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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 06:00
Le palais d'hiver, résidence des tsars, où s'étaient réfugiés le gouvernement provisoire qui abdique face aux communistes dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 | Olivier Pauly / Ouest-France

Le palais d'hiver, résidence des tsars, où s'étaient réfugiés le gouvernement provisoire qui abdique face aux communistes dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 | Olivier Pauly / Ouest-France

Cette chronique est écrite en temps réel pendant la demi-finale Belgique-France à Saint-Pétersbourg.

 

Je suis calfeutré car je ne veux pas être influencé par les cris de joie ou de déception montant de la rue : beaucoup visionnent le matche dans un café…

 

Pendant toute la sainte journée sur les réseaux sociaux les deux camps se sont affrontés,avec plus ou moins d’humour, on sentait chez mes amis belges une jubilation sourde : enfin ils allaient claquer le bec à ces ramenards de Français jamais avare d’une bonne histoire belge. 

 

Moi ça ne me dérange, ça ne me touche pas, ce n’est que du football, un jeu, que le meilleur gagne je l’espère sans aucune contestation.

 

Comme je vous l’ai avoué je n’ai pas l’âme d’un supporter, j’aime le beau jeu et ces deux équipes sont capables d’en produire. C’est tout le mal que je leur souhaite.

 

Ça se passe à Saint-Pétersbourg la capitale des tsars, cette improbable ville flottante, fondée il y a plus de trois siècles (1703) Pierre le Grand a voulu faire de Saint-Pétersbourg une ville européenne et donner son premier port à l’empire. N’avait-il pas conçu ce rêve en apprenant la navigation en Hollande, dont il imposa les multiples canaux lors de sa construction ?

 

« Née d’une double victoire sur les Finlandais et les marais, Saint-Pétersbourg est un acte contre nature, issu d’un désir impérieux de voir triompher la volonté sur les éléments. Ici, tout est démesure : palais, ponts en fonte et quais de granit, jardins et églises, statues de bronze. La Neva, surtout. Fleuve qui inspira nombre de poètes et dont les reflets changeants, à l’aube comme au crépuscule, au soleil ou dans la brume, donnent à la ville une aura si particulière. Une sorte de douceur de vivre qui tranche avec la rudesse du climat.

 

Ce n’est donc pas un hasard si tous les auteurs russes, de Pouchkine à Gogol, ont vécu ici et non à Moscou. Si Voltaire, Gérard de Nerval, Sartre, Gide ont été fascinés par la bipolarité de la cité. Une fois visités les incontournables musées, palais et églises, il faut donc se faufiler dans le roman russe.

 

La perspective Nevski d’abord, chère à Gogol, qui s’étend sur plus de 4 km, de l’Amirauté à Ligovski Prospekt.

 

à 20 km de la ville : le palais Sainte-Catherine, dit Tsarskoïe Selo, et ses 100 hectares de parc. C’est dans le lycée impérial, contigu au palais d’Eté, d’inspiration baroque orné d’une splendide façade turquoise et or longue de 300 m, que Pouchkine, autre grand poète russe, fit ses études. Celui qui décrivait Saint-Pétersbourg « comme étrangère à sa propre patrie »

Magali Cartigny Le Monde

 

Les soirs d’été, lors des nuits blanches, une lumière inégalable décrite par Custine comme une fantasmagorie. Alexandre Dumas, dans Le Maître d’armes (1859), le résume ainsi : « Aimer pendant de pareilles nuits, c’est aimer deux fois. »

 

Aimer oui aimer…

 

Lorsque le résultat tombera, faisant des heureux et des malheureux, j’aurai une pensée pour Arno chantant Adamo.

 

Deux symboles de l’absence de frontière grâce à la musique.

 

Lorsque mon amie Magalie vendait des fromages français qui puent aux belges j’allais la rejoindre le week-end à Bruxelles. Elle habitait dans le quartier d’Arno et nous nous étions promis d’aller l’écouter ensemble.

 

23 mars 2016

Cher Arno, longtemps je me suis rendu à Bruxelles par le Trans-Europ-Express pour que nous ne connaissions plus la guerre… et la voilà chez toi... 

 

Arno en 2012 dénonçait l'absurdité de notre société de repus, il se méfiait de la contestation érigée en tendance, en ligne officielle.

 

« Je ne veux pas appeler à la révolte, autrement je serais comme Staline, Hitler, Mao. Moi, je suis seulement un chanteur de charme raté, donc je constate seulement ». Pas optimiste, optimiste notre Arno « J'ai peur parce que la gauche d'aujourd'hui est devenu la droite, et la droite est devenue l'extrême-droite. En Europe, le tendance d'extrême-droite est incroyable. Regarde ce qui se passe en France, en Belgique, en Hollande, en Italie, en Espagne, en Grèce… Mon père a vécu une guerre, mon grand-père deux, je suis la première génération qui n'a pas vécu une guerre en Europe. En 68, j'avais 19 ans et c'était la première fois dans l'histoire que les jeunes avaient leur propre culture. Pour nous, tout était possible. Maintenant j'ai des enfants et je vois que des jeunes font des études pour un métier qui n'existera plus dans trois ans. On vit le même changement que dans les années 60, mais avec un Etat des années 30. »

 

22 mai 2016

 

Et moi, pendant ce temps-là, je me retrouve dans une salle de concert, Le Trianon, pleine à craquer, c’est la première fois depuis la nuit du Bataclan que je retrouve au pied d’une scène, au coude à coude, comment ne pas y penser puisque lorsque j’avais réservé ma place j’avais noté « Les dates d'Arno, initialement prévues au Bataclan, sont reportées au 19 et 20 mai 2016 à 20h00 Le Trianon 80 boulevard de Rochechouart. Tous les âges, toutes les conditions, Arno a mis le feu pendant deux heures avec ses musiciens qui envoyaient du bois, même que la salle a chanté juste avec lui Putain, putain, nous sommes tous des Européens et, bien sûr, tout à la fin, les filles du bord de mer, nous ont permis de reprendre en chœur : et encore, et encore… de faire tchouin, tchouin… que du bonheur. Y’a pas d’âge pour ça et ça c’est aussi Paris…

 

Révolution russe. 100 ans plus tard, Saint-Petersbourg oublie et se souvient 

 

 

La statue de Lénine s’adressant au peuple est toujours en place. Monumentale, devant la gigantesque maison des Soviets. Un peu plus loin, le tout nouveau centre commercial arbore une architecture volontairement stalinienne. Mais sous ses arcades, ce ne sont que marques de luxe et autres étendards de la société occidentale, de la mondialisation.

 

Selon un récent sondage, un jeune russe sur deux ignorerait qui est… Lénine. Pourtant, dimanche, une foule immense, jeune, s’agglutinait place du Palais d’hiver, pour un son et lumière commémorant la révolution de 1917.

 

Cent ans plus tard, une génération de Russes qui n’a jamais vécu sous le communisme atteint la majorité. « Pour eux, il est extrêmement compliqué de concevoir ce qu’était l’URSS, estime Eugène Berg. Et vis-à-vis de l’Histoire, la Russie ne peut pas évacuer complètement Staline comme l’Allemagne a pu le faire avec Hitler. Les crimes commis sous Staline ne sont pas contestés mais il reste aussi celui qui a défait les nazis. C’est très compliqué. »

 

Point de départ de la révolution bolchevique d’octobre 1917, celle qui mettra un terme au tsarisme et bouleversera la marche du monde, Saint-Petersbourg est aujourd’hui à l’image d’un pays qui a tourné la page, et la tourne encore, d'un vingtième siècle communiste.

 

Cent ans plus tard, une génération de Russes qui n’a jamais vécu sous le communisme atteint la majorité. « Pour eux, il est extrêmement compliqué de concevoir ce qu’était l’URSS, estime Eugène Berg. Et vis-à-vis de l’Histoire, la Russie ne peut pas évacuer complètement Staline comme l’Allemagne a pu le faire avec Hitler. Les crimes commis sous Staline ne sont pas contestés mais il reste aussi celui qui a défait les nazis. C’est très compliqué. »

 

D’autant que pour chaque Russe, la relation à la période communiste est singulière. « Quand une famille a été privée de ses biens au nom du collectivisme, elle n’en a pas retrouvé la jouissance avec l’écroulement de la société communiste, explique Ivan Medved, dont les grands-parents ont vu leurs terres confisquées. Cela laisse des traces… »

 

Néanmoins, de l'autre bord, il reste des nostalgiques. Pour Youri, 55 ans, cela peut s’expliquer. « Sous l’URSS, nous avions un système éducatif très performant, rappelle ce Moscovite de passage dans l'ancienne capitale russe. Pareil pour la santé. Les droits acquis étaient nombreux. Quand on a fait le ménage à la chute du communisme, on est peut-être allés trop loin. »

 

Les cafés soviétiques : un concept nouveau à Saint-Pétersbourg 

 

« Les deux « cafés soviétiques » visités sont bien différents de ce à quoi on aurait pu s’attendre.  Est-ce vraiment comme cela que vivaient les Soviétiques, quand ils allaient prendre un verre ? Eh bien, tout simplement, ils n’allaient pas au café. A leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks ont tenté de mettre fin à ces enseignes, ainsi qu’à tout type de restaurants privés. Ces derniers, contraints de fermer, devaient être remplacés par des cantines collectives ou stalovaya, modèle socialiste de la restauration. Avec la croissance urbaine, nombre de ces cantines ont été construites, aménagées et gérées par le pouvoir central. Du fait de leur qualité médiocre, des restaurants privés « secrets » se sont développés en marge du système légal.

 

Après l’époque stalinienne et surtout sous l’ère gorbatchévienne, des établissements, restaurants et cafés privés sous forme de coopératives, ont été autorisés. Néanmoins, le café comme place de repos, où l’on peut s’asseoir et discuter, restait assez rare. Le système de restauration soviétique était marqué par une hiérarchisation. En haut de celle-ci se trouvaient les restaurants, réservés aux membres du Parti. A l’étage intermédiaire, les cafés proposaient des glaces, gâteaux, bonbons et autres produits sucrés. En théorie ouverts à tous, ils correspondaient en pratique à une population relativement aisée. Enfin, les stalovaya proposaient une nourriture de mauvaise qualité pour une population plus pauvre. »

 

Comme c’est étrange au moment où je mets le point final à cette chronique je regarde mon compte Twitter qui annonce :

 

 

La France disputera dimanche (17h00) à Moscou la 3e finale de Coupe du monde de son histoire après 1998 - victoire face au Brésil (3-0) - et 2006 - défaite face à l'Italie (1-1, 5 t.a.b. à 3) #CM2018 #AFP

Pour moi les terrains de foot n’ont pas de frontières je suis fou d’Arno lorsqu’il chante Adamo, ma part de belgitude est entière…

C’est fini. Enfin, pas vraiment, parce que les Belges joueront samedi pour la troisième place du Mondial, mais l’incroyable espoir qui traversait tout le pays depuis quelques jours, l’espoir de pouvoir gagner la Coupe du monde de football, le Graal absolu du sport numéro 1, s’est évaporé dans la nuit de Saint-Pétersbourg.

 

Un petit but qui fait toute la différence. Un petit but qui change un destin et qui transforme un rêve en réalité ou en regrets éternels, selon le camp où l’on se place.

 

On n’a pas assisté à une rencontre flamboyante, ce mardi, contre la France. Loin de la remontada face au Japon ou du football total contre le Brésil. On a, au contraire, eu droit à un match tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais très impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité. Une équipe de France plus que jamais à l’image de son entraîneur, Didier Deschamps. L’homme qui contrôle tout et qui s’adapte à toutes les oppositions a créé un collectif prêt à mettre le talent individuel au service de l’intérêt général et de la roublardise. La quintessence du football moderne, où il n’y a pas de place pour les sentiments mais où tout se joue sur le résultat. Chapeau.

 

La beauté et la cruauté du football à la fois

 

Et au final, donc, c’est un petit but, sur une phase arrêtée, qui a fait la différence. C’est toute la beauté et la cruauté du football à la fois. Ce petit supplément d’âme entre une occasion ratée et un corner réussi. Un petit but mais une différence énorme. Car toute la Belgique, ou presque, était devant le match en croyant plus que jamais dans l’histoire du pays, en un destin triomphal et à une semaine encore de fêtes et de passion dans les rues, devant les écrans et sur les terrasses.

 

Car c’est le plus grand mérite des Diables rouges : ils ont donné de la joie et de la fierté à tout un pays pendant trois semaines. On a oublié, un moment, les querelles et les soucis pour passer quelques jours d’émotion collective, simple, contagieuse, dont on manque sans doute cruellement.

 

Alors, évidemment, c’est un silence assourdissant qui s’est abattu sur le Royaume sur le coup de 22h.

 

La Belgique ne gagnera pas la Coupe du monde. Elle ne gagnera peut-être jamais la Coupe du monde. Mais la génération en or rentrera de Russie avec le sentiment d’avoir rempli plus que sa mission. Elle a prouvé qu’elle n’était pas seulement un espoir potentiel ou une simple addition de jeunes vedettes sans âme, mais bien une réalité tangible dans le football mondial et elle a passé un cap en s’installant dans le carré final et en alignant cinq succès d’affilée.

 

Évidemment, et c’est sans doute neuf dans l’état d’esprit belge, on en aurait voulu un peu plus et le potentiel était là pour aller jusqu’au bout. Mais il faut garder l’image de ce formidable groupe qui allie le talent, la solidarité, la volonté de briller et qui donne le sourire de Bruges à Arlon.

 

Un but. Un tout petit but. Mais un but qui change le destin. En somme : la définition du foot.

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 06:11
« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Pour coller à l’actualité parlons ce matin de la Russie.

 

Nous sommes à Smolensk le samedi 27 mars 1943

 

« … un homme au faciès comme une boîte de limaille de fer et avec qui, visiblement, Bartov avait été en affaire par le passé, me vendit une chekouschka, un quart de litre de vodka estonienne. La bouteille était assymétrique, de sorte que vous aviez l’impression d’être déjà ivre, et la gnôle qu’elle contenait n’avait pas l’air moins douteuse que le samogon, mais Bartov m’assura du contraire, raison pour laquelle, probablement, je décidai d’en acheter deux et lui proposai de me tenir compagnie. »

 

« Nous bûmes deux autres verres, mangeâmes le pain et les cornichons – Batov appelait ces amuse-gueule des zakouski –, et la première bouteille fut bientôt finie. Il la posa à côté du pied de la table.

 

 « En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure »

 

Le berlinois Bernie Gunther et Batov le russe discutent, ce dernier explique :

 

« Depuis la guerre de 1920, il est presque aussi difficile d’être polonais sous les bolchevicks que juif  sous les Allemends. Une vieille cicatrice historique, mais, comme toujour, ce sont des cicatrices profondes. Les Russes ont perdu, vous comprenez. Les forces soviétiques commandées par le maréchal Toukhatchevski ont été battues par le général Pilsuldski devant Varsovie – le miracle de la Vistule, comme on l’appelle. Staline en a toujours imputé la faute à Toukhatchevski, qui, de son côté, en imputait la faute à Staline. Ils ne pouvaient pas se voir, de sorte qu’on se demande comment il a duré aussi longtemps. Finalement, il a été arrêté en 1937,et lui, sa femme et deux de ses frères ont été exécutés ; il me semble que ses trois sœurs et une de ses filles ont été envoyées dans un camp de travail. Alors je suppose que nous pouvons nous estimer heureux d’être encore là pour pouvoir relater les faits, ma fille et moi »

 

  • Et moi qui pensais que Hitler était un sale type »

Batov sourit.

 

« Hitler n’est qu’un démon mineur de l’enfer, mais Staline est le diable en personne. »

 

La Pologne célèbre "le Miracle de la Vistule" le 14 août 2010

 

« La Pologne a célébré samedi le 90e anniversaire de la Bataille de Varsovie contre l'Armée rouge en 1920, qui a permis de lui barrer la route dans sa marche vers l'Europe de l'Ouest. Le nouveau président polonais Bronislaw Komorowski a assisté à une messe solennelle célébrée à l'église d'Ossow en présence de militaires hauts gradés. plusieurs centaines de personnes en uniformes d'époque et armes à la main ont pris part samedi à une reconstitution des opérations militaires, en présence des milliers de spectateurs. La Pologne a remporté cette guerre, également appelée "le Miracle de la Vistule", peu après son retour à l'indépendance en 1918, mettant fin à 130 ans de son partage entre la Russie tsariste, la Prusse et l'Empire austro-hongrois. »

 

« Les Soviétiques commencèrent à concentrer sur les frontières polonaises les meilleurs détachements parvenus de tout le pays. Le 10 mars 1920, à Smolensk, eut lieu la réunion des chefs de l’Armée rouge, du « Front occidental » et des commissaires communistes, dont Staline. C’est alors que furent prises les décisions d’attaquer la Pologne et l’Europe selon un plan qui devait se dérouler le long de la trajectoire Varsovie, Poznan, Berlin et Paris.

 

Grâce au brillant travail de l’espionnage polonais, le maréchal Josef Pilsudski, le chef charismatique de l’armée polonaise, était au courant des plans soviétiques et il décida d’agir immédiatement. Le 25 avril, anticipant l’attaque bolchevique, Pilsudski lança l’armée polonaise contre les Russes pour disperser l’Armée rouge et pour créer sur le territoire conquis un État ukrainien indépendant. Malgré la conquête de Kiev, ces objectifs ne furent pas atteints et l’armée polonaise dut se retirer. »

 

Les zakouski

 

« Il est d’usage en Russie, le jour d’un dîner, de préparer dans une pièce, laplus près de la salle à manger, une table couverte de différents hors-d’œuvre : tels que, radis, beurre, anchois, caviars, saucissons en tranches, et quelques petits hors-d’œuvre chauds de cuisine, plusieurs carafons de liqueurs, telles que : eau-de-vie blanche, amer, pomeranz, anisette, genèvre de Hollande et arak ; quelques  assiettes de tranches de pain blanc et bis. Les convives avant d’aller se mettre à table, passent dans cette pièce et s’arrêtent autour de ce buffet, pour y prendre chacun selon son goût un peu de ces hors-d’ouvre et un petit verre de liqueur ; c’est ce qu’on apelle prendre le zakouski. »

 

               

Les ombres de Katyn de Philip Kerr

 

« C'est la plus sombre des enquêtes de Bernie Gunther. Non seulement parce que, contrairement à l'habitude que nous a donnée l'auteur de La trilogie berlinoise, notre héros, Bernie, n'ouvre pas le bal avec des baffes d'anthologie balancées aux nazis de l'hôtel Adlon, mais manque de périr enseveli sous les décombres de Berlin pilonnée en 1943 par la Royal Air Force... Mais sombre, encore et surtout, parce que Philip Kerr, malgré l'alacrité de son humour anglais (qu'il est), soufflant à Bernie un esprit chevaleresque un brin misogyne (il faut bien coller à l'époque...), s'empare cette fois d'un épisode effroyable de notre Histoire. En 1940, 14 500 hommes, Polonais pour la plupart, furent massacrés et enterrés par les soldats soviétiques aux abords de la ville de Smolensk. »

 

La suite ICI 

« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Katyn, l'un des pires massacres de Staline

 

Les communistes soviétiques éliminent, en avril 1940, l'élite de la Pologne. Ils feront porter le chapeau aux Allemands durant cinquante ans. Par Michel Colomès

 

C'est pire qu'un massacre, c'est un abattoir, tant les gestes sont calculés, méthodiques, froids, précis, et surtout répétés en une procédure implacable, des dizaines et des dizaines de fois. Sans un tremblement, sans l'ombre d'une hésitation, sans une pause. Un homme à la fois, d'abord un noeud coulant passé autour du cou, puis les mains garrottées derrière le dos, trois pas à peine, le temps d'ébaucher une prière, il est saisi aux épaules par deux aides, une seule balle dans la tête tirée par un troisième. Le corps est déjà poussé sur un plan incliné et la flaque de son sang lavée d'un coup de seau.

 

4 404 officiers polonais au moins sont morts ainsi, ou plus expéditivement encore, exécutés au bord de la fosse commune qui allait les ensevelir, en avril 1940, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, en Russie. À l'occasion de l'anniversaire de ce qui fut une tragédie pour la Pologne et pour le genre humain, Arte a eu la bonne idée de diffuser, le 14 avril, le sombre et magnifique film d'Andrzej Wajda, dont le père, capitaine au 72e régiment d'infanterie, fut parmi les victimes. Wajda, ardent patriote polonais, a toute sa vie voulu reconstituer l'histoire et, surtout, rétablir la vérité sur Katyn. Car à l'atrocité des faits s'est ajoutée la honte de leur négation pendant plus de 50 ans par les Soviétiques. Et leur travestissement pour accuser le coupable idéal, le Troisième Reich, responsable, il est vrai, de tant d'horreurs dans cette région d'Europe, et dans d'autres.

 

Épuration de classe

 

Lorsque les Allemands envahissent la Pologne, le 1er septembre 1939, ils sont suivis, quinze jours plus tard, par l'Armée rouge. En vertu de leur pacte d'août 1939, Hitler et Staline avaient décidé de se partager les dépouilles du pays. Tout de suite, les Soviétiques font prisonniers 250 000 soldats et officiers polonais. Les agents du NKVD, à qui Staline a demandé de s'occuper spécialement de ce dossier, libèrent une partie des soldats et livrent les autres aux Allemands. Mais ils gardent les officiers, pas seulement ceux de carrière, mais tous les réservistes, étudiants, médecins, ingénieurs, chefs d'entreprise, qui représentent l'élite de la Pologne. Afin de supprimer une menace potentielle pour le nouveau régime qu'il veut imposer à Varsovie, Staline décide de procéder à une véritable épuration de classe. Le 5 mars 1940, il donne l'ordre d'exécution des officiers polonais "nationalistes et contre-révolutionnaires". Le massacre de Katyn est acté.

 

Tout le monde l'ignorera, jusqu'à ce que l'armée allemande, qui s'est retournée contre l'URSS et a dénoncé le pacte germano-soviétique, envahisse la Russie occidentale et tombe sur les charniers. Dès avril 1941, des identifications sont faites, et de rares objets personnels rendus aux familles. Commence alors une monstrueuse polémique qui prend d'abord la forme, pendant toute la guerre, d'une campagne de propagande organisée par les nazis, accusant les officiers juifs de l'Armée rouge du forfait.

 

Des revolvers de marque allemande

 

À cette accusation répondra, pendant 50 ans, un déni total de responsabilité de la part de Moscou. Les communistes non seulement nient toute implication, mais appliquent leur tactique habituelle de l'amalgame, un terrorisme intellectuel très efficace, surtout à la fin de la guerre : ceux qui mettent en doute la thèse soviétique sont des pro-nazis. Au point qu'en 1944, Roosevelt refusera les conclusions d'une commission d'enquête défavorable aux Russes. Les Anglais feront de même après un rapport de leur ambassadeur auprès des Polonais qui aboutissait à la même conclusion. Même la Croix-Rouge refusera de rendre publique l'enquête qui lui a été remise par ses services précisant les responsabilités soviétiques du massacre. En dépit des protestations des Polonais libres - les autres sont devenus un satellite de l'URSS -, Katyn va être catalogué pendant toute la guerre froide comme "une tentative sans importance (sic) des Allemands pour retarder leur défaite".

 

Il faudra attendre Gorbatchev et la glasnost, vraie déstalinisation, pour qu'à la suite des travaux d'une historienne soviétique, l'URSS reconnaisse, en 1990, la responsabilité de sa police secrète dans la tuerie organisée par le chef du NKVD, Lavrenti Beria. Deux ans plus tard, Boris Eltsine, nouveau président russe, remet à Lech Walesa, président de la République polonaise, plusieurs documents émanant du comité central, dont l'ordre d'exécution des officiers polonais.

 

Dans ces archives, une note montre à elle seule le cynisme et la duplicité des communistes soviétiques : elle indique que les exécutions doivent être accomplies avec des revolvers Walther, de marque allemande, et des munitions allemandes, elles aussi, saisies en Estonie que l'URSS vient d'annexer. Dès 1940, alors qu'il était encore son allié, Staline avait donc monté une opération destinée à faire croire à la responsabilité de son compère Hitler dans les atrocités de Katyn.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 07:00
Ceci n’est pas une histoire belge : la Convention annexa la Belgique à la France le 1er octobre 1795.

Allez, un petit coup de foot pour la route :

 

Coupe du monde 2018 : la Belgique se débarrasse du Brésil et hérite de la France…

 

La première demi-finale de cette Coupe du monde est connue. Elle opposera la France, vainqueure de l’Uruguay (2-0), à la Belgique, qui a renversé une équipe brésilienne trop brouillonne et pas assez inspirée (2-1). Il s’agira du premier match officiel entre les deux voisins européens depuis 1986, quand ils avaient joué le match de la troisième place.

 

Hériter de la France quelle histoire ?

 

Après la victoire de Fleurus, de longs débats ont lieu à la Convention pour décider du sort des Pays-Bas autrichiens. Poussée par Merlin de Douai, la Convention craint qu'une république belge séparée, comme la République batave, soit trop faible pour résister aux Anglais et aux Autrichiens et qu'elle ne devienne un État tampon contre la République française. La Convention vote finalement l'annexion de la Belgique le 1er octobre 1795, créant les neuf départements belges : la Dyle, les Deux-Nèthes, l'Escaut, les Forêts, le Jemmapes, la Lys, l'Ourte, la Meuse-Inférieure et la Sambre-et-Meuse. Cette annexion est confirmée le traité de Campo-Formio, par lequel l'Autriche cède officiellement les Pays-Bas autrichiens à la France, puis par le traité de Lunéville en 1801.

 

 

L'histoire de la Belgique ICI

 

Revenons au foot :

 

Les Français qui ont regardé le match auront raison de se demander si une demi-finale contre leurs voisins, plutôt que contre cette équipe brésilienne un peu perdue, est vraiment la meilleure issue. La Belgique est la meilleure attaque de ce Mondial (14 buts), elle a mis deux buts à la meilleure défense du Mondial et a battu pour la première fois une équipe sud-américaine en match à élimination directe. La Belgique n’a plus perdu lors de ses 23 derniers matchs (18 victoires, 5 défaites).

 

Surtout, elle arrive en pleine confiance, consciente d’avoir frôlé la mort footballistique contre le Japon. Les Diables rouges sont devenus la première équipe à être revenue d’un déficit de deux buts, pour remporter un match de Coupe du monde dans le temps réglementaire depuis le Portugal, en 1966. « On est très fiers d’avoir gagné contre ce genre d’équipe. C’est pour vivre ça qu’on veut jouer au foot, pour vivre des matchs comme celui contre le Brésil », a dit un Kevin De Bruyne élu homme de la rencontre par la FIFA.

 

La « génération dorée » belge avait jusqu’ici échoué en quarts de finale, en Coupe du monde 2014 et à l’Euro 2016. Ils atteignent pour la première fois le dernier carré et retrouveront donc la France, pays voisin et adversaire presque frère. La demi-finale, qui aura lieu mardi 10 juillet à 20 heures à Saint-Pétersbourg, sera le 74e match entre les deux pays, un record. Et, contrairement à la dernière demi-finale des Bleus, en 2006 contre le Portugal, Thierry Henry (123 sélections, 53 buts) ne sera pas dans le coin bleu. Il sera dans le coin rouge, en tant qu’entraîneur adjoint des Belges.

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 06:00
Les cagots de Gascogne « Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison »

« On a peine à imaginer que dans le quart sud-ouest de la France, il y a moins d’un siècle encore, deux humanités coexistaient sans se mélanger.

 

En ville comme à la campagne, Français et Cagots se toisaient de loin, évitant tout contact direct. Ni guerre ni haine entre les deux peuples : les bons chrétiens acceptaient le poids d’une fatalité ancienne qui faisait considérer comme étrangers ces voisins de petite taille, aux trognes tragiques, aux oreilles curieusement découpées, avec lesquels on savait depuis l’enfance qu’il fallait proscrire tout échange organique sous peine d’être encagotté.

 

« Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison », écrit don Martin de Vizcay en 1621.

 

Dans de nombreux villages des Pyrénées et de Guyenne, existait « une fontaine des Cagots » distinctes de celle où les autres habitants allaient remplir leurs jarres.

 

« Certes les Juifs, les bohémiens étaient tenus à l’écart dans l’ancienne France, mais la religion des uns, le nomadisme des autres pouvaient encore expliquer les réactions de rejet. Quant au Cagots, également connus sous les noms d’Agotes, Capots, Gahets, Chrestiens – par anti-phrase – Gésites ou Gésitains, « ils avaient un domicile fixe, ils professaient la même religion que leurs voisins, ils  gagnaient leur vie en exerçant des métiers utiles et honorables », constate Francisque Michel, qui leur consacre l’essentiel de son livre sur les races maudites. »

 

 

« Ce qu’il y a de certain, c’est que ces êtres, dégradés par l’opinion et portant sur eux je ne sais quel sceau de malédiction, étaient bannis, repoussés de partout comme des pestiférés dont on redoutait le contact et la vue. Ils étaient sans nom, ou, s’ils en avaient un, on affectait de l’ignorer pour ne les désigner que par la qualification humiliante de Crestiaa ou de Cagot. Leurs maisons, disons mieux, leurs huttes, s’élevaient à l’ombre des clochers et des donjons à quelques kilomètres des villages, où ils ne se rendaient que pour gagner leur salaire comme charpentiers ou couvreurs, et pour assister à l’office divin à l’église paroissiale. »

 

Pour en savoir plus acheter Tour du Monde à travers la France inconnue Bruno Fuligni éditions du Trésor.

 

 

Envie de faire le tour du globe sans passer la moindre frontière ? C’est possible ! Discrètement mais sûrement, notre bonne vieille métropole cache, à travers ses peuplades méconnues, un étonnant monde miniature. Des Huns en Champagne, des Écossais dans le Berry, des Acadiens dans le Poitou, des Bédouins en Touraine, des Mexicains au cœur des Alpes, ou encore des vahinés sur la côte basque… Un voyage paradoxal : le tour du monde des grandes civilisations sans quitter l’Hexagone.

 

 

« Ils s'appelaient cagots dans les Hautes-Pyrénées, capots en Ariège, gahetz, gafets, agotas, gaouès, ladres… ailleurs. Leur particularité ? Ou plutôt leur malédiction ? Appartenir à une race qui les excluait par la naissance de la société. Plus considérés comme des bêtes que comme des hommes, ces cagots vivaient à l'écart, dans leur cagoterie. Et cela dès 1300 jusqu'au début du XXe siècle.

 

Où ?

 

Dans les vallées des Nestes, des Gaves des Hautes-Pyrénées, dans le Luchonais, l'Ariège, le Bearn, le Pays basque…

 

Sensible à ce thème de l'exclusion, Jean-Jacques Rouch, longtemps journaliste à «La Dépêche du Midi» a choisi d'aborder cette destinée méconnue et pourtant historique des cagots par la voix d'un jeune juge du parlement de Toulouse. Son roman s'intitule «Jean Le Cagot. Maudit en terre d'Oc»

 

Un musée à Arreau

 

Avant lui, un autre homme a aussi voulu rendre hommage à ce peuple persécuté pendant quelque 800 ans, en créant le musée des cagots, en 1989, dans le Château des Nestes, à Arreau, le seul qui existe en France. Il s'agit du professeur Raymond Fourasté.

 

Originaire d'Arreau, dans les Hautes-Pyrénées, bassin des cagots, le professeur Fourasté s'est intéressé à cette minorité en préparant une thèse d'état qui s'intitulait : «Analyse ethnopsychologique des identités basques et pyrénéennes». Lors de ses recherches, il est tombé sur un document du XIXe siècle, écrit par le médecin anthropologue René Collignon. «Dans ce texte, il avait classé les Pyrénéens en trois groupes. Les grands. Les moyens. Les petits. Les cagots font partie des petits. Si le terme ''petit'' n'est pas un mot d'exclusion. Celui de cagot, si !», précise le professeur.

 

«Le cagot type est plutôt blond, aux yeux bleus, et mesure entre 1 m 50 et 1 m 55. Il vit isolé en petits groupes dans les montagnes»

 

Naître cagot, c'était le rester à vie. Parias parmi les parias, les cagots ont supporté pendant des siècles le mépris des villageois. Interdiction leur était faite de vivre dans les mêmes quartiers. De marcher pieds nus. De posséder du bétail. De manipuler la nourriture. Et à l'église, ils ne pouvaient pas rentrer par la même porte que les fidèles et possédaient leur propre bénitier, le prêtre leur tend l'hostie au bout d'un bâton. Côté métiers, les cagots faisaient tout ce que ne voulait pas faire la population dominante. Ils exerçaient des métiers liés à la nature. Ils travaillaient le bois, le marbre, la pierre, l'eau. Ils étaient de très bons charpentiers, tonneliers, charrons…

 

A cette époque, les cagots effrayaient autant qu'ils fascinaient. Autour d'eux, gravitent de nombreuses croyances divines et occultes. On leur attribue le pouvoir du feu et de l'eau. Parmi les cagots, on recrutait beaucoup de guérisseurs.

 

En 1683, Louis XIV décide de les affranchir de leur condition de cagots, en leur accordant les mêmes droits qu'au reste de la population. Malgré cela, la ségrégation est restée de mise.

 

Aujourd'hui, encore le tabou demeure aussi pour ceux qui en descendent et qui en ont la mémoire. Comme une indicible douleur. »

 

Publié le 16/09/2012  dans la Dépêche du Midi :

Ces braves cagots ont été maudits pendant 800 ans 

 

 

« En 1963, un autre journaliste signalait encore à Argelès le dénommé Miquetot, « claudiquant,hébété,bonasse, sous des vêtements qui semblent toujours trop grands, grotesque et pitoyable » : haut d’un mètre vingt seulement, ce pensionnaire de l’hospice mendiait tristement par les rues, soutenant avec peine sa grosse tête disproportionnée d’où se détachaient deux oreilles que n’ourlait aucun lobe. Pauvre Alien pyrénéen, réduit à vivre de la charité publique ! »

 

« Près de 2 millions de Français portebt des noms de Cagoy=ts, sans que rien ne les distingue plus de leurs concitoyens. »

 

«Je te défens enter ès église, marché, moulin et lieux ès quels y a affluence de peuple.

 

Et te défens entrer ès tavernes et maison hors celles en laquelle est ton habitation.

 

Je te défens toucher compagnie d'aultre femme que celle que tu as espousée.

 

Je te défens toucher aucunement enfant et ne leur donner ce que tu auras touché.

 

Je te défens manger et boyre en autre compagnie que lépreux et sache que tu quand tu mourras tu sera enseveli en ta maison si ce n'est de grâce qui te sera faite par le prélat ou ses vicaires»

 

Cardinal de Pellevé, Rituel de Sens 1550.

 

Les cagots à Montgaillard et dans les Hautes-Pyrénées ICI 

 

 

 

«Je suis d'origine ariégeoise, et à Saint-Girons où j'ai vécu, il y avait la place des Capots. Cela m'a toujours intéressé», annonce Jean-Jacques Rouch, auteur de «Jean Le Cagot».

 

Après deux ans et demie de recherches, notre confrère signe un fabuleux roman historique qui rend hommage à ce peuple persécuté. Une belle leçon d'histoire et de courage. «Jean Le Cagot» a été sélectionné pour le prix national du roman historique qui se tiendra à Blois du 18 au 21 octobre.

 

«Jean Le Cagot», par Jean-Jacques Rouch, ed. Privat, 216 p, 18€.

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 06:00
Chronique d’un trancheur de tomates « Le sel de l'existence est essentiellement dans le poivre qu'on y met. » Alphonse Allais…

Dans la touffeur  de ce début de juillet j’étais un homme en cuisine en train de trancher des tomates juteuses que j’allais étendre sur une assiette avant d’y poser des rondelles de mozzarella di Buffala ; une pincée de sel puis d’un coup de poignet léger actionner le moulin à poivre…

 

 

Et là, en un éclair fulgurant, je me suis dit « T’as jamais chroniqué sur le poivre, bougre d’âne ! Ça manque à ta palette de saveurs.»

 

Et puis, j’ai ri en pensant que mes premiers cheveux blancs sont apparus à 33 ans, l’âge du Christ et pendant tout un temps ma chevelure et ma barbe furent poivre et sel.

 

Et pour finir je me suis offert une petite citation poivrée

 

« Ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun! Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment. »

Guy de Maupassant Boule de suif (1880)

 

Enfin une pensée pour Annette Poivre et Patrick Poivre dit d’Arvor, le PPDA des défunts Guignols. En 2004, Patrick Poivre, ses enfants Arnaud, Dorothée et Morgane et son frère Olivier déposent une requête en changement de nom auprès des services du Garde des Sceaux, afin d'adopter officiellement le nom Poivre d'Arvor - requête satisfaite en septembre 2005, par décret.

 

« Pèbre d'ai ou « poivre d'âne » est le nom de la sarriette en Provence.

 

L'expression « poivre d'âne » vient du fait que cette herbe est très appréciée des ânes et, parait-il, leur permet d'avoir des érections grandioses. »

 

Lors de mon périple sur le sentier Stevenson, mon âne qui était une ânesse se nommait Sarriette.

 

23 août 2006

Adieu Modestine ! ICI 

 

J’entre dans le vif du sujet :

 

Il y a d’abord le poivre, l’épice des épices.

 

« En Chine comme à Rome son trafic tient un rôle à part, ne serait-ce que par son ancienneté, son volume et sa valeur. Son histoire à elle seule pourrait résumer celle de toutes les épices. Le poivre est synonyme de richesses et souvent valeur d’échange ; le roi wisigoth Alaric prend Rome en 410 ; il exige une rançon de 5000 livres de poivre. Au XVe siècle une expression française dit « Cher comme poivre ». De fait, lorsqu’un historien tente  de mesurer la plus-value qu’engendre ce commerce à la veille des grandes découvertes, il obtient des chiffres impressionnants : si le kilo s’achète un ou deux grammes d’argent aux Indes, il se rachète dix à quatorze à Alexandrie, quatorze à Dix-huit lorsqu’il est stocké au Fondaco dei Tedeschi à Venise ; le dernier acheteur, souvent un gros consommateur du nord de l’Europe, déboursera vingt à trente grammes de métal blanc. Lorsque les Portugais établissent un système d’approvisionnement direct à la source, le prix à l’arrivée est peu ou prou vingt fois celui du premier achat. Même si l’on tient compte des variations séculaires des cours et si l’on rappelle que le commerce du lointain a toujours engendré gros risque et gros profit, cette multiplication reste remarquable.

 

Le poivre est une marchandise dont il suffit d’énumérer les caractéristiques pour comprendre comment se déroulera la course aux épices. Il est de faible volume, rare, cher, exotique et impossible à transplanter en Europe ; il voyage surtout par mer et rapporte à l’intermédiaire bien plus qu’au producteur. Pendant longtemps les Européens ne peuvent s’en procurer que sur des marchés bien précis. Il y a fort à parier que celui qui emportera la course aux épices sera bon marchand, bon marin et bon diplomate. À ce jeu gagnera le plus inventif, le plus malin, le plus souple, parfois le plus cynique. »

 

L’horloge aux épices

 

« À la fin du XVIIe siècle, M. de Villayer fabrique une horloge dont chaque heure correspond à un logement contenant une épice différente. La nuit, on plonge le doigt dans le trou indiqué par l’aiguille des heures, et pour savoir à quelle vitesse passe le temps, il suffit de sucer son doigt. »

 

Les coureurs d’épices Edith Huyghe, François-Bernard Huyghe Payot

 

 

Tout savoir sur le poivre ICI 

 

Enfin, le poivre de Cayenne n’est pas du poivre.

 

« Il y a beaucoup de confusion entourant l'appellation "poivre de Cayenne". Ce dernier est extrait de piments forts du genre Capsicum et il ne doit pas être confondu avec le poivre noir ou blanc qui lui, est extrait d'une plante nommée Piper nigrum L. Le poivre de Cayenne est extrait à partir de cinq espèces différentes de Capsicum: Capsicum frutescens, Capsicum chinense, Capsicum baccatum, Capsicum pubescens et Capsicum annuum (comprenant jalapeño).

 

L'oléorésine de capsicum peut être extraite des piments avec un solvant organique. Cette oléorésine peut contenir de 0,1 à 1,5 % de composés piquants dont le plus connu est un alcaloïde appelé Capsaïcine. Celle-ci est une substance cristalline très irritante qu'on ne retrouve dans aucune autre plante. La Capsaïcine est la source de l'irritation et de la sensation de chaleur produite par les piments du genre Capsicum.

 

Le produit principalement utilisé par les forces policières qu'on appelle communément  "poivre de Cayenne", est en fait une bombe aérosol contenant de l'oléorésine de capsicum ou un autre type d'extrait de capsicum et un solvant qui peut être un mélange alcool-glycol. »

 

Pour finir en beauté Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band.

 

« Le huitième album des Beatles, celui qui atteint des sommets dans les palmarès de vente de disques avec plus de 32 millions de copies écoulées, aura 50 ans ce 1er juin. Dès sa sortie, en 1967, Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band, s'impose vite comme une oeuvre majeure de la culture pop et un des albums les plus influents. C'est cet album-là que le magazine iconique Rolling Stone hissera ainsi à la toute première place de son classement des "500 plus grands albums de tous les temps". »

 

Et petit coup pour la route avec Poivre d’âne le jaja rien que pour l'étiquette !

 

 

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 07:00
Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

L’Uruguay, pays de tous les exils ?

 

« L’histoire de l’Uruguay est celle d’un pays aux exils multiples. Autrefois « Suisse » d’une Amérique rêvée par des millions d’européens partis en quête d’une vie meilleure, le pays a par la suite joué le rôle capital d’espace-refuge lorsque l’Europe connut ses pires drames (la guerre civile espagnole, la répression franquiste, la seconde guerre mondiale) avant de devenir à son tour, à la fin du même siècle, le théâtre de la tragédie de la dictature et de la répression organisée au sein du Plan Condor. Dans ce contexte, c’est au tour des uruguayens de s’exiler massivement vers les pays de l’aïeul européen : l’Uruguay de l’accueil devient celui de l’ostracisme. Ces différentes facettes de l’exil sont au cœur des œuvres de José Mora Guarnido, Carlos Liscano et Marisa Silva Schultze, des écrivains qui ont connu de façon directe ou non l’effet de ces itinéraires transatlantiques, des contraintes des dictatures et des répressions. Dans leurs œuvres, ils ont choisi de mettre en scène cette condition de l’exilé « en » ou « depuis » l’Uruguay, ces voyages et expériences d’une rive à l’autre de l’Atlantique, contribuant ainsi à façonner une pensée de l’exil uruguayen. »

 

La suite ICI  

 

Le ballon rond, ciment social

 

Ce qui permet au petit pays d’exister sur la scène footballistique mondiale avec ses 3,4 millions d’habitants, est avant tout la part colossale de licenciés de la fédération de football, que le journal uruguayen La Republica estime à 165 000. Le Portugal, futur adversaire de la Celeste, et ses 10,3 millions d’habitants n’en comptent que 133 000.

 

Au-delà de la ferveur nationale, Pierre Arrighi trouve d’autres explications à la force du pays dans le domaine du ballon rond : « Si l’Uruguay a dominé le football d’Amérique du Sud depuis 1916 et le football mondial, (8 titres continentaux et 2 Coupe du monde entre 1930 et 1950) c’est en partie grâce au fait que l’équipe nationale uruguayenne a ouvert ses portes plus tôt et plus largement à l’immigration. »

Nicolas Rocca

1930

30 juillet

L'Uruguay remporte la première Coupe du monde

Lors de la finale de la première Coupe du monde de football à Montevideo, l'Uruguay bat l'Argentine par 4 buts à 2. La France terminera à la troisième place. L'équipe de l'Uruguay, qui joue à domicile, remporte tous ses matchs. L'Italie en 1938 puis le Brésil en 1970 et 2002 remporteront aussi la Coupe du monde sans perdre un seul match.

 

 

1950

16 juillet

La victoire de l'Uruguay noyée par les larmes des Brésiliens

Après douze ans d’absence, la Coupe du monde de football fait son retour au Brésil. Le pays tout entiers rêve alors du titre. La formule finale est unique cette année puisqu’elle se déroule sous la forme d’une poule. Mais le dernier match, qui oppose l’Uruguay au Brésil, a finalement la valeur d’une finale. En effet, les Brésiliens partent favoris puisqu’ils ont littéralement écrasé leurs adversaires : 7-1 face à la Suède et 6-1 face à l’Espagne. L’Uruguay a par contre fait match nul face aux Espagnols. Mais ce dernier bat le Brésil 2 à 1 et laisse le stade Maracanã dans un silence de mort. Abattus par cette défaite inattendue, les officiels brésiliens en oublient la cérémonie, si bien que c’est Jules Rimet en personne qui remet le trophée portant son nom au capitaine des Uruguayens.

 

1994

15 avril

Les accords de l'Uruguay Round

Dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), l’Uruguay Round aboutit, à Marrakech, à la signature de l’acte de naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ouvert en septembre 1986, ce cycle de négociations a réuni 125 pays. Il a été le plus long et le plus riche de l’histoire du GATT. Avant d’aboutir à l’OMC, il a porté sur la réduction des droits de douane et surtout sur l’élargissement des domaines de négociation à l’agriculture, au textile et aux services, incluant également le principe de propriété intellectuelle.

Présentation de l’Uruguay

Nom officiel : République orientale de l’Uruguay
Chef de l’Etat : M. Tabaré Vázquez

 

Données géographiques

Superficie : 176 065 km2
Capitale : Montevideo (1,34 million d’habitants)
Villes principales : Canelones (485 000 hab.), Maldonado (140 000 hab.), Salto (123 000 hab.), Colonia (119 000 hab.) et Paysandu (113 000hab.)
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso uruguayen
Fête nationale : 25 août (déclaration d’indépendance : 25 août 1825)

 

Données démographiques

Population : 3,42 M
Croissance démographique : + 0,24%
Espérance de vie : 77,3 ans
Taux d’alphabétisation : 98,4 %
Religion (s) : catholiques 66% ; protestants 2% ; juifs 1% ; autres et non-pratiquants 33% (Etat laïc depuis 1918).

La suite ICI 

 

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:00
« Je suis d’une génération où il fallait faire silence. J’ai fait mes classes dans des écoles catholiques... »

Le grand silence à l’école d’agriculture Notre-Dame de la forêt commençait dès la fin du dîner jusqu’au lendemain matin où nous étions réveillé dans le grand dortoir par un  tonitruant « Dieu soit béni » auquel nous devions répondre « à jamais » en quittant notre lit avant d’allant torse nu, quel que soit la température, faire nos ablutions sous les robinets d’eau froide. Il n’était rompu qu’au moment du petit déjeuner.

 

Bien sûr, nous ne le respections pas toujours, le surveillant ne pouvant tous nous contrôler, mais dans cet internat, comme dans tous les internats, le silence était roi.

 

J’aimais bien ce silence comme une bogue dans laquelle mon imagination, cette folle du logis, s’en donnait à cœur joie.

 

Lire dans le silence, je lis dans le silence et ces derniers mois, sur mon lit, j’ai été gâté.

 

Écrire dans le silence, j’écris dans le silence du petit matin.

 

Le silence : « Comment enquêter sur ce qui touche à l’âme, cette «harpe silencieuse dans l’orchestre de Dieu», selon l’expression d’Henry David Thoreau

 

Chasseur de sensations, l’historien Alain Corbin consacre un livre lumineux au bonheur de se taire, traquant chez les écrivains le sens du silence, sa signification sociétale variable selon les époques.

 

Alain Corbin, Histoire du silence, De La Renaissance à nos jours, 210p. Albin Michel

 

Le silence, ce merveilleux signe de distinction

 

« Mais pourquoi cette chasse au silence, Alain Corbin?

 

«C’est quelque chose qui me tracassait depuis longtemps. J’ai souvent proposé ce sujet à mes étudiants doctorants, en vain. Comme mon livre sur les cloches, celui-ci dérive d’une expérience intime. Je suis d’une génération où il fallait faire silence. J’ai fait mes classes dans des écoles catholiques. Dans les années 1940, nous étions abonnés à l’adoration perpétuelle: on s’agenouillait dans une chapelle face au Saint-Sacrement et pendant une demi-heure, on n’avait pas le droit au moindre bruit. Je me rappelle aussi un voyage que j’ai fait avec mon père, un médecin mulâtre originaire de la Guadeloupe qui s’était établi en Normandie. Il m’a amené au monastère de Soligny-la-Trappe, j’y ai passé trois jours pendant la semaine sainte. J’avais 13 ans et j’étais fasciné par tous ces gens qui se croisaient en silence.»

[…]

« Première conclusion ici : le silence est un signe de distinction, une noblesse en soi. Dans le tintamarre de Paris, cette ville où au XIXe les forges imposent leur fureur dans les immeubles, où les charrois violentent les pavés, l’absence de bruit est un privilège. Et un raffinement. Sous les draps, il est recommandé de se masturber muet comme une carpe. Et quand le besoin se fait de pratiquer cet exercice dans une réunion familiale – mais oui –, il est là aussi exigé de ne rien montrer de son plaisir. Spécialiste du sujet, le docteur Deslandes note ainsi à propos de ces impénitents: «Ils n’exécutent aucun ou presque aucun mouvement, mais il y a dans le maintien, la physionomie, le silence du sujet […] quelque chose d’insolite.»

 

L’article ICI 

 

« De tous les métiers qu’un homme sensible et dépressif peut envisager, peu sont aussi périlleux que celui d’écrivain, un véritable écrivain. Les acteurs sont en première ligne, certes, mais la plupart des dommages surviennent au cours des auditions. Une fois qu’ils ont décroché un rôle, ils peuvent toujours se réfugier derrière un masque. Écrire, c’est se mettre à nu. « Ce sont les poètes qui ont découvert l’inconscient, pas moi », disait Freud, non sans un certain degré de frustration et d’envie. Il s’agit de laisser ses démons se manifester, aussi tapageurs et chaotiques soient-ils, de plonger dans les obscures profondeurs de ce pandémonium dans l’espoir de refaire surface avec quelque chose d’ordonné et de beau. La vie d’un véritable auteur requiert de longues périodes d’isolement. Celle d’un écrivain aussi consciencieux, méticuleux, scrupuleux et enclin à la dépression que Léonard Cohen exigeait une solitude implacable. »

La vie de Léonard Cohen I’M YOUR MAN Sylvie Simmons

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 06:00
Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »

« À la fin du ce même siècle, naissait un autre illustre personnage : Auguste Escoffier (1846-1935). Celui qu'on surnomme le « chefs des rois et roi des chefs » fit rayonner la gastronomie moderne française à l'étranger. Il fut l'auteur de plusieurs livres culinaires, dont Le Guide culinaire (1903) - bible des plus grands chefs d'aujourd'hui - et un manager hors pair (il mit en place le système des brigades en cuisine). Au début de sa carrière de cuisinier à Nice, Escoffier créa, aux alentours de 1864, la Poire Belle Hélène. Des poires pochées nappées d'une sauce au chocolat. Encore aujourd'hui, le succès de ce dessert ne se dément pas. Un hommage à La Belle Hélène, un opéra-bouffe créé en 1864 par Offenbach. Une attirance pour l'art lyrique qui se manifestera une seconde fois, mais trente ans plus tard, avec une nouvelle création : la Pêche Melba. Un dessert glacé mythique et incontournable présent sur la carte de nombre de restaurants. Sur une glace à la vanille, sont déposées des pêches blanches pochées dans un sirop vanillée, le tout nappé d'une purée de framboises fraîches. Telle est la véritable composition de ce dessert gourmand et parfumé. Vous noterez donc que la chantilly et les amandes de Polignac n'existent pas dans la version originelle. Ce sont pourtant deux éléments qui caractérisent aussi aujourd'hui la Pêche Melba. »

 

La Pêche Melba : histoire d'un dessert mythique

par Catherine Lasserre - 4 sept. 2014

 

Avec « Saucisse Melba », l’espace d’art La Placette répond à l’invitation de la Ville de Lausanne à valoriser la rotonde de la Maladière au moyen d’une intervention artistique en rapport avec la saison et le lieu. Pour ce faire, La Placette s’est laissée inspirer par une anecdote du début du siècle passé :

 

« Derrière Saucisse Melba se cache d’abord une anecdote cocasse. En 1902, la cantatrice australienne Nellie Melba – inspiratrice de la fameuse pêche – et Enrico Caruso se trouvent au Royal Opera House, à Londres, pour interpréter La Bohème. En incorrigible farceur, le ténor napolitain veut infliger une leçon à l’imbuvable et capricieuse diva. Au moment de chanter «Quelle petite main froide, laisse-moi te réchauffer», Caruso lui glisse entre les doigts une saucisse brûlante, qui finira sa course dans le public. »

 

RODOLFO

 

Votre petite main est glacée !

Laissez-moi la réchauffer.

À quoi bon chercher ?

Dans le noir, nous ne trouverons rien.

Mais, heureusement,

ce soir la lune luit ;

et la lune, ici, est notre voisine.

Tenez, mademoiselle,

je vais vous dire en deux mots

qui je suis, ce que je fais et comment je vis

 

Avec des œuvres de : Nastasia Meyrat, Céline Peruzzo, Jessica Russ, Hadrien Dussoix, Paul Lipp & Reto Leuthold, Thomas Rousset, Sebastien Verdon.

 

Performance culinaire : Lio Gino Grivet

Performance musicale : MusicForEggplant

Stand de boissons tenu par Vins vivants

Stand de glace tenu par Labo Gelateria

Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »

Madame Nellie Melba, grande cantatrice de nationalité australienne, chantait à Covent Garden à Londres avec Jean de Reszke en 1894. Elle habitait le Savoy Hôtel près de Covent Garden, époque où je dirigeais les cuisines de cet important établissement. Un soir où l'on donnait Lohengrin, Madame Melba m'offrit deux fauteuils d'orchestre. On sait que, dans cet Opéra, il apparaît un cygne. Madame Melba, donnait le lendemain soir un petit souper à quelques intimes dont Monseigneur le Duc d'Orléans était parmi les convives. Et pour lui montrer que j'avais agréablement profité des fauteuils qu'elle m'a gracieusement offerts, je fis tailler dans un bloc de glace un superbe cygne et, entre les deux ailes [je mis] une timbale en argent. Je couvris le fond de la timbale de glace à la vanille et sur ce lit de fine glace, je disposai des pêches à chair blanche et tendre […] pochées pendant quelques minutes dans un sirop à la vanille et refroidies. Une purée de framboises fraîches couvrait complètement les pêches. Un léger voile en sucre filé [recouvrait] les pêches. […]

Mais ce n'est qu'en 1899 à l'ouverture du Carlton à Londres que la Pêche Melba a conquit sa popularité. Dans le service courant, la « Pêche Melba » est le dessert le plus facile à préparer : il suffit de couvrir le fond le fond d'une coupe en cristal  […] de glace à la vanille. Déposer sur la glace des pêches à chair blanche et tendre, mûries à point, débarrassées de leur pelures, pochées pendant quelques minutes dans un sirop léger parfumé à la vanille. Puis masquer les pêches d'une purée de framboises fraîches, sucrées. Facultativement, on peut jeter sur les pêches, un léger voile de sucre filé.

Auguste escoffier

Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »
Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »
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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 06:00
Jean-Luc Mélenchon au stade Vélodrome pour la demi-finale aller de Ligue Europa OM-Salzbourg. Crédit photo AFP

Jean-Luc Mélenchon au stade Vélodrome pour la demi-finale aller de Ligue Europa OM-Salzbourg. Crédit photo AFP

J’aime le sport, collectif ou individuel, et je ne crache pas sur le football même si l’argent y règne en maître.

 

Je n’aime pas une âme de supporter, j’aime le beau jeu, je ne dis pas « on a gagné », l’équipe de France se sont 11 joueurs contre 11 joueurs sur une pelouse pendant 90 mn ou plus, rien de plus, rien de moins.

 

De ce Mondial j’ai regardé 2 matches intégralement : celui des Croates, merveilleux artistes, l’équipe de l’ex-Yougoslavie était une merveille de technicité, contre l’Argentine de Messi. Très beau match ! Puis j’ai voulu voir le Brésil de Neymar contre la Serbie, de beaux moments.

 

J’ai ignoré les matches de l’équipe de France car j’avais mieux à faire.

 

Les déchaînements nationalistes m’insupportent.

 

L’Allemagne qui gagnait toujours à la fin selon l’anglais Gary Lineker a chuté contre la Corée du Sud. C'est une première!

 

Et voilà que le lider minimo dégaine un tweet qui pue, transpire une forme de haine « Joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop fort les Coréens. »

 

Le 2 juillet 2014 j’écrivais une chronique :

 

« Séville ! Le 8 juillet 1982 à 23 heures, France-Allemagne, le match du siècle » écrivait Pierre-Louis Basse en 2005 le grand Max ICI 

 

« Une dramaturgie absolue : l'agression de Schumacher sur Battiston, l'épreuve des tirs aux buts où mon poulain le grand Max Bossis qui avait tout donné échouait... »

 

On ne twittait pas en ce temps-là mais en dépit de l’agression de Schumacher sur Battiston nulle trace de haine.

 

Aujourd’hui Mélenchon retrouve le surnom que nous les rocardiens lui donnions : Méchant Con (c’était au temps de son alliance avec Julien Dray dans la Gauche socialiste et nous les appelions pas très gentiment, mais eux ne l’étaient pas nous étions la gauche américaine, les social-traîtres, Gueule de Raie et Méchant Con)

 

Je reprends ici la réponse sur Face de Bouc de Vincent Mareschal

 

Mélenchon ou Bidochon ?

 

« Populisme humaniste », comme il aime à qualifier sa démarche, ou beaufitude hargneuse et démagogique ?

 

Qu'il se réjouisse de la victoire des Coréens soit (j'aurais beaucoup mieux compris qu'il se réjouisse de la qualification d'une équipe africaine) mais pourquoi ressentir et exprimer ainsi "une joie pure" à l'élimination de la Mannschaft ?

 

J'ai l'impression qu'au fond de lui il pense :

 

"Joie pure : la Wehrmacht est éliminée." 😡

 

SI je chipotais plus encore, je m'attarderais sur l’adjectif "pure" (alors qu'il aurait pu écrire intense par exemple) qui rappelle le sang impur dont on voudrait abreuver nos sillons.

 

Qu'a-t-il à reprocher aux joueurs allemands ? Il les connait personnellement et ce seraient majoritairement des cons, voire des salauds ?

 

Ou bien serait-ce une façon indirecte de se "venger" du modèle économique allemand ?

 

Dans ce cas y opposer la Corée du Sud, le pays de l’ultra capitalisme, du "marche ou crève", de Samsung ou Hyundai et d'autres, me semble être un choix peu cohérent : "Parmi les États industrialisés membres de l'OCDE, la Corée du Sud est le pays où le taux de suicides (24,7 suicides pour 100 000 personnes en 2005) est le plus élevé : le suicide est la première cause de décès entre 20 et 40 ans."

 

C'est également le pays de l'ultra concurrence scolaire : "une étude universitaire sud-coréenne révèle que ces adolescents sont les plus malheureux de tous ceux des pays de l’OCDE. Pas moins de un sur cinq dit d’ailleurs avoir déjà songé au suicide, qui, depuis 2011, est la principale cause de décès chez les jeunes."

 

En tout cas, si jamais j'avais la moindre hésitation, ce n'est pas lui qui pourrait m'inciter à céder à la tentation de voter. Au contraire.

 

Ma contribution :

 

« La bêtise, naguère secrète, honteuse, moquée, réprimée, est  déjà notre régime. Elle pérore dans les médias, sur les tribunes, règle des échanges, juge, légifère, s’affiche, se défend. On a vu qu’elle n’était pas seulement « vigoureuse », mais puissamment armée faisant le vide autour d’elle, terrassant ce qui la gêne. Il semble établi que tout la renforce : la vision à court terme, la production de masse, l’emballement des techniques, la tyrannie de la majorité aussi bien que celle d’une minorité, la division de la société humaine en près de deux cents pays indépendants et souvent rivaux. Comment un cours si impétueux pourrait-il se tarir ou s’inverser ? »

Le triomphe de la bêtise Armand Farrachi

 

 

Le racisme tranquille de la France insoumise

 

« Hier soir, alors que l’équipe de foot allemande était éliminée par la Corée du Sud, plusieurs parlementaires et cadres de la France Insoumise ont fait part de leur jubilation à travers des tweets tous plus obscènes les uns que les autres.

 

Mélenchon écrivait ainsi : « joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop forts les Coréens. » ou « Expression allemande : ‘shadenfreude’… traduction : ‘joie à propos du malheur des autres’. Comment ai-je pu vivre sans le foot ? Merci l’OM ! », Adrien Quatennens lui mélangeait tout et n’importe quoi : « On finit toujours par payer ses excédents budgétaires ! » et Manuel Bompard tentait également le rapprochement avec la politique : « le dégagisme frappe aussi la coupe du monde. L’Allemagne est éliminée dès la phase de poule. En 2019, on dégage la politique allemande dès le premier tour ! »

 

Je n’ignore rien de la part de moquerie et de « chambrage » qu’inclut le fait d’être un vrai fan de football. Mais de vrai fan, il n’y a pas : Mélenchon n’avait jamais mis les pieds dans un stade il y a encore 2 mois et s’était surtout fait connaître par ses propos démagogiques sur l’argent dans le sport et déclarait même en avril dernier « s’il y a un mec dans tout le pays qui ne s’intéresse pas au foot, c’est moi ».

 

Et puis surtout, d’où mêle-t-on la politique et le sport de cette façon ? Mettons que l’on suive deux secondes leur logique : mais alors où étaient les tweets des insoumis pour se féliciter de l’élimination de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou encore de la Pologne, pays dont on peut discuter du régime politique ? Non là, le seul plaisir, c’était de taper sur l’Allemagne et les Allemands, encore et toujours, avec une délectation à forte connotation raciste.

 

L’Allemagne cible favorite de Mélenchon

 

J’assume de parler de racisme car l’Allemagne est une vieille cible de Jean-Luc Mélenchon et donc de ses lieutenants insoumis. Il y avait par exemple consacré un livre il y a quelques années — qui s’était bien vendu d’ailleurs — dans lequel il n’avait pas de mots assez durs pour qualifier nos voisins d’outre-Rhin.

 

La suite ICI 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:00
Y’a bon le jargon : voilà la crafterisation soit en bon français le retour au local, la revalorisation des savoir-faire, de l’artisanat, du fait main et de la qualité des produits…

«Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur

 

Les Mariés de la Tour Eiffel de Jean Cocteau

 

Il en va ainsi dans le petit monde du marketing, des grosses agences de publicité qui n’ont rien vu venir accrochés à leurs gros clients et à leurs bonnes vieilles recettes.

 

Face à un mouvement né dans les tréfonds de la micro-économie, ces invisibles, ceux que l’on raille et que l’on méprise, ces gens sans moyens qui sortent des sentiers battus, qui soudain fait irruption sur le devant de la scène, ces concepteurs inventent un néologisme barbare : la crafterisation.

 

Et bien sûr ces ingénieux inventeurs énoncent les codes du Craft pour les nuls

 

  • Une mise en avant de l’origine du produit,

 

  • Un pack différent, qui ose, qui inspire, qui raconte une histoire,

 

  • Un intérêt particulier porté à la composition des produits et à l’histoire qui l’entoure (on notera ici le succès des packings colorés de Kusmi Tea).

 

  • Mais attention, le public reste sensible à la sincérité de la démarche des marques, et la trahison est mal vécue si une « supercherie » est dévoilée au grand jour.

 

J’adore !

 

Dans le cas présent il s’agit de la montée en puissance des bières artisanales face aux Mammouth de la pisse d’âne.

 

Ça me fait penser à l’irruption sur le marché du sel dominé par les grands du sel de Guérande et, du côté du vin, à celle du vin nature mais le marché du vin n’est dominé par aucune grande marque, sauf en Champagne, ça n’intéresse pas les cadors de la pub.

 

Source Tendances food : la crafterisation gagne nos assiettes ICI 

 

Définition : Crafterisation

écrit par B.Bathelot, mis à jour le 20 mars 2018.

 

Le néologisme de crafterisation désigne une démarche par laquelle on donne un caractère artisanal, traditionnel et « authentique » à un produit ou un service. Selon les cas, la crafterisation peut être le fruit d’une réelle démarche dans le cadre de la politique produit (matières, procédés de fabrication, …) ou être éventuellement plus artificielle et relever d’une « manipulation » dans le domaine de la publicité, de la communication et du packaging.

 

Le terme est essentiellement utilisé dans le domaine de l’alimentaire où les produits « crafterisés » s’opposent alors aux produits alimentaires ouvertement industriels. La crafterisation est un levier de différenciation et permet éventuellement de pratiquer des marges plus élevées. L’essor des micro-brasseries sur le marché de la bière est souvent cité comme l’exemple emblématique de la démarche de crafterisation.

 

La démarche n’est pas nouvelle en soi, mais le terme de crafterisation a été semble-t-il initialement popularisé par l’agence Australie. »

 

L’artisanat, le « vrai », l’authentique

 

« Le renversement des références entre l’industriel et l’artisanat, l’authentique. Ainsi, on passe d’une catégorie où l’étalon est la production aseptisée et formatée à un univers où le défaut devient une qualité, où le droit de se tromper ouvre les portes de l’innovation. Les micro-brasseries (16,2% d’augmentation des micro-brasseries aux USA entre 2015 et 2016 d’après la Brewers Association) ou distilleries (45 nouvelles micro-distilleries en Grande-Bretagne en 2016 d’après The Guardian), la recrudescence du métier de boucher, la croissance continue du nombre de cavistes, mais également l’explosion du fait maison (+ 23% de croissance des céréales à préparer en 2017 d’après LSA)… Tant d’indicateurs qui montrent que le savoir-faire de l’individu passe avant celui de la marque. »

 

L’irrespect des standards

 

L’explosion des références : on compte désormais 2 000 références différentes de bières en France (Brasseurs de France).

 

Parmi les signes à observer, le premier est l’apparition ou la croissance anormale de boutiques spécialisées. Caves à bière (20% de croissance entre 2013 et 2014 d’après LSA.

 

Mais nos conseilleurs qui ont pris le train en marche se raccrochent aux branches :

 

« De cette explosion des références naît un besoin naturel : celui d’être guidé et accompagné. Ce besoin d’en apprendre plus est souvent ce qui va guider le consommateur dans sa découverte, mais aussi ce qui va poser un réel défi à la distribution pour repenser le linéaire de la manière la plus pertinente. »

 

La crafterisation, une tendance de fond

 

Mais ouf : « La crafterisation d’un secteur ne sonne pas pour autant le glas des grandes marques industrielles, parce que le marché n’a pas vocation à se crafteriser à 100%. Les impératifs de prix et de quantités donneront toujours une place à l’industriel. »

 

Une remise en question en profondeur des prix du secteur.

 

Ben oui, pour faire bon en petites quantités on n’écrase plus les prix, au mieux on survit ou du moins on en vit.

 

Un témoignage d’agence sur la tendance de crafterisation :

 

La "crafterisation" rebat les cartes de la grande consommation ICI 

 

David Leclabart, patron de l'agence Australie, revient dans cette tribune pour LSA sur les enjeux de la "crafterisation". Cette tendance qui tire son nom de la montée en puissance des bières artisanales et traditionnelles a gagné de nombreuses catégories et s'est révélée être un changement de long terme dans nos rapports de consommateurs à l’industrie, au plaisir, à l’individualité.

 

Ces dernières années ont vu l’essor des bières artisanale dans les linéaires de la grande distribution. D’après The Beverage Information Group’s 2017 Beer Handbook, aux Etats-Unis, le marché de la bière craft (artisanale et traditionnelle) a crû de 6% en 2016 alors que dans le même temps, le marché général de la bière baissait de 0,3%. Passée d’un phénomène cantonné aux amateurs prêts à faire la démarche d’aller voir un caviste spécialisé à une profonde mutation du marché de la bière, cette mouvance craft a remis en question bon nombre de fondamentaux de la catégorie.

 

Autrefois reines, les lagers telles que la Heineken se voient reléguées de plus en plus à un rôle utilitaire peu valorisé (bière de foot, bière de déménagement). Les bières d’abbaye, même industrielles, deviennent une porte d’entrée vers un monde de découverte plus vaste. Une catégorie entière de bières, les ales, méconnues jusque-là, deviennent soudainement la référence du goût en renversant le rapport que le marché entretenait avec l’amertume.

 

Ces changements en profondeurs ont un impact clair sur les linéaires. De moins en moins de place dédiée aux grandes marques nationales et internationales historiques, un nombre de références qui explose, c’est toute une catégorie qui devient d’un seul coup plus difficile à appréhender pour le consommateur, mais également plus difficile à prévoir pour les grands acteurs industriels.

 

Qui plus est, la bière est loin d’être le seul marché à suivre cette mutation. Ce que nous observons sur la bière n’est que la partie émergée de l’iceberg de la craftérisation : un mouvement plus profond, un changement de long terme dans nos rapports de consommateurs à l’industrie, au plaisir, à l’individualité. Loin d’être une menace, ce changement est une opportunité pour les consommateurs, pour les marques, mais également pour la distribution.

 

La suite ICI 

 

 

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