux étaient connus des bénévoles. Certains sont ravis, d’autres bougons ou hésitants, craignant de ne pas avoir de place parce qu’ils n’ont pas la carte du Refettorio (délivrée gratuitement), plusieurs signalent le bonheur que leur procure ce repas chaud, entrée-plat-dessert, servi comme au restaurant par des bénévoles enjoués.
La cuisine est assurée par le chef résident Maxime Bonnabry-Duval, régulièrement épaulé par un chef invité (et souvent réputé : César et Michel Troisgros, Jean Imbert, Olivier Roellinger…). Une dame se plaint du service, pas assez rapide (« mais pourquoi vous n’apportez pas un charriot pour distribuer les plats ? »), un autre du menu (« Y a pas couscous plutôt ? »). Non, le chef est chinois ce soir-là, et c’est végétarien : poireaux aux petits oignons et chapelure de pain, riz cantonais et ragoût de légumes, pomme au four à la crème.
Les convives sont un peu moins d’une soixantaine, alors que la capacité du lieu est de 120 personnes (voire 170 s’ils ouvrent une autre salle disponible). Face aux critiques, Jean-François Rial assure ne pas faire de différence entre les SDF et les réfugiés et accueillir toute personne dans le besoin.
Il dit aussi que ce démarrage modeste est voulu, qu’il faut le temps de se chauffer : « On fonctionne avec un volume de nourriture aléatoire, un nombre de bénévoles et de couverts aléatoires, il ne faut pas aller trop vite au début. Dans deux ou trois mois, on sera à 120 tous les soirs. » Il compte notamment sur les associations pour lui envoyer plus de monde.
« Faire de belles choses »
Mais la magnificence du projet, sa tête d’affiche bling-bling et sa notoriété a aussi engendré de l’agacement du côté des associations déjà en place. Va faire cuire un œuf, Ernest, Le Recho… parmi les initiatives personnelles qui ont fleuri ces derniers temps, aucune n’a fait autant parlé d’elle que le Refettorio.
Certaines, qui peinent à réunir les moyens humains et financiers nécessaires pour servir les repas aux migrants, n’ont guère envie de prêter main-forte au Refettorio. Elles le voient comme une entreprise de novices jouissant d’une énorme communication alors qu’ils ne connaissent rien au terrain. La soixantaine de repas que le Refettorio sert chaque soir leur semble dérisoire comparé aux distributions de sandwichs par centaines que les associations effectuent sur le terrain, dans les camps.
Du côté des chefs, d’autres actions plus discrètes se sont mises en place. Bertrand Grébaut du restaurant Septime à Paris organise, par exemple, avec sept autres restaurateurs de son quartier des distributions hebdomadaires de repas pour des réfugiés au parc de Belleville. « Tous les chefs de ma génération qui travaillent avec éthique font quelque chose », assure le cuisinier de 37 ans. « Etre un cuisinier durable en 2018, c’est aussi mettre son temps au service des autres », estime-t-il.
« Je comprends l’initiative du Refettorio, affirme Letizia Calcamo. De notre côté aussi, on a envie de faire de belles choses. J’emmène par exemple des groupes de migrants au musée. Pour réaliser ce genre de projets, il faut les connaître, gagner leur confiance, puis les accompagner. Tu ne peux pas leur demander de s’adapter à toi. » Le Refettorio semble l’avoir compris : Jean-François Rial prévoit d’organiser sous peu une distribution de nourriture (préparée par le Refettorio) au moyen d’un camion qui ira jusqu’aux camps de migrants.
Dans la suite du classement, on retrouve, dans l'ordre :
N°3 : le Mirazur chef argentin Mauro Colagreco, à Menton, en France ;
N°4 : l'Eleven Madison Park du chef suisse Daniel Humm, à New York, aux Etats-Unis ;
N°5 : le Gaggan à Bangkok, en Thaïlande ;
N°6 : le Central à Lima, au Pérou ;
N°7 : le Maido à Lima, au Pérou ;
N°8 : l'Arpège d'Alain Passard, à Paris, en France ;
N°9 : le Mugaritz à San Sebastian, en Espagne ;
N°10 : l'Asador Etxebarri à Axpe, en Espagne.
Présidentielle 2017: 17,8 kg de fraises Tagada incorporés aux comptes de campagne d'Emmanuel Macron | Photo : AFP
Roses, bleus, jaunes, gélifiés, mous, acidulés, à mâcher ou à sucer, les bonbons se font beaux, rutilants, chatoyants, pour plaire aux enfants et les parents ont du mal à résister à leurs demandes insistantes.
De mon temps, comme disaient les vieux, chez Louise Proux, nous achetions des bonbons à un sou ; je n’ai jamais beaucoup aimé les bonbons c’est trop sucré et je ne suis pas très amateur de sucre. Mon truc à moi c’était les carambar. Une fois par an, lorsqu’ils allaient à Nantes, mes parents me rapportaient des berlingots nantais (je préférais ceux à l’anis).

Gare au dentiste !
Comme je ne suis pas né de la dernière pluie je sais bien que toutes ces belles couleurs n’ont rien de naturelles ; quand je fais une glace à la fraise, avec de bonnes fraises bien rouges, elle ne pète pas de couleur, elle se colore en rose pâle.
Et qu’est-ce qu’on fait bouffer à nos gosses depuis 50 ans ?
Du dioxyde de titane, colorant aux effets cancérigènes, va être banni de notre alimentation. Le dioxyde de titane (TiO2) est utilisé dans de nombreuses applications (additif alimentaire, cosmétiques, médicaments), notamment pour ses propriétés d'absorption des rayons ultraviolets et son caractère colorant blanc. Il se présente, au moins partiellement, sous forme de poudre nanométrique. Le gouvernement avait annoncé l'arrêt du E171 « avant la fin de l'année »
Mais, nos « braves » confiseurs ont décidé de devancer l'appel, la secrétaire générale du Syndicat national de la confiserie Florence Pradier a annoncé le retrait de cet additif des bonbons.
Pour faire bon poids, les confiseurs de France ont aussi signé une "charte de déontologie et d'engagement" le mardi 19 juin dans laquelle ils s’engagent à améliorer la qualité des bonbons. Sucre, additifs, information…tous les griefs sont ainsi passés en revue.
« Pour la première fois, les confiseurs ont décidé de dire ce qu'ils faisaient », s'est félicité Florence Pradier.
Pincez-moi ! Je rêve. Nous allons atteindre la seconde décennie du XXIe siècle et on nous présente l’information des consommateurs, ici surtout les parents, comme un grand bond en avant.
Le « sans » qui succède au « avec » est un grand classique des fabricants industriels de bouffe. En clair, on vous a fait ingurgiter des horreurs pendant des décennies mais, la main sur le cœur, juré, craché, on ne le fera plus, et en plus dites merci.
Des bonbons allégés voire sans sucre.
Pour Anthony Fardet, chercheur et auteur du livre Halte aux aliments ultra transformés, mangeons vrai, ce raisonnement est « aussi étrange qu'une huile allégée en gras ».
« Si on les consomme à l’occasion pour le plaisir, il n’y a aucun soucis. Il faut plutôt encourager les gens à les consommer parcimonieusement », prévient l'expert. Et d'ajouter : « L’allégement en sucre en plus peut provoquer une habitude au produit car quand on sait que c’est allégé, donc on va en manger davantage. »
Pour Anthony Fardet, il est plutôt conseillé de changer « la qualité des sucres. » « Au lieu de mettre des sirops de fructose, de glucose ou des sucres, typiquement industriels et eux-mêmes très transformés, mettre plutôt du vrai sucre », explique-t-il ?
Des bonbons nature, quoi !
Pourquoi le mot bonbon ne prend-il pas un m avant le b comme le voudrait la règle?
Bonbon n’est pas d’origine latine ; il provient du langage de l’enfant qui répète que c’est « bon » « bon ». En langage des signes, pour dire bonbon, on tape deux fois sur sa bouche avec l’index !
Bombon est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne. Ses habitants sont appelés les Bombonnais.
« Lénine a séjourné dans le village, avec sa mère et sa sœur, pendant l'été 1909. L'habitante qui le logeait se souvient d'un homme aimable cherchant à être agréable. Il lui a même appris à monter à bicyclette.
Bombon a été le berceau de la Victoire de 1918. En effet, le général Foch a transporté son poste de commandement à Bombon en 1918. Son bâton de maréchal « lui a été remis dans la cour d'honneur du château en présence de tous les chefs d'état-major, maréchal Haig, maréchal Pershing, général Pétain et des plus hautes autorités politiques, le président de la République, Raymond Poincaré, Clemenceau […], Painlevé, ancien ministre de la Guerre et ancien président du Conseil. Le général Weygand […] l'assistait ».
L'abbé Denoyer a été flagellé le 5 janvier 1926 par une douzaine d'adeptes de la secte "Notre-Dame des Pleurs" de Bordeaux. L'affaire fit grand scandale et une chanson sur ce fait divers fit le tour de la France. La Complainte du Curé de Bombon, créée par le chanteur marseillais Alibert se chantait sur l'air du Trompette en bois
Qu'est-c'qu'il a pris,monsieur l'curé/ Comme trempette (bis)/ Pour attendrir les conjurés/ Le martyr s'mit à murmurer/ Ne frappez pas au même endroit/ J'vous l'confesse/ Changez d'fesse/ Si vous voulez savoir pourquoi?/ C'est qu'elles ne sont pas en bois..
Il était une fois les bonbons et confiseries…
Est-ce que Cléopâtre était accro aux bonbons ? Et Louis XIV se délectait-il de fraises Tagada? Nous vous emmenons faire un voyage dans l’histoire la plus sucrée de toutes, celle des bonbons…
Le sucre : remède luxueux
Vers 600 av J-C, les Perses découvrent un roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles. Ils en font une sucrerie qu’ils veulent garder secrète. Mais Alexandre le Grand très intéressé par ces délicieux roseaux en ramène des plants. La culture de la canne à sucre se répand lentement dans le bassin méditerranéen. Les Égyptiens, les Grecs, les Romains utilisent alors ce « miel » pour enrober des fruits, des graines, des noix et des fleurs comestibles.
En Europe, le sucre apparait au XIIème siècle avec la canne à sucre rapportée d’Orient par les Croisés. On l’appelle « sel sucré ». Comme les épices, c’est un produit très cher et luxueux réservé seulement aux rois, seigneurs. Il sert à confire les fruits qui seraient ainsi plus digestes. Les premières confitures et fruit confits apparaissent alors. On trouve également du sucre chez les apothicaires. En effet, à cette époque ce produit est considéré comme un remède ! Il soulage les douleurs de poitrine et de l’estomac. Il masque aussi le goût amer de certains médicaments.
Au XIIIème siècle, Saint-Louis impose la Trêve de Dieu, l’arrêt des guerres et des querelles de l’Avent à Noël. On y échange des petits cadeaux et plus tard des bonbons. La Trêve de Dieu deviendra la Trêve des Confiseurs.
Au XIVème siècle, les Papes s’installent en Avignon et deviennent experts en fruits confits. Une légende raconte que le pape Clément V aurait inventé le berlingot. Les papes ont leur propre écuyer en confiserie !
Drageries et épices de chambre
Au XVème siècle, seigneurs et rois offrent à leurs hôtes de marque des pâtes de sucres marquées de leurs armoiries, des dragées et des confitures, en signe de bienvenue. Un cuisinier lance la mode des “épices de chambre“, ancêtre des bonbons : il roule des graines, des pignons, des amandes, de la cannelle, du gingembre dans du sucre et les fait rissoler dans une poêle. Les invités les emportent dans leur chambre pour mieux s’en régaler. Les épices de chambre remportent un vif succès à la cour des rois. On se régale également de dragées, nougats et pralines après les repas pour digérer.
Différentes congrégations religieuses jouent un rôle important dans l’histoire de la confiserie. Elles élaborent leurs recettes de bonbons dont on peut encore se délecter comme par exemple les Anis de l’Abbaye de Flavigny ou les sucres d’orge des religieuses de Moret. Ces religieuses en cherchant à diminuer les souffrances de leurs patients mettent au point des médications conjuguant les vertus de l’orge et du sucre. A la cour de Louis XIV, ce sucre d’orge fait fureur ; soignant les maux de gorge, il devient l’allié des orateurs.
Au XVIIème siècle, la réglisse, les gommes, les pastilles aux fruits et marrons glacés apparaissent et se développent rapidement. Le mot «friandise» apparaît dans la langue française. Il vient du mot «frier», qui veut dire «brûler d’envie». Les gens de la bourgeoisie sont de plus en plus nombreux à brûler d’envie devant les dragées, sucettes, pastilles, fruits confits, pralines… des confiseurs qui ouvrent boutique à Paris. C’est the place to be de l’époque.
Bonbon industriel
Le bonbon actuel apparait grâce au sucre de betterave au XIXème siècle, et sera enfin accessible à tous et non plus réservé à la bourgeoisie.
Après la deuxième guerre mondiale, c’est l’aire du bonbon industriel : formes nouvelles, couleurs variées, goûts étonnants, textures surprenantes. A nous les Croco, fraises Tagada et Dragibus…
Le plus vieux bonbon du monde *
Au moyen-âge, lorsque le sucre fut enfin connu en France, il arrivait en très petites quantités et seulement chez les rois et les seigneurs.
Un jour, un cuisinier lança la mode des "épices de chambre" : il roula des graines, des pignons, des amandes, de la cannelle, et du gingembre dans du sucre et les fit rissoler dans une poêle. Les invités les emportaient dans leur chambre pour mieux s'en régaler. Les ancêtres des bonbons étaient nés.
Les épices de chambre rencontrèrent très rapidement un vif succès à la cour des rois. A cette époque, on les mangeait surtout pour digérer après des repas souvent "gargantuesques"…
* Source : "Voyage au pays des mille et un bonbons" - Marion et Tordjman - Actes Sud Junior - mars 1998
Des confiseries et des Hommes *
Parmi les grands hommes et les grandes dames de l'Histoire qui furent concernés ou impliqués dans l'évolution de l'art de la confiserie, on peut citer : Alexandre Le Grand, Balzac, Boileau, Blanche de Castille, Alexandre Dumas, César, Catherine de Russie, Colbert, Coligny, qui perdit une bataille pour avoir mangé trop de massepains… ; mais aussi : l'Impératrice Eugénie, Flaubert, Henri III et Henri IV, Hippocrate, Marie-Antoinette, Marie-Louise, Mazarin, La Montespan, Napoléon, Nostradamus, Madame de Sévigné, Socrate, Talleyrand et bien d'autres encore, qui prouvent l'intérêt que les confiseries ont pu avoir sur l'Histoire.
Le rôle des religieux et religieuse est également été très important dans l'histoire de la confiserie : les bonbons de l'Abbaye de Flavigny, les sucres d'orge des religieuses de Moret, ainsi que les confiseries faites à base de liqueur : grande chartreuse, Bénédictine,…
* Source : "Petit guide des douceurs de Franc" - R. Lallemand - Editions Desvigne - 1990
« Les tables sont apparues très tôt dans l’histoire des hommes, mais ce sont d’abord des planches amovibles sur des tréteaux, et ce n’est qu’à la Renaissance qu’apparaît la table que nous connaissons (…). On sait qu’une valeur émotive s’y attache, que la table est synonyme de foyer, car c’est autour de la table que la famille se réunit, et elle signifie pour nous – qui ne sommes pas de la culture du tapis – l’union et le partage. »
Éric Vuillard Congo
En 2010, l’Unesco décidait de classer le repas gastronomique des Français comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette catégorie, créée en 2003, a pour objectif de protéger les pratiques culturelles et savoir-faire traditionnels, aux côtés des sites et monuments.
Le 26 novembre 2010, vénère, je ramenais ma fraise sur le sujet :
Chère maman d’accord avec Yves Camdeborde : « enlevons le mot gastronomique » au repas à la française inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco
Périco Légasse lui bramait : «La nouvelle est de taille, considérable, historique. D’abord parce que, au moment où le chef de l’Etat prend des distances avec le concept d’identité nationale, la plus humaniste des instances internationales sacralise ce qui symbolise le mieux l’identité nationale française, sa gastronomie »
Lire ICI
La vinification en kvevri
« La méthode géorgienne de vinification à l'ancienne, appelée vinification en "kvevri", tire son nom du récipient en argile en forme d'œuf dans lequel le vin fermente. Selon l'Unesco, cette méthode inscrite au Patrimoine mondial en 2013 « joue un rôle important dans la vie quotidienne des Géorgiens et dans les célébrations, et constitue une part indissociable de l'identité culturelle des communautés géorgiennes »
Une flopée d’expressions :
« Jouer cartes sur table »
« Le dessous de table »,
« Faire table rase »
« Tenir table ouverte »
« Se mettre à table »
« Sûr et certain que je vais être emmouscaillé par cette affaire après toutes les questions que j'ai posées aux employés. Ça m'étonnerait qu'il tienne sa menteuse, le gominé de la réception. Il a une bouille à se foutre à table pour pas chérot. »
San Antonio
« L’expression peut aussi prendre aussi une signification plus sexuelle liée aux pratiques orales…
On peut aussi dire « prendre une part de tarte aux poils », faire une descente à la cave ou à la crèmerie. Autant d’expressions imagées pour désigner le cunnilingus. »
Bertrand Blier dans le film Les valseuses s’exprime sans prendre de gants :
« On s’est mis à table, fallait voir ! On tirait des langues de boxer ! ».
Pour la bonne bouche, les Japonais ont des expressions plus poétiques et plus sophistiquées :
« Siroter la rosée sur les pétales de Jade, ou jouer au rossignol dans le jardin du printemps. »
Doctissimo
Lieu de réunion des chevaliers d’Arthur, la Table Ronde est également un symbole.
« Elle est sans doute dans les mythes arthuriens le symbole le plus fort, car on désigne les chevaliers d’Arthur comme les chevaliers de la Table Ronde. Le terme ne désigne donc pas comme certains on put le dire la cour d’Arthur, mais les valeureux héros l’entourant. Accéder à celle-ci était donc pour un chevalier le plus grand honneur, le désignant comme l’un des meilleurs, reconnu par le roi.
Le concept de Table Ronde n’a cependant pas été créée sous le règne d’Arthur, mais de son père Uther Pendragon. C’est Merlin qui lui conseilla de la faire fabriquer, dans le cadre de la Quête du Graal. Selon certains récits, le Christ aurait mentionné à Joseph d’Arimathie durant son emprisonnement l’existence de trois tables sacrées. La première serait celle de la Cène, la seconde fabriquée par Joseph serait celle sur laquelle repose le Graal et la dernière serait donc celle des élus chargés de retrouver le Graal, soit les chevaliers de la Table Ronde. Elle réunit donc les chevaliers avec leur roi et les regroupe tous autour de leur quête commune. »
La suite ICI
Pourquoi ne faut-il pas manger debout ?
« Selon diverses études scientifiques, les personnes qui mangent debout, notamment en rue, auraient tendance à avaler plus de nourriture et donc davantage de calories. Comment expliquer cela ?
Manger debout, que ce soit son sandwich du midi en faisant les vitrines ou des tapas accoudé au comptoir d'un bar à vin, ne déclenche pas une satiété satisfaisante, et ce malgré les quantités que l'on ingère. Ce comportement incite à avaler jusqu'à 40 voire 50% de nourriture en plus par rapport à un repas assis.
En fait, manger debout induit une mastication plus rapide, alors que l'attention est détournée (scènes de rue, vitrines de magasin...). Le cerveau ne reçoit plus les bonnes informations, lui indiquant qu'un vrai repas est en cours. Il assimilera cette nourriture à un en-cas et en demandera davantage afin d'être rassasié.
En d'autres termes, il est important de s'asseoir, de bien mâcher, afin de laisser le temps au cerveau de percevoir les sensations nécessaires. »
Les tapas, ou l'art de manger debout
Comptoir. Aller de bar en bar, manger à la verticale, digne comme si l'on affrontait un taureau, est un art inventé par les Andalous. Une manière d'être qui se marie bien avec ces chaleurs moites qui prédisposent à la frivolité nonchalante.
Les Espagnols sont des maîtres dans l'art de manger debout.
« Là-bas, on appelle ça «tapear», «aller de taverne en taverne pour goûter des «tapas» et boire des «chacos», petits verres de vin blanc, rouge ou rosé», écrivait Xavier Domingo, fameux «cuisinologue» (décédé en 1996), dans son très bel ouvrage dédié au Goût de l'Espagne et aujourd'hui enfin réédité. Un livre dont les photographies, signées Pierre Hussenot, rappellent les tableaux sombres du peintre Zurbarán. On y voit jambons qui pendent des plafonds comme autant de trophées, des sommeliers verser le vin, ce sang de la terre, comme s'ils portaient l'estocade; avec une élégance rare, un mélange de force et de beauté. Des photographies qui nous laisseraient croire qu'en Espagne la cuisine est une affaire d'hommes, une histoire de «cojones».
Lire ICI
Un peu d’histoire :
« Les jours de banquets au Moyen Âge, la table d'honneur (le deis) constituée d'une simple planche de bois sur tréteaux, dressée sur une estrade (en usage du XIIe au XVIe siècle), se tenait au fond de la grande salle d'apparat du château (aula) : les convives se répartissaient dos à la cheminée, pouvant ainsi admirer la vaissellerie exposée sur le dressoir et assister aux divertissements (opérette de bouffons, jongleurs, ménestrels). Cette disposition facilitait aussi le service des plats à table qui se faisait par devant. Une nappe, brodée ou damassée, couvrait le plateau de la table. Dans les intérieurs paysans, sont dressées des tables roulantes ou coulantes3 sur lesquelles sont encore rares les couverts.
L’itinérance des cours princières oblige à utiliser des meubles fonctionnels comme planches et tréteaux qui peuvent facilement se transporter... D'où le terme de mobilier.
La Renaissance fait naître un véritable meuble, « la table occidentale », destiné à remplacer le plateau « volant » et ses tréteaux par la voie de la sédentarisation plus forte des occupants dans leur lieu d'habitation car les meubles précédents sont mobiles (étymologie du mot « meuble ») et déplacés au cours des voyages. À cette table fixe sont associées des sièges (bancs à dossier, puis à baldaquins ou podiums pour orner la pièce).
À l'apparition de la salle à manger au XVIIIe siècle, le mobilier devient plus important mais la table reste démontable pour que la salle à manger puisse redevenir une galerie. Dans les milieux les plus modestes apparaissent paradoxalement les tables d’ébénisterie. Avec la production en masse industrielle, elle s'uniformise au XXe siècle. »
« L'oraison funèbre est la prière avant que les asticots se mettent à table. »
Jean-Paul Richter / Etre là dans l'existence
« La famille, c’est une grande table, et tout le monde autour. »
Laetitia Casta
« Si l'hiver est froid et rigoureux Ton ventre à la table, ton dos au feu. »
Proverbe
« La table est le seul endroit où l'on ne s'ennuie jamais pendant la première heure. »
Anthelme Brillat-Savarin / Physiologie du goût
Je glandais, je glanais, et cet après-midi-là, ma tête était ailleurs, seuls des petits livres me permettraient de trouver un dérivatif à mes pensées folâtres, et quand on cherche on trouve.
Le titre m’intrigua : Phénoménologie de la mayonnaise
Format de poche, léger comme une plume, je feuillette, je lis la 4e de couverture :
« À partir d’une relecture d’À vau-l’eau de Huysmans, dont le héros déambule dans un Paris culinaire, en quête de sens, Luka Novak retrace les étapes qui ont marqué la suprématie de la gastronomie française, puis l’émergence des cuisines du monde, avant que ne soit consacrée la fusion food, propre de la mondialisation et de la culture hipster. La mode du fooding, qui s’est imposée grâce à une sprezzatura brooklynoise et à la starification des chefs, a effacé ce qu’il y avait d’innovant dans les différents arts culinaires, pour laisser place à une reproductibilité à l’infini des plats, dont le toast à l’avocat partagé sur les réseaux sociaux est le symbole. Serions-nous arrivés à un degré zéro de l’âge gastronomique ? »
Luka Novak est écrivain et éditeur. Il s’appuie ici sur son expérience : il a produit des émissions de télévision consacrées au foodisme, et en a fait des livres de cuisine, tous des best-sellers en Slovénie. Il est également l’auteur du Métro, inconscient urbain, paru aux Éditions Léo Scheer en 2017.
Je le glisse dans ma besace avec d’autres petits livres.
Dimanche en fin d’après-midi le soleil ayant pointé son nez entre de gros nuages noirs j’ai lu le premier chapitre : Un McDonald’s sur les Champs-Élysées : le bouleversement enchaîné ou un open source gastronomique.
Et j’ai sitôt décidé d’écrire cette chronique.
Il faut dire que le matin j’étais allé faire une autre moisson à Terroirs d’Avenir.
Morceaux choisis
« C’est avec l’apparition de la génération du baby-boom que furent inventés le supermarché, le self-service, les traiteurs et les chaînes de restauration rapide qui démocratisèrent l’accès à l’alimentation hygiénisée et livrable à domicile dans les années 1960 et 1970. Adaptant l’offre à la demande, cette génération hissa ensuite la cuisine au statut d’art culinaire dans les années 1980, avant qu’elle ne soit disséminée au niveau mondial par la génération des Millennials, où elle représente à présent une communication en soi pouvant être comprise par tous et partout de Paris à Hong Kong. »
[…]
« Un McDonald’s vint s’implanter aux Champs-Élysées au moment même où cette dichotomie du banal et du sublime culinaire fut pour ainsi dire formalisée. Arrivé en 1972 sur l’avenue des Champs-Élysées, il en laissa perplexe plus d’un. Un jour au prétexte que ça devrait plaire aux gosses (et donc à moi), un ami de mes parents, de l’ambassade américaine, nous y entraîna. Et pour plaire, cela plut. »
[…]
« Il fallut l’audace américaine pour déranger ce système hermétique et codifié, il fallut sa muflerie pour l’ouvrir aux classes populaires et apporter l’alimentation des restaurants aux masses. Comme le constate Folantin, saisi par « un profond dégoût dès qu’ils franchissent la rive gauche », il fallut « traverser l’eau pour dîner ». Et il le fallut aussi symboliquement. Ce fut alors l’avènement d’un open source gastronomique, le déverrouillage d’un code jusqu’alors strictement placé sous les auspices du « droit d’auteur » gastronomique réservé aux bourgeois : tandis que le copyright se crispait de plus belle dans sa codification suprême des carrés d’agneau et des côtelettes, le copyleft, qui représentait un tournant sur la voie de la modernité, se répandait avec ses hamburgers à une vitesse inouïe. »
[…]
« Avec l’ouverture du McDonald’s sur les Champs-Élysées, nous avons affaire à un exemple de ce que les économistes américains appellent la disruption. Pour faciliter la percée d’une économie nouvelle, il faut déranger le système là où il est le plus vulnérable et surtout le plus pénétrable. Dans le monde de la photographie, il fallait par exemple prévoir l’arrivée du tsunami digital qui coûta la vie à des géants de la photo comme Kodak ou Agfa qui ne l’avaient pas vu venir. Dans la restauration du début des années 1970, il fallait penser aux chaînes. La restauration française de l’époque était constituée de cocottes au petit feu dans une multitude de petits établissements gérés par des familles et reliés par la très symbolique cohésion du rouge de la toile Michelin qui veillait sur les paramètres du bon goût. »
[…]
« … le McDonald’s des Champs-Élysées se décida à commettre cet acte disruptif : il fournit de la mayonnaise, bien emballée dans des sachets plastique multicolores, à ceux qui ne savent (ou ne peuvent) pas la monter eux-mêmes (ou la faire monter par des chefs étoilés). »
« L’odeur des frites trempées dans cette abomination que fut le ketchup se propagea à vive allure… »
Affaire à suivre sur Phénoménologie de la mayonnaise
Luka Novak
Editions Léo Scheer – 100 pages 15 euros

05.10.09 | Depuis la parution, hier, d’un article signé Henry Samuel dans le très britannique DAILY TELEGRAPH révélant outre-Manche l’ouverture prochaine d’un McDonald’s dans les sous-sols du Louvre, c’est un tsunami médiatique dans le monde entier. De Grande Bretagne en Russie, d’Italie en Norvège, de la Corée aux Etats-Unis [1]. Jusqu’à une dépêche de l’Associated Press. Partout sauf en France.
L’article d’origine, nous citant et reprenant certaines de nos informations publiées il y a une semaine dans « McDo au Louvre, une faute de goût », donne la parole à Didier Rykner de la TRIBUNE DE L’ART qui se déclare aussi choqué : « McDonald’s is hardly the height of gastronomy. Today McDonald’s, tomorrow low-cost clothes shops ». L’article anglais fait également état d’un mécontentement parmi le personnel du musée et cite un anonyme conservateur au bord de l’apoplexie : « This is the last straw. This is the pinnacle of exhausting consumerism, deficient gastronomy and very unpleasant odours in the context of a museum ».
La presse internationale s’étonne et s’amuse du paradoxe de voir encore des réfractaires au Roi du Hamburger dans un pays qui y fait ses meilleurs chiffres après les Etats-Unis. Dans le royaume où la cuisine a été hissée au rang d’Art. La honte. Une entreprise florissante qui fête cette année ses trente ans de présence dans l’hexagone, « un des premiers recruteurs de France » selon LES ÉCHOS « mais en fait à 80% à temps partiel ». Roi de la Précarité...
Face à ce soudain intérêt pour un sujet qui, en France, n’intéresse quasi personne, excepté une brève du MONDE.FR, la direction du Louvre a dû produire fissa un communiqué rassurant, où elle déclare que le projet présenté par McDonald’s « est conforme à l’image du musée », l’entreprise ayant « pris le plus grand soin pour assurer la qualité du projet, tant en termes culinaires et esthétiques ». On a hâte de voir. Sa présence, parmi d’autres comptoirs de cuisines du monde proposés à cet endroit du Carrousel du Louvre, correspondrait... au segment américain.
Suite ICI
1370 mètres carrés, terrasse de 50 mètres carrés, 2 étages, 470 places assises
250 salariés
Fermé depuis septembre 2015 pour travaux
Investissement de 5 millions d’euros
Réouverture vendredi 19 février 2016 au 140 Avenue des Champs-Elysées
Il est des jours où tout s’enchaîne avec une belle fluidité : alors que je maraudais dans une de mes librairies je tombe sur le dernier Camilleri : Noli me tangere / Ne me touche pas, et puis en furetant dans ma boîte mail je découvre que Sylvie Simmons, une journaliste anglaise vivant aux Etats-Unis, a passé des années sur les traces de Léonard Cohen, le Canadien errant, pour écrire une volumineuse biographie I’m your man.
J’ai lu tout Camilleri, le conteur sicilien, pas ses polards avec son commissaire Montalbano, je lui consacré de très nombreuses chroniques et j’ai osé écrire « Si à 50 ans on n'a pas lu un roman sicilien d’Andrea Camilleri, c'est qu'on a raté sa vie. »
Pour Léonard Cohen lire :
5 février 2012
12 novembre 2016
Dans la foulée je déjeune avec l’ex-Taulière du Lapin Blanc, lieu interlope des hauts de Ménilmontant où l’ami PAX s’était aventuré, et nous partageons un homard de l’Ile d’Yeu en deux services et, même si ça surprends certains, nous nous offrons un superbe Morgon 2016.
Que du beau et du bon, le matériau idéal pour une chronique dominicale.
Sur le plan de la forme, on le trouve dans les parages frontaliers du « giallo » et du roman épistolaire. L’intrigue se tisse par juxtaposition d’informations. Des interviews, lettres, témoignages, interrogatoires, souvenirs, qui chronologiquement apportent leur petite contribution à la toile. Un morceau de mosaïque, une pièce de puzzle par jour… »
Stefano Palombari
Elle cite Virginia Woolf : « Un biographe peut s’estimer heureux s’il parvient à cerner six ou sept facettes d’une personnalité qui en compte pourtant des centaines. » En nous décrivant un Cohen montréalais, juif, poète, chanteur, homme à femmes, solitaire, chef de bande, dépressif, moine bouddhiste, Simmons remplit quant à elle son contrat. Du côté de la musique, elle a tendance à lisser l’œuvre au nom d’un recul magnanime. Il est d’ailleurs frappant de relever que les trois premiers albums de Leonard Cohen, généralement estimés comme les meilleurs (et contenant la plupart de ses classiques), ont été les plus durement critiqués en leur temps. »
François Gorin

« Noli me tangere » (Ne me touche pas… ou… Ne me retiens pas) est une locution latine tirée de la vulgate, version latine de la Bible. Elle fait référence à l’épisode pascal de la résurrection lorsque Marie-Madeleine découvre le tombeau vide et un étrange personnage qui s’avère être le Christ. L’expression traduit la parole de Jésus envers Marie-Madeleine. »
« Une trop grande différence d’âge. Essayez de comprendre. Quand on s’est mariés, Laura avait trente et un ans et moi soixante-cinq. J’aurais pu être son… si nous avions eu des enfants, j’aurais été un père-grand-père. Je trouvais ça absolument ridicule, et je n’ai pas changé d’avis. »
Homard de l’Ile d’Yeu en deux services
D’abord la queue de homard avec légumes de saison, mousseline de pomme jaune ; puis linguine avec les pinces et le corail
Domaine Guy Breton Morgon Vieilles Vignes 2016
252 Rue Pasteur, 69910 Villié-Morgon
Oui, je vous l’avoue chers lecteurs, depuis quelque temps je m’interroge, je doute, je me trouve frivole, vain de radoter sur le vin alors notre vieille Europe, qui se disait unie, craque de toute part. Quand je lis que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a annoncé mercredi 13 juin la création d'un AXE entre les ministres de l'Intérieur autrichien, allemand et italien pour lutter contre l'immigration illégale dans l'Union européenne, alors que les Européens se déchirent sur cette épineuse question, je me dis que c’est le début de la fin.
Même si l’Histoire ne se répète jamais, en ce moment elle bégaie : l’Axe Rome, Vienne et Berlin fleure mauvais, ça affaiblit la position d'Angela Merkel. La chancelière allemande cherche à arracher un accord sur un système d'asile européen en vue du sommet de l'UE de la fin juin. Mais nombre de pays, notamment dans l'est de l'Europe, s'y opposent car ils ne veulent pas d'une répartition européenne des réfugiés ou ne souhaitent pas en accueillir.
Je désespère de notre foutu monde !
Rendre une feuille blanche n’étant pas encore à l’ordre du jour, ce matin pour ne pas sombrer dans la déprime je me réfugie dans ma cuisine pour préparer une terrine de salades au bain-marie.
Une de mes jeunes amies, néo-cuisinière, étonnée, à la vue de ma jardinière de légumes « tu fais cuire de la salade… ». Certes ce n’est pas courant d’où l’intérêt d’éclairer la lanterne des petites louves et des petits loups.
D’où vient la dénomination de ce mode de cuisson bien utile pour préparer les œufs brouillés, les sauces anglaise, béarnaise, hollandaise ?
Bain-marie : « du latin médiéval balneum Mariae (« bain de Marie »), en référence à l’alchimiste Marie la Juive (IIIe siècle av. J.-C.), à qui l’on attribue également l’origine de certains ustensiles de laboratoire et l’emploi de la technique comme outil. La première attestation en latin Balneum Mariae date du début du XIVe siècle, dans le Rosarium attribué à Arnaud de Villeneuve. » C’est elle qui aurait inventé ou amélioré cette technique à l'aide du vase appelé κ η ρ ο τ α κ ι ́ ς
Olympiodore, philosophe alchimiste grec de la période alexandrine, fait allusion à ce personnage à propos de ce procédé, Marie-la-Juive représenterait la sœur de Moïse et d'Aaron. La prophétesse Miriam (Exode, XV, 20), s'appuie sur une autre tradition selon laquelle Miriam (nom hébreu de Marie) aurait été l'auteur de traités d'alchimie; on a aussi supposé qu'il pourrait s'agir de l'intégration symbolique de la Vierge Marie à la mystique ésotérique des alchimistes, succédant à la tradition égyptienne du mythe d'Isis » source CNRTL
Pour faire un bain-marie nul besoin de posséder un dispositif particulier. Sur le feu, il suffit de trouver un récipient qui puisse se poser sur une casserole dans laquelle on placera un fond d’eau. On fait bouillir ou frémir l’eau selon la température que l’on souhaite.

La recette est pour 6 mangeurs normaux.
Les ingrédients
Des salades de n’importe quelle sorte, le nombre dépend de leur grosseur, 4 à 6.
Deux carottes de taille moyenne.
2 oignons blancs
De l’huile d’olive
200 g de ricotta
2 yaourts nature
4 œufs
100 g de parmesan
Sel-poivre
Éventuellement pour adoucir 1 cuillerée à café de sucre en poudre
Pour servir : 500 g de faisselle et des herbes aromatiques de votre choix.
Le faire

Et avec ça je bois Champ rouge Côtes du Jura 2016, un savagnin ouillé de Didier et Jules Grappe ICI
Pourquoi écrire chaque jour ?
Pour qui écrit-on des chroniques que l’on jette depuis 13 ans sur l’immensité de la Toile ?
Ma réponse est simple, pour des gens comme PAX, JPK et bien d’autres…
« Une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps ». Alexandre Vialatte.
Ces derniers mois, fréquentant assidument mon lit pour cause de gamelle, j’ai beaucoup lu et, bien sûr, j’ai fait par ici de mes coups de cœur.
Le sieur Pax, qui a chroniqué dans mon petit espace de liberté, a repris la balle au bond :
« Essayez Artana ! ARTANA ! chez Gallimard de Didier Daeninckx qui avait écrit, en moins noir mais tout aussi tristement réaliste Retour à Béziers* Chez Verdier éditeur.
Lire ICI :
J’ai donc acheté Artana ! Artana !
Je ne l’ai pas regretté c’est un excellent roman qui démarre comme un polar, avec le meurtre en Thaïlande d’un jeune de Courvilliers et se poursuit par le procès du clientélisme dans quatre villes fictives de Seine-Saint-Denis.
Courvilliers est une synthèse des villes de Saint-Denis, Bagnolet et surtout d’Aubervilliers où l’auteur vit depuis de longues années.
Didier Daeninckx utilise le prétexte de la fiction pour dresser un violent réquisitoire contre la gestion de certaines municipalités du 93 et régler quelques comptes politiques. Il mêle des événements bien réels et d’autres sortis de son imagination. Dans la fiction, les élus pactisent avec des caïds de la drogue pour conserver leur pouvoir ; fiction qui colle sans raccord à la réalité : « En 2014, dans les villes comme Aubervilliers, Saint-Denis, Noisy-le-Sec, Bobigny, des têtes de liste aux municipales ont passé une alliance avec les bandits du secteur pour se faire élire ou se maintenir en place ».
Des personnages inspirés d’élus du 93
« Il compose une galerie de personnages affublés de pseudo cousus de fil blanc. « Patrick Muletier », le maire de Courvilliers, « dont la plus grande des qualités a été d’épouser la fille du Commandeur », ressemble à s’y méprendre à l’ancien maire PCF d’Aubervilliers, Pascal Beaudet. Le Commandeur pourrait bien être le double de Jack Ralite. »
« Pour assurer son pouvoir, le Commandeur a appliqué la règle d’or de tous les politiciens aguerris : s’entourer de médiocres »
« En 2014, il y a eu un effondrement démocratique » interview de Didier Daeninckx au Parisien
« Loin de tout angélisme, mêlant harmonieusement sujet criminel et regard sur la société, toujours parfaitement documenté, Daeninckx utilise sa tonalité personnelle pour dresser un portrait de notre époque. Une belle réussite de plus à son actif. »
Merci PAX !
Achetez vos livres chez des libraires indépendants et non sur Amazon ou chez Leclerc!
« Il restait pourtant un évident point faible : le département de la Seine-Saint-Denis, concédé par le pouvoir gaulliste aux communistes, et laissé depuis presque à l’abandon comme si le département qui tenait son nom du lieu où se trouvait le tombeau des rois de France devait demeurer un point aveugle du jacobinisme. La nouvelle carte de l’Ile-de-France ressemblait à cette illusion optique qui consistait, en fixant un point noir, à en faire disparaître un autre, situé juste à côté mais qui tombait à l’emplacement où le nerf optique se raccordait à la rétine – c’était ainsi que disparaîtrait la Seine-Saint-Denis, servitude fonctionnelle de Paris, territoire presque maudit du nord-est dont le nom lui-même finirait par disparaître derrière un numéro prophétique et vengeur, le 93, qui se décomposerait à son tour en deux chiffres, hâtifs et maladroits, 9-3, qu’on verrait dessinés à la bombe sur les ruines de la ville moderne par ses ressortissants analphabètes. »
Page 21 Le Grand Paris Aurélien Béranger chez Gallimard
« Tout rappelle chez lui l’île de Beauté. D’abord le sanglier corse qu’Hugo Pozzo di Borgo porte en écusson sur son pull, puis le caractère affable, mais obstiné, et l’ADN. Celui d’Alata, ce village du sud de la Corse dont il est originaire par son père. Alata, c’est d’ailleurs le nom de son vermouth, dont il peaufine la recette depuis 2016 dans la fraîcheur de son atelier montheysan. A 30 ans, le jeune artisan est une tête chercheuse qui dévore les livres d’herboristes à la recherche des plantes qui sublimeront ses prochaines recettes de vermouth. »
Hugo Pozzo di Borgo adore le vin mais abhorre les cadres trop rigides. «La fabrication du vin est beaucoup trop codifiée, souligne le producteur d’Alata, qui ne vient pas d’ailleurs d’une famille viticole. J’avais besoin d’un support plus créatif. Le vermouth me donne la permission d’élaborer des recettes plus barrées.» Le vermouth, cet «alcool de vieux» disparu à l’aube des années 1960, devient pour lui une matière d’expression et d’expérimentations. Car le jeune producteur n’est pas dans la réhabilitation, mais dans la réinterprétation.
Alors il se documente. Beaucoup. Sur l’art de la distillation, les plantes et leurs élixirs…
Lire ICI L’alchimiste du vermouth
Le vermouth, un truc de vieux mais aussi l’ingrédient du Dry martini, cocktail à base de gin et de vermouth blanc sec. Omniprésent dans la littérature et le cinéma, particulièrement aux États-Unis, d’où il est originaire.


« Le vermouth est un des nombreux vins aromatisés qui s’est popularisé particulièrement au début du XIXème siècle. Il a été extrêmement populaire jusqu’aux années 1940 et 1950. Le vermouth n’est pas un spiritueux, c’est un vin aromatisé. Pour fabriquer un vermouth, on utilise un vin, en général un vin blanc, plutôt neutre, pas trop fort en alcool et plutôt acide.
On va prendre ce vin et le mélanger avec du sucre, puis avec du caramel si l’on veut lui donner la couleur rouge que l’on associe au Martini classique par exemple. On va ensuite ajouter de l’alcool, pour lever le niveau d’alcool entre 15° et 18°. À cette base, on ajoute un extrait aromatique qui est le résultat de la macération de nombreuses herbes, épices, racines...
François Monti auteur du livre "101 cocktails", édition Dunod
TURIN, CAPITALE ORIGINELLE DU VERMOUTH
Les villes de Chambéry et de Turin se disputèrent longtemps la paternité du vermouth, suite à la division du duché de Savoie entre la France et l’Italie au 19e siècle. Cependant, l’appellation « vermouth » serait bien née à Turin, inventée en 1786 par Antonio Benedetto Carpano à partir d’une recette d'apéritif allemand composé de vin et de Wermut (absinthe en allemand). En 1831, le sacre du roi Carlo Alberto à la tête du duché permit à Turin de devenir, aux yeux du monde, la capitale officielle du vermouth.
Dans une ville prospère et influente comme Turin, le vermouth devint vite un alcool très prisé, particulièrement apprécié en fin de journée à l’heure de « l’aperitivo ». Conséquence directe de ce succès : la naissance d’une véritable aristocratie des fabricants de vermouth à Turin.
LES BARONS DU VERMOUTH, DE L’ITALIE À LA FRANCE
Plusieurs familles italiennes à la réputation bien établie commencèrent ainsi à distribuer leur propre vermouth, dont la famille Cinzano. Une fois sa société installée à Turin, elle développa rapidement un réseau d’agents commerciaux pour vendre ses vermouths jusqu’en France, où cet apéritif fit des émules. En 1813 par exemple, le producteur français d’absinthes et de liqueurs Joseph Noilly introduisit sa recette de vermouth sec, élaboré à partir de vins blancs du Languedoc. Prenant sa succession en 1829, son fils Louis commença à exporter sa production d’absinthe, de liqueurs et de vermouth au-delà de l’hexagone. En 1843, son beau-frère devint son partenaire et la société fut rebaptisée Noilly-Prat. En 1844, la première commande fut expédiée aux États-Unis (Nouvelle Orléans et New York). En parallèle, Joseph Chavasse développa en 1821 son propre vermouth à Chambéry. Elaboré à partir de plantes aromatiques locales, ce vermouth nommé Dolin fut le premier à obtenir l’AOC un siècle plus tard (1932). La marque Dolin fut également à l’origine de la commercialisation du premier vermouth blanc.
Les parts de marché gagnées, notamment aux États-Unis, par les producteurs de vermouth français suscitèrent le mécontentement de Carlo Alberto. Rapidement, il perçut le danger d’avoir limité la vente des vermouths turinois à la région seulement. Il décida alors de s’associer aux frères italiens Cora, dont la société fondée en 1835 exporta massivement du vermouth aux États-Unis pour une clientèle d’expatriés italiens. Afin de protéger le vermouth de Turin de potentielles copies, Carlo Alberto leur octroya les premières licences en 1840. C’est dans cette optique d’expansion internationale que la Distilleria Nazionale de Spirito de Vino fut fondée en 1849. En 1860, sous l’impulsion de son nouveau directeur Alessandro Martini, elle devint un acteur essentiel du marché mondial des vermouths. En 1865 (à Dublin) puis en 1867 (à Paris), son vermouth remporta ainsi plusieurs médailles et, en 1868, la société exporta ses premiers flacons aux États-Unis. En 1879, la société Martini devint Martini & Rossi, suite au départ de l’un des actionnaires. C’est ainsi finalement grâce à Martini & Rossi, mais aussi Cora, que le vermouth connut un incroyable développement aux États-Unis, en Grande Bretagne et en France.



Les vermouths Dolin séduisent les Américains
Vin & Co ... en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ...