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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 06:00
J’vais fâcher l’Onfray en vantant auprès des jeunes les mérites de 2 BD qui revisitent notre Histoire : le crépuscule de la collaboration avec Céline et les années de plomb de la Ve République…

La diète médiatique de l’ermite bas-normand aura été de très courte durée, dimanche dernier sur Europe 1, dans « Il n’y a pas qu’une vie dans la vie » l’émission d’Isabelle Morizet, il a fustigé l’abandon de la lecture, en particulier sur les classiques de la littérature.

 

« Je prépare un gros livre qui s’appelle Décadence » a-t-il annoncé.

 

«Les classiques ont disparu, avec la bénédiction de l’Education nationale, avec la bénédiction de la ministre de la Culture, qui trouve que c’est très bien d’en finir avec les humanités. Le savoir et la culture se sont effondrés. On lit de moins en moins. Le politiquement correct consiste à dire qu’on lit sur les tablettes, donc qu’on lit toujours, qu’on lit plus. Mais c’est faux. […] On ne lit plus les classiques. Ce n’est pas parce qu’on lit un mode d’emploi d’aspirateur qu’on a lu une tragédie de Shakespeare».

 

«La littérature, quand elle est primée, parfois, est une littérature terrible, mal écrite, déglinguée… » « Je me souviens au début que Michel Polac m’avait reproché d’écrire trop bien, mes livres étaient trop bien écrits. J’ai adoré le concept de «trop bien écrit», a lancé notre Michel Onfray, d’un ton quelque peu ironique. « Cela voulait dire qu’il fallait mal écrire pour être un écrivain véritable ».

 

Mais jusqu’où ira-t-il ?

 

Attention chers adorateurs-adulateurs de ce pauvre Michel, je ne fais là aucune fixette à son encontre. Bien au contraire, libre à lui de s’exprimer, de débattre, de polémiquer, de s’épancher pour la énième fois sur son père ouvrier agricole et sa mère femme de ménage, de nous éduquer, de philosopher…

 

Mais dites-moi, ça veut dire quoi bien écrit ?

 

Sa dernière prestation, avec la Mylène Farmer, le conte philosophique L’étoile polaire, est sans doute bien écrite mais si mièvre…

 

Ha ! Le talent

 

Louis-Ferdinand Céline, le Dr Destouches, le médecin des pauvres, l’écrivain sulfureux, odieux et talentueux était bourré de talent…

 

« J’ai été con toute ma vie ! J’ai cru ceci. J’ai cru cela…Ah ! Oui !... Tous tordus qu’ils sont et ils vous crachent à la gueule quand vous vous approchez trop ! Vicelards avec ça !... Maintenant je m’en fous !... Ils ne m’ont pas écouté, ils m’ont vomi, volé, spolié, fait le plus de mal possible… La mort qui est au bout seule compte… Pour moi quand elle viendra, je lui dirai que je suis bien content… Salut la compagnie ! J’ai eu moi aussi des raisons de vivre… Vous comprendrez… Je suis lyrique… La petite musique… L’émotion… Les fariboles du cœur… La vie ! Vous comprenez ?... La vie !... Ah ! J’ai été bien servi, merci !... Ça oui ! Vraiment du bon et puis beaucoup de mauvais !...Ça aussi, ça me remonte à la gorge… La condition humaine, c’est la souffrance, n’est-ce pas ?... Je n’aime pas la souffrance, ni pour moi ni pour les autres… Vous comprenez ?... »

 

Votre serviteur, grand lecteur depuis sa tendre enfance, en vous conseillant d’acheter pour vos jeunes deux BD qui revisitent notre Histoire, participe sans doute à la décadence qui désespère notre philosophe qui écrit si bien.

 

Peu me chaut, la BD n’est pas un sous-genre littéraire et ces deux ci tout particulièrement.

 

 

  1. « La cavale du Dr Destouches », de Christophe Malavoy, Paul et Gaëtan Brizzi, éd. Futuropolis, 17 euros.

L'acteur Christophe Malavoy, qui est aussi réalisateur et auteur, a écrit le scénario d'un album adapté des trois livres de Céline la trilogie allemande – « D’un château l’autre », « Nord » et « Rigodon » qui racontent sa fuite en Allemagne en 1944.

 

« Vous aimez les Pieds nickelés ? Alors, vous serez ravis d’accompagner Céline, sa femme Lucette, le chat Bébert et l’acteur pétainiste Robert Le Vigan dans leur fuite rocambolesque au cœur de l’Allemagne nazie en 1944. Une épopée dessinée qui restitue toute la fougue de l’écrivain aussi maudit qu’adulé. »

 

Lucette Destouches, 103 ans, qui reçoit régulièrement Malavoy dans son pavillon de Meudon pour tailler le bout de gras, a, en tout cas, été enchantée par cet album fort en gueules (70 personnages !) qui lui est « naturellement dédié ». Mieux qu’un adoubement, une consécration. « J’ai essayé, avec ce livre, d’aller contre les idées reçues. Céline, il faut le prendre pour le meilleur et pour le pire. » Là, c’est sûr, on tutoie le meilleur. »

 

2. « Cher pays de notre enfance - Enquête sur les années de plomb de la 5e République », de Benoît Collombat et Etienne Davodeau - Editions Futuropolis - paru le 08/10/2015 - 224 pages - 24 euros

 

C'est une « enquête dessinée » signée du journaliste de France Inter Benoît Collombat qui, en 2003, a réalisé une contre-enquête sur la mort suspecte de Robert Boulin et en fera un livre publié en 2007 « Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » (Fayard) et le dessinateur Etienne Davodeau bien connu pour sa BD-culte : les Ignorants.

 

Étienne Davodeau et Benoît Collombat nous font pénétrer de plain-pied dans les coulisses sanglantes de ces années troubles. Le premier est né en 1965 ; le second, en 1970. Tous les deux ont grandi dans la France gaulliste de la Ve République, ce cher pays de leur enfance.

 

« Dans les années 1970, on tue à Lyon le juge François Renaud qui dérange. C’est le premier haut magistrat assassiné depuis la Libération ; des voyous braquent des banques pour financer les campagnes électorales du parti gaulliste ; le pouvoir crée de toutes pièces des milices patronales et des syndicats jaunes pour briser les grèves ; le Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, multiplie les exactions, jusqu'au massacre du chef du SAC marseillais et de toute sa famille à Auriol en 1981.

 

Ce sont, sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, les « années de plomb » à la française. La violence en politique a structuré toute une génération de décideurs politiques dont certains sont encore en activité.

 

Les auteurs en nous faisant visiter les archives sur le SAC, enfin ouvertes, en partant à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore malfrats repentis -, nous emmènent là où la vie politique d’une grande démocratie s’est parfois égarée.. »

 

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 06:00
Et si pour vous requinquer après avoir bien réveillonné vous vous offriez de la confiture de nouilles au petit déjeuner.

Comme l’aurait dit, avec son intonation gutturale, Salvador Dali « je suis fou de la nouille ! » au point d’en manger en entrée, en plat et en dessert… Cette addiction ne m’avait, jusqu’à maintenant, jamais poussé à en consommer au petit déjeuner. C’est aujourd’hui chose faite en ce lendemain d’un Noël sous haute surveillance : pensez donc, pour leur messe de Minuit, les paroissiens de l’église de Saint Germain des Prés furent fouillés par des vigiles privés.

 

Si j’en suis arrivé à cette extrémité c’est que j’ai consommé de l’Os à Moelle.

 

À cet instant je vous sens un peu déboussolé, tourneboussolé comme le dirait notre Ex jamais avare de dérapage lexical, aurais-je trop abusé comme Noé du jus fermenté de la vigne ?

 

Que nenni ! Bien sûr j’ai bu avant l’arrivée du Petit Jésus mais sans excès car, comme de bien entendu, j’ai suivi les judicieux conseils de nos anges gardiens de Vin et Société : jamais plus de 3 verres sinon bonjour les dégâts ! Je plaisante, bien sûr, rien que pour faire bisquer ce cher Jacques Dupont.

 

La vérité, qui est toujours au fond de nos verres, est beaucoup plus simple : en feuilletant ma nouvelle Bible : Le Bouquin de l’Humour de Jean-Loup Chiflet, je suis tombé sur une pépite de Pierre Dac dans l’Os à moelle.

 

 

La Confiture de Nouilles

 

« Dire qu’il existe des gens qui préfèrent François Mauriac à Pierre Dac.

 

Comment se peut-ce ? Si je devais écrire une biographie un jour, j’écrirais celle de Pierre Dac. Je voudrais tant expliquer aux cons et aux jeunes l’importance de cet homme dans la pensée moderne. Pierre Dac est à l’esprit d'aujourd’hui, ce que Charles Trenet est à la chanson. Merci Pierre Dac de nous avoir enfoncé tant de portes ! »

 

SAN-ANTONIO, (Emballage Cadeau, Editions Fleuve Noir).

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

La Confiture de Nouilles, qui est une des gloires de la confiserie française et dont nous allons vous démontrer les différentes phases de fabrication, remonte à une époque fort lointaine; d’après les renseignements qui nous ont été communiqués par le conservateur du Musée de la Tonnellerie, c’est le cuisinier de Vercingétorix qui eut, le premier, l’idée de composer ce chef-d'œuvre de la gourmandise.

 

Il faut reconnaître que, d’ailleurs, la nouille n’existant pas à cette époque, ladite confiture de nouilles était faite du gui ; mais alors, me diront les ignorants : "Ce n’était pas de la confiture de nouilles, c’était de la confiture de gui !" Erreur, que je leur répondrai: c’était de la confiture de nouilles fabriquée avec du gui.

 

Avant d'utiliser la nouille pour la confection de la confiture, il faut évidemment la récolter; avant de la récolter, il faut qu’elle pousse, et pour qu’elle pousse, il va de soi qu’il faut d’abord la semer.

 

Les semailles de la graine de nouille, c’est-à-dire les senouilles, représentent une opération extrêmement délicate. Tout d’abord, le choix d’un terrain propice à la fécondation de la nouille demande une étude judicieusement approfondie. Le terrain nouillifère type doit être, autant que possible, situé en bordure de la route départementale et à proximité de la gendarmerie nationale.

 

Avant de semer la graine de nouille, les nouilliculteurs préparent longuement le champ nouillifère pour le rendre idoine à la fécondation. Ils retournent la terre avec une charrue spéciale dont le soc est remplacé par une lame Gillette, ensuite délaissant les engrais chimiques, nettement contre-indiqués dans le cas présent, ils fument le champ nouillifère avec du fromage râpé. Cette opération s’effectue indifféremment avec une seringue ou une pompe à vélo.

 

Lorsque le champ est suffisamment imprégné de fromage râpé, on verse sur toute sa surface de l’alcool de menthe dans la proportion d’un verre à Bordeaux par hectare de superficie; cette opération qui est confiée à des spécialistes de l’École de Nouilliculture, est effectuée avec un compte-gouttes.

 

Après cela, on laisse fermenter la terre pendant toute la durée de la nouvelle lune et dès l’apparition du premier quartier, on procède alors aux senouilles de la graine de nouilles. Il ne faudrait pas vous imaginer, Mesdames et Messieurs, que la graine de nouilles est d’un commerce courant et qu’on la trouve communément chez les grainetiers ; si vous croyez cela, il est indiscutable que vous broutez les coteaux de l’erreur. La graine de nouilles ne s’obtient qu’après une très longue préparation de laboratoire, car elle est le produit d’un croisement de foie de veau avec le concombre adulte; voici d’ailleurs quelques précisions sur cette merveilleuse con]onction qui est la gloire de nos chimistes, dont la science n’a d’égale que la modestie.

 

On met côte à côte, dans une lessiveuse, une tranche de foie de veau et un concombre adulte, on place le tout dans un autoclave et on l’y laisse 45 jours à une température de 120º sous la bienveillance d’un contrôleur de la Compagnie du Gaz; au bout de ce laps de temps, on ouvre l’appareil et on n’a plus qu’à recueillir la précieuse graine que l’on va verser dans la terre prête à la recevoir et qu’elle va féconder.

 

Les senouilles s’effectuent à l’aide d’un poêle mobile dans lequel est versée la graine, laquelle est projetée dans la terre par un dispositif spécial dont il ne nous est pas permis de révéler le secret pour des raisons de défense nationale que l’on comprendra aisément. Après ça, on arrose entièrement le champ avec des siphons d’eau de seltz, on sèche ensuite avec du papier buvard, on donne un coup de plumeau et on n’a plus qu’à s'en remettre au travail de la terre nourricière et à la nature immortelle, généreuse et démocratique. Lorsque les senouilles sont terminées, les nouilliculteurs qui sont encore entachés de superstition, consultent les présages; ils prennent une petite taupe, la font courir dans l’herbe et si elle fait : "ouh!" c’est que la récolte sera bonne; si elle ne fait pas "ouh!" c’est que la récolte sera bonne tout de même, mais comme cela les croyances sont respectées, et tout le monde est content.

 

Pendant la germination, il n’y a presque rien à faire ; tous les huit jours seulement, on arrose le champ avec de l’huile de cade, de la cendre de cigare, du jus de citron et de la glycérine pour éviter que la terre ne se crevasse.

 

Pendant la moisson, les nuits sont témoins de saines réjouissances auxquelles se livrent les travailleurs de la nouilliculture, la jeunesse danse et s’en donne à cœur joie aux sons d’un orchestre composé d’un harmonium, d’une mandoline et d’une trompette de cavalerie ; les jeunes gens revêtent leur costume régional composé d’une redingote, d’une culotte cycliste, d’espadrilles et d’un chapeau Cronstadt ; les jeunes filles, rougissantes de joie pudique, sont revêtues de ravissantes robes de toile à cataplasme, ornées d’empiècements en schpoutnoutz, et se ceignent le front d’une couronne d’œufs durs du plus gracieux effet Un feu d’artifice tiré avec des lampes Pigeon clôture la série des réjouissances et chacun rentre chez soi, content du labeur accompli, pour procéder alors à la confection de la confiture de nouilles, objet de la présente étude.

 

La nouille encore à l’état brut, est alors soigneusement triée et débarrassée de ses impuretés; après un premier stade, elle est expédiée à l’usine et passée immédiatement au laminouille qui va lui donner l’aspect définitif que nous lui connaissons – le laminouille est une machine extrêmement perfectionnée, qui marche au guignolet-cassis et qui peut débiter jusqu’à 80 kilomètres de nouilles à l’heure – ; à la sortie du laminouille, la nouille est passée au vernis cellulosique qui la rend imperméable et souple; elle est ensuite hachée menue à la hache d’abordage et râpée. Le râpage se fait encore à la main et avec une râpe à bois. Après le râpage, la nouille est alors mise en bouteilles, opération très délicate qui demande énormément d’attention ; on met ensuite les bouteilles dans un appareil appelé électronouille, dans lequel passe un courant de 210 volts; après un séjour de 12 heures dans cet appareil, les bouteilles sont sorties et on vide la nouille désormais électrifiée dans un récipient placé lui-même sur un réchaud à alcool à haute tension.

 

On verse alors dans ledit récipient : du sel, du sucre, du poivre de Cayenne, du gingembre, de la cannelle, de l’huile, de la pomme de terre pilée, un flocon de magnésie bismurée, du riz, des carottes, des peaux de saucisson, des tomates, du vin blanc, et des piments rouges, on mélange lentement ces ingrédients avec la nouille à l’aide d’une cuiller à pot et on laisse mitonner à petit feu pendant 21 jours. La confiture de nouilles est alors virtuellement terminée. Lorsque les 21 jours sont écoulés, que la cuisson est parvenue à son point culminant et définitif, on place le récipient dans un placard, afin que la confiture se solidifie et devienne gélatineuse; quand elle est complètement refroidie, on soulève le récipient très délicatement, avec d’infinies précautions et le maximum de prudence et on balance le tout par la fenêtre parce que c’est pas bon!

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, l’histoire de la confiture de nouilles, c’est une industrie dont la prospérité s’accroît d’année en année, elle fait vivre des milliers d'artisans, des ingénieurs, des chimistes, des huissiers et des fabricants de lunettes. Sa réputation est universelle et en bonne ambassadrice, elle va porter dans les plus lointaines contrées de l’univers, et par-delà les mers océanes, le bon renom de notre industrie républicaine, une et indivisible et démocratique. »

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 06:00
Un américain humecte les lèvres de son nouveau-né avec du château-latour comme on le faisait pour les futurs rois de France.

Comme nous sommes le jour d’une naissance célèbre je ne résiste pas au plaisir de vous rapporter ce qui s’est passé lors de la naissance de Théo, fils de Kay Salter, journaliste pour The New York Times et Food and Wine et de James Salter écrivain, décédé en juin 2015.

 

C’est narré dans leur livre Chaque jour est un festin publié aux éditions de La Martinière.

 

 

Le couple vit à Paris, en 1985, madame attend un heureux évènement et se promène dans le château de Versailles. « Voilà pourquoi, en fin d’après-midi, en pleine galerie des Glaces… madame informe son époux… qu’il va falloir sauter l’étape cartes postales… pour renter à Paris. »

 

En dépit de conseils d’amis attentionnés le couple a décidé de choisir Paris « comme lieu idéal pour commencer cette vie à trois. »

 

Ils ont trouvé «… un obstétricien grisonnant et distingué, le Dr Bazin, breton de surcroît, comme nous l’avons appris plus tard ; or les Bretons, par tradition, sont plutôt laconiques. »

 

Comme de bien entendu l’accouchement se passe à l’hôpital américain de Neuilly.

 

Jim, le mari « … a lu quelque part que, jadis, on humectait de bon vin français les lèvres des futurs rois de France nouveau-nés afin qu’ils n’en oublient pas le goût. Il a donc apporté une bouteille de château-latour, pour son excellence mais aussi pour sa valeur historique : à l’origine, ce château était une forteresse bâtie pour résister aux pirates. Durant la guerre de Cent Ans, elle fut occupée tour à tour par les Anglais et les Français. La tour en ruine est le seul vestige de cette forteresse et reste la pièce maîtresse de Latour. * »

 

Alors que madame roule vers la salle d’accouchement, le mari met au parfum le Dr Bazin qui, convoqué en plein dîner, est encore en habit de soirée :

 

« Nous vous faisons toute confiance, docteur, lui dit-il. Mais juste un petit détail.

 

- Lequel ? demande Bazin.

 

- Quand le bébé sera né, nous aimerions lui humecter les lèvres d’un bon vin français.»

 

« Bazin, qui parle un anglais correct jusqu’à un certain point, met quelques secondes à comprendre. Son regard parcourt la pièce, tombe enfin sur la bouteille de château-latour posée sur l’étagère au-dessus du lavabo. Il s’avance, soulève la bouteille.

 

« C’est ça, le vin ?

 

- Oui.

 

- Vous auriez pu choisir pire », observe-t-il avant de me rejoindre en salle d’accouchement » rapporte Kay.

 

Tout se passe bien, et à 1 heure du matin, le mari, « debout dans le couloir devant la salle d’accouchement, entend un cri vigoureux d’un nouveau-né, suivi de près par une autre exclamation, de Bazin cette fois :

 

« Débouchez-là ! »

 

Alors « Nous frottons les lèvres de Théo de quelques gouttes de vin, après quoi tout le monde – médecin, infirmières, Jim, plus un ami qui s’est précipité à l’hôpital en apprenant l’imminence de l’évènement – partagent la bouteille pour fêter ça. Le vin est à la hauteur de sa réputation. »

 

7 semaines plus tard, ils retournent aux USA et deux année s’écoulent.

 

« … voyant passer une caisse d’un autre bordeaux, château-léoville-barton 1985 – l’année de naissance de theo –, nous l’achetons, 1985 se révèle l’un des grands millésimes du dernier quart du XXe siècle. Plus tard, lorsque Theo a l’âge d’en boire, nous lui demandons, plein d’espoir :

 

 

« Tu reconnais ? »

 

Oui, il a l’air de s’en souvenir. »

 

Belle histoire !

 

Joyeux Noël à toutes et à tous.

 

* En réalité, cette tour ronde, à toit en dôme, est un pigeonnier construit au XVIIe siècle. Rien ne subsiste de la forteresse médiévale à Château-Latour.

1985 : des Bordeaux exceptionnels

 

Alors très élégants suite à leur vinification, les rouges du Bordelais sont devenus suaves et d'une extrême finesse au terme d'une longue garde. Les Médoc, tendres et fruités, bénéficient d'une structure tannique fondante. Les Saint-Emilion affichent une finesse et une concentration idéales.Cheval-Blanc, Pichon Lalande et Lynch Bages fourmillent de richesse et d'équilibre. Quant aux blancs secs, ils offrent une complexité délicieuse.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 06:00
Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

« Il n’en est pas à un paradoxe près. C’est bel et bien un mammifère, mais il est « rangé » dans la catégorie volaille. Docile et sédentaire, il n’a pourtant été domestiqué que très tardivement. Prolifique, il pullule en un rien de temps, mais se voit régulièrement décimé par de foudroyantes épidémies. Formidable appoint pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans le Monde, il est animal de compagnie chez nous, où la consommation de sa viande se réduit comme peau de chagrin. Une enquête sur les traces du lapin. »

 

Manger du lapin de garenne c’est pour certains un peu la double peine car c’est un lapin occis par un chasseur.

 

J’assume !

 

LIRE : Voici venu le temps de la grouse d’Écosse à la carte restaurant Les Climats, et si nous parlions chasse !

 

La garenne c’est quoi ?

 

Une garenne est un espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages. C'est aussi un terrier possédant de multiples entrées.

 

La garenne est donc un réseau complexe de plusieurs terriers interconnectés par des galeries.

 

Ce sont les lapines qui décident de l’emplacement du terrier et de son agencement ; la majeure partie, sinon la totalité, du travail de creusage est assuré par elles.

 

La garenne est établie dans les ronciers, les haies, les landes, garrigues, les bordures de terres cultivées ou de forêts et les zones côtières, mais aussi dans les zones montagneuses au-dessous de 1400 à 2000 m d'altitude dispose d’une entrée principale assez large, jusqu’à 50 cm, qui a la forme d’un couloir utilisée essentiellement pour les fuites d’urgence et de plusieurs autres, plus discrètes, des trous verticaux dans lesquels un seul lapin peut pénétrer.

 

Le lapin de garenne, lapin européen, Oryctolagus cuniculus, est assez petit de 34 à 50 cm de long (de la tête à la queue), pèse de 1.1 à 2.5 kg, son ventre et sa queue sont blancs, le reste de sa fourrure varie du gris/brun au gris foncé/noir et il a une tache rousse sur le dos. Il vit en communauté sur un tout petit territoire qui n’excède jamais 3 à 4 ha. Il est casanier et sédentaire il ne s’éloigne que très rarement de plus de 200 à 800 m de son terrier et son territoire restera le même tout au long de sa vie.

 

Le Couple Royal, le Roi ou mâle dominant et la Reine, qui est souvent la femelle la plus âgée, s’installe généralement dans le terrier le plus spacieux et le plus confortable.

 

Les vassaux habitent les terriers plus petits, mal foutus, mal situés, humide…

 

Chaque terrier est occupé par un groupe familial composé d’un couple dominant et de jeunes. C’est un havre de paix de 3 à 10 lapins en moyenne, pouvant aller jusqu’à 25. Les jeunes restent généralement dans la cellule familiale jusqu’à la saison de reproduction suivante. Le Roi les accepte. De fin juillet à fin octobre, les jeunes dorment blottis contre leurs parents.

 

Le Roi n’est pas monogame, il s'autorise quelques infidélités en période de reproduction, il peut aussi avoir des «concubines» mais il a une attitude respectueuse envers sa Reine. Si elle n'est pas disposée à s'accoupler, il ne la harcèle pas ; galanterie qu'il oublie vite au contact de femelles inférieures.

 

Il patrouille régulièrement son territoire pour le marquer avec ses glandes anales et déposer des crottes très odorantes pour bien délimiter son royaume et signifier à ses rivaux qu’il est le Roi. Les mâles dominants utilisent aussi un autre type de balisage appelé grattis. Ils creusent de petits trous de 5 à 6 cm de profondeur et déposent des crottes tout autour. Ces marquages participent à la fertilisation du sol grâce à l'azote contenu dans les crottes.

 

Le Roi est intransigeant ses vassaux doivent se déplacer pour le laisser passer, s’ils restent immobiles, pour le provoquer, manifester son agacement en grattant le sol, les attaquer, les pourchasser ou effectuer une parade d’intimidation ou leur envoyer un gros jet d’urine sur leur tronche pour les humilier… Plus il y a de concurrents jeune plus le Roi doit être autoritaire s’il veut garder sa place. Le Roi a le privilège de féconder la quasi-totalité des femelles, rôle qui suscite beaucoup de « vocations»

 

La Reine, qui occupe une place importante dans la société des lapins de garenne qui est une société matriarcale, les rois peuvent changer mais la Reine reste la même, elle peut changer de Prince Consort. Les lapines sont casanières, elles ne s’éloignent pas beaucoup de leur terrier, elles restent ensemble, s’occupent des plus jeunes, grignotent tranquillement autour du terrier, creusent des galeries et font des siestes au soleil par beau temps. La Reine est moins agressive que le Roi avec ses concurrentes, si elles ne pénètrent pas sur son territoire, elle les ignore ou les supporte.

 

Au début de la période de reproduction, les jeunes mâles adultes, vigoureux et sûrs d’eux, font souvent preuve d’insolence, ils vont tenter de bousculer la hiérarchie pour prendre la place du Roi. C’est donc un temps de combats, parfois très violents.

 

Si le Roi est défait il se retrouve relégué dans un terrier inférieur ou chassé de la garenne et il peut mourir, soit des suites de blessures, soit d’épuisement et de faim.. La Reine reste Reine et accepte le nouveau Roi.

 

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs (sucré, amer, acide etc.) s’il a le choix il préfère les saveurs douces, il ne se fait donc pas prier pour déguster des fruits et baies sauvages ou cultivées.

 

La recette du lapin de garenne

 

Allez acheter votre lapin de garenne « Peau de lapin, peau de lapin… » bien sûr vous faites dépiauter votre garenne puis sur le billot faites-le débiter en pièces à votre convenance, plus la tête si vous le souhaitez.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Vous vous saisissez d’une poêle épaisse et profonde que vous garnissez d’huile pour qu’elle en soit parée. Placez-là sur feu vif.

 

Faites rissoler toute une tête d’ail débitée mais non mondée puis déposer les pièces de lapin, ça va grésiller sec, attention aux yeux ! Retourner les pièces.

 

Lorsqu’elles sont dorées verser un grand verre de vinaigre blanc, 25 cl au moins, ça fait des fumerolles !

 

Au bout de 10 mn retirer les pièces et placez-les sur un tamis recouvert de papier de ménage pour les essorer. Idem pour l’ail.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Foncez le fond d’une cocotte en fonte avec du blanc de poireau, deux brins suffisent, et 7 ou 8 carottes bien nettoyées.

 

Disposez les pièces dessus en les tapotant avec une cuillère en bois.

 

Pas d’huile ni de beurre, salez et poivrez.

 

Concassez par-dessus une belle couche de champignons blancs finement émincées puis des rattes lavées mais pas pelées (3 ou 4 par personnes) et 2 ou 3 petits navets pour l’odeur.

 

Disposez un bouquet de persil en rayonnement, avec les queues au-dessus de la préparation.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Couvrez.

 

Feu le plus doux possible de 1 heure et demi à 2 heures.

 

10 à 15 mn avant la fin, découvrez et jetez un verre de vinaigre blanc de fruits et une cuillerée de moutarde de Meaux délayée dans celui-ci.

 

Recouvrez et agitez, laissez recuire.

 

C’est fini.

 

Virez le persil et dressez sur un plat chaud.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Pour le vin Côte-Rôtie 2013 de Jean-Michel Stephan

 

«Jean-Michel Stéphan, incontournable vigneron en Côte Rôtie, vinifie depuis 1991. Cette cuvée Nature provient des terroirs des deux côtes, la Brune et la Blonde, avec des vignes s’échelonnant de 15 à 40 ans. Vinifiant suivant des méthodes biologiques, cette cuvée détient une robe profonde et limpide, le nez est aromatique aux arômes de fruits noirs et d’épices accompagné d’une pointe de notes lardées et mine de crayon ; la bouche est agréable, la matière est ample et veloutée, les tanins sont fins et soyeux.»

 

Cave des Papilles

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 06:00
Zouc frêle dans son corps meurtri « cette si grande dame, qui a bien voulu faire une parenthèse dans sa retraite» venant chercher son Prix jurassien des arts, des lettres et des sciences

Qui se souvient de Zouc ?

 

Moi bien sûr !

 

Et je ne suis pas le seul car ma chronique du 20 mars 2011 « ZOUC son état est celui d'un soldat de la guerre de 14 qui aurait reçu un éclat d'obus en pleine poitrine... » est l’une de celles qui vit toujours.

 

J’y écrivais

 

« L’humoriste est un homme de bonne mauvaise humeur » Isabelle von Allmen dites ZOUC, humoriste suisse, était le calque parfait de ce trait acéré de Jules Renard qui lui était tout sauf marrant. Cet imparfait accolé à Zouc réveille en vous, du moins ceux qui l’ont connue, le souvenir de son épaisse silhouette enveloppée dans une éternelle robe noire, de ses chausses noires elles aussi, de sa bouille de concierge avec sa raie au milieu et ses cheveux tirés, de ses yeux en perpétuel mouvement, de ses mimiques bougonnes, de son économie de mots. Jean-Michel Ribes estime que « Dès 1970, Zouc […] a inventé une nouvelle façon de faire rire, aux antipodes de la blague et de la vanne ». Elle occupait le haut de l’affiche puis plus rien, le trou noir. Cela fait près de quinze ans qu'on n'a pas revue Zouc. Pourquoi ? »

 

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Et sur mon écran son nom est réapparu mercredi : Et soudain Zouc est réapparue écrivait Olivier Perrin dans le journal Le Temps en septembre 2015.

 

« Frêle dans son corps meurtri, l’humoriste a suscité une énorme émotion, palpable dans les médias, en venant chercher au Noirmont (JU) son Prix jurassien des arts, des lettres et des sciences. Son impact semble rester majeur dans l’histoire du spectacle »

 

«La vie n’a pas gâté cette fille de famille pieuse, élevée à Saignelégier. Sa révolte, sa défense des minorités, mais surtout son immense sensibilité la mènent jusqu’à un hôpital psychiatrique. […] La jeune femme vit toujours sur un fil ténu entre dépression et création. Parce que Zouc, d’abord, est une auteure de sketches d’une précision chirurgicale, de portraits de personnages d’une finesse extrême.»

 

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 06:00
Bolshoi Ballet- Coppelia: Mazurka

Bolshoi Ballet- Coppelia: Mazurka

Mon addiction aux pâtes, les sèches surtout, est maintenant pour vous un secret de Polichinelle.

 

L’une des pires tortures que l’on m’a infligé dans ma belle et insouciante jeunesse c’est de me mettre sous le nez un plat de pâtes « colle d’affiche » ; tel fut le cas lorsque je fus pensionnaire et, quelques temps plus tard, chez une amie qui enseignait la cuisine aux filles dans une école ménagère. Pas le choix, au réfectoire il était hors de question de faire des restes, et chez mon amie je me devais, par politesse, de vider mon assiette. Surtout que mon amie savait que j’aimais beaucoup les pâtes.

 

Cuire les pâtes n’est pas à la portée du premier venu.

 

Tout d’abord il est essentiel de s’adapter aux multiples formes des pâtes : « il y a les longues, il y a les courtes, comme dans la vie ; et il y a les rondes et puis les plates, il y a toutes les formes, pompes et circonstances, comme le montrent des planches gravées italiennes du XVIIIe, du XIXe et souvent du XXe. »

 

 

 

 

Pour répondre à la question-titre je vais transcrire la prose de Cul in air d’un certain Jean-Paul Manganaro.

 

La casserole à pâtes : « elle peut être haute ou large, il faudrait qu’elle ne serve qu’à ça, un peu comme une poêle à frire, la haute pour les spaghetti, la large pour les courtaudes et les naines, ne vous emmêlez pas les pattes dans cette histoire. »

 

L’eau : « abondante, généreuse, pas minérale ni gazeuse, débit du robinet – à moins que vous n’aimiez l’eau de pluie et de parapluie, dans ce cas profitez des grandes pluies saisonnières –, trois quarts de la casserole quelle que soit son ampleur... »

 

Le sel : « une cuillerée à soupe de sel pour deux litres, trois cuillerées pour quatre et ainsi de suite, mais pas plus, apprends définitivement que le pas assez salé tu peux le rattraper mais que tu ne rattrapes jamais le trop salé, ni le petit salé d’ailleurs. »

 

Le jeté de pâtes : « mets ensuite sur un feu audacieux, vif, libertin et péremptoire, dominateur en somme, porte à ébullition et quand cela bout à grand bouillon alors seulement jette les pâtes. Oui, jette-les, d’un coup de main assuré et tranchant, qu’elles aillent au bain toutes ensemble, à leur dernière fêtes, comme les gens à l’eau dans les îles du Levant, comme de jolis pingouins ou manchots dans les vagues antarctiques, comme les têtards qui tous en même temps rafalent l’espace glauque et l’aquatique. »

 

La mazurka des pâtes : « faut vraiment qu’elles aient de l’espace, faut que les pâtes dansent leur mazurka et non qu’elles soient assises comme dans un cabinet médical ou agenouillées sur un prie-Dieu de paille, ou qu’elles piétinent en se cognat les unes contre les autres comme dans le métro à l’heure qui pointe et vraiment – vraiment – c’est pas la peine de gaspiller votre huile… en en versant quelques gouttes pour qu’elle n’encollent pas : c’est une question de place, il leur faut la largesse des salons où l’on danse et non l’étroitesse des prisons où l’on s’entasse et s’agglutine. »

 

Le temps de cuire : « la méthode ancienne est la suivante : faut goûter la cuisson, en prenant une fourchette si c’est des pâtes longues, et d’un geste leste et sans affectation, saisir le fil de pâte et l’attraper de l’index et du pouce de la main libre et porter ça sous la dent et tailler, du bas vers le haut – c’est la mâchoire qui mord, l’autre, celle du haut, laisse faire. Les deux dents doivent décider ensemble du terme de cuisson et la pâte se laisser mordre par cette morsure amoureuse, elle doit être tendre, oui, mais ferme, offrir le laps de vie qui lui reste et non sa décomposition de sveltesse et de jeunesse et non ses quatre-vingts de tristesse : d’où que l’on dit des pâtes al dente, pour indiquer ce qui reste de résistance. »

 

« Le geste d’attraper le fil de pâte s’apprend assez vite après quelques ratés ; les pâtes courtes s’attrapent, elles, à la cuillère, c’est donc un jeu d’enfant. »

 

Autre règle générale : « les pâtes ne sauraient être cuites sans que l’on sache avant avec quoi on va les combiner : je veux dire par là que les sauces avec lesquelles vous allez les accommoder peuvent être plus ou moins denses et épaisses, plus ou moins liquides. »

 

Égouttage : « pour les pâtes assemblées avec des sauces denses… retirez de l’eau de cuisson un demi verre d’eau chargé d’amidon… qui vous servira à délayer pâtes et sauce au moment de les mélanger…. Toujours dans ce cas, au moment d’égoutter les pâtes, ce n’est pas la peine de vous démancher les épaules avec la passoire, quelques petits coups suffisent, laissez juste s’écouler l’eau, regardez-la partir et confiez-lui vos secrets, vos malheurs, les petites peines du jour et, délesté(e)s, réjouissez-vous s’autres jours vous attendent, singuliers et pluriels. »

 

« Faites le contraire, c’est-à-dire secouez fermement la passoire si votre sauce est plutôt liquide, ce qui sied à une sauce, surtout huileuse ou à la tomate. »

 

Les doses : « pour un appétit normal, comme dans notre république actuelle, une dose correspond à cent, cent-vingt grammes, quatre-vingt si votre convive frôle l’anorexie, cent cinquante à deux cents si c’est un molosse, après refusez ; les pâtes en cuisant doublent de volume, pesez si vous voulez vos pâtes cuites, et vous verrez. »

 

Le mélange : « avec les pâtes longues… tu fais ça avec deux fourchettes que tu enfonces bien en-dessous où se trouve la sauce et tu ramènes à la surface les linguines déjà imbibées et ainsi de suite, fatigue ça tout comme la salade… »

 

Le grain de sel du Taulier : « pour le sel choisissez du gros sel gris ; pour le mélange, lorsqu’il s’agit de ragù, il faut avoir un bon coup de poignet pour opérer le mélange en tenant fermement la queue de la poêle… »

 

Alors à votre choix : pâtes à la poutargue, aux coques, aux moules…

 

Buon appetito

 

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 06:00
Ne faites pas ces yeux de merlans frits avec mon merlan en colère je vais vous décoiffer la couenne…
Ne faites pas ces yeux de merlans frits avec mon merlan en colère je vais vous décoiffer la couenne…

J’aime ma langue !

 

J’aime quand elle gouaille : « Elle porte une robe de plumes d'oiseaux d'une couleur allant du vert sombre au noir clair. Coiffure élaborée par un merlan pédoque. Tu verrais cette ruche sur sa tronche! La grande Catherine ! — (San Antonio, Trempe ton pain dans la soupe, Fleuve Noir, 1999).

 

«En face, un coiffeur. Le merlan me coupe les douilles et me gratte la couenne

 

J’aime la faire rebondir, le mot se fait bidoche, le merlan étant aussi l’un des 3 morceaux du boucher avec la poire et l’araignée. C’est un petit muscle long et plat très tendre d’environ 800g à 1 kg ressemblant au poisson du même nom et qui convient pour les biftecks.

 

 

Toutes ces variations partent donc du poisson : « … quand il était d'usage de porter de la poudre dans les cheveux : les coiffeurs en étaient couverts et ressemblaient à des merlans roulés dans la farine (Encyclopediana 1857) »

 

Faire des yeux de merlan frit c’est avoir les yeux levés au ciel, de manière affectée, ridicule, ne laissant paraître que le blanc de l'œil.

 

« Il se frotte le derrière, en faisant la bouche «en cul-de-poule» et les «yeux de merlan frit» (Adam, Enf. Aust., 1902, p.22).

 

 

Le poisson en question est donc le merlan dont le nom se relie en derière analyse à celui d'un oiseau le merle. En effet, Pline emploi le nom latin merula "merle" pour désigner par métaphore  un poisson de mer de couleur noir, aujourd'hui nommé merle de mer. Plus tard, c'est un nom dérivé de merle qui a été donné à d'autres poissons de mer lui ressemblant. C'est ainsi qu'est apparu merlan, et Linné, en 1758, a retenu pour ce poisson le nom d'espèce merlangus.

 

Noir, blanc ou bleu ?

 

Une autre couleur vient enrichir la palette du merlan, le bleu, cette espèce mérite une attention particulière car elle fait partie des 10 poissons les plus pêchés du monde.. Il est utilisé principalement pour la fabrication de la pâte de poisson, d'origine japonaise : le surimi.

 

Notre merlan est commun, merlangus vulgaris, qu’il ne faut pas confondre avec le merlan jaune, merlangus pollachius, plus connus sous l’appellation de lieu jaune, qui est beaucoup plus grand : 1,3 m de long.. Ce merlan blanc qui possède un corps effilé et une bouche largement fendue qui renferme de nombreuses dents fines. La mâchoire supérieure du merlan est légèrement proéminente. Parfois le merlan possède un très petit barbillon mentonnier, mais il peut être absent. Le merlan a une tache noire toujours présente à la base de la nageoire pectorale et il possède deux nageoires dorsales molles. C’est donc un visage pâle au dos gris verdâtre, aux flancs d’un blanc teinté de jaune et au ventre argenté. C’est un vorace, friand de crevettes et de crustacés, il aime aussi le poisson, les harengs en particulier, même ses frères merluchons.

 

Le merlan atteint sa maturité sexuelle à l’âge de 2 ans. Il mesure alors 30 cm et il pond entre janvier (Golfe de Gascogne) et mars (Manche Ouest) une quantité de 100 000 à 1 million d’œufs sur une durée de 10 semaines. Les larves pélagiques qui naissent évoluent souvent cachées sous les méduses à l’abri des carnassiers et se nourrissent des ovaires de méduse. À partir de 5 à 10 cm, les jeunes merlans se rapprochent de la côte et restent près du fond entre 5 et 30 m de profondeur, parfois même dans les zones portuaires et quais mélangés aux tacauds.

 

Le merlan se pêche à différentes périodes selon les secteurs géographiques, mais on peut affirmer qu’il est présent dans toutes la France entre septembre et octobre, jusqu’à novembre de la Vendée à la frontière Espagnole. Ils se prennent l’hiver à la côte comme au large, de jour comme de nuit, et les plus gros spécimens se trouvent sur les roches et épaves dans plus de 30 mètres de profondeurs. Les merlans sont des poissons benthiques qui se tiennent souvent près du fond et se déplacent parfois en bancs très denses.

 

« La pêche au merlan est caractérisée par une quantité importante de rejets. Entre 2004 et 2013, les rejets de merlan sont restés très importants et avoisinaient en volume et poids les captures qui sont effectivement commercialisées et consommées. Les rejets sur cette espèce seront interdits à partir du 1"janvier 2016 (voir encadré). A ce jour, les mesures techniques de conservation de la ressource comprennent une taille minimale de commercialisation fixée à 23 cm dans les zones Skagerrak, Kattegat et Sound, et à 27 cm dans les autres zones. ... » 

 

Des stocks fragiles 

 

 

Le merlan a été le plat du pauvre jusqu'à la fin du XXe siècle. Il était transformé pour l'alimentation animale. Il est depuis devenu un mets apprécié et recherché. En France, il est vendu principalement frais, entier, vidé. Sa chair blanche et feuilletée a un goût délicat lorsque le poisson est très frais. Malheureusement assez fragile, le merlan s'altère vite. Le merlan de ligne est le préféré des restaurateurs. Le merlan a une chair blanche, délicate qui se divise en feuillets après la cuisson. Il s’achète aussi souvent en filets. Cuit à la vapeur, assaisonné, un filet d’huile d’olive et une larme de vinaigre, accompagné de petites patates vapeur, c’est l’un des poissons maigres que les petits et les grands mangent facilement.

 

 

Bien sûr il y a les fameux merlans en colère qui se mordent la queue et le merlan «façon Colbert» 

 

En Belgique et au Pays-Bas, il est traditionnellement cuisiné frit, façon « fish and chips ».

 

Recettes et techniques de merlan du Chef 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 06:00
Que reste-t-il ? La langue maternelle. C’est ce que répond Hannah Arendt à propos de son lien personnel à l’Allemagne, sa terre natale.

J’aime ma langue maternelle !

 

Ce samedi, après déjeuner, je suis allé piller l’Écume des Pages sise sur le boulevard St Germain et voisine du café de Flore où ne chalutent plus que les touristes en mal d’images fanées du temps où les « intellectuels » venaient s’y réchauffer.

 

J’ai acheté, entre autres livres, « La langue maternelle » d’Hannah Arendt.

 

On y trouve une conversation entre elle et Günter Gauss, alors journaliste célèbre avant son investiture au sein de l’administration de Willy Brandt en tant que haut-fonctionnaire, et qui fut diffusée sur une chaîne de la télévision ouest-allemande le 28 octobre 1964.

 

50 ans déjà, la préhistoire pour ceux qui ne vivent que dans l’immédiateté.

 

La question posée est essentielle : «Que reste-t-il ? La langue maternelle reste.

 

- Günter Gauss : … je m’interroge sur votre rapport à cette Europe de l’époque pré-hitlérienne à jamais disparue : vous manque-t-elle ? Lorsque vous vous rendez en Europe, avez-vous l’impression que certaines choses demeurent et que d’autres sont irrémédiablement perdues ?

 

- Hannah Arendt : L’Europe de le période pré-hitlérienne ? Je ne la regrette pas, soyez en assuré. Que reste-t-il ? Et bien la langue reste.

 

- Günter Gauss : Et cela a beaucoup d’importance pour vous ?

 

- Hannah Arendt : Oui, beaucoup. J’ai toujours consciemment refusé de perdre ma langue maternelle. Mais j’ai toujours gardé une certaine distance aussi bien avec le français que je parlais autrefois très bien, qu’avec l’anglais qui est la langue dans laquelle j’écris aujourd’hui.

 

« J’écris en anglais, mais j’ai toujours gardé le sentiment d’une certaine distance avec cette langue. Il existe une différence et une autre langue… Je fais des choses en allemand que je ne me serais jamais permise de faire en anglais… »

 

Même dans les temps les plus amers ?

 

Toujours. Je me disais : que peut-on y faire ? Après tout, ce n’est pas la langue allemande qui est devenue folle. Et par ailleurs, rien ne remplace la langue maternelle.

 

Langue maternelle, un féminin bien singulier ?

 

Nous qui cherchons des repères, en voilà un d’une force insoupçonnée…

 

Cultivons notre langue sans l’enfermer en des frontières qui n’existent que dans les discours de ceux qui veulent nous enfermer, nous barricader !

 

Aimer sa langue maternelle c’est pouvoir s’ouvrir au monde, l’accueillir, sans se renier…

 

« La notion de langue maternelle est en elle-même complexe. De quoi parle-t-on à ce propos ? On peut déjà faire un premier constat : la question « quelle est ta langue maternelle ? » ne laisse personne indifférent. Après un temps d’arrêt, elle engendre parfois l’hostilité, le rejet mais le plus souvent, un plaisir à raconter.

 

Mais de quoi s’agit-il ? Est-ce la langue que parle la mère ? Est-ce la langue de l’enfance, une langue intime, la langue particulière dans laquelle on a prononcé les premiers mots, la langue dans laquelle on a été parlé ? Ou faut-il y voir une langue fantasmée après-coup comme originelle? Une fiction nécessaire participant du mythe et du fantasme des origines ? Ce n’est qu’une notion, rien à voir avec les termes conceptuels dont le sens est fixé. Elle est incernable et se présente comme une sorte de point de fuite.

 

« Langue maternelle » s’oppose à « langue étrangère » mais, pour l’infans, toute langue n’est-elle pas étrangère au début ? La rencontre entre l’enfant et la langue que l’Autre lui transmet n’est-elle pas nécessairement traumatique ? La langue maternelle ne porte-t-elle pas les traces d’une perte structurante, traces par lesquelles elle est chevillée au corps ?

 

En faisant ce travail, je me suis rendu compte que j’associais toujours la langue maternelle à l’idée de perte et de langue étrangère. J’ai une langue maternelle, au sens le plus courant du terme, la langue de mon enfance qui n’est pas la langue française. Pendant longtemps, j’ai pensé que les Français nés en France, ayant de tout temps baigné dans cette langue, parce qu’ils n’ont jamais eu à quitter la France, n’avaient pas de langue maternelle, puisqu’ils n’avaient rien perdu, et ne s’étaient jamais confrontés à une langue étrangère qu’on leur faisait obligation d’utiliser. »

 

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 06:00
Donna Eleonora Di Mora

Donna Eleonora Di Mora

Si vous n’avez qu’un seul livre à commander pour vos petits souliers de la Noël, aucune hésitation demandez sans vergogne : La Révolution de la Lune d’Andrea Camilleri chez Fayard !

 

C’est du grand, du très grand Camilleri, pour moi son meilleur roman toujours excellemment traduit par Dominique Vittoz (là encore toutes les expressions, siciliennes, italiennes ou espagnoles, sont comprises aisément grâce au contexte.)

 

 

J’ai lu tous les romans de Camilleri et j’ai chroniqué très souvent (pour le vérifier renseigner en haut à droite du blog la rubrique RECHERCHER : Camilleri).

 

 

C’est un fait historique, la Sicile en 1677 est sous domination espagnole, entre la mort du vice-roi, don Angel de Guzmán qui meurt en pleine séance du Conseil et l’arrivée du cardinal Portocarrero, pendant 27 jours, l’île va être gouvernée par une femme, donna Eleonora di Mora, l’épouse du vice-roi.

 

Celui-ci avait couché sur son testament qu’il voulait pour successeur sa propre femme. Ce n’était pas la première fois qu’un vice-roi sur le point de mourir désignait un membre de sa famille pour lui succéder. Mais là c’était une femme et alors que l’évêque de Palerme avait des vues sur le trône vice-royal, celui-ci dut se plier à la volonté testamentaire.

 

Donna Eleonora di Mora fut donc la seule femme du monde à accéder à une charge politique et administrative aussi élevée.

 

En 27 jours elle ne perdit pas son temps :

 

Elle prend la charge à cœur et décide de combattre la corruption et la luxure de ses conseillers. D'une intelligence redoutable, donna Eleonora, « sans prendre merle pour renard », s'entoure de conseillers intègres, civils, militaires et ecclésiastiques. Elle dénoue un à un les fils de la malhonnêteté des uns et des autres et condamne sans remords, en toute légalité, les princes du sang et le prince de l'Eglise.

 

« C’est elle qui sans aucun doute qui baissa le prix du pain er institua le prévôt qui réunissait les 72 corps de métiers palermitains.

 

Concernant les mesures prises en faveur des femmes, elle rouvrit l’hospice pour les vierges en danger et celui pour les prostituées âgées, tous deux à l’époque fermés depuis longtemps par manque de fonds, tandis que la création de la dot royale et l’hospice des Madeleines repenties sont de son fait.

 

C’est elle qui abaissa à 8 le nombre d’enfants pour bénéficier des avantages accordés aux « pères surchargés ».

 

Il reste donc d’elle en Sicile l’image d’une femme extraordinaire qui sut gagner un large respect pour toute son action durant la courte période où elle gouverna la Sicile.»

 

Bien évidemment, Andrea Camilleri, en grand romancier qu’il est, prend de nombreuses libertés avec l’Histoire pour broder avec verve et humour de Camilleri, une histoire dont je me suis régalé lors de mon voyage Paris-Brest-Paris.

 

 

Quelques joyaux :

 

- On n’en pissera pas, plus raide, ce ne sera quand même la loi ! repipa don Cono.

[…]

 

- C’est plutôt bien chié chanté, rebriqua l’évêque.

[…]

 

- On ponera chacun son tour. Il y a des moments où débourser dix peut rapporter mille », déclara le prince.

[…]

 

- Parce qu’ainsi comme ainsi, parlant par respect, elle vous l’a mis profond.

[…]

 

« Croyez-moi, le roi la rappellera en Espagne sans qu’elle est le temps de dire au cul de venir. »

[…]

 

« La liqueur en question était à laver les pieds des chevaux. »

[..]

 

« Il plongea dans une révérence à cul ouvert. »

[…]

 

« Maigre à baiser une bique entre les cornes, il avait la cociuce aussi déviandée qu’une tête de mort. »

[…]

 

« Ces derniers, les mains en l’air comme pour se rendre, se rentournèrent à toute éreinte à leur place, le toupet rogné. »

 

Page 145-146

 

« Pendant ce temps, à l’intérieur, dans le réfectoire, la grande lippée généreusement arrosée se déroulait dans l’allégresse générale. En effet, don Alterio, tout affligé et chancagné qu’il était, faisait semblant de trouver lui aussi le jus bon.

 

Chaque invité jouissait des services d’une poupine chargée de lui apporter les plats de la cuisine et de remplir son verre de vin tant que de besoin.

 

Don Simone avait eu une jolie idée. Il avait habillé les huit orphelines d’une robe de religieuse, sous laquelle elles étaient nues comme des juments. Chaque habit avait été découpé à quatre endroits : deux trous en haut pour laisser sortir les belons et un troisième en bas donnant accès au bosquet et à la vallée qu’il abrite, et derrière le quatrième, le plus grand, qui permettait de caresser tout à sa mode la lune ronde. »

 

Page 188

 

« Don Serafino prit le message : en effet il était rédigé en sicilien, que donna Eleonora comprenait mal.

Tâchez donc le moyen d’assavoir ce que cette sale charipe d’évêque a bricaté avec un pauvre pettiot de la chorale de la cathédrale qui s’appelle Cinzino. Il l’a tant dessampé que le père a dû appeler le médecin qui lui a fait des points.

Mais quand donc ce grand chavaroute sera-t-il empêché de marpailler les petits mamis ? Pensez-y.

 

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 06:00
ceci est une huître non laiteuse

ceci est une huître non laiteuse

Au Lapin Blanc, la petite cantine d’altitude du haut de Ménilmontant, les taulières n’y vont pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’agit de faire découvrir aux oiseaux de nuit, qui viennent se restaurer et se substanter chez elles, des liquides et des solides naturels…

 

Le mardi au menu du Lapin c’est la mer avec Poiscaille en direct de la mer !

 

Le 1er décembre c’était huîtres sentinelles slow food de la ria d’Etel de chez Jean-Noel Yvon

 

Tout d’abord pour les petites louves et loups sous-culturés, une ria est « la partie inférieure d'une vallée, ou d'un système de vallées, profondément envahie par la mer lors de la transgression flandrienne » Larousse

 

« La transgression, en géologie, est un déplacement de la ligne de rivage vers l'intérieur des terres, due à un affaissement continental ou à une élévation du niveau de la mer ou à une conjonction de ces deux situations (par exemple en période de réchauffement climatique).

 

On appelle première transgression flandrienne l'épisode où, au pléistocène récent, à la fin de la dernière glaciation de Würm, c'est-à-dire il y a environ de 17 000 à 10 000 ans, l'eau des inlandsis a fondu et a entrainé une remontée du niveau de la mer (d'environ 100 m) : à cette époque la Manche, puis les Pays-Bas et les Flandres belge et française se sont trouvées envahies par la mer, d'où le nom de cet épisode.

 

La ria d’Etel est située dans le département du Morbihan.

 

 

C’est quoi une huître sentinelle ?

 

« Au même titre que la vache Pie Noire, ou le chou de Lorient, l’huitre de l’Istrec, produite en pleine mer et dans le respect de son environnement avec une culture traditionnelle, est devenue sentinelle pour la fondation Slow Food, comme d’autres ostréiculteurs de l’ouest qui décident de suivre cette démarche.

 

L’huître de l’Istrec, (l’Istrec, c’est « l’huitrière ») devient un témoin de la qualité des eaux de la Ria d’Etel, d’une saveur particulière, dépendant de la salinité des eaux, des marées, des courants…C’est une huître responsable ne se consomme que les mois en R, de septembre à avril.

 

C’est donc la saison, profitez-en !

 

« Depuis 2008, l’huître des côtes françaises connaît une crise grave de surmortalité

 

« On met en cause une nouvelle souche du virus, la dégradation de l’écosystème ou la fragilisation des populations d’huîtres liée aux conditions d’élevage intensif, à un appauvrissement génétique ou encore aux manipulations que certaines ont subies. Mais nul ne sait précisément » (fondation Slow Food). Un virus qui n’est pas transmissible à l’Homme.

 

La Ria d’Etel n’échappe pas au phénomène, et de la vingtaine de fermes ostréicoles de Locoal Mendon, on ne sait exactement combien vont mettre la clé sous la porte.

 

Les sentinelles sont des projets de Slow Food, créés pour accompagner les petits producteurs et préserver les productions artisanales de qualité. Ils tentent de sauvegarder et relancer un produit alimentaire menacé, comme c’est le cas de l’huître.

 

Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à l’Istrec, appartient au réseau Cohérence, et produit une huître qui correspond, de fait, à ce cahier des charges. En effet, le réseau Cohérence promeut des solutions alternatives rentables économiquement, écologiquement saines et socialement équitables et depuis 2009 a entamé une démarche d’ « Ostréiculture durable et solidaire ».

 

Source : Se nourrir de la Tête aux Pieds by Tifenn

 

 

L’ours hiberne en hiver, l’ostréiculteur hiberne en été ! (il éterne?). 

 

« Nous reprenons des forces, nous compilons assez de lumière et de soleil, de vitamines et de sommeil, pour nous remettre de la saison passée et nous préparer à la prochaine. Et puis, l’huître a un rythme de vie auquel nous sommes tenus de nous adapter. Ainsi, alors qu’elle se prépare à la reproduction, nous la laissons tranquille juste ce qu’il faut, pour ne pas l’épuiser. Son énergie n’est plus concentrée sur sa croissance, mais sur l’appel de la nature qui dit, alors que les températures remontent, qu’il va être temps de produire les gamètes… Nous avons tourné toutes les poches déjà une fois, pour éviter que la végétation luxuriante du printemps, en mer comme dans les jardins, n’empêche l’eau de filer entre les mailles des poches. Un peu de soleil pour faire dessécher les belles mousses, un peu d’eau pour étouffer les algues de couleurs verte, ces filaments doux et longs, comme des cheveux. Et Jean noël est présentement en train de tourner celles du naissain que nous avons été chercher en Charente, un naissain capté naturellement dans une zone où le captage se fait en quantité, ce qui n’est pas le cas ici. Ici, on sait mieux faire grandir les huîtres. Je suis privée de marée le temps de remettre en état un bras récalcitrant, et ça me manque.

 

En attendant, je tourne autour du bassin, pour regarder, surveiller, les huîtres qui ont été levées cette semaine. Nous attendons la délaitance des huîtres. Ce moment où elles larguent dans l’eau leurs gamètes, pour que la reproduction se fasse. L’huître peut être mâle ou femelle d’une année sur l’autre (l’huître plate est encore plus performante puisqu’elle peut être mâle ou femelle le même été!) Si nous surveillons ce moment, c’est parce qu’une fois que la laitance se retrouve dans l’eau du bassin, il n’est pas question qu’elle y reste: quand l’huître voudra se nourrir, elle s’étouffera avec la laitance. Ainsi, une fois que nous avons constaté le phénomène mentionné, il faut jouer juste; etre certain d’avoir attendu assez pour que toutes les huîtres aient délaité, mais ne pas attendre trop longtemps non plus, pour éviter qu’elles s’en nourrissent! »

 

Lire la suite sur le site de Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à l’Istrec

 

ET SI L’HUÎTRE DEVENAIT UNE PERLE RARE ? (INTERVIEW ORIGINALE)

INTERVIEW DE JEAN-PIERRE BAUD, BIOLOGISTE, COORDINATEUR TRANSVERSAL CONCHYLICOLE À L’IFREMER

COP 21 : pour les fêtes de fin d’année mangez des huîtres sentinelles naturelles de la ria d’Etel de chez JN Yvon en buvant du Muscadet

Appellation Muscadet Sèvre et Maine - Château-Thébaud

 

Terroir : granit de Château-Thébaud

 

Encépagement : 100% Melon de Bourgogne

 

Age des vignes :  50 ans

 

Densité de plantation : environ 7000 pieds/Ha

 

Taille : Gobelet

 

Culture : Sols labourés, sans intrants chimiques

 

VINIFICATION

 

Egrappage : Non

 

Type de cuve :  souterraine pour éviter les variations de températures

 

Elevage à la nantaise, sans batonnage

 

Vignerons récoltants Jérémie HUCHET & Jérémie MOURAT

L’îlot de Nichtarguer est une minuscule bande de terre sur la rivière d'Etel,

L’îlot de Nichtarguer est une minuscule bande de terre sur la rivière d'Etel,

La rivière (ou le ria) d'Etel est un magnifique coin de Bretagne et l'île de Saint Cado est un petit bijou baigné par le flux et le reflux. Saint Cado fit un pacte avec le diable. Si ce dernier construisait un pont pour relier l'île à la berge, Saint Cado lui offrirait l'âme du premier être vivant à traverser. Dès que le diable eut achevé le pont, Saint Cado y jeta un chat...

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