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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 06:00
Ha ! Qu’ils étaient beaux les collabos, Céline, Rebatet, Brasillach sur les réseaux sociaux de l’État français du Pétain de la poignée de mains de Montoire

Les fameux réseaux sociaux charrient beaucoup de boue, la fange s’y exprime sous des pseudos, succédanés des lettres anonymes des corbeaux sévissant sous l’Occupation.

 

Alors, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, en témoigne ces 4 citations :

  • Un précurseur : Fernand Grégoire, La Juiverie algérienne, 1888

Est aux mains des Juifs :

 

« Ne nous faisons point d’illusion, le pire ennemi de l’Algérie, c’est le Juif… En France, l’envahissement par le judaïsme a été méthodique, progressif, presque timide. En Algérie, c’est un engloutissement. En France, Shylock est un homme du monde, âpre, mais déguisé, poli dans ses exécutions. En Algérie, c’est un forban féroce, insolent et bravache.

 

C’est en Algérie surtout que souffle la Mal’aria juive. »

 

  • Louis-Ferdinand Céline  Bagatelles pour un massacre décembre 1937

 

« Tout de même, il suffit de regarder, d’un petit peu près, telle belle gueule de youtre bien typique, homme ou femme, de caractère, pour être fixé à jamais... Ces yeux qui épient, toujours faux à en blêmir... ce sourire coincé... ces babines qui relèvent : la hyène... Et puis tout d’un coup ce regard qui se laisse aller, lourd, plombé, abruti... le sang du nègre qui passe... Ces commissures naso-labiales toujours inquiètes... flexueuses, ravinées, remontantes, défensives, creusées de haine et de dégoût... pour vous !... pour vous l’abject animal de la race ennemie, maudite, à détruire... Leur nez, leur "toucan" d’escroc, de traître, de félon, ce nez Stavisky, Barmat, Tafari... de toutes les combinaisons louches, de toutes les trahisons, qui pointe, s’abaisse, fonce sur la bouche, leur fente hideuse, cette banane pourrie, leur croissant, l’immonde grimace youtre, si canaille, si visqueuse, même chez les Prix de Beauté, l’ébauche de la trompe suceuse : le Vampire... Mais c’est de la zoologie !... élémentaire !... C’est à votre sang qu’elles en veulent ces goules !... Cela devrait vous faire hurler... tressaillir, s’il vous restait au fond des veines le moindre soupçon d’instinct, s’il vous passait autre chose dans la viande et la tête, qu’une tiède pâte rhétorique, farcie de fifines ruselettes, le petit suint tout gris des formules ronronnées, marinées d’alcool... De pareilles grimaces comme l’on en trouve sur la gueule des Juifs, sachez-le, ne s’improvisent pas, elles ne datent pas d’hier ou de l’Affaire Dreyfus... Elles surgissent du fond des âges, pour notre épouvante, des  tiraillements du métissage, des bourbiers sanglants talmudiques, de tout l’Apocalypse en somme !... »

 

  • Lucien Rebatet, « Marseille la Juive », Je suis partout, le 30 août 1941.

 

Trop, c’est trop :

 

« À ses métèques, ses sous-Blancs, ses barbeaux, ses drogués, ses petits voyous et ses grands bandits, Marseille a vu, depuis un an, s’ajouter le Juif. Il ne manquait plus que lui dans le tableau. »

 

  • Robert Brasillach, Je suis partout, 7 février 1942

 

« En finira-t-on avec les relents de pourriture parfumée qu’exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir. Elle est toujours là, la mal blanchie, la lézardée, sur le pas de  sa porte, entourée de ses michés et de ses petits jeunots aussi acharnés que les vieux. Elle les a tant servis, elle leur a tant rapporté de billets dans ses jarretelles : comment auraient-ils le cœur de l’abandonner malgré les blennorragies et les chancres ? Ils en sont pourris jusqu’à l’os. »

 

 

HONTEUSE

 

« C’est une gare des plus banales, modèle standard des débuts du chemin de fer : un « bâtiment voyageur » central, flanqué de deux annexes, pour les services techniques et pour les marchandises. Elle desservait une petite ville du centre de la France, dans la vallée du Loir, au nord de Tours, à mi-chemin entre le Mans et Vendôme. Comme des milliers d’autres en France, elle fût restée paisiblement ignorée de l’histoire, ce qui en l’occurrence, n’eût point déplu aux habitants. Mais un funeste 24 octobre, à 15 h 29, un train très spécial s’immobilisa sur la voie numéro 3. »

 

[…]

 

« Cette petite gare a joué de malchance. Elle constituait un nœud ferroviaire proche de la ligne Paris-Hendaye, elle était excentrée par rapport au cœur de la cité, proche aussi, à trois kilomètres, du tunnel de Saint-Rimay, lequel pouvait si besoin mettre un train à l’abri d’une attaque aérienne. »

 

[…]

 

« Ce 24 octobre 1940, en gare de Montoire, le Führer doit rencontrer Philippe Pétain, chef de « l’État français » depuis le 10 juillet. »

 

[…]

 

«  Ce jour-là, Hitler est de méchante humeur. L’entrevue avec le « Caudillo » a été un échec. Hitler espérait que l’Espagne s’engagerait dans la guerre au côté des puissances de l’Axe. Or, Franco a multiplié les arguties et les revendications extravagantes, sans compter qu’il avait osé faire attendre le Führer sur le quai de la gare d’Hendaye pendant huit minutes. »

 

[…]

 

« Après coup, Franco qualifiera Hitler de « comédien, et celui-ci trouvera le Caudillo « sans envergure ».

 

[…]

 

« La photo de la poignée de main, sur le quai de la gare, entre le vieux Maréchal, désigné comme « le vainqueur de Verdun », et le dictateur nazi, diffusée dans toute la presse, devint emblématique de la trahison du régime de Vichy. »

 

Pierre Lassus Petit éloge des gares éditions François Bourin

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 06:00
Hello l’ami Don Pasta comment peux-tu avec 1 nom pareil nous cuisiner des lasagnes d’aubergines sans pasta ?

Pour les non-initiés Don Pasta c’est Daniele De Michele, un gars de Puglia qui aime bien Parigi du côté de chez Alessandra Pierini. La dernière fois qu’il lui a rendu visite il nous a fait déguster ses lasagnes d’aubergines. Camille Labro était là et en plein cœur du mois d’août elle révèle les secrets de mon ami le DJ qui met les mains dans la farine.

 

Elle écrit :

 

« Inventeur des Cooking DJ Sets, « sortes de performances culinaro-musicales », Daniele de Michele, alias Don Pasta, « improvise avec les morceaux et les gestes de cuisine ». Cette idée d’unir la musique et la cuisine lui est venue d’un plat de sa grand-mère, la parmigiana alla salentina (de Salentino, à l’extrême-sud de l’Italie), une variante ultra-riche des lasagnes d’aubergines. « Ce plat-là, je l’associe à un air de John Coltrane, forcément, parce qu’on l’étale, on fait des couches… C’est un plat de fête démoniaque, une sorte de rituel qu’on mange, chez nous, le 15 août à midi, sur la plage d’Otrante, mon village. Trois étages d’aubergines frites, de la mozzarella, des minuscules boulettes de viande, de la sauce tomate, de l’œuf dur, de la mortadelle et des feuilles de basilic. C’est tellement bon que quand on commence on ne peut plus s’arrêter, et c’est tellement lourd qu’après on est obligé d’aller se coucher. »

 

 

Mais comme j’aime par-dessus tout ramener ma science, l’homme souriant de Puglia écrit à propos d'Erri De Luca sur son blog :

 

« Erri de Luca pourrait tranquillement me dénoncer pour plagiat. J'ai bu, mâché, volé son écriture, sa pensée, sa reprise de la pratique politique. J'avoue sereinement que son court texte, Trois feux en hommage aux lasagnes d'aubergines de sa mère, est à l'origine de tout mon travail sur la cuisine. À cette époque difficile je suis allé souvent à demander de l'aide à ses livres pour me protéger. J’ai fait appel à lui, qui utilise des mots plantés dans la terre depuis des siècles, comme nos oliviers, dans un temps où les gens utilisent des mots fuyants, vaniteux. Nos échanges épistolaires, même s’ils se sont fait par mail, je l’en remercie car dans ses réponses il utilise des pensées, des mots qui ont une cuisson longue, inexorable, comme celle des aubergines qui, avant d'être conservé pour l'éternité dans l'huile et le vinaigre, se sont laissé sécher par le vent et le soleil. »

 

 

En effet dans Le plus et le moins chez Gallimard, mai 2016, page 26, Erri De Luca parle de la Parmigiana d’aubergines d’« Emma et Lillina qui « les préparaient en faisant passer le légume par trois feux. Elles coupaient les aubergines en tranches, les mettaient au soleil, la flamme la plus puissante, pour sécher leur eau et renforcer leur goût. Puis, elles les faisaient frire, dorant la cuisine d’une couleur de fête. Dernier feu, le four, après les avoir disposées par couches, chacune recouverte de sauce tomate, basilic, mozzarella et d’une poignée de parmesan. Trois feux participaient au plat qui coïncide le mieux pour moi avec le mot « maison ».

 

Lasagnes d’aubergines : la recette gourmande de Don Pasta  LE MONDE | Par 

 

ICI

 

L'étymologie nous raconte l'histoire de l'aubergine

 

« Le nom de notre fameuse « aubergine » nous vient directement de l'arabe « al-bâdinjân » (الباذنجان ), l'aubergine, apparenté au persan « bâdengân ». Un autre nom lui sera aussi attribué durant longtemps : celui de « mélongène »1, qui vient du latin médiéval « melongena ». Cela nous laisse deviner une pénétration en deux temps du charmant légume en Occident, toujours à partir du monde arabe : d'un côté, une entrée directe et ancienne par l'Espagne musulmane ; de l'autre, une plus récente par l'Italie. C'est semble-t-il au XVIIIe s. que le terme d' « aubergine » prend définitivement le pas sur celui de « mélongène » ; elle est l'appellation courante dans le dictionnaire de 1798.

 

Les premières cultures de l'aubergine remontent au IIe millénaire avant notre ère, dans la région de l'actuelle Birmanie et du nord-est de l'Inde. Elle parvient en Chine dès l'Antiquité, puis les marchands arabes et persans la rencontrent en Inde et en Asie Centrale, et la ramènent dans leurs bagages au tout début du Moyen Age. En effet le nom arabe vient lui-même du sanskrit « vatinganah » ! Elle gagne tout le monde arabe et suit au Moyen Age la conquête jusqu'en Espagne, premier pays européen où elle sera cultivée. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire du catalan « alberginia » que le mot serait passé en français. En tout cas, ce sont donc les Arabes qui l'introduisent en Occident, d'où le fait que son nom soit chez nous d'origine arabe. »

 

La suite ICI

Les marchands arabes ramènent l'aubergine d'Asie au Moyen Age...

 

4 mars 2011

Petite histoire de l'aubergine ICI 

 

« A ces débuts en Europe, l'aubergine conserve cette mauvaise réputation. Elle est mésestimée surtout par les savants, peut-être du fait de sa ressemblance avec d'autres plantes de la famille des Solanacées  comme la mandragore, le datura ou la belladone dont on connaissait la toxicité. On l'appelle mala insana (pomme malsaine, qui rend fou). Au XVIe siècle encore, en Allemagne, on lui donne le nom de Doll Opffel soit la pomme de fureur ou pomme de rage. Aubergine blanche

 

En Turquie, pays où l'aubergine s'est implantée assez tôt, on accuse l'aubergine d'être à l'origine des incendies qui ravagent Istanbul à l'époque ottomane. On raconte que, l'été, les habitants de cette ville allument des feux aux portes de leur maison pour faire griller leur légume préféré, sans se soucier du vent qui souffle. Vent qui porte encore aujourd'hui le nom de patlican meltemi (vent d'aubergine).

 

Malgré cela, l'aubergine est couramment consommée en Italie dès le XVe siècle puis en Espagne au milieu du XVIe siècle. En France, Louis XIV demande à son jardinier de planter la béringère. Mais elle n'est encore cultivée que pour la curiosité et comme plante d'ornement. C'est ainsi que le catalogue Vilmorin-Andrieux la classe en 1760. En Angleterre, on lui donne le nom de eggplant (plante aux œufs). Il faut dire que les variétés blanches d'aubergines ressemblent à des œufs. »

 

Peu à peu cependant, l'aubergine s'implante dans le sud de la France. Elle est d'abord cultivée en Provence et dans le Languedoc. Le Bon Jardinier  de 1809 évoque son usage culinaire : "on la sert en entremets, c'est un ragoût de fantaisie". En 1825, elle arrive sur les marchés parisiens et la même année, le Tout-Paris se précipite au restaurant  Les Frères Provençaux, rue Cadet, pour déguster aubergines et côtelettes de chèvre grillées.

 

 

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 06:00
Le châtaignier en Corse, sous Louis XV, était soupçonné de permettre aux populations rebelles de subsister en autarcie mais également de favoriser la paresse…

Le châtaignier est endémique en Corse, mais c'est à partir du XIIe siècle que la culture du châtaignier se développe. La Corse, qui est alors gouvernée par Pise entre 1077 et 1299, intègre des techniques agricoles toscanes. La conquête de l'île par Gênes, à partir du XVIe siècle, va donner un nouvel essor à la castanéiculture surtout dans le nord, le Pomonte ou Deçà des Monts. L’arbre bénéficia d’incitations à la plantation dès le XVe siècle et surtout de la politique de la Coltivatione mise en place par la Sérénissime sous l’égide de son commissaire à l’agriculture Francesco Maria Giustiniani.

 

Les montagnards de cette région, qui vivaient jusqu'alors de la culture des céréales et de l'élevage, vont subir une révolution de leur système agricole imposée par les Génois. Le gouverneur, signa le 28 août 1548, une ordonnance qui imposait aux propriétaires et aux fermiers « de planter chaque année quatre arbres fruitiers, figuier, olivier, mûrier et châtaignier, sous peine de trois livres d'amende pour chaque arbre non planté. ». Dans le Deçà des Monts, la future Castagniccia, les cultures céréalières disparaissent rapidement.

 

 

Une nouvelle ordonnance, datée du 12 novembre 1619 imposa à chaque propriétaire ou tenancier de planter au moins dix arbres. Le 2 décembre 1626 ordre fut donné de faire semer une centaine de châtaignes dans chacune des circonscriptions nobiliaires de l'île, les plants obtenus étant destinés à être replantés dans des terroirs favorables. Vingt ans plus tard, une dernière ordonnance fut édictée, le 25 janvier 1646 donnant ordre de planter dix châtaigniers avant la fin du mois de mai, il est explicitement notifié que ces pépinières devront être protégés du bétail.

 

Celui que l’on a coutume d’appeler arbre à pain ne bénéficia pas toujours  d’un regard favorable surtout auprès des autorités et des commentateurs extérieurs.

 

Le 22 juin 1771 le Roi Louis XV interdisait la plantation de châtaigniers afin de ne pas empiéter sur les terres susceptibles d’être ensemencées ou réservées à d’autres espèces. Il était soupçonné de permettre aux populations rebelles de subsister en autarcie mais également de favoriser la paresse, une bonne récolte pouvant satisfaire pour un an les populations bénéficiant de ses fruits.

 

  • Mémoires historiques sur la Corse par un officier du régiment de Picardie : 1774-1777

 

« … la grande abondance de châtaignes qu’ils cueillent sans peine et sans culture les dispense de travailler la terre, et pour l’ordinaire, ces peuples ne sèment de leurs terrains que ce qui leur est absolument nécessaire pour l’entretien de leur famille. » page 164

 

  • J.G.-M. Le Bon de Beaumont, observations sur la Corse 1824

 

« … la première châtaigne corse a dû sortir de la boîte de Pandore. L’abondance presque continuelle de cette denrée perpétue le goût de l’oisiveté, c’est-à-dire le plus grand fléau des nations. L’ouragan qui détruirait tous les châtaigniers de l’île y causerait d’abord une détresse cruelle ; dans quelques années il serait béni parce qu’il aurait remis le travail en honneur et placé l’agriculture au rang qu’elle doit occuper. En attendant la châtaigne se laisse cueillir et les champs sont en friche. » page 136

 

  • Cinquième lettre de M. Grégoire Paléologue. Il s’agit de 6 lettres où l’auteur raconte ses tribulations dans l’exploitation du domaine du Comte Pozzo di Borgo aux environs d’Ajaccio

 

« … il n’y a que le châtaignier qui soit multiplié par l’homme, et c’est parce qu’il constitue la base de la nourriture du montagnard corse, dont j’attribue l’indolence à la ressource que cet arbre lui présente. La culture  du châtaignier demande peu de peine et de soin, et son fruit séché et réduit en farine offre une nourriture saine et agréable. Aussi le Corse qui possède trois ou quatre pieds de cet arbre, ne se soucie guère d’aller travailler que lorsqu’il n’a plus de châtaignes. Ainsi je suis porté à dire que c’est un bonheur que le châtaignier ne se soit pas multiplié dans cette île, et qu’il n’y en a guère dans mes environs. » pages 460-461

 

Reprenant ces arguments Arrighi de Casanova Mémoire statistique du Département du Liamone adressé à Son Excellence le ministre de l’Intérieur d’après ses instructions par M. Hyacinthe Arrighi Préfet de ce département, « la manie d’enfanter des paradoxes égara un politique du dernier siècle au point de le porter à imprimer que pour forcer les montagnards à quitter leurs incommodes habitations et à venir peupler et cultiver les fertiles plaines des bords de la mer le moyen le plus efficace serait d’abattre tous les châtaigniers. Cette idée est assurément des plus singulières et son exécution absurdité à part, produirait à coup sûr un mal grave et réel pour l’espérance d’un bien à venir très douteux. On pense au contraire qu’on ne saurait jamais assez propager une plantation d’une utilité si générale. »

 

Un document du ministère de l’Intérieur sous la Restauration décrit le statut de l’arbre : « Dans l’intérieur des terres le châtaignier est pour ainsi dire l’arbre sacré. Son fruit assure la nourriture des deux tiers de la population. Il en existe des forêts immenses. »

 

Pascal Paoli déclarait : « Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain ! »

 

Source : les productions alimentaires en Corse 1769-1852 Philippe Pesteil éditions Alain Piazzola

 

 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 06:00
Le soir Talleyrand aimait « savourer des choses lourdes en compagnie de femmes légères » « Sire, j'ai plus besoin de casseroles que d'instructions. Laissez-moi faire et comptez sur Carême. »

L’hôtel de Talleyrand, construit au XVIIe siècle, fut la demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Fin diplomate sous l’Empire, l’hôtel fut mis un temps à la disposition du tsar Alexandre Ier de Russie, dans le cadre des tractations en vue du retour des Bourbons. Talleyrand est un des rares qui sut conserver son statut sous la Restauration.

 

« Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier ».

 

Talleyrand a trois passions : la politique, les femmes et la nourriture. Selon lui, l’essentiel est de donner d’excellents repas et être galant avec les dames. 

 

« Le cuisinier Boucher surnommé « Bouche sèche » ayant commencé sa carrière à la cour du prince de Condé prépare chez Talleyrand des repas diplomatiques devenus classiques. Les célébrités européennes de l’époque : politiciens, savants, ministres, diplomates, artistes sont les invités du diplomate hospitalier et généreux. 

 

Le prince de Talleyrand fait entièrement confiance à M. Boucher, il lui donne carte blanche en ce qui concerne les frais et accepte toutes ses initiatives.

 

Depuis l’âge de vingt-quatre ans, Talleyrand s’entretient tous les matins pendant une heure avec son cuisinier sur le menu du déjeuner en ne prenant les repas qu’une fois par jour.

 

Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût, indique M. de Talleyrand, « le premier de nos diplomates, à qui nous devons tant de mots fins, spirituels, profonds », comme l'introducteur en France de ces deux usages :

1° servir du parmesan avec le potage,

2° offrir après le potage un verre de madère sec.

 

Alexandre Dumas père, note dans son « Grand dictionnaire de cuisine » :

 

Talleyrand est parmi les premiers à penser qu’une cuisine saine et réfléchie raffermit la santé et permet de prévenir les maladies sérieuses. « En fait, écrit Dumas, les quarante dernières années de sa vie sa santé est un argument convaincant en faveur de cette thèse ».

 

Il ajoute :

 

« La révolution détruit les grands seigneurs, les repas somptueux, les manières élégantes. M. de Talleyrand les fait renaître. C’est à Talleyrand que la France doit sa renommée reprise d’un pays de luxe et d’hospitalité ».

 

Le matin avant de se mettre au travail, Talleyrand prend deux à trois tasses de tisane de camomille.

 

Le « roi de la cuisine » Marie-Antoine Carême travaille chez Talleyrand. Talleyrand fait beaucoup pour que Carême invente un style raffiné de nourriture avec des primeurs et des légumes, simplifie les sauces, etc.  

 

« Durant son ministère, le fidèle collaborateur de Talleyrand, le cuisinier Antonin Carême, fut continuellement présent et sera chargé de l’organisation de banquets somptueux ; certains comprennent des « extraordinaires », voire de « grands extraordinaires ». Ce sont en fait des pièces « montées, salées et sucrées, conçues comme des ensembles architecturaux », où l’œil est aussi sollicité que le goût. Antonin Carême avait comme consigne de flatter à la fois les yeux et les palais des convives et l’histoire a retenu le raffinement des plats, des présentations et des menus. Cela fonctionnait pour les repas intimes et pour les banquets. Communication politique avant l’heure, ces instructions — et le budget associé — venaient de Talleyrand qui gardait à l’esprit deux facteurs. Ces repas lui conféraient renommée et influence car les nobles, diplomates et proches du pouvoir se flattaient d’être invités soit dans son hôtel parisien, soit dans son château de Valençay, les endroits où, durant le ministère de Talleyrand, il fallait être. Mais sa diplomatie demandait aussi d’être bien informé et en retour de communiquer les messages nécessaires à ses négociations. Ainsi, avec le même esprit de réseau d’information de la république de Venise aux xve et xvie siècles (rappelons que la diplomatie moderne fut organisée et répandue en Europe par la Sérénissime), les repas de la maison de Talleyrand étaient de parfaits lieux d’échanges d’informations. Eugène Briffault relate :

 

[…] chez M. de Talleyrand, on faisait de la diplomatie partout au salon et à l’office : son chef était chargé du soin de choisir les cuisiniers des grandes maisons de l’étranger, c’était se ménager des intelligences au cœur de la place (cité dans Rowley, 1997 : 72).

 

« En 1814, Louis XVIII envoya le prince à Vienne pour y défendre les intérêts français. Grâce à son habileté diplomatique, et en favorisant notamment la division parmi les Alliés, il réussit à obtenir des conditions inespérées. Appliquant avant l’heure les méthodes de l’Union européenne, il regroupa autour de lui les petits royaumes et joua des rivalités traditionnelles, évitant ainsi à la France d’être isolée. Les manœuvres de Talleyrand lors du congrès de Vienne doivent en partie leur succès aux dîners offerts par le prince, participant aux négociations, les menant même parfois aux dépens des puissances de l’époque, la Prusse, la Russie et la Grande-Bretagne. Au-delà de la réorganisation de l’Europe ouvrant sur une longue période de paix, de la naissance de la diplomatie moderne (de Sédouy, 2003), le congrès de Vienne reste aussi l’apogée du lien entre plaisir de la table et plaisir de la négociation. Nous avons là l’illustration d’une négociation, en Occident, organisée autour de la commensalité et non autour du discours et de sa maîtrise. »

Regard anthropologique sur les cultures de la table Olivier Arifon et Philippe Ricaud

 

L’empereur russe Alexandre apprécie en ce moment le talent de Carême et demande même à Talleyrand de le lui « prêter » pendant son séjour à Paris. « Ma cuisine, écrit plus tard Carême, était à l’avant-garde de la diplomatie française ».

 

Le petit déjeuner et le déjeuner étaient de peu de conséquence pour lui. Le soir, dit-on, il aimait « savourer des choses lourdes en compagnie de femmes légères »

 

Pendant l’hiver 1803, alors qu’il était pratiquement impossible d’obtenir du poisson à Paris, Talleyrand donna un dîner officiel. À un moment, sous les exclamations enchantées des convives, un laquais entra, portant un énorme saumon sur un grand plat d’argent. À l’horreur de tous, il trébucha, et plat et poisson se répandirent sur le sol.

 

Voyant cela, Talleyrand ordonna calmement : « Qu’on en apporte un autre. »

 

Et presque immédiatement, un autre saumon fit son apparition. L’incident avait été planifié.

 

Autre version :

 

M. de Talleyrand, le grand diplomate, était aussi un grand gourmet. En partant pour Vienne il avait déclaré fièrement à Louis XVIII :

 

« Sire, j'ai plus besoin de casseroles que d'instructions. Laissez-moi faire et comptez sur Carême. »

 

Car le grand Carême, l'illustre cuisinier, était à son service.

 

Donc, un jour, à Vienne, le prince de Talleyrand décida de donner un dîner magnifique, un de ces dîners qui rendent un homme illustre, qui font honneur au pays qu'il représente et dont on parle pendant longtemps.

 

Il voulait surtout servir un poisson merveilleux et, pour être sûr d'obtenir ce qu'il voulait, il avait commandé chez deux marchands différents deux énormes saumons.

 

Le matin du jour où devait avoir lieu le dîner on apporta un splendide saumon du Rhin. Il était aussi grand qu'un homme.

 

Pendant que tout le monde admirait cette bête exceptionnelle le second saumon, qui venait de la Moselle, fit son apparition. Celui-ci ne mesurait pas moins de six pieds.

 

« Monseigneur, dit Carême, il y a un saumon de trop. On ne peut pas les servir tous les deux...

 

  •  Vous les servirez cependant tous les deux, répondit le diplomate.

 

  • Monseigneur, je ne ferai pas cela. C'est contraire à toutes les règles.

 

  • Mais, monsieur, quand je commande...

 

  • Monsieur, personne ne peut me forcer à faire une faute professionnelle...

 

  • Voyons, ne vous fâchez pas, Carême...
  •  

Et le ministre des Affaires Etrangères chuchota quelques mots à l'oreille du cuisinier.

 

Au cours du dîner, dans une salle à manger éclairée d'innombrables bougies, où étincelaient les diamants et les médailles des officiers, des flûtes et des violons annoncèrent soudain l'arrivée d'un plat extraordinaire.

 

Deux maîtres d'hôtel entrèrent portant solennellement un plat d'argent. Le saumon du Rhin, entouré de citron et de persil, était couché sur un lit de fleurs.

 

Soudain, comme tout le monde poussait des cris d'admiration, un des maîtres d'hôtel glissa et le saumon tomba sur le parquet.

 

Un murmure désolé et plaintif s'éleva. Était-ce possible ? Un si beau poisson... Perdu !

 

  • Faites venir Carême! cria M. de Talleyrand.

 

« Monsieur, dit sévèrement le prince au cuisinier, voyez ce qu'on a fait de votre poisson. Avez-vous prévu qu'un accident semblable pourrait arriver ? »

 

  • Monseigneur, j'ai un autre saumon tout prêt, répondit Carême. Je prends toujours mes précautions...

 

Et l'on apporta, avec le même cérémonial, et selon ce qui avait été décidé le matin, pour étonner les invités, le saumon de la Moselle qui était encore plus beau.

 

Et presque immédiatement, un autre saumon fit son apparition. L’incident avait été planifié.

 

Lorsque Talleyrand décède le 17 mai 1838 à Paris à l’âge de 84 ans, certains plaisantent : « Talleyrand est mort ? Pourquoi donc a-t-il eu une telle idée ? »

 

Le souper légendaire des derniers jours de l'empire : Fouché et Talleyrand

Par  Béatrice de Rochebouët  Publié le 07/11/2013

 

Le 17 novembre, à Fontainebleau, Me Osenat mettra en vente trois lettres autographes qui retracent un face-à-face crucial entre Fouché et Talleyrand.

 

Voici une réunion de documents autographes inédits qui nous plongent au plus intime de l'histoire impériale. L'instant a été immortalisé au théâtre par Jean-Claude Brisville puis porté à l'écran en 1992 par Édouard Molinaro. Dans Le Souper, sur fond de Carmagnole, chanson si populaire créée à la chute de la monarchie le 10 août 1792, deux hommes dînent à huis clos, aux chandelles, dans un magnifique écrin de boiseries. Deux petites heures à déguster le foie gras du Périgord pour décider du destin de la France. L'heure est grave, le tonnerre gronde, l'Empire vacille. Le duel verbal auquel se livrent Fouché et Talleyrand, tantôt ennemis, tantôt complices, mais tous deux liés par les mêmes sordides intérêts, va devenir légendaire.

 

Pour rendre l'intrigue de ce face-à-face entre le «crime» et le «vice» encore plus palpitante, le film situe l'action le 6 juillet 1815, alors que le peuple se pose de sombres questions sur son avenir après la défaite de Waterloo. Or, d'après les trois lettres autographes mises aux enchères chez Me Osenat à Fontainebleau, ce souper serait légèrement antérieur. «Je me rendrai chez Votre Altesse à 5 heures et demie et j'aurai l'honneur de dîner avec elle…», écrit un an plus tôt, le 23 avril 1814, Joseph Fouché, le duc d'Otrante, à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

 

Chaque mot est pesé mais en dit long sur leur vrai visage.

 

D'un côté, il y a le redoutable Fouché, le ministre de la Police de Napoléon au sang-froid hors pair qui prenait un malin plaisir à mettre un homme en face de l'inavouable. Ce brillant oratorien et conventionnel régicide est connu pour avoir réprimé avec férocité l'insurrection lyonnaise de 1793 et fait exécuter le duc d'Enghien, avant de devenir le ministre de Louis XVIII, restauré par ses soins.

 

De l'autre, il y a le cynique Talleyrand, le ministre des Relations extérieures vénal et corrompu qui tempère, l'homme à femmes qui suggère autant d'admiration que de mépris, le «diable boiteux» défroqué dans Sacha Guitry toujours à la recherche d'un précaire équilibre.

 

Un double jeu perfide

 

Fouché a tenté de revenir en vain dans le jeu politique au début de la seconde Restauration en intriguant auprès de ce dernier, qui s'était rapproché des Bourbons et des alliés dès février 1814, au moment où Napoléon fut déclaré déchu par le Sénat, le 2 avril de cette même année. Son double jeu éclate au grand jour. Il écrit à Bonaparte «qu'il aurait été plus glorieux et plus consolant de vivre en simple citoyen dans les États-Unis d'Amérique» plutôt que d'accepter une retraite indigne à l'île d'Elbe de «celui qui a possédé un immense Empire». Or, il suggère à Talleyrand, alors ministre des Affaires étrangères, de montrer cette lettre d'une lucidité implacable au comte d'Artois, le futur Charles X, qui a été nommé chef du gouvernement provisoire et a signé la convention d'armistice le 23 avril 1814. Une perfidie aussitôt saluée par son complice du souper sur ces mots: «Excellent! Excellent! Vous auriez été à la messe du Saint-Esprit d'aujourd'hui que vous n'auriez pas dit mieux.»

 

Les jeux de la gastronomie et de la négociation : les enseignements du congrès de Vienne (1814-1815)

 

Or, la négociation, comme la gastronomie, prend sa source aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’apogée de leur alliance personnifiée par Talleyrand et son chef Carême, lors du Congrès de Vienne (1814-1815). Notre article a pour objectif, à travers l’étude du cas de l’alliance entre gastronomie et négociation, lors de ce Congrès, d’en faire ressortir certes les atouts pour le manager d’aujourd’hui (émotions, théâtralisation et communication), mais aussi les limites.

ICI 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 06:00
Le bonheur de l’en-cas sur une petite table à Versailles, pour Louis XIV il se composait de huit œufs durs, d'une poularde, de trois pains et de deux bouteilles de vin...

« En-cas » vieux mot français qui désigne une collation ou un repas léger. Il tient son origine de « en  cas de » : dans les châteaux de l’Ancien Régime, on laissait un repas froid sur une petite table pour ceux qui rentraient tard.

 

L’en-cas de Louis XIV, à Versailles,« il n'y avait plus après cela qu'à se coucher, mais le roi se sentait le ventre creux et, dans la crainte de défaillir d'inanition durant la nuit, il faisait mettre à sa portée un en-cas composé de huit œufs durs, d'une poularde, de trois pains et de deux bouteilles de vin...

 

Certes, Louis XIV « en laissait », puisque les restes étaient revendus, mais la princesse Palatine n'en vit pas moins son royal beau-frère ingurgiter à lui tout seul quatre pleines assiettes de soupes diverses, un faisan entier, une perdrix, un grand compotier de salade, deux grandes tranches de jambon, du mouton au jus et à l'ail, une assiette de pâtisserie, sans préjudice de fruits et de quelques œufs durs...»

 

« À deux heures du matin nous avalâmes un en-cas frugal, composé de fromage écrémé et de biscuits dont j'avais eu la précaution de me munir, car j'ai l'expérience de l'ascétisme... »

Arnoux, Rêverie d'un policier amateur, 1945, p. 221.

 

À propos de petite table j’aime beaucoup la description qui suit de la taille optimale d’une table :

 

« Les petites pièces et les petits logis aident à discipliner l’esprit disait Léonard de Vinci, qui ajoutait que les grandes pièces et les grands logis l’affaiblissent. On pourrait dire à peu près la même chose des tables à manger. Plus petites elles sont, plus grande est l’intimité ; les grandes tables sont bonnes pour les châteaux.

 

Si une table est trop large, il devient difficile de se parler d’un bord à l’autre et l’on ne peut converser qu’avec son voisin de gauche ou de droite. Si elle est trop étroite, c’est le contraire qui est vrai, car on s’adresse plus facilement à qui nous fait face. L’idéal est une table d’environ quatre-vingts centimètres de largeur, sa longueur étant fonction de celle de la pièce.

 

Alors quel en-cas sur la petite table ?

 

1 bout de fromage,  quelques tranches de saucisson, 1 œuf dur, 1 fruit, 1 quignon de pain, 1 bouteille de vin, 1 verre, 1 carafe d’eau…

 

À propos de fromage, cette anecdote savoureuse, so british : « Lors du grand incendie qui ravagea Londres en 1666, Samuel Pepys dut prendre des mesures pour protéger certains biens précieux d’une destruction totale : « Ce soir-là, sir W. Penn et moi, nous avons creusé un autre trou dans le jardin pour y mettre notre vin et moi mon fromage parmazan. »

 

Et l’œuf dur ?

 

5 avril 2010

« Le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain » au pied d’un ballon de rouge va-t-il disparaître ? ICI 

 

Comme l’écrit Jacky Durand dans Libération « l’œuf dur est un aliment singulièrement dual : il tient tout à la fois de la frugalité et de l’abondance, de l’en-cas où il est seul en scène et du gueuleton où il joue les troisièmes rôles dans des recettes du dimanche. »

 

En France l’œuf de poule est roux et, contrairement à une idée reçue la coloration de la coquille ne joue aucun rôle dans le goût de l’œuf. Cuire un œuf dur est à la portée du premier individu de sexe masculin élevé comme un gros naze par sa mère puisqu’il suffit de le faire cuire une dizaine de minutes dans de l’eau bouillante. La cuisson d’un œuf mollet relève lui d’un talent réel que peu d’individus mâles en pantoufles possèdent d’où l’expression féminine qu’ils reçoivent en revers lorsqu’ils protestent devant leur télé sur la qualité du frichti surgelé réchauffé micro-ondes :« va te faire cuire un œuf ! »

 

Et la bouteille de vin elle est là :

 

 

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 06:00
Mais qu’est-ce donc que la salade Francillon ?

« Nous sommes le samedi 21 août 1926. Il y a foule sur les quais d'Ouchy. Le petit dernier de la flotte de la Compagnie générale de navigation sur le lac Léman (CGN), L'Helvétie, est inauguré en grande pompe. Des dizaines d'invités français et suisses sont présents. Le juge cantonal Gustave Masson, président de la CGN, prend la parole en premier. Il est suivi de l'ancien conseiller fédéral Gustave Ador, alors président du CICR. Le repas préparé par Albert Maurer, restaurateur de La Savoie et du Café du Grand-Théâtre à Genève, est copieux :

 

« hors-d’œuvre variés, consommé double Madrilène, truite du Léman à la flotte sauce Nantua et pommes à l'anglaise, chaud-froid de volaille Bellevue, sorbet au Marasquin, petits pois Clamart, selle d'agneau de présalé, salade Francillon, bombe fédérale et biscuits glacés, mignardises, pièce montée, le tout arrosé d'aigle 1923, de pauillac Pontet-Canet 1916, de dézaley Grand Vin 1923, de corton 1919 et de Piper-Heidsieck 1919. »

 

Le chef de l'Helvétie se nomme Maître Cornu. Il est l'ancien cuisinier de «Sa Majesté le Roi du Monténégro».

 

 

Mais qu’est-ce donc que la salade Francillon ?

 

 

Dumas fils, ainsi qu’on l’appellera toujours, enfant illégitime du grand romancier et de la couturière Marie-Catherine Labay, est né le 27 juillet 1824 à Paris. Écrivain lui aussi, célèbre pour sa Dame aux camélias, pièce, partiellement autobiographique, qui relate son amour de jeunesse pour une jeune courtisane Marie Duplessis. Qui mourut de la tuberculose en 1847. Elle a inspiré Verdi pour son opéra La Traviata.

 

« Dans une autre de ses pièces, Francillon, dont la première se donne le 9 janvier 1887, à la comédie française, Dumas fils fait donner au cours de la pièce par Annette, la servante, la recette d’une salade à Henri, le jeune premier. Hâtivement noté par des spectateurs, le lendemain, le restaurant Brebant, établissement célèbre situé sur les boulevards, la met à sa carte. C’est le succès immédiat auprès des dîneurs, sous le nom de salade Francillon, toujours à la recherche de nouveautés.

 

La preuve est dans le texte, à l’acte I scène II :

 

L’acte I se déroule dans un grand salon, un hall très élégant, avec une serre vitrée au fond à laquelle on accède par la scène et les coulisses.

 

Dans la scène 1, sont présentes : la comtesse Francine de Riverolles appelée familièrement Francillon par ses amies et la baronne Thérèse Smith, amie d’enfance de Francine, qui devisent entre elles sur leurs vies, leurs conduites et leurs conditions en tant que « jeunes épouses et mères de moufflets de bonne naissance… ». Annette de Riverolles (Mlle Reichemberg), sœur de Lucien de Riverolles...

 

Arrive à la fin de la scène 1 pour préparer le thé qui vient d’être servi par les domestiques puis, au début de la scène 2, entrent le comte Lucien de Riverolles, époux de Francine, accompagné de deux amis, Stanislas de Grandredon et Henri de Symeux (M. Laroche). Francine va au piano et joue du Wagner. Au milieu de la scène, Annette est face au public avec Henri.

 

À la demande d’Henri, elle raconte la recette de sa salade de pommes de terre.

 

  • Annette : Vous faites cuire des pommes de terre dans du bouillon. Vous les coupez en tranches comme pour une salade ordinaire et, pendant qu’elles sont encore tièdes, vous les assaisonnez de sel, de poivre, de très bonne huile d’olive à goût de fruit, vinaigre…

 

  • Henri : À l’estragon !

 

  •  Annette : L’Orléans vaut mieux ; mais c’est sans importance. L’important, c’est un demiverre de vin blanc : château-yquem si possible… Beaucoup de fines herbes hachées menu… Faites cuire, en même temps, au court-bouillon, de très grosses moules avec une branche de céleri. Faites-les bien égoutter et ajoutez-les aux pommes de terre.

 

  • Henri : Moins de moules que de pommes de terre.

 

  • Annette : Un tiers au moins. Il faut qu’on sente peu à peu la moule. Il ne faut ni qu’on la prévoie, ni qu’elle s’impose. Quand la salade est terminée, remuez légèrement ; puis vous la recouvrez de rondelles de truffes… Une vraie calotte de savant.

 

  • Henri : Des truffes cuites au vin de Champagne.

 

  • Annette : Cela va sans dire… Tout cela deux heures avant de dîner, pour que cette salade soit bien froide quand on la servira.

 

  • Henri : On pourrait entourer le saladier de glace !

 

  • Annette : Non ! Non ! Non !... Il ne faut pas la brusquer : elle est très délicate et tous ses arômes ont besoin de se combiner tranquillement. Celle que vous avez mangée aujourd’hui est-elle bonne ?

 

  • Henri : Un délice.

 

  • Annette : Eh bien ! Faites comme il est dit, et vous aurez le même agrément. »
  •  

Recette de la salade Francillon sans truffes ce n’est pas la saison

 

Ingrédients

 

5 ou 6 pommes de terre à chair ferme

Du bouillon de bœuf

Huile d’olive

Vinaigre de vin

35 cl de chablis

Sel, poivre

Ciboulette

Romarin

40 à 50 g de beurre

1 branche de céleri

1 litre de moules de bouchot.

 

Préparation

 

  • faire cuire les pommes de terre dans leur peau dans le bouillon de bœuf

 

  • pelez les pommes de terre et coupez-les en rondelles de 5 mm d’épaisseur

 

  • assaisonnez d’une vinaigrette

 

  • ajoutez 10 cl de chablis, les herbes ciselées, sel et poivre.

 

  • mélangez avec précaution et laissez mariner

 

  • dans une grande casserole mettez le beurre, la branche de céleri, 25 cl de chablis et les moules.

 

  • couvrez et chauffez à feu vif jusqu’à l’ouverture des moules.

 

  • décoquillez les moules puis ajoutez-les aux pommes de terre.

 

  • mélangez délicatement et laissez rafraîchir.

 

Et avec ça on boit ça :

 

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 06:00
Dédié aux petites louves et petits loups Grenadou paysan français « L’histoire d’être cultivateur, c’est d’observer. Toutes ces plantes-là, c’est comme des animaux, ou même des enfants. »

En juin 1959, Alain Prévost, écrivain achète le presbytère de Saint Loup près de Chartres en pleine Beauce et fait la connaissance de son voisin Ephraïm Grenadou. De là naît l'idée de ce livre, « récit d'une vie consacrée à la vie d’un paysan de la Beauce, celle d’un homme de la grande culture céréalière qui a vécu toute sa vie au rythme saisonnier des labours, de l’ensemencement des champs, de la moisson et du battage. Il a été élevé dans la familiarité des bêtes, des chevaux en premier lieu, car le paysan beauceron ne pouvait accéder à l’indépendance que s’il possédait un attelage et c’est la maîtrise de la conduite des chevaux, à la charrue et dans les charrois, qui conférait la qualification la plus noble. »

 

Vie quotidienne : Grenadou, paysan beauceron

GÉRARD VINDT

01/03/1999

ALTERNATIVES ECONOMIQUES N°168

 

Saint-Loup se modernisait. L’électricité est venue en 26 et l’eau dix ans plus tard. En 30, (...) j’ai acheté d’occasion pour six mille francs une batteuse à moteur qui pouvait faire jusqu’à soixante quintaux par jour 1. Et je crois que c’est en 30 que j’ai acheté ma première voiture : une B2 d’occasion que j’ai payée six mille francs (...). On allait tous les samedis à Chartres, on se rencontrait. Tous, on s’intéressait à la nouvelle culture. « ça changeait d’avant la guerre, quand les gens n’étaient amis qu’avec le monde du village »

 

Grenadou, paysan français, par Ephraïm Grenadou et Alain Prévost, coll. Points-Histoire, première éd. Le Seuil, 1966).

 

 

Ephraïm Grenadou est né à Saint-Loup en 1897, commune de Luplanté, Eure-et-Loir, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Chartres, « avec la cathédrale sur l’horizon ». Son père, charretier, avait réussi à s’acheter un bout de terrain : « C’était des gens tout à fait économes. Ils travaillaient comme des serfs. »

 

Grenadou, revenu de la guerre, se marie et se met en quête de terres à blé. Il loue neuf hectares et achète les vingt-cinq de son beau-père. Il met tout de suite de l’engrais à la place du fumier, innove dans l’élevage de cochons, ouvre en 1926 un compte au Crédit agricole et achète un tracteur d’occasion qui fait bien « le travail de huit chevaux ». En 1928, après avoir repris la ferme de son père et acheté encore une dizaine d’hectares, il se retrouve à la tête de 75 hectares. Suivent la batteuse et la voiture. Il est assez fort pour encaisser la crise des années 30 et même pour s’agrandir, en rachetant les terres de deux petits paysans : « J’étais pas loin de la centaine d’hectares et la crise était passée. »

 

Parti de peu, Grenadou a fini par " commander une grande ferme ". Il est de cette paysannerie moyenne qui prospère et se modernise dans l’entre-deux-guerres, alors que l’agriculture française fait encore preuve d’un retard certain. Un résultat de la lenteur de la modernisation et de la décrue rurale. Ainsi, c’est seulement en 1926 (soixante-quinze ans après le Royaume-Uni) que la population urbaine passe définitivement la barre des 50 %. Depuis le milieu du XIXe siècle en effet, seuls les ouvriers agricoles ont quitté massivement la terre : de 3,7 millions en 1851, ils passent à 1,9 million en 1921, puis à 1,5 million en 1936. Mais les exploitants agricoles, qu’ils soient propriétaires ou locataires, s’accrochent à leur terre et se maintiennent autour de 5,8 millions depuis le milieu du XIXe siècle.

 

Il faut la guerre, le déficit de jeunes, la concurrence de produits meilleur marché d’outre-mer, l’attraction des emplois industriels ou du service public et la crise pour qu’ils cèdent inexorablement du terrain : ils ne sont plus que 4,5 millions en 1936.

 

Mais ce nombre est encore important et traduit les faiblesses de l’agriculture française. Peu productive, elle n’est pas capable d’alimenter le marché national et le pays importe 25 % de sa consommation en 1929. Les rendements moyens à l’hectare sont nettement inférieurs à ceux des principaux concurrents européens : 14 quintaux pour le blé (20 en Allemagne, 29 aux Pays-Bas), 104 quintaux pour les pommes de terre (207 en Belgique). Si l’araire a été remplacée par des charrues plus perfectionnées, beaucoup de fermes ont des râteaux et des faucheuses à traction animale, les machines plus performantes sont rares : 322 000 semoirs mécaniques, 422 000 moissonneuses-lieuses, une centaine de moissonneuses-batteuses en tout et pour tout, 27 000 tracteurs.

 

L’agriculture modernisée est donc clairement minoritaire. Mais elle existe. C’est même son essor qui explique largement la croissance annuelle moyenne du produit de l’agriculture de 2 % dans les années 20, le recul de la jachère, la croissance des dépenses pour produire, qui passent de 10 à 20 % du montant du produit brut final entre 1913 et 1936. Sur une bonne terre et en pratiquant une agriculture moderne, Grenadou fait deux fois plus de blé à l’hectare que la moyenne nationale.

 

Les bienfaits de la République

 

Il n’est pas le seul dans ce cas et ne doit pas tout à sa seule vaillance et à son sens, bien réel, du marché. Il bénéficie d’abord des politiques publiques. Au début, pour acheter six hectares, il emprunte 10 000 francs : « La République prêtait de l’argent à 2 % aux anciens soldats. «  Grenadou a bonne mémoire : dès avril 1918, une loi accorde des prêts à taux très bas en cette période de forte inflation, sur 25 ans (1 %, puis 2 % après la fin de la guerre), par l’intermédiaire des caisses de Crédit agricole, pour l’acquisition ou l’aménagement des petites propriétés rurales, afin de " donner un témoignage de la sollicitude à l’égard de ceux qui ont été particulièrement éprouvés par la guerre ". Grenadou, d’autre part, ne se plaint guère des impôts, et pour cause : la paysannerie, qui représente 38 % de la population active en 1929, verse 5 % de l’ensemble de l’impôt sur le revenu, et l’impôt foncier connaît une nette baisse.

 

Dans le même temps, l’Etat finance l’équipement du monde rural. Il n’y a pas qu’à Saint-Loup que l’électricité arrive. En 1917, 17 % des communes étaient raccordées, elles sont 48 % en 1927 et 95 % en 1938. Par cette politique volontariste, l’Etat veut pallier le manque de main-d’œuvre salariée en facilitant l’usage des machines. Il entend aussi réduire le décalage entre les modes de vie ruraux et urbains, afin de freiner l’exode rural. D’ailleurs, Grenadou, né en terre de radicalisme, reconnaît volontiers ce qu’il doit à la République, comme il sait gré au Front populaire de stabiliser les prix des céréales avec la création de l’Office du blé. Grenadou peut compter aussi sur tout un réseau de modernistes comme lui, qui s’entraident. Le samedi, à Chartres autour d’un billard, ces paysans qui " s’intéressent à la nouvelle culture " se rencontrent et s’épaulent. Plus tard, en 1946, les mêmes fondent une coopérative pour se payer une grosse batteuse et d’autres engins.

 

Mais Grenadou est aussi, par d’autres traits, représentatif de l’ensemble de la paysannerie française : quand la crise survient, on retrouve, y compris chez lui, l’importance de l’autosubsistance : « Presque tout ce qu’on mangeait venait de la ferme : le cochon, les légumes, les pommes de terre. Je faisais du fromage blanc. Une fois par semaine, on tuait un lapin. » Une autosubsistance qui, au niveau national, représente encore le quart de la production des paysans en 1938. Malgré son enrichissement, il reste fidèle à son mode de vie austère et à son milieu d’origine. Il est fier de se dire « paysan », attaché à garder des bêtes, même si elles ne rapportent pas. C’est son beau-fils, d’une autre génération, qui deviendra  « cultivateur ».

 

Chapitre 13 et dernier chapitre : Aujourd’hui

 

Nous voilà aujourd’hui.

 

J’ai soixante-neuf ans et je cultive cent soixante-dix hectares.

 

Tous les matins, je me lève à six heures. Mes compagnons viennent manger et je fais chauffer le café. La patronne se lève après, tout doucement. Pendant que mes ouvriers déjeunent, je prends seulement du café et on cause boulot de la vieille, d’où on en est, de ce qu’on va faire. Quand ils savent leur travail de la journée, je vais curer mes deux vaches.

 

Si j’ai encore deux vaches, c’est parce que je veux pas être cultivateur et aller au lait chez le voisin. Je peux pas lui dire : « J’ai plus de vache parce que ça me rapporte pas. » Pourquoi est-ce qu’il me vendrait du lait, alors ?

 

Curer les vaches, ça e met en train. La patronne vient tirer quelques litres de lait pour la maison et après, je fais boire les veaux. Tout en faisant mon ouvrage, j’entends les tracteurs qui démarrent.

 

Je déjeune : des œufs. Je soigne les poules, les canards, mon chien. J’aide la patronne ; je vais lui chercher ses pommes de terre, ses poireaux dans le jardin. Je lui apporte tout à la maison parce qu’avec l’âge, elle est moins magnante.

 

Après, je prends ma voiture et fais un tour, voir mes gars. Je prends les chemins de traverse, je passe dans le bout de mes champs, je vois le blé où j’ai semé. Je le vois lever, je le vois pousser, je vois ce qu’il lui manque, s’il a faim, s’il faut que je traite, que je le nettoie.

 

L’histoire d’être cultivateur, c’est d’observer. Toutes ces plantes-là, c’est comme des animaux, ou même des enfants. Je les regarde grandir et si elles profitent mal, je fais ce que je peux. Ce qui m’intéresse dans la moisson, c’est de la voir pousser belle. Elle me plaît parce qu’elle vient de moi, un peu. Quand elle est battue et stockée sous le hangar, je la regarde plus.

 

Je retrouve mes gars, je descends de l’auto, je marche derrière le tracteur. Ça m’intéresse tellement qu’au lieu de faire un tour, j’en fais trois. Midi arrive, je suis surpris.

 

Le midi, je mange avec mes ouvriers. Là, c’est plus la même conversation que le matin et on ne parle plus boulot. On parle du journal et de toutes sortes. Après les grandes tablées d’autrefois, nous voilà quatre. C’est plutôt la vie de famille. Quand on était beaucoup, on avait des horaires, tandis que là, on a des heures pour rentrer, mais pour sortir, les gars font ce qu’ils veulent ; ils lisent, ils flânent, ils se reposent.

 

Quand le journal arrive le matin, je regarde seulement les grandes lettres. Après-midi, je dors mon somme et je lis les articles qui me plaisent. C’est pour ça que je fais jamais marcher la TSF,  parce que si j’ai entendu les nouvelles à la radio, je veux plus lire le journal.

 

À deux heures moins dix, je suis tellement habitué que je me lève sans regarder la montre. Mes gars partent. Souvent, j’ai des courses à faire ; comme aujourd’hui, j’ai été à Chartres avec Marius et on a acheté une tronçonneuse ; ou bien la banque, des visites, emmener la patronne chez le médecin.

 

Vers cinq heures, je vais à Luplanté faire ma partie de billard. Je retrouve les copains : Chaboche, Chevalier, Balais et puis toi. On joue jusqu’à sept heures et je rentre.

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 06:00
Au secours François Hollande 2022 revient !

Les yeux de l’amour, les yeux de Chimène « … je le vois quand on sort, c’est qu’il y a une vraie attente, beaucoup de gens espèrent son retour. » L'aveuglement paradoxal de ce regard de Julie Gayet sur François Hollande : « Un seul regard de l'être qu'on aime équivaut à douze années de bonheur. » transforme un succès de librairie de son livre Les Leçons du pouvoir, publié le 11 avril, qui a dû être réimprimé dix fois, le tirage initial de 70.000 étant finalement doublé. Près de 100.000 exemplaires ont été vendus, selon un proche de François Hollande. L'ouvrage devrait être publié en livre de poche l'année prochaine, augmenté d'un ou deux chapitres où François Hollande essaiera de « tirer tout le miel de ses rencontres » durant sa tournée de promotion. La plus longue séance de dédicaces, à Saint-Brieuc, a duré... 8h30, plus de 1.000 personnes étant venues à la suite du "buzz" autour de la signature du livre dans le centre culturel Leclerc de Plérin (Côtes-d'Armor).

 

 

Selon son entourage, il a rencontré près de 21.000 personnes dans 56 villes en trois mois. L'ancien chef de l'Etat aura tenu en tout soixante séances de dédicace dans 48 départements. En moyenne, il a rencontré à chaque fois 350 à 400 personnes, échangeant avec chacune environ trois minutes, précise son entourage.

 

Alors, François Hollande 2022 ?

 

 

Au recto, le portrait de l’ancien président encadré par le slogan "Hollande 2022". Au verso, quelques lignes : "Qui a tenu face aux attentats? Qui a rétabli les comptes publics? Qui a inversé la courbe du chômage? C’est François Hollande. L’histoire n’est pas terminée." Ce tract, de jeunes gens vous le mettront peut-être en main dimanche, si vous passez vos vacances dans le Puy-de-Dôme. Les 21 et 22 juillet, ils le distribuaient sur deux marchés de Marseille (Bouches-du-Rhône). Fin juillet, ils frappaient aux portes de la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Effet de surprise garanti. C’est d’ailleurs l’objectif : tester la réaction des Français.…

 

Revenir !

 

Redevenir président de la République ?

 

Mission impossible !

 

Là où Giscard et Sarkozy ont échoué, Hollande peut-il réussir ?

 

Pour l'historien Christian Delporte, « le niveau de condamnation morale, au moment du départ, détermine le retour en politique. L'âge aussi est un autre critère. »

 

 Selon le chercheur, seul le général De Gaulle a réussi à revenir : « Le général De Gaulle symbolise l'homme providentiel. Son retour est improbable. Il quitte le pouvoir en 1946, rate le créneau d'un retour en 1947 puis en 1951. Et après cette date, il est fini. Il se retire, écrit ses mémoires, se coupe du monde. Six mois avant son arrivée au pouvoir, il est absent et sa cote ne dépassait guère les 17% d'opinions favorables. Et d'un seul coup, il y a le chaos et son nom émerge. C'est oublier qu'en coulisses, il a su agiter ses réseaux, les relais dans la presse via l'action d'Olivier Guichard [son chef de cabinet de 1951 à 1958, NDLR] sans oublier un fort activisme du côté d'Alger. Pour revenir, il faut avoir des amis qui doivent préparer le désir du retour. » Agiter ses réseaux pour monter qu'on existe encore, voici peut-être ce qu'essaie de faire François Hollande.

 

Lire VGE, l'éternel retour avorté et Sarkozy, la barrière de la primaire ICI 

 

Quelques remarques en vrac :

 

  • Hollande ne peut, ni adopter la tactique Giscard, reconquête de mandats, il n’y a aucune élection en vue,  de plus rien ne dit qu’il serait élu ; ni celle de Sarkozy, la reconquête du parti, il a  carbonisé le PS, de plus dans ce qu’il en reste il n’est pas majoritaire : voir l’échec de son grognard Le Foll.

 

  • Des élus PS il ne reste que les grands féodaux des régions, les sénateurs et les recasés européens, tout  ce petit monde, lors des futures échéances, voudra sauver sa peau et non faire une quelconque allégeance à un Hollande dévalué.

 

  • Hollande oublie qu’il a été coulé d’abord par les frondeurs et, qu’au premier tour des Présidentielles, tout ce beau monde ira se nicher dans les bras de Mélanchon, y compris les communistes ; alors au premier tour il risque fort de se retrouver, au mieux, quatrième, à la place qui a rendu Mélanchon dingo.
  • En 2022, le bilan de Hollande sera oublié, les cartes rebattues, c’est son fils Macron qui sera la clé du scrutin de premier tour : supputer sur les conditions de celui-ci, 4 ans avant l’échéance, relève de l’amnésie.
  •  

Certes en politique il ne faut jamais dire jamais mais 2022 c’est loin, très loin, mais comme Hollande ne sait rien faire d’autre que de la politique il faut bien qu’il s’occupe.

 

Tract «Hollande 2022» : au secours, Hollande revient? par  Arnaud Benedetti 

 

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier «Le coup de com' permanent» (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.

 

« Ce tract au cœur de l'été vantant une éventuelle candidature de Francois Hollande en 2022 n'a sans doute pas le sens qu'à première vue nous serions tentés de lui prêter: un teasing un peu pathétique d'une aventure improbable. C'est vrai qu'à y regarder de près tant le timing que le message grandiloquent selon lequel «l'histoire n'est pas finie» prêteront inévitablement à sourire pour l'immense majorité de ceux qui à ce stade n'ont aucune envie de revoir un ancien Président dont la trace demeure pour l'instant celle d'une impuissance pataude. À l'aune de l'immédiat, qui est l'étalon incertain mais sans appel du jugement de l'actualité, le coup de com' est raté: il s'apparente plus à la farce de Maître Pathelin qu'à la bande-annonce d'un futur blockbuster. On s'interrogera sur une opération dont l'écho ne peut que rencontrer scepticisme et moquerie mais dont il faut bien admettre qu'elle s'inscrit manifestement dans une stratégie plus globale.

 

Voici des semaines que l'ancien chef de l'État sème, tel le petit-poucet d'une social-démocratie égarée dans la forêt du «nouveau monde» marketé, les cailloux de ce qu'il imagine être sa «remontada» dans les esprits et l'opinion. Son livre, long plaidoyer d'un quinquennat qu'il estime incompris, a été une première étape dans la quête de sa crédibilité perdue. Encore faut-il ne pas prendre un succès de librairie pour un capital politique mais les nombreuses ventes signifient que la marque Hollande peut encore susciter de l'intérêt, à défaut d'adhésion. Le pari, d'évidence, est loin d'être gagné mais attestons qu'il repose sur un semblant de ce qu'on pourrait appeler un carré magique. »

 

Hollande est obsédé par son bilan qu'il considère piétiné par une appréciation hâtive. L'ancien président spécule sur la maturation à venir de celui-ci.

Hollande force le trait, clivant toujours plus sa différence avec Macron dont il fut pourtant le géniteur politique.

Lire ICI

 

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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 06:00
Gino Bartali « le pieux » inscrit « Juste parmi les nations » au jardin des justes de Yad Vashem, Alberto Toscano nous éclaire sur son incroyable destin dans 1 vélo contre la barbarie nazie.

Vous connaissez mon amour de l’Italie.

 

Le 7 mars 2008 je livrais une chronique :

 

Coppi et Bartali : les campionissimi et le Chianti  ICI 

 

Curzio Malaparte dans « Coppi et Bartali Les deux visages de l'Italie », écrit en français, notait :

 

 

« Dans la rivalité de Bartali et de Coppi, peut-être, Pindare ne verrait que le symbole des luttes, des souffrances, des sacrifices, des espoirs de nos générations offrent à la liberté, à la paix, au bonheur des hommes et des nations. »

 

Gino Bartali, qui gagna son deuxième Tour de France en 1948, à 34 ans, « buvait du chianti, le chianti de ses vignes, et fumait des Gauloises, alors que Fausto, on l'a souligné, observait une discipline de vie monacal. » écrit Jacques Augendre. Bartali est décédé en l'an 2000 à l'âge de 86 ans, Coppi en 1960 à l'âge de 41 ans mal soigné de la malaria.

 

Lire ICI l’extrait le beau texte de Curzio Malaparte.

 

Alberto Toscano, le plus parisien des Italiens de Paris, vient d’éclairer ma lanterne sur une facette de Gino Bartali, homme pieux, épris de justice et pétri d'humanisme, qui s'est mis à collaborer avec une organisation chrétienne pour lutter en sous-main contre le fascisme/nazisme.

 

 

« Trois fois vainqueur du Giro d'Italia (1936-1937-1946), deux fois vainqueur du Tour de France (1938 - 1948), Gino Bartali avait également un tout autre trophée à son actif, qu'il a soigneusement et pudiquement gardé pour lui de son vivant, préférant être célébré d'abord pour ses capacités sportives. En collaborant avec une structure clandestine catholique ayant hébergé et assisté les persécutés politiques et ceux qui avaient échappé aux rafles des nazis et des fascistes en Toscane, le coureur cycliste est parvenu à sauver au moins 800 Juifs pendant cette sombre période de l'histoire de l'Italie, notamment en transférant de faux papiers cachés à l'intérieur de son vélo. Performance sportive et performance humaniste, pour un destin hors du commun. »

 

Toute sa vie Gino Bartali refusera d’évoquer ce moment de sa vie, son fils Andrea donne le pourquoi par une phrase que son père lui avait confiée :

 

« Je  veux qu’on se souvienne de moi pour mes performances sportives et pas comme un héros de guerre. Les héros, ce sont les autres, ceux qui ont souffert dans leur chair, dans leur âme, dans leur famille. Je me suis contenté de faire ce que je savais faire de mieux. Aller à bicyclette. Le bien doit être accompli dans la discrétion. Si on le divulgue, il perd de sa valeur car c’est comme si on voulait tirer bénéfice de la souffrance d’autrui. Il y a des médailles qu’on accroche à son âme et qui compteront dans le royaume des Cieux, pas sur cette terre. »

 

Gino Bartali a gagné le Tour 1948 (édition numéro 35 de la Grande Boucle et numéro deux de l’après-guerre)

 

C’est l’année  de ma naissance en juillet.

 

Fausto Coppi son jeune ambitieux rival refuse d’y participer comme « valet » de Bartali.

 

Ce sera un tour dur : « Sur les 120 coureurs qui prennent le départ le départ le 30 juin à Paris, seulement 44 arriveront dans la capitale le 25 juillet, après un parcours de 4922 km en 21 étapes… »

 

L’équipe de France est dominée par deux personnages : Jean Robic qui a remporté le tour 47 et le grand espoir Louison Bobet.

 

Alberto Toscano souligne que « ce Tour de France a été pour l’Italie un évènement plus historique que sportif.

 

Pourquoi ?

 

Le 14 juillet est jour de repos à Cannes.

 

« Ce même jour La Botte explose. À Rome, Palmiro Togliatti, le très habile et pragmatique secrétaire général du PCI, est en train de quitter le Palais Montecitorio ( siège de la Chambre des députés) avec sa jeune ami, la sénatrice Nilde Jotti, quand un certain Antonio Pallante, néo-fasciste et déséquilibré (une chose n’exclut pas l’autre, bien au contraire…), tire sur lui trois coups de révolver. Togliatti est grièvement blessé, mais heureusement vivant. »

 

« La grève générale est proclamée. Certaines usines sont occupées. La colère devient protestation. La protestation fait tache d’huile et devient révolte. La révolte pourrait devenir guerre civile. »

 

À gauche les tendances du fanatisme révolutionnaire et à l’extrême droite néo-fasciste et monarchiste, on espère profiter du chaos.

 

14 morts au cours de la seule journée de l’attentat, et 16 autres dans les deux jours qui suivent, plus de 800 blessés.

 

Le soir du 14 juillet, Gino Bartali, reçoit un coup de téléphone d’un homme qu’il connaît bien (il lui a demandé de se présenter aux élections) Alcide De Gasperi le Président du Conseil Démocrate-Chrétien.

 

« On dit, mais sur le contenu de la conversation réalité et légende s’entremêlent, qu’il demande à Bartali de réaliser un formidable exploit pour détourner les Italiens d’une agitation sur le point de franchir la ligne rouge. »

 

« Bartali doit tout simplement gagner le Tour de France ! Il doit passionner ses compatriotes par une performance hors du commun, Et il le fait. »

 

Il va gagner 3 étapes consécutives et décisives.

 

« Le 14 juillet, le maillot jaune est sur les épaules de Louison Bobet. Bartali est huitième au classement général, avec un retard de 21 minutes et 28 secondes. C’est énorme. Le 15, Gino part à l’attaque pendant l’étape de montagne (avec entre autres l’Izoard) de Cannes à Briançon. Il gagne en solitaire. Il grimpe dans le classement général. Il est désormais en seconde position et son retard sur Bobet n’est plus que d’1 minute et 6 secondes. »

 

« Le 16, de Briançon à Aix-les-Bains (avec le Galibier), Bartali gagne encore en solitaire et arrache à Louison Bobet le maillot jaune qu’il ne quittera plus jusqu’à Paris. »

 

« L’étape suivante, d’Aix-les-Bains à Lausanne, se dispute (après un autre jour de repos) le 18 juillet. C’est l’anniversaire de Gino le Vieux, qui souffle 34 bougies en obtenant son troisième succès consécutif dans les Alpes et en renforçant encore sa position au classement  général. »

 

À l’arrivée à Paris, le 25 juillet : 26 minutes et 16 secondes d’avance sur le belge Briek Schotte et 28 minutes et 48 secondes sur le français Guy Lapébie.

 

Gino a gagné 7 étapes et le prix du meilleur grimpeur.

 

Gino déclarera plus tard à la télé « J’ai fait seulement mon devoir. Je me suis comporté comme un coureur cycliste. Mais, si tout avait été calme en Italie, j’aurais livré bataille plus tard. Lors d’une autre étape »

 

« Même les Français sont séduits par Gino, ovationné à la fin de la Grande Boucle. Son succès est celui de la réconciliation franco-italienne. La page de la rancune et des incompréhensions de l’après-guerre est tournée. La France est pacifiée avec l’Italie ; et l’Italie est pacifiée avec elle-même. »

 

« L’une des chansons les plus connues de Paolo Conte est dédiée à cet aspect franco-italien de la performance de Bartali. On y fait allusion à la méfiance française d’avant le Tour et au défi de Gino à ce qui reste d’une certaine hostilité anti-italienne. La France se sentait à juste titre blessée par la lâche agression mussolinienne du 10 juin 1940, mais – en voulant à tout prix participer au Tour 1948 et en obtenant une victoire si précieuse – Bartali lui a montré l’existence d’une Italie profondément digne de respect. »

 

Pour Paolo Conte « l’essence de la transformation de 1948 tient à ce mot respect. »

 

Combien de route j’ai fait jusqu’ici

Combien de route a fait Bartali !

Son nez est triste comme une longue montée

Cet italien a un regard tellement gai !

Et les Français finalement nous respectent

Ils sont là, encore, qui rouspètent !

Moi, je suis en train d’attendre Bartali

Sandales aux pieds, je ne bouge pas d’ici !

Je veux voir surgir de la chaussée

Ce nez triste d’Italien tellement gai !

« On a tiré sur Togliatti ! » La difficile interprétation de l’attentat du 14 juillet 1948
Fabien Archambault
Le 14 juillet 1948, à la nouvelle de l’attentat contre Palmiro Togliatti, le secrétaire général du Parti communiste italien, se déclenche de manière spontanée une grève générale illimitée tandis que l’Italie se couvre de barricades. Le calme ne revient que le 16 juillet, alors que de l’autre côté des Alpes, le cycliste Gino Bartali s’apprête à remporter le Tour de France. Dès lors débute un autre combat, historiographique celui-là, autour de l’interprétation de cet événement exceptionnel. À gauche, le débat porte sur la question de savoir s’il s’agissait d’une authentique tentative insurrectionnelle ou bien d’une explosion de colère et d’indignation sans perspective politique précise. Du côté catholique s’élabore en contrepoint le mythe des vertus pacificatrices d’une victoire sportive, capable de détourner la masse des Italiens des sirènes démagogiques d’un Parti communiste présenté ainsi comme un corps étranger à la société italienne.
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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 07:00
Les Pitoyables du Media TV : Chikirou, Lancelin, Miller… L’argent n’a pas d’odeur surtout celui des socios… Le dérisoire porté à l’incandescence…

Ce pourrait être un vaudeville, avec des portes qui claquent, des cocus, des vacheries, des règlements de compte, ce n’est que l’édifiante et dérisoire histoire du Media TV, le zinzin avec un faux nez des Insoumis, qui part en eau de boudin.

 

Ce n’est ni un drame, ni une tragédie, mais le minuscule combat, d’egos surdimensionnés, avides de pouvoir et de reconnaissance médiatique avec en sus du beurre dans leurs épinards.

 

Présentation :

 

D’un côté les grands bourgeois, qui aiment le peuple quand il est loin, qui se refont une virginité de gôche en enfourchant tous les sujets fédérateurs des mécontents, des frustrés de la présidentielle, des orphelins du non au référendum sur le traité européen, mélange indistinct de rouge et de brun, du ramassis de l’extrême-gauche minoritaire qui n’a jamais compris qu’elle ne représentait que les phantasmes de ses membres, les vieilles lanternes, Castro, le Vénézuela… : Aude Lancelin, dites Galadriel en interne, qui pourfend depuis son salon ses ex-confrères et le courage fuyons, l’ex porteur d’eau de la Gauche Prolétarienne, le caqueteur médiatique Gérard Miller.

 

De l’autre, Sophia Chikirou, la double face, la bénévole vertueuse et la gagneuse qui se fait des virements sur son compte perso, celle par qui le scandale arrive, mais où est passé son patron Mélenchon ?

 

Le dérisoire porté à l’incandescence !

 

Le Guignols de l’info de Bruno Gaccio qu’est socio du Media TV

 

Alors quel est l’intérêt d’évoquer ces déchirements minables ?

 

Tout simplement pour mettre en exergue l’état du débat public qui s’approche du degré zéro , où que le regard se porte, aussi bien du côté des médias traditionnels que de ceux qui se disaient novateurs, je ne suis pas sûr que nous ayons encore touché le fond.

 

Mais aussi pour river le clou aux donneurs de leçon de salon, qui pullulent, ceux qui lavent plus blanc que blanc, les dégagistes, les profiteurs du vide idéologique des partis politiques, les va-de-la-gueule, les opportunistes, les amnésiques des errements communistes, les qui ne se mettent jamais les mains dans le cambouis, les orphelins du grand soir, les apparatchiks syndicaux en voie d’extinction, en un mot celles et ceux qui nous traitaient de gauche américaine pour prospérer dans la rue sous la droite.

 

Ce qui les emmerde, les fait enrager, c’est que Macron penche beaucoup à droite mais leur sauce ne prend pas.

 

Et alors, ce n’est pas une raison pour nous vendre toujours la même soupe pas fraîche, nous faire accroire que leur média est indépendant alors qu’il est, et c’est dans sa conception même, le vecteur d’une idéologie partisane.

 

Faut arrêter de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

 

Alors moi, qui n’en ai rien à péter, je me fais un malin plaisir de les marquer à la culotte, de les contrer, de les renvoyer à leurs contradictions. Avec gourmandise j’attendais le jour où le boomerang de leurs pratiques, les insoumis ne sont pas pires que les autres mais ils sont comme les autres, leur reviendrait en pleine gueule.

 

C’est fait !

 

Je me gondole…

 

Je ne suis pas socio de Media TV, donc ça ne fait ni chaud ni froid de voir leur blé partir en fumée mais nos grands médias sont malades et le spectacle donné par les fondateurs du Média TV est lamentable, apte à faire penser à beaucoup de nos concitoyens : « tous pourris »

 

Pièces versées au dossier :

 

Une lettre de Gérard Miller, sur le mur Facebook des Socios, le 12 août 2018, pour patienter avant la rentrée du Média TV.

 

"C’est compliqué de savoir si on doit ou non intervenir dans la polémique actuelle. Certains Socios le souhaitent, d’autres demandent au contraire qu’on mette tous la pédale douce. Pour ma part, ayant quitté la présidence de l’Association et ne souhaitant plus occuper à la rentrée la moindre fonction dirigeante (c’est ce que j’avais annoncé à la création du Média), j’ai décidé de ne plus communiquer dans la presse et je m’y tiendrai. En revanche, je me dis qu’il ne faudrait pas interpréter mon éventuel silence comme du désintérêt, encore moins comme de l’embarras. Tout au plus y-a-t-il chez moi de la perplexité.

 

Je m’explique.

 

La connaissant pas trop mal, j’imaginais bien que notre amie Sophia, tout en annonçant urbi et orbi qu’une nouvelle mission enthousiasmante l’attendait (coordonner une campagne électorale européenne) aurait un peu de mal à quitter le Média (c’est plus qu’humain). Mais j’avoue que je ne me doutais pas que sa décision de partir s’accompagnerait d’un tel tumulte.

 

Certains ont donc souhaité lancer tous azimuts une polémique… un peu avant le 15 août !

 

Un peu avant le 15 août, c’est-à-dire quand le Média est en vacances et ses salariés dispersés à travers le monde. En plein mois d’août, comme s’il fallait lancer ladite polémique juste avant que la saison 2 ne commence en septembre...

 

Que dire du coup de l’avalanche de messages envoyés, et surtout de l’avalanche de fausses informations ? A coup sûr, que le risque est grand de voir les Socios troublés sinon dégoûtés, et que c’est manifestement l’objectif de cette polémique : affaiblir le Média, empêcher la saison 2 de commencer et si possible mettre un terme à l’aventure.

 

Alors, avant de répondre à deux ou trois de ces fausses informations, histoire de ne pas tout remettre à demain, précisons l’essentiel : noyer les poissons est absolument stérile, mentir ne sert à rien et calomnier est tout autant superflu. Les Socios veulent en savoir plus, beaucoup plus, sur ce qui se passe, sur ce qui s’est passé et sur ce qui se passera ? Ils ont mille fois raison ! C’est justement là un des premiers objectifs de cette déjà fameuse saison 2, car s’il y a une chose qui a été dite et répétée, tout au long du séminaire que les équipes du Média ont tenu en juillet, c’est qu’il fallait en finir définitivement avec l’opacité qui a régné pendant la saison 1.

 

Vous savez quelle est l’une des premières mesures qui a fait l’unanimité entre nous ? Précisément de publier sur le site (pas seulement sur Facebook), et ce dès le début de la saison 2, tous les faits, toutes les données et notamment tous les chiffres qui intéressent la vie du Média. Tout sera « à ciel ouvert » dès le début de la saison 2, en septembre, plus que quelques jours à attendre...

 

Bon évidemment, vous qui me lisez, vous n’êtes pas obligés de le croire. Si vous êtes Socio depuis un moment, vous savez que ce n’est pas la collégialité et la transparence qui ont étouffé jusqu’à présent le Média, et vous êtes en droit de penser que ce sera du pareil au même pendant la saison 2. Alors, je vous le dis simplement : ok, ne croyez que ce que vous voyez, mais du coup, restez solidaires du Média, acceptez au moins qu’elle commence, cette saison 2, histoire de voir justement ce qu’elle sera ! Attendez au moins septembre, attendez au moins les premières semaines (je n’ose pas dire les premiers mois tant je vous suppose, et je le comprends, impatients), attendez de pouvoir juger sur pièces ! Laissez au moins Aude commencer ! Laissez les premiers programmes arriver sur les écrans ! Et attendez de savoir comment les nouvelles présidentes et leurs équipes vont enfin associer les Socios à la vie du Média !

 

Sophia, même si cela t’agacera, je prends la liberté de m’adresser publiquement à toi. Tout semble nous séparer aujourd’hui alors que nous avons été particulièrement proches pendant plus d’un an. Nous avons eu beaucoup plus que quelques points communs politiques, nous avons co-fondé ensemble le Média, tu es venue chez moi, tu connais plusieurs de mes enfants, nous avons passé ensemble des jours de vacances — je veux bien que tout à coup la terre se soit fendue en deux et que nous nous retrouvions à deux bouts de la planète, mais, n’étant pas stalinien, je t’avoue avoir encore du mal à y croire. Alors calmons-nous un peu. Et remettons les choses à leur juste place. Tu étais présidente de la Société de production jusqu’au 24 juillet, toi tu dis même jusqu’au 27. Eh bien jusqu’à quasiment la fin du mois de juillet, tu as donc dirigé le Média, et comme tu l’entendais — comment en 15 jours, et en 15 jours de vacances qui plus est, peux-tu accuser la nouvelle direction et te répandre un peu partout dans la presse et sur les réseaux sociaux pour dire que tout n’est que trahison, compromission et déception ? Pendant un an, sans mégotter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du Média, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! « J’aurais dû créer le Média toute seule », as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre.

 

Je te parle franchement : rien que de devoir démentir les allégations perfides que tu diffuses sur mon compte, j’ai un goût de cendres dans la bouche. Moi, je t’aurais par exemple refusé de faire un audit sur les finances du Média — mais quelle blague ! J’ai essayé pendant les 15 jours du séminaire d’y voir un peu clair sur ta gestion (et ce n’était pas facile, crois-moi), et j’aurais refusé que tout s’éclaire comme par miracle — mais qu’un, dix, cent audits fleurissent, je te soutiens ! Et je compte bien sur le Média, que je n’aspire pas un instant à diriger (autre bobard), pour encourager cette très bonne idée. Tu vois, on va finir par être d’accord...

 

Ah, non, il y a point où je crains que ça ne passe pas entre nous : c’est ce qui concerne Mediascop. Je respecte ton travail de communicante, j’ai animé une émission entière des Sujets qui fâchent avec un journaliste de Radio-France qui avait notamment mis en cause ta société, et j’ai défendu un point de vue que je crois toujours être juste et qui t’était sans nuances favorable. C’est pourquoi je suis d’autant plus à l’aise pour te rappeler ce qui n’est pas une critique de Mediascop ou de Sophia Chikirou, mais une simple vérité : je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le Média à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final.

 

Bon, j’ai écrit ce texte au fil de la plume, je ne sais pas bien s’il sera utile — je l’espère. Les plaies que cette polémique a ouvertes ne se refermeront pas tout de suite, ça c’est sûr. Pour ma part, j’ai été tout particulièrement indigné de ces rumeurs infâmes sur les avantages financiers que j’aurais tirés du Média et cette pure saloperie diffamatoire, je vous le dis, amis Socios, me restera longtemps en travers de la gorge. Mais bon, espérons que le temps jettera à la rivière le pire de cette histoire et gardera le meilleur. Je reste en tout cas sur une conviction : le Média doit continuer sa route, mais, pas de doute il ne la continuera… que si vous êtes là et bien là. »

 

 

Au « Média », le grand déballage se poursuit

 

La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.

LE MONDE | 15.08.2018 Par François Bougon

 

Au Média, c’est l’heure du grand déballage. Qui parfois tourne à l’invective, par comptes Twitter et Facebook interposés. Après les révélations de la presse sur les accusations portées par la nouvelle direction à l’encontre de l’une des cofondatrices, Sophia Chikirou – poussée à la démission en juillet –, les protagonistes multiplient communiqués et prises de position. Les uns dénoncent une tentative de putsch et des règlements de comptes, les autres cherchent à éteindre la polémique tout en évitant une possible hémorragie des « socios », ces abonnés qui constituent la source principale de financement du média alternatif de gauche, lancé en janvier.

 

Tout d’abord, l’un des cofondateurs, le psychanalyste Gérard Miller, qui a décidé de prendre du recul en démissionnant de la présidence de l’association, a publié un long texte, dimanche 12 août sur le compte Facebook des « socios », où il s’adresse directement à Sophia Chikirou – appelée à rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes –, rappelant leurs anciens liens d’amitié :

 

« Pendant un an, sans mégoter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du “Média “, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude [Lancelin, la journaliste désormais présidente de l’entreprise de presse] ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! “J’aurais dû créer le Média toute seule”, as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre. »

 

Il aborde également le sujet qui fâche : l’argent que réclame Sophia Chikirou au Média pour le compte de sa société de communication Mediascop correspondant à ses prestations de « direction conseil et stratégique ». Ces dernières étaient encadrées, affirme-t-elle, par une convention dont avaient connaissance les deux autres cofondateurs, Gérard Miller et Henri Poulain. Deux demandes de virement, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet, dont la deuxième a été refusée.

 

« C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque »

 

« Je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le “Média” à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final. »

 

Enfin, M. Miller, qui promet d’« en finir avec l’opacité » qui caractérisait, selon lui, l’époque Chikirou, enjoint aux « socios » de donner du temps au temps et de laisser Aude Lancelin et son équipe leur présenter le nouveau projet : le JT quotidien, qui phagocytait les énergies, devrait être supprimé et l’accent mis sur l’investigation et le décryptage des médias. Mais, au sein de la rédaction, les divisions sont tout aussi vives. Et elles sont étalées sur les réseaux sociaux.

 

La Société des journalistes (SDJ) du Média a été la première à s’exprimer. Dans son texte, elle revient notamment sur les accusations portées par un des journalistes, Serge Faubert, qui, interrogé par Le Monde, avait dénoncé « une chasse aux sorcières [faisant] curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction ». « Nous aurions pu imaginer entendre cette position de la part d’un journaliste de Valeurs actuelles, pas du Média, ce qui nous choque terriblement. La SDJ fera de la reconnaissance du pluralisme et de la diversité dans notre rédaction un combat et s’oppose à toute velléité de les étouffer ou de les nier. Quant à ceux et celles qui craignent un “changement d’identité”, nous leur répondons que nous sommes fier-ère-s de la diversité présente au sein de notre rédaction », réagit la SDJ, tout en appelant de ses vœux un Média « réellement démocratique et transparent, avec la participation des socios ». Elle nie également toute « purge anti-FI » (La France insoumise).

 

Mais, en réponse, Serge Faubert et trois autres journalistes et chroniqueur (Julie Maury, Léonard Vincent et Alexis Poulain) ont cosigné un texte dans lequel ils dénient toute légitimité à la SDJ, qualifiée d’« instrument pour la prise de pouvoir sur les sociétés du Média par une nouvelle direction ». Désapprouvant la fin annoncée du JT, ils s’inquiètent de la nomination du président de la SDJ, Théophile Kouamouo, au poste de « rédacteur en chef pour les questions d’actualité » : « Rappelons que c’est lui qui était le présentateur le jour où a été annoncé “un blessé grave à Tolbiac”, information qui s’est avérée fausse. »

 

Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

 

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.

LE MONDE | 13.08.2018 Par François Bougon

 

La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.

 

Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.

 

Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

 

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance extrêmement solitaire » de l’intéressée. « Cela avait des conséquences éditoriales. Le JT absorbe 50 % des finances mais 90 % des énergies et cela empêche de penser de nouveaux formats, de nouvelles émissions… », poursuit-il. Au sein de la rédaction, certains dénoncent aussi son autoritarisme.

 

« Sophia ne veut pas que “Le Média” survive à son départ »

 

Les débats ont été âpres – « tous les cadavres sont remontés à la surface en l’espace de quarante-huit heures », se souvient un des participants –, se soldant par le départ de Mme Chikirou à la fois de la présidence de la société de presse – où elle a été remplacée par la journaliste Aude Lancelin –, puis de celle de la société de production – où a été nommée une directrice de production, Stéphanie Hammou. Le premier départ était prévu, car elle avait annoncé qu’elle rejoignait la campagne de La France insoumise pour les élections européennes. Mais le second l’est moins.

 

Mme Chikirou affirme avoir posé trois conditions à son départ : « Que tous les salariés en CDD qui le souhaitent soient confirmés sous forme de CDI dès le mois de juillet ; que les journalistes qui, eux, ne souhaitaient pas mon départ, ne soient pas victimes de représailles à la rentrée et donc que leurs émissions soient confirmées ; que ma société, prestataire du Média, soit payée de sa dernière facture. Aucune de ces conditions n’a été respectée. » D’où l’affrontement actuel.

 

La nouvelle direction explique, en effet, avoir découvert en juillet les prestations « de direction conseil et stratégique » facturées par la société de communication de Sophia Chikirou, Mediascop, alors qu’elle a toujours déclaré travailler bénévolement pour Le Média. Deux demandes de virements, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet par Mme Chikirou. L’une d’elles (qui s’élève à plus de 67 000 euros) a été refusée. Si M. Poulain évoque « une blessure d’orgueil », la journaliste Aude Lancelin, nouvelle présidente de l’entreprise de presse, juge que « Sophia ne veut pas que Le Média survive à son départ ». « Chercher à effectuer ces deux virements à quarante-huit heures d’intervalle, sans en avertir personne, c’est vouloir asphyxier financièrement un média fragile », relève-t-elle.

 

GÉRARD MILLER NE VEUT PLUS S’EXPRIMER. IL A QUITTÉ LA PRÉSIDENCE DE L’ASSOCIATION

 

Mme Chikirou répond que tout le monde était au courant de ces « prestations très précises », encadrées par une convention signée en janvier, et surtout met en avant une trésorerie « largement positive » : plus de 113 000 euros. « La nouvelle direction empêche le paiement de cette facture. Dès lors, elle a lancé, semble-t-il, une campagne mettant en cause ma probité », déclare-t-elle.

 

Ses anciens camarades affirment ne pas disposer des pièces nécessaires pour avoir une vision claire de la situation, car l’ancien bureau de Sophia Chikirou est fermé à clés – qu’elle a perdues. Ils ont tous les documents en leur possession, rétorque-t-elle. Face à ce qu’elle qualifie de diffamation, elle explique n’avoir « d’autre choix que de saisir la justice : d’abord pour demander qu’un administrateur provisoire soit nommé et surtout qu’un audit des comptes et du business plan que j’ai mis en place soit fait ». Gérard Miller, qui juge avoir « beaucoup donné pendant la saison 1 du Média », ne veut plus s’exprimer. Il a quitté la présidence de l’association.

 

« Chasse aux sorcières »

 

Pendant ce temps, Aude Lancelin prépare la rentrée, qui sera marquée par la fin du JT et la volonté de développer l’investigation et la critique des médias. Les proches de Sophia Chikirou s’inquiètent. Un ancien responsable des réseaux sociaux, Bastien Parisot, qui a démissionné, dénonce un « changement d’identité » et une « purge » à l’encontre des supposés soutiens de Mme Chikirou. Parmi eux, Serge Faubert. « Nous sommes cinq journalistes dans le collimateur de la nouvelle direction. Cette chasse aux sorcières fait curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction. Sur ces cinq, nous sommes quatre Blancs, quinquagénaires, et cela semble poser un problème à certains », déclare-t-il. Au Média, qui se veut le miroir des luttes sociales, la rentrée sera chaude.

 

 

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