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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:00

photo-LB1.jpgMerci aussi à celles et ceux qui continuent d’adhérer à l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants. Sur Face de Bouc c’est ICI link Faites passer le message ! Faites du ramdam ! nous ne sommes pas des radicaux pour nous contenter d’une cabine téléphonique pour tenir nos AG !

 

À quoi sert l’A.B.V. me direz-vous ?

 

Qu’avez-vous fait depuis sa création Monsieur le Secrétaire-Perpétuel Autoproclamé ?

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Pas grand-chose, et vous ?

 

En effet, le bien vivre c’est d’abord le bien vivre ensemble, au plus près de chez soi, les amis, les voisins, les collègues, les gens de la commune, du canton, du département comme en des limites beaucoup plus larges qui n’ont de finitude que celles de notre monde. Se contenter de se taper la cloche, de boire de bon coups, de bambocher entre copains, de refaire le monde sous la tonnelle… n’être que des bons vivants ripailleurs, noceurs, hâbleurs…  ça n’a rien de désagréable et ça participe aussi au bien vivre… mais au-delà de nos bonnes intentions, de nos bonnes paroles, rien ne vaut le sillon de nos actes.

 

Pardonnez-moi ce prêchi-prêcha mais je voulais en remettre une petite couche, vous faire une piqure de rappel. Pourquoi ? Parce que tout bêtement lorsque le Taulier le 8 mars vous propose un Afterwork sérieux : paroles fortes du Cantalou Michel Teyssedou…la montagne a un côté insulaire qui vous incite à être humble…à méditer par les rats de villelink vous faites la fine bouche… ça ne parle pas de vin… le taulier nous gonfle avec son lait, ses vaches et ses paysans…

 

Ça me fâche un chouïa !

 

Ça me fâche doublement car au bout de ce billet je tirais mon chapeau à l’un des tout premiers membres de l’A .B.V. Alors comme je ne m’avoue pas vaincu, quite à froisser la modestie de François, je réitère mon propos :

 

« Encore une petite couche à propos des Fils de la Terre link et de votre relative indifférence link Faites comme l’ami François des Ligneris qui a décroché son téléphone pour contacter les producteurs de Cantaveylot pour que leur lait soit présent à l’Envers du décor. Merci François et c’est simple comme un clic www.cantaveylot.fr  Le taulier est têtu et obstiné… » pour gagner leur vie

 

Bien sûr les gars de Cantaveylot prospectent au plus près mais ils sont besoin de vendre 4 Millions de litres de leur lait bleu-blanc-coeur (allez voir sur le site ce que c'est www.bleu-blanc-coeur.com) pour commencer à gagner leur vie et ainsi vivre dans leur vallée du Lot. Le reste de leur lait par pour l'Italie pour faire du Nutella chez Ferrero-Rocher. Il ne s'agit pas de les aider, de leur faire l'aumone mais de faire pression sur les distributeurs du grand Sud-Ouest pour qu'ils référencent leur lait. Alors, par le bouche à oreille ou je ne sais quelle influence des uns et des autres faisons en sorte qu'on ne les oublie pas. Rien n'est pire que le silence qui étouffe les meilleures initiatives. Merci pour eux.

 

J’en ai fini pour aujourd’hui. Longue vie à une A.B.V. qui marque à la culotte les défaitistes !

 

Bonne fin de journée à vous

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 16:00

Un de mes lecteurs bien plus éminent juriste que moi m’a fait parvenir sitôt ma dernière chronique l’arrêt du Conseil d’État 3ème et 8ème sous-sections réunies publié au recueil Lebon. Je vous livre 3 des considérants. C’est d’une lecture assez aisée. Si vous souhaitez recevoir l’arrêt dans son intégralité je peux vous le faire parvenir. Nul besoin de faire un commentaire de cet arrêt. Il est d’une clarté absolue comme le démontre le texte en gras. À noter, et c’est très important pour la suite de ce dossier que le Conseil d’État annule le décret pour ce seul motif et « sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête » Les distances resteront toujours les mêmes en dépit de l’extension de la zone de l’AOC Pomerol. Mon devoir de réserve m’interdit d’aller plus avant mais permettez-moi d'estimer que ce dossier n’a pas été mené avec la sérénité nécessaire. Une bonne médiation vaut mieux qu’un mauvais contentieux.

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Considérant que le décret du 8 décembre 1936 relatif à l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, abrogé par le décret attaqué, définissait une aire géographique de récolte et se bornait à préciser, s'agissant de la vinification, qu'elle devait être conforme aux usages locaux ; qu'il ressort des pièces du dossier que de nombreux producteurs de vins bénéficiaires de l'AOC Pomerol procèdent aux opérations de vinification et d'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique de production, en vertu d'usages anciens et, depuis 1998, d'autorisations délivrées à titre dérogatoire par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) ; que le cahier des charges homologué par le décret attaqué a utilisé la faculté ouverte par le règlement précité du 14 juillet 2009 pour délimiter une aire de proximité immédiate au sein de laquelle sont autorisés, à titre dérogatoire, la vinification et l'élevage des vins en dehors de l'aire géographique de production ; qu'une telle délimitation doit être justifiée par des critères objectifs et rationnels et n'introduire aucune différence de traitement entre producteurs qui ne corresponde à une différence de situation ou à un motif d'intérêt général en rapport avec les objectifs poursuivis.

 

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que seules deux parcelles où sont installés des chais, proches de l'aire géographique de l'AOC Pomerol , ont été incluses dans l'aire de proximité immédiate ; qu'ont été en revanche exclues de l'aire de proximité immédiate des parcelles, situées à des distances de l'ordre de 1 à 7 kilomètres de l'aire géographique, sur lesquelles sont situés les chais utilisés de longue date par les requérants pour procéder aux opérations de vinification des raisins qu'ils produisent à l'intérieur de l'aire géographique et à l'élevage des vins issus de ces raisins ; que le cahier des charges prévoit toutefois que les exploitants dont les chais sont implantés en dehors de l'aire de proximité immédiate pourront continuer à vinifier leurs raisins et élever leurs vins en dehors de cette aire jusqu'à la récolte de 2018 incluse pour la vinification et la récolte 2025 incluse pour l'élevage des vins ;

 

Considérant que si le ministre de l'agriculture et l'INAO motivent cette nouvelle délimitation, qui aura pour effet de retirer à des vignerons producteurs de vins bénéficiant depuis des décennies de l'AOC Pomerol la possibilité de procéder à la vinification et à l'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique, par la nécessité de limiter le transport et la manipulation du vin afin de préserver sa qualité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transport sur les distances mentionnées ci-dessus des grappes de raisins, et non du vin, entre le lieu de la récolte et celui du chais de vinification aurait une incidence sur la qualité du vin produit, alors qu'il est par ailleurs constant que certains exploitants sont amenés à transporter leur vendange à l'intérieur de l'aire géographique de production sur des distances parfois plus longues que celles sur lesquelles les requérants transportent leur récolte ; qu'au regard du seul motif invoqué par le ministre de l'agriculture, les requérants sont fondés à soutenir que la délimitation ainsi retenue de l'aire dite de proximité immédiate induit une différence de traitement entre des exploitants qui bénéficiaient jusque-là pour leur production de vin de l'AOC Pomerol, les uns conservant ce bénéfice parce que leurs chais sont implantés sur les parcelles comprises dans cette zone et les autres se voyant retirer ce bénéfice à terme, et qu'il n'apparaît pas que cette différence de traitement serait en rapport avec les objectifs du cahier des charges ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation du décret attaqué homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, en tant qu'il a homologué la délimitation de l'aire de proximité immédiate.

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 16:00

Cacher ma grande et jubilatoire satisfaction serait de ma part faire preuve d’une hypocrisie de vieux chanoine rongeant son frein face à l’arrogance des prélats. J’exulte, oui ! Pour l’heure, comme  je n’ai pas sous les yeux les attendus de l’arrêt du Conseil d’État je ne vais pas me livrer à ce qui était mon exercice favori lorsque j’étais étudiant en Droit au temps d’Yves Prats le frère de Bruno et l’oncle de Jean-Guillaume de Cos d’Estournel (tout me prédestinait à tomber dans le tonneau de Bordeaux) le commentaire d’arrêt. Oui j’étais le Paganini du commentaire d’arrêt (oh les chevilles, oh les chevilles…)

 

Que voulez-vous lorsque je me penchais sur mon clavier en juillet 2009, encore jeune et fringant, pour mettre mes gros sabots crottés dans le beau terroir de l’ODG de Pomerol link pour m’étonner que 35 viticulteurs, ayant des vignes sur l’aire de l’appellation Pomerol, mais pas de chais, seraient privé de leur droit de vinifier du Pomerol. Je ne vais pas revenir sur le fond, il en sera toujours temps puisque le feuilleton, comme toujours en notre beau pays, aura une suite puisque, sentant l’odeur du roussi, un second décret fut pondu par les éminences juridiques de nos appellations afin de rectifier certaines anomalies historiques.

 

Bref, l’argument« j’aime tant mon grand terroir de Pomerol que je le protège des petits prédateurs… » si beau, si saint-sulpicien, si je me fous de la gueule du monde pour jeter un voile pudique sur mes arrangements avec le ciel, tient la route comme ces belles voitures anglaises dont on disait que rien ne les arrêtaient même pas leurs freins… » Tout ça sent le crottin de cheval, de pur-sang bien sûr ! Les hippodromes en France ont depuis quelques temps d’étranges destinées mais que voulez-vous sans doute fallait-il enrichir l’aire de Pomerol d’une zone de proximité au prestige reconnu par les turfistes du cru.

  image_67177989.jpg 

 

Libourne : sous les sabots, la vigne : Des pieds de merlot pousseront sur l'empreinte des chevaux, à la place de l'hippodrome de Cantereau. Mercredi 26 janvier 2011 Sud-Ouest

 

J’arrête là mes railleries de petit chroniqueur qui adorait la rigueur du droit administratif à la française. Pendant des années « Les Grands Arrêts du Conseil d’État » fut mon livre de chevet. Que voulez-vous l’arrêt Blanco du 8 février 1873, l’arrêt Compagnie nouvelle du gaz de Deville-lès-Rouen du 10 janvier 1902, l’arrêt Syndicat des patrons coiffeurs de Limoges du 28 décembre 1906, l’arrêt Société des granits porphyroïdes des Vosges du 31 juillet 1912, l’arrêt Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux du 30 mars 1916 me procuraient une forme d’extase et le fameux arrêt Barel du 28 mai 1958 sur le principe de l'égalité d'accès aux fonctions et emplois publics.« L'administration ne saurait, sans méconnaître ce principe, écarter un candidat en se fondant exclusivement sur ses opinions politiques » l’épectase.

 

J’appelle de mes vœux de juriste – même si on ne me donne pas du Docteur – un grand arrêt des sans chais de Pomerol pour que je puisse raconter à mes petits-enfants : Martin, Zoé et Juliette que leur papy impénitent chroniqueur avait tiré dans les premiers sur ce déni de justice qu’était ce premier décret…

 

La suite au prochain numéro…

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 15:00

  

Limoux sa blanquette, son carnaval et maintenant ses pandores zélés, notre ami Luc Charlier nous transmets cette information burlesque « lundi dernier, un cortège funèbre motorisé rejoint le cimetière Saint-Antoine en partant de l’Eglise Saint-Martin : on enterre une Limouxine de 70 ans. Une poignée de gendarmes encore plus adéquats que les autres intervient alors, éthylotest au poing, et fait souffler le conducteur du corbillard, le veuf et – ici cela varie suivant les sources – une proportion indéfinie des autres personnes ayant pris le volant. Aucun procès-verbal n’a pu être dressé. Par contre, un gros embouteillage s’en est ensuivi dans Limoux ! »

 

Pour lire la suite c’est ici link Je vous assure que ça vaut le détour car le porte-parole de la maréchaussée semble accréditer l’idée d’une méprise (sic) en effet les gendarmes limouxins ne sauraient distinguer un convoi funèbre d’une bande de joyeux drilles venant d’enterrer leur vie de garçons…

 

Bravo à eux, sans doute étaient-ils en manque de résultats pour gonfler leurs statistiques mensuelles afin de plaire au locataire de la Place Beauvau et pour cela rien ne vaut un bon ballon…

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 16:00

C’était aux temps héroïques où Francis Boulard n’était pas une star, où Patrick Baudouin se tapait une pleine page du Monde où il délivrait quelques vérités à la face du monde, du vin,  où la belle Virginie Maignien ne s’était pas encore réfugiée aux Causses Marines, où les « rouges » tenaient la ville, où la manifestation trouvait refuge dans des lieux improbables mais où il faisait bon se retrouver, même si quelque fois on se les gelait. Puis, aux dernières municipales, à la surprise générale, Montreuil est tombée dans l’escarcelle des Verts sous la houlette de Dominique Voynet. L’indéracinable Brard, bon stal repeint en rénovateur, toujours député, ne s’en est pas remis. Bref, en  2010 ce fut l’apogée lorsque nous fûmes reçus au bar de la salle des fêtes de la Mairie de Montreuil. Je titrais alors Tintin au pays des Soviets : la pérestroïka du développement buvable à Montreuil dans le neuf trois. Et puis, il y eut de la bisbille dans la majorité municipale entre la maire et les socialos, ce qui renvoya la manifestation en des lieux frigorifiques.

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Les blogueurs en ces temps reculés se résumaient à ma pomme car Olif ne faisait point le déplacement jusque dans le neuf-trois. C’était convivial, sympatoche, bon enfant. Maintenant, avec l’irruption des grands prêtres de multiples obédiences, la multiplication des manifestations du même tonneau, la dureté des temps aussi, le marché aux vins bio de Montreuil a perdu une partie de son âme. L’an dernier je m’y suis gelé les glaouis et sérieusement emmerdé. Donc je m’étais promis de ne pas y retourner. Mais, comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je me suis dit que pour la dixième édition j’allais à nouveau aller humer l’air du neuf trois où habite Eva.

 

Voilà, je vous livre l’adresse des Bouffons Bio de Montreuil et tous les détails d’intendance : 

 

« Amateurs de bonnes choses qui ne baissez pas les bras quand approche le pire, méditez cette vision. Quatre cavaliers de l’apocalypse courent le monde et répandent sur leur passage d’épouvantables maux qui semblent annoncer la fin des temps. Le premier tient dans les plis de son manteau la chaptalisation et le sulfitage à outrance des vins. Le second a généralisé l’usage des pesticides qui empoisonnent les meilleurs vignobles et dont l’influence "roborative" se fait sentir jusque dans les verres. Le troisième sème les levures artificielles. Le quatrième traîne à une corde qui pend de sa selle la vendangeuse mécanique, l’osmose inverse et la cryoextraction ainsi que d'autres choses trop affreuses pour être nommées. Qui donc se dressera contre la sinistre troupe ?

 

Pour que soit le développement buvable qui seul peut faire échec à leurs menées, quarante vignerons bio se rassembleront à Montreuil le 17 mars prochain, au Marché des vins bio dont on fêtera la dixième édition. Issus des principales régions d’appellation de France, d’Italie et de Grèce, ils viennent faire découvrir leurs vins à une foule d’amateurs avertis et de curieux qui grossit d’année en année. Venez les soutenir et faire souffler avec eux un vent de plaisir et de convivialité qui balaiera l'humeur de fin du monde qui pèse sur ce début d'année et nous vous garantissons que l'histoire ne s'arrêtera pas le 21 décembre 2012. »

 

Le 10ème marché des vins bio de Montreuil aura lieu : au palais des congrès Marcel Dufriche,

117 rue Étienne Marcel

93100 Montreuil

Métro : Robespierre

le 17 mars 2012 de 10h00 à 19h00

Plus d’informations sur le site : http://bouffonsbios.ouvaton.org

 

Qui ?

 

Domaine Paul Barre, Pascale et Paul Barre Fronsac

Château Richard, Richard Doughty Saussignac, Bergerac

Château Vent d’Autan, Anne et Olivier Godin Cahors, Quercy

Domaine Roche-Buissière, Laurence et Antoine Joly Côtes du Rhône

Domaine des Sablonnettes, Christine et Joël Ménard Anjou

Domaine de la Bregeonnette, Stéphane Orieux Muscadet

Domaine Patrick Baudouin, Patrick Baudouin Anjou

Domaine Bois Moisset, Philippe Maffre Gaillac

EARL Régnier-David, Jean-François Régnier Saumur

Domaine des Coteaux d’Engravies, Philippe Babin Ariège

Frédéric Geschickt  Alsace

Champagne Fleury, Morgane Fleury Champagne

Domaine de Bel Air, Pierre Hervé VDP de la Nièvre

Château Lagarette, Olympe et Alexandra Minvielle 1ère côtes de Bordeaux

Arts et Vins, Alain Dubois Grèce, Crète

Domaine Sabre, Fanny Sabre Bourgogne

Château La Salle, Mickael Jaumain Bordeaux

Domaine de Causse Marines, Patrice Lescarret Gaillac

Domaine Rouge Garance, Cortellini/Trintignant Côtes du Rhône

Domaine les Maisons Rouges, Elisabeth et Benoît Jardin Jasnières, Cotx du Loir

Domaine Sylvie Spielmann, Sylvie Spielmann Alsace

Domaine Jean-Claude Rateau, Jean-Claude Rateau Bourgogne

Château Cajus, Pierre Veyron Bordeaux supérieur

Domaine des Chênes, Marcel Lapierre Morgon

Domaine Bellauc, Marie-Blanche et Gil Schefchen Jurançon

Domaine Jacques Maillet, Jacques Maillet Savoie

Domaine Marcevol, Guy Prédal Roussillon

Domaine Les Dolomies, Céline Jannet Jura

Domaine Jolly Ferriol, Isabelle Jolly et Jean-Luc Chossart Roussillon, Rivesaltes

Château Moulin de Peyronin, Véronique et Franck Terral Bordeaux

Clos 19 bis, Vincent Quirac Sauternes et Graves

Pithon-Paillé, Jo et Isabelle Pithon, Joseph et Wendy PailléVal de Loire

Domaines de Sainte Barbe et des Chazelles, Jean-Marie et Ewelina Chaland Mâcon, Viré-Clessé

Domaine Les Faverelles, Isabelle et Patrick Georgelin Bourgogne Vézelay

Bera Vittorio e figli, Alessandra e Gianluigi Bera Moscato d’Asti

Château Planquette, Didier Michaud Médoc

Domaine Côtes de la Molière, Isabelle et Bruno Perraud Moulin à vent, Pouilly Fuissé

Domaine Les Chesnaies, Béatrice et Pascal Lambert Chinon

Et quelques jolies surprises de dernière minute sur la France et l’Italie…

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:00

Prendre le temps de lire des paroles fortes d’un sage n’est jamais une perte de temps sauf à considérer que s’arrêter, se poser, réfléchir n’est plus dans l’air du  temps où tout défile, va vite, de plus en plus vite, que l’heure est au 4 i : individualistes, interconnectés, impatients et imaginatifs. La sagesse n’est pas le privilège des vieux, mais ce n’est pas non plus une vertu dévaluée, alors je vous invite à lire ces quelques paroles fortes d’un montagnard Cantalou Michel Teyssedou, producteur de lait dans le Cantal et maire de sa commune de Parlan 317 habitants. auvergne_345.jpg

J’ai toujours eu un faible pour Michel Teyssedou, un de ces rares dirigeants agricoles avec qui l’échange, la confrontation, menait hors des sentiers battus. Le regard vif, un petit sourire accroché sous sa moustache, Michel – je peux, pour lui j’étais Jacques – lorsque je l’ai croisé, ancien président des Jeunes Agriculteurs, éleveur dans le Cantal, espoir du syndicalisme aîné, comme le disait les vieux de la FNSEA, cherchait à faire bouger les lignes de cette grande maison figée et arcqueboutée sur l’illusion de l’unité du monde paysan. Nous n’étions pas toujours d’accord loin de là mais nous partagions sur le fond la même vision des grandes évolutions de notre agriculture et des inflexions qu’il faudrait donner aux politiques communes : les fameuses OCM. Lorsque vint le passage du flambeau de Raymond Lacombe, héritier d’un syndicalisme très ancré dans la doctrine sociale de l’Eglise, j’avais prévenu Michel : le pouvoir ça se prend. Je connaissais trop bien celui qui allait l’emporter pour savoir qu’il maîtrisait les fondamentaux d’une organisation nationale : l’appareil et la souplesse d’échine pour recevoir l’onction des céréaliers faiseur de roi à la FNSEA. La bataille des idées a laissé la place aux manœuvres et Michel Teyssedou s’est retiré de l’équipe dirigeante de la FNSEA en 1996 laissant le champ libre à la pensée unique et au conformisme. Choix d’un homme libre dont je vous livre quelques réponses à Emmanuel Laurentin, producteur de La Fabrique de l’Histoire sur France Culture, lors d’un entretien en 2010 consigné dans un petit livre intéressant : La France et ses Paysans Bayard 16,90€.

 

Je rentre de Toulouse où je fais mon travail de fourmi sur ce qu’on appelle en terme un peu technocratique : la déprise laitière, soit en termes plus communs des producteurs de lait qui ne trouvent plus de collecteurs pour ramasser leur lait. Alors j’ai besoin d’un remontant et les propos de Michel m’insuffle ce qu’il me faut d’énergie supplémentaire. Merci Michel et peut-être à un de ces quatre chez toi, dans le Cantal.

 

E.L : Mais vous n’étiez pas n’importe où dans le Cantal, votre exploitation appartenait à ce qu’on appelle l’agriculture de haute montagne. Ce n’est pas celle vers laquelle se tournaient naturellement ceux qui ont construit ce fameux pacte – entre l’Allemagne et la France lors de la naissance du Marché Commun – Ils pensaient surtout aux céréaliers de la Beauce, du Poitou ou d’ailleurs, à ceux qui faisaient pousser du maïs dans le Sud-Ouest, à ceux qui possédaient de très grandes exploitations, y compris de cochons, de porcs, de poulets ou d’agro-alimentaire un peu partout sur le territoire.

 

M.T : On nous a en effet un peu oubliés, mais en même temps que nous, les lois fondamentales de la physique. Puisque tout va vers la plaine, les hommes, l’esau, l’économie, le déterminisme, la montagne est un véritable laboratoire d’analyse des politiques agricoles nouvelles. Aucun planificateur ne peut mesurer la volonté humaine. Peut-être parce que les situations sont plus difficiles en montagne, il y a plus de détermination. Dans la plaine, il existe des opportunités de reconversion, d’emplois, de vie culturelle différente alors que la montagne a un côté insulaire qui vous incite à être humble. Entre la terre et le ciel, vous ne pouvez pas vous coucher le soir en prévoyant de manière certaine votre travail du lendemain matin car il peut toujours se passer quelque chose d’imprévu pendant la nuit. L’aléa confère des vertus, dont nous avons bien besoin pour relever les défis.

 

E.L : On n’est plus dans l’entre-soi du monde paysan, il faut dialoguer avec ceux qui vont travailler à la ville à vingt-cinq kilomètres et qui viennent simplement coucher le soir, qui parfois ont des idées reçues qu’il faut combattre. Vous avez cinquante têtes de Prim’Holstein, vous produisez beaucoup de lait pour faire vivre votre exploitation. Quand les urbains viennent passer quelques repos dans votre ferme, ils sont peut-être surpris de ce qu’ils découvrent et qui diffère de l’image qu’ils ont en tête.

 

M.T : Ils sont victimes d’une autre de stratégie qu’a commise la profession : pendant plus de trente ans, nous sommes devenus des techniciens de la profession et comme le soulignent certains sociologues, cette technicisation nous a conduit à perdre la parole. Nous avons laissé les gens  avec les clichés de la génération antérieure, nous n’avons pas su expliquer à la société pourquoi nous avons réalisé ces évolutions. Nous n’avons pu que mesurer les déconvenues car nous sommes toujours soumis et vaincus. Mais si nous courbons l’échine, nous résistons aussi car nous savons qu’au bout du compte, il y aura bien un retour. Nous sommes tellement dans les fondamentaux de la vie, dans l’essentiel, se nourrir. Les gens ne se rendent pas compte du peu d’argent que gagnent les agriculteurs à passer des heures entières à essayer de les nourrir. Il y a bien un moment où cette vérité éclatera.

 

E.L : Vous expliquez que répondre à la demande oblige souvent à être en retard sur cette demande car les modes changent à toute vitesse. Les gens veulent manger du veau, on se met à en produire mais peut-être qu’entre-temps, une campagne de presse contre le veau mettra un terme à cette demande. Vous devez toujours répondre à une demande qui évolue très vite alors que le rythme de votre travail, de la vie et du temps agricole n’est pas le même.

 

M.T : Le temps de la société urbaine n’a rien à voir avec le temps de la société rurale. Sans être provocateur, je vais forcer le trait. Le temps des paysans est à l’aune d’une génération. Un paysan passe toute sa vie à essayer de préparer une situation qui sera la plus favorable à son successeur. Et si ce successeur ne vient pas, ce paysan aura le privilège de mourir deux fois, une fois, biologiquement et une fois professionnellement. Notre société vit à l’instinct, dans l’immédiateté, dans la publicité, selon le slogan je prends, je consomme, je jette » mais le produit du travail des gens de la terre n’apparaît pas dans l’instant. Il faut trois ans pour faire une vache. Pour faire une ferme qui tienne la route, il en faut trente. Mon père m’a légué un patrimoine foncier sans outils de production, je l’ai acquis sans savoir si j’aurai un  repreneur et j’ai travaillé trente ans. Je suis très fier de ce que j’ai fait, et si cela ne sert pas à un de mes enfants, je serai très heureux que cela serve à quelqu’un d’autre. Mais que cela serve à quelqu’un…

 

Encore une petite couche à propos des Fils de la Terre link et de votre relative indifférence link Faites comme l’ami François des Ligneris qui a décroché son téléphone pour contacter les producteurs de Cantaveylot pour que leur lait soit présent à l’Envers du décor. Merci François et c’est simple comme un clic www.cantaveylot.fr/ Le taulier est têtu et obstiné…

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 16:00

Dans le hall 1 de la porte Versailles s’exposent les races des animaux domestiques élevés pour la consommation  de leur chair ou de leurs produits. Adieu veau, vache, cochon, couvée, pour la pauvre Perrette et son pot au lait… mais qui serait encore capable de décliner les noms de ces races ? Le consommateur achète, du bœuf, du veau, du porc, du mouton, du poulet, des œufs, du lait…mais se réfère pas très souvent aux races des animaux. Bien sûr, dans les souvenirs des plus anciens subsistent quelques noms surtout chez les bovins… mais les consommateurs qui se disent éclairés achètent des signes de qualité certifiés par le Q de l’INAO ou pour l’AB d’organismes du type Ecocert. Vous me direz ça suffit à notre bonheur, la race de la bestiole n’est pas un gage de qualité, ce qui compte ce sont les conditions d’élevage, la nourriture des animaux. Certes, certes mais est-ce que le Roquefort serait le Roquefort sans les brebis de Lacaune ? Et mon bon lait de vache Jersiaise, et les œufs de Marans, et la poule de Houdan, et le porc cul-noir du Limousin ou celui de Bayeux, et la Géline à pattes noires et le Coucou de Rennes…

 

Bref, profitant des derniers jours de ce salon de l’Agriculture qui est, pour sa façade le Grand salon des animaux, je vais prendre la défense des poules de France et d’ailleurs. Rappelons-nous, la première attaque, de ce qu’on qualifie à juste titre souvent la bouffe industrielle, se porta sur la poule. Quand j’écris la poule c’est que pour faire du poulet il faut faire pondre un œuf à une poule fécondée par un coq. La croissance rapide de cette bestiole, son confinement facile, en ont fait la proie des fabricants d’aliments industriels pour le bétail. Dans le grand Ouest où la terre était rare et les bras nombreux ils ont trouvé des jeunes qui, pour rester au pays, ce sont mis à élever des poulets hors-sol. Je sais de quoi je parle puisque j’ai vu mon frère Alain se laisser convaincre par l’entreprise BVT, être à deux doigts de sombrer avant d’être récupéré par le leader charismatique Bernard Lambert président de la SICA-SAVA qui faisait dans le poulet de chair. Il fut ensuite bouffé par Tilly lui-même absorbé par Gérard Bourgoin l’homme d’Auxerre. L’INRA inventait sa Vedette, petite poule qui fabriquait de gros poulets et Jean Ferrat put ainsi, dans la montagne est belle, chanter :

 

Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires

De quoi attendre sans s’en faire

Que l’heure de la retraite sonne

Il faut savoir ce que l’on aime

Et rentrer dans son H.L.M.

Manger du poulet aux hormones…  photopoules.jpg

Le titre de ma chronique « Défense et illustration des incomparables races de poules françaises » est tiré d’un de ces petits opus dont était friande la France du Maréchal qui aimait tant la terre qui « elle ne mentait pas… » (Formule écrite par Emmanuel Berl). J’en tire pour cet afterwork deux petits extraits qui, avec leur côté rétro, posent assez bien une partie de la problématique de l’agriculture française sous son aspect production animale de qualité où une pure approche élitiste, qui ne permet pas de porter au plus grand nombre des produits authentiques de qualité, est le plus sûr moyen de faire la plus grande place à une alimentation standardisée. Pour sauver des races en voie d’extinction ou leur redonner des couleurs, faire qu’on les trouve à des prix abordables mais rémunérateurs pour que des éleveurs puissent en vivre, il n’y a qu’une seule et unique voie : que les consommateurs mettent leurs actes d’achats en conformité avec ce qu’ils disent souhaiter. Et ce n’est pas une question de pouvoir d’achat : il suffit pour cela d’analyser le contenu d’un caddie pour s’apercevoir que le recours  au prix les plus bas que bas pour l’alimentation s’accompagne de choix de produits qui creusent des trous dans les budgets : les forfaits des mobiles en est l’exemple le plus frappant.

 

Je radote  peut-être mais telle est la réalité des choix d’une grande majorité de nos concitoyens et tous les beaux discours sur la nécessité de maintenir des éleveurs dans des zones difficiles resteront vides de sens si celles et ceux d'entre eux qui choisissent de créer de la valeur, se heurtent à l’indifférence du plus grand nombre. Pas sûr que les 4i de la génération Y aient vraiment très envie que ses nuggets soient faits avec du bon poulet bien de chez nous, elle s’en fout de l’origine mais elle conduira sans doute ses chiarres voir les Gélines à pattes noires à la Porte de Versailles pour défendre le respect de la nature : « Anatole ne touche pas à ce poulet, c’est sale… »

 

Le 15 février 1934, M. Best, directeur de « Lafayette Poultry Farm écrivait dans Vie à la campagne :

 

« Mon expérience en Amérique… tend à me faire croire que la France ne pourra jamais concurrencer la marchandise de second ordre faite à des prix bon marché, et, d’autre part, les autres pays ne pourront jamais concurrencer les Français s’ils continuent à développer leur génie comme artisan, qui a fait leur réputation internationale.
Laissons la quantité aux étrangers, mais veillons pour qu’ils n’arrivent pas à faire en série des produits dépassant  en qualités et quantités ceux faits par nous-mêmes.
Le résultat de la qualité se trouve dans le cours des Halles où vous voyez, par exemple aujourd’hui des œufs qui se vendent 45c et d’autres  1fr05, c’est-à-dire qu’il y a abondance d’une qualité et manque d’une autre.

 

Il ajoutait : « nous avons ainsi trouvé que les clients se rappellent la qualité longtemps après avoir oublié les prix. »

 

L’auteur de « Défense et illustration des incomparables races de poules françaises » Louis Serre, dans le style incantatoire que nous affectionnons exhortait les éleveurs de poules :

 

« Jadis nous avons sacrifié les races de Barbezieux, La Flèche, Le Mans, Crève-cœur, qui ont fait la gloire de la cuisine, de la bonne chère française, mondialement réputée, pour sourire aux nouvelles venues d’Amérique. Nous avons eu le tort de laisser péricliter ces races incomparables, au point qu’il n’e reste que de rares représentants et sans doute dégénérés. Allons-nous aujourd’hui sacrifier nos Bresse, Gâtinaises, Faverolles, Marans, Gournay, Bourbonnaises, Bourbourg, Caussades, Gélines de Touraine, Caumont et tant d’autres sur l’autel consacré au culte des races anglo-saxonnes ? Non, vous dis-je, non.  Notre sottise a des bornes et la masse de nos aviculteurs de bonne foi viendra à résipiscence. »

 

Qu’en reste-t-il, hormis la Bresse ?

 

Voir Nos belles poules françaises http://www.gallinette.net/francaise.htm

 

Que conclure de mes histoires de poules ? Rien, si ce n'est que j'ai lu dans une savante étude que notre Industrie Agro-alimentaire bénéficiait à l'exportation d'un avantage comparatif par rapport à ses concurrentes : une image de qualité de ses produits de base. Alors, que faisons-nous pour mettre chaque jour un peu plus de réalité dans ce constat ? Plutôt que d'arpenter les allées d'un salon de carton-pâte nos décideurs devraient dépoussiérer leur approche de l'activité des éleveurs et des viticulteurs... au lieu de ne se focaliser que sur les producteurs de commodities internationales...

 

 Avec leurs mains dessus leurs têtes

Ils avaient monté des murettes

Jusqu’au sommet de la colline

Qu’importent les jours les années

Ils avaient tous l’âme bien née

Noueuse comme un pied de vigne

Les vignes elles courent dans la forêt

Le vin ne sera plus tiré

C’était une horrible piquette

Mais il faisait des centenaires

A ne plus que savoir en faire

S’il ne vous tournait pas la tête...

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:00

Pendant mes jeunes années j’ai vécu de plain-pied avec cette dame nature tant courtisée de nos jours  par une cotriade d’urbains qui eux, dès qu’ils mettent le nez dehors, ne foulent que des espaces de macadam. La soif d’herbe fraîche, de petits oiseaux qui chantent – y’en a aussi dans nos villes mais parfois on a du mal à les entendre chanter – des petites bêtes sauvages qui batifolent, des vaches dans les prés, des hautes futaies, sont fantasmées et il en ressort une vision à l’eau de rose de la campagne où se mêle sensiblerie et incompréhension. Dans les allées du grand barnum, qu’est devenu le salon de l’Agriculture, le flot des poussettes et des mouflets en ribambelles est la marque claire d’un fossé qui se creuse entre la réalité et les images d’Epinal. Nous sommes dans l’univers de Candy où le gros taureau couillu n’est jamais que le grand frère du caniche de la famille. « Regarde comme il est gentil… » « Est-ce que je pourrais le caresser ? »

 
Rassurez-vous, en cette fin de semaine je ne suis pas en train de vous faire « un retour d’âge » mais face aux 4i d’hier link  «individualistes, interconnectés, impatients et imaginatifs» j’ai envie d’écrire « mets tes bottes y’a de l’aiguail ce matin »


L’aiguail, encore un de ces mots engloutis, oubliés mais qui chante à mon oreille.  Mais qu’est-ce donc que l’aiguail ?


1-    Rosée, petites gouttes d’eau qui demeurent sur les feuilles et ôtent le sentiment aux chiens.
2-    Pacage du matin dans les prairies couvertes de rosée.
 

 

Marcel Lachiver Les mots du passé
 

 

Et oui, l’aiguail enlève « le sentiment aux chiens », ne me dite pas que vous ne trouvez pas ça beau que ces gouttelettes d’eau déposées par le ciel sont les meilleurs alliés des lièvres, lapins, perdrix, gibier à plumes et gibier à poils qui gambade au petit matin dans nos champs et nos prés.
 

 

Mais d’où vient cet aiguail, cette rosée du matin ?
 

 

« Au matin, après une nuit froide et claire, les plantes et la terre se couvrent de rosée. La chaleur emmagasinée pendant le jour monte du sol et diffuse dans la couche d'air voisine. Cette couche d'air est froide, plus froide que le sol, du fait de l'absence de nuage pendant la nuit, ce qui déclenche la condensation de la vapeur d'eau. Le brouillard résulte du même phénomène ou presque. Si la couche d'air humide est au contact du sol, la condensation ne se produit qu'en surface et ne donne que de la rosée. Si cette couche d'air humide s'épaissit, le brouillard apparaît. Ainsi, il peut y avoir de la rosée sans brouillard mais pas de brouillard sans rosée. »

 

La rosée, le rosé, et si vous donniez à votre dernier né de couleur rose le joli nom d’aiguail.  Tu n’y penses pas Taulier ça ne se traduit pas en anglais ! Oui mais en mandarin : perles d’aiguail ça pourrait faire de beaux idéogrammes et puis ça nous changerait de la floppée de « Perle de Rosé » ou de « Perle de Rosée ». Pourquoi d’ailleurs ce singulier, la rosée c’est une myriade de perles…

 

Bon je m’arrête de faire des propositions inconvenantes et je sors. Malheureusement le fort redoux me prive de l’aiguail parisien… et je ne chausserai pas mes bottes de caoutchouc pour gagner mes terres… j’ose même écrire mes vignes depuis que je suis devenu propriétaire d’un arpent de vigne dans le Grand Sud : une part de GFA…

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 16:00

Dans la vie d’un taulier il faut toujours avoir son sonar branché pour repérer les bancs de jeunes qui vont pousser les vieux comme moi vers la sortie des « artistes » (sic). Ainsi, si vous ne le saviez pas je vous l’apprends, IBM interroge chaque année les directeurs de marketing : 1700 et pour eux « l’aspect démographique est l’un des quatre grands enjeux du marketing de demain. Le profil des jeunes recrues est très différent de ce qu’il était il y a vingt ans. On parle de strates générationnelles et on les nomme X, Y, Z, et demain alpha, bêta et gamma, comme dans Le meilleur des mondes »


Doisneau28.jpg

Philippe GUIHENEUC link qui meuble ma parenthèse ci-dessus dans une communication du 28 février 2012 – part sur les chapeaux de roue :


« Notre jeunesse est mal élevée (…). Elle n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui ne se lèvent plus quand un homme âgé entre dans une pièce (…). Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler ».

 

Cette citation est de Socrate (4e siècle avant JC). Les problèmes intergénérationnels ne datent pas d’hier. On s’étonne aujourd’hui que Clémentine, 20 mois, soit capable de synchroniser un Smartphone et un Ipad, mais l’ingéniosité de Lebrac, s’agissant de réparer les outrages de la Guerre des boutons, n’est pas mal non plus. »

 

Voici vos cases : prière d’y entrer en bon ordre !

 

    - Si vous avez entre 65 et 85 ans, vous appartenez  à la génération « coco » (collectifs concrets). Votre jeunesse a été imprégnée par la Grande Dépression, la deuxième guerre mondiale et les Trente Glorieuses. Vous privilégiez la thésaurisation et la qualité, et vous souhaitez avant tout laisser un héritage.

 

    - Entre 40 et 65 ans, vous êtes de la génération des boomers, mais aussi des «bobo» (bourgeois bohèmes). Votre classe d’effectifs est marquée par mai 68, le choc pétrolier de 73 et les années grises et de crise. Vous êtes empreints de culture politique et idéologique.

 

    - Entre 30 et 40 ans, vous êtes de la génération X, aussi dite « momo » (mobiles moraux) parce que baignée de conflits avec vos parents sur la responsabilité et les valeurs.


    - Les Y, ou « yoyo », ont moins de 30 ans. Ils évoluent dans un contexte économique difficile, dans un contexte social très ouvert (très international, aussi) et un contexte moral incertain. Ce sont surtout les enfants du web.

 

Les voilà mes Youpala ! link

 

  

« La fameuse génération Y est en train de devenir petit à petit le cœur de cible des entreprises. S’ils commencent seulement à travailler, les « Y » constitueront d’ici 4 ans près de la moitié de la population active américaine*, et environ 40% de la population active française**. Il n’est plus possible d’ignorer leurs spécificités : ils constituent le cœur du portefeuille client de demain » écrivent Carole Menguy-Houel et Jean-Bernard Girault dans leur article des Echos Tempête sur le marketing et la relation client… la Génération Y arrive ! »

 

« Ayant acquis une maîtrise quasi-innée des nouvelles technologies, qu’ils maîtrisent suffisamment pour en faire des outils de création,  les « Y » vivent dans le monde de l’instantanéité. Ils sont habitués à avoir accès à une information abondante, facilement et immédiatement accessible. Ils ont une approche du « Savoir » différente de celle de leurs aînés (approche aléatoire, recoupement d’informations,…) qui leur crée des difficultés avec les raisonnements dits « pas à pas ». Ils sont plus à l’aise avec les contenus vidéo, les visuels ou les graphiques qu’avec les textes. » soulignent-ils.

 

«À en croire l’Observatoire Social de l’Entreprise (Ipsos/Logica, réalisé pour le CESI en partenariat avec Le Figaro et BFM), si les chefs d’entreprise ont une image positive des jeunes embauchés, il n’en va pas de même pour les salariés. 55 % d’entre eux jugent leurs cadets trop ambitieux, et 58 % les trouvent plus individualistes que la moyenne. On parle d’ailleurs d’une génération à 4 i : individualistes, interconnectés, impatients et imaginatifs. »

 

Et Carole Menguy-Houel et Jean-Bernard Girault de tirer les conséquences des impatiences des 4 Zi : « La spécificité des comportements et des attentes des « Y » bouleverse les réflexes marketings acquis au cours des dernières décennies. Les marketers doivent repenser leurs « règles d’or ».(texte intégral de l’article link )

 

1 - Les entreprises doivent repenser leurs stratégies de communication et leur mix-media. 

 

« Les « Y » attendent des marques transparence et engagement citoyen. Peu sensibles aux discours des marques, jugés suspects,  ils font plus confiance au « bouche-à-oreille » qu’aux spots publicitaires. Leur manière de consommer les médias est très différente de celle de leurs parents : la télévision et la presse sont délaissées au profit du web. »

 

2 - Les entreprises doivent retravailler leur mix multi-canal

 

« Ils considèrent le téléphone, le courrier et l’e-mail comme obsolètes. Ils jugent les sites web actuels inadaptés à leurs attentes : textes trop longs, absence de canal chat, social media réduit à des forums… »

 

3 - Les entreprises doivent continuer d’optimiser leurs processus clients.

 

« S’ils ne trouvent pas instantanément la bonne information, il « zappent » chez un autre fournisseur. Incapables d’attendre, ils pratiquent le panier abandonné en cas de délai de livraison jugé trop long… »

 

4 - Les entreprises doivent adapter leur politique de prix.

 

« Qualifiée de génération « précaire » par IPSOS dans une étude réalisée en 2010, les «Y » sont particulièrement sensibles au rapport qualité/prix. Ils gèrent leurs achats dans l’instant, ce qui génère un besoin de récompense immédiate… »

 

5 - Les entreprises doivent adapter leur modèle d’innovation.

 

« Les « Y » font preuves d’une forte adaptabilité. Ils sont capables de s’approprier rapidement de nouveaux usages, en particulier liés aux nouvelles technologies… »

 

6 - Les entreprises doivent apprendre à gérer l’émergence d’un nouveau type de « consumérisme responsable ».

 

7 - Les entreprises doivent « donner du sens » à leur marque.

 

Voilà le Taulier a fait le boulot, à vous de voir ce que vous faites de ces yoyo juste sortis de leur Youpala. Comme disait le toujours vert Picasso « On met longtemps à devenir jeune » et nos impatients jetteront sans doute plus vite leur gourme que ceux qui croyaient que sous les pavés se trouvaient la plage. Ce que j’espère c’est que leurs dents ne seront pas cariées à force de croquer dans des raisins bien trops verts… 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:00

Pascal FRISSANT RAL’ami Robert Laloum cuisinier tavernier du côté de Montreuil  à la table d’Emile www.latabledemile.com   m’a fait passer cette excellente interview de l’ami Pascal Frissant par Remy Cougnenc  publié le 20-02-2012 au journal La Marseillaise. Afin de lui donner une audience « nationale et internationale » sic je prends la liberté de la publier sur mon espace de liberté. Un petit détail :à la Marseillaise « Coupe Roses » est un domaine alors que c’est un château www.coupe-roses.fr  on ne se change pas. Bonne lecture et un grand salut à Pascal que j’ai toujours identifié comme audois plus qu’héraultais…

 
« Tandis que le 10e salon mondial des vins et spiritueux du pourtour méditerranéen s’ouvre ce matin, Pascal FRISSANT viticulteur héraultais explique que la vente au-delà des frontières européennes est devenue quasiment incontournable. Sans forcément être un gage de prospérité.


Installés à La Caunette au cœur du Minervois, à la frontière de l’Hérault et de l’Aude, Pascal Frissant et son épouse Françoise sont à la tête du domaine « Coupe-roses ». Ils exportent 85% des 40 hectares produits. Entretien avec un vigneron amoureux de son métier.


Vinisud est-il cet outil merveilleux que l’on nous décrit ?
 

 

« La masse des affaires qui se traite à Vinisud est importante. Ce salon international draine beaucoup de gens qui créent des contacts. Il existe une vraie activité de rencontre entre acheteurs et vendeurs. C’est une confrontation intéressante parce qu’elle permet de savoir si notre vin plait ou pas, si l’étiquette accroche ou pas. C’est aussi un lieu où l’on s’éduque à ce que l’on veut. Cela nous apprend à nous positionner, on affûte nos discours.
Le problème de Vinisud c’est que l’inscription reste chère. Trop pour certains petits vignerons qui aimeraient y être mais ne peuvent se le permettre parce que Vinisud engendre trop de frais même si de petites solidarités s’établissent. »
Aimeriez-vous que le salon ait lieu tous les ans ?
Non pas forcément. Par contre il serait intéressant de monter un marché du vin avec tous les vins disponibles sur un site et une grille d’analyse sensorielle dans chaque langue qui permette à un acheteur du bout du monde de pouvoir commander son vin du Languedoc. Ensuite, ce qui nous manque ce sont les activités culturelles qui magnifient le vin, son histoire, les vignerons, les espaces…

 

Sud de France, la marque ombrelle de la Région Languedoc-Roussillon, ne peut-il pas être cet outil ?


C’est un outil intéressant mais incomplet. Leur message est mécanique mais pas sensible. Je crois qu’ils ne se sont pas assez posé la question de la qualité. Sud de France ne devrait pas être qu’un outil de communication par ailleurs bien faite. Il faudrait que la marque ait davantage le souci d’équilibre durable, du bio. Autant de valeurs porteuses à l’exportation. Il faudra aussi réfléchir sur la part de la culture dans la communication autour du vin.
 

 

Quelle est la place des exportations dans la viticulture régionale ?


On est autour de 40% sur les AOC et à 50% sur les vins de Pays d’Oc. Donc c’est l’exportation qui nous fait tourner. C’est une donnée nouvelle qui n’existait pas il y a à peine 15 ans. Il y a des succès et à côté des gens qui n’arrivent pas à vendre. Mais il faut nuancer. Ils y a ceux qui exportent à des bons prix et ceux qui exportent à des prix honteux, extrêmement bas. L’exportation en soi est un indice mais on ne peut pas faire un lien direct entre l’exportation et la prospérité des viticulteurs. Quand on exporte à des prix trop bas, on fait juste tourner la machine. Finalement, on exporte davantage des bouteilles, des bouchons et des cartons que du vin. D’un point de vue rationnel, on peut considérer que les exportations qui n’ont que pour but de faire tourner les chaînes d’embouteillage sont inutiles. Surtout que l’impact carbone est important. En même temps c’est délicat de tirer des bons prix à l’export parce qu’on vit une érosion des marges. Exporter signifie aussi qu’on a au moins un certain savoir-faire.


L’exportation est-elle devenue incontournable en Languedoc ? Peut-on s’en sortir sans exporter ?


En Languedoc très difficilement. Dans le Var, ils n’ont même pas besoin de s’enquiquiner à exporter ni même d’avoir de jolis lieux d’accueil. Vu le nombre de touristes qui passent, ils peuvent vendre des pièces dégueulasses au prix qu’ils veulent et tout part. Dans le Minervois, personne ne passe. On n’a pas de station touristique ni de grande ville. Il y aurait bien Barcelone mais personne n’ose aller y vendre du vin. Pourtant il existe un cousinage culturel entre la Catalogne et le Languedoc. D’ailleurs il faudrait que Christian Bourquin (ndlr : le président de Région) nous aide à aller vendre du vin à Barcelone.
 

 

Comment se crée-t-on son filon à l’export ?


La première des choses c’est qu’il faut avoir du bon vin. Les étrangers n’achètent pas n’importe quoi. Il faut avoir le respect de son vin et des clients. Quand on essaie de rouler les acheteurs ça vous retombe toujours dessus. Il faut être honnête et régulier. Ensuite il faut aimer ses acheteurs. Il y a une part de séduction, de partage des cultures… Il faut avoir une méthode tout en concédant un peu d’intimité. Les bourrins ne vendent jamais de vin.
 

 

Quels sont les marchés porteurs ?
 

 

Le Japon c’est très sérieux. Ca va mieux avec les Etats-Unis depuis que le dollar a repris un peu de poids. La Chine c’est une folie. Ils sont très connaisseurs. Il y a aussi l’Australie, le Québec, Hongkong, Taiwan… On est un peu fatigués des pays européens parce qu’il y a toujours un voisin qui passe pour vendre moins cher.
 

 

L’émergence des vins du nouveau monde a-t-elle changé la donne ?


La concurrence avec les vins du Nouveau monde se fait sur les marchés à l’export. En France, ils ne vendent pas plus d’un million de bouteilles par an. Et souvent des vins de table. D’une manière générale, il y a très peu de vins étrangers qui rentrent en France. Par contre, on a perdu pas mal de marchés en Allemagne à cause d’une offensive des Italiens sur des vins convenables à bons prix.
 

 

Plus de concurrence, cela veut dire plus d’instabilité et de l’angoisse si l’on commence à perdre deux ou trois clients ?


Oui mais en même temps, la plupart de nos importateurs investissent de l’argent pour nous implanter, nous faire connaître sur les marchés étrangers. Ils n’ont donc pas d’intérêt à ce qu’on coule. Avant de se passer de nous, ils vont y réfléchir à deux fois. Une fois que leur réseau est connu, leurs clients leur demandent nos vins. Et s’ils n’en n’ont plus, ils perdent de l’argent.
Ce qu’on peut craindre le plus c’est une guerre en Iran. Le coût du pétrole augmenterait et avec lui celui de l’énergie, de la bouteille, de la capsule, du transport et de la production du raisin. On pourrait avoir une très grave perturbation du commerce.

Pascal-FRISSANT-RA.jpg

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