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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:00

La semaine passée fut agitée, échevelée, et sans emphase je peux dire qu’elle a fait du mal à ma Vendée, à celle de mes origines, de mes valeurs. Comme l’aurait dit ma mémé Marie : « l’a pas de honte… » si vous voyez de qui je veux parler. La présente, coupée en deux par la Toussaint,  frisquette m’a plus encore fait douter de mes engagements, de ce dont je rêvais pour notre foutu pays au vu de l’incapacité de nos politiques à gouverner ce pays fourbu, pessimiste et râleur : entre la grande gueule de Mélanchon qui traite des grands patrons « d’incapables » et un Copé en appelant à la rue comme un vulgaire ligueur de février 34, face à un gouvernement qui ne comprend pas que c’est le moment d’en appeler à nos responsabilités, je me suis mis à  rêver à mon père sur la fin de sa vie qui appelait de ses vœux une France résolument social-démocrate, loin des extrêmes flattant nos éternelles insatisfactions, des protestataires qui ne savent que dire non.  L’équilibre, ce vieil équilibre dont parle François Bon dans un très beau texte tiré de son dernier livre « Autobiographie des objets » Je souhaite vous le faire partager. Vraiment, si vous avez envie de mieux connaître le fond de votre Taulier, ce qui l’a fabriqué, lisez-le ! Un petit mot au taulier lui ferait bien plaisir mais c’est comme vous voulez…


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Mais qui donc est François Bon ?


« François Bon est né en Vendée en 1953. Après des études d’ingénieur en mécanique à l'École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, il se spécialise dans la soudure par faisceau d’électrons. Ce métier l’amène à travailler plusieurs années dans l’industrie aérospatiale et nucléaire, notamment en France et à l’étranger. Il poursuit ensuite ses études, de 1980 à 1982, en philosophie. Cet auteur prolifique publie en septembre 1982, aux éditions de Minuit, son premier roman intitulé Sortie d'usine. Il décide alors de se consacrer entièrement à la littérature et son corpus très varié compte plus de trente œuvres  dont plusieurs romans, récits, poèmes en prose et romans pour adolescents. Il enseigne ensuite à l’Université de Bordeaux et à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris. Parallèlement à son travail d’écriture, il se spécialise depuis 1992 dans des ateliers d’écriture auprès de gens en difficulté sociale. En 2001, il fonde le site de littérature remue.net. »


C’est donc un gars de mon pays, du Marais Poitevin, il a passé son enfance et son adolescence à Saint-Michel-en-l ‘Herm en Vendée, puis à Civray dans la Vienne. Son père était mécanicien et sa mère institutrice.


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La caisse à grenouilles


« On ne vivait pas dans des espaces limités. Il y avait des granges, des buanderies, et à Damvix le fenil.


Les outils n’y étaient pas forcément rangés, mais on savait où les retrouver. Chaque fonction avait son outils, quand bien même on ne l’utilisait qu’une fois l’an : il y a un nom pour cette gouge dont on glisse la lame sous la terre pour casser l’asperge au plus profond de la butte sableuse.


Les yeux fermés, à tant d’années de distance, il me suffit de me projeter en pensée dans le fenil pour que soulever le bâti de bois de la caisse à grenouilles, avec les deux grillages à maille fine sur le côté et la trappe à ressort sur le dessus, redevienne possible.


Ensuite on est dans la barque, côté conches, celui qui est à l’arrière pigouille lentement sur l’eau recouverte de lentilles, et sur la planche du plat-bord avant, côte à côte, on s’allonge avec l’appui sur la poitrine, les deux mains en avant le plus loin possible, effleurant ce contact grumeleux de l’eau végétale.


Il existait un très vieil équilibre entre les ressources qu’offrait le marais et ceux qui en usaient – nous en étions les derniers témoins, mais n’aurions pu le savoir. Chaque maison avait sa barque, et le trémail pour la rivière. Les conches donnaient sur les jardins que chacun entretenait. On s’y perdait facilement, mais cette lenteur faisait de l’errance elle-même un prolongement des vieilles légendes d’ici, et chaque ruine ou chaque arbre avait une histoire. C’était bien longtemps avant qu’on draine les conches au tracteur, que le marais s’appauvrisse, hors le petit mouchoir de poche réservé au tourisme régional. Les grenouilles, les escargots, les nèfles : ces nourritures du peuple que Rabelais atteste déjà, trop méprisées pour qu’en soit interdit le libre ramassage, même sous le régime féodal.


Alors on repérait les yeux dorés, qui sont le seul signe par quoi on la reconnaît. Elle est là, verte, lourde, elle ne repère pas la masse géante qui la surplombe. On a brusquement refermé la main là où brillaient les yeux dors. On sent dans la paume que ça se gonfle et se crispe pour sauter, mais on tient bien. Le corps est gros comme la main qui le prend. On se redresse, la caisse à grenouilles est posée sur le fond de la barque, on la pousse par la trappe. Dans ces deux heures de l’immobilité chaude d’après-midi, en voilà quelques douzaines.


Je ne crois pas que ma grand-mère maternelle ait jamais témoigné d’une once de méchanceté envers quiconque, et cela jusqu’au terme de sa vie –une vie simple ( mais ce titre est déjà pris). Pourtant, dans un des encastrements  parmi les vieilles pierres du mur extérieur du fenil, un clou ancien, rouillé, énorme. C’est là qu’on pend les lapins, une ficelle accrochée aux deux pattes arrière : le sang égoutte en bas dans une cuvette, puis on arrache la peau tout net, ils émergent roses, devenus consommables. La peau on la sèche. Dans un autre coin on a la réserve de charbon, boulets et anthracite, et dans un carré pour accueillir tout ce qui pourra faire compost. On a un coin avec deux seaux de sable, non pour y jouer, mais parce que c’est le seul moyen de saisir des anguilles qu’une nasse fournit régulièrement – bien curieux de les voir s’agiter même après avoir été coupées en tronçons.


Il n’y avait pas de cruauté inhérente à ces modes d’organisation, où chacun disposait de ressources pour sa propre consommation. Mais lorsqu’on ramettait la caisse aux grenouilles à ma grand-mère, on préférait quand même ignorer, et regarder de très loin. Il lui fallait du temps. On revoyait les yeux dorés, la détente brusque du corps mou sous la paume qui serre. Elle, elle les prenait une à une, passant la main par la trappe, les appliquait sur un billot de gros bois, et tranchait au hachoir. Les longues pattes arrière épiautées dans une passoire, le reste dans une bassine en zinc.


Quand je repense à la caisse aux grenouilles (qui doit y être encore, il n’y a aucune raison que mon cousin Jean-Claude, propriétaire de la maison maintenant, ait rien touché au fenil de l’enfance), je ne sais pas bien ce qu’il faut y associer de la mécanisation agricole, qui a fait tant de mal au marais, polyculture à échelle familiale remplacée par des parcelles sans haies et drainées pour le maïs ou l’élevage. On trouve dans les étals des brochettes de cuisses de grenouilles, mais importées en général de Roumanie ou Hongrie : je n’en achète pas.


On ne faisait pas d’elles, les yeux dorés, un repas ordinaire : elles étaient fêtées par le plat préparé, la quantité respective distribuée à chacun. On remerciait l’animal et le marais, comme on faisiat pour un sandre ou un brochet livré par la rvière.


Restait la bassine en zinc. On sortait par le garage, on traversait la route, et en bas du pont on la vidait côté rivière, depuis l’autre embarcadère, celui de la barque de rivière, plus lourde, où il était encore fréquent, en ces temps, de croiser un agriculteur y convoyant des vaches, ou toute une famille en balade. La bassine vide, la masse inerte de chair batracienne coulait à vingt mètres d’où on les avait prises, mais dans une eau qui n’était pas la leur.


On en plaçait une partie dans les nasses : la semaine suivante, les anguilles et les écrevisses nécrophages feraient à leur tour le plat familial. »

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 00:09

 

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À la grande époque du Beaujolais Nouveau ce que j’appréciais tout particulièrement c’était une forme joyeuse de dramaturgie orchestrée par de célèbres ripailleurs bons buveurs qui ne se prenaient pas la tête et qui s’affichaient en public dans les médias sans souci de leur image. On l’attendait comme le Messie le Beaujolais Nouveau dans le monde entier. Une belle saga qui a tourné au vinaigre. Comme chacun sait notre brave Bojolo Nouvo s’est payé une grosse gamelle, entrainant dans sa chute toute l’appellation, et après avoir été adulé il s’est fait méchamment dézinguer. Et plus dure fut la chute, beaucoup d’anciens laudateurs s’empressèrent de retourner leur veste pour rejoindre la nouvelle génération de buveurs qui souhaitaient faire la fête le fameux troisième jeudi de novembre avec un jaja un peu plus authentique, plus nature.


Au temps des fastes du POINT de l’ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, avant que FOG nous punissent, la réception dans les locaux de l’hebdo, autour de la sortie du Beaujolais Nouveau, démontrait aux pisse-vinaigre que, dans le flot impétueux de la médiocrité pinardière tirée par les gros faiseurs de la GD, surnageaient des vignerons qui faisaient toujours bon. C’était la fête et, comme les occasions de la faire se raréfient, comme s’il fallait se planquer, du fait de la morosité généralisée, ne pas afficher des signes extérieurs de jeunesse, votre Taulier a décidé de s’impliquer à fond dans la promotion du Bojolo Nuovo 2012. Pour ce faire, comme il n’a rien à cacher, contrairement à la campagne officielle qui se veut « modeuse » et habillée, mais qui est un peu mièvre, lui a décidé de mettre à nu tous ses attributs. Je n’en dirai pas plus.

 

Attente insoutenable, insupportable, alors pour faire patienter les fans du Taulier je vous propose deux bons plans en ce jour de chrysanthèmes en pots :


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1-      Contemplez la photo de Berthomeau qui fait le beau chez Renault sur les Champs pour avoir un avant-goût de ce qui vous attend ;


2-     Écoutez la merveilleuse LOU DOILLON qui fait tout elle-même et qui le fait bien



Pour LOU je ne viens pas à la rescousse du grand succès de son premier album ICU que j’ai écouté en Corse sur Deezeer avant sa sortie commerciale et que j’ai de suite aimé. Bonne écoute et à bientôt sur mes lignes…


Capable de tout le Taulier ! La preuve avant la sortie du Beaujolais Nouveau…

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:49

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« Avec la «monétisation», une partie de la blogosphère vit désormais dans l’ambiguïté. Depuis 2009, la publicité s’est invitée dans le contenu, les entreprises rémunérant les blogueurs pour tester leurs produits. Les billets sponsorisés, l’équivalent du bon vieux publi-reportage dans la presse, fleurissent sur la Toile. A la différence près que l’auteur du blog et celui du billet sponsorisé ne font qu’un. D’après Technorati, 30% des blogueurs professionnels y ont eu recours en 2011. «Je suis payé, mais je reste indépendant !» clame le blogueur pro outré que l’on remette en cause son intégrité. You to You a même inventé le concept de «billet indépendant sponsorisé» pour légitimer la pratique. » écrit dans Libération Michèle Foin dans son enquête « Les blogueurs sont de plus en plus courtisés et payés par les entreprises pour faire la promotion de produits, au risque de flirter avec l’illégalité et de perdre toute crédibilité. »


De là à crier : « tous pourris ! » il n’y aurait qu’un pas qu’il ne faut pas franchir allègrement car comme le souligne Naël Hamameh, directeur associé de You to You, une agence de communication interactive : « 99,9% des blogs n’attirent guère plus d’une centaine de visiteurs par mois.» En clair, si plusieurs millions de personnes tiennent aujourd’hui un blog en France, ceux qui peuvent intéresser les marques se comptent plutôt par centaines. Pour ces derniers, la mue vers la professionnalisation s’est faite très rapidement. »


Qu’une poignée d’opportunistes attirés  par la toute nouvelle provende se soient rués sur ce nouveau créneau ça n'a rien d'étonnant. Là où il y a de la confiture, des producteurs de confiture conscients de l’intérêt qu’ils ont à poser des appâts, il y a des candidats pour s’en goinfrer. Dans notre société de consommation basée sur la séduction l’irruption des blogueurs sur le Net c’est un nouveau média à utiliser, à dominer, à presser comme un nouveau citron au risque de lui faire perdre toute crédibilité. Qu’importe pour les produits de grande consommation à forte valeur d’image portée par des grandes marques carburant avec des budgets de promotion et de communication pharaoniques le rapport coût/bénéfice est bien évidemment à leur avantage.


Résultat : « à tel point que l’influence des blogueurs les plus connus en terme de prescription d’achat approche désormais celle des médias traditionnels. Selon l’enquête Technorati 2011 sur la blogosphère mondiale, 42% des consommateurs utilisent les blogs comme source d’information… et 30% achètent un produit sur la base des informations qu’ils y ont trouvées. »


« Or l’indépendance du blogueur, tout le monde a intérêt à ce que le lecteur continue à y croire : les blogueurs qui veulent conserver leur audience comme les marques qui préfèrent une recommandation éditoriale à une publicité. J’ai une audience ciblée, combien tu me paies pour la toucher ? »


« Le blogueur indépendant des premières heures aurait-t-il vendu son âme en se professionnalisant ? »


C’est une bonne question mais elle contient un biais de première importance : en quoi consiste la professionnalisation du blogueur ?


Si elle se traduit par une reprise à son compte par le blogueur des pratiques en vigueur dans le milieu d’une presse du type de celle décrite par Renaud Revel dans son blog à propos de l’affaire Lubot, alors la réponse est claire : le blogueur n’est plus qu’un haut-parleur, un simple passeur de plats au service de celui qui le paie. Même la mention «billet sponsorisé» ne change rien à l’affaire car elle est antinomique avec l’esprit d’une vraie chronique. Il est rare que l’on morde la main  qui vous nourrit.  On peut tout justifier mais il n’en reste pas moins vrai que la rémunération directe est un lien de suggestion qui entrave la liberté donc l’indépendance de ton.


Si, au contraire, elle marque un retour vers une pratique journalistique d’investigation, à un travail de recherche de sources d’information fiables, à la mise en perspective de sujets d’ordinaire présentés en noir et blanc, alors oui il y a là une réelle professionnalisation qui apporte à l’espace public une nouvelle respiration. La limite de cette façon de faire c’est que ce type de blog ne repose pas sur un modèle économique classique où le rédacteur est rémunéré comme un salarié ou comme un entrepreneur de services. Le blogueur indépendant doit vivre d’une autre activité sur laquelle il adosse son indépendance.


Pas simple mais tout à fait praticable à la condition d’être patient pour labourer, semer puis récolter les fruits de son indépendance et s’imposer à ceux qui veulent bénéficier de votre notoriété. On inverse ainsi l’ordre des facteurs et ça change la donne. Les gros blogs plus ou moins stipendiés n’étoufferont pas les petites voix, celles qui, certes, ont une part de bruit très faible mais qui peuvent, en certaines circonstances, se révéler de forts leviers d’influence. « Patience et longueur de temps… »


La marchandisation ne me dérange pas, elle m’indiffère car elle se situe dans un tout autre registre tel la pratique très lucrative qui consiste « à insérer dans ses billets des liens sponsorisés vers les sites où le lecteur pourra acheter les produits mis en avant. Le blogueur touche alors une commission, de 2% à 3% du prix de vente pour des produits techniques et jusqu’à 10% dans l’habillement, selon Zanox. Comment ça marche ? Les marques proposent des programmes de rémunération, via les plates-formes d’affiliation comme Zanox ou Netaffiliation. Le blogueur n’a plus qu’à piocher parmi les produits qui correspondent à son univers et insérer les liens sur son blog. »


Le mélange des genres n’a jamais fait bon ménage avec la déontologie : il est quasi-impossible d’endosser les habits de VRP d’un produit ou d’une marque en se présentant comme un chroniqueur indépendant et de garder sa crédibilité auprès de ses lecteurs. J’ai bien écrit lecteurs soit des êtres pourvus d’une intelligence minimale leur permettant de faire la différence entre un vendeur – profession honorable – et un chroniqueur révélant ses vrais coup de cœurs.


Et notre petit monde du vin dans tout ça, où se situe-t-il ? Tout d’abord point d’importance : le créneau est étroit et nos blogs sont bien modestes, donc notre pouvoir de prescription, tout comme celui de la presse spécialisée ou même des guides est aussi mince qu’un top-modèle anorexique cher à Karl Lagerfeld.  Pour autant nous ne sommes pas exonérés, hors-jeu, car nous faisons l’objet de sollicitations du même type que nos « confrères » gravitant dans la mode et les produits de luxe en général.


Comme je n’ai pas vocation à distribuer des bons et des mauvais points aux uns et aux autres et que je reste intimement persuadé que le temps fera son œuvre dans le foisonnement actuel, permettez-moi simplement de sourire, d’observer, tel un anthropologue, les mœurs de notre petit monde de blogueurs de vins ou de bonne chère, que pour l’heure celui-ci ne me semble pas receler beaucoup de futurs millionnaires. Elles ou ils sont plutôt jeunes, hormis certains qui se disent journalistes et qui tentent de se recycler, ils rament, ils se démènent, font des petits boulots. Je les croise, je les vois tenter de se faire une place au soleil et je trouve que la plupart d’entre-eux font de la belle ouvrage. Leur avenir, quel avenir ? Je ne sais mais, passé le temps des engagements radicaux ou des beaux combats, des illusions perdues parfois, certains d’entre eux, j’en suis persuadé, trouveront leur voie, vivrons quoi. De quoi ? De leur travail, de leur talent, de leur volonté de bâtir, d’entreprendre. Que voulez-vous, même si le suis : vieux ou presque, jamais je ne me résoudrais à désespérer d’une jeunesse qui ose, se cherche, galère, entreprend.


L’important, à tous les âges de la vie, c’est d’assumer ses contradictions et de ne pas laisser accroire que l’on est à soi seul le monde en capacité de le changer par son seul génie, ses seules forces. La Toile abrite le pire et le meilleur mais évitons les amalgames réducteurs, soyons citoyens trions le bon grain de l’ivraie, arrêtons de chouiner sur les marchands du Temple, ignorons-les ou bottons leur cul et je suis sûr que tout irait mieux dans notre foutu monde mondialisé… En général les cons s’adressent et ne sont compris que par les cons, alors je ne m’acharnerai ni sur les premiers qui promeuvent de la merde moyennant finances, ils n’en valent pas la peine, ni ne plaindrai les seconds car ils n’ont que ce qu’ils méritent en faisant confiance  aux premiers.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 00:09

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« Il peut le dire… » est une affirmation culte tirée du sketch, non moins culte  Le Sar Rabin Dranath Duval de Francis Blanche et de Pierre Daclink  dont l’un des enregistrement dans sa version audio *, celle qui l'a popularisée - via la radio - auprès du grand public, les deux compères ayant un peu forcé sur le divin nectar avant leur spectacle sont gais, gentiment bourrés, joyeusement déjantés, ce qui donne à leur prestation une saveur inoubliable. Allez sur Google : pierredac.free.fr/sketch01.htm et téléchargez le sketch au format MP3. Un bijou à écouter absolument : le rire franc et massif


Oui, Véronique du Mas Coris, elle aussi « Elle peut le dire… » et, comme elle est une jeune femme moderne, elle vous le dit en images, de belles images en musique, elle nous fait son petit cinéma. Bravo Véro, voilà de la belle ouvrage !


Je lui laisse la plume d’abord:

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« Pour le petit laïus de présentation, je vais faire court…

Les images sont souvent plus parlantes que les mots, je vous invite donc à partager le quotidien de nos dernières semaines lors de nos vendanges en vidéo…

Ce sont nos troisièmes vendanges, donc notre troisième millésime, c'est peu et nous apprenons tous les jours de cette aventure. Sur 3 hectares, en bio, nous vinifions un rosé et 3 rouge.

Notre passion et nos joies grandissent sans cesse, notre étonnement aussi. Etonnement et joie de se dire que quelque part une tablée de copains, d'amis, partage nos vins et se régalent..

Permettre aux gens de se faire de chouettes souvenirs, que demander de plus ?

Pour nous connaitre mieux et en savoir plus sur notre petit domaine, c'est ici avec le lien vers le blog http://mas-coris.com/a-propos »


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:00

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Le premier à tirer, le vin de Loire, n’est pas anglais mais écossais, John Burside est né le 19 mars 1955 à Dunfermline dans le Fife, en Écosse où il vit toujours. Il a étudié au Collège des Arts et Technologies de Cambridge, il enseigne aujourd’hui à l’Université de Saint Andrews. Poète et romancier, plusieurs de ses romans ont été traduits en français et publié chez Métailié : La Maison muette (2003), Les Empreintes du Diable (2005, Un mensonge sur mon père (2009), et Scintillation (2011). Son recueil de poésie Chasse nocturne est publié dans la collection bilingue aux éditions meet en 2009. Il a séjourné à Saint-Nazaire en 2005.

 

Il s’agit d’un extrait :


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« Une carte postale »


La première fois que j’ai entendu le mot Loire, ou plutôt que je l’ai vu, imprimé en caractères tarabiscotés, un tantinet désuets et sans doute imprononçables, c’est quand une amie de lycée du nom de Caroline m’a envoyé une carte postale, alors qu’elle était en vacances avec ses parents. Pour le garçon de quatorze ans que j’étais,  ce voyage avait paru irréel d’emblée : nous étions en 1969, et dans mon entourage, les gens passaient leurs congés d’été sur le remblai d’une ville pluvieuse des côtes d’Angleterre, où ils mangeaient des sandwiches au pain de mie saupoudrés de sable fin et de gravillons dans des sacs en papier, tandis que le soleil déclinait lentement dur l’Empire britannique ; mais cette carte postale (du château de Chenonceau, si ma mémoire est bonne) était une destination tellement inattendue que je la trouvais franchement surréaliste (…)


« (…) Qu’entend-on au juste quand on parle de fleuve ? »


« (…) Pour le garçon de quatorze ans que j’étais, la Loire aurait dû se résumer à une colle de géographie – Quelque chose qu’on cherche dans l’atlas du lycée et qu’on étudie en noir et blanc –, mais dans sa dimension physique, elle n’était pas plus réelle que le Nil ou l’Amazone, et même avec la carte postale de mon amie en main, elle restait avant tout un écran vide sur lequel je projetais les idées sur l’exception française que j’avais piochées dans les nouveaux documents audiovisuels récemment acquis par le lycée

 

Dans l’un d’eux, je crois me rappeler que madame Thibault et ses enfants pique-niquaient près d’une rivière et que j’avais appris par cœur les mots fromage, pain, une bouteille de vin sans vraiment croire que ces choses fussent réelles, car elles ne ressemblaient en rien à ce que ma famille et moi mangions lors du pique-nique dominical au cimetière. C’était apparemment une vieille tradition là où j’ai grandi, que ma mère respectait avec toute la solennité voulue, et tous les dimanches après-midi, elle nous conduisait à la tombe de ma tante Eleanor, morte prématurément, pour y faire un repas silencieux et d’une étrange dignité, composé de pain de mie rassis, de terrine de poisson et d’un soda tiède pour faire descendre le tout. Ô comme j’enviais ces petits Français, leur prairie ensoleillée, leurs fleuves aux eaux claires et lumineuses. Leurs victuailles ne provenaient certainement pas d’une petite épicerie poussiéreuse, et il me semblait que tout ce qu’ils dégustaient, dont quelques gorgées de vin auxquelles je n’aurais jamais eu droit, était baigné de soleil, frais et doré. »


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Pour illustrer cette chronique je choisis, dans le catalogue « Vini Be Good » fondé par les créateurs du Tastevin, un domaine et un vin de Loire, bien sûr, pour remercier John Burside de sa belle contribution.


Le Domaine de Bellivière de mes amis  Christine et Eric Nicolas


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 00:09

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Saint-Nazaire n’est pas à proprement parler un petit port de pêche, dans mon souvenir d’enfant son nom a toujours été associé aux chantiers de construction navale, les grands transatlantiques : le Normandie, le France lancé à 16 h 15, une demi-heure avant la pleine mer afin de profiter du courant de flot – le jour avait été choisi en raison de la première marée avec une amplitude suffisante – sa marraine, tante Yvonne, accompagnant le Général, coupait le ruban qui liait la traditionnelle bouteille de champagne, et le France glissait sur les rampes de bois, pénétrait dans l'eau à 33 km/h. Sept minutes plus tard, six remorqueurs le prenaient en charge et l'amenaient vers la forme Joubert, d'où quatre d’entre eux le conduisaient au quai de Penhoët. À 16 h 30, le Géné ral de Gaulle prononçait un discours, qui s'achevait par « Et maintenant, que France s'achève et s'en aille vers l'océan, pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! »


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Vous comprendrez donc mieux que dans mon imaginaire trottait la phrase de Jean Giraudoux dans Suzanne et le Pacifique « … des voyageurs retour de Damas, qui partaient pour l’Océanie, regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire »


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C’était aussi la base de la Kriegsmarine, et Patrick Deville, enfant, d’écrire, dans une contribution pour le livre dont je vais vous entretenir, «  au début de ce même printemps quarante-deux, l’enfant et les hommes travaillent à la vigne de Noah sur la butte lorsqu’à midi la déflagration leur fait lever des yeux vers l’horizon et Saint-Nazaire et une haute colonne de fumée noire. C’est l’opération Chariot des héroïques commandos anglais et canadiens. Ils viennent de lancer à pleine vitesse le Campbeltown maquillé en navire allemand sur la porte-écluse de la forme Joubert. Les soutes sont bourrées d’explosif. La cale est mise hors d’usage pour toute la durée de la guerre. »  La base sera elle indestructible et l’aviation alliée transformera la ville en un champ de ruines. Les allemands encerclés y résisteront. La Poche tiendra près d’un an après la libération de Paris.


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En 68, c’est à Nantes qu'a lieu à Nord-Aviation la première occupation d'usines, le 14 mai 1968. D'autres occupations d'usines et grèves vont suivre aux usines Renault du Mans ou encore dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. La fièvre monte, la rue est en ébullition « drapeaux rouges et drapeaux noirs flottent désormais régulièrement sur les usines de cette région. On a pu parler d'une "commune de Nantes" dirigée pendant quelques jours par un comité central de grève composé d'étudiants, d'ouvriers et de paysans. La violence, la force de mai 1968 dans les deux régions sont dues certes au rôle des syndicats d'ouvriers, de paysans, d'étudiants mais aussi au développement d'une nouvelle gauche qui regroupe la CFDT, le PSU  ; ces derniers ont attiré à eux les catholiques de gauche, révoltés par les injustices et les inégalités sociales ou régionales. »


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La première fois que je suis allé à Saint-Nazaire c’était pour rendre visite au triturateur d’oléagineux Cargill  et je suis allé dans la base qui à l’époque, en quasi abandon, abritait des silos de soja importés. En 1994, la municipalité de Saint-Nazaire décide de lancer le projet Ville-Port destiné à réhabiliter la zone de la base qui n'est alors qu'une vaste friche industrielle.

Bien avant, « Le quatre septembre 1982 ouvrait la boutique Le Tastevin (87 Rue Jean Jaurès, 44600 Saint-Nazaire, France+33 2 40 66 55 57). En 1987 naissait la Meet (Maison des écrivains étrangers et des traducteurs) Celle-ci mettait à la disposition des écrivains et des traducteurs en résidence un appartement situé au dixième étage « Le Building », sur le port de Saint-Nazaire, extraordinaire belvédère sur l’estuaire de la Loire. »


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Serge Batard et Jean-Luc Danto les cavistes du Tastevin pour fêter les 30 ans de la maison ont eu la riche idée de demander « aux écrivains étrangers avec lesquels –ils – avaient noué des relations les plus amicales, souvent autour de bons repas accompagnés de beaux flacons ligériens, un texte sur la Loire et ses vins. » Pour compléter ces points de vue venue d’ailleurs « deux Ligériens et estuariens » ont été sollicité « pour remonter le temps de la vigne et du vin dans ce département de Loire anciennement inférieure et maintenant Atlantique. »


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Vous pensez bien que votre Taulier, petit Vendéen, né aux lisières du pays des Olonne et de Brem, comme le dirait le jeune Mourat « la Loire méridionale », s’est précipité sur cet opus « De l’autre côté du vin » chez Meet »  15€ www.maisonsdesecrivainsetrangers.com et sa lecture ne l’a pas déçu, loin de là, j’ai beaucoup apprécié certaines contributions. Détail d’importance : les textes sont bilingues : normal nous sommes ici dans une maison d’écrivains et de traducteurs.


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Le lundi 27 novembre, pour le vingt-cinquième anniversaire où « vingt-cinq vignerons venus de toute la France vinicole, parmi les meilleurs, ont fait le voyage vendredi et samedi pour souffler les 25 bougies du gâteau d'anniversaire de son entreprise, et fêter avec lui une réussite singulière et sans tapage fondée sur deux postulats simples : l'exigence et l'excellence. Jean-Luc Danto reconnaît modestement que « bien connaître le vin et les hommes a participé à cette évolution ».


« Il s'en souvient comme si c'était hier. Un de ces instants qui change le cours d'une vie. Jean-Luc Danto était technicien aux PTT à l'époque. Et buveur d'eau. Un jour, son frère, Guy, l'invite au restaurant et commande une bonne bouteille. « Une côte rôtie 1955 Pour moi, cela a été un choc émotionnel. » De ce moment, il a su qu'il deviendrait caviste.


Certitude diffuse qu'il concrétise en 1982 en créant avec son aîné et un ami vigneron, Serge Batard, Le Tastevin. Le commerce du vin est alors à la croisée des chemins. « Les anciens fournisseurs de vin-fuel-charbon disparaissaient du paysage. Et l'heure du renouveau n'avait pas encore sonné, à part pour quelques pionniers comme Jean-Paul Lescluze à Rennes ou Jean-Christophe Estève à Paris. » Coïncidence pour le moins symbolique, il ouvre boutique rue d'Anjou, quelques jours avant Auchan. »


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Bref votre Taulier vous propose donc d’acheter ce livre original et passionnant, si vous hésitez alors attendez les bonnes feuilles que je vais vous proposer dans quelques Afterwork du Taulier.


à suivre donc…

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:00

« Que pouvons-nous faire pour David ? » cette angoissante question barre la UNE d’un blog depuis le 24 octobre 2012. En effet, les JA, ne pas confondre avec les JC qui n’ont rien à voir avec le MRJC – je sais que j’exaspère les ennemis des sigles – ont  mis en place une pétition link pour « le moins spectaculaire et appelle à une mobilisation générale  contre l’abrogation des droits de plantation. C’est simple, direct et explicite : sans un outil de régulation efficace, il n’y aura pas d’avenir pour les jeunes viticulteurs. »


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Le Taulier trouve que les JA, à défaut d’abuser du jaja, ont trop poussé sur Photoshop, en effet David Cobbold est beaucoup plus musclé que cet insignifiant freluquet. Le jeunisme ne passera pas ! Bien sûr, la Vinothérapie est un élixir de jouvence mais tout de même était-ce bien nécessaire de nous mettre un éphèbe entre deux rangées de vignes pour clamer « Notre Europe de 2020 sera une vision cauchemardesque d'une production de vin trop importante, appartenant à de riches opérateurs. Il n'est pas trop tard pour réagir. Nous vous invitons à entendre l'appel de tous les jeunes vignerons, des pays producteurs de vin et du Parlement européen qui vous implorent de changer de cap. Notre avenir en dépend. »


L’excès de provocation nuit à la crédibilité ! proclame Hervé Lalau qui a demandé la séparation des corps et des biens des 5 du Vin. Son courroux est immense, intense et dense. sa réplique Sera cinglante : David combien de verges pour se faire fouetter ?


Michel Smith joint via Face de Bouc déclare « puisque les raisins exposés ne sont pas du Carignan je ne porterai pas le chapeau, ni ne tiendrai la chandelle, les droits de plantation piège à cons ! »


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Jim Budd, tout en frisant ses superbes baccantes gauloises qu’il a préservées, contrairement au Taulier, suggère de prêter au JC, pardon au JA à poil, une de ses superbes chemises à fleurs comme contribution de la perfide Albion à la bonne santé des jeunes pousses qui risqueraient de prendre froid avec les frimas de novembre.


Marc Vanhellemont s’étonne-lui de voir encore pendus des raisins sur les ceps à cette saison et que la grappe masquant la virilité du JC se trouve pendue, elle, juste au-dessus du slogan : Votez pour le maintien. « Drôle d’érection ! » conclue-t-il pardon d'élection...


Le Taulier qui fut des 5 créateurs des 5 du Vin avant de s’en retirer – Marc ne blague pas Hervé est déjà assez vénère – pour ne se consacrer rien qu’aux soucis de sa petite crèmerie, afin de battre le fer pendant qu’il est chaud, le durcir, quoi – Michel ne déconne pas notre ami Hervé va vouloir vraiment divorcer – annonce qu’il profitera de l’érection du Bojolo Nouvo en novembre pour dévoiler ses charmes sur une affiche qui va décoiffer le petit peuple de la Toile.


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Le slogan ne sera pas « Sauvez le Taulier ! » mais bien sûr « Buvez avec le Taulier ! »

 

Bon alors Hervé tu la signes cette pétition !

 

Joke, avec mes amitiés décoconnantes aux 5 du Vin et « merde pour la Reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre ! » pour une fois que nos amis Anglais n’ont pas tiré les premiers. Pardon aux JA pour ma légèreté congénitale (au choix des parties) mais, que voulez-vous, lorsque le Cap fut mis sur 2010 les JA n'y étaient pas... Trop tôt et maintenant trop tard ! C'est ainsi que se perdent beaucoup de combat, mieux vaut être présent sur le théâtre des opérations ça vaut 100 fois mieux mieux qu'une pétition.


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 00:09

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La petite tempête médiatique soulevée par la revendication du patron, disons le Directeur-Général délégué du Groupe Marie-Claire, JP Lubot, de se faire régaler gratos, en compagnie de je ne sais qui, qui sera vite oubliée, rangée au rang des tempêtes dans un verre d’eau et la défense du susdit par Renaud Revel, élégant rédacteur en chef à l’Express et blogueur d’occasion, tout simplement titrée L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire, m’inspire.


« Qui ne dit mot consent » alors afin de lever la suspicion du « tous pourris », des « copains et des coquins », corrupteurs et corrompus, quoi de plus simple de proposer que les restaurateurs adeptes de la méthode Pierre Jancou sortent de ce cloaque pour faire savoir aux cochons de payants ordinaires que les critiques glanées par eux dans la presse ou sur le Net, émanent de gens qui payent leurs additions.


C’est simple comme un engagement : « je certifie que chez moi tout le monde paye son addition… »


Puis-je parler d’un « engagement sur l’honneur » c’est si désuet ?


Oui, je tente afin de redonner des couleurs à ce mot bien galvaudé par « La presse française, (qui) dans sa totalité, publie chaque semaine qui passe et à longueur de colonnes, des kilomètres de reportages vantant des plages paradisiaques, des havres de paix et des circuits de rêve. Et tous ces séjours panoramiques nous sont vantés par des reporters de choc dument invités par des organismes ou des industriels du tourisme. » Dixit le sieur Revel.

 

Bien sûr, le label du taulier n’empêchera pas la dite presse « qui n’a plus les moyens d’envoyer des journalistes au-delà du périphérique parisien… » et qui « a institutionnalisé ce système. », toujours selon le Revel, de barboter dans le caniveau pour appâter les gogos. Tant pis pour eux me direz-vous ! Certes, mais nous les « petits blogueurs de merde » qui tentons de surnager dans cet océan de boue nous souhaitons vraiment ne pas voisiner avec ces ripoux de quatre sous « Il n’est pas une journaliste traitant de la joaillerie dans un grand magazine féminin qui s’imagine acheter un bijou dans une gamme de marques, dont elle a eu à traiter de l’actualité, à son prix réel. C’est ainsi. »


Du côté des critiques de toute condition ne serait-ce trop leur demander d’adhérer à ce type de label en abandonnant, pour certains me dit-on, leur tradition de pique-assiette et de visites accompagnées.


Ma proposition va être jugée bien naïve car elle touche à toute l’économie d’un système et que la frontière n’est pas facile à tracer lorsqu’il s’agit de voyages de presse ou de repas organisés autour de la dégustation des vins d’un propriétaire par exemple. Comme je n’ai pas l’âme d’un quelconque Saint-Just, rien ne me paraît plus simple que de dire à ses lecteurs les conditions dans lesquelles les uns et les autres nous pratiquons notre petite ouvrage. La confiance ça se mérite. Faire appel à l’intelligence de ceux qui nous lisent me semble le moindre des respects que nous leur devons.

 

Je n’aime pas beaucoup le concept de transparence mis à toutes  les sauces car il laisse accroire qu’il y a d’un côté les purs et de l’autres les coquins. Nous avons tous en nous une part d’ombre, nos secrets, nos défaillances, reste qu’il me semble qu’informer dans la clarté ceux qui nous font confiance n'est pas hors de portée : nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche (surtout de la seconde). Les tricheurs sont légion, tôt ou tard, ou jamais parfois, ils se font rattraper par la patrouille : pas vrai Lance ! Bref, il me sera rétorqué que le respect de ces engagements est invérifiable donc que mon label sera un truc qui ne servira à rien.


À quoi bon, donc ?


N’étant pas aquaboniste je répondrai simplement : à mettre un peu d’élégance morale dans ce monde d’arrivistes. Corinne Maier vient de commettre chez Flammarion 16€ un opus « PETIT MANUEL DU PARFAIT ARRIVISTE » où elle déclare que nous vivons dans un monde où prospèrent imposteurs, sérial-menteurs, et autre professionnel de la langue de bois.  Le faux règne en maître et comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, les gens de peu désespèrent. Comme je les comprends. L’élite de l’apparence brocardée par Olivier Bardolle dans son livre link ne suscite qu’au mieux du mépris, au pire de l’envie.


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Votre Taulier n’a nulle envie, lui, de jouer les supplétifs, le passeur de plats à cette engeance, alors tout en sachant qu’il pisse dans un violon, que sa proposition va tomber dans les abysses du Net, ça lui fait du bien de donner de l’urticaire à celles et ceux qui barbotent dans ce monde de toc et de paraître.


N’ayant aucun talent de graphiste, ni en quoi que ce soit d’ailleurs sauf peut-être la peinture en bâtiment, à la chaux et aux pigments, je délègue au Sieurs Pousson et des Ligneris le soin de concocter l’image de ce nouveau label,  simple et de bon goût bien sûr, tout le contraire de ce dont raffolent les parvenus cible privilégiée de cette presse qui est, nous dit-on, bien malade : l’empire Hersant est à l’encan et la chasse au Google est ouverte. Sachez aussi qu’il est possible de se payer les services d’une Agence pour poster des faux commentaires sur le Net : on n’arrête pas le progrès. Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net link 

 

« En attendant, les internautes qui douteraient désormais un peu plus de la fiabilité des avis peuvent toujours se raccrocher au conseil donné au XIXème siècle par Oscar Wilde : « Quand les gens sont de mon avis, j’ai toujours le sentiment de m’être trompé ». conclut Geoffrey Le Guilcher l’auteur de l’article dans les Inroks.

 

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© Vincent Pousson le grapheur qui graphe plus vite que son ombre

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jeudi, en fin de soirée, comme je m’emmerdais ferme, je suis monté prendre un verre avec un bonne copine, au bar de la piscine, dans le XVIIIe, place Hébert, tout près du métro Marx Dormoy. Il pleuvait comme vache qui pisse. À mon arrivée je notais une certaine effervescence dans le café, et surtout une clientèle bien différente de l’habituelle, plus vieille et très propre sur elle. J’en fis la remarque à mon amie, emmitouflée, comme un poussin d’un jour, dans une grosse doudoune noire. Dans un soupir excédé elle lâchait « Valérie Pécresse va venir tenir une réunion de soutien à Fillon en compagnie de Roxane Decorte… » et, alors que je m’asseyais, de m’expliquer que cette dernière est l’éternelle perdante de la circonscription Chapelle-Goutte d’Or-Villette-Secrétan face au gros Vaillant, et « que la Pécresse elle ne peut pas la piffer… » Ignorante de mon tout nouvel engagement à l’UMP elle me proposait d’aller prendre notre verre ailleurs ce que je refusais en lui mentant effrontément « y’a si longtemps que je n’ai assisté à ce genre de connerie, ça va me rajeunir… ». En effet, la veille au soir j’avais assisté à une autre réunion de quartier, tout près de chez moi, en faveur de Copé cette fois-ci. Nous commandions. La blonde versaillaise arrivait, très entourée, pantalon gris chic, sourire scotché et regard un peu inquiet : faut dire qu’elle ne devait pas être très habituée à ce genre d’établissement où l’on peut bouffer pour moins de 10 euros. Ce retrait instinctif de l’ex-Ministre un peu pincée nous évitait la poignée de mains. Ça me soulageait. Tout le petit monde prenait place. Roxane, elle, plaçait d’entrée son long couplet tout entier consacré à se faire mousser auprès de Pécresse. C’était creux. Pire : vide. C’était d’une insupportable flagornerie : la Decorte prédisait même à son égérie, après nous avoir pompé l’air avec sa propre vie, un destin national. Applaudissements nourris. Suivais le speech du patron du secteur, onctueux, faux-cul, qui lui était Copéiste. J’avais du mal à contenir mon hilarité car, dans le même temps, l’écran plat du café toujours allumé, mais muet, affiche la tronche de moine paillard du maire de Saint-Quentin, l’onctueux Xavier Bertrand, interviewé sur BFM TV ou LCI, je ne sais plus. Ça durait et c’était chiant. Mon amie excédée décidait d’évacuer les lieux et je n’aurais pas l’extrême privilège d’entendre la Valérie Pécresse soutenir le cocker triste.


Depuis que j’ai placé  lors d’une réunion mon couplet sur David Rousset et me suis affiché comme gaulliste de gauche il faut que je me fasse discret sinon je vais me faire repérer et choper par la patrouille de la faction ultra de l’UMP, la droite forte de Guillaume Pelletier le rejeton lepéniste venu se greffer dans le nid de Sarkozy. Ce petit con je l’ai dans ma ligne de mire mais comme je veux me le payer la patience est de mise. L’avantage avec ce genre de petit ambitieux sans scrupules c’est qu’il affiche la couleur : « Nous sommes fiers d'être de droite et sarkozystes. Le choix se fera entre la droite molle et la droite forte. ». Il se prévaut de sa proximité avec le nabot « il était serein et bienveillant, n'ayant rien perdu de son dynamisme. Je souhaite qu'il revienne car il est le leader naturel de la droite française. ». C’est un des rejetons de Patrick Buisson qui est une belle ordure comme je les aime, sûr de lui, d’un orgueil incommensurable, une belle cible quoi ! J’attends mon heure pour tirer la trappe sous les pieds de ce petit monde que j’exècre au plus haut point. Les petits dossiers de la grande maison sont bien au chaud, laissons-les mijoter car le temps n’est pas compté. Ce cher Buisson, que j’aurais bien vu opérant au temps de l’inquisition, tranchant, intransigeant, sans pitié, n’a rien trouvé mieux que de piquer à ces connards d’extrême-gauche l’un de leurs mythes fondateurs : il vient de déposer, via Publi Opinion, une de ses deux sociétés de conseil, à l’INPI la marque «la cause du peuple». Celle du journal maoïste dirigé par Jean-Paul Sartre, ancêtre de Libération. Provocation ? C’est le genre de Buisson ! Peu importe, laissons-le faire l’ancien pourfendeur au service de Minute, laissons-le s’avancer à terrain découvert : avec les mecs d’extrême-droite y’a que le manche de pioche pour les calmer. Ce ne sont ni Longuet, ni Madelin, ni Devedjian, les ex-nervis d’Occident qui me démentiront, c’était la règle à Assas. Je sens que dans les temps qui s’annoncent ça va douiller.



L’été indien nous est tombé dessus sans prévenir, ruée vers les terrasses des filles en short qui s’exhibent défiant la cohorte grise des grands mâles blancs à l’agonie. Bien installé sur ma terrasse  en surplomb du Palais Bourbon j’attends un ami pendant que le fluet Baroin, habillé comme un premier communiant, déjeune avec ce qui semble être sa progéniture. Mon ami se pointe hilare ce qui me réjouit car sa causticité joyeuse est gage d’un bon moment. À peine assis il se met à fredonner a capella mais mezzo voce : « Je suis  chrétien voilà ma gloire… » avant de me conter son périple Saint-Émilionnais pour le baptême, la consécration des dix-huit cloches du carillon suspendu à un campanile sur le toit de Château l'Angélus par le cardinal Ricard archevêque de Bordeaux. Il me tend sa tablette et me dit : »Lis ! » link . Ce que je fis. Le silence, le mien, qui s’ensuivit le démontait quel que peut. « Ça ne t’inspire aucun commentaire ? » Je haussais les épaules « Non… Si, Jésus chassa les marchands du Temple… » Le sourire lui revenait et il embrayait « Sais-tu que Carla Bruni-Sarkozy présidera la 152ème vente des vins des Hospices de Beaune. Les recettes reviendront à 2 associations : la Fondation Carla Bruni-Sarkozy et la Fondation Idée, respectivement parrainées par Gérard Depardieu et Guy Roux… » J’ignorais. « Bel équipage : Carla, le gros Gégé et Guy Roux… les marchands du Temple vont envahir la salle des Pôvres… tout ça est bien triste… » Pour me dérider mon ami de source sûre versait dans le People, l’interview de l’ex première dame dans ELLE. « Tous les bruits, les écrits de la petite Julie Lévy l’ex du beau Raphael Einthoven le papa de l’autre petit de Carla, celui que Nicolas porta sur ses épaules, tout ça ce ne sont que des rumeurs sans fondement, « J’ai fait affiner mon nez quand j’étais jeune mannequin, c’est vrai et ce n’est pas un secret. Je le trouvais un peu rond et pas très photogénique. Et puis je n’ai plus jamais rien retouché de ma vie et je ne retoucherai plus jamais rien, promet-elle. Ni mes pommettes qui me viennent de ma mère et dont mon fils a hérité, ni ma bouche, ni les injections qui au fond vous donnent une drôle de tête. » Je l’écoutais, distrait, il surenchérissait « Bon elle suit un petit traitement pour la peau la pauvre chérie, mais elle ne passera pas à l’étape au-dessus… Tu vois mon vieux ça c’est important : « J’ai cependant beaucoup soigné ma peau, je l’ai préservée du soleil et j’ai investi dans des soins au laser. Je n’aime pas particulièrement vieillir mais je ne crois pas que je succomberai au lifting, j’ai trop peur d’un ratage, je ne trouve pas la chirurgie esthétique tellement au point, avoue-t-elle. En revanche, les retouches photographiques de nos jours sont de véritables miracles et les images que l’on voit sont loin du réel. Il faut arrêter de donner des illusions aux femmes : la plupart des photos des magazines sont retouchées ! » Et moi de répondre « Ha ! Adjani n’a plus 20 ans… » Et lui « Mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? »


-         Je suis amoureux…


 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 00:09

 Rude semaine pour votre Taulier projeté violemment au faîte de l’actualité par l’entremise d’une chronique link  rédigée au petit matin sous l’emprise d’une sainte colère. Nul calcul, rien que le besoin vital de dire « ça suffit ! » Vraiment sidéré votre Taulier mais pas pour autant grisé par les éthers violents d’une soudaine et bien fugace notoriété.


Drôle de semaine, pour ce même Taulier, commencée sous la douceur d’un retour en force d’un été indien, en polo jaune sur mon vélo pour me rendre sur les Champs Elysées – comme un pied-de-nez à Lance Armstrong – qui se termine sous un grésil glacé au retour d’un fort bon et joyeux déjeuner, en fort bonne compagnie, au George V – comme un pied-de-nez à Renaud Revel l’indigné de la vingt-cinquième heure link - sale temps pour les journalistes et les patrons de presse.


Étrange semaine, non pas pour votre Taulier, mais pour ceux qui se sont fait élire pour nous gouverner : pensez-donc le Libé du Nicolas Demorand, qu’était à la Bastille avec notre PNR fraîchement élu, titrait à leur propos Les Apprentis. Merde c’est pourtant beau l’apprentissage mais il faut toujours se méfier des bobos ils sont versatiles. Mon côté Bon samaritain, genre Saint-Bernard avec le petit tonneau de rhum, j’ai volé au secours des petits nouveaux en tirant de ma besace une pertinente et brillante typologie des cabinets ministériels due à la belle plume de mon ami Guy Carcassonne link  et link


Surprenante semaine donc qui, par la grâce de vieilles photos exhumées par votre Taulier pour illustrer les Drôles de Cabinet décrits par l’ami Guy, suscitait de la part de l’ami Michel Smith une question capitale, de la plus haute importance : pourquoi le Taulier ne porte-t-il plus la moustache ?


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Interpeler ainsi le Taulier à la chute d’une telle semaine qui le voyait fourbu, écrasé par sa soudaine notoriété : pensez-donc sa concierge avait entendu citer son nom dans le poste, relevait de la pure provocation. Lui qui ne pensait plus qu’à savourer un juste repos du guerrier se voyait obliger de relever le défi du forgeron de Dana. Donc il imagina tout d’abord l’esquive sous la forme d’une alternative :


Réponse n°1 : car 42,2% des dictateurs sont moustachus. « Sur nos 147 dictateurs, http://www.slate.fr/story/51013/liste-dictateurs on ne compte pas moins de 62 moustachus, soit un chiffre de 42,2% de moustachus parmi les dictateurs du XIXe et XXe siècle. Un résultat élevé qui, selon toute vraisemblance, dépasse la proportion de moustachus dans la population totale de la grande majorité des pays du globe. Ajoutez à cela 8 barbus, et vous obtenez le chiffre de 47,6% des dictateurs modernes qui sont fans de pilosité faciale.

Mais une autre information frappante se détache des statistiques: sur les 19 chefs d’Etat autoritaires encore en activité répertoriés, 15 ont une moustache, soit une proportion surprenante de 79%. Les chiffres sont ici implacables: la moustache n’a jamais eu autant la cote chez les dictateurs, et le mythe du dictateur à bacchantes à encore de beaux jours devant lui. » (source Slate)


Réponse n°2 : car au XIXe siècle, la moustache, «ce signe distinctif, symbolisant la masculinité et l’autorité des gendarmes, fait d’une certaine manière partie de l’uniforme», écrit le lieutenant-colonel Edouard Ebel. En 1832, une décision ministérielle rend le port de la moustache obligatoire pour tous les militaires. Sauf que, quatre ans plus tard, une autre décision prive les gendarmes de cet attribut, provoquant un tollé au sein de l’arme, qui retrouvera en 1841 le droit de porter la moustache. A l’époque, le poil doit être taillé en brosse. «Mais surtout, en octobre 1848, la République naissante autorise les gendarmes à porter "la mouche" - touche de poils au-dessous de la lèvre inférieure -, un signe honorifique que certains arborent avec orgueil» Le port de la moustache demeura obligatoire jusqu’en 1933. (Source Gend’info)

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Entre Staline et le Gendarme de Saint-Tropez votre Taulier ne pouvait se résoudre à choisir. Bien sûr il eut pu pour plaisir à Luc Charlier se replier sur Hergé qui, en 1956, Hergé pour illustrer le régime de Plekszy-Gladz, le dictateur du pays imaginaire de Bordurie, dans l’Affaire Tournesol « choisit la moustache, et décide d’en faire le symbole du culte de la personnalité de son personnage, présent sur le drapeau national, les calendriers, les poignées de portes, les pare-chocs des voitures et même jusque dans la langue sous forme d’accent circonflexe. »

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Alors restait la ligne de repli favorite du Taulier les femmes : FLORILÉGE


« S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi.

 Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme. »


   «  D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu ? Le sais-je ? D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah !" comme si on avait grand froid. »


« Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements ; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut ! »


« Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance »


Je pourrais ainsi continuer à l’envi mais je préfère vous laissez découvrir le texte qui suit mais avant il me faut tout de même éclairer la lanterne de ce cher Michel : pourquoi le Taulier ne porte plus la moustache mais une barbe de 3 jours ?


La réponse est simplissime : l’irruption du blanc ! La vieillerie quoi ! J’aimais bien ma moustache de jais mais lorsqu’elle vira au poivre et sel pour n’être plus que neige  je ne me reconnaissais plus alors j’ai opté pour la facilité d’une pilosité intégrale mais rase raccord avec celle de la chevelure : ainsi je ne pensais plu à devenir Président en me rasant…


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Ma chère Lucie, rien de nouveau. Nous vivons dans le salon en regardant tomber la pluie. On ne peut guère sortir par ces temps affreux; alors nous jouons la comédie. Qu'elles sont bêtes, ô ma chérie, les pièces de salon du répertoire actuel. Tout y est forcé, grossier, lourd. Les plaisanteries portent à la façon des boulets de canon, en cassant tout. Pas d'esprit, pas de naturel, pas de bonne humeur, aucune élégance. Ces hommes de lettres, vraiment, ne savent rien du monde. Ils ignorent tout à fait comment on pense et comment on parle chez nous. Je leur permettrais parfaitement de mépriser nos usages, nos conventions et nos manières, mais je ne leur permets point de ne les pas connaître. Pour être fins ils font des jeux de mots qui seraient bons à dérider une caserne ; pour être gais ils nous servent de l'esprit qu'ils ont dû cueillir sur les hauteurs du boulevard extérieur, dans ces brasseries dites d'artistes où on répète, depuis cinquante ans, les mêmes paradoxes d'étudiants.

    Enfin nous jouons la comédie. Comme nous ne sommes que deux femmes, mon mari remplit les rôles de soubrette, et pour cela il s'est rasé. Tu ne te figures pas, ma chère Lucie, comme ça le change! Je ne le reconnais plus... ni le jour ni la nuit. S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi.

    Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme. Je n'aime pas beaucoup la barbe; elle donne presque toujours l'air négligé, mais la moustache, ô la moustache! est indispensable à une physionomie virile. Non, jamais tu ne pourrais imaginer comme cette petite brosse de poils sur la lèvre est utile à l'oeil et... aux... relations entre époux. Il m'est venu sur cette matière un tas de réflexions que je n'ose guère t'écrire. Je te les dirai volontiers... tout bas. Mais les mots sont si difficiles à trouver pour exprimer certaines choses, et certains d'entre eux, qu'on ne peut guère remplacer, ont sur le papier une si vilaine figure, que je ne peux les tracer. Et puis, le sujet est si difficile, si délicat, si scabreux qu'il faudrait une science infinie pour l'aborder sans danger.

    Enfin! tant pis si tu ne me comprends pas. Et puis, ma chère, tâche un peu de lire entre les lignes.

    Oui, quand mon mari m'est arrivé rasé, j'ai compris d'abord que je n'aurais jamais de faiblesse pour un cabotin, ni pour un prédicateur, fût-il le père Didon, le plus séduisant de tous! Puis quand je me suis trouvée, plus tard, seule avec lui (mon mari), ce fut bien pis. Oh! ma chère Lucie, ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches ; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun ! Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment.

    Figure-toi qu'on t'applique sur la lèvre un parchemin sec... ou humide. Voilà la caresse de l'homme rasé. Elle n'en vaut plus la peine assurément.

    D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu ? Le sais-je ? D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah !" comme si on avait grand froid.

    Et sur le cou ! Oui, as-tu jamais senti une moustache sur ton cou ? Cela vous grise et vous crispe, vous descend dans le dos, vous court au bout des doigts. On se tord, on secoue ses épaules, on renverse la tête ; on voudrait fuir et rester ; c'est adorable et irritant ! Mais que c'est bon !

    Et puis encore... vraiment, je n'ose plus ? Un mari qui vous aime, mais là, tout à fait, sait trouver un tas de petits coins où cacher des baisers, des petits coins dont on ne s'aviserait guère toute seule. Eh bien, sans moustaches, ces baisers-là perdent aussi beaucoup de leur goût, sans compter qu'ils deviennent presque inconvenants ! Explique cela comme tu pourras. Quant à moi, voici la raison que j'en ai trouvée. Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements ; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut !

    Le créateur (je n'ose point écrire un autre mot en parlant de ces choses), le créateur a eu soin de voiler ainsi tous les abris de notre chair où devait se cacher l'amour. Une bouche rasée me paraît ressembler à un bois abattu autour de quelque fontaine où l'on allait boire et dormir.

    Cela me rappelle une phrase (d'un homme politique) qui me trotte depuis trois mois dans la cervelle. Mon mari, qui suit les journaux, m'a lu, un soir, un bien singulier discours de notre ministre de l'agriculture qui s'appelait alors M. Méline. A-t-il été remplacé par quelque autre ? Je l'ignore.

    Je n'écoutais pas, mais ce nom, Méline, m'a frappée. Il m'a rappelé, je ne sais trop pourquoi, les scènes de la vie de Bohème. J'ai cru qu' il s'agissait d'une grisette. Voilà comment quelques bribes de ce morceau me sont entrées dans la tête. Donc M. Méline faisait aux habitants d'Amiens, je crois, cette déclaration dont je cherchais jusqu'ici le sens : "Il n'y a pas de patriotisme sans agriculture ! " Eh bien, ce sens, je l'ai trouvé tout à l'heure ; et je te déclare à mon tour qu'il n'y a pas d'amour sans moustaches. Quand on le dit comme ça, ça semble drôle, n'est-ce pas ?

    Il n'y a point d'amour sans moustaches !

    "Il n'y a point de patriotisme sans agriculture", affirmait M. Méline ; et il avait raison, ce ministre, je le pénètre à présent !

    A un tout autre point de vue, la moustache est essentielle. Elle détermine la physionomie. Elle vous donne l'air doux, tendre, violent, croquemitaine, bambocheur, entreprenant ! L'homme barbu, vraiment barbu, celui qui porte tout son poil (oh! le vilain mot) sur les joues n'a jamais de finesse dans le visage, les traits étant cachés. Et la forme de la mâchoire et du menton dit bien des choses, à qui sait voir.

    L'homme à moustaches garde son allure propre et sa finesse en même temps.

    Et que d'aspects variés elles ont, ces moustaches ! Tantôt elles sont retournées, frisées, coquettes. Celles-là semblent aimer les femmes avant tout !

    Tantôt elles sont pointues, aiguës comme des aiguilles, menaçantes. Celles-là préfèrent le vin, les chevaux et les batailles.

    Tantôt elles sont énormes, tombantes, effroyables. Ces grosses-là dissimulent généralement un caractère excellent, une bonté qui touche à la faiblesse et une douceur qui confine à la timidité.

    Et puis, ce que j'adore d'abord dans la moustache, c'est qu'elle est française, bien française. Elle nous vient de nos pères les Gaulois, et elle est demeurée le signe de notre caractère national enfin.

    Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance, tandis que les larges mâchoires barbues sont lourdes en tout ce qu'elles font.

    Tiens, je me rappelle une chose qui m'a fait pleurer toutes mes larmes, et qui m'a fait aussi, je m'en aperçois à présent, aimer les moustaches sur les lèvres des hommes.

    C'était pendant la guerre, chez papa. J'étais jeune fille, alors. Un jour on se battit près du château. J'avais entendu depuis le matin le canon et la fusillade, et le soir un colonel allemand entra chez nous et s'y installa. Puis il partit le lendemain. On vint prévenir père qu'il y avait beaucoup de morts dans les champs. Il les fit ramasser et apporter chez nous pour les enterrer ensemble. On les couchait, tout le long de la grande avenue de sapins, des deux côtés, à mesure qu'on les apportait; et comme ils commençaient à sentir mauvais, on leur jetait de la terre sur le corps en attendant qu'on eût creusé la grande fosse. De la sorte on n'apercevait plus que leurs têtes qui semblaient sortir du sol, jaunes comme lui, avec leurs yeux fermés.

    Je voulus les voir; mais quand j'aperçus ces deux grandes lignes de 6gures affreuses, je crus que j'allais me trouver mal ; puis je me mis à les examiner, une à une, cherchant à deviner ce qu'avaient été ces hommes.

    Les uniformes étaient ensevelis, cachés sous la terre, et pourtant tout à coup, oui ma chérie, tout à coup je reconnus les Français, à leur moustache !

    Quelques-uns s'étaient rasés le jour même du combat, comme s'ils eussent voulu être coquets jusqu'au dernier moment ! Leur barbe cependant avait un peu repoussé, car tu sais qu'elle pousse encore après la mort. D'autres semblaient l'avoir de huit jours; mais tous enfin portaient la moustache française, bien distincte, la fière moustache, qui semblait dire : "Ne me confonds pas avec mon voisin barbu, petite, je suis un frère."

    Et j'ai pleuré, oh! j'ai pleuré bien plus que si je ne les avais pas reconnus ainsi, ces pauvres morts.

    J'ai eu tort de te conter cela. Me voici triste maintenant et incapable de bavarder plus longtemps.

    Allons, adieu, ma chère Lucie, je t'embrasse de tout mon cœur. Vive la moustache !

 

JEANNE.

 

Guy de Maupassant : La moustache.

Texte publié dans Gil Blas du 31 juillet 1883, sous la signature de Maufrigneuse, puis publié dans le recueil Toine. Le texte présenté ici est celui de Toine


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