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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 12:00

L’actualité rattrape le Taulier puisqu’en lisant « de l’autre côté du vin » ICI link il avait beaucoup apprécié la contribution de Patrick Deville « le vin de La Guerche » et il avait, avec son petit crayon de papier, qui ne le quitte jamais, encadré des passages qui lui parlait beaucoup à lui le petit Vendéen de la Mothe-Achard. Je me retrouvais dans les lignes de Deville. C’était comme chez moi. Alors puisque l’écrivain vient de  recevoir le prix Femina pour son roman Peste&Choléra qui retrace l'épopée d'Alexandre Yersin, explorateur parti au bout du monde découvrir le redoutable bacille de la peste. Je vous mets l’eau à la bouche en vous proposant mes extraits.


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Deville a de l’humour puisque, sitôt connue la décision d’un jury composé uniquement de femmes, il a déclaré : « C’est magnifique. On écrit toujours pour avoir le plus de lecteurs possible... On me reproche parfois (d'écrire) des livres pour les garçons, et bien la preuve est faite que non. »


Du côté du Tastevin je suis sûr que le30e anniversaire va avoir encore plus de saveur. Je lève mon verre virtuel du vin de La Guerche pour l’heureux lauréat et tous ses amis leveurs de coude.


(…) en septembre les vendanges. À neuf ans l’enfant cueille ses premières grappes. Entre les rangs se dressent des pêchers de vigne comme en Afrique entre les caféiers les érythrines. Le long de la Courance l’enfant vendange le Gros-Plant. Il emplit les basses de bois que les hommes chargent à l’épaule. On mène l’attelage vers le pressoir  à long fût dans la cour de la Ferme. Au soir les enfants fourbus se jettent en riant dans les vagues chaudes de l’automne.


À table le Muscadet et le Gros-Plant. Noah et Baco. Les piquettes en cruchons feront passer les nourritures lourdes de l’hiver, lard et féculents. Le vin aigrelet rince les estomacs. C’est la paix, c’est la vie. L’eau du puits et le pain du four. Les vieux sont des survivants de la boucherie aux Poilus. Ils tracent au couteau la croix des chrétiens sur la miche. Chaque repas est une célébration qui vaut bien une messe. Pour les enfants, c’est alors quelques années de purgatoire entre le lait des femmes et le vin des hommes. À sept ans qui est l’âge de raison, on leur set la mêlée qui est un vin coupé d’eau fraîche » (…) 


« Depuis le siècle dernier et les paquebots, l’insecte du phylloxéra, ce puceron américain qui depuis Colomb mourait lors des longues traversées à la voile, est venu boulotter les vignes de l’Europe. On a recours à l’hybridation pour l’encépagement. C’est de la poésie utile : dans les rangs, du 87-45, un peu de 26 315 et 753. On sait qu’il faudra chaptaliser un peu. » (…)


« Mais c’est à présent trop de bras pour si peu d’hectares. Le paysan se fait ouvrier. Sur les chantiers de la reconstruction, à Saint-Nazaire, on embauche dans l’aéronautique et la navale. Il a vingt-cinq ans et entre à Ouest-Aviation, fonde une famille, suit les cours, obtient un diplôme d’ajusteur. On fabrique le Vautour. Plus tard ce sera la belle Caravelle des airs. Pendant trente ans, chaque matin avant le jour, le vélomoteur embarqué sur le bac pour traverser la Loire et rejoindre l’usine. Ceux qui sont restés sur les terres deviennent  exploitants agricoles. À la Ferme vivote en célibataire son oncle Victor. Ça pourrait être la disparition des paysans et du vin des paysans. C’est l’époque des engrais, de la chimie et des excédents de picrate et des réclames pour résorber ceux-ci, « Buvez du vin. Le vin est un aliment ». Beaucoup d’ouvriers essaieront dans l’infâme jaja d’oublier le lundi du turbin. Ce n’est pas son genre. » (…)


« À la mort de l’oncle, il hérite pour partie de la vigne des Landes de la Guerche et rachète les autres parts. Le voilà viticulteur et propriétaire de cet arpent dont il a planté pendant la guerre, à l’âge de douze ans, les menus brins devenus ceps noueux. » (…)


« Parce que le syndicalisme fut son université. Lui qui a quitté l’école à treize ans a emprunté les livres de la bibliothèque du Comité d’entreprise. Grand lecteur de récits  de voyage et de navigation, il sait les cartes de l’Afrique et de l’Asie et le nom des explorateurs. Il emprunté les disques. Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche on écoutait Ferrat le rouge On y entendait la disparition des paysans et du vin des paysans, cette horrible piquette qui vous fait des centenaires… Au retour il range les coupes et les médailles, sort les bottes et le sécateur et retourne à sa vigne.


Nous sommes dans la lumière de juillet deux mille douze. Le vieil homme vient de passer le paroir entre les rangs pour déraciner les herbes. Le tracteur a cinquante ans, et les pieds de vigne soixante-dix cette année. Tout est plus jeune que lui. Il en a quatre-deux. La longévité d’une vigne est celle d’un homme quand tout va bien pour elle et pour lui. Celle-ci eut la chance d’éviter de quelques mètres la bombe américaine. Celui-là d’avoir été trop jeune pour la guerre et trop vieux déjà pour le contingent d’Algérie. Par le hasard des arrachages, cet arpent des Landes de la Guerche est aujourd’hui la vigne la plus proche de l’océan Atlantique et des vagues. Elle donne encore selon l’année cinq à six barriques de deux cent vingt litres et l’on songe à Rimbaud dont le vin filait à la plage :


Nos vins secs avaient du cœur.

Au soleil sans imposture (…) »


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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 00:09

  

 

Ne manquait qu’un voiturier au bas des marches du Petit Palais lorsque je me pointais sur mon grand destrier noir ce lundi en fin de matinée pour honorer de ma présence de VIP (c’était inscrit sur le carton d’invitation) une dégustation du millésime 2010 des GCC de Bordeaux (pléonasme). Pour les non parisiens et les non enduit de culture, à quelques encablures, de l’Elysée et des Champs Elysée se dressent des Palais : le Grand et le Petit qui se font vis-à-vis et, même depuis quelque temps pour faire un peu d’argent ils ont posé au flanc du Grand un Mini Palais www.minipalais.com qui fait restaurant-bar-lounge de 10h à 2 h du matin. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même voilà ce que son site dit : « A deux pas des Champs Elysées, dans la partie la plus noble du Grand Palais, le Mini Palais se dresse majestueusement sur l'avenue Winston Churchill. Ses colonnes impériales le rendent reconnaissable au premier coup d'œil. Le Pont Alexandre III nous offre sa plus belle vue, la Seine coule paisiblement à quelques mètres d'ici… Nous sommes au cœur du Triangle d'Or. Dans ce haut-lieu artistique parisien, Le Grand Palais et le Petit Palais existaient déjà pour faire vivre l'art d'hier et d'aujourd'hui. Il ne manquait que le MINIPALAIS pour compléter ce décorum grandiose et proposer un art plus éphémère qui n'existait pas encore dans ce bel ensemble : la gastronomie… »


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Quittant les lisières interlopes de Paris, chères à Patrick Modiano, ce Palais des Congrès de la Porte Maillot digne des congrès des gros betteraviers des plaines du Nord et de l’Est, pour se poser au cœur du Triangle d’Or pour les GCC c’est aussi normal qu’un nez posé au beau milieu de la figure. Pour le Taulier juché sur son destrier c’est plus commode. Gravissant les marches du Petit Palais sur le mode Chaban, l’échine souple, l’œil pétillant, je passais le portique sans couiner pour aller me faire étiqueter avant de me faire scanner par un sbire tirant une gueule de trois pieds de long. Les mecs en noir se la pètent grave dans le style des vendeurs de fripes de luxe de l’avenue Montaigne qui vous toisent comme si vous étiez un Rom parce que vous êtes fringué à votre goût qui n’est pas le leur vu qu’ils n’en ont pas. Ces molosses en fait veillaient au grain protégeant la pile de verres Riedel des pique-verres qui sévissent dans les dégustations. En général le pique-verre est aussi un pique-assiette et il se repère très facilement à sa capacité d’être sur les trajectoires des serveurs.


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Bref, les organisateurs par la grâce de 2 dames, qui ne sont pas des drôles de dames mais de fines lames, avaient mis les petits plats dans les grands via Fauchon. Dans mes propos nulle trace d’ironie cette dégustation était à la hauteur : lieu somptueux où il est aisé d’aller et venir, de converser, y’avait même quelques canapés, de déguster et de cracher. De la lumière ça aide surtout face à l’ampleur de la tâche : Graves, Pessac-Léognan, Saint-Émilion Grand Cru, Pomerol, Listrac-Médoc, Moulis-en-Médoc, Haut-Médoc, Médoc, Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, Sauternes et Barsac , 136 châteaux présentés. Mon défi : déguster ! Les prendre en file indienne, verre tendu et me soumettre sans me démettre à l’exercice dégustatif. Bien sûr je n’ai pas tout dégusté car, avec les blancs secs, une vingtaine, j’aurais atteint mon plafond d’incompétence qui se situe très bas. Petit besogneux j’y suis allé de bon cœur alors que les dégustateurs connus des revues, eux, conversaient montrant ostensiblement ainsi à la piétaille qu’eux n’avait nul besoin de ce type de raout puisqu’ils dégustent en privé. L’important pour ces mini stars c’est de se faire voir et surtout d’être vu de ceux qui comptent et, accessoirement, de se nourrir de l’excellent hachis Parmentier tout en cherchant de s’approcher de la Présidente des GCC. La routine quoi !


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Bien évidemment je ne vais vous livrer toute l’étendue de ma vacuité en exhibant mes notes de dégustation posées sur le carnet ad hoc aussi indemne de toute souillure d’écriture qu’une vierge. En revanche, petit à petit, mes doigts ressemblaient à ceux de Sonia la vinificatrice, tachés par le jeune nectar. Ce que je puis vous dire c’est que la qualité de l’accueil progresse, sans doute sous l’impact de la féminisation, c’est agréable, peu intrusif, l’extension du domaine de l’empathie ne nuit en rien à la haute tenue des GCC. Sur le fond de la dégustation, les enjeux commerciaux et financiers sont tellement grands que je comprends que pour ces châteaux tout doit être sous contrôle, bien bordé, assuré, afin de ne pas se faire décrocher du peloton. Qui se risquerait à prendre des risques ? Qui oserait pousser une nouvelle porte ? Comme une impression générale d’impeccable, de plis bien repassés, de coupes classiques maîtrisées, une crainte viscérale de l’originalité. En soi ce n’est pas de ma part une critique mais comme un regret que cette perfection sous contrainte bride l’imagination. C’est beau et grand comme un immeuble haussmannien fraîchement ravalé mais ça ne fait pas forcément rêver. Plaire sans perdre son âme telle est la question qui taraude l’univers des GCC, être de son temps avec tous les soins portés sous les conseils des consultants omniprésents et parfois encombrants en assumant tradition et histoire est une équation difficile à résoudre. Ceci écrit, sans me placer dans un ailleurs hautain, ces vins se situent bien dans la tendance d’un temps où une certaine forme d’uniformité d’apparence tient lieu d’originalité en confortant le sentiment d’appartenance à un statut privilégié d’une classe moyenne « supérieure » qui lorgne vers le haut sans en avoir les moyens.


Transition toute trouvée, mais non voulue, dans les travées du Petit Palais j’ai été frappé par l’omniprésence des jeunes gens des Grandes Écoles : Polytechnique, HEC, Supélec, Sciences Po, filles et garçons avec encore une prédominance mâle. Ils vont en paquet de 3 ou 4 tels des poussins bien nourris, on les sent appliqués comme de bons adeptes de club de dégustation, attentifs comme de futurs clients de GCC, mais en dépit de leurs codes vestimentaires modernes je les trouve un peu guindés, gênés aux entournures par leur approche du vin très cérébrale. Mettre des mots sur le vin, canaliser ses sensations, se glisser dans la peau d’un expert, cultiver le sérieux de l’expert comme un module supplémentaire, engranger des éléments de discours pour enrichir à la fois son parcours, anoblir son CV. C’est le vin statut, le vin qui pose son homme lui confère une forme moderne de vernis d’excellence qui fait la différence. Sous ma plume nul procès d’intention car je ne dénie pas à ces jeunes pousses la passion mais j’ai rarement vu une passion se développer sans grain de folie. Un peu de couleur dans ce monde gris point ne nuit les amis, je suis même certain que la convivialité est une valeur plus sûre que les placements financiers en GCC.


Que des 2 Rives, la Droite, comme la Gauche, nul ne prennent mes propos toujours un peu ollé, ollé, pour une facilité de chroniqueur en mal d’un quelconque dénigrement, pour une manière de se dédouaner à bon compte, ce serait d’ailleurs une mauvaise manière, pour un biais démagogique en tombant dans le misérabilisme. Si les GCC n’existaient pas il faudrait les inventer. Ils sont des marqueurs de notoriété incomparables, leur valeur patrimoniale est incontestable et dans le grand barnum de la mondialisation tout ce qu’ils font pour garder leur rang, pour le renforcer doit être salué. Je suis de ceux qui le font. Ma relation avec les GCC est très ancienne et très forte : je leur dois un parcours initiatique hors pair. Passer en 1981 de l’Office des Vins de Table au cabinet du Président de l’Assemblée Nationale dont la cave ne recélait, par la grâce de Chaban-Delmas, que des GCC, et de la gérer, ça ouvre la focale, ça débarrasse des idées reçues, ça vous fourbi les papilles et ça vous fait prendre conscience de la nature stratégique de « l’industrie du vin » en France. J’emploie à dessein ce mot honni rien que pour souligner que le monde du vin est un et que la bonne santé de la base de la pyramide constitue un atout pour la classe au-dessus. Mais ça c’est une autre histoire où la place de Bordeaux, au travers de ses représentants à l’INAO, s’est souvent contentée de se considérer, à elle seule, comme la France du vin. La hauteur de vue n’est plus un privilège de naissance mais la capacité de s’extraire des contingences de ses intérêts bien compris. En français ça s’appelle l’intérêt général. J’arrête là sinon je vais me faire sonner les cloches. Comprenne qui pourra, y compris le cardinal archevêque de Bordeaux le bien nommé Mgr Ricard. Amen !


Détail d’intendance : trop occupé à déguster, un verre et un calepin à la main, je n’ai pu faire des petites photos de la dégustation. Mesdames les organisatrices un photographe style Armand Borlant ne serait pas de trop pour faciliter le boulot des petits chroniqueurs fauchés de la Toile. Merci beaucoup. Enfin, j’ai fait plein de promesses aux unes plutôt qu’aux autres de descendre ma vieille carcasse jusqu’à Bordeaux pour crapahuter dans les GCC.

 

à bientôt !

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 14:00

Le Taulier fort occupé n’a point vu venir l’automne qui, chacun le sait, vient tout juste après l’été où il avait fait courir la France entière sur son Grand Jeu de Piste Normal de l’été. Les Français sont joueurs mais en plein été faut pas trop leur en demander. Mais comme il vaut mieux tard que jamais voilà les réponses aux questions posées par le Taulier. Il y a des gagnants, j’ai leurs réponses. Ne le reste plus qu’à se manifester puisqu’ils ont tout bon et à venir récupérer leurs bouteilles chez le Taulier car celui-ci n’étant pas transporteur-livreur n’a que ce moyen à leur offrir.


Merci aux participants et à bientôt pour les gagnants. Voir les étiquettes des lots ICI : link


Jeu de Piste 007

Question 1 : Ce film, lui aussi cité dans la chronique, se déroule dans une grande ville : laquelle ?


Réponse : Montpellier où a été tourné « L’homme qui aimait les femmes » avec Charles Denner


Question 2 : « Seul Limoux sauve l’honneur « Nous devons à Limoux deux produits connus : la blanquette, vin blanc délicat, un peu sucré et les romans de Magali » En lisant la suite de cette chronique vous saurez avec quel auteur  Dumay déguste de la blanquette : quel est le lieu de naissance de cet auteur ?


Réponse : c’est Dumay qui l’écrit « Joseph Delteil natif de Pieusse »


Question 3 : Dans ma chronique « Délibération du Conseil de Losse-en-Gelaisse en date du 8 décembre : faut-il faire appel à Robert Parker pour le mondial de l'aramon ? » le dit Conseil à la quasi-unanimité décide en vue de la fusion des deux coopératives La Moderne et L’Etoile de consulter un grand oracle président d'une coopérative connue dans le monde entier...  Où habite ce grand oracle ?


Réponse : à Embres&Castelmaure patrie du grand Président PDHM


Question 4 : « La carte et le territoire, Houellebecq m’a offert une bouteille de … » où je besognais un texte à la manière de… en me mettant dans la peau du pingre Houellebecq qui venait de se voir octroyer le Goncourt. Tout ça pour faire une pub éhontée à une cuvée élue meilleur vin du Languedoc : laquelle ?


Réponse : le N°3


Question 5 : Dans son interview du 18 juin mon vigneron-culte évoquait la cuvée phare de son vignoble quasi-latifundiaire : quel est son nom ?


Réponse : la cuvée Coume Majou


Question 6 : Mais j’écrivais aussi : La Côte de Tire Pé doit son nom à une scène agraire quotidienne et bien connue des autochtones, … » En quoi consiste cette scène agraire ?


Réponse : «la scène agraire « selon laquelle les bêtes de somme se soulageaient de leurs efforts pour monter à la propriété en tirant le pet »


Question 7 : le Taulier accorde une mention spéciale « à un petit bijou, une rareté (6500 b), un vin éclatant, rond sans artifice, du velours à fines côtes, c’est vigoureux, vif, du fruit plein la bouche sur un bar de ligne à la croûte de sel : à se sucer les doigts et à finir son verre… »  Le nom de ce petit bijou m’agréerait chers compétiteurs ?


Réponse : Pérette et les noisetiers 2009 domaine Mouthe Le Bihan


Question 8 : « Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer » ou  « La sagesse : dire le vrai et agir selon la nature » C’est bien là l’esprit facétieux du Taulier que de demander de choisir entre Eric Cantona et Héraclite mais le but du jeu est de vous faire découvrir un lieu : une île même entre les deux célèbres rives de la Gironde. Pourriez-vous m’indiquer le nom de cette île ?


Réponse : l’île de Patiras


Question 9 : Ce jour-là Aline et Paul Goldschmidt jouaient de bonne grâce à mon petit jeu « Du côté de chez la baronne Guichard : Aline&Paul répondent à 4 mains au questionnaire de Proust » A la question : Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : Quelles sont leurs réponses ?


Réponse : -       Aline : les fautes de goût  -       Paul : la gourmandise


Question 10 : votre Taulier vous demande le nom du premier suppléant de Robert Boulin lorsqu’il se présenta à la députation à Libourne ?


Réponse : Jacques Boyer-Andrivet


Question 11 : Pourquoi ai-je dans une chronique « Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble » affublé le plus beau nez du PDF (paysage dégustatif français) de cet étrange qualification ?


Réponse : en référence au collège du Taulier Amiral Merveilleux du Vigneaux aux Sables d’Olonne


Question 12 : La mode dura une dizaine d’années, le temps qu’il fallut aux ampélographes pour expérimenter les hybrides qui allaient concurrencer, sous leurs propres noms les « envahisseurs » américains… » Quels sont les noms de ces hybrides bien français ?


Réponse : Noah, Othello, Jacquez, Clinton, Taylor…


Question 13 : Dites-moi il était prof de quoi le frère Bécot ?


Réponse : d’Histoire


Question 14 : Par la suite faisant l’apologie des œufs au plat et de la poêle Minérale de Buyer, il les mariait avec le Chenin de Jérémie Mourat. Quel est le nom de cette Cuvée ?


Réponse : Le Chenin Terres Quarts 2009


Question 15 : où notre René Renou, qualifié de puissant président de l’INAO par la journaliste, soupirait… « Patrick, c’est…

C’était qui d’après René Renou ?

 

Réponse : Patrick Baudouin


Question 16 : « Mais pour une fois, je vais t’épargner le plaisir mélancolique de l’association vin rouge et chanson triste existentielle que j’aime tant, et je vais laisser la reine, Amy Winehouse, accompagner mon chablis. D’ailleurs, avec un nom pareil, elle doit s’y connaître » Les artistes sont éternels et l’alliance du Chablis Bel Air et Chardy 2006 et Amy Winehouse l’est aussi.  Quel est le nom du vigneron produisant ce Chablis ?


Réponse : Olivier de Moor sans oublier Alice bien sûr


Question 17 : Nous y voilà chez l’ami Francis Boulard en Champagne. Quel est la marque et la couleur de l’enjambeur de Francis ?


Réponse : LOISEAU bleu


Question 18 : Paul, fort de son expérience européenne a su dénicher de «vieilles vignes » du début du XXe siècle qui répondaient à ses recherches de petits rendements pour tirer la quintessence de ce cépage dont vous aller me donner le nom !


Réponse : Zinfandel


Question 19 : Combien d’hecto de Bojolo  Nouveau en  1986 selon papa Bréchard ?


Réponse : 576 000 hl


Question 20 : Que nenni, mon enquête menait mes pas du côté du Palais des Papes avant de sauter le Rhône sur le Pont d’Avignon pour m’enfiler une flopée de routes départementales chères à feu Jean Yanne, faire le tour d’une tripotée de rond-point et échouer dans la cour de la coopé… » Quelle coopé ?


Réponse : d’Estézargues


Question 21 : Lors du Grand Concours de l’été 2010 quelle était le nom de la cuvée offerte par le Clos d’Alzeto ?


Réponse : magnum d’Alzeto Prestige 2007


Question 22 : Donc, lorsque tout récemment je suis allé du côté de Marx Dormoy j’ai acquis une bouteille de Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€ : Quel le nom de la cuvée ?


Réponse : Volcanique


Question 23 : la Maison Familiale de Beaune-Grandchamp 5 rue de la Corvée de Mailly 21200 Ruffey-lès-Beaune Tél. : 03.80.26.61.44 / Fax : 03.80.26.52.21 / E-mail : mfr.grandchamp@mfr.asso.fr Cette maison produit un Melon : à quel Vin de Pays se rattache-t-il ?


Réponse : Vin de Pays de Sainte Marie la blanche


Question 24 : la réponse de Pierre Richard à la question : Un plat qui a de l’humour. Normal pour le Grand Blond à la chaussure noire, vigneron de surcroît. Quelle est donc ce plat ?


Réponse : Un cochon aux truffes. S’il avait imaginé qu’en les trouvant il contribuait à sa perte !!!


Question 25 : 4 prénoms sont associés à ces gâteaux monumentaux, lesquels ?


Réponse : Luca, Paul, Flora, Violaine


Question 26 : Quels cépages trouve-t-on dans les vignes de Catherine Bernard ?


Réponse : grenache, marselan, mourvèdre et cinsault


Question 27 : Dans collection de Lucia et Matteo Ceracchi du domaine Piana Dei Castelli quels sont mes vins préférés ?


Réponse : le Grechetto 2011 et le Torre del Mare 2006


Question 26 : Quel est le nom du récipient dans lequel on fabrique le Lardo di Colonatta et de quelle matière est-il constitué ?


Réponse : des cuves taillées dans un bloc de marbre « conca ».


Question 28 : -         Quelles sont les 2 congrégations qui ont présidé à son éducation au cours de sa petite enfance ?

-        Et en 1978 il fut le « Monsieur Vin » d’un département cher à un chanteur de charme : lequel, pas le chanteur, le département ?


Réponse : les petites sœurs de Mormaison et les frères du bienheureux Louis Grignon de Montfort

Le Loir et Cher 

 

Jeu de Piste 008

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 00:09

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Jusqu’à ce jour béni où il acquit*, pour la modeste somme de 12,90€, « Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien » de Miss Glou Glou, pour votre Taulier bien aimé le Neiman était un dispositif antivol installé sur la colonne de direction de sa petite Twingo, le genre de truc sophistiqué comprenant 75 pièces différentes miniaturisées, inventé en 1931 par l'industriel Abram Neiman qui créa une entreprise autour de cette invention qu’il popularisa après la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui Neiman appartient au groupe Valeo.


(*) L’acquisition de l’opus de la Miss s’est apparentée à un parcours du combattant dans une rizière de la vallée du Mékong. D’abord je me suis dit un peu feignasse : Amazon, il sera dans ma boîte demain sauf que pour une fois les ricains m’annonçaient un délai de 10 jours style PTT des années 60. Alors je me suis rapatrié sur le site de la FNAC pour voir si le Neiman y était. Bonne pioche mais vu le délai français j’ai pédalé jusqu’à la rue de Rennes. Là, queue de chique : un gentil employé me dit qu’il n’est ni en stock, ni en rayon. Bon alors direction l’Écume des Pages Bd St Germain : rien ! Repli sur la rue des Écoles chez Compagnie où une nana genre porte de prison non révisée me signifie que la librairie ne distribue pas la collection l’Étudiant. Je grogne qu’à 2 pas de la Sorbonne c’est étonnant. La grognarde me lâche en partant « allez donc chez Deyrolles c’est tout près… » Il pleut des cordes ! J’affronte car mon blouson à une capuche et me voilà chez Deyrolles au milieu de bouquins savants et techniques. J’suis au bord de l’épuisement. Je sors et face à moi s’offre un autre Deyrolles art de Vivre. Je m’y rue ! Je m’ébroue et fébrile je plonge dans les piles. Putain s’ils ne l’ont pas je fais la grève de la faim ! Je fouine et soudain, juste derrière l’opus de Myriam Huet, coincé entre un gros bouquin prétentieux dont je tairais le nom et un livre de cave le voili, le voilà, le bouquin d’Ophélie. Je paie le prix syndical. Dehors les seaux d’eau cessent d’asperger la chaussée. Je remonte la rue Saint-Jacques tout guilleret : oui je l’ai mon Neiman…


Bonne transition pour vous avouer que depuis cet achat, dont l’héroïsme ne vous a pas échappé, sous la robe satinée – terme de dégustation bien sûr – de miss Glou Glou le Taulier a découvert le charme d’une jeune femme Ophélie Neiman « au sourire ravageur car c’est une croqueuse de tanins. Avec elle jamais de pépins, même pas besoin d’être un nez fin pour comprendre et apprécier le vin. »  Bien sûr je ne fais que reprendre ici les termes louangeurs du Communiqué de Presse envoyé, par l’attaché de presse de son éditeur, par porteur. Trêve de baratin, Ophélie je la connais depuis un petit bail,  depuis elle ne crache plus le vin au resto et je ne lui ai jamais fait le coup de m’extasier sur son prénom dans le style du mec qui ne cite pas ses sources « t’es pas la fille de Polonius, le chambellan et conseiller du roi, dont Hamlet  est amoureux… » ou plus encore celui qui étale sa culture comme de la confiture en lui faisant le coup du mythe d'Ophélie, qui est toujours représentée au clair de Lune, avec des fleurs, sa chevelure et sa robe étalées autour d'elle, flottant sur l'onde, paisible, semblant plus endormie que morte, comme le notait le bon vieux philosophe Gaston Bachelard.


Bref, même si je suis, comme toujours, un peu long en bouche – terme de dégustation bien sûr – vous aurez tous saisi que pour moi aujourd’hui : un Neiman c’est le nouveau bouquin d’Ophélie. Je puis vous l’assurer – j’ai un petit côté AXA – rien de plus sûr pour débloquer les esprits rétifs aux joies du jaja qu’un bon petit Neiman de derrière les fagots.


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Bien sûr comme les carabiniers d’Offenbach j’arrive un peu après la bataille.


Nous sommes les carabiniers / La sécurité des foyers /Mais par un malheureux hasard / Au secours des particuliers / Nous arrivons toujours trop tard.


En effet ce livre, au titre provocateur « Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien » sitôt sorti des presses a déjà été encensé, porté au pinacle, et même proposé au Goncourt, par l’un de mes éminents et forts compétents confrères de la blogosphère : le sémillant Nicolas de Rouyn.


Face au dédain d’Ophélie, lors d’un déjeuner très chic, avec de la musique et la lettre de Lucullus à Sénèque déclamée par un Weber très enveloppé, je lui lançais au-dessus de la table : « Et moi dans tout ça Ophélie je sens le gaz ?»


Réponse de la gredine – pas grenadine, même si Ophélie dégoupille vite – jeune mariée, « je n’ai pas osé te l’envoyer… ». Ce passing-shot de revers aurait pu me laisser cloué sur ma ligne car il est vrai que je m’étais étonné en son temps, voire même offusqué, de l’envoi du livre de Denis Saverot m’assimilant à la peuplade des Nuls.


Mais, tel un Roger Federer au mieux de sa forme, avec élégance, loin d’accepter ce joli mensonge, fleurant bon les parfums de fleurs blanches, très marqué petits fruits rouges avec une pointe d’acidité et une belle tension, je relançais le long de la ligne.


Qu’est-ce à dire chers lecteurs ? Tout simplement sachant notre Ophélie point du tout craintive, même assez culottée, je décidai de lui retourner le compliment en achetant son opus accouché dans les cris et la douleur, selon elle.


En effet, quoi de plus probant, pour le vieux Taulier que je suis, genre laboureur rassemblant ses enfants autour de sa couche, que de soutenir le dur labeur d’un (e) auteur(e) en alimentant ses droits d’auteur. À bon compte le Taulier se la joue magnanime, tuteur il soutient la croissance des jeunes pousses.


Suite à cette magnifique séance d’autopromotion il ne me restait plus qu’à lire mon Neiman !


Ce que je fis dans mon lit et je ne me suis même pas endormi. Bien au contraire je me suis dans ma petite Ford intérieure : « quand t’étais petit mon ami t’aurais bien aimé avoir le p’tit bouquin d’Ophélie en mains pour y connaître quelque chose sur le vin. » Ton premier vin fut la piquette du pépé Louis pleine de fleurettes que tu allais tirer à la barrique dans une cave sombre pleine de toiles d’araignée. Avec de l’eau fraîche ça avait son charme mais le premier vin commercial tu as acheté, une fois marié, c’était un VDQS Saint Georges d’Orques rue de Tolbiac. Bon, tu ne vas pas  continuer de nous raconter ta vie ce serait chiant. Mieux vaut pour vous goûter au plaisir des notes de lecture du « NEIMAN » qui déverrouille les neurones gustatifs de nos ignares têtes blondes.


L’objectif d’Ophélie est affiché d’entrée : « Ce petit livre vous donnera les bases pour bavarder avec un vigneron ou un sommelier, les mots pour briller en société, l’assurance d’un roi pour choisir un vin sur une carte. En bref, il vous conférera la classe internationale devant un verre. »


Ça me met très à l’aise pour vous parler de ce petit livre car je ne parle jamais de vin avec qui que ce soit, avec les vignerons je cause politique ; je ne cause jamais aux sommeliers car je me contente de les écouter ; en société je me contente de parler aux filles de tout et de rien et surtout pas de vin ; au restaurant y’a belle lurette que je me suis déchargé de la lourde tâche de choisir le vin, le plus souvent je me contente de faire la synthèse des opinions en présence. Bref, j’ai avec le vin des rapports si intimes que je n’éprouve nullement le besoin d’évoquer en public leur longueur, leur bouche tendue ou leur finale épicée. Pour autant j’ai toujours plaisir à écouter les vrais et grands dégustateurs, dont je tairais les noms pour ne pas m’attirer les foudres des autres, ça me repose.


Le format du livre 12,5x17,5 est excellent car il peut facilement se glisser dans sa poche ou dans un sac si pour les mecs, comme le Taulier, vous en utilisez un, pour les filles c’est la règle sauf qu’elle n’y trouve jamais ce qu’elle y cherchent.


La présentation est claire sur la base d’un découpage en 4 parties :

-         Je ne sais pas quoi dire (4 chapitres)

-         Je n’y comprends pas grand-chose (8 chapitres)

-         Je choisis au pif (3 chapitres)

-         Je crée ma cave (3 chapitres)


Sur le fond, même si je ne suis pas un grand spécialiste de la question, Ophélie est concise et précise pour expliquer les bases de la dégustation, répondre avec franchise et humour à des questions du type « Et si je n’aime pas je dis quoi ? », à donner des conseils pour confier ou cacher son ignorance à un vigneron ou à un caviste ou mieux encore apprendre à relativiser l’exercice dégustatif. Pour la partie la plus classique, là aussi, Ophélie s’acquitte avec beaucoup de talent dans la synthèse – le format ne permet guère la dilution habituelle des grands experts qui nous assomment –  afin que ceux qui n’y connaissent rien assimilent les fondamentaux.

 

L’objectif est atteint donc le petit NEIMAN constitue un bon ouvrage de référence à offrir à votre jeune cousin qui quitte sa maman pour se mettre en couple, à votre fiancé des deux sexes juste avant de passer devant le maire, à votre copine qui ne fait que vous prendre la tête avec le Pinot Noir parce qu’elle a beaucoup aimé Sideways ou à votre beau-père bobo qui  ne jure que par Mondovino, soit à toute personne de tout âge, de toute condition, attention aux religions, qui soudain pris par la grâce souhaite entrer dans le cercle très fermé des amateurs de vin. Le livre d’Ophélie est consensuel, elle ne joue pas dans la cour de ceux qui sont dans un camp contre un autre ou qui ne s’en tienne qu’à la vulgate dominante : hors de leur chapelle point de salut ! C’est heureux car les néo-consommateurs n’ont que faire des empoignades entre ceux « qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas… » Bien sûr, votre Taulier qui n’aime rien tant que chatouiller la plante des pieds des gens en place, aurait aimé que parfois Ophélie mette un peu plus son grain de sel personnel mais, comme elle est une jeune auteur (e), toute nouvelle dans l’univers impitoyable du vin, attendons sans impatience ses futurs écrits.


Pour l’heure citons-là dans son style bien enlevé « Ah, l’angoisse des immenses rangées de bouteilles, sous l’œil soupçonneux du propriétaire des lieux ! Il y a des cavistes qui font frémir. Entre nous, c’est plus facile d’acheter des chaussures, oon sait en un seul coup d’œil si on les aime ou pas. Impossible de se tromper entre un mocassin en cuir verni et une basket. Après il faudra quand même essayer. Pourtant ce n’est pas si différent. Normalement un bon caviste vous posera quelques quelques questions. Vous n’avez rien à craindre, ce n’est pas un test de connaissance. Le but est de vous guider dans votre choix. Pour que vous ne repartiez pas avec des mocassins vernis pour faire du footing, justement. »


Ophélie est maligne, lorsqu’elle aborde les grandes questions existentielles du vin : « C’est quoi un bon vin ? » ou pire encore « C’est quoi un grand vin ? » elle dégaine son spécialiste.


Denis Dubourdieu « Un bon vin procure presque les mêmes sensations qu’un grand vin ; il est seulement beaucoup moins cher et prestigieux. À l’aveugle, le bon vin n’est pas facile à distinguer du grand. L’amateur, même averti, peut s’y tromper {…} Les bons vins sont difficiles à produire parce que leurs coûts de production sont les mêmes que ceux des grands et leurs prix beaucoup plus bas. » Autrement dit, c’est aussi une bonne affaire, mais ne vous sentez pas obligé e » le clamer à vos convives. Ça c’est Ophélie qui le dit.


Pierre Guigui « Un grand vin, c’est d’abord culturel, il n’y a pas d’universalité. Un grand vin est une référence historique et culturelle, qui se situe au-delà de la dégustation. C’est un icône, comme la Tour Eiffel, c’est beau parce c’est communément admis. Mais personnellement, un grand vin est pour moi singulier : il raconte quelque chose au-delà de l’histoire du vignoble et il est différent des autres. Je pense par exemple à Mas Jullien dans le Languedoc. La vigneron a une approche personnelle du terroir : il cherche à être en harmonie avec son travail, mettre en avant le geste et l’intention, avant le résultat. C’est la différence entre une peinture chinoise faite à la main ou imprimée. Finalement, je préfère ce qui est beau et soigné à ce qui est bon » là Ophélie n’ajoute rien elle doit être d’accord.


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Ce petit livre d’Ophélie, le NEIMAN quoi, et vous savez combien j’aime les petits livres, est un pur produit de ce que la Toile, la blogosphère, peut produire de meilleur en direction des non-initiés. Ophélie avec son côté primesautier balise le chemin qui mène à une vision du vin décomplexée, ludique, sans affèterie et elle œuvre, bien plus efficacement que beaucoup de grands critiques, à l’extension du domaine du vin. En ouvrant des petites fenêtres sur un monde inconnu, adorant le quant à soi, la congratulation entre soi, Ophélie fait passer un souffle de fraîcheur salutaire. Demain je rebondirai sur la nécessaire popularisation de la connaissance du vin en tentant de mettre en perspective l’un des outils de celle-ci : la dégustation.

 

PS. AVIS aux libraires : pour qu’un livre soit acheté chez vous encore faudrait-il qu’il soit bien distribué et mis en valeur, sinon le développement des achats sur le Net va vous couler…


 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

J’aime mon pays, il bénéficie d’un personnel politique de grande classe : entre le bras d’honneur de Gérard Longuet à l’attention de l’Algérie, geste populaire proclame l’ex bastonneur d’Occident, celui du visqueux Collard venu de sa bauge à la rescousse de l’élégant, «Il (Gérard Longuet) a bien fait, il a enfin un peu d'honneur au bout du bras. Moi j'ajoute mon bras à celui de monsieur Longuet. Il a bien fait de le faire et j'espère que ce bras d'honneur a été tellement amplifié par les médias que ceux qui nous demandent de nous repentir l'ont reçu en pleine figure.» et les propos du « beauf » Balkany à propos des débuts de chroniqueuse télé de Roselyne Bachelot, son ancienne camarade de l’UMP, il y a un espace que pourrait occuper sans gros problèmes Copé avec son «Même en Corée du Nord ils n'avaient pas osé». Reste le cas dramatique de la pauvre Nadine Morano qui s’ennuie a déposé à la sous-préfecture de Toul au début du mois d'octobre les statuts du « Rassemblement pour le peuple de France » (RPPF) paru au Journal officiel des associations. Peut-être, eu égard à mon gaullisme affiché, que je vais y adhérer. Balkany j’adore dans la goujaterie il n’a guère d’équivalent, comme Carla peut-elle supporter que son homme soit acoquiné avec un tel personnage qui balance : « Bachelot entre nous, qui n’est pas mise à son avantage dans ses robes où elle est boudinée, sur son petit banc où on voit toutes ses formes, c’est du babillage, du badinage de petites snobinardes, ça n’a aucun intérêt. Qu’elle demande à se faire cadrer en gros plan. » La Roselyne, bien sûr, ne s’est pas laissé faire elle a sorti la sulfateuse « On connaît la vulgarité de Patrick Balkany, il nous en a encore fait un numéro tout à fait remarquable, a observé l’ancienne ministre. C’est le beauf dans toute sa splendeur. À mon avis, il vient d’avoir un repas un peu arrosé, il n’a pas sucé que des glaçons le gars-là… » Elle a reçu le renfort du Redressement Productif, la Pulvar, « Y a quand même trois infos dans ce qui vient d’être dit. Un : Patrick Balkany regarde assez souvent le Grand 8, salut Patrick. Deux, il n'aime pas les formes et les femmes qui en ont. Trois, il doit croire que lui-même est un éphèbe d'une minceur totale et qu'à côté de lui, Brad Pitt est un cageot. »


Tout cela vole si haut que les aigles vont en prendre ombrage. Mais tout cela n’est que broutilles médiatiques à côté de la constance du roquet Copé à faire monter la mayonnaise dans le pugilat interne à l’UMP. Ce type a de la constance, c’est un de ces petits dogues qui s’accrochent à votre bas de pantalon et qui ne le lâchent plus. Le petit maire de Meaux qui crèche à Paris en appelle à la rue, il veut faire un remake de la manif pour l’école libre de 1984. Souvenir du grand SPULEN cher aux ayatollahs de la FEN, pauvre Savary lâché par Tonton en rase campagne. «Que les Françaises et les Français qui s'indignent et qui s'inquiètent pour l'avenir de notre pays et des enfants de France se mobilisent dans la rue.» brame-t-il, voilà un bon plan mon coco car la rue à droite seul le FN de la Marine Le Pen sait la tenir, les notables de l’UMP peuvent, comme le 30 mai 1968, déferler sur les Champs Elysée link lorsqu’ils ont le trouillomètre à zéro mais ils ont hâte de retrouver leurs pantoufles. Moi je serais le PNR, celui qui, selon le roquet de Meaux – qui n’est l’aigle mais se rapproche plutôt du fromage qui pue – «est le chef d'orchestre de tout cela», je dirais chiche mon petit gars car y’aurais pas mieux pour ressouder son aile gauche : je vois fort bien Mélanchon faire obstacle sur le Pont de la Concorde, à la tête de ses troupes du Front de Gauche, aux factieux voulant prendre d’assaut le Palais Bourbon. «François Hollande ayant la totalité des pouvoirs entre ses mains, il ne va quand même pas s'imaginer qu'il va gouverner pendant cinq ans en toute impunité intellectuelle et politique sans qu'à aucun moment l'opposition, et notamment l'opposition du peuple français, s'exprime. Vive la Cagoule, allez Jean-François un petit effort refait nous le 6 février 1934 tu pourras toujours compter sur l’expérience de la bande d’Occident Longuet en tête. Le baston ils connaissent !


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Mais l’est bien fade le Copé, pas très teuffeur, pas comme le Guy Carlier dont le « besoin effréné de séduire fait du mal aux autres et abîme tout ce qu’il peut y avoir de beau dans [sa] vie » Là les bras m’en tombent « qui peut bien être séduit par Guy Carlier » pour moi c’est un mystère bien plus lourd que la virginité de la Vierge Marie. Sa compagne, Joséphine Dard, éplorée, pensait que son gros goret après son incartade amoureuse avec une minette de 30 ans sa cadette, mettrait le point final  et rentrerait la queue basse au bercail. Lorsqu’elle a découvert que son époux entretenait une correspondance « enflammée et ignoble » avec la  donzelle qui s’occupait de la mère de son époux, son univers s’est écroulé. « Je savais qu’il y avait d’autres femmes. Il y en a toujours eu ! Il y a trois ans, j’ai fait une tentative de suicide. Guy entretenait des relations sentimentales avec quatre femmes en même temps. Ma tentative de suicide lui a fait peur. Il a tout arrêté. J’ai imaginé, à tort, que s’il y avait quatre femmes dans sa vie, c’était moins grave qu’une seule. » Alors là j’en ai les bras coupés « Comment 4 femmes peuvent-elles accepter de se vautrer dans le lit de Carlier ? » Bon le dégonflé précise qu’il vivait dans une culpabilité permanente et que « c’est important de le dire, je crois, je n’ai jamais eu de relations intimes avec cette autre femme. Il ne s’est rien passé entre nous, jure-t-il. On est tombés amoureux, mais on n’allait pas rentrer dans un cycle courtelinesque du genre « cinq à sept », non, ce n’était pas d’ordre sexuel. Je n’ai jamais eu de relations physiques avec elle. » Ils se tenaient la main et Guytou lui lisait des poèmes, c’est beau comme du Coppée, François bien sûr. Je m’égare ce soir mais rassurez-vous je sors du caniveau pour me rendre rue de Vaugirard au siège de l’UMP car j’y ai rendez-vous avec un hallebardier de Copé, Jean-François bien sûr.


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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 00:09

Pour se réjouir l’âme et le cœur y’a pas que le vin dans la vie y’a aussi le lit, la lie aussi et l’hallali aurait surenchéri Pierre Dac, et c’est ainsi que votre Taulier a décidé d’explorer ce nouvel espace, qui devrait être de liberté, même si pour beaucoup de prédateurs c’est celui du repos du guerrier. Le Repos du guerrier c’est un roman de Christiane Rochefort paru en 1958. Il reçut le Prix de la Nouvelle Vague. Roger Vadim en fit un film en 1962 avec Brigitte Bardot et Robert Hossein.


Le lit j’y lis, j’y dors aussi, mais je n’aime pas y prendre mon petit déjeuner, y flemmarder au petit matin : oui mais il me faut un lieu qui s’y prête, pas chez moi, dans une chambre d’hôtel fenêtre grande ouverte face à la mer alors que point l’aurore. Le lit la nuit, le jour pour faire l’amour c’est un terrain de jeu parmi bien d’autres, ceux qui peuplent les phantasmes, le plus souvent masculins, les portes cochères, le bureau : maudit soit l’open space, la table de la cuisine, la baignoire, ou en hommage à Sylvia Christel : la première classe en avion et bien sûr les hôtels borgnes pour le 5 à 7. Amours légitimes, illégitimes, qu’importe, le lit est une plaine pour les envolées extatiques, l’extase et l’épectase, les orgasmes bruyants, les mots crus, les mots doux, les confidences sur l’oreiller post petite mort, lorsque le corps exulte les humains se font la guerre en dentelles : les dessous chics effleurent la peau des femmes que pour être admirés et ôtés, et comme le proclamaient les hippies « faire l’amour, pas la guerre… »


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Reste que « mourir dans son lit… » est considéré comme banal, sans grandeur, mesquin presque, alors que mourir à la guerre ou en escaladant le Mont-Blanc ou en chassant le lion d’Afrique serait plus glorieux. Bien sûr il y a le cas d’école du président Félix Faure décédé dans l'exercice de ses fonctions le 16 février 1899, dans les bras d'une admiratrice, une demi-mondaine dénommée Marguerite Steinheil, épouse d'un peintre en vogue. Le Président, faute de Viagra, avait l'habitude d'absorber une dragée à base de phosphure de zinc avant de recevoir ses « amies »  afin d'exciter sa virilité défaillante, mais avait aussi pour effet secondaire de bloquer la circulation rénale. Ceci lui fut fatal. L’anecdote la plus célèbre raconte que « les domestiques prévenues de « l'accident » avaient transporté le président inconscient dans son lit. Le curé de l'église voisine de la Madeleine, appelé alors en urgence, demanda en arrivant : le président a-t-il toujours sa connaissance ? Non, on l'a faite sortir par derrière, s'entendit-il répondre. » C'est de là, bien sûr, que Clemenceau tira sa fameuse répartie « Il a voulu vivre César et il est mort Pompée ». La belle, quant à elle, gagna comme surnom celui de « pompe funèbre ».


Mais le lit est bien sûr fait pour dormir : » nous passons en moyenne vingt-quatre ans à dormir, « ce qui représente, pour les couples, la plus longue période passée ensemble », note le professeur Damien Léger de l'Hôtel-Dieu à Paris. Ce spécialiste du sommeil reconnaît voir « très régulièrement des personnes qui ont du mal à dormir à deux, mais qui n'osent pas l'avouer » Vive les ronfleurs !


Dormir à deux nous le devons à notre sainte mère l’Eglise qui « a sacralisé la conjugalité et le lit pour lutter contre le paganisme et maîtriser la société et sa reproduction », précise l'ethnologue parisien Pascal Dibie, auteur d'Ethnologie de la chambre à coucher (Métaillé, 2000). Voir aussi « Le lit conjugal est latin et catholique » . Michelle Perrot, historienne.link

 

Laure Bellot dans son article du Monde « Pour une vie de couple épanouie au lit, le confort compte : un matelas de 160 cm vaut mieux que le classique 140, selon les spécialistes du sommeil » enfonce le clou « N'en déplaise à l'Eglise, dormir à deux est un acte récent pour notre espèce, et qui n'a rien de naturel. Jugez plutôt : nous faisons en moyenne quarante mouvements chaque nuit, " mais cela peut facilement aller jusqu'à soixante ", précise M. Léger. Nous sommes, comme de nombreux mammifères (singes, cochons, chiens, chats), des ronfleurs (un homme sur trois, une femme sur six). Et pour pimenter le tout, les générations ne cessent de grandir et de grossir (en trente ans, plus 2 cm et 2 kg pour les femmes, plus 5 cm et 5 kg pour les hommes). Ce changement morphologique accentue le ronflement... et quatre Français sur dix déclarent souffrir de troubles du sommeil, selon l'Institut national du sommeil et de la vigilance.


Les Français ne détiennent pas seulement le record mondial de consommation d'anxiolytiques, ils utilisent, avec leurs voisins espagnols, les lits à deux places les plus étroits du monde occidental (135 centimètres de large en Espagne, 170 en Italie). Pour rappel, les 140 centimètres français représentent deux carrures et quelques d'un homme bien charpenté. »


Foin des détails d’intendance sur les mensurations du lit ce qui compte c’est que « Les femmes ont un sommeil plus reposant sans leur partenaire, alors que les hommes ont un sommeil plus doux quand ils dorment avec leur compagne », expliquent les auteurs de Ein Bett für zwei (un lit pour deux, Herbig Verlag, 2008, non traduit).


« Les femmes, par exemple, semblent subir le lit à deux, mais ne veulent pas laisser leur place, arguant que cela rassure leurs compagnons », notent-ils. « La culture est le plus grand ennemi du sommeil, lance John Dittami. Dans chaque pays, cette culture nous dicte quand et comment il faut dormir. Alors qu'on dort bien quand on fait ce que l'on veut.

D'une traite, en petites siestes, seul, en groupe...


Lure Bellot souligne : En bons Autrichiens, ces deux chercheurs ont choisi, pour leurs couples respectifs, des lits jumeaux avec chacun sa couette : La grande couette commune est un désastre. Chacun dans le lit veut la tirer à lui. C'est une source de tension énorme que nous avons mesurée. »


Ah, la couette ?

 

« une aberration due à... Ikea » tempête Pascal Dibie pour lui «  La France appartient aux sociétés dites « bordées » qui vont jusqu'à l'Egypte. Dans ces pays, traditionnellement dépendants de la culture du lin, on dort habillé et sur le dos, bordé d'un drap et de couvertures, dans des chambres non chauffées. » Une habitude opposée à celle des pays nordiques « Du nord de la France à la Scandinavie, la domestication des canards eiders a créé des sociétés à couettes. Les gens dorment nus, lovés en chien de fusil dans des couettes personnelles, même s'ils dorment côte à côte. Et les chambres sont chauffées. »


Laure Bellot de conclure que « le typique lit à deux en largeur 140 utilisé avec mono couette et pyjama est donc un ovni français générateur de stress dont, estime M. Dibie, « on ne nous a pas vendu le mode d'emploi »

.

Moi qui ai horreur de la typicité, je ne suis pas dans la norme, j’ai opté pour le confort d’un lit suisse, double couchage 200x80 motorisé (c’est excellent pour lire ou se relaxer) avec grande couette car j’ai horreur d’être compressé, je suis suffisamment con, j’aime le côté léger de la plume de canard et j’ignore jusqu’à l’existence du pyjama : nu l’été et tee-shirt l’hiver. Le petit matériel a besoin de cet espace de liberté pour se détendre et s’exprimer.


« Nous séparons notre sommeil de notre désir », déclaraient en 2009 un couple de paysans âgés suisses qui venait de décider de faire chambre à part et cela, émouvait famille, village et même pays. Je signe des deux mains et j’ajoute que parfois, à la Montaigne « J'aime à coucher dur et seul, voire sans femme, à la royale, un peu bien couvert. »

 

Aux marches du Palais Guy Béart link


 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 12:00

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Au Bourg-Pailler, là où je suis né et j’ai vécu jusqu’à l’âge de 16 ans, nous n’avions pas de poubelles. Les épluchures, les restes allaient aux animaux de la basse-cour, aux cochons et ce qui n’était pas comestible jeté sur le tas de fumier. Le clan des femmes veillait au grain : ne jamais jeter le pain qui était béni par la croix tracée, même par les hommes, à la pointe du couteau, avant de l’entamer.  Les emballages se résumaient au papier journal ou à des pochons de papier kraft, le beurre était enveloppé de papier sulfurisé et la viande du boucher dans de grande feuille avec son nom dessus. Nulle trace de plastique tout était transporté dans nos paniers. Autre temps, autre mœurs, nous étions à la campagne et l’essentiel de notre nourriture était proche de nous. Nous étions des locavores avant l’heure.


Pour autant nous n’étions pas très conscient de l’environnement, guère écologiste au sens moderne, mais nous vivions dans une forme d’harmonie respectueuse d’une nature souvent dure mais nourricière. Ne voyez pas dans mes propos une quelconque trace de nostalgie ou de « que c’était mieux avant » car étant un urbain soumis à un approvisionnement largement exogène je fais comme tout le monde j’achète au mieux ce qui m’est proposé. Pour autant je fais mes courses avec un panier, je fais la chasse aux poches plastiques et aux suremballages et j’ai horreur de jeter. Les DLC sont certes utiles, surtout sur des produits à risque comme le steak haché, mais elles sont calculées avec une marge qui pousse certains consommateurs à balancer le produit à la poubelle alors qu’il est encore parfaitement comestible. Le principe de précaution poussé jusqu’à ce stade déresponsabilise le consommateur et est source d’un énorme gâchis. D’ailleurs, moi qui suis cycliste je peux constater, à l’heure où les supermarchés poussent leurs poubelles au-dehors, leur visite par une population « normale » loin du cliché du clodo cherchant sa pitance.


S’ajoute, pour les fruits et légumes, la religion de la belle apparence encadrée par une normalisation stupide. Sus aux pommes mal foutues, aux carottes tordues, à la grenaille de patates… Tout doit être rond et lisse, récuré et maintenant en sachet pour ne pas avoir à être trié, épluché et lavé. Bien évidemment toutes ces opérations ne sont pas le fait de petites mains mais d’opérations où la chimie joue un rôle majeur. Le temps, le temps, pas le temps ou souvent ne pas prendre ce temps pour privilégier un mode de vie avachi devant sa télé, les consoles de jeu ou Face de Bouc. Nous gaspillons donc allègrement tout en nous émouvant des files nocturnes de distribution de repas des Restos du Cœur et, donnons une fois l’an à la Banque Alimentaire un paquet de pâtes et une boite de haricots verts, et plus simple encore un chèque glissé dans une enveloppe.


Nulle posture morale de ma part mais pur constat qui devrait nous amener à réfléchir un chouïa avant de tout réclamer à nos pouvoirs publics impécunieux et donc de plus en plus fauchés. « D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les dépenses incompressibles des Français ont fortement augmenté entre 2001 et 2006. Elles sont passées de 50 % à 70 % pour les 20 % des ménages aux revenus les plus bas. Leurs dépenses de logement atteignent 44 %, contre 31 % cinq ans plus tôt. La précarité énergétique, liée à la hausse des factures de chauffage, augmente au rythme de la montée des prix du gaz ou de l'électricité. En province, la mobilité en voiture est touchée par les cours du pétrole. La montée de ces dépenses contraintes fait baisser de fait le pouvoir d'achat des dépenses non contraintes, c'est-à-dire le plus gros du marché de la grande consommation.

Le nombre de consommateurs sous contrainte de pouvoir d'achat est donc en forte augmentation, les plus démunis coupant dans leurs dépenses de santé ou d'alimentation. On retrouve le « marché de la pauvreté » des années 1990. Il concernerait aujourd'hui près de 50 % des Français et renvoie à trois grandes pratiques de consommation économe, comme l'ont observé les enquêtes réalisées à l'échelle des familles. » constate Dans une tribune du Monde « Du consommateur malin au consommateur contraint » Dominique Desjeux anthropologue, professeur à l'université Sorbonne René-Descartes, directeur du diplôme doctoral professionnel en sciences sociales, et membre de l'Observatoire de la consommation. Il est coauteur, avec Fabrice Clochard, de Le Consommateur malin face à la crise, entre cadrage et marge de manœuvre, (L'Harmattan).


Guillaume Garot profitant de l'ouverture du Salon international de l'agroalimentaire (Sial), la grand-messe de la consommation de masse, Guillaume Garot, ministre délégué chargé du secteur, a donc annoncé la mise en place d'un plan d'action visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici à 2025. Légumes abîmés, yaourts périmés, assiette entamée des cantines ou pain des restaurants «Chaque Français jette de 20 à 30 kilos de nourriture par an. Ce gaspillage représente environ 400 euros pour une famille de quatre personnes, autant d'argent jeté par la fenêtre ou à la poubelle. Consommateurs et industriels, «tout le monde» est concerné.


Le site du Ministère de l’Agriculture et de l’Agro-alimentaire répond à la question : Qui gaspille le plus ?


« Ce ne sont pas forcément ceux que l’on croit ! Contrairement aux idées reçues, les restaurants traditionnels perdent et gaspillent beaucoup plus que les cantines, au sein desquelles existent de fortes disparités.


- la restauration commerciale : si la restauration rapide est peu concernée par le gaspillage alimentaire, les restaurants traditionnels et gastronomiques ont les plus grosses pertes, avec 230 grammes de denrées perdues ou gaspillées par personne et par repas. En cause : la difficulté à estimer les commandes en amont et à gérer les stocks, les minima de commandes imposés par certains fournisseurs, les règles strictes de sécurité sanitaire et les manières de cuisiner (déchets).


- la restauration collective (167 grammes par repas et par personne) : les plus grosses pertes se situent chez les patients en court séjour à l’hôpital. La restauration collective des établissements de santé et médico-sociaux est confrontée à différentes difficultés, notamment : la grande variété des profils nutritionnels à satisfaire (souvent une trentaine de profils différents),  le peu de temps pour se restaurer, la présentation et la qualité des plats les difficultés des patients pour se nourrir.


Côté restauration scolaire, les meilleurs élèves sont les écoles primaires. Au collège et au lycée, on surévalue souvent les quantités à préparer, et on peine à satisfaire des convives aux préférences variées et qui manquent souvent de temps pour déjeuner. Enfin, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les restaurants d’entreprise gaspillent peu (125g par personne et par repas).


La différence entre la restauration et de la distribution alimentaire rend difficile les comparaisons entre ces deux métiers. L’étude révèle que dans la grande distribution, l’importance du gaspillage est directement corrélée à celle du chiffre d’affaires et du nombre de salariés (moyenne : 197 tonnes / établissement /an). Les métiers de bouche gaspillent quant à eux 2,6 tonnes par établissement et par an.


Manger un acte citoyen ? « Manger, c’est accomplir quelque chose qui a du sens, participer à un projet citoyen. » Comme l’affirmais récemment le New York Times « l’alimentation peut changer le monde » Comme l’écrit avec une pointe d’ironie Corinne Maier « La nourriture, une idée neuve en Europe ? » et de noter que « le nombre d’émissions, de blogs et de télés consacrés à la jubilation du goût est phénoménal. Masterchef, La cuisine express de Jamie Oliver, l’école des chefs, Affaire de goûts, Suivez le chef, Escapade gourmande… » et de lancer « Après la Révolution sexuelle des années 1970, voilà la révolution gustative des années 2000 » Le dernier avatar de ce déluge, qui me permet de faire le lien avec ce qui précède, nous vient d’Angleterre avec l’incroyable émission TV « Great British Waste Menu » où des grands chefs ont pour mission de réaliser des plats dignes d’un grand restaurant avec des détritus… disons des produits récupérés dans les poubelles… Peut-être que les Français auront droit à cette émission puisque Christophe Dechavanne, jamais en reste d’une pitrerie pour remonter à la surface, aurait acheté les droits. Mais comme l’explique  Angela Hartnett, à la tête d’un établissement londonien réputé et l’une des quatre professionnels de la version originale, son objectif est louable : « Tout le monde veut des carottes, des pommes ou des oranges parfaites. Mais cela n’a aucun rapport avec le goût. Ce qui compte, c’est la saveur du légume. La génération d’après-guerre n’aurait jamais rien gâché »

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En guise de conclusion bien provisoire je rebondis sur notre chef anglaise via la célèbre formule de Guy Roux (parrain auxiliaire de la vente des Hospices de Beaune cette année)  « Faut pas gâcher… » appliqué par un blog  au vert des blettes «Autant il y a des légumes qui sont de vrais plats de pauvres, comme les artichauts (« Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand t’as commencé ! »dixit Coluche), que y’en a d’autres qu’on dirait réservé aux riches, comme les petits pois ou les blettes. Quand tu vois le prix affiché au kilo, et ce qu’il te reste dans l’assiette une fois préparés et cuits, ça fait un peu mal au crapaud (NDLR: nom argotique d’un porte-monnaie. Pas mal vu, hein ?). » Suite ICI link


« Le domaine Philippe Girard a reçu vendredi dernier Guy Roux, venu voir ses nouvelles vignes fraîchement vendangées, dans la commune de Savigny-lès-Beaune. Souriant, détendu, l’ancien entraîneur d’Auxerre a goûté le raisin tout en racontant l’histoire de la colline, où se trouvait une léproserie aujourd’hui détruite.

L’histoire, Guy Roux l’aime avec passion. Au moins autant que le vin et le football. Il y a du monde pour l’écouter distiller ses anecdotes : la famille Girard – c’est avec Arnaud, le fils de Philippe, le propriétaire du domaine, qu’il a acheté les vignes et créé un groupement foncier agricole –, sa compagne, son amie Safia Otokoré, venue en coup de vent avec une délégation chilienne, et d’autres amis.

Après les vignes, la cave. La vinification de ses parcelles est en cours. Guy Roux se la fait expliquer, puis vient la traditionnelle dégustation, en petit comité. C’est là que la magie opère. L’ancien entraîneur reconverti consultant sportif est comme un jeune homme. Les questions fusent sur les millésimes, le vocabulaire, les climats. Guy Roux, l’œil rieur, prouve que sa Bourgogne, il l’aime tout entière. »


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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:09

Le nonsense, accompagné du bien manger et du bien boire, en ces temps gris et incertains, est la seule thérapie pour échapper au spleen. Démonstration du Taulier.


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Le 31 mai 1940 « l’Os à moelle » se saborde son fondateur écrit « Ce qui m’est arrivé est parfaitement logique. Il est bien connu que l’os à moelle se décompose au contact du vert-de-gris… » Nos amis allemands sont aux portes de Paris, en panzers, et André Isaac, né à Châlons-sur-Marne, dit Pierre Dac, un peu juif sur les bords, sur les conseils d’Henri Jeanson, prend le maquis car il est en tête de liste des personnalités que les nazis veulent arrêter.

 

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Lorsqu’en 1938, le premier numéro paraîtra le 13 mai 1938, Pierre Dac réfléchit pendant un mois à la formule et propose un titre : « l’Os à moelle »


-         Pourquoi lui demande-t-on ?

-         Pourquoi pas, répond-il du tac au tac.


Les jeunes vont représenter l’essentiel de son lectorat, « les 10-18 ans reconnaissent Pierre Dac comme l’un des leurs, même s’il a l’âge d’être leur père. Sa maîtrise du verbe, sa bonne humeur anarchiste qui ne fait de mal à personne amusent aussi parents et grands-parents. » Certains intellectuels se déchaînent contre ce qu’ils appellent une « vulgarité indécente ». Pierre Dac n’en a cure, autour de lui et de son club des loufoques nait, dirait-on aujourd’hui, un véritable mouvement de société à l’heure où la IIIe république entame sa lente décomposition. Tout le monde se défoule autour d’une forme française du « nonsense » britannique.

 

Je vous propose à la fin de cette chronique un des éditoriaux de Pierre  Dac : « Le Droit au Rêve »


Maintenant venons-en aux choses sérieuses : L’os à moelle – un plaisir suprême bon marché ! comme le titrait un critique helvète «Fourchette & Couteau» qui écrivait « Que l’os soit coupé en deux ou en tranches classiques: la moelle osseuse est de retour dans les assiettes suisses et enchante les amateurs de plaisirs carnés authentiques » Le chef de cuisine newyorkais et auteur de livres mondialement connu Anthony Bourdain appelle la moelle le «beurre des dieux».


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L’os à moelle est un os de bœuf  car seuls les os longs de gros bovins contiennent suffisamment de moelle. Les os de veau sont encore trop cartilagineux. Un détail, ne pas confondre la moelle des os et la moelle épinière dont la consommation a été interdite suite à l’ESB. L’os a moelle doit être frais car les os se gâtent rapidement, leur structure est plus poreuse que celle de la viande de muscle (2 ou 3 jours au frigo). Pour la préparation, selon les spécialistes, il faut laisser les os à moelle entre 12 et 24 heures dans de l’eau. Le sang contenu dans la moelle doit pouvoir s’écouler, sinon celle-ci ne serait pas d’une couleur claire comme le beurre mais plutôt grisâtre.


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Erik Hämmerli qui tient à Zurich le restaurant Bederhof présente l’os à moelle, long d’environ 30 centimètres, coupé dans le sens de la longueur, cuit au four. «Il a fallu un peu de temps avant de convaincre mon boucher de scier l’os dans le sens de la longueur», dit-il.

 

Comme vous pouvez le supposer, en me suivant au long de cette chronique, « je suis fou des os à moelle ! » et la sortie du dernier opus de Stéphane Reynaud « Le Livre de la Tripe » chez Marabout 19,90 euros ne pouvait que me faire saliver en pensée, ce qui vous l’avouerez est une performance digne de votre Taulier préféré. Il faut dire que le chef Stéphane Reynaud sait y faire pour exciter mes neurones gustatifs quand, en évoquant les fameux morceaux du boucher, vendus traditionnellement par les tripiers, l’onglet, la hampe, l’araignée, il nous offre des perles rares « qui restent à l’abri  des regards et un sourire charmeur sera nécessaire si l’on souhaite les voir  dans son panier. L’os à moelle, c’est de la douceur animale, ça va vous faire pleurer les papilles ; nature ou en pot-au-feu, il donne cette petite touche de waouh qui fait la différence. »


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M’en tenir là aurait tenu d’un ascétisme quasi-monacal bien étranger à l’ADN  de votre Taulier. La bonne décision vint de suite : convoquer ma copine Isabelle la cathodique, dont l’appétit d’ogresse stupéfie le Tout Paris, pour prendre la direction du 9/3 vers Montreuil-sous-Bois 71 Rue Hoche où Stéphane Reynaud a posé ses pénates à la villa9trois www.villa9trois.com/ lorsqu’il a quitté son « Au 14 juillet il y a toujours des lampions » rue Didot dans le XIVe. Rendez-vous avait été pris par mon ogresse préférée à une heure très parisienne qui n’est que le tout début d’une nuit blanche. Selon une tradition bien établie j’arrivai à la villa en avance, et Isa en retard, moi mon livre sous le bras. Je ne connaissais Stéphane Reynaud qu’en photo mais, je le savais Ardéchois de Saint-Agrève et que son pépé à lui c’était pépé François boucher de son état (le mien c’était Louis avec ses deux grands blancs dans son étable). Bref, nous n’eûmes pas à briser la glace, l’homme est avenant, abord direct et chaleureux ce qui me permis de lui confier mon addiction sans rémission pour l’os à moelle.

 

Alors, avant même que mon ogresse ne pointât le bout de son joli nez, Stéphane Reynaud me fit préparer ceci :


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Sans emphase ce fut l’extase qui aurait pu tourner à l’épectase montreuilloise si votre Taulier, en vieux routier, ne savait maîtriser ses éruptions gustatives. Et ce n’était qu’un début dont la suite vous sera conté sur le bout de ma langue www.leboutdemalangue.blogspot.com la cantine chic et choc d’Isabelle la cathodique. Quand ? Je ne sais mais je vous ferai signe. Ce que je puis vous dire de suite c’est que la villa9trois c’est une adresse à inscrire de suite dans votre carnet d’adresses. Je vais même vous faire une confidence : on y mange ! Oui vous savez : la satiété ce sentiment si rare, si précieux, que l’on éprouve comme disait Ambrose Bierce « pour une assiette après avoir mangé son contenu. » Cuisine sincère, solide, la tradition revisitée, servie dans un cadre agréable et reposant avec une simplicité de bon aloi.


Reste pour moi à vous narrer le bout du bout de mon extase, cette bouche en émoi sous l’onctuosité de ce beurre des dieux, qui appelait, je dirais même exigeait, une purification. Péché de chère (sic) n’a nul besoin de contrition, il vous suffit de boire pour être absout. Boire vif, drainer vos papilles de minéralité, boire un à ligoté d’Alice et d’Olivier, de Moor bien sûr et le tour est joué : une nouvelle salve de plaisir peut être tirée…

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 14:00

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Quand je suis passé, place Denfert-Rochereau devant le panneau Decaux à vélo, en ce jour de la Toussaint doté d’un temps de Toussaint, j’ai balancé aller acheter un pot de chrysanthèmes pour le déposer à ses pieds. Moi qui me suis battu pour que nos fromages AOC retrouvent le chemin de l’authenticité j’étais atterré par ce je contemplais et me prenais l’envie d’enterrer mes dernières illusions sur les capacités des grands bouzins aspirateurs de CVO à comprendre le consommateur. Comme je n’aime pas les plantes en pots je me suis contenté de descendre de vélo pour prendre des photos.


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Franchement si nos penseurs des fromages maintenant AOP pensent c’est avec ce type de publicité générique moche et mal foutue, quasi-illisible et incompréhensible,  qu’ils vont attirer les consommateurs vers leurs fromages, ils se gourent. Il va m’être rétorqué que tout ça est fait sur la base de savantes études, de panels, de je ne sais quoi vendus par les agences de pub et que l’objectif principal est de porter à la connaissance du grand public le nouveau logo AOP. Je veux bien mais ce pédagogisme lourdingue ne me convainc guère. Pas sûr que les automobilistes qui filent vers l’avenue du Général Leclerc, à fond la caisse, soient en mesure de décrypter les lettres du logo : Appellation d’Origine Protégée ». Quant au slogan il faudra qu’on me le décrypte :


« ON VEUT DU VRAI, DU BON, DU GOÛT ! »


« UNISSONS-NOUS POUR LES FROMAGES AOP ! »


Mes vieux neurones ne connectent pas, atones, c’est mignard, incolore, inodore et sans saveur alors que l’on dit mobiliser les masses pour la défense de les fromages d’origine, qui puent, de notre beau pays. C’est minablement soft ! Y’a un côté politiquement correct qui m’exaspère. Un côté pub réaliste socialiste de la grande époque de l'URSS ou étant donné le code couleur les campganes de Mao au temps des 100 fleurs. Une manif c’est une manif, ça revendique dur. Peut-être que la pub s’adresse aux gamins et il ne faut pas leur donner de mauvaises idées mais je ne suis pas sûr qu’elle les accroche avec ses petits bonshommes avec leurs petites pancartes et des plateaux de fromages qu’ont des tronches aseptisées. C’est propre sur soi mais ça a vraiment la gueule d’une campagne menée sur la base d’un truc mou, vaguement consensuel.


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Vous devriez demander à MEL de vous conseiller, lui qui adore vous plumer, il est bon en communication, c'est un expert, et il sait même détourner les slogans de 1968 où manifester c'était notre tasse de thé...


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Donc, en tant que gros consommateur de fromages AOP, des vrais, des authentiques, des bons, des qui ont du goût – ce qui malheureusement pas le cas de tous – que j’achète chez des fromagers affineurs : Alleosse et Quatrehomme, je m’octroie le droit d’attribuer au CNIEL et à la CNAOL le prix de l’affiche la plus ringarde et du slogan le plus tarte pour 2012.


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Peut-être que je pourrais demander à José Bové, ex-chantre des brebis Lacaune dont le lait fait le Roquefort, de le remettre en mains propres ça mettrait de l’ambiance à la maison du lait. Le Taulier  s’engage à fournir le jaja AOP pour le Vin d’Honneur…

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 00:09

Lorsqu’Annie* m’est tombée dessus, via le truc sans fil, pour me faire l’article pour son Poudou, Poudou par ci, Poudou par-là, tu verras, c’est un gars comme ça, et bla et bla et bla, j’ai fini par dire oui car avec Annie c’est toujours ainsi : je dis oui. Pour dire toute la vérité le sieur Poudou, que je ne connaissais pas, mais je connais si peu de monde dans notre petit monde, son patronyme, alors qu’Annie me tenait le crachoir – pro la Annie –, le son de son patronyme me faisait penser au célèbre Saint Antoine de Padoue, chère à ma tante Valentine, qui était bien pratique à invoquer lorsqu’on avait égaré quelque chose auquel on tenait. Par la suite, grâce aux petits papiers d’Annie – pas ceux des sucettes à l’anis – j’appris que son Poudou portait un nom prédestiné puisque Poudou provient du verbe « poudar » : tailler la vigne.


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Donc le jour dit je m’aventurai dans un quartier que je connais bien, puisque j’y ai travaillé au temps de la SIDO, Victor Hugo. Très exactement rue Bugeaud, et comme j’avais le cœur léger, je fredonnais « l’as-tu vu, la casquette, la casquette (bis) du père Bugeaud… » en me rendant d’un pas vif jusqu’au restaurant Les Tablettes de Jean-Louis Nomicos. Fallait que je fasse fissa car j’avais après ces agapes un rendez-vous à la Maison du Lait pas tout près. Donc chrono en tête je me retrouvai face au fameux Poudou tant vanté par Annie. Belle carrure, franc sourire, l’homme est jovial, engageant et pour tout dire de suite bien sympathique. Sans faire de mauvais jeu de mots, pas boisée du tout la langue de Jean-Louis Poudou. Ça sonne juste, sans l’emphase méridionale mais avec un réel amour des mots et aussi de la formule qui frappe.


En plus, ce qui ne gâchait rien au plaisir de la conversation avec le Poudou d’Annie, c’est qu’il fait bon, que du bon : les vins de la Tour Boisée ça chalute plutôt dans le haut du panier. Suprême attention à mon égard le chef avait glissé au beau milieu du menu des macaronis-truffe noire-foie gras-parmesan-jus de veau à damner un saint mais comme je ne suis pas fait de ce bois-là j’ose écrire, paix à leur âme, que « je tuerais père et mère pour des macaronis… » Ceux-là tenaient du don de Dieu, non par le luxe des ingrédients mais par le savoir-faire d’alchimiste du chef. Face à un tel plaisir le vin se doit être à la hauteur : il le fut. Pour autant il pourrait m’être objecté que je fus ainsi acheté, que ma plume chante les louanges du Poudou d’Annie pour un plat de macaronis. Ben non, le Jean-Louis Poudou il m’aurait fait goûter ses vins avec un simple mâchon aux culs de ses barriques que ça n’aurait rien changé au film. Faites passer : c’est moi qui fais le film !


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Comme je ne suis pas « payé » pour vous entretenir de mes extases culinaires je vais vous causer un peu de La Tour Boisée. C’est un domaine familial depuis 1826, 82 ha de vignes, 2500 oliviers, 17 cépages sur un vignoble étendu sur l'une des plus vastes communes de l’Aude : Laure Minervois. C’est donc une affaire de famille. Depuis 1982, Marie-Claude, fille du domaine, a repris avec Jean-Louis les rennes de la Tour Boisée et la nouvelle génération est partie prenante. Cette lignée de vignerons qui vient de loin puisque «  la famille cultivait déjà pour les moines de l’abbaye de St Hilaire les vignes au XIIIe siècle aujourd’hui encore continue de garder sa ligne directrice : « accent sur les cépages traditionnels, travail essentiel sur les sols et, enfin, d’un beau raisin… ». Le passage du raisonné au bio, le millésime 2013 sera certifié, se situe dans cette trajectoire du toujours mieux.


Bien plus que les macaronis du chef des Tablettes ce qui me rend proche de Jean-Louis Poudou c’est qu’il représente pour moi un vigneron dont l'ADN est marqué par la vérité de ce que doit-être une Appellation d’Origine Contrôlée. Celle, si je puis l’écrire, des origines et non ce galimatias normatif élaboré pour camoufler la perte des repères liée à l’extension inconsidérée des superficies d’AOC. L’homme de la vigne et du vin doit être au centre « observation, intuition et expérience », il fixe les enjeux de ses gestes, de ses choix, il les assume loin des faiseurs de règles rémunérés pour contrôler la masse du troupeau. En plus, chez le Poudou d’Annie il y a cette part de folie que les gens sérieux bien assis dans leur fauteuil appellent l’esprit d’aventure, c’est-à-dire oser explorer de nouvelles pistes, se lancer des défis, sortir de la routine, de la sécurité sociale des consultants de tout poil. À force de tout baliser, d’assurer la sécurité plus personne ne prête attention au paysage. Tout se ressemble. C’est morne. C’est triste. C’est la qualité normée. Tout ça fait vivre du monde sur la bête sans rien vraiment apporter au consommateur. Si les AOC veulent retrouver leur lustre elles se doivent de ne pas singer les produits de grandes consommation et accepter à leur lisière des vins qui eux sont produits avec les normes de l’agro-alimentaire. Ambiguïté quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas.


Comme j’avais dû quitter précipitamment les agapes du 9 octobre, pour aller m’occuper de mes vaches qui me nourrissent, je demandai à Annie de pouvoir revoir son Poudou à un autre moment pour pouvoir continuer notre conversation. Ce qui fut fait. Bien sûr j’avais collationné les formules bien ciselées du sieur Jean-Louis « La qualité d’un domaine se mesure au soin que le vigneron apporte à son plus petit vin. » « Sans être rebelles, nous avons des particularités à mettre en valeur : nous sommes entre deux mondes, le cartésien mais aussi le monde des gens qui ont le cœur à la bonne place. Le vin c’est de l’amour et de la paix. Où il y a le vin, il y a la paix. » Déjà j’avais trouvé le titre de ma chronique ce qui chez moi est le facteur déclenchant de l’écriture : besoin de trouver un angle, une accroche : pas simple lorsque les chères collègues d’Annie ne font que me pisser de la copie à copier-coller.


Rendez-vous fut pris par Annie sitôt un déjeuner de grosses pointures toujours du côté du père Bugeaud. Faisait beau, Victor Hugo fleurait bon le sable chaud. Jean-Louis Poudou tenait la forme. Pour faire joli il se définissait comme un gros râleur avant de faire du Nicolas Joly en plus vrai que nature et sincère que le dit : l’origine, les ondes émises par le sol, la main de l’homme, l’énergie tellurique, « le vin c’est de l’énergie » et Jean-Louis a envie de voir des humains avec de l’énergie. Ce costaud qui a le cœur en bonne place pratique l’introspection, se fait petit face à dame Nature, mais face à la tronche du raisin de l’année, il se dit avec ceux qui travaillent avec lui : « et si nous tentions de pousser une porte de plus… » Le doute certes mais celui qui permet de choisir de dire oui ou de dire non sans forcément le crier sur les toits de Laure Minervois. Notre Poudou est un bon politique, espèce rare sous le climat du Grand Sud où l’on cultive plutôt des présidents à la langue boisée. Je le titille un peu pour lui tirer un secret : son vin préféré ? Il essaye d’esquiver mais pas question de ne pas répondre au Taulier. Enfin il lâche : Jardin Secret 2002 car il est très IIIe République œufs mimosas et Vol au Vent. Nous digressons sur le Vol au Vent commandé chez le boulanger, la finesse du feuilleté, le chapeau, et puis bien sûr ce qu’on met dedans. Même Annie se tient coite, ce qui est une haute performance de sa part. J’aime ces instants où l’on se laisse aller à bavarder de tout, de rien, de la vie que l’on vit, des oiseaux, des perdrix et de je ne sais qui.


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Reste que votre Taulier adore voir ses élucubrations anciennes lus et approuvées par un gars de la carrure de Jean-Louis Poudou. Il pratique l’un de mes sports préférés : le mass tige ! Chez lui, à la Tour Boisée sa gamme est une pyramide inversée : la plus petite production est celle des premiers Minervois, la plus importante, celle des grands vins. » Mass comme mass media et tige comme Prestige voilà un réel enjeu pour notre grand pays généraliste du vin savoir allier la quantité et le cousu main. Ce n’est pas à la portée de tout le monde mais sans aucun doute de beaucoup dans le monde des TPE du vin. De grâce, M .le Ministre sortez de vos tête à tête avec les ronds de cuir des OP. En clair, Le Foll vient casser une graine chez Poudou.


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Donc, comme vous l’avez tous compris, je suis en cheville avec Annie, c’est pour ça que je la cite à l’envi. Trêve de plaisanterie car les malintentionnés pourraient me prendre au premier degré. Pour plus de connaissance sur les vins de la Tour Boisée allez sans tarder sur son site www.domainelatourboisee.com moi j’ai pris le parti de centrer ma focale sur le Poudou d’Annie. Pour autant, notre Jean-Louis, en bon sudiste, laisse les femmes à la maison (joke) elles sont pourtant majoritaires sur les étiquettes des vins : je salue donc de loin Marie-Claude, Marielle et Frédérique avant d’avoir le plaisir de les retrouver chez elles sur la route des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle « les collines de Laure ». Comme le dit le jingle de l’Oréal « parce que je le vaux bien… et que je ne coûte pas cher… »

 

* Annie c'est qui ? C'est Annie, tout le monde sait ça !


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