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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 06:00
étiquette de Jean Carlu

étiquette de Jean Carlu

La lecture de ces confidences de Philippe de Rothschild est intéressante au regard de ce que sont devenus les 5 GCC stars du Médoc.

 

« Pour entretenir un grand « château » –entendez ce terme au sens vinicole – il faut au moins aujourd’hui être Rothschild. Voyez l’aventure de Bernard Ginestet, propriétaire de château-margaux, guigné par un groupe américain et finalement racheté, après que l’État eut fait jouer la fibre nationale, par la chaîne Félix Potin… Les charges d’exploitation – barriques neuves chaque vendange, stockage sur quatre années, frais de personnel et intérêts de l’argent – sont telles que produire un grand vin s’apparente de nos jours à une industrie. Doué pour les affaires, ce qui  n’est peut-être pas, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la qualité dominante des Rothschild contemporains, le baron Philippe l’a compris très tôt. Il a fait du « marketing » – avant que la pratique que recouvre ce mot ne devienne la tarte à la crème du commerce moderne – en imposant à ses pairs bordelais et aux négociants la « mise en bouteilles au château ».

 

Ainsi parlaient André Harris et Alain de Sédouy dans les Patrons.

 

Que dit Philippe de Rothschild, en 1922, à son père lorsqu’il reprend Mouton « Je le prends, mais je veux avoir les mains libres, je ne veux pas qu’on m’embête. Je veux un papier qui me donne les pleins pouvoirs. Et puis, je te préviens, ta fortune y passera. Il y a tout à faire, il faut tout reconstruire, il n’y a rien, c’est le néant. »

 

  • C’était tout de même déjà un grand vin…

 

  • C’est déjà un grand vin, il n’y a pas de question. C’est un grand vin depuis 1730.

 

  • À l’époque, il se vend par l’intermédiaire des négociants…

 

  • Oui, en barriques… Il faut reconnaître que les négociants ont fait et font encore un métier remarquable, je ne les critique pas. Il y a peut-être des négociants véreux qui se sont débrouillés avec une barrique de mouton-rothschild pour en faire deux. Mais les grands négociants n’ont rien fait de pareil, j’en suis convaincu. J’ai donc dit à mon père : « Je veux un papier qui que je te présente les comptes à la fin de l’année, mais que tu ne marchandes pas l’argent. » Et c’est comme ça que je viens ici avec les pleins pouvoirs. Je trouve une pagaille abominable, je mets de l’ordre, je renvoie tout le monde, j’embauche des gens nouveaux et six mois plus tard, je prends ma première grande décision – qui finalement a été la plus grande de celles que j’ai prises : la mise en bouteilles au château. Dès que j’ai eu Mouton en main, j’ai été passionné par cette affaire…

 

  • Mais Mouton vit à l’ombre de Lafite, à cette époque-là…

 

  • Pas exact. Dès 1848, avant le fameux classement de 1855, un poète écrit que Mouton est plus grand que Lafite. Ce n’est pas moi qui l’ai écrit. C’est un petit écrivain local qui fait une visite dans le Médoc, qui trouve que Lafite, ce n’est pas tellement bien et que les vins de Mouton sont meilleurs. Il est mieux reçu à Mouton, il fait l’éloge de Mouton au détriment de Lafite. Il y avait déjà un culte Mouton…

 

  • La guerre de cent ans dont on parle dans les prospectus commence là ?

 

  • Oui, sans aucun doute. D’ailleurs, il y avait une borne où il était marqué : « Mou. Hic est bonum », et une autre où il était marqué : « Laf. Hic est melior. » Je ne sais pas ce qu’elle et devenue…

 

  • Quand vous décidez de mettre en bouteilles au château, est-ce que vous vous rendez compte que vous faites du « marketing » avant la lettre ?

 

  • Je trouvais ça banal, j’ai voulu avoir une belle étiquette. Tout de suite, l’impact a été fort : les engueulades des négociants, les critiques ont fleuri. La seule chose qui importait, c’était de faire une innovation ici, car dans les deux ou trois pays qui font la réputation du vin – dont l’Angleterre, car ce sont les Anglais qui ont créé les grands crus, ce ne sont pas les Français – j’avais déjà les meilleurs échos.

 

  • La première étiquette date de quelle année, 1923 ?

 

  • C’est en 24, et elle dure trois ans.

 

  • Les autres grands crus sont d’accord ?

 

  • Je vous l’ai dit : Margaux marche immédiatement avec moi et me soutient, Haut-Brion et Latour suivent gentiment en disant : « Vous avez raison. » C’est Lafite qui est le plus lent à se décider, qui me fait la morale et qui me dit…

 

  • … que vous êtes un galopin.

 

  • C’est cela !

 

  • Dans la réussite de Mouton, la compétition entre les Rothschild s’est avérée bénéfique, finalement…

 

  • Dans une certaine mesure. Mais ils sont allés un peu trop loin. Ça a tout de même créé un sentiment désagréable. Oui, sur le plan pur plan publicitaire, ça  a alimenté la chronique… Il n’y a pas eu de conflit dès l’instant où ils ont accepté la mise en bouteille obligatoire, et Édouard et Robert m’ont donné leur appui total. De 1925 à 1939, la guerre des deux crus n’existait pas ; Lafite était trop content que je prenne des initiatives, que je fasse monter les prix. Car en même temps que la mise en bouteilles, il y avait des consultations – qui ne s’étaient encore jamais faites – pour que les cinq premiers vendent au même prix au départ, pour faire front commun contre les négociants. Car les négociants traitaient chacun de nous séparément et essayaaient de faire baisser les prix ! Il a fallu créer de nouveaux bordereaux pour la vente en bouteilles, car jusque-là ils nous achetaient soixante, quatre-vingt tonneaux de vin. Il partait tout de suite, dès qu’il était en barriques. »
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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 06:00
La Pâque juive, Dirk Bouts, Louvain, 1468

La Pâque juive, Dirk Bouts, Louvain, 1468

« Citoyen suisse originaire de Corfou, Albert Cohen nous invite à sa table. Comme tous les orientaux, ce juif séfarade (branche méditerranéenne du judaïsme, dite originaire d’Espagne) ne se contente pas de faire servir les plats de sa tradition familiale : il les nomme, les décrit, en donne même la recette, et il sera vexé si vous n’y goûtez pas.

 

Il  se réjouit de vous voir consommer sa cuisine, car il est sûr ainsi  que vous pourrez le bien comprendre. Sa littérature n’est pas seulement nourrissante intellectuellement : comme l’œuvre rabelaisienne, elle enseigne tout un univers moral et politique en flattant l’épigastre.

 

Et voici sur la table toutes les senteurs, toutes les saveurs, toutes les splendeurs de la cuisine judéo-balkanique qui vous pénètrent, répandant le plaisir, la joie de vivre, même dans les jours les plus noirs, car sa leçon est toujours la même : « lehaïm » à la vie, dit-il, levant symboliquement son verre de vin.

 

[…]

 

« outre le souci, légitime, d’employer un français épuré,  d’extension universelle chez un auteur dont le langue maternelle, le judéo-vénitien nous dit-il, n’était pratiqué que par un millier de personnes à Corfou, à l’époque où il y naquit, il y a peut-être celui de renforcer le  mythe des Valeureux de France, « faits citoyens français parfaits par l’effet du charmant décret de l’Assemblée nationale du vingt-sept septembre 1791 » selon Saltiel, fiers de le rester et d’entretenir « le doux parler » de notre pays.

 

En tout état de cause, l’absence remarquable du vocabulaire étranger, le refus de l’emprunt témoignent du souci d’assimilation, voire d’intégration, de la part d’Albert Cohen. Intégration réussie, non seulement par sa carrière de haut fonctionnaire international, mais encore comme écrivain français. N’oublions pas qu’il est un émigré, juif de surcroît, ce qu’il ne risque pas d’oublier, comme en témoigne la scène du camelot antisémite, l’injuriant et le désignant à la vindicte publique le jour anniversaire de ses 10 ans (Ô vous, frères humains, page 38), scène indélébile, qui revient à plusieurs reprises et ne sera jamais oubliée puisqu’il en traitera encore passé ses 80 ans. »

 

Extrait de l’Introduction d’Henri Béhar

 

 

Citations  

 

« Et il s’approcha du sourd tavernier épouvanté, le prit par le col et lui hurla d’apporter cinq litres de vib=n résiné, une demi-douzaine de boutargues bien épaisses, de l’huile d’olive et trois miches de pain « spongieuse et avaleuses d’huile et que ta mère soit Maudite ! » (Mange., 30)

 

« … petite baraque, qui s’appelait « Au Kass’Kroutt’s », on demandait timidement une bouteille de bière, de assiettes, des fourchettes et, pour se le concilier, des olives vertes. Le garçon parti, c’est-à-dire le danger passé, on se souriait avec satisfaction, ma mère et moi, un peu empotés. » (Mère, 39)

 

« Et puis j’apporterai du vin résiné pour mes amis parce que j’aime les belles choses de la vie, l’affection, l’odeur  de la mer, et puis on cause ensemble et on se tient par la main et on est sûr que Dieu est bon et qu’on se reverra après la mort ! » (Val., 104)

 

« Puis il [Salomon] stationna devant les voutes du bâtiment séparé où étaient les cuisines et les logements des domestiques. U four s’échappaient des senteurs d’agneau et les vapeurs salées du fromage. La bouche ouverte et un index libéral dans la narine, Salomon regardait les frises de poivrons et admirait les servantes qui éventaient les réchauds. (Solal, 44)

 

« Les petits affamés et roulés restèrent debout à contempler l’ogre, qui, deux fourchettes dans chaque main, mangeait affectueusement des saucisses de bœuf, du fromage fumé, de la rate au vinaigre et, délicate fantaisie et scherzo final, une salade d’yeux d’agneaux qu’un boucher de ses amis, qu’il payait en beaux discours. » (Mange., 79)

 

« … ils s’assirent en rond, sous les incalculables feux du ciel, et ils se régalèrent des merveilles sorties de deux bourriches et d’une jarre en terre cuite, à savoir des nouilles aux raisins de Corinthe, bien poivrées ; de la morue frite avec beaucoup d’oignons frits, des pois chiches aux épinards, des feuilles de vignes farcies… » (Mange., 147)

 

Henri Béhar, spécialiste de la littérature d’avant-garde, a écrit des ouvrages de référence sur Alfred Jarry, Dada et le Surréalisme. Il dirige la revue Mélusine (Cahiers du Centre puis de l’Association pour la recherche et l’étude du surréalisme). Fondateur de l’équipe de recherche Hubert de Phalèse, il est professeur émérite, depuis 2005, de l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, qu’il a dirigée de 1982 à 1986.

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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 06:00
Le vin rouge à 1 franc le litre, la cuisine traditionnelle de Célestine, la soupe à l’oignon du Pied de cochon, 1 américain à Paris en 1965.

C’est drôle, je suis monté à Paris pour la première fois en 1965 avec mon vieux pote Dominique en remontant de l’Yonne où nous avions fait moniteurs, en toute illégalité vu notre âge, dans une colonie de vacances des Vendéens de Paris. Nous avions logé dans un hôtel miteux de la porte de Saint-Ouen.

 

Nous sommes allés aux Halles mais des sous nous n’en avions pas beaucoup alors nous n’avons pu nous offrir une soupe à l’oignon au Pied de Cochon.

 

Les deux extraits qui suivent me rajeunissent sans pour autant raviver ma mémoire de ce bref séjour à Paris. À cette époque-là je ne me doutais pas que j’allais y passer l’essentiel de ma vie.

 

 

« La dernière solution c’était l’alcool, que l’on pouvait d’ailleurs combiner avec les autres solutions, boire en lisant, boire en écoutant de la musique, boire en rentrant du cinéma ou de chez une putain au regard triste, c’était la solution capable de tout résoudre quand la solitude lui devenait trop pesante. Ayant renoncé au whisky après trop de cuites abrutissantes à New-York, Ferguson était passé au vin rouge, dont il avait fait son remède préféré, et avec un litre de vin ordinaire au prix dérisoire de un franc dans une des épiceries du voisinage proche de ses cantines habituelles (vingt cents pour la bouteille nue sans étiquette dans les épiceries disséminées dans le 6e arrondissement), Ferguson avait toujours une ou deux de ces bouteilles en réserve dans sa chambre, et chaque nuit, qu’il sorte ou reste chez lui, le vin rouge à un franc le litre était un baume très efficace pour l’induire en somnolence et le plonger finalement dans le sommeil, même si ces mauvais crus anonymes pouvaient lui taper sur le système, et s’il s’éveillait souvent le matin avec la courante ou dans les vapes avec une bonne migraine. »

 

« En moyenne il dînait seul avec Vivian à la maison une ou deux fois par semaine, de la cuisine traditionnelle d’hiver comme le pot-au-feu, le cassoulet, le bœuf bourguignon, préparés et servis par Célestine qui n’avait ni mari ni famille à Paris et était toujours disponible pour venir en renfort quand on avait besoin d’elle, des plats si délicieux que Ferguson, toujours affamé, ne pouvait résister à la tentation d’en reprendre une fois ou même deux fois… »

 

La rue Coquillière, devant le célèbre restaurant "Au Pied de Cochon", vers 1955. Une photo de Janine Niépce.

 

« … tout le groupe de quatre, cinq, six ou sept personnes poussa jusqu’aux Halles pour déguster une soupe à l’oignon au Pied de Cochon, un restaurant bondé d’habitués à une, deux ou trois heures du matin, où les soi-disant artistes raffinés et les noctambules qui faisaient la fête se retrouvaient à la même table pendant que les prostituées du quartier prenaient des ballons de rouge au bar, à côté des bouchers dans leur blouse et leur tablier taché de sang, un mélange de différences si radicales et d’improbable harmonie que Ferguson de demandait si une telle scène pouvait se produire ailleurs dans le monde. »

Paul Auster 4321  page 657 et 661

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 06:00
La canadienne du père Arsène bouilleur ambulant lorsqu’il distillait la goutte avec son alambic mobile

Mon père, Arsène Berthomeau, exerçait la profession de bouilleur ambulant, du fait que nous avions des vignes il était aussi bouilleur de cru.

 

Il trimballait son alambic de commune en commune où les municipalités lui attribuaient, à proximité d’un point d’eau, un emplacement où les bouilleurs de cru venaient faire distiller leur goutte. L’activité était surveillée, comme du lait sur le feu, par l’Administration fiscale des Indirectes qui pouvait effectuer des descentes sur place à tout moment pour pincer les fraudeurs (de plus en plus nombreux depuis que le privilège avait devenu intransmissible *). Mon père tenait un registre dit 10 ter où il devait porter les matières à distiller et les degrés d’alcool pur obtenus.

 

Notez dans le canton de la Mothe-Achard 3519 électeurs 1666 bouilleurs de cru soit 47%

 

Il portait une canadienne car cette activité se déroulait en hiver au grand air.

 

Pour les amateurs des détails de ma vie amoureuse d’adolescent, l’un des points de distillation se tenait sur la commune de Sainte-Flaive des Loups. Mon père y avait un très bon ami et, un soir, après sa journée de distillation, il se rendit chez lui prendre l’apéro. Que vit-il sur la cheminée : une photo de ma pomme. Que faisait-elle là ? Réponse : c’est le petit ami de notre fille Marie Flore. Mon père sourit, j’avais je crois 15 ou 16 ans et la Marie Flore 20 ans. Il ne pipa mot à ma mère, il n’informa gentiment sans me faire la morale.

 

Mais revenons à la saga des bouilleurs de cru, le privilège des bouilleurs de cru, le droit qu'ils ont de faire distiller jusqu'à 10 litres d'alcool pur sans avoir à payer des droits d'accises. Cela s'appelle l'allocation en franchise. Les droits d'accises sont des droits indirects à la consommation dont le montant, pour ce genre d'eau de vie, est de 14,50 euros le litre d'alcool pur.

 

Les articles 315 et 316 du code général des Impôt qui considéraient comme bouilleurs de cru : - les propriétaires, fermiers, métayers ou vignerons qui distillent ou font distiller des vins, cidres ou poirés, marcs, lies, cerises, prunes et prunelles provenant exclusivement de leur récolte ; - les propriétaires, fermiers, métayers ou vignerons qui pratiquent la distillation de vins, marcs et lies provenant de vendanges ou de moûts chaptalisés dans les limites et conditions légales ; - les propriétaires de vergers, fermiers, métayers qui mettent en oeuvre des fruits frais provenant exclusivement de leur récolte pour la distillation.

 

Autrefois le bouilleur de cru avait le statut de propriétaire récoltant et bénéficiait d'une exonération de taxes ou « droit de bouillir » qui était transmissible par héritage.

 

Il a été supprimé en 1959 et ce droit s'éteint au décès des derniers détenteurs : il ne s'agit donc pas de la fin du bouilleur de cru, mais de la fin de son exonération, un privilège instauré par Napoléon pour ses grognards. Pas à l'individu mais au terrain dont il était propriétaire. Puis son fils, à son tour, et ainsi de suite.

 

Pierre Mendès-France, en 1959, a pris la décision par la voie législative, dans le cadre d'un plan national de lutte contre l'alcoolisme, de limiter la quantité d'alcool pur à 1 000 degrés, c'est-à-dire vingt litres d'eau de vie à 50 degrés par client et sans taxe. Une taxe importante était alors appliquée sur les litres supplémentaires. Ce privilège avait été accordé à celles et ceux qui avaient produit de l'eau de vie avant 1959 mais malheureusement n'était plus valable après la mort des ayants droit et non transmissible aux enfants.

 

Les distillations à domicile sont interdites. Les bouilleurs de cru doivent donc distiller ou faire distiller pour leur compte dans un atelier public ou dans les locaux des associations coopératives de distillation ou chez le bouilleur de profession dans les conditions fixées par l'administration des Douanes et des droits indirects. Les conseils municipaux ou les syndicats agricoles peuvent demander que soit ouvert au moins un atelier public de distillation par commune.

 

Mon père, Arsène Berthomeau, était un Bouilleur ambulant.  Le bouilleur de cru est souvent confondu avec le bouilleur ambulant. Ce dernier est celui qui œuvre, qui assure la transformation des fruits (ou vin, cidre, poiré…) en alcool, grâce à l’alambic. Le bouilleur ambulant peut être nommé un distillateur, mais ce terme est plus souvent réservé au monde industriel.

 

 

Pour terminer, quelques mots sur la canadienne cette veste trois quart arrivée en France durant les années 30. Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans Un Singe en Hiver réalisé par Henri Verneuil en 1962 portent une canadienne.

 

 

« Le vêtement est caractérisé par sa longueur à peine trois quart, ses poches ventrales, son boutonnage croisé et son col châle très enveloppant réalisé en feutre de laine dense, quand le corps est plus souvent en gabardine imperméable de coton ou de laine. Le col recouvert de laine de mouton est venu plus tard. »

 

Le vêtement puise en effet son origine autour des grands lacs Michigan et Huron. Plus précisément, ce manteau court fût développé et commandé vers 1811 pour vêtir les militaires d’un camp anglais, le Fort Saint Joseph. Il fut réalisé par des amérindiens qui lui donnèrent le nom de mackinac ou mackinaw d’après l’appellation du passage reliant les lacs Michigan et Huron, le détroit de Mackinac. Par la suite, les trappeurs et marchands rendirent populaires le modèle, chaud et utilitaire. Dans les années 20, il était très populaire, en particulier après des bûcherons et autres travailleurs en extérieur. L’armée américaine utilisa le modèle dès la première guerre mondiale et en 1938, le vêtement devint officiellement un uniforme, teinté en vert olive. La mackinaw pris le nom de Jeep coat. »

 

LE BLOG DE JULIEN SCAVINI

 

Commentaire : 19 octobre 2015 / 16:12

On retrouve aussi ce vêtement sous l’appellation de paletot croisé canadien.

 

Dans son ouvrage « 1940, le soldat français (Tome I) », Olivier Bellec nous apprend « qu’après quelques essais d’introduction de ce type de vêtements (vers 1918 pour les conducteurs du service automobile, 1930 pour les motocyclistes, 1937 pour les observateurs de la ligne Maginot), on rencontrera essentiellement cet effet chez les officiers et ce, à titre d’achat personnel. Le groupe franc de la 29ème DI sera exceptionnellement doté de canadiennes (de 2 types différents d’ailleurs) grâce à la générosité de sa marraine de guerre. ».

 

Je suis possesseur d’une canadienne en cuir dite aviateur.

 

 

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 06:00
Filtre tangentiel Flavy FX5 et FX6 Bucher Vaslin optimisée pour des vins brillants et subtils

Filtre tangentiel Flavy FX5 et FX6 Bucher Vaslin optimisée pour des vins brillants et subtils

Encore un me dis-je, c’est pire que la liste des péchés mortels de mon curé-doyen, le genre péché de chair puisque cette fois-ci le goût d’huître est qualifié de nauséabond par la journaliste de Vitisphère.

 

J’adore les huîtres, les fines de claires bien vertes surtout, et je ne vois pas en quoi l’huître a un goût nauséabond. Je plaisante bien sûr, le grand amateur n’achète pas un Grand Cru pour se taper un goût d’huître, aussi fines de claires soit-elle, il se contente d’un vulgaire Muscadet lorsqu’il s’offre des huîtres – à Bordeaux y se tapent une petite saucisse avec.

 

Ho, là, là que je me dis encore une catata pour ces pauvres na-na, ils vont encore en prendre plein le museau, certains consommateurs « parlent d'odeur iodée, d’huître ou de crustacés, de fond vaseux, d’autres évoquent un goût de moisi, de poussière, des odeurs putrides. »

 

Bon petit soldat je me plonge dans la lecture ardue de l’article de Vitisphère et, en dépit de mon ignorance crasse, je m’aperçois que ce sont les vins con-con qui sont touchés.

 

« La première contamination provenait de l’acide chlorhydrique utilisé pour la régénération de la résine échangeuse d’ions sur laquelle le vin avait été passé pour une acidification. »

 

« Mais d’autres cas de contamination sont survenus par la suite sur des vins qui n’avaient pas été traités sur résine échangeuse d’ions, suggérant d’autres causes. […] Quand on fait passer de l’eau sur une résine échangeuse d’ions pour l’adoucir, on la concentre en 2-bromo para cresol. Ensuite, lorsqu’on se sert de cette eau pour nettoyer un filtre tangentiel, le 2-bromo para cresol se fixe sur membrane du filtre. Et après, il relargué dans le vin sous l’effet solvant de l’alcool ».

 

« Aucun traitement autorisé sur vin ne permet d’éliminer le 2-Bromo-para-crésol : écorces de levure, gélatine… rien n’est efficace. Sur moûts, un traitement au charbon détoxifiant permet de ramener la concentration de ce composé en-dessous du seuil de détection (0,5 ng/l), mais ce traitement n’est pas autorisé sur vin. La seule solution reste la dilution par l’assemblage, qui n’est envisageable que dans les cas de faible contamination. »

 

Bref, y’ a pas que les vins pur jus qui puent ! Si vous souhaitez en savoir plus sur ce nouveau défaut provoqué dans les vins par un bromophénol, le 2-Bromo-4-methylphenolencore appelé 2-Bromo para cresol. Lisez ICI

 

Merci aux savants, grâce à eux j’ai découvert l’anosmie comme étant l’insensibilité à l’odeur et je me suis dit que les petites louves et les petits loups qui se rincent les dents au vin tout nu sont, les pauvres petits, sûrement atteint d’asnomie.

 

 

 

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 06:00
Manifestation étudiante dans les rues de Caen, lors des événements de Mai 1968. MAXPPP/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Manifestation étudiante dans les rues de Caen, lors des événements de Mai 1968. MAXPPP/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Je déclare La France d'hier de Jean-Pierre Le Goff d’utilité publique.

 

 

Le Goff est plus jeune que moi, j’avais quasiment 20 ans en mai 68, mais je mets facilement mes pas de petit Vendéen, fils d’un paysan et d’une couturière, dans ses pas. Je me retrouve dans son parcours d’enfant et d’adolescent.

 

En mai 1968, avec Marcel Gauchet, Paul Yonnet,  Jean-Pierre Le Goff ont régner la pagaille dans la faculté des lettres de Caen. La période marque durablement leur vie et leur œuvre. Mais le trio va évoluer du gauchisme à l'antitotalitarisme. Chacun d'entre eux va opérer une relecture critique des événements de Mai et de leurs conséquences.

 

Janvier 68 à Caen, précurseur des événements de mai 68 

 

« Les Caennais ont vécu trois périodes mouvementées en 1968 : au mois de janvier tout d'abord, à l'université, avec la visite du Ministre de l'éducation Alain Peyrefitte, venu à la faculté pour inaugurer le nouveau bâtiment des lettres et chahuté par les étudiants ; un peu plus tard, dans les usines et dans les rues de la ville avec les manifestations des ouvriers de la Saviem, Jaeger et Sonormel.

 

En mai ce sont les étudiants en sociologie qui lancent le mouvement à l'université. Les salariés s'engagent aussi dès le 13 mai, soutenant ainsi activement l'appel à manifester lancé par les organisations syndicales nationales. Ouvriers et étudiants sont très déterminés et combatifs durant tout le mois de mai. »

 

La suite ICI

 

Votre serviteur était lui à Nantes

 

La première usine en grève c'est Sud Aviation à Nantes, le 14 mai. Le soir même, des étudiants de l'université font 5 kilomètres pour rejoindre l'usine et certains passent une partie de la nuit à discuter avec les ouvriers.

 

C'est la première usine en mouvement. Le 13 mai, la fameuse nuit des barricades à Paris, une émeute éclate à Nantes. Dès le lendemain, l'usine Sud Aviation est occupée par les grévistes, et les patrons sont séquestrés. Ils le resteront jusqu'à la fin du mouvement !

 

Le 24 mai, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent dans le centre-ville. Étudiants, ouvriers et paysans occupent la place Royale, rebaptisée "Place du Peuple". Nantes est la seule ville en France où l'on peut voir des tracteurs défiler au côté des manifestants. La préfecture est attaquée avec des engins de chantiers et prise d'assaut. Un début d'incendie se déclare. Le préfet de Nantes appelle Paris pour demander l'autorisation d'ouvrir le feu sur les manifestants. Heureusement, le pouvoir central refuse. L'hôtel de ville envahi et occupé.

 

C'est le début d'un épisode unique en France : la Commune de Nantes

 

 

Un comité de grève composé d'ouvriers et de paysans décide de prendre en main l'approvisionnement de la ville depuis l'hôtel de ville occupé. Les jours qui suivent, le pouvoir s'est évaporé. La police ne quadrille plus les rues de Nantes. La CFDT du département appelle à poursuivre la remise en cause du capitalisme, du gaullisme, de l'exploitation de l'homme par l'homme. Le 28 mai, des comités provisoires sont créés afin d'assurer la gestion populaire des caisses de sécurité sociale et d'allocations familiales. Les quotidiens Ouest-France et Presse-Océan publient désormais sous le contrôle des journalistes et des ouvriers du livre.

 

Revenons à La France d'hier

 

« Sensible comme un peintre normand, Le Goff peint ces évolutions par petites touches. Il alterne détails microscopiques mais toujours signifiants et réflexions plus générales. Son constat est clair: le moment 68 est l'instant visible, collectif d'un bouleversement profond qui avait depuis dix ans transformé la jeunesse. «Le “tout, tout de suite” de l'Antigone d'Anouilh, écrit Le Goff, débouchait sur la mort. Passant outre le tragique, la jeunesse révoltée des années 1960 allait faire son programme de vie et d'action dans les conditions nouvelles de la société de consommation et de loisirs.»

 

Jean-Pierre Le Goff ne voulait pas écrire ce livre. L'homme est modeste, pudique, et le sociologue sait trop où peuvent mener les vertiges de l'ego. Il a pourtant choisi de raconter une enfance et adolescence françaises entre 1950 et 1968, non pas pour contempler sa jeunesse et sa trajectoire, moins encore pour gratter de vieilles plaies, mais pour laisser en héritage un récit qui pourrait renseigner les jeunes générations sur le monde d'avant 1968. Il a bien fait. Son livre est précieux comme une correspondance cachée, évocateur comme une photo jaunie, plein de détours, d'atmosphères et de nuances comme le sont les souvenirs.

 

La suite ICI

 

 

Jean-Pierre Le Goff : «68 : Moi, je m’en suis sorti…» 

 

Pour le sociologue Jean-Pierre Le Goff, on confond l’événement lui-même avec les années qui suivront. Une confusion typique de la mythification du mouvement.

 

Dans la France d’hier (Stock), le sociologue Jean-Pierre Le Goff, qui a «fait» 68, remonte le temps, celui d’avant-Mai, pour tenter de comprendre un mouvement contestataire inédit. Et reprendre un récit confisqué selon lui par les soixante-huitards, comme par les contempteurs de la vague libertaire.

 

  • De Mai, vous parlez «d’héritage impossible», que voulez-vous alors transmettre ?

 

Mon but est d’essayer de renouer le fil rompu avec les nouvelles générations. J’ai souhaité revenir sur les faits, écrire un récit pour saisir les conditions sociales et historiques de Mai. Longtemps, l’histoire a été écrite par les vainqueurs, de Cohn-Bendit à Goupil. Une belle histoire qui ne souligne pas suffisamment l’ambivalence du mouvement. Dans «68», il y avait de tout : de l’hédonisme, du contestataire, du politique bien sûr, mais aussi une forme de nihilisme.

 

  • Pourquoi écrire cet essai alors que vous êtes très critique sur cette période ?

 

Le problème n’est pas «Mai». Ce moment historique a mis en question les finalités du progrès, a contesté le moralisme et le paternalisme, le pouvoir et les institutions sclérosés, on ne reviendra pas en arrière. Ce qui m’apparaît avant tout en question est ce que j’ai appelé son «héritage impossible» qui comporte une remise en cause radicale des symboles de l’autorité, une conception de l’autonomie érigée en absolu. Cet héritage a été transmis d’une génération à l’autre, passant par une contre-culture transgressive pour aboutir à un nouveau conformisme social. C’est ce gauchisme culturel, venu des années post-68, qui va servir de substitut à la crise que traverse la gauche en 1981 alors qu’elle arrive au pouvoir et que sa doctrine est déjà en morceaux. Au lieu de faire une révolution violente, les vainqueurs de 68 et de 81 vont mener une révolution culturelle pacifique, ici et maintenant, dans les têtes et dans les mentalités, par la pédagogie, le militantisme de SOS Racisme, par exemple. Ces vainqueurs disaient qu’ils étaient «démocrates», ils avaient, en fait, hérité d’une idéologie pacifiée par rapport à nous qui avons versé dans le militantisme dur des années 70. Ils ont hérité d’une idéologie pacifiée par le féminisme et l’écologie qui rompt avec l’extrême gauche néobolchévique du début des années 70. Ce n’est donc pas Mai ! Mai 68 était globalement machiste, les leaders du mouvement sont des hommes. Les femmes qui créeront le MLF en 1970 se révolteront précisément contre le militantisme sacrificiel et le machisme guerrier qui règnent dans les groupuscules.

 

  • Ce livre se veut aussi une réponse à la pensée anti-68 réactivée par Sarkozy et Wauquiez, aujourd’hui ?

 

Les revanchards ont fait de 68 l’origine de tous les maux de la société. On est passé de la mythification des vainqueurs à une logique de l’histoire très noire, sans faire la part des choses entre les acquis et les dérives. La version des revanchards pas plus que celle des vainqueurs ne permet de comprendre l’événement. On peut être critique sur les idées et les actions menées à cette époque, mais les étudiants contestataires et les gauchistes n’ont pas inventé la crise du christianisme, le discrédit du gaullisme dans ces années-là, la crise de l’université, le mécontentement social.

 

 

  • Vous faites de 68 une révolte de la modernité, de l’adolescence aussi ?

 

Etre adolescent entre la fin de la guerre d’Algérie et 68, c’est déjà vivre dans l’ère du vide. Après les grands récits historiques, il y avait un conformisme de masse autour de la consommation. Mai 68 est un événement multiforme, un moment de pause et de catharsis dans une société qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a été transformée en peu de temps par la modernisation des Trente Glorieuses. C’est dans ce moment historique que l’adolescence va devenir un nouvel acteur social, un modèle de comportement qui fait de l’intensification du présent un mode de vie qui a tous les traits d’une fuite existentielle et du divertissement pascalien.

 

  • Un autre Mai 68 est-il encore possible ?

 

Je n’en peux plus d’entendre dire «ça va revenir !». Nuit debout a poussé jusqu’à la caricature cet héritage impossible : refus de toute hiérarchie, utopie d’une société à l’horizontale en état de récréation permanente. Après 68, la revendication de l’autonomie était autre, elle avait un sens : il y avait un Etat fort, des interdits, on le contestait. C’est dans ce cadre qu’il faut resituer «l’Evénement». «68 était un 1789 socio-juvénile», dit Edgar Morin. Mais, politiquement, c’était une impasse. Il y avait une folie dans les mouvements gauchistes français, il faut le dire ! Moi, je m’en suis sorti, mais nombre de gens sont restés sur la touche. Tous ne se sont pas transformés en bons démocrates ! Il y a un énorme malentendu sur 68. En politique, on ne peut pas prendre ses désirs pour des réalités, c’est l’une des grandes leçons.

 

Cécile Daumas

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 06:00
Nous boufferons tous les pissenlits par la racine mais pas obligés de boire des vins con-con de Dupont puisqu’on a les vins na-na.

Dans ma vieille Vendée crottée c’est sur les bords des chemins, des routins, que le bon peuple allait ramasser des pissenlits pour les manger ou les donner aux lapins comme le faisait ma mémé Marie.

 

Le sieur Bompas, le coéquipier du sieur Dupont, tous deux en partance pour les 2 Rives de la Gironde, communément nommées Bordeaux : « Demain matin, dès l'aube à l'heure où blanchit la campagne (c'est le cas ce matin en Bourgogne!), nous commençons nos dégustations des primeurs à Bordeaux. »  nous dit que :

 

Le printemps arrive, on se met au vert !

 

Pissenlit, doucette ou mâche sauvage, pourpier, roquette, cresson et chicorée, les salades sauvages annoncent les beaux jours.

 

« On dénombre plusieurs dizaines de salades sauvages, dont une bonne trentaine couramment ramassées. Même si l'essentiel des intoxications alimentaires imputables aux végétaux sauvages est dû aux champignons, il peut arriver que l'on confonde salades et plantes toxiques. Il n'est donc pas inutile de se munir d'un guide avant de se lancer dans la cueillette. Aussi pédagogique que pratique, le livre Les Salades sauvages : guide de cueillette*, édité par l'association les écologistes de l'Euzière basée à Prades-le-lez dans l'Hérault, présentent, sous forme de fiches techniques avec photos, les salades sauvages les plus courantes. »

 

*Les Salades sauvages : guide de cueillette

 192 pages illustrées

Prix : 18 € ICI 

 

 

Pour la suite c’est ICI 

 

 Pisse en lit, eh, oui, c’est le CNRTL qui le dit « Composé de pisse (forme du verbe pisser*), de la préposition. en* et de lit*. Cette plante est ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques.

 

Le très sérieux Figaro titre lui : Le pissenlit, la fleur qui détrempe les lits.

 

« Il est la petite fleur dans la prairie. Celui qui dore de têtes jaunes nos prés verts et que «les petits de l'hirondelle mangent» chez un autre Prévert. Le pissenlit. Voilà le bonhomme rayonnant de nos contrées qui fait également l'éclat des fioles de phytothérapie dans nos pharmacies. La plante herbacée est en effet très utile pour ses propriétés diurétiques. Une vertu qui n'est pas d'ailleurs sans avoir influencé son nom... »

 

«Je sème à tout vent».

 

 

Pierre Larousse est Icaunais né le 23 octobre 1817 à Toucy dans l'Yonne. A l’époque, une grande majorité de la population est analphabète ; le souhait de Pierre Larousse est «d’instruire tout le monde sur toutes choses». Son vœu se concrétise en 1863, avec la parution du premier fascicule du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, qui atteint 20 700 pages en 1876

 

C’est aussi à cette date qu’Emile Reiber dessine le premier logo de la société. L’architecte et décorateur français choisit le pissenlit, pour ses graines qui se dispersent au vent, et ajoute à son illustration la devise «Je sème à tout vent».

 

En 1890, le peintre Eugène Grasset transforme le logo de Larousse. Sur une idée de George Moreau, un autre fondateur du Larousse, l’illustrateur réalise la première et bientôt célèbre «semeuse», qui souffle sur un brin de pissenlit. Au fil du temps, elle subira des évolutions stylistiques. «La semeuse représente la diffusion du savoir »

 

On me dit que le Jacques Dupont, lui aussi bas-bourguignon, est Audiard addict alors je verse à son dossier le film Des pissenlits par la racine de Georges Lautner, sorti en 1964, dans lequel j’extrais une des célèbres répliques de Michel Audiard, placée dans la bouche de Maurice Biraud : « Plus t'as de pognon, moins t'as de principes. L'oseille c'est la gangrène de l'âme. »

 

 

Manger, bouffer, les pissenlits par la racine est notre seule certitude.

« Eh, Brode, eh ! Ça va pas ? Tu parles si ça n'allait pas ! Il était parti bouffer les pissenlits par la racine, le vieux frère. Quand j'ai vu ça – le trou de rien du tout dans le cigare – le temps de la colère m'est monté. »

Faut pas rire avec les barbares Spaggiari Albert 1977

 

 

Nom scientifique : Taraxacum officinale

 

Noms communs : pissenlit, dent de lion, ou encore salade de taupe

 

Nom anglais : dandelion

 

 

« Le pissenlit est une plante à tige creuse, qui comporte un capitule solitaire plat et de couleur jaune : ce sont là ses fleurs, qui sont ligulées. Cette couleur toute particulière est visible de mai à novembre, lorsque le capitule est fleuri et donc prêt à être récolté. C'est une plante herbacée particulièrement vivace, avec une souche épaisse et une racine qui peut descendre jusqu'à 50 cm dans le sol. Ses feuilles, très appréciées pour les préparations, sont disposées en rosettes et réparties de façon inégale, en triangle. C'est une plante que l'on rencontre tout au long de l'année, notamment dans les champs et les prairies, mais aussi dans les endroits humides. »

 

 

« L'utilisation du pissenlit comme plante médicinale trouve ses origines dans l'Antiquité grecque, mais les premières véritables utilisations du pissenlit remontent au XVIe siècle où les médecins l'utilisaient pour soigner les maladies du rein. Le pissenlit a ensuite été employé pour soigner les troubles de la vésicule biliaire, pour faire baisser la fièvre, lutter contre la rétention d'eau, les rhumatismes ou les problèmes de peau. Le pissenlit a été introduit par le Dr Leclerc en ce qui concerne ses bienfaits sur le foie et les voies biliaires. »

 

Du côté cuisine, Olivier Bompas nous conseille le grand classique :

 

La salade de pissenlits

 

Le pissenlit, salade amère au goût un peu poivré, fait partie des salades sauvages les plus appréciées. La garniture est constituée de lardons, de petits croûtons aillés et d'œuf mollet, dont le jaune se mêle à la sauce vinaigrette qui peut être relevée d'un peu de moutarde. Les amateurs rajoutent les lardons juste au moment du service, avec la graisse qui s'est écoulée au fond de la poêle, encore chaude !

 

 

Salade de pissenlits aux lardons & œufs mollets

 

 

Que boire avec ma salade de pissenlits ?

 

Du côté jaja, en revanche, je ne suis pas Bompas qui fait dans les vins con-con, appellation de mon cru pour les vins conventionnels.

 

Le pissenlit est amer, j’aime l’amer !

 

J’adore la macération, l’oxydatif !

 

Je le marie donc avec des vins na-na, appellation  de mon cru pour les vins nature. La sélection est de Cécile la sommelière du restaurant Giovanni Passerini.

 

1- Sava Sol O8 vin de France blanc de Julien Courtois

 

2- Fricando 2016 IGP Emilia Aziendo di là del Fiume bianco

 

3- Gris de Florette Australie rosé de pinot noir

 

 

 

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 07:00
Anselme Selosse et son fils Guillaume

Anselme Selosse et son fils Guillaume

Sont pas fous au Figaro pour recueillir les paroles d’Anselme Selosse ils n’ont pas dépêché les habituelles petites mains, celles qui ne savent poser que des questions à la con (je sais les mains ne posent pas de questions, sauf les petites mains), mais sollicité un poids lourd : Sébastien Lapaque.

 

Si ça vous dit lisez les réponses d’Anselme ICI 

 

C’est un bon client pour les journalistes l’Anselme, comme je lui ai fait remarquer un jour où, en compagnie de François des Ligneris, je participais à une dégustation au château Tour du Pas Saint-Georges (Pascal Delbeck, Marie-Amandine Delbeck, Cédric Berger) de l’Union des Gens de Métier, alors que ses admirateurs se pressaient autour de sa table : « Ils boivent tes paroles Anselme… »

 

Dans cette interview figaresque Lapaque lui pose la question : « Quels sont les grands défis à relever aujourd'hui pour les Champenois ? »

 

Sa réponse me va comme un gant et, si Anselme me le permet, elle reflète ce que je pense depuis longtemps pour l’ensemble des coopératives de France.

 

Lisez !

 

« Le plus grand défi que doit relever la Champagne est la rénovation du système des caves coopératives. À l'origine, il avait pour objet de permettre à des acteurs trop petits de s'assurer la possession de leur outil de travail, la compétence, le financement et la formation. Et non pas la production de masse et la fourniture de matière première aux grandes marques.

 

Si je ne conteste pas le deuxième point, très important, je pense que les coopératives champenoises pourraient devenir une « pépinière de pépites » ou le fait d'être ensemble ne serait pas synonyme de confusion. En complément de la fourniture à des grandes marques, elles devraient permettre de produire des cuvées cousues main où le vigneron choisirait librement l'itinéraire de vinification, de vieillissement et de commercialisation, assisté du matériel le plus approprié et des compétences les plus abouties.

 

Une coopérative pourrait alors proposer des champagnes d'auteur, ce qui lui assurerait une extraordinaire force à l'export pour vendre ces pépites et même proposer des cuvées d'assemblage, à l'instar des grandes marques. Le vigneron y gagnerait en responsabilité dans son travail à la vigne et en fierté dans la qualité de son vin. La Champagne prouverait son attachement paysan, qui n'est pas un vilain mot. »

 

 

Ce que dit Anselme Selosse pour les caves coopératives de Champagne vaut pour toutes les coopératives de France

Visite chez Anselme Selosse la Cave des Papilles

8 décembre 2015 par Florence

ICI http://www.lacavedespapilles.com/blog/visite-chez-anselme-selosse

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 07:00
La disparition programmée des religieuses, elles sont victimes des 35 heures…

Le parti laïc, héritier du petit père Combes, aurait-il de nouveau frappé ?

 

Rappelons que la loi du jeudi 7 juillet 1904, prévoyait que les congrégations religieuses n'avaient plus le droit d'enseigner.

 

Au nom de la laïcité, le président du Conseil, Émile Combes, peut annoncer : « L'anticléricalisme est l'œuvre la plus considérable et la plus importante pour l'émancipation de l'esprit humain ».

 

Les lois du 3 septembre 1940 et du 8 avril 1942, confirmées à la Libération, abrogent la loi du 7 juillet 1904.

 

« La France a gardé en mémoire la loi de juillet 1901, au nom de laquelle sont déposés les statuts d'innombrables associations. Mais ce texte libéral a eu sa « face sombre » : son titre III mettait en place une législation sévère à l'encontre des congrégations religieuses, dont la République voulait briser l'influence politique et sociale.

 

Le gouvernement d'Émile Combes, formé en 1902, choisit d'appliquer le texte avec rigueur, avant de faire voter la loi de juillet 1904 qui interdit tout enseignement aux congréganistes. Lorsque la Séparation intervient, il n'y a plus en France, officiellement, de jésuites ni de Frères. C'est l'heure d'une catastrophe sans précédent pour les congrégations et leurs dizaines de milliers de membres. Les unes demandent une autorisation qui leur est refusée ; d'autres choisissent d'emblée la clandestinité ou encore l'exil. Des centaines de couvents, collèges et écoles, des milliers de religieux et religieuses, et bon nombre de leurs élèves, gagnent les pays limitrophes de la France mais aussi l'ensemble de la Méditerranée, le Canada, les États-Unis, l'Amérique latine et jusqu'au Japon ou l'Australie. Exil planétaire, vécu dans la douleur mais aussi l'esprit missionnaire, et qui répand en deux traînées parallèles le catholicisme à la française, la langue et les livres nationaux. Il arrive, du reste, que la France soutienne, au Levant, des enseignants dont elle ne veut plus sur le sol métropolitain. On n'avait jamais pris la mesure de cet exil méconnu, le dernier qui ait marqué l'histoire politico-religieuse tourmentée de la France. »

 

Le grand exil des congrégations enseignantes au début du XXe siècle. L'exemple des Jésuites 

 

Des religieuses en habit de religieuse j’en croise souvent dans les rues de Paris ; la ville capitale abrite encore des couvents et des maisons mères de congrégations religieuses.

 

Rien ne menace les religieuses en cornettes, elles vont et viennent dans les rues dans l’indifférence générale. Alors, pourquoi donc proclamer en titre leur disparition programmée ?

 

 

Tout simplement parce que j’ai lu ceci :

 

« Le constat est évident : la bonne et gourmande religieuse au café ou au chocolat a quasiment disparu des pâtisseries françaises, au profit de l’éclair qui lui, se décline avec plusieurs autres parfums comme la vanille ou la pistache. Enquête à Tours ! 

 

Le drame, c’est justement cette recette de base identique. Le temps étant de l’argent, les artistes-pâtissiers français optent et misent sur le gain et le temps de fabrication : l’éclair est plus rapide et pour notre religieuse, la messe est dite.

 

Pour la petite histoire, l’éclair est plus ancien, il apparaît vers 1850, toujours en France, sous le nom de « Pain à la Duchesse » ou « Petite Duchesse ».

 

Pour les défenseurs de la belle  langue, l'éclair est du genre masculin et d’après l’Académie française, il est ainsi nommé car rapide à manger… »

 

C’est le Signor Frascati, glacier d’origine napolitaine, qui propose à la clientèle de son café parisien en 1856, cette  gourmandise sucrée.

 

Lire ICI 

 

« La couleur de son glaçage rappelle celle de l’habit des nonnes, et sa forme celle de leur silhouette, conférant ainsi au gâteau le nom de religieuse. À l’époque sortent aussi de chez Frascati des religieuses à la vanille. En outre, la religieuse est alors constituée d’un carré de pâte à choux fourré de crème pâtissière et surmonté de crème fouettée. Un peu plus tard, elle prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui grâce au pâtissier Chiboust, l’inventeur du saint-honoré. La crème Chiboust est la même dont on agrémente la religieuse. »

 

« … Curieusement, ce n’est pas la religieuse qui fit la renommée du café Frascati à l’époque, mais la littérature classique, qui l’évoque à travers les œuvres d’Alexandre Dumas (dans Georges : c'est le lieu où le riche mulâtre vient jouer des sommes folles, éblouir le Tout-Paris et braver le racisme.) ou d’Honoré de Balzac.(Dans La Fausse Maîtresse, il est dépeint comme un endroit où il faut se montrer ; dans Illusions perdues, c'est un enfer de jeu et de débauche, mais aussi un haut lieu de gastronomie où la lorette Florine vient commander des mets pour ses grands repas. On le retrouve encore dans La Fille aux yeux d'or, Les Employés ou la Femme supérieure, Splendeurs et misères des courtisanes.)

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 07:00
Sartre s’est-il toujours trompé ? Les années noires de l’Occupation et les années gauchistes post 68

Michel Winock Professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris, écrit : ICI 

 

« Le bilan paraît accablant. On l’a accusé d’avoir été passif sous l’Occupation, compromis avec le totalitarisme, démagogique avec la jeunesse gauchiste. Il sut pourtant, quelquefois, faire preuve de lucidité et de courage. Voici son itinéraire politique. »

 

(1) Sartre, tout comme Simone de Beauvoir, n’a jamais été résistant.

 

Et pourtant, en 1952, quand il décide d’adhérer à la Société des Gens de Lettres, sur sa fiche biographique, à la rubrique « guerre », Sartre inscrit : « Prend une part active à la résistance et aux barricades de Paris. »

 

Un livre, celui de Gilbert Joseph, que Maurice Nadeau dans la Quinzaine Littéraire n°585 (16 septembre 1991), présente ainsi : « Un libelle ? Un ouvrage polémique ? Peut-être, mais pas dans la forme, qui est celle d’une chronique historique, de l’épluchage du passé, d’un genre en tout cas où, si on ne se prive pas de commenter, on accumule faits et témoignages, on administre des preuves, avec recours aux archives en tout genre et jusqu’aux rapports de police. »

 

« Le propos en est simple : Sartre (pas plus, évidemment que son amie, Simone de Beauvoir) n’a été résistant. En outre, tant dans son métier de professeur que dans son activité écrivante, il n’a jamais manifesté le moindre signe de révolte contre l’Occupant. Il s’est soumis aux lois de Vichy (en signant, comme fonctionnaire, le serment de fidélité à Pétain), il a accepté que sa pièce Les Mouches soit visée par une double censure : celle des directeurs de théâtre collaborationnistes et celle, du Theaterguppe allemand, il l’a fait représenter dans un théâtre « aryanisé », l’ex-théâtre Sarah Bernhard. »

 

« On ne peut douter que le nazisme lui faisait horreur. Pourtant il a ignoré le génocide juifs, et plus généralement la politique d’extermination du IIIe Reich dans l’Europe occupée. Pas un mot sur les rafles à Paris, pas un mot sur Drancy ni sur les camps nazis en général. Il se désintéresse totalement des événements. »

 

Dans Une si douce occupation, Gilbert Joseph, ne se contente pas de cette appréciation générale, elle n’est que la conclusion d’une démonstration où sont suivis à la trace Sartre et de Beauvoir. Il aligne les témoignages, recopie rapports d’inspection ou de rectorat, fouille les archives.

 

Il déteste Sartre et plus encore Simone de Beauvoir à qui il ne concède aucun talent littéraire.

 

Il est impitoyable à l’égard d’autres têtes de Turcs :

 

  • Albert Camus qui accepte d’enlever du Mythe de Sisyphe un chapitre sur Kafka, écrivain juif ;

 

  • Malraux qualifié de « résistant de la onzième heure » ;

 

  • Gide, Claudel, Duhamel, Romains, Martin du Gard… 

 

  • « Tous ces écrivains étaient tellement dominés par l’Histoire et passaient si bas par-dessous qu’ils n’en étaient même pas pénétrés, à moins que l’énormité de la tragédie ne dépassât leur faculté d’expression. Ce fut la démission des élites françaises, un silence complice des horreurs récentes et qui ne fut même pas troublé. »

 

Qui était résistant s’interroge l’auteur : « moins de 30 000 personnes, 0,5% de la population… »

 

Nadeau s’interroge sur cet auteur, talentueux mais féroce et amer, qui est Gilbert Joseph « Un justicier ? Un homme de parti ? D’extrême droite ou d’extrême gauche ? »

 

Pour avoir des réponses, avec Anne Sarraute, il va le voir.

 

Il lui tend un livre : Combattant du Vercors, Fayard, 1972 et, en le lisant, il apprend :

 

« Que Gilbert Joseph s’est engagé à 16 ans, alors qu’il était lycéen, dans le maquis du Vercors et qu’il en a vécu jusqu’aux massacres de la fin. Un livre sans concession, également féroce (pas seulement à l’égard des militaires) et amer. »

 

Nadeau conclue « ce chasseur de mythes a la parole lente, monocorde et douce, un beau regard, profond et triste. Un homme désespéré. Sereinement désespéré. »

 

 

Les années gauchistes

 

Tous les commentateurs s’accordent à voir dans la guerre du Vietnam une des causes profondes des mouvements d’étudiants qui débouchèrent sur « 68 », aussi bien aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, au Japon, et en France. Sartre était toujours «dans le coup ». En 1967, il préside le tribunal Russel, auto-institué pour juger des crimes de guerre des Américains au Vietnam.

 

Il est vrai qu’à cette époque Sartre a perdu de son rayonnement. La mode n’est plus en France à l’existentialisme ni au marxisme : Lévi-Strauss, Foucault, Lacan, les linguistes, ont assuré le succès du structuralisme. L’impératif de scientificité l’emporte sur celui de l’engagement. Sartre, qui s’emploie à défendre l’histoire contre cette nouvelle culture, n’a plus la ferveur de la jeune génération. Mais l’explosion de Mai lui offre sa revanche. Il n’en a pas été l’inspirateur ; il en sera le militant, en se faisant l’écho de la révolte, sur les estrades, dans les journaux, et jusqu’aux portes des usines.

 

Une fois encore le voilà porté aux extrémités. Il fustige dans Le Nouvel Observateur son ancien « petit camarade » Raymond Aron, qui « ne s’est jamais contesté et c’est pour cela qu’il est, à mes yeux, indigne d’être professeur » ; il foudroie les communistes qui « ont peur de la révolution » ; il dénonce avec les gauchistes les élections « pièges à cons ». La réforme d’Edgar Faure votée, il s’indigne contre la « participation » : « réforme bidon », « mystification pure et simple ».

 

Son programme pour les étudiants ? Il le donne dans une interview au Nouvel Observateur, le 17 mars 1969, où, plutôt que de « se pendre » ou de « se vendre », il leur préconise de « s’unir » : « conserver leur pouvoir négatif, mener une guerre d’escarmouches contre les vieux qui les gouvernent, rallier, dès qu’ils pourront, le gros des travailleurs, force principale de la révolution, et foutre le régime en l’air. » À soixante-trois ans, Sartre garde toutes ses dents.

 

Années gauchistes : soutien aux mots d’ordre extrémistes, solidarité avec les maoïstes de la Gauche prolétarienne, vente publique de La Cause du peuple, dont les éditeurs ont été arrêtés, parrainage et direction du quotidien Libération, visite à Baader (chef de la Fraction armée rouge), dont il dénonce les conditions d’enfermement dans la prison de Stammheim, Sartre va même jusqu’à justifier l’attentat perpétré par un groupe terroriste palestinien contre les athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich, en 1972.

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