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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:00
Rue des Poissonniers, rue du Faubourg-Poissonnière, boulevard Poissonnière : ça sent les chasse-marée souvenirs du Taulier…la Route du Poisson… Route deuch’ Pichon en picard

Ceux qui me lisent depuis l’origine de ce blog savent que de 1988 à 90, au cabinet du Ministre, je suivais le dossier du cheval dans tous ses états. Pas très évident de convaincre un Ministre de l'Agriculture de se préoccuper de ce secteur d'activités sauf que, les Courses via le PMU alimentaient le Fonds d'adduction d'eau des communes rurales, les Haras Nationaux, et que l'élevage du pur-sang et du trotteur pèse assez lourd dans certains départements. 

 

En 1989, je convaincs Henri Nallet de se rendre au petit matin à Chantilly : la piste des aigles, le roulement sourd des chevaux au galop, les naseaux fumants, le jour qui se lève au-dessus des bosquets, la fine fleur de la Société d'encouragement, des entraîneurs et des propriétaires... Seul problème : le speech du Ministre à ce petit monde très huppé, le nègre que j'étais, pour faire l'intéressant, en chute des propos ministériel, lui fait proposer la création d'une Journée Nationale du Cheval dans le sillage de jack Lang avec ses Journées de la Musique, du Patrimoine... Applaudissements... Moi, naïvement, je pense que sitôt dit, sitôt oublié. Faux, je dus m'y coller, fonder une association, en être bombardé Président, de me retrouver à la tête d’un paquet d’emmerdements pour organiser cette foutue journée. Ce fut une expérience extraordinaire dans la mesure où le monde du cheval en France est à l'image de celui du vin, parcellisé et plein de présidents.

 

Bref toujours, le point fort de cette première Journée du Cheval, en septembre 1990, ce fut une grande Fête aux Tuileries avec le plus grand paddock de France : toutes les races, toutes les activités et ce fut un triomphe populaire : 150 000 personnes sur le week-end sans grande publicité. A ma grande surprise, même si le quadrille des lanciers de la Garde Républicaine fut très prisé, et le lâché des petits chevaux camarguais un must, ce qui passionna le plus le public ce fut le débardage du bois par les chevaux lourds : Boulonnais, Percheron et autres.

 

Le directeur des haras, François Clos, l’année suivante me proposa d’organiser, avec le concours du haras de Compiègne, La Route du poisson.

 

Cette course emprunte l’ancien chemin des chasse-marée, corporation qui, du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle, apportait quotidiennement le poisson frais le plus rapidement possible sur les marchés parisiens. Des chevaux de trait, le plus souvent boulonnais, étaient attelés à des ballons de marée, voitures hippomobiles à deux roues, chargées de près de 4 tonnes de poisson. Les itinéraires empruntés par ces mareyeurs et couverts en moins de 24 heures partaient des ports de la Manche, dont Boulogne-sur-Mer, longeaient la côte jusqu’à Abbeville, traversaient la Picardie, pour arriver dans Paris par le boulevard Poissonnière et, enfin, atteindre le quartier des Halles »

 

Avant de rejoindre les halles de Paris, les mareyeurs approvisionnaient également des villes comme Amiens et Beauvais. Par temps pluvieux et venteux, depuis Boulogne-sur-Mer ou depuis les ports de la baie de Somme, les chevaux empruntaient le circuit des chasse-marée. Une course contre le temps, une journée et une nuit à transporter une denrée fragile, il fallait alors soumettre les bêtes à un train soutenu, tout en veillant à ne pas les crever. Certains relais de poste étaient utilisés pour en changer.

 

 

Très consommé sous l'Ancien Régime où les congrégations religieuses aux règles strictes faisaient florès, le poisson, notamment celui pêché en Manche, devait approvisionner rapidement les marchés intérieurs dont ceux de la capitale. L'acheminement par la poste de cette denrée hautement périssable se révélant des plus aléatoires, les mareyeurs de la région prirent l'initiative de développer leur propre réseau. La « route du poisson » était née. Longue de 70 lieues – près de 300 de nos kilomètres – elle reliait les ports du Pas-de-Calais à Paris, jalonnée de relais pourvus en robustes juments. Ces « mareyeuses », comme on les appelait, appartenaient à la race du fameux trait du Boulonnais – à l’origine un cheval lourd qui a été croisé avec des pur-sang arabes pour obtenir un cheval à la fois résistant et rapide – des chevaux du terroir d'une puissance de traction énorme et d'une endurance exceptionnelle.

 

Les chasse-marée, dont les origines remontent au XVIe siècle, entraient à Paris par la rue des Poissonniers, puis empruntaient la rue du Faubourg-Poissonnière et enfin le faubourg du même nom jusqu'à la rue Coquillière débouchant sur les Halles. « Les congrégations religieuses y avaient obtenu de pouvoir se servir en premier dès cette denrée fraîchement arrivée. Car, si notre route du poisson se fait en vingt-quatre heures, les chasse-marée, eux, arrivaient plutôt en dix-huit heures, ne changeant de chevaux que toutes les deux ou trois étapes », raconte le responsable de l'épreuve.

 

Ces fourgons ou « ballons », tirés par 5 chevaux, étaient constitués de ridelles en osier à claire-voie au fond de cordes entrecroisées, le tout assemblé par quelques pièces de bois en guise de cadre monté sur deux hautes roues en bois aux jantes de fer. « On alternait caisses de poisson et couches de varech pour garder la fraîcheur. Le tout, recouvert d'une grande bâche, donnait l'aspect de gros ballons. »

 

Le passé de cette route est riche d'anecdotes. « On a retrouvé le texte d'une chanson, mais jamais l'air, évoquant l'histoire de ce mareyeur qui n'a jamais pu sortir de Boulogne, situé au fond d'une cuvette. Son ballon portait deux caisses de harengs de trop »

 

Dans un village du Val-d'Oise, au pied d'une côte, une plaque en émail indique encore sur le mur d'un café « chevaux de renfort » pour aider à la montée. A Beussent, Napoléon a recruté deux frères postillons dans sa garde personnelle. Le film « Vatel » explique les raisons du suicide du cuisinier du prince de Condé, propriétaire du château de Chantilly : le poisson n'était pas arrivé à temps un jour que son maître recevait Louis XIV.

 

Journée nationale de Cheval, jardin des Tuileries, Paris 1er photos ICI 

 

Contenu

4-ENA-03146 : Les Gardians. 4-ENA-03147 : Une cascade. 4-ENA-03148 : Danseuses en coulisses. 4-ENA-03149 à 4-ENA-03150 : Chevaux de trait. 4-ENA-03151 : Garde républicaine, le maréchal ferrand. 4-ENA-03152 : Garde républicaine, préparation pour le carrousel des lances

 

Sources

  • La Route du Poisson Le sport au service du patrimoine par Olivier Pégard Université Paris XII et Jérôme Pruneau Université de Montpellier I ICI 

 

  • La route du poisson relance le cheval de trait du Boulonnais NICOLE BUYSE 05/08/2002 ICI 
LES CHASSE-MAREE : LES VOITURIERS DE LA MER

 

ICI 

 

 

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 05:45
Après sa spectaculaire condamnation par la justice californienne Monsanto dit Monsatan entre dans une phase de turbulences, l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars.

Je suis et je reste un éternel 68 hard, pour moi Monsanto c’est également le fabricant du tristement célèbre agent orange, le défoliant utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam.

 

Quel bonheur de voir que, dans le pays des lawyers pitbull, la firme, c’est une première, vient  de se voir frappé au porte-monnaie. Au-delà du débat scientifique, les liens de causalité sont toujours difficiles à établir, le terrain judiciaire aux USA est fertile, il produit des millions de dollars. Je rappelle que tous les pesticides sont des poisons violents, en témoigne la tête de mort floquée sur les bidons. Le combat pour leur éradication est un combat citoyen, juste et porteur d’une agriculture respectueuse à la fois des femmes et des hommes qui la pratiquent et de son environnement.

 

La spectaculaire condamnation de Monsanto par la justice californienne, ce week-end, pourrait n’être que le prélude à des centaines de procès susceptibles de coûter des milliards de dollars au géant de l’agrochimie, tout juste racheté par l’allemand Bayer.

 

Le verdict est tombé « comme une bombe », raconte Le Temps. Vendredi soir, après huit semaines de procès et trois jours de délibérations, un jury californien a condamné Monsanto – « Monsatan », pour ses nombreux détracteurs – à payer « 289 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier américain de 46 ans ».

 

Le verdict californien, qui va faire jurisprudence, fait passer ce débat scientifique au second plan, selon Le Soir. « Monsanto entre dans une phase de turbulences » et « l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars », assure ainsi le quotidien belge. Car derrière M. Johnson, « ils sont plusieurs milliers de plaignants sur le territoire américain, à fourbir leurs armes et à réclamer des indemnités ».

 

La BBC estime elle aussi que « les implications du verdict se feront ressentir bien au-delà du siège de Monsanto » à Creve Coeur, dans le Missouri. L’un des avocats de M. Johnson, Brent Wisner, cité par le média britannique, a déclaré que cette décision n’était que « la pointe de la lance » de futurs procès.

 

Selon un décompte de CNN, « plus de 800 patients ont traîné Monsanto en justice en 2017, affirmant souffrir d’un cancer provoqué par le Roundup. Depuis, des centaines d’autres plaignants – des malades de cancer, leur conjoint ou leurs héritiers – ont également poursuivi Monsanto pour des raisons similaires ». La chaîne américaine cite un autre avocat de M. Jonhson, Timothy Litzenburg, pour qui « 4 000 cas similaires sont en attente de procès dans les tribunaux de plusieurs États. C’est une grande victoire pour la santé humaine dans le monde », dit-il.

 

Souvenez-vous de l’affaire «Libieck vs. Mac Donald’s», en 1995, dans laquelle le fast-food fut condamné aux USA à verser près de 600.000 $ à une femme qui s’était brûlée avec un café…

 

En 2012, deux Américains ont porté plainte contre McDonald's après avoir bu du café à Chicago. La raison? Servi trop chaud, ils se seraient ébouillantés rapporte le Chicago Business. Parmi les victimes, une fillette de 4 ans qui a reçu du café sur les joues alors qu'elle apportait la boisson à sa grand-mère. Résultat: des brûlures au second degré qui lui laisseront des « cicatrices permanentes » selon la famille qui réclame 4 millions de dollars à McDonald's. 

 

La seconde victime, âgée de 35 ans, souffre pour sa part d' « horribles » brûlures sur les cuisses après avoir renversé son gobelet lors d'une virée dans un driving.

 

Dans le jugement rendu vendredi, le jury a répondu par l'affirmative à presque toutes les questions posées à l'encontre du groupe Monsanto. Selon l'énoncé de la décision, non seulement au moins l'un des deux produits utilisés par Dewayne Johnson a contribué à son cancer, mais Monsanto connaissait la dangerosité des substances, et a volontairement choisi de ne pas « accompagner ses pesticides d'un avertissement destiné au consommateur ».

 

Dans le détail, le géant américain a été condamné à 250 millions de dollars (218 millions d'euros) de dommages et à verser à Dewayne Johnson 39 millions de dollars (34 millions d'euros) d'intérêts compensatoires. Monsanto a fait appel du jugement.

 

Y a-t-il des cas similaires en France ?

 

En France, deux procédures sont encore en cours contre l'entreprise d'agrochimie.

 

La première est une affaire concernant un agriculteur céréalier charentais, Paul François, qui a porté plainte en 2007 contre Monsanto, l'accusant d'être responsable de sa maladie. Paul François a manipulé pendant des années le Lasso, un puissant herbicide, avant de subir cinq mois d'hospitalisation, une amnésie de onze jours et plusieurs comas. En 2015, la cour d'appel de Lyon a donné raison à l'agriculteur, mais la décision a été cassée par la Cour de cassation, et est en attente d'un nouveau jugement.

 

La deuxième affaire est la plainte d'une mère de famille qui accuse le glyphosate d'être responsable des malformations chez son fils, Théo. Elle avait utilisé du désherbant pendant sa grossesse. En 2016, à seulement 7 ans, Théo avait déjà subi une cinquantaine d'opérations.

 

L’issue du procès Monsanto pourrait inspirer la Suisse

 

«Cette décision me donne espoir.» Ce week-end, Adèle Thorens Goumaz a guetté la nouvelle et s’est empressée de la partager sur son compte Twitter. Et pour cause: pour la conseillère nationale verte, son impact serait non négligeable. «Qu’un tribunal reconnaisse le lien de cause à effet entre un cancer et l’utilisation du glyphosate est un signal fort», souligne-t-elle.

 

Dans ce contexte de controverses scientifiques (l’OMS a de son côté classé le glyphosate «cancérogène probable»), l’issue du procès de Dewayne Johnson ferait justement office de marqueur clair, estime la députée. «Les décideurs sont constamment renvoyés d’une étude à l’autre, ce qui ne rend pas leur tâche facile. Cette décision peut donc avoir un réel impact politique.»

Un impact qui pourrait bien rayonner jusqu’en Suisse, où «l’affaire glyphosate» est loin d’être classée. Après avoir rejeté une motion des Verts en novembre dernier exigeant l’interdiction totale de la substance, le Conseil fédéral adoptait en mai un rapport selon lequel une trop faible quantité de glyphosate avait été retrouvée dans les aliments pour suggérer un quelconque risque sanitaire.

 

 

France info : Que pensez-vous de cette condamnation ?

 

José Bové : Je me félicite de ce jugement comme tous les opposants à Monsanto, au Roundup et au glyphosate, parce que ce n'était pas gagné d'avance. Monsanto a tout fait pour faire traîner en longueur ce procès et heureusement qu'il y a eu la ténacité de ce jardinier américain. C'est une formidable victoire.

 

  • Monsanto fait appel de ce jugement. En France, le groupe a été condamné en 2012, mais le jugement a été cassé il y a un an. Monsanto a l'habitude de faire traîner les procédures ?

 

Cela fait des années que Monsanto sait que son produit est dangereux, ils ont essayé de la cacher, mais dans ce procès des preuves ont montré qu'ils savaient que le produit était dangereux. On a des industriels voyous qui savent que leurs produits sont dangereux pour la santé et la biodiversité, qui continuent à en faire le commerce et qui refusent d'assumer leurs responsabilités. Là, ils sont enfin pris la main dans le sac. Ce jugement va faire date, même si Monsanto a fait appel. Monsanto a refusé de venir devant une commission parlementaire en disant qu'il n'en avait rien à faire du Parlement européen.

 

  • Il y a 5 000 procès potentiels aux ÉtatsUnis contre Monsanto. Qu'attendez-vous maintenant ?

 

J'espère que les États et l'Union européenne vont prendre l'ensemble de la responsabilité de la situation. On a parlé en France d'arrêter le glyphosate dans trois ans. Après ce résultat, ce n'est pas dans trois ans, mais dans un an qu'il faut arrêter le glyphosate et qu'il n'y ait surtout aucune possibilité de dérogation. On voit bien les lobbys en train de dire que pour tel type de production ils ne peuvent pas se passer de glyphosate. C'est un mensonge éhonté. J'en appelle à la grande distribution en lui disant d'étiqueter les produits sans glyphosate. Il faut qu'il y ait une pression des citoyens, des paysans responsables pour qu'on arrête de vendre ces produits de mort.

 

  • Vous demandez au gouvernement d'aller plus loin. Mais la France est plutôt en pointe dans ce combat. Que souhaitez-vous vraiment ?

 

Quand il y a eu le débat européen sur le glyphosate, la majorité des États étaient pour qu'il y ait un renouvellement, certains voulaient 15 ans d'autres 10 ans, au final au niveau européen c'est cinq ans. Malheureusement, on ne sait pas ce qu'il va se passer dans quatre ans puisque le Roundup pourra à nouveau être réutilisé au niveau européen. Donc, les produits italiens, espagnols ou autres pourront utiliser du glyphosate, même quand la France l'aura interdit dans trois ans. Je voudrais qu'on aille beaucoup plus vite et beaucoup plus loin et qu'on annonce clairement avec une date, claire et nette, l'interdiction de l'utilisation et de la vente du produit sur le territoire français. Qu'on arrête de nous dire que, si on arrête le glyphosate, il va y avoir une distorsion de concurrence avec des pays qui eux ne l'interdisent pas. La question de la santé est une question trop importante pour la laisser aux mains de marchands qui veulent continuer à faire du business.

 

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 07:00
 © AFP/Archives / ANDER ARRIZURIETA

© AFP/Archives / ANDER ARRIZURIETA

Lors de ma première sortie sur mon nouveau destrier électrifié, j’ai acheté ce livre à l’Écume des Pages sans n’avoir lu aucune critique, au feeling, à son odeur si je puis m’exprimer ainsi, l’un des libraires m’a dit : « Très bon choix !»

 

Et puis, il est resté dans ma pile de livres. J’étais dans ma période Philip Kerr.

 

Je l’ai ouvert un soir et je ne l’ai plus quitté.

 

 

125 petits chapitres.

 

« Aramburu ramasse les morceaux et fabrique une mosaïque de 125 petits chapitres. La chronologie linéaire de ces quarante années est bousculée, déjouée par la nécessité de dire un chaos. La journée pluvieuse du meurtre est ainsi narrée en plusieurs endroits du roman, décomposée en parcelles, faisant retour à travers plusieurs regards de manière obsédante. Les personnages émergent dans une narration éclatée où les voix et les points de vue s’entremêlent et où se dilue habilement la responsabilité narrative, comme si le narrateur avait à cœur de montrer, sans dissimuler aucun crime, que « tout le monde a ses raisons », selon la belle formule de Jean Renoir. »

 

Le premier soir j’ai envoyé, à minuit, un SMS à mon ami Jean-Louis un peu basque sur les bords « l’as-tu acheté ? »

 

Le lendemain, après avoir lu les critiques, la réponse fut radicale « J’y cours ! »

 

Faites comme lui !

 

Courrez l’acheter…

 

Fernando Aramburu, l’auteur, annonce la couleur :

 

« J’ai dénoncé sans haine le langage de la haine, et l’oubli tramé par ceux qui essaient de s’inventer une histoire au service de leur projet et de leurs convictions totalitaires ».

 

Patria : «Patrie»

 

ETA acronyme d’Euskadi Ta Askatasuna, signifiant Patrie basque et liberté.

 

Il faut se familiariser avec les noms et prénoms des personnages, Txato, Txopo, Patxo, Aránzazu, Paxti, Arantxa, mais on s’y fait, pour les expressions en euskera dans le texte, ama, amora, aberzale, cipayo,ekintza, picoleto, txibato… etc il y a un glossaire à la fin du livre.

 

Ce que montre avec justesse ce roman, c’est l’inextricable réalité quotidienne d’un monde clos, le village, de l’activisme borné, d’une machine de la terreur qui tourne sur elle-même, de la peur, de la lâcheté ordinaire, du repli sur le clan, le chantage via l’extorsion de l’impôt « révolutionnaire », les tyrannies locales, les silences complices, la lâcheté de la majorité, l’héroïsme de quelques-uns, de l’acculturation politique d’une Miren, qui a pleuré la mort de Franco, qui versera dans la cause pour la défense de son fils Joxe Mari passé par la case commando terroriste, et qui séjourne en prison, d’un clergé local opportuniste, des complicités de l’autre côté de la frontière, de la bestialité de certains chefs de l’ETA.

 

«Patria est comme un train qui passe sur des rails parallèles, tenus l’un à l’autre, le premier rail étant celui des victimes d’ETA, l’autre celui des assassins, même si ces derniers se sentent aussi victimes, en l’occurrence de l’Etat espagnol, des gardes civils, de la répression policière. Ces deux rails s’attirent, se repoussent, vivent dans la dépendance l’un de l’autre».

José Carlos Mainer, critique littéraire

 

«Les années de plomb ont imprégné les consciences, au point que jusqu’à aujourd’hui, la plupart ont intériorisé la peur de l’autre, la fascination hypnotique pour le terrorisme et la lâche distance vis-à-vis des familles de victimes et des gens menacés»

Fernando Savater, philosophe basque lui-même sous escorte policière pendant une grosse décennie pour avoir haut et fort dénoncé «la nature fasciste» de l’organisation armée séparatiste.

 

Pour Florencio Dominguez Irribaren, directeur du Centre pour la mémoire des victimes du terrorisme, l'un des meilleurs connaisseurs de cette question, « Patria a plus fait que bien des analyses pour décrire les années de terrorisme au Pays Basque »

 

«Je souhaite que les générations à venir sachent ce qui s’est passé, et qu’elles le sachent à partir de versions qui ne blanchissent pas l’histoire. Avec mon roman, j’ai voulu contribuer à la défaite culturelle d’ETA Fernando Aramburu

 

Un pavé de 600 pages qui décrit, avec simplicité, en phrases courtes, incisives, la complexité des années de violence au Pays basque, l'implacable pression de l'idéologie nationaliste sur la population

 

Il a été vendu à plus de 700 000 exemplaires depuis sa sortie à l'automne 2016, douze éditions, des traductions dans cinq langues, dont le français.

 

L’ETA responsable de la mort de 829 personnes depuis près d’un demi-siècle, l’organisation séparatiste armée ETA a décrété un «cessez-le-feu unilatéral» le 20 octobre 2011. Et, suivant le chemin qui mène inéluctablement à leur disparition totale, les terroristes viennent d’annoncer leur désarmement complet.

 

« Si Patria a touché les consciences, c’est avant tout parce que de nombreux Basques ont pu se reconnaître dans la trame de cette fiction où, cependant, tout est vrai. Dans un village imaginaire du Guipúzcoa, la région autour de Saint-Sébastien (à la fois la plus bascophone et la plus indépendantiste), l’auteur nous narre les rivalités entre deux familles aux destins opposés, dont chaque leader est une femme. Miren et Bittori sont des etxekoandreak, ces femmes au foyer au fort caractère, représentatives de la nature matriarcale de la société basque traditionnelle. »

 

« Aramburu fait le choix de la présenter sous la forme d’une tragédie familiale couvrant un peu plus de deux générations. Bittori, villageoise en exil à Saint-Sébastien, pleure son mari Le Txato, patron d’une petite entreprise de camions, abattu à deux pas de chez lui, après un long harcèlement de graffiti et de lettres de menaces, pour avoir refusé de payer « l’impôt révolutionnaire ». L’amie d’enfance de Bittori, Miren, restée au village, récrimine contre l’incarcération interminable, au fond de l’Andalousie, de son fils Joxe Mari, membre de l’ETA ayant appartenu au commando qui a assassiné Le Txato. »

 

« Beaucoup soulignent la force cathartique du roman. A commencer par le réalisateur Aitor Gabilondo, chargé de la future adaptation télévisuelle : «Lorsque ETA était en activité, on vivait dans une sorte d’étau mental, comme sous une dictature sociale où tu ne peux rien dire contre ces seigneurs de la guerre et tous leurs acolytes. Toutes les histoires du livre, je les ai vécues, je les ai entendues, mais personne ne les avait articulées dans un vaste récit. En lisant le roman, je me suis dit, enfin, on peut parler de tout haut et fort, on peut pleurer, on peut enrager, on peut regarder en face cette honte collective

 

« Plus qu’un chef-d’œuvre, ce récit est surtout un incroyable miroir pour tous. Certains se reconnaissent dans la douleur, d’autres dans le silence, d’autres encore dans l’hypocrisie. Quelle réussite !»

 

Extrait pages 398-399 : dialogue entre Xabier et son père le Txato

 

  • Bah, qu’ils viennent. Tiens, je les inviterai à dîner. Et s’ils me cassent les couilles, je ne leur ferai aucun don pour les fêtes. Ils vont apprendre qui est le Txato. Je suis plus basque qu’eux tous réunis. Et ils le savent. Jusqu’à l’âge de cinq ans, je ne parlais pas un mot de castillan. Mon père, qu’il repose en paix, a eu la jambe démolie par une rafale de mitraillette alors qu’il défendait Euskadi sur le front d’Elgueta. À la fin de sa vie, il serrait les dents chaque fois qu’il avait une crampe. Quoi, tu as encore mal ? demandions-nous. Que ce fils de pute de Franco aille se faire foutre, répondait-il. Il a fait trois ans de prison, et c’est miracle qu’on ne l’ait pas fusillé.

 

  • Que veux-tu me dire par là, aita ? Tu crois que ça intéresse l’ETA, ce qui est arrivé à ton père ?

 

  • Enfin, merde, ne prétendent-ils pas défendre le peuple basque ? Alors si je ne suis pas le peuple basque, dis-moi qui l’est ?

 

  • Aita, s’il te plaît ! Il faut te faire à l’idée que l’ETA est, comment dire ? un mécanisme d’action.

 

  • Si tu veux que je n’y comprenne rien, continue sur cette voie.

 

  • L’ETA doit agir sans interruption. Il n’a pas le choix. Il y a belle lurette qu’il est tombé dans l’automatisme de l’activisme aveugle. S’il ne fait pas de mal, il n’est pas, il n’existe pas, il n’a plus aucun rôle. Cette façon mafieuse de fonctionner dépasse la volonté de ses membres. Même les chefs ne peuvent s’y soustraire. Oui, d’accord, ils prennent des décisions, mais c’est l’apparence. Ils ne peuvent en aucun cas ne pas les prendre, car une fois que la machine de la terreur est lancée, rien ne peut l’arrêter. Tu comprends ?

 

  • Rien du tout.

 

  • En ce cas, lis les journaux.

 

  • Je crois que tu t’inquiètes beaucoup trop.

 

  • On a tué Yoyes, une ancienne dirigeante de la bande. Ils n’ont aucune compassion pour leurs membres et tu voudrais qu’ils en aient pour toi, parce que ton père s’est battu il y a cinquante ans dans un bataillon de gudaris ? Allons donc ! C’est ta naïveté qui m’inquiète.

 

  • Aita : père

 

Gudaris: combattant pour la cause basque

 

Dolorès Gonzalez Katarain, alias Yoyes, la première femme dirigeante de l’ETA, dans les années 1970. Elle fut assassinée par cette même organisation en 1986, car elle s’opposait à la ligne dure de l’organisation.

 

Sources :

 

  • Patria, Fernando Aramburu

Ecrit par Nathalie de Courson 09.05.18 dans La Une Livres, Les Livres ICI 

 

  • Patria, le roman cathartique du Pays basque espagnol  ICI 

 

  • « PATRIA», CATHARSIS À LA BASQUE  ICI 
Lisez Patria le magnifique roman de Fernando Aramburu, les années de plomb en d’Euskal Herria la folie meurtrière de l’ETA

Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?

Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.

 

LE MONDE | 04.05.2018

Par Cyrielle Chazal

 

L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, Pays basque et liberté) a officialisé sa dissolution, mercredi 3 mai. « ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, veut informer le peuple basque de la fin de son chemin », annonce son communiqué.

 

L’ETA réclame l’indépendance d’Euskal Herria, ou « Pays basque », un territoire à cheval entre la France (16 %) et l’Espagne (84 %). Cet espace de plus de 20 500 km² et plus de 3 millions d’habitants se compose de sept provinces de culture et langue basques. Les provinces de Labourd, Basse-Navarre et Soule sont en France, dans les Pyrénées-Atlantiques. Quatre autres sont en Espagne, dans la communauté autonome basque et en Navarre. « Les revendications n’ont pas évolué », résume Barbara Loyer, chercheuse spécialiste du nationalisme basque.

 

Si le mouvement s’est scindé à de multiples reprises, son idéologie n’a pas changé. « Le ciment central a toujours été le nationalisme et le projet d’indépendance. » Retour sur cette organisation classée terroriste par l’Union européenne jusqu’en 2009.

 

Un mouvement anti-franquiste

 

A sa création en 1959, l’ETA est un mouvement qui s’oppose au régime fasciste de Francisco Franco, dirigeant de l’Espagne entre 1939 et 1975. Il est fondé par des membres de la revue clandestine Ekin (« agir ») et de jeunes dissidents du Parti nationaliste basque (PNV). Il entend d’abord défendre l’identité basque face au régime franquiste.

 

En décembre 1973, l’ETA assassine l’amiral Luis Carrero Blanco, alors chef du gouvernement et potentiel successeur de Franco. Le meurtre de « l’ogre », surnom donné par ses opposants, constitue l’action la plus frappante d’ETA sous l’ère franquiste. « En 1974, cet attentat est ressenti comme fortement légitime bien au-delà du Pays basque », indique Daniel Hermant dans la revue Cultures et conflits. Les séparatistes racontent ce crime dans leur livre Opération Ogro : Comment et pourquoi nous avons exécuté Carrero Blanco, premier ministre espagnol (Seuil, 220 p.).

 

Rhétorique d’extrême gauche

 

L’ETA se dit aujourd’hui « socialiste » et on lui prête des inspirations communistes. Pourtant, « au départ, ETA n’a aucune sympathie particulière pour la classe ouvrière », écrit en 1983 le sociologue Francis Jauréguiberry, dans sa thèse intitulée « Question nationale et mouvements sociaux en Pays basque sud ». Ses fondateurs sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie, notamment de la banlieue la plus aisée de Bilbao. Ses premiers militants considèrent même le marxisme comme « une vision a-nationale du monde et donc dangereuse pour le nationalisme basque », rappelle le chercheur. Ils sont contre le communisme.

 

Lors des grèves de 1962-1963, sévèrement réprimées par le régime franquiste, des ouvriers sont emprisonnés dans les mêmes prisons que les militants d’ETA. « La combativité des ouvriers et le grand élan de solidarité que leur mouvement suscite impressionnent énormément les premiers militants d’ETA », écrit le sociologue Francis Jauréguiberry. Dès 1963, le discours des séparatistes associent libération nationale et libération sociale. Ils désignent le franquisme, le centralisme castillan et le capitalisme comme les trois ennemis du peuple basque.

 

« Ces références ont permis à l’ETA d’agglomérer la population, et notamment la jeunesse, sensible aux idées d’extrême gauche », décrypte Barbara Loyer, chercheuse et présidente de l’Institut français de géopolitique. Ce glissement sémantique permet alors aux séparatistes de se distinguer du parti nationaliste basque, conservateur et catholique. Par exemple, un communiqué de 1972 des séparatistes justifie en ces termes l’enlèvement d’un industriel basque : « Pour nous, tous les patrons sont égaux (…). Qu’ils soient basques ou non ne change rien à l’affaire : tous sont nos exploiteurs ».

 

Violences et extorsions

 

Bien que l’ETA puise ses racines dans l’anti-franquisme, plus de 90 % de ses 829 victimes ont eu lieu entre la mort de Franco en 1975 et la fin de la lutte armée en 2011. Lors de l’avènement de la démocratie, tous les militants de l’ETA emprisonnés avaient été libérés à la faveur d’une amnistie générale prononcée en 1977 pour les crimes commis pendant la période franquiste. Cependant, « les séparatistes mènent alors une offensive en règle contre la démocratie espagnole », analyse la chercheuse Barbara Loyer.

 

Entre 1959 et 2010, ETA a causé la mort de 859 personnes.

 

Au total, 343 civils et 486 policiers et militaires ont été tués. Ses attentats à la voiture piégée ont notamment causé la mort de 12 gardes civils à Madrid en 1986, de 21 personnes en juin 1987 sur un parking de Barcelone ou encore 11 autres en décembre 1987, près d’une caserne de la garde civile à Saragosse. L’enlèvement puis l’assassinat, le 12 juillet 1997, de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal d’Ermua au Pays basque âgé de 29 ans, a provoqué d’importantes manifestations en Espagne. En mai 2000, ETA assassine à Saint-Sébastien, dans le Pays basque, le journaliste José Luis Lopez de Lacalle, connu pour ses positions anti-ETA.

 

Aux meurtres de policiers et militaires, civils, journalistes et politiques s’ajoutent les extorsions, à travers « l’impôt révolutionnaire » imposés aux chefs d’entreprise. Une étude estime à 10 000 le nombre d’entrepreneurs extorqués sous la menace d’exécution. Au total, au moins 62 militants d’ETA ont été tués par des groupes paramilitaires clandestins, dirigés par de hauts fonctionnaires espagnols. 270 séparatistes sont actuellement incarcérés en France et en Espagne.

 

Fin de la lutte armée

 

Marginalisée au Pays basque, où la population est exaspérée par la violence, traquée par les autorités espagnoles et françaises, l’ETA – dont la vitrine politique, Batasuna, est interdite en 2003 – abandonne officiellement la lutte armée en 2011. Elle avait commis son dernier meurtre en 2010, tuant un policier sur le sol français lors d’un contrôle d’identité en Seine-et-Marne. Dans son communiqué du 3 mai, l’organisation, qui, d’après les experts, ne comptait plus qu’une vingtaine d’activistes la veille de sa dissolution, ne reconnaît pas l’inutilité des violences et assassinats commis. « Il n’ont jamais rien obtenu mais préfèrent mettre en scène leur dissolution comme étant l’entrée dans un nouveau cycle », analyse Barbara Loyer. Le parti indépendantiste Bildu, le plus proche d’ETA, a ainsi salué le début d’une « nouvelle ère ».

 

Malgré les nombreuses victimes assassinées par l’ETA, l’organisation tombe progressivement dans l’oubli depuis 2011 et l’abandon de la violence. « J’ai souvent dit par le passé que l’ETA disparaîtrait le jour où il faudrait non seulement expliquer ce qu’était cette organisation, mais encore tenter de faire comprendre son existence, confie à La Tribune de Genève le philosophe basque Daniel Innerarity. Mes enfants ont 16 et 14 ans. Dans leur école, certains de leurs camarades n’ont jamais entendu parler d’ETA. »

 

Pour approfondir

 

Extraits de la thèse « Question nationale et mouvements sociaux en pays basque sud », Francis Jauréguiberry, 1983

 

« La question basque au miroir de la violence », Daniel Hermant, revue Cultures et conflits

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 06:00
Coup bas ou coup du sénateur Bas : qui se souvient du juge Halphen qui enquêtait sur le rapport fantôme de Xavière Tiberi et du procureur Laurent Davenas rapatrié en hélicoptère dans l’Himalaya sur ordre de Toubon garde des Sceaux ?

Dans l’immense affaire Benalla, qui fait les choux gras de la presse, des médias radio-TV, des réseaux sociaux, on nous présente le sénateur Bas, qui préside la commission d’enquête du Sénat, comme le monsieur « opération mani pulite » à la française, le frère de lait du juge Garzon, l’Eliott Ness du 6e arrondissement exilé dans la Manche…

 

Et là, je me marre grave !

 

Philippe Bas est l’archétype du haut-fonctionnaire qui a fait de la politique dans le système Chirac dont on connaît le haut degré d’honnêteté. »

 

Secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et ministre dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007 (ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille, puis ministre de la Santé et des Solidarités), il est sénateur de la Manche depuis septembre 2011 et président du conseil départemental de la Manche depuis janvier 2016. 

 

Il est président de la Commission des Lois du Sénat depuis le 1er octobre 2014. »

 

Outre que ce probe sénateur fait partie d’un groupe au Sénat qui fait l’objet d’une enquête pour un possible système de détournement d'une partie des enveloppes destinées à rémunérer des collaborateurs parlementaires. Mais les élus contestent au pouvoir judiciaire le droit de contrôler l'usage des fonds mis à leur disposition pour leurs missions.

 

On a chez nous les gaulois des haridelles politiques amnésiques et qui se permettent de faire la leçon aux petits jeunots du nouveau monde.

 

« La voix d’un Philippe Bas claque aujourd’hui comme une revanche. Quand le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, tente le 26 juillet pendant son audition au Sénat de jouer la connivence entre grands commis de l’Etat – « Vous avez occupé le poste que j’ai l’honneur d’occuper aujourd’hui » –, le président de la commission d’enquête l’interrompt sèchement : « C’était la préhistoire et l’ancien monde, je veux bien reconnaître qu’il y ait des différences. »

 

De qui se moque-t-il ce gourmé qui se refait une virginité « Fini la vie parisienne : son chemin de Damas passera donc par Villedieu-les-Poêles – réputée pour sa fonderie de cloches –, et une élection de conseiller général, en 2008. « Ça a été l’acte de naissance du Philippe Bas politique. Il y a un métal qui s’est forgé ce jour-là », assure Frédéric Salat-Baroux, qui lui a succédé comme secrétaire général de l’Elysée de Jacques Chirac. Cela n’empêche pas l’élu d’aborder le chaland avec une circonspection propre aux hommes de l’ombre. »

 

Retour sur images pour éclairer votre lanterne sur l’incorruptible sénateur Bas :

 

Laissons la parole à Olivier Bertrand du journal Libération

18 novembre 1996

 

Un hélicoptère fantôme s'est écrasé bruyamment, samedi, sur le plateau de Canal +. Jacques Toubon, ministre de la Justice, était l'invité de Michel Field, dans l'émission l'Hebdo. Il a reconnu ce que le pouvoir politique s'obstinait à nier : un hélicoptère a bien été envoyé dans l'Himalaya, à la recherche du procureur de l'Essonne, Laurent Davenas, dont l'adjoint venait d'ouvrir une information judiciaire contre Xavière Tiberi, épouse du maire de Paris. Michel Field, qui anime l'émission, venait d'offrir au ministre la maquette réduite d'un Puma, lorsque Jacques Toubon a décidé de se mettre à table. «Quand le procureur est parti en vacances, a-t-il expliqué, il a donné des instructions très précises à la PJ, et notamment en ce qui concerne l'audition de Xavière Tiberi. Mais son adjoint (a pris) une décision inverse. Devant cette contradiction [...] on a cherché à savoir si le procureur confirmait la décision de son adjoint. Comme on a appris qu'il était parti au Népal, on a donc saisi la représentation française dans ce pays, qui, pour le trouver, a utilisé les moyens que l'on utilise à 5 000 mètres d'altitude, c'est-à-dire un hélicoptère.»

 

Le financement.

 

Le ministre reste malheureusement un peu vague.

 

Qui se cache derrière le «on», pilote de l'opération?

 

Selon l'hebdomadaire le Point, la décision est venue «des services du Premier ministre». Elle aurait été «financée sur les fonds secrets» de Matignon. Toubon a affirmé samedi que les frais ont été pris en charge par la représentation française au Népal. Le ministre a estimé que la procédure a été utilisée «de façon tout à fait régulière». Or le parquet est indivisible, et l'adjoint du procureur, Hubert Dujardin, disposait, au moment où il a ouvert l'information, des pleins pouvoirs. «Il assurait la continuité du service», reconnaît du reste Laurent Davenas, qui ajoute: «De toute façon, même si l'hélicoptère m'avait trouvé, je n'avais pas les éléments pour répondre à la question.»

 

Ce versant de l'expédition risque, de toute façon, de rester anecdotique après la tempête déclenchée par cette affaire au sein de l'exécutif. La semaine dernière, les ministères de l'Intérieur et de la Justice, ainsi que Matignon, n'ont cessé de nier l'histoire de l'hélicoptère. Mais cette position devenait intenable, à mesure que les informations sur l'expédition devenaient plus précises. Samedi, le ministre de la Justice a décidé de faire machine arrière.

 

Embarrassant dossier. L'étonnant déroulé de cette affaire montre à quel point le dossier Xavière Tiberi embarrasse le pouvoir. L'épouse du maire de Paris a touché 200 000 F en 1994 du conseil général de l'Essonne, où elle n'a jamais mis les pieds. Xavier Dugoin, président RPR du département, l'a embauchée en mars 1994, puis a renouvelé son contrat au lendemain des élections cantonales. En octobre 1994, il lui a confié la rédaction d'un rapport sur la coopération décentralisée. Cette très modeste contribution a été découverte par le juge d'instruction Éric Halphen, lors d'une perquisition au domicile des époux Tiberi. Le dossier est ensuite arrivé à Evry, où Laurent Davenas a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire. Le procureur, qui ne souhaitait pas ouvrir une information judiciaire dans l'immédiat, est parti à l'assaut des neiges éternelles.

 

Pendant son absence, son adjoint, Hubert Dujardin, a décidé d'ouvrir l'information contre Xavière Tiberi. Puis une autre instruction a été confiée au juge Jean-Marie D'Huy, sur un «manuel de corruption» retrouvé en mai 1996 en Essonne. A ces deux dossiers s'ajoutent des informations déjà ouvertes en Essonne à propos du salaire de madame Dugoin, que la justice soupçonne d'être fictif, et de ceux que des militants RPR touchaient de Parachini, groupe industriel qui travaille beaucoup avec les collectivités, et dont le directeur général est en détention préventive depuis quatre jours (Libération du 16 novembre). Une perquisition a été menée mercredi au conseil général, par les trois juges chargés des différents dossiers. La secrétaire du directeur de cabinet de Xavier Dugoin a été placée en garde à vue et interrogée toute la journée. Elle n'est ressortie libre qu'en début de soirée. Au même moment, Xavier Dugoin s'apprêtait à voir un match, confortablement installé dans une loge du parc des Princes. Un stade où on l'a vu fréquemment ces dernières semaines, aux côtés de Jean Tiberi.

 

Le procureur Laurent Davenas raconte comment et pourquoi un hélicoptère l'a cherché dans l'Himalaya

 

  • Le titre de votre livre, Lettre de l'Himalaya (Seuil), est une allusion ironique à l'histoire rocambolesque de cet hélicoptère qui vous a recherché au Népal, dans le cadre de l'affaire Xavière Tiberi. Que s'estil passé exactement?

 

Passionné de montagne, j'organise chaque année une excursion. En 1997, j'avais choisi l'escalade de l'Island Peak (6 200 mètres), au Népal. Quinze jours avant mon départ, je reçois, via le procureur de Créteil, des documents saisis par le juge Halphen dans l'appartement des époux Tiberi à Paris. Il est question d'un rapport sur la francophonie écrit par Mme Tiberi et de fiches de salaire provenant du conseil général de l'Essonne. Le juge pense visiblement qu'elle n'a pas rédigé ce rapport. Dans ce cas, j'applique ma règle personnelle: «A situation extraordinaire, solution ordinaire.» Je réunis mes substituts financiers et nous décidons de lancer une enquête préliminaire pour savoir si Mme Tiberi a bien bénéficié d'un «emploi cabinet» au conseil général. Nous saurons alors s'il y a lieu d'ouvrir une information judiciaire ou de classer sans suite. Je mets au courant, juste avant mon départ, le n° 2 du parquet, Hubert Dujardin, qui me remplacera en mon absence.

 

  • Vous partez donc le cœur léger...

 

Absolument. Direction Katmandou, puis le mont Kala Pattar. Le 2 novembre, je rejoins mes compagnons, qui sont restés à Pheriche. Quand je rentre dans le lodge, un éclat de rire m'accueille. Un ami médecin me dit: «Un hélico t'a cherché toute la journée et il a déposé une lettre pour toi.» Je pense d'abord à un accident familial, mais, quand je vois la fameuse lettre, je crois à une blague: une enveloppe à en-tête de l'ambassade de France à Katmandou, entièrement entourée de ruban adhésif, adressée à M. Davenas, procureur général de l'Essonne... (Une promotion: je ne suis que procureur.) A l'intérieur, un papier sans en-tête avec un texte surréaliste, maladroitement tapé à la machine: «Pour répondre à la question qui suit, veuillez cocher la case suivante: oui, non...», et la question: «Pouvez-vous confirmer le cadre préliminaire de vos enquêtes dans l'affaire Tiberi?» Seuls apparaissent les noms de Bernard Gravet, directeur central de la PJ, et de Marc Moinard (avec une faute d'orthographe), directeur des affaires criminelles... Eberlué, je lis la lettre à mes amis, qui pouffent de rire, ce qui me persuade qu'il s'agit d'une plaisanterie. Mon ami médecin m'assure pourtant que c'est vrai, et, d'ailleurs, l'hélicoptère doit revenir le lendemain matin chercher la réponse! Le lendemain, pas d'hélico. Je repars donc tranquille, persuadé qu'il s'agit d'une blague. Ce n'est que huit jours plus tard que je lis, en première page du Kathmandu Post: «Le procureur d'Evry (je croyais que c'était moi...) a ouvert une information sur l'affaire Tiberi.»

 

  • Dans cette comédie judiciaire, on a voulu vous faire jouer le mauvais rôle, celui de l'étouffeur en chef.

 

Cette histoire m'a considérablement meurtri. J'estime faire mon travail honnêtement, or on m'a présenté comme un pleutre et un manipulateur. Dujardin avait parfaitement le droit de faire ouvrir une information en mon absence. Toutefois, je soutiens que c'est une erreur technique - d'ailleurs, la procédure a été annulée. Et, surtout, il a laissé croire que je cherchais à étouffer l'affaire, alors que c'était exactement le contraire. J'en veux aussi à ceux qui ont organisé cette expédition, car ils ont voulu me piéger.

 

  • Vous évoquez dans ce livre tant votre travail dans l'Essonne que les relations entre le pouvoir et la justice. Il est très rare qu'un procureur parle si librement...

 

Je suis un procureur heureux et sans complexes qui est depuis vingt-cinq ans au service de ses concitoyens. Le dossier Xavière Tiberi est passé au pilon; la justice n'a pas été rendue, ni dans un sens ni dans l'autre. J'ai le droit d'en parler.

 

  • Votre attitude est paradoxale. Vous êtes très sévère pour les politiques et, en même temps, vous ne voulez pas couper le cordon entre la chancellerie (le pouvoir) et les procureurs.

 

Je reproche aux politiques leurs effets d'annonce, leur inculture judiciaire, leur entourage - ils ne choisissent presque jamais des hommes qui ont l'expérience du terrain. Pour autant, le procureur est le représentant des pouvoirs publics; il applique une politique voulue par le gouvernement. On ne peut pas poser le principe que les hommes politiques sont malhonnêtes ou pourris. La grande majorité d'entre eux font leur travail avec passion et probité. Le cordon, c'est le lien entre l'Etat et le droit; il fonde l'Etat de droit. Les «affaires» ne représentent que 1% de l'activité judiciaire. Que l'on confie donc à la Cour de justice les dossiers concernant les élus et qu'on nous laisse travailler pour le quotidien, dans les 99% restants. La semaine dernière, par exemple, j'ai organisé avec l'office HLM de l'Essonne une journée de formation pour les gardiens d'immeuble. Ça, c'est un véritable travail de prévention judiciaire.

 

Faites vos comptes des protagonistes de cette brillante équipée :

 

  • Jacques Toubon est Défenseur des Droits nommé par Hollande

 

  • Éric Halphen et Xavière Tiberi ont soutenu Macron, le juge Halphen s’est même présenté aux élections dans la Manche où il a pris une veste.

 

  • Laurent Davenas retraité de la magistrature en 2012, se spécialise dans la communication judiciaire, il met ses compétences au service de «la communication sous contrainte

 

  • Hubert Dujardin « Tintin judiciaire ? SaintJust ? Hubert Dujardin, tour à tour juge d'instruction ou parquetier, mais aussi juge correctionnel et conseiller technique au cabinet de Robert Badinter, a aussi été taxé de juge rouge ou gauchiste. »

 

  • M. JeanMarie D'HUY  avocat général près la cour d'appel de Versailles 15 Avril 2016 (il est rapporté, concernant l'affaire Clearstream, que les deux juges, dont JeanMarie d'Huy, se sont vu reprocher par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, des méthodes qui « témoignent d'un mépris ou d'un manque de considération du ministère public ». Ces propos peuvent être compris dans le cadre du "jeu" opposant les juges d'instruction, indépendants, au parquet, soumis au pouvoir politique)
  •  

Reste le sénateur Bas à qui il faut rafraîchir la mémoire !

 

De Gaulle et son porte-plume constitutionnel, Michel Debré, aimaient tant le Parlement, Assemblée Nationale et Sénat, qu’ils l’ont cantonné dans un rôle de chambre d’enregistrement. Les commissions d’enquête parlementaire ne produisent rien d’intéressant car leurs conclusions sont toujours des compromis entre le parti dominant et son opposition.

 

Monsieur le sénateur Bas est un bel exemple du régime des partis Cette expérience permet au sénateur de juger avec sévérité la présidence d’Emmanuel Macron. « Le parti En marche n’existe pas, il n’a pas de racines idéologiques, pas de racines territoriales, pas d’expérience politique », fustige-t-il. Le pouvoir macronien, avant l’affaire Benalla, était jeune et insolent comme un héros du Quartier perdu, de Patrick Modiano, d’un « âge où les conseils sont inutiles et où ceux qui les donnent vous semblent prononcer des phrases bien vaines ».

 

« Le régime des partis, c’est la pagaille. » entretien télévisé avec Michel Droit, 15 décembre 1965 « Le régime des partis […] se montrait hors d’état d’assurer la conduite des affaires. Non point par incapacité ni par indignité des hommes. Ceux qui ont participé au pouvoir sous la Quatrième République étaient des gens de valeur, d’honnêteté, de patriotisme. »

 

Du côté des Marcheurs de Macron, avec cette buse de Ferrand, la présidente de la commission d’enquête Yaël Braun-Pivet, députée La République en marche des Yvelines, a elle aussi sombré dans l’attitude classique des godillots ; son co-rapporteur Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé traîne lui aussi des casseroles.

 

Clap de fin, tout ça ne nous mène à rien, sauf à renforcer l’emprise des populistes extrémistes rouges-bruns…

 

 

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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 07:00
Vous connaissez le slogan « Manger 5 fruits et légumes par jour ! » alors et le haricot vert c’est quoi 1 fruit ou 1 légume ? À Veni Verdi il pousse sur les toits de Paris

Pour la énième fois, radotant, je racontais mon histoire de haricots verts, ceux du jardin de mon grand-père, en pleine saison c’était tous les jours haricots verts, overdose, aversion, tout sauf des haricots verts !

 

Une jolie voix au bout de la table, très Claire, un brin moqueuse :

 

« Mais tu n’as jamais chroniqué sur les haricots verts, Jacques… »

 

Sourires échangés, très beau revers croisé sur la ligne, j’en suis resté baba ou, si vous préférez, comme deux ronds de flan, mais je décidai  de relèver le défi.

 

Alors va pour le haricot vert, mais qu’est-ce que je vais pouvoir écrire sur ce…

 

… et, l’ignare que je suis, découvre avec stupeur que si on a tendance à le cataloguer « légume », du fait qu’il ne soit pas sucré, le haricot vert est bien un FRUIT, tout comme la tomate, l’avocat, l’aubergine, le poivron, les piments, le concombre, la courgette ou encore l’olive.

 

Quelle est la différence entre un fruit et un légume?

 

Le fruit est l’organe comestible des plantes à fleurs, qui contient les graines et succède à la fleur.

 

Le légume est la partie d’une plante potagère qui se consomme. Ce peut être le fruit, la graine, la fleur, la tige, le bulbe, la feuille, le tubercule, le germe ou la racine de la plante.

 

C’est pourquoi nous pouvons dire que tous les fruits sont des légumes, mais que tous les légumes ne sont pas des fruits.

 

Un fruit c’est une fructification donc ce qui, en principe, porte des graines, un légume c’est une plante dont certaines parties sont comestibles. Tout cela n’a rien à voir avec l’usage plat-dessert ou le sucré-salé. Les bananes sont des fruits mais elles sont cueillies avant maturité c’est pour cela qu'on n’y trouve pas de graine.

 

Ainsi, l’aubergine, le concombre, la tomate ou le haricot sont des fruits, mais la rhubarbe ou la canne à sucre sont des légumes.

 

Le Haricot au fil de l'histoire

 

« Le haricot, c’est d’abord la vision traditionnelle, dans un potager, de plants grimpants sur des tuteurs de noisetier ou sur des filets à ramer. À la fin du printemps, ses tiges fleurissent, puis ses fleurs se transforment en gousses après la pollinisation. Lorsqu’elles sont cueillies fraîches avant leur maturité, ce sont les haricots verts ou jaunes, appelés aussi haricot beurre ou mange-tout. A maturité, les gousses ne sont plus mangeables, on consomme alors les graines fraîches ou sèches.

 

Dans les cales des navires des conquistadors

 

Apparu il y a environ 500.000 ans, le haricot serait né en Equateur puis se serait diversifié au Mexique et dans les Andes (Pérou, Bolivie, Argentine). La forme sauvage a été domestiquée vers 6.000 av. JC. Sa culture a eu une importance remarquable dans les civilisations indiennes. Il faudra toutefois attendre les grandes explorations et la conquête du Nouveau Monde pour que les premiers haricots atteignent les côtes de l'Europe. Christophe Colomb les remarquera d'abord à Cuba, Cabeca de Vaca les trouvera en Floride en 1528 et Jacques Cartier, à l'embouchure du Saint-Laurent en 1535. En Europe, le haricot fut d'abord cultivé pour ses grains, le haricot vert frais ne fut consommé qu'à partir de la fin du XIXe siècle en Italie. Il est devenu depuis un élément de la cuisine traditionnelle. »

 

Et le haricot perdit son fil...

 

L’homme a su utiliser la diversité génétique abondante que lui offrait le haricot depuis ses modestes débuts en Amérique latine. Son histoire est ponctuée d’anecdotes. En 1872, Gabriel Chevrier, agriculteur à Bretigny-sur-Orge (Essonne), remarque que les graines de haricots restent vertes même après séchage en les récoltant avant maturité. Le flageolet vert était né ! Les sélectionneurs ont progressivement développé des variétés naines plus faciles à cultiver mais aussi à récolter. Toutes les variétés d’avant 1920 possédaient un fil. La volonté de consommer du haricot en légume vert a incité les sélectionneurs à éliminer ce fil et rendre la gousse aussi fine que possible.

 

La France, reine du haricot

 

La France produit annuellement quelques 350.000 tonnes de haricots. Le haricot est le premier « légume vert » consommé en France, surtout en conserve et en surgelé. La France est devenue le premier exportateur mondial de haricot en conserve et le troisième en surgelé. 45.000 tonnes de haricots grains sont produits chaque année en France, auxquelles il faut ajouter une dizaine de milliers de tonnes de coco de Paimpol, de haricot tarbais et autres variétés régionales qui sont consommées directement en frais ou en sec. Le haricot fait largement partie de notre patrimoine national.

 

 

Et puis, il y a les haricots verts d’Émilie, de Veni Verdi, qu’elle cultive sur les toits de Paris.

 

 

Silence... ça pousse sur les toits de Paris!

par Caroline Revol-Maurel, publié le 23 juillet 2018

 

Cueillir des fraises et des aromates en plein cœur de Paris, ça vous tente ? L’association Veni Verdi propose de jardiner quelques heures dans l’un de ses potagers sur les toits. On a grimpé vers ce coin de verdure frais et perché, aux côtés d’Emilie Giafferi, qui gère le site. Inattendu!

 

9h du matin

 

Sur le toit du 6 rue d'Aboukir l’équipe est au complet. Sourire ravageur et doudoune jaune, c’est Emilie qui accueille les bénévoles du jour. Depuis trois ans, elle est en charge de ce toit-potager situé au cœur de Paris. Autour d’elle ce matin, des étudiants, des jeunes en reconversion, des retraitées : tous viennent jardiner deux heures et entretenir ce potager.

 

La suite ICI 

 

© Nathalie Baotens pour France.fr

 

Méli-Mélo de haricots verts et beurre, tomates, melon, pastèque, pêches de vignes, aromates…

 

  • Cuisson vapeur des haricots fraîchement cueillis sur le toit d’Émilie

 

  • Les laisser refroidir

 

  • Dans un grand saladier les apparier avec des cubes ou des boules de melon, de tranches de pêches de vigne, des haricots rouges, des morceaux de tomatesassaisonnez, huile de votre choix, vinaigre doux, taillader des aromates fraîchement cueillis dans le jardin d’Émilie.

 

 

  • Brasser délicatement et présentez sur la table.

 

 

Que boire ?

 

Sans faire de la provocation, un grand verre d’eau fraîche coupée d’un trait d’un bon vin rouge…

ou alors ça :

 

(vin nature) Campagne sarrière – Les oiseaux – Rosé 75cl

 

 

Le domaine de campagne sarrière se situe sur les plus beaux terroirs du luberon, à Peypin d’Aigues.

 

Ludovic Blairon, le vigneron a fait le choix de vinifié ses cuvées en vin nature , sans intrant et sans produits chimique de synthèses. Son exploitation est toute jeune puisque cette cuvée est issue de sa première production.

 

 

 

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 06:00
De Gaulle voulait supprimer le Sénat mais que seraient devenues les jardiniers et les ruches du Jardin du Luxembourg ?

Robert Badinter qui habite rue Guynemer confie : « rares sont les lieux de Paris  qui me soient plus chers que le jardin du Luxembourg. Des fenêtres de mon bureau, je m’émerveille chaque année des premières tonalités automnales, de la neige qui le recouvre parfois en hiver ou des bourgeons annonçant l’arrivée du printemps. De saison en saison, le jardin est toujours le même, mais il est toujours différent. Il ne cesse pas de m’émouvoir au fil des ans. »

 

Il ajoute « Le 30 septembre 1981, c’est en empruntant les allées du Luxembourg que je suis rentré chez moi à pied, après le vote de l’abolition de la peine de mort au Sénat. »

 

Ce jardin est aussi mien, avec ma fille Anne-Cécile, lorsqu’elle était enfant nous étions, le samedi ou le dimanche, des habitués. Les balançoires en forme de bateaux, plus haut papa plus haut, le manège de chevaux de bois suspendus, construit en 1879 sur les plans de Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris.  Rainer Maria Rilke, familier du jardin, lui a consacré un poème ; Sous la toile verte surmontée d’une sphère jaune, il tourne, les enfants sont équipés d’une baguette leur permettant, comme dans l’ancien jeu de bague, d’attraper des anneaux suspendus à une «poire» en bois tenue par l’employé. Anne-Cécile était très adroite à ce jeu. Le théâtre de marionnettes fondé et créé par Robert Desarthis avec guignol bien sûr ; les petits chevaux et les poneys qui sentaient si mauvais ; la barbe à papa ; les petits voiliers du grand bassin.

 

 

Depuis 1799, le palais du Luxembourg et son jardin sont affectés à la Chambre haute. Après l’exil à Versailles suite à la Commune, la loi du 22 juillet 1879 ordonne le retour à Paris de l’exécutif et des 2 chambres. Depuis, sous la IIIe République, la IVe et la Ve le jardin est administré par le Sénat.

 

 

Dès le 2 octobre 1962, de Gaulle considère que « le Sénat est devenu inutile tel qu’il est, [et qu’il] faut donc le supprimer ». Il considérait que le Sénat était un « talon d’Achille », qu’il faudrait « opérer » comme un bobo.

 

 

Cette réforme, souligne Peyrefitte, tenait à cœur au Général : « Avec la fin de la guerre d’Algérie et le référendum sur l’élection présidentielle, [il y a] eu assez d’agitation comme ça. […] Puis il faudra détruire ce Sénat, ou en tout cas le transformer, ce sera la première chose à faire. »

 

16 janvier 1963, de Gaulle explique : « Le Sénat, c’est moi qui l’ai fait recréer en 1946 sous le Le nom de Conseil de la République, alors que les partis voulaient le supprimer purement et simplement. C’est encore moi qui l’ai rétabli en 1958 dans son nom et dans ses prérogatives, notamment constitutionnelles. »

 

« Il faut, à l’avenir, qu’il y ait une seule assemblée législative et politique. Autrefois, sous la IIIe République, le Sénat était nécessaire comme contrepoids aux sottises de l’Assemblée nationale. Mais maintenant, le contrepoids à ces sottises, c’est le Président. Et s’il y a des difficultés majeures, l’Assemblée peut censurer le gouvernement, le Président de la République peut dissoudre l’Assemblée, c’est le suffrage universel qui tranche.

 

« Donc, le Sénat, tel qu’il est, n’a plus aucune raison d’être. Il ne peut plus exister que pour embêter le monde. Il ne s’en prive pas. Un référendum y remédiera. »

 

De Gaulle présentera ce projet de réforme à la population sous forme d’un référendum, qui a eu lieu le 17 avril 1969, en même temps qu’un projet de régionalisation. La victoire du « Non » entraînera, comme on le sait, sa démission, puisqu’il qui considérait que son mandat devait être remis en jeu à chaque référendum.

 

 

Mais il n’y a pas de jardin sans jardiniers.

 

Ceux-ci, 70 jardiniers, sont dirigés par une ingénieure horticole assistée d’un adjoint et de 2 chefs jardiniers.

 

Tout ce petit monde assure l’entretien du jardin public, la décoration des lieux de réception, la production des plantes vertes et fleuries et la conservation des collections végétales. Chaque année 3 plantations successives assurant la floraison de près de huit mois consécutifs du printemps à l’automne. Elles nécessitent la production d’environ 150 000 plantes à massif, toutes issues des serres du Sénat situées dans un terrain de culture à Longpont-sur-Orge dans l’Essonne.

 

Il y a 3000 arbres dans le jardin, surtout des marronniers.

 

Les serres sont aussi un lieu de conservation d’un patrimoine végétal datant du XIXe siècle. Ces collections sont rares, la plus célèbre est celle des orchidées dont l’origine remonte à 1838 par l’envoi d’un lot d’orchidées en provenance du Brésil.

 

Mais il y a aussi une collection fruitière, héritière des célèbres pépinières des Chartreux. Malgré sa faible superficie, le verger du Luxembourg  concentre près d’un millier de plantes, arbres et arbustes dont 600 variétés différentes. Les espèces dominantes sont le pommier et le poirier, qui totalisent à eux seuls 530 variétés. Quelques exemplaires de vignes, pêchers, abricotiers. Depuis les année 80, elle s’est orientée vers la sauvegarde des variétés rares et anciennes, en particulier sur la réintroduction des variétés chartreuses.

 

Des cours d’arboriculture créés en 1809 sont dispensés, c’est gratuit.

 

 

Dans le même esprit le Sénat s’est préoccupé de perpétuer, au sein du jardin, l’enseignement apicole qui y avait été créé en 1856. Aujourd’hui, sous l’égide de la Société centrale d’apiculture, une centaine d’auditeurs sont formés aux techniques modernes de l’apiculture. En 1990, le président du Sénat de l’époque, Alain Poher et les questeurs on fait construire un nouveau rucher sur les plans de l’architecte Jacques Patureau.

 

Le jardin dispose enfin d’une très belle collection de plantes d’orangerie, dont quelques spécimens ont plus de deux cents ans. Elle se compose d’un peu plus de 200 plantes en caisse dont des agrumes, principalement des bigaradiers, mais aussi de majestueux palmiers-dattiers, des lauriers-roses et des grenadiers. Ces arbres sont sortis au mois de mai pour décorer les abords du palais et des grands parterres regagnent dès octobre l’orangerie qui les abrite.

 

Source : Le Jardin du Luxembourg promenade historique et littéraire de Dominique Jardillier.

 

 

 

Il y a un toit, il y a aussi son ombre, c’est

le manège qui tourne pour un court instant,

il y a des chevaux multicolores, tous venus du pays

qui longuement hésite avant de sombrer.

Si certains sont attelés à une carriole,

tous arborent un profil empreint de courage ;

il y a également un lion rouge et menaçant

et de temps en temps un éléphant blanc.

 

Il y a même un cerf, tout comme dans la forêt,

si ce n’est qu’il porte une selle, et, assise dessus,

il y a une petite fille bleue que des courroies retiennent.

 

Et sur le lion, chevauche un garçon tout blanc

qui se tient fermement d’une petite main brûlante,

tandis que le lion montre les crocs et la langue.

 

Et de temps en temps un éléphant blanc.

 

Et sur les chevaux, passent

même des petites filles, claires,

déjà presque trop âgées pour ces cabrioles ; en plein vol,

elles lèvent les yeux dans le vague, par ici –

 

Et de temps en temps un éléphant blanc.

 

Et ce jeu passe et se précipite vers sa fin,

et tout tourne et tout virevolte sans cesse et sans but.

Une tache rouge, du vert, du gris envoyés par ici, en passant,

vague visage, petite esquisse –

Et parfois, un sourire tourné vers ici,

un sourire aux anges qui éblouit et s’évanouit

dans ce jeu aveugle et à bout de souffle…

 

Rainer Maria Rilke 1905 Le carrousel

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:00
Quand un naufragé volontaire, Alain Bombard, se préparait un tartare d’oiseau de mer, le sheawater, arrosé d’eau de mer pour son anniversaire en mer.

Souvenir du premier gouvernement Mauroy 22 mai - 23 juin 1981 avec Alain Bombard secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement, un mois au gouvernement qu’il quitte car il est pour l’abolition de la chasse à courre.

 

 

« La seconde semaine commença par un jour de fête qui m’a donné un peu le cafard. C’était mon anniversaire. Après mon arrivée à la Barbade, quand on me demandait mon âge, j’avais l’habitude de répondre : « J’ai eu vingt-huit ans en mer. »

 

« Cependant, le sort devait se montrer clément et m’offrir ce jour-là mon cadeau de fête. L’hameçon fixé par un bout de corde, traînait derrière le bateau, quand brusquement un gros oiseau que les Anglais appellent sheawater et dont je n’ai pas réussi encore à trouver le nom français [puffin des Anglais], se précipite sur l’appât qui était un poisson volant  sans tête. Je le tire vers le bord, un peu inquiet des coups de son bec risquait de donner sur les cylindres de caoutchouc. À peine arrivé à bord, heureusement, il  est  pris d’un violent mal de mer, vomissant et souillant mon bateau de ses déjections. Il était hors de combat et, malgré ma répugnance, je lui tords le cou.

 

 

« C’était certes la première fois de ma vie que je mangeais un oiseau cru, mais enfin on mange bien de la viande hachée crue, pourquoi pas un oiseau ? Je conseille fortement à ceux qui pêchent un oiseau de mer de ne le plumer, mais de le dépiauter, r sa peau est extrêmement riche en graisse. Je divisais mon oiseau en deux parts ; une pour aujourd’hui, l’autre que je mis au soleil afin de la faire sécher pour le lendemain. Mais il ne fallait pas croire que j’allais pouvoir enfin manger quelque chose qui n’ait pas le goût du poisson. Sur ce point, je fus horriblement déçu. La chair était excellente, mais avait un arrière-goût de « fruit de mer ».

 

« Au cours de la nuit, j’eus une violente émotion : au-dessus de la tente, j’aperçus une curieuse lumière             . Je crus tout d’abord au feu. En fait, c’était mon oiseau qui répandait de très fortes phosphorescences autour de lui, au point que cette lumière étrange, se projetant sur la voile, lui donnait une allure fantomatique. »

 

Naufragé volontaire Alain Bombard Les éditions de Paris 1953

 

Le dimanche 19 octobre 1951, un jeune médecin de 28 ans, Alain Bombard, quitte le port de Las Palmas aux Canaries.

 

Direction : l'Amérique.

 

Moyen de transport : un canot pneumatique.

 

Matériel embarqué : une voile, deux avirons, divers instruments de navigation, un couteau, quelques livres.

 

Provisions d'eau : néant.

 

Vivres : néant.

 

Objectif : prouver qu'un naufragé peut survivre plusieurs semaines en buvant de l'eau de mer et en se nourrissant de plancton et de poisson.

 

Tout le monde le traite de fou. Objet d'un tapage médiatique sans précédent, il est aussi tourné en ridicule, et les mieux intentionnés cherchent à le détourner de ce projet suicidaire par tous les moyens. Téméraire, sans doute. Suicidaire en aucun cas : il a seulement pris une provision de barbituriques, au cas où il tomberait à la mer et ne parviendrait pas à rejoindre son canot, crânement baptisé L'Hérétique. Bombard n'est pas un masochiste. Il va souffrir le martyre pourtant, les pires angoisses, les tortures du soleil comme de la pluie. Et il réussira, atteignant La Barbade trois mois et trois jours après son départ. Il signe là l'un des plus grands exploits de l'histoire maritime.

 

 

« Après avoir rencontré Alain Bombard à Tanger en 1952, le médecin, navigateur et céiste allemand Hannes Lindemann a effectué en 1955 une traversée de l'atlantique en solitaire en pirogue. Il réitéra cet exploit en 1956 avec un kayak. Dans son livre paru en 1958 "Alone at the sea", Lindemann raconte ses traversées, et conclut aux effets néfastes de la consommation d'eau de mer. Lindemann estime donc, sans en apporter la preuve, que Bombard avait embarqué une réserve d'eau à bord de l'Hérétique, et qu'il devait avoir été ravitaillé secrètement en pleine mer. Dans un article paru en 2006 dans Der Spiegel, le journaliste Ulli Kulke indique que L'Organisation mondiale de la santé a basé ses recommandations de la survie en mer sur ces conclusions: « Lindemann est maintenant la référence, et Bombard - au moins hors de France – oublié ». Les hommages de la presse internationale lors de sa mort en 2005 montrent que cet oubli est très relatif. Une analyse équilibrée de la polémique et de ses causes a été publiée en 2011 sur le blog "Inflatable Kayaks & Packrafts" »

Source Wikipédia

 

 

Il y a 65 ans, la folle aventure d'Alain Bombard naufragé volontaire

Par  Véronique Laroche-Signorile   Publié le 19/10/2017 à 18:15

 

Le «Bombard», l'indispensable canot de survie. Le 20 octobre 1952 Alain Bombard, jeune médecin et biologiste, quitte les Canaries à bord d'un radeau pneumatique afin de traverser l'océan Atlantique, dans les conditions d'un naufragé. Il souhaite démontrer qu'un homme peut survivre sur un canot, si son moral est bon, sans eau ni nourriture, pendant plusieurs semaines et ceci grâce aux ressources de la mer. Après plus de soixante jours en mer, il atteint les côtes de la Barbade en décembre. Très amaigri mais vivant. Dans un livre, traduit en quinze langues, intitulé Naufragé volontaire et paru en 1953, il raconte son périple, cet exploit qui le transforme en héros.

 

La suite ICI 

 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 06:00
L'Alsace Bossue (en aquarelle) Christian Staebler

L'Alsace Bossue (en aquarelle) Christian Staebler

Le sieur Fuligni Bruno, qui a vécu en Alsace avant d’aller en Champagne, nous dit dans son Tour du monde à travers la France inconnue :

 

 

« … et si la loi du sol s’y applique intégralement, je suis nécessairement Alsacien moi-même, puisque je suis né à Strasbourg. Pour rien au monde je n’aurais évoqué l’Alsace comme un morceau de Germanie en France, tant la simplification serait abusive. Certes, l’alsacien, qui se parle encore beaucoup, n’a rien d’une langue latine, mais il a sa personnalité, fortifiée par une histoire cruelle qui a conduit de nombreux Alsaciens à rejeter les tentatives assimilatrices des Prussiens. »

 

L’Alsace je connais !

 

Le 27 octobre 2010

 

Jean dit «Jeanny» Hugel la cheville ouvrière du Décret du 1ier mars 1984 dit Vendanges Tardives et Sélection de Grains Nobles

 

« La dynastie Hugel affiche une résistance à toute épreuve. Fondée en 1637 par Hans Ulrich Hugelin, elle a traversé la guerre de Trente ans, survécu aux famines, à la peste, aux épidémies, aux batailles napoléoniennes comme à celle de 1870 et est sortie miraculeusement des guerres de 1914-18 et 1939-45. Tantôt française, tantôt allemande, toujours debout : l’histoire de la famille se confond avec celle de l’Alsace. »(2)

 

Chez les Hugel, dans cette Alsace « tantôt allemande, tantôt française » cet enracinement, ce lien indéfectible avec la France et des français, pas toujours bienveillants avec eux, symbolisé par Georges Hugel, tout juste démobilisé par les allemands, en septembre 1944, qui s’engage dans la 1ière Armée française alors que Jeanny se trouvait encore sous l’uniforme allemand. »

 

Lire ICI 

 

Mais revenons au sieur Axelroud qui se dore au soleil de Collioure à l’abri de son chapeau de paille d’Italie en citant à nouveau Bruno Fuligni :

 

« Mais Daniel me parla du village de son enfance, dans « l’Alsace bossue » si différente du reste de la province. Pourquoi bossue ? À cause de son relief, tout simplement ? Ou parce qu’elle forme, à l’ouest du Bas-Rhin, une bizarre excroissance dans le département lorrain de la Moselle ? »

 

Note ironique du Taulier datant du 31 août 2015 où notre PAX en commentaire poussait la chansonnette ICI 

 

C’était au temps je récitais la liste des départements avec la préfecture et les sous-préfectures et de ce temps-là seul le Bas-Rhin est resté bas. Les autres les Basses-Pyrénées et les Basses-Alpes n’ont pas supportés l’outrage ils se sont rebaptisés : Pyrénées-Atlantiques et Alpes-de-Haute-Provence. La Haute-Saône, comme le Haut-Rhin sont restés hauts, mais les inférieures : Loire, Seine, Charente se sont haussées pour être : Atlantique, et Maritime.

Les Alsaciens sont ainsi, ils ne changent pas facilement d’avis.

 

« L'Alsace Bossue est attribuée par le partage de Verdun de 843 entre les trois petits-fils de Charlemagne au royaume de Louis le Germanique. Elle appartient dès 962, date de restauration de l'empire par Othon Ier le Grand,  à l'empire romain germanique. »

 

Au XVIe siècle, de vastes régions de l’Alsace constituent des territoires ecclésiastiques catholiques. Le pouvoir de l'évêché de Strasbourg s'étend sur la moitié du Bas-Rhin et sur certaines parties du Haut-Rhin. L'évêque de Bâle au sud, celui de Spire au nord ont aussi des possessions en Alsace. Le domaine des Habsbourg s'étend sur les deux-tiers du Haut-Rhin tandis que les possessions des ducs de Lorraine s'étendent également en Alsace. Mais alors que la Lorraine reste catholique, les seuls territoires franciques rhénans d'Alsace, passent majoritairement à la Réforme d’où leur sort différent de celui du duché de Lorraine ou de l’Alsace. Ils constituent l’Alsace Bossue qui appartient au Westrich. Le Westrich est le nom donné à partir du XIIIe siècle au territoire situé au nord de la vallée de la Seille entre les Vosges et l'Hunsrück. Mouvante au sein du Saint-Empire entre Lorraine, évêché de Metz, Luxembourg, archevêché de Trèves, Alsace, Bade et Palatinat, c'est aujourd'hui une « province fantôme » que recouvrent la Sarre, le Nord-Est de la Lorraine, l'Alsace bossue, et la zone montagneuse du Palatinat.

 

Lire ICI 

 

« … l’ancien comté de Sarrewerden, terre d’Empire jusqu’en 1793. Quand Louis XIV conquit Strasbourg et une bonne partie de l’Alsace, le comté demeura enclave allemande protestante au milieu de la France catholique – avec une enclave française à l’intérieur pour faire bonne mesure.

 

Il est vrai que le peuplement complexe de la contrée demandait un peu d’imagination aux diplomates du Grand Siècle. Ceux-ci savaient que, durant la période s’anarchie sociale restée dans l’histoire sous le nom de « guerre des Paysans », de 1527 à 1557, les massacres furent tels que le comté se trouva presque dépeuplé. Les comtes de Nassau-Sarrewerden avaient donc fait venir d’Allemagne de nouveaux habitants, dont les descendants conservèrent les noms et la langue. »

 

« Ici on ne parle pas l’alsacien mais le francique – la langue de  Clovis ! »

 

« Durant les guerres de Religion en effet, puis après la révocation de l’édit de Nantes, l’enclave luthérienne et francique de Sarrewerden accueillit des familles de huguenots, calvinistes et francophones quant à eux, dont les descendants forment un îlot de latinité tranquille dans l’Alsace bossue. »

 

Si comme pour l’affaire Benalla vous n’avez rien compris Patrick Axelroud va tout vous expliquer.

 

Merci par avance.

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 06:00
Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

Commençons par la fin, les américains se sont pris de passion pour ce légume pas très glamour en transformant à tout va sa chair: en pizzas, beignets, toasts ou même « steak »

 

La presse s’interroge gravement : Le chou-fleur est-il en train de devenir le nouvel aliment star et healthy d'Instagram?

 

En effet les Américains développent une obsession irrationnelle pour cette plante potagère.

 

« Témoignant de l'engouement insolite pour celui-ci, la marque américaine CauliPower (jeu de mots avec "chou-fleur" et "pouvoir"), s'est même lancé au début de l'année 2017 avec pour seul et unique produit une pizza chou-fleur déclinée en plusieurs saveurs, promettant une pâte faite de ce légume et d'un soupçon de farine sans gluten. »

 

« Si la marque CauliPower a aidé à populariser le chou-fleur sous la forme de farine, le monde des foodistas ne l'a pas attendu pour le cuisiner sous toutes ses formes. Aux États-Unis, les chefs en font leur matériel privilégié: rôti tel une entrecôte chez La Condesa à Austin, cuisiné en couscous chez l'étoilé Michelin Le Bernadin à New York, grillé comme des ailes de poulets chez Takoda à Washington... »

 

J’imagine la gueule de Pousson ! Encore un terrain de jeu pour foodistas.

 

En même temps, comme le disait notre Président avant de l’être, ce matin je ne recule devant rien pour faire l’intéressant : sans être impertinent je puis écrire qu’au château « Ils sont dans les choux »

 

Références littéraires obligent :

 

« Il entendait poursuivre, d'autant que les flics de la Crim' semblaient dans les choux, occupés à traiter un autre suspect. » Sang d'encre au 36

 

« M. Verdurin eût pu maintenant être salué sans honte par son neveu, celui qui était dans les choux. » Marcel Proust  À la recherche du temps perdu…

 

Pour couronner le tout, j’épluche en ce moment l’œuvre de Philippe Kerr et son héros récurrent, Bernie Gunther, en parlant des hauts gradés de la SS les désigne comme les « choux-fleurs de service»,  eut égard aux broderies argentées qui ornaient les revers de leurs sinistres uniformes.

 

Alors pourquoi ne pas rappeler que celui qui tient encore la baraque, à défaut de tenir la route, votre Taulier le 9 février 2016 titrait  avec force : Le chou-fleur « injustement mésestimé, dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers connaît enfin son heure de gloire gastronomique »

 

En fait, c’était Camille Labro qui l’écrivait dans M le magazine du Monde.

 

«Longtemps dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers, éclipsé par son cousin le brocoli et par un chou kale surmédiatisé, le chou-fleur connaît enfin son heure de gloire gastronomique. Voilà plusieurs années que quelques cuisiniers s'échinent à le valoriser, comme Yotam Ottolenghi, grand chef d'origine israélienne installé à Londres, qui tient une chronique régulière dans The Guardian : « Depuis 2007, je fais campagne pour convaincre le monde que le chou-fleur n'est pas un légume terne et fade. La bataille semble enfin gagnée ! », se réjouissait-il l'an dernier.»

 

Déjà, j’ajoutais : Sans trop ramener ma science, affirmer que j’ai du nez pour humer les tendances, le 3 janvier 2015 sur mon espace de liberté je chantais déjà les louanges du chou cramé à la Miznon.

 

« Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu. »

 

Lire la suite ICI 

 

Et comme je suis trivial je ramenais encore ma science :

 

Si le chou-fleur cramé m’a inspiré c’est que dans ma vie au 78 rue de Varenne, ce gros légume blanc de nacre dans sa corolle verte à peuplé mes dossiers de crise associé à un leader breton charismatique Alexis Gourvennec, le père de la SICA de Saint-Pol-de-Léon plus connue de nos jours par la marque Prince de Bretagne.

 

Petit retour en arrière, mai 1961, la jacquerie la plus étendue et la plus violente que la France moderne a connue.

 

Ce n’est qu’un petit message à ceux qui nous serinent à longueurs de leurs écrits les merveilles de la France profonde d’avant, ces villages regrettés qu’ils ont d’ailleurs quittés pour aller vivre en ville dans le confort et la facilité.

 

« Les troubles commencèrent dans la Bretagne du sud, durement touché par une baisse désastreuse du prix des pommes de terre. Des remorques de pommes de terre furent déversées sur les places des villes, et dans quelques communes des bandes de paysans sabotèrent les élections locales en enlevant et en brûlant des urnes électorales. Quelques jours plus tard, l’étincelle de la rébellion enflammait la Bretagne du nord, – qui avait été le théâtre d’une « guerre des artichauts »* très remarquée un an auparavant. Quelques 4000 paysans montés sur des tracteurs envahirent la ville de Morlaix et occupèrent la sous-préfecture pendant quelques heures – à titre symbolique et sans recourir à la violence. Cette nuit-là, les deux principaux organisateurs (ndlr Gourvennec et Léon) furent arrêtés, et les représentants du gouvernement annoncèrent leur intention de faire des exemples avec les coupables. Malheureusement pour le gouvernement, ces organisateurs se trouvaient être parmi les jeunes dirigeants syndicalistes les plus en vue de la région. L’un d’entre eux, Alexis Gourvennec, était un ancien jaciste qui, à 24 ans, était déjà vice-président de la fédération départementale d’exploitants agricoles. En autre région de la France, les jeunes syndicalistes n’étaient si nombreux ni si bien organisés ; beaucoup s’étaient récemment battus en Algérie, et étaient familiers des techniques de guérilla et de contre-guérilla.

 

La nouvelle des deux arrestations de Morlaix eut pour conséquence, la propagation de l’insurrection rurale, à la manière d’un feu de brousse à travers tout l’Ouest : pendant les dix jours suivants, les voies ferrées et les routes furent barrées, les villes envahies par des manifestants en tracteurs, les lignes téléphoniques furent sabotées, le Premier Ministre pendu à plusieurs reprises en effigie… »

 

La suite ICI 

 

Et avec votre pizza au chou-fleur vous boirez quoi ?

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 06:00
Le porte-parole du gouvernement assure que le bilan du président de la République sera réévalué par les Français. ERIC FEFERBERG/AFP

Le porte-parole du gouvernement assure que le bilan du président de la République sera réévalué par les Français. ERIC FEFERBERG/AFP

Stéphane Le Foll est un garçon fort sympathique, cool, pas bégueule pour deux sous, le genre à monter au front en toute saison, un grognard aussi, au sens napoléonien, lui qui rejoignit le François premier secrétaire sous Jospin premier Ministre de la cohabitation née d’une dissolution à la hussarde du grand Jacques inspirée par le meilleur d’entre eux, un pur produit de la rue de Solférino versus l’autre François de Jarnac.

 

Ayant fréquenté, avant et après 1981, la CNA, la commission nationale agricole du PS, chapeautée d’abord par le souriant Pierre Joxe, puis par Bernard Thareau, j’ai pu assister au basculement du discours : néo-marxiste avant, les offices fonciers, la remise au pas de la FNSEA ; puis avec le tournant de 1983, l’expulsion d’Édith Cresson du 78 rue de Varenne, on ne touche à rien pour avoir la paix dans les campagnes.

 

En plus trivial, quand tu es dans l’opposition, l’intransigeance est de mise, tu t’opposes, tu vilipendes le pouvoir en place ; quand tu retrouves les manettes du pouvoir c’est une autre histoire, la dure loi de la réalité te fait remiser tes paroles flamboyantes pour canoter, cogérer avec la grande maison de la rue de la Baume : la FNSEA.

 

La pauvre Stéphane, alors que François venait de terrasser Nicolas, fut à deux doigts de rester sur la touche : le nouveau président voulut le sacrifier en offrant le maroquin au veau sous la mère, Jean-Michel Baylet. Sauvé d’un cheveu mais flanqué d’un fan de Ségolène, Guillaume Garot.

 

Mais, même si l’agriculture était officiellement son amour, le grand Stéphane vivait en concubinage notoire avec la politique, devenir premier secrétaire, être à la manœuvre dans le marigot de Solférino. Il fut de ceux qui soutinrent Harlem Désir à ce poste, sous-entendu un facile à virer.

 

Stéphane prit vraiment son pied lorsqu’il fut enfin intronisé porte-parole du gouvernement, à l’aise, crinière rétro au vent, prêt à tout défendre, séducteur, bretteur, au sommet de son art. Mais qui se souvient de sa loi d’avenir ?

 

Le François se dégonflant, le PS réduit à une peau de chagrin par le petit Manu, Stéphane réélu dans l’ancienne circonscription de Fillon sans candidat de Macron en face, ne se laissa pas abattre, il sortit de suite de son carquois deux flèches : l’agroécologie, oui, oui, et l’envie de prendre d’assaut les ruines fumantes de Solférino délaissées par la grande « fripouille » de Cambadélis.

 

Le Foll devint alors le héraut du bilan du François qui s’était remis à l’écriture pour retrouver de la popularité du côté des centres commerciaux.

 

Pendant ce temps, son directeur de cabinet, un certain Philippe Mauguin, parachuté à la présidence de l’INRA, en fait des tonnes sur le thème du grand virage vers une agriculture respectueuse de son environnement. Risettes à Travers, fréquentation assidue de Twitter, belle trajectoire d’IPEF toute tournée vers les beautés de la carrière.

 

Mais nos deux lascars viennent d’être rattrapés par la patrouille l'usage des pesticides a augmenté de 12% entre 2014 et 2016.

 

Le bilan, le bilan, un boomerang vous revient toujours dans la tronche messieurs les ouvriers de la 25e heure.

 

 

Voici la dure loi d’airain des chiffres  via l’AFP :

 

Malgré le lancement de deux plans Ecophyto depuis 2008 pour réduire l'usage des produits phytosanitaires en agriculture, l'utilisation des pesticides a globalement augmenté de 12% entre 2014 et 2016 poussant le gouvernement à renforcer ces mesures, dans le sillage des Etats généraux de l'Alimentation.

 

"L'indicateur NODU (nombre de doses unités) qui est utilisé pour mesurer l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, a augmenté de plus de 12% en valeur entre 2014 et 2016 avec une légère baisse en 2015 et une stabilité en 2016", indiquent dans un communiqué commun les ministères de l'Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique.

 

Le recours aux pesticides avait augmenté de 9,4% de 2013 à 2014.

 

Les quatre ministres réunis dans le comité d'orientation stratégique et de suivi (COS) vendredi matin ont affirmé vouloir "donner une nouvelle impulsion au plan Ecophyto et mettre en oeuvre des actions complémentaires à celles déjà engagées".

 

Ecophyto II+ devra ainsi intégrer le plan d'action sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides qu'ils ont présenté le 25 avril et le plan d'action de sortie en trois ans du glyphosate présenté le 22 juin dernier.

 

Le plan Ecophyto II+ sera soumis à la consultation publique à l'automne prochain et publié avant fin 2018, selon le communiqué.

 

Concernant le financement, les ministres n'ont pas prévu de fonds supplémentaires à part les 71 millions d'euros de crédits publics budgétés chaque année, et comptent "mobiliser les outils du grand plan d'investissement pour accompagner les priorités d'Ecophyto II+".

 

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a toutefois annoncé jeudi une enveloppe de 2 millions d'euros supplémentaires afin de multiplier par 10 le nombre de fermes expérimentales Dephy, qui devrait passer de 3.000 à 30.000 d'ici 2021.

 

Pour l'association France Nature Environnement, "c'est un constat d'échec: les plans Ecophyto successifs lancés depuis 2008, dont l'objectif initial était de réduire de 50% l'usage des pesticides pour 2018, se sont avérés inefficaces".

 

"L'outil Ecophyto est intéressant mais la sortie des pesticides ne se fera pas sans l'activation d'autres leviers économiques et règlementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l'ensemble de la profession", a souligné Claudine Joly, en charge des questions pesticides à FNE, citée dans le communiqué.

Bravo Stéphane Le Foll grand héraut de l’agroécologie sous la houlette de ton Ministère dit de l’Agriculture l'usage des pesticides a augmenté de 12% entre 2014 et 2016.
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