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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:00

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« Si j’avais su j’aurais venu… au « Théâtre de la Cité internationale » qui est à deux pas de chez moi, je peux y aller à pied, à vélo ou en prenant le 21. C'est en face du Parc Montsouris et c'est un lieu que Patrick Modiano a mythifié.


J’aurais dû lire Rue89 qui nous proposait de gagner dix invitations (cinq places valables pour deux personnes), afin d’assister à la performance « les héros de la pensée » Que fait Antonin pour informer le Taulier.


Ben oui, des héros de la pensée, dont Emmanuel Giraud z’ont, le 20 octobre dernier, de 11h jusqu'à 13h le lendemain, bu en pensant. Putain les janissaires de la loi Evin vont faire des cauchemars rétrospectifs. Passe encore que les intellos aient été, de tout temps, des adeptes de la dive bouteille mais là, mettre en scène des libations en agitant ses neurones, c’est l’équivalent d’un bras d’honneur aux hygiénistes, une provocation, une incitation intolérable à penser en buvant. Ne dit-on pas que la vérité est au fond des verres.


Les spectateurs étaient libre d'entrer, sortir à tous moments, ou même d'amener son sac de couchage. Les tarifs de 11à 22 euros.


Les héros de la pensée donc, de Massimo Furlan, mis en scène par Massimo Furlan, Claire de Ribaupierre au Théâtre de la Cité internationale était  un marathon avec une seule règle : boire en pensant.


Massimo Furlan, selon Laurent Carpentier, accoudé au bar en mangeant des pâtes souligne qu’il « ne cherche rien à prouver L'idée est venue à Bruxelles, on était en tournée pour 1973, un spectacle qui tentait de reconstituer le concours de l'Eurovision de cette année-là, et dans lequel un certain nombre de ces philosophes intervenaient. Le soir, je les écoutais parler. Et j'adore les écouter. Je trouve fascinant ce qu'ils disent, comment ils le disent. »


Bon, comme je n’y suis pas allé, je confie le reportage au gars du Monde :


A comme affinité,

B comme bègue,

C comme colère,

D comme danse,

E comme écho ...


« Echo du canon ! Canon, c'est le nom de ce vin blanc gras et puissant, très long en bouche qui pour moi me paraissait bien illustrer le propos ", explique, facétieux, Emmanuel Giraud, artiste plus que sommelier, issu de l'école du Fresnoy, qui sert ici de maître de l'ivresse et des papilles. Il fait ostensiblement circuler le vin dans sa bouche. " Le viticulteur qui le fabrique s'appelle Hirotake Ooka, c'est un Japonais qui s'est installé dans une grotte sous le château de Crussol du côté de Valence… »

 

« Entrechoquement des verres. Sur scène : deux anthropologues de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Daniel Fabre et Marc Augé ; un historien du Moyen Age à la coupe rock'n'roll, Pierre-Olivier Dittmar ; une écrivaine, Christine Lapostolle ; et trois philosophes : Bastien Gallet versé dans la musicologie, l'Italienne Barbara Formis, spécialiste d'art et d'esthétique, et la Belge Vinciane Despret, psychologue et mention spéciale de notre jury personnel pour ses interventions toujours pleines de piquant et d'intuition. »


« Ici, on dort allégrement et sans vergogne ; là, on boit au goulot et en cachette, car la salle, elle, n'a pas le droit à l'ivresse, ou alors elle va au bar... Ici, on note avec assiduité ; là, un couple de jeunes au look gothique reste enlacé comme une statue géméllique et immuable (à quel moment ont-ils disparus ? Au premier métro du petit matin ? Je ne saurais dire). »


P comme paresse. 2 h 10 du matin


« Toujours le même rituel : au bout d'une heure, Massimo Furlan se lève de son fauteuil en retrait, ajuste sa veste, attrape sur la table derrière lui un trombone, un tuba, et les tend aux philosophes dont le gang se transforme derechef en un big band free - timide au début, mais de plus en plus sonore à mesure que la journée, puis la nuit, avance. 


4 heures du matin. Quelque part entre Q comme " qui-vive " et R comme " ruse ". Autour des philosophes, les corps se lovent sur la scène dans des sacs de couchage, dans les travées, deux filles sont effondrées sous une couette qu'elles ont apportée jusqu'ici. La plupart s'affalent à même leur fauteuil. La nuit n'est plus habitée que par le babil des penseurs et, ici et là, quelque mouvement reptilien. »


Elle est en master de philosophie, il enseigne les lettres en collège. Cet après-midi, il dormait, elle notait ; maintenant, il jubile, elle somnole. « Ce qu'il y a de bien, c'est qu'on est totalement libre de faire ce que l'on veut : se lever, partir, revenir, dormir, un truc impensable dans un amphithéâtre, ou pendant un spectacle. La longueur finalement libère. »  Ils étaient venus pour deux heures, ils resteront toute la nuit.


Laurent Carpentier ne peux s'empêcher d'avoir le sentiment « d'un long (immensément long) voyage en voiture bercé par France Culture. »


L'assistance n'a pas vocation à intervenir. Et c'est tant mieux.

Exit les interventions lénifiantes des insomniaques en mal de reconnaissance.


« Au petit matin, alors que la salle se remplit de nouveau (une petite centaine de philophiles au cœur de la nuit, plus de cent cinquante à l'heure de la messe), nos penseurs commencent à patiner sérieusement. Ça tourne café du commerce, souvenirs et confessions.


Alors que la lumière blafarde d'un ciel tout blanc inonde la coupole du théâtre, Marc Augé, le doyen, 77 ans (l'homme du célèbre Non-lieux - 1992) penche comme la tour de Pise en essayant vainement d'ouvrir un œil digne, non pas tant à cause de l'ivresse (« A vrai dire, ces vins n'étaient pas tous fameux, j'ai des goûts peut-être plus classiques... ») que de la fatigue.


Et quand après Y comme " yé-yé ", on annonce Z comme " Zorro ", on se met à prier que ce dernier arrive fissa. »


Symposion, signifie étymologiquement (en grec) boire ensemble. C’est-à-dire boire et débattre ensemble.


« Le héros, ici, c’est la figure du penseur : celui dont les principales vertus sont le langage et la réflexion. Les performeurs s’engagent donc à aller jusqu’au bout de leur pensée, au-delà de leur fatigue, au-delà de leur résistance à l’alcool, par-delà leurs limites physiques. Ils s’engagent à tenter ensemble de porter le projet jusqu’au bout. Il s’agit de solidarité, de tactique, de ruse, afin de surpasser l’épuisement et l’ivresse : entretenir la conversation le plus longtemps possible, et construire ensemble une pensée vive et inattendue »


Quelques PHOTOS de ce marathon de la pensée arrosée…

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:09

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Imaginez-vous, au petit matin, comme un bon bourgeois se rendant soit à la messe si vous êtes pieux, soit rentrant de chez les filles si vous êtes licencieux. La rue, disons plutôt la ruelle, s’appelle : Bougerue du Pipi, de Basse-Fesse, des Aysances, Sale, Foireuse, du Bourbier, de Merderon, de Merdereau, de Merderet c’est un cloaque pleins de détritus, on y « lasche ses eaues », on y défèque ou, plus poétiquement, on fait ses « aysemens et souillures », ses « vidanges », on crache avec désinvolture. Au Moyen Age on satisfait ses besoins naturels à même le pavé, dans la  rigole appelée, selon les endroits, « esseau, essiau, gazillans, au pied des façades des habitations, dans le caniveau central, à la rencontre des deux inclinaisons.


Pire encore l’usage est de vider par les fenêtres les « pots à pisser », les eaux sales et les détritus, à uriner, ce qui oblige les bourgeois à tenir le « haut du pavé ». Même Saint Louis fut la victime de cette pratique. Se rendant à pied à la messe au petit matin le pieux roi fut aspergé par le jet d’un liquide nauséabond que venait de jeter de son galetas un pauvre étudiant. Comme le note Jean-Pierre Leguay « Le laisser-aller est relayé par le mode de vie traditionnel. Beaucoup de citadins sont d’anciens ruraux, émigrés de fraîche date ou des bourgeois enrichis, investisseurs de capitaux dans la terre, des hommes et des femmes qui conservent ou adoptent des habitudes et des activités rurales, introduisent intra-muros, pour leur provision annelle, du bois, des futailles à vin et à cidre, du foin en attente d’être stockés dans les caves et les greniers et du fumier pour fertiliser les jardins et les courtils omniprésents aux arrières des habitations. Beaucoup de vignobles se trouvent dans les faubourgs de Montpellier ou de Béziers. Les « fiens, terres, tassons et autres ordures » s’ajoutent aux résidus de boutiques et des ateliers.


Dans les villes des centaines de bêtes sont tuées sur place, les « escorcheries », « tueries » ou « tuyeries » ont laissé le souvenir de nom de rues :la rue du massacre à Rouen, « le bourc aux tripes » à Reims, « les chambres à chair » à Elboeuf… « Ce sont donc des litres de sang liquide ou caillé, ces « bouiaulx », « ces tripes et ventres » putréfiés, ces paeaux sanguinolentes, ces flots d’urine et de matières fécales déversées sur le pavé, stagnant et attirant les insectes, les vers et les rats, avant de rejoindre le caniveau central. »


« Les artisans médiévaux restent redoutables pour le voisinage. Faute d’espace, ils travaillent sur la chaussée qu’ils couvrent de noir de chaudière de graisse, de liquides de fermentation. Les moulins es premières papeteries d’Essonnes ou de Troyes produisent une pâte, « la chiffe », à base de chiffons macérés, plusieurs semaines dans l’eau et une affreuse colle associant l’alun et les rognures de peau. »


« Tout se conjugue dans la labyrinthe de rues ou de ruelles de nos cités pour rendre la vie impossible. Les pauvres des quartiers populeux, qui n’ont pas la chance d’habiter à l’abri d’une cour profonde, des frondaisons d’un jardin, sont réveillés à longueur de nuit par des les cris des charretiers, des noctambules, des soldats du guet. De jour, les passants supportent d’être éclaboussés de boue putride, respirent les pires miasmes, sont bousculés par les ouvriers chargés de matériaux, les portefaix, les marchands ambulants, les infirmes « chenus et cassés », les mendiants ou « caymans », les enfants qui jouent dans la rue, les chiens et les porcs en liberté. Ils sont agressés fréquemment par les voleurs à la tire injuriés et, pour les moins chanceux, écrasés par les conducteurs maladroits. Les accidents de la circulation sont fréquents. »


À cela s’ajoutait la crasse individuelle et collective, la puanteur des logements insalubres, les « punaisies » qui s’exhalaient des conduits de cheminées des maisons brûlant du « carbon de terre », de la tourbe ou du lignite…  L’opinion publique considère la crasse comme une protection naturelle, un moyen de combattre les inconvénients de la porosité de la peau. Mieux vaut laisser les corps couverts de croûtes et de vermines que de succomber à la peste proclamaient les farouches adversaires du bain. Avec de tel arguments on pouvait refuser le linge propre et justifier ses mauvaises habitudes. Ainsi le Ménagier de paris recommandait « que les puce soient sans jour et sans air et tenues à l’étroit, ainsi périront et mourront sur l’heure. »


Cracher « par devers soy », se gratter en public est toléré, sauf à table « il est malséant et peu honnête de soi gratter la teste à table et prendre au col ou au dos, pouls et puces et autre vermine et la tuer devant les gens » disaient les mères à leurs enfants dans les bonnes maisons lyonnaises du XVIe siècle.

 

Paris n’a eu son premier véritable collecteur Tracé du grand égout de Paris. qu’en 1356 et on s’était contenté, pendant des générations, de la Seine, des rivières, des fossés et des canalisations sommaires, à ciel ouvert, appelées « ponceaux » et guidées par la déclivité. Le ruisseau de Ménilmontant est connu, dans l’histoire de la capitale, sous le nom de « Grand Egout » et, avec ses dérivations, ses « affluents » comme l’écoulement du Pont-Perrin, il a contribué à incommoder plusieurs quartiers… et l’hôtel Saint-Pol propriété et résidence favorite du roi !

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:00

Morvan-2007-075.jpgJ’en termine avec la typologie des cabinets ministériels concoctée par l’ami Carcassonne ? Je vous laisse bien évidemment le soin de deviner dans quelle catégorie se situait le Taulier qui en prime vous offre quelques photos.


Les valets


C'est évidemment la forme la moins aguichante, pas obligatoirement la plus rare ni la moins efficiente.


    Dans ce système, les recrutements, à une ou deux exceptions près (généralement le chef de cabinet et l'attaché parlementaire), sont laissés à la discrétion du directeur de cabinet.


     Celui-ci occupe une place stratégique, non qu'il se substitue au ministre mais parce que ce dernier a décidé de l'avoir comme interlocuteur unique, par lequel tout doit impérativement passer et qui est le véritable responsable de l'équipe.


     Les conseillers, réputés techniquement compétents, ne communiquent avec leur patron que par des notes dont ils ont rarement l'occasion de défendre personnellement le bien-fondé. Ils doivent toujours être prêts à exécuter les ordres, adopter une attitude respectueuse à laquelle une certaine obséquiosité ne nuira pas.


     Vis-à-vis des services, deux variantes sont possibles. Dans l'une, le ministre entretient des relations plus suivies avec les directeurs qu'avec son propre cabinet. Celui-ci ne peut alors exercer de véritable autorité sur ceux-là et son rôle se borne à veiller à l'application de décisions prises en dehors de lui. Dans l'autre, les responsables de l'administration sont également privés de contacts directs et fréquents avec le ministre, le cabinet regagne alors un peu de son aura dans la mesure où il est l'intermédiaire obligé, mais sans vraiment pouvoir s'imposer car son audience est connue limitée.


     Dans certains départements ministériels, ceux dont la conduite est la plus politique, cette substitution d'une brigade de valets à des conseillers personnels peut ne pas présenter de grands inconvénients et donner des résultats.


     Dans les autres, elle a deux défauts graves. Parce que le ministre ne veut voir personne et que le directeur de cabinet ne peut voir tout le monde, des frustrations naissent rapidement, tant chez les membres du cabinet, dont la fonction est trop peu gratifiante pour provoquer la mobilisation souhaitable, que chez les fonctionnaires qui apprécient peu d'être de simples exécutants. En outre - et c'est le second défaut - le sentiment d'un travail d'équipe, et de la solidarité correspondante, est impossible à susciter lorsque chacun ignore non seulement ce qui sera fait de son avis mais aussi ce que font les autres membres du cabinet.


     Il est, enfin, un indice qui ne trompe pas pour déceler cette situation : la plupart des cabinets fonctionnant sur le mode ancillaire tiennent leur réunion hebdomadaire, quand elle existe, le mercredi matin, c'est-à-dire au moment où les obligations gouvernementales interdisent toujours la présence physique du ministre.


Ce type de cabinet est le plus répandu...


Les enfants.


Un ministre relativement âgé, vétéran des campagnes politiques, expérimenté dans les fonctions gouvernementales, a souvent la tentation, voyant poindre sa retraite, de s'entourer d'une équipe jeune, qu'il formera et lèguera à la République. Plus il est lui-même « politique », plus il peut se permettre de choisir des assistants seulement « techniques ».


    La sagesse conseillant de ne pas multiplier les risques, le directeur de cabinet sera, dans un premier temps, choisi parmi les contemporains du ministre, deux esprits circonspects n'étant pas superflus pour contenir la fougue qu'on prête à la jeunesse.


    Les rapports au sein du cabinet sont alors de respect teinté d'affection. Respect des plus anciens pour la compétence qu'ils découvrent chez les plus jeunes et leur acharnement, affection des aînés pour ceux qui les font baigner dans la jouvence. Mais également respect des disciples qu'impressionne l'expérience, que ravissent les anecdotes puisées dans des souvenirs savoureux ou prestigieux, et avec lesquels la complicité crée, par-dessus les générations, un courant de sympathie.


   Bien vite les conseillers, judicieusement choisis, acquièrent sur leur patron une influence réelle. Un peu de son autorité retombe sur leur comportement, sans qu'ils soient tentés d'en abuser, au risque d'un douloureux rappel à l'ordre, l'âge n'excluant pas plus la fermeté qu'il ne s'assimile à la sénilité.


    Lorsqu'elle est réussie, cette combinaison donne d'excellents résultats. Le ministre connaît assez les traditions du fonctionnement administratif pour en inculquer le respect à ses collaborateurs. Ces derniers sont suffisamment conscients de l'intérêt de leur apprentissage, de la chance qu'il leur offre, pour se plier de bonne grâce aux volontés du « père » et faire globalement confiance à son jugement.


    Contrairement aux copains, les enfants prennent de l'autonomie. Si leur père politico-spirituel est appelé à d'autres fonctions, tous ne le suivent pas. La formation et l'initiation qu'ils ont reçues en font des responsables recherchés que plusieurs ministres pourront se disputer.

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Les lieutenants   


Quoi que ce soit le système le plus approprié, ce n'est nullement le plus répandu. Tous les membres du cabinet sont choisis par le ministre lui-même, éventuellement à partir de propositions qui lui sont faites par le directeur mais auxquelles il ne souscrit jamais sans rencontrer d'abord les intéressés.


    Quand il les a recrutés, il les investit de sa confiance une fois pour toutes. Elle leur sera acquise jusqu'à ce qu'il la leur retire en les congédiant.


     Le directeur de cabinet est moins un commandant qu'un animateur et si, pratiquement, tout passe par lui, ce n'est pas pour qu'il exerce une censure mais uniquement pour qu'il soit toujours informé et puisse remplir son propre rôle de conseil et de coordination.


     Les conseillers, entre lesquels est opérée une claire répartition des compétences, dont largement délégataires des pouvoirs du ministre. Leur parole vaut la sienne. Il leur a défini une ligne de conduite générale : à eux de savoir comment la mettre en oeuvre, quitte, lorsqu'ils ont un doute, à demander à en référer, quitte encore, lorsqu'ils commettent une erreur, à en assumer la responsabilité vis-à-vis de leur ministre (lui seul supporte le coût politique des fautes de son cabinet) dont les conséquences pourront aller de la remontrance au limogeage.


      Matériellement, ils tiennent réunion toutes les semaines, souvent tôt le matin, et bénéficient de deux grands privilèges. D'une part ils exercent une influence réelle sur l'agenda du ministre en lui indiquant des audiences à accorder dont ils déterminent le délai ; d'autre part ils ont à tout moment accès au bureau du ministre, ces deux facultés leur étant consenties grâce à la certitude qu'ils n'en abuseront pas.


     Entre eux, la rivalité, qui caractérise les valets, tourne à l'émulation et, dans certains cabinets, des séminaires réguliers fourniront l'occasion d'une réflexion de fond sur le long terme que le rythme quotidien interdit habituellement.


     Dans la limite de l'emploi du temps, enfin, les déjeuners sont souvent pris en commun et permettent la circulation rapide de l'information, tandis que seront saisies toutes les opportunités de se retrouver tous ensemble, avec le ministre et dans son bureau, pour, lorsque la pression diminue légèrement, partager, verre en main, un instant de détente et resserrer les liens humains au sein de l'équipe.


    Cette formule présente nombre d'avantages. Se sentant pleinement responsables, les membres du cabinet sont tout aussi pleinement mobilisés. Leur rôle est assez gratifiant pour assurer leur dévouement. l'autorité qu'ils exercent sur les services étant à la mesure de la confiance que le ministre leur accorde, ils peuvent travailler dans de bonnes conditions, sans crainte de désaveu (sauf définitif) ou de court-circuit.


Le verre à la main, tout est dit...


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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 00:09

bouteilles_2.jpg« Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… »  la sagesse populaire me va très bien au teint d’autant plus, qu’en nos temps de gaspillage, le verre est perdu. Perdu, ce mot me hante : « C’est une femme perdue… » disait-on, en ma Vendée pieuse, d’une femme qui faisait le commerce de ses charmes. Même le pain était perdu alors qu’à la messe on distribuait du pain béni et les chiens aussi étaient perdus mais, sans colliers, si bien qu’en 1955 Jean Delannoy en fit un film, tiré du bouquin de Cesbron, avec Jean Gabin.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Je ne sais car, né en 48, je ne connaissais comme boisson en 50 que le lait des vaches de mon pépé Louis et quand vint – pas mal la transition – la virée de la cinquantaine, en 98, j’avais professionnellement perdu de vue le vin lorsqu’il me retomba soudain dessus via un vin que je qualifiai alors de vin de vieux, c’était l’apéro favori des Français : 800 000hl vendus dans les années 50 – bien sûr qui se souvient de Monsieur Bartissol qui, sûr Europe n°1, hantait les villes et les villages pour que le papy Mougeot ou la mère Denis lui tendissent les précieuses capsules, plus personne sauf quelques vieux – lorsque j’acceptai en plein mois d’août une mission catalane pour aller me pencher sur le grabat du Rivesaltes ce qui était, somme toute, très naturel.


Je sais, j’énerve, mais je n’en ai cure – c’est mon côté élevé aux grains des très chers frères de Saint Louis Grignon de Montfort – car rien ne sert de courir il faut partir à point et surtout ménager sa monture.


Faut dire que les Vins Doux Naturel, s’ils avaient pu jacter, ou gribouiller sur les murs du Castillet de Perpinyà ils auraient écrit en grenat : « le Pastis m’a tué… » et ils auraient pu ajouter « et le Porto m’a mis KO… » Du côté de Thuir, le Byrrh, qu’a jamais été un VDN, était tombé dans l’escarcelle du roi du pastaga sans créer beaucoup d’émoi dans les chaumières catalanes.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Mais je ne fais que ça les gars et les filles sauf à croire que les Vins Doux Naturels ne fussent pas tout à fait des vins parce qu’ils se sont fait foutre en l’air par le Pastis 51 – merde je ne suis pas passé loin – ça se discute c’est du 50/50 : bingo j’en ai placé deux.


Donc, puisqu’il nous faut par contrat léonin nous taper une question de centilitrage – vaste programme aurait souligné le Général – que les sources sûres m’affirment que les quilles se baladent entre 0,2 et 18 litres, avec des patronymes tels chopines, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor, melchior, sans passer par la case 0,50 soit 50 cl et que seul les 75 cl ont droit au titre solennel de bouteille. Bien sûr j’ai omis la fillette et la mignonette mais le mystère des 50 cl reste entier.


Sauf que les flacons de 50 cl ont toujours existés dans le rayon des spiritueux où, horreur, malheur, les VDN furent classés et pas très bien exposés. Pire encore pour les défenseurs acharnés de la tradition bouchonnière ces flacons, que je n’ose nommer, étaient affublés d’un bouchage à vis.


Résumons-nous : la bouteille c’est 75cl donc la ½ bouteille c’est donc 37,5 cl, alors où est passé le litre ? Dans les oubliettes du jaja populaire avec la bouteille syndicale six étoiles. Elle aussi innommée elle jette la 50 cl dans un no man’s land innommé et c’est donc une apatride. Que faire pour la sortir de ce piètre statut ?


La baptiser si vous êtes des adeptes de la fille aînée de l’Eglise ou lui trouver un nom pour ceux des autres confessions et les athées.


La chasse aux noms est donc ouverte : ce pourrait être pour la 50 une minette, mais les féministes pourraient s’en offusquer, ou si l’on souhaite rester dans le masculin, qui est l’apanage des grands contenants , je risquerais : un taulier… car il a un côté de  demi-sel versus Bernard Blier* Enfin, je suggère, pour allier le féminin et le masculin, pour le ou la 50 : en couple, ça fait tendance et ça plaira au parrain de ce Cinquantième Vendredi du Vin qui est si attentionné pour favoriser la tendresse des têtes à têtes amoureux.


J’arrête de décoconner pour aborder l’essentiel, ce qui justifie l’existence d’un contenant c’est-à-dire ce qu’on y met dedans.


Pour ce faire retour en Roussillon, dans le 66 quoi qui produit 90% des VDN, où la classification peut se résumer ainsi : 1 grand lac et deux petites bassines : soit le Rivesaltes et le Muscat de Rivesaltes et ceux du haut : le Maury et ceux du bas : le Banyuls.


Foin des chiffres, j’ai trop usé le fond de ma culotte sur eux pour m’en préoccuper. Ce qui m’intéresse en ce beau matin de ce Vendredi du Vin, qui est sur son 51, pour fêter sa 50ième édition au travers d’un flacon qui fait son numéro, c’est de vous dégoter le truc qui décoiffe, la boutanche de derrière les fagots, celle que madame Michu ne peut pas acheter à Casino.


J’en connais qui pour dénicher la fameuse quille 50 se sont démenés, ont fait le trottoir, sué sang et eau, tenté de soudoyer leur caviste, écumé les chais, cassé leur tirelire, passé des nuits blanches… alors que le Taulier, les pieds en éventail, dans un insolente « coolitude » s’est contenté de fouiner dans ses souvenirs, d’y ôter les boules de naphtaline qui trainaient, pour sortir le flacon que seuls les happy few peuvent se procurer dans le cellier de Luc Charlier.

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Le nom est lâché, comme le disait le regretté Lino Ventura, c’est un Maury produit sur les terres ancestrales et inviolées de Bernard Rouby.  


C’est la cuvée JOLO un Maury Grenat en 50cl pourvu d’un bouchage à vis.


L’étiquette est culte. J'espère que vous reconnaîtrez l'homme du bain.


La cuvée Jolo fut dégustée à la chaussette et fort appréciée par le Grand Jury des Naturistes de Paris ICI link  


Voilà, même si d’un premier abord j’ai trouvé le thème chiant, chemin faisant j’ai pris goût à mes conneries et, au prix de quelques rétablissements périlleux, je suis parvenu à retomber à pieds joints sur le sujet de notre vénéré alter-président.

 

Fermez le ban !


 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:30

Renaud Revel vient de publier sur son blog dans l’Express : « L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire » link J’ai posté un commentaire dont je ne sais quel sera le devenir donc je le publie chez moi.

  

 

Bonsoir Monsieur Renaud Revel,

 

Je ne suis qu'un petit blogueur qui à la suite de Bruno Verjus a interpelé sur son blog Jean-Pierre Lubot et qui est sans doute à l'origine de ce que vous dénoncez.link

 

Qui puis-je ?

 

Rien !

 

Si vos yeux de grand journaliste indigné de l'Express avait pris le temps de lire ma modeste prose il saurait que je n'appelais ni au lynchage, ni à la lapidation de J.P. Lubot mais je l'appelais simplement à une forme d'éthique sans doute désuète.

 

Tout de même le poids des mots : lynchage, lapidation...

 

Je connais JP Lubot puisqu'il préside le Cercle Vendéen, dont je suis, donc ma prose était, certes publique, mais surtout personnelle.


Monsieur Revel je n'accepte aucun voyage de presse, ça m'ennuie, je n'aime pas la promiscuité, je préfère payer mes hôtels et mes billets et choisir les personnes avec qui je parcours la France profonde.


J'ignore et j’abhorre tous les pinces-fesses chichiteux auxquels vous faites allusion.


Donc je ne suis pas de votre monde et je ne me sens pas concerné par votre prose faussement indignée.


Que je sache vous travaillez à l'Express donc dans une entreprise de presse qui, bien sûr, ignore les pratiques que vous dénoncez.


Oui je sais vous êtes au-dessus de ces détails mesquins. Votre plume est libre j'en suis persuadé.


Ce matin j'ai publié une autre chronique link qui allait dans le sens du respect des personnes mais comment pourriez-vous perdre votre temps à lire les écrits d'un simple blogueur. ?

 

Que diable vous êtes journaliste, vous.

 

Que vous laviez votre linge sale en famille je suis pour mais, de grâce, votre posture est trop outrée pour vraiment être sincère, comme s'il fallait que vous montriez votre différence. Que vous êtes au-dessus du lot, quoi.


Avant d'en terminer je vous conseille de lire le dernier livre d'Olivier Bardolle sur lequel j'ai aussi chroniqué. Désolé mais sa description de l'élite de l'apparence me semble bien coller à tout ce bruit médiatique qui n'est pas de mon fait même si vos chers collègues journalistes se sont emparés des bonnes pratiques ordinaires de votre profession.link


C'est la vie, la vôtre Monsieur Revel, bien dure, il est bien triste d'être ainsi entourés de gens de si mauvaise compagnie.


Je vous souhaite une excellente soirée.

 

Couvrez-vous le temps se rafraichit.

 

Achetez un pot de chrysanthème la Toussaint approche.

 

Dites à votre directeur que l'on voit partout avec sa sempiternelle écharpe rouge qu'il devrait écouter vos bons conseils

 

Bien à vous

 

Jacques Berthomeau dit le Taulier

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 14:00

Les lions sont lâchés : amateurs, tel est le qualificatif accolé à la nouvelle équipe gouvernementale par l’opposition. C’est de bonne guerre, il faut bien trouver un angle d’attaque  pour faire la Une des médias qui ne se régalent que de petites phrases, de gaffes, de prétendus faux-pas, de petites histoires. Les éditorialistes s’en délectent. Je ne vais pas ici prendre la défense des Ministres en cause, et du Premier tout particulièrement, ils sont assez grands et politiques pour le faire. Simplement j’aimerais faire remarquer qu’un MINISTRE c’est un politique qui débarque dans une grande boutique aux rouages complexes et que, lorsque l’on a passé  10 ans dans l’opposition, loin de la décision, il n’est pas forcément évident de prendre ses marques. Et c’est là qu’interviennent les fameux cabinets ministériels chargés d’assurer l’interface entre l’Administration et le Ministre, digérer ses notes, prioriser les décisions, les mettre en œuvre, faire tourner la machine.


Je pourrais gloser sur les conseillers, forts bien diplômés, dont l’extrême jeunesse et l’inexpérience qui va avec, se retrouvent, comme leur titre l’indique, en charge de conseiller leur Ministre sur tel ou tel dossier. Bref, le membre de cabinet se doit d’avoir la tête politique mais en s’appuyant sur une  réelle expertise  acquise au contact des réalités. De plus, l’omniprésence de la communication, avec les conseillers qui vont avec, abouti souvent à privilégier l’effet d’annonce, le dire sur le faire. Pour vous permettre d’y voir un peu plus clair je vous propose un extrait, en deux épisodes, d'un article « Typologie des cabinets » publié dans la revue Pouvoirs en 1986 par Guy Carcassonne.


Guy-Carcassonne_articlephoto.jpg

Guy et moi nous nous sommes rencontrés à la buvette de l'Assemblée Nationale en juin 1981, lui étant conseiller du président du groupe rose et moi conseiller du Président de l'AN. Nous étions fous, non du chocolat Lanvin, mais des macarons de la buvette. Par la suite, en 1983, nous nous sommes retrouvés voisins dans la galerie Sully, lui conseillant le Ministre sur les questions d’enseignement agricole (loi Rocard sur l'enseignement privé agricole votée à l'unanimité) moi pataugeant déjà dans le marigot viticole (accords de Dublin). Guy est un ami, un expert : agrégé de droit constitutionnel, il chronique dans le Point, c'est un type original, sapé décalé, doté d'un humour corrosif, et la typologie qu'il donne des cabinets ministériels est un régal:

  1. 1.      Les copains, 2. Les enfants, 3. Les valets, 4. Les lieutenants

« Fondamentalement, un ministère se compose du ministre et de ses services. Le cabinet n'est nullement un protagoniste à part entière, ayant en propre sa légitimité, sa compétence et sa fonction. Il n'a que celles que lui octroie le type de relations entre ministre et administrations. Tantôt le premier est assez sensiblement assujetti aux secondes, et les conseillers sont les interprètes plus ou moins fidèles des directions, davantage que les courroies de transmission de la volonté gouvernementale. Tantôt ils impriment effectivement la logique politique, mais alors ils parlent et agissent au nom et pour le compte de leur « patron ». Car la fonction de ministre, en fait, n'est jamais individuelle. Il n'est de ministre que collectif : « le titulaire du poste+son cabinet ».


Qu'on ne s'y trompe pas : une telle affirmation ne signifie nullement que les membres du Gouvernement seraient des personnes sous influence aux mains d'une équipe qui les manipulerait. Plus prosaïquement, une part considérable du temps qu'un ministre consacre à son activité est dévorée par des fonctions tenant de la représentation, réduisant ainsi à la portion congrue - ou plutôt incongrue - les moments disponibles pour le travail de fond. Aussi, et parce que l'adoubement présidentiel ne suffit pas à conférer l'omniscience, le ministre se démultiplie en autant de parties que son cabinet compte de membres.


La question essentielle n'est donc pas de savoir comment l'équipe se situe entre le ministre et ses services - elle est le ministre collectif - mais porte sur la manière dont les membres du Gouvernement utilisent les moyens que leur offre cette démultiplication. En exigent-ils des informations, des conseils, des décisions ? Veulent-ils accaparer ou déléguer ? Toutes les combinaisons, avec tous les dosages, sont possibles entre ces divers éléments. »


Les copains d'abord...


Le cabinet est majoritairement composé d'amis de plus ou moins longue date, appartenant à peu près à la même génération que leur ministre. Ils l'ont suivi sur tout son parcours ou, à tout le moins, ont toujours entretenu le contact, au point qu'appelé au Gouvernement c'est tout naturellement que leur chef de file fait appel à eux et se promet de constituer une équipe dans laquelle la chaleur des relations, la connaissance mutuelle suppléeront une compétence médiocrement affirmée.


Dans les recrutements complémentaires, la capacité à s'intégrer au groupe sera un critère déterminant, « les copains des copains » étant les premiers sollicités.


Ce type de cabinet atteint le plus haut degré de convivialité. Le tutoiement est de rigueur ou le devient très vite pour les nouveaux venus, chacun s'appelle, ministre compris, par son prénom; rencontres et repas amicaux débordent les horaires de travail.

 

Parce qu'ils sont attachés à leur patron, les conseillers changent avec lui, le suivent imperturbablement dans toutes ses fonctions, si peu prédisposés soient-ils à tel ministère.

Dans ce genre de fonctionnement, l'unité de commandement n'est pas toujours assurée. Le directeur de cabinet - généralement le plus proche ou le plus ancien des amis - passe moins de temps à prendre et imposer des décisions qu'à essayer d'être toujours au courant de ce que ministre et conseillers, qui n'ont pas besoin de sa médiation, ont pu évoquer ou définir ensemble.


Le modèle « copain » n'est pas forcément inefficace - et notamment l'information y circule vite - mais il produit des effets à hauts risques. L'exercice du pouvoir n'est pas totalement pris au sérieux, les idées fusent - aucune inhibition n'interdisant d'énoncer même les plus farfelues - et l'on se soucie moins de mettre en oeuvre des réformes soigneusement pensées et expertisées, de se livrer à un travail méticuleux, que de monter des « coups », dont le caractère spectaculaire et enthousiaste est présumé devoir vaincre toutes les réticences. Faire bouger devient un leitmotiv et cette manie, si elle crée parfois d'heureuses surprises, provoque ainsi des catastrophes.


Les rapports avec les services dépendent étroitement du goût qu'ils peuvent avoir pour cet avatar du scoutisme. Les fonctionnaires les plus disponibles sont sensibles à ce vent virevoltant, la complicité est contagieuse et insuffle un esprit nouveau. Mais, plus fréquemment, il se heurte au dédain de grands commis qui acceptent mal qu'on traite les dossiers dont ils ont la charge avec ce qu'ils jugent être de la légèreté. Contestant la compétence du cabinet, ils s'autorisent de sa désinvolture pour le court-circuiter et, pensent-ils, sauvegarder les intérêts supérieurs de leur ministère.


Les réputations, individuelles et collectives, se faisant en outre assez vite dans le microcosme gouvernemental, les cabinets de « copains » ne jouissent pas d'une grande crédibilité dans les réunions interministérielles, où on vénère la compétence la plus austère, et en subissent un handicap notamment dans leurs relations avec les représentants du ministère des finances. »

 

à suivre

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 00:09

282248_4487065261959_1254206861_n.jpgLa petite maison du taulier qui affiche sur son enseigne : « espace de liberté » crapahute sur la Toile depuis plus de 7 ans sans s’être fait une spécialité de nettoyer les écuries d’Augias. Cependant je me pose souvent la question « Puis-je chroniquer sur tout mais pas sur n’importe qui ? »


Mettre en cause une personne, même avec des documents incontestables, tel l’e-mail de la DO de Jumilla envoyé aux domaines pour le compte de Jay Miller et de son pote Pancho Campo annonçant les tarifs de leurs visites dégustatives pour Wine Avocate publié par Vincent Pousson sur mon blog link ne se fait pas à la légère. Il ne s’agit pas de jeter qui que ce soit en pâture, instruire à charge, prononcer une quelconque sentence sans appel mais demander des explications, des réponses. Les risques juridiques existent mais ils n’entrent pas en ligne de compte dans l’indispensable éthique. Dans le  cas cité le droit de réponse a été publié. La suite nous a donné raison mais nous n’avons procédé à aucune mise à mort des deux larrons simplement permis de mettre fin à des pratiques douteuses.


La séquence sur les pratiques d'un blogueur auto-proclamé critique gastronomique a disparue dans les mailles de la toile.


Et puis Jean-Paul LUBOT est venu. La lecture de la chronique de Bruno Verjus mettant clairement en lumière, sur la base d’un échange d’e-mails entre lui et le restaurateur Pierre Jancou, l’étrange requête d’un patron d’un grand groupe de presse : Marie-Claire propriétaire de la RVF. Pas n’importe qui le gus, pas le genre vieux ramenard à la Orliac, un membre de la nouvelle élite des affaires, chemise ouverte, décontracté, dans l’air du temps le Jean-Paul. Le hasard a fait que je venais d’écrire une chronique sur l’élite de l’apparence selon Olivier Bardolle «Homme d’affaires le jour, écrivain la nuit» et réac assumé link . Très honnêtement je n’en croyais pas mes yeux car le Jean-Pierre Lubot je le connais puisqu’il préside le Cercle Vendéen dont j’étais membre. Pour moi, j’ose l’écrire, c’était une affaire d’honneur (c’est Bardolle qui va être content) et je ne pouvais que l’apostropher séance tenante. Ce que je fis link


La suite vous la connaissez, ce fut la trainée de poudre. Un détail d’importance je n’ai jamais mis les pieds au restaurant Vivant de Pierre Jancou mais sa réputation m’avait été vantée par l’ami Guillaume Nicolas-Brion grand amateur de vins nature. La position de Pierre Jancou était simple et saine. La montée sur ses grands-chevaux de Lubot d’une suffisance époustouflante. Que le DG d’un grand groupe prenne le temps (pas de réfléchir) mais de consacrer son temps qui, officiellement, doit être très précieux, à tancer un simple restaurateur, qui fait honnêtement son métier, dépasse l’entendement, le mien tout particulièrement. Un tel degré de dégradation de la morale publique ne peut être toléré. La vertu de l’exemple, en des temps où l’élite se vautre dans un mépris de la plus simple décence, je suis sans doute vieux jeu, garde pour moi un rôle essentiel dans la Cité.


Bien évidemment, j’ai eu droit à une leçon de morale d’un  anonyme : « Reste que ces procès en ligne, dans lesquels un simple échange de mails suffit à condamner une personne, peuvent filer la gerbe » Je lui propose de lire ce qui suit : « Je regrette sincèrement cette maladresse (…) Mon attitude a été déplacée. Ceci ne correspond absolument pas aux pratiques et aux valeurs de la rédaction de Marie Claire et des autres magazines du groupe Marie Claire. Je prie toute personne affectée par cet incident d’accepter mes excuses», déclare Jean-Paul Lubot. Dans un communiqué le groupe Marie Claire reconnait que son directeur général « commis une erreur personnelle, que nous désapprouvons fermement ». Je peux fournir à ce commentateur sensible une bassine pour qu’il puisse épandre plus facilement ses vomissures. Où était le procès ? Des faits rien que des faits ? Où était le fort ? Où était le faible ? Sans doute faut-il se taire, laisser de tels agissements sous le boisseau. La réponse est non.


Sur Face de Bouc une commentatrice notait « il existe des privilèges abusifs, notoires ou pas, autrement urticants et à la dénonciation desquels j'applaudirais plus volontiers à défaut de pouvoir le faire à leur abolition… » J’en conviens aisément mais à ce tarif, eu égard au développement exponentiel d’une nouvelle catégorie de privilégiés, le petit chroniqueur que je suis, sans pouvoir d’investigation, n’a plus qu’a remiser sa plume. Cependant les petits ruisseaux faisant les grandes rivières se priver de mettre en lumière des comportements inadmissibles est, à mon sens, salutaire. Pour preuve, dans mon courrier ce matin une lettre d’un ami vigneron me citant deux faits le concernant :


-          « Une demande d’échantillons de X…, pour son guide. Je n’ai jamais reçu un courrier duquel suintait un tel mépris. « Nous estimons que votre vin atteignait une qualité suffisante pour pouvoir figurer dans notre guide ». A aucun moment  cet individu ne s’est posé la question de la qualité de son travail, et si moi je l’estimais suffisante pour y associer mon nom. Je lui ai fait savoir, et sa réaction a été la même que celle de JPL. Mais j’ai été plus vindicatif (la jeunesse ?) que M. Jancou, et les échanges ont été plus loin. Si je vous avais connu à l’époque, je me serais fait un plaisir que de vous transmettre les mails.


-          Une lettre à en-tête du Sénat, requérant des bouteilles, offertes bien sûr, pour le club de dégustation de cette institution. La réponse a été envoyée directement au Président du Sénat et au fonctionnaire (énarque, certainement). J’attends toujours la réponse du président, mais le fonctionnaire a passé un coup de fil indigné au domaine. Il est malheureusement pour lui tombé sur ma mère. Je n’en ai plus eu de nouvelles. Mais plus de demande non plus. »


Des broutilles, des petits trucs sans importance, pas de quoi faire une chronique, d’alerter l’opinion, que nenni, moi j’appelle ça des gens qui « vivent sur la bête » sans même avoir la plus petite parcelle de respect pour le travail des autres. C’est de l’impudence, de la grossièreté de la pire espèce, une absence totale de la plus élémentaire politesse. Tous ces petits marquis n’ont pas de honte, leur claquer le bec de temps en temps ne peut que les ramener sur le plancher des vaches, au ras des bouses, à la bonne hauteur, celle qui est la leur, ne leur en déplaise, bien basse.  


Le couple Jay Miller et Pancho Campo nous avaient traités : Vincent Pousson, Jim Budd et moi-même de « petits blogueurs de merde ». Petits blogueurs, certes, c’est un fait, mais pour la merde, en revanche, nous ne pouvions que tenter de ne pas trop nous faire éclabousser par la leur. Sur ce petit  « espace de liberté »  en 3100 chroniques jamais, au grand jamais qui que ce soit n’a été traîné dans la boue, maltraité, calomnié, le ton est parfois vif certes, un peu vachard quand il s’agit d’amis, mais tout un chacun peut prendre la parole, contester mes écrits, dire que j’écris des conneries, m’insulter, à la seule condition de signer ses écrits (l’anonymat, les corbeaux, vont droit à la poubelle). Ici la parole n’est serve ni pour moi, ni pour ceux qui veulent s’y exprimer. Je ne suis pas journaliste mais je fais mienne la phrase de Beaumarchais dans son mariage de Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur »

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:00

« Qu’est-ce que l’on entend désormais par élite ? » s’interroge tout à la fin de son dernier Essai « L’agonie des grands mâles blancs sous la clarté des halogènes » l’Éditeur 15€ Olivier Bardolle.

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« La définition même de ce que l’on désigne par ce mot a considérablement évolué… » souligne-t-il.


Je vous laisse le soin découvrir l’élite d’autrefois selon Bardolle très « noblesse oblige » au comportement exemplaire où honnêteté, altruisme, éthique, droiture, honneur n’étaient pas des vains mots. Manquent que des noms, mais Bardolle est ainsi fait, comme tout bon sabreur il sait pratiquer l’esquive et ça fait partie de son charme irritant.


« Ni vieillard acariâtre, ni Alceste aigri, Olivier Bardolle est un grand gaillard baraqué, à la cinquantaine juvénile, droit dans ses jeans, qui endosse peu souvent une veste, ignore le port de la cravate, circule à moto et préfère écouter Johnny Cash plutôt que le De profundis de Michel-Richard de Lalande. » portrait de Valeurs Actuelles un hebdo bien comme il faut, réac comme un petit Vendéen crotté du bocage les aime « bonjour nôtre maître… » chapeau bas devant Antoine Morrison de la Bassetière dont mon père « battait » (effectuait les battages des céréales de ses métayers en tant que petit entrepreneur). La suite de la bio à la fin.


« (…) l’élite a changé ; elle se caractérise désormais par une certaine propension à s’exonérer du droit commun et à entretenir soigneusement une politique de réseaux, c’est une « élite des affaires », on s’entraide, on se décore mutuellement, on se rend plein de petits services, on pratique, comme Tony Soprano, le trafic d’influence et le commerce des relations. On n’hésite d’ailleurs nullement à s’embrasser à la manière des voyous, avec forte claque dans le dos, afin de vérifier que l’autre n’est pas exagérément armé (…)


Bardolle cite quelques exemples des pratiques de ce « milieu » comme le coup de fil qui va vous permettre d’ « accéder en vingt-quatre heures au bloc opératoire » là où le commun des mortels, c’est-à-dire ceux qui ne font pas partie de « l’élite », attendent plusieurs semaines, voire plusieurs mois.


Bref, Bardolle d’embrayer sec comme tout bon motard qui se respecte « avec de telles mœurs, comment voulez-vous que l’on puisse faire confiance à ces grands mâles blancs dépravés qui n’ont rien à  offrir comme exemple que ces combines et ces sempiternels passe-droits ? »


Puis, Bardolle place une trilogie de COMMENT acérés auxquels il nous associe, merci, j’adore la charge :


« Comment pourrions-nous ressentir la moindre nostalgie si, d’aventure, de tels individus venaient à disparaître ? »


« Comment pourrions-nous les regretter ces champions des tribunaux de commerce, des cabinets de lobbying, des cénacles privés et autres réseaux où l’on s’échange les bons tuyaux, ces professionnels de l’optimisation fiscale, des acquisitions par effet-levier, des délocalisations compétitives, des restructurations compétitives à coups de plans sociaux ? »

« Comment pourraient-ils susciter en nous  de la sympathie ? »


Arrive l’estoc Bardolienne « On pourrait même en venir à souhaiter qu’ils soient balayés par le grand vent de la mondialisation. Sur le plan de la grandeur d’âme, ces élites sont de toutes petites élites de rien du tout, elles tiennent trop à la vie et sont incapables de se sacrifier pour une idée, pour une œuvre, ou pour un grand amour. C’est une élite de l’apparence où l’on se croit surhumain, au-dessus du panier, parce que l’ivresse, parce que la jeunesse, parce que l’argent et puis avec le temps, on s’aperçoit que l’on n’échappe pas au sort commun »


Enfin, la mise à mort : « On a eu beau se ménager tant et plus, faire du sport, mener une vie « saine et hygiénique », passer son temps chez le toubib, on commence par se faire opérer de la hanche, et pour finir, élite ou pas élite, on tremblote comme tout le monde. Ainsi 80% des gens meurent aujourd’hui dans un lit d’hôpital, leur fin de vie n’est pas toujours esthétique, ils on traîné leur carcasse trop longtemps. Un beau matin ils se font ramasser par le Samu, direction le CHU, et là, devenus simples numéros, ils expirent en toute discrétion, de manière soft et très technique. »


Et d’enfoncer le clou, sans pitié aucune, dans le bois tendre de la « bière » de luxe : « En somme, ils ne meurent pas, ils disparaissent, hop ! escamotés, la mort c’est trop moche, pur négatif ! Les vivants en ont entendu parler mais ils ne veulent pas la regarder en face ; « le soleil et la mort, etc. », c’est bien connu, lunettes de soleil et œillères pour tout le monde, et pour finir, réduits en poudre, en simple petit tas de cendres, et le tour est joué. On est déjà bien assez angoissés comme ça par la vie, alors, vous pensez, la mort… »


Pas mieux, le Bardolle me gonfle parfois avec ses on un peu massificateur, ses facilités de plume, son côté parisien à qui je conseillerais, a minima, d’aller tâter des mecs et des nanas du terroir profond afin de ne pas nous mettre tous dans le même sac à patates versus MARX, mais tout réac qu’il fut sa prose est salutaire dans un monde de petits robinets d’eau tiède propre sur eux. Moi je ne crains pas le gant de crin que je préfère de loin à la brosse à reluire. Et puis, depuis Extension du Domaine de la lutte, Houellebecq j’en connais un rayon…

Si lire « L’agonie des grands mâles blancs sous la clarté des halogènes » l’Éditeur 15€  vous tente voici la présentation faites par le site de www.l-editeur.fr (Bardolle étant le fondateur de cette toute nouvelle maison d’édition »


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« Le grand mâle blanc, au sourire conquérant, cigarette aux lèvres, verre de scotch à la main et Cadillac sous le coude, icône d’une société de consommation en plein essor, n’existe plus. Ses échecs historiques à répétition, les guerres dévastatrices, les décolonisations douloureuses, les krachs en série, l’irruption des nouvelles puissances, ont eu raison de son aura. L’hypermodernité, règne de l’urgence et de la superficialité, a rendu désuètes ces gueules charismatiques. Fini l’homme « taillé pour la pleine mer, pour parcourir les steppes à cheval, traverser les déserts, pénétrer au plus profond des forêts primitives ». Au programme désormais : crise économique, dette publique, précarité de l’emploi, concurrence sauvage et logement clapier. Cette nouvelle existence au rabais signe la fin de la vie héroïque et de ses excès. À l’ère de la grande fusion universelle et du temps numérique,  il va falloir apprendre à se faire tout petit.

Un essai drôle et désespérément lucide sur le crépuscule du grand mâle occidental tel que nous le connaissons depuis la découverte de l’Amérique, et tel que lui-même a pu s’admirer dans le miroir complaisamment tendu par Hollywood. »

 

Suite de la bio d’Olivier Bardolle made in réac des mecs de Valeurs Actuelles


« Rien, dans son apparence et son parcours, ne correspond à l’image convenue qu’un progressiste bon teint se fait d’un “suppôt de la réaction”. À 17 ans, au lieu de s’enthousiasmer pour les illusions lyriques de Mai 68, il traçait la route en Angleterre et flibustait à la légendaire Radio Caroline, avant de travailler, plus classiquement, pour la BBC. De retour en France, il fait ses premières armes dans la publicité, dont Victor Pilhes lui dévoile les arcanes.


En 1979, il publie un premier livre, Mode in France, sur les dessous du prêt-à-porter. De la publicité au cinéma, il n’y a qu’un pas qu’il franchit en acceptant d’entrer à la Warner, dont il codirigera l’antenne française pendant trois ans. De Los Angeles à Cannes, il côtoie avec amusement mais sans illusions le petit monde hollywoodien et sa frénésie du paraître.


Cependant, le besoin d’indépendance se fait sentir, et il ne tarde pas à créer sa propre entreprise, Talent Group, régie commercialisant les espaces publicitaires dédiés aux bandes annonces dans les salles de cinéma. Depuis sa création, la société a élargi son offre, proposant aux distributeurs de films un service d’e-mailings à destination des cinéphiles sur Internet.


Homme d’affaires le jour, écrivain la nuit


Comment un tel homme, immergé dans l’hyper modernité, ayant choisi de travailler dans ces milieux sous-culturés de la publicité et du cinéma, pourrait-il être réactionnaire ? En fait, Olivier Bardolle doit pratiquer la dissociation de la personnalité : homme d’affaires à succès le jour, maîtrisant les codes sociaux de son environnement de travail dont il sape, la nuit, les valeurs factices, par l’exercice clandestin de la pensée. Notre homme, il est vrai, a de fort mauvaises lectures : Gracian, Baudelaire, Leopardi, Schopenhauer, Nietzsche, Bernanos, Céline, Cioran, Bernhard, Debord, Muray… De quoi faire frémir l’abonné de Télérama et l’électeur socialiste de base !

 

Afin d’aggraver son cas, il ose même écrire, et non sans talent. De Mon réveillon avec le dernier des chiens (Ramsay, 2001) à De la prolifération des homoncules sur le devenir de l’espèce (L’Esprit des péninsules, 2008), du Monologue implacable à Des ravages du manque de sincérité dans les relations humaines en passant par un savoureux Éloge de la graisse et un essai pionnier sur Houellebecq, la Littérature à vif, l’écrivain dissèque le corps malade de la société contemporaine, crève les abcès, dégonfle les baudruches, avec la clairvoyance d’un disciple de La Bruyère et le désabusement allègre d’un lecteur de Cioran.

Moins désespéré que Muray, il croit encore – comme en témoigne son iconoclaste et tonique Petit traité des vertus réactionnaires – à la possibilité de survivre à notre modernité décadente, à la résurrection des hiérarchies verticales, et à l’épuisement de cette mine sans fond qu’est la bêtise des bien-pensants, de ces “derniers hommes”, veules et repus, dont Nietzsche prédisait l’avènement catastrophique.


Contre la politique résignée du “chien crevé au fil de l’eau”, Olivier Bardolle veut se persuader qu’il est encore loisible de sauver quelque chose de notre vieille civilisation, dans le naufrage annoncé. C’est pourquoi il vient de créer une maison d’édition au nom provocateur, L’Éditeur, avec pour mot d’ordre “le retour au texte” et pour ambition l’alliance du monde de l’écrit et de la galaxie de l’image. Rien n’est plus dangereux qu’un réactionnaire sans illusions, animé par un pessimisme actif. »

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 00:09

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Dans chaque Ministère il existe un Bureau du Cabinet, service administratif chargé de gérer le flux du courrier adressé au Ministre, des décorations et des parapheurs en provenance des services. Il y a donc un chef du Bureau du Cabinet qui, lorsque j’étais Directeur du dit Cabinet, était une demoiselle dont le nom m’échappe – une jeune fille prolongée – très jugulaire-jugulaire, précise et efficace, qui veillait à ce que les Services ne niaisent pas trop pour que nous ne prenions pas trop de retard pour répondre. Avec l’irruption de l’informatique, des lettres-types d’AR avaient été concoctées  afin de faire prendre patience aux demandeurs. Le procédé n’était peut-être pas très glorieux mais il avait le mérite d’exister et de permettre ensuite de contrôler la diligence des rédacteurs. Sans vouloir chercher d’excuses il faut que vous sachiez que les parlementaires, les élus de tout poil, les organisations professionnelles, les syndicats de fonctionnaires, les pékins ordinaires ça fait vraiment un sacré tas, qui se renouvelle à l’infini, pas facile à manier.

 

Pour la petite histoire la photo qui illustre cette chronique vous montre la face cachée de l'Hôtel de Villeroy qui abrite le Ministre de l'Agriculture et de l'Agrolimentaire : les trois grandes porte-fenêtres sur la droite de la photo sont celles de l'actuel Bureau du Ministre (ce bureau représente quelque chose pour le Taulier... mais ce n'est pas le temps ni le lieu d'en parler)


Mon Ministre, très soucieux de ses administrés et, en bon agrégé d’Histoire, fort pointilleux sur la forme, exerçait une surveillance très assidue et sans relâche sur le courrier qui lui était adressé. Étant, si je puis dire,  son mandataire, tous les soirs que Dieu faisait, passés les 9 heures je me coltinais les piles de parapheurs.  Lire, ne pas se contenter de renvoyer une lettre mal rédigée mais la corriger, ajouter lorsque c’était possible un peu d’empathie en bannissant les « en conséquence de quoi », les leçons de morale dont sont friands certains fonctionnaires, bannir les explications techniques imbitables sur le régime de retraite par exemple, adapter le courrier à chaque type d’interlocuteur, en clair tenter d’humaniser la lourde machine administrative pas forcément formée à l’exercice épistolaire car plus portée sur la rédaction de notes ou la ponte de circulaires en général illisibles par le commun des mortels.  Une fois ce sport particulier du courrier exercé il me fallait ensuite me taper les décrets, les circulaires, tout le cambouis d’une maison riche de plus de 30 000 fonctionnaires, dont plus de la moitié sont des enseignants, éparpillés dans nos belles régions et départements. Et je ne cite pas les établissements publics du type ONF ou Offices Agricoles. Bref, ceux qui pensent que vivre sous les ors de la République c’est prendre du gras se fourrent le doigt dans l’œil très profondément.


La tâche n’est pas aisée mais elle est faisable. Alors j’ai du mal à comprendre le silence, même pas un Accusé de Réception, à la copie de la lettre d’Hervé Bizeul à Pierre Moscovici (je l'ai portée de mes blanches mains à la réception de l'Hôtel de Villeroy) Bien sûr, la bonne excuse serait de dire : elle ne nous était pas adressée, elle aborde des sujets qui ne sont pas de notre compétence, alors nous n’avons pas à répondre. Certes, mais que je sache le vin, dans la grande maison agricole, ce n’est pas tout à fait rien et la vitalité du fameux tissu rural, cher à notre Ministre, est la résultant de la bonne santé économique de cette multitude de TPE vigneronne. À trop penser que l’avenir de ces territoires va dépendre essentiellement des subsides de l’UE, via le fameux second pilier, c’est méconnaître la réalité de notre monde du vin. Je pensais naïvement que la balle serait reprise au bond pour permettre à nos 2 Ministres d’échapper au tête à tête unique avec des représentants professionnels bien amortis et peu pourvus d’imagination. Sans doute suis-je moi doté d’un fort mauvais esprit mais je persiste à croire, comme je l’ai écrit dans ma chronique de lundi, que le monde du vin dans toutes ses composantes a été, reste, et continuera d’être une chance  pour notre pays de par sa vitalité et son inventivité. J’avoue que j’ai peine à comprendre cette indifférence, cette non prise en compte des problèmes posés à ces entreprises, certes de petite dimension, mais qui valorisent nos territoires et ceux qui les peuplent comme nulle autre production agricole.


Cette indifférence j’en ai pris l’habitude depuis plus de dix ans et je pourrais m’en accommoder, préparer mon petit saut dans une nouvelle vie de retraité actif, me contenter de pondre, tel une poule en batterie survitaminée, mes chroniques sur mon espace de liberté.  Je m’y refuse obstinément. Et qu’on ne vienne pas me chanter que je soutien un combat qui ne devrait pas être le mien. Stéphane Le Foll, au sein du groupe Saint-Germain, m’a entendu de nombreuses fois développer cette approche au plus près de cette myriade de TPE qui créent de la valeur. Ceux-là ne vont pas s’expatrier, ils s’accrochent, ils se débattent dans les rets de contraintes administratives multiples, ils sont conquérants, travailleurs, frondeurs ou silencieux, des femmes et des hommes qui assurent à notre économie, depuis des décennies, des résultats à nul autre pareil. Et qu’on ne vienne pas me mettre dans les gencives que ces chiffres ne sont que ceux des GCC, des grandes maisons de Champagne et de Bourgogne ou des 4 Grands du Cognac. Pour avoir bourlingué, trainé mes godasses dans tout le vignoble français, j’ai toujours affirmé qu’il n’y a pas de grand vignoble sans un négoce fort mais qu’en revanche il ne peut y avoir des vins toutes conditions, j’entends par là tous ceux qui sont demandés par le marché, sans de grands vignerons. Cette diversité, cette mixité est notre ADN, notre force, le vecteur de notre notoriété. Alors de grâce, même si ne n’est pas simple, pas facile, cessez de vous en tenir à la seule audition de ceux qui font profession de la représentation. En des temps pas si lointains l’INAO servait de creuset au dialogue entre les vignerons et les administrations de l’Etat, permettait de créer des liens, d’élaborer une législation compréhensible et fondé sur la responsabilité. Ce temps est terminé car les démagogues sont aux manettes. Du fait de leur grand n’importe quoi, de leur laxisme, en réaction, nous sommes entrés dans l’ère des normalisateurs, d’une machinerie administrative coûteuse et irresponsable, à trop externaliser les contrôles on génère une bureaucratie qui vit sur la bête sans apporter de réelles garanties aux consommateurs.


Voilà c’est écrit. Je ne suis qu’un modeste blogueur et les grands maîtres du troupeau pourront m’opposer « Taulier combien de divisions ? » Quand je vois les leurs je prends le partie d’en rire mais, comme je ne crois pas aux majorités dites silencieuses, je leur tends la perche : je suis encore et toujours prêt à servir de porte-voix à celles et à ceux qui souhaiteraient redonner des couleurs à l’action collective, ce qu’au temps de mon père et de mon grand-père on appelait le MUTUALISME, la mise en commun d’intérêts communs. Ce serait l’embryon d’un combat citoyen de gens qui veulent vivre au pays tout en étant de ceux qui donnent un nouvel élan à notre vieux pays. Il ne s’agit pas d’un rêve mais de mettre un contenu tangible à l’avenir. Puisqu’une loi dites d’avenir est en gestation rue de Varenne je souhaiterais que dans l’exposé des motifs il soit inscrit «« J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » Henri BERGSON 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 14:00

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Bien sûr le Taulier n’a pas une belle gueule d’amour comme Montebourg, il n’est qu’un vieux cheval de labour blanchi sous le harnois (vieux mot : ensemble des défenses qui protègent le corps d'un guerrier). Mais il n’a pas attendu le héraut du fabriqué en France pour se chausser (mes Heschung made in Alsace) et se vêtir français dès qu’il le pouvait. Sa marinière à lui, donc à moi, c’est une Saint-James qui, comme son nom ne l’indique pas, est une entreprise française. Elle n'a pas poussé jusqu'à s'appeler Saint-Jacques pour faire plaisir au taulier mais, même si les Français ne sont pas très doués en anglais, le rapport est évident ce qui n'est pas le cas pour le bel Arnaud qui n'est pas Breton. 


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« L'entreprise SAINT JAMES est implantée en Basse Normandie, dans la commune de Saint-

James, à proximité du Mont Saint-Michel, depuis 1889. Sa notoriété s'est forgée sur un vêtement culte "le vrai pull marin breton tricoté en pure laine vierge", destiné à l'origine aux marins pêcheurs, puis adopté par les grands navigateurs et les plaisanciers. Ses collections "bord de mer", pure laine, pur coton, séduisent une large clientèle sur les côtes mais aussi dans les grandes villes de l'hexagone, comme en Europe, aux Etats-Unis, Canada et Japon. Des boutiques SAINT JAMES sont présentes à Paris, Nice, Le Mont Saint-Michel, Saint-Malo, Calais, Knokke-le-Zoute (Belgique), New-York, Tokyo, Osaka...


Historique ICI link 

Catalogue ICI link 

 

La notoriété du Taulier étant ce qu’elle est la marque n’a pas enregistré « une progression de 75% de ses ventes » comme après l'apparition du ministre du redressement productif en vêtement rayé Armor Lux sur la une du «Parisien magazine»...


A Paris, même les galeries farfouillette sont en rupture de stock, tandis que les ventes en ligne ont triplé sur le site de la marque.


Une bonne surprise pour le patron d’Armor Lux, Jean-Guy Le Floch, qui n’avait pas été prévenu de l’opération. «C’est inattendu et très sympa de mettre en avant l’industrie française. Pour une fois, c’est un mannequin qui ne me coûte pas cher», s’était-il amusé dans les colonnes de Ouest-France après la publication du magazine.


 « Né à Quimper, dans le Finistère, en 1938, Armor Lux emploie 380 personnes dans ses usines, où sont fabriquées les fameuses marinières, ainsi que toute une gamme de vêtements. La marque a déjà été sollicitée ces dernières années pour concevoir les tenues des agents de La Poste, de la SNCF, d’Aéroports de Paris mais aussi de la Police nationale. Pendant la campagne présidentielle, François Bayrou, lui aussi avocat du «made in France», avait également choisi Armor Lux pour ses T-shirts militants. Un simple mot barrait le devant du vêtement: «Irrésistible.»


Alors amis du vin un petit effort pour une fois ralliez-vous au panache blanc du Taulier et faites péter les ventes de mon entreprise méritante. En effet, 1990, dans la perspective du départ à la retraite de son Président, Bernard BONTE, et devant sa volonté, celle des cadres, de voir à Saint-James se maintenir usine et emplois, un projet de Reprise de l'Entreprise par les Salariés est mis en oeuvre. Le rachat majoritaire de TRICOTS SAINT-JAMES est intervenu le 5 décembre 1990, après l'adoption en juin 1987 de nouveaux statuts portant création des Directoire et Conseil de Surveillance.

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