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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 00:09

799px-Bertinoro1.jpg

 

Hier dans la matinée où il reçut du papier bleu virtuel votre Taulier, un peu escagassé, mais pas du tout désarçonné, s’est dit mon petit gars « une bonne esquive vaut mieux qu’une nouvelle et rapide estocade en défense. Ne t’expose pas. Ne prête pas le flanc. T’as tout ton temps, alors prends-le… » Je l’ai pris. Attendre et voir. Ne pas se précipiter. Bref, je suis parti déjeuner avec Ophélie chez Pierre Jancou, rue des Petites Écuries, et je n’ai pu m’empêcher chemin faisant de penser aux vieux chevaux de retour, et à un en particulier, qui, dès qu’ils sentent l’avoine, se ruent sur les mangeoires. Faut se ranger car les vieilles carnes c’est mauvais, ça mord et ça a encore la ruade brutale. Bien sûr ces bêtes-là, proches de la réforme, n’ont pas d’oseille, ni de blé, alors faut les panser à l’œil.


restaurant-vivant-d2.jpg

Pierre Jancou connaissais pas.  Vivant qu’elle se nomme sa petite crèmerie qu’est une ancienne oisellerie. Entre céramiques 1900 et Formica 50s nous avons bien mangés et bien bus, merci Petit Jésus et, comme il se doit, en repartant nous avons partagé, Ophélie et moi, l’addition. Bien sûr, en lâchant nos euros, nous avons eu une pensée émue, non pour le Petit Jésus, mais  pour notre principal concurrent, celui que tout le monde craint, que certains surnomment l’écumeur des soupières, d’autres l’Attila des rombières.


Bien sûr, nous avons bu nature de chez nature sous la houlette de la charmante sommelière de chez Vivant Solenne Jouan mais ne comptez pas sur moi pour vous faire un compte-rendu, je ne possède pas les hautes qualités de notre grand concurrent, le Belphégor de la Toile, je ne sais pas tenir un couteau, une fourchette, un verre et un crayon en même tant. Donc j’ai mangé, bu et papoté avec Ophélie, mais pas écrit le moindre grigri.


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Ceci écrit, je me suis dit « coco tu ne vas pas laisser un boulevard au Ravachol  de la Toile, faut que tu te fendes d’une dédicace… » Alors j’ai pioché dans un de mes petits bouquins chéris « Le vin de longue vie » de N.D. Cocea aux éditions Cambourakis 9€.

 

arton295.gif

 

« Des jeunes filles rieuses passaient les corbeilles aux garçons. Ceux-ci, à leur tour, juchés sur des escabeaux improvisés, les vidaient dans des trois pressoirs, de chacun quatre mètres de long, installés en travers du cellier. Les paniers vides volaient dans l’air, accompagnés de cris et de plaisanteries lestes. Les filles les attrapaient au vol. Aucune d’elles ne voulait être en reste mais répondait du tac au tac, tenant des propos équivoques en jetant aux garçons des poignées de raisin. Cependant que, dans les trois énormes pressoirs, filles et femmes, robes troussées dans la ceinture et montrant leurs cuisses jusqu’aux hanches, écrasaient les grains en rythme, tantôt lent et coulé, tantôt saccadé et rapide suivant la mesure de la danse.


(…) Les grappes dégringolaient dans les pressoirs, le vin coulait des bondes, seaux et amphores d’argile partaient, les uns après les autres, pleins à ras bords, assujettis bien droit sur les épaules des valets. Le cellier grondait et vibrait sur ses bases. Il flottait dans l’air des effluves, à la fois doux et âcres, enivrants et irritants, de fruit foulé, de sueur et de femme.


(…) Mais pendant ce temps, le travail battait son plein. Le vin nouveau coulait à flots comme des torrents gonflés de pluie. Les tonneaux s’emplissaient à vue d’œil. Le cellier bourdonnait comme une ruche d’abeilles laborieuses. Et, comme il convient au vin, les vendangeurs le préparaient dans les chansons et propos galants. Je ne m’étonnais point de leurs facéties, de leurs plaisanteries salaces et osées. Au cours de mes pérégrinations à travers les villages, j’avais au moins appris ceci, qu’au sein de l’impudique nature, les hommes ont le langage plus libre et les filles sont moins mijaurées et moins prudes que leurs consœurs des villes. Je connaissais à cet égard les théories du boyard. Ce qui, en revanche, me déconcertait était le fait que lui, homme de progrès, au courant des découvertes scientifiques, fit toujours fouler ses raisins sous les pieds comme au temps jadis.


Comme nous nos dirigions lentement vers la maison pour le repas du soir, Maître Manole m’éclaira fort à propos sur ce point :


-         La vigne, mon cher enfant, n’est ni pierre, ni brique. Certes, elle n’a pas comme l’homme, une âme, mais elle a sa vie et ses sensations propres. Elle existe. Je me suis bien souvent avisé qu’entre toutes les manifestations de la vie terrestre, il doit y avoir et se perpétuer une sorte de lien secret. Du plus humble brin d’herbe rabougri au creux ses chemins jusqu’à la hauteur de ton front ou du mien, les degrés sont sans doute innombrables mais l’échelle est la même. Nous sommes de la même espèce que tout ce qui existe dans l’univers. Tu as entendu dire que les joailliers, pour rendre leur éclat aux perles presque mortes, les mettent au cou des jeunes femmes. Leur chair leur redonne vie. Donc, si le grain de nacre d’un mollusque renaît sur le sein des femmes, comment voudrais-tu moins bien traiter le fruit de la vigne ? Exprime le raisin sous la meule ou mets-le sous une presse : tu ne boiras qu’un jus délavé, de saveur fade. Écrase ce même raisin sous les pieds de l’homme, et malgré l’impureté et la sueur, tu boiras ce que tu n’as jamais bu de ta vie, du vin semblable à  de l’eau vive, celui des vignes de maître Manole.

 

De fait, dès l’instant que nous eûmes atteint la véranda, spacieuse comme la cour de quelque grosse ferme, le boyard frappa dans ses mains et ordonna à Vladica le tzigane de lui apporter deux bouteilles de vin bouché : l’une, de Cotnar rouge, de la cuvée de 1821 ; l’autre, de Cotnar blanc, de celui qu’ils étaient seuls à connaître.

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-         En attendant de déguster chacun d’eux, me proposa le boyard, vidons un verre à la santé de notre hôte et, conformément à la coutume, lavons-nous le visage et les mains.


-         Buvons, monsieur, et rafraîchissons-nous (…) »


vinery2.jpg

 

Le livre a été publié en 1931. C’est une fable hédoniste qui évoque la rencontre d’un magistrat fraîchement nommé dans une bourgade de la campagne moldave et d’un mystérieux boyard, Manole, dont la longévité exceptionnelle et les mœurs supposées excentriques excitent la jalousie de la bonne société provinciale.

 

N.D. Cocea est un écrivain roumain (1880-1949)

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 15:00

C’est la rançon de la gloire, voici ce que j’ai reçu d’un petit avocat parisien ce matin par e-mail. Je ne ferai aucun commentaire. Les chroniques citées sont maintenant, par ma volonté, tombée dans la virtualité j’ai d’autres chats à fouetter que de plaider avec qui vous savez. 

 

Le destin du papier bleu, non utilisable comme PQ, c'est la poubelle jaune. C'est fait... Qui donc aujourd'hui n'est pas inscrit au barreau , ma concierge sans doute. Mais y' a pas de sot métier mais que des métiers fait par des sots...avocat_0.jpg  


 

  


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 12:00

Top100_2012_slider.jpg

 

Je suis, depuis 2007, le classement du Wine Spectator’s link,link,link,link link non pour sa valeur intrinsèque, mais pour la tendance qu’il révèle de la vision du marché mondial des vins qu’ont nos collègues américains.


En 2010 je titrais : un bel exemple de l’isolationnisme américain en temps de crise et 2011 l’impérialisme américain persiste et signe. Le classement de 2012 fait un large retour  sur les tendances et les équilibres anciens. Il confirme la déflation des prix.


Pour la France c’est le retour en grâce de la Vallée du Rhône avec le n°2,  Château de saint-Cosme  Gigondas 2010 41$, le n°4 e habitué aux places d’honneur Clos des Papes 2010 128$, le n°11 encore un Châteauneuf-du-Pape : Domaine Saint-Préfert Auguste Favier Réserve 2010 58$, le n°16 le Vieux Donjon toujours Châteauneuf 66$,, le n°34 un Gigondas 2010  Bertrand Stehelin 29$, le n°58 un Vinsobres 2010 Perrin&fils 22$ et un Tavel 2011 n°64 Domaine Lafond 17$.


Le replacement de Bordeaux : le n°5 Château Guiraud Sauternes 2009 60$, le n°6 Château Léoville-Barton  St.Julien 2009 105$, le n°23 Château Canon-La Gaffelière St Emilion 2009 95$, le n°27 Château Peby Faugères St Emilion 2009 95$, le n°70 Château Latour-Martillac Pessac-Léognan 2009 31$ et le n°93 Château Lynch-Bages Pauillac 2009 150$.

 

Ensuite c’est un peu la peau de chagrin :


-         La Loire avec le n°48 Vouvray Guy Saget 2010 20$ et le n°97 Sancerre 2011 Claude Riffault 27$


-         La Provence avec le n°36 Bandol 2008 Domaine de l’Olivette 17$


-         Le Roussillon avec le n°38 Côtes du Roussillon Bila-Haut 2010 13$


-         L’Alsace avec le n°39 Domaine Schlumberger Pinot gris 2010 20$


-         La Bourgogne avec le n°43 Château de la Greffière Macon La Roche 2010 18$


-         Le Sud-Ouest avec le n°45 Georges Vigouroux Cahors 2010 12$,


-         La Savoie avec le n°55 Jean Perrier&fils Apremont 2011 17$


-         La Champagne avec le n°84 Piper-Heidsieck 50$.

 

EN noir le nombre de vins dans le top  5, en rouge le nombre de vins dans le top 10, en bleu le nombre de vins dans le top 50 et en vert le nombre entre la 5Oe et 100e place.

 

USA : 35716 – Total 31

 

Fr : 4297 – Total 22

 

Italie : 1186 – Total 16

 

Espagne : 0026 – Total 8

 

Australie : 1024 – Total 7

 

Chili : 0 – 004 – Total 4

 

Portugal : 0 – 201 – Total 3

 

Argentine : 1 – 001 – Total 2

 

RSA : 0 – 011 – Total 2

 

Allemagne : 0 – 011 – Total 2

 

N Z : 0 – 001

 

Grèce : 0 – 001

 

Autriche : 0 – 001

 

Le Vieux Monde : 54 vins 

 

dont 5 dans le top 10 et 16 dans le top 20

 

La France :

-         3 vins dans le top 5

-         4 vins dans le top 10

-         6 vins dans la top 20

-         13 dans le top 50

 

Les USA :

-         1 vin dans le top 5

-         3 vins dans le top 10

-         8 dans le top 20

-         15 dans le top 50

 

Les vins les plus chers : 150 $ un Français Lynch-Bages 2009 et un US Ridge Montebello 2009

 

Les vins de plus de 100 $ : 3 Français, 3 USA 2 Italiens, et 1 Argentin.

 

Le vin le moins cher : 9 $ est italien Folonari Chianti 2010 et le français le moins cher est à 12 $ Georges Vigouroux Cahors

 

Les vins à 15 $ et moins : 4 italiens, 2 espagnols, 2 Français et 1 grec.

 

Moins de 20 $ : 22

 

9 dont 4 français, 3 italiens, 2 espagnols dans le top 50

13 dont 2 Pour Italie, Espagne, France, Chili et 1 Portugal, Argentine, USA et Grèce s’y ajoutent dans le top 100

 

Moins de 50 $ : 44


17 dont 6 USA, 4 France, 3 Italie, 2 Australie, 1 RSA, 1 Allemagne, 1 Chili dans le top 50

27 dont 10 USA, 4 Espagne, 3 France, 2 Italie, 2 Chili, NZ, Autriche, Allemagne, Italie et Australie 1 vin chacun s’y ajoutent dans le top 100

 

Moins de 100 $ : 23


17 dont 8 USA, 4 France, 2 Italie, 2 Portugal et 1 Australie dans le Top 50

6 dont 5 USA, et 1 pour France, Italie et Australie

 

Plus de 100 $ : 11

 

6 dont 2 France, 2 Italie, 1 Argentine et 1 USA dans le top 50

5 dont 4 USA et 1 France s’y ajoutent dans le top 100

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 00:09

giuseppe_conte.jpgGuiseppe Conte arrive à Saint-Nazaire de sa Ligurie natale, où il est né en 1945.


 « À l’époque, le voyage en train de Vintimille à Nantes était long comme la queue d’une comète. De nuit, on traversait l’univers. De nuit, on traversait l’univers. La France, d’est en ouest et du sud au nord. Je suis parti au coucher du soleil, j’ai vu venir la nuit, dans la nuit filer toutes les lumières froides des gares, toutes les ombres des villes que j’ai connues seulement en rêve en ce temps-là, Toulouse, Bordeaux, se lever l’aube le lendemain, enfin, à midi passé, j’étais à Nantes. De la Méditerranée toute bleue et dorée, j’étais arrivé dans l’estuaire de la Loire, entre brouillards et marées. »


Giuseppe Conte débarqua donc à Saint-Nazaire lorsque « l’après-midi tirait à sa fin ». Il avait hâte de se retrouver dans le nouveau gîte où il allait passer « les deux prochains mois de son existence. » Mais pour ceux qui l’accueillent, qui lui prodiguent « leur euphorie et leur amitié, tels de vieux amis. Pas question d’aller à la maison. » Pour commencer ils le conduisent « dans une cave à vin ouverte depuis peu ». Guiseppe jure qu’il n’est « pas un homme qui fréquente les musées. Dès que j’entre dans une ville étrangère, c’est généralement une place, une promenade au bord de la mer, une cathédrale ou une mosquée, un palais célèbre qui me sert de point d’orientation. » Mais cette fois-là, contre toutes mes habitudes, mon premier point d’orientation à été un endroit où l’on goûte le vin. »


Alors, il se souvient bien de sa gêne, lui « modeste buveur, au milieu de gens qui arrivaient parfois à faire quarante dégustations de vins différents. ». Dépaysé, fatigué par le poids du voyage, avec ses bagages en mains, Giuseppe va se faire « contaminer » par la compagnie  de « buveurs inconnus, presque extasiés devant leurs verres dans la cave. »


Le vin va l’attirer lui le « modeste buveur » car il va enfin comprendre que « le vin est bien plus que quelque chose qu’on boit, c’est une chose sur laquelle on peut raisonner, travailler, innover, écrire, débattre, faire de la recherche : un fait culturel, autrement dit, un segment capital de nos traditions anciennes et sacrées. » et de citer le vers de Baudelaire : Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles… « Le vin est la réalité matérielle la plus haute qu’un terroir, avec ses collines, ses arbres, ses pluies, ses coteaux ensoleillés, son herbe, ses cours d’eau, puisse exprimer. Le vin est la réalité symbolique la plus proche de l’homme, la plus à portée de main et à même de réchauffer son âme. »


 « Inévitablement, le premier vin de Loire que j’ai goûté, c’est le Muscadet. Ça  été le coup de foudre, d’abord pour son nom : quand on le prononce en italien, il a un son aventureux de bois, de muscs, d’écumes et de brouillards, il fait penser, à moi, en tout cas, à un mousse et à son spadassin.


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Vin ultrasec et nerveux, neutre, marin, j’ai appris à le boire avec les langoustines. L faut préciser que venant d’Italie, où les langoustes et les langoustines étaient et sont encore des synonymes un peu vulgaires de luxe étalés, j’ai été  agréablement surpris de découvrir qu’en Bretagne, même le restaurant le plus simple peut vous glisser sous le nez une assiette débordante de langoustines à un prix tout à fait abordable, dans une atmosphère chaude et populaire. Comme elles sont belles ces assiettes !, pinces et carapaces se confondaient en un monticule rose pâle qui prenait à mes yeux l’aspect d’une inflorescence sous-marine. Et à côté, le verre de Muscadet, avec son coloris, pâle, sobre, pourtant tout frais de jeunesse. Son acidité ne m’a jamais donné des brûlures d’estomac. C’est une acidité qui a un goût d’algues et de ressac. De salin, le vent et de marée haute. Pour moi, un Muscadet mis en bouteille à Saint-Fiacre est encore aujourd’hui, après toutes ces années, un vin qui apporte la joie et donne des ailes à l’imagination. Il alterne sur la table avec u Crémant de Loire, sans prétention mais parfait, avec son équilibre évoquant le goût du fruit sec et la vivacité du fleuve qui coule. »

 

Extrait de De l'autre côté du vin éditions meet 15 euros.link


Giuseppe Conte est « Diplômé en Lettres de l'Università Statale de Milan, avec une thèse sur l'esthétique, Giuseppe collabore à diverses revues littéraires. Assistant à l'université, il enseigne l'Esthétique à Milan et la Littérature italienne à Turin, mais abandonne l'enseignement au profit de l'écriture. En 1972, paraît un essai 'La Metafora barocca' suivi de 'Terre del mito' (1991, 'Terre des mythes', 1994). Conte, considéré comme une des voix les plus originales de la nouvelle génération de poètes italiens et passionné de mythologie, est l'inspirateur du Mitomodernismo, courant inauguré en 1995 à Milan qui œuvre à la réintroduction du mythe dans la littérature et l'art contemporains. »


« À la fois poète, essayiste et romancier, il a reçu le prix Hemingway en 2002. Son dernier roman L’homme qui voulait tuer Shelley a paru chez Phébus en 2008. Giuseppe Conte est aussi le traducteur de William Blake, P.B. Shelley ou Walt Whitman. Dans la collection Les Bilingues : Le manuscrit de Saint-Nazaire (meet, 1989) et sa pièce de théâtre Le roi Arthur et le sans-logis (meet, 1995). Il a également publié à la meet : Le projet littéraire et sa traduction, collectif, meet 1996 Les jours du nuage, revue meet n°1 Trieste / Buenos Aires, meet 1997, De Saumur à Angers, Loire & Ocean, meet 2006, Milan / 65 recueil meeting Avoir vingt ans en édition bilingue. Il a longtemps vécu à Nice et vit aujourd’hui à San Remo. »

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Comme prévu pour remercier Giuseppe Conte : un domaine  celui d’Aurore et de Véronique Günther-Chéreau, au Château du Coing à Saint-Fiacre-sur-Maine, 45 hectares de vignes du domaine. « Un bon moment déjà que Günther-Chéreau mère s'applique avec méthode (et une bonne dose de courage!) à démontrer que le muscadet est bien plus qu'un roturier sans noblesse. C'est sa fille Aurore, diplôme d'œnologie en poche, qui assure désormais, avec le millésime 2011, les destinées de la maison à Saint-Fiacre et un vin »


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« Ce Muscadet Sèvre et Maine sur lie, provient d’un château typique du Val de Loire, édifié sous Louis XIII sur la commune de Saint Fiacre sur Maine.


Le melon de Bourgogne évolue sur un sol argilo-schisteux de gneiss à deux micats et de grenat. Après la récolte et la presse des raisins, le vin est vinifié sur lie.


Après la fermentation alcoolique sur lie, le vin repose sur sa lie tout l’hiver jusqu’à sa mise en bouteille fin mars. Jamais soutiré, il permet la conservation d’une faible quantité de gaz carbonique qui lui donnera un léger perlant. Recherché pour son côté jeune, vif et sec, il présente une belle robe dorée. Son nez s’ouvre sur des arômes d’agrumes et de fleurs blanches. La bouche est douce et fruitée. Il s’accommodera à merveille avec des viandes blanches ou des crustacés. » L’avis du vin.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 14:00

hippo et le Glatin 031Je m’étais dit dimanche, j’irai à vélo car ça descend jusqu’à la Seine. Bien sûr au retour il faut monter mais ce n’est pas pareil, on a fait le plein. Mais il pleuvait, non pas sur Nantes avec son Ayrauport, mais sur un Paris libéré de ses manifestants des beaux quartiers. Après avoir mis en boîte la boucherie hippophagique de Julien Davin je prenais le métro aérien à Glacière pour rejoindre la péniche où Fabrice Le Glatin, quai de l’Hôtel de Ville, faisait salon. Même si ce n’était pas mon chemin de Damas je descendais à Saint-Paul. Le quai était luisant, la Seine jaune boueux et les feuilles mortes pouvaient se ramasser à la pelle. Alors que je descendais vers le quai je voyais Nicolas de Rouyn, sur la berge, se mettre en danger, faute aux semelles de ses beaux souliers.

 

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Fabrice Le Glatin avec son petit côté Tintin ou Riquet à la houppe, bien connu pour ses dégustations Tupperware, poursuit son petit bonhomme de chemin depuis aussi longtemps que votre Taulier, sauf que lui il est en prise directe avec les vignerons. Une passerelle, quelle belle image, descendre, le bruit de mes pas sur les marches de métal, c’est intime, et la dénomination salon prend ici sa juste valeur, ce n’est pas un grand barnum où le taulier ne sait pas où donner de la tête, se déconcentre et repart sans avoir goûté la moitié de ce qui est proposé. Dimanche, même lorsque la péniche Marcounet, construite en 1925,  s’emplira l’atmosphère restera sereine et respirable ce qui me permis de mener à bien mon dur labeur de petit dégustateur et même de prendre des notes. Belle sélection de vignerons sieur Le Glatin, de la belle ouvrage que je salue : chapeau bas (un Motsch, bien sûr qui couvrait mon chef dimanche).  Des valeurs sûres : Turner-Pageot (Languedoc), Château Bas et Henri Milan (Provence), Leconte de Floris (Languedoc) ; des qui montent domaine de l’Escarpolette et Clos Romain (Languedoc), Domaine des Pothiers (Cotes Roannaises) ; et puis pour votre Taulier de belles découvertes : Michel Arnaud (Châteauneuf-du-Pape), Ludovic Chanson (Montlouis), Fred Sigonneau (Chinon), Dominique Bertram (Bordeaux) et Nicolas Mariotti Bindi (Patrimonio). La présence, avec son trait joyeux et jubilatoire, de Rémy Bousquet apportait au petit salon de notre Tintin du Vin jusque ce qu’il fallait de fine et franche gaieté. Denrée rare sur les salons où beaucoup tirent des gueules de 3 pieds de long.


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Donc impeccable mais pour ne pas me faire accuser de cirer outrageusement les pompes de Fabrice je me dois de mettre un très léger bémol à ma satisfaction. À l’heure où la faim vint, implacable, estomac criant famine, rien ! Compréhensible car, hormis le pont supérieur à l’air libre, l’espace était compté sur la péniche Marcounet. Comme j’ai très mauvais esprit j’aurais bien vu sur le quai une sorte de braséro avec grillades de saucisses, mais je comprends que cette initiative populaire pour me satisfaire aurait pu choquer de concert notre maire, tout proche en son Hôtel de Ville, et ce cher N de R. Je plaisante, bien sûr, mais mon cher Fabrice la prochaine fois prévoit une petite bourriche pleine de saucisses, de fromages qui puent, pour que je puisse ne pas tomber d’inanition suite à la dégustation.

 

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J’ai donc pris beaucoup de notes et des photos qui vont aller rejoindre mon stock qui m’est bien utile, tel les provisions de la fourmi de la fable, pour alimenter mes chroniques. Avant d’y replonger je vous livre en direct live mes coups de cœurs (pas tous en photos) :

 

1-      Turner-Pageot Emmanuel et Karen pour l’ensemble de l’œuvre présentée.

 

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2-     Hors-Pistes 2011 et Fou de chêne du Domaine des Pothiers blanc V de P d’Urfé


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3-     La Carrée 2010 100% Roussanne Henri Milan

 

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4-     Pierres du sud 2011 Château Bas blanc

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5-     Les Pions pétillant originel Montlouis-sur-Loire Ludovic Chanson


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6-     Le Pastoreccie 2011 Vermentino de Nicolas Mariotti Bindi


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7-     Soir d’Hiver  Clos Romain rouge


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8 - L'Escarpolette pour l'ensemble  de l'oeuvre présentée

 

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9-     Domaine de la Millière Châteauneuf-du-Pape blanc 2011 et le rouge 2008


10- Château Noguès Bordeaux Supérieur Cuvée Or 2009 sera mis en bouteille en 2013


11-  Les excellents Chinon d’un deuxième type de Fred Sigonneau


Dernière photo de 3 stars sur le pont du Marcounet : Sonia des Montagnes, Paco d’Ivry et bien sur le bien noté 20 sur Vin Fabrice Le Glatin.


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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 00:09

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J'adore, j'ai toujours adoré, les surprises, les bonnes bien sûr, mais, avec le temps qui passe, je constate que les surprises agréables se font plus rares. Comme ce qui est rare est cher dit-on, alors je goûte et j'apprécie à leur juste valeur, avec gourmandise même, celles qui me tombent dessus. Dans ma quête de sujets de chroniques je suis toujours ravi de dénicher chez mes libraires de prédilection une bonne surprise de lecture. Dès que je tombe sur une pépite je suis tout excité et j'ai hâte de vous faire part de ma découverte. Je ne sais si vous partagez mes coups de cœur mais ça n’enlève rien à mon plaisir. Et puis, eu égard à ma nouvelle aura de blogueur – un peu d'autosatisfaction ne saurait nuire – je reçois parfois de la part d'éditeurs des services de presse. Tel fut le cas avec l'ouvrage de Jane Anson ÉLIXIRS publié aux éditions de La Martinière. Je me suis dit alors: « encore un de ces beaux livres, plein de belles photos, dont le destin sera d'orner quelques guéridons ou de dormir dans une belle bibliothèque ». Pour me motiver j'ai demandé à rencontrer l'auteur, ce qui me fut accordé. Rendez-vous pris je me retrouvai dans l'obligation de lire ÉLIXIRS. Je m'y suis plongé et ça m'a captivé. J'ai tout lu, annoté et je me suis dit que le meilleur destin pour les idées reçues et les à priori c'était de ne jamais s'y arrêter.

  • En 1855, il n’était que 4, Mouton-Rothschild en 1973 intégrera les Premiers Crus après un long combat du Baron Philippe et changera sa devise « Premier ne suis, Second ne daigne, Mouton suis. » en « Premier je suis, second je fus, Mouton ne change. »   1855-002.JPG

J'ai donc rencontré, au petit matin, Jane Anson au café du Petit Palais, un lieu délicieusement exotique, très anglais, où l'on a plaisir à converser. Née à Oxford, études littéraires puis à l’University College London (UCL) pour un PublishingMaster, journaliste à 20 ans destination Hong-Kong, le vin n’est pas encore entré dans sa vie mais l'intérêt pour celui-ci viendra vite, en 1996, avec un séjour en Afrique du Sud postapartheid. Puis 2003, direction la France avec son mari, plus précisément Bordeaux où, bien sûr, le vin s'installe dans la vie de Jane. Son premier reportage pour Decanter sera à Château Margaux, à propos de la capsule à vis je crois. Nulle glace à rompre avec Jane, alors j'enchaîne avec la première question : pourquoi ce livre ? La réponse est directe: parce l'histoire croisée des 5 Premiers Grand Crus Classés n'avait jamais été écrite et que Jane souhaitait la narrer en partant des origines pour aller jusqu'à ce qu'elle appelle très justement : Regarder en avant. L’intérêt du livre réside dans cette alliance, cet alliage réussi entre l’Histoire, les histoires de famille, le monde des affaires, le temps présent et les enjeux de l’avenir. La vie irrigue ce livre fluide, argumenté, il a des racines qui permettent au lecteur, une fois qu’il y est entré, d’être, bien plus qu’un simple spectateur, un acteur de la légende qui peut, à la fois, se laisser aller à rêver tout étant de plain-pied dans la réalité de notre planète globalisée.


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Dans toute la partie rétrospective Jane Anson, avec talent et précision, sait faire revivre un Jean de Pontac le véritable père de Haut-Brion « talentueux meneur d'hommes – et de femmes –, actif en politique durant sa très longue existence, qui se termina à l'âge de 101 ans, fait rarissime à l'époque » ou le journal de Samuel Pepys qui contient une citation fameuse, datée de 1663 : « allé à la Bourse avec Sir J.Cutler et, avec M.Grant, à la taverne du Royall Oak sur Lumbard Street... Et là, j'ai bu une sorte de vin français appelé Ho Bryan, qui avait un bon goût très particulier que je n'avais jamais rencontré. » Ou encore le « Prince de la vigne », dixit Louis XV, le marquis de Ségur, propriétaire par le jeu des mariages et des héritages conjointement de Latour et de Lafite, même un temps de Mouton avant de le vendre « à un certain Joseph de Branne » qui « était comme un poisson dans l'eau à la Cour opulente de Louis XV. Doté de la réputation d'être l'homme le plus riche de Bordeaux, il se faisait une joie de la justifier (…) en investissant de fortes sommes dans les vignes du Médoc. » Comme le souligne Jane Anson « D'ailleurs, tous les propriétaires de ces Premiers Grands Crus menaient ce genre de vie. Tous nobles – marquis à Lafite et Latour, baron à Mouton et comtes à haut-Brion et à Margaux –, ils tiraient une richesse considérable de leurs terres (on estime que 86% du capital de Ségur provenait de ses deux domaines viticoles) et il n’est donc pas étonnant qu’ils aient dépensé des fortunes à décorer leurs châteaux et à y recevoir. »


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Mais comme je l’ai souligné ce livre ne se contente pas de livrer les Riches Heures des 5 châteaux mythiques il met ses lignes dans leurs pas au quotidien. Pour ce faire Jane Anson a privilégié ceux qui font, ceux qui, au jour le jour, travaillent, rouages bien huilés de ces belles horloges. Les propriétaires actuels sont peu présents, comme en retrait par la volonté de l’auteur. Ce choix permet de ne pas trop cultiver les clichés, les images d’Epinal ou de tomber dans l’hagiographie. ÉLIXIRS n’est pas qu’un beau livre de commande, c’est un vrai livre fruit d’un travail minutieux et passionné d’un auteur qui en a conçu le projet et qui a mené sa barque à sa guise. Bien sûr, certains pourront estimer que Jane Anson aurait pu, dans la phase contemporaine, s’intéresser de plus près aux petites histoires qui font les délices de la Place de Bordeaux, et de ceux qui s’en délectent, le côté people quoi. Elle a parfaitement raison de passer outre, cet angle voyeuriste n’apporte pas grand-chose à l’histoire des 5 Grands et il a plus sa place dans la bande-dessinée satirique. En revanche, et je lui en ai fait la remarque lors de notre conversation, ce qui me préoccupe plus c’est le fossé qui se creuse, vu le niveau des prix, entre ces icônes et les grands amateurs qui n’y ont plus accès. L’univers du luxe est certes fascinant mais, pour le vin, dont la finalité reste tout de même d’être bu, cette captation par une population plus attachée au paraître, à la valeur purement statutaire du produit, risque de marquer le début d’un temps de désamour qui ouvrira la porte à de nouveaux venus qui, tout en faisant rêver, auront le mérite d’enchanter les papilles de leurs acquéreurs. Même les grands mythes ont besoin de s’enraciner dans l’imaginaire populaire. Gageons que Jane Anson, en un prochain livre, saura poursuivre son œuvre.


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En effet, qui mieux qu’une anglaise vivant à Bordeaux peut trouver le meilleur angle pour explorer le monde mythique de ces Grands Châteaux ? Francis Ford Coppola, qui signe la Préface du livre, l’a bien compris lorsqu’il écrit « Pour moi la légende de Bordeaux a commencé lorsqu’une belle jeune fille de quatorze ans, au début du Moyen Âge, reçut en héritage la région d’Aquitaine. Épouse et mère de rois (son fils Richard Cœur de Lion mourut dans ses bras), elle-même décédée à 90 ans passés, elle a imprégné de son esprit cette région extraordinaire. L’histoire qui s’ensuivit fut terrible et fabuleuse : décapitation, mariages, beaux-fils sans scrupules, rivalités familiales, conduites tour à tour pieuses et salaces – et pouvoir financier, pour aboutir à ce jour de 1855 où, afin de fixer les prix et faciliter les ventes, un classement de vins fut établi. » L’intimité et la complicité entre la Place de Bordeaux et l’Angleterre faites de pragmatisme, du sens aigu du commerce, du grand large s’est ici enraciné dans un terroir, mot inconnu de la langue anglaise, pour bâtir une légende bien française qui, traversant le temps, fonde la notoriété de l’ensemble des vins Français. C’est un fait, et c’est heureux.


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Reste maintenant à écrire de nouvelles pages, regarder en avant comme l’écrit Jane Anson dans son dernier chapitre. Mon esprit frondeur se réjouit de constater qu’ « à Latour 50% des vignes sont désormais cultivées en bio ou biodynamie complète. Depuis 2008, on a réintroduit les chevaux, comme au XVe siècle, pour travailler l’Enclos. On estime que les sabots du cheval abîment beaucoup moins la vigne qu’un tracteur, et il est certain que l’animal réduit l’empreinte carbone. » Je sais que ça va faire grincer des dents chez certains mais moi ça me plaît car, au-delà des querelles, dont le contenu me dépasse et m’indiffère, le retour en force du souci de la vie de la terre, ce substrat au fameux terroir puisque nous sommes au point le plus précis de l’origine, constitue la meilleure défense d’un de nos bien les plus précieux : nos vignes. Et, croyez-moi, prendre connaissance de  la déclaration de Frédéric Engerer à Delhi, devant un groupe d’amoureux du vin : « Nous avons une salle de compostage où nous gardons un mélange de 20% de bouse de vache et le reste en copeaux de chêne, en rafles de raisin, en feuilles mortes et en eau de nettoyage des cuves. Le tout macère deux ans à une température constante de 70°C et nous obtenons ainsi le fertilisant idéal. Nous devons rendre à la terre ce qu’elle nous a donné. » me ravit. Souvenir de Lalou Bize-Leroy qui me tenait les mêmes propose en 1988 lors d’un déjeuner chez elle… Patience et longueur de temps…


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Vous l’aurez compris, si vous souhaitez faire plaisir à un proche, à l’un de vos amis, passionné par le vin, ou à vous-même, je vous recommande en cette fin d’année d’aller chez votre libraire feuilleter ÉLIXIRS avant de l’acquérir. C’est publié par les éditions de la Martinière 45€.

 

Les photos d’Isabelle ROZENBAUM sont superbes.


Pour finir, dans COMPRENDRE LE TERROIR, quelques citations d’Olivier Trégoat le normand, l’homme de la cartographie de la Vigne et des Boissenot, Jacques et Éric, le  père et le fils.


Ce que « Grand Cru Classé » veut dire : « Il faut bien entendu l’histoire, le savoir-faire, le lieu. Mais il est trop facile d’oublier que si l’on ne prête pas attention au terroir, celui-ci ne produira pas le vin désiré. Les vignes ont besoin d’être cultivées, soignées. Il faut tôt ou tard, qu’un viticulteur trouve le bon équilibre de densité de plantation, le bon cépage, la bonne méthode de taille, et ainsi de suite. Sans quoi la vigne n’atteindra pas son potentiel. Et une fois cet équilibre trouvé, les éléments constituants du sol font toute la différence entre bon vin, grand vin et vin exceptionnel. » O.T


« L’élément  fondamental, en fin de compte, c’est l’eau, et la distribution de cette eau dans le sol. Tous les Cinq Premiers Classés d’origine ont des sols très différents, mais ces sols ont tous en commun la capacité de bien répartir l’eau qu’ils reçoivent au cours de l’année. Pour produire un grand vin, où que l’on soit, il faut un peu de stress hydrique, et ma recherche a consisté en grande partie à analyser les réactions de chaque parcelle à ce stress hydrique.

Je crois qu’il existe à Bordeaux plusieurs types de grand terroir. Les graves comme l’argilo-calcaire peuvent produire un grand vin, à condition qu’il y ait assez de stress hydrique. Trop de stress est aussi néfaste que trop peu : du moment que les feuilles sont affectées, il y en a trop. Mais les vignes doivent souffrir un peu pour bien produire. » O.T

 

DONNER LA PAROLE AUX VINS


« Faire un bon vin, ce n’est pas compliqué. Il faut juste du bon sens. J’aime les vins peu exubérants, équilibrés et complexes. Cela, on peut l’obtenir assez facilement sans recourir à la technologie. Et il ne faut pas détruire l’identité du lieu où est fait le vin, ça, c’est primordial. Une vendange trop mûre fait disparaître le terroir. Il faut faire confiance à ses sens, à son observation de la maturité des raisins. Les extrêmes, c’est facile, mais ça ne m’intéresse pas. » Éric Boissenot


« On est allé trop loin en œnologie et en viticulture. Mais même des raisins parfaitement sains apportent certains problèmes. Il peut être difficile de résister à la tentation de les travailler à l’excès. Beaucoup de gens ont envie d’exagérer la maturité, l’extraction, les tannins… Mais ce n’est pas ce que nous recherchons et les Premiers Crus Classés l’évitent aussi. Ils espèrent plutôt que le vin parlera de lui-même,  sans avoir à le crier. » Jacques Boissenot.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 07:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jeudi, jour de la sortie du Beaujolais Nouveau, je déjeunais à Pizza Chic avec une jeune et jolie journaliste italienne, envoyée spéciale de La Repubblica, dont j’avais bien connu le père lors de mon séjour dans la Péninsule au cours des années de plomb. Nous n’avons pas bu de Beaujolais Nouveau car il n’y en avait pas à la carte mais nous avons descendu de suite une superbe bouteille sélectionnée par mon ami Alessandro Merlo. Sans me lancer dans des confidences sur mon nouvel engagement, style taupe à l’UMP, je la branchais sur l’élection de dimanche prochain. La réponse d’Anaïs fut lapidaire « Morne. Vide. Inintéressante. La cour de récréation avec des chamailleries, des petites phrases, des rodomontades entre un suceur de la roue de Sarkozy et l’ex soutier du Président. Pour les médias français : zéro pointé, degré zéro de l’information. Pour mes confrères et consœurs de la presse étrangère c’est un non-évènement. Pas de débats d’idées, d’orientation pour l’opposition dans les 5 années à venir. Si descendre dans la rue pour Copé. Je rêve. Tout le monde a oublié que l’UMP va tenir un Congrès avec pour la première fois des motions… » Je me marrais en embrayant sur celle du génie rural du Poitou, Jean-Pierre Raffarin qui veut créer un mouvement pérenne autour de la sienne « l'humanisme social, libéral et européen ». La liste des signataires de la motion, comme on dit au PS, vaut son pesant de Chabichou : Luc Chatel, Jean Leonetti, Hervé Mariton, Marc-Philippe Daubresse, mais aussi Philippe Cochet, Michel Herbillon, Bernard Deflesselles, Dominique Bussereau, Henri de Raincourt, Dominique Dord, Claude Goasguen, Marc Laffineur, Alain Lamassoure, Axel Poniatowski, Franck Riester…et cerise sur le gâteau : Hervé Novelli. Des pointures donc, dont l’ancien duo très rock-and-roll des Jeunes Giscardiens : Bussereau-Raffarin avec le veuf joyeux de Haute-Marne ils soutiennent Copé. Quand on sait que c’est Mariton qui a fait la synthèse rien d’étonnant que le courant ratisse large et part dans tous les sens car il se veut le pôle central, ne riez pas, et prône «la suppression des 35 heures, la baisse des charges sociales, la distinction entre «assistanat et solidarité», la promotion de la ruralité, la maîtrise de l'immigration ou l'importance de la famille… » Nous en restons-là, car c’est du chamallow, même ne puis m’empêcher d’ironiser sur le naufrage des derniers centristes de l’UMP, le grand mou de Méhaignerie en tête.


Anaïs, qui en dépit de ce qu’elle venait de me dire, suivait aussi bien que moi les déclarations des deux candidats, puisqu’elle me rappelait que le roquet de Meaux avait rétorqué au cocker triste du VIIe, qui l’accusait de cliver l’UMP, ce qui poserait d'éventuels problèmes avec les centristes « si l'UMP ne regarde que sur sa droite », que c’était un procès d’intention inutile puisque « l'écrasante majorité des centristes de l'UMP lui avaient apporté leur soutien » Je lui rétorquais que les centristes n’existaient plus depuis belle lurette et qu’ils n’étaient plus que des supplétifs des ex-RPR badigeonnés  en UMP. « Que penses-tu de Borloo, et de son UDI, crois-tu qu’elle va faire de l’ombre à l’UMP ? » lui demandais-je alors. Là, encore, la réponse fut sans ambiguïté « Absolument pas. Ce n’est pas parce qu’un sondage du JDD le place en tête des partis de droite en termes de bonnes opinions qu’il aura une influence politique. Regarde Kouchner, qui a été longtemps la personnalité politique préférée des français mais qui n’a jamais fait un succès politique. » Assez bien vu car ce n’est pas avec le couple Rama Yade-Chantal Jouanno, le bourrin d’Epaignes et son grand copain Lagarde, l’ex-coco Maurice Leroy et l’aigre Dominique Paillé et quelques transfuges du Modem que l’UDI de Borloo allait refaire le coup de l’UDF du déplumé de Chamalières. Je soulignais à ma nouvelle copine qu’il y avait tout de même une grande différence de pointure et qu’il fallait tout de même se souvenir que le pauvre Fillon devait d’avoir fait l’intégralité de son bail à Matignon aux hésitations de l’agité qui, en définitive, n’avait pas osé confier ses clés au frisé. Comme nous avions descendu une seconde bouteille la conversation avait vite glissé sur Carla Bruni-Sarkozy qui devrait arriver à Beaune, peu avant la vente des Hospices dimanche, prévue vers 16H00. J’ironisais sur le fait que la grande chanteuse devrait donner de la voix pour faire s'envoler le prix de ce tonneau de 350 litres de Corton grand cru Charlotte Dumay vendu au profit sa fondation pour favoriser l'accès à la culture pour les personnes défavorisées, et de la Fondation Idée, qui promeut l'ouverture à Lyon d'un institut pour aider les jeunes épileptiques. Anaïs, défendait sa compatriote. J’ajoutais goguenard qu’elle pourrait compter sur Gégé, s’il n’était pas trop bourré, et sur l’art du maquignon Guy Roux qui lui sait faire des sous.


Comme nous étions pompettes, je n’ose écrire gai car Anaïs en sirotant sa grappa me lançait « Qu’est-ce que tu penses du mariage gay ? » Je soupirais « Comme je suis allergique au mariage tout court, ça ne m’intéresse pas. Mais puisque le mariage chez nous est un contrat civil je ne vois pas pourquoi les gays et les lesbiennes ne passeraient pas aussi devant le maire… » Un peu déçue mon italienne embrayait sur les potins parisiens en me parlant de Laurence Tcheng, l'intellectuelle de gauche, Frigide Barjot, la figure des nuits parisiennes, et Xavier Bongibault, homosexuel et athée, qui se sont imposés comme des fers de lance de l'opposition au mariage gay. J’ironisais sur Frigide Barjot la plus célèbre du trio, qui depuis son coming out catholique, en 2009, ne perdait plus une occasion de mettre sa foi au bout de ses idées. Pour Françoise Tcheng, le cas était plus complexe, enseignante en ZEP par conviction, cette mère de famille a toujours voté à gauche. Socialiste de cœur, «hollandiste même», elle connaît le chef de l'Etat sur le bout des doigts. Il a été son professeur à Sciences-Po. Comme Pierre Moscovici, l'actuel ministre des Finances. On ne la lui fait pas. Aussi ne désespère-t-elle pas, avec Frigide Barjot, sa camarade de la promo 1986 - celle d'Arnaud Montebourg, de Jean-François Copé, d'Isabelle Giordano ou d'Anne Roumanoff -, de parvenir à donner suffisamment de la voix pour imposer des états généraux de la famille. Mais, j’avouais à Anaïs que toute cette agitation me gonflait. Alors, pour me détendre, elle commandait une bouteille de Spumante et me racontait la dernière de la Barjot qui, afin de «protéger» les manifestants de toute caricature avait fait passer des consignes de «dress code» pour sa manif. Plutôt que l'écossais ou le bleu marine, la «catho branchée» prescrit du «bleu, blanc, rose». Elle suggérait de troquer les pantalons en velours contre des jeans, les mocassins contre «des baskets ou des rollers», le tweed contre «le cuir» et de venir avec force poussettes, ballons… « Pour madame, cheveux lâchés négligemment chiffonnés, soutien-gorge pigeonnants, carrés Hermès et serre-tête prohibés. Pour monsieur, barbe naissante obligatoire, raie sur le côté et pochettes Sulka oubliées. Chevalière autorisée uniquement en perfecto. Pour les enfants, Cyrillus s'abstenir. Les ados comme d'habitude, avec des trous en plus dans le jean.» En entendant de telles conneries, je jetais l’éponge en ricanant « je crois que dimanche je vais voter Copé…rien que pour emmerder ce gros nul d'Estrosi qui nous a servi sa soupe Fillon : L’UMP n’a pas besoin d’un agitateur qui défend des idées contestataires du niveau de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. La droite moderne repose au contraire sur l’idée de construction... C'est ça ducon !

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:09

La Place Denfert-Rochereau, dont je suis voisin, est le réceptacle des départs de manifestations de tout acabit, même si ce sport est plutôt l’apanage des organisations syndicales, des militants plutôt situés sur les segments extrêmes de la politique, de temps en temps, pas très souvent, ceux qui pestent habituellement contre les braillards, raillent les professionnels de la protestation, exècrent ceux qui emmerdent le monde en provoquant des embouteillages dans les belles rues de Paris, sortent de leur splendide isolement pour manifester. Les grandes références sont connues : juin 68 sur les Champs-Élysées et la grande manif pour la défense de l’enseignement privé le 24 juin 1984. Le million assuré.



Bref, hier, arborant T-shirts roses et ballons, des milliers de personnes ont afflué samedi place Denfert-Rochereau à Paris, pour la « Manif pour tous », premier grand défilé contre le projet d'ouvrir mariage et adoption aux homosexuels, qui se veut apolitique, « transcendant les clivages religieux » mais aussi « contre l'homophobie ». « Les slogans du jour étaient +pour le mariage civil HF -- hommes femmes ou haute-fidélité--+ ou encore +la famille PME -- père, mère, enfant+ », a expliqué à la presse la Frigide Barjot, elle-même vêtue de rose, arrivée sur une mobylette rose et coiffée d'un casque assorti. La ligne 6 était bondée et dégorgeait à Saint-Jacques une foule compacte, de toutes générations et parsemée de poussettes, T-shirts et ballons bleus blancs ou roses arboraient le même dessin de deux personnes de sexes opposés tenant deux enfants par la main.


Étant dans les CONTACTS de certains leaders de la Manif j’ai reçu des e-mails m’appelant à me joindre à la manifestation « Appel de dernière heure à la Manifestation de cet après-midi partout en France ; c’est vraiment important d’être nombreux. Mais aussi à renforcer la mobilisation après, alors que les lignes bougent : notamment en renforçant la pétition « Tous pour le Mariage » qui a déjà  100.000 signataires ! » link celui-ci provenait d’un propriétaire de vignes du Grand-Sud.

 


En dehors du désagrément de voisinage que me causent ces manifestations je ne vois  aucun inconvénient à ce que les citoyens descendent dans la rue pour marquer leur désapprobation, leurs revendications face à ceux qui nous gouvernent. Ce qui me fait sourire c’est la débauche de moyens : semi-remorques bardés de baffles rugissantes, matériel de propagande qui jonche les rues à la suite de la manif, des autocollants partout, des déchets partout. Y’a belle lurette que je ne manifeste plus, ça me fatigue et rien n’équivaudra les riches heures de mai 68.


Mais ce qui m’interroge vraiment, pour celle d’hier, c’est ce que déclare Laurent Michelin, du collectif « tous pour le mariage », qui s’appuyant sur une pétition appelant à un débat et qui a déjà recueilli 104.000 signatures, déclare sans rire : « On a l'impression d'un déni de démocratie. C'est une vraie loi de rupture. Or nous sommes beaucoup à penser que deux papas ne font pas un bébé ». En effet, ceux qui m’ont envoyé un sms d’appel à manifester, je les connais bien, ce sont des partisans de l’ordre, et c’est leur droit, et que ne les ai-je entendu, droits dans leurs bottes, se féliciter que l’ancien Président n’ait pas céder à la pression de la rue lors du débat sur les retraites.


Nous sortons d’une élection majeure dans notre pays, la Présidentielle, suivi d’élections législatives, qui sont les actes fondateurs de la légitimité démocratique. Alors ou se trouve l’ordre ou le désordre, sauf à penser que ceux qui, soudain, prennent la rue, comme ils le disent si souvent, en otage, pour réclamer une forme de  démocratie directe sans contrôle et sans majorité pour imposer leurs vues, leurs opinions. Étrange retournement qui relève d’une vision assez aristocratique du gouvernement d’un pays. La seule façon de consulter le peuple directement de façon légitime c’est le référendum. Moi, ça ne me dérange pas si une consultation de ce type était organisée sur ce problème d’organisation de notre société.


Je ne m’aventurerai pas sur le fond ce n’est pas mon propos du jour et mon point de vue dans cette affaire ne présente aucun intérêt. Même si le slogan Haute-Fidélité me fait sourire. Ce qui m’importe c’est que, dans une démocratie qui fonctionne, l’expression de la rue est certes un élément important, un signal à observer, l’expression d’un malaise ou d’une forte opposition qu’il faut savoir interpréter, mais la suivre, céder ou reculer, sous prétexte que la rue doit avoir le dernier mot parce que des milliers de personnes battent la semelle dans la rue ou pétitionne c’est la porte ouverte à une escalade : manifestations, contre-manifestations, provocations… dans le même temps, à Notre-Dame des Landes « les opposants au projet de « l'Ayraultport » sont au rendez-vous. En vélo, en car, à pied, en voiture, ils sont venus des quatre coins de la France pour sauver la ZAD, la Zone d'aménagement différé, renommée Zone à défendre. Incroyablement dense, le cortège s'étale sur près de 4 kilomètres sur la petite route de la Noé qui quitte Notre-Dame-des-Landes à travers le bocage, samedi 17 novembre. Combien sont-ils ? 10.000 ? 20.000 ? Certains parlent de plus de 30.000. Des familles avec leurs enfants, des couples de retraités, des riverains, des agriculteurs, des élus et des jeunes, beaucoup de jeunes, de tous les styles, des babas-punks aux cadres écolos. Rares sont ceux qui connaissent la destination de cette opération de reconquête. « On va installer une maison préfabriquée avec une ossature en bois, apportée par Greenpeace », explique Pierre. « Une fois sur place, elle sera considérée comme une construction illégale, mais après il faut que ça passe en justice, ça va prendre du temps… »

 

Existe-t-il des bons et des mauvais manifestants ?

 

Je ne suis à peu près sûr que la grande majorité des manifestants de la « manif pour tous » de Paris, dans un temps ordinaire, c’est-à-dire celui d’un gouvernement à leur goût qui ne les jetterait pas dans la rue, condamneraient avec véhémence les exactions des énergumènes écolos de Notre-Dame des Landes. Ainsi va la vie de notre pays : « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà… » et surtout que d’hypocrisie…haute-fidélité ont-ils dit, ne riez surtout pas...

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Dernières Nouvelles : Forte mobilisation dans plusieurs villes des opposants au « mariage gay » Le Monde et Mobilisation massive à Notre-Dame-des-Landes contre « l'Ayraultport » Le Nouvel-Observateur.


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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 12:00

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Hier il faisait très beau, une douceur printanière, un ciel pur, un tendre soleil, à Bordeaux mais je n’étais que de passage, un rapide aller-retour pour tenter de boucler mon dossier laitier. La médiation c’est du temps, de la patience, de l’obstination et une belle dose d’optimisme. Certains de mes interlocuteurs étaient venus, d’autres pas, les absents ont toujours tort dit-on mais pour nouer une réelle discussion, négocier, le tour de table doit être complet. Nous remettrons ça le 26 novembre à Montauban. Le calendrier se resserre : il faudra aboutir afin de ne pas déboucher sur une crise, certes modeste à l’échelon du secteur laitier mais qui pour les 11 producteurs en jeu c’est la vie de leur exploitation qui est en jeu.


Les deux parties se sont séparées et nous, je parle ici des fonctionnaires régionaux et départementaux, sommes allés terminer notre ouvrage pour que ceux d’en haut soient de suite informés. Et puis nous avons décidé d’aller casser la graine tout près avant que je ne reparte vers le gris de Paris. Cap sur un restaurant italien et là, pur hasard, nous retrouvons nos interlocuteurs et de concert nous décidons de faire table commune.


Alors votre Taulier, en une alchimie propre à son esprit d’escalier, dans le TGV du  retour, s’est mis à relier plein de fils de ces petits riens qu’il glane çà et là pour accoucher d’une réflexion sur la fonction de la table dans les relations humaines. Nos gouvernants et les corps intermédiaires parlent à l’envi de régénérer la dialogue social, d’en faire même la pierre angulaire d’un compromis historique seul capable de redonner à notre pays cet élan, cette vitalité, dont il a tant besoin pour repartir de l’avant.


Les tables de négociations sont des tables froides en des lieux sans humanité, des face à face codifiés où chaque partie se garde bien d’offrir la moindre prise à l’empathie, à la sincérité ou à l’envie de vraiment échafauder des compromis pour le mieux vivre ensemble. Chacun garde son quant à soi, sa posture, son discours formaté, surtout ne pas se mélanger, sortir pour un moment de la route balisée, ne pas se compromettre. Normal me direz-vous chacun défend ses intérêts et le fossé entre les parties est bien trop profond entre, j’ose l’écrire, les belligérants, pour qu’un peu de chaleur s’installe autour de ces tables.


Mais comme je suis un peu fou, que je rêve, je ne puis m’empêcher de penser que pour dégripper le dialogue social, d’autres tables pourraient contribuer à instiller un peu plus de fluidité. Je sais que l’on va me rétorquer qu’ainsi les plus fragiles risqueront de se faire acheter pour un plat de lentilles, que les rapports de force sont tels que partager le pain et le sel ne changera rien à notre incapacité Française à faire évoluer notre modèle social. Pour moi il ne s’agit pas de banqueter, de se taper la cloche, mais tout simplement de faire table commune, de se mélanger, de s’éloigner un instant des grandes questions, des grands problèmes, pour parler de tout et de rien, de traîner à table…


Bref, tout ça m’est venu d’un bouquin acquis dimanche dernier : Sorties de Table (sur lequel je chroniquerai bientôt)  et plus précisément de la Préface de Denis Tillinac, grand Corrézien Chiraquien devant l’Éternel et, comme lui, grand ripailleur… Et puis dans le TGV aller qui se traînait comme un omnibus, pensez-donc nous nous sommes arrêtés 5 fois, même à Châtellerault et Libourne c’est dire, j’ai lu sur mon petit écran dans la check-list du Journal Le Monde l’info suivante : En 2010, les salariés ont pris en moyenne six semaines de congé une étude de Vincent Biausque, Céline Thévenot et Loup Wolff, division Emploi, Insee.


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« Repas de noce, d’anniversaire, d’enterrement, de communion ou de baptême : en France, les riches heures de la vie de famille impliquent un repas dans les règles de l’art. Mais la conclusion d’une affaire, la relance d’une amitié perdue de vue exigent pareillement ce rite qui nous singularise. Le dimanche on ne va plus guère à la messe mais pour recevoir la tante à héritage on sort la nappe brodée de l’armoire, les bouteilles d’apéro du buffet et on débouche un bourgogne ou un bordeaux de derrière les fagots. Un vin « bouché » pour les plus humbles. Même cérémonial quand on prie des amis, rameute des « anciens » (du lycée, du régiment, etc.), fomente une réunion politique (le « banquet républicain » !) ou l’abordage d’une minette (chandelles et champagne rosé). »


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Les jeunes prennent moins de congés que leurs aînés


Lorsqu’ils occupent le même emploi depuis plus d’un an (sources), les salariés cumulent un peu plus de 6 semaines de congé dans l’année (tableau 1). Correspondant à 37 jours ouvrables, cette moyenne se révèle supérieure à la durée légale de 5 semaines par an (encadrés 1 et 3).


Les caractéristiques personnelles ont peu d’influence sur le nombre de jours de congé pris : hommes et femmes en prennent en moyenne le même nombre. Le volume de congés varie peu avec la structure familiale des personnes en emploi, qu’ils soient en couple, avec ou sans enfant, à l’exception des personnes vivant au sein de ménages complexes.


Seul l’âge révèle des situations différentes : les salariés de moins de 30 ans prennent moins de congés que leurs aînés (environ 5 semaines et demi par an, soit une semaine de moins que les plus de 50 ans). Des congés supplémentaires liés à l’ancienneté, ainsi que certains avantages acquis au fil du temps dans l’entreprise peuvent expliquer en partie ces différences.


Les congés en 2010 selon certains facteurs démographiques


Lecture : en 2010, les salariés ont pris en moyenne 37 jours ouvrables de congé, correspondant à 6,2 semaines de congé.

 

Champ : salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur emploi principal (hors personnels enseignants du secteur de l’éducation et miltaires).

 

Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l'année 2010.



Nombre de jours

Nombre de semaines

Ensemble

37

6,2

Sexe



Homme

36

6,1

Femme

37

6,2

Âge



De 15 à 29 ans

33

5,6

De 30 à 49 ans

37

6,1

50 ans ou plus

39

6,6

Type de ménage



Famille monoparentale

38

6,3

Personne vivant seule

37

6,2

Couple avec enfant(s)

37

6,2

Couple sans enfant

36

6,1

Ménage complexe

29

4,8

 

Des congés très concentrés durant les vacances scolaires


Sans surprise, c’est pendant l’été et les fêtes de fin d’année que les salariés prennent le plus de congés : en 2010, plus d’un salarié sur deux était en congé la semaine du 9 au 15 août et près d’un sur deux pendant la deuxième semaine des vacances de Noël (graphique 1). En outre, environ 15 % d’entre eux ont pris au moins une semaine de congé lors des vacances scolaires d’hiver et même un peu plus pour les vacances de printemps. Enfin, un salarié sur dix était en congé la semaine de la Toussaint. En dehors de ces périodes, il est plus rare de prendre une semaine complète de congé.


Sans pour autant prendre une semaine entière, les salariés posent des jours de congé ponctuels tout au long de l’année, mais plus fréquemment au voisinage des jours fériés.


Graphique 1 - Proportion de salariés prenant des congés chaque semaine en 2010

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Lecture : 52 % des salariés ont pris la semaine complète n° 32 de congé (du 9 au 15 août) ; 11 % des salariés ont pris des congés la dernière semaine de 2010, sans prendre la semaine complète.


Champ : salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur emploi principal (hors personnels enseignants du secteur de l’éducation et miltaires).


Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l’année 2010.


C’est surtout en été que les couples prennent ensemble leurs congés


Prendre ses congés ensemble ou séparément varie considérablement selon les périodes de l’année. Les deux mois d’été correspondent massivement à des périodes où les couples prennent leurs congés simultanément, qu’ils aient ou non des enfants. Ainsi, lors de la deuxième semaine d’août, 46 % des couples biactifs ont pris ensemble une semaine de congé, et 16 % séparément. Ce rapport s’inverse pour les petites vacances scolaires, où les conjoints prennent davantage leurs congés séparément. Lors des vacances de la Toussaint 2010, 4 % des couples biactifs ont pris cette semaine de congé simultanément alors que dans 10 % des cas, seul l'un des deux a pris une semaine complète de congé.


Davantage de congés pour les cadres et professions intermédiaires


Bien plus que les caractéristiques personnelles et familiales, le statut de l’emploi a une influence très importante sur le nombre de jours de congé pris (tableau 2). Les cadres et professions intermédiaires sont les catégories qui prennent le plus de congés, même si les cadres déclarent les durées annuelles de travail les plus longues (encadré 2).


Ces écarts s’expliquent en partie par les dispositifs d’aménagement du temps de travail mis en place dans les entreprises et les administrations depuis l’instauration des 35 heures comme durée légale du travail. Certains salariés peuvent ainsi bénéficier de demi-journées ou de journées complètes de repos additionnelles en contrepartie d’un temps de travail habituel de plus de 35 heures par semaine. Les salariés au forfait-jours peuvent aussi bénéficier de jours de congé supplémentaires : en 2010, 44 % des cadres des secteurs concurrentiels non agricoles (hors intérim) étaient dans cette situation.


Les cadres et professions intermédiaires totalisent ainsi 41 jours ouvrables de congé en 2010, soit près de 7 semaines. C’est 9 jours de plus que les ouvriers qui prennent 32 jours de congé, soit un peu plus de 5 semaines. Les employés prennent légèrement plus de congés (35 jours en 2010) que les ouvriers. L’application des lois sur les 35 heures ne s’est pas traduite pour toutes les catégories de salariés par l’octroi de jours supplémentaires de congé. Pour les ouvriers et les employés, le processus d’aménagement du temps de travail a plus souvent abouti à l’adaptation de leur temps de travail à leur activité. De fait, les rythmes alternés sans variation des jours de travail ont progressé dans les petites entreprises de l’industrie, et cette modulation s’est appliquée principalement aux employés et aux ouvriers, en particulier les moins qualifiés.


Les situations au sein de ces grandes catégories de professions restent hétérogènes. Qu’ils soient cadres, professions intermédiaires ou employés, les salariés disposent d’un volume de congés qui dépend beaucoup des caractéristiques de l’entreprise.


Les congés par catégorie socioprofessionnelle


Lecture : en 2010, les employés administratifs d’entreprise ont pris en moyenne 36 jours ouvrables de congé, correspondant à 6 semaines de congé.


Champ : salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur emploi principal (hors personnels enseignants du secteur de l’éducation et militaires).


Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l’année 2010.



Nombre de jours

Nombre de semaines

Cadres

41

6,8

Cadres de la fonction publique

44

7,4

Ingénieurs et cadres techniques d’entreprises

41

6,8

Cadres administratifs et commerciaux d’entreprises

40

6,6

Professions intermédiaires

41

6,8

Professions intermédiaires de la fonction publique

45

7,5

Professions intermédiaires de la santé et du travail social

44

7,3

Techniciens, contremaîtres, agents de maîtrise

40

6,7

Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises

37

6,2

Employés

35

5,8

Employés civils et agents de service de la fonction publique

43

7,1

Employés administratifs d’entreprise

36

6,0

Employés de commerce

30

4,9

Personnels des services directs aux particuliers

27

4,5

Ouvriers

32

5,3

Ouvriers qualifiés de type industriel

34

5,7

Chauffeurs, ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport

33

5,5

Ouvriers non qualifiés de type industriel

32

5,3

Ouvriers qualifiés de type artisanal

32

5,3

Ouvriers non qualifiés de type artisanal ou agricole

28

4,6

 

Moins de congés dans le privé et dans les petites entreprises


Le secteur d’activité et la taille de l’organisation dans laquelle les salariés sont employés jouent très sensiblement sur le volume de congés accordés aux salariés. Ainsi, c’est d’abord dans les fonctions publiques (hors professionnels de l’enseignement et militaires), puis dans les très grandes entreprises (plus de 1 000 salariés), que le nombre de jours de congé est le plus grand. Inversement, dans les très petites entreprises, les salariés ne disposent que de cinq semaines de congé, soit le minimum légal (tableau 3). Les salariés de particuliers employeurs sont ceux qui prennent le moins de congés (4,3 semaines).


Ce lien entre la taille des organisations (entreprises ou administrations) et le nombre de jours de congé octroyés est confirmé à un niveau sectoriel plus fin (graphique 2). Le commerce, la construction, le secteur de l’hébergement-restauration ou l’agriculture sont des secteurs dans lesquels les salariés prennent le minimum de congés : moins de 33 jours ouvrables en moyenne. Ce sont aussi des secteurs qui se caractérisent par une prééminence des petites entreprises (moins de 50 salariés). À l’opposé, les salariés de l’administration, de la finance, de l’assurance ou des industries de l’énergie (secteurs dans lesquels les structures de grande taille sont majoritaires) bénéficient de plus de congés.


Graphique 2 - Les congés par secteur d’activité

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Lecture : en 2010, les salariés travaillant dans le secteur de la construction ont pris 32 jours de congé ; ce secteur compte par ailleurs 37 % d’entrepises de plus de 50 salariés.


Champ : salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur emploi principal (hors personnels enseignants du secteur de l’éducation et militaires).


Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l’année 2010.

 

Les congés par type d’employeur


Lecture : en 2010, les salariés d’une entreprise ou d’une association ont pris en moyenne 36 jours ouvrables de congé, correspondant à 5,9 semaines de congé.


Champ : salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur emploi principal (hors personnels enseignants du secteur de l’éducation et militaires).


Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l’année 2010.


Nombre de jours

Nombre de semaines

Les 3 fonctions publiques

45

7,6

État

48

8,0

Collectivités locales

45

7,4

Hôpitaux publics

44

7,3

Employeur particulier

26

4,3

Entreprise, association

36

5,9

De 1 à 9 salariés

29

4,9

De 10 à 49 salariés

32

5,3

De 50 à 199 salariés

37

6,1

De 200 à 999 salariés

38

6,4

Plus de 1000 salariés

40

6,6

 

Qualification de l’emploi et taille des entreprises : des facteurs qui se cumulent


Ces différences résultent en partie d’effets de structure (âge, catégorie socioprofessionnelle, type d’employeur…). Quand on contrôle ces effets, un salarié d’une très petite entreprise (moins de 9 salariés) a 8 jours de congé de moins qu’un salarié d’une très grande entreprise (plus de 1 000 salariés), et toutes choses égales par ailleurs, un salarié de l’État prend 6,5 jours de plus. En outre, un cadre prend en moyenne 5 jours de congé de plus qu’un ouvrier qualifié.


Un peu plus de cinq semaines de congé pour les non-salariés


La notion de congés payés n’a pas de sens juridique pour les non-salariés, mais ils prennent tout de même des congés. Ainsi, les non-salariés ont pris en moyenne 5,3 semaines de congé en 2010, soit environ une semaine de moins que les salariés (tableau 4). Alors que les agriculteurs ne prennent que très peu de congé (deux semaines dans l’année), les indépendants qui exercent leur activité dans les services ont un profil similaire aux salariés travaillant dans ce secteur avec presque sept semaines de congé.

Par ailleurs, un chef d’une entreprise de plus de dix salariés prend en moyenne deux semaines de plus sur une année qu’un chef de petite entreprise.


Les congés des non-salariés


Lecture : en 2010, les non-salariés ont pris en moyenne 32 jours ouvrables de congé, correspondant à 5,3 semaines de congé.


Champ : non-salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans leur activité principale.


Source : Insee, enquête Emploi en continu sur l’année 2010.



Nombre de jours

Nombre de semaines

Tous secteurs d’activité

32

5,3

Services

41

6,8

Construction

37

6,2

Industrie

34

5,7

Commerce

28

4,7

Agriculture, sylviculture, pêche

12

2,0

Taille de l’entreprise



Pas de salariés

31

5,2

De 1 et 9 salariés

30

4,9

10 salariés ou plus

45

7,6

 

Encadrés


Décompte des congés


Les règles en matière de congés payés font référence à la notion de jours ouvrables. Sont considérés comme tels tous les jours de la semaine à l’exclusion du dimanche (ou du jour de repos hebdomadaire s’il est différent) et des jours fériés chômés. Un salarié qui prend une semaine de congé « consomme » donc 6 jours ouvrables, qu’il soit à temps complet ou à temps partiel et quel que soit le nombre de jours habituellement travaillés par semaine. En revanche, quand un salarié prend des congés sur une partie de la semaine, le décompte dépend du nombre de jours habituellement travaillés. Ainsi, dans cette étude, un salarié à temps complet travaillant habituellement 5 jours par semaine et qui prend une journée de congé aura un décompte de 6 x 1/5 = 1,2 jour ouvrable de congé ; un salarié à 80 % travaillant habituellement 4 jours et qui prend deux journées de congé aura un décompte de 6 x 2/4 = 3 jours ouvrables de congé. Pour les non-salariés, les congés s’apparentent simplement à des journées non travaillées. On peut ainsi estimer leurs jours de congé en comparant le nombre de jours habituellement travaillés dans une semaine et le nombre de jours effectivement travaillés (en ne comptabilisant pas le nombre de jours non travaillés pour cause d’intempéries, de maladie, de formation ou de conflit du travail). L’estimation ainsi obtenue est rapportée au nombre de jours ouvrables de la semaine concernée.

 

Durée et rythme de travail


En 2010, les salariés de moins de 75 ans, occupant le même emploi depuis au moins un an, à temps complet et en contrat sans limite de durée (CDI ou titulaires de la fonction publique) ont une durée annuelle effective de travail de 1 691 heures. Ce sont les cadres qui déclarent les durées annuelles les plus longues (1 922 heures). Les professions intermédiaires, employés et ouvriers affichent quant à eux des durées annuelles proches : entre 1 620 et 1 660 heures.


Si les durées effectives de travail des non-cadres sont proches, elles se différencient en revanche par leurs composantes : plus grand nombre de jours travaillés dans l’année et dans la semaine pour les employés et les ouvriers, durées quotidiennes et hebdomadaires plus élevées pour les professions intermédiaires.


En 2010, la très grande majorité des salariés travaillent 5 jours par semaine. Ceux qui travaillent moins de 5 jours par semaine (16 % de la population considérée, plutôt des professions intermédiaires et des employés) prennent un peu moins de 7 semaines de congé, et ceux qui travaillent plus de 5 jours par semaine (8 % de la population considérée, plutôt des employés et des ouvriers) prennent 5 semaines de congé.


La législation


Tout salarié a droit à des congés payés, dès lors qu’il a travaillé chez le même employeur pendant un temps équivalent à un minimum de 10 jours de travail effectif. Les congés payés sont calculés à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail. Ce calcul est valable pour tous les salariés qu’ils soient à temps complet ou à temps partiel. Chaque salarié peut donc prétendre à l’équivalent de 5 semaines de congé par an (ou 30 jours ouvrables) pour une année complète de travail au service du même employeur. S’y ajoutent dans certains cas des congés additionnels (6e semaine de congé, un ou deux jours de fractionnement, congés pour ancienneté…) si la convention collective, les accords d’entreprise ou les usages le prévoient. Les jeunes salariés de moins de 21 ans, ainsi que les mères de famille, sous certaines conditions, peuvent aussi prétendre à quelques jours de congé supplémentaires.


Depuis le passage aux 35 heures, des jours de congé supplémentaires peuvent être accordés à certains salariés, en fonction de l’aménagement du temps de travail négocié dans leur établissement. Les dispositifs de modulation, de réduction du temps de travail sous forme de jours de repos, de travail par cycles et de temps de travail modulé dans l’année (désormais regroupés en un seul régime depuis la loi n° 2008-789 du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail ») prévoient en effet la possibilité d’octroyer des jours de congé supplémentaires aux salariés pour compenser des durées hebdomadaires qui excéderaient 35 heures. Les modalités d’application de ces dispositifs sont extrêmement variées et ont été définies au cas par cas dans les entreprises.


Les conventions de forfait en jours (forfait journalier) sur l’année permettent de rémunérer certains salariés sur la base d’un nombre de jours travaillés annuellement, laissant ainsi au salarié plus de liberté pour organiser son emploi du temps. Ces salariés ne sont pas soumis à la durée légale hebdomadaire du travail à 35 heures.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 00:09

Votre Taulier aime voyager. Comme le Général il a rêvé d’une Europe s’étendant de l’Atlantique à l’Oural et d’une autoroute de l’Est passant par Berlin, Moscou, Nijni-Novgorod, Kazan, Ekaterinbourg puis avec Michel Strogoff la Sibérie : Tomsk, Irkoutsk jusqu’à Vladivostok… oui le transsibérien autour d’un samovar… Mais comme les Français ignorent où se situe l’Oural qui est une chaîne de montagnes hercynienne située en Russie s’étirant sur plus de 2 000 km, de la mer de Kara au nord jusqu'aux steppes du Kazakhstan au sud. L’Oural marque traditionnellement la limite géographique entre l’Europe et l’Asie, depuis que le tsar Pierre Le Grand, au début du XVIIIe siècle, a souhaité rapprocher son empire des royaumes européens.

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La Russie, la sainte Russie des boyards des types qui savaient boire «  Bonjour, bonjour, Véronique Solère… je continue ton éducation 100% russe !»


En effet, pour Olga et Wladimir Kaminer « La vraie gastronomie russe réside principalement dans on art de la boisson. Le seul plat qui corresponde vraiment aux clichés sur les russes et leur cuisine nationale est la vodka, qui est bien souvent considéré comme un plat principal en soi. » Tout ça vient de loin selon les manuels d’histoire qui indiquent qu’au XIe siècle en Russie on consommait du pain noir vleb et de la purée d’orge perlée kacha mais on buvait aussi de l’eau-de-vie fabriquée avec la même céréale que le pain noir et la kacha. « Dans les vieilles chroniques du XIe siècle, on voit déjà que plusieurs villes sont nées à partir de distilleries de schnaps pour améliorer l’humeur des colons. Le schnaps maison ne s’appelait pas encore « vodka » mais « vin de pain », « vin cuit » ou tout simplement «vin ».


Lorsqu’au XIIIe siècle les hordes de Gengis Khan, les Tatars et les Mongols, qui « mangeaient de la viande de cheval, du hamster grillé et buvaient du thé » ont contrôlé de larges pans de la Russie, elles ont découvert le vin de pain qu’elles ont emporté avec elles, « évaporées dans des circonstances non encore élucidées », en repartant, laissant aux Russes le thé. Plus intéressant encore pour nous Français, les aventures guerrières de Napoléon en Russie qui, vu de là-bas, se nomment « première grande guerre patriotique » qui vit la confirmation des « avantages de la gastronomie russe ». En effet, «  les français bien armés et bien organisés, qui se nourrissaient de côtelettes et d’omelettes riches en calories dans le rude hiver, n’arrivaient pas à la cheville des partisans qui se nourrissaient presque exclusivement de gnôle maison et de thé. Ils ne grelottaient pas, ils transpiraient. Armés de haches et de fourches, ils ont mis la pâtée aux Français comme s’il  s’était agi d’une sorte d’exercice accompagnant la dégustation de vodka, qui à cette époque portait toujours le nom de vin. Napoléon a dû battre en retraite. Il avait sous-estimé la gastronomie russe. Cette dernière s’est une fois de plus enrichie grâce à ce genre de péripéties : le champagne et le cognac se sont depuis bien établis en Russie. »


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Au XXe la Révolution Russe : le triomphe des Soviets coïncide avec l’irruption de recettes qui arrivaient de partout : l’eau-de-vie de poivre ukrainienne, le schnaps de riz d’Ouzbékistan, la tchatcha (alcool de vin) d’Arménie et le schnaps de poisson d’Iakoutie » et avec Lénine est arrivé « Le bonheur Nouveau » une étrange vodka à 30% dont on  ne savait « trop à partir de quoi les communistes la distillaient » Par la suite « les intellectuels aimaient bien la vodka « Idée Russe ». Il y en avait deux sortes : « l’idée claire » et l’idée sombre ». les travailleurs buvaient le « Fonce dedans » et le « Hoquet ». Enfin Staline trancha sous sa main de fer « le schnaps a perdu tous ses noms pour ne plus porter que celui de « vodka ».


Gorbatchev, dernier secrétaire général du parti, craignant qu’elle « fut une alternative au socialisme » qu’elle handicape la « construction chancelante d’une société socialiste développée », a été très actif en faisant « arracher toutes les vignes de la Géorgie à la Moldavie en passant par l’Ukraine ».


La vodka a survécu à la terreur et a enterré le socialisme. L’irruption du marché libéral a vu l’éclosion d’innombrables distilleries produisant de l’alcool bon marché qui ont fait grimper les statistiques d’empoisonnements, d’accidents de la route et la chute vertigineuse de l’espérance de vie des nouveaux convertis au capitalisme. Boris Eltsine prêchant l’exemple bien sûr. Les marques étrangères d’Absolut la suédoise à la Zubrowska polonaise prirent le haut du pavé. « Sur ce, le gouvernement a voulu renationaliser la principale spécialité russe et a mis tout en œuvre pour combattre les distilleries clandestines. » La bureaucratie pas morte a imaginé des marques de droit d’accise collées sur toutes les bouteilles de vodka véritable, de nouveaux bouchons et étiquettes en filigrane… Piratés ! Puis une tentative désespérée de l’administration de colorer la Vodka authentique en changeant même la couleur tous les mois : une vraie course à l’échalote avec les fraudeurs où plus personne n’arrivait à distinguer la bonne couleur.

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Mais le marché sait toujours s’adapter : aujourd’hui tout le monde trouvera ce qu’il cherche en fonction du prix. En bas, « la vodka peu chère et nocive pour la santé s’achète par bouteilles de 3 litres au marché noir » jusqu’aux marques internationales qui font du marketing en s’adaptant aux goûts locaux : ainsi Absolut se réinterprète en « Absolument Absolu » qui est plus forte que l’originale. Et le must bien sûr est une vodka sans alcool qui s’appelle « Rester en forme ».


Pour finir un détail à vérifier Véronique beaucoup de propriétaires de restaurants russes savent que la gastronomie russe peut conduire au trou de mémoire et « c’est la raison pour laquelle le dessert est toujours plus cher que l’entée et le plat de résistance réunis. Après un repas bien arrosé de vodka, le client ne se souvient plus s’il a vraiment commandé cet étrange purée pommes-fraises pour 350 roubles, ni quel goût elle avait. »


Mes élucubrations sont tirées d’une source sûre « La cuisine totalitaire » chez Gaïa Olga et Wladimir Kaminer.

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