Vin & Cie, en bonne compagnie et en toute liberté ...
Extension du domaine du vin ...
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... "
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Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.
Denis, le boss de la vieille dame permanentée qui se la joue un peu dévergondée en pelotant les loulous du vin nu, cette RVF un peu compassée, me surprendra toujours, de son passé, il a travaillé pour Capital de 1995 à 2000, il a gardé le goût des coulisses où se meuvent les grands caïmans du CAC 40, dès qu’il en a l’occasion il aime à se glisser dans les arcanes du pouvoir économique et financier. Jouissance extrême que d’aller ausculter les grandes et les petites manœuvres de François et de Bernard, le Pinault et l’Arnault, les deux duettistes du luxe, de l’art contemporain et, bien sûr, du vin. Pas n’importe quel vin, pas le vin du commun mais le nectar dont les ares et les centiares valent bien plus que le prix du caviar.
Longtemps, les meilleurs ennemis, se sont confrontés du côté des GCC bordelais, et puis, depuis quelques temps, les voilà qui se chatouillent du côté des fameuses ouvrées d’une Bourgogne qui se vivait vigneronne. Ces brassées de millions d’euros balancés sans vergogne, tels des billets de Monopoly, ça émeut, la Bourgogne profonde, les grands amateurs éclairés, les Lpviens et leur conducator, mais ça fait « bander » notre Denis.
Alors ça le démange, entre deux éditos où il fustige les ennemis du vin en faisant des piqures de rappel « Hier boisson quotidienne des ouvriers et des paysans, de la France populaire pour simplifier, le vin est devenu plus rare et raffiné. Nous buvons moins, mais nous buvons mieux qu’en 1970, et en 2017 un homme ou une femme doit être capable de parler des bouteilles qu’il ou elle choisit de servir ou d’offrir à ses proches. » notre Denis se lâche.
Le 17 mai de ce mois de mai du cinquantenaire des pavés de 68, délaissant Dany le rouge, n’y tenant plus, notre Denis se rua sur son clavier pour nous révéler Comment François Pinault a supplanté le Chinois Jack Ma pour racheter le Clos de Tart en Bourgogne.
Lui, il sait !
Que sait-il que nous sachions pas ?
Que l’offre d’achat du père François était moins élevée que celle du fondateur d’Alibaba. Tout milliardaire breton qu’il fut, face à nouveau riche chinois, Jack Ma, il ne pesait pas très lourd. Alors, pour ne pas trop faire dégonfler son portefeuille, le père Pinault a appliqué la bonne vieille méthode française : il a activé ses réseaux et, cerise sur le gâteau, joué sur la dimension patriotique du dossier.
C’est beau comme le capitalisme français !
Comment résisterais-je au plaisir que vous faire découvrir les révélations de Denis ?
Récit.
« Lorsqu’il pénètre ce jour-là dans la somptueuse salle du restaurant Le Cinq, l’une de ses tables fétiches à Paris, à deux pas des Champs Élysées, François Pinault n’avait jamais entendu parler du Clos de Tart. Nous sommes à l’été 2017 et le milliardaire breton vient déjeuner avec l’une de ses relations d’affaires. Justement, son invité est déjà là, qui discute de façon animée avec le directeur du restaurant, le sommelier et fin connaisseur Éric Beaumard. Pinault salue les deux hommes : « De quoi parliez-vous donc ? » « Du Clos de Tart Monsieur Pinault, la propriété est à vendre », répond Beaumard.
Le Clos de Tart ? Devant le sourcil interrogateur de François Pinault, Éric Beaumard se lance dans les explications. Propriété de la famille mâconnaise Mommessin depuis 1932, ce domaine d’un seul tenant de 7,53 hectares produit 30 000 bouteilles par an d’un vin rouge qui est le plus fameux de Morey Saint-Denis, dans la Côte de Nuits. Mais surtout, le Clos de Tart est à la fois un grand cru et un monopole. En clair, le domaine constitue une appellation à lui tout seul, ce qui est rarissime. C’est surtout l’exact pendant de l’autre clos fameux de l’appellation, le Clos des Lambrays, racheté en 2014 par le vieux rival du milliardaire breton, Bernard Arnault. « Et entre nous, Monsieur Pinault, des connaisseurs assurent que c’est encore meilleur que le Clos des Lambrays », ajoute, un brin malicieux, le directeur du Cinq.
Un monopole en Côte de Nuits, face au clos des Lambrays ? Bien que davantage porté sur les grands blancs bourguignons, Pinault est intrigué. Il faut dire que depuis 1993, il s’est constitué un joli portefeuille de domaines viticoles : outre le fabuleux château Latour à Pauillac, il est propriétaire de Vray Croix de Gay à Pomerol, du château Le Prieuré à Saint-Émilion, du domaine d'Eugénie en Bourgogne, de trois ouvrées (0,129 hectare) des rarissimes Bâtard et surtout Puligny-Montrachet, du très coté château-Grillet, autre « monopole » fameux de la vallée du Rhône et enfin du domaine Araujo en Californie. François Pinault a l’habitude de décider vite. Il sait aussi que plus son portefeuille de grands domaines sera étoffé, plus ses investissements seront valorisés. Deux jours plus tard, Frédéric Engerer, le tout puissant patron des domaines viticoles de la famille Pinault, appelle Éric Beaumard : « Éric, je me suis fait gronder par Monsieur Pinault. Il m’a demandé pourquoi je ne lui avais pas parlé plus tôt du Clos de Tart ! ».
Note de votre Taulier : il est fort ce Denis, nous faire imaginer le sourcil interrogateur du père François – c’est comme s’il y était le Saverot – et, le plus beau, comment nous faire accroire que l’arrogant Frédéric Engerer puisse s’être fait gronder par Monsieur Pinault. Eulala comme dirait ma copine Camille.
Bref, cliquez ICI pour tout savoir sur l’art et la manière de mettre la main sur le Clos de Tart.
Les réseaux sociaux regorgent d’opportunistes qui enfourchent tous les sujets tendance pour montrer qu’ils sont dans le coup ; en ce moment dans le marigot du vin c’est à qui fera des gammes sur le sans soufre en essayant de faire accroire que c’est le sésame de l’obtention du jaja pour bobo : le vin nu.
À mon arrivée à Paris la gastronomie italienne n’était guère mise en valeur, sauf dans quelques belles tables dans les beaux quartiers. Pizza et pasta à la chaîne, vins sans caractères, constituaient le gros de l’offre.
J’ai dû attendre mon premier voyage à Rome, où mon Ministre, le Rocard agricole, m’avait dépêché, pour amorcer la désescalade sur le dossier chaud des importations de vin, pour découvrir l’extrême richesse de la palette de la cuisine italienne.
Je suis tombé amoureux de l’Italie.
Et puis, à Paris, qui n’est pas le centre du monde, il y a une dizaine d’années, cette facette de l’Italie a eu enfin droit de cité. Pour moi elle prit le visage souriant et avenant d’Alessandra Pierini.
Alessandra Pierini, native de Gênes, venait d’ouvrir un restaurant RAPau 24 rue Rodier et une épicerie en face au 15 de la rue. Auparavant elle avait tenu, pendant 17 ans une épicerie « Pasta e Dolce » qui faisait restaurant à midi dans le quartier St Giniez à Marseille (8 arr.).
Le 9 février 2011, j’y déjeunais avec Alberto Toscano.
« La carte est courte : deux antipasti, deux primi, trois secondi et trois dolce mais offre un réel choix. C’est fin, frais, plein de saveurs préservées. De la vraie cuisine toute en finesse qui ravit et nourrit. Entre autres j’ai beaucoup aimé les Tagiolini in sugo di anatra al cedro (tagliolini, sauce de canard au cédrat), les Filetto di branzino, sugo di vogole e carciofi (filet de bar de ligne, jus de palourdes et artichauts) et la Pastieria napoletana con salsa di arancia rossa (pastieria napolitaine à l’orange sanguine). »
De découvertes en découvertes, la belle génoise me fit découvrir le vrai pesto alla genovese de Ligurie
Le 10 juillet 2012
« Le pesto est vraiment un plat original de la cuisine ligure, on pourrait même dire que c’est notre plat national. Il est composé d’ingrédients qui poussent ici, chez nous, et qui ne coûtait rien autrefois ; un plat de pauvres. Le nom de pesto provient de pestare, écraser, car autrefois on pilait les ingrédients dans un mortier en marbre… » ainsi s’exprime Larissa Bertonasco dans joli petit livre de recettes de sa grand-mère : La nonna La Cucina La vita. « Toute la Ligurie, écrit-elle embaume des senteurs de mon enfance. Mes souvenir sont mêlés à l’odeur de la mer et du bois, du romarin et de la sauge, de la naphtaline aussi, et de l’alcool rectifié. »
Alessandra fut mon guide, mon conseil, mon amie dans la découverte des merveilles de l’Italie. Grâce à elle j’ai exploré la superbe palette de ses fromages, j’ai découvert le lard de Colonatta et bien sûr j’ai pu enfin boire d’excellents vins nu italiens.
Ambassadrice de l’Italie, la génoise infatigable organisa à Paris, un concours du pesto au mortierplacé sous la haute autorité de l’Associazione Culturale dei Palatifini, initiateur du championnat à Gênes, avec la présence de Roberto Panizza, Président du Pesto Championship. Tout ça se déroulait, dans une ambiance résolument italienne et ligure, au Purgatoire, au 54 rue de Paradis (Paris, 10ème).
Ce fut un succès et les 1-2 juin prochains c’est la troisième édition du concours du pesto au mortier. Si ça vous dit vous pouvez vous inscrire. ICI
Mais notre Alessandra ne pouvait en rester là, elle vient de nous offrir, aux éditions de l’Épure : le pesto, dix façons de la préparer.
Dans sa préface, Alessandra nous parle de son pays :
« Je suis née à Gênes. Écrire sur le pesto, est pour moi un peu comme entreprendre un voyage sentimental, affirmer mes origines à travers une simple recette dont l’ingrédient principal embaume toute la Ligurie. Rochers, falaises, vagues, maisons couleur pastel et, à quelques pas, des collines qui parfois prennent l’aspect revêche des montagnes. À partir du bord de mer, des dizaines de sentiers, véritables chemin de muletier, qui montent jusqu’aux crêtes, délimités par-ci, par-là par des terrasses cachées par des buissons de myrte, thym, lentisque. Le vent et les flots sont impitoyables et ils fouettent une côte souvent si pauvre en appontages que, par le passé, les hommes ne pratiquaient que très peu la pêche. Dans cette merveilleuse terre encore inexplorée, écrin de biodiversité, où les montagnes se jettent dans la mer, la cuisine mélange et profite des saveurs de tous ces paysages.
Et Dieu créa le pesto… génois, per favore. »
Sans rouler des mécaniques je ne suis pas totalement manchot pour pilonner du pesto alla genovese ou du pesto rosso.
Alessandra a été élue par sa ville « ambassadrice de Gênes dans le monde »
Son épicerie à émigrée 4 rue Fléchier dans le 9e au flanc de l’église ND de Lorette.
Je vous livre brut de décoffrage, à vous de forger votre opinion, l'enquête sur la consommation d’alcool des Français et leur dépendance menée par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) auprès de quelque 200.000 Français, âgés de 18 à 64 ans.
Selon ses auteurs elle trahit le rapport dangereux des consommateurs à l'alcool, à rebours également des clichés sur la dépendance.
« Les relations dangereuses entre les jeunes français et l'alcool sont bien connues. On pourrait notamment citer les adeptes du célèbre binge drinking, dit aussi "cuite express", qui trahit un mode de consommation effréné. Mais selon une étude de très grande ampleur, présentée lors d'un colloque organisé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) les phénomènes de dépendance pourraient s'étendre bien au-delà de la jeunesse. »
« Les Français consomment trop d'alcool. 200.000 personnes entre 18 et 64 ans ont été interrogées dans cette enquête baptisée "Constances". Et ses résultats sont édifiants. : 36% des hommes de moins de 35 ans, soit plus d'un tiers des personnes masculines interrogés pour cette étude, ont un usage dit "à risque" de l'alcool. C'est-à-dire dangereux pour leur santé, ou sont même carrément dépendants. Chez les femmes du même âge, cette proportion est de 15%. À titre de comparaison, une maladie comme le diabète, jugée comme "la maladie du siècle", ne touche "que" 5% de la population. Avec l'alcool, les niveaux sont de loin très supérieurs. »
« Pour évaluer son niveau de consommation, l'Organisation mondiale de la santé a mis en place un test rapide qui, en dix questions, permet au consommateur de savoir si son rapport à l'alcool présente un risque faible ou dangereux de dépendance, ou s'il est complètement accro à l'alcool.
Les femmes cadres sup particulièrement touchées. Toujours selon cette étude, aucune catégorie sociale n'échappe au phénomène. Ainsi, contrairement aux idées reçues, les plus défavorisés, ouvriers ou artisans, ne sont pas plus accro que les ingénieurs ou les médecins. Chez les femmes, c'est même l'inverse ; les cadres sup qui ont une famille et un métier prenant sont particulièrement vulnérables. "Vous êtes seules dans votre cuisine, et vous vous dites que la journée à été dure, quelque part c'est une récompense, une façon de décompresser de la journée de travail, de la maison à gérer avec les courses à faire", rapporte Sophia, une cadre commerciale dans l'industrie pharmaceutique, qui a elle aussi souffert d'un problème d'addiction. »
« La bouteille comme exutoire. Aucun métier ne protège de l'alcool. L'étude "Constances" montre que la surconsommation vaut pour tous les secteurs : l'administration comme l'industrie, mais les métiers du commerce, des services à la personne ou encore de l'éducation restent particulièrement touchés. Soit tous les métiers en contact avec du public - élèves, clients ou malades -, ce qui peut être un facteur de stress. "Il m'est arrivé d'avoir des gardes particulièrement lourdes, avec des patients qui décèdent, avec des familles qui, tout d'un coup, tombent de l'armoire. Je rentrais le dimanche soir en me disant : heureusement qu'il y a la bouteille de whisky à la maison", rapporte Florence, une infirmière a qui l'alcool a servi d'exutoire. "Je n'arrivais pas à penser à autre chose, à me concentrer sur un film à la télévision ou un livre", raconte-t-elle. "Un premier, un deuxième, un troisième verre de whisky… On commence à souffler. Ça donne un sentiment d'exister", conclut-elle. »
Quel est votre niveau de dépendance à l'alcool ? Faites le test ICI
Entrée de Maubeuge, côté rue de Mons. Ces panneaux -âgés- n'existent plus (Photos: Marc Verney, sept. 2006).
En 1962, l’année de mes 14 ans, au beau milieu des yéyés Bourvil nous serinait, de son air le plus benet :
Tout ça n'vaut pas
Un clair de lune à Maubeuge
Tout ça n'vaut pas
Le doux soleil de Tourcoing (Coin-coin ! oh je vous en prie)
Tout ça n'vaut pas
Une croisière sur la Meuse
Tout ça n'vaut pas des vacances au Kremlin-Bicêtre
Cette œuvre impérissable avait pour auteur un chauffeur de taxi : « Pierre Perrin (1925-1985), reprise aussi par Fernand Raynaud, Annie Cordy... a également inspiré un film de Jean Chérasse, avec Sylvie Vartan à ses débuts. Elle est également reprise dans Bienvenue chez les Ch’ti, de Dany Boon. Il est devenu millionnaire avec cette chanson. Il y a une inscription : « À Maubeuge, reconnaissante. »
Et pourtant, alors que la France se gondolait, et se gondole encore plus de 50 ans après, « Maubeuge croupit dans la honte, une honte cousine de province qu’une moquerie lancée à la cantonade a complexée à jamais »
C’est Vincent Noyoux qui l’écrit dans son Tour de France des villes incomprises.
Il a pris le train pour s’y rendre, même s’il doutait « Maubeuge est une rue de Paris et une chanson de Bourvil. Il paraît que c’est aussi une ville. »
Il l’exécute sans pitié « Son nom n’est guère engageant. Maubeuge, ça pèse des tonnes, c’est lourd et collant comme de la glaise, traînant et plaintif comme le mugissement d’une vache, ça sent l’étable et le fumier. »
Détail : la vache meugle !
Sur place, avec le crachin qui l’accompagne jusqu’à son hôtel, il explore la ville.
« L’habitat se résume à des immeubles en brique rouge, qui évoquent de grosses boîtes à chaussures qu’on a posées debout ou à plat. La brique n’a pas la belle patine des villes de Flandre, elle est récente. C’est que Maubeuge est une ville d’après-guerre. Les Allemands l’ont généreusement bombardée en mai 1940 – son centre-ville a été détruit à plus de 90%. On a confié à l’architecte André Lurçat, frère du célèbre artiste tapissier Jean Lurçat, le soin de rebâtir. Communiste convaincu, Lurçat a tenu à effacer les inégalités sociales en logeant tout le monde à la même enseigne : le Maubeugeois habitera un appartement fonctionnel dans un bâtiment de taille moyenne. Un programme gai comme une virée en RDA. »
« Si l’on aime l’architecture fonctionnaliste ou le Bauhaus, on doit aimer Maubeuge. »
« Hélas tel n’est pas le cas des habitants, qui ne goûtent guère l’élégance du béton armé. Les autorités municipales s’en désolent : « Lurçat n’a pas été compris. » Elles aimeraient que les habitants cessent de prendre du gris pour de la grisaille. »
Vincent Noyoux, avec pertinence « Mais une ville est-elle vraiment réussie lorsqu’il faut l’expliquer à ses habitants ? »
Tout le problème est là avec les communistes qui ont voulu faire le bonheur des gens à leur place…
Je ne suis pas fan du poireau, sauf dans le pot-au-feu et la soupe, pour le vert ajouté au bouillon, c’est le legs de ma jeunesse où la « porée » en patois, prononcer « poraille », tout comme le choux fourrager, la soupe de citrouille, m’apparaissaient comme la quintessence d’une alimentation de péquenots.
À la maison on se moquait de moi, on disait que je faisais le délicat, j’encaissais et je résistais, mémé Marie me soutenait, je me forgeais une âme de bon vivant loin des visages pâles des vegan.
Le Figaro, qui ne recule devant aucun jeu de mots lourdingue, se vante de jouer « les Hercule Poirot* du poireau, un territoire abandonné pour l'heure par les foodistas et les blogueurs. »
* Le mien, obsédé de l'imparfait du subjonctif, m'a enfin lâché la grappe, j'en suis bien aise.
Il fait genre (le Figaro) se la pète grave, fume un peu la moquette, pour nous tartiner du jargon post-moderne :
« Une alliance symbiotique qui traverse les décennies. Le poireau-vinaigrette constitue un marqueur fort de la bistrote, au même titre que les carottes râpées, le céleri rémoulade ou l'œuf mayo.
Il a une facette un peu rétro façon Ginette Mathiot mais ce ne sont pas les addicts du vintage qui s'en plaindront. »
Ça va faire bander les veggies.
Plat ménager quel en est le secret ?
La qualité du poireau d’abord, le poireau-crayon, jeune et tendre, est le plus adapté.
La sauce ensuite, là c’est au bonheur de chacun, quelle huile, quel vinaigre, quels condiments supplémentaires ?
Pour Christian Constant, le vainqueur : «Le poireau vinaigrette ne doit pas passer au frigo !»
Sa recette :
« Elle est toute simple! Je fais bouillir les poireaux 7-8 minutes dans de l'eau légèrement salée. Puis je les rafraîchis, je les égoutte et je les presse, pour qu'ils ne soient pas aqueux. Je réalise ensuite une vinaigrette avec du sel, du poivre, de l'huile d'arachide, une bonne moutarde de Dijon, du vinaigre de vin vieux, de l'échalote et des herbes fraîches concassées: cerfeuil, ciboulette, estragon et un peu de persil. Je les parsème ensuite d'œufs durs cuits le matin, hachés grossièrement comme les herbes, avant de rajouter quelques petits croûtons, de la fleur de sel de Guérande et du piment d'Espelette… Pour réveiller le poireau qui se serait endormi! »
Quels poireaux ?
Je choisis des poireaux crayon, petits et jeunes, qui viennent de la Manche et que je paye 2 € le kilo chez Harry Cover à Rungis, mon marchand de légumes de toujours. Il a aussi une boutique pour les particuliers rue de Grenelle (VIIe).
Comment les faire chez soi?
Le secret, c'est que les poireaux ne voient jamais le frigo. Cela permet de garder leur petit goût sucré. Nous les cuisons vers 11 heures pour le service du déjeuner et les servons tempérés. Il ne faut pas les manger trop chauds. À la maison, vous pouvez aussi les cuire à la vapeur. Attention à bien enlever la terre et les nettoyer: ôter la barbe et la première peau.
Est-ce une recette saisonnière?
Tout à fait. Je ne les propose qu'en avril et mai. Là, ils sont à la carte pendant tout le mois de mai, en suggestion du jour au déjeuner, au tarif de 8 €. Après, nous aurons la macédoine, puis le melon, les tomates… Tous les mois, je mets en valeur un produit saisonnier bon marché.
Un truc de vieux
Énormément! Essentiellement auprès d'une clientèle un peu plus âgée.
La Méthode du Figaro
Les plats sélectionnés ont été dégustés de façon anonyme par les journalistes de la rubrique «Restaurants» dans les deux semaines qui ont précédé la parution. Ils ont été notés en temps réel selon une grille de lecture préétablie.
Critères retenus.
4 parmi ceux qui nous semblaient les plus pertinents, en leur accordant des valeurs différentes par souci de cohérence.
la présentation de l'assiette sur 4 points (elle contribue à la mise en appétit!),
les poireaux sur 6 points (fraîcheur, saveur, température et tendreté),
la sauce et l'accompagnement sur 5 points avec prime aux adresses qui travaillent leur vinaigrette et ajoutent une petite touche gourmande (œuf mimosa, ravigote d'herbes...)
et enfin, sous un même critère, le lieu et le rapport qualité-prix sur 5 points. Ce dernier vient pondérer les trois précédents puisque les tarifs allaient de 3,50€ à 13€ dans notre échantillon. Des écarts suffisamment significatifs pour les prendre en compte.
Pour les petits loups et petites louves ignares quelques mots sur les gémellités évoquées en titre :
Félix Roux et Jean Combaluzier, « tous deux issus des Arts et Métiers d'Aix en Provence, fondent leur société en 1876. Ils se lancent dans le secteur de l'ascenseur, qui commence à peine à se développer sous l'impulsion de l'américain Otis, du français Edoux (à l'origine d'Ascinter avec Baudet-Donon-Roussel) et du suisse Schindler.
Roux-Combaluzier participe ainsi à l'équipement de la tour Eiffel en 1889 et développent le premier ascenseur électrique en 1885-92 (gare du Nord par exemple). Leur siège est d'abord localisé avenue Mac Mahon à Paris, puis 18-24, rue Tiphaine dans le 15° arrondissement.
Combaluzier, l'inventeur de l'équipe, meurt en 1901. Roux prend sa retraite un an plus tard. L'entreprise redémarre en 1905, reprise par Paul Guinet (ancien administrateur de la société d'origine) et les banquiers Vernes et Sigros, qui accélèrent le développement de l'entreprise. Arrive alors la période de conception et commercialisation des ascenseurs à grande-vitesse (> 2m/s), surs (brevet du parachute en 1928) et en batteries multiples, avec quelques beaux exemples demise en oeuvre dans le métro de Paris, à l'Arc de Triomphe de l'Etoile ou au siège d’EDF. »
En 1969, Roux-Combaluzier est repris par son concurrent suisse Schindler - 2e constructeur mondial - pour former RCS en France. En 1992, RCS devient une holding et reprend le nom de Schindler SA.
Boileau&Narcejac
« … est la signature commune de Pierre Boileau (1906-1989) et Pierre Ayraud, dit Thomas Narcejac (1908-1998), écrivains français de romans policiers.
En 1948, Pierre Boileau fait la connaissance de Thomas Narcejac à l'occasion du dîner en l'honneur de Narcejac qui vient de remporter le prix du roman d'aventures pour "La mort est du voyage". Pierre Boileau a lui-même reçu la même distinction dix ans plus tôt pour "Le Repos de Bacchus".
Dès ce jour, ils conviennent d'écrire ensemble "quelque chose de différent". C'est le début de leur association. Une première tentative de renouveler le genre policier paraît en 1951 avec "L'Ombre et la Proie" sous le pseudonyme d'Alain Bouccarèje (anagramme de Boileau-Narcejac). Puis, le tandem publie, sous le pseudonyme Boileau-Narcejac, "Celle qui n'était plus" (1952), un roman qui assoit leur notoriété sur le plan international.
Boileau et Narcejac ont publié sous leur double signature de nombreux romans dont la plupart ont été portés à l'écran : "Les Diaboliques" (Clouzot, 1955), d'après le roman "Celle qui n'était plus" (1952), avec Simone Signoret, "Sueurs froides" (Hitchcock, 1958), d'après le roman "D'entre les morts" (1954), avec James Stewart et Kim Novak, "Maldonne" (Sergio Gobbi, 1969), etc.
Ils ont remporté en 1965 le Prix de l'humour noir avec "Et mon tout est un homme".
Boileau-Narcejac écrivent concurremment pour le cinéma, la radio et la télévision. Ils assurent la critique des livres policiers au Nouvel Économiste et aux Nouvelles littéraires.
Fans depuis toujours d'Arsène Lupin, ils ont résolu de donner suite aux aventures du légendaire héros de Maurice Leblanc. "Le Secret d'Eunerville", premier ouvrage de la série, a obtenu, en 1973, le Prix Mystère de la critique.
Ils se lancent aussi dans la littérature d'enfance et de jeunesse avec la série des "Sans Atout" qui relate les aventures d'un jeune garçon détective amateur.
Leur fructueuse collaboration prend fin en 1989 par le décès de Pierre Boileau. Thomas Narcejac continue un temps seul, avant de mourir en 1998.
Lagarde&Michard
« Je débarquais dans ce happening permanent, où ce pauvre Lagarde, le coéquipier de Michard, connu de tous les potaches de France et de Navarre pour ses manuels de littérature, tête de turc n°1, harcelé, bousculé lors d’un concours blanc, débordé, s’écroule victime d’une crise cardiaque dans l’indifférence générale. La Cause du Peuple, le grand organe révolutionnaire, osera écrire « Lagarde meurt mais ne se rend pas ; en l’occurrence l’imbécile réactionnaire pique sa crise cardiaque. Et, alors que l’administration, les réformistes et les révisos s’empressent autour de la sommité académique à terre, le camp antiautoritaire continue son action ; pourquoi s’arrêter pour une autorité académique ? Peu nous importe le sort d’un pauvre type, du moment qu’il cesse de répandre ses insanités ! » Ce n’est pas du karcher mais du lance-flammes. Féroces les tigres de papier, adeptes de l’eugénisme « intellectuel », ils règnent sans partage sur « Base Grand ». Tout le monde s’écrase, le proviseur et le censeur sont aux abonnés absents, les surgés ne voient et n’entendent rien, alors les insurgés s’enhardissent, libèrent le « jardin privé » du proviseur, le portrait du Grand Timonier orne le monument aux morts. »
Avant de m’aventurer au pays du cochon, où tout est bon, quelques précisions afin que je ne vous égarasse pas :
J’estime que Dom pour le sieur Derain ça colle bien à son côté chanoine jovial – Michel Rocard chez les scouts était hamster jovial – et gourmand. En plus, ça le place aux côtés d’une star incontestée des bulles Dom Pérignon.
« un esprit sain dans un porc sain » n’est pas un extrait de ma plume mais une saillie qui a jailli de celle d’un bon vivant, Jacky Durand, grand voyageur amoureux de la cuisine de nos terroirs.
En ma vieille Vendée, les hommes, sur le coup des huit neuf heures, déjeunaient. Levés tôt ils devaient redonner du carburant à leurs corps. Souvenir, alors que je lichais mon cacao Poulain, de les voir engranger des tranches épaisses de lard.
Le sieur Derain perpétue cette tradition paysanne, en bon bourguignon – où tout n’est pas bon contrairement au cochon – en proposant aux petites louves et petits loups urbains, au petit matin, avant de faire goûter sa came, de se pourlécher les babines en dégustant, sur un bout de pain frais, une belle tranche de jambon persillé. Le tout arrosé de son fameux « Allez goûtons »
Faut les voir ces habitués du bol de pétales de maïs bio se presser devant la sainte table de Dom Derain, ils frétillent comme des alevins affamés, se poussent du col pour recevoir la becquée, roulent des yeux émerveillés comme s’ils venaient de communier sous les deux espèces. Extase, épectase, rite d’initiation…
L’érection de cette chronique a surgi, dans ce qu’il me reste de neurones, sur mon balcon alors que je consultais la bible de Jacky DurandVoyage amoureux dans la cuisine des terroirs.
Qui vis-je sous le chapitre « un esprit sain dans un porc sain » ?
Que cet explorateur de saveurs s’était aventuré, « un matin gris et froid de février » dans le laboratoire de la Triperie Dijonnaise qui « embaume la cochonnaille et le bouquet garni mijotant au long cours. »
Il y fut accueilli par Frédéric et Jean-François son prédécesseur et ancien propriétaire de la Triperie Dijonnaise jusqu’en 2009.
Celui-ci, à la retraite comme votre serviteur, fut « le gardien du temple du jambon persillé. » Pas encore « franchement rangé des jambons » il reste le « maître-étalon du goût du jambon persillé »
Sa recette à plus d’un demi-siècle, il l’a recueilli lors de son apprentissage à Vitteaux.
Pour le sieur Durand, « dans la catégorie charcuterie, on mise souvent sur le jambon persillé pour se rencarde sur le quidam qui l’a fabriqué et juger ainsi s’il s’agit d’un orfèvre de la chose porcine, ou au contraire un gâte-sauce massacreur de gorets. »
Alors je me suis dit que plutôt que d’escalader par la face nord ce monument de la gastronomie bourguignonne j’allais me contenter, comme le père Pinay de Saint-Chamond, d’emprunter à Jacky Durand quelques glanes de son immersion dans le laboratoire de la Triperie Dijonnaise.
Il me le pardonnera, nous sommes amis sur Face de Bouc.
« Ce matin, à 4 h 30, il a démarré (Frédéric) la cuisson de ses viandes dans une imposante chaudière. Il y a là pas loin d’un quintal de cochon mitonnant doucement depuis quatre heures avec thym, laurier, épices et poireaux, pour faire le jambon persillé, mais aussi… »
« Pour le persillé, il faut du jambon bien sûr, mais pas seulement, « car ce serait trop sec », expliquent en chœur le deux charcutier qui ajoutent de l’épaule de porc. »
« Des tréfonds de la chaudière, Frédéric retire délicatement les morceaux de viande avec une large écumoire pour les poser sur le plan de travail où il va ensuite les débarrasser minutieusement du gras et de la couenne qui feront « la colle » du jambon persillé, puisqu’il n’est ici nullement question de pied-de-veau, de gélatine ou autre gelée industrielle pour assurer la cohésion du jambon persillé, petite merveille d’autarcie charcutière puisque rien ne se perd, mais tout se récupère dans le cochon. »
« Il n’est pas loin de 10 heures. La confection du jambon persillé exige du temps… »
« Frédéric a fini de préparer ses viandes pour le jambon persillé. Dans un grand bac de fer-blanc, il remue délicatement à pleines mains, à la recherche d’un petit os qui aurait échappé à sa vigilance et qui ferait désordre dans le résultat final. »
« C’est un métier difficile, il faut beaucoup d’heures. Et puis la charcuterie n’est pas une science exacte, un rien peut changer les choses » (…) poursuit Frédéric en ajoutant un hachis d’ail, d’échalote, de persil, de l’aligoté et du vinaigre de vin rouge aux morceaux d’épaule et de jambon qu’il mélange doucement. »
« Jean-François goûte le résultat. Silence. « Il faut que tu rajoutes su vin blanc et du vinaigre », souffle-t-il. »
« Frédéric pose sur la table des moules à jambon, sortes de gros blocs métalliques dans lesquels il va assemble ses persillés. D’abord, en tapissant le fond avec de la couenne. Puis, il trempe chaque morceau de viande dans la colle chaude avant de les agencer minutieusement dans les moules. « Il faut tous les poser dans le même sens pour donner un bel aspect au jambon persillé »
« Midi approche, les jambons persillés sont presque achevés. Le charcutier va les oublier, un peu, dans la chambre froide : « C’est comme les autres charcuteries, il faut attendre trois, quatre jours pour qu’elles renforcent leurs goûts. »
Voilà, c’est dit, « Allez goûtons ! »
Pour la chute, Derain bien sûr, sachez que le jambon persillé du Dom Derain est l'oeuvre de la maison Moron à Pommard et comme le fait remarquer avec malice Dominique c'est le jambon persillé de la maisonMoron qui a fait la réputation de ce petit village de Pommard qui, accessoirement produit aussi du vin.
Moi mon Allez Goûtons je le puise, bien sûr, à ICI MÊME
« Le dictionnaire n’accepte pas le chanoine Kir au chapitre des noms propres ? Il en force la porte au chapitre des noms commun. »
La dernière soutane au Palais Bourbon (1945-1967) : élu pendant 22 ans au suffrage universel direct.
« Allez au Sénat ?
Pourquoi pas dans une maison de vieux ? »
Entre en politique à 69 ans.
À méditer par le sénateur Mélanchon (1986-2010) entré au Sénat à 35 ans au scrutin indirect de liste : 24 ans de mandat.
La soutane : « Client d’un magasin dijonnais à l’enseigne du Pauvre Diable, le chanoine Kir fait couper sa soutane dans du bon drap. Imaginez Don Camillo en civil… Le chanoine Kir c’est une silhouette inoubliable. Assez courte, la soutane laisse apparaître les bottines qui montent haut jusqu’au mollet. Ajoutez le béret, en bataille sur les mèches folles de sa tête, ou tournoyant au bout de son index pointé en l’air les jours de manifestations populaires. »
« Bon Dieu, si je n’avais pas ma soutane ! » s’exclame-t-il quand les enfants du club de gymnastique Les Marsouins de la Bèze quad ils ne parviennent pas à faire un mouvement.
Né dans l’AUXOIS « cette terre de bœufs d’embouche dont les taches blanches fleurissent le paysage uniformément vert, peuplé de fourrés, d’arbres et de haies vives. »
« Un enfant au caractère affirmé et à l’intelligence vive. »
« Si vous croyez qu’il est facile de mettre un Bourguignon dans une bouteille, et de poser un bouchon dessus, venez donc faire l’essai ici ! »
Le supérieur du grand séminaire de Dijon.
« … il montre un tempérament quelque peu vaniteux, hâbleur. Il doit à tout prix se distinguer des autres. »
« Aimez-vous le chant grégorien ?
Je préfère le Chambertin.
« Il incarne même toute la Résistance, lui qui n’a jamais pris part à un réseau, à un groupement. Il est un héros spontané. Il se fera photographier un peu plus tard sur un char et ce cliché sera reproduit d’élection en élection : le chanoine Kir libérant Dijon ! »
« À tout le monde il répète : je m’occupe de votre affaire. »
« En septembre 1945 il est élu conseiller général du canton à droite toute de Dijon-Ouest avec 60% des suffrages exprimés. Et le 21 octobre il devient député de la Côte-d’Or, les Indépendants remportant 48,5% des suffrages exprimés. »
« Maire de Dijon, le chanoine Kir sera réélu en 1947, en 1953, en 1959 et en 1965. »
En 65 il a 89 ans.
« Son coffre de voiture est bourré de bouteilles de vin. Il distribue les saluts, interpelle les cantonniers et leur apprend qu’il a aussi cassé des cailloux… »
« Au Palais Bourbon, le chanoine Kir sera longtemps une figure dont les interventions vident plus sûrement la buvette qu’un débat budgétaire. »
« Khrouchtchev ! dit-il, un homme très délicat, très intelligent, et humain, et spiritualiste… »
« Le général de Gaulle, président de la République française, est en visite à Dijon. Tout le monde se retrouve devant le monument aux morts. Le chanoine Kir juge trop longue la cérémonie de celui qu’il nomme « le grand pistolet ». Il s’en va. On se précipite à la portière de sa voiture pour lui rappeler que le général de Gaulle doit obligatoirement quitter les lieux le premier. « Je m’en fiche, dit-il en faisant claquer la portière. Il a de grandes jambes, il nous rattrapera. »
« L’habileté du chanoine Kir face au corps électoral s’apparente au charme du fascinateur. Rencontre miraculeuse et républicaine d’un homme et d’un peuple, d’une manière de grand homme pour un petit peuple. Rencontre exceptionnelle de deux tempéraments, le collectif et l’individuel, ne pouvant se détacher l’un de l’autre par la force des choses, la nostalgie du passé, les lois de l’habitude et la crainte confuse du lendemain. Le chanoine incarne si bien le Bourguignon que ce dernier éprouve l’impression grisante de se plébisciter lui-même en accordant largement ses suffrages au chanoine. L’élu ne transcende pas les aspirations d’une population, il les incarne, tout bonnement, en chair, en jovialité, en pure simplicité. »
Citations du chanoine Kir sans garantie de véracité.
« Si je ne me suis pas marié, c’est pour ne pas être cocu comme toi. »
« Ton Bon Dieu, tu nous en parles tout le temps, mais après tout on ne l’a jamais vu ! »
Et mon cul, tu ne l’a jamais vu. Et pourtant il existe ! »
« D’ailleurs, avec une gueule comme la tienne, on ne parle pas : on pète ! »
« Si je pardonne quelquefois, je n’oublie jamais. »
Pour en finir avec le chanoine Kir rappelons que le KIR a fait son entrée dans le Petit Larousse en 1976. Le chanoine était mort en 1968. Consécration rapide. Peut-on citer un autre nom propre devenu un nom commun en France depuis quelques dizaines d’années ? »
« Pas plus qu’Amerigo Vespucci n’a inventé l’Amérique, le chanoine Kir n’a inventé le blanc-cassis. L’invention est à coup sûr bourguignonne, dijonnaise ou proche de la cité des ducs. »
Alors qui, quand et pourquoi la paternité en a été attribué à un drôle de curé ?
Les réponses dans :
Le chanoine Kir
La vie fantastique d’un homme politique en soutane
Georges JOUIN s'entretient avec Le chanoine KIR dans une salle de la mairie de Dijon. Ce dernier évoque son âge, 86 ans, le développement de la population dijonnaise ainsi que les transformation...
FÉLIX KIR (1876-1968), LE CHANOINE « RINCE-COCHON »
« Trinquer est un plaisir fort sage qu’aujourd’hui on traite d’abus… »
Béranger
Inclassable personnage que ce chanoine dijonnais au verbe rabelaisien : homme politique atypique, ecclésiastique controversé, éponyme d’un célèbre apéritif sans en être vraiment l’inventeur…
Quand j’étais invité tout gamin aux noces, en ma Vendée arriérée, traduire à un mariage de cousins,certains pouvaient se dérouler sur 3 journées, ce fut le cas de celui de mes parents à Célinière mais comme vous vous en doutez je n’y assistai pas, les libations se passaient dans la grange de la métairie aux murs tendus de draps blancs piquetés de fleurs en papier, on tuait le veau gras, on buvait sec, on faisait des fournées de 4/4, on dansait, mon rêve était d’accompagner, au petit matin les derniers fêtards, qui iraient porter la soupe à l’oignon aux nouveaux mariés.
Je n’y suis jamais allé car, en dépit de mes efforts de résistance, je sombrais dans le sommeil bien avant le petit matin ; je n’avais aucun regret car, si j’étais resté éveillé nul n’aurait songé à m’y amener, pensez-donc le spectacle d’un homme et d’une femme dans un lit, qui plus est venant théoriquement de faire la chose pour la première fois, n’était pas un spectacle pour un enfant.
J’ai longtemps cru que c’était une coutume de péquenots, je me trompais lourdement car la soupe à l’oignon est une tradition intimement liée au mariage.
C’est une tradition vieille de plusieurs siècles
« L’origine de la soupe à l’oignon remonte au 17ème siècle par le roi Louis XV qui était pris d’une fringale nocturne et n’avait à sa portée que des oignons, du champagne et du beurre comme seuls ingrédients. La recette de la soupe à l’oignon serait ainsi née. D’autres versions attribuent la soupe à l’oignon au roi Louis XIV.
La tradition veut que, à la fin des festivités du mariage, les nouveaux époux se retirent dans un endroit secret. Les invités partent alors à la recherche des jeunes mariés dans la nuit pour leur offrir une soupe à l’oignon servie dans un pot de chambre.
Dans ce que j’ai entendu raconter de ces soupes à l’oignon deux éléments comptaient beaucoup pour les participants : le secret du lieu où étaient couchés les mariés, seul un des participants était dans le secret afin d’éviter que la chasse aux mariés tourne au désastre ; le second ingrédient étant bien évidemment la confection de la soupe à l’oignon.
Pour les petites louves et les petits loups qui ne savent plus si on écrit oignon ou ognon il faut bien entendu des oignons pour faire la soupe à l’oignon.
Compter un gros oignon par personne. Pour quatre personnes, prévoir 25 cl de vin blanc, 50 g de beurre, 6 tranches de pain de mie et 100 g de fromage. Prévoir également 1 litre d’eau, 1 cuillère à soupe de farine, 1 cuillère à soupe d’huile, un peu de poivre et sel.
La préparation de la soupe ne présentant aucune difficulté pour une fois les mâles, en général avinés, s’y collaient pour le plus grand plaisir de leurs moitiés qui, chaque jour que Dieu faisait, se coltinaient la préparation des repas.
Dans un grand faitout les mecs commençaient par émincer les oignons pour les faire revenir dans le beurre salé, nous sommes en Vendée, préalablement fondu sur un feu doux. Lorsque les oignons commençaient à dorer, ils ajoutaient 2 cuillères à soupe d’eau et laissaient cuire pendant un quart d’heure. Une fois les oignons cuits, ils ajoutaient la farine pour bien enrober les oignons. Rajoutaient ensuite de l’eau chaude et le vin blanc, sel, poivre, couvrir la préparation et laisser bouillir, toujours à petit feu.
Pendant ce temps ils faisaient griller des rôtis de pain rassis qui seraient placées au fond du pot de chambre.
Pour les mariés, la soupe à l’oignon n’était pas gratinée, trop compliqué.
Les conteurs, à l’époque ils étaient nombreux, à la veillée se faisaient un plaisir de nous narrer, avec force de détails sur la tenue de la mariée, les soupes à l’oignon disons les plus gratinées. Bien évidemment, ils en rajoutaient des louches.
CAMILLE LABRO dans le Monde du 27.04.2018 a fait remonter en moi ces souvenirs d’enfance en donnant la recette de la soupe à l’oignon de Carlo Petrini
« Manger une soupe à l’oignon est la première chose que je fais quand je viens à Paris. C’est un rituel personnel incontournable depuis cinquante ans. Je vais généralement Au Pied de cochon, le restaurant ouvert 24 heures sur 24 près des Halles, par habitude, et parce que leur soupe est impeccable. Historiquement, c’est le plat des travailleurs des Halles au XIXe siècle, le mets fonctionnel par excellence. Pour moi, c’est aussi beaucoup plus que ça.
J’avais 19 ans la première fois que je suis venu à Paris. Je suis arrivé en stop depuis ma province piémontaise. C’était en août 1968, trois mois après les émeutes. La rive gauche était en ébullition, il y avait des réunions, des discussions partout, de la musique, une ambiance surchauffée. J’étais fasciné et habité de la même rage, je comprenais leurs combats. Découvrir Paris ainsi, quand on est étudiant, c’est un privilège. Je n’avais pas un sou en poche, je dormais dans une auberge de jeunesse, je me nourrissais de hot-dogs, et, parfois, vers 4 ou 5 heures du matin, j’allais déambuler et manger une soupe à l’oignon aux Halles. »
[…]
La soupe à l’oignon est emblématique de toutes les soupes du monde, du concept même de soupe, qui associe un bouillon (généralement à base de légumes) à des pâtes, du pain (souvent rassis) ou une autre céréale. Le pain sec retrouve la vie dans le bouillon… C’est un plat qui utilise les restes, parfois même les épluchures, un modèle de modération alimentaire, d’antigaspillage. Mais aussi un symbole de la civilisation agricole et de la démocratie : les potages nourrissent les plus humbles comme les plus aisés, dans tous les pays du monde. »
« … tout le groupe de quatre, cinq, six ou sept personnes poussa jusqu’aux Halles pour déguster une soupe à l’oignon au Pied de Cochon, un restaurant bondé d’habitués à une, deux ou trois heures du matin, où les soi-disant artistes raffinés et les noctambules qui faisaient la fête se retrouvaient à la même table pendant que les prostituées du quartier prenaient des ballons de rouge au bar, à côté des bouchers dans leur blouse et leur tablier taché de sang, un mélange de différences si radicales et d’improbable harmonie que Ferguson de demandait si une telle scène pouvait se produire ailleurs dans le monde. »
Votre taulier, tout cassé, n’est pas homme à emprunter les voies ordinaires, à vous tartiner des phrases et des phrases pour vous vanter les mérites de la gariguette de Plougastel, qui n’est plus ce qu’était la bonne vieille fraise de la fameuse ceinture dorée, mais d’une fraise bien plus rare, plus urbaine, aujourd’hui disparue,la fraise de Staten Island.
Avant d’étaler ma science toute fraîche, afin de ne pas vexer mes amis bretons, qui sont fort susceptibles, juste quelques mots sur la fraise de Plougastel qui n’est pas française. De son petit nom latin « Fragrum » qui veut dire « Parfum », ce fruit fut découvert par Jacques Cartier, explorateur et découvreur du Canada. Au 16ème siècle, ce malouin fait de Plougastel dans le Finistère Nord (29), la terre pionnière de la fraise « Fragaria Vesca ».
La « Fragaria Chiloensis » surnommée « la blanche du Chili » vient, comme son nom l’indique, du Chili. Amédée Frézier, officier de la marine de Louis XIV, ramène ce spécimen d’une mission d’espionnage en 1714. Ces plants sont ensuite destinés à être plantés au jardin Royal de Paris et au jardin Botanique à Brest. Aujourd’hui, c’est cette variété que nous retrouvons dans nos assiettes.
Staten Island est une îleet l'un des cinq arrondissements (en anglais : borough) de la ville de New York (les quatre autres étant Manhattan, Brooklyn, Queens et le Bronx).
Vous n'aviez peut-être jamais entendu parler du dernier borough de la liste ? C'est normal. Staten Island a toujours été ainsi. Différent. À la marge. Oublié.
L'île n'attire pas grand monde, hormis ses propres habitants. Quand le ciel est bleu, ils sont rejoints par quelques touristes, qui profitent de la traversée gratuite en ferry, à travers la baie, où le fleuve Hudson se jette dans l'océan Atlantique, pour se prendre en photo devant la statue de la Liberté, visible au loin. A peine le bateau a-t-il accosté à Staten Island que la plupart des passagers se précipitent sur le quai afin d'emprunter le ferry suivant: vite, vite, il faut retourner à Manhattan. La grande ville. Le « vrai New York », comme ils disent. Staten Island est l'arrondissement le moins urbain de la ville de New York.
Manhattan?
Déjà vu!
Brooklyn?
Un attrape-bobos!
À New York, la prochaine fois, offrez-vous une visite à Staten Island, un quartier qui n'est pas encore à la mode, mais qui le sera bientôt. Le ferry part toutes les trente minutes du sud de Manhattan. Sur place, il est recommandé de se déplacer en bus ou en voiture: l'île est plus étendue que Manhattan! Cédez au charme et partez le nez au vent, ou promenez-vous dans le Silver Lake Park : le plan d'eau est magnifique et vous découvrirez, en prime, un terrain de golf de 18 trous.
Appelez un taxi et filez vers le quartier chic de Todt Hill, plus au sud. Le long de Four Corners Road, en particulier, vous découvrirez que des New-Yorkais fortunés habitent un manoir des années 1930, niché au fond d'un vaste jardin. Un peu de culture ? L'Every Thing Goes Book Cafe (208 Bay Street, Tompkinsville), géré par une coopérative, propose des livres d'occasion. Ne partez pas sans manger les meilleures pizzas de New York: les restaurants italiens sont légion. Toutes les adresses utiles sur www.visit.statenisland.com
Comme promis un retour en arrière surles fraises de Staten Island, en 1956, sous la plume du fameux Joseph Mitchell chroniqueur au New Yorker.
« La population de Sandy Ground était bien plus importante qu’aujourd’hui, et les maisons étaient encore récentes et bien plus jolies. Chaque famille était propriétaire de la maison dans laquelle elle vivait, et chacune possédait aussi un lopin de terre. Pas grand-chose, un demi-hectare en général, parfois un peu plus, en tout cas pas plus d’un hectare et demi […] Et ils en tiraient le maximum de ces terrains, chaque centimètre carré comptait. Ils élevaient des cochons et des poules, ils avaient une vache, des arbres fruitiers, de la vigne, et toujours un jardin potager. Ils plantaient des choses qui venaient du Sud, des haricots beurre, des gombos, des patates douces, de la moutarde brune, du chou cavalier et des artichauts de Jérusalem. Il y avait des fleurs dans tous les jardins, ainsi que des rosiers, et les vieilles femmes s’échangeaient des graines, des bulbes et des boutures. Ici, à l’époque, on faisait surtout de la fraise. À Sandy Ground, la terre est parfaite pour les fraises. Dans les fermes des Blancs, tout au long de Bloomingdale Road, ils en cultivaient. Les gens de Sandy Ground s’y sont mis eux aussi ; il en pousse des fraises sur un demi-hectare, vous savez ! À cette époque, un vapeur partait tous les jours du New Jersey, de New Brunswick plus précisément, il descendait le fleuve Raritan, entrait dans l’Arthur Kill et s’arrêtait d’abord à Rossville puis dans cinq ou six petites villes des bords du Kill avant de gagner le quai de Barclay Street à New-York, juste en face du Washington Market.
Eh bien, à la saison des fraises, les gens se levaient tôt le matin pour les mettre dans des petites boîtes en carton et les descendre à Rossville pour les charger sur le bateau à vapeur qui les livrait au marché. Ils mettaient une ou deux feuilles de vigne sur le dessus pour faire ressortir la beauté de leurs fraises, vert sur fond rouge. Les fraises de Staten Island étaient particulièrement réputées, on disait que c’étaient les meilleures du marché ; elles rapportaient beaucoup d’argent. La plupart allaient directement aux grands hôtels de la ville… »
Washington Market in 1912 — a century of service with many decades to go.
Georges Clemenceau, le Tigre, était un médecin qui durant ses études de médecine accomplira une partie importante de ses stages dans des services prenant en charge les malades mentaux. En plus de son passage à Saint-Jacques, à Nantes, qu’il avait illustré par quelques exploits, il ira, à Paris, à la Salpetrière et surtout, comme il le rappellera à plusieurs reprises, il « vivra une année de sa jeunesse » – l’année universitaire 1862-1863 – à Bicêtre, « au milieu des fous, des idiots et des crétins ». Comme toujours, en parlant ainsi, il ne pouvait s’empêcher de jouer les provocateurs, mais, soulignons-le, il avait choisi ces terrains de stage et il se montrera toujours attiré par la maladie mentale.
À Bicêtre, en 1864, il avait été interne en même temps que Valentin Magnan qui deviendra l’un des grands aliénistes de la Troisième République ; devenu ministre de l’Intérieur et surtout président du Conseil, il appuiera le combat de ce dernier contre l’alcoolisme et en particulier il demandera que soient effectuées des études précises sur les ravages causés par l’absinthe. Mais Clemenceau n’était pas un partisan de la prohibition, ni même d’une répression aveugle. Assurément sobre, lui médecin – et dans le XVIIIe arrondissement, médecin des pauvres – considérait « que la question posée par l’usage et l’abus de l’alcool n’était autre que le problème social tout entier ». Pourtant, poursuivait-il : « même dans la société la plus parfaite qui soit, vous ne supprimerez pas le besoin de rêve ».
« La consommation d’alcool et de boissons alcoolisées fait courir à l’heure actuelle au pays tout entier des dangers auxquels le gouvernement a le droit de porter remède d’une manière énergique, tant pour la discipline que pour la santé de tous. »
«Il y a en moi un mélange d'anarchiste et de conservateur dans des proportions qui restent à déterminer.»
« En 1906, Armand Fallières, élu président de la République, invita ses amis en vue de la composition du gouvernement. Il fit servir à boire et demanda à Clémenceau :
- Qu’est-ce que vous prenez ?
- L’Intérieur, répondit l’autre.
Qui l’obtint… »
Dans la Vendée calotine, baignant dans l’eau bénite, soumise à la génuflexion, Clemenceau, ardent républicain, anticlérical affirmé, mais hostile au socialisme, il entend défendre la propriété et les libertés individuelles et voit dans « le socialisme une idéologie de caserne », était respecté par tous.
Avec mon père j’ai visité sa maison de Saint Vincent sur Jard où il se retire en 1920 quittant la vie politique. «Entre l’océan et la maison qu’il loue, Georges Clemenceau, grand ami de Claude Monet, réalise le pari de créer un jardin sur la dune » ICI
Sa stature m’a marqué et le récit de ses obsèques, sobres et altières, m’a fasciné :
« Au lendemain de sa mort, conformément à son testament qui excluait tout « cortège ni cérémonie d'aucune sorte », son corps - auprès duquel avait été placé selon ses instructions l'humble bouquet que lui offrirent en Champagne le 6 juillet 1918 deux soldats d'avant-poste promis à la mort - fut transporté dans sa voiture et à 12 heures 30, arriva à Mouchamps au « bois sacré » où reposait depuis 1897 son père, en présence de 200 gendarmes et de nombreux paysans accourus malgré les barrages routiers et la fermeture du chemin du manoir-ferme du « Colombier », domaine où ses ancêtres avaient vécu du début du XVIIIe siècle à 1801.
Il fut porté en terre par son chauffeur Brabant, son valet de chambre Albert Boulin, deux fossoyeurs et deux paysans, sur le bord d'un ravin boisé dominant une boucle du Petit Lay, terrain donné à la commune en avril 1922 par Clemenceau et ses cinq frères et sœurs, dans une grande simplicité, celle des funérailles protestantes traditionnelles. Un de ses familiers, le jeune lieutenant d’infanterie Jean de Lattre de Tassigny, futur maréchal de France, fut avec son épouse parmi ses rares amis vendéens à assister à ses obsèques.
La copie de la Minerve casquée dite « de Samos » par Sicard surplombe les deux sépultures jumelles, sans dalles ni inscriptions, seulement entourées de grilles ombragées par un grand cèdre de l'Atlas, « arbre de La Liberté » planté en 1848 par son père. »
Ce long préambule pour vous dire que, ce qui est devenu quasiment un marronnier de la presse du vin, du moins ce qu’il en reste, Denis Saverot de la RVF l’usant jusqu’à la corde, la partie de bras de fer entre les défenseurs de la boisson nationale fraîchement convertis à la modération et les prohibitionnistes masqués de l’alcoologie, me gonfle de plus en plus.
Le Monde, jamais en reste d’un bon sujet qui caresse dans le sens du poil ses annonceurs, ce qui ne l’empêche pas dans le même mouvement de la faire avec les hygiénistes, titre Macron aime le vin et le fait savoir, au grand dam des médecins
« Emmanuel Macron a régulièrement banalisé la consommation du vin et multiplié les gestes en faveur de la filière viticole. Une posture inédite pour un chef de l’Etat, qui met en émoi les acteurs de la santé. »
LE MONDE | 28.04.2018 à 12h15 • Mis à jour le 30.04.2018 à 12h17 | Par Ophélie Neiman
« La filière viticole ne pouvait rêver d’un meilleur ambassadeur : un président de la République qui aime le vin. Mais surtout, un président qui ne craint pas de le faire savoir. Même s’il boit avec beaucoup de modération. Une position inédite dans la Ve République, révélée dès la campagne présidentielle et qui ne s’est jamais démentie depuis. Un pari risqué, aussi : pour beaucoup d’électeurs, le vin est d’abord un produit nocif pour la santé. Du reste, nul autre président, avant lui, ne s’était risqué à faire une telle déclaration d’amour au vin.
Emmanuel Macron a trois raisons de casser ce tabou : le vin est le deuxième secteur d’exportation, cumule 13 milliards de chiffre d’affaires et génère près de 500 000 emplois. C’est le symbole de la réussite française par excellence. Et puis… et puis, ça tombe bien, il le connaît bien. Deux vidéos sont là pour le prouver, réalisées quand il était encore candidat, en décembre 2016, à l’occasion d’un entretien avec Sud-Ouest et Terre de vins. On y voit le président goûter des vins lors d’une dégustation à l’aveugle : « On sent le cuir, le sous-bois. On peut aller vers Pauillac… c’est un bordeaux en tout cas. Le nez ne trompe pas ! » ICI
Tout y est : la dégustation surprise de Macron, son « N’emmerdez pas les Français », le « Vu du foie, le vin est bien de l’alcool « d’un collectif de médecins dans Le Figaro, l’ « Entrée d’une lobbyiste au gouvernement » (sic) Audrey Bourolleau ex-directrice de Vin&Société n’est que conseillère technique au cabinet du Président, l’ « Entrée de la filière sur le terrain de la santé » (re-sic), et bien sûr le couplet de Reynaud, professeur en psychiatrie, addictologue et président du Fonds Actions Addictions, le grand danger du vin est d’avoir réussi à faire entrer de fausses informations dans les consciences : « On veut nous faire croire qu’une consommation modérée est bonne pour la santé, mais c’est faux. La vérité est que le risque augmente dès le premier verre régulier, que l’alcool est la première cause de démence précoce, la deuxième cause de cancer. Et source de nombreuses violences familiales. Au lieu de cela, on nage dans un bain d’informations positives. »
Fermez le ban !
A-t-on dans cette relation purement factuelle fait avancer la juste cause de la lutte contre l’alcoolisme ?
La réponse est non !
Bataille de communication, vaine bataille entre les réparateurs des corps meurtris et les cajoleurs des âmes en désarroi, je me sens proche du médecin Clemenceau, pourfendeur de l’alcoolisme mais conscient que nous ne supprimeront jamais le besoin de rêve.
Mon passage à Cochin me renforce plus encore dans l’appréhension de la lutte contre l’alcoolisme, je suis et je reste un Olivier AMEINSEN.
LIRE 19 janvier 2012
Portrait d’Olivier Ameisen dans Libération « Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire»
« En novembre 2004 j’ai publié une chronique sur le livre du Dr Olivier Ameisen « Le Dernier Verre » Je commençais ma chronique en écrivant « Olivier Ameisen, l’auteur du livre « Le dernier verre » chez Denoël, est un médecin sensible et talentueux. Deuxième enfant d’une famille parisienne aisée, d’origine juive polonaise, son parcours scolaire est fascinant. En 2009 je commettais une autre chronique « Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen Le titre de ma chronique était extrait d’une libre expression du Dr Michel Marty, psychiatre, psychanalyste, président de l’ANPAA 64. J’ai donc suivi le parcours du combattant d’Olivier Ameisen avec beaucoup d’attention. Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais j’ai eu l’occasion de discuter avec son frère Jean Claude Ameisen médecin, immunologiste, chercheur en biologie à l’INSERM dont il préside le comité d’éthique depuis 2003 et surtout pour moi, l’auteur d’un livre fondamental, à lire absolument, La Sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice aux éditions du Seuil, 1999. »
Qui mieux que lui, aujourd’hui disparu, brillant médecin pourri de dons, alcoolique invétéré qui triompha de son addiction, pouvait nous indiquer les chemins à suivre ?
Surtout pas les professionnels de la profession qu’ils soient alcoologues ou défenseurs du vin boisson culturelle, comme Clémenceau, que je parodie, je persiste et je signe : « l’alcoolisme est chose trop grave pour la confier aux alcoologues… »
Je verse au dossier :
Santé. Les effets cachés de l’alcool sur le cancer
Diagnostiquée d’un cancer du sein, une journaliste de Mother Jones a découvert un facteur de risque qu’elle ignorait : la consommation d’alcool, même modérée. Elle a enquêté sur ses conséquences et sur les efforts des industriels pour vanter les bienfaits des boissons alcooliques.
« L’alcool m’a-t-il donné le cancer du sein? »
Telle est la question que pose une journaliste de Mother Jones, atteinte d’un cancer du sein à 47 ans – soit quinze ans avant l’âge médian pour ce diagnostic aux États-Unis –, sans aucun facteur de risque connu.
Bien sûr, reconnaît Stephanie Mencimer, il est impossible d’attribuer avec certitude le cancer à un facteur, « comme d’essayer de prouver qu’un certain événement météorologique a été causé par le changement climatique » Pourtant, poussée par la curiosité, cette journaliste s’est plongée dans la littérature scientifique et a découvert un risque dont elle n’avait jamais entendu parler : l’alcool. « Je ne suis pas une grosse buveuse, raconte-t-elle, mais comme la plupart des femmes que je connais, j’ai consommé une grande quantité d’alcool au cours de ma vie. »
Depuis 1988, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’alcool parmi les cancérogènes du groupe 1 (“avérés” ou “certains”). Il serait impliqué dans au moins sept types de cancer, en particulier celui du sein. “Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) estime que pour chaque boisson alcoolique consommée quotidiennement, le risque de cancer du sein augmente de 7 %.”
Un lien peu connu
Alors qu’elle s’intéresse beaucoup aux questions de santé, la journaliste du magazine californien ignorait tout du lien entre alcool et cancer, mis en évidence par “plus de 100 études au cours de plusieurs décennies”. “J’avais entendu que le vin rouge était censé protéger des maladies cardiaques, pas provoquer le cancer”, raconte-t-elle.
Je me suis mise à me demander comment je pouvais être au courant du risque associé à tant d’autres choses mais pas à l’alcool. Il s’avère qu’il y avait une bonne raison à mon ignorance.”
Dans la suite de cet article fleuve, la journaliste détaille les effets cancérogènes de l’alcool et montre comment l’industrie des boissons alcooliques s’est employée à faire oublier ses dangers.
C’est dans les années 1970 que les épidémiologistes ont commencé à observer une connexion entre cancer et consommation d’alcool. Des chercheurs ont estimé récemment que l’alcool serait responsable d’environ “15 % des cas de cancer du sein et des décès associés aux États-Unis”, écrit Mother Jones.
Plusieurs explications biologiques ont été avancées. Ainsi, des enzymes transforment l’alcool en acétaldéhyde, une substance cancérogène. La consommation d’alcool induit aussi des déficits nutritionnels favorables à la cancérogenèse.
D’autres mécanismes spécifiques de certaines locations ont été identifiés : dans la bouche, le pharynx, le larynx ou l’œsophage, l’alcool peut modifier la perméabilité de la muqueuse, favorisant l’absorption d’autres cancérogènes comme le tabac. Dans le foie, il peut entraîner des pathologies hépatiques comme la cirrhose, avec un risque cancéreux.
L’alcool provoquerait enfin des cancers du sein en augmentant le taux d’œstrogènes dans le corps de la femme, ce qui engendrerait des divisions cellulaires plus rapides à l’intérieur du sein, avec à la clé de possibles mutations génétiques.
Le “paradoxe français”
Alors que les preuves s’accumulaient à la fin des années 1980, le secteur des boissons alcooliques a contre-attaqué. Les industriels ont lancé une audacieuse campagne de marketing pour vanter les bienfaits d’une consommation modérée d’alcool.
En 1991, un épisode de l’émission grand public 60 Minutes, regardé par 20 millions de personnes, mettait en avant le “paradoxe français”. Pour quelle raison les Français, avec leur alimentation riche en viande rouge, en fromage et en crème, étaient-ils moins sujets aux maladies cardiaques que les Américains? Le présentateur de l’émission soulevait un verre de vin rouge et déclarait : “La réponse à cette énigme, l’explication de ce paradoxe, pourrait bien se trouver dans ce verre si engageant.”
Même si “les chercheurs ont rapidement infirmé l’idée que le vin aurait des effets bénéfiques pour la santé cardiaque des Français”, le lien s’est imposé dans l’esprit de nombreux Américains. En 1995, cédant au lobbying des industriels, le ministère de l’Agriculture a affirmé dans ses recommandations nutritionnelles pour les Américains qu’une consommation modérée d’alcool pourrait réduire le risque de maladie cardiaque.
Le secteur des boissons alcooliques a aussi imité les grandes firmes du tabac en finançant des recherches mettant en avant les bénéfices supposés de l’alcool, ou contredisant le lien avec le cancer.
Certains pays ont agi
Ces dernières années, plusieurs pays ont pris des initiatives pour mettre en garde les consommateurs, explique Mother Jones. L’Australie a lancé en 2010 une campagne de publicité soulignant le caractère cancérogène de l’alcool. En Angleterre, une ONG a fait de même en 2013. Aux Pays-Bas, les autorités recommandent désormais de ne pas boire du tout et, si l’on boit, de ne pas consommer plus d’une boisson par jour.
Pour la journaliste américaine, c’est d’autant plus pertinent que l’alcool est l’un des rares facteurs de cancer du sein sur lesquels une femme ait prise. “Réduire ma consommation d’alcool, en particulier quand j’étais jeune, est à peu près la seule chose que j’aurais pu changer dans mon mode de vie pour éviter ce cancer, si j’avais été pleinement informée”, écrit-elle. Elle ne saura jamais si une meilleure information l’aurait poussée à ne pas boire, ni même si cela aurait changé quelque chose. Mais au moins, elle aurait “eu le choix”.
Les médecins pro-baclofène contre-attaquent après l'avis négatif du comité scientifique temporaire de l'ANSM
Damien Coulomb
| 30.04.2018
Plusieurs médecins et psychiatres ont vivement contesté l'avis négatif du comité scientifique spécialisé (CSST), chargé d'évaluer le bénéfice risque de l'utilisation du baclofène dans l'indication du traitement de l'alcoolodépendance, dont des extraits ont été communiqués par l’Agence nationale de sécurité de médicament (ANSM). Ce CSST, mis en place dans le cadre du traitement de la demande d'autorisation de mise sur le marché déposée par le laboratoire Ethypharm pour une nouvelle formulation du baclofène, avait conclu à un « rapport bénéfice risque négatif » et jugé que l'efficacité du baclofène dans la réduction de la consommation d'alcool est « cliniquement insuffisante ».
« L'ANSM se déconsidère », réagissent dans un communiqué plusieurs médecins soutenant le baclofène, dont le Pr Amine Benyamina, président de la fédération française d'addictologie, le Dr Renaud de Beaurepaire, chef du pôle addiction de l’hôpital Paul-Guiraud, à Villejuif, le Pr Bernard Granger de l’Université Paris Descartes, Pr Jean-Roger Le Gall de l’Académie nationale de Médecine, le Pr Philippe Jaury, principal investigateur de l'étude Bacloville ainsi que le Pr Didier Sicard, de l’Université Paris Descartes.
Un comité contesté
Ces praticiens contestent la légitimité du CSST « composé d'experts dont aucun n’est en réalité spécialiste de l’addiction à l’alcool » et qui a, selon eux, « rapidement effectué sa mission sans entendre ceux qui contestent avec des arguments scientifiques solides et plus d’une décennie de pratique professionnelle, l’évaluation des risques mise en œuvre par la CNAMTS, l’ANSM et l’INSERM. »
Ils remettent aussi en question l'interprétation des études Alpadir et Bacloville, les deux principales sources de données exploitées par le CSST. « Pour ne citer que les erreurs les plus grossières concernant la tolérance, les décès dans le groupe baclofène n'ont pas été imputés au traitement par le comité scientifique indépendant de l'étude Bacloville, et dans Alpadir il y a eu davantage d'effets indésirables graves dans le groupe placebo que dans le groupe baclofène », expliquent les signataires du communiqué, qui dénoncent un « travail téléguidé et superficiel ».
Rappelons que, dans les 2 études, il avait été observé un fort effet du placebo sur la réduction de la consommation, et que la différence entre la consommation d'alcool dans le groupe baclofène et le groupe placebo n'était pas statistiquement significative dans l’étude Alpadir et significative dans l'étude Bacloville.
Des praticiens de terrain montent au front
Ces critiques s'ajoutent à celles formulées par un autre groupe de 31 médecins dans une tribune qui sera publiée cette semaine dans la revue « LE FLYER ». Les auteurs exercent en ville ou en CSAPPA, et se présentent comme n'étant « ni collectif militant, ni baclo-sceptiques mais tout simplement cliniciens accompagnant au quotidien des patients alcooliques ». Ils affichent leur incompréhension face à la conclusion du CSST : « Nous ne remettons pas en cause les conclusions du CSST, précisent-ils, mais nous mesurons au quotidien les risques imputables à l’alcool. »
Les auteurs rappellent que, selon un rapport de la société française d'alcoologie de 2013, environ 400000 Français sont hospitalisés chaque année pour des causes liées à l'alcool (comas éthyliques, hépatites, cirrhoses…). L'alcool serait en outre responsable de 50000 décès par an, dont 15000 par cancer. « Les évaluateurs du rapport bénéfices-risques ont-ils inclus ces données?, questionnent les signataires. Il faudrait tenir compte du poids de cette maladie. Il ne s’agit pas d’un traitement de la migraine ou de la fatigue passagère pour lequel la survenue d’effets indésirables délégitimerait une demande d’AMM. »
Ils citent également les résultats de l’étude OBADE, présentés en avril 2018 au congrès de l’association nationale des hépato-gastroentérologues des hôpitaux généraux, et menée entre mars 2012 et décembre 2016 sur 202 patients dont 77 souffrant de cirhose. Au bout du suivi, 70 % des patients avaient une consommation nulle ou inférieure à 30 g par jour et aucun évènement indésirable sévère n'a été rapporté, y compris dans le groupe cirrhose.
Pour les signataires de la tribune, « l’efficacité du baclofène ne fait guère de doute, comparée aux autres traitements existants [...] On dispose probablement pour la première fois d’un traitement créant une demande de soins venant de patients en grande difficulté [...] Nous espérons des Autorités de santé, ANSM en tête puis HAS, stimulées pas les "politiques" responsables de la santé publique, qu’elles donnent un nouvel élan. C’est une opportunité de faire entrer dans le soin des dizaines de milliers de patients en difficulté avec l’alcool. »
Koko Productions & Photography/AFP
L’encre de cette chronique n’était pas encore sèche que Jacques Dupont du Point – ne pas confondre avec le de Nemours – dégainait son mousqueton pour arroser les tranchées d’en face où s’étaient planqués les hygiénistes masqués. Ensuite, toujours vaillant, pugnace, notre Jacques twittait sec, argumentait, terrassait la piétaille des alcoologues et addictologues, et, tel Joffre, vainqueur en taxis parisien de la bataille de la Marne – y’avait pas encore Uber, pas de Boüard, mais l’amerloque – il pouvait savourer, d’un gorgeon d’Irancy bien frais, les délices de l’enivrement du vainqueur.
Bref, le bas-bourguignon, la plume à vif, enclenchant la surmultipliée, entrait dans le sujet par un brutal masculin « Notre confrère du Monde Ophélie Neiman », pauvre miss Glou-Glou, elle qui maintenant s’escrime à faire des risettes à tout le monde, qu’a Tellement Soif avec Gerbelle, le Paul du chemin de Damas tombé de cheval, la voilà rangée dans le clan majoritaire des mâles dominants le monde du jaja gaulois.
C’est écrit, je m’efface, je laisse la place Jacques Cœur :
Bataille du vin : qui a gagné ?
Face au mépris affiché par une partie des alcoologues, le monde du vin s'échine à montrer sa bonne foi et choisit de faire profil bas.
PAR JACQUES DUPONT
Modifié le 01/05/2018 à 15:34 - Publié le 01/05/2018 à 14:03 | Le Point.fr
« Notre confrère du Monde Ophélie Neiman relatait, samedi 28 avril, les différents gestes et déclarations en faveur du vin d'Emmanuel Macron. De quoi satisfaire la filière viticole et mettre en émoi la partie du monde médical – les alcoologues et addictologues notamment – directement concernée. Une indignation de toute bonne foi chez certains, pas toujours chez d'autres… Les querelles autour des bienfaits ou des dangers du baclofène – ce médicament dont les vertus en matière de lutte contre l'alcoolisme avaient été mises en évidence par le docteur Olivier Ameisen – démontrent, s'il en était besoin, que certains praticiens n'ont pas que le souci des malades comme priorité et que les affaires d'influence et de gros sous n'épargnent pas toujours ceux qui ont prêté serment à Hippocrate… Tel opposant farouche au baclofène, par exemple, participant à des recherches sur un médicament concurrent financées par un laboratoire également concurrent… »
Twitter, ces temps derniers, en est le plus visible témoin. La colère du professeur Bernard Granger (professeur de psychiatrie à l'université René-Descartes et patron de l'unité de psychiatrie de l'hôpital Tarnier), à la suite des avis du CSST (Comité scientifique spécialisé temporaire) et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en défaveur du baclofène, n'est pas nouvelle : « La médecine ne se fait pas que dans les bureaux des agences. Le CSST n'a pas auditionné les experts du baclofène ni les experts en épidémiologie. C'est une honte. » Bernard Granger n'est pas le seul à dénoncer pareil scandale. »
Votre Taulier ne rechigne jamais, même pendant les mois d’été, à explorer les plis et les replis de la libido du buveur. Mais, comme il est aussi un fieffé ramier, il ne crache pas sur le recyclage de chroniques anciennes. Pour sa défense, celle que je...
Puisque certains n'ont pas compris mes conneries de la saison 1 ICI link j'en remet une louchée. C’est donc l’histoire d’un mec qui passait sa vie avec les bandits manchots dans les casinos. Il jouait à tout. Il pariait sur tout. Il grattait. Il se faisait...
Fenêtre sur cour, L’amour Est un crime parfait, Des mots noirs De désespoir Jetés sur un petit carnet. Mère au foyer sans foyer À nue Toute nue. Sur sa peau lisse tout glisse. Ses grains de beauté Fixés sur mes clichés volés. Sente blanche de ses hanches...
1- J'adore les mecs, le cul vissé sur le siège de leur scooter, qui m'invectivent parce que sur mon vélo je ne démarre pas assez vite aux feux tricolores... Bienheureux les beaufs ! 2- J'adore les nanas, les fesses posées sur le cuir des sièges de leur...
Sur la Toile faut s’attendre à tout lorsqu’on est comme moi un VB, vieux blogueur, un VC, vieux con, un VD, vieux débile qui crache sa bile comme dirait l’immense Mimi, mais un qui a aussi le bras très long, un influenceur de Première League, un gars...
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