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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 16:00

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Sur Face de Bouc j’adore la mention : en couple. Après tout le mariage devant le maire n’est qu’un contrat civil pas un brevet d’amour à durée indéterminée. Comme la fièvre sondagière sévit en ces temps électifs sur notre vieux pays, le site de rencontres Meetic, surfant sur la pandémie  a fait réaliser en mars auprès de 1 032 personnes représentatives, une enquête par l'institut Opinion Way dont il ressort qu’il est possible de s'aimer, même si l'on ne partage pas les mêmes idées. « 65 % des Français ne seraient pas gênés de s'installer en couple avec quelqu'un qui aurait des opinions politiques contraires aux leurs ». Seulement 34 % des Français ont répondu qu'ils seraient gênés, ce pourcentage étant plus fort chez les sympathisants de gauche (43 %).

 

Comme sur la Toile le copié-collé sévit, tous des grosses féniasses qui se contentent de citer l’article du Monde Le couple à l'épreuve de la politique de Rafaële Rivais, je vais pour enrichir l'info d’abord broder sur le moustachu Frédéric Thiriez, style guidon à la Pélissier, ci-devant président de la Ligue de football professionnel, avocat auprès du Conseil d'État et de la Cour de Cassation depuis 1990 (c’est une charge), dont le couple « mixte » politiquement est mis en avant dans tous les papiers. En effet, il est marié depuis 1995 « avec une militante de l'autre bord, Marie-Claire Carrère-Gée, élue UMP du 14e arrondissement de Paris. La politique les divise donc. Pourtant, ils sont unis depuis dix-sept ans, et parents de deux enfants. Mme Carrère-Gée assure que les échanges sont « continuels », mais qu'ils n'ont jamais provoqué de « dispute ».

 

J’ai côtoyé Frédéric Thiriez alors qu’il était tout d’abord en 1981 conseiller technique au cabinet de Gaston Defferre alors ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, puis en 1982, directeur de cabinet de Joseph Franceschi, le secrétaire d'État chargé de la Sécurité publique. En 1984, il redevient directeur de cabinet de Gaston Defferre, devenu ministre chargé du Plan et de l'aménagement du territoire et ce jusqu'en 1986. C’est alors qu’il se rapproche de Michel Rocard, ce qui n’est pas du goût des rocardiens historiques, directeur des Affaires politiques, administratives et financières de l'Outre-mer au ministère des départements et territoires d'outre-mer de 1988 à 1990 alors tenu par Louis Le Pensec. Il quitte l'administration en 1990 pour devenir avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation et associé du cabinet d'avocat Lyon-Caen, Fabiani.

 

Pour ma part, lorsque j’étais Directeur de Cabinet de Louis Mermaz, Ministre de l’Agriculture et de la Forêt, j’étais « chapeauté » par un Conseiller auprès du Ministre, Jean-Pierre Philippe très « à gauche » qui, dans un premier me marqua à la culotte : pour un fabiusien un rocardien c’était de la mauvaise graine, pour très vite jeter l’éponge lorsqu’il comprit qu’il ne maîtrisait aucun  des fondamentaux du 78 rue du Varenne. Sous le gouvernement Jospin il fut Directeur du cabinet de Dondoux Ministre du Commerce extérieur avant de se faire parachuter à la Sopexa comme directeur. En 2003 il s’est marié, dans la basilique de Longpont-sur-Orge, avec Nathalie Kosuskio-Morizet (celle-ci est Ingénieur du Génie Rural des Eaux et des Forêts). Pour la suite lire l’article de Paris-Match. Pour le livre de JPP « Où c kon va com ça? Le besoin de discours politique » disparu dans les oubliettes de l’Histoire voir l’article de l’Express. Les deux sont trouvables sur Google. Pour ne rien vous cacher les commissaires politiques quelle que soit leur obédience n’ont jamais été ma tasse de thé.

 

Comme d’habitude dans ce genre d’étrange conjecture on sort le pédopsychiatre et psychanalyste de service, en l’occurrence un certain Samuel Lepastier qui déclare doctement : qu’ « avoir des opinions divergentes ne pose pas de problème au couple, à condition qu'il y ait une éthique commune » et qu' « être amoureux, c'est aller vers l'autre » : une opinion différente « peut être un facteur d'attirance ». Il  souligne qu' « il y a toujours des tensions dans les couples », et que « les plus sages d'entre eux choisissent des motifs d'opposition extérieurs, ne portant pas atteinte au narcissisme de l'autre ».

 

Non dépourvu d’humour le PP remarque que dans la mesure où la politique « a perdu la valeur sacrée » qu'elle avait autrefois – de mon temps les lignes des blocs étaient hérissées de barbelées et l’impérialisme américain guettait le social-traître qui osait ne pas s’agenouiller face aux diktats des intellos compagnons de route du PC, en 68 l’affrontement avec les Troskos et les Maos fut aussi très sportif – « Désormais, on défend modérément des idées modérées, et l'on éprouve moins de passion à dire que l'on est pour l'augmentation de la TVA sociale plutôt que pour la relance de la consommation par la croissance »

 

Mais les couples « dissonants « sont encore minoritaires : 14 %, « constatait Anne Muxel, directrice de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), dans son livre Toi, moi et la politique, paru en 2008 (Seuil). « Les trois quarts des Français font état d'une convergence idéologique avec leur conjoint, soit à gauche (29 %), soit à droite (29 %), soit ni de gauche ni de droite (17 %) « , précisait-elle. »

 

Selon le sondage Meetic :

 

- 40 % des Français devraient donc voter comme leur conjoint(e), 56 % parmi les sympathisants du PS et de l'UMP. Seuls un quart (25 %) « Ne mettront pas dans l'urne le même bulletin que leur tendre moitié. En 2007, 27 % des couples ne votaient pas de la même manière », notait dans son livre Anne Muxel. Mais les femmes sont plus nombreuses que les hommes à reconnaître exprimer un vote différent de celui de leur conjoint.

- 94 % des ménages parlent de la présidentielle. Seuls 4 % des ménages disent que « la politique, c'est tabou »

- 38 % des personnes sondées disent qu'elles ne savent pas quel sera le choix de leur conjoint(e) et qu'elles ne le lui demanderont pas.

 

Rafaële Rivais dans la conclusion de son papier du Monde  cite Anne Muxel « En couple, on peut parler de politique tout en gardant son vote secret. Si la connaissance du vote du conjoint s'est répandue au fil du temps, la transparence ne s'est pas encore généralisée ». En 1978, le secret du vote concernait un tiers des couples, aujourd'hui, il en touche un quart. « Ce secret touche davantage les catégories peu favorisées socialement et culturellement, sans doute parce que l'on y observe un intérêt pour la politique, ainsi qu'une fréquence des discussions plus faible ».

 

Du côté du Taulier ne vous attendez pas à ce qu’il vous fasse aujourd’hui plus de confidences sur cette forme intéressante de cohabitation car elle l’amènerait à vous confier les secrets de son petit jardin d’intérieur et ce n’est ni le lieu, ni le jour. « L’amour est une douceur dont le jus est savoureux et la pâte amère. » c’est écrit dans les Milles et Une Nuits.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:00

Si les aiguilleurs du ciel ne sont plus en grève j’arriverai mercredi 4 en fin de matinée à Montpellier en Bombardier Canadair Régional Jet de la Compagnie Brit Air colonisée par Air France. Les hautes autorités du vignoble régional n’ont prévu ni tapis rouge, ni collier de fleurs, pour fêter mon grand retour sur le théâtre des opérations. Discrétion donc car le Taulier est ici invité par l’Association Vino Latino qui, comme son nom ne l’indique pas forcément, regroupe « des œnologues et agronomes, sérieux et professionnels » (c’est Vitisphère qui le dit) sur un sujet qu’il adore « Quelle hiérarchisation pour quels vins ? ». Une bonne douzaine d’intervenants dont Philippe Faure-Brac, Michel Chapoutier, Marc Dubernet, Roman Guibert… et c’est bibi qui ouvrira la deuxième partie intitulée : Témoignages de professionnels vers 5 heures de l’après-midi. 

Sur le programme, derrière mon patronyme et mon prénom, les organisateurs ont indiqué entre parenthèses : blogueur et rédacteur du rapport. Ma partition, genre figure imposée : Un plan B pour les vins du Languedoc-Roussillon ? me plonge, je l’avoue, dans un abime de perplexité. Sans ironie aucune je me suis dit : « c’est donc qu’il existait un plan A  mais je ne l’ai pas trouvé dans le rapport B… » Bon je sais bien qu’avec quelques individus, 6 très précisément, des gens qu’avaient plutôt tendance à faire du vin et à le vendre plutôt que d’être des professionnels de la Profession, nous avons signé un court document, dit note stratégique, baptisé « Cap 2010 le défi des vins français ». De cette note ma mémoire n’a retenu qu’une exhorte : « Agir plutôt que réagir » et la citation d’Henri BERGSON «J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » J’ai beaucoup d’admiration pour Bergson qui refusa d’accepter une mesure d’exception en sa faveur lors de l’application des lois raciales de Vichy aux professeurs juifs. Il démissionna de sa chaire au Collège de France et, malade, soutenu par deux amis, alla se faire inscrire comme Juif au commissariat de police.

 

Pour éclairer ma faible lanterne je me suis de nouveau référé à l’édito de Vitisphère, qu’est tout de même bien plus calé que moi sur le biotope des Languedociens. Qu’écrivait-il à propos de la hiérarchisation : « Regards croisés sur la problématique des vins méditerranéens. « La réflexion des participants ira inévitablement au-delà de la Méditerranée parce qu'elle pose la question de l'organisation, de l'avenir de nos sociétés. Faut-il classer au risque d'exclure? Faut-il hiérarchiser au risque de figer ? » Ouille, ouille, Jacquouille me suis-je dit dans ma petite Ford intérieure : si en plus il me faut délivrer des réflexions personnelles en me référant à l’avenir de nos sociétés ça va être une autre chanson. Que faire ? comme l’écrivait ce « bon » Vladimir Ilitch Oulianov Влади́мир Ильи́ч Улья́но plus connu sous le nom de Lénine Ле́нин. Me laisser aller à ma pente naturelle de danseur mondain et m’en tirer par un show très tango, tango, ou revêtir de nouveau ma tunique de bure de petit rapporteur pour prêcher dans le désert. À l’heure où j’écris je n’ai pas encore tranché. Tout dépendra du résultat des sondages : si les courbes se croisent : j’y va au combat !

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 16:00

Je suis de parti pris : OUI ! Je l’assume…

 

Je suis groupie : NON ! Ce n’est pas le genre de la maison.

 

Je suis simplement fier et heureux d’avoir travaillé aux côtés d’un homme politique, homme d’État, serviteur du bien public, qui a de 81 ans Michel Rocard : un vieux monsieur plein d’allant, mais ménage-toi un peu Michel, moi et quelques autres nous tenons à te garder le plus longtemps possible.

 

Oui tu es un vieil homme politique, c’est même toi qui date tes débuts : « Le 12 mai 1945, j’ai décidé que je ferais de la politique. À l’époque, je n’avais pas 15 ans et la Seconde Guerre mondiale venait juste de se terminer. »

 

Je fais le compte : 66 ans de vie politique, c’est un beau bail !

 

Le pourquoi de cet engagement précoce ?

 

Michel est « éclaireur unioniste », scout protestant, et chaque dimanche en compagnie d’une vingtaine de ses camarades il se rendait « dans les splendides forêts proches de Paris pour apprendre à connaître la nature et pratiquer divers jeux collectifs. » Mais « Un jour, au cours du printemps 1945, notre chef de troupe nous apprit que la prochaine activité ne serait pas une balade en forêt, mais l’accueil de « déportés », des hommes et des femmes revenus de l’horreur. La guerre finissant, on commençait, en effet, à mesurer la nature et l’ampleur des abominations commises. »

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Un choc terrible

 

« Plusieurs matins de suite devant quelques grands immeubles parisiens (moi, c’était l’hôtel Lutétia), on devait d’abord attendre le retour des déportés affaiblis, presque incapables de marcher ; puis, il fallait les emmener à l’enregistrement, à la douche, au rasage des barbes ; enfin, nous étions chargés de les accompagner jusqu’aux lieux de leur logements provisoires

Une fois les cars arrivés, nous les jeunes avons découvert avec effarement des hommes été des femmes hagards portant encore des tenues à rayures, l’uniforme des camps. Ils donnaient une impression de totale désolation. Chez certains, dont les yeux vitreux se perdaient nulle part, on ne percevait plus de regard. Beaucoup éprouvait beaucoup de difficultés à parler, à se faire comprendre. Je me souviens qu’il fallait les aider en les tenant par le bras d’un appui très ferme, et jamais je n’ai oublié ces terribles images. »

 

Tout ça pour dire que Michel Rocard vient d’écrire un petit livre à l’attention des jeunes : La politique ça vous regarde chez gallimard jeunesse giboulées 10€. Si ça vous dit de l’offrir à une jeune pousse à la veille d’une nouvelle échéance, je vous le recommande.

 

Michel à deux profondes certitudes :

 

-         Il n’y a de politique efficace que compétente. La gestion des affaires publiques est très difficile. Les décisions à prendre sont complexes, variées, fréquemment entremêlées d’intérêts contradictoires. Et, si la politique relève sans doute de la vocation, elle ne saurait se pratiquer sans l’usage de nombreux savoirs, qu’il faut acquérir comme on apprend un métier. 

-         L’exercice du métier politique suppose de constamment faire des choix qui, en règle générale, ont une forte dimension morale y compris pour des questions relevant de la vie quotidienne. Bien entendu, l’information détaillée et la réflexion permettent de décider en fonction de différents critères. Mais la morale devrait toujours rester le socle déterminant de l’action.

 

Faute de respecter ces deux principesla compétence et un code éthique –, la politique devient aveugle et peut vite dériver vers des chemins dangereux.

 

Aujourd’hui, nous ne vivons plus chez nous daans une situation dramatique similaire à celle d’une guerre avec son lot de souffrances criantes. Mais nous traversons une période de crise indéniable, en particulier financière, qui laisse planer beaucoup de peur et d’incertitudes. Du coup, même s’il existe des mouvements de protestation (par exemple, chez les jeunes, celui des « indignés »), l’envie de faire de la politique et de s’y engager pleinement diminue. Ou alors, trop de gens la conçoivent comme un moyen de promotion, voire comme une possibilité de se procurer de l’argent facile. Ce n’est pas admissible. »

 

Meilleure santé à toi Michel, fais ça pour ceux qui te sont chers, un peu aussi pour moi et pour tous ceux qui pensent que ta voix porte une parole d’homme de bonne volonté...

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 16:00

Pour les petits nouveaux :le Taulier, c’est bibi, le patron de Vin&Cie, ici, et le Crémier c’est le Taulier, donc toujours bibi, revêtu de ses habits de Perette au pot au lait qui vous confiait ces derniers temps ses angoisses pour ceux qui traient des vaches au fin fond de nos campagnes. Bref, une double vie, le jour dans les prés, la nuit au clavier, avec bien sûr des intermèdes pour aller voir défiler  « les compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Une vie bien remplie donc.

after-001.JPGRevenons à nos moutons, veaux, vaches, cochons, couvées pour rappeler les noms  d’oiseaux dont les zélateurs encenseurs du grand Bob nous ont affublé, le sieur Vincent Pousson et moi-même, ainsi que Jim Budd avons déclenché ce qui allait devenir le Jumillagate link Nous n’étions que des petits blogueurs de merde venant poser leurs sales paluches sur les beaux habits de deux grands dégustateurs du grand Bob : Pancho Campo et Jay Miller sévissant en Espagne. L’e-mail que nous diffusions n’était qu’une illusion d’optique, nous pataugions dans le virtuel sauf que c’était plutôt dans le qualificatif qu’on nous accolait que nous salissions nos belles mains. Pourtant nous portions des gants et nous avons relevé le gant. Bien faire et laisser dire.


Résultat : une semaine après notre première révélation qui me valait du papier bleu, puis toute une série d’investigations de Jim Budd et la pugnacité légendaire du sieur Pousson, Jay Miller prenait piteusement la petite porte link  Bien évidemment arrivèrent après la bataille les journalistes de la vingt-cinquième heure, grattant plutôt en anglais, qui en rajoutaient des couches pour se rattraper. Dur à avaler pour eux que ce fut deux frenchies qui aient fait le sale boulot. Ben oui les donneurs de leçon il faut savoir être beau joueur. Nous qui ne sommes pas des appointés nous nous sommes contentés de mettre à jour la vérité. Même pas pour la gloire rien que pour le sentiment du devoir accompli.


Épilogue : « J'ai une part de responsabilité dans ce qu'il s'est passé avec Pancho Campo et Jay Miller en Espagne. Nous n'avons pas encore vu le rapport d'enquête définitif de nos avocats mais, au bout du compte, je pense que je n'ai pas encadré Jay Miller comme j'aurais dû le faire. J'aurais dû davantage suivre ses dossiers et lui poser plus de questions sur ce qu'il faisait. Rien de ce qui a été fait n’était illégal, mais certaines choses qui ont été faites étaient juste… Je suppose que la perception est proche de la réalité. J'aurais dû examiner minutieusement la façon dont il agissait, bien plus que je ne l'ai fait. »

 

Signé Robert Parker

 

Sur ce doux satisfecit du Taulier je passe la parole au crémier.

 

Je suis enfin arrivé au bout de ma pelote, même si sur le chantier il va me falloir remettre encore mon ouvrage, mes 130 éleveurs sont placés, des gros camions viendront ramasser leur lait. Qu’ai-je fait pour qu’il en soit ainsi ? Pour dire le vrai pas grand-chose, si ce n’est tenter de comprendre, d’écouter, de ne jamais me laisser aller à l’humeur, gérer le temps. Cependant, si ce dossier est bouclé, sans être totalement refermé, c’est que j’ai croisé chemin faisant des personnes qui m’ont accordé leur confiance. Je ne vais pas les citer ici, afin de ne pas les compromettre, mais sans eux je n’aurais pu pendant 9 mois mener cette mission à bien. La morale qui conclut la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat : patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage fut mon seul viatique.

 

Que voulez-vous, tout au long de ma vie professionnelle très atypique j’ai toujours cru en ma bonne étoile, sans pour autant me croire pourvu de grands talents. Ce qui m’a toujours passionné c’est la pâte humaine, elle est parfois lourde, bien difficile à faire lever, mais dans nos sociétés, où tous les liens s’effilochent, quoi de plus important que ce travail de remaillage. Avoir au petit matin, au bout de son téléphone, un éleveur de l’Aveyron, du Tarn ou du Lot&Garonne, qui vient s’enquérir de là où en est le dossier et que vous n’avez que des bonnes paroles à lui délivrer, faute de pouvoir lui dire que son sort dépend de chiffres : bilan laitier d’entreprise, zone de collecte, capacité de transformation… ou de stratégies nationales de grands groupes… exige d’être attentif, de trouver les mots qu’il faut pour ne pas faire trop espérer sans désespérer.

 

Dans ce dossier où une grande entreprise espagnole Leche-Pascual était venue il y a plus de 20 ans débaucher des producteurs dans le Grand-Sud-Ouest, mettant en difficultés certains responsables d’usines, il y avait bien sûr beaucoup de vieilles rancœurs, des comptes non soldés. J’écrivais récemment à l’ensemble des parties en présence « Comme toujours dans l’histoire des hommes le passé est mis en avant pour justifier de la part de certains un quelconque engagement (…) Tout en reconnaissant à chacun sa part de responsabilité, et sans avancer un quelconque jugement ma mission consistait bien à faire en sorte que ce soient les éléments d’avenir qui puissent prévaloir sur ceux du passé. » Déminer, écouter, comprendre sans forcément céder à la facilité du binaire, tenter de bien faire et laisser dire. Certains vont peut-être m’accuser de sombrer dans l’autosatisfaction mais je me contenterai de leur répondre que j’ai seulement le sentiment du devoir accompli et ça me suffit.

 

Pour la fin un petit clin d’œil à ceux qui m’ont aidé : « ce matin sur ma tartine j’ai étendu du beurre Elle&Vire, j’ai ajouté du lait Candia à mon café et j’ai mangé un yaourt Danone… Comprenne qui pourra mais je ne fais pas un Caprice des Dieux de si bon matin. Enfin, à tous ceux qui tapent sur le dos des fonctionnaires je réponds : « pour moi, en  Aquitaine et Midi-Pyrénées ils ont répondus : présents ! Ils se sont mobilisés ! Merci à eux. Et rien que pour de rire je dis on se lève tous pour Danette ! Plus sérieusement, moi qui suis né à la politique avec Pierre Mendès-France, je lève aussi mon verre de lait Candia. Le blog du Taulier accueillant le crémier est indemne de toute publicité.

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:00

Désolé parfois le Serveur de mon hébergeur s'emballe et vous recevez une bordée de messages d'annonces.Je n'y peux rien ce n'est pas moi qui met en ligne, toutes mes excuses pour  ce désagrément qui pourrait s'apparenter à du harcellement textuel...

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Pas fait express, ma chronique de ce matin était en boîte avant mon départ pour Bordeaux, toujours mes producteurs de lait (je ferai une petite chronique dès que j’aurai bouclé le dossier), et dans le TGV, en lisant le Courrier International, je suis tombé sur cette information des plus sérieuses. Selon une étude publiée par le Journal of Psychopharmacology des chercheurs de l’Université des sciences et technologies de Norvège ont analysés les résultats de six études réalisées entre 1966 et 1970 et portant sur plus de 500 personnes, dont il ressort qu’une dose de drogue hallucinogène pourrait aider les alcooliques à décrocher.


Je sais ça va grincer sec du côté des réparateurs patentés de l’ANPAA et de ses alliés. Je cite « tous les sujets participaient à un programme de traitement de l’alcoolisme. Certains d’entre eux avaient reçu une dose de LSD comprise entre 210 et 800 microgrammes. Chez ceux-là, 59% ont réduit leur consommation d’alcool, contre 38% dans l’autre groupe, un effet qui s’est maintenu pendant six mois après la prise de l’hallucinogène mais qui a disparu au bout d’un an. Le groupe ayant pris du LSD présentait également un taux d’abstinence plus élevé que l’autre. »


Pour ceux qui ne le savent pas, le LSD est l’un des psychotropes hallucinogènes les plus puissants jamais identifiés. IL bloque la sérotonine dans le cerveau qui contrôle certaines fonctions comme la perception, le comportement, la faim et l’humeur. De suite je rassure mes fans, n’ayant jamais été hippie, je n’ai jamais pratiqué ni la fumette, ni tout autre produits qualifiés rapidement de drogue, donc pas de LSD. Les deux auteurs de l’étude répondant aux doux noms de Teri Krebs et Pal-Orjan Johansen « une dose unique de LSD a un effet bénéfique sur la consommation abusive d’alcool ». Ils ajoutent « Il est prouvé que le LSD a un effet bénéfique sur l’alcoolisme et on se demande pourquoi ce traitement a été négligé. »


Le Pr David Nutt, qui  était conseiller du gouvernement britannique en matière de drogue, limogé en octobre pour avoir appelé à un assouplissement de la règlementation en matière de drogues pour faciliter la recherche sur ces substances déclare « Pour traiter sa dépendance à l’alcool, il faut radicalement changer la perception  que l’on a de soi. C’est ce que fait le LSD. Dans l’ensemble, on a un gros effet. Montrez-moi un autre traitement qui donne d’aussi bons résultats. On est passé à côté de quelque chose »


Une autre petite musique qui ressemble à celle du Dr Ameisen. Je vous la livre telle que je l’ai perçue. Traiter la cause plutôt que les effets me semble tout de même la meilleure approche de la thérapie pour une maladie, et l’alcoolisme est une maladie…

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 16:00

Je baigne dans un océan de lait. Hier un producteur me demandait au téléphone qui va gérer nos quotas. Alors je me suis   dit dans ma petite Ford intérieure : Qui se souvient du temps où l’Europe comme on dit, a instauré des quotas laitiers pour juguler la marée de lait et les montagnes de beurre ? Pas grand monde sans doute, début 1984, nous venions de présider le Conseil Européen, et la mesure passait mal. Michel Rocard, tout nouveau Ministre de l’Agriculture, en bon petit soldat avait fait le sale boulot sous l’œil du conseiller du Président Henri Nallet. Ça chahutait sec dans les campagnes. Sortir sur le terrain relevait de la provocation. Moi je planchais sur l’autre bombe à retardement : l’élargissement à l’Espagne et au Portugal. Bref, puisque les quotas laitiers vont disparaître en 2015 et que je me débats dans un dossier de producteurs de lait je ne résiste pas à l’évocation de ce minuscule morceau d’histoire.

 

Le localier du Courrier Picard plongeait sa plume dans une encre qui puisse plaire au Président si littéraire :  La Picardie était plongée dans la brume, depuis deux jours un crachin glacial noyait le voyage présidentiel. Nous sommes au tout début février 1985, flanqué de son Ministre de l’Agriculture Michel Rocard qui l’énerve avec son goût des chiffes et de son conseiller agricole Henri Nallet, dit le Sphinx, qui se verra un beau matin propulsé au 78 rue de Varenne pour remplacer au pied levé le père Rocard démissionnaire nuitamment sur une histoire de proportionnelle. Ne riez pas !

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Septembre 1994 : Mitterrand et Vichy
Une jeunesse française", un livre de Pierre Péan, révèle les activités du président sous l'administration pétainiste. François Mitterrand s'en explique, sur un plateau télévisé, devant Jean-Pierre Elkabbach. Comme ce dernier est très difficile à dessiner, il m'apparaissait plus commode de le représenter basculant sous le bureau. J'ai éludé le problème.

 

Avec le  Président on prend le temps de manger : un banquet pour 180 convives a été prévu au réfectoire du lycée agricole. Dehors la FNSEA et les JA chauffent l’ambiance et déversent des tombereaux de fumier et bottes de paille. Les CRS veillent au grain. Bougon le matin, le vieil animal politique se sent stimulé par l’adversité.

 

Après le repas, Gérard de Caffarelli, grand notable que connaît bien Henri Nallet, attaque bille en tête sur les quotas laitiers. La France a accepté de réduire sa production de 2 %. « Une catastrophe ! », selon lui. Le chef de l’Etat soudain disert, presque badin, ne craint pas de « faire la leçon » aux professionnels du secteur : « Naturellement, ils m'en voudront, mais comme ils m'en veulent déjà, cela n'ajoutera pas grand-chose à la difficulté ».  Et de se lancer dans un long plaidoyer pro-quotas : « La catastrophe eut été pire si l'on avait continué à produire des excédents parce que l'Europe n'aurait plus accepté de les payer et donc de garantir les prix ». Puis il renvoie la balle dans le camp des organisations agricoles. « Si la profession s'était mise d'accord, en particulier sur les transferts pour l'administration de ces quotas, nous n'en serions pas là. Donnez-les nous, mais vous ne les donnez pas. Alors il ne faut pas inverser l'ordre des responsabilités. »

 

La « leçon » dure plus d'une heure. Durant laquelle le Président à l’ancienne plaide également pour l'adhésion de l'Espagne et du Portugal à l'Europe, défend l'enseignement agricole public ou tend l'oreille aux promesses d'un tout nouveau carburant, l'éthanol. De temps en temps, il digresse aussi : « Les statistiques, les pourcentages, ça veut dire quelque chose, mais ça ne veut rien dire dans la réalité. C'est-à-dire que dans la moyenne, il y a un riche, il y a un pauvre et le pauvre, naturellement, n'est pas content et le riche non plus. Et comme le riche a généralement plus de moyens de s'exprimer que le pauvre, c'est le riche que l'on entend le plus. Mais c'est une réflexion purement personnelle et qui n'a rien à voir avec le sujet que je traite »…

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:00

Se faire élire par ses concitoyens n’est pas chose aisée. Autrefois les candidats se contentaient des préaux d’école, de banquets, de quelques affiches, de poignées de mains dans les comices, de canons dans les estaminets. De nos jours ce qui compte c’est la mise en scène pour l’œil inquisiteur des caméras de télé. Alors ceux qui sollicitent nos suffrages remettent au goût du jour les vieilles recettes sauf que les hérauts discourent devant des parterres de supporters qui ne sont pas là pour écouter et comprendre mais faire la claque.

Comme votre taulier est bon prince, et qu’il a lu le Prince de Machiavel, il s’est dit qu’en ce temps de fièvre électorale il se devait d’alléger la peine de nos pauvres candidats qui s’échinent à nous séduire. Comment faire ? Tout simplement en retrouvant dans son tas de livre un petit opus « fièvre électorale à Pompéi »  car là-bas, juste avant la chute « toute la ville semblait obsédée par les élections ». Donc, je vais mettre en ligne les secrets du succès des campagnes électorales à Rome contenus dans « Commenentariolum petitionis » de Quintus Tullius Cicéron, sous la forme d’une lettre à son frère aîné, le célèbre orateur Marcus Tullius Cicéron. Celui-ci, dans sa campagne électorale en 64 av J.C. a dû les mettre à profit, car il fut élu en 63 av J.-C. consul romain.

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Les bons conseils à un futur gagnant ça ne se prend pas par-dessus la jambe.

 

« À Rome, la campagne électorale était un long chemin de pèlerinage avec de nombreuses stations : rogare, solliciter le soutien demander des voix aux électeurs, est le mot magique… il faut les solliciter tous avec soin.

 

Le pire de tout était l’arrogance. Donner aux gens l’impression de ne pas les prendre au sérieux, insister, au cours de la campagne électorale, sur la distance sociale entre le candidat distingué et l’électeur de base, et la bataille était perdue d’avance.

 

Il fallait avoir l’air sympathique, même quand on ne l’était pas. À la manière d’un Gaius Cotta, considéré comme un grand maître en matière électorale, le secret d’un bon acteur en campagne consistait à pratiquer la dissimulation pendant un temps à la veille des élections et pouvoir jouer le double jeu. Selon Cicéron, si cette attitude est contestable d’un point de vue moral, elle est indispensable. Pendant la campagne électorale, être à la fois un bonus vir « un homme honnête, irréprochable » et un bonus petitor « un bon acteur de campagne » était plutôt un handicap. Sans fard, il avoue honnêtement : « la première attitude est celle d’un homme bon, la deuxième, celle d’un bon candidat. »

 

Au fond, ce qui à cours, c’est l’opportuniste formule passe-partout permettant de « dire le maximum de oui et le minimum de non », en promettant tout à tous. C’était la technique de C. Cotta, le maître incontesté. Il était certain de pouvoir toujours trouver une raison ou un prétexte pour ne pas devoir honorer sa promesse.

 

Dans une campagne électorale axée sur la popularité et la proximité personnelle, ce n’est pas la vérité que l’on voulait entendre, car cela aurait cassé l’ambiance. « Tout le monde est ainsi : on aime mieux un mensonge qu’un refus. »

 

Avoir une ligne politique claire était beaucoup moins important que jouir d’une cote personnelle auprès des électeurs, tout en leur faisant croire qu’avec l’autorité, l’intégrité et l’intelligence qui vos caractérisaient « on travaillerait pour elurs intérêts. »

 

Chaque fois que tu apparais en public, conseille Quintus Cicéro à son frère, veille à avoir une garde rapprochée, composée d’hommes issus d toutes les familles en vue, de toutes les classes et de tous âges, cela produit une impression colossale sur la foule. 

 

La présence constante des candidats auprès des électeurs dans la campagne électorale, leur disponibilité permanente est exigée avec véhémence par Cicéron – autant que possible avec un abondant cortège qui les escorte lors de leurs apparitions publiques. Car c’est se tailler une grande réputation et s’assurer un grand prestige. »

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 16:00

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« Pour la première fois en France un essai clinique a été mené pour vérifier l’efficacité d’un médicament, le baclofène, contre la dépendance à l’alcool. Il s’agit d’une étude préliminaire, permettant d’affiner le protocole d’un essai plus large qui doit commencer au mois de mai. Ces premiers résultats, obtenus sur 180 patients, montrent un taux de réussite de 58%, ce qui est beaucoup plus élevé que les traitements aujourd’hui disponibles (entre 20 et 25% de réussite). » Plus de 20.000 personnes en France prendraient déjà ce médicament pour des problèmes d'alcool.

 

Comme vous le savez le baclofène est à l’origine un relaxant musculaire, prescrit aux paraplégiques ou aux patients atteints de sclérose en plaques. Je rappelle que c’est le Dr Olivier Ameisen, ancien alcoolique et cardiologue qui a véritablement lancé la controverse dans son livre Le dernier Verre (oui Léon je vais le poster) en révélant qu’ après plusieurs cures de désintoxication et plusieurs rechutes, il avait testé avec succès sur lui-même ce médicament générique qui n’est pas officiellement indiqué en France dans le traitement de l’alcoolisme. Les médecins qui le prescrivent se mettent donc hors-la-loi et beaucoup plaident, pour obtenir une nouvelle autorisation de mise sur le marché, un essai clinique vérifiant et quantifiant ses effets est nécessaire.

 

« Le Dr Renaud de Beaurepaire (Hôpital Paul-Guiraud, Villejuif), l’un des premiers à avoir prescrit le baclofène, et le Pr Philippe Jaury (université Paris-Descartes), ont recruté 181 patients, de gros buveurs prenant le baclofène. Après un an, ils ont évalué les effets du traitement. L’analyse a été possible pour 132 patients : 78 étaient devenus abstinents, 28 buvaient des quantités raisonnables d’alcool. De 80% sur les 132 patients analysés, le taux de réussite est ramené à 58% en tenant compte des patients pour lesquels l’étude n’est pas allée jusqu’au bout. La dose moyenne de baclofène de l’étude est de 129 mg par jour, ce qui est élevé. » En considérant comme échecs les patients perdus de vue, c'est à dire pour qui l'évaluation complète n'a pas pu être possible, le taux de succès atteint encore 58%. Ça permet de dire que ça marche mieux que ce qu'on a actuellement, souligne le Pr Jaury cité par l'AFP. En effet, le taux de réussite au bout d'un an de traitement avec les deux principaux médicaments aujourd'hui utilisés, naltrexone et acamprosate, est estimé entre 20 et 25%. Or, si ces résultats semblent confirmer l'efficacité du médicament, ils vont surtout permettre de poursuivre les recherches.

 

«Le baclofène est le seul médicament que je connaisse avec un schéma posologique aussi complexe», expliquait le Dr Beaurepaire à Sciences et Avenir en mars 2011 (lire Le phénomène blaclofène, n°769 link  ). « Pour certains, 30 md suffiront. Pour d’autres, il en faudra 400 mg. Ce n’est pas une question de corpulence, ni de poids, ni de degré d’alcoolisation. Il est impossible de prévoir la dose efficace».

 

Le baclofène en mettant fin à la sensation de « craving », ce besoin pressant de reprendre un verre et puis encore un autre (lire les témoignages recueillis par Sciences et Avenir link, ce médicament révolutionne le traitement de la dépendance. Il ne passe plus par l’abstinence complète. Il devient possible de boire un verre sans les enchaîner.

 

 

Sciences & Avenir.fr
20/03/12

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 16:00

Myriam-9060.JPGJe ne résiste pas au plaisir de vous faire lire ce que j’ai reçu ce matin dans ma messagerie. D’ordinaire je mets à la poubelle ce type de messages sans les lire. Ils sont truffés de fautes d’orthographe ou de syntaxe et ne tromperaient même le plus crédule des crédules. Vous en avez tous reçu donc je ne vous décris pas le nombre d’héritages ou de sommes pharaoniques que j’ai ainsi laissé échapper. Bref, ce matin, je ne sais pas pourquoi j’ai jeté un œil mal ouvert sur l’écran de mon IPhone. Pour une fois le texte était écrit dans un français correct et à la troisième ligne j’ai relu pour m’assurer que je ne rêvais pas. Jusqu’où iront-ils ? Dois-je demander une protection au Ministre de l'Intérieur ? Je rigole bien sûr et je vous souhaite une belle fin de journée à tous moi je suis à l'Agro de Dijon peut-être que sûr le quai du TGV le destin m'attendait...


مرحبا


Je veux que vous lisiez ce message très attentivement et que vous gardiez le secret jusqu'à nouvel ordre. Vous n'avez pas besoin de savoir ni qui je suis ni d'où je viens. On m'a fait une avance de 200 000 € pour vous éliminer.  Mes commanditaires dont un est ce que l'on peut appeler un ami, m'ont donné les raisons que j'ai bien notées. Je vous suis depuis plus de 2 mois et je sais maintenant que vous êtes innocent de ce dont on vous accuse. N'essayez pas d'avertir ou de faire parvenir ce message au FBI ou à la police parce que je le saurai et que je serai obligé de faire le travail pour lequel j'ai été payé. Notez que c'est la première fois que je trahis mon employeur.


Ecoutez, je vais faire tout mon possible pour que l'on puisse se rencontrer mais avant j'ai besoin de 50 000 €. Vous n'avez rien à craindre de moi, je peux venir vous voir à votre bureau ou chez vous, c'est à vous de décider. Surtout n'essayez pas d'enregistrer ou de filmer notre future rencontre. Il faudra me faire parvenir les 50 000 € pour que je disparaitre sinon c'est a moi qu'ils auront affaire si je ne fais pas mon boulot. Après je vous dirai ce que vous devez faire.


Une fois le paiement effectué, je vous donnerai le CD qui contient les noms et les requêtes des commanditaires. Ceci est une bonne preuve qui peut vous servir pour les assigner en justice si vous le désirez. Le solde du paiement sera réglé plus tard. Pour l'instant ce n'est pas la peine que je vous donne mon numéro de téléphone car vous allez coopérez.


J'ai votre photo et d'autres informations importantes sur vous. J'ai été engagé avec mon équipe par la République Arabe du Yémen. Vous ne devez me poser aucune question.

Confirmer rapidement pour votre bien

 

أعتقد أنك سوف تفعل ذلك لأنني لا أريد هنا

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 16:00

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J’ai avec le château Palmer une relation particulière, en effet dans ma longue carrière, ce fut le premier grand château que je visitais dans le vignoble de Bordeaux. C’était en 1979 et j’étais à la tête d’un petit paquet d’énarques qui, officiellement, avaient choisi les vins de France comme mémoire de fin d’études (je les mènerais ensuite en Languedoc puis en Champagne). Après  Palmer nous étions allés à Lafite puis à Mouton avant de finir la journée à Cos d’Estournel où l’Union des Grands Crus nous invitait.

 

Même si ça peut vous étonner mes énarques étaient plutôt drôles, buvaient secs (ils ne recrachaient pas), ce qui eut pour conséquence qu’à leur arrivée à Cos ils étaient chauds, quasi-bourrés. La tradition voulait, qu’à la fin de chaque repas qui nous était offert, un des futurs énarques fassent un petit speech pour remercier nos hôtes. Celui qui officia ce soir-là fut quelqu’un qui s’est fait ensuite un nom dans la politique Jean-Louis Bourlanges link Agrégé de lettres modernes, gaulliste de gauche, il maîtrisait fort bien l’art du discours. Dans son état d’enivrement joyeux son propos, émaillé de citations, fut un grand moment qui ébranla certains brushings de l’assistance et fit sourire un peu jaune quelques propriétaires de GCC. Bref, ce fut un grand moment ponctué des applaudissements d’usage. Nous rentrâmes à l’hôtel. Le lendemain matin on frappa à la porte de ma chambre. J’ouvris. C’était Jean-Louis Bourlanges, dégrisé bien sûr, qui venait s’inquiéter de la nature de ses propos de fin de banquet (déjà politique le bougre). Je le rassurai en lui disant qu’il avait été gaullien (le général, en bon militaire, aimait le langage dru).

 

Bref, si en ce samedi j’évoque Palmer c’est pour vous parler de Jazz à Palmer 2012 (phonétiquement ça me fait sourire car je pense à chaque fois à Jack Palmer l’inénarrable héros  de Pétillon rendu célèbre par l’affaire Corse)

 

En effet depuis 2009, à l’initiative de Thomas Duroux, qui dirige château Palmer, , après une rencontre avec Jacky Terrasson, le vin rencontre le jazz dans les vignes et les chais du château de ce fleuron de l’appellation Margaux. Improvisation, maître mot, rencontre de deux univers, choc des mots et des notes, parcours d’Histoire, celle  du jazz, celle des Grands Crus, remise en question perpétuelle, transmettre, essayer de se comprendre, susciter la curiosité…


Je ne suis pas un grand connaisseur de l’univers du jazz, comme d’ailleurs de celui des GCC, mais ce qui m’intéresse dans cette initiative c’est tout d’abord qu’elle sort des sentiers battus des festivals qui peuplent nos campagnes. Ici, Thomas cherche à faire entrer les musiciens invités, qui bien sûr apprécient le vin, dans les secrets de la vigne, l’alchimie du vin, d'un Grand Vin, il cherche à créer des liens. Cette recherche de concordance sur des chemins personnels, en toute liberté, créée un monde où, dans l’instant, se lie mémoire et savoir, sensibilité et improvisation, nous sommes bien sûr dans ce que fait la main : le vin, le jazz, avec ses parts de cœur, d’âme, mais aussi de maîtrise, lâchons le mot : de technique.

 

J'ai rencontré Thomas Duroux lors d'un dîner chez des amis bordelais, c'est un passionné, ouvert et cultivé. Je suis allé à Palmer faire le dégustateur il y a deux ans lors des Primeurs. Voilà, et c'est ainsi que j'ai eu envie, pour ceux d'entre vous, passionnés de jazz, de mettre en ligne cet afterwork.

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Pour vous plonger dans cet univers c’est ICI link 

 

Le millésime 2011 de Jazz à Palmer avec le Trio AIR : Flavio Boltro à la trompette, Glenn Ferris au trombone et Giovanni Mirabassi au piano c’est le vendredi 22 mars. Pour les amoureux du jazz et du vin le concert sera diffusé en direct, dans son intégralité, sur TSF JAZZ et sur le site www.tsfjazz.com

 

Mais aussi de 19h30 à  20h45 toujours le vendredi 23 mars dans l’émission  « Jazzlive ».

 

Le concert sera également accessible sur le site de Palmer link et sur Face de Bouc link

 

Bon concert aux amateurs !

 

Signé :

Jack-Palmer.jpg

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