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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 12:00

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S’il n’y avait que des gus dans mon genre la médecine libérale serait dans la rue pour manifester afin de réclamer l’obligation pour chaque citoyen de les consulter au moins deux fois par an, le genre contrôle technique comme pour les bagnoles, car en effet je mets rarement les pieds dans les cabinets médicaux. De plus, notre beau pays ne subirait pas les affres de la contemplation du fameux trou de la SS. La seule fois où j’ai coûté cher à la SS c’était pour un défaut de fabrication de mon cœur, un syndrome de Kent dit Wolf-Parkinson-White (nom des découvreurs) qui se mettait en court-circuit. J’ai eu le plaisir, un soir, de traverser Paris dans un bolide blanc hurlant du SAMU, destination Lariboisière où je fus l’objet d’un grand intérêt : imaginez-vous un beau cas. Bref, notre chirurgie de pointe, coûteuse à souhait, permis à une équipe de fulgurer au laser, via ma fémorale, cet appendice parasite qui aurait pu vous priver à tout jamais  des chroniques de votre Taulier. Perspective affreuse et insoutenable.


Mon carnet de santé vous n’en avez rien à cirer, je sais ! Sauf que, en ce jeudi 15 novembre, jour de sortie officielle du Beaujolais Nouveau j’avais inscrit à mon agenda deux rendez-vous pour consulter : le matin à 9 heures pour mes yeux et à 16 heures pour mes dents, soit des trucs que notre SS rembourse avec pingrerie pour des raisons que j’ai du mal à comprendre car les yeux c’est la vieillerie, les dents aussi. Bref, j’en arrive aux faits. Hier matin je prends le métro direction Trocadéro. J’aime être à l’heure donc je suis pile poil devant la porte cochère lorsqu’à mon grand étonnement je constate qu’il n’y a plus l’ombre d’une plaque. Merde ! Vite fait sur le gaz je tripatouille mon IPhone et Google me sauve : le cabinet a traversé la rue, c’est en face. Ouf ! Mon ophtalmo m’accueille, consulte son ordinateur et constate que je n’ai plus mis les pieds chez elle depuis plus de 8 ans. Elle me prend pour un auvergnat mais elle procède tout de même à un petit interrogatoire et comme elle s’inquiète de mon activité je lui parle de mon blog. Banco, cette dame a acheté une vieille ferme dans le Mâconnais et elle aime le vin. L’adresse de mon blog est notée sur mon dossier médical, pas mal, non… J’imagine la tronche des hygiénistes.


Afin de contrer ceux qui m’accuseraient de ne pas chroniquer sur le vin ce matin  je me permets de souligner :


1-      Mon dentiste Christian est un fou de vin,link 

 

2-     Mon ophtalmologiste l’apprécie et se cultive.

 

Conclusion : là où le Taulier passe il amasse dans ses filets des adeptes du Vin

 

Du côté dentaire j’ai eu droit à la totale : piqure et dévitalisation, soit une bouche superbe pour la dégustation. En effet, j’avais aussi noté, après le supplice buccal, sur mon superbe agenda nrf un rendez-vous qui me semblait incontournable :


« LE BEAUJOLAIS NOUVEAU S’EST REVEILLE ! Bernard Pivot et Périco Légasse, du Comité de Défense du Beaujolais, vous convient chaleureusement à la dégustation des meilleurs Beaujolais Nouveaux 2012 en avant-première. Les vignerons seront présents pour parler de leur région ainsi que de leurs vins. Le mercredi 14 Novembre de 16H00 à 19H00 à La Petite Périgourdine (Paris). Cette opération sera à l’image de la région : exigeante, dynamique et conviviale ! LA PETITE PERIGOURDINE : 39 rue des Ecoles 75005 PARIS »


Bref, je fonce avec ma petite auto et, en moins d’une heure chrono, je me joue de tous les embouteillages pour faire Franconville-rue des Ecoles. En plus, une belle place pour me garer devant LA PETITE PERIGOURDINE me tend les bras. Je descends. J’entre dans le troquet : pas un chat. Je consulte ma boîte mail et je constate que c’était hier le pince-fesses de Pivot et de Périco. Changer de lunettes relevait donc de l’urgence absolue sauf que, tout de même, j’étais en droit de penser que le Beaujolais Nouveau ne pouvait être proposé avant la date fatidique. Donc Pivot et Périco ont joué hier les bootleggers. Mais que fait la police de manuel Valls ! Cependant, hormis ce détail légal, ce qui m’étonna plus encore c’était le désert : pas un chat à cette heure. Sans doute que la fête battra son plein dans la nuit ? Est-ce si sûr ? J’en doute car j’ai remarqué que la sortie du Beaujolais Nouveau est passé de la place publique, les bistrots, à la sphère privée : les cavistes. On se retrouve entre soi, on déguste, on discute mais la fête me semble s’être fait la malle. Détrompez-moi !


Je suis donc remonté tristement dans ma petite auto et j’ai mis le cap sur PhiloVino afin d’aller saluer l’ami Jean-Paul BRUN. Un petit coup pour la route, quelques emplettes pour chroniquer et je suis rentré car demain je mets le cap à la première heure sur Bordeaux : la pendule tourne et dans mon métier de médiateur je ne fais pas mon beurre. Du temps de ma jeunesse flamboyante j’aurais pu me payer une nuit blanche avant d’attraper le premier train mais là, aucune tentation de la sorte, la fête a plié bagage, le vin nouveau n’est pas triste, tout juste à mon goût un trop sérieux. Voilà, cette étrange chronique s’achève. Pour l’écrire j’ai carburé au Beaujolais Nouveau de Cyrile Alonso. Une confidence qui va rendre vert Pivot et Périco, j’avais trempé mes lèvres dans le nectar PUR de Cyril depuis belle lurette… Le taulier a toujours plusieurs longueurs d’avance sur la concurrence…


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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 00:09

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Ouille, ouille, ça douille, ou ça va douiller en 2013, l’addition va être salée nous dit à longueur de colonnes Le Figaro qui n’aime pas les socialos, avec en écho les Échos où Jean-Francis Pécresse écrit des éditos, alors je me suis dit que, le Taulier, tel « les serfs et les paysans du couvent de Montecellesi qui étaient, jusqu’en 1205, obligés de payer aux religieuses un impôt en nature sous forme de gâteaux au miel et aux épices, va devoir payer ses impots&taxes variés au percepteur en Panforte et en liquide pour faire avaler la pilule amère. NTM !

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En effet, l’ancêtre de ce gâteau traditionnel de Sienne, le Pan pepato, pain poivré, c’était le même gâteau mais avec plus de fruits confits et recouvert de poivre... oui c’était un signe d’authenticité… que voulez-vous, le goût est toujours daté… donc le Pan pepato qui en passant des blanches mains religieuses à celles, un peu plus avides des laïcs fut confié aux pharmaciens de l'époque, les speziali, seuls détenteurs des épices aux vertus médicinales et très coûteuses. Pain  de Noël dès l’an 1000, pain Pepatus, il était uniquement destiné aux nobles, aux riches et au clergé, parce qu'il contenait des fruits confits (orange, cédrat et melon), des amandes et des épices extrêmement coûteuses en ce temps-là. Au cours de l'Histoire, la recette n’avait pas subi de modifications substantielles jusqu'en 1879, année où Margherita di Savoia (la même qui a donné son nom à la célèbre pizza) épouse du roi Umberto I, se rendit en visite à Sienne. Pour l'occasion, un speziale prépara un Panforte plus délicat sans melon confit et couvert de sucre vanillé qui fut offert à la reine. Ce « Panforte Margherita », dit Panforte « blanc », civilisé, est encore aujourd'hui connu et commercialisé.

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elianedaphy Medihal VinDeMarsala

Comme avez pu le remarquer ci-dessus, là je m’adresse à vous Mr le Percepteur, le Panforte était réservé exclusivement aux riches donc je suis bien fondé à vous le proposer comme monnaie d’échange pour m’acquitter de mon devoir fiscal.  De plus, comme je suis fou du Panforte, je ne puis m’empêcher d’en manger dès que j’en ai à portée de mains, vous pourrez ainsi évaluer, à sa juste mesure, la qualité de mon effort, de ma privation. Si je vous réglais avec ces vulgaires euros malades de la peste je ne ferais que me délester à bon compte.

Et, monsieur le percepteur, comme j’ai bon cœur, pour nous soutenir le moral en ces temps d’austérité – mot honni – je propose de fluidifier mon paiement avec un vin fortifié et, pour rester dans ce beau pays qu’est l’Italie, de verser du vin de Marsala. Nous passons donc de la Toscane en Sicile, très précisément à l’Ouest de l’île.  Comme toujours avec le vin la légende voudrait que le Marsala, alors dénommé « Perpetum » fut un don des dieux à la Sicile et que c’était le moyen de communiquer avec Vénus, la déesse de l’Amour, née de l’écume des mers. Mais, convenez-en Mr le Percepteur, pour vendre du vin au monde entier un bon marchand anglais est plus efficace qu’une vieille légende. En 1773, le hasard d’une tempête jeta John Woodhouse, un marchand anglais, dans le port de Marsala, petite ville de la côte ouest de Sicile. Le vin lui plut et il en expédia un lot de 52 pipes à Liverpool, mais pour prévenir toute altération du précieux liquide durant le voyage, il ajouta un peu d’alcool dans les barriques. La cargaison se vendit comme des petits pains (pas au chocolat bien sûr). Les affaires étant les affaires notre anglais s’installa en Sicile et transforma ce vin local  en un vin internationalement réputé ayant sa place dans les caves de Buckingham Palace et à bord des navires de la Marine royale.


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Le succès de l’activité commerciale de Woodhouse fut grandiose et ouvrit la voie à d’autres commerçants britanniques. Parmi eux, Benjamin Ingham construisit un atelier tout près de celui des frères Woodhouse et joua un rôle clé dans l’expansion des ventes de Marsala en Amérique et en Australie. En 1832, un jeune entrepreneur du nom de Vincenzo Florio établit un autre jalon dans le commerce du vin de Marsala en appliquant des critères commerciaux à son activité et en évinçant l’ancienne aristocratie locale. La flotte marchande de la Compagnie Florio, forte de 99 navires, transportait le vin de Marsala dans tous les coins du globe. Dans les années qui ont suivi, d’autres capitaines d’industrie participèrent à ce commerce, tant et si bien qu’au début du siècle on ne comptait pas moins de 40 compagnies produisant du vin de Marsala.

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Fort bien, sans vouloir dénigrer et le négoce, et les anglais, y’a tout de même Marsala et Marsala et même si en 1984, le Marsala a obtenu l’appellation D.O.C. pour les vins blanc, rouge, sec et amabile (semi-doux) dans l’ensemble de la province de Trapani, à l’exception de la région d’Alcamo et des îles de Pantelleria, Favignana, Levanzo et Marettimo.


Bref, quand le Taulier voyage en Italie à Paris il prend illico la direction de l’épicerie d’Alessandra Petrini, chez RAP quoi www.rapparis.fr pour acheter mon Panforte et d’autres douceurs que l’on ne trouve pas ailleurs. Triste jour pour le Taulier le restaurant d'Alessandra RAP ferme ses portes aujourd'hui mais l'épicerie RAP continue. De tout coeur avec toi et les membres de ton équipe Alessandra. Je t'embrasse et à mon retour de Bordeaux je fais un saut jusqu'à la rue Rodier.


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Du côté liquide je vous donne 2 références de Marsala aux 2 bouts de l’échelle des prix et pour ceux  qui veulent tout savoir tout ce qu’il faut savoir sur le Marsala pour briller dans les dîners en ville. 

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1-      INTORCIA (le plus vieux producteur de Marsala). C’est un Vergine Soleras : Vieilli 6 ans au minimum dans des fûts de chêne. 18,90€

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2-     Cuvée Supérieur Riserva DOC 1986  Marco de Bartoli 50 cl 78€ link


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* cépages blancs : Grillo, Catarratto, Inzolia, Damaschino pour la production de Marsala doré et ambré.

* cépages rouges : Pignatello, Calabrese, Nerello Mascalese, Nero d'Avola pour la productionde Marsala rubis.

Les vins de Marsala sont classés en catégories selon :

  1. la couleur : doré et ambré, produit à partir de cépages blancs. Rubis, produit à partir de cépages rouges, auxquels peuvent s'ajouter jusqu'à 30 % de cépages blancs.
  2.  les caractéristiques de la production :

Marsala Fine : Teneur en alcool : 17% minimum Vieillissement : 1 an minimum

Ambré: addition d'au moins 1% de moût bouilli

Rouges dorés et rubis : aucune addition de moût bouilli

Marsala Superior : Teneur en alcool : 18% minimum Vieillissement : 2 ans minimum

Ambré: addition d'au moins 1% de moût bouilli

Rouges dorés et rubis : aucune addition de moût bouilli

Marsala Superiore Riserva Teneur en alcool : 18% minimum Vieillissement : 4 ans minimum

Ambré: addition d'au moins 1% de moût bouilli

Rouges dorés et rubis : aucune addition de moût bouilli

Marsala Vergine Soleras Teneur en alcool : 18% minimum Vieillissement : 5 ans minimum  Seulement alcool de vin ou eau-de-vie, aucun autre additif

Marsala Soleras Riserva Teneur en alcool : 18% minimum Vieillissement : 10 ans minimum Seulement alcool de vin ou eau-de-vie, aucun autre additif.

              3. la teneur en sucre :

* Sec : moins de 40 g/litre

* Demi-sec : entre 41 et 99 g/litre

* Doux: plus de 100 g/litre

Dans tous les cas, le vin utilisé pour produire le Marsala doit avoir une teneur en alcool d’au moins 12 % par volume.

Additifs permis :

* moût bouilli, appelé calamich

* sifone (moût qui ne peut plus être fermenté, additionné d’alcool)

* alcool de vin, afin d’atteindre le pourcentage d’alcool requis

* levure, ou addition de vins pour déclencher le processus de « marsalisation »

L’addition de calamich, d’alcool et de vins de remplissage s’appelle concia (traitement du vin).

Le Marsala Vergine n’est pas traité.

Les étiquettes fournissent des renseignements sur la méthode de production et la commercialisation, par exemple :

L.P. London Superior

S.O.M. Superior Old Marsala

G.D. Garibaldi Dolce

O.P. Old Particular

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:00

Votre Taulier, toujours très impliqué dans le Bojolo Nouvo, allant même jusqu’à s’effeuiller, a reçu le télégramme suivant du Petit Paris de Yantaï, troisième ville de la province du Shandong, jumelée avec Quimper.


« Bonjour : comme tous les Gones (les habitants de Lyon) le savent, trois fleuves coulent à Lyon : le Rhône, la Saône, et  le Beaujolais ...


Vendredi 16 novembre, à Yantai, les services Météo prévoient que le Beaujolais sera en crue et va inonder le « Petit Paris » ... Prenez vos précautions et venez nombreux pour étancher le flot ... »


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Se baigner dans le Bojolo Nouvo comme ces japonais dans un hôtel d’Hakone ICI link ou tel un 毛泽东/毛澤東, Máo Zédōng Le 10 juillet 1966 qui à 72 ans se jette à l’eau dans le grand fleuve Yang Tsé… Porté par le courant, il nage sur une distance d’une quinzaine de kilomètres, accompagné par ses fidèles et au milieu d’une véritable flottille de petits bateaux où ont pris place photographes et opérateurs des actualités filmées… le point de départ d’un phénomène inédit et qui restera longtemps mystérieux pour l’Occident : la Révolution culturelle ! Une vague irrépressible qui déferle sur tout le pays, déchaîne l’enthousiasme de la jeunesse, bouscule tout sur son passage et cause la mort de centaines de milliers, sinon de millions de Chinois. Car Mao Zedong est de retour…


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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:09

Pendant que votre serviteur s’exhibait fièrement sur la Toile, en son plus simple appareil, non pas sur une lointaine plage de sable chaud, mais pour soutenir le Beaujolais Nouveau d’Alonso, notre Eva de retour des lointaines et glaciales terres jurassiennes, hissait gaillardement l’étendard rouge de la révolte. Qu’est-ce-à-dire ? He bien elle va tout de suite vous le dire et moi, une fois n’est pas coutume, comme j’essuie les verres au fond du café, je reviendrai juste après pour placer un petit couplet.


photo Eva

Le Beaujolais nouveau va bientôt remplir les rayons des cavistes et forcément ceux des supermarchés. Les affiches des hard-discounteurs vantant l'arrivée du Beaujolais Nouveau tapissent les couloirs du métro. Angoisse à la vue du prix de la bouteille, dérisoire. Honteux. Même une bouteille de détartrant coûte plus cher.


Et après, on entend toujours le même refrain à propos du Beaujolais Nouveau : « C'est dégueulasse, immonde. » « J'aime pas la banane. » « Pas envie d'être malade moi ! » « Non, c'est possible, y'a pas de bons Beaujolais Nouveau. » « Mais bon, ce n’est pas cher quoi. » Comment peut-on changer la mauvaise réputation d'un vin en continuant à proposer aux gens de telles merdes, à un prix aussi bas ? Quel vigneron peut proposer un vin de qualité à 3 € ?


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Il y en a pourtant qui font de belles choses en Beaujolais Nouveau, il vous suffit simplement de pousser la porte d'un vrai caviste pour les découvrir. Pas d'un Nicolas, un vrai caviste. Il aura forcément un bon Beaujolais nouveau à vous faire découvrir, et même, au-delà du Beaujolais seul, des vins nouveaux qui tiennent la route. Et même l'autoroute.


Retour un an en arrière link. Dégustation de vins nouveaux aux caves Augé, avec notamment le Beaujolais Nouveau de Jean Foillard, l'Olto de Nicolas Carmarans. Et là, une bouteille m'interpelle : Octobre, vin nouveau du domaine des Foulards Rouges. Octobre, inscrit sur une étiquette rouge.


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Bordel, c'est trop bon !

 

C'est bon, mais bon !

 

C’est comme ça, on ne cherche rien du tout, juste on boit et on aime ça !

 

C'est un vin vraiment trop bon, en ce troisième jeudi de novembre un peu frileux. Coup de cœur absolu ! La bouteille est vite avalée. C'est un très bon et très torchablement gourmand vin nouveau.

 

Chapeau bas les Foulards Rouges !

 

1 mois plus tard, je le regoûte.

2 mois plus tard, je le regoûte.

3 mois plus tard, je le regoûte.

5 mois plus tard, je le regoûte.

 

Et là, après, bon, y'en a plus.

 

Mais toutes les fois où je l'ai regoûté  ce vin nouveau, il avait conservé sa fraîcheur, son fruit, sa matière, sa gourmandise. Il a bien évolué et le problème, c'est qu'au bout d'un moment, y'en a plus.

 

Ce vin nouveau a donc très bien vieilli. Pourquoi ne pas essayer de votre côté ?


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Votre Taulier vieux briscard du terroir se doit d’éclairer votre lanterne sur le mystère des dates d’arrivée des vins de la nouvelle récolte sur le marché. Pourquoi le Beaujolais Nouveau c’est toujours le troisième jeudi de novembre alors que chouchou de notre belle Eva affiche en rouge Octobre Rouge ?

 

Tout bêtement parce qu’en France on n’aime pas mélanger les torchons et les serviettes et que la règle est :


-         Pour les ex Vins de Pays c’est le 3ème jeudi du mois d’Octobre qui marque la sortie des Vins Primeurs.


-         Pour les AOC, c’est le 3ème jeudi du mois de Novembre qui marque la sortie du Bojolo Nouvo mais aussi des autres qualifiés eux tels le Gaillac ou le Touraine de Primeurs…

Comprenne qui pourra, sauf qu’à sa grande époque le Bojolo Nouvo régnait en maître et l’était pas partageux.


Donc, l’OCTOBRE ROUGE de notre EVA est un Primeur 100 % SYRAH des Albèreslink Pour les nuls en géo, c’est dans les PO, le Roussillon quoi et le Domaine des FOULARDS ROUGES est celui de l’emblématique Jean-François Nicq qui fut  à partir de 1989 le rénovateur de la coopérative d'Estézargues dans le Gard. « Celui qui a introduit la mise en bouteille à la cave et le passage progressif à l'agriculture bio. Ce garçon, plus proche d'Octobre rouge que du bleu horizon et plus enclin à lire Frédéric Fajardie qu'Eric Zemmour, était profondément imprégné de l'esprit coopé. Dans un premier temps, il a convaincu les coopérateurs de conditionner le vin à la cave et de réduire la vente en vrac tout en commençant une sélection parcellaire permettant de vinifier séparément des cuvées propres à chaque domaine et de mieux refléter l'identité de chacun. Ceux de Pierredon, Perillière et Andezon furent les premiers à se lancer. Sous son impulsion, les vignerons d'Estézargues sont d'abord passés à l'agriculture raisonnée en diminuant engrais et autres pesticides et en signant la charte Terra vitis, qui engage pour une viticulture durable, la défense de la biodiversité et la transparence des interventions et des pratiques. 1997 sera une année clé qui marque la suppression du soufre à la vigne, à la vinification et à la conservation. On se rapproche du vin nature même si l'on vendange mécaniquement. La cave commercialise désormais ses vins en direct et développe un important secteur à l'exportation. 


Fin 2001, Jean-François Nicq s'en est allé vivre sa vie à l'extrême sud du Roussillon où il a fondé le Domaine des Foulards rouges… » JP Gené Vins d'honneur M le magazine du Monde | 24.08.2012

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:00

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Ma chronique de ce matin, où je m’étonne de la saillie de Jamie Goode avec ses 90% des vins sont de la merde me vaut des réactions indignées du milieu. M’a-t-on lu dans le milieu des critiques de vin ? Ai-je écrit que Jamie Goode était un j’en foutre, un rigolo, un type pas sérieux ? La réponse est non. Incidemment, j’ai seulement fait état d’une opinion du Sieur Pousson qui n’engage que lui. Comment aurais-je pu d’ailleurs formuler un quelconque jugement de valeur sur ce blogueur anglais que je ne connais pas, que je n’ai jamais lu ? Ce que je conteste, quelles que soient les intentions de Jamie Goode, bonnes ou contestables d’ailleurs, c’est la grossièreté et la facilité de son affirmation. C’est d’autant plus grave que ce monsieur est sérieux. J’ai écrit : « Ce qui m’horripile c’est la suffisance et la grossièreté de ce type de propos. Pour qui se prend-il se garçon ? Libre à lui d’éreinter, d’assassiner, d’écrire pique pendre sur les vins qu’il déguste, en les citant. C’est dans la logique de la critique. » donc je ne vois pas pourquoi certains critiques ou autes volent à son secours. Je pense que Jamie Goode est assez grand et intelligent pour se défendre ou justifier ses propos


Je respecte toutes les opinions argumentées, j’accepte toutes les critiques qui me sont faites sur ce que j’écris mais je ne vois pas au nom de quoi je n’aurais pas le droit de d’écrire que les propos de James Goode sont critiquables. Entre gens sérieux et de bonne compagnie ça ne se fait pas m’objecte-t-on ? James Goode a-t-il vraiment réfléchi à la portée de sa saillie sur ceux qui font ces vins de merde ? Un minimum de respect et de savoir-vivre ne nuit pas dans les relations humaines surtout de la part de gens, comme lui et moi, qui travaillons le cul bien calé sur nos chaises, bien au chaud. Libre à nous de penser et d’écrire ce que nous voulons mais un peu de retenue me semble la moindre des choses : nous vivons tous sur la bête y compris sur les vins de la masse. Non je ne me sens pas solidaire du milieu, l’outrance et l’injustice sont dans son propos sur 90% des vins sont de la merde, et sont du côté de Jamie Goode. Laver son linge sale en famille ne m’intéresse pas car mieux vaut alors éviter de l’étaler au grand jour en se laissant aller à des facilités de langage.


Ce faisant je ne défend aucun pré-carré, j’ai été et reste très critique à l’endroit de beaucoup de vin Français mis sur le marché «Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du  produit. » Je rappelle aussi à nos amis anglais que j’avais écrit à propos de notre attitude sur leur marché, et ils avaient beaucoup apprécié « Et pourquoi on a pris raclée à Azincourt? Mon but, sous cette interrogation qu’on ne pose plus à son père en revenant de l’école, c’est de bien cerner les causes de nos revers et qu’à Azincourt ce sont nos certitudes et notre suffisance qui nous ont vaincu, bien plus que les archers anglais… »


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Attention, chers amis critiques anglais, de ne pas tomber dans le même travers que nous, de vous comporter en vaches sacrées qui peuvent tout se permettre sans avoir à se justifier. L’impérialisme de la langue anglaise ne change rien à l’affaire, « Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là... » C'est ainsi qu'André Siegfried, l'un des pères de la politologie moderne, commençait jadis son cours d'histoire britannique à la Sorbonne. Je respecte ce pays, libre à lui de s’inscrire dans l’Histoire de l’Europe selon le libre-arbitre de ses citoyens mais il n’est,pas plus que la France d’ailleurs, le centre du monde du vin. Anglais et Français devrions nous inscrire à des cours d’humilité dans le domaine du vin  ce qui serait une forme moderne d’Entente Cordiale.

 

Pour conclure : si la plume de Jamie  Goode a dérapée, ça arrive a tout le monde de déraper, même à un flegmatique anglais, il ne lui reste qu'une chose simple à faire c'est de dire désolé, sorry quoi... et plus personne n'en fera tout un fromage qui pue, moi le premier...

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 00:09

Le titre de cette chronique est aussi NUL que la déclaration du journaliste britannique Jamie Goode : 90% des vins sont de la merde. Je fais confiance à Hervé Lalau, link dont le sérieux est bien connu, qui rapporte cette saillie.

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Libre à chacun d’exprimer son opinion, qui plus est lorsque l’on exerce la profession de critique, mais les mots pour l’exprimer, lorsqu’ils se situent au niveau de la cuvette des chiottes et des étrons qui y barbotent, n’éclaboussent et ne souillent que celui qui les utilisent.


En 2001, je me suis permis d’écrire, à propos des seuls vins Français, en un Rapport Officiel de la République : « Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du  produit. » Je ne sens donc parfaitement légitime pour dire au sieur Goode que son propos est stupide, tant dans la forme que sur le fond.


« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques.» disait Mark Twain et René Crevel d’ajouter « Précisions, statistiques : autant d'inutiles obscénités.» 90% ça frappe les esprits faibles, mais, fort justement, Abe Burrow, souligne que « La raison d'être des statistiques, c'est de vous donner raison.»


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M’en fout de la grosseur du pourcentage ! Une louche de plus ou une pelletée de merde de moins qu’importe ! Ce qui m’horripile c’est la suffisance et la grossièreté de ce type de propos. Pour qui se prend-il se garçon ? Libre à lui d’éreinter, d’assassiner, d’écrire pique pendre sur les vins qu’il déguste, en les citant. C’est dans la logique de la critique. Cependant, même si avant le papier d’Hervé j’ignorais qui était Jamie Goode, honte à moi David, selon le sieur Pousson, qui sait tout, ce jeune homme aurait plutôt tendance à ne publier que des papiers laudateurs. Sans doute ne prend-il pas le temps de déconseiller le flot de merde qu’il déguste par ailleurs pour justifier la confection de sa goûteuse statistique.


Tout ça n’a pas grande importance car, logiquement, les critiques de vin ne s’adressent qu’à la frange la plus intéressée, la plus cultivée parfois, des consommateurs de vins. Les autres, ceux qui ingurgitent les 90%, l’océan de merde de Jamie Goode, produit bien sûr par des producteurs de merde, vendus par des vendeurs de merde, comme ils ne savent pas qu’ils engloutissent de la merde, puisque nul ne leur dit précisément que telle bouteille qu’ils achètent au supermarché c’est de la merde, n’intéressent personne. S’il est un produit où le consumérisme de masse est à son degré zéro c’est bien le vin. Ce qui veut dire en clair que le sieur Goode, en dépit de ses déclarations éclaboussantes, se tamponne comme de sa première couche culotte de l’information de ces pauvres débiles qui boivent des trucs à chier. Comme je le comprends, le vin du peuple n’existe plus, le vin de monsieur et madame tout le monde subit les mêmes outrages que la masse des produits que fourgue l’industrie agro-alimentaire qui n’intéressent guère la critique gastronomique mais séduisent parfois certains grands chefs qui, moyennant finances, sponsorisent de plats cuisinés en sachets.


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N’étant, selon la terminologie d’un sémillant garçon très en vue pendant tout un temps au RU comme au-delà des Pyrénées, chalutant selon toute vraisemblance selon Jamie Goode dans les 10% de la crème des vins, même ceux fort en une forme de MG, qu’un petit blogueur de merde, vous ne vous étonnerez pas de mon intérêt pour ce qui n’est, après tout, qu’un sous-produit humain qui participe au cycle de la vie en retournant à la terre nourricière, l’humus quoi. Plaisanterie mise à part si je viens de vous infliger une nouvelle chronique ce n’est pas principalement pour fustiger le sieur Goode mais pour mettre en lumière un phénomène très usuel dans les lieux clos, les espaces délimités et fermés, quel que soit le nom qu’on leur accole, le besoin de se démarquer, de se faire remarquer, d’exister. Pour y arriver soit on prend le chemin de l’intelligence, de la pertinence pour être reconnu par ses pairs, soit faute, souvent d’y arriver par ce chemin, de faire du bruit, de la démagogie, en prenant à témoin le plus grand nombre qui n’en peut mais, de jeter des soi-disant pavés dans la mare pour provoquer des remous. C’est le parti choisi ici par Jamie Goode : après avoir plongé sa jauge dans le grand tonneau son œil acéré lui a permis de nous asséner la cruelle vérité : 90% des vins sont de la merde…


Messieurs les vignerons Français faites vos comptes : à partir de vos déclarations de récolte ça fait combien d’hectolitres de merde Made in France ? Je n’aurai pas la cruauté de demander à notre statisticien britannique de convertir ce fleuve odoriférant en cols et de réaliser l’hydrographie région par région car je pense qu’il risquerait de finir dans un tonneau de coaltar et de retraverser le Channel bien emplumé. Cependant, je rappelle pour la petite histoire le « Vin de merde » appellation d’origine Aniane incontrôlée existe link et je suggère au gargotier qui l’a mis sur le marché de demander à Jamie Goode de parrainer la prochaine cuvée 2012 puisque c’est un expert en la matière.

 

Voir aussi les propos d'Enrico Bernardo : 90% des vins français valent le caniveau : link

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 12:00

J’ai un excellent dentiste dont je tairais le nom afin que vous ne vous radiniez pas chez lui pour vous faire brosser les dents. Comme tous les dentistes il mène de rudes conversations alors, qu’allongé, vous avez la bouche ouverte, un truc qui vous asperge de flotte dedans et que lui asticote l’une de vos dents avec ses drôles de trucs pointus et vrombissants. Comme un sourd et muet je tente de répondre par des gestes ou des battements de paupières. Christian je l’ai connu au temps de la SVF et il officie dans une triste banlieue mais habite du côté de Neuilly, nul n’est parfait. C’est un ami. C’est un franc et bon buveur, amateur de vin. C’est aussi un homme de cœur.


L’un de ses amis a vécu récemment un drame atroce dont je vous épargne le détail. Christian souhaite lui offrir une caisse de Château Rayas comme ça, pour lui témoigner son amitié, son soutien, un geste quoi.


Pas facile à dégoter des flacons de Château Rayas. Je fais donc appel à celles et ceux d’entre vous qui pourraient me mettre sur la voie de ces quelques belles bouteilles pour que Christian puisse les acquérir et les offrir.


Par avance : Merci pour lui.


Prière de m’écrire sur mon e-mail berthomeau@gmail.com

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 00:09

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Que voulez-vous, c’est ainsi, il est des jours gris où je me dis, mon vieux « t’es bourré » de contradictions, toi le petit bourgeois bien au chaud « t’es bourré » de bonnes intentions, alors pour ne pas avoir la gueule de bois je me saoule de musique car si rien ne bouge je prône l’extinction définitive des feux. La douce tiédeur de la torpeur c’est le début de la fin ; la retraite, quoi ! Alors perdurer. S’accrocher à sa vitalité. Ne rien lâcher. Surtout ne pas se laisser contaminer par la petite musique du c’était mieux avant. Non ce n’était pas mieux avant ! Les fameuses Trente Glorieuses n’ont pas été un chemin parsemé de pétales de roses loin s’en faut, il suffit pour cela de relire ce qui a été écrit sur cette période de reconstruction et de profondes mutations. J’y reviendrai dans une prochaine chronique mais pour l’heure ce qui me fatigue c’est que nous sommes collectivement, ce qui veut dire à des degrés très divers et certains en sont exclus,  des repus qui avons beaucoup de mal à envisager de nous serrer la ceinture, de changer nos modes de consommation, de faire des efforts pour alléger le poids qui pèsera sur les générations à venir.


N’en concluez pas pour autant que je sois déprimé, au bout du rouleau, je ne connais aucun drame, bien sûr, mais un étrange sentiment de finitude, forme d’impuissance irritante. En effet, que je le veuille ou non, mon statut va changer, je vais gagner la cohorte de ceux qualifiés de Seniors pour ne pas prononcer le mot qui fâche : Vieux. Si je suis vénère, comme disent les jeunes, c’est que nous les VIEUX qu’avons-nous à perdre, en dehors de la vie, pas grand-chose et je n’ai nulle envie de me retrouver au milieu de ce troupeau d’apeurés shootés au principe de précaution, adeptes des interdits en tout genre, propriétaires de droits acquis à défendre becs et ongles. Bien sûr, je sais que beaucoup de gens qui ont trimé dur toute leur vie n’ont que des petites retraites. Mais je sais aussi que ce sont eux qui passent le moins de temps en retraite lorsqu’ils l’atteignent. Ce n’est pas à eux que je m’adresse mais aux cohortes bien assises qui écument les Tour-Opérateurs, encombrent les villes touristiques, râlent, achètent des merdes, bouffent dans des restos de merde, vont au hard-discount, bougonnent, portent des pantacourts, des tee-shirts ridicules, pour les mecs et des shorts gotesques pour les mémères, se déplacent dans de gros cars qui m’enfument, font la queue aux Folies Bergères, trouvent que les jeunes font trop de bruit sous les fenêtres de leur hôtel, des chieurs, des emmerdeurs des deux sexes qui passent leur temps à s’avoiner. J’exagère, bien sûr, y’a plein de braves gens qui s’occupent, soutiennent leurs enfants et leurs petits-enfants. Mais ceux-là on ne les entend pas car ils assument leurs devoirs. Ce Vieux pays qui va crouler sous les vieux, les dépendants, je l’aime bien, je m’y sens bien, mais de grâce j’ai besoin d’oxygène.

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Reste que l’enjeu réel de nos vies n’est pas de vivre très vieux mais de vivre plus longtemps en bonne santé et en bonne forme. Nous ne sommes pas maître du jeu, la maladie, la dépendance, garder toute sa tête, ses sensations, ne dépend pas de nous et le texte qui suit, de George Steiner, est terrible « L’appel du glas est pressant. Dans les économies privilégiées de l’Occident la longévité augmente. On pallie les misères du grand âge. Qui demeurent repoussantes. La vue et l’ouïe faiblissent. L’urine fuit. Les membres se raidissent et s’endolorissent. Les dents branlent dans les bouches baveuses et malodorantes. Fût-ce avec l’assurance piteuse d’une canne, d’une béquille, ou d’un cadre de marche, les escaliers deviennent l’ennemi. L’incontinence et les étirements stériles font les nuits creuses. Mais ces infirmités physiques  ne sont rien en comparaison du dépérissement de l’esprit –  et pas seulement sous l’effet de la lente combustion de la démence sénile ou de l’Alzheimer. Dans la normalité, aussi, la mémoire trébuche. La date nécessaire, le nom, la référence se dérobent jusqu’à exaspération. Le mot ou le chiffre dont on a besoin s’estompe dans la brume. Les muscles de la concentration se relâchent, tout comme la faculté de soutenir son attention. Les vieux se répètent, sans le savoir. Leurs heures se racornissent. Comme si l’odeur de pisse, d’excrément, de sueur sous les aisselles, de colle en décomposition finissait par contaminer la conscience. Les animaux semblent repérer cette senteur aigre. »


Il suffit pour se convaincre de cette dure réalité de mettre les pieds dans les services de gériatrie, de pousser la porte des maisons de retraite, des maisons médicalisées, des hospices… Tout, sauf ça me dis-je en pédalant sur mon vélo, en pianotant sur mon clavier, mais qui pourra me tirer de là si je ne puis le faire ? Pas simple et les grands débats sur la fin de vie m’exaspèrent. Je voudrais vraiment garder la main sur ma vie, c’est-à-dire être en capacité de couper la lumière et le son comme le chante  Philippe Katerine.


Le son, la musique, Noir Désir, noir destin que celui de Bertrand Cantat qui n’en reste pas moins un artiste d’exception, irritant et attachant, dont je me bourre, qui m’arrache à bon compte,  sans grand risque, le cul sur mon fauteuil, mais tant que je serai vivant je m’enverrai en l’air, rien ne vaut l’exercice de la petite mort pour narguer l’autre…

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 14:00

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Selon nos amis des 4 Vérités du Vin « Les personnalités du vin, ce sont des personnes qui contribuent ou ont contribué au rayonnement du divin breuvage. Nous ne rentrons pas dans la polémique permanente, entre financiers et vignerons, car l'un et l'autre sont indissociables.

Bien entendu notre sélection ne peut être que partielle et partiale.


Principe ou comment avons-nous choisi ces personnes : ce sont les personnes vivantes qui comptent dans le monde du vin, ou les personnes mortes depuis moins de 60 ans qui ont compté dans le monde du vin et dont on parle encore de nos jours. »


J’en suis et, sans jouer les faux modestes, je m’étonne d’y être car j’estime, hormis le bruit fait par le Rapport en son temps, sans oublier l’œuvre collective Cap 2010, je pense n’avoir guère influencé le cours des choses.


Si ce vous communique cette liste ce n’est ni pour la commenter, il y a en effet de grands absents, ni pour vous montrer que j’y suis en brillante compagnie mais pour la porter à votre attention pour que vous, vous la commentiez…

 

N’hésitez pas : à vos mulots !

 

Consultation ICI link

 

Pour la photo illustrative ne possédant aucun cliché du Taulier encadré par Bernard Arnault et François Pinault et ne pouvant vous exposer de nouveau ma nudité car elle est indissolublement liée au Beaujolais je me suis rabattu sur celle-ci que je trouve très représentative de mon présent état.


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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 00:09

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Évariste Galois, l'incarnation du génie romantique malheureux et d'une jeunesse prometteuse et mal aimée, est mort, à la suite d'un duel, à l'âge de vingt ans. Louis Gallois a dû attendre, lui, d’avoir presque 70 ans pour bénéficier du must français de voir son nom accolé à un Rapport. À mon modeste niveau j’ai bénéficié, en son temps, de la quasi-disparition de mon prénom : je n’étais plus que le Rapport Berthomeau link. Pour ne rien vous cacher ça a quelque peu changé le fil de ma vie mais là n’est pas la question. En notre doulce France, la vox populi dit, lorsque les politiques veulent enterrer un problème ils créent une Commission ou ils sortent de leur boîte à malices un gus, étiqueté compétent, pour réfléchir et pondre un Rapport. Même motif, même punition, le rapport n’aurait d’autre fonction que de finir dans le vaste cimetière des bonnes intentions jamais mises en pratique. Le Rapport est raillé. Le rapporteur est plaint, moqué parfois et très vite oublié. Rares sont les rapporteurs qui doublent la mise : ils sont interchangeables. Bref le Rapport a mauvaise presse.


La gente journalistique, dont on connaît le goût immodéré pour la ruée vers la petite phrase, le détail croustillant, l’insignifiance, les secrets d’alcôve, a ces derniers jours beaucoup ironisée sur le triste destin des rapports déposés sur l’autel de nos gouvernants par d’obscurs scribes affublés du titre infâmant de « haut-fonctionnaires ».  Bien sûr, avec Louis Gallois et sa compétitivité chevillée au corps, vu son pedigree professionnel : SNCF puis EADS, nos fous du stylo et du mulot y sont allés un peu mollo. N’en reste pas moins vrai  que le père Gallois est, ce que l’on nomme plus beaucoup de nos jours, un grand serviteur de l’État. Ça les emmerde un chouïa nos autoproclamés grands éditorialistes, ces frustrés de l’action, les FOG, Barbier, la piétaille du Figaro et les intellos des Echos, jamais en reste de s’ériger en conseillers de nos princes, d’avoir en face d’eux un gus qui a dû se colleter à la réalité. Du côté des ex-partisans des régimes socialistes au bilan globalement positif et de leur allié qui a grandi dans le giron de Tonton, rien de nouveau sous le soleil : c’est toujours non, c’est si commode de précipiter la charrette dans le fossé. Leur ADN est bureaucratique. Pour autant, écrire ce que j’écris ne revient pas à cautionner les dérives du système financier, la goinfrerie de ceux qui se prennent pour l’élite et à prendre la roue des grands lobbies.Simplement, et c’est ce que tentent de faire certains de ceux qui écrivent ces foutus rapports, et c’est le cas de celui de Louis Gallois, l’objectif principal est d’aider notre pays à se sortir d’un immobilisme mortifère. Créer un choc salutaire.

 

Louis Gallois, en vrai politique qu’il est, Chevènement un jour, patriote toujours, l’a bien compris. « Je crois qu'il est arrivé à un moment charnière et qu'il a servi de déclencheur à un vrai débat sur la compétitivité. Tout le monde savait que mon diagnostic serait sombre. Cela a conduit le gouvernement à prendre des décisions très fortes, très vite, et en ce sens, il consolide la prise de conscience. Nous ne sommes qu'au début d'un processus. La reconquête prendra du temps, ne nous faisons pas d'illusion. Sans mobilisation collective, il ne se passera rien. » Laissons de côté les débats de nos soi-disant économistes patentés, ceux qui se sont toujours plantés, revenons à des concepts simples tel l’effort partagé, le débat sur le pouvoir d’achat pris globalement n’a strictement aucun sens car il met dans le même panier ceux qui gardent encore la capacité de faire des choix et ceux qui n’ont pas cette marge de manœuvre. Nous avons tous profité, à des degrés divers, du laxisme de la gestion des comptes de l’Etat et des comptes sociaux : nos comportements individuels face à la Sécurité Sociale et les pratiques des bénéficiaires de celle-ci : grands laboratoires et certains praticiens en sont de bons exemples. Réduire la voilure du train de vie de l’État et  des collectivités territoriales est une nécessité mais il faudra en assumer les conséquences dans beaucoup de territoires : les services publics ça coûte et la maternité proche aussi…


Bref nous sommes encore un grand pays riche où « l'intensité de la pauvreté est de plus en plus forte. C'est une des conclusions de l'étude annuelle du Secours catholique sur la pauvreté  link  , qui se penche cette année sur l'évolution de celle-ci en dix ans. Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté – correspondant à 60 % du niveau de vie médian, soit 964 euros – a augmenté de près de 10 % en dix ans selon l'Insee, atteignant le chiffre de 8 millions. Les personnes en situation de très grande pauvreté, soit 40 % du niveau de vie médian, étaient un peu plus de 2 millions en France en 2009. » Pour autant nous ne manquons ni d’atouts, ni d’attraits mais nous nous complaisons dans des affrontements frontaux qui, loin de faire progresser, tétanisent les gouvernants : d’où le discours récurrent «  rien n’a été fait depuis 30 ans » et nous immobilisent. Sans doute suis-je un stupide optimiste mais comme Louis Gallois, je crois en un sursaut. « La France a toujours attiré les investisseurs étrangers mais le battage médiatique autour de certaines mesures fiscales symboliques n'a pas amélioré notre image. Les mesures de compétitivité sont de nature à changer la donne. La France va être perçue différemment, à condition de ne pas dévier de cette ligne. »

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Notre pays est certes dans la difficulté mais je ne crois, et je n’ai jamais cru, ni ne suivrai les partisans du grand soir, du passé faisons table rase, ils nous ont toujours précipité dans une forme de barbarie. Notre monde est dur et impitoyable mais l’est bien moins que par le passé. Pour faire bouger les lignes, changer, il faut convaincre et surtout faire des choix courageux. Plus personne ou presque ne veut faire des efforts. Ce sont les autres qui doivent les faire. Tout le monde campe sur ses positions. Bien sûr beaucoup de nos concitoyens subissent plus qu’ils ne sont en position de choisir mais il n’en reste pas moins vrai que nos niveaux de vie nous permettent encore de retrouver une nouvelle vigueur. Alors Rapport Gallois or not Rapport Gallois là n’est pas la question. Ce qui compte, et ça nos politiques de tous poils, du moins ceux qui sont en capacité de gouverner, ne nous y incitent guère : c’est de nous mettre collectivement en position de remettre ce pays en ordre de marche. Ce n’est nullement hors de notre portée.


M’en fout de me faire tomber sur le râble par la cohorte des bétonneurs de position inexpugnables : ne pas bouger surtout, attendre et voir, des aquoibonistes poussifs,  des opportunistes, des hypocrites, des donneurs de leçon en chambre, des défenseurs des droits acquis de toutes obédiences, qui bloquent tout, ne proposent jamais rien, les éternels râleurs, les ratiocineurs, les fonctionnaires des grandes organisations, j’en passe et de bien pire.

 

De ma petite expérience de petit rapporteur j’ai acquis un cuir à l’épreuve de toute forme de projectiles et surtout je dispose du recul pour mettre le nez dans leur caca à tous ceux qui continuent de plastronner alors qu’ils sont à l’origine des maux dont ils feignent aujourd’hui de regretter les conséquences néfastes. J’ai été un petit rapporteur engagé et je n’ai aucun regret. Quand je vois au boulot la tronche de cake d’un certain Hervé Lejeune, rapatrié en notre grand cagibi d’ingénieurs car plus personne ne veut de lui, qui à l’Elysée de Jacques Chirac, au nom de son copinage avec le Grand Jacques du Languedoc, avait déclaré du haut de sa stupidité « le rapport Berthomeau c’est fini… » je me dis : à qui rend-il des comptes ce type ? Bien sûr, à personne. Avec sa copine Marion Zalay, qui sévira ensuite à l’INAO, ils ont poussé Hervé Gaymard à enterrer Cap 2010 pour le plus grand bénéfice de l’immobilisme des dirigeants viticoles français qui maintenant poussent des cris d’orfraies face à la mise au rebut des droits de plantation.


Ainsi va la vie dans notre beau pays de ceux qui cherchent, sans doute à tort ou avec parfois de mauvais arguments, à faire bouger les lignes. Votre Taulier n’a aucun regret et il ne demande rien à personne : ni fleurs, ni couronnes, sauf qu’on lui fiche une paix royale pour que son devenir d’exclu du monde officiel du travail soit celui d’un Alexandre le Bienheureux. Comme le disait ma mémé Marie (au premier plan sur la photo avec sa soeur Valentine) : «  à toute chose malheur est bon… » en effet, sans les mous du genou cités plus haut, jamais je n’aurais eu l’idée d’ouvrir mon espace de liberté et d’aller à votre rencontre.

 

Merci donc à ces cons ! Bienvenue chez moi, pas aux cons bien sûr, installez-vous, prenez vos aises nous allons entamer ou continuer notre petit bonhomme de chemin, des chemins de traverse bien sûr, loin de cette engeance de courtisans à l’échine souple et aux idées courtes. Un de mes très chers confrères blogueurs a titré à propos d’un grand pince-fesses de luxe à la Villa d’Este : un Réservoir d’Idées… Après tout c’est sans doute lui qui a raison, boire et manger avec discours incorporés constitue l’alpha et l’oméga de la réflexion sur le devenir du monde du vin. À la bonne vôtre les fabricants d’idées, moi je préfère faire la fête avec mes copines, mais je vous serais reconnaissant, au retour, d’ouvrir le robinet de votre Réservoir d’Idées car les Idées ça peut toujours servir… Pour l’instant, sans être maldisant, je n’en ai guère vu la couleur mais c’est sans doute que l’élevage en Réservoir d’Idées n’est pas encore terminé…

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