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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 14:00

La tradition est bien établie : les vignerons d’UVA Corse, en fin d’année, montent à Paris pour nous faire apprécier leurs vins. L’organisation de François BRICLOT  est toujours impeccable et, d’année en année les vins présentés démontrent, à ceux qui n’en seraient pas encore persuadé, que les vignerons jouent dans la division la plus élevée. J’en reparlerai dans les semaines qui viennent.


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L’an dernier j’étais tombé sous le charme de la voie de Battista Acquaviva ICI link  


Ce lundi, mon programme de fin de journée était serré mais, par bonheur le ciel me permettait de circuler à vélo. François Briclot nous avait convoqués chez « Mémère Paulette » près de la Bourse. C’était le début  de mon périple et je me devais de ne pas prendre du retard. Hormis un grincheux barbichu, genre dégustateur qui en impose, qui m’a fait chier, tout  s’est bien passé. Elles sont arrivées toutes ensembles : Battista d’abord, alors  que je descendais l’escalier pour rejoindre mon fier destrier, à mon plus grand plaisir  elle m’a claqué deux bises, puis il y eut la grande Fleur super sapée comme une Amazone et enfin notre Sonia : ça fait un sacré paquet de bises. Mais je ne suis pas ici pour faire des comptes mais pour inaugurer un nouvel épisode de l’accord des vins corses avec la voix soprano colorato de Battista Acquaviva.


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Comme je devais partir vers d’autres aventures je n’ai pu cette fois-ci entendre Battista mais j’ai fait l’acquisition de son premier single qu’elle m’a gentiment dédicacé.


Comme l’écrit Frédéric Deval directeur de l’abbaye de Royaumont « Plus rien n'existe jusqu'à ce que son chant finisse » écoutez-là et si vous désirez acquérir son single écrivez-lui battistaacquaviva@hotmail.fr


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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 00:09

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À mon palmarès un tiercé gagnant :


-         Mon prénom Jacques par la grâce de mon parrain Alain,

-         Le Saint patron de la paroisse où je fus baptisé : St Jacques le majeur, de Compostelle à la coquille,

-         Le lieu où je réside : le boulevard Saint-Jacques.

 

Qui dit mieux ?


La saison de la pêche à la coquille Saint-Jacques n'est autorisée en France, que du 1er octobre au 15 mai par arrêté ministériel. » Les coquilles mettent deux ans en Manche est et trois ans en Manche ouest et Atlantique pour atteindre leur maturité sexuelle. En revanche, elle est autorisée toute l'année à Jersey, aussi bien à la plongée qu'au dragage. La taille marchande est de 11 cm pour la Manche et de 10,2 cm pour la Manche ouest et les autres gisements. C'est une taille communautaire qui s'applique donc à tous les pêcheurs européens. Pour pêcher la coquille les bateaux doivent disposer d'un PPS (Permis de Pêche Spécial), sur les gisements classés ils doivent aussi détenir une licence de pêche (Saint-Brieuc, baie de Seine). Les pêcheurs français sont les seuls à s'interdire de pêcher l'été. La coquille n'est pas une espèce sous quotas de l'Union européenne. »


« La principale technique employée pour sa pêche est celle de la drague, armature métallique qui permet de fouiller le fond et de déterrer, puis récupérer les coquilles enfouies2. La règlementation du diamètre minimum des anneaux (92 mm en 2004, pour la Manche), permet de limiter la prise de juvéniles. En France, les principaux ports de pêche de la coquille Saint-Jacques sont, sur le littoral du Pas de Calais: Étaples, Boulogne-sur-Mer, sur le littoral normand: Dieppe et Fécamp, Port-en-Bessin, Grandcamp, Saint-Vaast-la-Hougue et Granville. La Normandie représente plus de la moitié de la production française, c'est la première région française de pêche de coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) et elle a obtenu deux labels rouges link : pour la coquille en 2002 et pour la noix en 2009. La moitié environ de la production étant vendue hors criée, de gré à gré. Enfin sur le littoral breton, la baie de Saint-Brieuc avec les ports d'Erquy, Loguivy-de-la-Mer et Saint-Quay représente plus de 6 500 tonnes soit presque la moitié de la production française (16 000 tonnes au total par an). »


Information Ouest-France du 9 octobre 2012 « Une semaine après l’ouverture d’une campagne qui devait être exceptionnelle, les pêcheurs demandent une mesure d’urgence pour éviter que la saison de la saint-jacques ne soit catastrophique. À Port-en-Bessin, notamment, le volume est en baisse et les prix ne parviennent pas à décoller. « Nous demandons une mesure d’urgence pour la préservation de la ressource, explique Richard Brouze, le directeur de l’Organisation de producteurs de Basse-Normandie. Notamment parce que le gisement est constitué de coquilles trop petites. » La présence d’une quinzaine de bateaux britannique qui pêchent la saint-jacques 24 heures sur 24 n’est pas étrangère à cette mesure. « Cela évitera toute forme de pêche à moins de vingt milles des côtes, entre Barfleur et Antifer. » Résignés, les pêcheurs bas-normands attendent maintenant la décision prise par les autorités européennes, pour obtenir cette fermeture temporaire de la coquille. »

 

Document d’archives de l’INA : 10 novembre 1965 la pêche à la coquille Saint Jacques en Bretagne. Des pêcheurs d'Erquy et Brest, principaux ports à la coquille en Bretagne, expliquent leurs conditions de travail et leurs méthodes de pêche. Très intéressant link


La coquille Saint-Jacques peut se manger crue en dessert. Votre Taulier qui est le seul chroniqueur de bouche à se déplacer à vélo vous le prouve ICI linkl ça vaut le détour.


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Pour la Saint-Jacques cuite laissez de côté la traditionnelle dans sa coquille, bourrative, avec un petit feuilleté sur le dessus pour faire joli, grande spécialité des traiteurs pour privilégier la simplicité :


-         La Saint-Jacques au  beurre blanc si vous êtes tendance Bretagne (1)

-         La Saint-Jacques d’Etretat si vous penchez pour les normands. (2)


Dans les 2 cas achetez vos Saint-Jacques coquillées. Bien sûr faudra vous taper l’extraction de la noix et  du corail ce qui n’est pas coton mais ainsi vous pourrez être sûr de leur fraîcheur. Comme toujours la garantie c’est votre poissonnier, faut le fréquenter avec assiduité pour lier avec lui une relation de confiance.


(1)   Hachez menue vos échalotes, mettez-les dans une petite casserole avec du vinaigre de vin blanc et le vin blanc, sel, poivre. Feu doux, et laissez cuire à petits bouillons jusqu’à réduction. Ajouter le beurre morceau par morceau en battant avec un fouet vivement dans la casserole posée sur un feu très doux. Le beurre blanc est prêt, léger et mousseux. Rapidement dans une poêle avec une noix de beurre faites dorer les noix de Saint-Jacques et le corail. Répartir dans les assiettes et nappez de beurre blanc.


(2)  Hachez menu des champignons de Paris et des échalotes. Fouettez de la crème fraîche et des jaunes d’œufs. Faire fondre du beurre dans une poêle ajoutez les champignons et les échalotes. Mélangez 5 mn sur feu très doux et ajoutez les Saint-Jacques. Faites cuire 30s puis arrosez-les de Calvados et flambez. Réservez les Saint-Jacques. Dans la poêle versez du vin blanc et faites réduire au 2/3 afin d’obtenir une sauce sirupeuse. Ajoutez le mélange crème œufs er remuez sans faire bouillir jusqu’à ce que la sauce soit onctueuse. Allumez le gril du four et répartissez vos Saint-Jacques nappées de la sauce dans des ramequins et faites dorer.


Pour accompagner ces Saint-Jacques, comme je ne peux pas tout faire, d’autant plus que je ne sais pas faire, j’en appelle à mes amis grands marieurs de vins d’être mes ambassadeurs. Donnez-nous notre vin quotidien, du grand blanc évidemment !

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 14:00

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La meilleure défense c’est l’attaque !


Feu sur le quartier général !

 

Piqure de rappel link


Allez tous sur le site link pour bombarder avec tout ce qui vous tombera sous la main : vos députés, vos sénateurs, vos élus en général, les Ministres et le Premier d’entre eux, le Président de la République, le Président de la Commission Européenne,  les commissaires dont celui à l’agriculture, les parlementaires européens…


Faites suivre l’information à votre entourage, dans votre milieu de travail, au café, au  restaurant, à l’église, au temple, à la mosquée, à la synagogue, dans la rue,  où que vous soyez défendez l’héritage de Coluche.


TWITTEZ TOUS comme EVA pour les Restos du Cœur et leurs compagnons de misère : les banques alimentaires, la Croix Rouge et le Secours Populaire…

 

Faites chauffer Face de Bouc pour alerter vos amis


Arborez tous comme moi votre AirFood !

 

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Faites votre petite vidéo et inondez You Tube !


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Ne lâchez rien !


Le dernier mot à Coluche :


« Qu’est-ce qu’ils font du fric !

Ils le dépensent ! »


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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 00:09

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Certains vieux routiers de la dalle en pente répondront : « T’es qu’un petit con ou une petite conne ! » mais avouez que ce type de réponse ne va pas pisser loin et que l’extension du domaine du vin pâti largement d’absence de discours audible par une population qui voit dans le vin une boisson de vieux, même de vieux cons, avec ses codes, son langage incompréhensible et sa pédagogie de spécialistes. Attention, je ne verse pas dans le jeunisme, le genre « les pauvres petits choux il faut leur proposer une cellule de soutien psychologique » bien au contraire on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif mais, ayant conduit un âne dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, je sais d’expérience que l’âne est un animal intelligent et que si on instaure avec lui un lien de compréhension le bénéfice sera commun. Comme diraient les pigeons, qui sont aussi des ramiers sur le Net, gagnant-gagnant.


Le pire c’est que ces petits loups et petites louves, pour la plupart, n’ont jamais trempé leurs lèvres dans notre nectar. Comme le vin est une boisson qui, de tout temps, ne s’abordait qu’au seuil de sa vie de jeune homme, la transmission familiale jouait un rôle déterminant. Elle perdure mais elle s’estompe de plus en plus du fait des nouveaux modes de vie et de la transformation radicale de la cellule familiale. On peut se complaire dans le regret du bon vieux temps où l’on teintait l’eau de vin, tempêter contre les hygiénistes, vouloir pendre Evin avec sa loi, s’en prendre aux alcools forts, mais pour autant ce n’est pas avec ça que l’on fera changer l’a priori négatif de certains jeunes face au vin. Alors, que faire ? Les endoctriner ? Les séduire ? Les éduquer ? Par tempérament et par expérience je n’ai pas une âme de prosélyte et je ne supporte pas les communautaristes du vin qui prêchent pour leur seule paroisse en jetant des excommunications sur ceux qui ne pensent pas comme eux. Quant à la séduction pure et simple elle se heurte au mur des moyens que déploient les boissons concurrentes : non alcoolisées ou très alcoolisées (les gens du vin n’ont pas de ronds pour faire de la publicité de masse). Il ne nous reste plus que l’éducation et là c’est coton.


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La question du comment éduquer, de la méthode, de la pédagogie peuvent trouver assez facilement des réponses si tous nos grands experts du vin, qui écrivent des livres, veulent bien se mettre à la portée de quelqu’un qui n’a aucune idée sur ce que c’est que le vin ou qui n’a que des a priori sur lui. Pour avoir au début de ma carrière enseigné à tous les échelons : de la 6iem jusqu’à des classes de BTS puis en 3iem cycle à la Fac, pour intéresser les jeunes à un sujet dont ils se tamponnent la coquillette il n’y  a qu’une seule méthode ne pas leur asséner des vérités première mais les amener par des chemins détournés à s’intéresser à un monde qui n’est pas le leur. C’est un peu la méthode que j’expérimente sur cet espace de liberté en racontant des histoires, en abordant des sujets qui ne sont pas exclusivement centrés sur le vin. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Le plus difficile c’est où ? En quel lieu, en qu’elle circonstance, faire que ces rétifs puissent être mis en situation d’écoute ? Toutes nos manifestations, nos évènements s’adressent, et c’est bien normal, à ceux qui aiment le vin. De plus nous n’aimons rien tant que d’être entre nous pour nous congratuler, nous plaindre aussi de l’ostracisme dans lequel soi-disant on nous tient.


Pour faire en ce moment l’expérience avec une classe du lycée professionnel Jean Lurçat près des Gobelins qui aborde sous une forme ouverte un sujet difficile : les jeunes et l’alcool par le biais d’un film dont ils sont les acteurs sous la houlette d’une réalisatrice, je puis vous dire que c’est par la vigne qu’on peut les prendre par le bon bout si je puis m’exprimer ainsi. Pour leur faire découvrir la vigne je les ai amenés à Issy-les-Moulineaux, un après-midi, découvrir la vigne du chemin des vignes chère à Yves Legrand. Ce fut passionnant. Les questions qu’ils nous ont posées nous ont parfois désarçonnés mais leur attention, au départ un peu molle, fut captée. Leur première découverte fut que derrière les ceps de vigne il y avait des hommes et du travail, ça peut paraître évident pour nous mais pour eux qui ont la tête pleine d’images de pub ce fut une révélation. Le résultat c’est qu’ils ont décidé d’aller à la rencontre d’une vigneronne en Bourgogne pour la vendange. L’un d’eux voulait faire la vendange mais avec tous les règlements qui… ce ne fut pas possible. Tout ceci est filmé nous verrons le résultat lorsque le film sera terminé.


Bon, je suis comme le petit Larousse « je sème à tout vent » mais j’avions point d’argent et je me dis que nos beaux comités nourris de CVO pourraient, sans beaucoup piocher dans leurs finances, soutenir des initiatives de ce type. Comme je suis mauvaise langue j’affirme qu’un voyage de jeunes pousses dans les vignes serait un bien meilleur investissement d’avenir qu’un voyage de presse. Bref, sortir des sentiers battus, ouvrir les portes et fenêtres, écouter et répondre à  des questions qui nous paraissent étranges, aller les chercher sans leur prendre la tête avec nos trucs compliqués, dire les choses simplement. Moi je suis partant pour faire le Gentil Accompagnateur dans l’autocar… surtout si ce sont des jeunes filles qui n’aiment pas le vin que l'on trimballe dans les vignes.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 14:00

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Mon professeur d’histoire à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard, le frère Bécot, royaliste et homme du vin, avait en sainte horreur ceux qu’ils qualifiaient de « sanguinaires révolutionnaires » : plus particulièrement : Mirabeau, Danton et Marat. À Paris, le premier donne son nom à un pont rendu célèbre par Apollinaire

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

            Et nos amours

       Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Le second à une rue du côté de la Place Saint-André-des-Arts, mais le dernier que nenni il faut sauter le périphérique et se plonger, dans ce qui reste de la banlieue rouge, à Ivry-sur-Seine, pour tomber dès qu’on émerge du métro d’Ivry sur la rue Marat.


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Pas étonnant que nos chères têtes blondes ignorent qui était Jean-Paul Marat, médecin, physicien, journaliste député montagnard à la Convention à l’époque de la Révolution assassiné dans sa baignoire par  Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont, issue de la noblesse de Caen et descendante en droite ligne de Pierre Corneille. Atteint d’une grave maladie de peau d’origine herpétique, il n’apparaît plus en public et il prend continuellement des bains curatifs au soufre dans sa baignoire sabot en cuivre, ainsi qu'à envelopper sa tête d'un mouchoir trempé de vinaigre pour soulager ses migraines. C’est de cette baignoire équipée d'une écritoire qu’il envoie régulièrement des lettres à la Convention et où il terminera sa vie transpercé par la lame du couteau de Charlotte Corday.


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Samedi, que d’eau, que d’eau, et sans mauvais jeu de mots : la rue Marat menant à la Cave de Paco prenait des allures de baignoire mais, comme de bien entendu, elle ne sentait pas le soufre. Équipé de mon ciré chic que seul l’œil connaisseur d’Isabelle Perraud sut apprécier à juste valeur sur Face de Bouc alors que le camarade Armand Borlant ironisait sur l’incompatibilité de sa couleur jaune avec les convictions supposées du taulier. Que n’avait-il vu le bel appariement de l’écharpe verte et du ciré jaune, couleurs emblématiques d’un FC Nantes pataugeant maintenant dans la Loire-Inférieure. Donc, tel un poussin mouillé votre serviteur canotait dans les eaux troubles de la rue Marat pour gagner les rives de la Cave de Paco où il fut accueilli par le sémillant Fabrice Le Glatin à qui, comme chacun le sait, on octroie vin sur vin surtout lorsqu’il s’agit de se retrouver entourer de drôles de vigneronnes.


Contrairement à lui votre Taulier ne se laissait pas tourner la tête par cette agréable assemblée il entrait dans le vif du sujet en cadrant et les vins et les vigneronnes. C’est le fruit de ce labeur acharné que je vous livre aujourd’hui sans commentaire car le choc des photos suffit, le poids des mots viendra dans les jours prochains au fil des chroniques. La seule confidence que je puis vous faire c’est que je ne fus point déçu du voyage, le plateau était de qualité et j’ai emmagasiné dans ma petite musette plein de bonnes idées pour chroniquer. Au cours de cette matinée, où le rouge était majoritaire, hormis l’arrivée tardive de notre Sonia la néo-vinificatrice, j’ai pu aussi voir beaucoup de clients défiler car il faut le souligner, avant d’être bu et pissé, le vin doit être acheté : nos charmantes vigneronnes, hormis l’intense plaisir de me voir en chair et en os, aiment beaucoup voir leurs vins prendre le chemin de gosiers en pente raide.


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Donc le rouge était mis à Ivry chez Paco, normal c’était déjà indiqué sur le chemin du Taulier lorsqu’il changea de ligne Porte d’Italie. Comme vous pourrez le constater ci-dessus Mélanchon ne recule devant rien pour séduire, ça me rappelle le temps où il était pacsé au PS avec Julien Dray. Moi je serais le petit Laurent je me méfierais. Donc ouverture en rouge majeur.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 00:03

Je voulais titrer « Salauds de Pauvres ! » puisque sous le « ils* » de mon titre se cachent 7 pays européens : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Suède et le Royaume-Uni qui ne comprennent pas l’intérêt d’une aide alimentaire européenne. En clair : que chaque pays se démerde avec ses pauvres !


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Le programme historique d’aide alimentaire européen (PEAD) adopté en 1987 c’est l’héritage de l’action de Coluche. Avec seulement 1 € par Européen celui-ci permet depuis 25 ans d’assurer les besoins vitaux de plus de 18 millions de personnes en grande difficulté.

   

Ces 500 millions d’euros par an étaient issus de la PAC dont le budget total est de 60 milliards d’euros. Concrètement les crédits du PEAD étaient destinés à la transformation, à l’acheminement et à la distribution de produits issus des stocks des surplus communautaires (poudre de lait, sucre, beurre, blé, etc.). Les Etats membres pouvaient utiliser ou non ces denrées selon leur choix. En France, les stocks d’intervention mis à disposition sont troqués contre des denrées alimentaires grâce à des appels d’offres réalisés par FranceAgrimer.  


Pour les * Banques Alimentaires, la Croix Rouge Française, les Restos du Cœur et le Secours Populaire cette aide représente de 23 à 50% des denrées alimentaires distribuées, soit 130 millions de repas.


La quasi-disparition des stocks d’intervention issus de la PAC a entraîné une remise en cause du PEAD en 2011 par la minorité de blocage des pays cités ci-dessus qui considéraient que cette aide ne relevait plus de l’UE mais des Etats membres.


Le 14 novembre 2011, un accord franco-allemand a donné un sursis de 2 ans au PEAD mais en excluant la possibilité de sa prolongation dans le cadre de la PAC. La seule solution c’est que cette aide renaisse dans un nouveau programme.


Il y a donc état d’urgence sur  2 niveaux :


-         Le principe d’une nouveau programme : Avant décembre 2012 il faut que ce nouveau programme soit avalisé par les chefs d’Etat et de gouvernement à l’occasion de la finalisation du budget européen pour les 7 ans à venir.


-         Le montant des crédits affectés à ce nouveau programme : le montant envisagé de 2,5 milliards d’euros sur 7 ans est bien en-dessous des 3,5 milliards d’euros qui permettraient de maintenir l’aide à son niveau actuel et loin des 4,5 milliards d’euros recensés dans les pays participants.


Que faire ?


Comment agir ?


Aller sur le site www.theairfoodproject.com qui vous expliquera tout.


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J’en appelle :


-         à mes amis vigneronnes et vignerons dont je connais le grand cœur, le sens du partage et l’esprit de solidarité.


-         à mes collègues blogueurs : « nous qui passons notre temps à parler de bonne chère et de bons vins, levons un instant le nez de nos belles assiettes et de nos beaux verres pour soutenir l’action des 4 grandes associations françaises d’aide alimentaire aux personnes les plus démunies.


- à vous tous lecteurs de toute nationalité, amateurs, buveurs, flaneurs, gens d'en bas et gens d'en haut, rats des villes et rats des champs, au féminin comme au masculin...


-         à Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire pour qu’il se souvienne  que les Restos du Cœur de Coluche font partie de l’ADN de son Ministère depuis le jour où Coluche est venu présenter à Henri Nallet son projet. À cette époque nous nous sommes mobilisés, nous avons retroussé nos manches pour un projet qui ne faisait pas l’unanimité. J’en étais et je ne comprendrais pas que cet héritage soit dilapidé. Puisque notre nouveau Ministre à l’oreille de notre nouveau Président je lui demande d’être notre porte-parole actif et efficace.


Voilà, il est 23 heures, je suis rentré sur mon vieux vélo hollandais de la présentation de l’action, quai de Jemmapes, par les bénévoles des 4 associations et d'Havas et je me fais le porte-parole de Véronique Colucci qui était présente ce soir pour que nous nous bougions le cul. Je le lui ai promis. Ne me faites pas mentir.


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D’avance je vous remercie.

 

Mobilisons-nous !

 

Moi je le suis…

 

à bientôt sur mes lignes.

 

Votre Taulier très remonté

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 14:00

 

 

Comme je suis un vieil adepte de la Beurk attitude : je le prouve ICI link dans une chronique de février 2010 et, comme de surcroît, j’ai vu Jack LANG porter la Semaine du Goût sur les fonds baptismaux, je ne puis que souscrire à l’initiative des petits loups et louves de www.VoyagerMoinsCher.com qui, contrairement aux sinistres habituels qui m’inondent de communiqués ineptes, m’ont transmis un MENU fort alléchant, goûteux à souhait et que je me fais un plaisir  de vous faire suivre.

 

Comment résister à un vin de souris chers amis.

 

Bon appétit !

 

Buvez sec !


Les voyages forment la jeunesse  www.VoyagerMoinsCher.com

 

Tout ceci vous est transmis rien que pour le plaisir d’en rire et non pour de grasses royalties vu que votre Taulier ne se déplace qu’à vélo et que sur ses lignes le bien-vivre n’a pas de prix.

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 00:09

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Afin de prévenir les interprétations fantaisistes imprimées chaque année à la même époque dans les gazettes, couper court aux propos insidieux de personnes mal intentionnées qui circulent sur la Toile, après en avoir délibéré au sein des instances supérieures de notre comité, nous avons voté à l’unanimité le communiqué suivant.


Certes :


L’hiver fut glaciaire et venteux.


Le printemps fut exécrable et pluvieux.


L’été fut pourri et brumeux.


L’automne fut absolument calamiteux.

 

Rien ne nous a été épargné sauf les sauterelles et les criquets. Même le président a changé et nous avons de nouveaux députés.

 

Nous n'avons su à quel saint nous vouer.


Et pourtant le millésime 2012 est prometteur, le dernier mois de maturité s’est déroulé sous les meilleurs hospices* avec un bel état sanitaire venu du diable vauvert, la qualité était au rendez-vous. La vendange concentrée et saine a donné lieu à une récolte de qualité et équilibrée, avec un bon potentiel aromatique pour tous les cépages.


Encore une fois, on peut parler de millésime remarquable en notre terroir d’exception, lié essentiellement aux savoir-faire de nos vignerons et plus particulièrement à leur grande adaptabilité et réactivité face aux conditions du millésime.


Ceci écrit, la grande innovation impulsée par notre Comité, sur les suggestions éclairées de notre service de communication, est de vous informer que grâce au brio de nos œnologues-conseil, de la clairvoyance de nos techniciens de surface, du travail acharné des services de la Chambre départementale d’agriculture et de ceux de la chambre régionale bien sûr, des lumières du directeur de l’ODG, des fulgurances des certificateurs en tout genre, de la vaillance des rédacteurs de cahiers des charges, du dur labeur des contrôleurs chargé de contrôler les contrôleurs, nous sommes en mesure de lire dans le marc de raisin.


Ainsi nous sommes en mesure de vous annoncer en exclusivité que le millésime 2013 s’annonce encore sous de meilleurs hospices que le 2012.


Pour les détails du futur communiqué nos services y travaillent d’arrache-pied  hésitant entre « Des vins friands d'une grande finesse et dotés d'une belle complexité aromatique » et « Des vins gourmands d’une belle finesse et dotés d’une grande complexité aromatique » sans avoir encore tranché. Ce que nous pouvons vous assurer, car nous avons pris une assurance auprès de Groupama, c’est que « Les tanins seront fins et parfaitement intégrés, ce qui apportera structure et longueur en bouche. » Quoi qu’il arrive ne vous prenez pas la tête car la qualité, elle, sera bien au rendez-vous ! Tout est sous contrôle nous tenons la barre de l’interprofession d’une main ferme et nos regards sont scotchés sur l’avenir.


Pour les volumes nous mettons des cierges dans tous les lieux prévus à cet effet car les petits volumes du millésime 2012 vont assécher nos précieuses CVO : « que Dieu protège nos CVO » sera le slogan de notre prochaine campagne d’affichage dans le métro. Nous avons confié notre campagne de promotion à Jacques Séguéla qui a récemment déclaré «Maintenant, ce qu'il me reste, c'est Dieu. J'aimerais faire la campagne de Dieu. Une grande campagne sur la croyance ! Directeur de la création, c'est le titre que l'on partage avec Dieu...»

 

La plupart des éléments de langage utilisés par le taulier ci-dessous ne sont que des copié-collé tirés des communiqués expédiés à jet continu par les comités interprofessionnels. Qu'ils en soient remercié sinon comment pourrais-je chroniquer tous les jours.

 

* hospices : j'ai joué et j'ai perdu c'est la faute à François donc auspices pour les bourguignons


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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 07:00

  Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

L’automne nous est tombé dessus bien humide, bien grise, bien gluante, sale temps pour les terrasses qui ne sont plus peuplées que par les fumeurs amassés en paquets sous les corolles qui crament du gaz. Cette césure brutale me déprime, je chute dans une forme profonde de cocooning dont je ne sors qu’à l’apparition d’une bouffée de soleil. Alors je saute sur mon vélo pour vaquer à mes occupations extérieures. Jasmine s’est fait embaucher au cabinet d’Aurélie Fillipetti pour s’occuper de je ne sais quoi ce qui a pour conséquence heureuse de faire de moi un homme au foyer. Ça me permet de cultiver mes belles amies en me promenant avec les enfants qui adorent ces errances ponctuées d’arrêt pâtisserie avec soda. Pour alléger ma tâche, sic, Jasmine a recruté un jeune type au pair, François-Xavier, qui est inscrit à Assas, grand et beau gosse, un peu emprunté mais belles tablettes de chocolat, tout ça via Facebook. Bien sûr j’ai ironisé sur son choix, émettant des doutes sur les capacités pouponnière du futur notaire, et en retour j’ai reçu une volée de bois vert « sans doute aurais-tu préféré une grande pouffe blonde que tu aurais sauté dans la cuisine pendant la sieste des enfants… » Pour clore l’incident je lui avais retourné le compliment en la prenant illico sur la table de la cuisine, lui reprocher ensuite d’avoir inondé l’appartement de « baise-moi comme une salope » alors que les enfants dormaient encore à poings fermés et que François-Xavier s’était pointé à la fin de nos ébats pour aller conduire Mathias à l’école.


Entre deux bouillards, donc pendant une belle éclaircie, je suis allé à la Grande Epicerie du Bon marché acheter des trucs qu’on trouve difficilement ailleurs puis je suis monté à la Grande Librairie, où y’a des canapés pour lire et des vieux dessus, pour jeter un œil sur les dernières parutions de la rentrée dite littéraire. Profusion. Le plus drôle, en arrivant dans ce lieu feutré, fut l’avoinée que passait un pépère en Nike à sa mémère éteinte, lui reprochant à haute et intelligible voix de le faire chier. Comment peuvent-ils survivre ensemble ? Souvenir du film de Granier-Deferre, le Chat, tiré d’un bouquin de Simenon, avec Simone Signoret et Jean Gabin. Haine recuite, envie de meurtre rentrée… je les ai laissé à leur déambulation même si j’ai capté dans les yeux de la vieille comme un appel à l’aide. Aujourd’hui je ne me sens pas le courage de clouer le bec à ce goujat. Sur les présentoirs rien de très bandant alors je farfouille pour tomber en arrêt sur Charles qui affiche la tête de notre Président Normal avec un titre alléchant : les Ouvriers de la Politique. Je feuillette. Intéressant ! Je consulte l’OURS pour savoir à qui j’ai à faire. C’est le tout Paris boboïsant sous la houlette de l’inusable Arnaud Viviant flanqué de Bégaudeau, de Beigbeder et de toute une flopée de gus et de nénettes connus du côté de Saint-Germain-des-Prés. Mais, tel un épagneul breton émoustillé, un nom retient mon attention : celui de Bénédicte Martin, mon ancienne voisine dont j’ai vu souvent les petites culottes dans les nuits parisiennes. Son talent littéraire se résume à  trois bouquins, dont Warm Up, où elle montrait justement sa petite culotte en couverture. Bref, j’achète et je file me jeter une mousse, un Pilsen Urquell, sur la terrasse intérieur du Sélect où le troisième âge parisien stationne.

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Je sors mon Charles. Tout en bas je lis : Quand Nicolas Sarkozy s’en prend à une journaliste. Par l’odeur du fumet alléché j’ouvre. C’est signé Ariane Chemin que j’aime bien car elle connaît la Corse profonde. Je plonge dans l’entretien qu’elle a eu avec Anne Laffeter. La scène se passe en 2009, Ariane Chemin bosse à l’Obs. et enquête sur l’attribution des Légions d’Honneur par l’Elysée. Elle a donc rendez-vous avec un conseiller du cabinet de talonnettes, qui s’avérera être Catherine Pégard, l’ex du Point tombé là par la grâce d’une autre ex Cécilia. Ariane Chemin patiente donc dans un petit salon le petit Nicolas se pointe avec son téléphone. Je passe sur les détails intimes mais il y a un détail d’importance : Judith Pérignon et Ariane Chemin ont commis chez Fayard « La nuit du Fouquet’s » en 2007 ce qui bien sûr n’a pas eu l’heur de plaire à l’agité des épaules. Fillon se pointe, premier scud « Méfie-toi de cette journaliste. » Le cocker la queue entre les jambes mais ne moufte pas. Le roquet aboie : avec qui a-t-elle rendez-vous ? Chemin refuse de répondre. Le paltoquet rétorque « Ça me regarde, on est à l’Elysée. » et embarque Fillon par le bras en lâchant « Je n’aime pas le journalisme que pratique cette fille » Alors Chemin prends le mors aux dents, se lève, les suis, se plante en haut de l’escalier, et les mains sur les hanches comme une poissonnière lance « C’est incroyable la façon dont vous parler aux gens, vous êtes très impoli, j’ai le droit d’avoir rendez-vous ici, ce n’est pas chez vous. » Ambiance, imaginez la tronches des huissiers, celle du collaborateur qui brigue maintenant la tête de l’UMP. La suite vaut son pesant de vaudeville, c’est du style café du commerce le président citant le nom de l’ex-mari d’Ariane Chemin, « Et maintenant vous êtes avec qui ? » C’est violent, c’est physique, c’est le sale gamin qui veut toujours avoir le dernier mot.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 00:09

Ce dimanche mes chroniques link ont pour dénominateur commun Bénédicte Martin qui connut son temps de gloire en 2003. Sous le titre LA VIE SENSUELLE DE BÉNÉDICTE M Audrey Diwan, écrivait le samedi 01 Novembre 2003 dans Tecknikart : « Petite nana à croquer, écrivaine douée et phénomène médiatique surhypé : voici la véritable histoire de Bénédicte Martin, auteur d’un recueil de nouvelles érotiques intitulé « Warm Up » qui risque de faire tomber beaucoup de feuilles cet automne. Ou comment devenir un bon coup éditorial en cinq leçons.


« Elle fait du porno espiègle… » À en croire Frédéric Beigbeder, éditeur chez Flammarion, sa dernière recrue est l’instigatrice d’une nouvelle forme de féminisme. Nicolas Rey la compare déjà à Henry Miller. Et Tecknikart consacre trois pages de ce numéro automnal à cette anti-Catherine Millet. La rumeur a bien fait son travail. Warm Up, premier livre de Bénédicte Martin, n’est pas encore sorti que le tout-Saint-Germain-des-Prés est déjà sur le qui-vive. Dans son recueil, chaque nouvelle, courte, percutante, bandante, ressemble à un court-métrage classé X, la poésie en plus. »


Eric Dahan, chroniqueur de la nuit à Libération, remarqua cette étrange nymphette à une soirée hip hop au bowling de l’Etoile : « Le lendemain, je l’ai appelée et lui ai demandé de poser nue pour moi. Ça nous a pris dix minutes, elle était très naturelle.» En prime, elle lui montre ses premiers jets d’auteur. « J’ai été frappé par une certaine maîtrise du récit. Je lui ai dit : « Tu n’as peut-être pas grand-chose à dire mais tu le dis très bien » La photo de Bénédicte en tenue d’Eve illustre la chronique Nuit blanche de Dahan. La petite a pris goût aux flashs qui le lui rendent bien. « J’aime son romantisme caché et son libertinage de surface, continue Dahan. Chez une fille, c’est très excitant. J’ai envie de la faire tourner dans un film érotique dès que j’aurai le temps. Elle est partante. »



De l’eau a coulé sous les ponts de la Seine depuis mais dans le Point, que n’aime pas tante Aline j’ai retrouvé ce texte de Patrick Besson, qui pendant la dernière campagne électorale empruntait la plume d'un écrivain, célèbre ou inconnu, pour nous la raconter.


Ma nuit sans défense avec Jean Sarkozy, par Bénédicte Martin



« Rouge ma bouche sur sa peau blanche. Je l'entends qui jouit, loin de ma nuque.


Derrière la baie vitrée, Tokyo ne dit rien. La ville ne nous regarde pas. Demain, dans l'avion de Singapore Airlines, il relira ses cours de droit.


Je croyais, quand il m'a proposé d'aller avec lui à ce sommet mondial contre les États voyous au Sri Lanka, qu'il avait fini ses études.


Je redresse mes épaules nues. J'aime son regard sur mes cheveux en bataille rangée. Le saké nous attend sur la table de nuit.


On est passés par Tokyo. Ça l'amusait et ça m'amusait qu'il s'amuse. Je marche dans la suite. Il dit que j'ai huit tatouages. Je rectifie : neuf.


Il ne sait même pas compter les tatouages. Il faut dire que ce n'est pas facile, car les filles nues bougent. Sur mon bras, il y a le nom de ma fille. Sur ma fesse, celui de mon chien. Sur la fesse droite. Sur la gauche, il n'y a rien. J'en ai parlé au tatoueur.


- Peut-être, Aurore, faut-il garder une surface libre sur ton corps.


- Libre de quoi ?


J'aime le soleil qui se lève dans ses cheveux sur l'oreiller humide de larmes et de salive.


Il décroche le téléphone. Je lui demande ce qu'il fait. Il me dit qu'il décroche le téléphone. Il a envie d'un petit déjeuner. Comment peut-on avoir envie d'un petit déjeuner ? On peut avoir envie de mourir ou de baiser. Mais un petit déjeuner ?


Je m'appelle Aurore, mais on aurait dû m'appeler Crépuscule. Aucune fille ne s'appelle Crépuscule. Pourtant, beaucoup de filles s'appellent Aurore. Dont moi.


Je promène ma nudité pensive autour du lit. Jean me tend les bras. Je fais celle qui ne comprend pas et ce n'est pas difficile, car je ne comprends pas. Ce que je fais là, où va le monde. Je prends quand même le sexe de Jean dans ma main. C'est rassurant, au moins pour ma main. Pour le reste, je ne sais pas.


L'objet tendre dans son enveloppe de satin : la peau de l'homme que je désire. Au début, sa beauté de fille me gênait. J'étais obligée, pour jouir, d'imaginer qu'il était une fille. Puis j'ai reçu l'homme dans ma personne, l'homme souple et sucré. Je l'ai admis comme une évidence verticale.


Nous ne nous arrêtons pas de faire l'amour quand le serveur japonais apporte le petit déjeuner de Jean. Voyant mon public multiplié par deux, j'en profite pour crier de plaisir. »


 


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