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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:09

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L’idée de cette chronique m’est venue lors d’un déjeuner au George V où notre hôte, outre la dégustation de son vin, nouveau promu dans une classification jugée par des esprits moqueurs comme quasi-miraculeuse, nous offrit pour le célébrer un petit concert où fut interprété sur un Stradivarius, baptisé du nom du Château, du Nicolò Paganini. Ce grand maestro italien, compositeur et interprète, est considéré comme l’un des plus grands des musiciens de son époque par sa technique et son aisance parfois jugées diaboliques. Beaucoup de compositeurs, désireux d'écrire pour leur instrument des pièces d'une difficulté comparable, s’en sont inspirés.


L’irruption dans l’univers du vin des œnologues-conseils reconnus, parfois même starifiés, qui signent les vins de propriétaires soucieux de bénéficier de leur aura, pourrait laisser à penser que ce sont, à leur manière, avec leur art, leur technique, leur habileté, des interprètes talentueux pouvant, dans des conditions d’exercice différentes, en des lieux très variés, tirer la quintessence d’un terroir là où d’autres se contenteraient d’exécuter simplement la partition héritée des pratiques ancestrales. Ma question sur la virtuosité de la nouvelle génération des vinificateurs ne semble donc pas totalement dénuée de fondement.


Pour vous en convaincre j’ai déniché une définition très universitaire « La virtuosité, qui dans son acception la plus commune désigne l’adresse d’un exécutant, sa vélocité, son brio technique, peut aussi bien se référer au talent et à l’habileté dans l’élaboration de certaines compositions particulièrement remarquables.


En ce deuxième sens, la virtuosité se développe dans l’invention personnelle dont fait preuve l’artiste sur la base d’un savoir et de techniques communs. Elle distingue alors une initiative individuelle éminemment créatrice des habitudes compositionnelles ou interprétatives. Dans les deux acceptions, le statut de la virtuosité correspond à un besoin de se singulariser et se réfère à une notion d’excellence. »  Victor A. Stoichita


Virtuosité se définit le plus souvent par : Grande habileté, avec pour synonymes : adresse, agilité, brio, dextérité, doigté, habileté, légèreté, maîtrise, savoir-faire, talent, technique.


Au Cabinet de curiosités grand public du Louvre, « la virtuosité se donne – entre mise en scène et pratique musicale réelle – autant à voir qu’à entendre. À Liszt et Paganini répondent en contrepoint Hendrix, la précocité d’une pianiste âgée de quatre ans ou les acharnés de l’air guitar. »


Notre époque aime tout ce qui brille, ce qui est immédiatement agréable, qui procure la fameuse émotion, et la virtuosité semble trop souvent la seule marque du talent. Il est des œuvres difficiles d’accès qui sont ou qui se révéleront avec le temps de véritables chefs d’œuvre. Je ne suis pas de ceux qui assimile les grands vinificateurs, aussi talentueux soient-il, à des artistes, mais à des hommes de l’art en référence à ce que fait la main. Alors, il me semble que la seule maîtrise technique, le savoir-faire, l’habileté, l’adresse, le brio, qui sont la marque surtout des grands interprètes, de ceux qui exécutent, ce besoin de singularité, la virtuosité donc, tiennent plus au niveau de bruit – au sens des communicants – qu’exige le commerce d’un monde mondialisée. Nos vinificateurs-stars sont des marques, tout comme les GCC, et ils se doivent de se différencier, de se mettre en scène, afin de rester sur le devant de la scène.


Qu’on veuille bien me lire, je reconnais tout à la fois la virtuosité, qui est sans contestation la marque du talent, tout en soulignant qu’elle est à la fois, dans sa surexposition le fruit de la médiatisation et qu’elle ne peut être considérée comme la voie unique pour élaborer ce que l’on qualifie parfois hâtivement de grands vins. En clair le talent se niche aussi dans la simplicité, la sobriété, la capacité à maîtriser la complexité. Reste aussi, qu’une certaine forme de virtuosité, le geste pour le geste, produit très vite l’effet inverse à celui recherché : l’uniformité, la répétition, la lassitude. La recherche de voies plus difficiles, moins interventionnistes, où la technique s’efface, se fait discrète, avec une plus grande prise de risque, c’est aussi une forme de virtuosité, discrète, je dirais même furtive. J'aime beaucoup cet forme d'héroïsme du quotidien qui est la marque des esprits forts.


J’en reviens pour finir à la musique en vous proposant deux œuvres qui exigent des virtuoses :


-         Nicolò Paganini : 24 Capricci OP.1  

-         Frantz Liszt : Grand Galop chromatique S.219 


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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:09

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Même si cette semaine mes problèmes de chauffage m’accaparent, en effet trouver un artisan compétent dans le grand Paris relève de la recherche du mec qui braille qu’il faut travailler plus pour gagner plus mais qui se place sur la longue liste des abonnés absents. Tu seras plombier mon fils ! Mais où sont passés les plombiers Polonais ? Rires dans la salle avec un bis pour les 10 années d’effondrement, sûr et lent, de ce putain de pays, dont 5 sous les talonnettes d’un agité qui proclamait, chaque jour que Dieu faisait, qu’il allait nous le dépoussiérer. Maintenant il nous fait des conférences avec gros chèques dans des hôtels « borgnes » pour vieux putes de luxe afin d’arrondir ses fins de mois, ferait mieux de dire à sa progéniture, son Jean, de se reconvertir dans les tuyaux plutôt que de continuer à nous gonfler avec l’héritage d’un nom dont on n’a plus rien à cirer. Les nouveaux venus ne brillent pas par leur sens de la décision mais le cocker triste, serviteur muet du Grand Vizir, et le roquet de Meaux, vendeur de pains au chocolat pour petits blancs, feraient mieux d’assumer leur couille-mollisme plutôt que d’aboyer et de mordre les petits jarrets des nouvelles excellences. J’en ai plein le cul et moi aussi j’ai envie de demander des comptes aux chefs de mon nouveau parti. Qu’avez-vous fait de notre pays ? Vous n’avez pas osé affronter le rue, vous avez biaisé, voilà t’y pas que l’ex sarthois replié sur le VIIe arrondissement de Paris, ex-syndic de faillite du pays, nous déclare urbi et orbi qu’il supprimera les 35 heures. Mais t’étais où mon gars pendant 5 ans ? T’étais jardinier à l’Hôtel de Matignon et tu sarclais les plates-bandes avec la Pécresse en dame patronnesse chargée de confectionner les bouquets pour les réceptions. Fallait y aller les pomponnés, la crise ne vous exonère pas de tout les loulous. Je m’échauffe mais comment gouverner ce pays poussif avec une engeance aussi molle et sans colonne vertébrale. Je vais ramener ma fraise salement à la prochaine réunion de militants de l’UMP ça va les décoiffer cette bande d’amortis.


Mardi je déjeune excellemment tout en me caillant les burnes dans mon appartement. Tout le même est enrhumé sauf Jasmine qui n’est plus jamais là. Donc en rentrant du restau, même si l’annonce était attendue, la nouvelle est tombée comme la foudre au milieu du petit peuple des militants de l’UMP tout occupé à s’entredéchirer dans l’attente de savoir qui il portera sur le pavois : Jean Sarkozy annonce son soutien à Jean-François Copé. Les mauvais esprits rappellent à l’envi que le petit Jean, simple écuyer, après s’être illustré sur les terres froides de l’EPAD de la Défense, et bouffé son chapeau, avoir soutenu, comme la corde un pendu, David Martinon, chargé de défendre le fief paternel de Neuilly. Et ce, « jusqu’à la mort ». Ce faisant, il respecta ses engagements puisqu’il resta lié, en effet, à Martinon jusqu’à la mise à mort politique de ce dernier. Le juriste en devenir a signé finalement signé lundi ce texte. Il y est dit notamment que «Jean-François a toutes les qualités humaines pour diriger l'UMP. C'est un militant parmi les militants (…), un organisateur hors pair qui a su mobiliser l'UMP comme jamais pour faire de la campagne de Nicolas Sarkozy une très grande réussite populaire ». Les signes avant-coureurs du prince Jean  ne laissaient planer aucun, en son fief de Neuilly il avait organisé un débat l’honneur du roquet de Meaux qui, le cœur gonflé  de reconnaissance, s’était enthousiasmé : « Je remercie chaleureusement Jean Sarkozy pour son soutien qui me touche tout particulièrement ». Pour ceux qui, comme moi, connaissent le parti, ce ralliement c’est celui de la fédération UMP des Hauts-de-Seine qui est, après Paris, la deuxième de France avec ses quinze mille adhérents. La Cour du souverain déchu se presse, se serre les coudes avec le ralliement d’Henri Guaino, de Patrick Buisson, de Brice Hortefeux et autres Dati et Morano, c’est bien le premier cercle, à l’exception du factotum Claude Guéant, qui roule désormais pour le tenant de la droite décomplexée. Pauvre et imprudent Baroin qui a tenus des propos qui ont irrités le Roi déchu : « Je pense profondément qu’il [Nicolas Sarkozy] n’a pas tellement intérêt à se mêler de cette affaire. Pour lui, parce qu’il a fait une sortie politique remarquable qui nous a permis d'avoir des résultats honorables aux législatives. Dans l’hypothèse où il souhaite revenir, je pense que ce n’est pas de son intérêt de se mêler de cette affaire ».



Mais dans mon nouveau grand parti chaque jour qui passe amène son lot de grand n’importe quoi. En effet, jusqu’ici le cocker triste et le roquet de Meaux draguaient avec plus ou moins de constance et d’acharnement l’héritage de l’agité ce pour le plus grand plaisir des nostalgiques de l’UMP pure et dure. Et puis, vendredi, les deux rivaux se sont rués sur l’ombre tutélaire du Général. À l'occasion du 42e anniversaire de sa mort Copé s’est ainsi rendu sur sa tombe, à Colombey-les-deux-Eglises, accompagné du local de la Haute-Marne, dit le veuf joyeux, afin d’y déposer une gerbe. Le député-maire de Meaux a ensuite tenu une réunion militante dans la salle des fêtes communale, avant de clore sa visite par un détour au mémorial Charles de Gaulle. Pour faire bon poids le roquet à Twitter @jf_cope J'ai rendu hommage au Général de Gaulle avec Luc Chatel et Roger Karoutchi. pic.twitter.com/ntlDusZJ. On n’arrête pas le progrès dans l’indécence ! Quant à la loose de Sablé, qui n’a pu se déplacer à Colombey en raison d’un calcul au rein, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : 19 tweets envoyés en rafale ! Dont une suite qui ressemble à s’y méprendre à une anaphore à la PNR.


@FrancoisFillon Aujourd’hui, le gaullisme appartient à tous les Français, mais il s’incarne dans l’une des sensibilités majeures de l’UMP.

 

@FrancoisFillon Etre gaulliste, ce n’est pas adhérer à une idéologie mais se battre pour des idéaux.

 

@FrancoisFillon Être gaulliste, c’est placer l’intérêt de la France au-dessus de toutes les doctrines

 

@FrancoisFillon Etre gaulliste, c’est rassembler notre peuple en tirant vers le haut le meilleur de son âme et non en flattant ses sombres penchants.

 

@FrancoisFillon Etre gaulliste, c’est vouloir servir son pays et pas tout attendre de lui

 

@FrancoisFillon Etre gaulliste, c’est comprendre qu’il n’y a pas de redressement collectif sans engagement individuel.

 

@FrancoisFillon Etre gaulliste, c’est être un militant de la France !

 

Chaud bouillant de rage sur son grabat du Val de Grâce le père François et pendant ce temps-là la petite frappe Florian Philippot, a été premier membre du Front national à oser venir se recueillir sur la tombe du général de Gaulle. « J'étais gaulliste moi-même avant le Front national, je le suis au Front national et je le serai demain, quoiqu’il arrive. J'ai même un portrait du général de Gaulle dans mon bureau » Quand atteindra-t-on le fond de l’ignominie ?

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 12:00

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« Faut rigoler, faut rigoler, avant que le ciel nous tombe sur la tête… » chantait Henri Salvador sur des paroles de Boris Vian. Pour le temps présent j’ai plus le sentiment qu’il y a une flopée de gens, dit importants, qui sont tombés sur la tête alors je décrète que faire la fête pour oublier leurs sinistres binettes est une activité de Salut Public. Le Beaujolais Nouveau doit donc être cette année un jour de levée en masse des buveurs de bonne volonté.


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Afin d’attiser nos ardeurs le sieur Cyril Alonso, l’homme PUR, jamais en reste d’une provocation salutaire a mobilisé, bien avant la mise en bouteille du jeune nectar, une flopée de sans-culottes, des mâles mais aussi une blanche caille, pour qu’ils réveillassent nos ardeurs assoupies. Juste retour à ce que fut cette grande fête carillonnée au temps des seigneurs de la bombance, de la bomboche, les Carmet, Fallet, Brassens et Cie dont la descente faisait pâlir d’envie même Jean-Claude Killy.


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Ne reculant devant aucun sacrifice votre Taulier ose vous offrir le Gros Plan de son corps dénudé au service du renouveau du Beaujolo Nouvo. Petit entrepreneur, sans grands moyens, limité ajouteront les méchantes langues, votre serviteur s’est tiré lui-même le portrait intégral en 2 versions : la sérieuse et l'altière.

 

Mesdames prudes ne poussez pas des cris d’orfraies, offrez-moi plutôt vos indulgences plénières, femmes enflammées ne réprimez surtout pas vos louanges soyez des nôtres et levez votre verre comme les autres.

 

« Il y a aujourd’hui beaucoup trop de sages, beaucoup trop de prudents.(…) Envoyez-nous des fous, ceux qui s’engagent à fond, ceux qui s’oublient, ceux qui aiment autrement qu’en paroles, ceux qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout… » Louis-Joseph Lebret, 1953 j'ai trouvé chez mon amie SAMIA

 

Affaire à suivre sur mes lignes...

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 00:09

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L’AFP indique dans une dépêche « que le distributeur en ligne Amazon a lancé jeudi un service de vente de vin en ligne, limité pour l'instant à une partie des États-Unis mais susceptible de bouleverser le système de distribution très réglementé dans ce pays.


Le service permet actuellement, pour des frais d'envoi uniques de 9,99 dollars, de se faire livrer jusqu'à 6 bouteilles dans 13 États américains, avec "davantage à venir bientôt", promet Amazon dans un communiqué. Le groupe dit proposer sur sa plate-forme www.amazon.com/wine plus d'un millier de vins provenant de divers vignobles américains. »


Le groupe précise que sa plate-forme propose plus d’un millier de vins provenant de divers vignobles américains. Mais Amazon.com permet aussi d'accéder à des vins d'autres pays par l'intermédiaire d'autres vendeurs. Des vins en majorité européens (France, Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, Autriche) ou sud-américains (Argentine, Chili), mais aussi australiens, sud-africains et japonais. Voir le communiqué de presse link 


«Que ce soit pour aider les consommateurs à trouver leur cépage préféré, faire des achats pour les fêtes ou agrandir leur cave avec une bouteille spéciale, nous fournissons les outils et l'information nécessaire pour les guider jusqu'au vin parfait», indique dans le communiqué Peter Faricy, vice-président responsable des plates-formes de vente d'Amazon.


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Il est possible de faire son choix en fonction du prix des bouteilles, de leur origine, du cépage ou encore l'arôme dominant. Amazon délivre également des conseils sur les mets qui se marient le mieux avec la bouteille choisie.


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Affaire à suivre de près donc car Amazon avait déjà fait une tentative d'incursion dans le monde des vins. En 1999, la société américaine avait acheté 45% de Wineshopper.com pour 30 millions de dollars. Cet essai s'était soldé par un échec, de nombreuses restrictions étant imposées par certains états américains à la distribution de vin en ligne. En 2000, le site avait finalement été racheté par son concurrent Wine.com. Les projets d'Amazon dans le vin 100 fois évoqués depuis plusieurs années n'avaient jusqu'ici débouché sur rien de concret, pour de multiples raisons mais principalement du fait des restrictions à la vente d'alcool dans le pays. Le système de distribution du vin aux États-Unis, hérité de la prohibition, repose sur une série d'intermédiaires (importateurs, grossistes), ce qui contribue à renchérir le prix final payé par les consommateurs. En outre, chaque État a ses propres réglementations, et certains interdisent les achats de vin par correspondance.


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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 14:00

Il n’y a pas que le vin dans ma vie. Souvent j’ai vu certains sourire lorsque je m’échinais à tenter de capter l’attention sur mes histoires laitières. Tu nous gonfle Berthomeau ce n’est pas parce que tu fais le médiateur dans le terroir profond que les questions que tu soulèves sont importantes. Soigne ton ego Berthomeau… » Ben oui, et voilà que l’actualité claque le bec

La nouvelle est tombée hier matin au comité central d’entreprise extraordinaire à Paris : Candia envisage de fermer trois sites, dont celui du Lude (Sarthe), qui emploie 190 salariés. La fermeture serait programmée en 2014. Un comité d’entreprise doit se tenir au Lude vendredi 9 novembre. Les deux autres sites, Saint-Yorre (Allier) et Vienne (Isère), seraient concernés par la fermeture. 313 postes sont menacés au total. Pour les non-initiés Candia est la propriété du groupe coopératif SODIAAL qui a cédé le contrôle de sa marque Yoplait au groupe américain General Mills 51% de Yoplait dont 50% par le Fonds PAI de Paribas pour un prix de 800 millions d’euros. Sodiaal, qui a repris Entremont, emploie près de 7.000 salariés en France et travaille avec plus de 12.000 producteurs de lait auprès desquels il récupère le lait pour le transformer.

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Le groupe Sodiaal a donc programmé «le regroupement de la production de la société Candia sur cinq sites de conditionnement de lait de consommation à l'horizon 2014, au lieu de huit actuellement», afin «de renforcer» l'entreprise dans le secteur du lait de consommation qui «voit, année après année, sa compétitivité se dégrader face à la concurrence européenne».


Le Lude c’est dans la Sarthe. C’est le pays de mon amie Magot avec qui je déjeune aujourd’hui, étrange coïncidence. J’y suis allé un dimanche à la foire aux plantes qui se tenait sur les pelouses du château. En arrivant au Lude, en contre-bas, sur les bords du Loir, j’ai vu cette usine enclavée dans l’agglomération. Elle est là depuis 1910 je crois. Rude coup pour cette petite ville mais, sans vouloir jouer les oracles, c’est ce que j’ai pensé sur le moment : c’était inscrit dans ce que j’observais au cours de ma mission. La concentration des outils, liée à la concurrence sauvage induite par la Grande Distribution, condamnait cette usine en ce lieu si paisible et si champêtre.


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Pour Gervais Bergeot, secrétaire du syndicat CFDT agroalimentaire de la Sarthe, «C’est un coup très dur. 180 licenciements sur un territoire où l’emploi souffre beaucoup depuis des années… Le reclassement des salariés va être très compliqué. L’usine est enclavée en ville, en bord de Loir. On voit mal comment on pourrait y implanter une nouvelle activité. Le seul point positif, c’est qu’on a un peu de temps, jusqu’en 2014, pour travailler au reclassement des salariés. On pense notamment au bassin d’emploi de Sablé, où il y a Bel. Au niveau régional, la CFDT va contacter la personne en charge du redressement productif à la préfecture de Région, pour que l’État nous vienne en aide. »


Le second site qui va fermer ses portes je le connais aussi puisqu’il s’agit de celui de Vienne dans l’Isère dont mon Ministre, Louis Mermaz, était le maire. Il en était fier et vous vous doutez bien que nous surveillions à l’époque son devenir comme du lait sur le feu. Candia est implanté à Vienne depuis 1965. « On s'attendait à une restructuration, mais pas de cette ampleur » a confié à l'AFP Yvon Gérard, délégué syndical central CFDT chez Candia.

 

La filiale de Sodiaal subit de plein fouet les effets de la « guerre du lait " » en Europe. « Si notre chiffre d'affaires se maintient à 1,2 milliard d'euros, nos marges se réduisent alors que nous n'arrivons pas à répercuter la hausse des prix du carburant, des emballages et autres matières premières. Nous devrions être dans le rouge en 2012 » assure M. Vandoni DG de Candia.


« Depuis quelques années, la grande distribution fait appel à des laits produits hors de nos frontières, en particulier du lait allemand vendu sous marque distributeur (MDD), pour faire pression sur les prix ", explique M. Gérard délégué CFDT. « Celui d'une brique de lait UHT de base n'a quasiment pas bougé en une décennie à 55 ou 57 centimes », affirme M. Vandoni. Et, en début d'année 2012, sous la pression des concurrents, Candia a concédé une baisse de 12 % à 15 % du prix des laits vendus sous MDD (ils comptent pour 70 % du marché français).


Parmi ces agressifs rivaux, il y a le français Lactalis avec sa marque Lactel mais aussi l'allemand Muh. Ce dernier, qui a dégagé un chiffre d'affaires de 680 millions d'euros en 2011 et vient de fusionner avec le danois Arla Foods, s'est développé en vendant du lait UHT aux chaînes de hard-discompte allemandes comme Lidl ou Aldi. «  Nos plus grands sites produisent 300 millions de litres », explique M. Vandoni, alors que l'usine de Muh, à quelques encablures de la frontière luxembourgeoise, peut produire 1,4 milliard de litres par an. La capacité des sites de Villefranche et de Saint-Yorre, entrés dans le groupe Sodiaal il y a deux ou trois ans au gré de rachats successifs, sont respectivement de 15 millions et de 80 millions. Le site du Lude aurait, lui, pour désavantage de ne produire que des briques de lait et pas de bouteilles. » Nous gardons les sites "europerformants ». Nous voulons saturer les sites et assurer un équilibre géographique pour maintenir la collecte de lait, souligne encore M. Vandoni. Nous nous préparons à la fin des quotas laitiers prévus en 2015. La compétition sera alors encore renforcée. » (source Le Monde)

 

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, élu de la Sarthe, va recevoir ce vendredi au Mans des représentants du personnel du site de Lude à l'issue d'un comité d'entreprise, pour apprécier l'ensemble du dossier et ensuite nous exprimerons la position que nous aurons défini ensemble », a déclaré à l'AFP le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot.

Ma réserve et mon devoir de réserve ne me permettent pas d’aller au-delà de ce pur constat mais  permettez-moi quand même de regretter que les petites voix qui tentent d’alerter ceux qui nous gouvernent, ceux d’avant comme ceux d’après, ne soient pas entendues. Ça ne changerait pas forcément le cours des choses mais ça permettrait d’anticiper, de prévenir les consommateurs que leur comportement d’achat « au moins cher du moins cher » est le vecteur le plus puissant de la destruction de leurs emplois.


La désindustrialisation de notre beau pays, et dans les IAA c’est patent, est intimement liée aux problèmes de sourcing des usines : coûts de collecte et taille des outils  et au comportement des consommateurs. La fin des quotas laitiers va bouleverser la carte laitière de ce pays. De plus les usines ça pue et ça pollue. Enfin, qui se soucie d’où vient sa brique de lait UHT ? Ce qui compte c’est le prix, ce qui peut se comprendre en ces temps de budgets serrés, et les prix cassés font des dégâts en bas justement. Arrêtons de chouiner ! Soyons un plus citoyens ! Désolé pour ceux qui ne boivent pas de lait, c’est mon cas, mais je suis un gros consommateur de fromages et de laitages que je fais moi-même avec bien sûr du lait. 

 

Et pendant ce temps-là « Comme toujours, F.M*. accueille chacun à l’entrée dela Villa d’Este, à la descente de la Maserati Gran Turismo qui nous a exfiltré de l’aéroport, le pilote (à ce niveau, ce n’est plus un chauffeur) a fait vite, mais on ne dit pas combien. En pleine forme, minci, bonne mine, M fait plaisir à voir, la bonne humeur est un cadeau. L’hélicoptère d’un participant se pose sur les pelouses, ce n’est même pas un vacarme, surtout pas une surprise. Le Riva d’un autre s’arrache du ponton avec quelques invités à bord, le gros bourdon du V8 américain s’estompe déjà… » Putain le Réservoir d’Idées va déborder même si pour l’heure c’est plutôt du kérosène qu’il y a dans le réservoir… Vive l’emprunte carbone mais quand on aime on ne s’attache pas à ce genre de détail si mesquin. Au fait, est-ce que l’un des participants ne serait-il pas venu en montgolfière ? Amen…

 

* Il ne s'agit pas de François Mitterrand bien sûr

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 00:09

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Lorsque j’entends certains cavistes déclarer qu’ils dispensent des cours d’œnologie à monsieur et madame tout le monde je sors ma sulfateuse et je dézingue : c’est ridicule. Pour autant je ne me sens nullement œnophile dans la mesure où l’exercice d’une dégustation professionnelle en tant qu’amateur de vin, au sens d’aimer le vin, ne me passionne guère. Ce positionnement, qui se révélait être un non-positionnement, faisait que jusqu’ici j’errais dans un no man’s land lexical qui permettait à certains d’ironiser sur ma capacité à chroniquer valablement sur le vin. Sans jouer les ramenards, afin de ne pas m’attirer les foudres des grands dégustateurs, je me gardais bien de faire remarquer que la plupart d’entre eux n’avaient acquis leur titre qu’à la force de leur plume sans jamais avoir eu à faire la preuve de la réalité de leur compétence affichée. Sauf peut-être, même si ce genre de sport m’interroge, les meilleurs sommeliers de… Pour l’œnologie il y a un diplôme : le DNO, pour l’œnophilie queue d’chi et c’est heureux.

   

Cette solitude incertaine du sans-papiers, d’apatride du vin, ne m’empêchait guère de dormir mais, comme le disait en son temps Mgr Marty, ça m’interrogeait. Trop de singularité nuit. Et puis j’ai ouvert le livre du grand œnologue Émile Peynaud, « Le Vin et les jours » qui, en homme sage, commence par écrire « il faut définir les mots tant que les pages sont blanches » et je suis tombé sur un mot qui me va bien : œnomane car il associe oeno tiré de oinos vin à μανία, mania « folie ». Bien sûr, les puristes de la langue vont m’objecter, que ça sonne comme manie, obsession, donc personnifie le gus ou la nana qui ne pense qu’à ça, ce qui n’est pas mon cas bien sûr. Je me vis œnomane comme je me sens mélomane avec l’opéra, au pur instinct de la passion amoureuse qui enflamme, vous fait basculer dans le plaisir, l’extase. L’amour ne s’intéresse pas aux détails, les ratiocineurs ceux qui décortiquent tout pour prétendre ensuite aimer  ne sont que des calculateurs, de simples comptables de leurs sentiments. Dieu qu’ils sont souvent pédants, chiants, ennuyeux et parfois même arrogants ces poseurs de mots sur tout vin y compris. L’amour se prête mal au discours, il est du domaine de l’intime, du ressenti intérieur, point trop n’en faut dans l’affichage. Et puis, une passion peut toujours en cacher une autre ou même beaucoup d’autres, le grain de folie peut se nicher dans les multiples pans de notre vie. La passion unique c’est comme la pensée unique, une forme d’enfermement qui fait que très vite on tourne en rond dans son pré-carré et le risque est grand de devenir chèvre.


Bien sûr, loin de moi l’idée de contester à qui que ce soit la liberté de s’exprimer, d’écrire sur le vin, de parler du vin, ce que je fais quotidiennement, mais lorsque l’on se risque à écrire ou à causer du vin de quelqu’un, là, c’est une autre histoire et que ça se complique. Le monde du vin dans toutes ses composantes s’est forgé un langage commun et c’est heureux (voir ICI link) mais pour autant son utilisation exclusive en direction de ceux qui ne cherchent pas à mettre des mots sur leurs émotions, simples buveurs en quête de plaisir pour qui le vin est un ami de passage accompagnant leur repas ou leur conversation sur le terrasse d’un café, n’est pas de bonne politique. Même si je rabâche, mais mes vieux professeurs m’ont appris qu’il faut savoir pour enfoncer un clou lui frapper régulièrement sur la tête, l’enjeu est d’importance car la transmission, jusqu’alors familiale, des codes du vin, passe par d’autres canaux dont bien évidemment ceux de la Toile, ses blogs, ses réseaux sociaux. Nos communicants du vin, n’étant pas de grands inventifs, se contentent de décliner de longs tunnels, sur la cuvée ceci ou le millésime cela, qui font grands plaisirs à leurs commanditaires mais qui tombent des mains des pékins.


En me déclarant comme œnomane au Grand fichier des Écrivins je me place dans la position de celui qui dit aux gens du vin, un peu au nom de ceux qui se contentent d’ aimer le vin tout simplement, sans pour autant être leur porte-parole, soyez tous des POUDOU ICI link, donnez nous envie, les vins, les vôtres ou ceux que vous aimez pour les avoir dégustés et appréciés, nous parlerons tout seul dans notre langage, tenez-vous prêts tout de même à répondre à nos questions, même les plus stupides, à nous éclairer, mais de grâce ne nous prenez pas trop la tête avec la géologie,  les tables de tri en gants blancs et la cuisine des barriques, vos références et tout votre saint-frusquin. Ce qui est pénible, pour celles et ceux qui, comme moi, c’est de n’entendre parler que de ça. Quand je sors écouter Ernani de Verdi je n’ai nul besoin que l’on me raconte sa vie, son œuvre et pire encore, d’entendre un Alain Duault pérorer sur la tessiture de la cantatrice. Les musicologues sont chiants. Ma plaidoirie pour l’œnomanie est celle d’un tendre amoureux du vin qui n’a nulle envie que  des grands prêtres ou même des fées tiennent la chandelle au-dessus de ses ébats.

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Dictionnaire du diable d’Ambrose Bierce. Définition de connaisseur qui pourrait illustrer ce billet: « Connaisseur n. Spécialiste qui sait tout à propos d'une chose et rien à propos de tout le reste. »

 Un vieil amateur de vin avait été sérieusement blessé lors d'une collision ferroviaire, un peu de vin lui fut donné à boire pour le ranimer. « Pauillac 1873, » murmura-t-il dans son dernier soupir. Merci Olivier.


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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 14:00

Pur hasard de la programmation du taulier, ce petit livre nous vient de Bordeaux puisqu'il est y a été édité en 2006 par finitude 14, cours Marc-Nouaux à Bordeaux. www.finitude.fr  je ne verse donc pas dans un acharnement anti-bordelais mais porte à votre connaissance un petit livre intelligent Représailles de Raymond Guérin 12,70€.


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« Mobilisé, Raymond Guérin quitte Bordeaux le 28 août 1939, pour n’y revenir que le 20 octobre 1944, « soixante-deux mois après, plus de cinq années s’étant écoulées, [le] revoici, à l’aube de la quarantaine ». Sur ces soixante-deux mois, l’écrivain en a passé quarante et un dans un stalag en Allemagne, sous les joug de la Barbarie. C’est le Temps de la Sottise, ainsi qu’il le nomme dans les neuf cahiers qui constituent son journal de ces terribles années (…)


C’est un homme désabusé, brisé, persuadé que « nous entrons dans le siècle de la peur et des ténèbres », qui revient finalement à Bordeaux en octobre 1944, pour « boucler la boucle ».

 

Comme toujours avec le Taulier pour vous mettre en appétit, vous inciter à porter vos pas jusque chez votre libraire je vous donne en lecture 5 pages de Représailles. C’est pour la bonne cause, celle du petit livre intelligent et je pris l’éditeur d’excuser par avance cet emprunt qui je l’espère sera payé en retour par vous mes lecteurs.


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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 00:09

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François des Ligneris et moi-même, ayant exercé, en notre belle et luxuriante jeunesse, l’éminente fonction d’enfant de chœur, le port de la soutane rouge et le surplis empesé, la noire pour les enterrements, n’a pour nous aucun secret : ça nous a appris à défaire avec dextérité, un à un, les petits boutons, ce qui, plus tard, à l’âge d’homme, en des lieux non-consacrés, a constitué pour nous un avantage comparatif  que beaucoup de nos collègues nous envient.  De ce saint bénévolat, souvent matinal, nos corps et nos âmes se forgèrent dans l’airain. Notre destin était ainsi à tout jamais scellé par le maniement des burettes qui nous a permis d’approcher au plus près le mystère de la transmutation. Nous sommes de ce fait des élus de Dieu, même si ça ne se voit pas au premier coup d’œil, et des enfants chéris de la fille aînée de l’Église.

 

Par-delà nos trajectoires personnelles, marquées par un amour immodéré des ânes, nous sommes aujourd’hui unis par notre appartenance commune à la corporation de Taulier. Le Taulier, en argot, désigne le patron d’un hôtel, mais par extension il est collé à ceux qui exercent la profession d’accueillir des gens. François fait dans la restauration à L’Envers du décor à Saint-Emilion, et moi, partout et nulle part, sur mon Espace de Liberté Vin&Cie. Vous comprendrez donc aisément que notre passé d’ensoutanés temporaires et notre vocation de nourrir les corps et les âmes nous poussent à nous intéresser de très près à un grand cueilleur d’âmes : son Excellence Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux qui, ces derniers jours, a fait l’objet d’une lévitation assistée dans le ciel de saint-Emilion. Comprenez notre émoi de contempler, de loin, nous n’étions point invités, un archevêque s’élevant dans une nacelle sitôt après la dissipation des brouillards matinaux !


Votre Taulier s’est alors souvenu d’une très ancienne chronique  du 29 mai 2006 : Mes Biens chers Frères link où je faisais référence à l’éditorial de Mgr Jean-Paul Ricard, archevêque de Bordeaux, et très important mon cher François Evêque de Bazas, « La crise viticole n'est pas une fatalité ! »  (À lire ci-dessous). Si je puis m’exprimer ainsi nous avions-là le Prélat de la France d’en bas alors que du côté de Saint-Emilion il fut celui de la France d’en-haut.

 

Comme les voix du Seigneur sont toujours aussi impénétrables, et celles de ses serviteurs simples mortels bien plus encore, je me suis adressé à deux hommes du terroir profond de la Rive Droite pour les scruter. Je les connais tous les deux et je sais que ce sont des hommes de bonne volonté. Fortes têtes, certes, peu adeptes de génuflexions civiles, mais leur fierté en ce monde si vénal trouvera, sans nul doute, une oreille attentive de celui que mon brave curé doyen de la Mothe-Achard appelait Le Très Haut.


Je propose donc à votre lecture :


-         Le courrier adressé par François des Ligneris à Mgr Ricard

-         L’éditorial de 2006 de Mgr Ricard La crise viticole n'est pas une fatalité !

-         Le texte de Dominique Tescher vigneron à Pomerol


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                                          L’ENVERS DU DECOR

 

 

RESTAURANT – BAR A VINS – CAVE

11 RUE DU CLOCHER - BP 18 - 33 330 - SAINT-EMILION

Tél : 05.57.74.48.31 – Email : arazime@orange.fr

 

À son Excellence  Monseigneur Ricard

Archevêché de Bordeaux

183 Cours de la Somme

33077 – Bordeaux Cédex

 

                                                                                        Saint-Emilion, le 4 Novembre 2012

 

 

Monseigneur,

 

Permettez-moi tout d’abord une rapide présentation. Je suis ancien élève de l’école maternelle privée et ancien enfant de chœur de Saint-Emilion.


Vigneron dans l’âme (aujourd’hui avec un petit domaine de 8 hectares cultivé en bio dans l’appellation Bordeaux), je suis aussi, depuis plus de 25 ans, aubergiste à Saint-Emilion à l’enseigne de L’Envers du Décor. Cet établissement est très bien fréquenté car nous avons fait en sorte que certains individus peu recommandables ne soient pas clients de notre restaurant.


Notre terrasse privée entourée de murs est au pied de l’église collégiale et bénéficie, de jour comme de nuit, de son influence spirituelle grâce à la porosité des pierres calcaires (petits coquillages fossiles) de ce remarquable édifice. Nous avons, au cœur de notre établissement la présence de la petite chapelle du Chapitre.


Un engagement R.E.S.P.E.C.T (Répertoire Elémentaire de Simples Pratiques Environnementales Culturelles et Techniques) a été mis en place cette année aussi bien pour mon vignoble et mes vins que pour mon restaurant. Je joins à cette lettre un exemplaire de chacun de ces engagements.


Nous avons tous lu dans le journal Sud-Ouest en date du Jeudi 25 Octobre 2012 sous le titre très particulier Angélus : une bénédiction pour les cloches et, pour les plus chanceux, vu à la télévision le récit de votre bénédiction des cloches de la S.A Château Angélus.


Nous avons tous noté ici que votre venue très médiatisée  avait pour destination un lieu privé n’ayant jamais eu de lien direct ou indirect de quelque nature que ce soit avec la religion. Je ne peux m’empêcher de penser que vous aviez d’excellentes raisons pour décider de participer à un tel événement. Il ne m’appartient pas de les connaître et encore moins de porter un jugement sur tout cela.  


Je vous transmets ces quelques mots pour vous faire part de mon projet actuel et d’une invitation.


Je suis, en effet, en train de faire l’acquisition de cloches de fabrication française, non pour jouer les hymnes nationaux de mes clients d’origines géographiques lointaines et actuels maitres du monde économique à défaut d’être les maitres du monde en d’autres domaines pourtant primordiaux, mais pour accueillir et protéger les meilleurs fromages traditionnels et fermiers français (Pont-l’évêque, Sainte-maure, Saint-marcellin, Saint-nectaire). Soyez assuré ici que ces cloches n’accueilleront aucun fromage de type industriel (Chaussée aux moines ou Caprice des dieux par exemple).


 Je me permets, sans doute de façon bien peu protocolaire, de vous solliciter afin que vous puissiez bénir les cloches de mon restaurant tout comme vous avez béni les cloches de la S.A Château Angélus. Pour ma part, je vous garantis la totale confidentialité de cette bénédiction sans journaliste ni photographe et sans récupération d’aucune sorte à des fins commerciales.

 Dans l’attente de votre réponse et vous en remerciant par avance, je reste à votre entière disposition. Daigne, Votre Excellence, agréer l’expression de ma très respectueuse considération.


 François des Ligneris


860475_21719824_460x306.jpg                               Mgr Ricard, Hubert de Boüard de Laforest et l'abbé de Rozières. (photo stéphane klein) Sud-Ouest

 

La crise viticole n'est pas une fatalité !

 

Editorial de Mgr Ricard


Très présente dans la presse à certains jours, plus discrète à d’autres, la crise viticole est bien toujours là. Contrairement à une série de crises rencontrées par la viticulture depuis plus d’un siècle, la crise actuelle n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Il serait vain d’attendre que « ça passe » en rêvant au retour des années fastes pour les vins de Bordeaux.


La sortie de cette crise est un vrai problème régional pour ne pas dire national. Certaines régions sont peut-être encore plus touchées que la nôtre. Le 4 février dernier, les évêques du Languedoc-Roussillon ont fait part de leurs préoccupations devant l’inquiétude et la souffrance de beaucoup de viticulteurs. Mais notre région, longtemps épargnée, est touchée elle aussi.


Certes, la crise viticole ne touche pas toutes les propriétés de la même façon. Certains châteaux, des crus renommés, s’en sortent plutôt bien et n’ont pas de mal à commercialiser leur vin. D’autres sont frappés de plein fouet et on peut dire que c’est toute une partie de la profession qui ressent les contrecoups de la crise. Au cours de mes visites pastorales et des rencontres que j’ai pu avoir, j’ai été témoin du drame vécu par un certain nombre de viticulteurs qui se sont endettés au moment des années fastes et qui, aujourd’hui, devant la difficulté à vendre leur vin, se sentent étranglés par les remboursements auxquels ils doivent faire face. Cette réelle angoisse du lendemain a chez eux des conséquences sur leur moral, parfois sur leur vie conjugale et familiale. Certains enfants ne voient pas comment prendre en charge après leurs parents la propriété familiale. Cette crise a fatalement aussi des répercussions sur la situation des ouvriers agricoles, des saisonniers et des artisans. Ces viticulteurs sont guettés par le désespoir et la désespérance n’est jamais bonne conseillère. On peut redouter qu’elle provoque parfois des réactions de violence ou pousse à des extrémités.


Devant cette crise, certains sont tentés de baisser les bras et de se laisser gagner par un sentiment de fatalisme. D’autres cherchent un bouc émissaire qu’ils chargent alors de tous les maux (les organisations professionnelles, le négoce, les pouvoirs publics, les campagnes antialcooliques, la mondialisation…) L’heure n’est pourtant pas au découragement. D’ailleurs, au cours des deux siècles précédents, les viticulteurs ont toujours fait preuve de courage et d’ingéniosité pour surmonter les crises rencontrées. Une telle ténacité continue. Il nous faut saluer ici les efforts de ceux qui courageusement veulent relever le défi d’aujourd’hui. Ils savent qu’il leur faut compter avec des facteurs nouveaux qui ne disparaîtront pas dans les années qui viennent : la baisse en France de la consommation du vin, la concurrence des vins européens et des vins du nouveau monde et la politique commerciale des grandes surfaces. Ils sont convaincus également qu’il faut veiller à la qualité du vin produit, à sa commercialisation et donc à des campagnes de promotion de leur vin en France, en Europe et dans d’autres pays du monde. En effet, produire, malgré tout le savoir-faire que cela met en jeu, aujourd’hui ne suffit pas. Il faut commercialiser, tenir compte de la demande, et gagner de nouveaux marchés.


Cette crise ne peut être surmontée qu’ensemble, solidairement, qu’en s’appuyant les uns sur les autres, qu’en s’entraidant les uns les autres. Or, la viticulture a été une profession qui a favorisé jusque-là l’investissement individuel et la recherche personnelle du profit. L’argent gagné était le secret de chacun et on se méfiait de l’autre qui pouvait toujours devenir un concurrent possible. D’où la difficulté qu’ont eu beaucoup de viticulteurs, même voisins, à se parler quand la crise a commencé. Or, la solidarité et l’entraide sont aujourd’hui des conditions sine qua non pour surmonter la crise.


Devant cette crise qui marque profondément notre région, les communautés chrétiennes ne peuvent pas ne pas se sentir concernées. Il est important qu’elles partagent les préoccupations des viticulteurs, soutiennent ceux qui sont dans une passe difficile, encouragent ceux qui se battent pour relever le défi. Je les invite à lire le document de réflexion ci-joint sur « La crise viticole » et à manifester à tous les viticulteurs leur solidarité.

Dans ce temps pascal, le Christ vient à nous, vainqueur du fatalisme et de la résignation. Sa résurrection ouvre une brèche, déploie un avenir nouveau. Elle crée du neuf. Que cette espérance soutienne tous ceux qui se battent aujourd’hui pour ouvrir des voies d’avenir à la viticulture dans notre région.


Bordeaux, le 5 mai 2006


+ Cardinal Jean-Pierre RICARD

Archevêque de Bordeaux

Evêque de Bazas


 

 

Intervention divine à Saint-Emilion.

 

La cérémonie de bénédiction du carillon du Château Angélus de Hubert de Boüard par l’archevêque de Bordeaux a irrésistiblement réveillé en moi le souvenir de pratiques passées, peu glorieuses, de l’Eglise catholique : les indulgences. Elles consistaient à racheter ses pêchés, et par là s’assurer une place au ciel, au moyen de dons sonnants et trébuchants à l’Eglise. Comme le disait un ecclésiastique vénal du 16e siècle : « Aussitôt que l'argent tinte dans la caisse, l'âme s'envole du Purgatoire ».


Qu’un notable parvenu fasse admirer par le Rotary Club local et ses plumitifs l’étendue de sa réussite financière,  qu’il fasse se pâmer les sommités de la sous-préfecture en étalant le montant des travaux entrepris, qu’il les éblouisse par une débauche de vins prestigieux, de mets raffinés et de spectacles grandioses, rien que de plus banal.


Par contre, en ces temps  de spéculation financière indécente et de paupérisation d’une part croissante de la population dans notre pays lui-même, comment un archevêque peut-il accepter, de venir faire la promotion médiatique d’un vin vendu plus de 300 € la bouteille, soit près de la moitié du minimum vieillesse ?   Quelle humiliation pour lui d’être ravalé au rang d’acteur de cinéma perché dans une nacelle et de devoir attendre pour officier, la dissipation de la brume matinale afin qu’arrive de la belle lumière pour les photographes !


On espère que la participation à cette farce n’a pas eu pour simple compensation les quelques bouteilles d’Angélus promises à la cave de l’évêché. Se damner pour si peu !


Des miracles à la pelle !


Mais Monseigneur Ricard aurait pu profiter de l’occasion pour édifier les populations locales en leur révélant les nombreux miracles survenus lors des opérations de classement des grands crus classés de Saint Emilion. Miracles qui, par leur ampleur, attestent incontestablement d’une intervention divine !


Miracle, la transmutation du modeste terroir de Château Quinault en Grand Cru Classé. Situé sur les « sables de Saint-Emilion», ce grand cru a été racheté dernièrement par Bernard Arnault et Albert Frère, et devrait voir sa valeur marchande fortement revue à la hausse.


Miracle, le classement direct du Château Valendraud et de La Mondotte en Premier Grand Cru Classé B, sans passer par la case Grand Cru Classé !


Miracle à rebours que le déclassement de La Tour du Pin Figeac pourtant situé sur un excellent terroir juste en face de Cheval Blanc, propriété de Bernard Arnault et Albert Frère. Dans leur malheur, les propriétaires actuels seront assurément réconfortés par de charitables propositions de rachat émanant de très pieux voisins.


Divine et totale surprise que l’accession au rang de Premier Grand Cru Classé A du Château Angélus d’Hubert de Boüard, président du Comité Régional de l’INAO, membre du Comité national de l’INAO, président de l’ODG Saint Emilion, Premier Jurat de Saint-Emilion, administrateur du Conseil des vins de Saint-Emilion, membre du CIVB et consultant de plusieurs crus promus. Parmi ceux-ci, celui du président du Conseil des vins de Saint-Emilion.

Divine surprise que la promotion en Grand Cru Classé de nombreux domaines possédés par de grandes fortunes, promotion il est vrai, légèrement favorisée par une grille d’évaluation génératrice de gros investissements de prestige.


Enfin, intervention divine pour que l’INAO laisse se dérouler sans broncher un classement où la grille de cotation n’existait pas à la remise des dossiers et n’a été connue de l’ensemble des candidats que huit mois plus tard.


Que de miracles ! Que de miracles !


Et s’il lui restait des forces à Dieu, ne pourrait-il pas aussi chasser les marchands du temple ?

Dominique Techer, vigneron à Pomerol, soucieux du devenir des Appellations d’Origine, plus très Protégées de la cupidité ambiante.

 

Pour clore ce double envoi qui, je l'espère trouvera écho et réflexion, j'y joins mon écot musical : une merveilleuse et pure interprétation de AU CIEL par le groupe Cajun l'Angélus. La jeune chanteuse est d'une beauté lumineuse et sa voix céleste. Ne voyez, Excellence, aucune ironie déplacée à cet ajout, il est le fait du vieux jeune homme que je suis qui a chanté à pleins poumons cet hymne marial et qui se sent pris d'une nouvelle jeunesse en l'écoutant.


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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 14:00

Même si c’est maintenant un secret de polichinelle, pour PUR des hommes impurs, et même une femme, se sont mis à nu, couchés sur du papier recyclé, exposés sans pudeur sur la Toile et ailleurs en des échoppes obscures aux regards des voyeurs et des voyeuses surtout « quels beaux hommes ! » surtout un dans un coin mais je ne vous dirai pas lequel.


Tout ça pour « un peu de tendresse dans un monde de brutes… » Mesdames, mesdemoiselles rejoignez-nous en costume d’Ève : vos charmes sont bien supérieurs aux nôtres… Je vous publierais sans faute…


Jamais en reste votre Taulier préféré en est et, en bon cabotin, il fait durer le plaisir et, avant de s’effeuiller, commence par vous livrer son cache-sexe.

 

Affaire à suivre !


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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:09

  

 

Le vin de tous les jours, le vin du dimanche, le vin des grandes occasions, le vin des privilégiés… le petit vin de table… le solide vin bouché… le petit Bordeaux… le vin d’honneur… les GCC embouteillé au château…  le vin associé au bistrot mais surtout à la table, de tout temps est apparu comme un compagnon du repas, quel que soit la nature ou le statut du repas. Cette sujétion était bien marquée par le titre du magazine : « Cuisine et Vins de France » fondé en 1947. Le vin se tenait à l’ombre du mythe gastronomique français défini par Alain Drouard « comme un récit imaginaire forgé à partir d’un ensemble de croyances et de représentations collectives de la cuisine française, son excellence et sa prééminence séculaire par rapport aux autres cuisines nationales. »


Ce mythe, né après la Révolution française, repose sur un trépied : les critiques, les cuisiniers et les amateurs de bonne chère. « En effet, il n’y a pas de gastronomie sans critiques gastronomiques c’est-à-dire sans discours sur l’art de faire bonne chère et donc sans une littérature gastronomiques faite de guides et de revues gastronomiques. » Mais alors me direz-vous : dans le vin le trépied existe : critiques, vignerons, domaines, châteaux très connus et grands amateurs, alors pourquoi à l’instar du guide Michelin ou du guide Gault et Millau perçu essentiellement comme des guides de bonnes tables, le vin reste perçu par le plus grand nombre de nos concitoyens comme une sorte de ghetto réservé à des spécialistes qui vivent et échangent entre eux. La phrase clé étant pour monsieur et madame tout le monde « moi vous savez en vin je n’y connais rien… » alors que, face à un plat, même d’un chef renommé, nos concitoyens ne développerons pas ce genre de prévention.


Pourquoi donc cette barrière à une généralisation ou à une popularisation de la culture œnophile ?


Elle a pour nom : la dégustation.



Celle-ci a été pendant des décennies une technique professionnelle à l’usage quasi-exclusif des marchands de vin. Ce n’est qu’entre les deux-guerres et surtout dans les années 60 qu’apparaît « une avant-garde œnophile qui milite pour faire de la dégustation un instrument privilégié d’un boire cultivé. » (Fernandez).


À la différence du plat, cuisiné dans l’instant, par un chef ou toute autre personne, le vin est un produit fini : on se contente d’ouvrir la bouteille et de verser le liquide dans le verre. Faire le vin pour le commun des mortels est un acte mystérieux, méconnu, l’acte fermentaire, le rôle des levures décrit par Pasteur dès 1886, relèvent d’une mystérieuse alchimie. Même si ça choque certains la vinification c’est de la chimie et l’apparition de l’œnologie marque le début du pilotage de la chimie de la vinification. « L’œnologie moderne est née et les premiers œnologues sont formés après 1875 dans la génération  des disciples de Pasteur. Ulysse Gayon, qui fut son assistant à l’École Nationale Supérieure, fonde en 1880 à Bordeaux la Station agronomique et œnologique. Un siècle plus tard, Jean Ribereau-Gayon, la double en 1963, d’un institut d’œnologie. » (Garrier)


« Il apparaît cependant que le recours de plus en plus canonisé et professionnalisé à la dégustation ait été une impulsion française. C’est Émile Peynaud – œnologue et ancien étudiant de Jean Ribereau-Gayon – qui commença à réellement approfondir et mettre à profit la dégustation. C’est précisément la transformation de la dégustation en « art rationnel », rigoureux et reproductible qui l’a fait avancer au statut d’ »outil de diagnostic » indispensable à l’œnologie actuelle et perpétrant l’union indissoluble entre œnologie et dégustation si caractéristique des pratiques discursives à partir de la seconde moitié du  XXe siècle. » Rachel Reckinger


« Les œnologues universitaires, dès les années 1960, deviennent des experts consultés par les producteurs de vin – Émile Peynaud qui devient le conseiller de châteaux célèbres du Médoc, ou Max Léglise, directeur de la Station œnologique de Beaune, sont les deux personnages qui incarnent le mieux cette tendance » (Fernandez).


Ces deux personnages ont tous deux écrits des manuels de dégustation à destination d’amateurs « la dégustation, dorénavant établie dans des usages professionnels (scientifiques et pratiques), se doit également d’être diffusée parmi les destinataires non-spécialisés du produit, invité à porter plus d’attention à leurs perceptions et sensations proprement sensorielles.


Cette rationalisation scientifique de la dégustation – non seulement comme mode empirique de connaissance œnologique mais également comme justification et aiguisement esthétique – a connu une diffusion massive à travers l’enseignement dispensé aux cadres et aux professionnels de la vigne et du vin. Cela a impliqué, à partir des années 1980-1990 – dans les métiers aussi différents que celui de viticulteur, œnologue, critique vinicole, sommelier, négociant –, un très large consensus quant à l’adhésion aux mêmes normes de rigueur dégustative et d’appréhension des produits. Certaines figures parmi eux, en contact avec les buveurs de vin, contribuent à propager cette nouvelle oenophilie, conjointement esthétisée et scientifique. » Rachel Reckinger


Bref, comme le dit dans son langage de sociologue Rachel Reckinger « l’oenophilie, c’est-à-dire l’institutionnalisation de la part esthétique du vin, soit si proche de l’œnologie dans ses explications sensorielles de la dégustation. »


Les gens du vin sont donc, c’est incontestable, dotés d’un corpus commun, même si l’irruption des amateurs des vins naturels, les sans soufre ajouté, et autres diverticules, se rebellent et contestent ce discours dominant orchestré par les œnologues-consultants et les sommeliers souvent consultants d’acheteurs d’importance : restauration ou GD. En revanche la diffusion dans le grand public des codes dégustatifs est restée à l’état embryonnaire car et les guides et les revues spécialisées, sous la contrainte de séduire plutôt que d’expliquer, se contentent de notations et de commentaires de dégustations, brefs, parfois sommaires, utilisant un vocabulaire assez limité. Sans vouloir être offensant, les dégustateurs-prescripteurs des revues et des guides comptent essentiellement sur la confiance que certains consommateurs mettent en leur jugement, aussi sibyllin ou peu explicatif fut-il, pour effectuer leur choix. Je ne suis pas persuadé pour autant que lorsqu’ils dégustent ou consomment un flacon recommandé par X ou Y, ils font référence à ce qu’ils ont lu et en général pas intégré. Celui qui a le mieux comprit le système est bien sûr Parker avec sa notation gonflée à l’hélium.  En clair, tout ce qui a été décrit précédemment, ces normes dégustatives, n’ont que peu pénétré dans la masse des buveurs même chez ceux qui se veulent amateurs.


Bien sûr on va me rétorquer que les clubs de dégustation et les cours de dégustation connaissent un grand succès auprès du public jeune ou moins jeune. J’en conviens aisément mais ça reste une démarche du consommateur vers la connaissance et non un souci du monde du vin de diffuser sous une forme simple, je ne dis pas simpliste, les bases de la dégustation. Et c’est à ce stade que je vais placer mon couplet qui va sans doute faire blêmir, et même fâcher les gens de l’art de la dégustation. Si je le fais sans aucune crainte c’est que sur mon blog je ne me livre pas à une forme quelconque de pédagogie de la dégustation. Ce n’est pas mon truc. Comme je le confie à propos du livre d’Ophélie Neiman Le Vin pour ceux qui n’y connaissent rien. « Bref, j’ai avec le vin des rapports si intimes que je n’éprouve nullement le besoin d’évoquer en public leur longueur, leur bouche tendue ou leur finale épicée. Pour autant j’ai toujours plaisir à écouter les vrais et grands dégustateurs, dont je tairais les noms pour ne pas m’attirer les foudres des autres, ça me repose. »


C’est donc le grand muet du sérail du Vin qui s’exprime (Grand s’appliquant à muet et non à ma Grandeur supposée) Pour moi l’irruption des blogs dans l’univers du vin change la donne de la diffusion de la connaissance dégustative. Bien sûr ça part dans tous les sens, y’a à boire et à manger si je puis m’exprimer ainsi, mais cette profusion parfois brouillonne, mais arborescente, même capillaire, pénètre dans toutes les couches de la société, chez monsieur et madame tout le monde, elle irrigue, elle donne envie, elle vulgarise dans le sens premier du terme. La multiplicité des portes d’entrées qu’offre la blogosphère du vin est gage de diversité, d’une certaine forme de réponses à des questions que les experts, les spécialistes, ont tendance à trouver idiotes mais qui lèvent bien des obstacles qui laissent ceux qui voudraient comprendre dans leur éternel « moi vous savez je ne suis pas un connaisseur… » L’ordre, au sens d’intégration de la nécessité de certaines règles, naît toujours d’une forme de désordre initial. La blogosphère du vin doit sans doute apparaître à certains qui règnent – le mot est un peu fort – un grand foutoir peuplé d’énergumènes qui s’autoproclament aptes à porter des jugements sur le vin et que bien des déviances sont au bout du chemin. Tel n’est pas mon sentiment et l’exemple d’une Ophélie Neiman est là pour démontrer le contraire.


L’intérêt de la Toile, blogs, réseaux sociaux, c’est que tous les protagonistes du monde su vin du vigneron jusqu’au consommateur final peuvent y échanger, écrire, se lire, se critiquer, s’écharper, contester, s’accorder… Cette fluidité, parfois même cette trop grande instantanéité, permet de faire progresser ceux qui jusqu’ici étaient ou se sentaient exclus du système très professionnalisé et pour les grands amateurs très élitiste. Ils se greffent, se sentent concernés, cherchent, butinent et emmagasinent. Cet intérêt d’un plus garnd nombre se traduit aussi dans les livres. Jusqu’à ces dernières années les livres sur le vin c’était des beaux livres, de ceux qu’on offre en fin d’année et que l’on range soigneusement dans sa bibliothèque. Depuis quelque temps, moi qui suis un rat de librairie, je constate la sortie de livres « intelligents » sur le vin, je veux dire par là des ouvrages qui abordent des sujets plus de fond. Comme pour illustrer mon propos DUNOD dans sa collection « des idées qui marquent » réédite le livre d’Émile Peynaud « Le vin et les jours » sorti en 1988 chez Bordas. Les éditeurs savent humer l’air du temps, c’est leur job, et lorsqu’ils puisent dans leur fond de spécialistes pour publier dans une collection plus grand public c’est qu’ils estiment qu’une nouvelle demande s’exprime.


Voilà, j’ai lancé le bouchon, certains penseront trop loin, trop fort, mais en vieux routier de la Toile j’estime être un observateur attentif des tendances de fond qui ne sont pas forcément perceptibles si on s’en tient à la surface des choses. Jamais le monde du vin n’a été traversé par autant de courants porteurs de renouveau et, seuls les esprits chagrins vivant dans les vieilles lunes du passé pensent que nous sommes en butte avec une partie de la société. Bien au contraire, jamais l’image du vin n’a été aussi positive et la nouvelle génération y est pour beaucoup. Moi je compte sur elle et j’ai raison : l’extension du domaine du vin est une idée neuve…

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